Réfutation de la doctrine définie au concile de Chalcédoine
Traité arménien de saint Timothée II Aelure
- 01 — Première partie — Témoignages des Pères
- 1.1 — Sur le fait de dire un notre Seigneur et Dieu Jésus-Christ avec sa propre chair, et de Lui attribuer tout ce qui est digne de Dieu et ce qui est humain, et que, devenu consubstantiel à nous selon la chair, Il est resté ainsi Dieu, et que Le diviser en deux est une impiété
- 1.2 — Témoignages de nos saints Pères
- 1.3 — Du bienheureux Grégoire le Thaumaturge, évêque de Néocésarée, tiré du discours sur la résurrection
- 02 — Deuxième partie — Réfutation du Tome de Léon et du concile de Chalcédoine
- 2.1 — Deuxième réfutation contre le Tome de Léon et la définition du concile tenu à Chalcédoine, en recherchant pour nous aussi d’autres exemplaires
- 2.2 — Réfutation contre les propos de Léon et des hérétiques antérieurs à lui
- 2.3 — Témoignages de nos bienheureux Pères et évêques confirmant ce qui a été dit par nous, et renversant les sectes des hérétiques orgueilleux susmentionnés
- 2.4 — Inventions des hérétiques dont les propos précités de Léon sont l’écho
- 2.5 — Blasphèmes de l’hérétique Nestorius
- 2.6 — Blasphèmes de l’hérétique Théodoret
- 2.7 — Du même, ou bien d’André
- 2.8 — Du même [sur les anathèmes], ou bien d’André
- 2.9 — Réfutation des propos tenus par Léon et par les hérétiques antérieurs à lui
- 2.10 — Réfutation contre les paroles susdites de Léon et des hérétiques qui l’ont précédé
- 2.11 — Témoignages de nos bienheureux Pères et évêques, confirmant ce qui a été dit par nous et renversant les sectes impies des hérétiques susmentionnés
- 2.12 — Réfutation des paroles proférées par Léon et, avant lui, par les hérétiques
- 03 — Sentences utiles de nos bienheureux Pères et évêques, confirmant ce qui a été dit par nous et renversant les impies hérésies des susdits schismatiques
- 3.1 — Réfutation des propos tenus par Léon et par les hérétiques qui l’ont précédé
- 3.2 — Du même, à Adelphe
- 3.3 — De Théodote, évêque d’Ancyre, sur la Nativité du Christ
- 3.4 — Réfutation de ce qui a été dit par Léon et, avant lui, par les hérétiques
- 3.5 — Témoignages de nos bienheureux Pères et évêques, confirmant ce que nous avons dit et renversant les sectes impies des hérétiques susmentionnés
- 3.6 — Blasphèmes tirés de la définition du concile de Chalcédoine
- 3.7 — Réfutation des paroles du formulaire du concile de Chalcédoine et, avant celles-ci, du schismatique
- 3.8 — Réfutation contre les propos tenus au concile de Chalcédoine et, avant eux, par les hérétiques
- 3.9 — Témoignages utiles de nos bienheureux Pères et évêques, confirmant ce qui a été dit par nous, et renversant les sectes impies des hérétiques mentionnés précédemment
- 3.10 — Blasphèmes tirés de la définition du concile de Chalcédoine
- 3.11 — Réfutation contre lesdits blasphèmes du concile de Chalcédoine
- 3.12 — Du même Irénée
- 3.13 — Du même
- 3.14 — Lettre encyclique du même
- 3.15 — Du même, sur la divine incarnation
- 3.16 — Du bienheureux Cyrille, archevêque d’Alexandrie et notre père, tiré du traité *Sur l’Incarnation*
- 04 — Sur le fait que notre Seigneur et Dieu Jésus-Christ est un avec son propre corps, et qu’il faut lui attribuer tout ce qui convient à Dieu et ce qui est humain ; et que, devenu consubstantiel à nous selon la chair, il est ainsi demeuré Dieu ; et que le diviser en deux natures est une impiété ; où se trouve aussi la réfutation des blasphèmes issus du Tome de Léon et de la définition d’impiétés du concile tenu à Chalcédoine

Réfutation de la doctrine définie au concile de Chalcédoine
Traité arménien de saint Timothée II Aelure
Saint Timothée II Aelure · 27 septembre 2026 · 618 min de lecture · 0 vue
Traduction française établie pour Coptipedia à partir du texte arménien classique publié en 1908. Les passages abîmés dans les manuscrits restent signalés sans restitution conjecturale.
Première partie — Témoignages des Pères§
Sur le fait de dire un notre Seigneur et Dieu Jésus-Christ avec sa propre chair, et de Lui attribuer tout ce qui est digne de Dieu et ce qui est humain, et que, devenu consubstantiel à nous selon la chair, Il est resté ainsi Dieu, et que Le diviser en deux est une impiété§
[lacune] croyant à la doctrine énoncée par la bouche de nos saints et orthodoxes pères et évêques, il nous incombe, devenus coopérateurs de Dieu, de contredire les blasphèmes issus du Tome de Léon et de la définition dévoyée qui a été produite par le concile de Chalcédoine au sujet de la foi. Ayant donc choisi les témoignages divinement inspirés et profitables de ces mêmes saints Pères, établissant que notre Seigneur et Dieu Jésus-Christ est un seul avec sa propre chair, et qu’il faut Lui attribuer tout ce qui est digne de Dieu et ce qui est humain, et que, devenu consubstantiel aux hommes selon la chair, Il est demeuré consubstantiel par son essence au Père et au Saint-Esprit, et ne s’est pas divisé en deux natures, nous les avons disposés au préalable pour notre propre affermissement et sauvegarde, ainsi que pour ceux qui rencontreront ces écrits ; afin que, suivant les sentiers droits de leur doctrine et imitant l’orthodoxie de leur foi, manifestés et grandis par les œuvres de bonté, nous soyons rendus dignes d’achever dans le Christ la course de cette vie ; et ayant gardé la foi droite jusqu’à la fin, d’être couronnés avec tous les saints de la couronne de justice par le juste Juge et notre Dieu Jésus-Christ, aux siècles des siècles, amen.
Témoignages de nos saints Pères§
Du saint Félix, évêque de Rome et martyr, extrait de la lettre à Maxime l’évêque et au clergé qui lui est assigné, ainsi qu’à l’Église d’Alexandrie :
« Mais quant à l’incarnation du Verbe et à la foi, nous croyons en notre Seigneur Jésus-Christ, né de la Vierge Marie ; car il est lui-même l’éternel Fils et Verbe de Dieu, et non point un homme accueilli par Dieu, de sorte qu’il y en eût un autre auprès de lui ; car le Fils de Dieu n’a pas pris l’homme pour qu’il y eût quelqu’un d’autre auprès de lui-même, mais étant Dieu parfait par essence, il devint en même temps un homme parfait, incarné de la Vierge. »
Et encore du même :
« Nous croyons en Jésus-Christ, le confessant Dieu selon la nature divine et non par participation à la divinité ; car c’est lui de qui nous recevons la participation, lui qui a divinement soufflé le Saint-Esprit sur les disciples ; et c’est lui qui est mort selon la chair pour nos péchés, lui qui a aussi sauvé du péché ceux qui croient en lui. Car le Seigneur ne fut pas un homme semblable à nous accueilli par Dieu, mais le vrai Dieu, accueillant les hommes selon ce qui est écrit : « Le Seigneur vous accueille » ; or c’est le Seigneur qui est né de Marie, » par qui sont toutes choses », selon la parole de Paul, et il est lui-même le Verbe de Dieu. Et nous anathématisons ceux qui disent la Divinité passible, ainsi que ceux qui disent que le Christ crucifié est un homme, et non point Dieu en toute son essence. »
Du saint Pierre, évêque d’Alexandrie et martyr, dans ce qui a été dit sur la divinité :
« « C’est pourquoi celui qui doit naître, dit-il, est saint, il sera appelé Fils de Dieu », de même que » ce qui est né de la chair est chair ». Car Marie aussi enfanta selon la chair notre Seigneur Jésus-Christ, l’unique et même être, et non point un être et un autre être ; loin de là ! Car nous disons en vérité que Jésus est le Seigneur, croyant d’autant plus que Jésus est le Fils de Dieu, et que Jésus est12345
… le même Christ en personne, de même qu’après son ascension, Jésus lui-même apparut à l’Apôtre.
Et encore du même :
En rapportant ces choses et leurs semblables en tous lieux des Écritures, elles montrent que « le Verbe s’est fait chair » et que Jésus-Christ, le Fils de Dieu, est apparu aux hommes comme tous les hommes, par ressemblance, sans le péché. Car si le Verbe était devenu chair par ressemblance, de la même manière que tous les hommes, il n’y aurait rien de grand, ni d’extraordinaire et d’admirable à ce que le Verbe ait voulu devenir chair à partir de notre faiblesse. Mais si, selon le dessein de Dieu le Père de tous, pour notre salut, Dieu le Verbe s’est fait chair, amoindri en honneur, c’est là une grâce de Dieu et une surabondante puissance divine en Lui, pour l’homme né pour nous, par laquelle on confesse qu’il a aussi part à la faiblesse de notre humanité ; nous glorifions Dieu le Verbe, Fils de Dieu par essence, et nous rendons grâces, confessant que le pouvoir sur toutes choses lui a été donné par le Père, « et lui a fait don du nom qui est au-dessus de tout nom, selon ce qui est écrit : afin qu’au nom de Jésus tout genou fléchisse, au ciel, sur la terre et aux enfers, et que toute langue confesse que Jésus-Christ est Seigneur, à la gloire de Dieu le Père ». Car c’est aussi pour cela, dit-il, que « Dieu lui a donné le pouvoir de juger, parce qu’il est le Fils de l’homme ». Et [Fils] de l’homme, maintenant, à cause de la Vierge Marie ; car la femme est aussi un être humain, comme il est écrit : « Et Dieu fit l’homme ; mâle et femelle il les fit ».
Et encore du même :
Tous ces signes et leurs semblables, qu’il a faits, ainsi que les miracles, montrent qu’il est devenu Dieu incarné ; par les deux […] il est montré qu’il était Dieu et qu’il est devenu homme. « Car il est un homme, dit-il, et qui le connaîtra… »67891011121314
[…] et encore : « Car je suis Dieu et non pas un homme, le Saint au milieu de toi » ; et encore : « Pourquoi cherchez-vous à me faire mourir, moi, un homme qui vous ai dit la vérité que j’ai entendue du Père ? » Ce même Dieu et homme, Jésus-Christ, a souffert en vérité pour nous, selon ce que le premier choisi des apôtres dit à son sujet : « Que toute la maison d’Israël sache donc avec certitude que Dieu a fait et Seigneur et Christ ce Jésus que vous avez crucifié ».
Du même, tiré du traité à quelqu’un sur la résurrection :
Il est évident d’avance que notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ, en étant transfiguré sur la montagne, n’a pas pris un corps à la place d’un autre, mais qu’il était lui-même, tel qu’il l’avait de la descendance de David, lorsqu’il montait avec les disciples.
Du bienheureux Denys, évêque d’Alexandrie, extrait de la lettre à Étienne, évêque de Rome :
Car de même que la sagesse, se transmettant d’âge en âge dans les âmes saintes, forme des amis de Dieu et des prophètes, de même, à l’inverse, la malice, s’étant insinuée dans les âmes impures, a manifesté des ennemis de Dieu et de faux prophètes. De quelle manière [lacune] a fermé cette habitude ; car toute la gloire de l’habitude est un temps unique, tandis que les différences des inclinations sont des âges. Et il faut [lacune] de l’habitude des nations [lacune], et à cause des lois humaines. Mais j’ai parlé des choses humaines, parce que Dieu, sachant seul tout avant leur venue à l’existence, peut dignement leur faire atteindre, ayant d’avance ces règles […]1516
en écrivant. Mais les hommes, lorsqu’ils voient d’abord quelque chose et lorsqu’ils reçoivent au préalable des opinions selon les conjectures de certains, alors soit ils établissent des lois, soit ils donnent commencement à une coutume. Mais si cette coutume a pris commencement depuis l’Apôtre, comme nous l’avons dit, il nous est nécessaire d’examiner qui sont ceux qui selon eux ont paru et par qui ils ont fait cela, afin que d’après eux nous fassions nous aussi de même. Car ceux qui ont été écrits après, et jusqu’à ceux qui se trouvent encore maintenant, sont ignorés d’eux, et seront ignorés ceux qui adviendront encore : comment pourraient-ils absolument tomber sous la même coutume ? Mais tenir de plus longs discours sur ces sujets ou y mettre du zèle a paru fort embarrassant et vain ; car, comme il le dit à leur sujet, il faut, après un premier et un second avertissement, s’en séparer. Et ainsi il nous convient de faire mention et de parler à leur sujet, et après un bref rappel, […] se tenir à l’écart de la mythologie. Mais quant aux points les plus souverains et les plus grands, il faut fermement veiller. Car si quelqu’un profère quelque parole impie touchant Dieu, comme ceux qui Le disent sans miséricorde, ou si quelqu’un introduit le culte de dieux étrangers, les lois ont ordonné de lapider un tel homme. Mais nous, par la ferveur des paroles de notre foi, lapidons-les, s’ils ne s’approchent pas du mystère du Christ, ou s’il altère et corrompt, soit [en disant qu’]Il n’est pas Dieu ou qu’Il n’est pas devenu homme, soit qu’Il n’est pas mort et n’est pas ressuscité, soit qu’Il ne vient pas juger les vivants et les morts, ou bien, si l’on évangélise autre chose que ce que nous avons évangélisé, « qu’il soit anathème », dit Paul. Mais si quelqu’un méprise la parole touchant la résurrection du corps, qu’un tel homme soit dès lors compté parmi les morts. Au sujet de ces choses, puisque d’une voix unanime les Églises possèdent […]1718
… les églises, et les évêques aux évêques et les prêtres aux prêtres, que j’en parle avec sollicitude. Quant aux jugements et aux actes particuliers, sur la manière dont il convient d’accueillir ceux du dehors qui se sont approchés et comment examiner ceux du dedans, nous l’ordonnons selon les guides de chaque lieu, qui, d’après l’ordination divine, ont été établis pour cette nécessité, afin qu’ils s’acquittent envers le Seigneur des obligations pour lesquelles ils agissent en toutes choses.
Du même, de sa première lettre à Xyste, chef des évêques de Rome :
« Car tu as écrit ainsi, en exposant la législation pieuse, que nous avons sous les yeux et en mémoire pour y avoir souvent recours : que soit suffisante la seule imposition des mains pour ceux qui confesseront, que ce soit par prétexte ou en vérité, Dieu Tout-Puissant, et le Christ et le Saint-Esprit lors du baptême. Mais ceux sur lesquels n’a pas été invoqué le nom, ni du Père, ni du Fils, ni du Saint-Esprit, il convient de les baptiser, et non de les rebaptiser. Cet enseignement ferme et immuable et ce don, ayant commencé par notre Seigneur après sa résurrection d’entre les morts, lorsqu’il commanda à ses disciples : « Allez, faites de toutes les nations des disciples, les baptisant au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit », puis ayant grandi et s’étant accompli par ses successeurs, les bienheureux apôtres, et ayant reposé dans la sainte Église de Dieu, et ayant été partagé par tous les évêques avant nous, comme il a été écrit, et étant parvenu jusqu’à nous, ce qui est plus ferme que le monde entier. Car » le ciel, dit-il, et la terre passeront, mais mes paroles ne passeront point ». « 19
Du même, à propos de la même lettre de Léon :
Or, si la foi nous exhorte à avoir le zèle de Dieu et à l’aimer de tout notre cœur, il faut tenir pour seuls impies ceux qui outragent le seul et unique Dieu, et qui, disant que le Créateur et Seigneur du ciel, de la terre et de toutes choses est inférieur à quelque autre et plus vil, attribuent le mal au Tout-Créateur ; ou bien ceux qui ne croient pas en notre Sauveur Jésus-Christ tel qu’il est, mais dissolvent son admirable dessein salvifique et le grand mystère, en croyant pour les uns qu’il n’est ni Dieu ni Fils de Dieu, et pour les autres qu’il n’est pas devenu homme ou venu dans la chair, mais en disant qu’il était une apparence et une ombre. C’est à bon droit que, dans sa lettre, Jean a appelé tous ceux-là des antichrists, et le prophète a lui aussi rendu témoignage à leur sujet en disant : « N’ai-je pas haï ceux qui te haïssent, Seigneur, et ne me suis-je pas consumé contre tes ennemis ? Je les ai haïs d’une haine parfaite, ils sont devenus pour moi des ennemis ». Et tels sont tous ceux qui partagent envers nous une opinion schismatique. Si nous leur cédions tant soit peu et prenions leur parti, l’amour de Dieu de tout son cœur ne serait plus gardé intact, cet amour qu’il nous convient de toujours faire croître et abonder en nous.
Du bienheureux Vital, chef des évêques de Rome, extrait du discours sur la foi :
Or, je crois aussi, touchant l’économie selon la chair du Sauveur, que l’incarnation du Dieu Verbe uni de manière inaltérable et immuable est advenue pour le renouvellement de l’humanité. Car, étant véritablement Fils de Dieu selon la génération éternelle de Dieu, il est aussi devenu Fils de l’homme selon la naissance de la Vierge, et il est le même, Dieu parfait selon la divinité et20
7. À Timothée :
… consubstantiel au Père et parfait homme lui-même selon la naissance issue de la Vierge, et de même nature que les hommes selon la chair. Mais si quelqu’un dit que le Seigneur a un corps venu du ciel, ou que son corps est de même nature que Dieu, qu’il soit anathème ! Si quelqu’un ne confesse pas que le corps du Seigneur provient de la Vierge et est de même nature que les hommes, qu’il soit anathème ! Si quelqu’un dit que notre Seigneur et Sauveur, né selon la chair du Saint-Esprit et de la vierge Marie, est sans âme, ou sans sensibilité, ou sans raison, ou sans intelligence, qu’il soit anathème ! Si quelqu’un divise et sépare notre Seigneur et Sauveur, et dit qu’autre est le Fils, Dieu le Verbe, et autre l’homme assumé, et ne confesse pas qu’il est un seul et le même, qu’il soit anathème !
Du bienheureux Alexandre, archevêque d’Alexandrie :
Mais pourquoi donc était-il nécessaire que Dieu vînt sur la terre, prît chair de la Vierge, fût enveloppé de langes et déposé dans une crèche, fût allaité au sein, fût baptisé dans le Jourdain, fût méprisé par le peuple, fût suspendu au bois, fût mis en terre et ressuscitât des morts le troisième jour, donnant comme rançon une âme pour une âme, un corps en échange d’un corps et un sang en échange d’un sang, afin que, la mort que l’homme devait subir, le Christ la payât en rançon en mourant ?
Du bienheureux Jules, archevêque de Rome, de la lettre à Denys :
Quant à ceux qui confessent que le Dieu venu du ciel s’est incarné de la Vierge et qu’il est un avec la chair, ils égarent les esprits par de vains discours, proférant les mêmes impiétés. Car eux-mêmes affirment, comme tu l’entends, deux natures ; et cela alors que Jean a montré avec certitude que le Seigneur est un, en disant : « Le Verbe s’est fait chair » et que Paul a dit : « Un seul Seigneur Jésus-Christ, par qui sont toutes choses ». Car si celui qui est né de la Vierge a été nommé un, et qu’il est lui-même celui par qui toutes choses ont été faites, il y a une seule nature, parce qu’il y a aussi une seule personne, n’admettant pas de division en deux ; car ce n’est pas non plus propre…21
[la chair soit une] nature, et une nature propre la divinité du Verbe de Dieu selon l’incarnation ; mais de même que l’homme est une seule nature, ainsi également celui qui est devenu à la ressemblance de l’homme, le Christ. Mais s’ils ne reconnaissent pas qu’il est un selon l’union, ils peuvent aussi diviser l’un en plusieurs et affirmer de nombreuses natures. Car le corps est multiforme : composé d’os et de nerfs, de veines, de chair et de peau, d’ongles même et de cheveux, de sang et d’humeurs, qui tous ont une diversité les uns par rapport aux autres ; or, il est une seule nature. De sorte que la vérité de la divinité avec la chair est aussi une, et ne se divise pas en deux natures. Car il n’était pas non plus possible d’appeler tout entier Fils de l’homme celui qui est descendu du ciel, et Fils de Dieu celui qui est né d’une femme, si l’on admettait la division en deux natures ; mais celui qui est descendu du ciel se serait alors appelé Fils de Dieu et non Fils de l’homme, tandis que celui qui est né d’une femme se serait donc appelé Fils de l’homme et non Fils de Dieu. Et ceci est la conséquence de la division paulinienne. Mais les divines Écritures nous instruisent bien, afin que nous confessions au sujet d’un seul Seigneur tant sa descente d’en haut que sa naissance sur la terre.
Que ceux qui parlent désormais ainsi ne s’écartent pas de la concorde contre tous les contradicteurs, de peur que, se prévalant d’une bonne renommée dans leur pensée, ils ne fassent trébucher par leurs paroles. Car il leur est inévitable, en affirmant deux natures, d’adorer l’une et de ne pas adorer l’autre ; d’être baptisés selon la divine, mais de ne pas être baptisés selon l’humaine. Et si « nous avons été baptisés dans la mort du Seigneur », ne confessez pas [mot illisible] de la divinité impassible et de la chair passible ; car c’est ainsi qu’est placé en Dieu notre baptême, accompli dans la mort du Seigneur.
Du même, extrait du traité sur l’incarnation :
Car aucun changement n’atteint la nature divine, elle ne diminue ni ne croît ; et lorsqu’il dit : « Glorifie-moi », la voix vient du corps et c’est avec le corps que la gloire…222324252627
… la glorification dite sur le tout, parce que le tout est un. Et ajoutant encore : « De la gloire que j’avais auprès de Toi avant que le monde fût », Il fait connaître la divinité toujours glorieuse ; bien que cela convienne en propre à la divinité, c’est néanmoins énoncé conjointement sur le tout. De même, étant consubstantiel à Dieu selon l’Esprit invisible, la chair est également comprise sous ce nom, car Il l’a unie consubstantielle à Dieu ; et de nouveau consubstantiel aux hommes, la divinité étant adjointe à la chair, car Il s’est uni à notre consubstantialité, sans que la nature de la chair ait été changée par l’union consubstantielle à Dieu et par l’égalité du nom de consubstantiel ; de même que la nature de la divinité n’a pas non plus été altérée dans l’égalité de la chair humaine, en étant appelée consubstantielle à nous selon la chair.2829
Du même, de la lettre à Prosdocius :
« Que soit anathème quiconque ne confesse pas que l’homme né de Marie est Dieu incarné, consubstantiel au Père, étant dès le commencement Dieu, immuable dans l’incarnation et impassible dans les souffrances. De même, soit anathème celui qui ne dit pas que le corps du Sauveur vient de Marie, mais du ciel, ou bien [qui fait] de la créature tirée du néant une nature incréée. Mais celui qui, en raison de l’union avec le Dieu incréé, dit que le corps est divin et adorable, et [qui adore] l’un et l’autre comme un seul Dieu incréé, qu’il soit béni, ne trébuchant pas sur Sa souffrance selon la chair, mais adorant de manière corporelle Celui qui est adorable de manière incorporelle, comme l’unique et seul Fils de Dieu, d’éternité et pour les siècles. »
Du bienheureux Athanase, archevêque d’Alexandrie, du traité sur Apollinaire :
« Il convient aussi de comprendre ce qui a été dit au sujet de l’économie de la croix : comment le Seigneur, par l’émission du sang, démontrait la réalité de Sa chair, tandis que par l’addition de l’eau…
… et que le corps est véritablement de Dieu ; et ayant poussé un cri, incliné la tête et rendu l’esprit, Il a signifié l’âme du dedans de Son corps, au sujet de laquelle Il a aussi dit : « Je la donne pour mes brebis », afin que nul ne dise que l’expiration est une altération de la divinité, mais une séparation de l’âme. Car si, selon une altération de la divinité, la mort et le trépas du corps eurent lieu, Il est alors mort de Sa propre mort, et non de la nôtre ; et de quelle manière est-Il descendu aux enfers avec une divinité invisible, où [serait] donc l’âme que le Seigneur a promis de donner pour les brebis, ce que les prophètes avaient aussi annoncé d’avance ? Mais s’il y eut séparation de l’âme, c’est pour cela qu’il a été dit qu’Il a pris sur Lui notre mort, c’est-à-dire en consentant à la dissolution conforme à la nôtre, tout comme pour Sa naissance.
Et après d’autres passages :
Car c’est le propre de nous-mêmes, des os, de la chair et de l’âme, lorsque le Seigneur se dit attristé, troublé et fort affligé ; or, nul ne saurait attribuer cela à la nature de la divinité. Mais cela advint proprement à Dieu selon la nature, le Verbe ayant daigné assumer la naissance humaine afin de redresser par Lui-même Sa propre créature dissoute par les péchés, la corruption et la mort ; et Il accomplit la condamnation du péché sur la terre, l’expiation de la malédiction sur le bois, la destruction de la corruption dans le tombeau, et l’abolition de la mort aux enfers ; montant en tout lieu afin d’opérer le salut de tous les hommes, manifestant en Lui-même la forme de notre image. En effet, quel besoin Dieu, le Créateur de tous, avait-Il d’une naissance d’une femme, de la croissance, de la stature et du nombre des années, ou encore de la croix, ou du tombeau sous lesquels nous sommes tombés, sinon parce qu’Il cherchait à nous vivifier selon notre propre forme, et à parfaire la ressemblance et la condition en nous rappelant à Son image ?3031
Et plus loin :
Et bien qu’Adam ait fait descendre dans la condamnation et la corruption de la mort le corps innocent et irréprochable, le Christ, Lui, l’a montré incorruptible et rançon de la mort, de sorte qu’il a le pouvoir sur la terre de remettre les péchés, de manifester dans le tombeau même l’incorruptibilité, et lors de la remontée des enfers, la destruction de la mort et l’annonce à tous de la résurrection.
Du même, du [Discours] festal :
Car Pharaon, bien que frappé et averti à maintes reprises par la main de Moïse, quoiqu’il fît peu à peu des promesses, se repentait de nouveau ; mais ceux-ci n’eurent même pas de respect pour le Fils envoyé, pour voir en Lui le Père et le Fils du Père, mais ils portèrent leur audace jusqu’à Lui, eux qui osent toutes sortes de vanités, pensant qu’Il était l’un de tous, bien que les Écritures indiquent manifestement que les prophètes envoyés sont des serviteurs, mais que le Fils est tout autre qu’eux tous, Dieu disant par la voix de Jérémie : « J’ai envoyé vers vous tous mes serviteurs les prophètes, de jour et dès le matin, et vous ne les avez pas écoutés », et encore : « Si vous ne m’écoutez pas pour marcher selon ma Loi que j’ai mise devant votre face, pour entendre les paroles de mes serviteurs les prophètes que je vous envoie dès le matin, et que vous ne m’avez pas écouté » ; et au sujet du Fils, David chantant : « Le Seigneur a dit à mon Seigneur : Assieds-toi à ma droite, jusqu’à ce que je fasse de tes ennemis l’escabeau de tes pieds ».
Et plus loin :
Car il n’appartenait à nul autre de nous réintroduire là d’où nous étions sortis, sinon au Seigneur, au Fils qui préposa le chérubin à la garde du chemin de l’arbre de vie, afin qu’étant venu Lui-même, Il donne l’ordre au chérubin et que le larron entende par la pénitence3233343536
« Aujourd’hui tu seras avec moi dans le paradis » ; tandis que Paul, y ayant été ravi, entend des paroles indicibles qu’il n’est pas permis à un homme d’exprimer.
Du même, du discours 102 sur le Saint-Esprit :
Dès lors, ils suppriment le commencement même et le fondement du christianisme, la Trinité et l’unique baptême ; comme si désormais [nous étions] chrétiens, puisque ce n’est pas en Dieu et en une créature que nous sommes baptisés, ni dans la sainteté de Dieu et de la créature. Et ce qui n’est point Dieu ne peut déifier, de même que ce qui n’est point lumière ne peut illuminer ; et dès lors, ils ne seront ni fils de Dieu ni dieux, ceux qui pensent admettre le créé dans l’œuvre de déification.
Et après d’autres [paroles] :
Mais si nous savons que la divinité l’est par nature et non par ressemblance, il faut confesser que celui qui est adoré de l’adoration de Dieu est de sa propre nature, comme étant issu de lui ; car voici que, dans l’incarnation, Dieu a appelé le Fils son égal, manifestant sa divinité de même nature et consubstantielle à lui-même incarnée : « Il ne sera point altéré », et ce n’est pas un homme d’une autre race que Dieu a formé, ainsi qu’ils le disent blasphématoirement, et ils détournent ces mêmes paroles vers un sens mensonger, se confondant eux-mêmes, ne s’égarant pas par ignorance, mais faisant le mal délibérément.
Et encore :
De même qu’agissant avec perversité au sujet du Fils quant au terme « consubstantiel », que nul n’a jamais compris ni entendu autrement que pour ceux qui possèdent une seule substance et nature — de même que nous disons des hommes qu’ils sont de même substance, parce que leur humanité est une et qu’ils n’ont pas besoin d’une ressemblance pour être consubstantiels.37
Du même, du Discours contre les ariens :
« Car sachant cela, l’Apôtre sait : « Car nul ne peut poser d’autre fondement que celui qui a été posé, qui est Jésus-Christ » ; mais que chacun regarde comment il bâtit dessus. Et il est nécessaire que le fondement soit tel que ce qui est bâti dessus, afin qu’ils puissent être joints ensemble. Car le Verbe, en tant qu’Il est Verbe, ne possède pas de telles choses, puisqu’Il est le Fils unique ; mais devenu homme, Il a la même nature que nous, dont Il a revêtu un corps semblable. C’est donc selon l’humanité qu’Il a été posé comme fondement, afin que nous puissions bâtir sur Lui des pierres précieuses et devenir un sanctuaire pour le Saint-Esprit qui habite en nous. Et de même qu’Il est Lui-même le fondement et nous les pierres bâties sur Lui, de même Il est Lui-même la vigne et nous, comme des sarments, unis et suspendus à Lui ; non pas selon la substance de la divinité, car cela est impossible, mais de nouveau selon l’humanité, car il convient que les sarments soient semblables à la vigne, puisque nous sommes devenus semblables à Lui selon la chair. »
Du même, du quatrième discours contre les ariens :
« Car ainsi, le Fils Lui-même s’est maintenant joint à Celui qu’Il a envoyé, Jésus-Christ ; s’Il était une créature, Il ne se serait pas joint ni ne se serait compté Lui-même avec son Créateur, car quelle communion y a-t-il entre le vrai et ce qui n’est pas vrai ? Mais maintenant, s’étant uni au Père, Il a montré qu’Il est de la nature du Père et nous a donné de savoir que le véritable Père a un véritable engendrement. Ayant appris cela, Jean l’enseigne en écrivant dans l’Épître : « Et nous sommes dans son Fils véritable Jésus-Christ. C’est Lui qui est le vrai Dieu et la vie éternelle ». Et le prophète disant au sujet de la création : « Qui seul a étendu les cieux », et Dieu : « Moi seul ai étendu les cieux », il est apparu manifestement à tous que dans le Seul et uniquement en Lui est signifié le Verbe, en qui tout a été fait et sans lequel rien n’a été fait. Si donc tout a été fait par le Verbe, et qu’Il dit pourtant « Moi seul », on comprend, avec le Seul, aussi le Fils par qui ont été faits aussi les cieux. Ainsi donc, s’Il dit aussi qu’il y a un seul Dieu, et qu’Il est seul et qu’Il est le premier, dans l’unique et383940414243
… dans l’unique et le premier ; étant avec lui, on comprend le Verbe comme le rayonnement issu de la lumière.
Et après d’autres [paroles] :
Car lui seul possède la forme paternelle, étant tel que le Sauveur lui-même réduisait les Juifs au silence en disant : « Le Père qui m’a envoyé a lui-même rendu témoignage de moi ; vous n’avez jamais entendu sa voix, ni vu sa face, et sa parole ne demeure point en vous, parce que vous ne croyez pas à celui qu’il a envoyé » (Jn 5, 37-38). Et il a joint le Verbe à la forme ci-devant, afin de montrer que lui-même est le Verbe de Dieu, et qu’il est l’image, l’empreinte et la forme de son propre Père, et que si celui-ci parle, les Juifs, ne l’accueillant pas, n’ont point reçu celui qui est la forme de Dieu. Le patriarche Jacob aussi, l’ayant vu, fut béni et, au lieu de Jacob, fut appelé Israël par lui, comme en témoigne l’Écriture divine en disant : « Et le soleil se leva sur lui » (Gn 32, 31), lorsqu’il passa la forme de Dieu. Or, c’était là celui qui disait : « Qui m’a vu a vu le Père » (Jn 14, 9), et « Je suis dans le Père et le Père est en moi » (Jn 10, 38 ; 14, 10), et « Moi et le Père, nous sommes un » (Jn 10, 30) ; car ainsi il n’y a qu’un seul Dieu, et une seule foi dans le Père et dans le Fils.
Du même, de la lettre à Épictète :
Mais qui donc, entendant [dire] que ce n’est pas de Marie, mais de sa propre substance que le Verbe s’est procuré un corps passible, qualifierait de chrétien celui qui profère de telles paroles ? Et qui a jamais conçu une impiété si indigne, au point d’en venir à cette pensée et de dire : Si quelqu’un affirme que le corps dominical vient de Marie, ce n’est plus d’une Trinité, mais d’une Quaternité de la divinité qu’il s’agit — de sorte que ceux qui pensent ainsi prétendent que le corps est de la substance de la Trinité ?
Et après d’autres [paroles] :
Et Gabriel lui-même lui annonçait la bonne nouvelle avec précaution en disant, non sans raison : « qui naîtra de toi », afin que non pas du dehors…44
… ayant pris forme, il ne produit pas une chair imaginaire, mais [reçue] de toi, afin que l’on croie que celui qui est né d’elle l’est véritablement par nature, démontrant cela de façon évidente par la nature, tout comme [il était] impossible pour une vierge de donner du lait sans avoir enfanté, et impossible pour un corps d’être nourri de lait et enveloppé de langes sans être auparavant né selon la nature.
Du même, du Traité sur la croix :
Car Isaïe a prophétisé que, par une femme sans expérience du mariage, on verrait l’Emmanuel ; et lui-même, né de la Vierge Marie et s’étant manifesté Dieu, accomplissait la parole du prophète.
Et après d’autres paroles :
Et frapper ainsi Pilate de stupeur n’était rien d’autre que pour faire croire que celui qui était jugé était Dieu ; car Pilate était déjà condamné par la vision apparue à sa femme, afin que, par le silence, la puissance fût connue, et que, par les interrogatoires, il sût que ce n’était point un homme, mais Dieu qu’il jugeait. C’est pourquoi le juge, saisi de crainte devant l’Accusé et bien plus encore condamné lui-même par la frayeur devant l’Accusé qu’il n’effrayait le Seigneur en le jugeant, se lava les mains en disant : « Je suis innocent de ce sang ».
Et après d’autres paroles :
Le Seigneur s’étant désormais manifesté et s’étant livré, il ne recule point devant la mort, mais bien plutôt s’est dénudé contre elle et a poursuivi la mort mise en fuite, de sorte que ce n’est pas comme mourant que le Seigneur [agit], mais comme chassant la mort en cela.
Et après d’autres paroles :
Car [frappé] par l’arme non en une autre partie, mais au côté, d’où coulèrent du sang et de l’eau ; et parce que jadis, par le moyen du côté…45464748495051
de la femme créée, par l’insinuation de la tromperie […], ainsi par le côté du second Adam advint le lavement et la purification du premier : le lavement par le sang, et la purification par l’eau. Et cela ne s’accomplit pas selon la prévision du calomniateur ; car alors qu’il craignait que survînt la mort, le Seigneur mourut, et lui fut dépouillé ; et croyant avoir vaincu le Christ dans la mort, il s’est plutôt montré lui-même mort ; et se glorifiant d’avoir terrassé un homme, Il lui fit reconnaître qu’Il est Dieu.
Du bienheureux Épiphane, évêque de Chypre, tiré du discours sur la sainte Vérité :
Lui-même, le saint Verbe de cette essence, le vivant, qui est le Roi céleste souverain, le propre Fils toujours avec le Père, engendré du Père, incorporellement issu du Père et venu au jour, le resplendissement de la gloire, l’empreinte de la substance, étant en vérité la forme du Père, assis sur le même trône que le Père, dont le royaume n’aura pas de fin, à la droite du Père, le juge des vivants et des morts, la vie issue de la vie, l’unique Sagesse issue de la Sagesse, étant la source issue de la source : « Car ils m’ont abandonné, dit-il, moi la source d’eau vive, et ils se sont creusé des citernes lézardées » [Jr 2, 13]. Et le fleuve très abondant qui réjouit par ses flots la cité de Dieu, venu de la source de gloire, de qui des fleuves coulent de son sein. L’enfant de David, la racine de Jessé, la fleur poussée de lui, le lion roi de la tribu de Juda, la brebis spirituelle, la pierre vivante, l’Ange du grand conseil, devenu homme en vérité tout en demeurant Dieu en vérité, sans avoir altéré la nature, sans modifier la divinité, engendré selon la chair, le Verbe incarné devenu chair, ayant introduit la chair au milieu de « devenu ». Car il n’a pas dit que le Verbe est devenu, mais après avoir dit le Verbe, il nomme sans distinction la chair, et après la chair il dit qu’Il est devenu, afin que le « devenu » s’applique à ce qui provient de Marie, et que le Verbe soit reconnu comme venant d’en haut, d’auprès du Père. Ce saint Verbe vivant, auprès de Dieu le Père, Ange du grand conseil, annonciateur du dessein du Père, Père du siècle52535455
… du siècle [à venir], et Lui-même a dit : « Nul ne connaît le jour et l’heure », et : « Nul ne connaît le Fils si ce n’est le Père ». Or, vois ce grand Père, que connaît le Fils, et non les anges dans le ciel, car ils ne savent pas, et ce n’est pas par ignorance que le Fils dit cela : « si ce n’est le Père seul ». Or, si dès lors le Fils connaît le Père, et que nul ne conteste que le Père est plus grand que le jour et l’heure, comment celui qui connaît ce qui est plus grand ignorerait-il ce qui est moindre ? Car nul ne connaît le Père si ce n’est le Fils ; ainsi le Fils est grand, puisqu’Il connaît le Père. Et s’Il connaît dès lors le Père, qui est le plus grand, comment ignorerait-Il les choses moindres, c’est-à-dire le jour et l’heure ? Sonde les Écritures divines et apprends la puissance du Saint-Esprit ; et ce même Esprit, qui connaît le Père et le Fils, te révélera la prescience du Verbe, le Fils de Dieu, afin que tu ne t’égares pas loin de la vérité et ne perdes point ton âme.
Du saint Cyprien, évêque et martyr, tiré du traité sur l’aumône :
« Nombreux et très grands ont été, frères bien-aimés, les bienfaits divins par lesquels l’abondante et riche philanthropie de Dieu le Père a opéré et opérera toujours notre salut. C’est pourquoi, afin de nous garder et de nous vivifier, le Père a envoyé le Fils ; et pour nous renouveler, le Fils envoyé a voulu devenir fils de l’homme, afin de faire de nous des fils de Dieu. Il s’est donc abaissé Lui-même, afin de délivrer à nouveau le peuple rejeté ; Il a été blessé, afin de guérir nos blessures ; Il s’est fait serviteur afin de conduire de la servitude à la liberté ceux qui Lui étaient asservis ; Il a accepté la mort, afin de procurer l’immortalité aux mortels. »
Du bienheureux Ambroise, évêque des Milanais :
«… Lui-même parle, et ce n’est aucunement d’une seule et même manière que sont toujours ordonnés Ses discours. Regarde vers Lui : tantôt [brille] la gloire de Dieu, tantôt [se manifeste] la passibilité de l’homme, car en tant que Dieu…5657
… manifeste les [choses] divines, parce qu’Il est le Verbe ; mais comme […] les [choses] humaines, parce qu’Il […] de la substance humaine…
Du bienheureux Grégoire le Thaumaturge, évêque de Néocésarée, tiré du discours sur la résurrection§
« Et souvent Il était invité dans les demeures, et devant tous les hommes Il mangeait et buvait, sans les tromper, et non pas, comme le pensent certains, en faisant cela en apparence, et avec une telle fréquence de nourriture et de boisson qu’on Le tenait pour un mangeur et un buveur de vin¹. Mais si quelqu’un affirme avec obstination qu’Il mangeait et buvait en apparence — raison pour laquelle ceux qui ne connaissaient pas la vérité Le tenaient pour un mangeur et un buveur de vin —, qu’un tel homme soit réduit au silence par ces paroles : « Car Jean le Baptiste est venu, dit-il, ne mangeant pas de pain et ne buvant pas de vin, et ils disent : Il a un démon. Le Fils de l’homme est venu, mangeant et buvant, et ils disent : Voilà un homme mangeur et buveur de vin². » Car puisqu’Il a dit Lui-même : « Le Fils de l’homme est venu mangeant et buvant », oseront-ils encore dire qu’Il n’a point mangé ni bu ? C’est là une incrédulité envers la saine doctrine. »
Et après d’autres [paroles] :
« Et la circoncision même qu’Il reçut ne nous permet point de dire que ce corps circoncis³ était [seulement] semblable au nôtre. »
Et de nouveau :
« Partout où cette certitude a été établie au sujet de l’incirconcision, que l’on cherche : la circoncision elle-même peut désormais étouffer les contradicteurs, car ils ne pourront plus démontrer qu’un corps spirituel a été circoncis par un fer terrestre. C’est pourquoi certains d’entre eux n’ont pas hésité à forger des fables au sujet de l’incirconcision et à composer des traités pour montrer, comme une règle, qu’Il était séparé de la substance des êtres spirituels. Mais ceux qui prétendent que le corps du Christ est animé ne seront pas moins dans l’embarras que les premiers, [soutenant] cette même…585960
… nous doutions au sujet du sang et de l’eau sortis de son côté, percé de la lance par le soldat. Mais que celui qui regarde écoute ce qui est dit : les empreintes des clous demeurées dans son corps font savoir que c’est un corps conforme, ni plus divin, ni au-dessus des blessures.
Un peu plus loin :
Il ne faut plus ajouter foi à ceux qui ont de telles pensées au sujet du Fils, qui disent qu’il est venu par Marie et non pas né de Marie, comme Paul aussi le dit en connaissance de cause : « Mais lorsque vint la plénitude du temps, Dieu envoya son Fils, né d’une femme, né sous la Loi, afin qu’il rachetât ceux qui étaient sous la Loi » ; car il n’a pas dit venu par une femme, mais né d’une femme.
Et un peu plus loin :
En même temps, ils s’enferment aussi dans l’apparence. Car sembler être un corps et paraître à tous semblable à un corps, sans être issu de la substance des corps, ne mène à rien d’autre qu’à l’apparence.61
Du même, tiré du traité Sur l’incarnation et la foi :
« Si quelqu’un dit que le Christ s’est manifesté au monde en apparence et ne le confesse pas dans la chair, comme il est écrit, qu’il soit anathème ! »
Et après d’autres paroles :
« Si quelqu’un dit qu’autre est celui qui a souffert et autre celui qui n’a pas souffert, et ne confesse pas que le même Verbe impassible a souffert dans sa propre chair, comme il est écrit, qu’il soit anathème ! Si quelqu’un dit qu’autre est le Fils de Dieu avant les siècles, et autre dans les derniers temps, et ne confesse pas qu’il est le même avant les siècles et le même dans les derniers temps, comme il est écrit, qu’il soit anathème ! »62
Et peu après :
« Quiconque dit que le corps du Christ est incréé, et ne confesse pas que lui-même, Dieu le Verbe incréé, a reçu l’incarnation et l’inhumanation à partir de notre humanité créée, comme il est écrit, qu’il soit anathème. »
Du même, du traité Sur la foi en détail :
« Et il est Dieu véritable, l’Incorporel apparu dans un corps, parfait par la perfection véritable et divine, non pas deux personnes ni deux natures, car nous ne disons pas non plus adorer une quaternité : Dieu, et le Fils de Dieu, et l’homme, et le Saint-Esprit ; c’est pourquoi nous anathématisons ceux qui ont une telle impiété. »
Du bienheureux Basile, évêque, du traité Sur le Saint-Esprit :
« Mais cependant, tout en montrant la diversité d’usage, et en même temps en redressant l’erreur de certains qui s’imaginent vainement que le corps du Seigneur était céleste, afin de montrer que ce corps a été formé de la pâte humaine, il a privilégié l’expression la plus manifeste ; car [l’expression] » par la femme « devait montrer la grâce de l’enfantement, tandis que » de la femme « suffisait à indiquer l’égalité de nature de l’enfanté avec celle qui enfante. »
Et après d’autres [passages] :
« Car ni le ciel, ni la terre, ni la grandeur de la mer et les êtres contenus dans les eaux, ni les animaux terrestres, ni les plantes, les étoiles, les airs, les saisons et l’admirable ordonnancement de tout l’univers n’ont autant manifesté la plénitude de sa bonté, que le fait pour le Dieu invisible de pouvoir, sans subir d’altération, s’unir corporellement à la mort, afin de nous faire don de l’impassibilité par sa propre souffrance. »
Du même, du traité dont le début est : Si le Fils est Dieu par nature :
« La créature n’est pas issue de la substance du créateur, mais ce qui est engendré
… de la même substance que celle de Celui qui engendre ; or, faire et engendrer ne sont donc pas la même chose.
Du même, tiré du Panégyrique de la bienheureuse Julitte :
« Et que faut-il dire des moindres choses ? Pour nous, Dieu est parmi les hommes, à cause de notre corps corrompu : « Le Verbe s’est fait chair et a habité parmi nous », le Bienfaiteur envers les ingrats, le Libérateur pour les captifs, le Soleil de justice pour ceux qui sont assis dans les ténèbres, l’Impassible sur la croix, la Vie face à la mort, la Lumière face aux enfers, la résurrection pour le déchu. »
Du bienheureux Grégoire, évêque de Nazianze, tiré du Discours sur l’enseignement des catéchumènes :
« Mais celui qui cherche la preuve que Dieu nous est apparu dans la chair, qu’il regarde vers les opérations ; car, même pour l’existence absolue de Dieu, personne n’aurait d’autre preuve que le témoignage fondé sur l’opération. »
Et peu après :
« Le propre de Dieu est de vivifier les hommes ; le propre de Dieu est de conserver les êtres par la providence ; le propre de Dieu est de ne point répugner aux aliments et aux boissons pour ceux qui ont reçu la vie avec un corps ; le propre de Dieu est de faire du bien aux hommes ; le propre de Dieu est de ramener à soi dans l’intégrité la nature altérée par la malice… le propre de Dieu [est d’être] au-dessus de tout… d’une manière exemplaire… de la terre, de la mer, de l’air et au-dessus des lieux intelligibles ; le propre de Dieu est d’avoir une puissance suffisante pour toutes choses et d’être, avant tout, souverainement au-dessus de la mort et de la corruption. Or, si pour quelqu’un le récit de cette dispensation est supérieur à ces choses et à leurs semblables, ce ne sont certes pas nos pensées qui l’excluraient hors de notre foi ; mais si toutes les explications par lesquelles Dieu est conçu se voient en lui, pourquoi […] à la foi ?6364
Du même, du Discours sur la Pentecôte1 :
Quelqu’un osera-t-il donc […] notre Dieu et Seigneur Jésus-Christ, [compté] depuis l’ancien [Adam] et sous le péché d’Adam au soixante-dix-septième rang selon la généalogie de Luc2 […]
Et peu après :
« À toi appartiennent les événements du Christ : la naissance d’une vierge, la crèche, les langes, les anges qui Le glorifient, les bergers qui s’approchent, la course de l’étoile, l’adoration des mages et leur offrande de présents, le massacre des enfants par Hérode, la fuite en Égypte, le retour d’Égypte, la circoncision, le baptême, le témoignage d’en haut, la tentation, la lapidation, la trahison, le crucifiement, la sépulture, la résurrection, la venue future. »
Du même, du Discours contre les ariens :
« Que tout ce qui appartient à l’Ami des hommes soit digne de Son amour pour les hommes, afin que nous donnions aux disciples du Christ ce qu’il y a de plus grand : si nous imitons Dieu mort pour nous, nous ne déplorerons pas les petites choses. »
Du même, du Premier Discours sur le Fils :
« Car c’est là la nature de l’engendrement : être identique selon la nature à celui qui engendre. »
Et après d’autres [passages] :
« Et qu’en est-il d’Adam ? N’est-il pas le seul parmi les hommes à avoir été façonné par Dieu ? Et diras-tu donc qu’il n’est qu’un simple homme ? Ne l’as-tu point cru, parce qu’il n’a pas été façonné de manière humaine, alors que celui qui est engendré est homme ? De même, le Non-engendré n’est pas le seul à être Dieu, bien qu’Il soit le Père qui engendre ; mais reçois aussi comme Dieu Celui qui est engendré, puisqu’Il est issu de Dieu, même si tu es grandement attaché à ton propre avis. »
19. Du même, du Discours sur le Saint-Esprit :
« Voici, disent-ils : l’un est non-engendré, et l’autre est engendré, mais ils sont de même substance, ce qui ressemble tout à fait aux réalités qui sont auprès de nous. Disons une petite chose tirée de ce qui est nôtre, et qui est connue de tous. Je vais passer à un autre discours : Adam, qu’était-il ? Une créature de Dieu. Et qu’était Ève ? Une portion détachée de la créature. Et qu’était Seth ? L’engendrement des deux. La créature, le détachement et l’engendrement te paraîtraient-ils donc la même chose ? Jamais. Mais ceux-ci ne sont-ils pas de même substance, ou comment et pourquoi ne pas le confesser ? Il est donc possible que la même substance subsiste diversement. »
20. Du même, sur la Théophanie :
« L’Incorporel s’incarne, l’Invisible se voit, l’Intangible se touche, le Fils devient Fils [de l’homme]. « Jésus-Christ, hier et aujourd’hui, est le même, et pour l’éternité ». Que les Juifs trébuchent, que les païens se moquent, que les hérétiques délirent de la langue ! Ils croiront alors, lorsqu’ils Le verront monté aux cieux ; et s’ils ne croient pas alors, du moins lorsqu’Il viendra du ciel, et redoutable à la fin. Mais maintenant c’est la Théophanie, bien que ce soit la fête de la Nativité ; car l’un et l’autre se disent pour une seule réalité à partir de la suréminence de deux états : car Dieu s’est manifesté aux hommes par la naissance, l’un étant et demeurant toujours, étant bien au-dessus de la cause et de la raison, et l’autre étant devenu à la fin à cause de nous, afin que Celui qui a donné l’être accorde aussi le bien-être. »
Et après d’autres paroles :
« Un peu plus tard, tu verras aussi Jésus s’avancer vers le Jourdain, pour un ministère, ou plutôt pour purifier les eaux par ce ministère ; car Lui-même n’avait pas besoin d’un ministère extérieur, Lui qui ôte le péché du monde, dont il est écrit qu’Il vit les cieux se déchirer, et reçut le témoignage de l’Esprit qui partage Son rang, et fut tenté, et triompha, et fut servi par les anges, et guérissant toute maladie et toute infirmité, et67
vivifiant [les morts], […] chassant les démons, guérissant les uns, nourrissant des myriades par Ses disciples et peu de pains, foulant aux pieds l’étendue de la mer, livré, crucifié et 68 pour les péchés, immolé comme un agneau et sacrificateur comme un prêtre, enseveli comme un homme et ressuscité comme Dieu, puis élevé et devant revenir.
Et peu après :
Chemine avec grandeur à travers tous les âges du Christ et Ses actes de puissance ; comme disciple du Christ, purifie-toi, guéris, dépouille le voile de la naissance ; après cela, enseigne dans le temple, chasse les marchands du sanctuaire, sois lapidé. S’il faut souffrir cela et subir les coups des impitoyables, je le sais bien, tu fuiras, te dérobant du milieu d’eux comme Dieu, car le Verbe n’est pas lapidé.
Du même :
Si quelqu’un ne tient pas Marie pour Mère de Dieu, il est séparé de la Divinité.
Et peu après :
Si quelqu’un n’adore pas le Crucifié, qu’il soit anathème et compté parmi les déicides !
Du bienheureux Grégoire, évêque de Nysse :
« Ayez en vous les sentiments, dit-il, qui étaient en Jésus-Christ : lequel, existant en forme de Dieu, n’a point regardé comme une proie à arracher d’être égal avec Dieu, mais s’est dépouillé lui-même, en prenant une forme de serviteur » [Ph 2, 5-7]. Qu’y a-t-il de plus pauvre, pour Dieu, que la forme d’un serviteur ? Qu’y a-t-il de plus humble pour le Roi de toutes choses, sinon de venir volontairement communier à la pauvreté de notre nature ? Et le Roi des rois et le Seigneur des seigneurs revêt la forme servile ; le Juge de toutes choses devient tributaire des puissants ; le Seigneur des créatures descend loger dans une caverne ; Lui qui [tient] toutes choses dans Sa main…
[possède…] il ne trouve point de place dans l’hôtellerie, mais il est déposé dans la mangeoire des animaux sans raison ; le pur et l’immaculé prend sur lui la souillure de notre nature humaine, et traversant toute notre pauvreté, il parvint jusqu’à l’épreuve de la mort. Vous voyez la mesure de sa pauvreté volontaire : la Vie goûte à la mort ; le Juge est conduit au tribunal ; le Seigneur de la vie des êtres est jugé parmi les coupables ; le Roi de toutes les puissances surenchantées n’échappe point aux mains des bourreaux. C’est pour toi, dit-il, que cet exemple d’humilité a été exprimé avec mesure.
