La tradition de l’Hypotypose, traité sur l’ascèse attribué à saint Grégoire de Nysse
Enquête sur les manuscrits et sur l’origine d’une attribution
- 01 — Le problème posé
- 02 — Une édition insuffisante
- 03 — Le manuscrit de Frédéric Morel
- 04 — Les témoins manuscrits
- 05 — Le caractère de l’opuscule
- 06 — À qui revient le prologue ?
- 07 — Conclusion

La tradition de l’Hypotypose, traité sur l’ascèse attribué à saint Grégoire de Nysse
Enquête sur les manuscrits et sur l’origine d’une attribution
D. A. Wilmart · 01 septembre 2026 · 18 min de lecture · 2 vues
Après d’autres1, j’ai accepté sans discussion2 les remarques du P. Stiglmayr tendant à faire dépendre de l'Hypotypose qui porte le nom de saint Grégoire de Nysse la longue lettre grecque de « Macaire » publiée par Floss3. Plus attentif et guidé par un document nouveau, D. Villecourt s’est aperçu que, loin de commander et d’expliquer la lettre, le prétendu traité de Grégoire de Nysse appartenait lui-même au cycle des curieux écrits de mystique qu’on peut appeler macariens4. L’enquête, ainsi renouvelée par l’examen minutieux des textes, devra être poursuivie, et l’on peut en espérer finalement la solution de l’énigme qui contrarie, pour une part considérable, l’intelligence des œuvres de Macaire.
Mais dès maintenant, c’est un résultat appréciable d’avoir reconnu le caractère apocryphe d’une composition qui, comprise depuis plusieurs siècles dans le recueil des ouvrages de l’évêque de Nysse, n’inspirait de soupçons à personne. Ce point acquis purement et simplement à l’histoire littéraire, il est intéressant, sinon indispensable, de rechercher par quelle voie nous a été transmise l'Hypotypose, c’est-à-dire si l’attribution est factice et récente, ou proprement traditionnelle ; puis, le cas étant que cette attribution provient des manuscrits, il y a lieu de se demander comment elle a pu se produire. C’est à ces deux questions que je vais tâcher de répondre.
