
Synopse de l’Écriture sainte
Saint Jean Chrysostome · 192 min de lecture · 0 vue
Synopse ou abrégé de l’ancien et du nouveau Testament dispose suivant un ordre de matières qui vient en aide à la mémoire
Dissertation préliminaire
Abrégé de la Genèse
Abrégé du livre de l’exode
Abrégé du lévitique, qui est le troisième livre
Abrégé du Deutéronome
Abrégé du livre de Josué, fils de Navé
Du livre des juges
Abrégé du livre de Ruth
Abrégé du premier livre des rois
La sagesse de Salomon
Proverbes de Salomon
Résumé du livre de sirac
Abrégé des choses dites par le prophète Isaïe
Abrégé des choses dites par le prophète Jérémie
Abrégé des choses dites par le prophète ézéchiel
Abrégé des choses dites par le prophète Daniel
OSÉE *
JOEL. *
AMOS. *
Abdias
JONAS. *
Michée
NAHUM *
Avertissement
Quelques critiques ont révoqué en doute que la synopse frit de saint Chrysostome, mais ils n’en ont point donné de raison; et il y en a beaucoup pour la lui attribuer: 1° Cette synopse, en faisant le dénombrement des livres du Nouveau Testament, ne compte que trois épîtres catholiques, quoiqu’il y en ait sept, qui étaient même reçues comme canoniques par la plus grande partie des Églises d’Orient et par presque toutes celles d’Occident. Mais l’Église d’Antioche n’en recevait que trois du temps de saint Chrysostome, comme on le voit par une homélie d’un prêtre d’Antioche, prêchée devant l’évêque Flavien, où il est dit en termes exprès que les Pères rejettent la première du canon, la seconde et la troisième épître de saint Jean. Corme, l’Égyptien, dit en termes exprès que les Syriens ne recevaient que trois épures catholiques; une de saint Jacques, une de saint Pierre et nue de saint Jean. De plus saint Chrysostome ne cite nulle trait les quatre autres épîtres catholiques. — 2° L’apocalypse n’est point mise dans cette synopse au rang des livres canoniques. Or saint Chrysostome ne la cite jamais dans ses ouvrages. — 3° L’auteur de cette synopse, de même que saint Chrysostome dit que la malédiction donnée par Noé à Cham, n’a eu son accomplissement que sur les Gabaonites et nous ne connaissons point d’autres anciens qui aient expliqué ainsi cette prophétie. — 4° On lit dans cette synopse que Thara, père d’Abraham, prit avec lui ses fils Abraham et Nachor et Loth, son neveu, et vint à Charran; leçon suivie aussi par saint Chrysostome et qu’on ne trouve point ailleurs. — 5° L’auteur de cette synopse combat souvent les Juifs, qui étaient en grand nombre à Antioche et il marque mérite quelquefois les passages qu’on peut leur opposer. Or saint Chrysostome attaque souvent les Juifs. — 6° Cet auteur met aussi, comme ce Père, le patriarche Job parmi les descendants d’Esaü.
(Extrait de Dom REMY CEILLIER.)
Pourquoi la première partie des Écritures est appelée l’Ancien Testament; le but de l’un et de l’autre Testament est unique. Division de l’Ancien Testament en Histoire, Préceptes et Prophéties. — Origine de la race juive. — Deux espèces de prophéties, la prophétie d’action et la prophétie par les paroles.
Le Nouveau Testament est ainsi appelé à cause de sa date et de la nature des événements qu’il raconte; parce que tout a été renouvelé, et premièrement l’Homme pour qui toutes choses ont été faites. Que personne ne dise: le ciel est le même, la terre n’a point changé, ni l’homme qui en est le roi. Une loi nouvelle a été donnée, de nouveaux préceptes ont été donnés, en même temps qu’une grâce nouvelle dans le bain salutaire, un nouvel (522) homme, de nouvelles promesses ont paru. Il ne s’agit plus dans ces promesses de la terre ni des choses terrestres, mais du ciel et des choses célestes. Ces mystères sont nouveaux. Ce n’est plus le temps des offrandes matérielles, des brebis, du sang, de la graisse et de la fiente des victimes; nous avons un culte raisonnable et une adoration qui ne peut être séparée de la vertu, des commandements que les anciens ne connaissaient pas, un bois de vie qui nous conduit au ciel et qui nous élève au-dessus de nous-mêmes.
Le but des deux ’testaments est unique et n’est autre que le redressement de l’homme. Et qu’y a-t-il d’étonnant si tel est le but des Écritures, puisque la création tout entière existe pour l’homme? Le vaste ciel a été fait pour lui, aussi bien que l’étendue des terres et que cette mer dont l’immensité excite notre admiration pour son Auteur et nous-mêmes à la connaissance de Dieu. Toutes ces choses ayant donc été faites pour l’homme, et le but de l’Ancienne et de la Nouv elle Écriture étant le même, Moïse a jugé nécessaire de raconter les histoires anciennes, mais en s’écartant de la manière des profanes qui écrivent les faits simplement pour narrer, ne songeant qu’à rapporter des combats et des batailles et à tirer quelque gloire de leurs ouvrages. Il n’en est pas ainsi du législateur hébreu qui écrit la vie des hommes illustres dont les actions ont été admirables, afin qu’elle soit pour la postérité un enseignement de la vertu, et qui n’a pas seulement transmis le souvenir de ceux qui ont fait le bien, mais aussi de ceux qui ont péché, afin d’exhorter à imiter les uns et à éviter les traces des autres, plaçant de la sorte sous nos yeux un double encouragement à la vertu et à la vigilance.
N’allons pas croire que le rôle du législateur ne peut lui permettre de mêler le récit des événements passés et la rédaction des lois. La narration de la vie des hommes qui ont vécu saintement n’a pas moins de force que la loi elle-même. C’est pourquoi dans l’Ancien Testament se trouve une partie historique, l’Octateu que ou les huit premiers livres. La Genèse rapporte la création et la vie des hommes qui furent agréables à Dieu. L’Exode nous montre la sortie d’Égypte accompagnée de miracles, le séjour dans le désert et la loi donnée. Le Léviti que nous instruit sur les sacrifices et les cérémonies sacrées: la tribu de Lévi ayant obtenu le sacerdoce par le sort, c’est à cause de cette tribu que le livre a été ainsi appelé. Ensuite, le livre des Nombres après la sortie de l’Égypte Dieu ordonna de compter les Hébreux., et il se trouva six cent mille hommes sortis Abraham. Le Deutéronome suit les Nombres, Moïse ayant promulgué pour la seconde fois la loi. Le livre de Jésus, fils de Navé, vient après; ce fut Jésus qui fut le conducteur du peuple après Moïse, qui l’introduisit dans la terre de promission et qui partagea la contrée entre les douze tribus en recourant au sort. Ensuite, les Juges; le fils de Navé étant mort, le gouvernement passa aux mains de l’aristocratie et le pouvoir appartenait aux tribus. Ensuite, Ruth, livre court, qui renferme l’histoire d’une femme étrangère mariée à l’un des descendants d’Abraham. Ensuite, les quatre livres des Rois contenant tout ce qui est arrivé à Saül, David, Salomon, Élie et Elisée, et enfin jusqu’à la captivité de Babylone. Après les Lois, Esdras. Lorsque les Juifs eurent été emmenés à Babylone à cause de leurs péchés et qu’ils eurent passé soixante-dix années dans la servitude, Dieu eut pitié d’eux, et il disposa Cyrus, alors roi des Perses, le même dont Xénophon a raconté l’éducation, à renvoyer les captifs. Une fois mis en liberté, ils revinrent sous la conduite d’Esdras, de Néhémie et de Zorobabel. Esdras a écrit le récit de tout ce qui concerne ce retour, la réédification du temple et le rétablissement de la ville. Cent années se passèrent, et la cité fut envahie de nouveau par les Macédoniens. Antiochus Epiphane survint; ils souffrirent pendant trois ans et demi les maux de l’invasion et furent encore délivrés de ces calamités. Enfin, un temps peu considérable s’étant écoulé, le Christ vint et le Vieux Testament fut terminé.
Pour faire connaître l’origine de la race juive, il est indispensable d’entrer dans quelques détails que voici. Après Adam, vécut Seth, son fils, ensuite Enoch; puis un grand nombre d’autres formant plusieurs générations. Et après cela, vécut Noé, sous lequel, les hommes étant corrompus par l’iniquité, arriva le déluge. Après le déluge, Noé sortit de l’arche, seul avec ses trois enfants, et il remplit la terre de sa race, plusieurs générations s’étant succédé. Lorsqu’ils furent devenus nombreux, les hommes résolurent d’élever une tour qui monterait jusqu’au ciel; mais Dieu connut leurs pensées, il confondit leur langage, et au. lieu d’une seule langue, il y en eut plusieurs. Il devint nécessaire, dès qu’ils ne s’entendirent plus les uns les autres, de ne plus habiter ensemble, et ce fut pour cette cause qu’ils se dispersèrent par toute la terre. On assure que, dans cette confusion des id tomes, Réber, (ancêtre des Juifs, qui n’avait point voulu prendre part à l’entreprise coupable des autres, fut le seul qui conserva sa propre langue, à litre de récompense de ses bonnes dispositions. L’un de ses descendants fut Abraham, qui donna le jour à Isaac, et de celui-ci naquit Jacob, qui lui-même engendra les douze patriarches: Ruben, Siméon, Lévi, Juda, Issachar, Zabulon, Nephtali, Gad, Dan, Aser, Joseph et Benjamin. Onze de ces patriarches donnèrent leur nom à art nombre pareil de tribus, car chacun engendra une tribu, et leurs descendants prenaient le nom de chacun d’eux. Cependant, Joseph ne fut point le père d’une seule, mais de deux tribus, car Jacob ne voulut point que Joseph donnât son nom à une tribu seulement. Qu’arriva-t-il donc? Ce fut que Joseph devint doublement patriarche, parce que les noms de ses deux fils, Ephraïm et Manassé, furent ceux de deux tribus qui reconnaissaient Joseph pour ancêtre. D’où il résulte qu’au lieu de onze tribus, il y en eut treize, onze issues des autres fils de Jacob, et deux des fils de Joseph. La tribu de Lévi fut mise à part et chargée du sacerdoce; il ne fut pas nécessaire de lui rien assigner en partage, et le nombre de douze ne fut pas changé. Les douze tribus vaquaient à toutes les affaires; la seule tribu de Lévi s’occupait des seules choses saintes dont elle avait la charge. Moïse appartenait à cette dernière tribu. Les douze patriarches étant donc allés en Égypte, la promesse faite à Abraham: « Je multiplierai tes descendants comme les étoiles du ciel, ». s’accomplit et ils furent les pères des six cent mille hommes qui formèrent le peuple des Juifs, ainsi nommés à cause de la tribu royale de Juda qui fournit les souverains de la nation.
Ainsi, l’Ancien Testament renferme une partie historique, celle dont nous avons déjà parlé, et une partie contenant des préceptes les Proverbes, la Sagesse de Sirach, l’Ecclésiaste, le Cantique des Cantiques, de même qu’une partie prophétique, je veux dire les livres des seize prophètes, de Ruth et de David. Cette division des matières contenues dans les saintes Écritures n’empêche pas que l’une ne soit mêlée à l’autre: dans les livres historiques, on rencontrera la prophétie, par exemple, et les prophètes écrivant souvent des récits qui appartiennent à l’histoire; et d’autre part, dans la prophétie et dans l’histoire, nous voyons aussi des préceptes et des exhortations. Toutes ces choses, comme je l’ai dit, ont un but unique, le redressement et l’amélioration de ceux qui entendent les Écritures, de telle sorte que tantôt la narration, tantôt les préceptes et les conseils, tantôt les prophéties, nous enseignent ce que nous devons faire.
Le propre de la prophétie est d’annoncer les événements à venir, soit heureux, soit funestes, afin de ramener les uns dans la bonne voie, et d’écarter les autres par la crainte du sentierde l’iniquité. Il y a aussi une autre classe de prophéties, savoir celles qui ont pour objet le Christ, et qui décrivent minutieusement son avènement dans le monde, ce qu’il devait faire à partir de sa venue, la conception, la naissance, l’élévation en croix, les miracles, le choix des disciples, le Testament Nouveau, la fin de la nationalité juive, la ruine du paganisme, le triomphe de l’Église, et toute la série des événements qui devaient s’accomplir. Tout avait été prédit avec clarté par les prophètes, longtemps d’avance, soit d’une manière figurative, soit par des paroles expresses.
Car, il y a deux sortes de prophéties, l’une qui annonce l’avenir par des paroles, l’autre par des actions. Le Prophète emploie les paroles., lorsque, voulant signifier le supplice de la croix, il dit: « Il a été conduit comme la brebis qui va être immolée; il ressemble à l’agneau qui demeure sans voix devant celui qui le tond. » (Isaïe, LIII, 7.) Telle est la prophétie par le moyen du langage. Mais nous voyons la prophétie par action lorsqu’Abraham nous est montré offrant son fils, et immolant le bélier. Ce sont alors ces événements qui nous font voir par avance l’image de la croix et de l’immolation pour le salut du monde. L’Ancien Testament renferme un grand nombre de ces types et de ces prophéties par actions.
La prophétie n’a pas seulement pour objet d’annoncer l’avenir, mais aussi de faire connaître le passé, et c’est ce qui est vrai surtout dans les récits de Moïse. Quand il parle du ciel et de la terre, il raconte des choses passées et (524) ensevelies dans l’obscurité des temps; il les énonce à l’aide de la prophétie. S’il appartient à la prophétie de dévoiler les choses qui ne sont pas encore arrivées ou qui demeurent encore cachées, il ne faut pas une moindre grâce pour manifester ce qui est accompli, mais caché par le temps.
La prophétie découvre aussi le présent lorsqu’un fait se passe; mais n’est pas connu; nous en voyons un exemple dans l’histoire d’Ananie et de Saphire. Là, ce n’est point le passé qui est révélé, ce n’est point l’avenir, mais un fait actuel, inconnu toutefois. Pierre découvre l’événement par la prophétie et le manifeste devant tout le monde.
Ce sont là les divers genres de prophéties que renferme l’Ancien Testament. Mais ce qui avait été dit par énigme dans l’Ancien se trouve expliqué dans le Nouveau; la prophétie est vérifiée par le témoignage des faits, je veux dire par l’établissement de cette vie nouvelle qui est celle du ciel, par la révélation de ces biens futurs qui sont ineffables, « que l’oeil de l’homme n’a point vus, que l’oreille n’a point entendus, que le coeur de l’homme n’a point goûtés. » (I Cor. II 9.) Le Nouveau Testament a reçu l’homme sortant du joug de l’Ancien, et il l’a conduit doucement et avec mesure de la voie d’iniquité à la participation de la vie des anges. L’oeuvre de l’Ancien Testament était de former l’homme, le Nouveau fait de l’homme un ange. Le péché avait fait perdre à la créature raisonnable la dignité d’homme, l’avait réduit au rang des animaux et rendu semblable aux bêtes sauvages; la loi a chassé l’iniquité et la grâce a surajouté cette vertu angélique.
Les livres du Nouveau Testament sont: les quatorze Épîtres de Paul, les quatre Évangiles, deux qui furent écrits par des disciples de Jésus-Christ, Jean et Matthieu, et les deux autres par Luc et par Marc, celui-ci disciple de Pierre et celui-là de Paul. Les premiers avaient vu le Christ de leurs propres yeux et ils avaient vécu avec lui; les derniers ont transmis ce qu’ils avaient eux-mêmes appris. À quoi il faut joindre le livre des Actes, qui est aussi de Luc, et les trois Épîtres Catholiques.
Création du monde et formation de l’homme. Adam reçoit un commandement; la femme est formée d’une de ses côtes; le serpent la trompe; elle-même trompe l’homme, et, maudite avec lui, est chassée du Paradis avec lui. Le serpent est maudit; il rampera sur le ventre. Caïn tue son frère parce que celui-ci est préféré, il reçoit le châtiment; ensuite il engendre des enfants. Eve donne le jour à Seth. Liste des descendants d’Adam et de Seth jusqu’à Noé, et reproches qu’encourent les hommes pour leurs mariages criminels, eu même temps que pour leurs iniquités. Les fils de Dieu, tel est le nom de ceux qui tirent leur origine de Seth (Gen. VI, 2), car voici ce qui est écrit: « J’ai dit: vous êtes des dieux, vous êtes tous les fils du Très-Haut. » (Ps. LXXXI, 6.) Les filles des hommes sont celles qui descendent de Caïn. Dieu annonce à Noé la ruine du genre humain par le déluge, et lui ordonne de construire l’arche, longue de trois cents coudées, large de cinquante et haute de trente coudées. Lorsqu’il est entré dans l’arche, le déluge survient, pendant quarante jours et quarante nuits. L’eau demeure sur la terre pendant cent cinquante jours, et les sommets des montagnes apparaissent le premier jour. du dixième mois. Après quarante jours, Noé envoie le cor. eau (lui ne revient pas, et sept jours après il envoie la colombe qui revient portant un rameau d’olivier. Dieu ordonne à Noé de quitter l’arche; lorsqu’il est sorti, il offre à Dieu un sacrifice et il est béni avec ses enfants. Il reçoit de Dieu la promesse que les hommes ne périront plus par un déluge. Ensuite, il bénit Seni et Japh et; mais il maudit Chanaan, parce que Chain, dont il était le fils,, avait révélé la nudité de son père. Cette malédiction fut accomplie sur les Gabaonites, et, à vrai dire, elle eut l’apparence d’une (525) malédiction, mais en réalité ce fut une prophétie. Liste des descendants de Noé jusqu’à Phaleg, à qui ce nom fut donné parce que la terre fut divisée air temps où il vécut. Alors fut construite la tour dans le lieu qui fut appelé Babylone, c’est-à-dire confusion, parce que dans cet endroit eut lieu la confusion, des langues. Héber, père de Phaleg, ne consentit point, diton, à construire la tour avec les autres et pour cela, sa langue ne fut point changée; mais il garda son idiome intact, et lui imposa même son nom. On l’appelait Héber, sa langue fut l’hébraïque, et ainsi est-il prouvé que l’idiome hébreu est la plus ancienne des langues. Cette langue était celle dont tous se servaient avant la confusion.
