Sermons
Œuvres complètes, traduction sous la direction de M. Raulx
- 01 — Sermon 1 — Il m’en souvient, j’ai promis à votre charité de répondre, autant que Dieu daignerait…
- 02 — Sermon 2 — Cette foi est grande, grande est cette piété, non seulement envers Dieu mais encore…
- 03 — Sermon 3 — L’ancien Testament est spécialement pour les Juifs ; car il leur promettait des biens…
- 04 — Sermon 4 — Il paraît y avoir dans cette lecture quelque chose de charnel ; toutefois celui qui a…
- 05 — Sermon 4 (suite 2)
- 06 — Sermon 5 — Enfin il arrive à l’explication mystique de la lutte de Jacob
- 07 — Sermon 6 — Ainsi, du sein de son éternité, le Verbe divin est descendu parmi nous
- 08 — Sermon 7 — que Moïse ayant demandé à, connaître le nom de Dieu, afin de pouvoir répondre aux fils…
- 09 — Sermon 8 — Saint Augustin termine en disant que si les magiciens de Pharaon ont été vaincus à la…
- 10 — Sermon 9 — Mais pour arriver à cette fidélité, il faut, et c’est la troisième partie du discours…
- 11 — Sermon 10 — l’histoire : « Deux courtisanes se présentèrent au Roi Salomon et s’arrêtèrent devant lui
- 12 — Sermon 11 — Après la résurrection, en effet, personne ne té dira, dans le royaume de Dieu : Partage…
- 13 — Sermon 12 — 4° en disant que les Anges se présentèrent à la vue de Dieu, l’Écriture veut exprimer…
- 14 — Sermon 13 — Estimerais-tu que tu lui doives d’être homme, et à toi d’être juste ?
- 15 — Sermon 14 — Montrons d’abord à votre charité que ce que
- 16 — Sermon 15 — 3° Les méchants servent encore d’une autre manière à purifier les bons ; c’est quand…
- 17 — Sermon 16 — Écoute donc ce qui suit, ô toi qui veux et recherches cette vie et ces jours ; ô homme…
- 18 — Sermon 17 — « Il viendra donc avec éclat et ne gardera pas le silence
- 19 — Sermon 18 — Mais notre »
- 20 — Sermon 19 — pas de moi votre face ; »
- 21 — Sermon 19 (suite 2)
- 22 — Sermon 30 — ont le coeur droit
- 23 — Sermon 40 — « Ceux qui sèment dans les larmes moissonneront dans la joie
- 24 — Sermon 44 — grand jour de fête, Jésus se tenait debout et criait à haute voix : Que celui qui a…
- 25 — Sermon 45 — Prenons-la d’abord simplement dans le sens littéral qu’elle parait présenter, comme…
- 26 — Sermon 50 — Mais le mauvais pasteur ne s’en propose aucun autre, et son premier défaut est de se…
- 27 — Sermon 55 — ANALYSE.— Après avoir félicité ses auditeurs de ce qu’ils ont préféré au.spectacle…
- 28 — Sermon 60 — Mais les Juifs étaient jaloux devoir l’Évangile annoncé aux gentils ; ceux-mêmes…
- 29 — Sermon 64 — QUARANTE-CINQUIÈME SERMON
- 30 — Sermon 65 — Nous devrions donner tout ce qui n’est pas nécessaire à nous nourrir et à nous vêtir…
- 31 — Sermon 68 — serait de ne point savoir quel remède nous devons appliquer au péché ; comprenons du…
- 32 — Sermon 70 — Le Christ, vous l’avez entendu, a rendu témoignage à Jean, et il l’a loué jusqu’à dire…
- 33 — Sermon 75 — Or le Saint-Esprit étant le lien qui unit les fidèles entré eux, comme il est l’Esprit…
- 34 — Sermon 80 — tous, c’est l’unité dans la pluralité
- 35 — Sermon 85 — « Malheur au monde à cause des scandales !