Du bienheureux Jean, évêque de Constantinople, sur la conclusion de l’Apôtre :
« Car ayant accompli toute la Loi, dans laquelle se trouve aussi la circoncision, et ayant écarté par la Croix la malédiction issue de la transgression, il ne laissa point anéantir la promesse. Donc, lorsqu’il est dit ministre de la circoncision, cela signifie : étant venu et ayant accompli toute la Loi, et ayant été circoncis et étant devenu de la postérité d’Abraham par la malédiction abolie, il fit cesser l’antique colère ; et désormais il rendit capables de recevoir la promesse ceux qui étaient de nouveau affranchis de l’inimitié. Et afin que ne disent point ces accusateurs : « Pourquoi donc le Seigneur a-t-il été circoncis et a-t-il gardé toute la Loi ? », il retourne contre eux l’argument : « Ce n’est point pour que la Loi subsiste qu’il a fait cela, dit-il, mais afin de l’abolir et de te délivrer de la malédiction de celle-ci, et de te rendre entièrement libre de sa domination. » »
Et après d’autres paroles, parlant comme contre les docètes, il dit :
« Mais où fuira leur raisonnement ? Venant à dire qu’il a pris la forme d’esclave lorsqu’ayant ceint un linge il lava les pieds des disciples : cela, disent-ils, est la forme d’esclave. Or cela n’est point la forme d’esclave, mais l’œuvre d’un esclave. Car autre chose est d’accomplir l’œuvre d’un esclave, et autre chose de prendre la forme d’esclave. Or, pourquoi n’a-t-il point dit qu’il fit l’œuvre d’un esclave, ce qui eût été plus exact, et qu’en aucun lieu de l’Écriture il n’est dit » forme « au lieu d’ » œuvre » ? Car cela diffère grandement de celle-ci ; car l’un appartient à la nature, et l’autre à l’activité ; et dans l’usage ordinaire non plus, nulle part nous n’employons « forme » à la place d’« œuvre ». Il en va tout autrement, et ce n’est pas une mince peine ni un mince sujet de reproches ; car si… »
[l’apparence] de la chose, ce n’était pas la vérité, s’il n’avait pas de mains avec lesquelles il lava, s’il n’avait pas de reins qu’il ceignit du linge et dont il reprit les vêtements, car il dit : « il prit ses vêtements », de sorte qu’il se trouve avoir accompli cela en réalité ; sinon, ce ne sont qu’illusions, et il ne lava point les disciples. Car si la nature incorporelle n’était pas apparue dans la chair, s’il n’en était pas ainsi, qui donc lava les disciples ? Que dire encore contre Paul de Samosate ? Car que pose-t-il encore ? Mais ce n’est pas [lacune] un surcroît pour la nature que d’être humaine et, sous forme humaine, de laver ses compagnons de servitude.
Et encore :
« Que dirai-je, à leur encontre, si c’est un homme qui a lavé des hommes ? Il ne s’est point dépouillé, il ne s’est point abaissé lui-même ; si, étant homme, il n’a pas regardé comme une proie d’être l’égal de Dieu, il n’y a là rien de louable. Car c’est le fait d’être Dieu et de devenir homme qui est une grande humiliation, un grand dépouillement, ineffable et inexprimable. »
Et après d’autres [paroles] :
« C’est pourquoi il convenait qu’il fût rendu semblable en toutes choses à ses frères : il est né, dit-il, il a été nourri, il a grandi, il a tout souffert, et comme devant mourir, il est mort ; c’est là être rendu semblable en toutes choses à ses frères. Or, puisqu’il a achevé de discourir touchant sa grandeur, et qu’ensuite il émeut le Verbe de la dispensation céleste, sans dire seulement : un si grand être, resplendissement de la gloire, empreinte substantielle de son hypostase, créateur des siècles, assis à la droite du Père, voulut en [toutes choses] être [semblable], et à cause de cela [cette] puissance [lacune] descendit dans l’humilité et [lacune] dompta et fit des myriades de biens [lacune] il détruisit la mort, il chassa au-dehors l’arrogance du calomniateur, il nous délivra de la servitude, et ce n’est pas seulement par la fraternité qu’il nous honora, mais aussi par des myriades d’autres biens. »
Et après d’autres [paroles] :
« Car nous sommes devenus participants du Christ. Ils reçoivent de lui, dit-il : nous sommes devenus un, nous et lui. Car si lui-même est la tête…69
[…] corps, cohéritiers et concorporels, nous sommes un seul corps : de sa chair et de ses os.
Du même, sur la divine nativité, et il dit au sujet de la sainte Vierge :
« Et au lieu du soleil, elle a porté de manière incirconscrite le Soleil de justice ; et ne cherche point comment, car là où Dieu veut, l’ordre de la nature est vaincu ; car Il a voulu, Il a pu, Il est descendu et Il a montré [lacune] de tout, Dieu… car Celui qui est devient ce qu’Il n’était pas ; car Dieu étant, Il devient homme, sans être déchu de son être Dieu ; car ce n’est pas non plus par abandon de la divinité qu’Il devient homme, ni par promotion venue de l’homme qu’Il est devenu Dieu ; mais étant le Verbe, par impassibilité Il est devenu chair, demeurant immuable dans Sa nature. »
Et il ajoute à cela :
« Celui qui est assis sur un trône haut et élevé est déposé dans une crèche ; l’invisible, le simple et l’incorporel est enveloppé par des mains humaines ; Celui qui rompt les liens des péchés est entouré de langes. »
Du bienheureux Sévérien, évêque de Gabala :
« Car le Verbe, né d’en haut du Père d’une manière inséparable, indicible, incompréhensible, éternellement, le même naît dans le temps d’en bas, de la Vierge Marie, afin que ceux qui sont d’abord nés d’en bas naissent d’en haut une seconde fois, c’est-à-dire de Dieu. »
Du bienheureux Jean, évêque de Jérusalem, tiré de son exposé sur la foi :
« Et touchant l’humanité de notre Seigneur Jésus-Christ Dieu et quant à [lacune] Son incarnation, nous confessons… »707172
… que le Christ Dieu le Verbe éternel, Fils de Dieu, Unique-Engendré, pour le salut du genre humain, né de la sainte Vierge Marie et du Saint-Esprit, comme l’a dit l’Apôtre, et ayant pris d’elle une chair consubstantielle à notre chair, en vérité et non en apparence, a véritablement enduré en elle nos passions comme nous et non en apparence ; ayant éprouvé la fatigue lors du voyage, ayant dormi comme nous, et comme nous lors de la flagellation infligée par Pilate, ayant ressenti l’atteinte des blessures, ayant éprouvé les douleurs lors des soufflets, et ayant ressenti les souffrances lors de l’enfoncement des clous dans ses pieds et dans ses mains, comme Ésaïe le dit à son sujet : « Celui-ci porte nos péchés et souffre pour nous ; et nous l’avons considéré comme étant dans les douleurs, dans les plaies et dans la maladie. Mais lui-même a été blessé pour nos péchés et brisé pour nos iniquités ». Et encore :
« Homme éprouvé par les coups et sachant porter la souffrance ». Et nous croyons aussi à Paul disant à son sujet : « Car nous n’avons pas un grand prêtre incapable de compatir à nos faiblesses, mais éprouvé en toutes choses à notre ressemblance, sans le péché ». Je confesse aussi qu’il a une âme raisonnable, partageant les mêmes souffrances que nos âmes pour nos affections, et qu’il a véritablement enduré les affections de nos âmes, à savoir la tristesse, le trouble et une profonde angoisse ; car c’est ce que les Évangiles nous enseignent à son sujet, rappelant qu’il a dit : « Mon âme est triste jusqu’à la mort » et « Maintenant mon âme est troublée » ; et encore à son sujet, selon ce qui est écrit dans l’Évangile de Marc : « Il commença à être saisi d’effroi et à être accablé de tristesse ». Et de même que je confesse que les passions de son corps ont eu lieu selon la vérité et non selon l’apparence, de même nous croyons que celles de son âme ont eu lieu selon la vérité et non selon l’apparence. Quant à ceux qui disent que, flagellé, il n’a pas souffert, ou que, crucifié, il n’a pas ressenti de douleur lorsque les clous furent fixés en lui, nous les anathématisons comme des hérétiques ; mais je confesse,73747576777879
qu’il est véritablement mort pour nos péchés, et que son corps devenu inanimé a été enseveli, et qu’il est véritablement ressuscité des morts le troisième jour, et qu’après la résurrection il a véritablement mangé et bu avec les disciples, et non en apparence, et qu’il est monté aux cieux et viendra à la fin des temps pour juger les vivants et les morts.
Du bienheureux Atticus, évêque de Constantinople :
« Aujourd’hui, le Christ Seigneur a reçu la naissance selon l’amour des hommes, car la dignité de la divinité, il la possédait avant les siècles. »
Puis, après cela, il ajoute de nouveau :
« Le Verbe d’amour envers les hommes, le Christ, étant inépuisable par nature, car il s’est vidé lui-même en prenant la forme d’esclave ; incorporel, c’est pourquoi il s’incarne, car » le Verbe s’est fait chair » (Jn 1, 14) ; lui qui n’est point sujet à investigation en raison de l’incorporeité de sa nature, il est touché ; celui qui est sans commencement se trouve sous un commencement ; le parfait grandit corporellement ; l’immuable s’agite ; le riche naît dans une hôtellerie ; celui qui enveloppe le ciel de nuages est enveloppé de langes ; le Roi est couché dans une crèche. »
Du bienheureux Théophile, évêque d’Alexandrie, du Discours synodal :
« Car, tout en étant enfant, l’Emmanuel était confessé, les mages étant auprès de lui et l’adorant, proclamant Dieu celui qui était apparu ; et ayant été crucifié dans la chair, il obscurcit les rayons du soleil, et par ce miracle insolite il rendait témoignage à sa divinité propre, sans nulle part diviser le Verbe ni le dissoudre en des fils, en » deux sauveurs ». »
Du même, de la vingt et unième [lettre] festive :
« Tandis que la mer, soulevée vers les hauteurs par des flots sauvages, se tient80818283
[…] avec gloire vers le désirable mélange […] la paix, il est confessé véritablement Dieu et apparu homme ; homme selon notre ressemblance, il donnait à comprendre clairement par l’œuvre des prodiges qu’il est à la fois le Roi et le Dieu des créatures visibles et invisibles, s’étant livré lui-même à [lacune] de ressemblance du péché, afin que [lacune] bien conduit par une nature familière, il l’amène à la ressemblance de la citoyenneté céleste ; et apparu sur la terre, il ne s’est pas pour autant éloigné des cieux, laissant désert le lieu d’en haut, mais en administrant aussi celui-ci, et devenu homme par une disposition semblable à nous jusqu’à l’égalité, disposant son incarnation d’une manière éminemment personnelle et intelligente : « Il est apparu sur la terre et a conversé avec les hommes », non pas homme incomplet, ni Dieu indigent, ayant été cru auprès des sages.
Du bienheureux Cyrille, évêque d’Alexandrie, tiré du traité sur l’Incarnation :
« Et ainsi sera-t-il alors vrai que la sainte Vierge est devenue Mère de Dieu, en rejetant, d’une manière admirable, le seul Christ recevant pour nous intellectuellement le corps et le sang, et de même nature que lui-même et que nous selon ce qui est humain, comme si nous posions que le corps procède de la Mère de Dieu Marie ; car il n’est pas de nature semblable, comme il a paru à certains hérétiques, mais de même nature [lacune] en notre substance [lacune] »
Du même : Si le Seigneur Christ [lacune] :
« Et [lacune] ainsi [lacune] comme s’il fallait estimer soit que la nature divine du Verbe a été transformée en ce qu’elle n’était pas, soit que le corps a été transféré, selon un mode d’altération, en lui-même dans le Verbe, car cela est absolument impossible. Nous disons qu’il y a un seul Fils, une seule nature de lui, bien que par l’assomption de la chair advienne le corps, ayant une âme rationnelle […] »8485868788
Du même, du cinquième discours sur la Première Épître aux Corinthiens.
Et c’est nécessairement pour un temps déterminé qu’il est dit non seulement être mort, mais encore avoir été mis au tombeau ; car cela rend digne de foi le fait qu’Emmanuel est mort en vérité et qu’il est déposé dans un sépulcre, mais rendu à la vie céleste, comme je viens de le dire, prouvant par sa mort selon la chair qu’il est devenu chair ; et bien qu’il soit Dieu le Verbe, c’est en foulant aux pieds la mort qu’il manifestait clairement qu’il est Dieu par nature. Car autant il appartient à l’humanité [lacune], autant il appartient à la divinité de vaincre la mort.
Du même, de l’explication du dixième anathématisme.89
Quant à ceux qui cherchent des prétextes, nous leur disons la même chose : apprenez, vous qui répugnez à recevoir la doctrine du mystère salvifique de la personne, les premiers principes de l’économie et cela même, pour ainsi dire, qui y est inséré. Croyez avec nous, et prêtez dès lors une attention encore plus grande aux Écritures divines. Quiconque confessant la condition de la vérité, que le Fils unique lui-même, le Verbe de Dieu, étant dans le sein du Père, par qui tout [a été fait] et en qui tout est devenu chair, s’étant approprié la naissance issue de la sainte Vierge — je veux dire selon la chair —, a été appelé Fils de l’homme et a pareillement reçu la participation au sang et à la chair ; ainsi, pour ceux qui ont accueilli ce qui a été écrit, et un tel objet d’adoration, et la foi très vraie, tout apparaîtra, un par un, frayé et praticable, et rien d’escarpé ni d’abrupt ; car il est écrit : « Toutes choses sont devant [lacune] et droites pour ceux qui trouvent l’intelligence. »90
Du bienheureux Amphiloque, évêque d’Iconium, du discours sur la naissance selon la chair.
La vérité a été connue, la grâce est venue, la vie s’est manifestée. Étant Fils de Dieu, le Verbe issu de Dieu s’est fait chair pour nous, afin de ressusciter pour la vie éternelle notre mortalité et de relever les morts, lui, le Créateur de toutes choses, antérieur à toutes les créatures, visibles et invisibles, étant immortel avec l’unique Père et l’Esprit,
aujourd’hui voici que pour nous il est né de la Vierge pour tous les péchés [fragment de phrase]
Du bienheureux Proclus, devenu évêque de Constantinople après la déposition de Nestorius — car il prononça ceci, comme on le rapporte, alors que Nestorius siégeait, étant lui-même d’abord évêque de Cyzique —, des Discours sur la Nativité du Christ :
« Si pour Dieu c’est un déshonneur de venir dans le sein maternel, pour les anges aussi c’est un déshonneur de servir l’homme. Celui qui par nature est impassible est devenu, par compassion, soumis à de multiples souffrances. Ce n’est point par progrès que le Christ est devenu Dieu, loin de là ! mais par compassion Il est devenu homme, tout en étant Dieu, comme nous le croyons. Nous ne proclamons pas un homme déifié, mais nous croyons en Dieu incarné. Il fit de la servante de condition servile Sa mère ; selon Son essence Il est sans mère, et selon l’économie Il est sans père. Autrement, Il était Lui-même, selon Paul, sans père et sans mère : s’Il était un simple homme, Il n’est pas sans mère, car Il a une mère ; s’Il était Dieu nu, Il n’est pas sans père, car Il a un Père. Mais maintenant, Il est Lui-même sans mère en tant que Créateur, et sans père en tant que créature. »
Et encore :
« Et Il devient homme comme Lui-même le sait, car le Verbe ne peut expliquer ce mystère admirable ; et Il meurt par ce qu’Il est devenu, et Il rachète par ce qu’Il était, selon la parole de Paul : « En qui nous avons la rédemption par Son sang, la rémission des péchés » 1. »
Et encore :
« L’Ami des hommes n’a point rougi de naître d’une femme, car ce qui s’accomplissait était la vie. Il ne s’est point souillé en habitant des entrailles que Lui-même avait façonnées sans déshonneur. Si la mère ne demeure point vierge, c’est un simple homme qui est né, et la naissance n’est plus admirable. Mais si après l’enfantement elle est demeurée vierge, c’est ainsi d’une manière ineffable qu’Il est né, Lui qui est également entré sans obstacle alors que les portes étaient closes. »
Et encore :
« N’aie point honte de Sa naissance, ô homme, car elle est devenue pour nous la cause du salut. S’Il n’était point né d’une femme, Il n’aurait point non plus91
est mort. Mais s’il n’est pas mort, il n’a pas non plus par sa mort anéanti celui qui avait l’empire de la mort, c’est-à-dire le diable.
Et après d’autres [paroles] :
Car c’est lui-même qui a revêtu la couronne d’épines et qui a détruit la condamnation des épines ; lui-même dans le sein du Père et dans le sein de la Vierge ; dans les bras de sa mère et sur les ailes des vents ; adoré par les anges et attablé avec les publicains. Le séraphin ne le regardait pas, et Pilate l’interrogeait. Le serviteur le giflait, et la création frémissait d’horreur. Attaché sur la croix, et le trône n’était pas dépouillé. Couché au fond du tombeau, et il a déployé le ciel comme une tente. Il a été compté parmi les morts, et il a dépouillé les enfers ; en bas, gémissant, il subissait la calomnie, et en haut, il était glorifié comme saint.
296. Or, toutes ces paroles salvifiques, témoignages et confessions de la foi orthodoxe de nos saints et trois fois bienheureux Pères au sujet de notre Seigneur et Dieu Jésus-Christ, sont comme proférés d’une seule bouche par le Saint-Esprit ; et tous ceux-ci se révèlent, par leur foi orthodoxe, disciples des apôtres et du Seigneur lui-même. Chacun d’eux étant devenu héritier du trésor paternel et salvifique de la saine foi, nous prions que nous soyons aussi, jusqu’à la fin, imitateurs et cohéritiers de leur droite foi, et que nous nous détournions de tous les hérétiques et de leur doctrine corruptrice pour les âmes, qu’ont rejetés les bienheureux apôtres et nos pères. Car voici que tous les saints évêques et archevêques des églises, devenus docteurs de la foi orthodoxe depuis la venue de notre Sauveur et Seigneur Jésus-Christ jusqu’à nous, confessent Dieu 297. né de la Sainte Vierge, et devenu homme en vérité, de manière immuable et sans mélange, tout en demeurant Dieu ; et ils le confessent un avec sa propre chair, et lui attribuent toutes les prérogatives divines et humaines, appelant Dieu celui qui a souffert dans sa propre chair, qui est ressuscité et est monté aux cieux, et qui doit venir juger les vivants et les morts. Quant à ceux qui disent deux natures sur l’unique Christ et ne confessent pas…
[lacune] consubstantiel au Père, devenu selon la chair consubstantiel aux hommes, tout en demeurant Dieu, ils frappèrent d’anathème avec leur doctrine mortifère. Car ces deux hérésies sont anciennes et réprouvées par les saints apôtres et par nos bienheureux pères orthodoxes et archevêques ; car nul n’a jamais entendu dire, depuis la venue du Christ jusqu’à notre époque, qu’un évêque ou un archevêque ayant conçu ou enseigné leur impiété n’ait pas été déchu de fait et rejeté de la dignité sacerdotale.
Car nos bienheureux pères et évêques, sous le bienheureux Cyrille, archevêque de l’Église des Alexandrins — imitateurs de leurs saints pères et zélateurs de leur foi droite —, ayant confondu par le témoignage de leurs saints pères l’impie Nestorius qui avait de telles pensées, proclamant deux natures dans le Christ, ne confessant point que celui qui est né de la Sainte Vierge est Dieu et ne croyant point qu’elle est Mère de Dieu, le déposèrent et l’anathématisèrent lors du premier saint concile d’Éphèse, lui et son impie hérésie, et ils sont pour nous des témoins devant le Christ.
Alors que tel était le nombre des saints pères alors réunis, les impies négateurs du Seigneur à Chalcédoine, bien qu’ils aient espéré consolider leur impiété par leur multitude — se prétendant deux fois plus nombreux que le saint concile tenu à Nicée, afin de paraître supérieurs et plus grands, car certains disent que le nombre de six cent trente-six doit être compté — ; de la même manière, ceux qui [se réunirent] lors du deuxième saint concile d’Éphèse, sous la présidence de notre trois fois bienheureux père, archevêque et confesseur Dioscore, auprès de qui je me trouvais moi-même alors, ainsi que son bienheureux frère, le prêtre Anatole. Car de nombreux évêques s’étant alors rassemblés avec lui, anathématisant à haute voix l’impie hérésie des deux natures et criant publiquement d’une seule voix avec de grandes acclamations : « Quiconque [dit] deux natures pour le Christ, anathème ! C’est là ce que Nestorius a conçu ! », et agitant leurs mains, posant effectivement leurs anathèmes [lacune]92
étaient consignés dans les actes ; et Flavien, qui avait tenu de tels propos et refusait d’anathématiser l’impie hérésie des deux natures, ils le déposèrent, comme prêchant l’hérésie de Nestorius. Partageant ses vues, l’impie Théodoret, et Ibas, et certains autres avec eux, furent pour ces raisons déposés et anathématisés, eux et leurs impies hérésies. De cela aussi nous sont témoins les actes, au moyen de leurs propres souscriptions contre l’impiété des deux natures des dyophysites, bien qu’ils fussent eux-mêmes fort nombreux. Bien que plus tard, à Chalcédoine, ils aient tous d’un commun accord renié par écrit et se soient ainsi anathématisés eux-mêmes, confirmant l’impiété sous l’apparence de leur foi et recevant, avec l’impie Théodoret, d’autres personnes avec leurs blasphèmes — qu’il est nécessaire de démasquer dans la réfutation, sans toutefois vouloir les faire concorder avec les blasphèmes de Léon et de Nestorius —, afin de manifester aux enfants de l’Église le venin caché, la ruse visant au meurtre des âmes, afin que nul ne devienne capable de recevoir l’amertume satanique ou n’en devienne le disciple, mais que chacun fuie leur doctrine corruptrice.
Or, pour cette raison, en vue de la prudence et pour ceux qui désirent lire, j’ai placé d’abord l’enseignement des saints Pères, afin que, revêtus de l’armure spirituelle de leur foi orthodoxe, en confessant leur doctrine et en apprenant à fuir chaque embûche de perdition hérétique, nous puissions nous présenter au combat pour le Christ, propre à toute notre chrétienté, et tailler en pièces les ennemis de la croix du Christ, armés des paroles du Saint-Esprit et demeurant invulnérables aux propos blasphématoires proférés contre le Christ par ceux qui aiment le plaisir plus que Dieu, ayant l’apparence de la piété mais en reniant la puissance, pour une gloire temporaire et la réjouissance de ce siècle présent. Auparavant, à Éphèse, rejetant ouvertement l’impie hérésie, après cela, tous ceux-ci, à Chalcédoine, renièrent le Seigneur, à l’exception du seul bienheureux notre père et confesseur Dioscore, l’archevêque. Car à Éphèse, comme nous l’avons dit plus haut, ils criaient : « Si quelqu’un dit deux natures au sujet de l’unique Seigneur, qu’il soit anathème ! » Mais à Chalcédoine, ce même
Avec de nombreux autres écrits, ils se condamnèrent de leur propre main en s’anathématisant eux-mêmes : « Si quelqu’un ne dit pas deux natures pour l’unique Christ, anathème ! » Et cela advint afin que leur iniquité fût manifeste pour tous, comme cela arriva aussi avant eux aux auteurs de schismes.
Quiconque veut désormais vivre pieusement dans le Christ Jésus, être appelé et être véritablement chrétien, et non pas dyophysite ni nestorien : tenez bon et gardez les traditions que les saints apôtres et les docteurs de l’Église ont enseignées, et ne transgressez pas ces choses, de peur de devenir les cohéritiers du châtiment éternel qui a été fixé pour les transgresseurs par le juste Juge et notre Dieu Jésus-Christ, pour rendre à chacun selon ses actes au jour du jugement. Car Il dit par le prophète Isaïe, à propos de cette même fin, comme quoi les justes adorateurs qui sont avec Lui dans la Jérusalem d’en haut sortiront, dit-Il, « et ils verront, dit-Il, les membres des hommes qui ont péché contre moi ; car leur ver ne mourra pas et leur feu ne s’éteindra pas, et ils seront en spectacle à toute chair ». Car nous connaissons cette parole : « À moi la vengeance, et c’est moi qui rétribuerai, dit le Seigneur », et encore : « Le Seigneur jugera son peuple ; c’est une chose terrible que de tomber entre les mains du Dieu vivant ». Combattez donc désormais, frères, comme l’a dit l’Apôtre : en montrant le même zèle pour la pleine assurance de l’espérance jusqu’à la fin, afin que vous ne deveniez pas nonchalants, mais imitateurs et cohéritiers de tous les saints décrits plus haut et des illustres évêques et métropolites de l’orthodoxie de toute la terre, qui, par la foi droite, héritent des promesses de Dieu.
Car encore un peu, très peu de temps, celui qui doit venir viendra et il ne tardera pas. Mais « mon juste, dit-Il, vivra par la foi ». Il est clair qu’il s’agit de la foi orthodoxe ; car sans la foi droite, il est impossible à quiconque de plaire à Dieu. Croyons aux apôtres du Seigneur, que le Seigneur Christ doit descendre et que l’avènement du Seigneur s’est approché ; ne ressemblons pas aux moqueurs93949596979899
derniers jours, en disant avec eux : « Où est la promesse de son avènement ? » Les apôtres nous ont mis en garde au sujet de ces derniers jours, et ce qu’ils ont prédit, nous le voyons accompli en personne. Car Jacques console ceux qui souffrent pour la vérité en disant : « Prenez donc patience désormais, frères ; affermissez vos cœurs, car l’avènement du Seigneur est proche. Ne gémissez point les uns contre les autres, mes frères, afin de ne point être jugés ; voici que le juge se tient devant les portes. Frères, prenez pour exemple de souffrance et de longanimité les prophètes qui ont parlé au nom de Dieu. Voici, nous proclamons bienheureux ceux qui ont persévéré : vous avez entendu parler de la patience de Job et vous avez vu la fin du Seigneur, car le Seigneur est plein de miséricorde et compatissant. » De même aussi le bienheureux Pierre donne les mêmes avertissements et prédit que, les jours de la fin approchant au terme des temps, ceux qui croyaient en la maison de Dieu sont prêts à renier le Seigneur et persécutent eux-mêmes l’Église de Dieu : « Bien-aimés, dit-il, ne soyez point surpris de la fournaise allumée au milieu de vous pour votre épreuve, comme s’il vous advenait quelque chose d’étrange. » Semblable à ce qui a été dit par Paul : « Car il faut aussi qu’il y ait des hérésies parmi vous, afin que ceux qui sont éprouvés soient manifestés parmi vous. » Et comme lorsqu’il dit : « Car lorsque nous étions auprès de vous, nous vous disions d’avance que nous allions être éprouvés ; et maintenant vous savez ce qui le retient, afin qu’il soit révélé en son temps. Car voici que le mystère de l’iniquité est déjà à l’œuvre ; seulement celui qui le retient maintenant le retiendra jusqu’à ce qu’il soit ôté du milieu. Et alors se révélera l’impie, que le Seigneur Jésus détruira par le souffle de sa bouche, et qu’il anéantira par l’éclat de son avènement. »
Ne soyez donc point surpris désormais, dit Pierre, vous qui avez souffert pour le Christ par l’épreuve et qui êtes éprouvés ; car vous l’avez appris d’avance, mais dans la mesure où vous participez aux souffrances du Christ, réjouissez-vous, afin que, lors de la révélation de sa gloire, vous soyez derechef dans la joie et l’allégresse. « Si vous êtes outragés pour le nom du Christ, vous êtes bienheureux, car l’Esprit de gloire et de puissance et de Dieu repose sur vous. » Car100
« que nul d’entre vous ne souffre comme meurtrier, ou voleur, ou malfaiteur, ou comme s’ingérant dans les affaires d’autrui ; mais si c’est comme chrétien, qu’il n’en ait point honte, mais qu’il glorifie Dieu pour ce nom. Car c’est le moment où le jugement doit commencer par la maison de Dieu ; or, si c’est d’abord par nous, quelle sera la fin de ceux qui refusent de croire à l’Évangile de Dieu ? Et si le juste est sauvé à grand-peine, où apparaîtront l’impie et le pécheur ? Ainsi, que ceux qui souffrent selon la volonté de Dieu remettent leurs âmes au Créateur fidèle, en faisant le bien. »
Et de nouveau il conclut en disant : « Soyez sobres, veillez ; car votre adversaire, le diable, rôde en rugissant comme un lion, cherchant qui dévorer. Résistez-lui, fermes dans la foi, sachant que les mêmes souffrances sont accomplies dans votre fraternité de par le monde. »
Car beaucoup dans le monde sont en vérité cruellement torturés et condamnés pour [quelque chose de terrestre], de sorte que nous n’endurons pas courageusement pour la vérité en vue de l’attente des biens célestes. Car, dit-il, il nous a été accordé, à l’égard du Christ, non seulement de croire en lui, mais encore de souffrir pour lui. Et dans la seconde épître, le premier des apôtres rappelle derechef les mêmes choses, nous affermissant à croire droitement au Christ, en disant : « Je m’empresserai donc en tout temps de faire en sorte qu’après mon départ vous fassiez mémoire de ces choses. Car ce n’est pas en suivant des fables savantes que nous vous avons fait connaître la puissance et l’avènement de notre Seigneur Jésus-Christ, mais ayant été témoins oculaires de sa grandeur. Car il reçut de Dieu le Père honneur et gloire, lorsqu’une voix telle que celle-ci lui fut adressée par la gloire magnifique : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j’ai mis mon affection. » Et cette voix venue du ciel, nous l’avons entendue, étant avec lui sur la sainte montagne. »
Il n’est pas dit : « Mon Fils est deux natures », ni : « C’est en celui-là qu’est mon Fils », mais : « C’est celui-ci que vous voyez, dit-il, mon Fils bien-aimé ». Et derechef il annonce qu’il y aura de faux docteurs à la fin des temps et il désigne leur apostasie en disant : « Il y eut101102103
… faux prophètes dans le peuple, de même qu’il y aura parmi vous de faux docteurs, qui introduiront des hérésies de perdition et, reniant le Maître qui les a rachetés, attireront sur eux-mêmes une prompte perdition. Et beaucoup suivront leurs dérèglements, par lesquels la voie de la vérité sera blasphémée ; et, par cupidité, au moyen de discours trompeurs, ils feront trafic de vous, eux dont le jugement depuis longtemps ne tarde pas et dont la perdition ne sommeille pas ». Et afin que nul ne s’enorgueillisse par l’excellence de sa dignité ou ne croie impuni [le fait de faire de telles choses], pour cette raison il apporte en outre un enseignement de certitude en disant : « Car si Dieu n’a pas épargné les anges qui avaient péché… » et un par un la suite.
Et le disciple aimé du Seigneur, Jean, nous avertit d’avance en disant que l’Antéchrist sort des Églises : « Petits enfants, c’est la dernière heure, et comme vous avez entendu dire que l’Antéchrist vient, de même maintenant beaucoup d’antéchrists sont apparus, d’où nous savons que c’est la dernière heure. Ils sont sortis du milieu de nous, mais ils n’étaient pas des nôtres ; car s’ils avaient été des nôtres, ils seraient demeurés avec nous ; mais c’est afin qu’il soit manifesté que tous ne sont pas des nôtres ».
Et Paul rendait d’avance témoignage aux prêtres d’Éphèse en disant : « Moi, je sais qu’après mon départ il s’introduira parmi vous des loups redoutables qui n’épargneront pas le troupeau, et du milieu de vous-mêmes se lèveront des hommes tenant des discours pervers, pour entraîner les disciples après eux ; c’est pourquoi veillez ».
Et afin que personne ne s’étonne de l’apostasie survenue de ceux qui passaient pour être des pasteurs à Chalcédoine — car les apôtres ont parlé d’eux d’avance —, d’après les événements accomplis, que chacun se garde soi-même : « Qui est, dit-il, le menteur, sinon celui qui renie que Jésus est le Christ ? Celui-là est le Séducteur et l’Antéchrist, celui qui renie le Père et le Fils. Quiconque renie le Fils n’a pas non plus le Père ». Et encore : « Bien-aimés, ne croyez pas à tout esprit, mais éprouvez les esprits pour voir s’ils sont de Dieu ; car beaucoup de faux prophètes sont sortis dans le monde. En ceci l’on reconnaît l’Esprit…104105106107108109110
…[de l’Es]prit de Dieu : tout esprit qui confesse Jésus-Christ venu dans la chair est de Dieu ; et tout esprit qui ne confesse pas Jésus n’est pas de Dieu ; et c’est là celui de l’Antéchrist, dont vous avez entendu dire qu’il vient, et maintenant il est déjà dans le monde » (1 Jn 4, 2-3). « Pour vous, que ce que vous avez entendu dès le commencement demeure en vous ; si ce que vous avez entendu dès le commencement demeure en vous, vous aussi vous demeurerez dans le Fils et dans le Père » (1 Jn 2, 24).
Nous n’avons point entendu dès le commencement, en étant baptisés, que le Christ est deux natures, ni que le Fils de Dieu ne serait point venu dans le monde avec une chair humaine ; mais ce que lui-même enseigne, le disciple disant : « Et nous savons que le Fils de Dieu est venu et nous a donné l’intelligence pour que nous connaissions le vrai Dieu, et nous sommes dans son vrai Fils Jésus-Christ. C’est lui qui est le vrai Dieu et la vie éternelle » (1 Jn 5, 20). De même aussi à son sujet Paul a enseigné : « que d’Israël est issu le Christ selon la chair, et qu’il est lui-même l’Être au-dessus de tout, Dieu béni pour l’éternité, amen » (Rm 9, 5). Et il a prescrit en disant : « Si quelqu’un vous annonce un évangile au-delà de ce que vous avez reçu, qu’il soit anathème ! » (Ga 1, 9). Et afin que nul ne s’imagine qu’il soit téméraire d’anathématiser des évêques, mais enseignant la doctrine, il a ordonné : « Quand nous-mêmes, apôtres, ou quand un ange du ciel vous annoncerait un évangile au-delà de ce que nous vous avons annoncé, qu’il soit anathème ! » (Ga 1, 8). Et le bienheureux apôtre Jude, dans l’[épître] universelle, pris de crainte, nous a lui-même mis en garde au sujet du reniement futur du Seigneur, en disant : « Bien-aimés, ayant mis tout mon empressement à vous écrire au sujet de notre commun salut, j’ai tenu pour nécessaire de vous écrire pour vous exhorter à combattre pour la foi transmise une fois pour toutes aux saints. Car il s’est glissé furtivement certains hommes, inscrits d’avance depuis longtemps pour cette condamnation, des impies qui changent la grâce de notre Dieu en dérèglement, et qui renient notre seul Souverain et Seigneur Jésus-Christ » (Jude 3-4). Puis, peu après, il déplore de tels hommes en disant : « Malheur à eux ! » (Jude 11), se faisant l’écho de saint Pierre en proclamant : si…111
… seulement ils ont renié le Christ, « mais ils sont devenus semblables au fratricide Caïn et, par l’égarement de Balaam », ils ont livré le saint commandement de la foi et, en cherchant les premières places, ils ont péri.
Endurons désormais, frères, en luttant « jusqu’à la fin » pour le Christ selon le commandement des Apôtres, fondés et inébranlables. Car, comme nous venons de le dire, anciennes se trouvaient être ces deux hérésies au temps du bienheureux Jules, archevêque de Rome, et du bienheureux Athanase notre père, archevêque de l’Église des Alexandrins, et par leurs disciples elles furent proscrites jusqu’à la fin du bienheureux et orthodoxe empereur Théodose. Mais après sa mort, véritablement dans ces derniers jours des temps fâcheux qui sont survenus, comme l’a dit l’Apôtre, la doctrine pernicieuse de ces deux hérésies s’est enhardie dans le monde, sans avoir été proclamée par nous ; et elles se tiennent l’une l’autre comme si elles étaient sœurs, et elles ont un seul père : Satan. Car, sous le prétexte des deux natures, l’autre hérésie s’enhardit par l’entremise de faux prophètes qui courent çà et là dans le monde, qui ne confessent pas que notre Seigneur Jésus-Christ est venu dans une chair humaine et qu’il est devenu homme en vérité tout en demeurant Dieu. Et sous ce prétexte, ceux qui séparent le Dieu Verbe de sa propre chair, les diphysites, prennent de l’assurance, eux que fit clairement connaître dans l’épître catholique l’apôtre Jude : « Mais malheur à eux, dit-il, car ils sont fratricides et se sont égarés loin de la vérité pour une gloire mondaine, et ils ont péri dans la rébellion de Coré ».
Car, n’ayant pas cru véritablement au grand-prêtre du Christ, notre bienheureux père Dioscore, mais s’étant opposés à lui, ils sont morts doublement ; car ils ont commis deux maux : ils ont renié intérieurement leur propre Seigneur, la source de vie, et ils se sont anathématisés eux-mêmes. C’est pourquoi ils écument aussi de fureur sauvage, persécutant la foi du Christ, ceux qui les reprennent et ceux qui disent : « À laquelle de vos signatures croirons-nous, à celle d’Éphèse ou bien à celle de Chalcédoine ? » Et parce qu’eux-mêmes intérieurement112
… ont renié notre Seigneur et Dieu Jésus-Christ et semblent vivre en paix, sans que personne ne les contredise, bien qu’ils n’aient point la paix du Christ et ne s’affligent point de la désolation des cités d’Orient. C’est pourquoi, comme il est écrit, m’écriant moi aussi, Timothée, le serviteur des évêques orthodoxes, vers Dieu : « Le zèle de ta maison m’a consumé, car mes ennemis ont oublié tes commandements », et j’ai porté envie aux impies, en voyant la paix des pécheurs. Car les impies progressent vers le pire, séducteurs et séduits, et ceux qui veulent vivre pieusement dans le Christ Jésus sont persécutés. J’ai été rempli de zèle pour le Seigneur Tout-Puissant et notre Dieu Jésus-Christ ; non pas en disant seulement que je suis orthodoxe — car en vérité les orthodoxes sont sans nombre dans le monde, tels que le Seigneur Christ les connaît, car le Seigneur, dit-il, a connu les siens et ceux qui ne le renient point —, mais en luttant jusqu’à la mort pour la vérité de Dieu, combattant pour eux et pour ceux que leur Juge doit confesser devant son Père et les saints anges, comme il l’a promis. J’ai été rempli de zèle pour le Seigneur Tout-Puissant, parce que les conducteurs des églises l’ont abandonné et sont devenus oublieux de ses commandements. Ils ont transféré leur espérance sur les hommes au lieu de Dieu et, enhardis par des chars et des chevaux, ils font la guerre au troupeau du Seigneur et aux orthodoxes dans la ville d’Alexandrie qui aime le Christ et dans toute l’Égypte, en Thébaïde, en Palestine et dans d’autres villes ; ils ont tué, tuent jusqu’à présent et persécutent, et ils ont brisé et mis en pièces à maintes reprises les autels du culte spirituel et les ont rendus déserts, parce que les peuples orthodoxes ne voulaient pas consentir à leur impiété. Et ils cherchent ma vie, à moi, le petit et inutile serviteur de Jésus, et ils ne me trouvent point ; jusqu’à ce que mon Seigneur et Dieu Jésus-Christ permette que cela advienne selon sa propre volonté, faisant par là aussi une grande miséricorde envers moi qui en suis indigne. Car aucun oiseau ne tombe à terre sans Dieu, selon la parole de ce même Seigneur.113114115116117
C’est pourquoi, nullement effrayé par les menaces passagères des ennemis de Dieu, encouragé par l’intercession de mes saints et orthodoxes Pères, j’ai, moi aussi, résolu par écrit de m’élever de nouveau contre leur impiété, plein de confiance dans la puissance de mon Seigneur et Dieu Jésus-Christ, qui a dit à tout fidèle orthodoxe : « Lorsqu’on vous mènera devant les gouvernements et les autorités, ne vous inquiétez pas de la manière dont vous répondrez, ni de ce que vous aurez à dire, car le Saint-Esprit vous enseignera ce qu’il faut dire ; car ce n’est pas vous qui parlerez, mais l’Esprit de mon Père qui parlera en vous. Et je vous donnerai une bouche et une sagesse, auxquelles nul de vos adversaires ne pourra résister ni contredire. » Ayant donc foi en mon Dieu véridique, afin qu’il apporte son concours à mon humble personne — après avoir déjà composé succinctement ces écrits auparavant —, à présent, marchant sur les traces de mes saints Pères, j’ai entrepris de proclamer hautement et de confondre ceux qui affirment deux natures pour le Christ unique, et de dévoiler leur impiété à tous ceux qui le désirent. Soutenu à cette fin par des auxiliaires et des chefs spirituels du Christ, exercés au combat pour le Christ, c’est-à-dire par mes saints Pères, et guidé par eux sur la voie royale de la foi orthodoxe et confessant notre unique Seigneur et Dieu Jésus-Christ, le même étant Dieu tant avant son incarnation qu’après son incarnation inaltérable et ineffable de la sainte Vierge ; car « Jésus-Christ est le même hier, aujourd’hui et pour les siècles ». En effet, le Seigneur lui-même disait, après être devenu semblable à nous : « Avant qu’Abraham fût, je suis », et encore : « Je t’ai glorifié sur la terre ; j’ai achevé l’œuvre que tu m’avais donnée à faire ; et maintenant, toi, Père, glorifie-moi auprès de toi-même de la gloire que j’avais auprès de toi avant que le monde fût. »
Et parce que c’était lui-même qui était né de la Vierge selon la chair et avait pour mère propre la sainte Vierge, et qu’il avait pris la forme d’esclave et souffert pour nous selon la chair, et dans un sépulcre taillé dans le roc [lacune]118
… caché, et celui qui a appelé Abraham et l’a fait sortir du pays des Chaldéens, comme étant avant Abraham et existant avant le monde, crie par la bouche du prophète Isaïe, en disant : « Dès le sein de ma mère il a appelé mon nom, et il a rendu ma bouche semblable à un glaive tranchant, et sous le couvert de sa main il m’a caché » ; et peu après il dit ainsi : « Le Seigneur, qui m’a formé dès le sein pour être son serviteur ». Car « tu m’as formé un corps », dit-il par le psalmiste, « et alors je viens pour faire ta volonté ». Et peu après, de nouveau, comme de la part du Père vers le Fils, il dit : « Voici, je t’ai établi pour être la lumière des nations, afin que tu sois le salut jusqu’à l’extrémité de la terre ». Et l’Unique-Engendré, le confirmant dans l’Évangile, disait : « Je suis la lumière du monde », et : « Moi, la lumière, je suis venu dans ce monde ». Et peu après, celui qui disait : « Alors je viens pour faire ta volonté », dit par le prophète : « Pourquoi suis-je venu et n’y avait-il point d’homme ? J’ai appelé et nul n’écoutait. Ma main est-elle donc impuissante à sauver, ou ne puis-je délivrer ? Voici, par ma menace je rendrai la mer déserte et je réduirai les fleuves en déserts, et leurs poissons se dessécheront faute d’eau et mourront de soif ; et je revêtirai les cieux de ténèbres et je ferai de leur manteau comme un sac ». Vois-tu comment partout le seul et même Seigneur se proclame lui-même, et avant l’incarnation, et dans la chair ? Car lorsqu’il vint sur la terre, les Juifs ne l’écoutèrent pas, lui qui appelait et disait comme Dieu : « Venez à moi, vous tous qui peinez et êtes accablés, et moi je vous procurerai le repos » ; mais même, le crucifiant, ils se moquaient de celui qui précisément revêtait en ce jour le ciel de ténèbres : « Si tu es le Fils de Dieu, sauve-toi toi-même et descends de cette croix, et nous croirons en toi ! » C’est pourquoi, leur répondant pour ainsi dire, venant au-devant sous diverses formes : « Ma main est-elle donc impuissante à sauver, ou ne prévaudrai-je point pour délivrer ? Voici, par mes menaces je rendrai la mer déserte et je réduirai les fleuves en déserts, leurs poissons se dessécheront faute d’eau et mourront de soif, et je revêtirai les cieux de ténèbres et je mettrai comme un sac… »119
son manteau ». Car c’était lui qui devait venir de Sion pour sauver et détourner les impiétés de Jacob ; voilà pourquoi le cri dans le prophète s’adresse comme à Sion ou à l’Église : « Car moi, je suis ton Dieu, qui trouble la mer et fais mugir ses flots ; le Seigneur Sabaoth est mon nom ». Puis, après avoir dit peu de choses : « Le manteau du ciel sera comme un terme » ; il s’écrie de nouveau en disant : « Le Seigneur m’a donné une langue d’instruction, au temps où il convient de dire une parole » ; et dans les Évangiles il disait : « La parole que vous entendez n’est pas de moi, mais du Père qui m’a envoyé ; et je ne parle pas de moi-même, mais ce que j’ai entendu de mon Père, voilà ce que je dis ». Et : « Il m’a placé dès le matin, dit-il de nouveau par le prophète ; il m’a accordé une oreille pour entendre, et l’instruction du Seigneur ouvre mes oreilles ; et moi, je ne suis pas incrédule et je ne m’y oppose pas ». Et parce qu’il s’est rendu obéissant à son Père « jusqu’à la mort, dit-il, et la mort de la croix », et : « J’ai livré mon dos aux coups et mes joues aux soufflets, et je n’ai pas détourné mon visage de l’opprobre des crachats ; et le Seigneur m’a secouru. C’est pourquoi je n’ai pas été confus, mais j’ai rendu mon visage comme un roc ferme, et j’ai su que je ne serais plus confondu ; car celui qui me justifie est proche. Qui est mon accusateur ? Qu’il se dresse contre moi en même temps ! Et qui est mon juge ? Qu’il s’approche de moi ! Voici, le Seigneur me vient en aide ; qui me fera du mal ? Voici, vous tous vous vieillirez comme un vêtement, et la teigne vous dévorera. Qui parmi vous craint le Seigneur ? Qu’il écoute la voix de son serviteur ! Pour celui qui marche dans les ténèbres et n’a point de lumière, croyez au nom du Seigneur et appuyez-vous sur Dieu ! Voici, vous tous, vous allumez un feu et vous attisez la flamme ; marchez à la lumière de votre feu et à la flamme que vous avez allumée ! C’est à cause de moi que cela vous est arrivé : vous vous coucherez dans l’affliction. Écoutez-moi, vous qui poursuivez la justice et qui cherchez le Seigneur ! » Comme pour les disciples et Joseph d’Arimathie, homme noble et juste conseiller, qui osa demander à Pilate le Seigneur de gloire crucifié, et l’ensevelit avec Nicodème dans son tombeau neuf qu’il avait fait tailler pour lui dans le roc : « Écoutez-moi,120121122123124125126127128
… vous qui poursuivez la justice et cherchez le Seigneur, regardez vers le rocher d’où vous avez été taillés, et vers la profondeur de la fosse que vous avez creusée. Regardez vers Abraham votre père, et vers Sara qui vous a enfantés ; car il était seul, et je l’ai appelé, et je l’ai béni, et je l’ai aimé, et je l’ai multiplié, et maintenant je te consolerai, Sion « [Is 51, 1-3]. « Et espérez, dit-il, vous qui regardez droit avec joie, qui cherchez le tombeau, attendant ma résurrection, sachant que je puis tout en tant que Dieu ; et je vous multiplierai et vous consolerai droitement, car observez, dit-il, Abraham votre père et imitez sa foi envers moi. Car c’est moi qui l’ai appelé, et qui l’ai béni, et qui l’ai aimé, et qui l’ai multiplié ; et vous maintenant, dit-il, moi ressuscité des morts, je vous consolerai, et je vous bénirai, et je vous aimerai, et je vous multiplierai, comme votre père Abraham. »
Que rougissent devant les prophètes les Juifs, et les ariens, et les diphysites, et toutes les assemblées d’hérétiques, qui ne confessent pas que le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob est le vrai Dieu, celui qui a pris la forme de serviteur et est demeuré un avec son propre corps, et qui ne croient pas en lui lorsqu’il dit : « Avant qu’Abraham fût, je suis » [Jn 8, 58] et « avant que le monde fût » [Jn 17, 5], mais qui disent impudemment, eux aussi avec les Juifs, au Dieu d’Abraham, à notre Seigneur Jésus-Christ : « Tu n’as pas encore cinquante ans, et tu as vu Abraham ! » [Jn 8, 57], et qui lapident par des paroles impies Celui qui est né de la Vierge, le Seigneur de gloire, en disant : « Pourquoi toi, qui es homme, te fais-tu toi-même Dieu ? » [Jn 10, 33]. Car c’est à eux aussi que le Christ dit : « Vous êtes dans l’erreur, ne connaissant ni les Écritures, ni la puissance de Dieu » [Mt 22, 29]. Et parce que c’était lui-même qui était véritablement, avant l’incarnation, celui qui bénissait Abraham, et c’est lui-même qui s’est fait homme et est demeuré Dieu immuable, même avec le corps. Et Melchisédech en témoigne, bénissant Abraham et disant : « Béni soit Abraham par le Dieu Très-Haut, qui a créé le ciel et la terre, et béni soit le Dieu Très-Haut, qui a livré tes ennemis entre tes mains » [Gn 14, 19-20]. Or, avant tous, Melchisédech a appelé Très-Haut le Dieu de toutes choses ; dans le divin129
considérant que de tels écrits ne conviennent qu’à Dieu seul, et qu’aucun des êtres créés doués de raison n’est désigné par un tel nom, mais seulement le Dieu béni, Créateur du ciel et de la terre. Et le bienheureux Paul rend témoignage au sujet du fils d’Abraham et de David, Jésus-Christ : « Car en lui ont été créées toutes choses, les visibles et les invisibles, et en lui tout genou fléchira, des êtres célestes, des terrestres et des infernaux, et toute langue confessera comme l’avènement de Dieu », et de celui qui révèle les secrets des hommes en ce jour-là et rétribue chacun selon son mérite. Car il connaissait, même selon la chair, les pensées des Pharisiens, comme le dit l’évangéliste, ainsi que la condamnation encourue par Pharaon au sujet de Sara, femme d’Abraham ; et il lui fut dit qu’elle était l’honorable femme d’Abraham, au sujet de laquelle Paul dit que « d’Israël est issu le Christ selon la chair, qui est au-dessus de tout, Dieu béni », comme Melchisédek l’a également dit au sujet du Dieu Très-Haut. Et le bienheureux Job lui-même le reconnaît comme Très-Haut, tant avant l’incarnation que dans la chair, comme Dieu créateur et juge de toutes choses, en disant : « Et maintenant, voici que mon témoin est dans les cieux, et celui qui me connaît intimement est dans les hauteurs. Que ma supplication parvienne auprès du Seigneur, et devant lui mon œil versera des larmes, et qu’il y ait une justification pour l’homme devant le Seigneur, et pour le Fils de l’homme qui lui est semblable ». Ô toi qui as ce témoin de tes œuvres, qui doit juger et confondre chacun, dis-le clairement, bienheureux Job : « Lui qui a étendu, dit-il, les cieux à lui seul » ; il est évident que c’est Jésus-Christ, comme il a été dit plus haut ; « et lui qui a marché sur la mer comme sur un sol », les évangélistes du Christ en rendent encore témoignage. Et plus loin encore dans Job, [il est dit] que Dieu le Père accomplit toutes choses par son Très-Haut ; il dit même dès le prologue : n’y a-t-il pas crainte devant lui, le Créateur de toutes choses dans les hauteurs ? C’est lui qui a marché sur la mer, le Christ, que les divines [Écritures] proclament créateur, juge et Dieu Très-Haut béni130131132133134135
… le Fils d’Abraham et de David selon la chair.
Que les diphysites nous montrent donc en cela la distinction des deux natures du Christ, comme ils le prétendent eux-mêmes, s’ils le peuvent ! Les mêmes choses sont écrites dans les psaumes au sujet du Christ, car il dit : « Sion, ma mère, dira l’homme, et l’homme est né en elle, et le Très-Haut lui-même l’a fondée » ; et encore : « Dieu viendra manifestement » ; il est clair que c’est lors de son second avènement, ainsi que le Fils et Seigneur de David l’a dit à son propre sujet :
« Car, dit-il, comme l’éclair sort de l’orient et paraît jusqu’à l’occident, ainsi sera l’avènement du Fils de l’homme », et le Seigneur des anges, le Fils de l’homme, enverra ses anges et « ils rassembleront ses élus des quatre vents du ciel, depuis une extrémité des cieux jusqu’à l’autre ». « Dieu viendra manifestement, notre Dieu, et il ne gardera pas le silence ; un feu brûlera devant lui, et autour de lui une violente tempête ; il convoquera le ciel en haut et la terre pour juger son peuple » ; car il convoquera alors du ciel les ordres angéliques envoyés sur terre pour servir en faveur de ceux qui doivent hériter du salut, et le Fils de l’homme viendra avec ses anges, comme l’a dit le Seigneur. Et il les enverra pour séparer son peuple de ce qui n’est pas son peuple, ainsi que Daniel le dit encore : « Mille milliers le servaient, et dix mille myriades se tenaient devant lui ; le tribunal s’assit ». « Rassemblez-lui ses saints, ceux qui ont conclu avec lui une alliance par le sacrifice ! Et les cieux proclameront sa justice, car Dieu est juge ». Le Fils d’Abraham selon la chair est manifestement aussi le Dieu d’Abraham, lorsqu’il leur dit au temps de la moisson : « Ramassez l’ivraie et liez-la en gerbes pour la brûler au feu, mais recueillez le blé dans mes greniers », lui qui nous a ordonné, en apparaissant sur la terre, de lui offrir un sacrifice de louange et de rendre gloire à lui, le Très-Haut, avec le Père et le Saint[-Esprit]…136
[de l’]Esprit les prières, et pour l’appeler au secours, et pour les sauvés de le glorifier ; mais aux pécheurs, avec les Juifs, et à ceux qui disent qu’il est une créature et non consubstantiel à son propre Père, avec les diphysites qui le proclament faussement simple homme et non Dieu, et à toutes les troupes sataniques des hérétiques, le Fils de l’homme dira en ce jour-là : « Vous avez pensé, impies, que je vous serais semblable, un simple homme, ou que comme tout un chacun je serais moi aussi traîné en jugement, et vous n’avez pas cru que je suis Dieu, juge juste, fort et patient. Je vous reprendrai et placerai devant votre face ce que chacun de vous a commis, et je rendrai à chacun selon ses œuvres. » Car lui-même est le Très-Haut redoutable et le grand Roi sur toute la terre, monté aux cieux au milieu des acclamations, pour qui nous chantons aussi avec sagesse comme pour notre Dieu véritable et la vie éternelle, et pour le Roi de toute la terre, et assis sur le trône de sa gloire, glorificateur de ses propres apôtres avec tous les saints, rassemblés par ses saints anges auprès du Dieu d’Abraham, enlevés sur des nuées à la rencontre du Seigneur dans les airs, et ainsi pour toujours étant avec le Seigneur et avec l’unique Dieu d’Abraham, et le Très-Haut redoutable, et le Roi de toute la terre Dieu, le Fils de l’homme, selon les écrits des prophètes et des Nouveaux Testaments.