Héber fut l’ancêtre d’Abraham. Généalogie des descendants de Seth jusqu’à Abraham. Tharé, père d’Abraham, prend avec lui ses fils Abraham et Nachor et Loth, son petit-fils, et vient au pays de Charran, ayant résolu d’habiter la terre de Chanaan. Tharé mort, Abraham reçoit de Dieu l’ordre de quitter le pays de Charran et il s’en va à Sichem, dans le pays de Chanaan. Dieu lui promet de donner cette terre à sa race. Abraham élève à Dieu un autel et fixe sa tente vers la mer. Une famine étant survenue, il se rend en Égypte, ordonnant à sa femme de dire qu’elle est sa soeur. Mais Pharaon l’enlève et, repris par Dieu, la rend à Abraham. Les conducteurs des troupeaux d’Abraham et de Loth se disputent, et ils cessent d’habiter l’un avec l’autre. Lotte séjourne dans là terre de Sodome et Abraham près du chêne de Mambré, où Dieu lui renouvelle ses promesses, affirmant qu’il multipliera sa race et lui donnera cette contrée pour héritage. Or, cinq rois de la terre de Sodome s’étant révoltés contre Chodorlahomor, à qui ils obéissaient auparavant, celui-ci prit avec lui trois autres rois et leur fit la guerre; il les mit en fuite et emmena des prisonniers parmi lesquels était Loth. Cependant, Abraham l’ayant su, il poursuivit le vainqueur avec trois cent dix-huit des serviteurs nos dans sa maison et reprit le fils de sou frère avec les chevaux et les femmes. Il est béni par Melchisédech qui s’avance à sa rencontre avec le pain et le vin, et il lui donne la dîme. C’est pourquoi Paul a dit, dans l’épître aux Hebreux que « Lévi qui reçoit la dîme a payé lui-même la dîme. » (Hébr. VII, 9.) Il n’acquiesce point à la demande du roi de Sodome, qui le priait de garder les chevaux pour sa part, « afin que vous ne puissiez dire, » dit-il: « J’ai enrichi Abraham. » (Gen. XIV, 23.)
Dieu ayant dit à Abraham: « Ta récompense sera grande (Gen. XV, 1), » celui-ci se plaint de n’avoir point d’enfants. Dieu lui parle une seconde fois; il lui apprend que celui qui sortira de lui possédera son héritage, et que sa race sera comme les astres du firmament. C’est en cet endroit qu’il est dit: « Abraham crut à la parole de Dieu et sa foi lui fut imputée à justice. » (Gen. XV, 10.) Il divise la chair des victimes et il apprend que sa race sera réduite en esclavage et qu’ensuite elle sera délivrée après qu’elle aura été humiliée pendant quatre cents ans. Sara, qui était stérile, donne Agar à Abraham afin qu’il ait des enfants d’elle. Celle-ci ayant conçu s’enorgueillit devant sa maîtresse et Abraham la livra à Sara pour châtier son insolence. Agar, maltraitée par Sara, s’enfuit de sa demeure: un ange lui ordonne de retourner près de sa maîtresse, lui promet que sa race sera nombreuse et, avant que l’enfant ne soit né, lui donne un nom, l’appelant Ismaël. Agar met au monde Ismaël, et Abraham âgé de quatre-vingt-dix-neuf ans change de nom: il cesse d’être appelé Abram et s’appelle Abraham. Dieu lui ordonne de se circoncire et avec lui toute sa maison. Sara change aussi de nom et est appelée Sarra. La naissance d’Isaac est promise à Abraham. Le Fils de Dieu lui apparaît avec deux anges et lui dit: « Je reviendrai vers toi dans ce temps et à cette heure, et Sara ta femme aura un fils. » (Gen. XVIII, 10.)
Abraham prie pour les habitants de Sodome. Deux anges vont trouver Loth. Les habitants de Sodome les poursuivent et sont frappés d’aveuglement. Les anges, emmenant Loth, sortent de la maison, et lui-même se réfugie à Ségor avec ses filles, tandis que sa femme est changée en une statue de sel parce qu’elle s’est retournée pour regarder derrière elle. Pendant que Sodome était en feu, Loth se retira vers la montagne, et ses deux tilles conçurent de lui; la plus âgée donna naissance à Moab et la plus jeune à Ammon: elles avaient conçu après avoir enivré leur père, car elles pensaient que toute la race des hommes avait péri.
Cependant, Abraham alla habiter le pays de Gérare, et le roi de cette contrée, Abimélech, enleva Sarra. Le roi ayant entendu les (526) menaces de Dieu se justifie en disant qu’il pensait que cette femme était soeur d’Abraham et qu’elle-même l’avait dit. Il la renvoie avec des présents. Elle met au monde Isaac. Elle chasse de sa demeure l’esclave et son fils Ismaël. Abimélech conclut avec Abraham une alliance, ils jurent de ne plus se nuire l’un à l’autre; Abimélech reçoit sept jeunes brebis en témoignage devant le puits du jurement, afin que tous voient que ce puits appartient à Abraham. Celui-ci offre son fils en holocauste, d’après l’ordre qu’il en a reçu; le bélier est immolé au lieu d’Isaac. Ce sont là les types qui devaient avoir leur réalité dans l’incarnation de Jésus-Christ, victime immolée pour nous.
Sarra meurt. Abraham achète un tombeau de Héphron le Héthé en et ensevelit sa femme. Puis, il envoie son serviteur afin qu’il amène pour son fils Isaac une femme de la Mésopotamie, lui recommandant de ne pas le conduire dans ce pays si la femme refusait de venir avec lui. Lorsque le serviteur arriva dans la cité habitée par Nachor, il demanda à Dieu de lui faire reconnaître par un signe la jeune fille qu’il venait chercher, et ce signe était qu’elle lui donnerait de l’eau à boire pour lui et pour ses chameaux. Rébecca, fille de Bathuel, qui lui-même était fils de Nachor, se présenta. Or, Nachor était le frère d’Abraham. La jeune fille donna à boire au serviteur et aux chameaux; elle dit de qui elle était fille, et elle conduisit l’homme et elle lui donna l’hospitalité. Celui-ci dit pourquoi il était venu et demanda la jeune fille; mais ses parents lui laissèrent le soin de répondre. Elle consentit; le serviteur l’emmena et elle fut la femme d’Isaac.
Sarra étant morte, Abraham prit pour épouse Cétura, et les enfants qu’il en eut furent élevés à part. Il leur fit des présents; mais il laissa Isaac pour héritier de ses biens, et il mourut. En cet endroit, sont indiqués les noms des fils d’Ismaël, qui habita depuis Evilat jusqu’à Sur.
Rébecca était stérile et Isaac adressait à Dieu des prières, afin qu’elle pût concevoir, et elle conçut. Lorsqu’elle eut conçu dans son sein, Dieu lui dit: « Deux nations sont dans ton sein; a un peuple dominera l’autre (Gen. XXV, 23), » voulant annoncer ce qui devait arriver aux Juifs et aux Chrétiens. Elle mit au monde les enfants, qui grandirent, et Esaü vendit à Jacob ses droits d’aînesse pour un plat de lentilles. Une famine survint; mais lorsque Isaac songeait à se rendre en Égypte il en fut empêché par Dieu qui loi ordonna de demeurer dans le lieu où il était, promettant d’être avec lui, de bénir sa race et de la multiplier. Abimélech, roi de Gérare, sachant que Rébecca était femme d’Isaac (car il avait pensé d’abord qu’elle était sa soeur), menaça de mort quiconque lui ferait outrage. Isaac ensemença un champ et le grain rendit cent pour un. Lorsqu’il eut acquis de grandes richesses par suite de la bénédiction de Dieu, les Philistins lui portèrent envie et Abimélech le contraignit de s’éloigner. Il ne résista point, mais il s’en alla et creusa des puits; cependant des querelles étaient faites pour ces puits. Isaac ne tenta pas de riposter; il creusa d’autres puits jusqu’au temps où ils cessèrent de se quereller. Dieu le bénissait., et Isaac accueillit avec bonté Abimélech qui vint à lui; il fui donna un repas, ne se souvenant plus des injures qu’on lui avait faites.
Esaü prit peur femmes deux chananéennes qui, toujours, étaient en querelle avec Rébecca. Mais Isaac était devenu vieux. Il commanda à son fils Esaü d’aller chasser et de lui préparer à manger, afin qu’il le bénit. Jacob conseillé par sa mère, devança Esaü. Ayant fait cuire deux chevreaux, Rébecca se servit de leurs peaux pour déguiser Jacob, puis elle lui mit entre les mains la nourriture préparée par elle et l’envoya. Jacob s’approcha de son père et reçut ses bénédictions. Esaü revint; il apprit ce qui s’était passé; il se lamentait et poussait des gémissements, demandant lui aussi des bénédictions. Sa persévérance ne fut pas déçue; il n’obtint pas tout ce qu’il espérait, il obtint néanmoins. Ayant reçu une moindre bénédiction, au lieu de la plus grande, il s’irritait contre son frère, et gardait du ressentiment en attendant la mort de son père pour assouvir alors en toute sûreté sa vengeance. La mère de Jacob l’en avertit et lui conseilla de chercher son salut dans la fuite. Elle dit à Isaac que la vie lui deviendra insupportable si Jacob prend aussi une femme parmi les Chananéens et dispose le père à l’envoyer en Mésopotamie vers Laban, son frère, afin qu’il prenne une de ses filles pour épouse. Lorsqu’il est parti, Esaü prend pour femme une fille d’Ismaël, qui lui-même était fils d’Abraham et d’Agar.
Jacob voit l’échelle mystérieuse, il érige un monument et promet a Dieu de lui consacrer (527) la dîme de ses biens s’il revient sain et sauf. Il parvient en Mésopotamie, il voit Rachel et l’embrasse; celle-ci de retour l’annonce à Laban son père, qui vient, reconnaît Jacob et l’introduit chez lui. Jacob le sert; voulant avoir une de ses filles pour récompense, il lui donne la plus âgée. Laban propose à Jacob indigné de cette supercherie sept autres années de services s’il veut obtenir la plus jeune, ce que Jacob accepte et il épouse la plus jeune. La première, Lia, avait des yeux malades; la plus jeune était belle, on l’appelait Rachel. L’une et l’autre sont des types ou des figures: la plus âgée représente la synagogue des Juifs et la plus jeune l’Église de Jésus-Christ.
Lia conçut et elle enfanta Ruben, Siméon, Lévi, Juda. Rachel qui n’avait point d’enfants, donna comme épouse du second rang à Jacob son esclave Bala et celle-ci mit au monde Dan et Nephtali. Lia lui donna pareillement Zelpha, qui était son esclave, et celle-ci enfanta Gad et Aser. Ensuite Lia donna le jour à Issachar et Zabulon. Rachel à son tour devint mère de Joseph. Quand Jacob eut résolu de rentrer dans son pays, Laban lui accorda la récompense que Jacob lui-même avait déterminée, tous les agneaux de couleur brune et toutes les chèvres de couleur blanche. Les uns et les autres étaient en grand nombre, car Jacob posait des baguettes dans les lieux où les brebis devaient boire et celles-ci mettaient bas des petits, les uns blancs, les autres variés et tachetés de couleur sombre. Le tout était l’oeuvre de Dieu, ainsi que le dit Jacob. Les fils de Laban lui portaient envie, c’est pourquoi, ayant pris en secret ses épouses et tout ce qu’il possédait, il s’en alla. Laban le poursuivit, mais avant qu’il eût pu le rejoindre, Dieu lui fit entendre des menaces qui devaient s’accomplir s’il maltraitait Jacob. Ayant atteint Jacob, Laban l’accusait et lui demandait pour quelle cause il était parti en secret. Jacob répondit que c’était à cause de l’envie qu’on lui portait et parce qu’il craignait que Laban ne voulût retenir ses filles. Mais celui-ci cherchait ses dieux que Rachel avait pris, il ne les trouva point et il adressait à Jacob de violents reproches. Enfin, après qu’ils eurent mangé et bu, ils élevèrent un amas de pierres qu’ils appelèrent le monument du témoignage et ils s’en allèrent chacun de son côté.
Des anges de Dieu apparaissent à Jacob. Jacob envoie vers Esaü pour lui annoncer son retour. Les envoyés reviennent et rapportent qu’Esaü s’avance avec quatre cents hommes. Saisi de crainte, Jacob prie Dieu de le délivrer du danger qu’il court et il fait porter des dons à Esaü. Il traverse le torrent, il est béni par l’ange, il change de nom. Il voit venir Esaü et partage sa troupe, il met d’abord les esclaves avec leurs enfants, ensuite Lia avec ses enfants, puis Rachel la dernière, avec Joseph. Pour lui, il marchait en avant. Esaü lui fit bon accueil, reçut ses présents et demanda à faire route avec lui, mais Jacob refusa cette offre et il se rendit à Salèm, ville des Sichémites, où-Sichem, le fils du roi Emmor, enflammé d’amour pour Dina fille de Jacob et lui ayant fait violence demandait à la prendre pour femme. Siméon et Lévi répondirent que ce mariage pourrait avoir lieu si lui et son peuple se faisaient circoncire. Lorsqu’ils furent circoncis, tandis qu’ils étaient encore dans les douleurs de la circoncision, Sin}éon et Lévi les mirent à mort. Jacob craignit ensuite que les Chananéens du voisinage ne vinssent à fondre sur lui, il se retira à Béthel, par l’ordre de Dieu. La nourrice de Rébecca mourut. Dieu bénit Jacob qui partit de Béthel pour aller habiter à la tour de Gader. Rachel eut un accouchement malheureux, elle mourut et fut inhumée sur le chemin d’Ephrata, c’est-à-dire à Bethléem. L’enfant nouveau-né était Benjamin. Ruben eut commerce avec Bala, la concubine de son père. Isaac mourut, ses fils Esaü et Jacob l’ensevelirent. Les descendants d’Esaü sont indiqués, et parmi eux Job, qui est appelé Jobab en cet endroit.
Les frères de Joseph lui portaient envie à cause de ses songes et parce que son père l’aimait davantage. L’ayant saisi lorsqu’il était seul, ils voulurent le tuer. Ruben leur conseilla de le jeter dans une citerne, car il avait résolu de le sauver du trépas. On l’y jeta, puis on le vendit aux Madianites d’après le conseil de Juda. Ils montrèrent à leur père sa tunique trempée dans le sang, et lui, pensant qu’il avait été la proie d’une bête farouche, le pleurait amèrement. Les enfants de Juda furent Her, Onan et Sela. Herétant mort, Onan, son frère, prit avec lui Thamar femme de celui-ci, mais il ne voulait pas susciter d’enfant à son frère. Il mourut lui-même et Juda ne voulait pas donner Thamar pour femme à Sela, son troisième fils. Thamar s’étant parée s’assit le long du chemin comme une courtisane. Pensant (528) qu’elle était vraiment une courtisane, car elle s’était caché le visage, Juda eut commerce avec elle et lui remit pour arrhes un collier, un anneau et son bâton. Quand il apprit dans la suite que Thamar était enceinte, Juda, qui était son beau-père, ordonna de la faire mourir sur un bûcher. Celle-ci envoya quelqu’un qui dit qu’elle avait conçu par l’eeuvre de l’homme à qui était cet anneau, et Juda s’écria: « Thamar a agi avec plus de justice que moi. » (Gen. XXXVIII, 26.) Lorsqu’elle mit au monde, Zara passa d’abord la main et la retira, puis Pharès vit le jour et Zara ensuite. Or, voici l’explication allégorique de ce fait. Les premiers hommes justes qui vécurent avant la loi passèrent la main, c’est-à-dire qu’ils montrèrent une vie ornée de vertus et digne des anges. Ensuite, ce fut le régime de la loi. Puis, de nouveau, la vie première des anciens justes reparut, portée par le Christ à un degré de perfection plus grande.
Putiphar le maître d’hôtel de Pharaon, acheta Joseph et lui confia le soin de toutes les choses qui étaient dan: sa maison. Joseph ne consentit point au désir de sa maîtresse qu voulait le faire pécher. Elle le calomnie, il est jeté dans la prison. Là aussi, il est élevé au-dessus des autres: il explique les songes du panetier et de l’échanson. Il arriva selon sa parole; l’un fut mis à mort, l’autre rétabli dans sa première charge. Pharaon voit en songe les vaches et les épis, qui présageaient l’abondance et la famine. Joseph est tiré de prison pour interpréter le songe, parce due l’échanson l’avait signalé au roi. Il donna l’interprétation et aussi les conseils qui pourraient apporter un remède à la famine. Il est établi le premier après Pharaon; il recueille une grande abondance de blé pendant les sept années d’abondance, et, quand la famine survient, il vend du blé à ceux qui en veulent. Ses frères viennent pour en acheter. Il ne voit point avec eux Benjamin et craint qu’ils ne l’aient tué. Il les accuse d’être des espions, et dit qu’il n’est pas d’autre moyen de se justifier de cette accusation que d’amener en Égypte Benjamin, leur plus jeune frère, et de le lui faire voir. Il prend Siméon comme otage et le retient prisonnier; il renvoie les autres et leur donne du blé et de l’argent. Mais lorsqu’ils virent l’argent, en ouvrant les sacs, ils furent troubles par ce fait inattendu. Ils demandèrent Benjamin à leur père, lui racontant tout ce qui était arrivé. Jacob refusait de laisser partir l’enfant. La famine continuait de sévir. Juda insista pour prendre Benjamin, promettant de le ramener sain et sauf, et Jacob donna le double d’argent, recommandant encore d’emporter d’autres dons.