- 36 — Sermon 90 — Les infidèles avares s’imaginent que notre Dieu exige de nous le sacrifice de ce que…
- 37 — Sermon 94 — Ils savaient toutefois que le Christ serait fils de David, et aujourd’hui encore ils…
- 38 — Sermon 97 — Reconnaissez donc sincèrement ce sens mystérieux
- 39 — Sermon 100 — ces mots : « Lève-toi, toi qui dors, »
- 40 — Sermon 105 — Cette moisson n’était pas celle de nous autres gentils, puisque rien n’avait été semé…
- 41 — Sermon 110 — Le Seigneur aussi montre à nu ces Pharisiens
- 42 — Sermon 115 — Assurément les élus sont peu nombreux
- 43 — Sermon 120 — En sortant du sépulcre il avait guéri ses plaies et conservé ses cicatrices
- 44 — Sermon 126 — la route de leurs vêtements et criant à haute voix : « Hosanna au fils de David ; béni…
- 45 — Sermon 130 — encore ; car c’est de ce bonheur qu’il est dit : « Ce que l’oeil n’a point vu, ce que…
- 46 — Sermon 135 — SERMON CXXXI
- 47 — Sermon 140 — Pourquoi vous étonner que le Christ ait fait voir la lumière à l’aveugle-né ?
- 48 — Sermon 147 — Quelques philosophes même profanes ont vu en Dieu une vie éternelle et immuable…
- 49 — Sermon 150 — SERMON CXLVIII
- 50 — Sermon 155 — Je ne fais pas le bien que je veux, et je fais le mal que je hais »
- 51 — Sermon 160 — PRÊCHÉ DANS LA BASILIQUE DE GRATIEN, LE JOUR DE LA FÊTE DES MARTYRS DE BOLITE
- 52 — Sermon 165 — Si donc un chrétien se méprisait et s’avilissait assez pour vouloir s’abandonner à…
- 53 — Sermon 170 — Que signifient donc, d’une part : « Renoncez au mensonge et dites la vérité »
- 54 — Sermon 175 — joies sont trop différentes, elles sont même absolument contraires ; et quand on met sa…
- 55 — Sermon 180 — « lui, en vue de la vie éternelle »
- 56 — Sermon 183 — fidèle est entrée avec foi dans le bain régénérateur et toutes ses fautes lui ont été…
- 57 — Sermon 190 — Pour ces sages et ces prudents qui ne cherchent en Dieu que grandeurs sans croire à ses…
- 58 — Sermon 195 — Oui, c’était pour endurer en notre faveur ces énormités et d’autres encore ; c’était…
- 59 — Sermon 200 — Notre-Seigneur Jésus-Christ a deux naissances : l’une est divine, l’autre humaine, et…
- 60 — Sermon 205 — C’est à la voix d’un ange que les bergers juifs accoururent à lui, et les Mages de la…
- 61 — Sermon 210 — Toute cette vie doit être pour nous un temps d’humiliation ; aussi est-elle figurée par…
- 62 — Sermon 215 — Gardez-vous de dédaigner ceci, mes frères
- 63 — Sermon 220 — ce terme de competentes, sinon ceux qui postulent ensemble
- 64 — Sermon 225 — Il faut expliquer pourquoi nous veillons avec tant de solennité durant cette nuit…
- 65 — Sermon 230 — Vous avez entendu prêcher, de Notre-Seigneur Jésus-Christ, qu’ « au commencement il…
- 66 — Sermon 235 — C’est ainsi que Pierre apprit à se connaître quand, aux approches de la passion et…
- 67 — Sermon 240 — refuse d’écouter
- 68 — Sermon 245 — Pour combattre notre croyance à la résurrection ; ces philosophes font une seconde…
- 69 — Sermon 250 — Que vient-on de nous lire aujourd’hui ?
- 70 — Sermon 255 — Dans la première pêche, en effet, il commanda bien de jeter les filets, mais sans dire…
- 71 — Sermon 260 — Pourquoi avec sollicitude ?
- 72 — Sermon 265 — Il n’y a pour ressusciter que ce qui meurt ; le Seigneur est donc ressuscité pour nous…
- 73 — Sermon 270 — Il est donc bien vrai que par l’huile du pécheur on ne peut entendre ici la grâce des…
- 74 — Sermon 275 — Voici, mes frères, un beau jour ; c’est le jour où la lumière de la sainte Église…
- 75 — Sermon 280 — Voulez-vous la preuve que ces deux vertus sont également un don de sa main ?