Arrivés dès lors sur ce même champ de bataille, d’impudents ennemis du Roi céleste et éternel, le Christ, proférant des blasphèmes contre le Dieu Verbe et disant : « Ne proclame pas cela à ton propre sujet par les prophètes et par les apôtres, afin que tu ne sois pas cru Dieu incarné et né de la Sainte Vierge, et flagellé comme un homme en ta propre chair, et souffleté, et couvert de crachats au visage, et ayant le Seigneur pour secours, et pour cela ne rougissant pas, mais ayant rendu ton visage semblable à un roc ferme, parce que s’approche celui qui te justifie. » Il convient de garder sainement137138139140141142
la propriété de chacune de tes natures, de toi qui habites dans l’homme issu de Marie ; car tu ne dois pas être homme, mais t’associer à l’homme issu de Marie par une union selon l’habitus. Ne proclame rien d’humble à ton sujet au monde ; car tu es un Dieu puissant, et tu dois t’approprier selon l’habitus les traits de l’homme humble, mortel et impuissant, né de Marie ; il convient de préserver sans diminution la propriété de chacune de tes natures, afin que l’on ne croie pas que tu es un homme né de la Vierge, mais comme habitant en cet homme issu de la Vierge ; et afin que l’homme issu de la Vierge, étant en forme d’esclave, ne soit pas cru Dieu par certains, parce qu’il fut un temps pour lui où tu devais être son Dieu en étant au-dessus de lui ; afin qu’il y ait un temps où vous ne serez pas l’un avec l’autre : tu dois opérer particulièrement ce qui t’est propre en tant que Dieu et resplendir par des miracles, de peur que tu ne sois considéré comme un Dieu double ; et l’homme issu de Marie doit opérer particulièrement ce qui lui est propre et endurer les outrages ou la souffrance, afin que nul ne le considère comme étant avant Abraham, ou comme existant avant le monde avant même qu’il ne fût advenu.
Tels sont donc les blasphèmes audacieux des dyophysites, proférés diaboliquement au sujet du Christ. Mais nous, qui suivons les Écrits divins et la doctrine des saints Pères, et qui nous dressons contre eux pour le combat, nous disons à ceux qui sont enflés comme le chien enragé et qui s’encouragent par des armes charnelles et les discours de ce siècle : « Vous venez contre nous avec l’épée, la lance et le bouclier, et avec des paroles blasphématoires ; mais nous nous dresserons contre vous pour le combat au nom du Seigneur Dieu Sabaoth, qui combat aux côtés d’Israël, que vous outragez, et le Seigneur vous livrera entre nos mains, comme cela advint pour David et Goliath ». Et que soient fermées les bouches des hérétiques par le Seigneur notre Dieu ! Qu’ils rougissent devant les prophètes qui attestent que le Dieu d’Abraham, le Très-Haut et le Béni, Créateur du ciel et de la terre, est né de la sainte Vierge, ayant pris la forme d’esclave, Dieu le Père lui ayant préparé un corps et l’ayant formé dans le sein de sa mère selon la chair, et ayant des oreilles, et étant la Lumière du monde, et pouvant sauver et faire vivre, et ayant obscurci143
…la terre et desséchant la mer par sa menace ; car c’est lui-même qui dominait la puissance de la mer et qui calmait l’agitation de ses flots, et ayant marché comme sur le sol au-dessus d’elle, livrant son dos aux flagellations et ses joues aux soufflets, recevant les crachats sur son visage, ayant été mis au tombeau dans une pierre taillée et étant ressuscité des morts. C’est lui qui appela Abraham et le bénit, lui-même étant descendu et monté, et s’étant incarné de la Vierge, crié Dieu, étant le Très-Haut redoutable et n’étant pas né de la terre, mais demeurant le Dieu d’Abraham ; et lui-même juge le monde avec justice. Car l’homme apparu sur terre à partir de la Vierge, c’était lui-même qui a fondé la terre, le Très-Haut. C’était lui au sujet duquel l’Apôtre disait : « Ton trône, ô Dieu, est pour les siècles des siècles ; le sceptre de rectitude est le sceptre de ton royaume. Tu as aimé la justice et tu as haï l’iniquité ; c’est pourquoi Dieu, ton Dieu, t’a oint d’une huile d’allégresse de préférence à tes compagnons ». « Et toi, dès le commencement, Seigneur, tu as fondé la terre, et les cieux sont l’ouvrage de tes mains ». Car il est l’Oint de par Dieu et celui qui a fondé la terre, étant comme Dieu et en chair. C’était lui qui, dans son incorporeité, dit à Job à travers la tempête et les nuées : « Où étais-tu quand je fondais la terre ? », et, selon l’expression : le Christ selon la chair issu d’Israël, lui qui est au-dessus de tout, Dieu béni pour les siècles. Amen.
Deuxième partie — Réfutation du Tome de Léon et du concile de Chalcédoine§
Deuxième réfutation contre le Tome de Léon et la définition du concile tenu à Chalcédoine, en recherchant pour nous aussi d’autres exemplaires§
Or, puisque nous avons choisi de nombreux et utiles passages nécessaires de nos bienheureux Pères, j’ai jugé nécessaire d’exposer d’abord ici les blasphèmes du Tome de Léon, la définition du concile de Chalcédoine et les doctrines des hommes hérétiques, avec lesquels concordent pleinement le susdit Tome et la définition du concile de Chalcédoine, à l’encontre de la doctrine des saints Pères ; et après cela, de réfuter selon notre pouvoir leurs blasphèmes avec l’aide du Seigneur, et144145146147148149150
… produire les témoignages des saints Pères qui confirment ce que nous avons dit, renversent les blasphèmes susdits des hérétiques et anathématisent leur impiété.
Premier chapitre des blasphèmes tirés de la lettre de Léon.
« Et la Sagesse s’étant bâti sa maison, le Verbe s’est fait chair et a habité parmi nous ; c’est-à-dire dans ce corps qu’il prit de Marie, et qui était animé d’une âme rationnelle et vivante. »
Témoignages des hérétiques avec lesquels concordent les propos susdits de Léon.
Blasphèmes de Paul de Samosate, hérétique.
« Si la sagesse est utile à l’homme comme elle est utile, elle ne sera pas lésée en venant à lui. Elle a en effet habité dans l’homme, s’étant unie à lui de toute manière, et elle y a habité comme jamais elle n’avait été, de la manière dont l’incorporel peut habiter dans un corps, c’est-à-dire dans l’homme tout entier ; elle habite ainsi afin que celui qui a été oint de la descendance de David ne soit pas étranger à la Sagesse, et que la Sagesse n’habite point ainsi en un autre. »
Et après d’autres paroles :
« Le Seigneur était de façon souveraine en celui-ci, car il était aussi dans les prophètes, et en Moïse, et en beaucoup de maîtres, mais plus encore dans le Christ, comme dans un temple de Dieu. »
Blasphèmes de Nestorius, hérétique, sur l’Incarnation.
« Confesse, dit-il, le temple uni à celui qui y habite ; permets que le temple soit supérieurement uni à Dieu le Verbe, ne dépouille pas le Dieu qui y habite de son propre temple, et ne sépare pas le temple de la divinité qui y habite ; ne confonds pas les natures et, de nouveau, n’arrache pas la dignité de part et d’autre, car l’union est inséparable et sans mélange. »151152
… de l’économie, 22.
506. Nous disons de ceci 153… « Non pas altération de la nature divine en chair, mais l’habitation en l’homme ».
Du même :
« Si tu veux voir là-dessus l’opération de la Trinité : le Fils a habité dans la chair, le Père l’a établi 154 lors du baptême, et l’Esprit l’a créé dans la Vierge ».
Du même, de l’économie, 24 :
« Le Verbe s’est fait chair et a dressé sa tente 155 et c’est… a revêtu la nature ; car le Verbe a reçu l’humanité comme une tente ».
Blasphèmes de l’hérétique Théodoret :
Si donc désormais le Verbe ne s’est pas fait chair, mais qu’il a pris une chair vivante et raisonnable — sans avoir été lui-même engendré par nature de la Vierge, conçu, créé et formé, ni ayant reçu de là le commencement d’exister, mais étant avec le Père, connu avec le Père et adoré avec lui —, mais s’étant créé à lui-même un temple dans le sein virginal, pour ce qui a été créé, formé en embryon, 507. et façonné 156 et engendré 157, nous disons que cette sainte Vierge est Mère de Dieu, non pas comme ayant enfanté Dieu par nature, mais comme [ayant enfanté] l’homme uni au Dieu créateur.
Et après d’autres passages :
Et parce qu’il n’était pas tout entier dans la forme de Dieu, mais qu’il était l’habitant d’un temple, ayant selon la parole de Paul : « Car en lui, dit-il, il a plu à toute la plénitude de la divinité d’habiter corporellement », nous disons que la Vierge est non pas Mère d’un homme, mais Mère de Dieu : l’un [est dit] en raison de la création, de la formation et de l’union, et l’autre est une appellation due à l’union survenue.158159160161162
Réfutation contre les propos de Léon et des hérétiques antérieurs à lui§
En dévoilant l’impiété des docteurs hérétiques qui furent les siens, comme ayant suivi la doctrine de ceux-ci, j’ai montré qu’il tombe à bon droit sous les anathèmes portés contre eux par les saints pères. Car le bienheureux apôtre Paul a nommé Christ le Dieu Verbe incarné avec sa propre chair, et l’a proclamé puissance et sagesse de Dieu sous les cieux. Et non pas, comme il semble à ce nouveau docteur, que le Dieu Verbe a dressé sa tente dans un homme issu de Marie, comme s’il était autre que le Sauveur, le Seigneur Christ né de la Vierge. Car ce docteur subtil a nommé « maison » ce qui a été pris de Marie, et légifère que le Dieu Verbe habite dans cette maison, à l’instar des docteurs subtils des vils hérétiques, afin que le Dieu Verbe — qu’il appelle lui-même sagesse — ne se trouve pas s’étant dépouillé lui-même, ni ayant été donné pour nous par le Père selon l’excellence de son amour : « Car Dieu a tellement aimé le monde, dit l’évangéliste Jean, qu’il a donné son Fils unique pour nous » [Jn 3, 16] ; mais aussi afin que ce ne soit pas le Seigneur de gloire, mais la maison du Seigneur de gloire qui soit dite avoir enduré la croix pour nous, ainsi que la mort, la sépulture et la résurrection.
Mais les Écritures divines n’ont pas enseigné ainsi, mais que le Verbe lui-même, devenu chair, a dressé sa tente ou a habité parmi nous, les hommes. « Car j’habiterai en eux, dit-il, et j’y marcherai, et je serai leur Dieu, et ils seront mon peuple » [Éz 37, 27]. Et que le Christ habite dans nos cœurs, c’est ce que demande le bienheureux Paul dans sa prière [cf. Ép 3, 17] ; or, habiter dans l’homme est le propre de Dieu seul, et non d’un homme. Et dans l’Épître aux Hébreux, il proclame le Christ Fils véritable du Père et Créateur de toutes choses, l’élevant incomparablement au-dessus de toute la création réunie : « Car, dit-il, Moïse aussi a été fidèle dans toute sa maison comme serviteur, en témoignage des choses qui devaient être dites ; mais le Christ l’est comme Fils sur sa maison, et sa maison, c’est nous » [He 3, 5-6]. Or, pour le Christ, son propre163164165166167168169
[…] ni maison ni habitant n’est dit dans l’Écriture divine, bien que parfois il use d’expressions humaines en raison de l’économie, afin que le mystère de son incarnation ne soit pas regardé comme une apparence, mais que l’on croie qu’il est véritablement devenu homme et de manière économique, tout en demeurant d’une nature immuable. Car si c’était Dieu qui devait apparaître sur la terre et naître d’une vierge, Isaïe prophétise en disant : « Voici que notre Dieu rend et rendra le jugement ; lui-même viendra et nous sauvera. Alors s’ouvriront les yeux des aveugles et les oreilles des sourds entendront » ; et selon un autre passage : et « Voici notre Dieu, voici le Seigneur qui vient avec puissance et son bras avec autorité » ; et : « Voici que la vierge concevra et enfantera un fils, et on appellera son nom Emmanuel » ; et qu’« il est appelé Messager du grand dessein, Dieu puissant ». Et lui-même avant les siècles, au sujet de sa naissance économique d’une femme selon la chair, dit par le prophète : « Écoutez-moi, îles, et prêtez l’oreille, nations ! Après un long temps cela subsistera, dit le Seigneur ; dès le sein de ma mère il a appelé mon nom ». Voici qu’il fait connaître sa conception volontaire, impassible et ineffable dans le sein d’une mère, et il nomme la sainte Vierge expressément mère, et le nom lui a été donné de la part du Père.
Or, si le Dieu Verbe s’est bâti une maison et a alors habité dans l’homme issu de Marie, tout en se tenant entièrement en dehors de la maison bâtie pendant qu’il la tissait durant un temps de neuf mois, étant autre que sa maison issue de Marie, alors par conséquent le Dieu Verbe incarné d’une manière ineffable dans le sein de la Vierge ne s’est pas non plus uni, comme il lui semble, ni la sainte Vierge n’est Mère de Dieu, et comment celle qui a conçu et enfanté est-elle demeurée vierge ? Mais le prophète témoigne et crie son mensonge, ou plutôt le Dieu Verbe lui-même par le prophète ; puis c’est comme à celui-là même qui est né de la Vierge qu’il est dit par le prophète : « Et les Sabéens, hommes de haute taille, passeront vers toi et seront tes serviteurs, et ils marcheront à ta suite, liés par des entraves aux mains, et ils te supplieront, car Dieu est en toi, et il n’y a point d’autre Dieu que toi ». C’est bien le Seigneur lui-même qui disait : « Le Père, demeurant en moi, fait lui-même les œuvres », et que […]170171172173174175176
« Mon Père est avec moi et ne m’a pas laissé seul, car je fais toujours ce qui lui est agréable » et « Mon Père est en moi et moi dans le Père ». En effet, l’Esprit Saint aussi descendit sous une forme corporelle, comme une colombe venue du ciel, et demeura sur lui, car le Seigneur disait ainsi : « L’Esprit du Seigneur est sur moi, c’est pourquoi il m’a oint ». C’est pour cela qu’il appela son propre corps un temple, comme ayant été oint selon l’économie par le Saint-Esprit et possédant en lui-même le Père et le Saint-Esprit ; afin que notre corps aussi soit appelé, par sa grâce, le temple du Saint-Esprit qui habite en nous : « Car nous sommes membres de son corps » et « De sa plénitude nous avons tous reçu », et « Édifiés sur le fondement des apôtres et des prophètes, Jésus-Christ lui-même étant la pierre angulaire, en qui tout l’édifice bien ajusté s’élève pour être un temple saint dans le Seigneur ».
Mais bien que le Père et le Saint-Esprit fussent en lui, il est pourtant témoigné par le prophète qu’il n’y avait pas d’autre Dieu hormis lui. Car tout en demeurant Dieu, il devint sans mélange et de manière immuable homme, et il était consubstantiel au Père et au Saint-Esprit, même lorsqu’il devint semblable à nous ; quant au mode de son incarnation et de sa nativité, il est ineffable et incompréhensible pour tous, et tel que seul le Dieu Unique-Engendré le connaît avec son Père et le Saint-Esprit. Car le bienheureux évangéliste Jean a prêché que celui qui était au commencement Dieu le Verbe auprès de Dieu, par qui tout a été fait, est devenu chair tout en demeurant Dieu, et a dressé sa tente parmi nous, c’est-à-dire en ceux qui croient en lui. Car étant devenu le premier-né parmi de nombreux frères et ayant été vu par les apôtres, il est attesté qu’il possédait ainsi la gloire comme de l’Unique-Engendré venu du Père, plein de grâce et de vérité, parce que de sa plénitude nous avons tous reçu les grâces du Saint-Esprit et que nous en sommes devenus les réceptacles. Et les bienheureux hommes réunis à Nicée ont enseigné que celui qui est issu de la substance du Père, Dieu né de Dieu, est descendu pour nous et pour notre salut, s’est incarné, a souffert et est ressuscité, tout comme l’évangéliste Jean ; et nulle part ils n’ont appelé le Christ une maison, et la Sagesse ou bien le Dieu177178
le Verbe ayant habité en lui, mais un seul et même, étant consubstantiel au Père et au Saint-Esprit. Or, si, comme il a semblé au corrupteur des écrits divins et du saint canon, le Verbe de Dieu a habité dans l’homme issu de Marie, le Christ était un homme revêtu de Dieu, et le Verbe de Dieu n’est pas devenu homme tout en demeurant Dieu, mais il a habité dans un homme ; car c’est cela qu’il enseigne ouvertement dans ce qui suit, en bâtissant sur le fondement de la secte de Nestorius, méchamment écrit par lui :
« Comment donc le Christ habiterait-il dans tous les saints, s’il n’était Dieu même avec la chair ? Il dit en effet : « Avant qu’Abraham fût, je suis », et cela tout en étant selon la chair Fils de David ; car il n’appartient qu’à Dieu seul d’habiter dans les saints. Mais que verrait-on de plus dans le Christ par rapport aux saints prophètes ? Mais cela a été dit et montré là : car Moïse a été rangé parmi les serviteurs de Dieu, tandis que le Christ est le Seigneur de tout, en tant que Fils de Dieu et Dieu ; car il est adoré aussi par tous les anges de Dieu, et par lui le Père a fait les siècles, lui qui est devenu le Premier-né parmi de nombreux frères, et dont il est témoigné de nouveau qu’il demeure le rayonnement et l’empreinte de la substance du Père, et qu’en lui nous vivons, nous nous mouvons et nous sommes. Car il a été dit de lui par David et par Paul : « Ton trône, ô Dieu, est aux siècles des siècles » ; car, ayant accompli la purification de nos péchés, nous ayant rachetés et délivrés par son précieux sang, il s’est assis à la droite de Dieu, étant Dieu avec la chair. Et que son précieux sang est le sang de Dieu, Paul l’enseigne en disant aux prêtres d’Éphèse : « Prenez garde à vous-mêmes et à tout le troupeau sur lequel le Saint-Esprit vous a établis surveillants, pour paître l’Église de Dieu, qu’il s’est acquise par son propre sang ». Car un seul est le Fils unique de Dieu, comme Dieu issu de Dieu et premier-né de nombreux frères, par son anéantissement volontaire pour nous, selon lequel il s’est fait homme par dispensation pour notre salut, tout en étant réellement Seigneur ; et ainsi, selon la nature, il est Dieu, même avec la chair. Car179180181182183
« Celui qui était dès le commencement, le Dieu Verbe de vie, nous l’avons vu, dit le disciple du Sauveur, et nos mains l’ont touché » ; « car ils furent témoins oculaires et serviteurs de la Parole », comme le dit Luc ; car l’invisible est devenu visible tout en demeurant dans sa nature inaltérable ; car il est lui-même notre Dieu et « il est apparu sur la terre et a vécu parmi les hommes », et il s’est manifesté à nous, étant Dieu le Seigneur, devenu homme sans confusion, et ce n’est point de manière incorporelle qu’il est apparu sur la terre. Car il enseignait qu’il est un avec son propre corps, en disant : « Je suis le pain vivant descendu du ciel. Si quelqu’un mange de ce pain, il vivra éternellement ; et le pain même que je donnerai, c’est ma chair pour la vie du monde ». Et encore : « Si vous ne mangez la chair du Fils de l’homme et ne buvez son sang, vous n’avez point la vie en vous. Celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle, et je le ressusciterai au dernier jour ». Et il ajoute à cela : « Celui qui me mange, lui aussi vivra par moi, car je suis, dit-il, le pain descendu du ciel et qui donne la vie au monde ».
Vois-tu qu’en tout lieu il se prêche lui-même comme un avec son propre corps, étant le même à la fois [venu] du ciel comme Dieu et de la Vierge comme Fils de l’homme ? Jean, le disciple, dit en effet au sujet du Fils de Dieu Jésus-Christ, vu et touché par lui : « Celui-ci est le vrai Dieu et la vie éternelle ». Et Paul pareillement, ayant le Christ qui parle en lui, a confessé que le Christ est issu des Juifs selon la chair, et il a confessé en outre qu’il est le Dieu béni au-dessus de tout pour les siècles. Et dans une autre épître, il dit encore : « selon la manifestation de la gloire du grand Dieu et notre Sauveur Jésus-Christ » ; et ailleurs encore, il montre au sujet de quiconque accomplit les convoitises de la chair et de ceux qui ne marchent point selon l’Esprit, qu’il ne recevra point d’héritage dans le royaume du Christ et de Dieu. Telle est donc la Sagesse de Dieu : le Christ véritable s’est bâti une maison spirituelle, [à savoir] ses propres croyants. C’est pour cela…184185186187188189190191192193
[lacune] et l’anéantissement volontaire [lacune] de la nature comme Dieu, et ayant fait sien tout ce qui est de notre pauvreté, afin que nous soyons enrichis par la foi en lui et par sa demeure [en nous], et que nous soyons par le saint baptême toujours enrichis par la grâce du Saint-Esprit donnée par lui, raison pour laquelle il est avec nous jusqu’à la fin des siècles. C’était donc Dieu, le Christ, qui habitait et marchait au milieu de nous, qui est apparu sur la terre et a vécu parmi les hommes, qui par son souffle a dispensé le Saint-Esprit aux apôtres, en tant que Dieu, dont nous sommes aussi le peuple particulier selon la parole de l’archange : « Car tu appelleras, dit-il, son nom Jésus, car c’est lui qui sauvera son peuple de ses péchés » (Mt 1, 21).
Témoignages de nos bienheureux pères et évêques, confirmant ce qui a été dit par nous, et renversant de fond en comble les sectes impies des hérétiques mentionnés précédemment.
Du bienheureux Jules, archevêque de Rome, tiré de la lettre à Docime :
« Mais il est proclamé pour la plénitude de la foi que le Dieu Verbe s’est incarné de la Vierge et a dressé sa tente parmi les hommes, n’agissant point par un homme, car cela s’applique aux prophètes et aux apôtres. »
Du bienheureux Grégoire le Thaumaturge :
« Si quelqu’un dit qu’autre est le Fils de Dieu d’avant les siècles, et autre celui des derniers temps, et ne confesse pas que le même est d’avant les siècles et le même dans les derniers temps, comme il est écrit, qu’il soit anathème ! »
Du bienheureux Grégoire de Nazianze :
« Si quelqu’un dit que l’homme a été façonné, et qu’ensuite Dieu s’est introduit en lui, qu’il soit condamné ; car ce n’est point là une naissance de Dieu, mais une dérobade à la naissance. »194195196197
Du bienheureux Cyrille, archevêque d’Alexandrie, anathème 5 :
« Si quelqu’un ose dire que le Christ est un homme théophore, et non pas plutôt véritablement Dieu, comme Fils unique et par nature, selon que le Verbe s’est fait chair et a partagé pareillement à nous le sang et la chair, qu’il soit anathème. »
Du même, de ses lettres circulaires à Nestorius :
« Eh bien donc, ô très excellents, le fait que Dieu [le Verbe] habite seulement dans un homme suffira-t-il donc pour qu’il s’anéantisse, et […] ? Est-ce ainsi qu’il a revêtu la forme d’esclave et est-ce ainsi que sera pour lui le mode de l’anéantissement, lorsque nous entendons celui qui dit aux saints apôtres : « Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole, et mon Père l’aimera, et nous viendrons à lui et nous ferons notre demeure chez lui » ? […] Dieu et Père ; croirons-nous donc que lui aussi s’est anéanti et a enduré un abaissement semblable à celui du Fils et a pris la forme d’esclave, du fait qu’il fait des âmes de ceux qui l’aiment sa demeure ? Et qu’en est-il de l’Esprit qui habite en nous ? Accomplit-il lui aussi pleinement l’économie de l’incarnation, que nous disons avoir été opérée par le Fils unique, en vue du salut et de la vie de tous ? Loin de nous une telle vaine parole, tout à fait superflue et insensée ! Le Verbe de Dieu et Père, étant en forme [de Dieu], s’est donc abaissé lui-même lorsqu’il s’est fait chair, selon ce que dit Jean, naissant d’une femme, » qui avait la connaissance qui vient de Dieu « et du Père, et il a enduré de porter pour nous notre dure condition.
Et après d’autres [passages] :
C’est ainsi que tu comprendras que le Verbe né de Dieu a enduré un anéantissement volontaire, c’est ainsi qu’il s’est abaissé lui-même…198199200201202203
ayant pris la forme d’esclave, lui qui est libre selon sa nature, il a ainsi saisi la semence d’Abraham et a partagé le sang et la chair. Car si l’on conçoit qu’un homme selon nous a été pris en figure, comme si un autre que lui avait véritablement été saisi de la semence d’Abraham, et s’il est dit assimilé à son propre corps, afin qu’il soit en tout semblable à ses frères ; car le fait d’être rendu semblable à certains procède d’un être dissemblable vers ce à quoi il doit être rendu semblable. Le Verbe de Dieu a donc saisi la semence d’Abraham et a partagé le sang et la chair, faisant sien le corps issu de la femme, afin qu’il ne soit pas seulement Dieu, mais qu’il soit conçu comme étant aussi devenu homme selon nous par l’union.
Du même, de la deuxième lettre à Nestorius, dont le début est : « Ils divaguent » :
« Car nous ne disons pas que la nature du Verbe, ayant été changée, est devenue chair, ni non plus qu’elle a été transformée en un homme tout entier, composé d’une âme et d’un corps ; mais plutôt que, le Verbe s’étant uni selon l’hypostase une chair animée d’une âme raisonnable, il est devenu homme d’une manière ineffable et incompréhensible, et a été appelé Fils de l’homme ; non pas selon le seul vouloir ou par complaisance, ni non plus comme par la seule assomption d’une personne. »
Et après d’autres paroles :
« C’est ainsi que nous confessons un seul Christ et Seigneur ; non pas en adorant un homme conjointement avec le Verbe, de peur qu’une apparence de division ne s’introduise du fait de dire « avec lui », mais en adorant un seul et même [Seigneur], parce que son corps n’est point étranger au Verbe. De même qu’il siège lui-même sur le trône avec le Père, non pas comme deux fils siégeant ensemble, mais comme un seul avec son propre corps selon l’union. Mais si nous rejetons l’union selon l’hypostase, soit comme inaccessible, soit comme inconvenante, nous tombons dans l’obligation de proclamer deux fils ; car il est alors nécessaire de tout diviser et de dire que l’un est un homme séparé, honoré de l’appellation de fils, et que l’autre est à nouveau séparément le Verbe de Dieu, possédant naturellement le nom et la réalité même de la filiation. »204205
Et encore :
« Car ce qui est écrit ne dit point que le Verbe s’est uni la personne d’un homme, mais qu’il est devenu chair. Or, que le Verbe devienne chair n’est rien d’autre sinon que, de même que nous, il a partagé le sang et la chair, qu’il a fait sienne notre chair et qu’il est issu homme d’une femme, sans avoir rejeté le fait d’être Dieu ni d’être né de Dieu, mais en prenant chair, demeurant ce qu’il était. »
Du même, de la troisième lettre à Nestorius, dont le début est : De notre Sauveur :
« Mais nous ne disons point cela : que le Verbe de Dieu a habité comme dans un homme ordinaire qui serait né de la sainte Vierge, afin que le Christ ne soit pas conçu comme un homme revêtu de Dieu. »
Du même, des Scholies :
« Si le Christ était un homme revêtu de Dieu, il devint donc lui-même le temple de Dieu. Est-ce donc comme en nous que le Christ est, est-ce comme temple dans un temple ? S’il est plutôt comme Dieu dans les temples par l’Esprit, comment donc sa chair est-elle vivifiante et à lui seul ? Car il faudrait qu’il en fût de même aussi pour celle des autres, en qui a habité le Dieu de tous. »
Du même, des Scholies, et la scholie porte comme titre : « Comment faut-il comprendre : Le Verbe s’est fait chair et a habité parmi nous¹, et de quelle manière le Verbe étant Dieu a été envoyé, et comment dit-on qu’il a une chair qui lui est propre ? » :
« Considère avec moi le théologien évangéliste qui, voulant couronner magnifiquement toute la nature de l’homme, a dit précisément que le Verbe a dressé sa tente parmi nous², non pour une autre raison, comme il paraît que le Verbe a accompli l’humanisation, sinon pour que nous nous enrichissions de lui par la réception du Saint-Esprit, [sans amoindrir] les biens de l’adoption filiale… »
Du même, encore des Scholies, et la scholie porte comme titre : « Que le Christ n’est pas un homme revêtu de Dieu, et que Dieu n’a pas non plus habité vainement dans un homme… »206207
… Verbe de Dieu, mais est devenu plutôt chair, ou bien parfaitement homme, selon ce qui est écrit.
L’homme est donc véritablement devenu celui par qui Dieu et le Père a établi les siècles, et non pas, comme certains le pensent, qu’il soit venu dans un homme afin d’être conçu parmi nous comme un homme, en ayant Dieu caché en lui. Car s’ils disent qu’il en est ainsi, et qu’ils l’aient véritablement cru, c’est en vain que le bienheureux évangéliste Jean aura manifestement dit : « Et le Verbe s’est fait chair ». Car quel besoin y avait-il encore de dire l’inhumanation et l’incarnation du Verbe de Dieu, si le fait d’être devenu chair n’indiquait pas qu’il est devenu selon notre condition ? Et la puissance de l’inhumanation le montre devenu homme semblable à nous, tout en demeurant au-dessus de nous et bien plus encore supérieur à toutes les créatures. Il est digne et bon de tirer de la pensée des hommes vaillants les découvertes relatives à ce qu’ils ont dit, et de persuader que le Fils unique est devenu homme et qu’il est Dieu avec cela, et non pas plutôt qu’il a habité dans un homme, le rendant revêtu de Dieu comme jadis aussi en d’autres qui devinrent les réceptacles de sa divinité.
Deuxième chapitre des blasphèmes tirés de la lettre de Léon.
Étant donc sauvegardée la propriété de chaque nature, et celles-ci s’étant unies en une seule personne, l’humilité a été assumée par la divinité, l’infirmité par la puissance, et par l’immortel le mortel.
Témoignages des hérétiques, avec lesquels concordent les paroles de Léon citées précédemment.
Blasphèmes de Paul de Samosate, hérétique :
« Le Verbe n’est pas né de l’Esprit Saint ; le Verbe n’était pas homme, il a habité dans un homme : Abraham, David. Le Verbe n’est pas né, mais eux tous l’ont amené par succession, afin que, dès la naissance, le salut préparé pour l’espérance vînt dans la Vierge Marie. »
Blasphèmes de Nestorius l’hérétique, qui se trouvent dans le deuxième livre du bienheureux Cyrille contre Nestorius :
L’opulence des deux est égale, la même dignité appartient aux natures unies ; confesse l’union de la dignité.
Du même, du second livre, chapitre 6 :
Et ce n’est pas de nouveau un Fils et puis un autre, mais lui-même est Fils double : non par la dignité, mais par la nature.
Du même, du troisième livre, chapitre 6 :
Distingue les natures doubles quant au Christ ; car elles sont doubles par la nature, mais uniques par la dignité. Car la plénitude des natures, en raison de la composition, notre nature demeurant en tout temps dans sa disposition familière, tandis que celle de la dignité, jointe à la plénitude, comme il a été dit plus haut, est unique.
Blasphèmes de l’hérétique Théodoret, tirés de la réfutation du troisième anathématisme :
Pourquoi donc attribue-t-il à l’impiété de ceux qui divisent la propriété des natures, celle de Dieu d’avant les siècles et celle de l’homme assumé dans les derniers jours ?
Du même, tiré de la réfutation du cinquième anathématisme :
Mais usant donc du nom de communauté, comme un seul Fils j’adore Celui qui a pris et celui qui a été pris, mais je reconnais la diversité des natures.
Du même, tiré de la réfutation du huitième anathématisme :
Dès lors donc, en disant ce qui est propre à chaque nature… nous confessons le Christ.208
Du même, tiré de la réfutation du dixième anathématisme :
La nature immuable ne s’est point changée en la nature de la chair, mais Il a pris la nature humaine, et l’a établie grand-prêtre au-dessus de ce qui est commun.
Réfutation des propos tenus par Léon et, avant lui, par les hérétiques
Si un homme a été pleinement formé selon la règle commune dans le sein de la Vierge et qu’ensuite Dieu le Verbe s’y est adjoint par une liaison d’état habituel — car voilà bien le fondement d’impiété que tu as posé, comme il semble aussi à Nestorius et à tes autres maîtres —, comment peut être sauvegardée la propriété de chacune des deux natures selon ta secte ? De sorte que ni Dieu le Verbe ne soit cru devenu homme de manière immuable et selon la vérité, ni l’homme conjoint ne soit cru être Dieu selon la vérité. Dès lors, selon toi, ce n’est pas non plus Dieu qui est né de la Vierge, mais un simple homme ; car il est propre à l’homme de naître d’une femme. Et c’est en vain que la Vierge est proclamée Mère de Dieu par toute la terre, si Celui qui est né de la sainte Vierge, incarné, n’est pas Dieu, à qui appartiennent en propre selon la vérité les petitesses et les nécessités, les souffrances et les actions. Et puisque chacune des deux natures, comme tu l’as dit, ne peut coexister en une seule selon nos conceptions humaines, dis-moi où tendent-elles pour entrer dans une seule nature ? Car il n’y a point de nature sans personne, mais cela apparaît comme par appropriation en nous et comme sur nous. Considères-tu ainsi que Dieu le Verbe s’est approprié selon l’état habituel l’homme vil, impuissant et mortel, enrichi de l’habitation divine, comme il semble aussi à Nestorius, comme lorsque Dieu dit au sujet de Samuel : « Ce n’est pas toi qu’ils ont méprisé, mais c’est moi, pour que je ne règne pas sur eux » ; et : « Celui qui vous écoute m’écoute, et celui qui vous méprise me méprise » ; et : « Toutes les fois que vous avez fait ces choses à l’un de ces plus petits, c’est à moi que vous les avez faites », paroles prononcées par le Sauveur lui-même ? Mais nous ne pensons pas ainsi au sujet du Christ, loin de là ! et nous n’entreprenons pas de juger et scruter ce mystère par des « pensées humaines » ; mais nous croyons, comme nous l’avons reçu des saints et des écrits inspirés de Dieu, que pour nous Il s’est fait pauvre volontairement, le Verbe de Dieu étant le Seigneur de gloire, et Il est devenu homme selon la vérité en demeurant immuable en tant que Dieu, ayant tout accompli, et [sont] propres à Lui, Dieu incarné209210211212
… du Verbe, nous croyons qu’appartiennent tant ce qui est digne de Dieu que ce qui est humain, en raison de l’économie accomplie pour nous ; car étant par nature Dieu et demeurant toujours Dieu, il est devenu homme selon l’économie en vue de notre salut. Car l’incarnation du Verbe de Dieu ne relève pas de la nature, mais de l’économie, opérée par Dieu au-delà de la nature, à partir de notre nature ou substance commune et humaine, raison pour laquelle il est dit de même sang, de même race et de même genre que nous selon l’ordre de l’économie du Verbe, par sa naissance de la femme 213 ; mais jamais la chair corporelle et de même genre que nous de Dieu le Verbe n’a été dite être la nature ni la substance d’un homme individuel quelconque ; car elle n’a pas non plus subsisté en elle-même, puisqu’elle a reçu sa subsistance dans l’assomption par le Verbe ; mais elle est appelée chair du Christ, et chair de Dieu le Verbe, et chair vivifiante pour tous ceux qui ont coutume de penser droitement, ainsi professée et crue. Car nous aussi, ministres sacrés du Christ, lors de la dispensation du divin mystère, nous avons coutume de la proclamer ainsi aux peuples, ceux-ci nous répondant par « Amen » ; et personne n’a paru disant, au moment de cette distribution : « chair d’un homme ordinaire », ou « nature d’homme », ou « substance d’homme » ; mais c’est comme chair vivifiante de Dieu le Verbe que nous la proclamons, selon l’enseignement et le don du Seigneur lui-même. Qu’ils cessent donc désormais, ceux qui nous proclament deux natures dans la définition de la foi, comme des gens devenus étrangers à ceux qui ont coutume de penser droitement, ainsi que nous l’ont enseigné dès le commencement ceux qui furent les témoins oculaires et les serviteurs de la Parole 214 et, après eux, ceux qui devinrent les docteurs orthodoxes des Églises.
Témoignages de nos bienheureux Pères et évêques confirmant ce qui a été dit par nous, et renversant les sectes des hérétiques orgueilleux susmentionnés§
Du bienheureux Jules, archevêque de Rome, tiré de la Lettre à Prosdocion :
«… Dieu parfait dans la chair, homme parfait dans l’esprit ; non pas deux fils, mais un seul Fils propre [lacune]… »
…étant [Dieu], tandis que l’autre serait un homme mortel assumé par Dieu, mais un seul Unique-Engendré au ciel, unique-engendré sur la terre. »
Du bienheureux Félix, archevêque de Rome et martyr, du traité sur l’Incarnation du Verbe et sur la foi :
« Nous croyons en notre Seigneur Jésus-Christ, né de la sainte Vierge Marie ; car Il est Lui-même le Fils éternel et le Verbe de Dieu, et non point un homme assumé par Dieu, pour qu’il soit autre que Lui. Car il n’est pas non plus un homme auprès du Fils de Dieu, pour qu’il soit autre que Lui-même, mais étant Dieu parfait, Il est devenu en même temps aussi homme parfait, incarné de la Vierge. »
63. Du bienheureux Cyrille, archevêque d’Alexandrie, du quatrième anathématisme :
« Désormais, nous rapporterons à une seule personne toutes les paroles évangéliques, tant les humaines que celles qui conviennent à la divinité ; car nous croyons que le Christ Jésus est un seul Fils, c’est-à-dire le Verbe de Dieu fait homme et incarné. »
Et peu après :
« Quant à ceux qui séparent et divisent les réalités en un homme pris en propre, comme étant autre que le Verbe issu de Dieu, et en Dieu pris en propre, comme étant un autre fils, disant deux fils, ils tombent à juste titre sous le coup de l’anathématisme ci-dessus mentionné. »
Du même, de la lettre à Nestorius :
« Quant aux paroles évangéliques de notre Sauveur, nous ne les divisons pas entre deux hypostases ni entre deux personnes ; car le Christ un et unique n’est pas double, bien qu’on le conçoive à partir de deux [éléments] ; et la sagesse réunissant de manière indivisible des réalités diverses, tout comme l’homme se conçoit à partir de l’âme et du corps, et n’est pas double, mais un seul formé des deux. »
Du même, des [traités] contre Nestorius :
64. « Ainsi, non point parce qu’ayant pris chair [le Verbe] de Dieu le Père…
[Le] Verbe s’avança homme selon nous, c’est pour cette raison qu’il est nommé double.
Du même, du Discours prosphonétique :
De même que dès lors fut propre à l’humanité l’Unique-Engendré, en raison de l’union au Verbe selon l’événement de l’économie, ainsi [il est] propre à Dieu le Verbe [d’être] parmi beaucoup de frères, et Premier-Né en raison du corps uni.
Du même, de la lettre à Valérien :
Dis, où donc alors [y a-t-il] une seule personne, dis-moi ? Ils prétextent dire une seule personne du Christ, mais [posent] deux hypostases subsistant séparément et chacune pour sa part. Il y aura donc absolument aussi deux personnes ! Mais ils s’avancent, législateurs à leurs propres yeux, comme possédant droitement toute chose partout et se montrant habiles en tout : « Car en divisant, dit-il, les hypostases, j’unis la personne », comme si cela n’était pas inanimé, insensé et impossible.
Du même, de la même lettre :
Car ils feignent de confesser un seul Christ et Fils, et ils disent une seule personne ; mais en divisant en deux hypostases séparées et disjointes l’une de l’autre, ils rejettent le Verbe de tout le mystère.
Du bienheureux Théodote, évêque d’Ancyre :
Car il est impossible à la fois de garder l’union et de connaître chacune selon sa propriété.
Troisième chapitre des blasphèmes de la lettre de Léon.
« Car chaque nature conserve sans séparation sa propre propriété ; et de même que la forme de Dieu n’abolit pas la forme d’esclave, ainsi la conformation d’esclave ne diminue pas la forme de Dieu. »215216217
Inventions des hérétiques dont les propos précités de Léon sont l’écho§
Blasphèmes de l’hérétique Nestorius§
Dis d’abord qu’il est Dieu, ajoute que ce qui a été pris est la forme d’esclave ; applique après cela la dignité de la conjonction, à savoir que la grandeur des deux est commune, car pour les deux natures unies, la dignité est la même. Confesse l’union de la dignité.
Blasphèmes de l’hérétique Théodoret§
J’ai dit à maintes reprises d’offrir également la glorification au Seigneur Christ, et nous confessons que le même est ensemble Dieu et homme ; car c’est cela que nous a enseigné la doctrine de l’union, mais nous ne refusons pas d’énoncer les propriétés des natures.
Du même, ou bien d’André§
Car, après l’union, la filiation est une en chacune des natures non séparées l’une de l’autre ; car après l’union aucune séparation n’est survenue, parce que l’union demeure éternelle.
Du même [sur les anathèmes], ou bien d’André§
Et qui accueillerait comme naturelle la divine union du mystère de l’économie ? Car s’il s’agit d’une union naturelle, où est la grâce, où est le divin mystère ? Car les natures, comme nous l’avons appris, ordonnées par Dieu, sont assujetties à la suite des nécessités.
Réfutation des propos tenus par Léon et par les hérétiques antérieurs à lui§
De nouveau, dans ces propos, d’une manière pernicieuse et à visage découvert, il entreprend de diviser le mystère du Christ ; car il a attribué au Christ chacune des natures et les formules susdites, en définissant en lui deux natures, comme dans ces passages, et en conservant intégralement à chaque nature ce qui lui est propre et convenable, comme cela lui semble bon.
[…] ici ajouter « sans diminution ». Mais si, sans diminution, il a attribué la nature humaine séparée au Christ, comme le proclame ce nouveau prédicateur de la vieille hérésie, alors que le propre de la nature humaine fut de pécher par la transgression du commandement par Adam, fuyons l’absurdité de ses blasphèmes. Car « celui-ci n’a point commis de péché », selon la parole d’Isaïe, lui qui ôte le péché du monde ; car « nos péchés, il les a lui-même portés en son corps sur le bois », comme le dit l’Apôtre. Qui est donc celui-ci ? Un simple homme ? Loin de là ! Mais le Dieu Verbe incarné, afin que, morts aux péchés, nous vivions par la justice. Car il est fidèle et juste, Jésus-Christ seul, comme Dieu, « pour nous remettre les péchés et nous purifier de toute iniquité », selon la parole de Jean ; et il est étranger à la nature de l’homme de remettre les péchés de sa propre autorité, mais c’est le propre de Dieu ; et le Christ remet les péchés en tant que Dieu. Car cette œuvre droite n’appartient qu’à Dieu seul, et les Juifs eux-mêmes en témoignèrent en disant : « Qui peut remettre les péchés, sinon Dieu seul ? » Dès lors, le Christ s’est manifesté par cette œuvre droite, car il était ceci, et il l’est, et il le sera pour les siècles. Et comment les mages se prosterneraient-ils devant l’enfant apparu à Bethléem — car il ne convient de se prosterner que devant Dieu seul —, et comment les anges annonceraient-ils en le glorifiant aux bergers qu’un Sauveur est né, si ce n’était Dieu incarné, né immuablement de la sainte Vierge ? Car c’est le propre de Dieu seul de sauver son peuple de ses péchés, selon l’annonce de l’archange Gabriel, et non de la nature humaine. Et comment le prophète Zacharie, mû par l’Esprit divin après la naissance de Jean, appelait-il Très-Haut celui qui a revêtu l’embryon dans le sein de la Vierge, lorsqu’il disait : « Et toi, enfant, tu seras appelé prophète du Très-Haut », et selon […]218219220221222223
… d’une seule. En disant « Très-Haut » et « Seigneur » de celui qui porte ce nom, pour quelle nature convient-il de dire cela sans diminution, selon « l’interprète de cette même voix » ? Puis il ajoute, en nommant de manière causale et habituelle une seule personne à partir de ce qui a été glorifié ; or en cela, il n’a pas allégué cela, mais il a attribué deux formes au Christ, prêchant l’une comme serviteur et l’autre comme Dieu, et l’une demeurée dans la forme de serviteur, et l’autre dans la forme de Dieu ; afin de ne point attribuer au Dieu Verbe son dépouillement volontaire et sa pauvreté, et de ne point montrer que le saint corps du Christ est cru vivifiant. Car il est étranger à la forme de serviteur de vivifier les morts, mais c’est le propre par excellence de Dieu de vivifier à nouveau toutes choses. Et comment le Fils de l’homme est-il destiné à juger le monde avec justice, selon la propre parole du Sauveur, s’il demeure serviteur continuellement comme tout homme ? Car c’est derechef le propre de Dieu de juger le monde avec justice ; le psalmiste dit en effet : « Car Dieu est un juge juste, fort et patient » et encore : « Dieu est juge ». Dès lors donc, il n’y a point deux natures dans le Christ, mais une seule nature du Dieu Verbe incarné pour nous. « Afin qu’il nous libère de la servitude de la corruption pour la liberté de la gloire des enfants de Dieu », comme le dit Paul. Et encore : « Tu n’es plus esclave, mais fils et héritier de Dieu ». Or, si nous avons été jugés dignes par le Christ, comme par le dispensateur de la liberté pour ceux qui croient en lui, ne serait-il pas la source et le dispensateur de tous les biens ?
Sentences de nos bienheureux pères et évêques, confirmant ce qui a été dit par nous et renversant les impies hérésies susmentionnées des schismatiques.
Du bienheureux Pierre, archevêque d’Alexandrie et martyr :
C’est pourquoi l’évangéliste dit aussi la vérité en disant : « Le Verbe s’est fait chair et a habité parmi nous ». Il est manifeste que dès lors, depuis le moment où l’ange salua la Vierge en disant : « Réjouis-224
… [mot illisible] « pleine de grâce, le Seigneur est avec toi » ; car « le Seigneur avec toi » s’entend maintenant de la part de Gabriel comme « Dieu le Verbe est avec toi », puisqu’il a désigné celui qui est né du sein et s’est incarné, ainsi qu’il est écrit : « L’Esprit Saint viendra sur toi, et la puissance du Très-Haut te couvrira de son ombre ; c’est pourquoi le saint qui naîtra sera appelé Fils de Dieu ».
Du bienheureux Atticus, évêque de Constantinople :
« Aujourd’hui, le Christ Seigneur a reçu la naissance de la philanthropie, car selon la dignité divine, il préexistait avant la fondation du monde. » Puis il ajoute de nouveau à cela : « Par philanthropie, le Verbe se vide, tout en ayant une nature inaccessible au vide, car il s’est vidé lui-même en prenant la forme d’esclave ; l’Incorporel s’incarne pour toi, car le Verbe s’est fait chair ; Celui qui, en raison de sa nature incorporelle, échappe à toute recherche est touché ; le Sans-commencement est soumis à un commencement par un lien corporel ; le Parfait et l’Immuable s’abaisse ; Celui qui enveloppe les cieux de nuées et qui est riche naît dans une hôtellerie et est enveloppé de langes, le Roi est déposé dans une mangeoire. »
Du bienheureux Cyrille, Qu’un seul est le Christ :
Il ne faut donc pas diviser, comme je l’ai dit, en une dualité propre ce qui existe séparément l’un de l’autre et par partie, mais plutôt le rapporter à une union inséparable.
Du même, dans l’Explication du troisième anathème :
Et le fait de ne pas vouloir, après l’union, diviser en deux ce qui a été uni et séparer l’un de l’autre, ne serait-il pas, comme il me semble, tout à fait irréprochable et exempt de tache ?
Du même, à Théodose :
Comment donc s’est-il appauvri ? Alors qu’il était Dieu par nature et Fils de Dieu et du Père, il est devenu homme et issu de la descendance de David ; il naît selon la chair, et, d’une manière convenant à un serviteur, s’abaisse…225226227
… la mesure […], c’est-à-dire ce qui est humain, dans la forme de Dieu et du Père, par qui toutes choses [sont], et en lui toutes choses, et l’ordonnateur de toutes choses, en devenant homme, ne rougit point de la mesure selon la condition humaine.
Chapitre des blasphèmes tirés de la lettre de Léon
« Tandis que chacun d’eux est l’un avec l’autre, tant l’abaissement de l’homme que la grandeur de la Divinité ; car de même que dans sa miséricorde Dieu ne reçoit pas d’altération, de même l’homme n’est pas consumé par la grandeur de la dignité divine. »
Sentences concordantes des hérétiques, avec lesquelles s’accordent les paroles susdites de Léon.
Blasphèmes de l’hérétique Nestorius, tirés de la 35ᵉ division :
« Et le Christ selon la chair, nous le nommons Dieu en raison de son union avec Dieu le Verbe, sachant que ce qui est visible est comme un homme. Écoute les deux de la bouche de Paul le prédicateur : » des Juifs, dit-il, [est issu] le Christ selon la chair, qui est au-dessus de tout, Dieu ». Confesse d’abord l’homme, et alors, par son union avec Dieu le Verbe, confesse comme Dieu ce qui est visible ! »
De l’hérétique Théodoret, tiré de la Réfutation du 1ᵉʳ anathématisme :
« Le Verbe n’est pas devenu chair, mais il a pris une chair vivante et douée de raison. Il n’a pas été lui-même conçu et engendré par nature de la Vierge, mais comme un temple créé dans le sein virginal avec ce qui a été créé. »
Réfutation des propos tenus par Léon et, avant lui, par les hérétiques
Plus celui qui veut scruter par le discours le blasphème de Nestorius avance, plus il manifeste la grandeur de son impiété ; car il veut professer son hérésie ainsi, comme nous l’avons dit plus haut, [à savoir] que l’union dans le Christ est de disposition, sans [qu’il] devienne véritablement…228229
… l’union connaissable, ou si l’incarnation de Dieu le Verbe venant de la sainte Vierge, en corrompant par hérésie la conjonction habituelle, comme le déclare ce nouveau docteur en disant : « Tant que la double troupe est encore ensemble ; car il viendra un temps, dit-il, où ils seront hors d’eux-mêmes. » Fuyons l’absurdité de sa vaine parole, car que devrions-nous comprendre par la double troupe appliquée au Christ ? Dis-moi : tu déclares véritablement par toutes tes paroles, en confessant et l’homme humble et Celui qui habite dans l’homme, Dieu au-dessus de tout, mais tu as soumis la doctrine au sujet du Verbe, ayant aiguisé ta langue comme celle d’un serpent contre le Sauveur de tous, le Christ. Car avançant ceci : de même que Dieu, voulant faire miséricorde, demeure immuable et inaltérable, ainsi l’homme a été souverainement glorifié par Dieu le Verbe qui habite en lui ; ou s’il a été uni par une égalité habituelle, il demeure de nouveau dans l’humilité de la nature humaine, en nommant l’homme séparément et Dieu le Verbe séparément. Car, emporté par des pensées trompeuses et tournant çà et là les mêmes discours, comme une porte qui tourne sur place, voulant séduire les plus simples par l’ornement des paroles. Mais nous avons appris des écrits divins que le Christ est homme et qui le connaîtra, comme le dit le prophète Jérémie ; Celui-ci est notre Dieu, et nul autre ne sera compté auprès de Lui que le Verbe issu de Dieu le Père, apparu sur la terre et ayant vécu avec les hommes ; et Paul dit aussi : l’homme Christ Jésus, et « de qui est issu le Christ selon la chair, Lui qui est au-dessus de tout, Dieu béni pour les siècles, amen ». Or donc, étant dans la forme du Père, et Dieu le Verbe s’étant incarné, l’apôtre a dit en particulier […] Son anéantissement volontaire pour nous, et Son humiliation ; et il nomme Seigneur de gloire Celui qui s’est fait homme selon l’économie et a été crucifié pour nous, afin que nul ne croie en prêchant deux natures et deux fils ; mais quand bien même un ange du ciel oserait altérer la foi orthodoxe…230231232
[…] foi, qu’un tel soit anathème et le demeure ! Que les fauteurs d’hérésie cessent désormais d’[affirmer] effrontément deux natures, afin de ne pas prêcher deux Christs au monde ; car parler d’une dualité à propos de l’unique Christ implique l’idée de deux [êtres] et, pris séparément l’un de l’autre, cela est saisi par la pensée. Nulle part l’Écriture divinement inspirée n’a rien écrit de tel au sujet du Christ, mais elle a partout enseigné une seule personne du Dieu Verbe incarné. Elle l’a proclamé Christ, et Fils, et Seigneur, et homme, et Fils de l’homme, et Dieu, en lui attribuant aussi bien ce qui est propre à Dieu que ce qui est humain ; car nul ne peut être dit [exister] sans l’autre, ni ne peut être énoncé séparément à propos de l’unique et indivisible Christ. Car il a tout pris en toutes choses et entièrement ; et l’un par rapport à l’autre, ils ne sont point deux choses distinctes. Mais ce qu’il nomme abaissement est la gloire des chrétiens : sa conception sans altération et sa naissance de la sainte Vierge, toutes les réalités humaines, et la croix même du Christ, son ensevelissement et sa résurrection, car le bienheureux Apôtre s’écriait en disant : « Pour moi, à Dieu ne plaise que je me glorifie, sinon dans la croix du Christ ! »
Témoignages de nos bienheureux pères et évêques, confirmant ce qui a été dit par nous, et renversant les impies hérésies des schismatiques susmentionnés
Du bienheureux Athanase, archevêque d’Alexandrie :
« C’est pourquoi, le corps étant né de la Théotokos Marie, lui-même est dit être né, lui qui donne aux autres l’existence, afin de changer en lui-même notre génération. »
Du même, de la lettre à Épictète :
« Comment donc ont osé douter ceux qui sont appelés chrétiens, si le Seigneur venu de Marie, Fils […] par substance et par nature de Dieu, mais selon […]233234
… de la chair issue de la descendance de David, et selon la chair issu de la sainte Marie.
