Contre les Valentiniens
Réfutation de la gnose valentinienne
- 01 — Chapitre I — Les Valentiniens, secte nombreuse parmi les hérétiques, parce qu’elle se recrute des…
- 02 — Chapitre II — Voilà pourquoi ils nous accusent de simplicité, comme si nous n’étions que simples sans…
- 03 — Chapitre III — Que le serpent se cache donc autant qu’il peut, qu’il tourmente sa prudence dans les…
- 04 — Chapitre IV — Oui, nous connaissons, je le répète, leur origine ; nous savons pourquoi nous leur…
- 05 — Chapitre V — J’engagerai la discussion avec les dogmes fondamentaux des maîtres primitifs et non…
- 06 — Chapitre VI — De peur que tant de noms étrangers, bizarres, rassemblés à plaisir, équivoques, ne…
- 07 — Chapitre VII — Le poète romain Ennius s’était contenté de dire le premier de tous que « les cénacles…
- 08 — Chapitre VIII — Voilà donc que la seconde Tétra de, le Verbe et la Vie, l’Homme et l’Église, a germé en…
- 09 — Chapitre IX — Il y a plus ; voici une acception de personnes
- 10 — Chapitre X — Mais quelques-uns ont rêvé autrement l’infortune et le rétablissement de Sophia
- 11 — Chapitre XI — Ainsi, après qu’Enthymésis eut été repoussée, et Sophia sa mère rendue à son époux, ce…
- 12 — Chapitre XII — Tous les Eons sont donc égaux en forme et en sagesse, devenus universellement ce qu’est…
- 13 — Chapitre XIII — Cette première série contient donc la première émanation des Eons, qui naissent…
- 14 — Chapitre XIV — Enthymésis, en effet, ou bien Achamoth, selon le nom qui lui est donné et dont…
- 15 — Chapitre XV — C’est Achamoth qui a versé les pluies du ciel en poussant des cris ; ce sont des…
- 16 — Chapitre XVI — Voilà en effet que, fidèle aux exemples maternels, elle recourt à la prière
- 17 — Chapitre XVII — Achamoth, une fois délivrée de tous ses maux, marche de progrès en progrès, et porte…
- 18 — Chapitre XVIII — Plus propre à l’action par l’autorité de ses trois enfants, elle entreprend de…
- 19 — Chapitre XIX — Mais la propriété des noms ne s’accorde pas même avec la propriété des œuvres d’où…
- 20 — Chapitre XX — Le Démiurgue, placé hors des limites du Plérôme, et plongé dans la honteuse solitude de…
- 21 — Chapitre XXI — En attendant, il faut savoir que Sophia est aussi surnommée Terre et Mère, comme qui…
- 22 — Chapitre XXII — Je leur pardonnerais plus volontiers leurs absurdités honteuses sur le diable, ne…
- 23 — Chapitre XXIII — Voici dans quelles limites ils placent comme la citadelle de chacune de ces puissances
- 24 — Chapitre XXIV — Après avoir rêvé de pareilles chimères sur Dieu, ou sur les dieux, à quelles chimères…
- 25 — Chapitre XXV — Achamoth avait gardé de la substance de Sophia sa mère, une portion de semence…
- 26 — Chapitre XXVI — Voici la fin qu’ils assignent à chacun d’eux : à la substance matérielle, c’est-à-dire…
- 27 — Chapitre XXVII — Maintenant j’achève ce qui concerne leur Christ
- 28 — Chapitre XXVIII — Cependant le Démiurgue, dans l’ignorance universelle où il était, quoi qu’il doive un…
- 29 — Chapitre XXIX — Je recueillerai ça et là, en terminant, ce qu’ils débitent sur la formation du genre…
- 30 — Chapitre XXX — Voilà pourquoi ils regardent les œuvres comme leur étant inutiles, et se dispensent de…
- 31 — Chapitre XXXI — Il reste à parler de la consommation dernière et de la dispensation des récompenses
- 32 — Chapitre XXXII — Quant à l’espèce humaine, voici sa destinée
- 33 — Chapitre XXXIII — Après cette comédie merveilleuse, je produirai, en forme de symphonie dernière…
- 34 — Chapitre XXXIV — Quelques-uns, plus respectueux, et se souvenant de l’honneur dû à Dieu, afin de lui…
- 35 — Chapitre XXXV — Il en est qui n’accordent pas le premier rang, mais seulement le second à Bythos : ils…
- 36 — Chapitre XXXVI — Qu’ils sont plus raisonnables ceux qui, repoussant cette déplorable perversité, n’ont…
- 37 — Chapitre XXXVII — Écoute les autres découvertes de ce sot personnage, flétri d’avance par Ennius (13), de…
- 38 — Chapitre XXXIX — Quelle diversité entre eux sur notre Seigneur Jésus !

Contre les Valentiniens
Réfutation de la gnose valentinienne
Tertullien · 20 juillet 2016 · 52 min de lecture · 6 vues
Les Valentiniens, secte nombreuse parmi les hérétiques, parce qu’elle se recrute des apostats de la vérité, penche volontiers pour les fables, et n’a rien d’effrayant dans sa discipline ; les Valentiniens n’ont d’autre souci que de cacher ce qu’ils prêchent, si toutefois c’est prêcher que de cacher sa doctrine. Les ténèbres dont ils s’enveloppent sont une précaution qui les accuse. Ils affichent leur ignominie en affirmant leur religion. En effet, le silence qui recouvre les mystères d’Eleusis, espèce d’hérésie dans la superstition grecque, en est la honte. Voilà pourquoi ils imposent de rudes épreuves, réclament une longue initiation, mettent un sceau sur la langue, et fixent à cinq ans la durée du noviciat, afin d’accroître l’estime en ajournant la connaissance et de relever la majesté des mystères en allumant le désir.
Puis vient le devoir du silence. On garde avec attention ce qu’on a découvert si tard. D’ailleurs cette divinité qui réside dans le sanctuaire, ces soupirs des candidats, ce sceau apposé sur la langue, à quoi tout cela vient-il aboutir ? À la révélation de l’emblème de la virilité humaine. Une interprétation allégorique, prétextant le nom vénérable de la nature, voile le sacrilège sous le patronage d’une figure forcée, et se justifie du reproche de fausseté par le simulacre qu’on adore. Il en est de même des hérétiques auxquels nous nous attaquons. Recouvrant leurs vaines et honteuses inventions des noms, des litres et des arguments sacrés de la religion, profitant d’ailleurs de la pluralité des personnes divines, parce qu’il semble assez plausible que le nombre engendre le nombre, les Valentiniens ont aussi leurs mystères d’Eleusis, qu’ils persuadent à la piété crédule, mystères sacrés par un inviolable silence, et qui n’ont de céleste que l’obligation de se taire.
Interrogez-les avec candeur, ils vous répondent avec un visage austère et un front sourcilleux : O profondeur ! Poussez-les de question en question, ils affirment par des subtilités et des équivoques la foi qui nous est commune. Prouvez-leur indirectement que vous les avez pénétrés, ils nient tout ce qu’ils s’aperçoivent que vous savez. Combattez-les par des raisonnements serrés, ils désarment la simplicité crédule en faisant bon marché d’eux-mêmes. Ils ne livrent aucun de leurs secrets à leurs propres disciples avant d’être sûrs qu’ils sont à eux. Ils ont un moyen de persuader avant d’enseigner. Or la vérité persuade en enseignant, elle n’enseigne pas en persuadant.