Lorsqu’ils arrivèrent auprès de Joseph, ils furent accueillis par lui avec bienveillance; il les interrogea au sujet de leur père et leur fit un grand festin. Quand ils repartirent, Joseph ordonna de mettre une coupe d’or dans le sac de Benjamin, à l’insu de tous. La coupe étant mise, ils s’en allèrent, emportant le tout: ruais Joseph dit à l’intendant de sa maison de poursuivre ces hommes, et. celui-ci les ayant atteints leur reprochait de récompenser les bienfaits par de mauvaises actions. Ils furent troubles et dirent que celui d’entre eux qui serait trouvé coupable du larcin, serait digne de, mort, et que les autres demeureraient esclaves. Or, la coupe fut trouvée dans le sac de Benjamin. Alors, Juda se présenta devant Joseph, lui parla longuement de leur père, de Joseph et de Benjamin, offrant d’être esclave à la place de ce dernier, et il excita tellement la pitié de Joseph que tout fut découvert. Ayant congédié tout le monde afin qu’il pût verser des larmes en toute liberté, Joseph se fit connaître à ses frères et les renvoya vers leur père avec des dons considérables et des chariots. Pharaon avait donné son consentement à tout ceci.
Quand Jacob apprit tout ce qui concernait Joseph, il fut comblé de joie et, par l’ordre de Dieu, il se rendit. en Égypte. Joseph revit son père et l’annonça à Pharaon qui leur assigna Ramesès pour demeure. Cependant tout l’argent de la contrée était épuisé. Les habitants payèrent le blé avec leurs troupeaux, puis, quand ils n’en eurent plus et que la famine continuait, ils se livrèrent eux-mêmes avec leurs terres. Devenus esclaves de pharaon, ils ensemençaient la terre et lui portaient le cinquième de la récolte, conservant pour eux quatre autres parts. Sur le point de mourir, Jacob fit promettre à Joseph, par serment, qu’il ne l’ensevelirait point en Égypte, mais dans le tombeau de ses pères. Ephraïm et Manassé, fils de Joseph, furent mis par lui, non au rang de ses petits-fils, mais au rang de ses propres fils. La vue de Jacob s’était affaiblie. Il avait embrassé les fils de Joseph et il allait les bénir. Joseph avait placé Ephraïm à gauche (529) de Jacob et Manassé à droite. Mais Jacob plaça sa main droite sur le plus jeune, qui était à sa gauche, et la main gauche sur celui qui était à sa droite, et il les bénit. Joseph pensant qu’il agissait par ignorance et voulant y remédier, Jacob ne le souffrit point et dit qu’il avait agi en connaissance de cause; non par ignorance. Il donna à Joseph la ville de Sichem, qui n’entra point en partage, et qui avait été prise par Siméon et Lévi. Il bénit tous ses enfants et prophétisa touchant la venue du Christ. « Le prince ne sortira point de Juda, dit-il, le chef du peuple ne sortira point de sa race avant que vienne Celui qui est attendu. » (Gen. XLIX, 10.)
Après la mort de Jacob, Joseph le pleura et, emportant ses ossements, il l’ensevelit dans la grotte d’Abraham. Ses frères se dirent alors entre eux: « Peut-être il se souviendra de l’injure que nous lui avons faite et nous rendra le mal commis à son égard (Gen. L, 15), » et ils l’imploraient en disant: « Voici que nous sommes vos esclaves. » (Ibid. L,18.) Joseph se mit à pleurer et leur répondit: « Ne craignez point, car c’est Dieu qui a tout fait. Vous avez formé des projets criminels, mais Dieu m’a favorisé de ses biens. Je vous nourrirai, vous et vos familles. » (Ibid. 19, 21.) Joseph vécut cent ans, et il vit les enfants d’Ephraïm jusqu’à la troisième génération. Il parla. de la sorte à ses frères: « Dieu vous visitera et il vous introduira dans la terre de promission qu’il a promis avec serment de donner à nos pères. Vous porterez alors avec vous mes ossements. » (Ibid. L, 24.) Et étant mort, à l’âge de cent ans, il fut enseveli en Égypte.
Il y eut en Égypte un roi qui ne connaissait pas Joseph; il accabla les Israélites en les employant à la fabrication des briques. Il ordonna aux sages-femmes de mettre à mort les enfants mâles qui naîtraient aux Hébreux, et, comme elles n’obéirent pas, il chargea le peuple d’accomplir cette iniquité. Alors naquit Moïse, de la tribu de Lévi; ses parents l’exposèrent dans une petite embarcation. La fille de Pharaon survint, prit l’enfant et le donna à nourrir. Devenu grand, Moïse alla voir les enfants d’Israël. Tandis qu’il considérait leurs durs travaux, il aperçut un Égyptien qui frappait un Hébreu. Il regarda de tous côtés et, ne voyant personne, il tua l’Égyptien, dont il cacha le corps dans le sable. Le jour suivant, il sortit et vit deux Hébreux qui se disputaient entre eux. Il dit à l’un: « Pourquoi frappez-vous votre prochain? Celui-ci répondit: Qui vous a établi chef et juge parmi nous? Voulez-vous me tuer comme l’Égyptien d’hier? » (Exod. II, 13.) Moïse eut peur, et ceci étant venu aux oreilles de Pharaon, il cherchait à le faire mourir. Moïse craignant ce qui pourrait arriver, se retira au pays de Madian. là, il vint en aide aux filles de Jéthro, qui voulaient abreuver leurs troupeaux. Celles-ci racontèrent la chose à leur père et lui amenèrent Moïse, à qui il donna pour femme une de ses filles, et elle enfanta Gersa et Eliézer.
Tandis que Moïse faisait paître les troupeaux; Dieu lui parla. Il approcha du buisson et vit une merveille, car le buisson était enflammé et ne se consumait pas. Dieu l’envoya en Égypte en lui disant: « Je suis Celui qui suis. »; (Exod. III, 44.) Il lui ordonna de rassembler les anciens et d’aller trouver Pharaon, en commandant aux Hébreux de s’emparer, lorsqu’ils partiraient, chacun des coupes d’argent et d’or de leurs voisins. Les signes qu’il lui donna pour le persuader furent ceux-ci: la verge changée en serpent, le changement de sa main qui devint blanche par la lèpre et qui reprit sa couleur première, enfin l’eau du fleuve. « Tu la répandras, » dit-il, « sur la terre, et ce sera du sang. » (Exod. IV, 9.) Moïse résistait; mais Dieu irrité lui adjoignit Aaron. Moïse annonça à son beau-père Jéthro qu’il allait se rendre en Égypte, et le roi qui cherchait à le faire périr étant mort, Dieu lui dit: « Va (530) maintenant en Égypte. » (Ibid. 19.) Moïse prit donc sa femme et ses enfants et partit ainsi. Mais un ange lui apparut qui le remplit de terreur. Ce n’était point cependant à cause de la circoncision, car si la circoncision avait été le motif, il eût été nécessaire que l’ange ne se retirât point avant que la mère des fils de Moïse eût circoncis le second également, mais parce que Moïse ne devait point emmener sa femme en Égypte. Il n’était pas envoyé pour habiter en ce pays, mais pour en faire sortir le peuple d’Israël; il le comprit ainsi et renvoya sa femme. Quelle est la preuve de ce renvoi? C’est qu’à la sortie d’Égypte son beau-père Jéthro vint à sa rencontre avec la femme de Moïse.
Aaron se joint à Moïse. Tous deux vont trouver les anciens d’Israël, auxquels ils parlent de la part de Dieu. Ceux-ci sont dans la joie. Lorsqu’ils se présentent devant Pharaon et lui ordonnent de laisser partir le peuple, non-seulement le roi ne le permet pas, mais il maltraite encore davantage les Israélites, ordonnant de ne plus leur fournir la paille, de sorte qu’ils fussent obligés de s’en pourvoir eux-mêmes. Les chefs des travaux, qui étaient fustigés parce que la même quantité de travaux n’avait pas été faite, s’adressèrent à Pharaon et n’obtinrent aucun soulagement. Ils murmurèrent contre Moïse qui, de nouveau, fut envoyé vers les Israélites pour leur annoncer la sortie d’Égypte. Toutefois, ils n’écoutaient pas Moïse, tant ils étaient abattus.
En cet endroit est la généalogie de Moïse, à qui Dieu dit: « Je t’ai établi le Dieu de Pharaon (Exod. VII, 1), » et il l’envoie vers Pharaon ordonnant de donner un signe, si le roi le demande, celui de la baguette changée en serpent. Après la baguette changée en serpent, le roi ne consent pas, l’eau du fleuve est changée en sang et la terre est couverte de grenouilles. Puis vinrent les moucherons et les mouches, puis la mort des animaux, puis les ulcères, la grêle et le tonnerre, les sauterelles, les ténèbres palpables. La mort des premiers-nés allait suivre; les Hébreux reçoivent l’ordre d’immoler un agneau mâle et sans tache, et d’oindre de son sang les portes de leur demeure, parce que les habitants de la maison sur laquelle serait la marque du sang ne périraient point. Moïse commande de se nourrir des pains azymes pendant sept jours, et il ordonne de conserver ce rite lorsque le peuple sera entré dans la terre de promission. « Et si vos fils vous interrogent, vous direz que ce sacrifice est la pâque du Seigneur. » (Exod. XII, 27.) Après que, pendant la nuit, tous leurs premiers-nés eurent été frappés de mort, les Égyptiens chassèrent les Israélites de l’Égypte. Les Hébreux partirent, emportant les vases d’argent et d’or, emmenant une population nombreuse et mêlée, et des moutons, des bœufs, des bêtes de somme. Le temps que passèrent les fils d’Israël et leurs pères dans la terre de Chanaan et ensuite dans l’Égypte fut de quatre cent trente années.
Dieu dit ensuite: « Tu me consacreras et tu sanctifieras tous les premiers-nés tant des hommes que des troupeaux (Exod. XIII, 2), » parce qu’il avait fait mourir les premiers-nés des Égyptiens. Il ne les conduisit point alors dans les pays des Philistins, de peur que la nécessité, où ils se verraient de faire la guerre à ces peuples ne les fit repentir d’avoir quitté l’Égypte, et résoudre d’y retourner: il les fit passer à travers la mer Rouge. Ce fut à la cinquième génération que les fils d’Israël quittèrent l’Égypte, et Moïse emporta les ossements de Joseph. Cependant, Dieu conduisait le peuple par une colonne de feu durant la nuit et par une colonne de nuée durant le jour.
Pharaon ayant changé de résolution les poursuivit. Moïse frappa la mer avec sa baguette etelle s’écarta pour livrer passage aux Israélites, mais elle réunit ses flots sur les Égyptiens et les engloutit. Moïse chanta un cantique au Seigneur et Marie chantait avec les femmes. Ils vinrent à Mara où l’eau était amère: Moïse la rendit douce en y jetant le bois. Ils arrivèrent ensuite aux douze sources et aux soixante-dix palmiers, en un lieu qu’on appelait Elim. Ils s’avancèrent de là dans le désert, entre Elim et Sina, et les Israélites murmuraient dans le désert parce qu’ils manquaient de viande. Alors, il plut de la manne. Ensuite, Dieu leur envoya des cailles. Ceci fut digne de remarque touchant la manne: ceux qui en recueillirent plus n’en eurent pas davantage, ceux qui en recueillirent moins en eurent en quantité suffisante, et Moïse leur ordonna de n’en point garder pour le lendemain. Ils n’obéirent point, et ce qui resta ainsi fut rempli de vers. Moïse leur dit aussi de ne point sortir le jour du sabbat; ils désobéirent encore sur ce point, mais étant sortis ils ne trouvèrent rien. Moïse ordonna qu’on remplît de manne un vase d’or (531) qui serait gardé pour les générations futures, et ils mangèrent de la manne pendant quarante ans. Ils murmurèrent aussi à cause de la soif Moïse frappa le rocher, et il en coula de l’eau. Amalec vint combattre Israël, et Josué fils de Navé les mit en fuite: pendant tout le temps que les mains de Moïse étaient élevées Israël était vainqueur, mais lorsqu’il les laissait retomber Israël avait le dessoles. C’était la figure de la croix. Aaron et Hur se tenant auprès de Moïse soutenaient ses mains. Et Dieu dit à Moïse: « Ecris ceci dans un livre, afin qu’on en garde le souvenir. » (Exod. XVII, 4.)
Jéthro, beau-père (1) de Moïse, vint au-devant de lui, lui amenant sa femme, et il se présenta devant Moïse et devant le peuple. Moïse lui raconta les choses admirables que Dieu avait faites, et il fut ravi d’admiration. Mais lorsqu’il vit tout le peuple environner Moïse, et celui-ci ne pouvoir suffire à juger tous les différends, il lui dit: Choisissez des hommes capables, religieux, justes et haïssant l’orgueil, et établissez-les, les uns sur mille, les autres sur cent, sur cinquante et sur dix. (Exod. XVIII, 21.) Moïse fit ainsi, et alla sur la montagne.
Dieu commande à Moïse de dire aux Israélites qu’ils seront la nation sainte, le sacerdoce royal de Dieu, s’ils obéissent à ses lois. Ils répondirent: « Tout ce que Dieu dit, nous l’écouterons et nous le ferons. » (Exod. XIX, 8.) Alors, Moïse ordonna au peuple de se purifier jusqu’au troisième jour et de blanchir ses vêtements. Ensuite, il dit ce que nous lisons dans l’Apôtre s’adressant aux Hébreux: « Si quelqu’un touche la montagne, il sera lapidé. » (Hébr. XII, 20.) Une fumée sortait de la montagne et le bruit des trompettes se faisait entendre. Or, Moïse reçut les commandements de la loi, le Décalogue et les autres prescriptions de Dieu. Cette parole: « Tu ne maudiras point les dieux (Exod. XXII, 8), » ne doit point s’entendre des idoles, mais des princes, car aussitôt il ajoute: Tu ne maudiras point celui qui commande ton peuple. De grands biens leur sont promis s’ils demeurent fidèles: ils soumettront les nations; ils posséderont la terre; leur pain et leur eau seront bénis; ils seront délivrés de toute maladie; il n’y aura point de femme stérile parmi eux, point d’orphelins, point de mort prématurée; ils posséderont tout le pays qui s’étend depuis la mer Rouge
1. La version des septante dit abusivement gaubros, gendre, au lieu de pentheros, beau-père. (Note du texte.)
jusqu’à la contrée des Philistins, depuis le désert jusqu’à l’Euphrate. Moïse offre un sacrifice; il verse la moitié du sang sur l’autel, et avec le reste il asperge le peuple. Paul en fait mention dans l’épître aux Hébreux, lorsqu’il dit: « Le premier Testament n’a pas été renouvelé sans l’effusion du sang. » (Hébr. IX, 18.)
Dieu ordonne à Moïse de gravir la montagne et de prendre des tables, il demeure là quarante jours et quarante nuits. Il apprend quelle doit être la disposition du tabernacle et des objets qu’il renfermera, tout ce qui concerne le vêtement sacerdotal, l’onction des prêtres et les rançons. (Exod. XXX, 12.) Le prix de la rançon était de la moitié d’une drachme pour chacun, c’est-à-dire dix oboles. Dieu lui apprend encore la manière de composer l’huile pour les onctions et recommande de garder le sabbat. Les Israélites se réunissent contre Aaron et tombent dans l’idolâtrie. Dieu dit à Moïse: « Laisse-moi, je les détruirai et je te ferai le chef d’une puissante nation. » (Exod. XXXII, 10.)
Quand Moïse descendit, il vit le veau d’or et le peuple qui se réjouissait à l’entour; il jeta les tables de la loi et les brisa, il réprimanda Aaron et dit aux fils de Lévi venus vers lui: « Si quelqu’un est pour le Seigneur, qu’il vienne à moi, et que chacun mette à mort son frère ou l’un d’entre ses proches, et trois mille (1) hommes tombèrent ainsi frappés. » (Exod. XXXII, 26, 28.) Et Moïse se tourna vers Dieu et lui dit: « Si vous remettez leur péché, vous te remettrez; mais si vous ne le remettez pas, effacez-moi du livre que vous avez écrit. » (Exod. XXXII, 31, 32.) Le peuple pleura et reçut l’ordre de quitter ses vêtements de fête. C’est en cet endroit qu’il est dit: « Et » Dieu parla à Moïse comme quelqu’un qui « parle à un ami. » (Exod. XXXIII, 11.) Or, Josué, fils de Navé, ne sortit pas de sa tente. Cependant, Moïse priait Dieu de ne point abandonner son peuple, et ayant préparé deux nouvelles tables, il écrivit le Décalogue et passa de nouveau quarante jours et quarante nuits. Dieu renouvelle ses commandements sur la pâque, sur le sabbat, sur la destruction des dieux des nations, sur la sanctification des premiers-nés. Là se trouve mentionné le voile avec lequel Moïse parlait au peuple et dont
1. Chiffre plus vraisemblable que celui de la Vulgate qui met 23.000.
Paul s’est souvenu dans la deuxième aux Corinthiens. (II Cor. IIl, 13.)
Le sabbat est promulgué. Moïse demande les,matériaux nécessaires à la construction du tabernacle, c’est-à-dire de l’or, de l’airain, des toisons, et le reste. Tous apportaient avec un si grand zèle les objets demandés qu’il yen eut bientôt en trop grande quantité. Béséléel, de la tribu de Juda, et Oboliab, de la tribu de Dan, achevèrent tout cet ouvrage, et le tabernacle fut construit et une nuée le couvrit. On employa vingt-neuf talents et soixante-dix sicles d’or, cent talents d’argent et sept cent soixante-douze sicles, soixante dix talents d’airain et deux mille cinq cents sicles.
Ce livre est appelé le Léviti que parce qu’il renferme particulièrement l’explication entière des rites lévitiques; la manière dont furent choisis et oints, pour les cérémonies sacrées, Aaron et ses fils, de la tribu de Lévi; toute la distinction des différentes sortes de sacrifices; la qualité du sacrifice et de l’oblation. On y expose la règle de chaque sacrifice, de celui qui est offert pour le salut et de celui qu’on offre pour le délit, soit volontaire soit involontaire; on y explique comment la victime doit être partagée et à qui elle doit être attribuée.