- 76 — Sermon 285 — Vaincu ainsi de tous côtés, l’ennemi fit frapper d’une verge le père de Perpétue ; il…
- 77 — Sermon 290 — Sans doute il était facile de rendre témoignage à Jésus-Christ Notre-Seigneur et de…
- 78 — Sermon 295 — Or, tu viens d’entendre de quoi admirer en lui
- 79 — Sermon 300 — Pour vous, chrétiens, voudriez-vous que le Christ et les Apôtres fussent morts pour la…
- 80 — Sermon 305 — C’est de plus un aveuglement étrange : Dieu a ses raisons pour leur laisser une place…
- 81 — Sermon 310 — Mais tant qu’elle n’éclate pas elle demeure cachée ; et comme elle est cachée, « aux…
- 82 — Sermon 315 — Que louons-nous dans la foi d’un martyr ?
- 83 — Sermon 320 — Vous avez appris ce qu’était saint Étienne quand il fut choisi par les Apôtres, et…
- 84 — Sermon 325 — Nous disions hier, votre charité se le rappelle : La relation présentée par cet homme…
- 85 — Sermon 330 — Je le crois, leurs parents s’affligeaient en les voyant aller au martyre ; mais eux se…
- 86 — Sermon 335 — On peut donner deux sens à ces mots : « Qui aime son âme la perdra »
- 87 — Sermon 340 — Ce qui se faisait naguère, lorsque s’élevaient ces murailles, se fait encore…
- 88 — Sermon inédits 1 à 12 (série 4)
- 89 — Sermon inédits 19 à 34 (série 5)
- 90 — Sermon inédits 35 à 62 (série 5)
- 91 — Sermon inédits 1 à 18 (série 5)
- 92 — Sermon inédits 1 à 10 (série 3)
- 93 — Sermon inédits 1 à 15 (série 2)
- 94 — Sermon inédits 13 à 25 (série 4)
- 95 — Sermon inédits 27 à 36 (série 4)
- 96 — Sermon inédits 16 à 25 (série 2)

Sermons
Œuvres complètes, traduction sous la direction de M. Raulx
Saint Augustin · 2020 · 6295 min de lecture · 5 vues
ANALYSE. —Les Manichéens accusaient l’ancien Testament d’être en contradiction avec le Nouveau ; ils voyaient même cette opposition prétendue entre les premières paroles de la Genèse et les premières paroles de l’Évangile selon saint Jean. Saint Augustin veut montrer dans ce discours, combien leurs calomnies sont dénuées de fondement. Il n’y a pas, dit-il, la moindre opposition, car 1° on peut soutenir que Jésus-Christ lui-même, dont Moïse a parlé, est le principe dans lequel Dieu a fait toutes choses ; 2° si la Genèse ne dit pas comme saint Jean que tout a été fait par lui, mais plutôt que tout a été fait en lui, c’est que ces deux expressions sont synonymes, comme on le prouve par le nouveau Testament lui-même ; 3° lors même que le mot principe serait pris dans la Genèse pour le principe du temps, la Genèse témoigne ostensiblement, comme l’Évangile, de la Trinité des personnes divines, et si elle n’exprime pas toujours cette pluralité, elle est, sous ce nouveau rapport, semblable au nouveau Testament. — On ne peut donc signaler plus de désaccord entre Moïse et l’Évangile qu’entre chacun des écrivains du Testament nouveau.
1. Quand on se souvient d’une dette contractée et en même temps de cette recommandation apostolique : « Ne devez rien à personne, sinon de vous aimer les uns les autres 2°, » on doit s’exciter soi-même à payer. Quelles que soient en effet les menaces des créanciers et la crainte dont elles glacent les débiteurs, la charité ne doit-elle pas agir beaucoup plus puissamment sur nous ? Ce n’est pas la terreur qui la porte à s’acquitter, elle y est mieux déterminée par l’honneur même.
Il m’en souvient, j’ai promis à votre charité de répondre, autant que Dieu daignerait m’en faire la grâce, aux folles et pernicieuses calomnies des Manichéens contre l’ancien Testament. Soyez donc attentifs et voyez les nœuds que vous préparent ces serpents ; détournez-en la tête pour l’abaisser sous le joug du Christ.
Voici comment ils essaient de tromper les simples. Les Écritures du nouveau et de l’ancien Testament sont, disent-ils, en opposition entre elles, et la même foi ne peut croire aux unes et
aux autres. Les commencements même de la Genèse et de l’Évangile selon saint Jean se contredisent et luttent de front.