Et qui donc a été assez téméraire pour dire que le Christ ayant souffert dans la chair et ayant été crucifié n’est pas le Seigneur et Sauveur et Dieu et Fils du Père ? Ou comment voudraient être appelés chrétiens ceux qui disent que le Verbe est venu dans un homme saint, comme en l’un des prophètes, et non pas que lui-même est devenu homme en prenant chair de Marie, mais qu’autre est le Christ, et autre le Verbe de Dieu, qui est avant les siècles le Fils du Père ?
Du bienheureux Jean, évêque de Constantinople :
« Le non-étant devient étant et l’étant devient ce qu’il n’était pas. Car, étant Dieu, il devient homme, sans être déchu d’être Dieu. »
Du bienheureux Cyrille, archevêque d’Alexandrie, dans les [réfutations] de Théodoret :
« Comment donc dis-tu que le Verbe de Dieu s’est uni à la semence de David ? Car si tu as attribué le sacerdoce à l’un [qui est issu] de la semence de David — puisque, si l’union est véritable, ils ne sont nullement deux en aucune façon, mais un seul et unique, le Christ étant conçu à partir de deux —, il est dès lors manifeste que feindre de confesser l’union revient à tromper les pensées des esprits les plus simples ; mais ils confessent une conjonction extérieure et par disposition, telle que nous l’avons obtenue, nous qui sommes montrés participants de la nature divine par le Saint-Esprit. »
Du même, dans l’Explication du XIᵉ anathématisme :
« Et de même que le corps de chacun de nous est dit propre, particulièrement le sien, ainsi doit-il être conçu à l’égard de l’unique Christ. Car bien qu’il soit de même genre que nos corps, ou consubstantiel, du fait qu’il est né d’une femme, il est conçu et dit, comme je l’ai dit, sien en propre ; et parce que le Verbe issu de Dieu le Père est vie par nature, il a manifesté son propre corps comme vivifiant, afin que par là advînt pour nous une bienfaisance vivifiante, car le Christ disait aussi : « En vérité, en vérité, je vous le dis, je suis le pain descendu du ciel et qui donne la vie au monde » ; et encore : « Et le pain même que je…
donnerai, est ma chair, pour la vie du monde « et encore : « Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi, et moi en lui ».
Du même, tiré des Scholies :
« Cherchant donc et voulant apprendre ce qu’est assurément l’incarnation et l’inhumanation du Dieu Verbe, considérons qu’il ne s’est point associé un homme comme par conjonction dans l’égalité de la dignité ou de la puissance, ou selon la seule homonymie de la filiation, mais qu’il est véritablement devenu homme comme nous ; après cela, possédant de manière inaltérable et sans confusion, conservant intact pour sa propre nature ce qui a été assumé, étant devenu par économie chair et sang. Un seul est donc, avant l’inhumanation, celui qui est nommé par les Écritures divinement inspirées Monogène, et Verbe, et Dieu, image et rayonnement et empreinte de l’hypostase du Père, vie, gloire, lumière, sagesse, puissance, bras, droite, Très-Haut, magnificence, Seigneur Sabaoth, et par d’autres noms de cette sorte, véritablement dignes de Dieu. Mais après l’inhumanation : homme, Christ Jésus, propitiation, médiateur, prémices de ceux qui se sont endormis, premier-né d’entre les morts, second Adam, tête du corps de l’Église, et pour la suite le réceptacle des noms ; car tous lui appartiennent en propre, tant les premiers que les derniers pour les temps éternels. Ainsi donc, un seul est le Dieu véritable avant l’inhumanation, et demeuré tel par l’inhumanation, tel qu’il était, est et sera. »
Chapitre des blasphèmes tirés de la lettre de Léon
« 5. Car chacune des deux formes opère en communion avec l’autre ce qui lui est propre : le Verbe accomplissant ce qui appartient au Verbe, et le corps exécutant ce qui appartient au corps ; car l’un resplendit par les miracles, tandis que l’autre a succombé sous les outrages. »235236
Extraits des hérétiques, avec lesquels concordent les propos tenus précédemment par Léon.
Blasphèmes de Paul de Samosate l’hérétique :
Il a été dit qu’une vierge enfanterait. La vierge enfanta, l’enfantement de la vierge est Jésus-Christ ; or Jésus-Christ a souffert, et par ses souffrances il nous a fait vivre. Le savant a été envoyé pour porter l’infirmité, et l’ensevelissement de l’homme a été aboli du milieu [de nous], et il a souffert la passion, comme une brebis menée à l’égorgement, comme un agneau muet devant celui qui le tond. Ce qui est écrit ne peut pas être détourné de notre foi.
De Nestorius l’hérétique, 3ᵉ chapitre des blasphèmes :
« Ce Jésus, dit-il, Dieu l’a ressuscité », celui qui est visible, celui que les yeux peuvent voir, [attaché] au bois, que les mains de Thomas ont touché, celui qui crie d’une voix forte : « Palpez-moi, car un esprit n’a ni chair ni os, comme vous voyez que j’en ai ». Et le disciple, convaincu par ces paroles et par la recherche du corps du crucifié, convaincu au sujet de la résurrection, glorifie comme Dieu celui qui fait des miracles : « Mon Seigneur et mon Dieu » ; non pas en appelant Dieu ce qui a été touché, car ce n’est point par le toucher que Dieu se trouve.
Du même, tiré du troisième livre, chapitre 10 :
Or, si seulement Dieu existait, il fallait dire, ô Apollinaire : « Pourquoi cherchez-vous à me faire mourir, [moi] Dieu qui vous ai dit la vérité ? » C’est lui qui a reçu la couronne d’épines, c’est lui qui dit : « Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? », c’est lui qui a enduré l’accomplissement des trois jours.
Blasphèmes de Théodoret l’hérétique, tirés de la contradiction du douzième anathématisme :237238239240241242243244
la passion étant le propre de ce qui subit ; car l’impassible est supérieur aux passions. Il a donc souffert, la forme d’esclave étant avec elle, c’est-à-dire avec la forme de Dieu.
Et encore :
Ce n’est donc pas Dieu qui a souffert, mais l’homme pris de nous par Dieu ; c’est pourquoi aussi le bienheureux Isaïe s’écrie : « Un homme qui est dans les blessures » ; et le Seigneur Christ lui-même disait aux Juifs : « Pourquoi cherchez-vous à me tuer, moi, un homme qui vous ai dit la vérité ? » Or, ce n’est pas la Vie elle-même qui est tuée, mais la nature qui possède la mortalité ; et enseignant cela ailleurs, le Seigneur dit aux Juifs : « Détruisez ce sanctuaire, et en trois jours je le relèverai ». C’est donc ce qui descend de David qui a été détruit, mais le releva, lui qui avait été détruit, le Dieu Verbe Monogène, engendré du Père de manière impassible avant les siècles.
Du même :
97. Mais la dignité du souverain sacerdoce selon l’ordre de Melchisédech, car cela convenait à l’humilité de la nature et non au Dieu Verbe qui peut tout partout ; c’est pourquoi aussi, un peu avant, le bienheureux Paul écrit : « Car nous n’avons pas un souverain prêtre incapable de compatir à nos faiblesses, mais éprouvé en toutes choses selon notre ressemblance, sans le péché ». Or fut mise à l’épreuve de nos passions, sans péché, la nature prise de nous pour nous, et non celui qui l’a prise pour notre salut.
Réfutation des propos tenus par Léon et par les hérétiques avant lui.
Or, si vous niez ouvertement le mystère de l’économie avec la chair du Christ, il fallait245246247248
d’une voix plus claire, crier effrontément au Christ, à la manière des anciens Juifs, et dire : « Pourquoi, étant homme, te fais-tu toi-même Dieu ? » Mais si le Verbe unique-engendré de Dieu s’est fait homme, et a recherché pour notre salut l’anéantissement volontaire 249 de la stature, une seule est donc sa personne, et c’est à lui-même que nous attribuons les choses convenant à Dieu et les choses humaines, car « il y a un seul Seigneur Jésus-Christ, par qui sont toutes choses, et nous par lui ». « Un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême », selon la voix du bienheureux Paul. Ce n’est pas, comme il semble à ce nouveau docteur, que notre Seigneur Jésus-Christ est double en forme, de sorte que les formes auraient des opérations propres, ou qu’il faille distinguer deux personnes dans le Christ ; car chacune des deux formes signifierait doublement des personnes sur le seul Christ, ce qui est impie. De même aussi, le terme « avec l’autre » et encore « l’égalité » nous désignent impudemment deux Christs ; car on ne dit pas « l’autre » à propos d’un seul, et l’on ne dit jamais que quelqu’un est égal à lui-même, mais toujours à un autre en toutes choses. Et nul parmi ceux qui ont appris à penser droitement ne se trouvera à enseigner de telles choses au sujet de l’unique personne du Verbe de Dieu incarné de manière immuable.
Car « Ce qui était dès le commencement, dit le bienheureux Jean l’évangéliste, ce que nous avons entendu », désignant le Verbe du Père avant les siècles, « c’est lui, dit-il, que nous avons aussi vu de nos yeux, et que nos mains ont touché » ; afin qu’aucun des hérétiques ne calomnie les paroles divinement inspirées proférées par lui, il montre avec certitude le Verbe de Dieu incarné sous un seul mode et dit, au sujet du Verbe de vie, en répétant ces paroles : « Et nous avons vu et nous rendons témoignage, et nous vous annonçons la vie éternelle » — laquelle ? dis-le clairement, ô évangéliste ! — « qui était, dit-il, auprès du Père et qui nous est apparue ». Et il répète une troisième fois la parole touchant la vision de l’unique nature incarnée, de manière immuable, du Verbe de Dieu, n’enseignant nulle part deux formes sur le Christ, ni deux personnes, mais un seul et même être ; et il a attribué à lui, au seul Christ, les choses convenant à Dieu et les choses humaines, car à la fin de l’épître il a enseigné de nouveau au sujet du Christ en disant : « Et nous savons que
« Le Fils de Dieu est venu et nous a donné l’intelligence pour que nous connaissions le Dieu véritable, et nous sommes en son Fils véritable Jésus-Christ. C’est lui qui est le Dieu véritable et la vie éternelle. » Mais si le Verbe opère ce qui lui est propre, comme cela paraît à ce nouveau Nestorius, [et s’il est] étranger à la divinité et à la nature immaculée d’être vue et de souffrir, et qu’il est particulièrement propre à la nature humaine d’être telle, de même il est étranger à l’homme d’être appelé Dieu véritable, alors que cela est propre à Dieu seul. Le théologien évangéliste Jean a-t-il donc menti ? À Dieu ne plaise ! Mais c’est plutôt le concile des hérétiques qui s’oppose effrontément aux Écritures divinement inspirées. Ils ne croient pas que « Dieu est apparu sur la terre et a conversé avec les hommes », selon la voix du prophète ; ils ne croient pas que « le Verbe s’est fait chair », tout en demeurant dans sa nature immuable ; ils n’admettent pas l’anéantissement volontaire et la pauvreté de Dieu le Verbe, accomplis selon l’économie pour notre salut ; ils n’acceptent pas de confesser la sainte Vierge comme Mère de Dieu ; ils veulent faire briller une seule personne dispensatrice de salut, c’est-à-dire Dieu le Verbe ; ils ne concèdent pas que le corps précieux du Christ soit vivifiant ; ils n’acceptent pas que celui qui est issu de la descendance de David règne sur la maison de Jacob pour l’éternité et que son règne n’ait pas de fin, s’étant effrontément opposés à l’archange Gabriel ; car leur secte l’assujettit à la seule passibilité, et quoiqu’il soit tout à fait étranger à la nature de l’homme de régner sous son autorité pour l’éternité, cela est propre et convenable à Dieu seul.
Ainsi donc, nous n’avons point appris des saints par les Écritures divinement inspirées deux formes en un seul Christ, ni [deux natures] individualisées par l’opération sous deux formes, ni une égalité d’habitus ou une conjonction telle que chacun de nous est dit l’avoir envers son prochain, ni chaque personne propre et séparée, l’une éclatante par les miracles et l’autre assujettie à la passibilité ; mais nous avons appris et nous croyons en une seule nature incarnée de Dieu le Verbe, sans changement.250
Témoignages des bienheureux pères et évêques qui confirment ce qui a été dit par nous, et chassent au loin les hérésies impies des sectateurs susmentionnés.
Du bienheureux Athanase, archevêque d’Alexandrie :
« Or, si le corps appartenait à un autre, c’est à cet autre que l’on attribuerait les souffrances ; mais si le corps appartient au Verbe, puisque » le Verbe s’est fait chair » (Jn 1, 14), il est nécessaire d’attribuer aussi au Verbe les souffrances du corps. Et à Celui auquel sont attribuées les souffrances appartiennent aussi les bienfaits et la grâce. »
Du bienheureux Grégoire, évêque de Nysse :
« « Ayez en vous, dit-il, les sentiments qui étaient en Jésus-Christ, lequel, existant en forme de Dieu, n’a point regardé comme une proie d’être égal à Dieu, mais s’est dépouillé lui-même, prenant la forme d’un serviteur » (Ph 2, 5-7). Qu’y a-t-il de plus pauvre pour Dieu que la forme de serviteur ? Qu’y a-t-il de plus humble pour le Roi de toutes choses, sinon de venir volontairement jusqu’à l’égalité de la pauvreté de notre nature ? Le Roi de ceux qui règnent et le Seigneur de ceux qui dominent prend sur lui la forme de la servitude ; le Juge de tout devient soumis au tribut des puissants ; le Seigneur de la création naît dans une grotte ; Celui qui contient tout ne trouve pas de place dans l’hôtellerie, mais est couché dans une mangeoire d’animaux sans raison ; le Pur et l’Immaculé prend sur lui la souillure de la nature humaine et, ayant traversé toutes nos pauvretés, parvient jusqu’à l’épreuve de la mort. Voyez-vous la mesure de Sa pauvreté volontaire ? La Vie goûte à la mort ; le Glorieux est conduit au jugement ; le Seigneur de la vie des êtres est compté parmi les condamnés ; le Roi de toute puissance transcendante ne fuit point les mains de ceux qui se saisissent de lui. »
Du bienheureux Cyrille, archevêque d’Alexandrie, du 4ᵉ anathématisme :
« Si quelqu’un [distribue] entre deux personnes ou subsistances les écrits évangéliques et apostoliques251252
… distribue les expressions, soit celles dites au sujet du Christ par les saints, soit par lui-même à son propre sujet, et certaines comme à un homme, parce qu’il les applique en les comprenant spécialement au Verbe issu de Dieu, et celles qui conviennent à Dieu au seul Verbe de Dieu le Père, qu’il soit anathème ».
De même aussi celle de Théodoret.
Or, lorsque nous le séparerons des réalités et des paroles humaines, il est évident que nous ne distinguerons en rien le Verbe Unique-Engendré de Dieu à la manière de ceux-là, si tant est que cela fût possible, si ce n’est pour ceux qui le dépouillent de la chair et sont incrédules envers les écrits divinement inspirés, et qui détruisent entièrement le mystère de l’incarnation, le salut du monde, l’espérance, la foi, la résurrection.
Chapitre des blasphèmes tirés de la lettre de Léon.
« Et voici qu’il est Dieu selon ceci, en tant qu’« au commencement était le Verbe, et le Verbe était auprès de Dieu, et le Verbe était Dieu » ; et homme selon ceci, en tant que « le Verbe s’est fait chair et a habité parmi nous » ; et Dieu selon ceci, en tant que « tout a été fait par lui, et sans lui rien de ce qui a été fait n’a été fait » ; et homme selon ceci, en tant qu’il « est né d’une femme, né sous la Loi », etc. Et la naissance de la chair est révélatrice de la nature humaine, tandis que l’enfantement de la Vierge est la manifestation de la puissance divine ; et l’enfance du tout-petit se reconnaissait à l’humilité des langes, tandis que la grandeur de sa majesté est démontrée par la voix des anges ; et il est semblable aux nouveau-nés de la race des hommes, celui qu’Hérode voulait impieusement tuer, mais il est le Seigneur de tous, celui que les mages se réjouissent d’adorer en priant. »
Blasphèmes de l’hérétique Nestorius, avec lesquels concordent les paroles de Léon susmentionnées :
« Il a revêtu sa propre nature, car le Verbe a reçu l’humanité comme une tente. »253254255256
Et encore :
« « Il a envoyé son Fils né d’une femme, dit-il, né sous la Loi » 1) ». Il fait allusion ici aux deux natures, et il attribue l’état d’enfant à l’humanité.
Et encore :
« Afin qu’il soit désormais montré par les mages qui est celui qui a été adoré par eux, et vers qui les a conduits la grâce de l’Esprit Saint. Car ce n’était pas simplement comme un enfant revêtu de Dieu, mais comme un corps ineffablement uni à Dieu ».
Et encore :
« Car cet enfant visible, cet être vu pour un temps, cet être ayant besoin de langes corporels, cet être nouveau-né selon l’existence visible, est le Fils éternel selon la prédication, le Fils de l’Artisan de toutes choses ».
Réfutation contre les paroles susdites de Léon et des hérétiques qui l’ont précédé§
Il est revenu derechef au principe même de ses blasphèmes, en interprétant celui qui a dressé sa tente parmi nous comme si le Dieu Verbe avait dressé sa tente dans l’homme issu de Marie, et non point comme si le Dieu Verbe était devenu homme en vérité ; mais en professant hérétiquement un seul Christ selon l’un et l’autre. Et pour que nous fassions connaître ce qui a été dit par lui, il a ajouté comment il pense au sujet de celui qui est né de la Vierge en le déclarant ; car c’est une naissance d’homme et une nature humaine ou un homme particulier qu’il enseigne par hérésie être né d’elle, tandis qu’il dit que le fait de demeurer vierge est la démonstration de la Vierge et la manifestation de la puissance de Dieu cachée en lui, voulant prouver, comme il me semble, qu’il s’agit d’une chose et d’une autre. Il départit les abaissements à l’enfant emmailloté dans des langes, tandis qu’il a assigné les actes de puissance et les grandeurs à celui qui a dressé sa tente dans l’enfant né ou qui habite en lui. C’est pourquoi aussi, par deux propositions, il dit : lequel Hérode s’efforçait-il de tuer, et lequel les mages ont-ils adoré ? Car il ne pouvait pas manifester plus clairement la dualité, puisqu’il ne voulut pas un seul…257
ayant montré, dit-il, que celui-ci est celui qui devait souffrir telle chose, et celui-là celui à qui il convenait d’être glorifié et adoré ; car au moyen de celui-ci et de celui-là, il a désigné ce nom et ce nom, selon la coutume de son propre blasphème.
Mais en opposition à lui s’ordonne vaillamment ce qui est divinement inspiré dans les Écritures. Car qu’au commencement était le Verbe et qu’il était Dieu, devenu chair sans changement, nous l’a prêché le bienheureux Jean, c’est-à-dire homme en vérité tout en demeurant ce qu’il était, et ayant dressé sa tente parmi nous les hommes ou ayant habité par le Saint-Esprit, comme nous l’avons dit plus haut au commencement de ses blasphèmes. Car le Créateur de toutes choses est devenu homme d’une femme, s’étant incarné et étant né d’elle, comme lui seul connaît la merveille de ce mystère ; lui-même étant Dieu par nature, lui-même étant devenu homme selon l’économie, pour notre salut. Et il a été sous la Loi, non comme assujetti à la Loi, étant lui-même Législateur comme Dieu et avec la chair ; car il faisait savoir à son propre sujet par Isaïe en disant : « Moi qui parle, je suis présent, comme l’heure sur les montagnes, comme un messager de bonne nouvelle faisant entendre la paix ». Car « Lui-même était le Seigneur parmi eux sur le Sinaï, dans le sanctuaire, le législateur des fils d’Israël, étant monté dans les hauteurs, et emmenant captive la captivité, et donnant des dons aux hommes », selon la parole du bienheureux Paul ; disant comme Dieu dans les Évangiles : « Il a été dit ceci et cela dans la Loi, mais moi je vous dis », légiférant avec autorité comme Dieu. Ce n’est donc pas comme assujetti désormais à la Loi qu’il a été sous la Loi, mais afin de nous accorder la liberté de l’adoption par le don gratuit du Saint-Esprit ; car « Le Christ nous a rachetés de la malédiction de la Loi par son propre sang », et « C’est pour la liberté que le Christ nous a libérés ». Donc Dieu est Celui qui est né de la Vierge ; car il est l’Emmanuel, ce qui se traduit « Dieu avec nous ». L’Emmanuel nouveau-né fut enveloppé de langes, non pas méprisable à cause des langes, n’ayant même nul besoin de cela, mais afin de montrer l’économie accomplie selon la vérité, pour qu’il ne soit point estimé être devenu homme en apparence. Lui-même fut glorifié par les anges comme258259260261262263
Christ, Seigneur et Sauveur, et Il fut adoré par les mages comme vrai Dieu, selon la voix de Jean ; Lui-même fut recherché par Hérode et persécuté par les Juifs, et Il a vaincu le monde en tant que Dieu ; et Il commande aux disciples d’avoir courage en disant : « Ayez courage, j’ai vaincu le monde ». Qui est parmi les hommes le vainqueur du monde, comme dit le bienheureux Jean, sinon celui qui croit « que Jésus est le Christ, vrai Dieu et vie éternelle » ? Donc le Christ n’est point deux natures, comme il a paru à ce nouveau docteur, mais une seule nature incarnée de Dieu le Verbe, selon la doctrine des saints Pères.
Témoignages de nos bienheureux Pères et évêques, confirmant ce qui a été dit par nous et renversant les sectes impies des hérétiques susmentionnés§
Du bienheureux Athanase, archevêque d’Alexandrie, extrait du quatrième Discours contre les Ariens :
Quiconque aborde désormais les écrits divins trouvera dans les anciens [livres] ce qui est obscur ; mais dans les Évangiles, il verra le Seigneur devenu homme ; car « le Verbe, dit-il, s’est fait chair et a dressé sa tente parmi nous ». Il est donc devenu homme et n’est pas venu dans un homme ; car cela aussi, il est nécessaire de le savoir.
Du même, Sur la croix :
Car comme Isaïe prophétisait qu’Emmanuel naîtrait d’une femme sans l’expérience du mariage, Lui-même, né de la Vierge Marie et étant Dieu, accomplissait la parole du prophète.
Du bienheureux Grégoire, évêque de Néocésarée, extrait du Discours sur l’incarnation et la foi :
Et si l’on dit maintenant que le Christ a reçu une grâce parfaite, comme l’un des prophètes, il s’ensuit qu’un homme a été [produit] par l’incarnation venant de la Vierge.264265266
Du bienheureux Basile, contre ceux qui nous calomnient en disant que nous affirmons trois Dieux :
Comme homme, soumis au temps ; comme Dieu, avant les temps. Non pas sous forme d’apparence, mais en vérité selon les deux : Dieu et homme. Il était Dieu, Il devint homme par l’économie. Il n’a pas d’abord été [homme] pour être ensuite [Dieu], mais Il était d’abord [Dieu] et devint ensuite [homme]. Que nul donc, en raison de l’économie, ne retranche la divinité du Fils unique ; car ce sont là des appellations d’hérétiques et des égarements de manichéen.
Du bienheureux Jean, extrait des [homélies] abrégées sur l’Évangile selon Jean :
Car, tout comme un artisan remarquable prenant un palais délabré, [Il prit] alors la commune nature des hommes ; ainsi, Il en combla les parties mutilées, affermit celles qui s’étaient séparées et dissoutes, et releva ce qui était entièrement tombé.267
Du bienheureux Cyrille, archevêque d’Alexandrie, extrait de l’écrit : Qu’un seul est le Christ :
Allons, vers où donc de leur esprit et de leurs pensées s’égarent ceux qui professent cette opinion ? Ou bien, quand ne parlent-ils pas d’une dualité de fils, en séparant l’un de l’autre l’homme et Dieu, s’il y a selon eux l’un qui est Fils par nature et en vérité, et l’autre qui est fils, possède l’adoption et est parvenu à cette dignité parce que le Verbe a habité en lui ?
Du même, contre Théodoret :
Dès lors, nous affirmons que le saint corps de notre Sauveur à tous, le Christ, est vivifiant ; car il n’appartient pas vainement à un homme ordinaire semblable à nous, mais il est propre à Dieu de la même manière qu’il advient à chacun de dire que son propre corps lui appartient en propre.
Du même, de l’explication du quatrième anathème :
Ainsi donc, au comble de l’union, entièrement conser
…agréé, quelle subtilité ou apparence de division y introduira-t-on ? Et celui qui ose diviser, comment ne s’écarte-t-il pas de la voie droite et ne devient-il pas tout à fait étranger à la vérité ?
Du même, du traité adressé aux Reines, 7 :
« Dès lors, diviser l’Unique est indigne. Car le Père ne se trouvera plus avoir donné son propre Fils, s’il est divisé en un homme. »
Septième chapitre des blasphèmes tirés de la lettre de Léon.
Mais lorsqu’il vient au baptême de son précurseur Jean, afin que ne soit pas ignorée la divinité, bien qu’elle fût cachée sous le voile de la chair, la voix du Père proclamant du haut du ciel dit : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j’ai mis toute mon affection »¹.
Témoignages des hérétiques auxquels font écho les paroles susdites de Léon.
Blasphèmes de Paul de Samosate, hérétique :
« Ce qui est apparu n’était pas la Sagesse, car elle ne pouvait se trouver sous une forme ni dans l’aspect d’un homme, puisqu’elle est plus grande que les choses visibles. »
Blasphèmes de Nestorius, hérétique :
« À cause de Celui qui a revêtu, je vénère ce qui a été revêtu ; à cause de Celui qui est caché, j’adore ce qui est visible. »
Du même :
« Nous gardons dès lors sans mélange l’union des natures ; nous confessons que l’homme [est] Dieu… »
Blasphèmes de Théodoret, hérétique :
« Et que le berceau, les langes, les nécessités des enfants et les nombreuses bassesses [appartiennent] en propre à l’humanité ; tandis que la course des mages et la conduite de l’étoile… »268
… l’économie prêche la divinité de Celui qui était caché.
Réfutation des paroles proférées par Léon et, avant lui, par les hérétiques§
C’est avec justesse que sur ces nouveaux docteurs aussi sera dit ce qui a été dit par le Sauveur aux Sadducéens : « Vous errez, ne connaissant ni les Écritures ni la puissance de Dieu » (Mt 22, 29 ; Mc 12, 24). Car tandis qu’il était encore dans le sein d’Élisabeth, le Précurseur Jean tressaillit d’allégresse, ayant reconnu dans le sein de la Vierge son Seigneur incarné. Puis, une fois né, il est appelé précurseur du Très-Haut, c’est-à-dire du Christ, par Zacharie son père, dans la parole de la prophétie. De plus, avant que le Seigneur ne vînt au Jourdain, il parlait d’avance de Lui au peuple. Et lorsque le Seigneur vint vers Jean au Jourdain, s’avançant de ses propres pieds, Jean le retenait, ayant reconnu son Seigneur et son Dieu avant la voix venant du Père depuis les cieux.
Comment donc calomnie-t-il la vérité, ce nouveau docteur, en disant : « Car il ne faisait pas savoir qu’il est Lui-même le Fils unique de Dieu » ? Il qualifie de nouveau de voile sur le Christ la chair devenue à part et selon une partie, ou encore l’homme ; et cachée sous ce voile, dit-il, Dieu le Verbe, qui ne voulait point apparaître au monde. De sorte que, selon lui, si le Père n’avait point fait entendre sa voix depuis le ciel, Lui-même ne se serait point manifesté au monde. Et qui donc l’a contraint à apparaître sur la terre et à converser avec les hommes, selon la voix du prophète ? Et c’est ainsi qu’à son propre sujet, par les prophètes, Il le déclarait d’avance au monde, disant autrefois par la bouche de Salomon : « Et maintenant, Seigneur Dieu d’Israël, que soit confirmée ta parole à David mon père, que véritablement Dieu habitera avec les hommes sur la terre » (1 R 8, 26-27). Et de nouveau, par le Psalmiste, il dit : « Dieu viendra ouvertement, notre Dieu, et il ne gardera point le silence » (Ps 49, 3). Et encore par les prophètes : « Et soudain viendra dans son temple le Seigneur que vous cherchez, et l’ange de l’alliance que vous désirez » (Ml 3, 1). Et de nouveau : « Réjouis-toi grandement, fille…269270271272273274275
[Sion,] voici ton roi qui vient à toi, juste et sauveur, humble et monté sur un âne et sur un ânon nouveau » ; et encore : « À l’approche des années tu seras connu, quand le temps sera proche tu te manifesteras ; lorsque ton âme sera troublée par la colère, tu te souviendras de ta miséricorde. Dieu viendra de Théman » ; et encore par Isaïe : « Voici notre Dieu, voici le Seigneur qui vient avec puissance, et son bras avec souveraineté ». Et comment le Père pouvait-il révéler par sa voix : « Celui-ci est mon Fils », s’il n’était pas visible selon toi, mais caché ? Car Il ne dit pas « celui-ci » au sujet de quelqu’un qui n’apparaît pas. Mais convenait-il donc, selon tes froides fables, de dire au sujet de celui qui était caché : « Celui-là est mon Fils bien-aimé, celui qui est caché, et non pas celui-ci, qui est vu » ? Ô combien grande est l’impiété de fond en comble, de confesser deux Christs ! Tantôt en disant que la chair est une demeure et Dieu le Verbe celui qui y habite, tantôt en affirmant deux natures séparées, tantôt encore sous deux formes et personnes, et cela de nouveau par dissimulation et occultation de Dieu le Verbe !
Mais nous, suivant les Écrits divinement inspirés et les enseignements de nos saints Pères et docteurs de la sainte Église, nous croyons que l’Intouchable et l’Invisible, Dieu le Verbe, est devenu volontairement palpable et visible pour notre salut. Celui-ci, qui est devenu visible, qui est apparu et a marché sur la terre, le Père l’a montré au Jourdain et sur la montagne devant les disciples, en disant : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j’ai mis toute mon affection » ; et témoignent au sujet de notre Seigneur et Dieu les saints Pères qui nous ont précédés, gardiens et docteurs de la foi droite, confessant une seule nature incarnée de Dieu le Verbe, le Christ, et une seule personne sienne, et ils Lui attribuent ce qui est digne de Dieu en tant qu’Il est Dieu, et les choses humaines en raison de l’économie de la chair.276
Du bienheureux Grégoire, évêque de Néocésarée, tiré du Traité par parties sur la foi :
« Et Il est Dieu véritable, incorporel apparu dans un corps, parfait en vérité et en divine perfection ; non pas deux personnes ni deux natures, car nous ne disons pas non plus d’adorer quatre [personnes] : Dieu, le Fils de Dieu, l’homme et le Saint-Esprit* ; c’est pourquoi nous anathématisons aussi ceux qui se sont ainsi montrés impies, qui introduisent un homme dans la glorification divine. Mais nous disons que le Verbe de Dieu s’est fait homme pour notre salut, afin que nous recevions la ressemblance du [Père] céleste et que nous soyons divinisés, à la ressemblance selon la nature du véritable Fils de Dieu, mais selon la chair, du Fils de l’homme, notre Seigneur Jésus-Christ. »
Du bienheureux Cyrille, archevêque d’Alexandrie, cinquième anathème :
« Si quelqu’un ose dire que le Christ est un homme théophore et non pas plutôt Dieu en vérité, comme Fils unique et par nature, selon ce que le Verbe s’est fait chair et a participé semblablement à nous au sang et à la chair, qu’il soit anathème. »
Et peu après :
« Mais ce n’est pas comme Il habite en nous que Dieu habite ainsi dans le Christ ; car Il était Dieu par nature, apparu selon nous, un et unique Fils, même lorsqu’Il s’est fait chair. »
Du même, tiré des Scholies :
« Si le Christ était un homme théophore, Il serait donc devenu Lui aussi un sanctuaire de Dieu. Comment donc le Christ est-Il en nous ? Est-Il comme un sanctuaire dans des sanctuaires, ou plutôt comme Dieu dans des sanctuaires par l’Esprit ? Mais de quelle manière Son corps est-Il l’instrument propre de Lui seul — car il fallait qu’il en fût ainsi —, et non pas comme celui des autres en qui a habité le Dieu de tous ? »
Du même, tiré de l’Explication du quatrième anathème :
« Car c’est à une seule personne qu’il faut attribuer tout ce qui est dans les Évangiles…277
… est la voix d’une seule hypostase du Verbe incarné. Car il y a un seul Seigneur Jésus-Christ, selon les Écritures.
Du même, tiré du Commentaire de l’Oracle :
Mais regarde ceci : à l’homme qui luttait avec lui, il dit voir Dieu face à face, et il le nomme forme de Dieu ; car le Verbe de Dieu demeure, même devenu homme, dans la forme du Père.
Du même, à Théodose :
Il dit que des présents furent apportés par les mages en hâte et, divisant en deux l’intelligible et le visible, et de nouveau, après l’union, pour lui-même le Seigneur Jésus-Christ devint visible, non par un changement de nature, mais par l’union avec le corps visible ; car l’Écriture sacerdotale dit que les saints apôtres devinrent les témoins oculaires et les serviteurs du Verbe. Et cela n’est pas évident pour tout un chacun, de quelle manière le Verbe issu de Dieu le Père est incorporel et intangible, mais on trouve les saints disciples disant : « Ce qui était dès le commencement, ce que nous avons entendu, ce que nous avons contemplé de nos yeux, ce que nous avons vu et que nos mains ont touché concernant le Verbe de vie »^b.
Huitième chapitre des blasphèmes tirés de la lettre de Léon :
Car avoir faim, avoir soif, se fatiguer et dormir relève manifestement de l’homme ; mais rassasier cinq mille hommes avec cinq pains et accorder à la Samaritaine l’eau vive dont le fait de boire empêchait d’avoir encore soif, et marcher sur le dos de la mer sans que les pieds ne s’enfoncent, et ramener le calme en réprimandant le soulèvement des vagues par la tempête, relève indubitablement de Dieu.
Extraits des hérétiques avec lesquels concordent les paroles susdites de Léon :
Blasphèmes de l’hérétique Nestorius :
Et pour que je dise ces choses de manière plus assurée et facile à recevoir pour tous, celles d’Arius, d’Eunome et de tout leur chœur…278279
… de pareilles portes empressez-vous d’introduire le terme « Mère de Dieu », comme s’il y avait eu mélange et que les deux natures n’étaient pas divisées, [ou] de ne rien attribuer des bassesses à l’humanité, et d’affirmer par suite qu’elle est née de la divinité, comme si toutes choses étaient dites d’un seul, non selon la dignité de la conjonction, mais selon la nature. Car il y a un seul Christ, un seul Seigneur ; mais sur le Christ, sur le Fils Unique, dis-je, et Christ et Fils [s’appliquent] tantôt à la divinité, tantôt à l’humanité.
Blasphèmes de l’hérétique Théodoret tirés de ses anathématismes :
« Où justifiera-t-on la faim et la soif ? Où la fatigue et le sommeil ? Où l’ignorance et la crainte ? Et le fait d’avoir eu besoin du secours d’un ange, si ces choses appartiennent à Dieu le Verbe ? Comment la Sagesse a-t-elle ignoré ? Et comment sera-t-elle appelée sagesse si elle a la maladie de l’ignorance ? Et comment sera-t-il vrai de dire qu’il possède tout ce qui appartient au Père, s’il n’a pas la connaissance du Père ? Car seul le Père, dit-il, connaît ce jour-là. Comment serait-il l’image immuable de celui qui l’a engendré, s’il ne possède pas tout ce qui appartient à celui qui l’a engendré ? »
Réfutation des propos tenus par Léon et par les hérétiques antérieurs à lui
Par la diversité des actes accomplis par le Seigneur — les uns dignes de Dieu et les autres humains —, ils veulent de nouveau diviser notre unique Seigneur Jésus-Christ, en attribuant à Dieu le Verbe ce qui est digne de Dieu, et à l’homme [né] de Marie ce qui est humain. Mais qu’aucun de nous, accoutumés à une pensée droite, ne suive ces docteurs étrangers ! Car les bienheureux évangélistes nous ont enseigné d’une voix concordante et témoignent au sujet de Dieu le Verbe incarné de la sainte et Mère de Dieu Marie : que Dieu le Verbe est né selon la chair de la Vierge, qu’il a été emmailloté et nourri au lait par la sainte Vierge ; que le Seigneur, nourri au lait, a été adoré par les mages et glorifié par les anges auprès des bergers comme Dieu ; que, adoré et glorifié, il est emmené au loin en Égypte à cause de la crainte d’Hérode, se faisant en tout un modèle pour nous. Lui-même reçut le témoignage du Père dans le Jourdain, comme étant le propre et véritable engendré de son…280
de Celui qui l’a engendré. Après avoir sanctifié les eaux pour la purification des baptisés, Celui qui avait reçu le témoignage du Père fut tenté par le Diable après avoir eu faim durant quarante jours. Ayant faim dans le désert, il était servi par les anges, comme étant leur Seigneur. Celui qui était servi par les anges se fatigua du voyage et dit à la Samaritaine, assis sur la source : « Donne-moi à boire » ; et de sa propre langue, il révéla les secrets de la femme samaritaine et lui accorda l’eau vive, raison pour laquelle il fut confessé par elle comme Messie, ce qui se traduit par « Oint ». Or, si tu expliques cela de manière divisée pour le Dieu Verbe, pour quelle raison avait-il besoin d’une langue humaine ? Ayant faim dans le désert et étant servi par les anges, c’est lui-même qui nourrit les foules dans le désert et dit un jour à Philippe, pour l’éprouver : « D’où achèterons-nous des pains pour que ceux-ci mangent ? », sachant lui-même ce qu’il allait faire. Mais une autre fois encore, il demandait : « Combien de pains avez-vous ? », non par ignorance, mais voulant rendre digne de foi ce qui était dit par eux et montrer l’excellence du miracle ; car il feignait maintes fois la forme de l’ignorance par économie, tout en sachant avec certitude l’accomplissement des choses à venir. Celui qui nourrit cinq mille hommes avec cinq pains dormait sur un chevet ; et, ayant dormi sur un chevet, il menaça lui-même les vents comme Dieu et dit à la mer : « Silence, tais-toi ! » ; et à l’ordre de celui qui parlait, il se fit un grand calme. Lui-même marcha sur la mer comme sur un sol, parce qu’il était Dieu incarné, lui ayant fixé des limites et des verrous, car par lui ont été faites toutes choses, celles qui sont dans le ciel et celles qui sont sur la terre, comme le dit Paul ; et en disant « toutes choses », il ne lui laissa rien d’insoumis, car toutes choses lui sont soumises comme des servantes. Si donc le Christ est Dieu incarné de manière immuable et s’il est devenu homme en vérité, né de la sainte Vierge, la sainte Vierge est indubitablement Mère de Dieu, comme ayant enfanté Dieu, l’Emmanuel. Et pour le Dieu Verbe incarné pour notre salut… divisons-nous les actes dignes de Dieu et les actes humains, selon…281
… de la doctrine des saints apôtres et des évêques orthodoxes.
Textes utiles de nos bienheureux pères et évêques, qui confirment nos propos et renversent de fond en comble les sectes impies des hérétiques susmentionnés.
Du bienheureux Théodote, évêque d’Ancyre :
Comme étant un seul et même, divinement glorifié et endurant les réalités humaines. Et que tous soient avec nous d’accord pour confesser cela, eux qui confessent l’union de la divinité et de l’humanité. Car ce qui est uni n’est plus nommé deux, mais un. Mais si quelqu’un retombe dans le doute et que tu considères chacun séparément, alors tu dissous l’union ; car il est impossible de préserver à la fois l’union et de considérer chacun séparément, mais ce qui a été uni est devenu indissolublement un et n’est plus deux. Mais « c’est par la seule pensée que je distingue », dit-il. Donc, par cette même intellection, tu as aussi dissous l’union ; car ce par quoi tu sépares l’un de l’autre, par cela même tu as aussi tranché l’union. Pourquoi donc décomposes-tu l’économie salvifique en concevant deux choses et en méprisant l’union ?
Et après d’autres [paroles] :
Si tu unis par la parole, ne tranche pas par l’intelligence ; mais si tu tranches par ton intelligence, tu as renié l’union. Ne subdivise donc plus en natures distinctes la pensée de Dieu qui a opéré souverainement l’union miraculeuse ; crois au miracle et ne scrute pas par la spéculation ce qui s’est produit, de peur de détruire le miracle en cherchant le Verbe par contestation ; car le Verbe glorieux en miracles ne demeure pas tel s’il est [pleinement] compris.
Du bienheureux Cyrille, archevêque d’Alexandrie, tiré du Trésor, sur le fait que c’est en raison de l’économie qu’il feint d’ignorer :
Le Sauveur dit donc à ses propres disciples : « Laza[re…
« [Laza]re, notre ami, s’est endormi » ; et cela sans que personne ne lui eût parlé de lui, mais comme Dieu qui connaît toutes choses. Puis, ayant fait une longue route avec ses disciples, il vient auprès des sœurs de celui dont il a fait mention et demande : « Où l’avez-vous mis ? » Lui qui savait qu’il s’était endormi, comment ignorerait-il le lieu où gisait le corps ? Mais il le sait, car il est invraisemblable de savoir cela et d’ignorer ceci. De même donc que, pour une certaine raison d’économie, il disait ne pas savoir où gisait Lazare, de même aussi au sujet du jour et de l’heure : bien qu’il dise ne pas savoir, il agit ainsi selon une sage et bonne économie, car il sait.
Et de nouveau :
« Qui les hommes disent-ils qu’est le Fils de l’homme ? » Il use souvent, par économie, d’une feinte d’ignorance ; car il savait ce que les disciples allaient dire ; il formule la question afin qu’en recevant leur réponse, il affermisse la foi.
Et peu après :
S’il est vrai, comme le dit Paul, que « Tout est nu et découvert devant lui », et il est évident qu’il le dit au sujet du Fils ; or cette heure fait partie de toutes choses ; comment ignorerait-il cela, lui aux yeux de qui tout est découvert ?
Au sujet du retranchement de la parole prononcée par l’Église : « Tu domines sur la puissance de la mer et tu apaises le soulèvement de ses flots », et de ceux qui disent deux Christs ou deux Fils.
La déclaration d’une autorité digne de Dieu manifeste le pouvoir d’exercer aussitôt l’empire. Mais vois la vigilance des saints envers celui d’Israël qui avait péché sans excuse ; le Dieu de tous leur dit par la main de l’un des saints prophètes : « Ne me craindrez-vous point, dit le Seigneur, ou ne tremblerez-vous pas devant ma face, moi qui ai posé le sable pour limite à la mer, ordonnance perpétuelle qu’elle ne franchira pas ? » et282
et de nouveau à son sujet : « Je lui ai posé une limite, l’environnant de verrous et de portes, et je lui ai dit : Tu viendras jusqu’ici et tu ne passeras point outre en toi-même, mais c’est ici que se briseront tes flots » ; afin que, dès lors, nous croyions que c’est lui-même qui est le Verbe de Dieu incarné, qui a fait parvenir par les saints cette louange très digne de Dieu à tous en disant : « Tu domines sur la puissance de la mer, et tu apaises le soulèvement de ses flots ». Il faut savoir que le Sauveur lui-même en a témoigné en cela par sa propre gloire : lorsque la barque des saints disciples était battue par la tempête, s’étant levé, il menaça la tempête et la mer en disant : « Fais silence, tais-toi ! et promptement il se fit un grand calme » ; et lorsque, saisis d’admiration devant la puissance d’un si éclatant signe divin, les disciples se prosternèrent devant lui en disant : « Vraiment, tu es le Fils de Dieu ! »
Considère la force de la parole : les confidents des mystères du monde céleste, auxquels il a été dit : « Allez, faites de toutes les nations des disciples, les baptisant au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit », fortifiés dès lors par le Christ dans la parole de la foi et voyant cela dans une forme selon le lieu — c’est-à-dire un homme —, juraient ouvertement : « Vraiment, celui-ci est le Fils de Dieu ! » C’est-à-dire : non pas bâtard, non pas portant un faux nom, mais lui-même un et seul et, selon la vérité, le Fils. Que diront face à cela ceux qui reçoivent l’esprit du calomniateur, ceux qui veulent témérairement combattre Dieu, ceux qui divisent en deux notre unique Seigneur Jésus-Christ, en disant de l’un qu’il est le Verbe issu de Dieu le Père, et d’un autre, à son tour, qu’il est proprement issu de la semence de David ; alors qu’ils entendent Paul, le confident des saints mystères, disant ouvertement : « Un seul Dieu, et un seul médiateur entre Dieu et les hommes, l’homme Jésus-Christ, qui s’est donné lui-même en rançon pour tous » ; et de nouveau : « Car bien qu’il y ait de prétendus dieux nombreux et des seigneurs nombreux, pour nous toutefois il n’y a qu’un seul Dieu, le Père, de qui sont toutes choses et nous par lui ; et un seul Seigneur, Jésus-Christ, par qui sont toutes choses et nous par lui » ; et283284
Mais si quelqu’un contredit ce qui a été dit avec rectitude, qu’il entende l’un des saints initiés dire : « Tout esprit qui ne confesse pas que Jésus est le Fils de Dieu, celui-là est le séducteur et l’antéchrist ». Et il n’a pas dit vainement que Jésus est le Fils de Dieu, mais en vérité le Fils de Dieu ; afin que nous comprenions qu’un seul est par nature le Fils, dit-il, le Verbe monogène de Dieu, le même Dieu et homme. Car il ne s’est point départi d’être Dieu, bien qu’il soit devenu homme ; mais étant devenu homme, il n’a pas non plus cessé d’être véritablement le Fils.
Du même, tiré des Scholies :
Mais si l’on s’empresse de poser en partie Dieu et [en partie] homme, en divisant les natures l’une de l’autre, alors c’est selon une simple relation que nous disons que le Verbe de Dieu s’est approprié la chair par accident ; et c’est à la mesure de Moïse peut-être et d’Aaron que sera revêtu l’Emmanuel né de la sainte Vierge.
Du même, tiré de : Qu’il n’y a qu’un seul Christ :
Car de même qu’il ne se serait point fatigué, étant lui-même toute puissance, et qu’il n’aurait point dit avoir faim, étant la nourriture et la vie de toutes choses, à moins de s’être approprié ce qui est de nature à se fatiguer ; de même il n’a jamais été compté parmi les pécheurs ; car nous disons qu’il ne commit point de péché et ne devint point la malédiction de la croix endurée pour nous, s’il ne s’était fait chair, c’est-à-dire s’il ne s’était incarné et ne s’était fait homme selon nous, et n’avait pour nous assumé la naissance d’une manière digne de l’homme, par le moyen, dis-je, de la sainte Vierge.
Neuvième chapitre des blasphèmes tirés de la lettre de Léon.
Car, pour laisser de côté beaucoup de choses, il n’est point de la même nature de pleurer par une tendre compassion un ami défunt, et de ressusciter ce même [ami] pour le rendre à la vie, lorsque, la terre répandue de la sépulture ayant été ôtée, il sort dehors à l’ordre de sa voix ; ou285286
s’élever sur le bois [de la croix], et pour tous les éléments de changer le jour en nuit, d’ébranler [la terre] ou de disparaître par les clous, et d’ouvrir par la foi les portes du paradis au larron ; de même, il n’appartient pas à une autre nature de dire : « Moi et le Père, nous sommes un » (Jn 10, 30), et de dire : « Mon Père est plus grand que moi » (Jn 14, 28).
Extraits des hérétiques, dont les déclarations concordent avec les propos susdits de Léon.
Blasphèmes de l’hérétique Nestorius, tirés du sixième cahier.
Semence d’Abraham, hier et aujourd’hui selon la parole de Paul (He 13, 8) ; non pas celui qui dit : « Avant qu’Abraham fût, je suis » (Jn 8, 58). Semblable en tout à ses frères selon l’âme humaine et le corps, ayant pris l’humanité ; non pas celui qui dit : « Celui qui m’a vu a vu mon Père » (Jn 14, 9). Il nous a été envoyé consubstantiel, il a été oint, prêchant la délivrance aux captifs et le recouvrement de la vue aux aveugles, disant : « L’Esprit du Seigneur est sur moi, c’est pourquoi il m’a oint » (Lc 4, 18-19 ; cf. Is 61, 1). Or, c’est l’humanité qui est ointe, et non la divinité, ô hérétique !
Du même.
Car, entendant le nom d’apôtre, ils conçoivent Dieu le Verbe comme envoyé ; lisant le titre de grand prêtre, ils imaginent la divinité comme grand prêtre, ô perversité admirable !
Du même.
Par bonté, grand prêtre compatissant envers les souffrants, ouvert à la souffrance, Dieu n’étant pas celui qui souffre pour le Vivificateur.
Blasphèmes de l’hérétique Théodoret, tirés de la réfutation du douzième anathème.
Démontrant la pauvreté de la nature assumée, il dit : « Lui qui, dans les jours de sa chair, [ayant présenté] des supplications et…287
… des supplications à Celui qui pouvait le sauver de la mort, avec de grands cris et avec des larmes, et ayant été exaucé en raison de son humble piété. Bien qu’étant Fils, il a appris par ce qu’il a souffert l’écoute 288, et ayant été rendu parfait 289 de tous… de lui la cause du salut éternel, il a été proclamé par Dieu souverain prêtre selon l’ordre de Melchisédech » (He 5, 7-10).
Qui donc a été rendu parfait par les labeurs de la vertu et n’était point parfait par nature ? Qui a appris par l’épreuve l’écoute, tout en connaissant ces choses avant l’épreuve ? Qui s’est fait le compagnon de l’humilité et des larmes, et a présenté des supplications, ne pouvant point se sauver lui-même, mais priant Celui qui pouvait le sauver et demandant d’être délivré de la mort ?
Ce n’est certes pas le Dieu Verbe, l’Immortel, l’Impassible, l’Incorporel, dont le souvenir, selon le prophète, est joie et bannissement des larmes : « Car Lui-même a essuyé toute larme de tout visage » (Is 25, 8) ; et encore le prophète : « Je me suis souvenu, dit-il, de Dieu et je me suis réjoui » (Ps 76, 4) ; Lui qui couronne ceux qui partagent l’humilité, qui connaît tout avant leur naissance, qui tient tout de son Père et qui est l’image immuable de Celui qui l’a engendré, et se manifestant en lui-même 290 bien que le même, après cela, ait détruit la puissance de la mort grâce à l’union avec le Dieu qui a assumé [notre humanité], accomplissant en tout la justice ; et Lui qui disait à Jean : « Laisse faire maintenant, car c’est ainsi qu’il convient d’accomplir toute justice » (Mt 3, 15).
Et il reçut cette dénomination de souverain prêtre selon l’ordre de Melchisédech ; car cela convenait à l’abaissement de la nature, et non au Dieu Verbe tout-puissant. C’est pourquoi, peu avant, le bienheureux Paul écrit : « Car nous n’avons pas un souverain prêtre incapable de compatir à nos faiblesses, mais éprouvé en toutes choses à notre ressemblance, sans péché » (He 4, 15). Or, c’est par la connaissance éprouvée de nos souffrances, sans péché, que la nature assumée d’entre nous pour nous devint telle, afin d’accomplir cela en vue de notre salut.291292293294295296297298
Réfutation des propos tenus par Léon et par les hérétiques qui l’ont précédé§
93b. « C’est du trop-plein du cœur que la bouche parle », comme le dit le Seigneur dans les Évangiles. Car, promettant de délaisser la multitude de paroles blasphématoires issues du cœur surabondant de ce Nestorius contre le Christ, nous n’avons exposé devant nous qu’un petit nombre parmi la multitude. Il nous prêche de nouveau deux natures, tentant avec insolence, selon son habitude, de diviser le Christ indivisible ; et il dit qu’il est propre à la nature humaine d’avoir pleuré sur Lazare, en l’excluant totalement de la capacité de ressusciter Lazare mort. Quant à l’autre nature, il ne lui accorde pas cela, car il lui semble que cela a été opéré par la nature qui a pleuré. Car la langue qui a dit : « Lazare, sors ici dehors ! » est le propre de la nature humaine. En quoi donc a-t-elle besoin du Verbe de Dieu ? C’est ce qu’aurait dû dire celui qui a osé proférer de telles hérésies, puisqu’il l’exclut de l’acte grandiose de la résurrection de Lazare. Mais nous, nous fondant avec assurance sur l’Écriture inspirée de Dieu, affirmant que le Verbe de Dieu est devenu homme selon la vérité, nous Lui attribuons absolument, comme nous l’avons souvent dit, et les réalités divines et les humaines, évitant toujours de dire deux natures ou deux personnes ou deux hypostases à propos du seul Christ, et de répartir à chacune des natures, à l’une les expressions humaines, et à l’autre celles qui conviennent à Dieu.
94. Car, bien que le Seigneur ait pleuré selon l’économie, nous croyons que c’est le même qui a ressuscité Lazare d’entre les morts. En effet, comme Dieu incarné, Il commanda au mort, et promptement il sortit, ayant entendu l’ordre. Il fit de même à l’égard de la fille de Jaïre, lui saisissant à nouveau la main, tout en commandant et disant : « Enfant, lève-toi », et aussitôt elle se leva. Et à l’égard du fils de la veuve, Il dit encore avec autorité : « Jeune homme, je te le dis, lève-toi », et le mort se redressa, et Il le rendit à sa mère.