Ce livre rapporte l’onction du souverain pontife et des autres prêtres; il contient la notion et la description des signes qui font reconnaître la lèpre des hommes, des vêtements ou des maisons en même temps que les prescriptions pour purifier de la lèpre. Il dit quelle est la loi et la distinction des mariages légitimes, et quels mariages sont réputés illégitimes. Il en est de même pour la différence entre les animaux purs et impurs, entre les oiseaux, les poissons, les reptiles de tout genre, ceux dont les Hébreux peuvent faire leur nourriture et ceux dont ils doivent s’abstenir. Il indique le jour où doivent retentir les trompettes au commencement du septième mois, le précepte du grand jeûne qu’il faut observer au dixième jour du septième mois; ce jour, est le sabbat des sabbats et le jour de la rémission des péchés. Il fixe la fête des Tabernacles au quinze du même mois. Il est question aussi des autres fêtes et des offrandes qu’on doit y faire; de l’affranchissement des Hébreux vendus comme esclaves; de la remise des dettes; du repos de la septième année que l’on doit accorder à la terre. Il est parlé de nouveau des observances légales et des témoignages. De grands biens sont promis à ceux qui observeront ces lois; des menaces terribles sont faites à ceux qui les violeraient.
La distinction entre les animaux purs est celle-ci: ceux-là sont purs qui ruminent et dont l’ongle est divisé et forme deux ongles; tels sont le veau, le mouton, la chèvre, le cerf, la gazelle, le chevreuil, l’antilope, le bouc-cerf, la girafe et d’autres semblables. Si l’une des deux conditions manque, l’animal est impur: ainsi, le chameau, le lièvre, le porc-épic, qui ruminent mais n’ont pas l’ongle fendu, et de même pour le porc, qui a l’ongle fendu mais qui ne rumine pas. Parmi les oiseaux, ceux dont il est défendu de se nourrir sont l’aigle, le griphon, l’aigle de mer, le vautour, le milan, le corbeau, et ceux qui leur ressemblent, l’épervier et ceux qui lui ressemblent, le hibou, le goéland, l’ibis, la poule d’eau, le pélican, le cygne, le héron, le pluvier, et ceux qui leur ressemblent, la huppe, la chauve-souris. Parmi les reptiles ailes, ceux-là sont impurs qui s’avancent sur quatre pattes, mais ceux qui ont les membres postérieurs plus élevés de sorte qu’ils peuvent sauter, sont la sauterelle, le pittacus, l’attacus et ceux qui leur ressemblent, et l’ophieuque. Tout ce qui est né dans les eaux, soit dans la mer, soit dans les fleuves, soit dans les torrents est déclaré pur, lorsque ces animaux sont (533) pourvus de nageoires et d’écailles, comme le barbeau, le scare, le glancus, le mulet, et ceux qui leur ressemblent. Ceux qui manquent de l’une ou de l’autre chose sont impurs et ne peuvent être mangés, telle est la sépia qui a des nageoires et n’a point d’écailles. Parmi les animaux qui rampent sur la terre, les suivants sont impurs: la belette, la souris, le crocodile terrestre, la musaraigne, le caméléon, le lézard moucheté, le saurus, la taupe. Quant au serpent et à ceux qui lui sont semblables, il était superflu d’en parler, car il est clair que cet animal est pour tous un sujet d’horreur et de dégoût. Toutes ces choses sont rappelées dans le Deutéronome.
Le Léviti que défend aussi de manger des animaux morts et du sang; il parle des femmes qui accouchent. Si quelque homme laisse couler sa semence, il sera impur pendant. huit jours. La circoncision de l’enfant aura lieu le huitième jour. Il est parlé du flux de la femme et de la différence des purifications, selon qu’elle a mis au monde un fils ou une fille. Loi sur la lèpre et sur la purification de la lèpre, sur les hommes qui perdent leur semence et les femmes affligées d’une perte. Prescriptions sur le respect du sanctuaire, sur le bouc émissaire, sur le jeûne, sur les unions illicites, sur les mariages légitimes et illégitimes, sur l’obligation pour le prêtre de ne point épouser une veuve ou une femme répudiée, mais une vierge que nul n’aura connue; sur la fille du prêtre coupable de fornication. Que le prêtre doit être à l’abri de tout reproche. Des dons offerts au Seigneur. Des sabbats, des fêtes, de la fête de Pâque, de celle des Tabernacles, de celle des Trompettes, de l’huile, de la lumière, des pains de proposition, de.l’année sabbatique. Des esclaves juifs et étrangers. Du renoncement aux idoles dont Dieu a dit: « Je suis votre Dieu; vous ne ferez point de simulacres, vous n’érigerez point de statues; vous ne placerez point de colonnes ou de pierres debout dans votre terre pour vous prosterner devant elles. » (Lév. XXVI, 1.) Puis, il ajoute ces menaces contre les prévaricateurs: Je suis le Seigneur votre Dieu qui, vous ai tirés de la terre d’Égypte lorsque vous étiez esclaves, qui ai brisé votre joug et vous ai servi de guide. Si vous ne m’écoutez pas, si vous n’accomplissez pas mes préceptes, si vous les répudiez, si votre âme s’éloigne de mes jugements, de sorte que vous n’accomplissiez pas tous mes commandements et que vous rejetiez mon Testament, je vous traiterai de la même façon et j’appellerai sur vous la disette, la lèpre, le feu qui « dévore les yeux; vous jetterez vainement vos semences sur la terre et vos ennemis s’en nourriront. » (Ibid. XIII, 16.) Tel est le contenu de ce livre, qui renferme d’autres préceptes et diverses prescriptions et se termine par ces menaces.
Moise raconte en abrégé tout ce qui est arrivé antérieurement, afin de remettre en la mémoire des Israélites les bienfaits de Dieu et leurs iniquités. Exhortation à ne point se livrer à l’idolâtrie. En cet endroit est écrit: « Tu » n’adoreras point les étoiles que le Seigneur « ton Dieu a disposées pour toutes les nations » qui sont sous le ciel. » (Deut. iv, 19.) Ce mot, « a disposées pour les nations, » n’indique pas que Dieu ordonne aux nations d’adorer les étoiles; mais comme le dit le bienheureux Paul: « Dieu les a livrés à leur sens réprouvé (Rom. I, 28), » non parce qu’il les a livrés lui-même, mais parce que les voyant ainsi engagés et sans espoir de conversion, il les a abandonnés. Ainsi dans ce passage, « il les a » disposées pour les nations, « c’est-à-dire parce que les nations ont embrassé l’erreur, et qu’elles n’ont point voulu revenir, Dieu les a abandonnées.
Un peu plus loin, Moïse leur dit: « J’en prends à témoin le ciel et la terre, si vous (537) vous éloignez de Dieu, vous mourrez. » (Deut. IV, 26.) Ensuite, il montre que Dieu n’a jamais accordé à aucune nation de pareils bienfaits. Il détermine trois villes de refuge proche du Jourdain. De nouveau, rappelant les préceptes anciens, il dit: « Ecrivez ces et choses dans vos mains et sur les portes de vos maisons, et vous en instruirez vos fils. » (Deut. VI, 8, 9.) Après avoir annoncé quels maux fondront sur eux s’ils n’obéissent pas, il les rassure contre la crainte de leurs ennemis. De nouveau, il rappelle les préceptes anciens. En cet endroit il est écrit: « Veillez sur vous-mêmes (Ibid. V, 13), » parole qu’il répète fréquemment ensuite. Il les avertit de ne point attribuer leurs victoires à leur propre bravoure, mais à la grâce de Dieu. En cet endroit il est écrit: « Dieu est un feu dévorant (Deut. IV, 24; Hébr. XII, 29), » parole que Paul a placée dans l’épître aux Hébreux. Il les exhorte à ne point se laisser aller à l’orgueil, « car ce n’est point à cause de ta justice, ô Israël, » dit-il, « que les nations seront exterminées, mais à cause de leur propre impiété. » (Deut. IX, 5.) Il les fait souvenir du veau d’or. En cet endroit, il est écrit: « Livrez à la circoncision la dureté de votre coeur et n’endurcissez point vos têtes. » (Deut. X, 16.) Il fait l’éloge de la terre promise. Là se trouve cette parole: « Lorsque vous aurez mangé et bu et que vous serez rassasiés, soyez attentifs. » (Deut. VI, 12, 13.) Il leur annonce des maux s’ils n’obéissent point, des biens s’ils obéissent. Il ordonne de bénir le mont Garizim et de maudire le mont Gébal. Il commande de détruire les idoles et les lieux qui leur sont consacrés. Il ordonne de ne point offrir à Dieu des sacrifices en tous lieux, mais dans celui que lui-même aura choisi. Il dit de ne point imiter les nations et de n’écouter aucun de ceux qui conseillent l’idolâtrie, même s’il opère des prodiges, que ce soit un ami ou tout autre, mais de lapider celui qui conseille ainsi, fût-il même un frère, et si une ville se laisse aller à l’idolâtrie elle sera détruite entièrement.
Il dit ce qu’il est permis de manger, et ce qui n’est pas permis. Il donne la loi pour la rémission des dettes, pour le renvoi et l’affranchissement des esclaves, pour les premiers-nés, pour la célébration de la pâque. En cet endroit, il est écrit: « Vous ne pourrez faire la pâque en aucune des villes que le Seigneur votre Dieu vous donnera, mais seulement dans le lieu que le Seigneur votre Dieu aura choisi. » (Deut. XVI, 5.) Il parle de la fête des semaines, de celle des tabernacles, des juges, des rois, si quelque jour ils ont le désir d’avoir un roi, des lévites et de ceux qui doivent être choisis pour cette fonction. Il est défendu de recourir aux purificateurs, aux enchanteurs, aux devins, aux augures et à tous autres semblables.
En cet endroit, il est écrit: « Dieu vous suscitera un prophète tel que moi. » (Deut. XVIII, 15.) Il donne les prescriptions touchant les villes de refuge. Là se trouve écrit: « Que toute parole soit attestée par deux ou trois témoins (Deut. XIX, 15; Jean, I, 45), » et il est statué sur le faux témoignage et la peine qui lui est réservée. II dit qui l’on doit envoyer lorsque la guerre va s’engager, et ceux-là ne devront point combattre contre l’ennemi. Il exhorte à ne pas faire mourir les ennemis prisonniers de guerre, excepté ceux de sept nations. Et toutes les villes que vous prendrez, dit-il, vous les pillerez; mais vous tuerez seulement les mâles. Tous ceux dont vous posséderez la terre, n’en laissez vivre aucun. Ne coupez pas les arbres à fruits, dit-il, pour en faire des pieux qui servent au siège.
Il établit la marche à suivre lorsque quelqu’un est mis à mort et que le meurtrier demeure inconnu. Si un homme a deux femmes, qu’il haïsse l’une et chérisse l’autre, et qu’il arrive que le premier-né soit le fils de la femme qui n’est pas aimée, on ne lui préférera pas celui de la femme qui est aimée davantage. II parle du fils désobéissant. En cet endroit est écrit: « Maudit est celui qui est pendu au » bois! » (Deut. XXVI, 53.) La malédiction était pour tous ceux qui n’accomplissaient pas la loi. « Maudit est celui qui n’observe pas les » prescriptions écrites dans ce livre! » (Deut. XXVII, 26; Gal. III, 13.) Moïse parle pour ceux qui vivent sous la loi, et le Christ ne pouvait encourir cette malédiction, car il a accompli la loi, et, pendu au bois, il a détruit la malédiction par la malédiction (1).
Il ne faut pas négliger de porter secours même au bétail de son ennemi. Diverses lois sont portées, et en particulier sur le mariage; des peines sont établies contre ceux qui violent les vierges. Moïse interdit l’assemblée à certains
Mais Jésus-Christ nous a rachetés de la malédiction de la loi, s’étant rendu lui-même malédiction pour nous, selon qu’il est écrit Maudit est celui qui est pendu au bois. (Gal. III, 13.)
individus et porte d’autres lois. Il défend l’usure. Il défend de retarder l’accomplissement des voeux; lorsque quelqu’un aura promis, qu’il accomplisse aussitôt sa promesse. II fait mention de la femme qui reçoit un écrit pour le divorce, des objets donnés en gage, du vol, du salaire des mercenaires, de l’orphelin, de la veuve, des épis et des grappes de raisin qu’il faut laisser à recueillir pour les pauvres. En cet endroit, il est dit que celui qui a commis une faute ne doit pas recevoir plus de quarante coups. Il ne faut point lier la bouche du boeuf qui travaille dans l’aire. Le frère survivant doit susciter des enfants au frère mort. Ce qui est réservé à celui qui ne veut pas en susciter. Des poids et des mesures. De l’extermination des Amalécites. Des prémices. De l’humanité à l’égard des veuves et des orphelins.
En cet endroit, commencent les malédictions et les bénédictions, les unes pour ceux qui désobéissent, les autres pour ceux qui sont fidèles. Moïse détaille longuement les maux qui doivent fondre sur eux; c’est ce qui arriva sous la domination des Assyriens et des Babyloniens. Que des enfants même aient été mangés, c’est ce qui eut lieu dans les sièges subis par les Juifs. Dans cet endroit, il est fait allusion au Christ: « Et ta vie, » dit-il, « sera suspendue devant tes yeux. » (Deut. XXVIII, 66.) Là aussi est cette parole: « Qu’il n’y ait point parmi vous de racine d’amertume (Ibid. XXIX, 18), » dont Paul s’est souvenu dans l’épître aux Hébreux. (Hébr. XII, 15.) Là encore, nous lisons: « Ces secrets cachés dans le Seigneur notre Dieu sont maintenant manifestés pour nous et pour nos enfants. Car son commandement, » dit-il, « n’est point, au-dessus de nous. Il n’est point dans le ciel, de telle sorte que vous disiez: Qui donc pourra monter jusqu’au ciel? Il n’est point au delà de la mer; mais sa parole est près de vous, elle est dans votre bouche. » (Deut. XXIX, 29; id. XXX; 21; Rom. X, 6.) Toutes ces choses dites pour la loi mosaïque, Paul les a appliquées à la foi en Jésus-Christ. « Je prends à témoin devant vous, » dit-il, « le ciel et la terre de l’obligation. où vous êtes d’aimer votre Dieu. »
Alors, Moïse appelle Josué, fils de Navé; il lui ordonne de conduire le peuple et de ne point redouter les ennemis, puisqu’il a Dieu pour auxiliaire. Il veut qu’à la fête des Tabernacles la loi soit lue devant tout le peuple. Dieu prédit à Moïse qu’après sa mort le peuple deviendra idolâtre et sera puni. Que ce cantique, dit-il, porte témoignage contre eux, car ils ne pourront l’oublier. Et Moïse écrivit le cantique, et il leur prédit leurs prévarications. Là est écrit: « Ils m’ont provoqué en me renonçant pour leur Dieu, et je les provoquerai en les renonçant pour mon peuple. » (Deut. XXXII, 21.) Moïse reçoit l’ordre de monter sur la montagne d’Abarim, appelée aussi Nabo, et de contempler la terre promise; et après qu’il eut béni chaque tribu il mourut. Mais personne n’a vu son tombeau jusqu’à ce jour.
Ici finissent les cinq livres de Moïse, les seuls que reçoivent les Samaritains.
Josué, reçoit l’ordre de recommander au peuple d’observer la loi de Dieu; il envoie des explorateurs qui entrent dans Jéricho. Le roi de ce pays l’ayant appris envoie chez Raab, la courtisane, qui les avait reçus, des hommes chargés de les saisir. Celle-ci cache les explorateurs et, en retour de ce bienfait, demande le salut pour sa maison lorsque la ville sera prise, ce qu’ils promettent. À leur retour, ils racontent ce qui est arrivé.
Josué ordonne au peuple de traverser le Jourdain. Ils le passent à pied sec et dressent douze pierres au milieu du camp. Les rois amorrhéens, au delà du Jourdain, et les rois (539) phéniciens, apprenant que les Israélites avaient passé le fleuve à pied sec sont effrayés et pleins d’épouvante. Alors Josué, ayant pris des couteaux de pierre, circoncit les Juifs. Car, ils avaient passé quarante ans dans le désert et, à cause de cela, la plupart n’avaient point été circoncis, même parmi les hommes en état de porter les armes, et ils étaient morts incirconcis (1); à leur place furent substitués leurs fils que Josué circoncit parce qu’ils ne l’avaient point été durant la marche dans le désert. Ensuite, ils firent la pâque. Et du jour où ils mangèrent les azymes avec le blé provenant de cette terre, la manne cessa de tomber.
Dieu commande à Josué de se déchausser et de faire le tour de Jéricho, avec l’arche et les trompettes, pendant sept jours. Après ce temps, les murailles tombèrent d’elles-mêmes. Il est manifeste que l’on commença alors à rompre le sabbat, car, de quelque façon que l’on compte, il est nécessaire que le sabbat soit tombé dans l’un de ces jours (2). Raab est épargnée avec sa famille; elle habite au milieu d’Israël. La ville est livrée aux flammes et frappée d’anathème; Josué maudit celui qui la rebâtirait. Achar avait volé l’un des objets frappés d’anathème, et le peuple est vaincu dans l’attaque d’une autre ville. Josué prie Dieu, qui ordonne de faire disparaître l’anathème. Achar est découvert et convaincu de vol; il est lapidé avec ses fils et ses filles.
Josué engage le combat et prend Gaza qu’il livre aux flammes. Douze mille hommes périssent dans la ville et le roi est attaché à une potence. Les rois des Amorrhéens,’ des Chananéens et d’autres se réunissent pour faire la guerre aux Israélites. Josué élève un autel de pierres non polies, et il. écrit en ce lieu le Deutéronome. Une moitié du peuple se tient près de la montagne de Gébal et l’autre près de la montagne de Garizim. Ensuite, vient ce qui se passa à l’égard des Gabaonites. Car, effrayés par la renommée des Israélites et ayant appris de quelle façon ils avaient vaincu dans les
1. Saint Jean Chrysostome, qui soutenait de fréquentes controverses contre les Juifs, surtout à Antioche, indique souvent combien les prescriptions légales étaient loin d’être aussi religieusement observées dans les anciens temps, que le prétendaient les Juifs, ses contemporains. Ainsi il faut remarquer ici que ceux qui moururent dans le désert, n’avaient pas été circoncis; et tout à l’heure il prouvera que le sabbat ne fut pas observé pendant le siège de Jéricho, puisque les Israélites tournèrent autour des murs de cette ville sept jours durant.