2. Moïse en effet, remarquent-ils, a écrit « Dans le principe Dieu a fait le ciel et la terre ; » il ne nomme pas le Fils par qui tout a été fait. Jean dit au contraire : « Dans le principe était le Verbe et le Verbe était en Dieu. Il était en Dieu dans le principe. Tout a été fait par lui et sans lui rien n’a été fait. »
Mais où est ici la contradiction ? N’est-elle pas plutôt dans ces hommes qui ont préféré censurer aveuglément ce qu’ils ne comprennent point, plutôt que d’en chercher l’intelligence avec piété ? Et que répliqueront-ils si je leur réponds que le Fils de Dieu est lui-même ce principe dans lequel Dieu a fait le ciel et la terre, comme parle la Genèse ? Ne pourrai-je pas démontrer cette assertion ? Ce même nouveau Testament devant lequel se brise, de gré ou de force, leur tête orgueilleuse et dont ils reconnaissent l’autorité, ne m’offre-t-il pas d’imposants témoignages ? Le Seigneur y dit aux Juifs incrédules :
« Si vous croyiez Moïse, vous me croiriez aussi, car c’est de moi qu’il a écrit. 1 « Pourquoi alors ne le reconnaîtrais-je point lui-même dans ce Principe en qui Dieu le Père a fait le ciel et la terre ? En effet, qui a écrit : » Dans le Principe Dieu a » fait le ciel et la terre ? « C’est sûrement Moïse dont le Seigneur a dit qu’il a écrit de lui. Lui-même encore n’est-il pas le Principe ? On ne peut en douter puisque au témoignage de l’Évangile, les Juifs lui ayant demandé qui il était, lui-même répondit : « Le Principe, car c’est moi qui vous parle. « Voilà le Principe en qui Dieu a fait le ciel et la terre. Ainsi Dieu a fait le ciel et la terre dans ce Fils par qui tout a été fait et sans qui rien ne s’est fait. Ainsi la Genèse s’accorde avec l’Évangile, et nous devons pour être héritiers suivre également les deux Testaments, laisser les divisions et les calomnies aux hérétiques, exclus du divin héritage.
3. Que votre prudence ne s’étonne pas toutefois d’une insignifiante diversité d’expressions. Jean n’a pas dit : Tout a été fait en lui, mais « Tout a été fait par lui, » et nous ne lisons pas dans la Genèse : Dieu a fait par le Principe le ciel et la terre ; mais : « Dans le principe Dieu a fait le ciel et la terre. « Mais l’Apôtre ne dit-il pas aussi : « Pour nous faire connaître le mystère de sa volonté, selon sa bienveillance par laquelle il a résolu en lui-même, dans la dispensation de la plénitude des temps, de restaurer dans le Christ tout ce qui est dans les cieux, et en lui tout ce qui est sur la terre ? » Puisqu’ici tu entends en lui dans le sens de par lui ; pourquoi, dans le texte de Jean, par lui ne signifierait-il pas en lui ?
Par lui ne m’empêche pas de comprendre que tout a été fait en lui ; et quand je lis dans la Genèse que c’est en lui qu’ont été faits le ciel et la terre, qui m’empêche de voir que c’est aussi par lui ? Les Manichéens veulent-ils donc faire cesser la lutte entre les deux Testaments, pour la reporter entre les bienheureux martyrs du Nouveau, entre Paul et Jean, entre Paul qui a dit : En lui, et Jean qui a écrit : Par lui ? Pour nous ; en ne croyant pas que Paul et Jean soient opposés entre eux, nous forçons par là même les Manichéens à reconnaître l’accord de Moïse et de Paul. Et autant ces deux derniers s’entendent, autant l’Évangéliste Jean est en harmonie avec eux ; car ses expressions par lui peuvent être considérées comme synonymes de en lui.
4. Ainsi toutes les divines Écritures sont en paix entre elles. Mais qu’arrive-t-il lorsque dans l’obscurité de la nuit nous contemplons le cours des nuages ? Ils obscurcissent et troublent tellement notre vue, que les astres nous paraissent marcher en sens contraire. Tels sont ces hérétiques : ils ne trouvent point la paix dans les ténèbres de leurs erreurs, et ils s’imaginent que la guerre est plutôt au sein des Écritures.