Ainsi donc, Celui qui vivifia les morts comme Dieu, c’est Lui qui fut suspendu au bois et percé de clous ; sur Lequel le soleil299300
[le soleil] s’obscurcit, le voile se déchira, la terre trembla et les rochers se fendirent, et pour le dire simplement, toute la création fut saisie d’effroi, s’indignant en quelque sorte de ce qu’on eût osé attacher au bois le Créateur de toutes choses. Car en lui ont été créées toutes choses, celles qui sont dans les cieux et celles qui sont sur la terre, comme le dit Paul. Et celui qui était suspendu au bois fut confessé par le brigand comme étant le Seigneur du Royaume des cieux ; car quel royaume terrestre le brigand crucifié avec lui pouvait-il espérer du Seigneur, ou quel secours pouvait-il concevoir par le souvenir du Seigneur, alors qu’il était sur le point de mourir à l’instant même ? Mais il est évident qu’il envisageait son second avènement, où il viendra juger les vivants et les morts et rendre à chacun selon ses œuvres ; car il disait en suppliant le Crucifié : « Jésus, souviens-toi de moi, quand tu viendras dans ton royaume ». Il crut qu’il n’était pas un simple homme, mais le propre Fils de Dieu, selon l’enseignement même du Sauveur. Désormais crucifié et abreuvé de vinaigre mêlé de fiel pour nous, il accorda au brigand l’entrée du paradis ; car lui-même était avant l’incarnation et après l’incarnation, et il n’a pas changé. C’est lui qui chassa Adam à cause de la transgression, et qui fit entrer le brigand à cause de sa confession, comme sur le lieu même de son œuvre mortifère par sa propre mort, mort par laquelle il fit mourir la mort, étant lui-même la source de la vie et cette vie même qui est propre à Dieu.
Car, prophétisant au sujet de celui qui a été crucifié pour nous, Moïse disait : « Vous verrez votre vie suspendue devant vos yeux, et vous ne croirez point ». Et le Seigneur lui-même disait : « Je suis la résurrection et la vie ». Car il ressuscita Lazare qui était mort et accorda la vie au brigand crucifié avec lui, le ramenant de nouveau dans ce même paradis. Et le Seigneur disait encore : « Et comme Moïse éleva le serpent dans le désert, ainsi faut-il que le Fils de l’homme soit élevé, afin que quiconque croit en lui ait la vie éternelle ». Serait-ce donc un simple homme301302303304305306
… ou bien que tous croient en celui qui est suspendu au bois et qu’il leur donne alors la vie éternelle ? Nullement. Car qui n’a pas cru à cela, dis-moi ? Ou bien comment, en tant qu’homme, [serait-il] le dispensateur de la vie éternelle ? Ou comment, lorsqu’il serait élevé de terre sur la croix, promettait-il d’attirer à lui tous les croyants, s’il n’était pas Dieu incarné ? Car de même qu’il n’est pas né d’une femme, tout en étant Dieu le Verbe, si ce n’est parce qu’il s’est incarné d’elle de manière immuable pour l’économie accomplie envers nous par lui, de même il n’a pas été crucifié pour nous, si ce n’est parce qu’il s’est dépouillé lui-même volontairement, s’est fait homme et s’est humilié lui-même, en devenant obéissant au Père jusqu’à la mort, comme dit l’Apôtre ; et afin de montrer la mort la plus méprisable et maudite entre toutes, en raison de l’excellence pour laquelle il a enduré l’ignominie à cause de nous, il ajoute en disant : « et la mort de la croix ». Et de même que, tout en étant Dieu le Verbe, il est apparu dans la chair, de même il a aussi enduré pour nous la mort précieuse ; mais devant le Christ crucifié « tout genou fléchira, au ciel, sur la terre et dans les enfers, et toute langue confessera que Jésus-Christ est Seigneur, à la gloire de Dieu le Père ».
Ainsi donc, le Christ n’est pas deux natures, et ce n’est pas un simple homme qui a été crucifié, mais Dieu incarné ; et ce n’est pas un qui a eu la bouche fermée tandis que la langue d’un autre confessait l’entrée du brigand au paradis ; car il était lui-même le Verbe de Dieu, et tout en souffrant cela dans la chair, il promettait encore cela par sa propre langue. Car ce qui est humain devint son propre bien selon que le Verbe s’est fait chair, et il a partagé de manière semblable avec nous le sang et la chair, selon la doctrine des saints apôtres.
Témoignages de nos saints pères et évêques confirmant ce qui a été dit par nous, et renversant de fond en comble les sectes impies des hérétiques susmentionnés.
De Théodote, évêque d’Ancyre :
Où est celui qui divise le Christ ? Où [sont] nos mystères307308309
… usant d’homonymie et disant un seul Christ, mais en supposant deux, l’un serviteur et l’autre seigneur, l’un passible et l’autre impassible. Quel profit y a-t-il à une profusion, alors que subsistent deux réalités ?
Du même, de la [Lettre] festale :
« Quand donc s’est-il fait pauvre pour nous, qu’ils nous le disent, ceux qui séparent l’homme de Dieu le Verbe et divisent l’unique en rappelant les natures, ceux qui disent que le Christ est deux et n’introduisent qu’une tromperie par la seule pensée. »
Du bienheureux Théophile, archevêque d’Alexandrie, de la cinquième [Lettre] festale :
« Car il y a encore maintenant des restes des merveilles de ce temps-là. Qu’ils ne soient pas incrédules [en doutant] que la puissance de Dieu a le pouvoir de faire enfanter une vierge, le Verbe vivant de Dieu étant venu en elle à cause de la ressemblance avec nous ; car il n’était plus possible de converser plus intimement avec nous ; afin que ce ne fût point par la volupté et le sommeil, comme cela a lieu pour les autres hommes, qu’il reçût un corps ; afin qu’à sa ressemblance, étant né de la Vierge, il apparût homme, comme quelqu’un selon la forme d’esclave ; mais par ses œuvres il était montré qu’il est le Créateur et le Seigneur de tous, en accomplissant les œuvres de Dieu. »
Du même, de la sixième [Lettre] festale :
« Car de même que les meilleurs artisans ne manifestent point seulement leur art de manière admirable dans des matières précieuses, mais le font souvent à partir d’une vile argile et de cire fondue, montrant la puissance de leur savoir-faire et étant d’autant plus loués ; ainsi l’Artisan de toutes choses, ayant orné l’univers par l’agencement d’un ordre harmonieux, n’est point venu à nous contraint par quelque autre matière précieuse d’un corps céleste, mais c’est dans l’argile qu’il montre la grandeur de son art ; afin que, redressant derechef l’homme façonné d’argile, lui-même étant sorti homme de la Vierge d’une manière nouvellement digne, tout en ayant changé le mode de la naissance, mais selon310311
… en tout semblable à nous, hormis le péché. Il n’a pas jugé bon de fuir la ressemblance, ayant été formé, emmailloté, nourri au sein, devenu un tout petit enfant, assumant la faiblesse de notre nature pour les causes énoncées précédemment. Mais, tout en étant encore un petit enfant, il trouble en même temps l’ennemi et sa troupe, attirant les mages à la repentance et, par l’ordonnance du Créateur, les présentant vaillamment au Roi.
Du bienheureux Cyrille, archevêque d’Alexandrie, tiré de l’explication du quatrième anathématisme :
Mais voici qu’en examinant avec rectitude, il est clair que nous attribuerons à un seul les paroles tant humaines que divines qui ont été dites. Car lorsqu’il dit de manière digne de Dieu à son propre sujet : « Celui qui m’a vu a vu le Père » et « Moi et le Père nous sommes un », nous reconnaissons sa nature divine et ineffable, selon laquelle il est un avec son propre Père en raison de l’identité de substance, étant l’image même, la manifestation et le rayonnement de sa gloire. Mais lorsqu’il parle aux Juifs sans mépriser la mesure humaine : « Maintenant vous cherchez à me faire mourir, moi, un homme qui vous ai dit la vérité », de nouveau nous ne reconnaissons en rien amoindri dans son égalité et sa ressemblance avec le Père, lui le Dieu Verbe, à partir de la mesure de son humanité. Car s’il est nécessaire de croire que, tout en étant Dieu par nature, il est devenu chair — ou s’il est conçu comme un homme animé d’une âme rationnelle —, quelle raison aurait-on de répugner aux paroles venant de lui si elles ont été prononcées d’une manière convenable à l’homme ? Car s’il avait répugné aux propos convenant à l’homme, pourquoi se serait-il contraint à devenir un homme semblable à nous ? Et s’il s’est abaissé pour nous dans un dépouillement volontaire, pour quelle raison s’offusquerait-il donc de paroles dignes de ce dépouillement ? Car il faut rapporter à une seule personne l’ensemble des paroles évangéliques, à une seule hypostase, à la seule incarnation du Verbe, car il n’y a qu’un seul Seigneur Jésus-Christ, selon les Écritures. Dès lors donc, ainsi instruits par ce qui a été écrit précédemment, saisissons…312313314315
… l’économie selon chaque expression convenable, et surtout sans désirer pour les impies ni pour les personnes droites de concevoir ou de dire deux fils, en séparant les unes des autres les hypostases après l’indivisible union.
Du même, dans [l’écrit] contre Théodoret :
L’union a montré un seul [Fils] et nous nous gardons de [le] diviser en deux ; car bien que le Verbe soit devenu chair, selon les Écritures, Il est cependant ainsi le Fils unique, selon la véritable union [lacune : un mot indéchiffrable] à l’esprit et à la parole.
Du même, de la lettre à Acace :
Mais la diversité des expressions, nous ne l’avons aucunement rejetée, bien que nous ayons rejeté loin le fait de diviser les paroles comme [s’appliquant] à un fils particulier, le Verbe issu du Père, et de nouveau comme à un homme particulier conçu comme le Fils issu de la femme ; car nous confessons une seule nature du Fils, sachant assurément qu’Il s’est incarné et s’est fait homme.
Du même, [du traité] « Que le Christ est Dieu » :
Il est donc impie et tout à fait inconvenant de diviser en deux fils l’unique Seigneur Jésus-Christ ; que toute parole soit désormais dite comme [venant] d’une seule personne, car voici qu’une seule nature est conçue, celle du Verbe lui-même incarné.
Et après d’autres [paroles] :
Et toi, de nouveau, tu nous écartes de manière tout à fait spécieuse, en distinguant la véritable nature et en unissant, comme tu le dis, l’adoration ; mais s’ils distinguent la nature, s’éloigneront aussi avec elles les propriétés de chacune naturellement [lacune] car la raison de la diversité sera désormais confessée des deux…
Du même, [du traité] « Qu’il y a un seul Christ », et le discours précédent a été formé comme une question posée par quelqu’un :
Les deux natures ont-elles donc été mélangées et sont-elles devenues une seule ?316317318319
Puis le bienheureux Cyrille [dit] à ce propos :
« Mais qui serait assez insensé et ignorant pour penser soit que la nature divine du Verbe s’est altérée en ce qu’elle n’était pas, soit que la chair s’est changée, selon le mode d’altération, dans la propre [nature] du Verbe ? Car c’est chose impossible. Mais je dis qu’il n’y a qu’un seul Fils et une seule nature de lui, bien qu’on comprenne qu’il est dans l’assomption de la chair, ayant une âme rationnelle. Car, comme je l’ai dit, ce qui est humain est devenu sien, et n’est pas conçu par nous autrement, sinon qu’en cette manière il est Dieu en même temps et homme. »
Dix-huitième chapitre des blasphèmes tirés de la lettre de Léon.
« Car bien que dans le Seigneur Jésus-Christ, Dieu et homme, il y ait une seule personne, toutefois autre est ce d’où découle pour chacun, en raison de l’intimité, le mépris commun, et autre ce d’où découle la gloire commune […]. »
Témoignages des hérétiques avec lesquels s’accordent les propos susdits de Léon.
Blasphèmes de Paul de Samosate, l’hérétique :
« Nous connaissons un seul Dieu inengendré, un seul Christ engendré qui est devenu son Fils ; non point que de la semence de David selon la chair le temple soit devenu Esprit de Dieu selon l’Esprit de sainteté dans lequel le Verbe d’abord élu s’est incarné, mais le Fils, le Verbe Dieu est engendré […]. »
Blasphèmes de Nestorius, l’hérétique, tirés du traité sur l’Incarnation :
« Il unit désormais ensemble les deux natures au moyen de l’unique appellation de Christ, afin que l’une ne soit point conçue sans l’autre. »
Du même :
« Que dis-tu donc, hérétique ? Est-il Seigneur et homme, ou non ? Or, s’il est Seigneur, ce qui est dit est égal ; mais s’il n’est pas Seigneur, ne fais pas du Christ un simple homme pour m’attirer des outrages. Mais, dit-il, écoutons le bienheureux Paul qui proclame ouvertement qui est le Crucifié ; écoute dès lors la voix plus claire : « Car, dit-il, s’il a été crucifié […]. » »
[crucifié] par faiblesse, mais il vit par la puissance de Dieu »^a. S’il a été crucifié par faiblesse, alors Dieu le Verbe s’est-il affaibli, ô hérétique ?
Du même.
Lorsque l’Écriture divine s’apprête à énoncer soit la naissance du Christ issue de la bienheureuse Vierge, soit sa mort, nulle part n’apparaît [le nom de] « Dieu », mais soit « Christ », soit « Fils », soit « Seigneur » ; car ces trois [noms] désignent les deux natures : tantôt l’une, tantôt l’autre, et tantôt l’une et l’autre. Comme lorsque l’Écriture nous expose la naissance issue de la Vierge, que dit-elle ? « Dieu a envoyé son Fils »^b. Elle n’a pas dit : « Dieu a envoyé Dieu le Verbe », mais elle prend un nom qui désigne les deux natures. Car le Fils est homme et Dieu ; elle dit : « Dieu a envoyé son Fils, né d’une femme » ; afin que, lorsque tu entends « né d’une femme », tu voies ensuite le nom posé auparavant qui désigne les deux natures ; afin que tu appelles naissance du Fils celle qui est issue de la bienheureuse Vierge. Car la Vierge enfanta le Fils de Dieu et est mère du Christ ; mais parce que le Fils de Dieu est double selon les natures, elle n’a plus enfanté le Fils de Dieu, mais elle a enfanté l’humanité ; il est appelé Fils en raison de son union au Fils.
De Théodoret l’hérétique, remarques tirées de la réfutation du sixième anathématisme.
Le bienheureux Paul nomme « forme d’esclave » ce qui a été assumé par Dieu le Verbe ; et puisque l’assomption précède l’union, et que le bienheureux Paul, raisonnant au sujet de l’assomption, a nommé « forme d’esclave » la nature assumée, le nom de servitude n’a plus lieu d’être une fois l’union accomplie. Car si, écrivant à la totalité des croyants, Paul disait : « Ainsi tu n’es plus esclave, mais fils »^c, et le Seigneur à ses disciples : « Je ne vous appellerai plus serviteurs, mais amis »^d, à bien plus forte raison…320321
… [lacune] a été jugé digne de la grâce de l’adoption, a été libéré de [mot illisible] d’esclave ; nous confessons désormais comme Dieu la forme d’esclave elle-même, en raison de la forme de Dieu qui lui a été unie.
Réfutation des propos tenus par Léon et par les hérétiques qui l’ont précédé
106. Le chœur des apôtres divinisés, devenus témoins oculaires et ministres du Verbe, a prêché un seul Seigneur Jésus-Christ sous le ciel ; et ceux qui vinrent ensuite, les saints docteurs de l’Église de Dieu marchant sur les traces des apôtres, nous ont transmis de croire en un seul Dieu, Père tout-puissant, et en un seul Seigneur Jésus-Christ, Fils de Dieu, enseignant que celui-ci est Dieu, lumière et consubstantiel au Père, bien qu’ils l’aient aussi prêché selon la chair sous le ciel. Car ce n’est point encore nu et incorporel qu’il est prêché par eux au monde ; et ces noms-ci ne convenaient pas non plus à Dieu le Verbe avant l’incarnation : nous disons Jésus, et Christ, et homme selon des modes propres, tous après la suite des événements [venus] de la femme, et avant l’incarnation et après l’incarnation. C’est pourquoi, après cela, il a été prêché sans distinction par les saints apôtres de la sainte Église, tantôt comme incarné, tantôt comme Dieu, Seigneur Jésus-Christ, vie éternelle, Dieu véritable, un seul Seigneur Jésus-Christ.
Mais le nouveau Nestorius s’oppose aux saints apôtres et aux docteurs de la sainte Église de Dieu, débitant pour nous de vains discours tirés de son cœur au sujet de l’unique personne du Christ, et ne parlant pas selon l’Esprit du Seigneur. Car bien qu’il dise qu’il n’y a qu’une seule personne du Seigneur Christ en raison de la conjonction habituelle et apparente de Dieu et de l’homme issu de Marie, il n’en est pourtant pas ainsi ; il affirme qu’il n’en est point ainsi, car autres et distinctes sont les personnes. Dès lors, l’une devient familière à l’autre en raison de la conjonction habituelle, selon le mérite ou la munificence ; attribuant de nouveau à l’homme ce qui relève de l’ignominie et de la passibilité, et à Dieu le Verbe ce qui est digne de la gloire. Et semblables sont les propos tenus actuellement par lui à ceux qu’il a proférés auparavant : « Car chacune des deux formes opère avec la communion de l’autre… »322
… [de l’éga]lité, de sorte qu’en propre le Verbe a reçu le pouvoir d’agir selon ce qui appartient au Verbe, tandis que pour le corps il accomplit à part ce qui est sien ; car l’un d’eux resplendit par des prodiges éclatants, tandis que l’autre gît abaissé sous les souffrances par de viles faiblesses. Mais maintenant encore, bien que surtout dans le Seigneur Jésus-Christ, Dieu et homme, il y ait une seule personne, autre est pourtant ce par quoi l’on dit [ce qui est] commun à chacun, pour l’abaissement de l’intimité, et autre ce par quoi est honorée la gloire de ce qui est commun ».
Mais nous, nous n’avons point une telle coutume ni une telle confession des impies, et les Églises de Dieu non plus. Car nous avons reçu des saints Pères que le Verbe de Dieu qui est avant les siècles, pour nous et pour notre salut, descendu, incorporel, du haut des cieux et incarné de la sainte Vierge Marie Mère de Dieu et né homme d’elle, a souffert pour nous dans sa chair, est mort, a été enseveli et est ressuscité le troisième jour d’entre les morts, détruisant la mort ; et il est apparu aux disciples et leur a montré ses mains et ses pieds cloués au bois, et son côté transpercé salutaire, les assurant au sujet de sa résurrection que lui-même, le Crucifié, est ressuscité d’entre les morts pour une vie immortelle. Celui-ci est monté aux cieux, s’est assis à la droite du Père et vient avec sa gloire pour juger les vivants et les morts, et pour rendre à chacun selon ses œuvres, réclamant des comptes pour les paroles vaines et blasphématoires.
Témoignages de nos bienheureux Pères et évêques, confirmant ce qui a été dit par nous, et renversant l’hérésie impie des sectaires susmentionnés.
Du bienheureux Athanase, archevêque d’Alexandrie, de la lettre à Eusèbe, Lucifer et Astère :
« C’est pourquoi le Fils n’était pas un avant Abraham et un autre après Abraham ; et celui qui ressuscita Lazare n’était pas un et celui qui s’enquit à son sujet un autre, mais c’était le même, comme
disant humainement : « Où avez-vous mis Lazare ? », mais le ressuscitant divinement.
Du même, à Adelphe§
Ce n’est pas une créature que j’adore en adorant le Verbe de Dieu, à Dieu ne plaise ! Car une telle erreur appartient aux païens et aux ariens ; mais c’est le Seigneur de gloire [lacune] le même Verbe de Dieu que nous adorons. Car bien que la chair soit en elle-même une partie de la création, elle est devenue la chair de Dieu ; et nous n’adorons pas la chair en la séparant en elle-même du Verbe, et voulant adorer le Verbe, nous ne l’éloignons pas de la chair. Mais sachant, comme nous l’avons dit plus haut, que « le Verbe s’est fait chair », nous Le reconnaissons comme Dieu devenu dans la chair.
De Théodote, évêque d’Ancyre, sur la Nativité du Christ§
[lacune] auquel tu refuses de croire, né de la Vierge sans en corrompre la virginité. Si, entendant que Dieu parle depuis le buisson et dit à Moïse : « Je suis le Dieu d’Abraham, et le Dieu d’Isaac, et le Dieu de Jacob », et que Moïse, tombé face contre terre, L’adora, tu y crois, ne tenant pas ce qui apparaissait pour du feu, mais Celui qui parlait pour Dieu ; dès lors que je fais mention du sein virginal, de nouveau tu te détournes. Qu’y a-t-il donc de plus vil, dis-moi : un buisson, ou bien un sein virginal pur des passions du péché ? Ne faut-il pas savoir que dès le commencement la préfiguration [lacune] et ce qui s’est produit maintenant ? Car les mystères sont préfigurés par les événements plus anciens. C’est pour cela que le buisson brûle, que le feu apparaît et n’entame pas la matière, illumine et ne corrompt pas, étincelle et ne brûle pas, fait du bien et ne détruit pas. Ne vois-tu donc pas la lumière dans le buisson, le Juge avec les condamnés et nulle part de châtiment ? Le Juge est présent, mais non pas pour juger, mais pour justifier ; non pour condamner, mais pour guérir. Vois-tu comment ce feu familier a désigné l’amour de Dieu pour les hommes ? Et ne t’émer[lacune]323324325326
… si Dieu sort et naît d’un sein virginal. Car Dieu ne tient point pour méprisable ce qui sert au salut. Mais toi, ne va pas concevoir de la nature de Dieu une idée si basse, comme si elle pouvait jamais être sujette au déshonneur ; car rien de ce qu’il a agréé pour nous parmi les choses les plus humbles n’outrage cette nature ; et il s’est fait familier des humbles afin d’affermir notre nature. Dès lors, si les abaissements n’outragent point la nature du Dieu bienheureux, mais procurent le salut des hommes, comment peuvent-ils dire que la cause de notre salut est devenue pour Dieu une occasion d’opprobre ?
VI
Du bienheureux Cyrille, archevêque d’Alexandrie, tiré de la réfutation de Théodoret :
Mais peut-être dira-t-on qu’il est mesquin pour le Dieu Verbe et absolument inconvenant de pleurer, de craindre la mort, d’hésiter devant la coupe [lacune] ; que pourrais-je bien dire d’autre qui soit mesquin pour lui ? Si de telles choses sont indignes de la nature divine et souveraine, c’est pourtant en elles que nous avons contemplé la pauvreté qu’il a endurée volontairement pour nous. Lorsque t’apparaît l’abaissement de l’anéantissement naturel, admire grandement l’amour du Fils envers nous ; car ce que tu dis être indigne, il l’a porté de son plein gré. C’est pour toi qu’il a pleuré selon l’humanité, afin d’arrêter tes larmes ; il a craint par économie, laissant la chair éprouver… 327 afin de nous rendre plus courageux ; il a hésité devant la coupe, afin que la croix accuse l’iniquité condamnable des Juifs ; il est dit faiblir selon l’humanité, afin de fortifier la faiblesse humaine ; il a présenté des supplications et des prières, afin de montrer également que l’écoute 328 du Père accueille favorablement les prières qui viennent de toi, et pour que tu apprennes à ne point courir vers les tentations, mais plutôt à persévérer dans les prières. Car ayant trouvé les saints apôtres endormis, il leur dit alors : « Vous n’avez donc pas pu veiller une heure avec moi ? Veillez et priez, afin de ne point entrer en tentation » 329 46.. Car le bel exemple… 330 d’une sainte conduite…
… ayant attribué ce qui lui est propre, j’en ferai profiter les créatures terrestres. Il s’est approprié l’infirmité de l’humanité. Pour quelle raison ? Afin qu’on croie qu’il est véritablement devenu homme, bien qu’il soit demeuré ce qu’il était, c’est-à-dire Dieu.
105. Du même, des mêmes [écrits].
Le théologien Paul [a montré] de quelle manière le Verbe unique-engendré de Dieu est devenu homme, s’étant manifestement présenté à tous comme l’économe des mystères de Dieu et ayant en lui-même le Christ qui parlait : « Car ce n’est pas aux anges, dit-il, qu’il vient en aide, mais c’est à la postérité d’Abraham qu’il vient en aide, afin d’être un grand prêtre miséricordieux et fidèle auprès de Dieu » [Hb 2, 16-17]. Or nous, voulant couronner ce qui a été dit par des jugements de droiture, suivant en tout lieu les paroles de l’Écriture inspirée de Dieu et des théologiens, les jugeant dignes de tout honneur et les tenant par-dessus tout pour des lois divines, nous disons que ce n’est point des saints anges, mais non plus de sa propre nature que le Verbe issu de Dieu le Père s’est emparé. Car, selon ce qui est consigné dans les écrits sacerdotaux, ayant couvert de son ombre le sein de la Vierge, étant lui-même la puissance du Père Très-Haut, il s’est créé un corps de lui-même, mais par l’opération de l’Esprit Saint. Il a été nommé Fils d’Abraham et de David, sans cesser pour autant, du fait d’être devenu humain, d’être en vérité le Fils de Dieu le Père ; étant bien plutôt demeuré, même lorsqu’il est devenu chair, dans la nature, dans la transcendance et dans la gloire de la divinité ; car il est inaltérable et au-dessus de tout changement en tant que Dieu. Il est dès lors le même Fils et Seigneur, même avant l’incarnation ; et diviser l’unique en deux fils, rompre en quoi que ce soit la véritable union en faisant une séparation par parties, et poser proprement un homme et proprement un Dieu, relève au plus haut degré de l’impiété.
Et après d’autres [paroles] :
Or, bien que la chair soit d’une autre nature que le Verbe issu de Dieu le Père, il n’y a pourtant qu’un seul Christ, Fils et Seigneur ; et bien qu’il soit devenu chair, rompre le mode de la véritable union en séparant n’est point sans dommage…331
les deux sujets, comme séparés l’un de l’autre pour être particuliers et distincts, et n’ayant qu’une conjonction extérieure et comme par mode d’honneur.
Onzième chapitre des blasphèmes tirés de la lettre de Léon.
« C’est en raison de cette unité de personne qu’il faut concevoir en chacune des deux natures qu’il est dit et que le Fils de l’homme est descendu du ciel, lorsque le Fils de Dieu a pris la chair de cette Vierge dont il est né ; et derechef, le Fils de Dieu est dit crucifié et enseveli, alors qu’il a souffert cela non dans cette divinité même par laquelle il est le Fils unique, éternel et consubstantiel au Père, mais dans la faiblesse de la nature humaine. »
Extraits des hérétiques, avec lesquels concordent les paroles de Léon précitées.
Blasphèmes de l’hérétique Diodore de Tarse.
« Certains, tout en confessant que notre Seigneur Jésus-Christ est Dieu, et qu’il a été engendré du Père avant les siècles et qu’aux derniers temps [il est apparu] par la manifestation de sa propre chair, dont la bienheureuse Marie fut la mère, sans [le] rejeter comme ils le disent, ont entrepris de troubler la parole de vérité par des discordances hétérodoxes. »
Et après d’autres [paroles] :
« Par grâce est fils l’homme [né] de Marie, mais par nature [l’est] le Dieu Verbe ; or [l’un est fils] par grâce et non par nature, et [l’autre] par nature mais non par grâce ; ce ne sont pas deux fils. Qu’il suffise à celui [qui a reçu] la filiation selon la grâce [d’avoir] la gloire de l’immortalité, parce qu’il est devenu le temple de Dieu, sans qu’il soit élevé au-dessus de sa nature, et que le Dieu Verbe ne soit pas outragé au lieu de l’action de grâces que nous lui devons. Et quel est cet outrage ? C’est de le composer avec la chair et de supposer qu’il a besoin de la chair pour la perfection de sa filiation. En outre, le Dieu Verbe lui-même ne veut pas être Fils de David, mais Seigneur, tandis qu’il appelle la chair Fils de David. »
Blasphèmes de l’hérétique Nestorius, tirés du troisième livre, du huitième chapitre.
« Et il nous faut — car j’en viens maintenant à ces réflexions — nous instruire du concile de Nicée : nulle part ils n’ont osé dire que Dieu le Verbe est né de Marie ; car il a dit : ‹ Nous croyons en un seul Dieu, le Père tout-puissant, et en un seul Seigneur Jésus-Christ ›. Prenez garde : ayant placé en premier ‹ le Christ ›, ce qui est l’indication des deux natures, ils n’ont pas dit : ‹ en un seul Dieu le Verbe ›, mais ils ont pris le nom qui désigne les deux à la fois. Afin que, lorsque, t’abaissant vers les choses humbles, tu entendras parler de mort, tu ne sois point troublé ; pour que l’étranger n’attribue pas le crucifié et l’enseveli à la divinité comme ayant souffert cela. »
Réfutation de ce qui a été dit par Léon et, avant lui, par les hérétiques§
Il montre ici ouvertement et à front découvert la grandeur de son impiété, en révélant l’union d’habitude ou la conjonction, selon sa manière habituelle de parler. Car c’est pour cette raison qu’il parle de l’union de la personne, qu’il faut concevoir en chacune des natures. Et comment peut-il y avoir une union conçue en chacune des natures, ou comment nomme-t-il personne chacune des natures ? Car ni au sujet de la personne, ni au sujet de l’union, il n’est possible de dire ‹ chacune des natures › ; car l’expression ‹ chacune des natures › désigne manifestement deux personnes. Quant à l’union, elle ne peut plus être dite ‹ chacune ›, car ce qui est uni est un, et non pas deux. Et il pose deux natures auprès de l’union qu’il affirme, afin que les outrages de l’homme soient appropriés à Dieu le Verbe, comme ce qui a été dit par Dieu au sujet de Samuel : « Ce n’est pas toi qu’ils ont méprisé, mais c’est moi ». Tandis que la nature de l’homme reçoit à son tour de Dieu le Verbe les abondances de gloire et de puissance, afin qu’on la conçoive comme un homme ayant pour guide celui qui opère par lui, Dieu le Verbe, et possédant la gloire insigne du Fils unique par relation habituelle envers Dieu le Verbe. Et ce n’est pas droitement qu’il parle ainsi : « Disons que le Fils de l’homme est descendu du ciel, disant qu’appartient à celui-ci une dignité dont il n’est pas digne. En raison de la conjonction habituelle en chacune des natures, de la même manière, dit-il, le Fils de Dieu est dit avoir été crucifié… »332333
… qu’il n’a pas souffert en les attribuant à l’homme passible qui lui est uni ; mais c’est à nous que le bienheureux Paul a prêché le Christ Dieu issu de la descendance de David, en disant : « Et desquels est issu le Christ selon la chair, lui qui est au-dessus de tout, Dieu béni éternellement. Amen » ; et ailleurs encore : « Car le Christ, dit-il, est mort pour nos péchés selon les Écritures, et il a été enseveli ». Et le bienheureux Jean lui-même proclame ouvertement dans son épître catholique, en disant : « Et nous savons que le Fils de Dieu est venu et nous a donné l’intelligence pour que nous connaissions le vrai Dieu, et nous sommes dans son vrai Fils Jésus-Christ. C’est lui qui est le vrai Dieu et la vie éternelle ».
C’est de lui que les saints apôtres ont dit qu’il a été crucifié et enseveli pour nous ; et aucun d’entre eux n’a nulle part enseigné à concevoir des natures séparées ni à s’exprimer [ainsi] au sujet de l’union dans le Christ, ou de l’incarnation de Dieu le Verbe. Ce n’est donc pas un simple homme qui a été crucifié, est mort et a été enseveli pour nous, mais Dieu incarné, le Seigneur Jésus-Christ, qui a souffert pour nous en sa propre chair et est ressuscité des morts le troisième jour ; et nous lui attribuons toutes choses, tant les divines que les humaines, à notre unique Seigneur Jésus-Christ, vrai Dieu, selon l’enseignement des apôtres.
Témoignages de nos bienheureux pères et évêques confirmant ce qui a été dit par nous et renversant les sectes impies des hérétiques susmentionnés.
De saint Cyprien, évêque et martyr, traité sur l’aumône :
Nombreux et très grands, frères bien-aimés, furent les bienfaits divins par lesquels l’abondante et généreuse bonté de Dieu le Père envers les hommes a opéré et opérera toujours notre salut ; c’est pourquoi, afin de nous préserver et de nous vivifier, le Père a envoyé le Fils pour qu’il nous renouvelât ; et le Fils envoyé voulut devenir Fils de l’homme…
afin qu’il t’établisse fils de Dieu. Il s’est donc abaissé lui-même, afin de donner le peuple rejeté ; il a été blessé, afin de guérir nos blessures ; il s’est fait serviteur, afin de conduire de la servitude à la liberté ceux qui lui étaient asservis ; il a accepté la mort, afin d’accorder l’immortalité à nous mortels.
Du bienheureux Athanase, archevêque d’Alexandrie, de la lettre à Adelphe :
Mais notre foi est droite, fondée sur l’enseignement apostolique et confirmée par la tradition des Pères, issue du Nouveau et de l’Ancien Testament, selon ce que disent les prophètes : « Envoie ta lumière et ta vérité » ; et : « Voici que la vierge concevra dans son sein et enfantera un fils, et on appellera son nom Emmanuel, ce qui se traduit Dieu avec nous ». Et qu’est-ce que cela, sinon que Dieu lui-même est dans la chair ? Et la tradition apostolique l’enseigne, lorsque le bienheureux Pierre dit : « Le Christ ayant souffert pour nous dans la chair » ; et lorsque Paul dit : « En attendant la bienheureuse espérance et la manifestation de la gloire du grand Dieu et notre Sauveur Jésus-Christ, qui s’est donné lui-même pour nous, afin de nous racheter de l’iniquité et de purifier pour lui un peuple particulier, zélé pour les œuvres bonnes ».
Du même, de la 44e lettre festive de l’ère de Dioclétien :
Car, à cause de son abaissement advenu pour les hommes, ils renient sa divinité selon la nature ; et le voyant né de la Vierge, ils doutent qu’il soit véritablement Fils de Dieu ; et regardant vers lui devenu homme selon le temps, ils renient son éternité ; et le voyant souffrir pour nous, ils ne croient pas que le Fils soit incorruptible, issu du Père incorruptible ; et parce qu’il a entièrement enduré pour nous, ils renient son éternité selon la nature… faisant preuve d’ingratitude.
De Théodote, évêque d’Ancyre, sur la Nativité du Christ :334335336337338
Et parce qu’étant Dieu, il a daigné se faire homme par amour de l’homme pour nous, afin que nous embrassions le Juge comme un parent ; pour qu’aient de l’assurance ceux d’entre nous qui n’ont point d’assurance par de familières bonnes œuvres ; car amenés devant le tribunal et sans assurance familière, [nous trouvons] auprès du parent familier l’assurance de son fruit. Que s’est-il donc produit lorsqu’étant Dieu il est venu vers les hommes, non en changeant de lieu, mais en montrant visible la nature invisible, et en apparaissant aux hommes, et en apparaissant parent des hommes, ainsi que l’évangéliste le proclame en disant : « Le Verbe s’est fait chair » (Jn 1, 14) ? Et quand il dit que le Verbe s’est fait chair, comment le Dieu Verbe peut-il devenir homme ? Tu t’interroges sur le mode des merveilles de Dieu. Si l’inaccessible nous était accessible par la parole, ce ne serait pas une merveille, mais une chose conforme à la nature. Mais si ce qui est advenu est une merveille et un signe, laisse la parole au Seigneur qui opère des merveilles ; car je désire que tu saches l’accomplissement et que tu tires profit de l’avènement par la foi ; mais quant à la façon dont cela s’est fait, laisse-la à Celui qui a agi.
Du bienheureux Cyrille, archevêque d’Alexandrie, [du traité] où [il montre] qu’il y a un seul Christ :
Mais si, tout en confessant un seul Fils et Seigneur, le Verbe issu de Dieu le Père, participant à la même filiation et de même à la gloire, ils disent purement et simplement, de manière perverse, que celui qui est issu de la semence de David est un simple homme, il nous appartient de dire à ceux qui parlent ainsi par ces paroles : « Qui donnera de l’eau à ma tête et à mes yeux une source de larmes, et je pleurerai sur ce peuple ? » (Jr 9, 1).
Et encore :
Mais si, posant à part et séparant celui qui est issu de la semence de David d’être selon la vérité Dieu et Fils, ils le rejettent, et disent qu’il est plutôt participant d’une filiation susceptible d’une gloire passagère, nous ne trouverons point sans raison que s’est accomplie sur lui une calomnie semblable à celle des Juifs ; car ils disaient en effet : « Ce n’est point pour une bonne œuvre que nous te lapidons, mais pour un blasphème, et parce que, étant homme, tu te fais toi-même Dieu » (Jn 10, 33).
Du même, à Valérien :
« Nous avons dit en effet que le Verbe, Fils unique de Dieu, étant Esprit, Dieu saint selon les Écritures, s’est incarné et s’est fait homme pour le salut de tous ; il n’a point changé sa propre nature en chair, et n’a pas non plus cessé d’être ce qu’il était, ni n’a subi de changement ou d’altération, mais ayant pris de la sainte Vierge la chair immaculée, l’ayant animée sagement et se l’étant appropriée selon une union tout à fait incompréhensible, inconfuse et indicible, de sorte qu’on ne doive pas la concevoir comme étant à un autre, mais comme sienne en propre. C’est ainsi que le Fils unique est venu dans le monde comme premier-né parmi un grand nombre de frères, n’étant nullement rangé parmi les créatures en tant qu’il est Dieu. Désormais, lorsqu’il est dit être né aussi d’une femme, on ajoute nécessairement ce qui est selon la chair, afin qu’on ne conçoive pas qu’il a pris le commencement de son existence de la sainte Vierge, mais parce que, existant avant tous les siècles, Dieu le Verbe est coéternel et subsiste toujours avec son propre Père. »
Et peu après :
« Qu’ils ne divisent donc plus en deux l’unique Christ, en nous posant d’une part le Verbe, et un autre Fils en propre et d’autre part l’homme [né] de la femme, comme ils le disent eux-mêmes ; mais qu’ils comprennent que Dieu le Verbe ne s’est point adjoint un homme, mais qu’il est dit s’être lui-même fait homme, ayant pris la descendance d’Abraham selon les Écritures, et s’étant rendu en tout semblable à ses frères, excepté le seul péché. Or, pour posséder une pleine ressemblance, il convient véritablement et avant tout que la naissance d’une femme soit aussi comprise par nous d’une manière humaine et selon notre propre condition au sujet du Fils unique, car c’était Dieu incarné ; c’est pourquoi la sainte Vierge est aussi appelée Mère de Dieu. Mais si je dis que Dieu et l’homme, associés ensemble, ont constitué l’unique Christ, voici ce qui convient : les deux subsistances demeurant sans confusion, mais n’étant point divisées par la parole, rien de certain ne peut être discerné par ceux qui raisonnent ainsi ; car ce n’est point, comme ils le disent, que Dieu et l’homme associés ont accompli l’unique Christ, mais comme je viens de le dire : le Verbe, étant Dieu, […]339
… participant au sang et à la chair ; semblablement aussi saint Cyrille : car Dieu s’étant incarné est conçu comme ayant notre chair, se l’étant appropriée, selon ce que l’homme conçu parmi nous, composé d’une âme et d’un corps, est un ; ainsi lui-même est confessé être un seul Fils et Seigneur. Car une seule est confessée la nature de l’homme et la composition, bien qu’il soit conçu à partir d’éléments divers et d’espèces différentes ; car pour la nature de l’autre, de façon confessée comme pour l’âme, le corps est, mais comme sien propre et coréalisateur de la subsistance d’un seul homme ; et par la pensée et la contemplation, les dénominations diverses ne sont pas ignorées ; mais possédant une union ou une concomitante conjonction inséparable, il accomplit le vivant unique, l’homme.
Douzième chapitre des blasphèmes de la lettre de Léon.
Quiconque, par la révélation du Père, confesse Jésus Fils de Dieu, a aussi confessé le Christ ; et parce que l’un de ces aspects, pris sans l’autre, se révélait inutile pour le salut, et qu’il y avait un danger égal à croire que le Seigneur Jésus-Christ est soit seulement Dieu sans l’homme, soit seulement homme sans Dieu.
Citations des hérétiques, avec lesquelles s’accordent les paroles susdites de Léon.
Blasphèmes de l’hérétique Nestorius :
« Mais le Christ n’est pas un simple homme, ô calomniateur, mais tout ensemble homme et Dieu. Si donc il n’était que Dieu, il eût fallu dire, ô Apollinaire : « Pourquoi cherchez-vous à me faire mourir, moi Dieu, qui vous ai dit la vérité ? » Mais maintenant il dit : « Pourquoi cherchez-vous à me faire mourir, moi un homme qui vous ai dit la vérité ? ». C’est lui qui a été ceint de la couronne d’épines, c’est lui qui a dit : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » ; c’est lui qui pendant trois jours…340341342
… et il est adoré séparément avec la divinité, comme participant à la richesse d’une même stature divine.
Du même, dans le [traité] politique :
Mais étant auparavant Fils et ainsi nommé après la réception de la chair, il ne peut être appelé séparément fils, afin que nous ne transmettions pas deux fils ; mais parce qu’il a uni ainsi le Fils existant dès le commencement à celui qui a été uni, il ne peut, selon la dignité de la filiation, recevoir de division — je dis selon la dignité de la filiation, non selon la nature. C’est pourquoi le Christ est aussi nommé Dieu le Verbe, parce qu’il possède l’union continuelle avec le Christ.
Du même :
Mais parce que le Fils de Dieu est double selon les natures, elle n’a point enfanté le Fils de Dieu, mais elle a enfanté l’humanité qui est Fils, en raison de son union au Fils.
Du même :
Le nom de Seigneur s’applique tantôt à l’humanité du Christ, tantôt à sa divinité, et tantôt il s’applique aux deux à la fois.
Réfutation des propos tenus par Léon et, avant lui, par les hérétiques :
Comme à l’accoutumée, voulant de nouveau enseigner la perdition à qui que ce soit, il a pensé peut-être persuader le cœur des plus simples par la suite de ses propos. Car, nous dépeignant d’une façon le Fils de Dieu par son écrit, et d’une autre le Christ, il a disposé ces choses pour la tromperie des plus simples, mêlant le poison au miel habituel, pour la perte des âmes de ceux qui reçoivent sa doctrine. Cependant, il ne peut le dissimuler, étant saisi par le trop-plein de son cœur…343344345
produit aussitôt du mauvais trésor de son cœur des maux, car il n’affirme pas que les noms de Fils de Dieu et de Christ appartiennent au même. Puis il ajoute encore : « et parce que l’un de ceux-ci est pris sans l’autre, car l’un de ceux-ci manifeste l’un des deux, comme aussi sans l’autre il manifeste derechef deux personnes qu’il divise par les noms de Fils de Dieu et de Christ ; et il dit qu’il est inutile pour le salut si quiconque prend l’un de ces deux noms ou quoi que ce soit sans l’autre ; et que quiconque confessera de la bouche que Jésus est Seigneur et croira de cœur en Lui, vivra », selon la parole du bienheureux Paul, sans que soit dit le nom de Fils ni celui de Christ. Et le peuple étant dans l’attente sur le Jourdain et se demandant au sujet de Jean s’il ne serait pas lui-même le Christ qui devait sauver le monde, Jean leur répondait : « Je ne suis pas le Christ », et il se proclamait le précurseur du Christ, et nulle part le Fils de Dieu n’est placé avant ou joint à ce nom de Christ. L’attente du Christ par le peuple et cette même foi chez ce même divin Baptiste étaient-elles donc, selon toi, inutiles pour le salut ? Et les disciples disaient au Seigneur : « Tu es véritablement le Fils de Dieu », et : « Celui qui n’honore pas, dit-il, le Fils, n’honore pas le Père qui l’a envoyé ». Et en maints endroits dans les saints Évangiles, le nom de Fils est écrit sans celui de Christ. Le nom du Fils de Dieu était-il donc, dis-moi, inutile pour le salut, parce qu’il n’avait pas le nom de Christ préposé ou associé, et comment n’est-il pas impie de penser ou de parler ainsi au sujet de l’unique Christ ? Voulant ensuite révéler le dessein d’impiété qu’il dissimulait, il ajoute à cela : « Et il y avait le même péril à croire que le Seigneur Jésus-Christ est soit Dieu seul sans l’homme, soit seulement un homme sans Dieu », faisant de nouveau pour nous de manière partielle du nom de Christ un homme et divisant Dieu comme Fils de Dieu, tout comme si, dis-moi, le même péril existait pour quiconque penserait que, par une feinte chez les prophètes et les apôtres, Dieu nous a parlé non par de véritables hommes, ou si346
[lacune] de l’élévation de Dieu ou de l’habitation de Dieu en eux ; concevant ainsi, selon la seule dignité ou l’abondance habituelle, une union sur le Christ, comme si Dieu faisait son habitation dans un homme comme sur l’un des prophètes, et non pas que Dieu le Verbe s’est incarné et est devenu homme tout en demeurant Dieu selon la vérité. Partout en effet, par ses propos, on trouve qu’il retombe dans la même vue d’égarement, afin que la sainte Vierge soit plutôt comprise comme ayant enfanté un homme et non comme Mère de Dieu, et il s’empresse de montrer un homme ayant souffert sur nous et non pas Dieu incarné. Mais après la résurrection du Seigneur, qui advint manifestement pour son vrai corps, parce qu’ayant nommé à nouveau Seigneur celui qui est ressuscité, il tente promptement de retrancher l’Emmanuel, en disant que la résurrection est celle de son vrai corps, disant que le corps est l’homme en partie, ce que son hérésie fait aussi ressusciter. Car il ajoute aussi ceci : « et parce que nul autre n’est ressuscité, sinon celui qui a été crucifié et est mort » ; car en disant que la résurrection est celle de son corps, en y ajoutant, il n’a pas désigné un autre que l’homme ressuscité, voulant maintenir la même intention depuis le début de son blasphème jusqu’à la fin. Car après peu de mots, il dit :
« Lorsque demeurera reconnue en lui, inséparable, la propriété de l’incarnation divine et humaine, afin qu’il donne à comprendre séparément la nature de l’humanité, le fait d’être crucifié, de mourir et de ressusciter ; mais étranger à Dieu en raison de la nature particulière de Dieu impassible et immortel. »
Et ceci est semblable à ce qui a été dit par lui précédemment : ainsi chaque nature conserve sans diminution sa propre propriété. Tu ne peux pas même comprendre comment il veut que la propriété de chaque nature demeure sur le Christ, lui qui profère tout comme par hasard de paroles ; et comment la propriété de la nature divine et humaine pourrait être reconnue inséparable ; car en distribuant à chacune ce qui lui est propre et convenable, comme il lui semble, il confesse partout et en tout deux Christs.
Mais nous, considérant que Dieu est devenu homme sans changement347
… Dieu le Verbe pour notre salut, comme étant devenu sa propre chair pour le Verbe, distribuant ce qui convient à Dieu ; et si la chair est devenue la sienne propre à Dieu le Verbe et que toutes les [actions] vivifiantes sont celles de sa chair, devenue sienne pour le Verbe. Car soit Fils de Dieu, soit Christ, soit Seigneur, soit Jésus, soit Fils de l’homme, soit homme, selon la divine Écriture, après l’annonce par l’ange Gabriel à la sainte Vierge au sujet de sa conception dans le sein et de l’enfantement de l’Emmanuel par le Saint-Esprit, nous concevons et croyons de manière immuable que Dieu incarné subsiste en une seule personne configurée, et que celui-ci a été crucifié, a goûté la mort en sa propre chair, a été enseveli et est ressuscité ; ne sachant ni n’acceptant de diviser en deux les propriétés des natures chez l’unique Seigneur notre Jésus-Christ, selon la tradition et la confession des saints apôtres, des évangélistes et des docteurs de l’Église.
Sentences utiles de nos bienheureux pères et évêques, confirmant ce que nous avons dit et renversant les sectes impies des hérétiques susmentionnés.
Du bienheureux Athanase, archevêque d’Alexandrie, tiré de la lettre à Adelphe :
Et ce n’est pas parce qu’il a pris la forme de serviteur, lui, le Fils qui était dans la forme de Dieu, qu’il a été diminué de la Divinité, mais bien plutôt il s’est fait lui-même le libérateur de toute chair et de toute créature. Et si « Dieu a envoyé son Fils, né d’une femme », la chose ne nous apporte pas la honte, mais bien plutôt une gloire excellente et une grande grâce, car il s’est fait homme afin de nous diviniser ; et il est issu d’une femme et est né d’une Vierge afin de reporter sur lui-même notre génération, et que nous devenions ensuite une race sainte et participants de la nature divine, comme l’a écrit le bienheureux Pierre. Et ce qui était impossible à la loi, en ce qu’elle était affaiblie par la chair, Dieu, ayant envoyé son propre Fils en ressemblance de chair de péché, a pour le péché condamné le péché dans la chair. Dès lors, la prise de chair par le Verbe…348
…libérer tous les hommes, et ressusciter tous d’entre les morts, et racheter tous du péché. Comment donc ceux qui méprisent cela ou qui, à cause de cela, accusent le Fils de Dieu comme une créature et un ouvrage façonné, ne paraissent-ils pas ingrats et dignes de toute haine ? Car il ne leur manque plus que de crier à Dieu en disant : « N’envoie pas ton Fils unique avec une chair ; ne fais pas qu’il prenne chair de la Vierge pour nous sauver de la mort et du péché. Nous ne voulons pas qu’il soit venu dans la chair, afin qu’il n’endure pas la mort pour nous. Nous ne voulons pas que le Verbe devienne chair, afin que par là il nous devienne un médiateur sur le chemin vers toi, et que nous habitions le ciel comme une terre étrangère. Que les portes des cieux soient fermées, afin que, par le voile de sa chair, ton Verbe ne nous fraye pas une voie nouvelle vers les cieux ! » Voilà bien leurs paroles !
Du bienheureux Théodote, évêque d’Ancyre, sur la Nativité du Christ :
« Dieu est donc apparu aujourd’hui d’une Vierge, et la Vierge demeure vierge tout en étant devenue mère ; car l’Auteur de l’incorruptibilité ne produit pas la corruption, et le Créateur de l’immortalité n’a rien corrompu. Or, puisque Photin dit aussi que celui qui est né est un simple homme, niant que cette naissance soit celle de Dieu, et que, issu du sein maternel, il suppose un homme séparé de Dieu, qu’il me dise donc quand la nature humaine, en naissant par un sein virginal, a conservé intacte la virginité de la mère ? Car la mère d’aucun homme ne demeure vierge. Vois-tu combien de paradoxes dans l’économie ont pu être renfermés pour moi en celui qui est né ? Car s’il était né selon notre condition, il n’eût été qu’un homme ; mais s’il a gardé sa mère vierge, celui qui est né est reconnu comme Dieu par l’esprit avisé. »
Du bienheureux Cyrille, archevêque d’Alexandrie, dans le traité prouvant qu’il n’y a qu’un seul Christ ; et ce sont comme des paroles de la part des hérétiques :
« « Nous ne disons pas, disent-ils, que l’homme soit Fils par nature de Dieu, de peur de dire deux fils par nature ; car de même que le Verbe descendu du ciel n’est pas par nature fils de David, de même celui qui est issu de la semence de David n’est pas non plus Fils par la nature de Dieu… » »
Puis le bienheureux Cyrille à ce sujet :
« Ils se diviseraient donc en deux fils et tous deux demeureraient des imposteurs, si le Verbe issu de Dieu le Père n’avait pas été nommé Fils de David. »
Et encore :
« Car le Verbe, qui resplendit par nature de Dieu et du Père, par la participation [Note 1] advenue à la chair et au sang, comme je viens de le dire, est demeuré lui-même par nature et véritablement Fils du Père, étant un et unique, et non pas comme un autre avec un autre, de sorte qu’on ne conçoive de lui qu’une seule personne. »
Et après d’autres paroles :
« Car le Verbe est demeuré ce qu’il était et s’est fait chair [Note 2] ; il demeure au-delà de tout et, s’étant trouvé en tout pour le salut de ce qui est humain, il possède l’existence au-dessus de tout et bien au-delà des mesures de l’anéantissement. »
13. Chapitre des blasphèmes tirés de la lettre de Léon :
« Il ne reconnaît pas notre nature dans le Fils unique de Dieu, ni par l’humilité de l’humanité, ni par la gloire de la résurrection. »
Citations des hérétiques dont les propos sont en accord avec ceux tenus ci-dessus par Léon :
Blasphèmes de l’hérétique Nestorius, du 16ᵉ quatrain :
« Et il dit absolument que si tu examines tous ses discours, tu ne trouveras plus nulle part la mort rapportée à Dieu, mais soit au Christ, soit au Fils, soit au Seigneur. Car le Christ, le Fils et le Seigneur, appliqués par l’Écriture au Fils unique, sont la désignation de deux natures ; et parfois cela indique la divinité, et parfois l’humanité. »
Du même :
« Mais le bienheureux Paul s’écriant ouvertement :349
… qui est le crucifié, écoute désormais la voix la plus explicite : « Car il a été crucifié par faiblesse » ; or, ô hérétique, Dieu le Verbe n’a point faibli.
Du même :
Au sujet de celui-ci qui a souffert, Pierre aussi s’écriait : « Ce Jésus, Dieu l’a ressuscité, élevé par la droite de Dieu » ; or, Dieu le Verbe n’avait pas besoin d’être secouru par la droite.
Blasphèmes de l’hérétique Diodore tirés du traité sur l’Incarnation :
C’est pourquoi désormais nous ne parlons pas d’un seul Père ; mais d’un seul Dieu, le Fils étant par nature Dieu le Verbe, tandis que celui issu de Marie l’est par la nature de David, mais par la grâce de Dieu.
Et après d’autres paroles :
Car avant d’être entièrement dissous, il ressuscita encore incorruptible, et il ne fut point laissé trois jours entiers dans le tombeau.