2. Déjà le nombre de sept jours a violé le sabbat, dit notre auteur dans son commentaire sur les psaumes, cette phrase obscure trouve ici son explication.
combats, ils les viennent trouver, portant des vêtements usés, avec des pains desséchés, et des sandales usées, et ils disent au peuple qu’ils arrivent d’une terre éloignée, donnant comme preuve de leur lointaine demeure leurs vêtements, leurs pains, leurs chaussures. Ils disaient que tout cela s’était usé par le trajet, et qu’ils étaient venus pour faire une alliance pacifique avec eux. Les Israélites firent alliance sans avoir consulté Dieu. Lorsqu’ils reconnurent qu’ils avaient été trompés et que les Gabaonites n’habitaient pas au loin, mais à petite distance, parce qu’ils ne pouvaient les attaquer contre leur serment ils en firent des esclaves chargés de couper le bois et de porter l’eau. Ainsi s’accomplit la prédiction de Noé: « Chanaan est un enfant réduit en servitude (Gen. IX, 25), » car c’est de lui que descendait ce peuple.
Adonibezec, roi de Jérusalem, apprit que les villes de Jéricho et de Gaza avaient été prises, que les Gabaonites s’étaient livrés aux enfants d’Israël, et il entreprit de leur faire la guerre, avec l’aide de plusieurs rois alliés. Ils appellent Josué à leur secours. Il vient, engage le combat et met les ennemis en fuite; une grêle tombe du ciel sur eux et la grêle en tue plus que les enfants d’Israël par le glaive. Alors le soleil demeura immobile du côté de Gabaon et la lune du côté de la vallée d’Elom, et Josué mit à mort tout le peuple ennemi et cinq rois. Il s’empare de Macéda, de Lebna, de Lactlis, d’Odola, d’Hébron, de Dabir, de toute la région de la montagne et de celle de la plaine. Plusieurs autres rois s’avancent avec leurs armées et Josué les extermine. Leurs noms sont indiqués, de même que celui de leurs villes et le nombre de leurs guerriers.
Dieu ordonne à Josué de partager aux Israélites la terre promise. Il décrit ce que chaque tribu obtient en partage et ce qui est abandonné aux lévites, Josué met les tribus de Ruben et de Gad et la demi-tribu de Manassé en possession des terres qui leur avaient été assignées du vivant de Moïse. En se séparant, ils élevèrent un autel sur les bords du Jourdain, ce qui fut une cause d’inquiétude pour les autres tribus. Car on avait pensé que c’était une marque de défection. On envoya donc pour leur adresser des reproches, mais eux se justifiaient en disant qu’ils n’avaient point bâti l’autel en signe de défection. C’est, dirent-ils, pour que vos fils ne disent point à nos fils qu’ils sont des étrangers pour eux, parce que le Jourdain (540) coule au milieu d’eux et les sépare, cet autel sera un monument pour que vos fils ne puissent dire à nos fils: Vous n’êtes pas la portion du Seigneur. Et de la sorte ils persuadèrent aux autres tribus de ne point leur faire la guerre.
Josué rassemble ensuite les Israélites. Il leur rappelle tous les bienfaits de Dieu; il les exhorte à garder la loi; il leur annonce les maux qui leur sont réservés s’ils ne l’observent point, et ensuite il meurt. Le grand prêtre Eléazar meurt également et Phinées, son fils, obtient le sacerdoce à sa place. Bientôt, les fils d’Israël adorèrent les idoles, et ils furent livrés entre les mains d’Eglon, roi de Moab, qui les tint en servitude pendant dix-huit ans.
Il est dit quelles villes les Israélites ont prises, quelles autres villes ils ont obligées à payer le tribut. Car, leur manque de courage pour endurer les fatigues de la guerre leur fit transgresser le commandement de Dieu qui ordonnait d’exterminer entièrement les ennemis. Un ange envoyé par le Seigneur vers les Israélites leur reproche cette transgression. Lorsqu’il fallait les détruire, leur dit-il, vous avez fait dés alliances avec eux: c’est pourquoi Dieu n’exterminera point ce qui reste de ces nations. Entendant cela, ils pleurèrent tous ensemble, et ce lieu fut appelé le lieu des pleurs. Et ils deviennent prévaricateurs et idolâtres, et ils sont livrés à leurs ennemis; ils sont délivrés de la servitude et, de nouveau, ils retombent dans les mêmes maux. Ils sont livrés à Chusan-Sathon, roi de Syrie, pendant huit ans, et Dieu les délivre par le juge Othoniel. Ils sont livrés à Eglon, roi de Moab, ils crient vers le Seigneur qui leur suscite Aod, lequel tue par ruse Eglon et les Moabites. Après ceux-ci, Samgar fut juge, puis Débora la prophétesse. Lorsque les Israélites étaient sous le joug du.roi de Chanaan, Débora ordonne à Barac de commencer la guerre; il refuse, à moins qu’elle-même ne vienne avec lui, et Débora l’accompagne. Le combat s’engage; ils mettent leurs ennemis en fuite. Sisara, chef de l’armée de Jabin, va trouver une femme nommée Jaël et lui demande à boire. Elle lui donne du lait et non de l’eau. Il boit et s’endort. Cette femme prenant alors titi clou l’enfonce dans sa tempe. Ainsi mourut Sisara. Barac le vit lorsqu’il était mort. Débora chante un cantique pour la victoire.
De nouveau les Israélites sont livrés aux mains de Madian, car ils offensaient continuellement le Seigneur. Un ange apparaît à Gédéon et l’exhorte à combattre. Le Seigneur lui commande d’immoler une victime grasse du troupeau de son père, de l’apporter en holocauste et de détruire l’autel de Baal. Il fait ainsi, et il offre un holocauste au Seigneur. Gédéon, appelé aussi Jérobaal, demande un signe, qui lui est donné dans la toison. Dieu lui ordonne de renvoyer toute son armée, en gardant seulement trois cents hommes. Il fait ainsi, et, engageant le combat avec des lampes et des trompettes, il défait les ennemis. Oreb et Zeb, princes de Madian, sont mis à mort, de même que les rois Zebée et Salmana. Or, Gédéon mourant laisse soixante-dix fils et Abimélech, qu’il avait eu d’une concubine. Celui-ci tue ses soixante-dix frères et règne, mais peu de temps après il porte la peine de son fratricide, partant pour la guerre, il est atteint à la tête par un éclat de meule lancé par une femme, et il meurt.
Après Abimélech, Thola fut juge, et après Thola ce fut Jaïr. Les enfants d’Israël irritent Dieu et ils sont livrés aux mains d’Ammon. Alors, les chefs du peuple prennent pour chef de guerre contre les fils d’Ammon, Jephté, fils d’une courtisane, et chassé par ses frères de la maison paternelle; ils lui donnent le commandement. Jephté accède à leurs désirs, et il envoie d’abord un ambassadeur au roi des fils (541) d’Ammon, qui ne se laisse point fléchir. Il promet à Dieu de lui sacrifier celui qu’il rencontrera le premier s’il revient de la guerre. Il combat ses ennemis, il est vainqueur, et il immole sa fille, car elle fut la première qui se présenta devant lui.
De nouveau, les Israélites irritèrent Dieu, et ils furent livrés aux mains des étrangers. Alors naquit Samson. Il vit une femme de Thamnatha, il l’aima et il voulut la prendre pour épouse; ses parents l’en détournaient d’abord, parce qu’elle était étrangère; ensuite voyant qu’il insistait, ils ne refusèrent plus. Tandis qu’il allait pour l’entretenir, un lion vint à sa rencontre et il le tua de ses mains. Lorsqu’arriva le temps du mariage, il se met en marche de nouveau, et il vit un rayon de miel dans la bouche du lion tué par lui; il en prit, il en mangea, il en donna à ses parents et à ceux qui l’accompagnaient, puis il proposa cette énigme: « De celui qui dévore est sortie la nourriture, » c’est-à-dire de la bouche du lion, « et de celui qui était violent, au lieu de l’amertume est sortie la douceur. » (Jug. XIV, 14.) Il promit, si l’on devinait, de donner trente ceintures et trente robes; mais si on ne le pouvait, on lui en donnerait autant. Comme ceux qui s’étaient engagés à deviner étaient dans l’embarras et ne trouvaient point, ils menacèrent sa femme de mort si elle n’apprenait de lui l’énigme; celle-ci l’ayant apprise, la leur découvrit et ils répondirent, de sorte qu’ils reçurent le prix. Mais Samson s’indigna. Le père de cette femme ayant peur, la prit et la donna à un autre, mais Samson fut encore plus contristé. C’est pourquoi, prenant trois cents renards et autant de torches qu’il leur attacha à la queue, il les lâcha au milieu des champs des étrangers. Ceux-ci, lorsque leurs champs furent ravagés par l’incendie, mirent eux-mêmes le feu à la maison de la femme et ils la brûlèrent avec son père. Ceci n’apaisa point la colère de Samson, mais il leur fit encore la guerre. Eux donc, s’étant rangés en bataille contre Samson, demandaient-qu’il leur fût livré; les Israélites le lièrent et le livrèrent aux ennemis.
Samson brisa ses liens, et trouvant une mâchoire d’âne, il s’en servit pour tuer mille d’entre eux. Il eut soif et il pria Dieu, et il sortit de l’eau de cette mâchoire et il but. Il alla voir ensuite une courtisane à Gaza et ses ennemis l’entourèrent; mais au milieu de la nuit il prit les portes de la ville, et les mettant sur ses épaules il s’en alla. Samson aima ensuite une femme du nom de Dalila, et il la prit pour épouse. Les princes des étrangers promirent à cette femme onze cents pièces d’argent s’ils apprenaient d’elle de quelle manière on pouvait lui enlever ses forces. Comme elle essayait de le savoir, d’abord il la trompa; enfin, parce qu’elle le tourmentait, il lui déclara la vérité, disant que si quelqu’un lui coupait les cheveux il n’aurait plus de forces. Elle appela les princes et, le tenant endormi, elle le fit tondre et il fut affaibli. Les étrangers le prenant lui ôtèrent la vue et le jetèrent dans une prison. Ils se réjouirent et le firent sortir de la prison, afin de se jouer de lui. Mais lui, gémissant amèrement, pria le Seigneur de lui rendre ses forces, puis il saisit les colonnes de l’édifice et les ébranla, et il renversa l’édifice sur les princes, sur lui-même, sur tout le reste du peuple, et il en tua plus qu’il n’en avait fait mourir pendant tout le reste de sa vie.
Après ces jours, ceux de la tribu de Dan firent la guerre et prirent la ville de Lais dont ils changèrent le nom, et ils établirent en ce lieu une statue pour l’adorer. Or, un lévite s’étant mis en colère contre sa concubine et celle-ci étant allée dans la maison de son père, il y alla pour la ramener avec lui. En chemin, il s’arrêta à Gabaa, ville de Benjamin, où il logea chez un vieillard. Les habitants de Gabaa entourant cette maison, en demandaient l’hôte afin de lui faire outrage. Le vieillard était disposé à leur abandonner sa fille encore vierge, mais emmenant la courtisane, ils la gardèrent pour leurs plaisirs pendant toute la nuit. Lorsque le jour vint, ils la quittèrent et s’en allèrent. Celle-ci, après ces outrages, allant vers la maison où était son mari, rendit l’âme. Lors donc qu’il sortait il la trouva morte, il divisa son corps en douze parts et les envoya aux douze tribus. Les Israélites furent indignés; ils prirent les armes et ils demandaient qu’on leur livrât ceux qui avaient outragé la femme. On refusa de les donner et la guerre s’engagea. Une première et une seconde fois, ils furent vaincus; mais dans la troisième rencontre ils taillèrent en pièces toute la tribu de Benjamin, à l’exception de six cents hommes qui avaient pris la fuite. Il était donc à craindre que la tribu tout entière ne pérît, car ils n’avaient point de femmes, (542) et les enfants d’Israël avaient juré de ne point leur en donner. C’est pourquoi mettant à mort ceux qui ne les avaient point accompagnés contre les Benjaminites, ils leur donnèrent les filles de ceux-ci encore vierges, au nombre de quatre cents. Et parce qu’il y en avait encore qui n’avaient point de femmes, ils leur permirent d’enlever des vierges à l’insu de leurs parents pendant la célébration d’une fête.
Noémi, après la mort de son mari et de ses fils, après qu’eut cessé la famine qui l’avait obligée d’habiter dans le pays des Moabites, revient dans la Judée. L’une de ses belles-filles, suivant son conseil, demeura parmi les Moabites; l’autre, malgré toutes ses exhortations pour l’en gager à rester, ne le voulut pas; mais elle l’accompagna. Elle se marie avec Booz, qui était le proche parent de Noémi, et elle donne le jour à Obed, qui fut père de Jessé, qui fut le père de David, roi.
Elcana avait deux femmes et n’avait point d’enfant de l’une d’elles. Lorsqu’il allait sacrifier à Silo, la femme stérile s’adressa au Seigneur, et elle enfanta Samuel qu’elle donna à la maison de Dieu pour toujours, ainsi qu’elle l’avait promis avant qu’elle eût conçu. Héli était alors grand prêtre. Les enfants d’Héli, Ophni et Phinées, étaient des jeunes gens méchants et pervers qui prenaient leur part des victimes avant qu’elles fussent offertes à Dieu. Or, Héli bénit Anne, et elle eut encore trois fils et deux filles, et Samuel croissait en vertu. Héli apprit les crimes de ses fils qui se livraient à l’adultère; il les reprit dans ses discours, mais ils n’obéissaient point. La ruine de sa maison et la mort de ses fils dont le péché de ceux-ci sera la cause est annoncée à Héli. La colère implacable de Dieu est révélée à Samuel qui en instruit Héli.
Les étrangers font la guerre à Israël qu’ils mettent en fuite après l’avoir taillé en pièces. Les fils d’Héli avaient apporté. l’arche d’alliance; ils tombent frappés dans le combat avec beaucoup d’autres,.et les ennemis s’emparent de l’arche. Un homme vient apprendre ces choses à Héli qui tombe-à la renverse de son siége, se brise la tête et meurt. Sa belle-fille meurt lorsqu’elle apprend toutes ces choses. Les étrangers introduisent l’arche dans le temple de Dagon, qui tombe par deux fois et se brise. Les hommes furent châtiés en même temps dans les parties honteuses de leur corps, et une multitude de rats surgit dans leurs champs. Ceux d’Azot envoient l’arche à ceux de Geth, qui sont affligés des mêmes plaies. Ils l’envoient à Ascalon, `et les hommes meurent de toutes parts. Conseilles par leurs devins, ils font cinq anus d’or et cinq rats de même métal et, les plaçant sur un chariot avec l’arche, ils y attellent des vaches dont on renferme les veaux dans l’étable. Les vaches allèrent tout droit, en suivant le chemin qui conduit à Bethsamès. Les habitants de ce pays reçurent l’arche et offrirent (513) à Dieu un sacrifice dont furent témoins les princes des étrangers. Les fils de Jéchonias n’avaient pas accueilli l’arche avec empressement, ils ne s’étaient pas réjouis avec les autres, et une grande plaie frappa le peuple. Effrayés, ceux de Bethsamès envoyèrent-l’arche dans la maison d’Aminadab.
Les Israélites s’étaient convertis à Dieu dans ce temps, et ils triomphaient (les étrangers, qui leur firent la guerre. Samuel pria pour eux; ils reprirent les villes que les ennemis leur avaient prises. Mais Samuel devint vieux et ses fils ne marchaient point dans la voie de leur père. Les Juifs s’étant rassembles demandèrent un roi. Samuel fut affligé de cela; mais Dieu lui dit: « Ce n’est pas toi qu’ils ont » Méprisé, c’est moi. C’est pourquoi je leur ferai connaître le droit du roi (I Rois, VIII, 7), c’est-à-dire les services que le roi doit exiger d’eux. Samuel leur rapporta ce que. Dieu avait dit; ils persistèrent dans leur demande.
Les ânesses de Cis, père de Saül, étaient perdues. Cis envoya Saül les chercher; comme il ne les trouvait pas, suivant le conseil de son serviteur, il alla trouver Samuel afin de l’interroger. Dieu lui-même le signale à Samuel, en lui disant: Donne à celui-ci l’onction royale. Saül arriva, demandant à Samuel où était le voyant, car c’est ainsi qu’ils appelaient les prophètes. Il répondit que c’était lui-même, et le conduisant à Rama, où le peuple faisait un sacrifice, il le reçut à sa table; puis, quand vint l’aurore, faisant route avec lui, il versa sur sa tête un flacon d’huile, et l’ayant embrassé il lui dit: Tu commanderas au peuple, et lui ayant donné des signes il le renvoya. Et Saül prophétisa.
Un des familiers de Saül l’interrogea, lui demandant où il était allé. Il répondit: À la recherche des ânesses. Cependant, le peuple se réunit à Maspha, et Saül est établi roi. Le roi des Ammonites avait engagé la guerre contre ceux de Galaad, qui envoyèrent des députés à Saül. Il marche à leur secours et taille en pièces les ennemis. On fait à, Galgala un festin et Samuel harangue le peuple auquel il dit. « Ai-je pris le veau ou l’âne de quelqu’un d’entre vous? » (I Rois, XII, 3.) Les ayant exhortés à obéir à Dieu, il prie et la pluie tombe au jour de la moisson. Le peuple fut dans la crainte, et ils avouèrent qu’ils avaient péché en demandant un roi. Samuel les exhorte de nouveau à obéir aux commandements de Dieu.
