La Vie d’Abba Jean Khamé
Texte copte du Vaticanus copticus LX, édité et traduit par M. H. Davis
- 01 — Introduction de l’éditeur
- 02 — Prologue du récit
- 03 — Origines et vertus du saint homme
- 04 — Pureté triomphante et miracle de la vigne
- 05 — Instructions divines et vie cénobitique future
- 06 — Miracles et signes au monastère
- 07 — Éloge et renommée de Saint Jean
- 08 — Ordination et mission dans le Sud
- 09 — Éloge et révélation de la Vie du saint

La Vie d’Abba Jean Khamé
Texte copte du Vaticanus copticus LX, édité et traduit par M. H. Davis
Sources liturgiques et manuscrites · 02 septembre 2026 · 49 min de lecture · 7 vues
Le texte ici publié est édité à la demande de M. H. G. Evelyn-White, qui écrit une histoire de Nitrie et qui a aimablement ajouté ici les notes portant ses initiales. Les textes restants, tous antérieurs à celui-ci, compris dans le Codex Vaticanus LX, sont les Martyres de Pisoura, Pirôw et Athôm, Jean et Siméon, tous publiés par le Prof. Hyvernat dans ses Actes des Martyres.
L’écriture est illustrée par le Prof. Hyvernat dans son Album, pl. 43, et lui est attribuée pour les XIIe ou XIIIe siècles. L’écriture du titre ressemble étroitement à celle de l’Album, pl. 1, daté de l’an 1250 après J.-C.
Il y a quelques petites corrections, certaines par des mains modernes, d’autres par des mains plus anciennes, et çà et là une main moderne a repassé sur des lettres pâlies. La présente édition reproduit toutes les surlinéations, mais pas la ponctuation ni les divisions en paragraphes. Le texte est paginé indépendamment du reste du volume, sur des pages alternées seulement, de 2 à 96, bien que les numéros initial et final soient effacés.
Un cahier complet de 16 pages a été perdu, étant le cahier H, après la p. 64, où la mort et l’inhumation du saint sont relatées, ainsi que l’augmentation subséquente du nombre de ses disciples. Cette lacune doit avoir contenu un récit de la perte du manuscrit de sa Vie et de sa restauration subséquente « à cette époque », par révélation divine, qui est comparée à celle de l’Invention de la croix et du tombeau du Christ, cachés par les Juifs et finalement révélés par Cyriaque. Lorsque le texte reprend, à la p. 81, l’auteur achève sa réfutation de ceux qui se déclaraient incrédules (quant à l’authenticité) de la Vie. Il est probable aussi que des miracles étaient relatés dans les pages manquantes, l’auteur préfaçant celui des serpents, raconté au f. 120 v°, par les mots : « Écoutez et je vous raconterai cette autre merveille. »
La version abrégée de la légende du saint donnée dans le Synaxaire (pour le 25 du mois de Kiahk) diffère légèrement dans les détails. Outre la vigne miraculeuse dans la chambre nuptiale, nous lisons qu’un ange couvre de son ombre le mari et la femme pendant qu’ils dorment et que les parents sont surpris de l’absence de descendance du mariage. La décision de se retirer au désert n’est pas, comme dans notre version, directement inspirée par un ange, Jean ne rencontrant un « homme de lumière » qu’en quittant son village et recevant de lui des instructions pour son voyage.
Les notes chronologiques suivantes ont été aimablement apportées par M. H. G. Evelyn-White :
« La date de Jean Khamé n’est pas très facile à déterminer. La Vie copte fait référence à son monastère comme étant le cinquième parmi les couvents du Wadi Natroun par ordre de fondation, et il est donc postérieur au IVe siècle. D’autre part, la première mention directe du monastère de Khamé se trouve dans l’Histoire des Patriarches en relation avec Gabriel I : » quand il (Gabriel) était un jeune « homme, il était entré dans le désert et était devenu moine dans le Wadi [Habib] » au monastère de Saint Macaire, dans une cellule qui y portait le nom du Syrien « c’est-à-dire, le père Kama, frère de Jean dans la » vie monastique ». Le contexte de ce passage, qui implique que Khamé était un Syrien et non un Égyptien, montre que la cellule n’était plus alors une fondation moderne. Mais cette longue période peut être substantiellement réduite. D’une part, l’Histoire des Patriarches se réfère régulièrement aux « quatre monastères » du Wadi Habib à l’époque de Damianus, montrant que le monastère de Khamé n’était pas encore établi à la fin du VIe siècle ; d’autre part, mention est faite des « sept monastères » pendant le patriarcat de Shenouti Iᵉʳ (859-880), à une époque où Ahmed ibn Mohammed al-Mudabbir était ministre des finances (856-866). La date de Khamé se situe donc entre environ 580 et 860. Cela peut encore être réduit : il est fait référence dans la Vie copte (fol. 99) à l’instruction de Khamé dans le « canon de la Synaxe », selon les commandements d’Agathon le Stylite. Khamé est donc postérieur à Agathon le Stylite, lequel, en tant que disciple d’Abraham et de Georges et contemporain plus jeune de Jean l’Hégoumène, doit être daté de la fin du VIIe ou du début du VIIIe siècle.
« Khamé vécut donc après environ 700 et avant environ 800. »
est exposée dans la Vie sur le statut inviolable du monastère (fols. 106 v°, 107, 124). Si cela est exact, alors le couvent peut difficilement avoir existé sous les mauvais jours de Marc II (799-819), lorsque tous les monastères furent mis à sac ; et par conséquent Khamé doit avoir vécu au IXe siècle. Cela étant, il semble probable qu’une importance considérable doive être accordée au colophon d’un manuscrit copte du Vatican, qui prie le lecteur de se souvenir du pauvre pécheur qui l’écrivit, Jacob, le fils de mon père Shenouti, fils de Jean Khamé (XawuE). Si Khamé doit être assigné pour d’autres raisons au IXe siècle, il n’est guère douteux que le Shenouti de ce colophon soit le Shenouti décrit dans la Vie comme succédant à Khamé à la tête du monastère (fol. 114). Il est alors possible de dater le floruit de Khamé à environ 850. »
Le nom Khamé est traduit par Niger par Renaudot, Lit. Or. (1847), I, 18, et par « le Noir » par le Prof. Hyvernat dans ses Actes des Martyrs, p. 77. Il apparaît en effet ici dans un cas (fol. 117 v°) avec l’adjectif — et peut-être les serpents noirs mentionnés au folio 121 font-ils allusion à un jeu de mots sur le nom. Quatremère maintient cependant que le nom, s’il signifiait « le noir », serait précédé de l’article, comme dans le cas de ⲙⲱⲩⲥⲏⲥ ⲡⲓⲕⲁⲙⲉ (Moïse le Noir) et des formes similaires. Le fait que l’ange donne ce nom au saint, comme celui par lequel il sera toujours connu (fol. 101), ne corrobore pas non plus beaucoup une telle traduction.
Peut-être une forme sahidique du nom (ϣⲁⲙⲉ, ⲕⲁⲙⲏⲓ) est-elle reconnaissable dans Crum, Coptic Ostraca, Ad. 40, etc.
L’auteur reste anonyme, et il n’y a aucune preuve qu’il ait été moine du monastère de Jean Khamé, à moins que nous puissions le déduire des mots de clôture du fol. 87 v°.