Blasphèmes de l’hérétique Théodoret tirés de la réfutation du quatrième anathème :
Mais comment ne pas croire au Seigneur montrant les deux natures et disant aux Juifs : « Détruisez ce temple, et en trois jours je le relèverai » ; car il montre détruit le temple, et comme celui qui le relève, Dieu.
Réfutation de ce qui a été dit par Léon et, avant lui, par les hérétiques :
Tout cela est parent de ce qui a été dit par lui ; car il affirme que notre nature n’était pas connue du Fils unique de Dieu, ni par l’abaissement de l’humanité, ni par la gloire de la résurrection ; appelant abaissement350351352
boire, mourir et être ensevelie la nature de l’homme conjointe par habitude à Dieu le Verbe, comme il lui semble, laquelle, dit-il, est aussi glorifiée par Dieu le Verbe, étant ressuscitée d’entre les morts. Il profère de nouveau des paroles semblables à celles qu’il a dites auparavant ; car il a dit plus haut ainsi : « Bien qu’absolument dans le Seigneur Jésus-Christ, Dieu et homme, il n’y ait qu’une seule personne, autre est pourtant ce d’où procèdent communément pour chacun les outrages en raison de la familiarité, et autre ce d’où adviennent en commun les gloires ». Car, appelant de nouveau notre nature l’homme issu de Marie, il a appelé Fils unique de Dieu le Dieu Verbe, attribuant en propre et particulièrement à l’homme ce qui est singulier et ce qui lui convient, comme il le juge en rapportant l’abaissement de la passibilité et de la mort ; et au Monogène, à nouveau, ce qui est convenable et propre, la gloire de la résurrection, en [le] préservant*, comme il le pense. Et pour montrer que telle est son intention, il ajoute de nouveau peu après, en disant que celui dont on connaît la mort, qu’on connaisse aussi son corps, et qu’on ne nie point qu’il soit l’homme intérieur même, que l’on a su être passible ; et parce que la négation du corps véritable est aussi la négation des souffrances du corps. Et il ajoute à cela peu après : qu’on ne nie pas désormais qu’il soit homme, celui que l’on a su être passible. Mais la destruction des passions du corps et la ruine de ce même calomniateur ne proviennent pas de l’abaissement de la passibilité humaine de la croix ; car ceux qui appartiennent au Christ Jésus ont, dans la réconciliation de la croix, crucifié la chair avec ses passions et ses désirs, et ils vivent spirituellement, ressuscités avec le Christ et cherchant les choses d’en haut, ayant renoncé absolument à souffrir les passions des corps et des choses terrestres. Et si les chrétiens sont ainsi, combien plus incomparablement l’Auteur de cette réconciliation, ayant fait la paix par le sang de sa croix, soit pour ce qui est sur la terre, soit pour ce qui est dans les cieux, ayant tué l’inimitié en lui-même, et ayant avec hardiesse livré en spectacle les principautés et les puissances, et ayant par sa mort salutaire fait mourir la mort, n’étant en rien assujetti à la mort, mais ayant le pouvoir de donner sa vie, sur qui le prince de ce monde n’avait aucun pouvoir ; mais volontairement…353
… volontairement [s’est] livré lui-même à la mort de la croix, « seul libre parmi les morts », en tant qu’il est seul Dieu et ignorant du péché par lequel la mort est entrée dans le monde.
Que pense donc de plus haut ce nouveau Nestorius, en honorant à ce point la puissance de la croix, en laquelle seule le bienheureux Paul met sa gloire et prie de ne se glorifier en rien d’autre ? Car cet homme vaillant et sage, ainsi qu’il s’imagine être un docteur, refusera comme d’habitude de croire aux Écritures divinement inspirées et leur résistera. Mais nous, suivant les traces apostoliques et les enseignements des évêques orthodoxes, nous croyons que Jésus-Christ est le vrai Dieu et la vie éternelle, et « Dieu béni éternellement, amen ».
Et nous anathématisons ceux qui conçoivent ou affirment deux natures ou deux personnes sur un seul Christ ; car nous avons appris que le Christ est passible, et que, devenu passible, il est le premier-né de la résurrection d’entre les morts, et qu’il s’est proclamé lui-même lumière sous les cieux et a été annoncé par les prophètes, les apôtres et les saints Pères ; car Isaïe disait : « Illumine-toi, illumine-toi, Jérusalem, car ta lumière est venue, et la gloire du Seigneur s’est levée sur toi ». Car la sainte Église a été illuminée et glorifiée par l’habitation du Christ passible dans nos cœurs par le Saint-Esprit. Or, cela est tout à fait étranger à la nature humaine, pour laquelle il s’est déterminé à souffrir en notre faveur ; et à l’opposé, le bienheureux Jean dit : « La vraie lumière qui éclaire tout homme était venant dans ce monde ». En parlant de cette lumière, [il dit] qu’elle a façonné avec art le ciel, la terre et tout ce qui s’y trouve ; et cette œuvre créatrice est tout à fait étrangère à la nature de l’homme, car le bienheureux Jean reconnaît comme Dieu le Verbe de Dieu incarné. Et les bienheureux Pères, marchant sur ces traces, ont proclamé sous les cieux le Seigneur Jésus-Christ « Dieu né de Dieu, et Lumière née de la Lumière, et vrai Dieu né du vrai Dieu ». Affirmant que ce vrai Dieu s’est abaissé et s’est incarné de la sainte Vierge, et qu’il est apparu au monde en disant : « Je suis venu comme lumière en ce monde, afin que ceux qui ne voient pas voient », et enco…354355356357358359
… [dis]ant : « Je suis la lumière du monde » (Jn 8, 12). Ce vrai Dieu, lumière du monde, vie — car « Je suis, dit-Il, la résurrection et la vie » (Jn 11, 25) —, « Dieu béni éternellement, amen » (Rm 9, 5), le grand Dieu et notre Sauveur Jésus-Christ a été proclamé passible par les saints apôtres. Et puisque le bienheureux Pierre dit : « Le Christ ayant souffert dans la chair pour nous » (1 P 4, 1), et le bienheureux Paul : « Attendant la bienheureuse espérance et la manifestation de la gloire du grand Dieu et de notre Sauveur Jésus-Christ, qui s’est donné Lui-même pour nous, afin de nous racheter de toute iniquité et de purifier pour Lui un peuple particulier, zélé pour les œuvres bonnes » (Tt 2, 13-14). Telles sont les voies de Celui qui a souffert pour nous.
Que les hérétiques rougissent ! Car si nous nous taisons, les pierres crieront que ce ne sont pas là des accomplissements de la nature humaine, mais de l’Emmanuel, Dieu le Verbe incarné et devenu homme, demeurant en vérité ce qu’Il était. Et cela, le bienheureux Paul le montre encore en disant que l’homme Jésus-Christ s’est donné Lui-même en rançon pour tous (1 Tm 2, 5-6). Or, la nature de l’homme n’aurait pu être donnée en rançon pour tous. Car bien qu’il nomme homme Celui qui s’est donné Lui-même en rançon pour nous, il sait que ce même est le grand Dieu et Sauveur Jésus-Christ, et « Dieu béni éternellement, amen » (Rm 9, 5). Et bien qu’il Le nomme grand Dieu, il sait aussi qu’Il est devenu homme pour notre salut selon l’économie ; car il proclame le Christ mort pour nous, et enseveli, et ressuscité, de même que les bienheureux Pères de Nicée, disant que Dieu incarné a souffert, adjoignaient aussi qu’Il est ressuscité et monté aux cieux, et qu’Il viendra juger les vivants et les morts. Et ceux qui ne pensent pas ainsi au sujet du Christ, les saints apôtres et les bienheureux hommes de Nicée, et après eux les saints Pères, docteurs de la sainte Église universelle, les ont anathématisés.
Démonstrations de nos bienheureux pères et évêques confirmant les paroles dites par nous…360
[…]és, mais destructeurs des impieuses hérésies des hérétiques susmentionnés.
Du bienheureux Jules, archevêque de Rome, de la lettre à Denis :
« Mais quant à ceux qui confessent que le Dieu [venu] du ciel s’est incarné de la Vierge et qu’il est un avec la chair, c’est en vain qu’ils s’agitent en des paroles, proférant leurs impiétés. Car ils disent eux aussi, à ce que j’entends, deux natures ; et cela bien que Jean unisse assurément le Seigneur en disant : « Le Verbe s’est fait chair », et que Paul dise : « Un seul Seigneur Jésus-Christ, par qui sont toutes choses ». Car si celui qui est né de la Vierge est nommé un et qu’il est lui-même celui par qui tout a été fait, il est une seule nature, parce que la personne est une, n’ayant pas de division en deux ; car la chair n’est point une nature particulière, ni la divinité une nature particulière selon l’incarnation ; mais de même que l’homme est une seule nature, ainsi en est-il aussi du Christ advenu à la ressemblance de l’homme. Mais s’ils ne reconnaissent pas l’un selon l’union, ils peuvent aussi diviser l’un en plusieurs et affirmer de nombreuses natures ; car le corps est multiforme : composé d’os, de nerfs, de veines, de chair, de peau, d’ongles même et de cheveux, de sang et d’âme, lesquels ont tous une diversité les uns par rapport aux autres, et pourtant c’est une seule nature. De sorte que la vérité de la divinité avec la chair est une et ne se divise pas en deux natures. Car il n’aurait pas pu appeler Fils de l’homme le tout, Celui qui est descendu du ciel, et Fils de Dieu Celui qui est né d’une femme, s’il admettait la division des deux natures ; mais Celui qui est descendu du ciel aurait été appelé sans doute Fils de Dieu et non Fils de l’homme, tandis que Celui qui est né d’une femme aurait été appelé Fils de l’homme et non Fils de Dieu ; et cela découle de l’hérésie de Paul [de Samosate]. Mais à nous, les divines Écritures nous enseignent à parler d’un seul Seigneur, quant à sa descente du ciel et à sa nativité sur la terre. Ceux qui désormais parlent ainsi, afin que dans la concorde ils s’élèvent contre tous ceux qui contredisent, afin qu’aucune pensée […] »361
… en s’enorgueillissant par […], ils blasphèment par leurs paroles. Car il est nécessaire pour eux, en disant deux natures, d’adorer l’une et de ne point adorer l’autre ; d’être baptisé dans la [nature] divine, mais de ne point être baptisé dans l’humaine. Or, « si je suis baptisé dans la mort du Seigneur »¹, je confesse une seule nature de la divinité impassible et de la chair passible, afin qu’ainsi notre baptême soit en Dieu et parfait dans la mort du Seigneur.
Et après d’autres [paroles] :
Qu’ils ne fournissent plus désormais de prétextes aux diviseurs en disant deux natures ; car la chair n’est point par elle-même une nature, puisqu’elle n’est point non plus vivifiante par elle-même et qu’elle ne peut être séparée de celui qui donne la vie ; et le Verbe ne se divise point par lui-même en sa propre nature, qu’il a selon l’incorporel ; car le Seigneur s’est manifesté au monde dans la chair et non point de façon incorporelle.
Du bienheureux Athanase, archevêque d’Alexandrie, sur l’Incarnation du Verbe :
Car nous confessons, dit-il, que celui-ci est le Fils de Dieu, et Dieu selon l’esprit et Fils de l’homme selon la chair, non point deux natures pour un seul Fils, l’une adorable et l’autre non adorable, mais une seule nature de Dieu le Verbe incarnée et adorée avec sa chair, d’une seule adoration.
Et peu après :
Mais si quelqu’un enseigne au-delà de cela à partir des divines Écritures, disant qu’autre est le Fils de Dieu et autre celui [né] de Marie qui a été fait fils par grâce comme nous, comme s’il y avait deux fils : l’un par nature Fils de Dieu issu de Dieu, et l’autre par la grâce homme issu de Marie ; ou si quelqu’un dit que le corps de notre Seigneur vient d’en haut et non de la Vierge Marie, ou que la divinité s’est changée en chair, ou a été mêlée ou altérée, ou que la divinité du Seigneur est passible, ou que le corps de notre Seigneur est non adorable comme celui d’un homme, et non point adorable362
[…] comme le corps du Seigneur et de Dieu ; celui-là, la sainte et catholique Église l’anathématise, acquiesçant à l’Apôtre qui dit : « Si quelqu’un vous évangélise au-delà de ce que vous avez reçu, qu’il soit anathème ! »
Du même, tiré de la treizième [lettre] festive :
Car qui est notre joie ou notre gloire, sinon celui qui a souffert pour nous et qui, par lui-même, nous a fait connaître le Père, notre Seigneur Jésus-Christ ? Car ce n’est pas un autre et un autre, lui-même qui parla jadis dans les prophètes et qui maintenant dit lui-même à tous : « Moi qui parle, je suis présent ».
Du même, tiré de la onzième [lettre] festive, l’an 45 de Dioclétien :
C’est pourquoi le Sauveur réprimandait ceux qui pleuraient et le suivaient tandis qu’il marchait vers la mort, en disant : « Ne pleurez point sur moi », voulant montrer par là que la mort du Seigneur n’était point un sujet de deuil, mais de joie ; car bien qu’il meure pour nous, il vivra, puisqu’il ne provient pas du néant, mais du Père.
Du même, sur la croix :
Car cela non plus n’était pas leur œuvre, mais l’action du Sauveur suspendu au bois ; et tandis qu’il était suspendu comme un homme, il chassait les principautés, écrasait le calomniateur et terrifiait les démons, sans que fût déchirée la tunique, afin que cela subsistât pour ceux qui restaient et pour la confusion des Juifs. Et après beaucoup de choses, il advint que le voile se déchira, mais la tunique du Sauveur ne fut même point partagée par les bourreaux, mais elle demeura intacte, car l’Évangile demeure intact alors que les ombres sont divisées.
Du bienheureux Cyrille, archevêque d’Alexandrie, tiré du Commentaire du Symbole :
Puisqu’ils subvertissent désormais les paroles de l’économie et défigurent la vérité, s’élevant contre toutes les Écritures divinement inspirées — lesquelles reconnaissent le Fils comme étant Dieu et incarné, et le proclament un seul en tout lieu ; car même dans la Création du monde […]363364365
livre, Moïse a écrit comment le divin Jacob fit passer le torrent de Jabbok à ses enfants : « Et il resta seul, et un homme luttait avec lui jusqu’au matin. Et Jacob appela le nom de ce lieu-là Forme de Dieu : car, dit-il, j’ai vu Dieu face à face, et mon âme a été sauvée. Le soleil se leva pour lui lorsqu’il passa la Forme de Dieu ; or Jacob boitait de sa hanche ». Car Dieu montrait d’avance au patriarche que le Verbe Monogène de Dieu s’incarnerait aussi en son temps, qu’il entrerait en lutte contre Israël et qu’en raison des événements qui le concernent, ils ne marcheraient point d’un pas droit, [mais] boiteraient dans des sentiers détournés, de même que Jacob boitait de sa hanche, selon ce qu’il dit lui-même par l’intermédiaire du chantre à la cithare : « Des fils étrangers m’ont menti, des fils étrangers ont vieilli et ont boité hors de leurs sentiers ». Car nous pouvons expliquer cela à propos du fait que Jacob boitait de sa hanche. Mais vois ceci : alors qu’un homme combattait contre lui, il dit voir Dieu face à face, et il le nomme « Forme de Dieu », car il est resté le Verbe de Dieu, tout en étant devenu homme sous la forme du Père — je dis selon l’image intelligible et selon tout ce qu’il possède immuablement — ; car il dit à Philippe, se montrant lui-même, même corporellement, comme la connaissance de la substance du Père : « Celui qui m’a vu a vu le Père »*.
Et peu après :
Car le bienheureux prophète Isaïe, sachant que le Dieu incarné a souffert dans la chair, dit à son sujet : « Comme une brebis, il a été mené à l’immolation, et comme un agneau sans voix devant celui qui le tond, ainsi il n’ouvre pas sa bouche. Dans son humiliation, son jugement a été ôté. Sa génération, qui la racontera ? Car sa vie est retranchée de la terre »*. Et si c’était un homme et un Fils conçu individuellement en propre, seulement associé à Dieu, ainsi que le disent les inventions des indignes hérésies, il eût été pourtant aisé de trouver quelqu’un qui pût raconter sa généalogie, car il est issu de la semence de Jessé et de David. Mais la conformation du Verbe de Dieu, ou bien le mode de sa génération, qui pourrait l’exprimer ? Car sa vie est retranchée de la terre366367368369
de celui-ci, c’est-à-dire l’existence ; car au lieu de l’existence, il plaça la vie dans les hauteurs. [mot illisible] sur cette terre ; car il est tout à fait incompréhensible et insaisissable pour les mains des hommes, en raison de son indicible nature, le Verbe.
Du même, [montrant] que le Christ est un :
Et ceci : car ce qui nous a sauvés, ce ne fut ni un intercesseur, ni un ange, mais le Seigneur lui-même, non pas en s’interposant par la mort d’un étranger et d’un homme ordinaire, mais par son propre sang.
Du bienheureux Proclus, tiré de la lettre aux Orientaux :
Et l’Invisible s’incarne immuablement, et le Sans-commencement naît selon la chair ; [mot illisible] selon la chair par l’âge, étant tout à fait parfait par la nature, et éprouvant la souffrance, il endure, lui qui est supérieur à la souffrance ; non pas en tant que [mot illisible] il endura les outrages, mais en tant qu’il s’est chargé de prendre sur lui les souffrances de la chair.
14. Troisième chapitre des blasphèmes tiré de la lettre de Léon.
Que l’on voie quelle nature, étendue au moyen de clous, fut suspendue au bois de la croix, et, le côté ayant été percé sur la croix par la lance du soldat, que l’on comprenne d’où coulèrent le sang et l’eau.
Et peu après, il ajoute à cela :
Afin que l’on ne croie pas à une humanité sans véritable divinité, ni à une divinité sans véritable humanité !
Extraits des hérétiques, avec lesquels concordent les paroles susdites de Léon.
Blasphèmes de l’hérétique Nestorius :
« C’est ce Jésus — dit-il — que Dieu a ressuscité », le visible, celui-ci370371372
… l’insaisissable pour les yeux cloué sur le bois, celui qui fut palpé par les mains de Thomas.
Du même.
Car la vaillance inadmissible du corps pour cette race, et non pour la divinité… dont les pieds furent saisis par des clous… adorer celui-ci avec la divinité.
Du même.
« Ils regarderont vers celui qu’ils ont transpercé ». Quel est le côté transpercé ? Le côté est-il celui du corps, ou bien de la divinité ?
Du même.
Affirmant cela en tout temps, nous confessons la division de la nature et l’excellence unie en une seule dignité de Dieu.
Blasphèmes de Théodoret l’hérétique.
Ce n’est donc pas Dieu qui a souffert, mais l’homme pris d’entre nous par Dieu.
Du même.
Qui donc désormais, rendu parfait par les labeurs de la vertu et n’étant point parfait par nature, qui a appris par l’épreuve l’obéissance, en l’ignorant avant les épreuves ? Ce n’est point le Dieu Verbe, l’immortel, l’impassible, l’incorporel, mais celui [issu] de la descendance de David, le mortel pris de lui, le passible, qui redoutait la mort, bien que lui-même ait détruit après cela l’empire de la mort.
Et encore.
Car celui-ci avait en lui-même la faiblesse de la nature, et non point le Tout-Puissant, le Dieu Verbe.
Réfutation contre les propos de Léon et des hérétiques qui l’ont précédé.
Voulant désormais mener à son terme la composition de son impiété, il la scelle par le blasphème…373
de ce qui a été dit précédemment par lui, errant plus manifestement ; car il veut prêcher et faire croire qu’un simple homme fut crucifié et fixé par des clous, du côté duquel sortit du sang humain, ainsi qu’il l’estime et le montre simplement. Car ce qui a été dit auparavant : « qu’on ne nie point pour un seul corps confondu les réalités humaines qu’il a reconnues sujettes à la souffrance » — il est clair qu’il répéta de nouveau après peu de temps la même parole au sujet de l’homme et parla ainsi : « qu’on ne nie point désormais qu’il soit homme, celui qu’il a reconnu sujet à la souffrance », et qu’il a posé que le crucifié était un simple homme ; et confirmant cela de fond en comble, il ajouta à cela que c’est du côté de l’homme attaché et sujet à la souffrance — ainsi qu’il le nomme de fond en comble — que sortirent abondamment le sang et l’eau. Or, dans ce qui a été dit précédemment, l’impiété de ses propos a été démontrée, et vous estimerez superflu de s’efforcer de le démontrer de nouveau sur le même sujet. Cependant, nous n’hésiterons pas à parler d’eux selon notre pouvoir ; car un tel homme s’égare, ne connaissant point les Écritures, ni la puissance de Dieu^1^. Car la nature de l’homme, ou l’homme, n’est pas appelée « la Vie », car elle ne l’est point ; car l’homme est appelé un vivant doué de raison et mortel ; mais le divin Moïse enseigna proprement comme « la Vie » celui qui fut attaché au bois par des clous, en disant : « Vous verrez votre Vie suspendue devant vos yeux et vous ne croirez point »^2^. Et le Seigneur lui-même, confirmant ce qui avait été prononcé par Moïse, disait en prophétie à son sujet : « Je suis la résurrection et la vie »^3^ ; et qu’« il faut que le Fils de l’homme soit crucifié »^4^ ; « Et comme Moïse éleva le serpent dans le désert, ainsi faut-il que soit élevé le Fils de l’homme, afin que quiconque croit en lui ait la vie éternelle »^5^ ; et : « Quand j’aurai été élevé de la terre, j’attirerai tous les hommes à moi »^6^ — ceux, évidemment, qui veulent recevoir de lui la vie éternelle ; et nul parmi les hommes n’est dispensateur de vie, mais le propre du seul Dieu est une telle374
[…] opération miraculeuse ; et le bienheureux Paul témoigne en disant au sujet de Dieu : « Car en lui nous avons la vie, le mouvement et l’être »¹. Dieu incarné est donc le dispensateur de la vie et du Saint-Esprit ; car, dans son étendue, attaché par des clous sur la croix et donnant foi aux disciples — Thomas cherchant précisément à vérifier cela, si le Crucifié était ressuscité d’entre les morts —, il souffla sur les disciples et leur fit don du Saint-Esprit par sa propre autorité, en tant que Dieu. Or, au commencement, l’Écriture témoigna à nouveau d’une telle opération miraculeuse², lorsque Dieu façonna l’homme et souffla sur sa face un souffle de vie, qui s’était ensuite retiré de l’humanité en raison de la transgression d’Adam ; cela, le Christ l’a accordé après la résurrection d’entre les morts, après la victoire sur la mort.
D’ailleurs, le sang d’un simple homme ne rachète pas le monde et ne fait pas don de la vie éternelle ; or le Seigneur disait aux Juifs : « En vérité, en vérité, je vous le dis, si vous ne mangez la chair du Fils de l’homme et ne buvez son sang, vous n’avez point la vie en vous »³. Et encore : « Et celui qui me mange vivra lui aussi par moi »⁴. Il est donc démontré que ce n’est point de manière limitée qu’il est la vie selon la nature, celui qui a été suspendu au bois et qui est le dispensateur de la vie en tant que Dieu incarné. Qui donc a jamais entendu dire que du côté d’un homme blessé de l’eau soit sortie en même temps que le sang ? Et voilà que, d’un mort même, l’évangéliste témoigne au sujet du Seigneur qu’il mourut, qu’il fut frappé de la lance et qu’il en sortit le sang précieux et de l’eau⁵. Car le Christ nous a rachetés par son propre sang, ayant donné cette rançon plus précieuse que tout à l’humanité entière ; et l’eau précieuse, pour la délivrance, la purification et la sanctification de ceux qui croient en lui.
Car il était dès le commencement le Verbe de vie, comme le dit Jean, et il nous est apparu incarné de la Vierge, et il a été vu et a été touché, le Verbe de vie⁶, étranger à la passibilité ; et après la résurrection, il fut même touché par Thomas, lui qui avait été attaché par des clous et transpercé au côté, recevant de lui la confession d’être Seigneur et Dieu, confession pour laquelle il le déclara bienheureux375376377378379380381
… Seigneur [auprès de ceux qui ont cru] que Lui-même est le Seigneur Dieu, en disant : « Parce que tu m’as vu, tu as cru. Heureux ceux qui n’ont pas vu et qui croiront ! » Nous donc, suivant la foi des apôtres, comme il a été dit plus haut, et les enseignements des saints Pères, nous confessons que le Christ est Dieu, comme une seule nature incarnée de Dieu le Verbe.
Témoignages de nos bienheureux Pères et évêques, confirmant ce que nous avons dit et renversant les sectes impies des hérétiques susmentionnés§
Du bienheureux Athanase, archevêque d’Alexandrie, de la deuxième lettre festive de l’ère de Dioclétien. XLVI.
« Vous verrez votre vie suspendue devant vos yeux ». Qui donc est celui-ci, sinon celui qui a dit : « Je suis la vie » ? C’est Lui qui a été l’objet de l’incrédulité des Juifs, dépouillé par les bourreaux et partagé par les soldats.
Du même, de la troisième lettre festive de l’ère de Dioclétien. XLVII.
Car, étant la Vie, il n’est point mort, afin de nous vivifier ; étant le Verbe, il est devenu chair, afin de libérer la chair par le Verbe ; étant la Source, il a eu soif de notre soif, afin par là de nous appeler à la patience en disant : « Si quelqu’un a soif, qu’il vienne à moi et qu’il boive ! »
Du même, de la cinquième lettre festive de l’ère de Dioclétien.
Car ils ne sont plus le peuple de Dieu ni une nation sainte, mais ils sont appelés princes de Sodome et peuple de Gomorrhe, surpassant en cela la méchanceté même des Sodomites, comme le dit aussi le prophète : « Sodome a été justifiée par rapport à toi » ; car les Sodomites se sont rendus coupables envers des anges, mais ceux-ci, c’est le Seigneur, et Dieu, et le Roi de toutes choses, et le Seigneur de tous les anges qu’ils ont égor-382
… ont entrepris de transpercer, ne sachant pas que la vie de ceux qu’ils égorgeaient était le Christ ; mais il mourut lorsque les Juifs usèrent de perfidie contre le Seigneur.
Du même, XI, du grec de Dioclétien, 45 :
« Pourquoi les nations se sont-elles enorgueillies et les peuples ont-ils médité des choses vaines ? » ; car vaine était la pensée des Juifs songeant à donner la mort à la Vie et songeant à [lacune] le Verbe du Père.
Du même, Sur la croix :
Car cela non plus n’était pas leur œuvre, mais celle du Sauveur suspendu ; car, tout en étant suspendu comme un homme, il chassait aussi les puissances et écrasait l’Accusateur.
Il fut frappé non point en une autre partie, mais au côté, d’où coulèrent le sang et l’eau ; car, de même que la séduction était autrefois entrée par le côté de la femme créée, de même, par le côté du second Adam, le rachat et l’expiation adviendraient pour le premier : le rachat par le sang, et l’expiation par l’eau. Mais cela n’arriva pas selon la volonté de l’Accusateur ; car, tandis qu’il craignait que la mort n’advînt, le Seigneur mourut et lui-même fut dépouillé ; et, pensant tenir le Christ dans la mort, c’est bien plutôt lui-même qui fut montré mort ; et, se flattant de guetter un homme, il le fit reconnaître comme Dieu. Car, dès qu’il mourut, la création fut privée de soleil, le voile du sanctuaire se déchira, la terre trembla, les rochers se fendirent, les puissances infernales retentirent avec les portes brisées des enfers ; d’après ces signes, il était possible de voir non pas un simple homme, mais véritablement Dieu dans la chair. C’est pourquoi ceux qui voyaient cela disaient : « Vraiment, celui-ci est le Fils de Dieu » ; car de nombreux tombeaux s’ouvrirent aussi, et les morts qui s’y trouvaient ressuscitèrent.
Du bienheureux Grégoire, évêque de Néocésarée :
Si quelqu’un dit : autre est celui qui a souffert et autre celui qui n’a pas souffert…383384
… ayant souffert, et ne confesse pas que le même Dieu le Verbe impassible a souffert dans sa propre chair, comme il est écrit, qu’il soit anathème !
Du même :
C’est lui qui alors fit sortir l’ancien peuple hors d’Égypte, et plus tard nous a tous rachetés de la mort, et particulièrement tout le genre humain, et nous a fait remonter des enfers ; c’est lui qui jadis fut immolé comme une brebis et préfiguré dans la brebis, mais qui ensuite fut lui-même immolé pour nous, car le Christ, notre Pâque, a été immolé.
Du bienheureux Grégoire de Nazianze :
138. Si quelqu’un n’adore pas le Crucifié, qu’il soit anathème et rangé parmi les théicides !
Du même, Sur la vertu du Verbe :
Mais lorsqu’ils verront le Législateur étendre les mains sur un tel crucifié pour nous, ils paieront à juste titre pour leur méchante complicité.
Du même, Sur les saintes [illuminations] :
N’outrage jamais le mystère en entendant attribuer à Dieu du sang et une passion ; ne t’égare nulle part de la sorte en te faisant l’avocat de Dieu ; mais mange la chair avec assurance et sans hésitation, bois le sang, si tu as le désir de la vie.
Et encore :
Nous avons supplié Dieu incarné et mort.
Et encore :
C’est pourquoi, de notre passion, pâtit Dieu devenu homme.
Et encore :
Ô Christ Verbe, et passion par l’impassible !385386
Du bienheureux Basile, tiré du traité sur le Saint-Esprit :
« Car le ciel et la terre, l’immensité des mers et les créatures contenues dans les eaux, les animaux terrestres, les plantes, les astres, l’air, les saisons et l’ordonnance universellement variée de toutes choses ne manifestent pas tant la puissance transcendante, que ne le fait ce qui est impossible : que Dieu l’invisible, de manière impassible, par le moyen de la chair, embrasse la mort, afin de nous faire don, par sa propre passion, de l’impassibilité. »
Du bienheureux Cyrille, tiré de la lettre à Nestorius :
« Mais l’Écriture inspirée de Dieu dit que le Verbe de Dieu s’est fait chair, c’est-à-dire qu’il s’est uni à une chair douée d’une âme rationnelle. Et suivant les prédications évangéliques, le saint et grand concile a proclamé que ce même Fils unique, né de la substance de Dieu le Père, par qui tout a été fait et en qui tout subsiste, pour nous les hommes et pour notre salut, est descendu des cieux, s’est incarné et s’est fait homme, a souffert et est ressuscité, et qu’il viendra en son temps comme juge ; et ils ont nommé le Verbe de Dieu un seul Seigneur Jésus-Christ. »
Du même, tiré des discours prononcés à Éphèse :
« Car ils sont véritablement des enfants de perdition et une race impie, ceux qui renient le Seigneur qui les a rachetés ; en effet, nous avons été rachetés à grand prix, non par de l’argent et de l’or corruptibles, mais par son sang précieux, comme d’un agneau sans défaut, le Christ. Mais le sang d’un simple homme, ordinaire et semblable à nous, a-t-il donc été d’un prix suffisant pour le monde entier, ou bien est-ce comme si un seul était mort pour tous afin de les faire tous vivre ? Comment serions-nous devenus siens, nous qui, confessant le Dieu véritable et par nature, lui rendons notre culte, répugnant à adorer la créature plutôt que le Créateur ? Mais comme nous l’avons dit, aujourd’hui encore certains méprisent la douceur de notre Sauveur, renient le Seigneur, secouent le joug de la servitude, de sorte que le Christ dit aussi à leur sujet par la voix du prophète : « Malheur à eux, car ils se sont enfuis loin de moi ! » etc. »387
… ils se sont détournés de moi. Et moi, je les ai rachetés, mais eux ont proféré contre moi des mensonges.
Du même, du premier discours sur Isaïe :
« Et le Christ s’est levé pour les nations, et elles sont appelées à son admirable lumière ; mais les Juifs, sous l’emprise d’une ivresse grossière, se sont conduits envers lui, et le prenant [mot indéchiffrable], ils ont tué la Vie, quoiqu’il soit ressuscité de nouveau comme Dieu. »
Du même, du second discours sur Nestorius :
« Est-ce que le Christ n’est pas dit être issu de la semence de David selon la chair et venir des Juifs ? Ce n’est pas cela que nous rapporte maintenant la voix, mais elle sait que, quoiqu’il fût issu des Juifs et du sang de la semence de David, il était Dieu selon l’esprit. Car l’apôtre Paul écrit : « Non de la part des hommes, ni par un homme, mais par Jésus-Christ ». Était-ce donc un non-homme, le Christ qui l’a envoyé ? Mais il ne sépare pas le Verbe de sa propre chair, car il confesse pour Seigneur Jésus-Christ, il sait que le Verbe de Dieu a goûté la mort pour nous, il sait aussi que celui qui est ressuscité des morts a été avec nous dans le tombeau selon l’humanité. Or ces choses, les bienheureux Pères les ont enseignées, eux qui ont suivi avec droiture les témoins oculaires et les ministres du Verbe et de toute l’Écriture inspirée de Dieu. Mais celui qui a osé composer ces choses [mot indéchiffrable] sur le Christ, avec ses docteurs et ses écrits, a été anathématisé par le saint apôtre et par les bienheureux Pères orthodoxes, comme ayant écrit contre la foi droite et s’étant fait le complice de la rébellion contre le Christ. »
Sur le concile de Chalcédoine :
Car après la manifestation de l’impie doctrine de Nestorius, après que ses blasphèmes eurent été livrés à l’oubli et que la paix et une concorde sans trouble régnaient en tout lieu, pour que dans toutes les églises du Christ, par la machination du calomniateur, la dispute388
s’émeut dans la ville royale, Flavien étant évêque de Constantinople, contre un certain Eutychès, prêtre et supérieur de monastère de cette même ville ; et ce fut là la cause de la Lettre de Léon, présentement condamnée. Mais comme la vérité elle-même en témoigne, aucun d’eux ne se trouve avoir parlé droitement, ainsi que la fin de la vie de l’un et de l’autre l’a démontré. Car Flavien s’empressait de rebâtir les blasphèmes de Nestorius, à partir de la même racine ou du fondement des blasphèmes, commençant à professer hérétiquement deux natures sur le seul Christ, et il contraignait Eutychès à consentir à l’hérésie des deux natures, certains autres évêques de sa juridiction siégeant auprès de lui. Mais Eutychès ne croyait pas que l’Emmanuel fût consubstantiel selon la chair à la bienheureuse Vierge Mère de Dieu, anéantissant l’Emmanuel, ainsi que ceux qui partagent ses sentiments et qui ont été ses disciples en témoignent à son sujet, eux qui rendront compte au Juge et à Dieu pour un tel faux témoignage. Il fut dès lors déposé par Flavien pour n’avoir point consenti à communier avec l’hérésie des deux natures. Et les actes de cette procédure furent envoyés par Flavien à Léon, qui était évêque de Rome ; et celui-ci écrivit en retour à Flavien cette lettre d’impiété déjà condamnée.
Puis, un concile s’étant rassemblé chez les Éphésiens selon l’ordre du bienheureux empereur orthodoxe Théodose, au sujet des vaines clameurs touchant les deux natures, et les mémoires de l’affaire précitée ayant été lus à Éphèse devant le concile d’alors, l’impie hérésie des deux natures fut unanimement anathématisée par tous, comme étant le fondement du blasphème de Nestorius et la racine d’un enseignement pernicieux. Ceux qui avaient siégé avec Flavien à Constantinople coururent même le danger de déchoir de l’épiscopat ; et ayant consigné avec lui de telles impiétés, comme un grand nombre d’entre eux se trouvaient au concile, des anathèmes feints tombèrent devant le concile et ils anathématisèrent ceux qui disent ou professent deux natures sur l’unique Christ. Et ils consentirent à suivre la doctrine des saints hommes, et ils confessèrent qu’il y a une seule nature de Dieu le Verbe incarné ; et ils furent reçus après avoir fait pénitence.389
… du concile qui s’est tenu à Éphèse. Quant à Eutychès, ayant remis son libelle au concile, jurant par écrit au nom de la sainte Trinité d’adhérer aux enseignements des saints Pères, il fut reçu par celui-ci ; et nul parmi les hommes avisés, je pense, ne blâmera ceux qui les reçurent alors au concile, bien que tous deux soient retombés par la suite dans les mêmes égarements et n’aient pas rejeté leur malice. « Car c’est du cœur qu’on croit pour parvenir à la justice, et c’est de la bouche qu’on confesse pour parvenir au salut » (Rm 10, 10), et, comme il est écrit : « L’homme regarde à l’apparence, mais Dieu regarde au cœur ». Mais Flavien, enhardi, comme je le pense, par la lettre impie écrite par Léon, dans laquelle il confirme l’impie hérésie des deux natures, persista dans son obstination et ne fit alors aucune réponse pleine de repentir au concile, ne prononçant point d’anathème contre ceux qui osent affirmer deux natures en l’unique Christ ; et il fut déposé en même temps que l’impie Théodoret et certains autres qui professaient de telles erreurs au sujet du Christ. Cette secte impie ayant été condamnée et les susnommés ayant été déposés, de nombreux éloges et des louanges furent prononcés publiquement, accompagnés des acclamations de tous les évêques alors réunis au concile, en l’honneur de notre bienheureux père Dioscore, archevêque de l’Église des Alexandrins, le proclamant gardien de la foi et affirmant que ses réponses procédaient du Saint-Esprit.
Mais après la mort du bienheureux Théodose, Marcien ayant été proclamé empereur, un concile se réunit de nouveau à Chalcédoine, où tous les évêques rassemblés renièrent ensemble le Seigneur par une souscription écrite, et l’impiété des deux natures qu’ils avaient détruite à Éphèse, ils la rebâtirent de nouveau au sujet du Christ, blasphémant et se livrant à des bouffonneries comme au théâtre contre les traditions de la foi. Car ils confirmèrent par écrit et reçurent dans la définition de foi cette lettre de rébellion précédemment mentionnée ; car ils avaient pour collègue ou président le blasphémateur Théodoret, déposé par eux à Éphèse, ainsi que ceux qui avaient été déposés avec lui, donnant des ordres avec une grande audace à l’égard de ceux qui avaient été condamnés, sans con-390391
… confessé aucune chose, ni petite ni grande, touchant les fautes, de sorte que s’il y a un juge selon les canons ecclésiastiques en ce siècle, il suffisait à lui seul de condamner ces corrupteurs et de les exclure de la communion ecclésiastique. Ils reçurent aussi Flavien, comme ayant dit droitement deux natures sur un seul Christ, et ils se déposèrent et s’anathématisèrent eux-mêmes selon la juste parole ; et ils déposèrent, comme ils le crurent, notre bienheureux père et archevêque Dioscore, parce qu’il n’avait point consenti à s’associer à leur impiété ni à souscrire à la susdite lettre de rébellion — qui fut aussi appelée division —, parce qu’elle déchira les membres de l’Église ; et en déposant et exilant le véritable gardien de la foi, d’abord à Cyzique, puis à Héraclée, et après cela dans la ville des Gangriens, en Paphlagonie, là où il acheva sa course et, ayant gardé la foi, s’endormit dans la mort, recevant la couronne de justice de la part de l’ordonnateur du combat, le Christ, le juste juge, avec tous les saints. Mais ceux qui se sont réunis à Chalcédoine devront rendre compte au Christ de la dette de leurs péchés et des outrages qu’ils ont osés contre le Christ, devant le redoutable tribunal. Car ou bien ils ont bien agi à Éphèse, en anathématisant l’impie hérésie, et mal à Chalcédoine, ce qui est la vérité ; ou bien c’est à Chalcédoine qu’ils ont bien agi, comme ils le disent eux-mêmes, et ils sont alors convaincus d’être transgresseurs à Éphèse ; de sorte que de toute manière ils demeurent sous leurs propres anathèmes, soit sous celui d’Éphèse, soit sous celui de Chalcédoine, qui sont retombés de leur fait sur leurs propres têtes.
« Qui me donnera quelqu’un qui m’écoute ? » dit Job, « mais voici que dans les cieux est le témoin de ceux qui agissent contre lui, et son garant dans les hauteurs », vers qui nous portons accusation, répandant devant lui les larmes de notre cœur, jusqu’à ce que le Seigneur Dieu regarde, fasse entendre sa voix du haut du ciel et fasse promptement justice pour sa sainte et universelle Église, et qu’il abaisse ses ennemis, afin que Dieu soit la propitiation de ceux qui méprisent l’assemblée réunie à Chalcédoine, eux qui ont renié par écrit la foi de leurs pères et n’ont point jugé un jugement juste, car392393
… l’innocent et l’orthodoxe gardien de la foi, le bienheureux Dioscore, ils l’ont déposé, tandis qu’ils ont reçu les impies et les hérétiques, et ils ont accueilli les blasphèmes mensongers dans la définition de la foi, avec la lettre de Léon ; et ils ont égorgé le troupeau du Christ, n’écoutant point Dieu qui dit : « Tu n’accueilleras point de vain bruit — c’est-à-dire une parole mensongère et calomniatrice —, et tu ne te joindras point à la multitude pour faire le mal », afin de pervertir le droit, et encore peu après : « Tu ne corrompras point le jugement du pauvre dans son droit en toute parole d’iniquité, et tu n’auras point pitié du pauvre en son procès », car le jugement appartient à Dieu. En effet, les lèvres des prêtres doivent garder les jugements de Dieu sans acception de personnes, à la ressemblance du Christ, le grand Souverain Prêtre, et faire sortir la loi du Seigneur de leurs lèvres, car ils sont les anges du Seigneur Tout-Puissant, selon la voix du prophète.
Mais au sujet de ceux-ci, les saints ont prophétisé, Jérémie les appelant une assemblée de prévaricateurs, eux qui ont bandé leur langue comme un arc contre le Christ et comme un trait qui blesse, et ils ont commis deux maux : ils ont renié leur Seigneur et leur Dieu, et ils se sont maudits eux-mêmes par leurs propres anathèmes, déjà anathématisés par le bienheureux Paul et par les saints Pères. C’est à leur sujet que le bienheureux apôtre écrivait : « Car, dans les derniers temps, certains abandonneront la foi », et : « Dans les derniers jours surviendront des temps difficiles ; car les hommes seront égoïstes, amis de l’argent, orgueilleux, hautains, intempérants, cruels, ennemis du bien, blasphémateurs, rebelles à leurs parents, ingrats, impurs, sans cœur, sans loyauté, calomniateurs, ravisseurs, traîtres, téméraires, enflés d’orgueil, aimant le plaisir plus que Dieu, ayant l’apparence de la piété, mais en reniant la force ; et détourne-toi de ces gens-là ». Nous donc, qui croyons désormais au bienheureux Paul, voyant comme de nos propres yeux s’accomplir en eux ce qui a été écrit à leur sujet, fuyons leur ressemblance, car c’est à leur sujet qu’il disait dans les Actes aux prêtres d’Éphèse : « Moi, je sais qu’après mon départ, il s’introduira parmi vous des loups redoutables qui n’[…[^394]
[sans] épargner le troupeau ; et du milieu de vous-mêmes se lèveront des hommes tenant des discours pervers, pour entraîner les disciples après eux ; c’est pourquoi veillez « 1. Et aux Corinthiens, il dit d’avance pour les mettre en garde : « Car il faut, dit-il, qu’il y ait aussi des schismes parmi vous, afin que ceux qui sont éprouvés soient manifestés parmi vous » 2. Car le Seigneur lui-même disait aux siens : « Gardez-vous des faux prophètes, qui viennent à vous en vêtements de brebis, mais qui, au-dedans, sont des loups ravisseurs » 3. Et afin que tout homme soit sans excuse et qu’il n’y ait aucun prétexte à dire : « Moi, simple fidèle, je ne sais point discerner au sujet des hérésies de la foi », le Seigneur a d’avance prévenu même les simples d’esprit en disant : « C’est à leurs fruits que vous les reconnaîtrez » 4, et : « Le voleur ne vient que pour voler, égorger et perdre ; car le bon pasteur donne sa vie pour ses brebis, mais le mercenaire s’enfuit » 5, renie ce qui regarde le Christ, se fait traître à la vérité et abandonne les brebis du Christ au massacre par une doctrine pernicieuse. Si tu vois ceux qui ont été mentionnés plus haut avoir combattu jusqu’à leur propre mort pour la vérité, et avoir avec empressement exposé leur vie pour les troupeaux du Christ, attache-toi à leurs enseignements et sois leur émule en tout ; mais si tu les vois égorger, perdre et persécuter les membres du Christ, fuis leur fratricide et leur doctrine.
Le Seigneur, qui doit juger le monde avec justice, t’en a d’avance témoigné ; et par lui-même ainsi que par le bienheureux Paul, les prétextes alléguant l’ignorance te seront sans excuse devant le redoutable tribunal. Et le Seigneur a dit : « Il est nécessaire que viennent les scandales ; mais malheur à l’homme par qui le scandale arrive ! » 6 Et le monde entier, pour ainsi dire, a été scandalisé par le concile de Chalcédoine ; car par toute la terre s’est répandue leur hérésie, et jusqu’aux confins du monde les paroles de leur impiété 7. Combien de milliers ont été égorgés à cause de cela pour le Christ, à Alexandrie, en Égypte et à Jérusalem, parce qu’ils n’ont pas adoré la statue d’or et n’ont pas consenti à s’accorder avec le concile de Chalcédoine, mais l’anathématisaient avec hardiesse ! Et devant les princes et devant les gouverneurs, ils étaient livrés aux tour[ments]…395396397398399400401
… pasteurs, et furent égorgés à cause du Christ. Ceux-ci sont bienheureux, car ils ont enduré la mort pour la piété et recevront du Christ la couronne du martyre ; quant à ceux qui sont devenus la cause du scandale, de tant de sang répandu et de persécutions, le Seigneur ne les tiendra pas pour innocents, ni en ce siècle-ci, ni dans le siècle à venir. J’ajouterai à cela aussi les audaces de la définition prononcée au concile de Chalcédoine, où ils ont également confirmé la susdite lettre d’impiété, et ont osé dogmatiser de façon semblable à ce qui y est écrit ; ils se sont attribué une sorte de sainteté et se sont proclamés pacificateurs, eux qui ont chassé la paix au loin et qui ont été les auteurs de divisions, de scandales et de persécutions contre les membres du Christ, devenus même la cause des guerres survenues. Car peu de temps après le concile de ces contempteurs, il y eut la dévastation de Rome, et jusqu’à ces jours-ci, désaccord, division et déchirements ; et ils ont prêché dans les lois ecclésiastiques et dans le troupeau du Christ en disant : « Paix, paix ! », comme les faux prophètes d’Israël ; et où est la paix ?
Ils proclament en outre Marcien, devenu empereur, fidèle, pieux et animé du zèle de la piété : ils disent que c’est avec lenteur et à grand-peine que Dieu lui a octroyé la royauté, comme à celui qui possède le zèle de la piété, insinuant indirectement que le bienheureux Théodose et les empereurs orthodoxes qui l’ont précédé n’avaient pas pensé droitement. De sorte qu’hier et à peine Marcien a-t-il régné que voilà fermées les bouches de tous les hommes pieux, tandis que s’ouvrent et s’enhardissent tous les blasphémateurs, proférant sur le Christ avec une langue insolente le mensonge et non la foi. Des oppresseurs sont sur la terre et il y eut famine d’entendre la parole du Seigneur. Car quelle église ne pleure pas, en Égypte, en Libye et en Orient, leurs persécutions et leur œuvre impie ? Car quelle province ou quelle ville a ignoré les égorgements des brebis du Christ et les bannissements qui ont eu lieu depuis lors jusqu’à maintenant…402403
et le pillage ; car même si les hommes se taisent, les pierres crieront.
Telle est pour eux véritablement la paix : égorger le troupeau du Christ et chasser au loin ceux qui sont capables de reprendre, afin d’accomplir en toute autorité ce qu’ils veulent, sans que personne ne les contredise. C’est à propos de telles gens que le Psalmiste disait : « J’ai porté envie aux impies, en voyant la paix des pécheurs »^a, et : « N’ai-je pas haï, Seigneur, ceux qui te haïssent, et n’ai-je pas séché de tristesse à cause de tes ennemis ? Je les ai haïs d’une haine parfaite ; ils sont devenus pour moi des ennemis »^b. Or, ils promettent de renouveler de façon déplacée la foi, comme si elle était vieillie, décrépite et proche de la corruption selon leur parole impie. De toute manière, ce qui est renouvelé se transforme en une tout autre manière que ce qu’il était, selon ce qui semblera le meilleur à ceux qui le renouvellent. Et parce que tel est leur empressement, à partir des paroles qu’ils ont rédigées, je convaincrai ceux qui désirent entendre et juger ce qui est vrai et juste au sujet des propos exercés. Car ils ont parlé ainsi, après avoir dit ce que nous avons rapporté plus haut : « Elle suffisait donc, pour la perfection de la connaissance et l’affermissement de la piété, la sagesse et salvatrice connaissance de cette grâce divine ; car au sujet du Père, du Fils et du Saint-Esprit elle enseigne parfaitement, et fait constater l’incarnation du Seigneur à ceux qui la reçoivent avec foi ». Et peu après : « Quelques-uns ayant osé corrompre l’économie du Seigneur pour nous et rejetant le titre de Mère de Dieu à l’égard de la Vierge ; d’autres au contraire introduisant confusion et mélange et forgeant sans discernement une seule nature de la chair et de la divinité, soutiennent étrangement que la nature divine est passible par le mélange ».
Extraits de Nestorius concordant avec les propos susdits de la définition du concile de Chalcédoine, au paragraphe 15
Étant auparavant Fils et nommé [tel] après la réception de la chair, Il ne peut point être appelé séparément Fils et Fils, afin que nous n’admettions point l’hérésie de deux Fils ; mais parce que404
… à celui-ci est conjoint […] au même associé, il ne peut, selon la dignité de la filiation, recevoir de division ; selon la dignité d’une filiation reçue, non selon la nature. C’est pour cela aussi que le Christ est appelé Dieu le Verbe, parce qu’il a une conjonction continuelle avec le Christ.
Du même, du second livre, chapitre 8.
Il nous convient en effet, puisque je suis venu maintenant à cette réflexion, d’apprendre aussi selon le concile de Nicée, où ils n’ont osé dire nulle part que « Dieu le Verbe est né de Marie » ; il dit en effet : « Nous croyons en un seul Dieu, Père tout-puissant, et en un seul Seigneur Jésus-Christ ». Faites attention, car il a placé d’abord le « Christ », ce qui est une désignation des deux natures. Ils n’ont pas dit « en un seul Dieu Verbe », mais ils ont pris le nom qui signifie les deux ; afin que, lorsque tu l’entendras descendre ici-bas, tu ne t’étonnes pas, pour que l’auditeur ne prenne pas le crucifié et l’enseveli comme si la divinité avait souffert cela.
Du même.
Mais parce que le Fils de Dieu est double selon les natures, voici qu’elle n’a pas enfanté le Fils de Dieu, mais elle a enfanté l’humanité, qui est fils en raison de son association avec le Fils.
Du même.
Écoute aussi le nom de « Seigneur » appliqué tantôt à l’humanité du Christ, tantôt à sa divinité, et tantôt établi sur les deux.
Du même.
Pourquoi interprètes-tu Paul à contresens, mêlant l’impassible Verbe de Dieu à la chair terrestre, et en faisant un grand prêtre passible…
Réfutation des définitions du concile de Chalcédoine et des hérésies antérieures à celles-ci.
Les saints témoignages des trois cent dix-huit [Pères] suffisant, à lire pour la connaissance et pour confirmer la…
que par la foi salutaire, à ceux qui veulent suivre le Christ et qui enseignent à l’extérieur la sainte Trinité parfaite — comme eux-mêmes s’en vantent orgueilleusement, proclamant par quelle parole ils se font les rénovateurs de celle-ci —, il est évident qu’en désignant par le nom de quaternaire le Seigneur et son incarnation à laquelle ils ont donné ce surnom, ils prétendent rénover à nouveau « la foi inébranlable et incorruptible », comme ils le disent eux-mêmes. Car après avoir énuméré la sainte et consubstantielle Trinité, ils nous ont encore nommé en sus le Seigneur et son incarnation, afin d’appliquer absolument le nom de « Seigneur », selon ce qui paraît convenir à Nestorius, aux deux natures du Christ, de sorte que la Vierge soit crue mère d’un homme et non Mère de Dieu, comme ayant enfanté l’humanité ; et ils enseignent hérétiquement deux fils, séparés selon la nature, mais en affirmant qu’ils sont conjoints selon la dignité de la filiation, selon ce qui paraît convenir à Nestorius.
Mais les divines Écritures n’ont point transmis deux natures, et elles ne nous ont pas appris à appliquer le nom de Christ, de Fils et de Seigneur pour désigner deux natures. Car ce sont là les doctrines impies de l’hérésie de Nestorius, et non les enseignements des divines Écritures ni des saints Pères. Car les Écritures nous ont transmis « un seul Seigneur Jésus-Christ, par qui tout a été fait, dans les cieux et sur la terre » ; car le Seigneur lui-même, après être ressuscité des morts, disait aux disciples : « Allez, faites de toutes les nations des disciples, les baptisant au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit ». Et il n’a pas ajouté l’incarnation du Seigneur après avoir nommé la sainte et consubstantielle Trinité, comme ceux-ci ont eu l’audace de le faire.
