Contre Praxéas, ou sur la Trinité
Contre le monarchianisme : un seul Dieu en trois personnes
- 01 — Chapitre I — Le démon s’y prend de plusieurs manières pour contrefaire la vérité
- 02 — Chapitre II — C’est donc le Père qui naquit dans le temps, le Père qui souffrit
- 03 — Chapitre III — Les esprits simples, pour ne pas dire les ignorants et les hommes sans instruction, qui…
- 04 — Chapitre IV — Pour moi qui ne dérive le Fils que de la substance du Père, puisque « le Fils ne fait…
- 05 — Chapitre V — Mais, puisque nos adversaires veulent que deux se confondent en un seul, de sorte que…
- 06 — Chapitre VI — Cette vertu, cette disposition de la Sagesse divine nous est révélée par les Écritures…
- 07 — Chapitre VII — Alors le Verbe lui-même prend aussi sa forme et son ornement, c’est-à-dire le son et la…
- 08 — Chapitre VIII — À qui s’imaginerait que j’introduis ici la probole, c’est-à-dire l’émanation d’une…
- 09 — Chapitre IX — Ne perds jamais de vue le principe, établi par moi, que le Père, le Fils et le…
- 10 — Chapitre X — Conséquemment Dieu est donc ou Père ou Fils
- 11 — Chapitre XI — Tu devras le prouver par les Écritures aussi manifestement que nous prouvons nous-mêmes…
- 12 — Chapitre XII — Si le nombre de la Trinité te scandalise, comme étant opposé à l’unité de l’essence…
- 13 — Chapitre XIII — Eh bien, répliques-tu, si c’est un Dieu qui a dit et un Dieu qui a fait, un autre Dieu…
- 14 — Chapitre XIV — Nous avons encore pour nous aider à maintenir la distinction entre le Père et le Fils…
- 15 — Chapitre XV — Si je n’ai pas réussi à prouver ce point par les textes de l’Écriture ancienne…
- 16 — Chapitre XVI — Et ne t’imagine pas que le Fils ait présidé seulement à la création du monde : tout ce…
- 17 — Chapitre XVII — Ils ont trouvé plus raisonnable de penser que le Père avait agi au nom du Fils plutôt…
- 18 — Chapitre XVIII — Mais ce qui les empêche d’apercevoir dans le Fils la communauté des noms paternels…
- 19 — Chapitre XIX — Mais voilà qu’ils s’emparent de cet oracle, « J’ai étendu seul les cieux »
- 20 — Chapitre XX — Mais il faut encore réfuter les arguments de ceux qui empruntent aux Écritures quelques…
- 21 — Chapitre XXI — Écoute donc combien de fins de non-recevoir t’oppose l’Évangile avant toute argumentation
- 22 — Chapitre XXII — De quelle doctrine, nous dit-il, que les auditeurs s’étonnaient ?
- 23 — Chapitre XXIII — Ensuite vient Marthe, qui, en le proclamant Fils de Dieu, ne fut pas plus le jouet de…
- 24 — Chapitre XXIV — Il s’en trouvait qui même alors ne comprenaient pas : Thomas ne fut-il pas quelque…
- 25 — Chapitre XXV — Après Philippe et la substance tout entière de sa demande, l’Évangile continue jusqu’à…
- 26 — Chapitre XXVI — Nous avons parcouru l’Évangile de Jean tout entier à cause de la question adressée par…
- 27 — Chapitre XXVII — Mais pourquoi m’appesantir si long-temps sur des choses manifestes, lorsque je dois…
- 28 — Chapitre XXVIII — Tu transformes donc, ô insensé, le Christ en la personne du Père, sans même examiner la…
- 29 — Chapitre XXIX — Silence, silence à ce blasphème !
