Sévère d’Antioche dans la littérature copte
Les manuscrits sahidiques de la Bibliothèque Nationale
- 01 — 1. Le premier discours de Sévère à Antioche
- 02 — 2. Lettre à Sotérichos, évêque de Cappadoce
- 03 — 3. Lettre à l’Église d’Antioche
- 04 — 4. Discours pour l’Épiphanie
- 05 — 5. Discours sur Sainte Marie
- 06 — 6. Un discours de Pâques
- 07 — 7. Le troisième discours, prononcé à Kyros
- 08 — Conclusion

Sévère d’Antioche dans la littérature copte
Les manuscrits sahidiques de la Bibliothèque Nationale
E. Porcher · 01 septembre 2026 · 8 min de lecture · 3 vues
La Patrologie Orientale, éditée par Mgr Graffin et M. Nau, a publié deux Vies de Sévère en syriaque, avec des documents syriaques, grecs, latins et arabes relatifs à Sévère1 ; le dernier fascicule paru contient six homélies en syriaque2. On annonce comme devant paraître bientôt une Vie éthiopienne3. Il nous a paru intéressant de rechercher ce qui reste de l’histoire ou des œuvres du patriarche d’Antioche dans la littérature copte. Dans l’état de dispersion où se trouvent aujourd’hui les manuscrits coptes, il est indispensable de faire connaître d’abord ce que renferme chacun des grands dépôts de l’Europe, pour arriver à réunir les feuillets épars d’un même manuscrit et à donner enfin une édition définitive. Voici ce qui a été trouvé dans les manuscrits en dialecte sahidique, sur parchemin, de la Bibliothèque Nationale.
Le volume 129 contient des fragments d’une Vie de Sévère en copte, analogue à la Vie éthiopienne annoncée : ces fragments ont déjà été recueillis par M. Crum, qui les publie dans la Patrologie Orientale4.
Dans le volume 131 nous avons trouvé sept pièces d’inégale importance relatives à Sévère. Nous donnons au moins les titres, qui peuvent présenter un intérêt historique, réservant à plus tard la publication des textes qui sont complets ou presque complets.
Six feuillets, numérotés 68 à 73, de dimensions 31 × 27,5, à deux colonnes de 33 à 36 lignes, contiennent le premier discours de Sévère à Antioche, occupant onze pages, depuis la page 1 jusqu’à la page 11.
Le discours est précédé lui-même du nombre 1. C’était le commencement d’un manuscrit qui devait contenir les œuvres de Sévère, discours ou lettres.
Le titre est quelque peu effacé5. En voici la traduction :
Ceci est le premier discours que prononça saint Sévère lorsqu’il fut ordonné archevêque de l’Église de la ville d’Antioche, et qu’il prononça encore une fois deux jours après, dans le lieu du saint martyr Romain, […] à la demande d’un grand nombre, qui n’avaient pu l’entendre à cause du tumulte et des clameurs de la foule nombreuse qui s’était réunie au jour où il fut ordonné, le 21 du mois de Choiak, au temps de la sixième année du cycle.
La plupart des documents publiés par la Patrologie Orientale placent l’ordination de Sévère au 8 novembre. Élie de Nisibe la fixe au 166. Si la fête de saint Romain avait lieu deux jours après, c’était le 18 novembre : c’est la date donnée par les Actes des martyrs. Il semblerait qu’elle dût correspondre au mois d’Hathor et non à celui de Choiak.
Dans ce premier discours, on trouve une glorification du siège d’Antioche, un panégyrique de saint Romain, un exposé de dogme et de morale. Il semble répondre à l’éloge qu’en fait Jean de Beith-Aphthonia7, abstraction faite des hyperboles dues au pays, à l’époque et à l’esprit de parti.