Saül défait complètement les étrangers. Ceux-ci, supportant avec peine cet échec, recommencent la guerre avec de plus grandes forces. Les Israélites sont mis en fuite. Saül reste seul. Il offre à Dieu un holocauste, sans attendre Samuel qui lui avait recommandé d’attendre. Samuel arrive, il est. irrité de ce qui a été fait, il menace Saül de la perte de sa royauté, qui sera transférée à un autre,, et il voulait dire David. Tandis qu’il était sur une colline avec six cents hommes, son fils Jonathan se précipite en secret sur les ennemis, avec un seul serviteur, et il en tu(, un bon nombre. Saül s’en aperçoit et, tombant sur tout ce monde en désordre, il est vainqueur, et ordonne avec serment que personne ne prenne aucune nourriture jusqu’au soir. Jonathan n’ayant pas entendu cet ordre goûte du miel. Saül consulte Dieu pour savoir s’il faut poursuivre les ennemis, mais Dieu ne répond pas et il comprend que quelqu’un a péché parmi le peuple. Lorsque Jonathan fut découvert. seul coupable, Saül était prêt à le mettre à mort; mais le peuple l’arracha de ses mains.
Samuel ordonne à Saül de combattre contre les Amalécites, de. tout détruire et de n’épargner personne. Il n’obéit pas et conserve le roi Agag, des troupeaux de moutons et de boeufs, Samuel le voit venir; il est irrité et il dit: « Dieu veut moins les holocaustes et les sacrifices qu’il ne veut qu’on obéisse à sa voix, car l’obéissance vaut mieux que la victime. » (I Rois, XV, 22..) Samuel le menace de la perte de la royauté. Saül veut l’obliger à faire route avec lui, mais Samuel ne veut pas. Ensuite, il marche par contrainte, et commandant à Saül de lui amener Agag, Samuel le tue de ses propres mains. À partir de ce jour, il ne vit plus Saül jusqu’au jour de sa mort, mais il pleurait sur lui.
Samuel fut ensuite envoyé de Dieu pour donner l’onction à David; il alla et l’oignit. Un esprit. malin s’empara de Saül, on lui amena David, afin qu’il jouât de la harpe et qu’il apaisât l’esprit malin. Lorsque Goliath faisait la guerre à Israël et que tous étaient épouvantés, David fut envoyé pour visiter ses frères; il vint au camp et demanda quelle récompense serait donnée à celui qui tuerait cet étranger. Ils lui dirent. La fille du roi lui sera (544) donnée pour épouse. Il alla donc trouver Saül et lui promit de tuer cet homme. Celui-ci n’ajoutait pas foi à cette promesse. À la fin, il envoya David, qui partit après avoir déposé les armes qu’il ne pouvait même pas porter. David ayant lancé une pierre au front de Goliath, le renversa, et prenant l’épée de celui-ci, il lui coupa la tête, et revint triomphant du combat.
Jonathas ayant vu David lui fut attaché du fond de son âme; il t’aima beaucoup et lui fit des présents; mais Saül lui portait envie, parce que les jeunes filles en choeur avaient chanté: « Saül en a tué mille, David en a tué dix mille. » (I Rois, XVIII, 7.) Il leva sa lance coutre David afin de le tuer, mais celui-ci s’enfuit. Tandis que David était célébré par tous, Saül devenait encore plus jaloux, et, voulant le faire périr, il promit de lui donner sa fille s’il tuait cent hommes d’entre les ennemis. David les tria et devint gendre du roi. De nouveau, David acquit de la gloire dans une autre guerre; aussi, Saül, toujours plus aigri contre lui, fait savoir à son fils Jonathas qu’il voulait le tuer. Jonathas avertit David et lui dit de se cacher. Quand il eut calmé son père, il ramena David auprès de lui. Une nouvelle guerre s’engage, David signale son courage, et il échappe encore à Saül qui voulait le percer de sa lance. Il s’enfuit par le conseil de sa femme. Saül envoie des hommes pour le saisir, mais elle répond qu’il est malade. Quand Saül sut qu’il s’était enfui, il fit des reproches à sa fille. Puis, apprenant en quel endroit était David, il envoie pour le faire prendre. Ceux qu’il avait envoyés ne revinrent pas, mais ils demeurèrent au milieu des prophètes et lui-même se mit en route.
David va trouver Jonathas; il lui annonce que Saül veut le faire mourir. Si tu veux le savoir demain, dit-il, d’une manière assurée, je m’absenterai au moment du repas. Si ton père demande la cause de mon absence, dis que j’ai demandé à m’absenter à cause d’un sacrifice qui a lieu dans la ville. S’il montre de la douceur, je n’ai rien à craindre de lui s’il se montre irrité, il est évident qu’il veut me frapper et qu’il me tend des embûches. Jonathas fit ainsi. Or, Saül se montra si fort irrité qu’il essaya de tuer son fils. Sortant de table, celui-ci s’en alla dans la campagne et, lança des flèches, car c’était le signal convenu. Courant derrière son serviteur, tandis que David était caché en cet endroit, il dit: Hâte-toi, ne t’arrête point, car cette flèche est loin de toi. David comprit ce que signifiaient ces choses et, quand le serviteur se fut éloigné, il se jeta au cou de Jonathas et pleura. Celui-ci lui dit de fuir et de se souvenir de leurs conventions. Ces conventions étaient qu’il aurait toujours pitié de la maison de Jonathas, soit qu’il fût vivant, soit qu’il fût mort.
David va trouver le prêtre Abimélech. Il mange alors les pains de proposition. Il prend l’épée de Goliath disant qu’il a été envoyé quelque part en toute hâte par le roi. Il va dé là chez Anchis, puis à Odolla, et il recommande sa maison an roi de Moab. Saül se plaignant devant ses serviteurs de ce que personne ne prenait part à ses peines et ne lui livrait David, Doëg l’Idumé en, qui était présent lorsque David était venu trouver le prêtre, lui raconta ce qui était arrivé. Alors, ayant fait venir les prêtres, et personne de ceux qui étaient là ne voulant les tuer, il en donna l’ordre à Doëg, qui égorgea trois cent cinquante hommes portant l’éphod et détruisit Nobé, leur ville. L’un des fils d’un prêtre, qui parvint à s’échapper, annonça ces choses à David, qui en gémit, garda auprès de lui cet homme et délivra la ville de Cila, assiégée. Il apprend que Saül le poursuit et il s’en va de là dans le désert de Ziph, mais Saül le sait et marche derrière lui. Cependant, il apprend la nouvelle d’une incursion des ennemis et revient sur ses pas. Revenu du combat, il se met de nouveau à sa poursuite et entre dans une caverne où David se reposait et avec lui plusieurs de ses hommes. Tous l’exhortaient à tuer Saül, mais il refusa et ne voulut pas permettre de le faire à ceux qui le voulaient. Mais lorsqu’il fut sorti de la caverne, David le suivit et, criant derrière lui, il fit voir à Saül quelle était sa méchanceté, en même temps qu’il lui montrait sa propre justice, et Saül pleura. En ce temps mourut Samuel.
David envoie vers Nabal pour solliciter quelques dons en retour de la protection accordée à ses troupeaux. Non-seulement celui-ci ne lui, donna rien, mais il l’outragea en répondant à ses envoyés, et David, en armes, s’avançait pour le perdre. Abigaïl, femme de Nabal, le sut, et emportant des présents, elle s’avança au-devant de David. Elle le supplia et arrêta le châtiment. Après la mort de Nabal, elle devint femme de David. Saül ayant su en quel lieu était David, vint encore une fois vers lui. (545) Tandis que Saül dormait avec toute son armée, David survint avec Abessa; celui-ci lui conseillait de tuer son ennemi; David ne le voulut pas; mais il prit la coupe, qui était à son chevet et sa lance; puis s’éloignant, il poussa des cris et réveilla le général auquel il reprochait de ne pas garder le roi. Il montra la lance et la coupe, reprochant à Saül de poursuivre celui qui ne lui avait nui en rien. Cependant il s’enfuit vers Anchis, ne croyant pas sûr de demeurer auprès de Saül. David reçoit d’Anchis la ville de Siceleg, il fait des incursions chez les ennemis et rapporte beaucoup de richesses et de troupeaux.
Les étrangers se réunissent contre Israël. Saül consulte la pythonisse. David revient de l’armée, parce que les princes des étrangers ne lui permettaient pas de marcher avec eux, craignant qu’il ne vînt à les trahir: il trouve la ville de Siceleg brûlée, les femmes enlevées; elles avaient été emmenées captives. Ayant interrogé Dieu pour savoir s’il devait poursuivre les ravisseurs, et Dieu ayant dit de les poursuivre, il marche contre eux. Apprenant d’un serviteur égyptien où ils étaient campés, il les attaque pendant leur repos et remporte des dépouilles qu’il partage également entre ceux qui avaient combattu et ceux qui étaient restés à la garde du bagage. La bataille s’engage entre Israël et les étrangers. Saül tombe avec Jonathas et deux de ses fils. Les ennemis prirent son corps et le suspendirent à la muraille de Bethsan, appelée aussi Scythopolis; mais, des hommes de Jabès vinrent, l’emportèrent en même temps que Jonathas, et les ensevelirent.
Deuxième livre des rois
Un homme vint trouver David, en lui disant qu’il avait tué Saül, et David le fit mettre à mort. David pleura Saül et Jonathas, et il reçut l’onction royale. Il envoya vers les habitants de Jabès Galaad, pour les féliciter d’avoir enseveli Saül. Cependant, le général de Saül Abner, établit roi Isboseth, fils de Saül. Mais David régna sur la tribu de Juda. Joab, serviteur de David, et Abner, serviteur de Saül, marchèrent l’un contre l’autre et le combat fut soutenu des deux parts par la jeunesse. Asaël, frère de Joab, poursuivit Abner qui, plusieurs fois, l’exhorta à se retirer, mais il ne voulut pas. Abner le tua, et appelant Joab il lui demanda de faire cesser la lutte. La guerre était donc allumée entre la maison de Saül et la maison de David; celui-ci s’affermissait chaque jour, mais l’autre s’affaiblissait.
Abner prit pour lui une concubine de Saül; Isboseth lui en fit des reproches, et Abner envoya vers David, promettant de lui livrer tout le peuple. Il alla vers David qui lui donna un repas. Mais Joab, qui revenait de la guerre, apprit cela, et, attirant Abner par ruse, il le tua pour venger le sang de son frère. David le sut et maudit Joab; il pleura Abner et l’ensevelit avec beaucoup d’honneur. Rechab et Baana tuèrent en secret Isboseth; ils vinrent trouver David, croyant avoir acquis de la gloire par ce meurtre; mais il les fit mettre à mort. Ainsi, David devint roi de tout le peuple. Il marcha vers Jérusalem, ville des Jébuséens dont les boiteux défendaient l’entrée; il prit la citadelle et se bâtit une demeure. Hiram, roi de Tyr, fit alliance avec David. Les étrangers font la guerre; David sort et les met en fuite. Ils reparaissent de nouveau; mais Dieu l’empêche d’aller à leur rencontre. « Lorsque tu entendras, » dit le Seigneur, « la voix de l’agitation et des pleurs, tu engageras le combat (II Rois, V, 14), » et je te les livrerai.
David fait venir l’arche. Oza est frappé de mort parce qu’il avait étendu la main vers l’arche. Tandis que l’arche s’avançait, David danse devant l’arche, et Michel se moque de lui. David voulait bâtir un temple; il en est empêché par Nathan le prophète. Il adresse à Dieu des prières et des actions de grâces, se réjouissant à cause des promesses qu’il avait entendues. David défait les étrangers, les Moabites et les Syriens; il apporte à Jérusalem les armes d’or dont il s’était (346) emparé: Susac, roi d’Égypte, les enleva dans la suite. David consacra beaucoup de choses par l’anathème. Ce fut alors qu’il admit Memphibaal, fils de Jonathas, à la table royale, et lui lit don de tout ce qui avait appartenu à Saül. Il lui donna pour serviteur Siba, qui était le serviteur de son père, et ordonna qu’il servirait blemphibaal avec ses enfants.
David envoie vers le roi des fils d’Ammon pour le consoler après la mort de son père; mais conseillé par les grands, le roi insulte ceux qui étaient venus pour le consoler. Une guerre en résulte, pour laquelle David envoie Joab, puis marche lui-même et met ses ennemis en fuite. En cet endroit se place ce qui est relatif à Urie, à Bersabée, à l’enfant qui mourut. Salomon naît ensuite. Joab attaque Rabbath et, après qu’il est maître de la ville, il envoie vers David, voulant lui attribuer la victoire.
Amnon, fils de David, aime sa soeur Thamar; il simule une maladie, et lorsqu’elle vient pour le visiter, il l’outrage. Absalon, frère de celle-ci, invite le roi à un festin et le roi ne venant pas, il demande que ses frères viennent. Ceux-ci arrivent; Absalon donne des ordres à ses serviteurs et ils tuent Amnon pendant le repas. Lorsque le roi apprit cela, il pleura beaucoup et fut irrité contre Absalon, qui s’enfuit. Après trois ans, lorsque la colère du roi était apaisée, Joab persuade au roi, par ruse, au moyen de la femme de Thécua, de rappeler Absalon. À son retour, David ne voulut pas le voir de suite; il demeura deux ans dans Jérusalem hors de la présence du roi. Absalon mande auprès de lui Joab, qui n’obéit pas. Il met le feu dans son champ, et de la sorte il le contraint de venir. Envoyé par lui vers le roi, Joab les réconcilie et conduit Absalon près de David. Cependant Absalon se fit un char et il eut des cavaliers. Recevant avec beaucoup d’honneur ceux qui venaient pour être jugés, il les louait comme des gens qui ont à dire de; choses justes et témoignait de la pitié parce qu’il n’y avait personne pour soutenir leurs droits. Il disait: « Qui m’établira juge sur ce pays (Il Rois, X, 24)? » et de cette façon il se conciliait le peuple.
Absalon se révolte contre David qui, l’ayant appris, s’enfuit de Jérusalem, laissant ses concubines dans la ville. Ethaï veut le suivre; il l’en empêche d’abord, puis il cède à ses instances. Lorsqu’on eut traversé le torrent, il ordonna de reporter l’arche dans la ville; lui-même devait attendre dans le lieu des Oliviers s’ils avaient quelque chose à lui apprendre des secrets du roi. Chusaï s’avance au-devant de David, qui l’envoie pour renverser les desseins d’Achitopel, placé au rang des conseillers d’Absalon. Après son départ, vint Siba, qui accusait son maître Memphibaal de vouloir régner, et David lui donne tous les biens de son maître. Séméi maudit David qui retient Abessa et l’empêche de le tuer. Chusaï se rend près d’Absalon; il lui persuade qu’il est venu spontanément vers lui. Le conseil se réunit pour savoir ce que l’on doit faire, et Achitopel persuade à Absalon d’avoir commerce avec les concubines de son père, ce qu’il accomplit sur le toit du palais, afin que tous en fussent témoins. Achitopel ajouta cet autre conseil, de prendre mille hommes avec lui, de poursuivre David et de le tuer. Lorsque Chusaï fut appelé à donner son avis, il combattit l’avis d’Achitopel, exhortant à attendre afin de poursuivre David avec une force plus grande. Cet avis prévalut, car Dieu le voulait ainsi. Alors Chusaï envoie les enfants des prêtres et annonce le tout à David. Cependant Achitopel, dont le sentiment avait été méprisé, s’étrangla.
Beaucoup de présents sont apportés à David. Ayant levé une armée, il la fait marcher et dit: « Epargnez mon cher fils Absalon (II Rois, XVIII, 5), » car on ne lui permit pas de se mettre lui-même en campagne. Le combat commence; beaucoup d’hommes succombent, et parmi eux Absalon, retenu à un arbre par sa chevelure. La guerre finit par cette mort. Joab dépêche Chusaï pour annoncer la victoire à David. David, ayant écouté, pleurait à cause de son fils, jusqu’au temps où Joab survenant changea ses dispositions et lui persuada de recevoir l’armée avec un visage gai. Le roi rappelle à lui Israël qui fuyait; Abessa les amène à se soumettre à David, car ils en avaient déjà la pensée. II passe le Jourdain: Séméi se présente, reconnaissant sa faute, et David arrêta Abessa qui voulait le tuer. Memphibaal vint aussi, avec un extérieur sale et des vêtements sordides, ayant une. épaisse moustache et laissant voir de long:; ongles, car toutes ces choses étaient des signes (le la tristesse qu’il ressentait de la guerre soulevée contre David. Le roi demanda pourquoi il ne l’avait pas suivi. II répondit qu’il avait prié Siba, son serviteur, de le placer sur une bête de somme, et qu’il ne (547) l’avait pas voulu. Le roi ordonne que son champ sera partagé entre lui et Siba. David désirait ramener avec lui Berzelli, qui lui avait fourni beaucoup de secours pendant la guerre, il refuse à cause de sa vieillesse. Le roi prit son fils à sa place. L’armée se divise; une partie se donne à Séba et David envoie Amessa pour le combattre, mais Joab tue Amessa par ruse et assiège la ville dans laquelle Séba s’est réfugié. Ceux qui étaient dans la ville, suivant les conseils d’une femme, coupent la tête de Séba, la jettent du haut des murailles à Joab et se délivrent ainsi de la guerre.
Une famine envahit la terre et elle ne pouvait avoir de fin que si on livrait aux Gabaonites plusieurs des descendants de Saül. David épargne Memphibaal à cause du serment fait à Jonathas; mais il livre les enfants et petits-enfants de Saül et il ensevelit dans le tombeau de Cis, Saül et Jonathas. De nouvelles guerres s’élèvent. On empêche David d’y prendre part, dans la crainte qu’il ne coure quelque danger. C’est alors qu’il compose le dix-septième psaume, qui raconte les hauts faits et les belles actions des généraux de David. Joab reçoit l’ordre de faire le dénombrement du peuple et il le fait: or, il y avait en Israël neuf cent mille guerriers et dans Juda quatre cent mille. Le prophète Gad se présente alors et donne à David le choix entre trois genres de châtiments pour celui qu’il aimerait mieux supporter, soit trois années de famine, trois jours de fuite devant les ennemis ou trois jours de mortalité. David s’écrie: « Voici que j’ai péché; moi qui suis le pasteur du peuple, j’ai commis l’iniquité, mais ceux-ci qui forment le troupeau qu’ont-ils fait? que votre main soit sur moi et sur la maison de mon père. » (II Rois, XXIV, 17.) Le fléau cessa. David reçut l’ordre d’élever un autel dans l’aire d’Ormia et d’offrir un sacrifice, et il fit ainsi.