5. Ils disent peut-être : Ce n’est pas du Verbe de Dieu qu’il. est écrit : « Dans le principe Dieu a fait le ciel et la terre. « Eh bien ! suppose que le principe ne désigne pas ici le Fils unique de Dieu ; suppose que c’est du principe même du temps qu’il est écrit : » Dans le principe Dieu a fait le ciel et la terre. » Sans doute le temps n’existait point quand n’existait encore aucune créature ; qui oserait avancer que le temps est coéternel à Dieu, le Créateur des temps ? Néanmoins le temps a commencé avec le ciel et la terre. Si donc on soutient cette interprétation, tout en maintenant la distance du Créateur à la créature et en n’attribuant pas à l’œuvre de Dieu l’éternité de son Auteur, on ne pourra se dispenser au moins de voir la pluralité des divines personnes dans les passages suivants : « Faisons l’homme à notre image et à notre ressemblance ; Dieu fit l’homme à l’image de Dieu 1. »
Et lors même qu’on ne l’y verrait pas, lorsque la Trinité ne se révélerait aux regards des esprits pénétrants que sous le nom de l’unité, quelle opposition peut voir un homme sage entre le commencement de la Genèse et le commencement de l’Évangile ? Il faudrait être, pour l’apercevoir, d’une aveugle témérité. En effet, combien d’exemples de locutions pareilles ne nous fournit point l’Écriture ? Le Seigneur s’exprime ainsi lui-même : « Et moi je vous dis de ne jurer en aucune façon, ni par le ciel, parce que c’est le trône de Dieu ; ni par la terre, parce que c’est l’escabeau de ses pieds. « Parce que le Christ ne se nomme point ici, dira-t-on qu’il n’a point son trône dans le ciel ? L’Apôtre dit aussi : » O profondeur des trésors de la sagesse et de la science de Dieu ! Que ses jugements sont incompréhensibles et ses voies impénétrables ! Car qui a connu la pensée du Seigneur ou qui a été son conseiller ? Ou qui le premier lui a donné et sera rétribué ? puisque c’est de lui et par lui et en lui que sont toutes choses, à lui la gloire dans les siècles des siècles. » Ici
Pourquoi donc avoir, choisi Moïse pour l’opposer à Jean l’Évangéliste et n’avoir pas voulu lui opposer l’Apôtre Paul ? Pourquoi ? C’était pour persuader aux hommes simples que les deux Testaments sont contraires, et pour obtenir le droit de n’en citer qu’un après avoir rejeté l’autre ; et c’est ce que professe cette secte égarée. Ah ! si, emporté par la démence, un autre hérétique entreprenait de prouver également auprès des simples, que le Nouveau Testament est contraire à lui-même, qu’attrait-il à faire qu’à les imiter ? Ne lui suffirait-il pas de montrer entre Paul et Jean la même opposition et le même désaccord qu’ils prétendent signaler entre Jean et Moïse ? Mais la foi sincère et véritable ne peut que faire ressortir l’harmonie doctrinale de Jean et de Paul, et dans ces paroles du grand Apôtre : « De lui, par lui et en lui sont toutes choses, » elle fait voir le Fils et l’Esprit-Saint avec le Père.
Elle considère de la même manière l’accord pacifique de Moïse et de Jean ; et si dans ces paroles de Moïse : « Dans le principe Dieu a fait le ciel et la terre, » elle entend le commencement des siècles, elle ne voit dans ce mot Dieu que l’unité ineffable de l’indivisible Trinité ; ou bien elle adore sans hésiter le Fils même de Dieu dans ce Principe en qui Dieu a fait le ciel et la terre.
Nous pourrions rapporter plusieurs autres passages des divines Écritures que l’on doit expliquer conformément à ces règles. Mais nous ne voulons point charger la mémoire de votre sainteté ; que ces citations suffisent. Vous pourrez d’ailleurs en chercher vous-mêmes ou en remarquer d’autres, lorsqu’on lit les livres saints, les examiner et les étudier pacifiquement entre vous : nous vous y exhortons.
Prière après le Sermon : Tournons-nous avec un coeur pur vers le Seigneur notre Dieu, le Père tout-puissant ; rendons-lui d’immenses et abondantes actions de grâces ; supplions de toute notre âme son incomparable bonté de vouloir bien agréer et exaucer nos prières ; qu’il daigne aussi, dans sa force, éloigner de nos actions et de nos pensées l’influence ennemie, multiplier en nous la foi, diriger notre esprit, nous donner des pensées spirituelles et nous conduire à sa propre félicité : au nom de Jésus-Christ, son Fils et notre Seigneur, lequel étant Dieu vit et règne avec lui dans l’unité du Saint-Esprit et durant les siècles des siècles. Ainsi-soit-il.