Et les saints Pères également, ceux de Nicée, en enseignant à croire en un seul Dieu, le Père tout-puissant, créateur de toutes choses, des visibles et des invisibles, nous ont transmis le Père lui-même ; puis ils ont également nommé en outre : « et en un seul Seigneur Jésus-Christ, le Fils de Dieu », enseignant qu’il est Dieu né de Dieu et consubstantiel au Père ; puis ils ont transmis avec exactitude ce qui concerne son engendrement d’auprès du Père avant tous les siècles, et que par lui seul, Jésus-Christ, tout a été fait, tout comme ils l’avaient enseigné au sujet du Père ; et ils exposent fidèlement ce qui concerne sa naissance selon la chair de la sainte Vierge, avant de nom[mer…]405406
et du Saint-Esprit, disant de Lui qu’Il est consubstantiel au Père, Dieu le Verbe, descendu incorporel et incarné de la sainte et Mère de Dieu la Vierge, disant dès lors évidemment que le même a souffert la passion, a été enseveli, est ressuscité, est monté aux cieux et viendra juger les vivants et les morts, selon la divine Écriture. C’est alors ensuite qu’ils nommèrent aussi le Saint-Esprit et firent une addition, et en nommant à la fin l’inhumanation du Seigneur, comme ceux-ci ont erré, s’efforçant de renouveler et d’altérer cela misérablement. Car le sceau de la sainte et consubstantielle Trinité demeure jusqu’au nom du Saint-Esprit. Mentionnant à huis clos […] et Mère de Dieu mensongèrement avant cela, ils n’ont point honte, suivant Nestorius, de proférer sur la Vierge ce jugement sans discernement. Car Nestorius dit ainsi : « J’ai dit assurément à huis clos bien des fois, que si l’un d’entre vous, plus simple d’esprit, ou si parmi d’autres quelqu’un se réjouit de ce titre de Mère de Dieu, je n’ai nulle jalousie envers ce mot ; seulement ne fais pas de la Vierge une déesse ; car qu’ils ne divinisent point du tout la Vierge. » Or ils n’ont pas proclamé ni cru qu’elle était véritablement Mère de Dieu, mais comme pour ravir soudainement les esprits les plus simples, comme s’ils s’y opposaient, ils imputent à la Vierge, à la manière de Nestorius, le titre trompeur de Mère de Dieu ; et parce que tout leur empressement est de séparer deux natures en un seul Christ, et de ne point croire du tout que la sainte Vierge soit Mère de Dieu selon la vérité, ainsi qu’on peut le voir d’après ce qu’ils avancent. Car ils calomnient les saints Pères qui disent et confessent « une seule nature incarnée de Dieu le Verbe », le seul Christ, prétendant qu’ils affirment un mélange et une altération, et comme s’ils disaient que par sa divinité le seul Christ a souffert la passion, et non par sa propre chair, ainsi qu’il est écrit ; car leur unique empressement en tout est de poser d’une part celui qui est issu de Marie comme étant un homme, ainsi qu’ils le disent eux-mêmes, et d’autre part Dieu le Verbe qui a habité en lui par une conjonction habituelle. Afin qu’en professant deux fils ou deux natures, ils ôtent entièrement à la sainte Vierge le fait d’être Mère de Dieu,407408
mais ils rapportent à la nature de l’homme née d’elle ou assumée, comme ils le disent eux-mêmes, la mort salvifique pour nous, la sépulture et la résurrection, sous prétexte d’éviter le mélange et la confusion — ce que conçurent perfidement avant eux les hérétiques pour séduire subitement les plus simples. Car, n’osant pas accuser à front découvert les saints Pères de Nicée d’avoir dit que le Dieu Verbe incarné a souffert, a été enseveli et est ressuscité, feignant au début d’interpréter comme ils le pensaient ce qui avait été dit par eux, pour faire d’une addition sur l’inhumanation du Seigneur le fondement de leur propre impiété, ils accordent alors de légères flatteries et appellent verbalement la Vierge « Mère de Dieu » ; et pour montrer quelle est la puissance qu’ils attribuent à l’inhumanation susdite, ils ajoutent à cela qu’il ne faut pas appeler Dieu celui qui est né d’elle, a souffert, a été enseveli et est ressuscité, effrayant et séduisant soudainement les plus simples, comme s’il était absolument nécessaire et tout à fait conforme à leurs opinions d’entendre un mélange-confusion pour ceux qui pensent ou disent que c’est Dieu qui a souffert dans sa propre chair. Mais les saints Pères, attachés à la tradition des apôtres, ont anathématisé [lacune] ceux qui ont osé parler de mélange et de changement à l’égard du Fils unique de Dieu, ainsi que ceux qui disent et professent deux natures à l’égard de notre unique Seigneur Jésus-Christ ; et leur folie sera manifeste à tous, comme le fut aussi celle des hérétiques qui les ont précédés.
Témoignages de nos bienheureux Pères et évêques, confirmant ce qui a été dit par nous, et renversant la secte impie des hérétiques susmentionnés.
Du bienheureux Jules, archevêque de Rome, extrait de la lettre à Prosdocius :
« Il est proclamé, pour la plénitude de la foi, que le Verbe de Dieu s’est incarné de la Vierge Marie et a dressé sa tente parmi les hommes, n’opérant pas dans un homme ; car cela, chez409
… sur les prophètes et les apôtres, Dieu parfait dans la chair, homme parfait en esprit ; non pas deux fils — l’un, Fils véritable ayant assumé l’homme, et l’autre, homme mortel ayant assumé Dieu —, mais un seul Unique-Engendré au ciel et Unique-Engendré sur la terre, Dieu en vérité, homme sous une forme corporelle selon sa ressemblance, sauvant le monde par la réception de son Esprit, qui est donné par le souffle.
Et peu après :
19. Mais si quelqu’un dit que le Jésus [né] de Marie est un homme assumé par Dieu, et qu’il produise deux personnes parfaites unies, s’excluant de l’espérance divine ; car le Dieu Verbe, par qui tout a été fait, est lui-même Jésus, par qui sont toutes choses, comme Jean et Paul l’ont enseigné 1).
Et peu après :
20. Que soit anathème quiconque ne confesse pas que l’homme [né] de Marie est Dieu incarné, de même nature que le Père, étant dès le commencement Dieu, immuable dans la chair et impassible dans la souffrance ! De même, qu’il soit anathème celui qui ne dit pas que le corps du Sauveur vient de Marie, mais [qu’il vient] du ciel, ou [qui tient pour] de nature incréée ce qui a été fait et tiré du néant, mais [uni] par union à Dieu l’Incréé. Celui qui dit que le corps divin est adorable, et l’ensemble des deux comme un seul Dieu incréé, qu’il soit béni, ne trébuchant pas au sujet de son corps et de sa souffrance, mais adorant corporellement Celui qui doit être adoré incorporellement, car Il est un et unique Fils de Dieu, depuis les siècles et pour les siècles.
Du même, de la lettre à Denys :
Car il est nécessaire, en disant qu’ils sont deux natures, d’adorer l’une, mais de ne pas adorer l’autre ; d’être baptisé dans ce qui est divin, mais de ne pas être baptisé dans ce qui est humain. Or, si nous sommes baptisés dans la mort du Seigneur 2), confessons une seule nature de la divinité impassible et de la chair passible,410411
afin qu’ainsi notre baptême soit en Dieu, et que soit parfaite la mort du Seigneur. Car je ne crains pas non plus les calomniateurs qui divisent le Seigneur en deux personnes, si, tandis que nous confessons l’union évangélique et apostolique, ils nous outragent en prétendant que nous disons le corps venu du ciel lorsque nous lisons les divines Écritures disant le Fils de l’homme venu du ciel. Car non plus lorsque nous disons le Fils de Dieu né d’une femme, nous ne saurions être outragés comme disant que le Verbe vient de la terre et non du ciel. Nous affirmons en effet les deux : et du ciel le tout en raison de la divinité, et d’une femme le tout en raison de la chair, ne connaissant point de division d’une seule personne et ne retranchant pas le terrestre du céleste, ni le céleste du terrestre ; car l’hésitation est impie.
Du bienheureux Athanase, du quatrième Discours contre les ariens :
Or, si le corps était d’un autre, c’est à celui-là peut-être que l’on attribuerait aussi les souffrances ; mais si le corps est du Verbe, puisque le Verbe s’est fait chair, il est nécessaire d’attribuer aussi les souffrances du corps à celui dont le corps est la propriété. Et celui dont on dit qu’il a souffert — comme d’être condamné, flagellé, d’avoir soif, la croix, la mort et les autres infirmités de la chair —, c’est à lui aussi qu’appartiennent les miracles et la grâce. C’est pourquoi, à présent encore, selon l’ordre et comme il convient, de telles souffrances sont dites non pas d’un autre, mais du Seigneur, afin que la grâce vienne aussi de lui, et que nous ne soyons pas les serviteurs d’autres êtres, mais véritablement de pieux adorateurs de Dieu ; afin que [nous n’adorions] aucune des créatures, ni un simple homme, mais le Fils véritable et par nature de Dieu, celui-là même devenu homme… Seigneur, Dieu, Sauveur et Fils véritable.
Du même, sur la manifestation corporelle du Christ :
Et le plus admirable était ceci, comme je l’ai dit précédemment : qu’alors qu’il menait sa vie comme un homme, lui-même vivifiait toutes choses et était auprès du Père.
Du même, du traité sur la foi :
Et ils savaient de quelle manière, comment et par quel…412
148.
Par suite, l’assomption et ceci et l’inhabitation, au lieu de l’incarnation ils les forgèrent, et au lieu de l’union et de la composition, une opération humaine ; et au lieu de l’unique hypostase de notre Seigneur, deux hypostases et personnes ; et à la sainte Trinité, ils introduisent de manière indécente et monstrueuse une quaternité ; d’une manière indécente, en ce qu’ils adjoignent à Dieu un homme, tiennent pour serviteur [ce qui est uni] avec le Seigneur et rangent une personne créée parmi les personnes incréées ; et monstrueuse, en ce qu’en introduisant derechef une hypostase dans la Trinité, [ils font] une quatrième hypostase tout à fait étrangère et d’une autre race, et, pour toute âme douée de raison, la toute dernière et la pire.
Et encore :
Mais si tu observes de nouveau avec vérité et si tu veux prêter attention à la chose, tu les trouveras en dehors de la sainte Trinité, rejetant dehors notre Seigneur Jésus-Christ comme un serviteur et un homme non adorable, mais bien plutôt adorateur et servant en tout et soumis sans doute à la Trinité, de même que Marcel et Paul de Samosate interprètent faussement les Écritures divines et apostoliques, les tirant vers leurs propres artifices : « Car lorsqu’il dit : Tout lui a été soumis, alors le Fils lui-même sera soumis à celui qui lui a soumis toutes choses, afin que Dieu soit tout en tous » ; comme avant l’incarnation, étant incorporel en tous et n’ayant point de corps, et en assumant l’homme parmi tous et l’enchaînement de tous, il s’avance soumis et adorateur de Dieu.
Voyez de combien est tombée à terre leur intégrité ! Ceux qui se croyaient sages ont osé se porter vers l’arrogance et l’égarement, concevoir des choses qui ne sont pas, inventer et fabuler ! Non seulement ils n’ont point voulu parvenir à l’intelligence de la foi, mais ils ont encore trouvé des tromperies, enfanté des méchancetés et forgé des questions folles et ignorantes pour l’égarement d’un grand nombre et413414
… considérant comme une rébellion impie, mais désespérant des biens à venir. Car s’ils avaient pensé aux biens à venir, à la clémence de Dieu, et s’ils avaient cru au jugement et s’étaient attachés aux apôtres plutôt qu’à la réflexion humaine. Les apôtres, étant sortis, ont en effet prêché promptement le Christ, proclamant d’une même voix et dans leur suite le Fils de Dieu : celui qui est né à Bethléem, de la descendance de David selon la chair, semblable aux hommes et crucifié sous Ponce Pilate, ils l’ont appelé Dieu, ils l’ont appelé homme, lui Fils de Dieu, lui Fils de l’homme, lui venu du ciel, lui issu de la terre, lui impassible, lui passible ; non pas l’un et l’autre, non pas deux personnes, non pas [deux] subsistances, non pas deux adorations.
Car il ne faut point scruter ni disputer ; il est utile de croire, de vénérer et d’adorer en silence. Tu le sais véritablement Dieu, venu du ciel, impassible ; je le sais homme de la descendance de David selon la chair, issu de la terre, passible. Nous ne cherchons pas comment le même était passible et comment impassible, [comment] il était Dieu et comment homme, de peur qu’en taisant les faits et en spéculant avec excès sur le mode, je ne sois privé du bien qui m’est proposé. Car il faut d’abord croire et glorifier, et en second lieu, concevoir d’en haut cette composition, sans la tirer d’en bas, du sang et de la chair, mais par la révélation divine et céleste : « Tu es véritablement bienheureux, Simon Bar-Jona, car la chair et le sang ne te l’ont point révélé, mais mon Père qui est dans les cieux ; et sur cette pierre je bâtirai mon Église, et les portes des enfers ne prévaudront point contre elle » 415.
Du bienheureux Basile, contre Eunome :
Si la connaissance du Père et du Fils est la vie éternelle, il est nécessaire qu’ils soient aussi d’une seule et même essence ; car ce qui est d’une autre essence ne saurait être atteint par une seule et même connaissance, et ne peut point vivifier de la même manière.
Et après d’autres paroles :
Par nature, ce qui est intermédiaire entre certaines choses s’unit à chacune des extrémités. Or, si par nature le Christ est médiateur entre Dieu…416
… de notre Dieu, lui-même selon l’économie, Dieu a souffert par nature dans les créatures.
Du bienheureux Grégoire de Nazianze, du Discours pour l’instruction des catéchumènes :
« Mais en vérité, ce qui est noble est exempt de tout mélange avec son contraire. Ou bien désormais ils montreront qu’il y a du mal dans le fait de naître, la nourriture, la croissance, le progrès de la nature vers la perfection et l’épreuve de la mort, et le chemin qui remonte de la mort ; ou bien, s’ils conviennent que les choses dites sont en dehors du mal, ils confesseront que rien n’est vil qui soit étranger au mal, mais que ce qui est affranchi de la perversité et du mal est tout à fait noble. Ne sont-ils donc pas pitoyables par leur folie, s’ils refusent d’attribuer à Dieu ce qui est noble ? »
Du bienheureux Théophile, archevêque d’Alexandrie et notre père, de la 21ᵉ Lettre festale :
« Mais voici qu’ayant suffisamment réfuté les hétérodoxes comme étant étrangers à cette fête, chantons Celui qui pour nous a été crucifié, enseveli et ressuscité le troisième jour, selon les Écritures, le Seigneur de gloire, le Christ ; et, nous élançant en toute hâte sur son chemin vers les cieux, célébrons dès maintenant la fête par l’esprit dans la Sion d’en haut, réjouis par les divines paroles de sa magnificence. »
Du même, de la 22ᵉ Lettre festale :
« Or voici, après avoir loué avec piété la divine doctrine du Christ, célébrons la fête selon la loi, par une conduite pure et rassemblée en Dieu. Et face aux Juifs qui criaient : « Hors d’ici, hors d’ici, crucifie-le ! », admirons une telle mort vivifiante accomplie pour nous par son amour pour les hommes. Et rappelant la parole de Paul qui s’écrie au sujet des Juifs : « Car s’ils l’avaient connu, ils n’auraient pas crucifié le Seigneur de gloire », disons-lui et… [lacune] de la croix : » le Christ, puissance de Dieu et sagesse de Dieu ». Car de même qu’étant sorti du sein virginal, l’homme n’est en rien diminué en tant que Dieu, par le moyen des rayons…417418419420
… reconnue à la résurrection ; ainsi, mort selon la chair pour le monde, mais lui, accomplissant en acte la promesse et s’étant caché sous la terre comme le grain de blé, immortel, cultiva par cela même pour nous la régénération de la vie, afin qu’en disant : « Où est, ô mort, ta victoire ? Où est, ô enfer, ton aiguillon ? », nous puissions parvenir dans les cieux, dans la métropole, auprès de ceux qui célèbrent la fête.
Du même, de la 3ᵉ Lettre festale :
Or les Juifs, le tenant pour un homme ordinaire, s’écriaient, comme je l’ai rappelé il y a peu : « Pourquoi toi, qui es un homme, te fais-tu toi-même Dieu ? », alors que ces mêmes œuvres miraculeuses le confessaient Dieu. Quant aux Ariens et aux Eunomiens, ayant adopté par émulation leur impiété, ils l’appellent certes Dieu en parole, mais parlent d’un homme, et prétendent qu’il est une créature et un ouvrage de Dieu ; car tous deux soutiennent que le Dieu Verbe ne saurait être à la fois Dieu et une créature.
Du bienheureux Cyrille, archevêque d’Alexandrie, du troisième discours sur l’Épître aux Romains :
Car le Fils issu de lui par nature, qui siège avec lui sur le trône de la divinité et qui est adoré par les puissances d’en haut, s’est fait pauvre pour nous, et s’est fait obéissant au Père jusqu’à la mort, et la mort de la croix. Et quel profit d’ici-bas ou quel gain pour le monde cela a procuré, le bienheureux Paul l’atteste en disant : « Car, de même que par la désobéissance d’un seul homme beaucoup ont été constitués pécheurs, de même aussi par l’obéissance d’un seul beaucoup seront constitués justes ».
Du même, de la seconde lettre à Succensus :
Ceux qui parlent ainsi bavardent donc en vain, prétendant que s’il y avait une seule nature incarnée du Verbe, il s’ensuivrait tout à fait et de toute manière une altération et un mélange, comme si l’homme avait été amoindri et dérobé ; car il n’a pas été amoindri, ni dérobé comme ils le disent ; car il suffit, pour manifester la perfection du fait qu’il s’est fait homme, de dire que421422423424
s’est incarné. Car si cela avait été passé sous silence de notre part, leur calomnie aurait-elle donc eu lieu d’être ? Mais puisque cela a nécessairement été exprimé d’avance, où est le motif de manquement ou bien de larcin ?
Blasphèmes tirés de la définition du concile de Chalcédoine§
Il a défini souverainement que la foi des trois cent dix-huit saints Pères demeurât inviolable, et il confirme la doctrine transmise sur l’essence du Saint-Esprit par les cent cinquante Pères réunis plus tard dans la cité impériale contre ceux qui combattaient le Saint-Esprit, doctrine que ceux-ci ont fait connaître à tous, non pas comme s’ils introduisaient quelque chose qui manquât à leurs prédécesseurs, mais en corroborant par des témoignages scripturaires l’intelligence concernant le Saint-Esprit contre ceux qui s’efforçaient de rejeter sa seigneurie. Et pour ceux qui entreprennent de corrompre le mystère de l’économie et qui déblatèrent effrontément que celui qui est né de la sainte Vierge Marie est un simple homme, il a reçu les lettres synodales de saint Cyrille, pasteur des Alexandrins, adressées à Nestorius et aux Orientaux comme appropriées à la réfutation de la perversité de Nestorius et à l’explication de la pensée de ceux qui désirent avec un pieux zèle la connaissance salutaire ; auxquelles [lettres] il a également joint la lettre du primat de la grande et ancienne Rome, du saint et bienheureux archevêque Léon, écrite au saint évêque Flavien pour l’anéantissement de la perversité d’Eutychès, dans laquelle, en marquant la grande confession de Pierre et étant comme un monument commun, il a justement adapté contre les hérésies l’affermissement des dogmes droits.
Témoignage de l’hérétique Nestorius, en accord avec ce qui a été dit précédemment dans la définition du concile de Chalcédoine, montrant que lui non plus ne disait pas qu’[il était] un simple homme, et dévoilant leur impiété cachée :
« Mais le Christ n’est pas un simple homme, ô calomniateur, mais
homme, en même temps que Dieu. Car s’il n’était que Dieu, il aurait fallu dire, ô Apollinaire : « Pourquoi cherchez-vous à me faire mourir, moi, Dieu qui vous ai dit la vérité ? » Mais maintenant il dit : « Pourquoi cherchez-vous à me faire mourir, moi, un homme qui vous ai dit la vérité ? » [Jn 8, 40] et celui qui a été ceint de la couronne d’épines ; celui qui dit : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » [Mt 27, 46 ; Mc 15, 34]. C’est lui qui a enduré la mort de trois jours ; et je l’adore avec la divinité, comme la profusion d’un mélange divinisé.
Réfutation des paroles du formulaire du concile de Chalcédoine et, avant celles-ci, du schismatique§
Ayant donc défini comment il convient de comprendre les paroles prononcées à Nicée par les saints hommes, il faut alors réfuter le formulaire [lacune]… voici donc l’entreprise, comme ils ont pensé renouveler par leurs voix nouvelles. Puis, après cela, ayant mentionné le saint concile, et ayant passé sous silence celui des cent cinquante contre les pneumatomaques ; quant au saint concile d’Éphèse, destructeur de Nestorius, comme n’avouant pas tout ce qui y fut accompli et pris pour modèle, peut-être ou bien à cause de la déposition de Nestorius, ou bien parce qu’il leur a été défini à Éphèse de ne pas oser rechercher ou introduire une doctrine hérétique de plus dans la définition de la foi ; mais du témoignage des saints, des trois cent dix-huit saints Pères, ne mentionnant point cela, parce qu’ils ont renouvelé le témoignage ou la foi des saints ; et ils nomment les lettres conciliaires du bienheureux Cyrille, comme leur convenant pour calomnier afin d’avoir place dans l’enchaînement de ces choses, ainsi que l’écrit de rébellion, la lettre prééminente de l’impie Léon, sous prétexte d’agir de la sorte contre ceux qui disent que le Christ est un simple homme, et ayant pourtant fait mention de la sainte Vierge, ils ne l’ont point appelée Mère de Dieu. Voici donc prouvé que Nestorius lui non plus ne dit pas que le Christ est un simple homme, de quelles hérésies leur docteur a instruit tout le monde, alors […]425426
[…] enflant leur hypocrisie lorsqu’ils raisonnent au sujet du Christ, eux qui ne le confessent point pur homme, mais en disant de lui qu’il est à la fois homme et Dieu, attribuent à l’homme la passibilité et la fin mortelle, adorent cet homme avec la divinité, comme l’organe vocal de la divinité ; et ils qualifient Nestorius d’insensé, comme n’ayant pas été capable de dissimuler leur propre impiété, mais l’ayant proclamée avec hardiesse. Car ce n’est point comme un hérétique qu’ils ont ainsi qualifié leur maître, mais comme n’ayant pas su tromper par l’hypocrisie, ainsi qu’ils l’ont fait eux-mêmes.
Ils calomnient aussi notre bienheureux père et archevêque Cyrille, prétendant qu’il partage la doctrine impie de la lettre de Léon dans ses lettres synodales à Nestorius, données dès lors pour surprendre à l’improviste les esprits simples, non point avec mesure, comme
nous pensons qu’étaient pareilles les pensées de Nestorius. Car soit en rédigeant cela, soit en le formulant, Léon, ce destructeur du troupeau du Christ, par le moyen de son écrit ou de sa lettre, si Nestorius pensait de même à ce sujet, s’accorde avec leur propre impiété, ainsi qu’ils le disent eux-mêmes pour tromper les simples au sujet des lettres synodales du bienheureux Cyrille : comme si l’impie Nestorius n’avait point reçu celles-ci et n’avait point consenti à ces choses. « Mais il n’y a aucune communion de la lumière avec les ténèbres » ; car de ces lettres, le saint concile d’Éphèse a témoigné qu’elles conservent la foi droite et ferme, tandis qu’ils condamnèrent et anathématisèrent la secte de Nestorius. Et comme si ce que Léon a écrit à Flavien d’une manière impie était conforme aux écrits du bienheureux Cyrille à Nestorius ! Car l’un, ainsi qu’il a été démontré précédemment, enseigne de fond en comble la division et
deux natures opérant séparément, et deux fils et deux personnes pour l’unique Christ, notre Seigneur et Dieu, et ne confesse point la sainte Vierge comme Mère de Dieu ; tandis que le bienheureux Cyrille enseigne partout un seul Fils, un seul Seigneur, qui [est né] de la sainte Mère de Dieu427428
[…] né de Marie, l’Emmanuel, lui attribuant toujours les [choses] convenables à Dieu et les [choses] humaines, et le confesse Dieu selon la vérité ; et pour cela, disant que la sainte Vierge est Mère de Dieu ; crucifié et enseveli et ressuscité et devant venir juger les vivants et les morts, selon l’enseignement de l’Apôtre et des bienheureux Pères à Nicée, et confesser cette confession. Car écrivant à Nestorius, jusqu’à sa dernière lettre écrite à lui, anathématisant ses sectes impies et impures ; car il dit ainsi à la fin de la lettre, en écrivant à Nestorius : « Quant à ce qu’il est nécessaire que votre piété anathématise, je l’ai disposé au bas de cette lettre ».
1. Si quelqu’un ne confesse pas que l’Emmanuel est Dieu selon la vérité, et pour cela que la sainte Vierge est Mère de Dieu, car elle a enfanté selon la chair le Verbe issu de Dieu le Père devenu chair, qu’il soit anathème.
2. Si quelqu’un ne confesse pas que le Verbe issu de Dieu le Père a été uni selon l’hypostase à la chair, et qu’il n’y a qu’un seul Christ avec sa propre chair, le même manifestement étant à la fois Dieu et homme, qu’il soit anathème.
3. Si quel qu’un, sur l’unique Christ, divise les hypostases après l’union, les reliant seulement par une conjonction selon l’autorité ou encore la magnificence, et non plutôt par une union selon l’union naturelle, qu’il soit anathème.
4. Si quelqu’un [distribue] entre deux personnes ou hypostases les [dits] évangéliques et apostoliques429430431432433434
écrits répartit les expressions, soit sur le Christ dites par les saints, soit par lui à propos de lui-même, et certaines comme d’un homme, car au Verbe de Dieu spécialement conçu il les applique, et certaines convenant à Dieu au seul Verbe issu de Dieu le Père, qu’il soit anathème.
5. Si quelqu’un ose dire homme théophore le Christ, et non pas plutôt qu’il est Dieu en vérité, comme un seul Fils par nature, selon ce que le Verbe s’est fait chair et a participé semblablement avec nous au sang et à la chair, qu’il soit anathème.
6. Si quelqu’un dit que le Verbe issu de Dieu le Père est Dieu ou Seigneur du Christ, et ne confesse pas plutôt le Même ensemble Dieu et homme, le Verbe s’étant fait chair selon les Écritures, qu’il soit anathème.
7. Si quelqu’un dit qu’en tant qu’homme Jésus a été mû par Dieu le Verbe, et que la gloire du Monogène lui a été conférée, comme à un autre que lui, qu’il soit anathème.
8. Si quelqu’un ose dire que l’homme assumé doit être co-adoré avec Dieu le Verbe, et co-glorifié, et co-nommé Dieu, comme un autre435
… à l’autre, et n’honore pas plutôt l’Emmanuel d’une seule adoration et ne lui adresse pas une seule glorification, en tant que le Verbe s’est fait chair, qu’il soit anathème.
Si quelqu’un dit que l’unique Seigneur Jésus a été glorifié par l’Esprit comme s’il avait usé par lui d’une puissance étrangère, et qu’il avait reçu de lui le pouvoir d’agir contre les esprits impurs et d’accomplir parmi les hommes les miracles divins, et ne dit pas plutôt que l’Esprit lui est propre, par lequel il a aussi opéré les miracles divins, qu’il soit anathème.
La divine Écriture dit que le Christ est devenu le grand prêtre et l’apôtre de notre confession ; et il s’est offert lui-même pour nous en odeur de suavité à Dieu le Père. Si donc quelqu’un dit que ce n’est pas le Verbe de Dieu lui-même qui est devenu notre grand prêtre et notre apôtre lorsqu’il s’est fait chair et homme semblable à nous, mais comme un autre que lui, proprement un homme [né] d’une femme, ou si quelqu’un dit qu’il a aussi offert l’oblation pour lui-même, et non pas plutôt pour nous seuls — car celui qui n’a pas connu le péché n’avait pas besoin d’oblation —, qu’il soit anathème.
XI.
Si quelqu’un ne confesse pas que la chair du Seigneur est vivifiante et propre au Verbe issu de Dieu le Père, mais [la tient] comme celle d’un autre que lui, qui lui aurait été conjoint selon la dignité, ou comme ayant seulement une habitation divine, et non pas plutôt [comme étant] vivifiante, ainsi que nous l’avons dit, parce qu’elle est devenue propre au Verbe qui peut vivifier toutes choses, qu’il soit anathème.
XII.
Si quelqu’un ne confesse pas que le Verbe de Dieu a souffert dans la chair, a été crucifié dans la chair, a goûté la mort dans la chair, et qu’il est devenu le premier-né d’entre les morts, en tant qu’il est la vie et vivifiant, comme Dieu, qu’il soit anathème.436437438
… de l’explication de la sainte parabole.
Car en limitant la gloire de la filiation au seul Verbe issu de Dieu le Père, ils disent méchamment, comme s’il s’agissait d’un autre fils issu de la semence de Jessé et de David, qu’il reçoit la filiation et l’honneur digne de Dieu ainsi que l’inhabitation de ce même Verbe, et qu’il a tout reçu perpétuellement de Lui ; or absolument rien de tel, je pense, n’a été écrit par les disciples du Sauveur. Car certains hommes impies, inscrits depuis longtemps pour ce jugement, se sont glissés parmi nous, changeant la grâce de notre Dieu en dérèglement et reniant notre seul Souverain et Seigneur Jésus-Christ. Or, le nom de Jésus-Christ désigne véritablement le Verbe apparu sous la forme de l’humanité.
Et peu après :
Seigneur ! Allons, que s’avancent les contradicteurs de ce qui a été dit, ceux qui, par une très grande folie, ne craignent pas de penser et de professer les doctrines de Nestorius et de Théodote : ôtez le fait qu’il est Dieu et Fils véritable de Dieu le Père, celui qui est issu de la sainte Vierge, en lui attribuant à lui seul d’avoir souffert la passion, et en écartant ce même Verbe de Dieu, de peur que Dieu ne soit dit passible ; car ce sont là les inventions de leur séduisante exactitude et la grossière conception de leur pensée ! Dès lors, que le Verbe issu de Dieu le Père ne soit pas nommé Christ de façon propre et absolue ; car de même qu’il lui est indigne de souffrir la passion lorsqu’on le conçoit hors de la chair, de même le besoin d’onction lui est quelque chose d’inconvenant et d’étranger ; car [il est écrit] au sujet de « Jésus de Nazareth, que Dieu a oint du Saint-Esprit », tandis que le Verbe de Dieu, en tout parfait par lui-même, n’eut nullement besoin de l’onction du Saint-Esprit. Vous avez donc renié l’économie, vous avez séparé le Fils unique de son amour pour le monde ! Qu’il ne soit point nommé Christ selon vous, ou bien ce n’est pas une petite mesure pour lui que de devenir semblable à nous ! Donc, puisque cela aussi lui est indigne, qu’on ne confesse même pas qu’il est devenu homme ! afin que le Christ leur dise à eux aussi : « Vous êtes dans l’erreur, ne connaissant ni les Écritures, ni la puissance de Dieu ».439440
Il est donc véritablement démontré par ce qui a été dit précédemment que les écrits de l’impie Léon à Flavien et les définitions formulées par le concile des déviants n’ont aucun accord avec ce que le bienheureux Cyrille écrivit à Nestorius, ou avec ses autres écrits mémorables et canoniques ; choses que ceux-ci ont rejetées et proclamées au loin comme étant incompatibles avec l’affermissement de leurs perverses sectes. Car il n’y a nulle égalité de la lumière avec les ténèbres, ni aucune part du croyant avec l’infidèle. Et qu’ils ne cherchent point désormais de prétextes, voulant semer leur propre venin dans les âmes des plus simples et dissimuler leur puérilité sous l’impiété de ces derniers, en mêlant en guise de miel le nom orthodoxe du bienheureux Cyrille. Car c’est de tels hommes qu’il est parlé à bon droit dans les Psaumes, lorsqu’il est dit de la part de Dieu : « Mais au pécheur Dieu dit : Pourquoi racontes-tu mes justices et prends-tu mon alliance dans ta bouche, alors que tu as haï la correction et rejeté mes paroles en arrière ? » et ce qui suit. Car s’ils n’avaient pas haï et n’avaient pas rejeté [mes paroles], mais étaient demeurés dans la doctrine des saints Pères, ils auraient dû définir ceci : « Nous consentons au concile œcuménique des trois cent dix-huit ; nous croyons aussi que le Saint-Esprit est consubstantiel au Père et Dieu et au Fils du Père, et, en parfait accord avec le saint concile d’Éphèse qui déposa l’impie Nestorius, nous définissons qu’il ne faut rien faire de plus, ni rien ajouter de minime, ni rien retrancher à ces saints conciles. »
Mais ils n’ont point défini cela et n’ont point suivi la voie royale ; s’étant au contraire écartés du chemin de la justice, ils ont marché au milieu des épines, ont scandalisé et scandalisent le monde entier, faisant périr de la mort de l’âme, par leur impiété et par l’incontinence de bouche et le blasphème des partisans d’Eutychès, d’innombrables troupeaux du Christ.
Telles sont les œuvres néfastes de ce concile de Chalcédoine, par lesquelles l’Église du Christ est persécutée, portant en son corps les souffrances et les passions du Christ ; car les orthodoxes ne consentent pas à adorer ou à tenir pour égal ce qu’ils ont méchamment dédié à leur stèle d’impiété, ni…441442
des partisans de la mauvaise foi ; bien plus, comme il a été dit précédemment, à cause de l’impiété de ceux qui soutiennent deux natures, rassemblés dans la méprisable Chalcédoine, ceux qui étaient devenus les disciples d’Eutychès trouvèrent le lieu et l’occasion de semer leur impiété chez un grand nombre et de faire périr des âmes qui ne devaient point mourir. Cela a déjà été montré aussi dans la réfutation de cette lettre de Léon : toutes ces hérésies sont absolument étrangères à la confession de saint Pierre. Car, disant que le nom de Christ est inutile au salut sans l’adjonction de l’autre, c’est-à-dire de « Fils », ils ajoutent aux propos cités plus haut, bâtissant leur impiété, et ils disent : « Car aussi, ceux qui entreprennent de déchirer le mystère de l’économie en une dualité de Fils, elle les combat ; et ceux qui osent déclarer passible la divinité du Monogène, elle les rejette de la communion sacerdotale ; et elle s’oppose à ceux qui imaginent un mélange ou une confusion pour les deux natures du Christ ; et ceux qui divulguent que la forme d’esclave qu’il a reçue de nous est de substance céleste ou angélique, elle les chasse au-dehors ».
159. Sentences de Nestorius, en accord avec les propos cités précédemment tirés de la définition du concile de Chalcédoine, par lesquelles il est démontré que Nestorius ne disait pas, semble-t-il, deux Fils, et qu’il parlait de deux Fils selon sa propre pensée et professait deux natures dans son hérésie. Du quinzième discours :
« Mais étant auparavant le Fils et ayant été ainsi appelé après la prise de la chair, le Fils ne saurait être appelé séparément fils et fils, afin qu’on ne professe pas deux Fils. Mais parce qu’à ce Fils qui existe dès le commencement est étroitement conjointe [cette forme], ce qui lui est ainsi adjoint ne peut recevoir de division selon la dignité de la filiation — il dit : selon la dignité de la filiation, et non selon la nature — ; c’est pour cela aussi que le Dieu Verbe est nommé Christ, parce qu’il possède une conjonction continuelle avec le Christ ».
Et encore :
« Dieu est inséparable de celui qui est visible ; c’est pourquoi, de celui qui n’est pas séparé, je ne sépare point l’honneur : je sépare les natures, mais j’unis l’adoration ».
Et encore après cela :
Écoute le bienheureux Paul qui crie ouvertement : qui est le Crucifié ? Écoute la voix très claire : « Car il a été crucifié à cause de la faiblesse » 1. Qui est devenu faible, ô hérétique ? Dieu le Verbe ?
Et encore après cela :
« En interprétant cela à l’encontre de Paul, tu mêles l’impassible Dieu le Verbe au corps terrestre, en le faisant un grand prêtre sujet aux souffrances. »
Réfutation contre les propos tenus au concile de Chalcédoine et, avant eux, par les hérétiques§
Puisque le propre de leur maître est habituellement de dévoiler hardiment leur hypocrisie et d’interpréter ces mêmes propos tenus par eux, nous n’avons pas besoin de longs discours pour condamner ce qu’ils ont défini. Car, en appelant la lettre de Léon leur monument commun et en disant qu’elle contient la confession de saint Pierre, ils montrent à nouveau l’impiété de ce qui y est écrit, par laquelle ils le louent. Car ils disent qu’il prêche un seul Fils parce que l’homme issu de Marie lui est adjoint, ou que la forme d’esclave est l’émanation originelle du Fils ; une union selon la dignité de la filiation adoptive par homonymie est crue par eux, non selon la nature. Ils prennent encore pour prétexte ceux qui disent passible la divinité du Fils, afin d’introduire pour le propre fils deux natures ; et pour attribuer à l’homme issu de Marie les souffrances, tout comme la naissance de la Vierge, ils rendent absolument étranger Dieu le Verbe unique engendré et incarné à l’enfantement par la bienheureuse Vierge Marie, Mère de Dieu, et au fait que par la chair soit embrassé comme un petit enfant Dieu, qui est devenu homme pour nous tout en demeurant Dieu, qui a souffert, a été enseveli et est ressuscité des morts.
Et comment est-il possible de combattre ceux qui divisent le mystère du Christ en une dualité de Fils, professant avec impiété deux natures, et à chaque na443
… [de la na]ture ou de la personne, en conservant intacts les caractères propres et convenables. Car ce fut la racine et le fondement de l’impiété — Nestorius n’avait-il point enseigné, comme nous l’avons dit à maintes reprises, de parler de deux fils ou de division des natures, et d’attribuer ces qualifications, selon son égarement et selon ses disciples, à chaque nom, Christ, Fils et Seigneur dans tout le Nouveau Testament, indiquant d’une part le Dieu Verbe avant les siècles, en raison de son impassibilité, de sa souveraineté et de son invisibilité, et d’autre part l’homme passible, serviteur et visible, issu de la postérité de David, en l’honorant d’une abondance de filiation et de seigneurie ; cela n’étant point selon la vérité, mais en l’égalant en dignité au Dieu Verbe par une union d’affection, comme l’un étant adjoint à l’autre, afin de séparer absolument du Dieu Verbe — eux qui professent l’hérésie de deux natures — la naissance issue de la femme. Quand donc S’est-Il anéanti Lui-même, s’Il n’est pas devenu homme par économie ? Et ils rendent étranger ce même Dieu Verbe, en tenant ces propos, aux actes éclatants accomplis lors de la venue sur terre de Dieu apparu et ayant vécu parmi les hommes, lorsqu’Il nous a visités d’en haut comme Orient, Lui, le Christ et Dieu, et étant Seigneur Il nous est apparu, à nous qui étions assis dans les ténèbres et à l’ombre de la mort, nous illuminant et nous engendrant à la vie par la vraie lumière ; car le Seigneur Lui-même disait : « Je suis la lumière du monde », et : « Je suis la résurrection et la vie ».
Ils attribuent plutôt avec un grand empressement, selon leur propre doctrine, à Dieu seul les actes glorieux, afin que de Marie naquît un homme, Fils de David, passible et serviteur, comme ils le disent eux-mêmes, ceux qui professent l’hérésie des deux natures. Car à l’homme né de la femme, ou à la nature humaine, au serviteur ou à la forme de serviteur apparue sur terre parmi les hommes, appartient tout ce qui s’est accompli dans l’économie : et les miracles et les actions éclatantes, et avant tout la nativité ; comment aurait-il pu garder vierge celle qui a enfanté, selon la parole des diphysites, si le Dieu Verbe n’était pas devenu homme de manière immuable, tout en demeurant Dieu, selon l’indicible et incompréhensible uni[on]…444445446447
…ou de l’incarnation de Dieu le Verbe issu de la Mère de Dieu Marie, et il naît par lui-même de la nature de l’homme en toute chose, et ils décrivent entièrement une telle œuvre miraculeuse qui ne convient qu’à Dieu seul. Mais on ne trouve point que cela advienne par un tel homme, ni par le moyen de la nature humaine ; car soit la nature de l’homme a partout et absolument aboli la virginité, soit c’est un homme qui est né selon la nature et la loi humaines. Mais le germe n’aurait même pas été conçu dès le début selon la nature, pour être achevé comme homme dans le sein de la Vierge et naître d’elle, sans que la virginité fût préalablement défaite, selon la loi que Dieu a fixée pour la nature des hommes.
Voyez dans quelle absurdité de blasphème tombent ceux qui soutiennent l’hérésie de deux natures, posant séparément un homme et Dieu, et ne confessent point que l’Emmanuel né de la Vierge est Dieu incarné, mais attribuent à un homme les miracles de Dieu, ne comprenant ni ce qu’ils disent, ni ce sur quoi ils s’obstinent. Car nous avons appris des saints Évangiles que le Fils de David régnera sur la maison de Jacob pour l’éternité et que son règne n’aura pas de fin, comme le dit le bienheureux Gabriel, ayant été conçu du Saint-Esprit. Ce n’est point selon la coutume de la nature humaine qu’est né celui que loue en chantant la multitude de l’armée céleste auprès des bergers, et ils désignent cet enfant couché dans la crèche à Bethléem [lacune]448449450
…et Sauveur et Seigneur. Et que nul n’impute aux saints anges une anthropolâtrie, et ce n’est point cela qu’ils enseignaient aux bergers. Or, si ce qui est né était une simple humanité, ou bien une nature d’homme et non Dieu incarné, l’accusation de toutes ces choses s’abattrait, selon eux, sur le chœur des saints anges. Mais s’ils ont affirmé qu’il résidait enveloppé de langes comme un petit enfant, ils ont glorifié le même et, le voyant, ils l’ont adoré, et non point [un Dieu] caché — selon la parole des dyophysites. Car la lettre de Léon dit que la divinité se dérobait sous le voile de la chair, voulant rester cachée, et ils se trouvent de nouveau adorateurs…
la créature plutôt que le Créateur. Et s’ils disent qu’ils adorent les deux natures du Christ, ils tombent à nouveau dans le même délire, en rendant une adoration conjointe à la créature, ou à l’homme avec le Créateur et à la nature servante avec le Seigneur.
Ayant donc cru en Dieu incarné, les saints anges célestes — à qui seul il appartient de sauver les hommes des péchés et de régner sur eux pour les siècles sans fin — Le glorifiaient par des cantiques et annonçaient à leurs compagnons de servitude une grande joie : que le Seigneur et Dieu de tous était né à Bethléem. Par conséquent, le Christ n’est pas deux natures, afin que nous n’imputions pas aux habitants du ciel et à ces saints anges eux-mêmes l’accusation d’anthropolâtrie, mais une seule nature incarnée de Dieu le Verbe. Car il ne nous a été dit ni par la divine Écriture, ni par les saints Pères : à cette nature-ci ceci, et à cette nature-là cela ; mais ils ont attribué à l’unique Christ, vrai Dieu, toutes les choses ensemble, tant celles qui conviennent à Dieu que celles de l’économie du Verbe. Car Il s’est approprié ce qui est humain et tout ce qui convient aux hommes, c’est-à-dire les actions, à la seule exception du péché : « Car il n’a point commis de péché, et il ne s’est point trouvé de fraude dans sa bouche », comme le dit l’Écriture. Les mages aussi furent dirigés par Dieu et, venus à Bethléem, ils adorèrent le Fils de David qui était né.
Dès lors, le Législateur de la montagne du Sinaï [qui avait prescrit] d’adorer le Seigneur Dieu et de ne rendre de culte qu’à Lui seul, allait-Il commander Lui-même de dissoudre Sa propre législation pour ceux qui veulent parvenir à la connaissance de la vérité, et aurait-Il conduit les mages à l’anthropolâtrie ? Loin de là ! Car Dieu, qui ne ment point, a dit Lui-même : « Je ne donnerai point Ma gloire à un autre ». Celui-là même qui parlait dans les prophètes était présent, le Verbe devenu chair, comme le dit l’évangéliste. « Car le Seigneur des puissances est parmi eux au Sinaï, dans le sanctuaire ; étant monté dans les hauteurs, Il a emmené captive la captivité et Il a fait des dons aux hommes », comme en témoigne au sujet du Christ le bienheureux Dav-451452453454455
« et que par lui a été créé tout ce qui est dans les cieux et sur la terre, les visibles comme les invisibles », et afin qu’« au Christ fléchisse tout genou, de ceux des cieux, de ceux de la terre et de ceux des enfers, et que toute langue confesse que le Seigneur Jésus-Christ est dans la gloire de Dieu ». Et touchant le Christ, le prophète Isaïe en témoigne également, en disant : « Ainsi parle le Seigneur, qui a créé le ciel et l’a affermi ; ce Dieu qui a montré la terre et qui l’a faite ». Et de nouveau : « C’est moi qui suis le premier et c’est moi qui suis le dernier ; je n’ai point parlé en secret, ni dans un lieu ténébreux de la terre » ; car c’était bien lui qui, après l’incarnation, répondant au grand prêtre disait : « J’ai parlé ouvertement au monde ; j’ai toujours enseigné dans la synagogue et dans le Temple, où tous les Juifs se rassemblent, et je n’ai rien dit en secret, absolument rien ». Et il ajoute de nouveau par le prophète en montrant : « Je suis Dieu, et il n’y en a point d’autre hormis moi ; il n’est pas de juste et de sauveur hors de moi. Tournez-vous vers moi et vous vivrez, vous qui êtes aux extrémités de la terre ; je suis Dieu, et il n’y en a point d’autre après moi. Je le jure ; oui, voici que la justice sortira de ma bouche ; mes paroles ne retourneront point, car devant moi fléchira tout genou, et toute langue confessera Dieu en disant : la justice et la gloire viendront à lui ». C’est lui-même qui disait dans les Évangiles, en tant que Dieu et avec la chair : « Venez à moi, vous tous qui peinez et êtes chargés, et je vous soulagerai », et que « le ciel et la terre passeront, mais mes paroles ne passeront point ». Le Seigneur appelant ses propres paroles ce qui est écrit dans la Loi et dans les Prophètes, lui devant qui fléchira tout genou et que confessera toute langue, comme il a été dit d’avance par l’entremise du prophète et du bienheureux Paul.
Ce même Fils de David, Siméon le reçut dans ses bras, conduit par le Saint-Esprit dans le Temple afin de voir le Christ du Seigneur ; et par le Saint-Esprit, il bénissait Dieu d’avoir été jugé digne de voir le salut de Dieu — salut de toutes les nations, flambeau et lumière, et la gloire du peu[ple[^456]
… du peuple d’Israël, et c’est le Dieu d’Israël ; car dans le désert le peuple changea leur gloire en la ressemblance d’un veau, dit-il, mangeant de l’herbe, et ils oublièrent Dieu leur Sauveur ; et comme dit Isaïe : « Car ma gloire et ma louange est le Seigneur, et il m’est devenu le salut ».
166. Dès lors donc, nous confessons le Christ, sachant qu’il est le même Dieu, le même homme, acquiesçant à l’Écriture divinement inspirée et à l’enseignement des saints Pères, et nous disons qu’une seule est la nature incarnée de lui seul ; car de tout être un on dit une seule nature, et nul n’a jamais parlé de deux natures à propos de tel homme ou de tel ange, comme ceux-ci ont osé le dire au sujet du Christ avec impudence, conduits par les discours et les prétextes des hérétiques antérieurs à eux-mêmes, et précipités dans la fosse avec leurs propres guides aveugles. Car l’humanité n’était pas la nature du Dieu Verbe avant l’incarnation, et après l’incarnation, sa chair en elle-même n’est pas dite être sa nature. Mais si ceux-ci disent que sa chair est une nature propre et distincte du Christ et que l’autre nature est le Dieu Verbe, afin de dire deux natures du Christ et de ne pas dire que la divinité est passible, ils ne comprennent pas comment ils trébuchent d’eux-mêmes ; car il est écrit que : « Le Christ a souffert pour nous dans sa propre chair », ce que ceux-là disent être le fait de l’une des natures du Christ. C’est donc dans sa propre nature que le Christ aurait souffert, selon leur folie ! Mais le bienheureux Paul a prêché un seul Christ mort pour nous et enseveli selon les Écritures ; car celui qui est descendu dans les parties inférieures de la terre est aussi celui qui est monté au-dessus de tous les cieux, afin de remplir toutes choses.
C’est cela qu’enseignaient aussi les bienheureux Pères qui furent à Nicée et les saints Pères qui vinrent après eux, comme instruits par un seul et même Saint-Esprit. Ils anathématisent en effet ceux qui ont osé penser ou dire deux natures à propos de l’unique Christ, ne confessant pas une seule nature incarnée sans changement du Dieu Verbe, et ils adorent avec [lacune]457458459460461
des anges, le Seigneur de gloire crucifié, comme vrai Dieu et Sauveur sous le ciel et Créateur de toute la création tout ensemble. Car la secte et l’impiété des diphysites, fléau très ancien et prêché d’une manière erronée dès les temps des bienheureux Jules et Athanase, et même avant eux inventé et prêché de manière erronée par certains impies depuis lors jusqu’à la mort du bienheureux Théodose, roi orthodoxe ; mais après cela, il fut impudemment proclamé au concile de Chalcédoine, concile par lequel s’accomplit l’apostasie dont l’apôtre a dit qu’elle arriverait avant la venue de l’Antéchrist.
Témoignages de nos saints pères et évêques confirmant les paroles dites par nous, et renversant les hérésies impies des fauteurs de scission susmentionnés
Du bienheureux Jules, archevêque de Rome, de la lettre à Denys :
« Mais s’ils ne reconnaissent pas l’unique selon l’union, ils peuvent aussi diviser l’unique en une multitude et faire de multiples natures. Et parce que le corps aux multiples aspects [est composé] d’os, de nerfs, de veines, de chair et de peau, d’ongles même et de cheveux, de sang et de bile, lesquels ont tous une diversité les uns par rapport aux autres, or c’est une seule nature ; de même la vérité de la divinité avec le corps est une et ne se divise pas en deux natures. Car il n’était pas même possible que le tout fût appelé Fils de l’homme descendu du ciel, et Fils de Dieu né d’une femme, s’il recevait la division de deux natures ; mais celui qui est descendu du ciel serait sans doute appelé Fils de Dieu et non Fils de l’homme, et celui qui est né d’une femme serait sans doute appelé Fils de l’homme et non Fils de Dieu ; et cela s’apparente à l’hérésie paulinienne. Mais les Écritures divines nous enseignent à penser au sujet d’un seul Seigneur selon la descente du ciel et la naissance issue d’une femme. »462
Et peu après :
Qu’ils ne fournissent donc pas de prétexte à ceux qui divisent en disant deux natures ; car la chair n’est pas une nature à part en elle-même, puisqu’elle n’est pas non plus vivifiante par elle-même, et qu’elle n’a pu être séparée de ce qui vivifie ; et celle-ci ne se divise pas non plus en sa propre nature par elle-même, celle qu’elle possède selon l’incorporeité. Et puisque le Seigneur dans la chair ne s’est pas présenté au monde de manière incorporelle, et que la chair créée ne se sépare pas de la divinité incréée pour que l’on distingue la nature créée, le Verbe incréé ne s’est pas non plus présenté séparé de la chair pour que l’on divise la nature incréée. Mais si chacun des deux est un selon l’union, et que la conjonction et la composition sont d’aspect humain, un seul et même nom s’adapte à ce qui est composé : de la divinité, ce qui est incréé, et de la chair, ce qui est créé ; et de la divinité, ce qui est impassible, et de la chair, ce qui est passible.
Et peu après :
Mais si c’est la coutume de l’Écriture de théologiser le tout, nous suivons nous aussi les paroles divines et nous ne divisons pas les choses indivisibles.
Et peu après :
Le Christ confesse adorer le Père selon la chair en disant : « Nous adorons ce que nous connaissons », et la divinité n’est pas séparée ; il est adoré selon la divinité, et la chair n’est pas divisée de l’adoration de la divinité ; et nous n’établissons pas la chair comme séparée lorsque nous adorons. Car il n’est pas possible à la chair de ne pas souffrir, et la divinité ne se sépare pas, puisqu’elle s’est unie ; car il fallait que la mort fût vaincue par Dieu, et elle a été vaincue.
Du bienheureux Cyrille, archevêque d’Alexandrie, de la deuxième lettre à Succensus :
Quelle nécessité y a-t-il désormais de le ramener à sa propre nature, s’il est dit, après l’union : « une seule nature incarnée du Fils » ?
Et peu après :
C’est en vain qu’ont bavardé ceux qui disent qu’il faut suivre
… qu’il est entièrement porté dans sa propre nature du corps sous-jacent, en lequel en vérité il faut concevoir que le passible survient au Verbe qui est impassible, et non en dehors ; c’est pourquoi [il en va] ainsi de ses souffrances, car de même que le corps devint son propre [corps], de même aussi tout ce qui appartient au corps, à la seule exception du péché, se dit sans nullement être amoindri selon la ressemblance de l’économie.
Et après peu [de mots] :
« Ceux qui dévient de la rectitude ont encore ignoré que selon la vérité il y a » une seule nature incarnée ». Car si le Fils est un par nature et véritablement le Verbe ineffablement engendré de Dieu le Père, alors, selon l’assomption de la chair non pas inanimée, mais douée d’une âme rationnelle, il est sagement sorti de la femme comme homme ; il ne sera pas pour autant divisé en deux personnes et fils, mais il est resté un, non pas incorporel ni en dehors du corps, mais l’ayant pour sien selon l’union inséparable. Or, celui qui dit cela n’enseigne nulle part et en aucune façon un passage, ni un mélange, ni rien d’autre de semblable ; et cela ne saurait être contraint de nulle part par la nécessité du discours. Car bien que le Fils unique de Dieu soit dit par nous un, incarné et enhominisé, il ne faut pas pour autant penser selon eux qu’il y ait eu confusion, ni que le Verbe ait été changé dans la nature de la chair, ni la chair dans la sienne ; mais la propriété selon la nature de chacun demeurant et étant comprise, selon la parole qui nous est à présent transmise, l’union ineffable et indicible nous a montré une seule nature du Fils, mais, comme je l’ai dit, incarnée. »
Du même, de la lettre à Nestorius :
« Et quant aux paroles évangéliques de notre Sauveur, nous ne les divisons pas entre deux hypostases, ni non plus entre deux personnes ; car l’unique et seul Christ n’est pas double, bien qu’il soit conçu à partir de deux réalités distinctes assemblées en une union indivisible ; tout comme en vérité l’homme aussi est conçu d’une âme et d’un corps, et non point double, mais un à partir des deux. »
Du même, de la lettre à Valérien.