Ornias, fils de David, reçut dans un festin Joab et Abiathar, comme étant celui qui devait régner un jour. D’après le conseil de Nathan le prophète, Bersabée va trouver David et lui annonce ces choses. Tandis qu’elle parlait, Nathan entra, car tous deux voulaient que Salomon fût roi. Ils sortirent ayant placé Salomon sur la mule royale; le prophète Nathan et le prêtre Sadoc allèrent à Gihon et ils l’oignirent en disant: « Vive le roi. » (III Rois, I, 39.) Jonathan, fils d’Abiathar, annonça le tout à Ornias, tandis qu’il était à table. Les autres s’enfuirent, mais Ornias se réfugia près de l’autel, car il craignait Salomon. Salomon le fit sortir de là, et Ornias s’approchant adorait le roi.
David, sur le point de mourir, exhorte Salomon à garder la loi de Dieu, car il obtiendrait de la sorte l’effet des promesses qui lui avaient été faites. Il lui ordonne de punir Joab et Séméi, d’honorer les enfants de Berzelli et de les admettre à la table royale. Et il mourut, ayant régné quarante ans.
Troisième livre des rois
Salomon met à mort Ornias parce qu’il avait demandé Abisag pour épouse; il dépouille Abiathar du sacerdoce. La menace faite à la race d’Héli fut accomplie, car Abiathar appartenait à cette famille. Il fit mettre à mort également Joab, et il établit Sadoc à la place d’Abiathar. Séméi reçoit l’injonction de demeurer toujours dans la ville; s’il lui arrivait de sortir, il ne le ferait lias impunément, mais il serait condamné à mourir. Les serviteurs de Séméï vinrent à s’enfuir; il oublia les ordres du roi et sortit pour aller à leur recherche. Salomon le sut et il le fit mourir.
Récit sur la sagesse de Salomon, la paix qui règne en ce temps, la magnificence de sa table, ses chars, ses chevaux et ses richesses de tout genre. Salomon demande à Dieu la sagesse. Il juge deux femmes qui le viennent trouver pour un enfant. Nouveau discours sur la sagesse de Salomon, l’abondance de sa table et les officiers qui remplissent auprès de lui les divers emplois.
Salomon envoie demander à Hiram, roi de Tyr, moyennant salaire, des ouvriers habiles à travailler le bois. Hiram les accorde. Là il est parlé du nombre des ouvriers, de la quantité des matériaux préparés pour la construction du temple. Le temple est ensuite édifié. Salomon prie dans le temple; il offre un sacrifice et il fait la dédicace. Dieu lui promet de grands biens s’il observe les commandements et le menace du contraire s’il devient prévaricateur.
Salomon avait un navire qui lui apportait de l’or. Histoire de la reine du sud qui vient pour entendre sa sagesse. Ses grandes richesses, les armes d’or qu’il fait fabriquer; étendue de son royaume, depuis quel endroit jusqu’à quel autre. En cet endroit, il est parlé de son idolâtrie, de ses offenses envers Dieu. Menaces qui lui sont adressées; son royaume sera dissous et la paix sera enlevée. Ader l’Idumé en et Esdrom se révoltent. Jéroboam, son serviteur, se révolte aussi contre lui. Le prophète Allias va trouver Jéroboam, lui donne dix morceaux de son manteau qu’il déchire, signifiant par là qu’il aura le sceptre des dix tribus. Salomon voulait le tuer, mais il s’enfuit en Égypte, d’où il revient après la mort de Salomon.
Le peuple vient à Roboam, fils de Salomon, demandant un joug plus léger que celui de Salomon. Conseillé par les jeunes gens élevés avec lui; Roboam menace d’aggraver encore le fardeau; alors les dix tribus se séparèrent et choisirent Jéroboam pour régner sur elles. Roboam voulait faire la guerre; mais Dieu l’en empêcha. Le fils de Jéroboam devient malade, et il envoie sa femme vers le prophète Allias pour l’interroger sur cette maladie; il dit que l’enfant mourrait et il mourut. Jéroboam élève deux veaux d’or, l’un à Béthel et l’autre à Dan, afin que le peuple n’aille plus à Jérusalem; tandis qu’il sacrifiait, l’homme de Dieu se présente et prophétise touchant le roi Josias. La main du roi se dessèche et l’autel est brisé, mais le prophète prie Dieu et le roi est guéri. Il invite le prophète à manger avec lui; celui-ci refusait, selon le commandement de Dieu, mais ensuite il transgresse cet ordre et il est tué par un lion. Jéroboam persévéra dans son impiété et Roboam adora les idoles pendant toutes les années de son règne. Sésac vint et s’empara de ses trésors.
Après Roboam régna Abias, son fils, et après celui-ci Asa, fils d’Abias. Après Jéroboam régna Adab, son fils: Basa le mit à mort et il régna, et il fit la guerre à Asa qui fut vainqueur en recourant à l’alliance d’Ader le Syri en. Basa était un roi méchant; Dieu le menace de grands maux. Après lui règne Ela, son fils, que tue Zambri, l’un des généraux, qui règne à son tour, et détruit la maison de Basa. Après que Zambri fut mort, lui-même ayant mis le feu à sa demeure, Ambri régna. Lorsqu’il fut mort, Achab, son fils, fut roi. Josaphat, fils d’Asa, règne aussi. Le prophète Elle menace Achab de la sécheresse qui dure trois ans et six mois. Pendant ce temps, un corbeau nourrit le prophète. En cet endroit, est l’histoire de la veuve de Sarepta, de la mesure d’huile et de la mesure de farine, de la mort de l’enfant et de sa résurrection. Elle est envoyé vers Achab; il offre une victime et fait tomber du ciel le feu qui la dévore. Il fait saisir les prêtres de Baal qui sont égorgés. Il annonce la pluie à Achab. Elle monte sur le Carmel, il offre un sacrifice, il prie et la pluie tombe.
Jézabel, femme d’Achab, menace de mort le prophète qui s’avance dans le désert où il s’endort. Réveillé par un ange, il trouve un pain de froment cuitsous la cendre; il le mange et il est fortifié. Avec cette seule nourriture, il marelle pendant quarante jours jusqu’à la montagne d’Horeb. Alors, il dit cette parole: Seigneur, ils ont renversé vos autels. Elisée, laissant ses bceufs, suit Elle. Ici est l’histoire de la vigne de Naboth, des menaces contre Jézabel et Achab, et du repentir d’Achab. Le Syri en Aderfait invasion en Israël, avec trente-deux rois. Achab en triomphe; Ader recommence la guerre; il éprouve un grand désastre. Lorsqu’il se vit dans un si grand danger, il se couvrit de vêtements misérables, et alla trouver Achab, se disant son esclave et attendant de lui son salut. Achab le fit monter sur son char et le renvoya dans son pays comblé d’honneurs. Le prophète se présenta; il fit des reproches au roi et le menaça de mort.
Achab consulte pour savoir s’il doit faire la guerre aux Syriens, et par le conseil de Josaphat, roi de Juda, on fait venir le prophète Michée qui, étant interrogé, prédit des calamités si la guerre est faite; Achab s’irrite. Le faux prophète Sédécias frappe Michée, Achab ordonne de conserver Michée jusqu’à la fin de la guerre comme un prophète menteur. Il se met en marche pour combattre et il dit à (549) Josaphat: Changeons de vêtements et d’insignes; je prendrai les tiens et je te donnerai les miens. Ceci étant fait, les soldats qui avaient reçu l’ordre de leur roi de négliger tous les autres et de s’attacher dans le combat au seul roi d’Israël, voyant Josaphat, roi de Juda, et pensant qu’il était le roi d’Israël, car le vêtement les avait trompés, ils l’entouraient et voulaient à le tuer. Mais il s’écria et repoussa le danger. Cependant, un archer frappa Achab et son sang coula. Ils le lavèrent dans la fontaine et les femmes de mauvaise vie se lavèrent dans son sang et les chiens le léchèrent. Ochosias, fils d’Achab, régna après lui. Josaphat, qui avait été son ami, ne fut pas châtié, parce que ses bonnes oeuvres arrêtèrent le châtiment (1).
Le texte grec qui manque de clarté est ici corrigé d’après la note au bas de la colonne 351.
Quatrième livre des rois
Ochosias étant tombé malade envoya demander à Baal s’il guérirait. Élie rencontra les envoyés et leur commanda d’aller dire qu’il ne se rétablirait pas. Ochosias, apprenant que c’est Élie qui a parlé ainsi, envoie un chef de cinquante hommes, puis un autre. L’un et l’autre ayant été consumés par le feu du ciel, avec les cinquante hommes, Élie reçoit l’ordre de suivre le troisième, et se rendant près du roi, il lui dit qu’il mourra. Après lui, règne son frère Joram, car il n’avait point de fils. En cet endroit, est l’enlèvement d’Elfe dans le ciel. Les enfants des prophètes ayant vu Elisée qui traverse à pied sec le Jourdain, disent l’esprit d’Elfe s’est reposé sur lui. Mais ils voulaient envoyer à la recherche d’Élie et il les en empêcha. Puis il consentit à leur désir, mais ils ne le trouvèrent point. Elisée rend saines les eaux de Jéricho. Il passe à Béthel et maudit les enfants qui le raillaient: des ours les dévorent.
Le roi de Moab refusait de payer le tribut accoutumé. Joram, roi d’Israël, marche contre lui, prenant pour alliés Josaphat, roi de Juda, et le roi d’Edom. Ils ne trouvèrent point d’eau dans le désert et ils couraient risque de périr. D’après l’avis d’Ochosias, ils allèrent trouver Elisée. Celui-ci se montre irrité contre le roi d’Israël, et il ne consent de la voir qu’en faveur du roi de Juda. Non-seulement il leur promet une grande abondance d’eau, mais la victoire sur les Moabites, ce qui est vérifié par l’événement. Le roi des Moabites fut réduit à une telle extrémité qu’il tua son fils sur les remparts.
En cet endroit, il est parlé de la femme dont l’huile fut multipliée et de la Sunamite à qui Elisée, ayant prié, obtint un fils et le ressuscita quand il fut mort. Une famine survient Elisée enlève l’amertume qui était dans les mets préparés pour les enfants des prophètes et il nourrit cent hommes, au nom du Seigneur, avec vingt pains d’orge. Naaman, général du roi de Syrie, est atteint de la lèpre; il vient demander sa guérison au roi d’Israël qui est troublé et déchire ses vêtements. Elisée le fait venir et lui ordonne de se laver sept fois dans le fleuve du Jourdain. Naaman néglige d’abord cet ordre et n’espère point sa guérison. Ensuite exhorté par ses serviteurs, il se lave, il est guéri et il offre des présents à Elisée qui les refuse. Lorsqu’il est parti, Giézi, serviteur d’Elisée, court après lui, comme envoyé par Elisée, et reçoit de Naaman deux talents d’argent et deux vêtements. Revenu près de son maître, il essayait de les cacher. Elisée lui fit des reproches et, en punition, il fut frappé de la lèpre. Les enfants des prophètes vont couper du bois pour bâtir; l’un d’eux laisse tomber le fer de sa cognée; Elisée jette un morceau de bois qu’il casse et le fer reparaît au-dessus de l’eau.
Le roi de Syrie fait la guerre à Israël, selon la prédiction d’Etisée. Le Syri en envoie une troupe de soldats contre Elisée. Le prophète prie; ceux qui venaient contre lui sont frappés de cécité; il les conduit au milieu de leurs ennemis et il arrête le roi qui voulait les tuer. Il ordonne qu’après les avoir fait manger, on (550) les renvoie. La famine devient si grande que la tête d’un âne fut vendue cinquante sicles (1), et la quatrième partie d’un cube de fiente de pigeon cinq sicles. Une femme se présente devant le roi, accusant une autre femme parce qu’ayant mangé avec elle sou fils, elle refusait de livrer le sien, comme elle l’avait promis. Le roi déchira ses vêtements et envoya vers Elisée pour lui couper la tête. Le prophète dit au messager que le lendemain la famine aurait cessé. Il n’ajoute pas foi, et le prophète lui prédit sa mort. Or, quatre lépreux, poussés au désespoir par la famine, prennent la résolution de passer à l’ennemi et vont au camp, d’où ils trouvent les hommes absents, tandis que les tentes regorgent de richesses. Ils pillent ce qu’ils peuvent emporter et vont donner la nouvelle au roi qui, d’abord, craint qu’il ne s’agisse d’une ruse. Il dépêche des cavaliers qui confirment la nouvelle; il livre le camp au pillage du peuple et la famine cesse. Celui qui n’avait pas ajouté foi à la parole d’Elisée meurt, foulé aux pieds par la multitude. Elisée avait prédit à la femme dont il ressuscita le fils sept années de famine et l’avait exhortée à habiter dans une région étrangère. Après qu’elle eut quitté le pays étranger et que la famine eut cessé, elle revint et se présenta devant le roi, demandant à rentrer dans la possession de ses biens.
Le roi de Syrie envoie demander à Elisée s’il échappera à la maladie dont il était atteint. Elisée répond à l’envoyé qu’il n’échappera point, et il prophétise la défaite des Israélites. Après la mort du roi, Hazaël régna à sa place. Joram, roi de Juda, étant mort, Ochosias, son fils, lui succéda. Elisée envoie l’un des enfants des prophètes avec ordre de donner l’onction à Jéhu; celui-ci devenu roi met à mort Joram et le jette dans la vigne de Naboth, qu’avait usurpée le père de Joram. Il mit aussi à mort Ochosias et entra dans la cité d’Israël. Jézabel, parée, regardait du haut d’une tour; le roi dit aux eunuques de la précipiter en bas et elle mourut. Jéhu tua les soixante-dix fils d’Achab, les frères d’Ochosias et les prêtres de Baal, et il brisa l’idole de Baal. Alors Hazaël tailla en pièces les enfants d’Israël. Jéhu meurt; Joachaz, son fils, règne. Histoire de Joas, roi de Juda, de Joiada, le grand prêtre, et de Gotholia. Israël est livré à ses ennemis et, de nouveau, Dieu a pitié de ce peuple. Lorsque
Dans la Vulgate: 80 pièces d’argent et non 50. (IV Rois, VI, 26.)
Joachaz mourut, Joas, son fils, régna sur Israël, et allant trouver Elisée, il versait des larmes. Le prophète lui ordonna de prendre cinq flèches et de les lancer contre le sol. Quand il en eut envoyé trois, il cessa et le prophète dit: tu vaincras trois fois la Syrie, mais si tu avais lancé les cinq traits tu l’aurais accablée d’une ruine complète. Ensuite, Elisée fut enseveli, et un mort que l’on jeta sur sa tombe revint à la vie.
Hazaël étant mort, le fils d’Ader régna à sa place. Joas battit trois fois les Syriens et il mourut, et Jéroboam, son fils, fut roi. Après la mort de Joas, roi de Juda, Amasias, son fils, régna; il vainquit Edom et combattit Joas, roi d’Israël. Celui-ci le vainquit et entra dans Jérusalem. Jéroboam étant mort., Zacharie, son fils gouverna Israël. Amasias, roi deJuda, mourut, et Azarias, appelé aussi Ozias, régna. Sous ce règne, Osée commença à prophétiser. Sallum met à mort Zacharie et gouverne Israël; il a pour allié le roi des Assyriens, à qui il donne mille talents. Après sa mort, Manahem règne à sa place. Après Ozias, Joattlan, son fils, régna sur Juda, et après celui-ci Achaz, son fils. Sous ce règne, Rasin, le Syri en, et Phacée, fils de Romélie, s’avancèrent, et Achaz envoya vers Téglathphalasar, roi des Assyriens, pour lui demander son alliance. Il vint, en effet, prit Damas, et mit à mort Rasin. Salmanasar, roi d’Assyrie, combattit Osée, fils d’Ela, et le fit son tributaire. Lorsque l’Assyri en apprit qu’il songeait à faire défection et envoyait des ambassadeurs au roi d’Éthiopie, il l’assiégea, le mit dans les fers, et, s’emparant de Samarie et des autres villes, il en transporta les habitants dans l’Assyrie.
En cet endroit sont les reproches adressés à Israël et à Juda. Ceux qui avaient été amenés de Babylone et habitaient dans Samarie étaient dévorés par des lions, parce qu’ils ne craignaient point Dieu. Un prêtre leur est envoyé qui les instruit de la loi de Dieu, et ils craignaient Dieu et adoraient les idoles. Histoire d’Ezéchias et des Assyriens, qui est aussi rapportée par Isaïe. Histoire de Manassé, de son impiété et de sa mort. Après sa mort, son fils Amon règne; après celui-ci, Josias, son fils, de qui le prophète avait parlé par avance à Jéroboam, le serviteur de Salomon, lorsque la main du roi fut desséchée. Il purifie Jérusalem, et renverse tous les lieux-hauts, détruit les sépulcres des prêtres des idoles et brise les idoles. (551) C’est de lui qu’il est dit qu’il n’y eut point auparavant de roi semblable à lui, qui se convertit au Seigneur de tout son coeur et de toute son âme. Sous ce règne Jérémie commença à prophétiser. Ce temps fut aussi celui de Holda, la prophétesse.
