Contre Hermogène
Contre l’éternité de la matière
- 01 — Chapitre I — Nous avons coutume d’opposer aux hérétiques, comme argument abrégé, la prescription de…
- 02 — Chapitre II — Voici par quels arguments ce détestable peintre a coloré cette première ombre…
- 03 — Chapitre III — Il ajoute encore : Dieu a toujours été Dieu ; toujours aussi il a été Seigneur ; pas un…
- 04 — Chapitre IV — C’est par là donc que je commencerai à traiter de la Matière, puisque, dans ce système…
- 05 — Chapitre V — Mais Dieu est Dieu ; la Matière est la Matière, répond Hermogène
- 06 — Chapitre VI — Il reste à Dieu, répond-il, d’être le premier et le seul auteur de toutes choses…
- 07 — Chapitre VII — Hermogène déclare-t-il que la Matière est moindre que Dieu, inférieure à lui, que par…
- 08 — Chapitre VIII — Il y a mieux ; il l’élève au-dessus de Dieu lui-même, et c’est Dieu plutôt qu’il…
- 09 — Chapitre IX — Que, pour créer le monde, Dieu se soit servi de la Matière en qualité de Seigneur…
- 10 — Chapitre X — Dieu n’aurait-il donc pas fait plus sagement de ne créer absolument rien, que de créer…
- 11 — Chapitre XI — Toutefois, où sont les preuves d’Hermogène pour nous persuader que la Matière est…
- 12 — Chapitre XII — Mais si la nature n’admet pas de changement, me dira-t-on, »
- 13 — Chapitre XIII — Mais, comment, demandera-t-on, des créatures qui n’ont pas subi de transformation…
- 14 — Chapitre XIV — On a beau dire, en effet, que tout en produisant les biens à l’occasion de la Matière…
- 15 — Chapitre XV — Or, si le bien n’est pas le produit de la Matière, parce qu’il ne résidait pas en elle…
- 16 — Chapitre XVI — Au début de cette discussion, sur laquelle il me faudra peut-être revenir, je déclare…
- 17 — Chapitre XVII — L’essence du Dieu unique exige impérieusement cette condition : il n’est unique que…
- 18 — Chapitre XVIII — Si la Matière est nécessaire à Dieu pour créer notre monde, ainsi que l’a pensé…
- 19 — Chapitre XIX — Mais j’en appelle aux livres de Moïse, où sont consignées nos origines, et par lesquels…
- 20 — Chapitre XX — « Elle a beau être le »
- 21 — Chapitre XXI — Mais, me dira-t-on, si tu préjuges que l’universalité des êtres a été créée de rien…
- 22 — Chapitre XXII — Que tel ait été le motif du silence qu’a gardé l’Esprit saint dans cette Écriture, cela…
- 23 — Chapitre XXIII — Mais il invoque le passage suivant, où il est écrit : « La terre était invisible et…
- 24 — Chapitre XXIV — Je reviens maintenant à chacun des articles qui, selon Hermogène, désignent la Matière
- 25 — Chapitre XXV — Il veut donc que, dans cette Écriture, il soit question de deux terres : l’une que Dieu…
- 26 — Chapitre XXVI — « Mais pour nous, il n’y a qu’un Dieu, »
- 27 — Chapitre XXVII — Mais toi, relevant fièrement la tête et la reportant en arrière avec un geste…
- 28 — Chapitre XXVIII — Il faut examiner sans doute si ces mots « invisible et grossière »
- 29 — Chapitre XXIX — Je vois Dieu consommer toutes ses œuvres par degré ; créant d’abord le monde avec des…
- 30 — Chapitre XXX — Mais le texte suivant fortifiera sans doute les conjectures d’Hermogène : « Et les…
- 31 — Chapitre XXXI — On se réfugie dans cet argument
- 32 — Chapitre XXXII — Voilà comment je répondrais pour l’Écriture présente, dans la supposition qu’elle n’eût…
- 33 — Chapitre XXXIII — Mais, tandis qu’Hermogène la rencontre parmi ses couleurs, car il n’a pu la rencontrer…
- 34 — Chapitre XXXIV — Au reste, que tout ait été formé de rien, la disposition qui doit tout faire rentrer…
- 35 — Chapitre XXXV — Quoiqu’il ne soit pas besoin de discuter l’essence de la Matière, car il faudrait…
- 36 — Chapitre XXXVI — Voilà toutefois qu’il se contredit, ou bien peut-être je ne sais quelle autre raison se…
- 37 — Chapitre XXXVII — En effet, je te vois revenir en ce moment à cette même raison qui a coutume de ne le…
- 38 — Chapitre XXXIX — Associée à la prérogative de son éternité, il faut nécessairement qu’elle participe…
- 39 — Chapitre XL — Tout à l’heure régnait la confusion ; mais voici l’arrangement
- 40 — Chapitre XLI — Je reviens au mouvement pour montrer comment le pied te glisse partout
- 41 — Chapitre XLII — Tu as disséminé toutes choses de peur que de près la contradiction ne sautât aux yeux
- 42 — Chapitre XLIII — Encore une remarque sur le mouvement
- 43 — Chapitre XLIV — Il ne me reste plus qu’à montrer comment Dieu a opéré, selon toi
- 44 — Chapitre XLV — Mais les prophètes et les apôtres ne nous ont point transmis que Dieu ait créé le…

Contre Hermogène
Contre l’éternité de la matière
Tertullien · 19 juillet 2016 · 86 min de lecture · 6 vues
Nous avons coutume d’opposer aux hérétiques, comme argument abrégé, la prescription de la postériorité. En effet, de ce que la règle de la vérité qui, même déclara d’avance qu’il y aurait des hérésies, est venue la première, il sort la présomption que les doctrines de l’hérésie sont postérieures, puisqu’elles étaient annoncées d’avance par la règle de la vérité qui les précéda. Or, la doctrine d’Hermogène est née d’hier, c’est un homme de notre temps qui vit au milieu de nous. Son génie inquiet le destinait naturellement à l’hérésie. Il se croit éloquent, parce qu’il parle beaucoup ; son impudeur, il la décore du nom de fermeté, et dire du mal de tout le monde, il l’appelle l’office d’une conscience vertueuse. Ajoutez à cela qu’il peint d’une manière illicite (1), et qu’il réitère le mariage ; d’un côté, faisant servir la loi de Dieu au profit de la passion ; de l’autre, la méprisant dans les pratiques de son art ; deux fois faussaire, ici en cautérisant les consciences, là en mutilant les Écritures ; adultère depuis les pieds jusqu’à la tête, et dans sa doctrine et dans sa chair, puisqu’il s’est associé à la contagion de ceux qui réitèrent le mariage, et que l’apostolique Hermogène lui-même n’a pas persévéré dans sa discipline.
Mais qu’importe la personne ? Je n’ai affaire qu’à la doctrine. Il ne semble pas qu’il reconnaisse un Seigneur Jésus-Christ différent du nôtre. Toutefois, il le fait autre qu’il le reconnaît ; que dis-je ? il enlève à Dieu tout ce qu’il est, en ne voulant pas qu’il ail créé de rien l’universalité des êtres. En effet, après être passé des Chrétiens aux philosophes, de l’Église à l’Académie et au Portique, voilà qu’il s’avise d’établir avec les Stoïciens une Matière, contemporaine du Seigneur, puisqu’elle a toujours été, n’ayant jamais pris naissance, n’ayant jamais été faite, sans commencement ainsi que sans fin, et dont le Seigneur se serait ensuite servi pour disposer toutes choses.