- 30 — Chapitre XXX — D’ailleurs, si tu vas plus loin, je pourrai te répondre plus durement et te mettre en…
- 31 — Chapitre XXXI — Au reste, croire à l’unité de Dieu sans vouloir admettre dans l’unité divine le Fils…

Contre Praxéas, ou sur la Trinité
Contre le monarchianisme : un seul Dieu en trois personnes
Tertullien · 22 juillet 2016 · 110 min de lecture · 5 vues
Le démon s’y prend de plusieurs manières pour contrefaire la vérité. Il affecte quelquefois de la défendre pour mieux l’ébranler. Il prêche un seul Dieu, Père tout-puissant, Créateur de l’univers, afin de susciter une hérésie à l’occasion de cette unité. Il soutient, par exemple, que c’est le Père qui est descendu dans le sein d’une Vierge, lui qui est né d’elle, lui qui a souffert, en un mot, lui qui est Jésus-Christ. Le serpent s’est mis en contradiction avec lui-même. Il oublie qu’au moment où il tenta Jésus-Christ, que Jean venait de baptiser, il l’aborda comme Fils de Dieu, certain que Dieu avait un Fils, ne fût-ce que par les Écritures, en vertu desquelles il essayait de le tenter : « Si vous êtes le Fils de Dieu, commandez que ces pierres deviennent des pains ; » et encore : « Si vous êtes le Fils de Dieu, jetez-vous en bas, car il est écrit qu’il vous a confié à ses anges, » le Père apparemment, » pour qu’ils vous portent dans leurs mains, et de peur que votre pied ne heurte contre la pierre. « Ou bien, peut-être qu’il a reproché aux Évangiles leur mensonge, en disant : »
Qu’importe Matthieu ! qu’importe Luc ! Quant à moi, c’est Dieu lui-même que j’allai trouver ; c’est le Tout-Puissant en personne que je tentai en face. Voilà pourquoi je l’abordai ; pourquoi je le tentai. D’ailleurs, si Dieu avait un Fils, je n’aurais jamais daigné le tenter. « C’est le démon plutôt qui » est menteur dès l’origine, » lui est l’homme qu’il infecte de son poison, tel que Praxéas, par exemple.
Praxéas, en effet, transporta le premier de l’Asie à Rome ce genre de perversité, homme d’un caractère inquiet, enflé par l’orgueil du martyre, pour quelques moments d’ennui dans une prison de quelques jours, a lors même que, s’il eût livré son corps aux flammes, il n’aurait rien gagné, puisqu’il n’a pas l’amour de Dieu, dont il a détruit les dons. L’évêque de Rome reconnaissait déjà les prophéties de Montan, de Prisca et de Maximilla, et par cette reconnaissance il donnait la paix aux Églises d’Asie et de Phrygie, lorsque Praxéas, en lui rapportant des choses controuvées sur les Prophètes eux-mêmes et leurs églises, et en défendant l’autorité de ses prédécesseurs, le força de révoquer les lettres de paix qui étaient déjà parties, et le détourna du dessein qu’il avait de recevoir les dons nouveaux.
Praxéas à Rome rendit donc un double service au démon ; il chassa la prophétie et il introduisit, l’hérésie ; il mit en fuite le Paraclet, et il crucifia le Père. L’ivraie semée par Praxéas avait fructifié ; car « elle avait été jetée ici où nous sommes pendant que le grand nombre dormait, » dans la simplicité de la doctrine ; dénoncée ensuite par celui qu’il plut à Dieu d’y employer, elle paraissait entièrement arrachée. En un mot, l’hérétique s’était précautionné contre le passé ; il devint docteur après sa rétractation ; l’acte qui la constate est encore entre les mains des Psychiques, devant qui la chose eut lieu ; depuis silence absolu. Quant à nous, la connaissance et l’admission du Paraclet nous sépara depuis des Psychiques. Mais cette ivraie avait répandu sa graine.
Après s’être cachée pendant quelque temps, par l’hypocrisie, sous une vitalité qui échappait à tous les regards, la voilà qui fait invasion de nouveau. Mais elle sera de nouveau déracinée, s’il plaît au Seigneur, dans le temps présent ; sinon « toutes les moissons adultères seront rassemblées en leur jour, et brûlées dans des flammes inextinguibles avec tous les autres scandales. »