Le Pharaon Néchao met à mort Josias, et Joachaz, son fils, règne à sa place. Pharaon ayant aussi renversé celui-ci et l’ayant conduit en Égypte, où il meurt, établit roi le fils de Josias, Eliacim ou. Joachim, et il rend le pays tributaire. Le premier Joachim, vaincu par Nabuchodonosor, fut précipité des remparts. C’est de lui que Jérémie a dit: « Son cadavre » sera exposé à la chaleur du jour et au froid « de la nuit. » Et aussi: « Il sera enseveli dans la sépulture de l’âne. » (Jérém. XXXVI, 30, et XXII, 19.) Car après que son corps fut corrompu, il fut enseveli. Eliacim, ou Joachim, fils de Josias étant mort, Joachim son fils et neveu de Josias, régna. Ce Joachim était aussi appelé Jéchonias. Le roi d’Égypte ne sortit point de sa terre. Mais Nabuchodonosor venant et assiégeant la ville, Joachim ou Jéchonias alla au-devant de lui avec sa mère, et Nabuchodonosor l’emmena à Babylone, établissant roi dans Jérusalem un fils de Josias, le frère de son père. Celui-ci était Mathanias ou Sédécias, qui prévariqua contre le roi de Babylone. Nabuchodonosor vint, assiégea Jérusalem qu’il prit et livra aux flammes; il priva de la vue et enchaîna Sédécias qu’il emmena à Babylone, donnant à Godolias l’autorité sur tous ceux qui étaient restés dans Jérusalem. Quand Godolias eut été mis à mort par Ismaël, ceux qui étaient ainsi demeurés sous sa domination passèrent en Égypte. Cependant, à Babylone, le roi Evilinérodac accordait les plus grands honneurs à Joachim.
Le royaume de Samarie, ainsi qu’il a été dit déjà, avait cessé au temps d’Osée, fils d’Ela, celui qui avait assassiné Phacée, fils de Romélie. Le royaume de Jérusalem prit fin au temps de Sédécias, qui fut conduit à Babylone, à qui fou creva les yeux, et qui passa vingt-sept ans dans la prison, mais qu’ensuite le roi combla d’honneurs, lui donnant un trône au-dessus de tous les autres rois qui étaient là, le faisant manger et boire auprès de lui tous les jours de sa vie. Ici finit le livre des Rois, c’est-à-dire au temps où la ville est prise et le peuple emmené en captivité.
Il nous reste à reprendre les noms des rois d’Israël et de Juda pour indiquer ce qu’ils ont fait, leur fin, le nombre d’années pendant lequel ils ont régné, reprenant, ainsi qu’il suit, ce qui est dans ces quatre livres.
Après la mort de Saül, qui avait régné quarante ans, David régna aussi quarante ans sur Israël et sur Juda, savoir: à Hébron sept ans sur tout Israël et sur Juda trente-trois ans. Il accomplit le bien avec un coeur parfait. Sous ce règne vécurent les prophètes Nathan et Gad. Salomon, fils de David, régna lui-même sur tout le peuple pendant quarante années; et il fit le mal. Sois lui vécurent aussi les prophètes Nathan et Gad. Roboam, son fils, régna dix-sept ans et fit le mal. Pendant qu’il régnait, eut lieu le schisme, et les deux tribus de Juda et de Benjamin demeurèrent attachées à lui et à Jérusalem. Les dix tribus s’attachèrent à Samarie. Sous le règne de ce prince vécurent les prophètes Ahias le Silonite et Addon; Abias, son fils, régna trois ans. Son coeur n’était point semblable à celui de David; mais il marcha dans la voie de l’iniquité comme son père. Sous ce règne vécut encore le prophète Addon. Asa, fils de celui-ci, gouverna quarante ans et fit le bien; mais les lieux hauts subsistaient. Sous lui vivaient les prophètes Azarias, fils d’Oded, et Anam. Josaphat, fils d’Asa, régna vingt-cinq ans et fit le bien; mais il laissa subsister les lieux hauts, et à la fin de son règne il mérita d’être repris, parce qu’il avait fait amitié avec Ochozias, roi d’Israël, et que tous deux conduisaient en commun la plupart de leurs entreprises. Sous lui vécurent les prophètes Élie, Elisée, Michée, Jéhu, fils d’Aneni, Oziel, fils de Zacharie, Filadad, fils d’Adia et de Marissa. Joram, fils de Josaphat, régna huit ans et fit le mal; il eux pour femme la fille d’Achab. Sous ce règne vécurent aussi Élie et Elisée. Ochozias, fils de Joram, régna un an et fit le mal. Après lui, Gotholia (1), sa mère, gouverna sept ans. Joas, fils d’Ochozias, régna quarante ans; il fit mourir Zacharie, après avoir fait le bien dans la plénitude de son coeur, tant que vécut le prudent Joiadas et qu’il lui donna ses conseils. Les; serviteurs de Joas le mirent à mort dans sa maison de Mello. Sous lui prophétisa Zacharie, fils de Joiadas.
Amasias, fils de Joas, régna dix-neuf ans et fit le bien au commencement de son règne; mais il ne renouvela point les temps de David.
1. Athalie.
Car le peuple sacrifiait dans les lieux hauts, et il ne lit pas disparaître les bois sacrés. Sous lui prophétisèrent des prophètes dont le nom n’a point été écrit. Dans la suite, Amasias ayant vaincu les habitants de Séir, il s’enorgueillit, il adora les idoles de Seir et il fut livré aux mains de ses ennemis qui le battirent. Azarias, appelé aussi Ozias, régna cinquante ans et, dans le commencement, il fit le bien, comme son père; mais il n’abolit pas les hauts lieux. Enflé par la prospérité, il voulut sacrifier dans le temple même, ce qui était permis aux prêtres seuls. C’est pourquoi, il fut frappé de la lèpre, après qu’il eut entendu ces paroles: « Il ne t’est pas permis, Ozias, de sacrifier au Seigneur, mais aux prêtres seuls. » (II Par. XXVI, 18.) Sous son règne vécut le prophète Isaïe.
Les noms des rois qui régnèrent à Samarie, leur fin, leurs actions remarquables, le nombre des années de leur règne sont ainsi qu’il suit. Jéroboam, fils de Nabath, régna vingt-quatre ans. Celui-ci revenant de l’Égypte lorsque le royaume était divisé fut le premier qui régna dans Samarie; il fit le mal comme personne autre ne le fit. En effet, craignant que le royaume ne lui fût enlevé, il fit deux veaux d’or et trompa le peuple en disant: « Ceux-ci sont vos dieux qui vous ont ramenés de l’Égypte. » (I Rois, XII, 28.) Il institua des fêtes et un sacerdoce et « il fit pécher Israël. » (II Rois, xiv, 8.) Car tous les rois qui vinrent après lui l’imitèrent. Sous ce règne vécut Ahias le Silonite, qui prononça des malédictions contre lui devant l’autel.
Joathan régna seize ans, et il fit le bien comme son père; mais il ne détruisit pas les hauts lieux. Isaïe vécut aussi sous ce règne. Achaz, fils du précédent, régna seize ans et fit le mal. Sous lui vécurent les prophètes Isaïe et Oded. Ezéchias régna vingt-neuf ans, et il fit le bien parfaitement, comme David. Il détruisit le serpent d’airain que Moïse avait fait élever. Sous ce règne, Sennachérib et Rapsacés, qui avaient blasphémé, sont frappés, et, dans une seule nuit, l’ange extermine cent quatre-vingt-cinq mille Assyriens. Ezéchias, sur le point de mourir, reçoit une prolongation de quinze années de vie. Manassès, son fils, régna cinquante-cinq ans, et il fit le mal. Tout ce qu’Ezéchias avait détruit, il le rétablit, et il devint pour Juda un autre Jéroboam, de sorte que Jérusalem fut traitée à cause de lui comme Samarie. C’est de lui qu’il a été dit « qu’il fit pécher Juda. » (IV Rois, XXI, 16.) C’est. pourquoi il fut emmené captif à Babylone; mais Dieu le ramena de la captivité dans Jérusalem après sa conversion, ainsi qu’il est écrit dans les Paralipomènes, et il recouvra la royauté. Il mourut repentant et enseignant au peuple à servir Dieu. Il ne fut pas enseveli dans la ville, mais dans son jardin, dans le jardin d’Oza. Amos, son fils, régna deux ans, et il fit le mal, comme Manassès, son père; ses serviteurs le tuèrent, et il fut enseveli dans le jardin d’Oza, dans lequel son père avait été inhumé avant lui.
Josias, fils du précédent, régna trente-un ans. Le peuple le fit roi lorsqu’il n’avait que huit ans. Il fit le bien et il marcha dans la voie de David, ne s’écartant ni à droite ni à gauche. Il abattit tous les bois sacrés et enleva toutes les idoles. Lorsqu’il eut atteint l’âge de seize ans, il demanda le livre de la loi, et voyant qu’elle avait été transgressée il ordonna d’en faire la lecture; il fit célébrer la Pâque et il ordonna de la célébrer, comme il est écrit. Le Pharaon Néchao le mit à mort, sur les rives de l’Euphrate, à la suite d’une contestation qu’ils eurent entre eux. Sous lui vécurent les prophètes Sophonias et Jérémie, et la prophétesse Holda, femme de Sellum. Son fils Joachas régna trois mois et fit le mal: Pharaon l’emmena captif. Sous lui vécut aussi Jérémie. Eliacim, autre fils de Josias, appelé aussi Joachi en après que son nom eut été changé, régna onze ans et fit le mal. Joachim ou Jéctionias, son fils, régna trois mois et fit le mal; il fut emmené captif à Babylone. Nathan fut le fils de celui-ci. Nabuchodonosor le fit roi et changea son nom en celui de Sédécias. Il régna douze ans et fit le mal. Jérémie vécut également sous ce règne. Le royaume de Juda subsista jusqu’à lui et fut renversé comme celui de Samarie. Car la ville fut prise et tous les habitants furent emmenés captifs à Babylone avec leurs richesses. En tout, il y eut vingt-un rois, sans compter Gotholia (Athalie).
Nabath (1), fils de Jéroboam, régna douze ans et fit le mal, et personne de cette race ne régna ensuite. Zambri, qui était d’une race différente, régna douze ans. Baaza régna vingt-quatre ans et fit le mal. Pendant ce règne vivaient les prophètes Élie, Elisée, Michée, et celui qui prophétisa devant Achab sur la Syrie et le fils
Nadab.
(553)
d’Ader (1), et celui qui, blessé parce que lui-même l’avait ordonné (III Rois, XX, 35), réprimanda Achab, et en outre beaucoup d’enfants des prophètes. Ochozias, fils d’Achab, régna deux ans et il fit le mal. Sous lui vécurent aussi Élie et Elisée, car Élie frappa par le feu du ciel, au nom du Seigneur, les chefs de cinquante hommes envoyés par lui. Joram, fils d’Achab, régna douze ans et fit le mal, et personne de cette race ne régna ensuite. Sous ce règne, Élie fut enlevé au ciel; Elisée vécut jusqu’à Jéroboam, fils de Joas, roi d’Israël. Sous le même roi vivaient les enfants des prophètes.
Jéhu, fils de Namsi, qui appartenait à une autre race, régna vingt-deux ans. Il fit périr toute la race d’Achab et tous les prophètes de Baal immoles par embûche, et il renversa sa statue. Parce qu’il avait fait le bien dans toutes ces choses, il lui fut annoncé que ses enfants seraient assis sur son trône jusqu’à la quatrième génération. Joachaz, son fils, régna dix-sept ans et fit le mal. Il fit la guerre contre Jérusalem dont il enleva l’or et les richesses. Jéroboam, fils de celui-ci, régna quarante et un ans et fit le mal. Zacharie, fils du précédent, régna six mois et fit le mal. La race de Jéhu dura jusqu’à lui, c’est-à-dire jusqu’à la quatrième génération.
Sellum, fils de Jabès, d’une autre race, régna trente jours et fit le mal. Manahem, fils de Gadi, d’une autre race, régna vingt ans et fit le mal. Isaïe et Osée prophétisèrent sous ce règne. Phacée, fils de Romélie, d’une autre race, régna vingt ans; il tua Phacéia et fit le mal. Sous lui vécurent aussi les prophètes Isaïe et Osée. Osée, fils d’Ela, d’une autre race, régna neuf ans. Il tua Phacée et fit le mal, mais non comme ses prédécesseurs. Il fut le dernier roi de Samarie. Avec lui cessa la royauté et périt l’empire de Samarie, qui fut ensuite habitée par les Assyriens. De ceux-ci sont sortis les hérétiques Samaritains, appelés Sadducéens. Ainsi finit le résumé du livre des Rois.
Vulgate, Bénadad (fils d’Ader).
Premier livre des Paralipomènes
Les Paralipomènes sont ainsi appelés parce que beaucoup de choses laissées de côté dans les quatre livres des Rois sont contenues dans ces livres. Dans ce premier livre est décrite la généalogie de toutes les tribus, depuis Adam jusqu’aux rois, par tribus, par familles, par maisons. II est dit quels furent ceux des lévites que David établit pour chanter devant Dieu avec la flûte et la cithare, quels autres il consacra aux oeuvres du temple, car il fut le premier qui commença à jeter les fondements du temple. Divers détails sur les rois et leurs générations sont donnés, d’où il résulte que le total des années des rois qui régnèrent à Jérusalem depuis David est de quatre cent soixante-quatorze. Tous ces rois furent de la race de David, et il y en eut neuf qui firent le bien; ceux qui firent le mal sont au nombre de douze, Gotholia! non comprise. Toutes les années de ceux qui régnèrent à Samarie s’élevèrent au nombre de deux cent soixante-neuf et trente jours; douze rois fuirent donnés par huit races différentes: tous firent le mal, en imitant le péché de Jéroboam.
Deuxième livre des Paralipomènes
Dans le deuxième livre des Paralipomènes sont consignées les actions des rois. Ceux qui les ont écrites sont les prophètes qui ont vécu dans les différents temps des rois. Si l’on veut savoir en particulier quels sont ceux qui ont écrit ces choses, il faut remarquer que ce livre renferme les actions des rois d’Israël et de Juda qui ont été omises-. dans les livres des Rois. Or ceux qui écrivirent en entier l’histoire des divers règnes sont les suivants: Samuel et les prophètes Nathan et Gad ont écrit le règne de David; les prophètes Nathan et Allias celui de Salomon; les prophètes Semeas et Addon celui de Jéroboam; le prophète Addon celui d’Abias. Les actions d’Asa sont dans le livre consacré aux rois de Juda; le prophète
Jéhu, fils d’Adam, qui écrivit le livre des rois d’Israël, a écrit le règne de Josaphat. Ce que fit Joas est raconté dans les livres des Rois. Ce que fit Amasias est dit dans le livre des rois de Juda et d’Israël. Le prophète Isaïe a écrit le règne d’Ozias. Les actions de Joathan sont dans le livre des rois de Juda et d’Israël, celles d’Achaz dans le livre des rois de Juda et d’Israël. Le prophète Isaïe, fils d’Amos, a rapporté le règne d’Ezéchias. Ce qui concerne Manassès est dans le livre des Voyants, ce qui est relatif à Josias dans le livre des rois de Juda et d’Israël. Ce que fit Joachim est écrit dans le livre des rois de Juda et d’Israël. Telles sont les matières contenues dans les Paralipomènes, et tel en est l’ordre.
Premier livre d’Esdras (1)
Ce livre porte le nom d’Esdras, parce que c’est Esdras, prêtre et lecteur, qui raconte et décrit le retour des fils d’Israël depuis la Perse jusqu’à Jérusalem. Ce retour s’accomplit par le commandement et l’ordre des rois Cyrus et Darius, sous la conduite de Jésu, fils de Josédec, d’Esdras et de Zorobabel, après qu’on eut discuté sur l’énigme pour laquelle était proposée cette récompense que le vainqueur obtiendrait du roi ce qu’il voudrait. L’un dit que le vin est ce qu’il y a de plus fort, l’autre dit que c’était le roi, mais Zorobabel dit que ce qu’il y a de plus fort ce sont les femmes, et au-dessus de tout, la vérité. Lorsqu’il eut ainsi parlé, Zorobabel fut déclaré vainqueur et, interrogé; sur ce qu’il voulait, il demanda que la captivité prit fin et que Jérusalem fût rebâtie. On lui accorda sa demande et la captivité
Ce livre, appelé ici le premier, est le troisième qui est rangé parmi les apocryphes.
prit fin: car alors étaient accomplies les soixante-dix années de la colère. Ceux qui revinrent de la captivité, appartenant à la tribu de Juda, à celtes de Benjamin et de Lévi, étaient au nombre de quarante-deux mille, et il y avait trois cent trente chevaux, deux cent quarante-cinq mules, quatre cent trente-cinq chameaux, sept mille trois cent trente-quatre serviteurs et servantes, deux cents chanteurs, six mille sept cent vingt ânes. Ceux qui furent chargés de réédifier étaient Zorobabel, Jésu, fils de Josédec et Néhémie. Esdras, qui était habile dans la loi, apporta le livre de la loi et le lut, et il établit tout ce qui avait rapport au temple et aux lévites. Lui-même expliqua la loi, et il fit renvoyer les femmes étrangères que plusieurs avaient prises durant la captivité. Ils les renvoyèrent et furent purifiés, et l’on célébra la Pâque selon la loi, ainsi qu’il est écrit, en observant les jeûnes. Ainsi finit le premier livre d’Esdras.
Deuxième livre d’Esdras
Dans ce livre sont contenues les mêmes choses que dans le premier, concernant le retour de la captivité, à l’exception de l’énigme proposée. Plusieurs détails sont donnas sur l’eunuque Néhémie qui, lui-même, demanda la reconstruction du temple, et sur la lecture que fit Esdras, tandis que Jésu, Barréas et Sarabia instruisaient le peuple. Esdras, enlisant, dissertait avec la science du Seigneur. Le peuple comprit cette lecture et célébra la Pâque, et le septième mois il observa le jeûne et célébra la fête des Tabernacles, ainsi qu’il est écrit. « Ils n’avaient point fait ainsi depuis les jours de Josué, fils de Navé. » (II Esd. VIII, 17.) Esdras ayant vu que des femmes du pays d’Azot étaient mariées aux Hébreux, persuada à tous de promettre l’observance de la loi de Dieu. Et il renvoya toutes ces femmes comme illégitimes, et ils jurèrent de garder la loi. Ayant donc été purifiés et sanctifiés, ils se réjouirent et rentrèrent chacun dans leurs maisons. Ceci est aussi raconté concernant Esdras les livres de la loi ayant péri, à cause de la négligence du peuple et de la longueur de la captivité, Esdras, qui était habile et instruit, et qui, de plus, était lecteur, les conserva, et ensuite les mit au jour et les publia de nouveau, et ainsi ils furent sauvés.