Allons, qu’ils me disent où donc il y a une seule personne ! Car s’ils prétendent qu’il y a une seule personne du Christ à partir de deux hypostases distinctes, subsistant chacune pour sa part, il y aura dès lors absolument deux personnes aussi. Mais ces législateurs s’introduisent en prétendant posséder droitement leur propre doctrine ; ils disent parfois et de toutes manières l’enrichir : « Car en divisant, disent-ils, les hypostases, nous unissons la personne ». Et comme [s’ils n’étaient] point ignorants, sans instruction et artisans de mensonges.
Du même, de l’explication du quatrième anathème.
Ceux qui divisent désormais les hypostases après l’union et posent séparément chacune d’elles, c’est-à-dire l’homme et Dieu, mais imaginent leur conjonction selon une seule dignité, constituent à tous égards deux fils.
Blasphèmes tirés de la définition du concile de Chalcédoine.
Et voici qu’il anathématise ceux qui imaginent fabuleusement deux natures avant l’union, et ceux qui inventent une seule [nature] après l’union.
Réfutation de ce qui a été dit au concile de Chalcédoine.
60. Or, si quel qu’un parmi les Pères a jamais osé dire qu’avant l’incarnation de Dieu le Verbe, l’humanité — le genre humain commun d’où il s’est incarné — avait une nature distincte*, façonnée par Dieu le Verbe prééternel, certains auraient peut-être appelé quelque part deux natures du Christ avant l’union. Et si de nouveau un embryon avait été préalablement formé par Dieu dans le sein de la Vierge, et qu’alors le Dieu Verbe issu de Marie s’y fût conjoint, on aurait pu dire deux natures en un seul Christ après l’union. Mais voulant semer leur propre impiété, ce qu’aucun des Pères n’a prononcé, ils le mettent en avant pour séduire hypocritement les esprits simples ; car personne d’entre eux n’a ce…463
[lacune] ainsi a pensé le divin Paul, [comme] auparavant les Pères [ont confessé] un seul Christ à partir de deux natures, signifiant que Dieu le Verbe s’est incarné à partir de notre commune humanité ; ou bien que c’est à partir de la nature ou de l’essence des hommes qu’Il est un et le même avec Son propre corps ; et ils disent et nous enseignent une seule nature incarnée de Dieu le Verbe.
Or, si l’embryon a pris consistance, comme il a été dit auparavant, dans le sein de la Vierge, sans l’union de Dieu le Verbe¹, la nature de l’homme ayant subsisté charnellement pour sa part, voici qu’il se trouverait être un homme entièrement achevé. Mais si cela est absurde, il est encore plus déplacé de parler de deux natures sur le seul Christ. Car les saints Pères n’ont pas dit de croire en un seul Christ à partir de deux natures pour qu’ils soient dépeints par vous comme affirmant deux natures du Christ avant l’union, puis en façonnant une seule après l’union ; mais ils ont signifié en tout temps de quelle nature Il S’est fait une chair, ayant une âme raisonnable, et que Dieu est devenu homme de manière immuable. Qu’ils ne calomnient donc pas ce qui n’a été dit par aucun des saints Pères, désireux qu’ils sont de rendre recevable leur propre impiété de la proclamation de deux natures. Et s’ils disent que leur définition ne concerne pas les saints hommes, mais que leur propos vise d’autres [adversaires], ils ont voulu, sous le prétexte de cette impiété-là, semer à l’intérieur l’impiété des deux natures ; et il est ainsi ridicule qu’au moyen d’une impiété ils aient entrepris d’effacer l’impiété. Et parce que certains, péchant par impiété comme ceux-ci, sous prétexte d’anathématiser les dyophysites, ont osé calomnier et accuser sournoisement les saints Pères, comme s’ils avaient conçu deux Fils en disant que Dieu le Verbe, consubstantiel au Père, est devenu pour le salut des hommes consubstantiel aux hommes selon la chair, tout en demeurant Dieu, affirmant eux-mêmes que la sainte Vierge a enfanté Celui qui est consubstantiel au Père seul et au Saint-Esprit, tout en étant entièrement étranger au fait de L’avoir, selon l’économie, consubstantiel selon la chair à la Vierge qui L’a enfanté ; étant ainsi devenu semblable en vérité aux hommes par la forme selon464
[… de la] chair, disent-ils, mais ils l’éloignent des hommes. Et comment [serait-il] notre frère selon la chair, le Christ, et « premier-né dans le monde parmi de nombreux frères » (cf. Rm 8, 29), et adoré par les anges de Dieu, lui qui « aux jours de sa chair, comme dit Paul, offrait des prières et des supplications » (cf. He 5, 7), selon […] ?
Mais s’il est seulement consubstantiel au Père et au Saint-Esprit […], comment est-il apparu à ceux qui sont sur la terre ? Étant Dieu le Verbe, invisible, insondable, comment se trouvait-il dans le besoin, devenu notre modèle par économie ? Et en quels jours prit-il chair, s’il n’est devenu homme selon la vérité tout en demeurant Dieu ? Et comment, avec de grands cris et des larmes, suppliait-il et fut exaucé en raison de sa piété (cf. He 5, 7), [lui qui] « ôtera toute larme de tout visage » (Is 25, 8), destructeur de la mort, à qui convient le cantique : comme il convient de chanter Dieu en Sion et « à toi sera rendu le vœu, et il exauce la prière de toute chair » (cf. Ps 64, 2-3), de ceux qui crient vers lui ? Car il a lui-même expié nos impiétés, en tant que Dieu incarné et devenu homme, et « que toute la terre tremble devant sa face » (Ha 2, 20), comme le dit le prophète Habacuc. Et comment est apparu dans la chair le Verbe invisible de Dieu, s’il n’est devenu par économie consubstantiel aux hommes, tout en demeurant Dieu ? Et comment a souffert dans sa propre chair selon l’existence le Verbe impassible de Dieu, s’il n’est devenu un homme sujet aux passions par économie selon la chair, tout en demeurant impassible en tant que Dieu ?
Ils disent encore cela, ceux dont nous examinons les propos : « Seuls ceux qui sont engendrés selon la nature sont consubstantiels selon la nature, or la Vierge a enfanté au-dessus de la nature ». Mais nous avons appris des saints Pères que même si Adam, le premier créé, fut créé au-dessus de la nature et non engendré selon la nature d’un homme et d’une femme, par l’opération miraculeuse de Dieu, il était consubstantiel à tous les hommes. De même aussi la femme tirée de lui, qui ne fut ni créée de la terre, ni engendrée selon la nature des hommes, était consubstantielle à Adam et à tous ceux qui descendent de lui. De même encore, engendré de leur union, Abel était consubstantiel à Adam et à Ève ; et non pas […]465
… seulement selon la nature les êtres engendrés sont consubstantiels, mais aussi au-dessus de la nature, par l’action miraculeuse de Dieu.
Puis ils disent aussi ceci : « C’est de la substance et de la nature des hommes que le Verbe s’est incarné, disent-ils, étant un être personnel et doué d’une âme intelligente, mais lui-même n’est pas devenu consubstantiel aux hommes selon l’économie dans la chair » ; et comment est-il possible qu’il en soit ainsi ? Car de même que le Fils est confessé consubstantiel à Dieu le Père selon l’engendrement éternel du Père, parce qu’il est engendré de la substance de Dieu le Père, de même qu’il soit confessé consubstantiel à sa Mère selon la chair, parce qu’il s’est incarné de la substance de la Vierge, recevant d’elle chair et sang ; et Emmanuel engendré d’elle est demeuré immuable et inaltérable en tant que Dieu dans l’incarnation et l’engendrement issu de la Sainte Vierge. Ils disent en effet que le Christ est non composé, possédant la chair, l’âme et les os. Et de même qu’il est devenu homme à partir de la substance des hommes, comme ils le disent eux-mêmes, « en demeurant Dieu » — car voici que le Verbe était au commencement incorporel et non composé, mais après l’engendrement issu de la Vierge, lui-même est devenu véritablement chair et homme, comme lui seul le sait —, ce n’est pas que le Dieu Verbe se soit transformé en os, en […] et en âme, ni, comme ceux-ci le disent et comme ils l’imaginent, que la chair ait changé la nature du Dieu Verbe.
Ils méprisent en effet les instructions utiles des saints Pères qui les anathématisent parce qu’ils ne confessent pas Emmanuel consubstantiel selon la chair à la sainte Vierge, tout en étant consubstantiel au Père. « Il ne faut pas, disent-ils, recevoir de telles choses de manière hérétique. » Mais si elles n’ont pas été dites de manière hérétique par les saints Pères, ils ne les ont pas non plus définies avec des anathèmes. Car les saints Pères ont appris du bienheureux Paul à agir ainsi à propos des paroles de la foi, tout comme des saints Pères qui furent à Nicée. Mais si, en matière de foi, il ne faut rien recevoir de ce qui a été formulé par les saints Pères, écrits qui sont pourtant accompagnés de leurs anathèmes, d’où ont-ils donc reçu le pouvoir d’anathématiser ceux qui ne confessent pas la sainte Vierge comme Mère de Dieu et ceux qui osent affirmer deux natures sur le Christ, de même que leurs congénères qui soutiennent ces blasphèmes ? Qu’ils nous le disent, de tels hommes ! Car ni la sainte Écriture…466
ouvertement et de son propre chef il anathématisa les [propositions] précitées, et non point par artifice des saints Pères, mais par l’autorité des saints Pères il fut confirmé à Éphèse de confesser la sainte Vierge Mère de Dieu et d’anathématiser ceux qui ne confessent pas que l’Emmanuel est Dieu en vérité et que pour cette raison la sainte Vierge est Mère de Dieu ; qu’il sorte de tels [égarements], et selon le saint concile d’Éphèse, par le recours aux saints Pères, Nestorius a été expulsé et anathématisé, et parce qu’il se trouve dans ces témoignages des Pères selon Éphèse : [qu’il est] devenu consubstantiel à nous selon la chair par économie et immuablement consubstantiel au Père en tant que Dieu.
Mais si quelqu’un dit que celui qui affirme le Christ consubstantiel aux hommes selon la chair rend un culte à une créature — comme ils ont osé le dire de façon hérétique —, bien davantage selon eux celui qui le confesserait devenu homme par économie.
L’accusation s’adresse donc au Seigneur lui-même, qui s’est proclamé au monde Fils de l’homme, ainsi qu’aux saints évangélistes et au bienheureux Paul, car ils l’ont confessé en bien des endroits être homme tout en étant Dieu, et parent des Israélites et « issu des Juifs selon la chair, lui qui est Dieu au-dessus de tout, béni pour les siècles, amen ». Car c’est l’idolâtrie qu’ils imputent aux apôtres et aux saints Pères, eux qui sont les fauteurs de la nouvelle hérésie.
Dès lors, ou bien qu’ils nous montrent anathématisés par les saints Pères ceux qui confessent l’Emmanuel consubstantiel à la sainte Vierge selon la chair, de même que sont anathématisés ceux qui affirment deux hypostases ou natures sur un seul Christ ; ou bien, tandis que nous montrons comme anathématisés ceux qui ne confessent pas l’Emmanuel consubstantiel selon la chair à la Vierge, tout en étant Dieu, qu’ils se détournent de la voie mauvaise vers la confession de la foi droite des Pères et qu’ils fuient l’anathème des saints Pères orthodoxes et inspirés de Dieu.
Car, de la même façon que les dyophysites et les autres hérésies, ceux-là ont été anathématisés par les saints Pères, parce qu’ils ne confessent pas que Dieu le Verbe est devenu homme par économie tout en demeurant Dieu. Certes, ils disent que Dieu le Verbe s’est incarné de la substance des hommes et qu’il a été rendu semblable aux hommes selon la vérité de la forme, et non pas qu’il est aussi devenu homme selon la vérité et consubstantiel aux hommes ; car s’il est devenu homme selon la vérité, selon la chair, de façon véridique,467
… de toute manière devenu semblable [à nous] selon la chair, issu de l’être de la sainte Vierge, tout en demeurant consubstantiel au Père, en tant que Dieu le Verbe immuable.
Or ils disent ceci : que la sainte Vierge a enfanté Celui qui est consubstantiel au Père seul et au Saint-Esprit, et que c’est à partir de l’essence ou de la nature des hommes qu’Il s’est incarné et s’est rendu semblable en vérité aux hommes, comme eux-mêmes le confessent ensemble. Car ce sont là les preuves les plus manifestes de Son anéantissement volontaire, et non de la divinité et de l’essence immuable de Dieu le Verbe incarné selon l’économie ; car ce qu’Il était, Il l’est demeuré, et ce qu’Il n’était pas, Il l’est devenu pour notre salut, demeurant immuable, en étant consubstantiel à Dieu le Père. C’est pour cela que ceux-là aussi sont anathématisés par les saints Pères, comme altérant totalement le salut des hommes et la gloire de l’espérance des chrétiens. Mais les anathématisés calomnient puérilement ceux qui les anathématisent — les saints Pères —, afin de persuader les plus simples de ne pas regarder du tout vers la doctrine des saints hommes, mais vers les propos impies tenus par eux-mêmes ; comme si les Pères [avaient anathématisé] ceux qui confirment le concile de Chalcédoine et la secte des deux natures, au moyen des usages par lesquels eux-mêmes sont anathématisés avec les diphysites. « Mais la tradition de la foi ne reçoit pas ces choses, disent-ils, de peur que la foi orthodoxe ne soit passible de condamnation. »
Nous avons rappelé ces choses sommairement, ayant passé sous silence nombre de leurs fables ; mais maintenant j’écrirai aussi des témoignages des saints Pères — ceux-là mêmes qu’ils ont rejetés avec de tels anathèmes, par lesquels ils disent que la foi orthodoxe est passible de condamnation si quelqu’un recevait cela de manière hérétique —, afin que soit manifestée à tous, par les saints hommes, la sottise des anathématisés ainsi que des diphysites. Et qu’ils n’outragent pas davantage ! Car ce n’est pas l’essence du Seigneur ni la nature de Son incarnation, mais une règle de l’économie accomplie avec droiture par Dieu pour notre salut : « Au commencement était Dieu le Verbe », et telle est la dignité de Son essence, supérieure à tout esprit et à toute parole, en tant que Fils unique de Dieu. Mais ensuite, Il s’est aussi volontairement anéanti, afin que…468
demeuré pour notre salut, étant divinement surabondant, comme étant Dieu le Verbe, inaltérable et immuable, consubstantiel au Père, et il se fait homme selon l’économie, sans être devenu double, mais s’étant fait à lui-même un corps passible de mort, animé d’une âme rationnelle.
Autre est donc le discours sur la nature, ou si l’on veut sur l’hypostase, de Dieu le Verbe incarné, et autre la règle de l’économie salvatrice accomplie pour nous : car ce qu’il était, il le demeura, et ce qu’il n’était pas, il le reçut et devint homme, sa divinité demeurant inaltérable.
Témoignages utiles de nos bienheureux Pères et évêques, confirmant ce qui a été dit par nous, et renversant les sectes impies des hérétiques mentionnés précédemment§
Du bienheureux Jules, archevêque de Rome, tiré de la lettre à Denys :
« Nous nous étonnons en entendant parler de certains qui confessent bien le Seigneur comme Dieu incarné, mais qui ont dévié pernicieusement vers l’hérésie introduite par les Paulianistes. Car ceux-ci, asservis à Paul de Samosate, disent qu’autre est celui qui vient d’en haut, en le confessant Dieu, et autre l’homme qui vient de la terre, disant l’un incréé et l’autre créé, l’un éternel et l’autre d’hier, l’un Seigneur et l’autre serviteur ; étant impies soit s’ils adorent celui qu’ils disent serviteur et créé, soit s’ils n’adorent pas celui qui nous a rachetés par son propre sang. Mais ceux qui confessent que le Dieu d’en haut s’est incarné de la Vierge et qu’il est un avec sa chair, c’est en vain qu’ils sont troublés, étant entraînés dans les propos de leur impiété. Car eux-mêmes disent aussi, comme tu l’entends, deux natures ; et cela alors que Jean a clairement démontré que le Seigneur est un, en disant : « Le Verbe s’est fait chair » et Paul en disant : « Un seul Seigneur Jésus-Christ, par qui sont toutes choses ». Car si celui qui est né de la sainte Vierge est nommé un, et qu’il est lui-même celui par qui tout a été fait, il est une seule nature, parce qu’il est une seule personne, n’ayant pas de division en deux ; car la chair n’est pas une nature à part et la divinité une nature à part469
… [divi]nité selon l’incarnation, mais tout comme l’homme est une seule nature, ainsi le Christ est devenu à la ressemblance des hommes.
Et après d’autres [paroles] :
Mais si chacun des deux est un selon l’union, et la conjonction et la composition sous une seule forme humaine… nom composé… [lacune] de la divinité l’incréé… [lacune] et de la chair le créé, de la divinité l’impassible, et de la chair le passible.
Du même, Sur l’incarnation du Verbe :
Autrement encore, [il est] consubstantiel à Dieu selon l’esprit, l’invisible ayant été greffé avec le nom et la chair, afin qu’il soit uni au consubstantiel à Dieu ; et de nouveau, consubstantiel aux hommes par la greffe de la divinité avec la chair, afin qu’il soit uni à ce qui nous est consubstantiel, sans que la nature de la chair ait été changée vers le consubstantiel à Dieu par l’union et l’égalité du nom de consubstantiel, tout comme la nature de la divinité n’a pas non plus été changée en égalité avec la chair humaine et par l’appellation de consubstantiel à nous dans la chair.
Du bienheureux Athanase, archevêque d’Alexandrie, Sur l’incarnation :
Nous confessons en effet qu’il est Fils de Dieu et Dieu selon l’esprit, Fils de l’homme selon la chair ; non pas deux natures, l’une [lacune] adorable et l’autre non adorable, mais une seule nature incarnée de Dieu le Verbe, et adorée avec sa chair d’une seule adoration.
Le bienheureux Athanase dit encore dans la conclusion :
Mais si quelqu’un, en dehors de cela, enseigne d’après ce qui est divinement écrit…470
Puis, concluant sur le mélange de ces deux hérésies :
« Celle-ci, dit-il, l’Église catholique et apostolique l’anathématise. »
Du même, du Discours sur la foi :
Et comment, en quelque chose et de quelle manière, et par quelle science ont-ils forgé pour l’incrédulité même ces choses, et une habitation au lieu de l’incarnation, et au lieu de l’union et de la composition, une opération humaine, et au lieu de l’unique hypostase de notre Seigneur, deux hypostases et personnes, et au lieu de la Sainte Trinité, une quaternité imaginée de façon inconvenante et contraire à la loi ? De façon inconvenante, certes, parce qu’ils adjoignent à Dieu un homme et comptent un serviteur avec le Seigneur, et rangent une personne créée aux côtés des personnes incréées ; mais contrairement à la loi, parce qu’en introduisant une hypostase dans la Trinité, une quatrième hypostase tout à fait étrangère et hétérogène devient, pour toutes les âmes douées de raison, le terme ultime et la fin.
Du même, du Discours à Appien :
Le Verbe donc, en tant qu’Il est le Verbe, ne possède pas de telles choses, car Il est Fils unique ; mais devenu homme, Il a les mêmes attributs que nous, dont Il a aussi revêtu un corps semblable.
Du même, de la Lettre à Épictète :
Qu’ils rougissent donc grandement, ceux qui peuvent même tout à fait imaginer dire quaternité au lieu de Trinité, s’il est dit que le corps provient de Marie ! Car ils disent de la même manière : « Si nous disons que le corps est du Verbe, la Trinité demeure Trinité, rien d’étranger ne s’y rapportant pour le Verbe ; mais si nous disons que le corps est humain, il est nécessaire, le corps étant étranger selon la substance et le Verbe étant en lui, qu’il y ait une quaternité avec la Trinité, en raison de l’adjonction du corps. » Disant ainsi ces choses, ils ne comprennent pas comment ils délirent en eux-mêmes ; car bien que non471
[lacune] de Marie, disent-ils la chair, mais consubstantielle à ce même Verbe, [lacune] comme ils se l’imaginaient peut-être, ils ont pensé cela selon leur raisonnement, et leurs propos ont fait apparaître une quaternité. Car de même que le Fils, étant selon la nature consubstantiel au Père, n’est pas lui-même le Père, mais le Fils est dit consubstantiel au Père, de même la chair consubstantielle du Verbe n’est pas elle-même le Verbe, mais autre que le Verbe ; étant autre, leur trinité deviendra selon eux une quaternité. Car ce n’est pas la Trinité véritable, réellement parfaite et indivisible qui reçoit une addition, mais celle conçue par eux ; et comme s’il s’agissait encore du christianisme, en concevant un autre en sus du Dieu qui est l’Être.
Et peu après :
« Donc, par la nature humaine issue de Marie et véritable [lacune] dans la chair même était véritable [lacune] de même [lacune] Marie, car nous sommes tous issus d’Adam. »
Du bienheureux Grégoire le Thaumaturge, dans l’Exposé de la foi :
« Et il est Dieu véritable, incorporel devenu dans la chair, parfait en vérité et en perfection divine ; non pas deux personnes et non pas deux natures, car nous ne disons pas non plus d’adorer quatre : Dieu, et le Fils de Dieu, et l’homme, et le Saint-Esprit. C’est pourquoi nous anathématisons aussi ceux qui commettent une telle impiété, qui placent un homme dans la glorification divine. Car nous disons que le Verbe de Dieu est devenu homme pour notre salut, afin que nous recevions la ressemblance des êtres célestes et que nous soyons divinisés à la ressemblance, selon la ressemblance du véritable Fils de Dieu, mais selon la chair Fils de l’homme, de notre Seigneur Jésus-Christ. »
Du même, sur l’Incarnation et la parole de la foi :
« Si quelqu’un dit que le Christ est apparu au monde en apparence et ne confesse pas qu’il est venu dans la chair, comme il est écrit, qu’il soit anathème. »472
« Si quelqu’un dit que le corps du Christ est sans âme ou sans intelligence, et ne le confesse pas parfait en tout — un seul et même —, comme il est écrit, qu’il soit anathème.
Si quelqu’un dit que le Christ a pris une partie de l’homme et ne le confesse pas semblable en tout, sans péché, comme il est écrit, qu’il soit anathème.
Si quelqu’un dit que le Christ est muable ou altérable et ne le confesse pas immuable par l’Esprit, incorruptible par le corps, comme il est écrit, qu’il soit anathème.
Si quelqu’un dit que le Christ est un homme parfait de manière séparée et Dieu le Verbe de manière séparée, et ne confesse pas un seul Seigneur Jésus-Christ, comme il est écrit, qu’il soit anathème. »
Et peu après :
« Si quelqu’un dit qu’autre est celui qui a souffert et autre celui qui n’a pas souffert, et ne confesse pas que le même Dieu le Verbe, impassible, a souffert dans sa propre chair, comme il est écrit, qu’il soit anathème.
Si quelqu’un dit qu’autre est le Fils de Dieu avant les siècles et autre celui des derniers temps, comme il est écrit, qu’il soit anathème.
180. Si quelqu’un dit que le Christ est né d’une semence d’homme, comme tous les hommes, et ne confesse pas qu’il s’est incarné et s’est fait homme du Saint-Esprit et de la sainte Vierge, de la semence de David, comme il est écrit, qu’il soit anathème.
Si quelqu’un dit que le corps du Christ est de même nature que la divinité et ne le confesse pas, étant en forme de Dieu, Dieu avant les siècles, s’étant anéanti lui-même et ayant pris la forme d’esclave, comme il est écrit, qu’il soit anathème.
Si quelqu’un dit incréé le corps du Christ et ne confesse pas qu’il a reçu l’incarnation et l’inhumanation de l’humanité créée, comme il est écrit, qu’il soit anathème. »
Car comment donc le corps serait-il dit incréé ? En effet, l’incréé est impassible, invulnérable, impalpable ; or le Christ, ressuscité des morts, montrait aux disciples la marque des clous et la blessure de la lance et la palpation du corps, bien qu’étant entré les portes étant fermées ; mais afin de montrer et l’opération de la divinité [lacune] la vérité du corps. Comment donc après le temps le corps473
… l’un consubstantiel à la divinité intemporelle ; car est dit consubstantiel ce qui est de même nature et dans un perpétuel mouvement sans altération 474.
Du bienheureux Vigile, archevêque de Rome, sur la foi du Verbe ; et ce témoignage se trouve dans le livre du bienheureux Cyrille adressé aux Reines, Qu’il y a un seul Christ :
« De plus, nous croyons également, touchant l’économie selon la chair du Sauveur, que le Dieu Verbe, demeuré inaltérable et immuable, s’est incarné pour le renouvellement de l’humanité. Car, étant véritablement Fils de Dieu selon la génération éternelle issue de Dieu, le seul et même est devenu Fils de l’homme selon la naissance issue de la Vierge : Dieu parfait selon la divinité et consubstantiel au Père, et le même, homme parfait selon la naissance issue de la Vierge et consubstantiel aux hommes selon la chair.
Et quiconque dit que le Seigneur a un corps venu du ciel ou que Son corps est consubstantiel à Dieu, qu’il soit anathème !
Quiconque ne confesse pas que le corps du Seigneur provient de la Vierge et qu’il est consubstantiel à nous, qu’il soit anathème !
Quiconque dit que notre Seigneur et Sauveur, né selon la chair du Saint-Esprit et de la Vierge Marie, est sans âme, ou insensible, ou dépourvu de raison, ou sans intelligence, qu’il soit anathème !
Quiconque ose dire que le Christ a souffert dans Sa divinité et non dans Sa chair, ainsi qu’il est écrit, qu’il soit anathème !
Quiconque divise et sépare notre Seigneur et Sauveur, et dit qu’autre est le Fils Dieu Verbe et autre l’homme assumé, et ne confesse pas un seul et même [Christ], qu’il soit anathème ! »
Du bienheureux Basile, extrait du traité dont le début est : Que le Fils est Dieu par nature :
« Ce qui est créé ne provient pas de la substance du créateur, mais ce qui est engendré provient de la même substance que celui qui engendre ; faire et engendrer ne sont donc nullement la même chose. »
Et peu après :
« Les êtres engendrés ont la même nature que celui qui engendre, bien que475
[…] et avoir ainsi l’être en étant né d’une autre manière ; car Abel non plus, qui est né des deux, n’est point [d’une autre substance] qu’Adam, Adam n’étant pas né, mais ayant été formé.
Et après d’autres [paroles] :
« Si ceux qui ont une différente manière d’exister ont aussi une essence différente, les hommes ne sont donc pas consubstantiels ; car autre est l’existence d’Adam formé de la terre, autre celle d’Ève tirée de la côte, autre celle d’Abel [qui est issu] des deux, et autre de la seule Vierge Marie ; de même aussi pour les oiseaux et les quadrupèdes. »
Du même, du traité sur le Saint-Esprit :
« Mais toutefois, montrant à la fois la diversité de l’usage et corrigeant en même temps l’erreur de certains qui s’imaginaient témérairement que le corps du Seigneur était spirituel, afin de montrer que ce corps fut formé à partir de la masse humaine, il a honoré de préférence l’expression la plus claire ; car, par le mode au moyen de la femme, il devait manifester la notion de l’enfantement, et par [la femme] seule faire connaître suffisamment l’égalité de nature de l’engendré par rapport à celle qui l’a enfanté. »
Et après d’autres [paroles] :
« Car la terre et le ciel, la grandeur de la mer et ce qui est contenu dans les eaux, les animaux terrestres, les astres, les étoiles, les airs et les saisons, et l’ordonnancement de toutes ces choses ne manifestent point la richesse souveraine autant que le fait pour Dieu, l’inaccessible, de pouvoir sans passion embrasser l’homme par le moyen du corps, afin de nous faire don de l’impassibilité par Sa propre souffrance. »
Du même, contre ceux qui nous calomnient [en disant que nous confessons trois] Dieux :
« Comme homme sous le temps, comme Dieu avant les temps ; non point en apparence, mais en vérité, selon les deux [Il est] Dieu et homme. Il était Dieu, Il devint homme par l’économie ; et Il ne devint pas d’abord pour être ensuite, mais Il était d’abord et devint ensuite. Un seul désormais en raison […]
de l’économie retranchera la divinité du Monogène ; car telles sont les railleries des hérétiques et les fureurs des Manichéens.
Du bienheureux Grégoire de Nazianze, tiré du Discours sur l’enseignement des catéchumènes, 7 :
« Car ce qui est engendré est nécessairement de même nature que la nature de ceux qui engendrent. »
Du même, Sur le Fils, tiré du premier discours :
« Mais en un mot, attribue les expressions les plus sublimes à la divinité et à la nature supérieure aux passions et au corps ; et les plus humbles à Celui qui est composé, et qui pour toi s’est anéanti et a été crucifié — sans nullement hésiter à dire aussi : et qui s’est fait homme et a été exalté — afin que toi, rejetant ce qui est corporel et rampant dans tes erreurs, tu apprennes à devenir plus sublime et à t’élever avec la divinité, et que tu ne demeures point dans les choses périssables, mais que tu t’élèves parmi les réalités intelligibles et saches ce qu’est la raison de la nature, et ce qu’est la loi de l’économie. Car lui-même, qui t’est maintenant méprisable, était autrefois au-dessus de toi ; maintenant homme, il était sans composition ; ce qu’il était, il le demeura, et ce qu’il n’était pas, il l’assuma. »
Du même, Sur le Fils, tiré du second discours :
« Voici encore des traits communs, ceux qui sont au-dessus de nous et ceux qui sont selon nous, mais […] de nos manières et […] de l’assomption, homme […] afin qu’il s’introduise seulement par le corps dans les corps ; mais comme n’y étant pas encore introduit en raison de la nature insaisissable, mais afin qu’il sanctifie par lui-même l’homme, étant devenu comme un levain pour toute la pâte et s’étant uni à elle, et qu’il délivre entièrement le condamné de la condamnation d’autrefois, étant devenu pour tous tout ce que nous sommes, hormis le péché : corps, âme, esprit ; par le moyen desquels […], issu de ceux-ci homme, Dieu visible à cause de ce qui est intelligible, et Fils de l’homme à cause de476477
d’Adam et pour tous ceux qui en sont issus : de l’un à la manière d’un premier père, mais d’elle selon la règle d’une mère, et non selon la règle de la génération.
Du même, tiré du Discours sur le Saint-Esprit :
Voici en effet que de lui l’un est non-engendré, tandis que l’autre est engendré ; ils sont pourtant consubstantiels, ce qui est très intelligible pour mon esprit. Qu’on n’estime point que ce qui a été dit vient des miens, car c’est connu de tous. J’en ferai l’épreuve par un autre raisonnement : Adam, qu’était-il ? Une créature de Dieu. Et qu’était Ève ? Une portion de la créature. Et qu’était Seth ? L’engendré des deux. Penses-tu donc que soient la même chose la créature, la portion et l’engendré ? Car ceux-ci sont pourtant consubstantiels, ou quoi donc ? Quand bien même on ne confesserait pas que ces sujets distincts sont susceptibles d’appartenir à une même substance.
Du bienheureux Jean, sur l’Incarnation divine :
L’Être nu naît et l’Être devient ce qu’il n’était pas. Car étant Dieu, il devient homme, sans être déchu d’être Dieu ; car ce n’est pas par déchéance de la divinité qu’il devint homme, ni par promotion issue de l’homme qu’il devint Dieu, mais, étant le Verbe, il devint chair à cause de l’impassible, sa nature demeurant immuable.
Et il ajoute à cela :
Celui qui siège sur un trône haut et élevé est déposé dans une crèche ; l’invisible, le simple et l’incorporel est étreint par des mains humaines ; celui qui arrache les liens des péchés est enveloppé de langes.
Du bienheureux Théophile, tiré de la sixième lettre festive :
Le Verbe vivant et agissant de Dieu, ayant orné toutes choses par l’harmonie de l’ordre, non comme ayant pris une quelconque matière céleste précieuse pour478479
… semblables à nous, mais il montre par l’argile la grandeur de son art, en redressant à nouveau l’homme façonné d’argile.
Du même, de la vingt-et-unième [homélie] festive :
L’homme naît de la Vierge, selon notre condition, sans péché, tandis que sont descendues au bas les parentés déchues. Mais venu selon un mode étranger d’apparence, il bénit la nature humaine.480
Du même, de la vingt-huitième [homélie] festive :
Si le premier homme n’est pas advenu selon un autre mode que nous, sans qu’aucun mélange ni aucune cohabitation d’homme et de femme n’aient procuré son existence ; car si l’on admet qu’il est advenu de la terre par la volonté de Dieu, sans géniteurs sous-jacents et sans semence mâle issue d’une nature sans organe, alors… [lacune] corporel… Que dirons-nous à leurs objections selon la contradiction de la parole du Seigneur ? Qu’est-ce qui est plus aisé : que le premier homme advienne de la terre, sans qu’aucun père ni aucune mère ne soient intervenus, ou que le Sauveur naisse de la Vierge selon la chair, ayant été formé en elle un corps animé et doué de sensation sous une forme humaine ?481482483
Du bienheureux Cyrille [lacune] contre Nestorius :
Et comme s’il n’était pas meilleur de dire et là et d’entreprendre d’expliquer comment il a été envoyé et est devenu consubstantiel à nous, c’est-à-dire homme, étant demeuré consubstantiel à ce même Dieu le Père ; selon ce qui se comprend, il était et il est, il est véritablement Dieu, il est celui qui était et a assumé l’humanité.
Et d’autres [écrits] :
De sorte que désormais consubstantiel à nous, en tant qu’il s’est fait homme, et à ce même Père, en tant qu’il demeure même dans l’humanisation…
[…] envoyé pour proclamer aux captifs la libération et aux aveugles le recouvrement de la vue.
Du même, du Discours contre les consubstantiels :
185. « Car Il toucha la main de la fille de Jaïre, avec une autorité digne de Dieu en disant et prononçant : « Jeune fille, lève-toi ! » Et bien qu’Il ordonnât par une seule parole que s’accomplisse ce qui dépasse la parole, tout s’acheminait entièrement et de toute manière vers l’accomplissement voulu. Mais afin que nous croyions que, bien que de même nature que nos corps fût Son corps saint et très pur, il est néanmoins adorable et divin, et bien au-dessus de notre mesure, en tant qu’étant devenu le Sien propre, Il a opéré par lui ; c’est pour cela qu’Il a aussi été appelé Pain de vie. »
Du même, du deuxième chapitre contre Théodote :
« Car tu n’adoreras pas ainsi le Fils : consubstantiel au Père divinement, et le même consubstantiel à nous humainement. Mais à ceux qui sont disposés à penser ainsi, le Christ fera briller la connaissance certaine et véritable de Son propre mystère. »
Du même, de la Lettre à Acace :
« Car nous n’avons aucunement supprimé la distinction des expressions, bien que nous ayons rejeté 186. de les diviser comme s’il s’agissait d’une part, pour le Fils en particulier, du Verbe issu du Père, et d’autre part, pour l’homme en particulier, d’un Fils conçu de la femme ; car, confessant une seule nature du Fils, nous savons en effet qu’Il s’est incarné et s’est fait homme. »
Du même, du Discours sur l’Incarnation :
« Et ainsi il sera donc vrai que la Sainte Vierge est Mère de Dieu, ayant enfanté miraculeusement l’unique Christ, qui a partagé pareillement avec nous la chair et le sang, et qui est consubstantiel à elle et à nous selon l’humanité […] »484485486
… le corps de la Mère de Dieu Marie ; car non pas de nature semblable, comme il a semblé à certains hérétiques, mais consubstantiel, issu de notre propre substance. L’Écriture dit en effet : « C’est à la descendance d’Abraham qu’il vient en aide ». Or « de nature semblable » désigne non pas un homme véritable, mais la ressemblance du Fils de l’homme, comme le dit Daniel.
Du même, sur Nestorius :
… afin que désormais tout soit dit d’une seule personne ; car voici qu’une seule nature est dite de ce même Verbe incarné.
Du même, de la solution du douzième anathématisme :
Qu’ils disent donc toutes ces choses et que soit confessé le Sauveur, Dieu le Verbe, demeuré impassible selon la nature divine, mais ayant souffert dans la chair, comme l’a dit Pierre. Car lui appartenait en propre, selon l’union, le corps qui a véritablement goûté la mort ; si ce n’est selon quelque mode : « Issu des Juifs selon la chair, le Christ, qui est Dieu au-dessus de tout et béni éternellement. Amen ». C’est en sa mort même que nous avons été baptisés, et c’est en confessant sa résurrection que nous sommes justifiés ; et cela, parce que selon sa propre nature, Dieu le Verbe est supérieur à la mort, étant bien plus encore la source même de toute vie. Est-ce donc dans la mort d’un homme ordinaire que nous sommes baptisés et en croyant en lui que nous sommes justifiés, ou bien — ce qui est la vérité — annonçons-nous la mort de Dieu incarné et ayant souffert pour nous dans la chair, et confessons-nous sa résurrection, rejetant au loin le fardeau des péchés ? « Car vous avez été rachetés à grand prix, non par des choses corruptibles, de l’argent ou de l’or, mais par le sang précieux, comme d’un agneau sans défaut et sans tache, du Christ ».
Du même, des Traités sur le charbon ardent :
Nous disons en effet que le charbon ardent est pour nous le modèle et l’image de la forme de l’incarnation du Verbe, qui, comme s’il était uni à notre…487488489490491492493
… s’approche de nos lèvres ; c’est lorsque nous confessons la vraie foi qu’alors il nous montre purs de tout péché et affranchis des culpabilités originelles. Mais on peut voir, comme dans la figure d’une braise, le Dieu Verbe uni à l’humanité, n’ayant point rejeté d’être ce qu’il était, mais ayant plutôt transformé ce qui a été assumé, ou ce qui a été uni, en sa propre gloire et opération. Car de même que le feu, s’étant approché du bois et y ayant pénétré, s’en empare avec force et ne fait pas cesser le bois d’exister, mais le transforme, le faisant passer plutôt à l’aspect et à la puissance du feu, et opère en lui toutes ses propriétés particulières, et est considéré comme uni à lui ; ainsi faut-il le concevoir également au sujet du Christ. Car Dieu, s’étant uni de manière ineffable à l’humanité, l’a conservée ainsi, comme nous avons dit qu’elle existait ; car lui-même est demeuré tel qu’il était, et uni en un seul tout, considéré comme un avec elle ; et s’étant approprié ce qui était sien, il a également fait part à celle-ci de l’opération de sa propre nature.
Du même, tiré des Scholies, [du chapitre] : « Que Dieu étant, il devint homme, et point par point » :
Il est donc tout à fait convenable et très raisonnable de considérer que, voulant sauver ce qui était perdu selon la condescendance envers nous, par laquelle en toutes choses le Dieu Verbe s’est abaissé à ce qu’il n’était pas, afin que, dans ce qu’elle n’était pas, la nature de l’homme parvînt à la dignité de la suréminence divine et, embellie par cette même union, fût élevée bien au-dessus de sa nature, plutôt que de faire descendre au-dessous de sa nature Celui qui est immuable en tant que Dieu. Il convenait que l’Incorruptible s’emparât avec puissance de la nature soumise à la corruption, afin de la transférer hors de la corruption ; il fallait que Celui qui ne sait point pécher devînt semblable à ceux qui sont sous le péché, afin de faire cesser les péchés. Car de même que là où se trouve la lumière, les ténèbres sont rendues totalement inopérantes, de même, par la présence de l’incorruptibilité, la corruption doit nécessairement fuir entièrement, et par Celui qui ne connaît point le péché, se manifestant comme étant sous le péché, le péché est aboli.
Et après d’autres [paroles] :
Comment donc disons-nous qu’il était dans la forme et dans l’égalité du Père, sans regarder cela comme un larcin, mais s’abaissant plutôt jusqu’à l’anéantissement et prenant la forme d’esclave, s’étant humilié lui-même et étant devenu semblable à nous ? Dès lors, si l’homme issu de la femme, et lui seul, était ainsi dans la forme et dans l’égalité du Père, ou bien que possédait-il donc en plénitude pour qu’on le conçoive comme s’étant anéanti ? En quelle hauteur se trouvant dit-on qu’il s’est humilié lui-même ? Il était être et il est advenu dans la ressemblance de l’humanité, possédant cela par nature, et si l’on ne dit pas qu’il a subi un tant soit peu de corruption, comment s’est-il donc anéanti en recevant la plénitude de la divinité, ou comment n’a-t-il pas été élevé, lui qui s’est élancé vers les splendeurs plus glorieuses ?
Du même, tiré du cinquième discours sur la Première épître aux Corinthiens :
C’est avec nécessité que les témoins présents disent non seulement qu’il est mort, mais aussi qu’il a été enseveli ; car, afin de rendre croyable la mort selon la vérité et de semblable manière, il est aussi déposé dans un tombeau, et cependant il est revenu à la vie. Comme je viens de le dire, par le fait même de mourir selon la chair, il rendait certain qu’il était devenu chair, et cela tout en étant le Dieu Verbe ; tandis que par le fait de fouler aux pieds la mort, il manifestait avec vaillance qu’il est Dieu par nature. Car, de même que souffrir la passion relève de l’homme, de même vaincre la mort relève de Dieu.
Blasphèmes tirés de la définition du concile de Chalcédoine§
Un seul et même Christ, Fils, Seigneur, Unique-Engendré, reconnu en deux natures, sans confusion, sans changement, sans division, sans séparation.
Réfutation contre lesdits blasphèmes du concile de Chalcédoine§
Voilà que nous avons montré à maintes reprises que Nestorius a tenu des propos semblables à ceux-ci, comme lorsqu’il disait : « Dieu est inséparable de ce qui est visible ; c’est pourquoi, de celui qui n’est pas séparé, je ne sépare pas l’honneur ; je distingue les natures, mais j’unis l’adoration ; car un seul et même Christ et Fils et Seigneur, nous confes[sons]…
…ser sous prétexte, et divisent de nouveau impudemment celui-ci par la prédication de deux natures, affirmant que l’homme est conjoint au Dieu Verbe et nommé Fils par opulence et par dignité, ayant acquis une union habituelle mais étant séparé par les natures, afin que l’on ne croie pas en vérité que le Fils de Dieu est devenu homme tout en demeurant Dieu. Car si en deux natures il n’y a qu’un seul Seigneur Christ, c’est comme si une double pousse formait un tout autre ordre. Car d’une seule chose on dit une seule nature, tandis que de deux choses et de choses de natures différentes, il y a absolument deux natures et deux personnes. Ils disent édifier quelque part les propos malignement proférés par Nestorius, en fixant le nom de Christ, de Fils et de Seigneur sur les deux natures du Christ, et sans nulle part confesser Dieu comme le crucifié. Qu’il soit à juste titre passible des anathèmes prononcés contre lui par les saints pères ; et puisqu’ils se sont empressés de suivre sans interruption les lois de l’impiété de Nestorius, en reprenant derechef ses blasphèmes à leur compte, et d’après les déclarations susdites tirées de la Définition de la rébellion, ainsi que des blasphèmes susdits de la Lettre de Léon et de l’impie Théodoret — complice et guide du concile de Chalcédoine —, je démontrerai clairement à tous ceux qui le désirent l’impie hérésie du concile de Chalcédoine. Car toutes leurs abominables paroles blasphématoires ont été prononcées auparavant dans la Définition et dans la Lettre de Léon, et tous les blasphèmes de Théodoret ont précédé leur secte. Car ils prétendent dire un seul Seigneur dans la Définition : « reconnu en deux natures sans confusion, sans mutation, sans division, sans séparation », selon ce que Nestorius leur a également prescrit. Leur docteur disait en effet ainsi : « Dis que celui qui assume est Dieu, ajoute que ce qui est assumé est la forme d’esclave, introduis après cela la dignité de la conjonction, disant que l’opulence des deux est commune, que la dignité des natures demeurées est la même pour les deux ; que l’on confesse l’union de la dignité ! » Et un peu plus bas : « Ce n’est point derechef un Fils et derechef un autre, mais le Fils lui-même est double ; non par la dignité, mais par la nature. » Et : « Hâte-toi de distinguer auprès du Christ les natures doubles, car voici que les natures sont doubles… »
par nature, mais isolés selon la dignité ; car la richesse des natures, en raison de la composition d’une seule nature, voilà l’ordonnance propre à tous les êtres incarnés ; mais celle des êtres conjoints en dignité pour la richesse, comme je l’ai dit auparavant, est isolée.
Ayant continuellement professé ces deux choses dans leur propre définition, ils scellent de nouveau en elles leur impiété, en l’enchaînant à ce qui a été dit auparavant, façonnée avec toute leur perversité et leur sollicitude, comme ils le disent eux-mêmes ; ils ont en effet parlé ainsi : « La différence des deux natures n’ayant été nullement supprimée en raison de l’union, les propriétés de chaque nature étant bien plutôt sauvegardées et concourant en une seule personne et en une seule hypostase ». Et faisant écho à ces paroles, l’impie Léon a enseigné dans la lettre à Flavien en disant : « La propriété de chaque nature étant désormais sauvegardée et concourant en une seule personne, la bassesse a été assumée par la divinité, et par l’humanité ce qui est impassible, et par l’immortel le mortel ».
C’est cela même que le guide du concile de Chalcédoine, l’insensé Théodoret, a transcrit dans ses propres blasphèmes comme pensées et comme paroles, lesquelles sont aussi rédigées comme définitions de leur apostasie, et que je tenterai de montrer à ceux qui comprennent et qui le veulent, en puisant dans ses blasphèmes ; car tous ses blasphèmes abominables, par lesquels il fut déposé à Éphèse, ont été mis en compte par le concile de Chalcédoine, tout comme la lettre de Léon :
DE THÉODORET, DE SON PROPRE BLASPHÈME : « Et dès lors le Verbe n’est pas devenu chair, mais il a pris un corps vivant et doué de raison ; lui-même n’est pas né par nature de la Vierge, conçu, créé, formé et ayant pris de là le commencement de son existence, lui qui est étant avant les siècles et étant Dieu, et existant avec le Père, et avec le Père connu et adoré ; mais se créant à lui-même un temple dans le sein virginal, il était avec ce qui a été créé, conçu, formé et enfanté, raison pour laquelle nous appelons cette sainte Vierge Mère de Dieu, non pas comme ayant enfanté Dieu par nature, mais comme ayant uni l’homme à Dieu son créateur ». Et de nouveau après : « Ce n’est point mère d’un homme, mais Mère de Dieu que nous appelons la Vierge, l’un par création et form[ation…[^494]495
…té et par union, tandis que le nom d’union n’a été qu’une fiction.
À cela, il a été dit à partir de la Définition : après avoir énuméré la sainte Trinité et l’Incarnation du Seigneur, ceux qui [la] reçoivent avec une foi nouvelle soutiennent non point l’incarnation de Dieu le Verbe, comme les saints Pères l’ont déclaré à Nicée, mais comme si Dieu le Créateur s’était attaché l’homme par mode d’habitude. Ainsi s’égarent également ceux qui altèrent l’expression « Mère de Dieu », [considérant] la Vierge non point comme ayant enfanté Dieu, mais comme un homme ayant pour habitant et étant avec lui Dieu le Verbe. Car ils proclament que celui qui a souffert est un homme, comme cela parut bon à Théodoret et à Nestorius ; non point Dieu le Verbe incarné, comme l’ont proclamé à Nicée les saints Pères, mais l’homme.
Du même Théodoret : « La passibilité est le propre de ce qui est passible, car l’impassible est au-dessus des passions. C’est donc celui-ci qui a souffert, la forme d’esclave étant avec lui, bien évidemment, [et non point] la forme de Dieu. »
Et encore : « Dès lors, ce n’est point Dieu qui a souffert, mais l’homme pris d’entre nous par Dieu. »
Et encore : « Ce n’est point la Vie elle-même qui est mise à mort, mais la nature sujette à la mort. »
Du même : « Qui est donc celui qui a été rendu parfait par les labeurs de la vertu et qui n’était pas parfait par nature ? Qui a appris l’obéissance par l’épreuve, en l’ignorant avant l’épreuve ? Ce n’est point Dieu le Verbe, l’immortel, l’impassible, l’incorporel, mais celui qui a été pris de la semence de David, issu de lui, le mortel, le passible, celui qui a tremblé devant la mort. »
Et encore : « Or, c’est la nature prise d’entre nous pour nous qui a été soumise à l’épreuve de nos souffrances, sans le péché, et non point Celui qui l’a prise pour notre salut. »
Et après d’autres paroles :
« Mais certains introduisent un mélange et forgent à nouveau une seule nature de la chair et de la divinité, et pérorent que, par le mélange, la nature divine du Fils unique est passible. Car ce n’est point Dieu incarné, dit-il, qu’a enfanté la Vierge, ni Dieu qui a souffert… »496497
il faut proclamer dans la chair pour nous, comme le dit la parole impie de tels hommes, mais un homme soumis aux passions, selon la doctrine de l’impie Théodoret. Car leurs paroles et leurs conceptions se tiennent nues et déshonorées dans la définition de l’impiété, comme cela sera montré également à propos de la propriété des deux natures ; car Théodoret parla ainsi :
« Comment donc porterait-il l’accusation d’impiété, celui qui distingue les propriétés des natures, de Dieu d’avant les siècles et de l’homme assumé dans les derniers jours ? » Du même :
« Dès lors donc, usant de l’égalité du nom, nous adorons comme un seul Fils celui qui a pris et celui qui a été pris, mais nous reconnaissons la diversité des natures. » Du même : « Donc, en disant le propre de chaque nature, nous confessons le Seigneur Christ, etc. Ce n’est pas en la nature de la chair que s’est changée la nature incréée, mais Il a assumé la nature humaine et a établi ce grand prêtre supérieur aux [pontifes] communs… »
Démonstration. Du même : « Voici que, comme je l’ai dit plusieurs fois, nous offrons une seule glorification au Seigneur Christ et nous confessons le même à la fois Dieu et homme, car la raison de l’union nous a enseigné cela, mais sans confondre pour autant les propriétés des natures. »
Tels sont donc les blasphèmes du concile de Chalcédoine, sur lesquels nous avons disserté brièvement. À présent, parmi les nombreux autres blasphèmes de Théodoret qui subsistent dans la réfutation du Tome de Léon, nous disons à leur encontre une seule et brève chose : ou bien qu’ils montrent, parmi les saints Pères, que soient anathématisés ceux qui ne confessent pas de tels blasphèmes qui sont les leurs, et [qui ne confessent pas] notre Seigneur et Dieu Jésus-Christ en deux natures après l’union — car c’est cela que, selon ce qu’ils croient, ont fait frauduleusement ceux qui se sont rassemblés à Chalcédoine, et mus par l’impiété, ils ont anathématisé ceux qui ne pensent pas ainsi au sujet du Christ —, ou bien, si nous montrons que sont anathématisés par les saints Pères ceux qui disent deux natures pour l’unique Christ et tous leurs téméraires blasphèmes qui ont été proclamés au dehors, qu’ils révèrent les doctrines du saint et qu’ils se frappent le visage à cause de leur reniement, et qu’ils fassent pénitence devant Dieu, ceux qui le veulent de tout leur cœur. Car si, selon la parole de leur impiété, la propriété subsiste pour chacune des natures et que les natures cheminent de concert l’une avec l’autre jusqu’à
jusqu’à maintenant, ou bien s’ils sont des voisins associés par habitude l’un à l’autre, Dieu le Verbe et, de toute évidence, l’homme issu de Marie ; comme ceux-là le disent, Dieu n’a pas envoyé son propre Fils dans le monde, né d’une femme, Dieu le Verbe — l’Existant égal à Dieu — ne s’est pas dépouillé lui-même, et lui qui est riche et libre par nature ne s’est pas appauvri, et le Verbe n’est même pas devenu chair, ce que Théodoret n’a pas scrupule à dire ouvertement. Car ce n’est pas à la nature de Dieu le Verbe qu’appartient en propre le nom d’envoi, ni le fait de naître d’une femme selon ta manière de voir, ni le fait de s’appauvrir, ni le fait de devenir chair.
Mais les diphysites accusent faussement de mensonge les témoignages des saints apôtres, ainsi que du Seigneur lui-même et du Père qui est aux cieux. Bien plus, le Saint-Esprit les démasque manifestement comme des menteurs et des antichrists, eux qui ne confessent pas que Dieu le Verbe est celui qui est apparu sur la terre, venu dans la chair et ayant vécu parmi nous. Car selon la parole des impies, il se trouve que si le Verbe n’est pas devenu chair tout en demeurant Dieu, il a donné sa propre gloire à un autre, [issu] de la semence de David, et qu’il a été exclu de toutes les dignités convenant à Dieu, et que ce qui a été créé ne possède plus la dignité propre selon sa nature propre. Il se trouve aussi que la nature humaine, ou bien l’homme issu de Marie, s’est enrichi en possédant ce qui appartient par nature à Dieu le Verbe, et qu’il ne demeure plus dans la mesure de sa propre nature. Car les Écritures lui attribuent en propre, conjointement avec les traits humains, les convenances propres à Dieu le Verbe seul, mais étrangères à l’humanité ; de même, elles attribuent à Dieu le Verbe ce qui ne convient qu’au Fils de David, ou bien à l’humanité. Car il est dit que Celui qui siège sur les chérubins est apparu et a été vu par ceux qui sont sur la terre, et qu’il a vécu parmi nous, un corps lui ayant été préparé par le bon vouloir de Dieu et Père, et le corps étant devenu celui du Verbe, et lui étant venu pour faire la volonté du Père. Et [issu] d’Israël selon la chair, le Christ attesté comme étant Dieu au-dessus de tout, béni pour les siècles, et régnant sur la maison de Jacob, et dont le règne n’aura point de fin, et appelé Fils du Très-Haut…498499500501502503504
[…]é, le Très-Haut, le Sauveur, le Christ Seigneur ; né dans la ville de David ; ses origines sont attestées depuis le commencement, dès les jours de l’éternité ; sa génération, nul ne peut la raconter, mais sa vie est retranchée de la terre.
Comment donc est préservée la propriété de chaque nature ? Tandis qu’il est Fils de David et Seigneur de David, et qu’il possède un trône pour les siècles, aux siècles des siècles, attesté comme Dieu, oint selon l’économie par Dieu le Père ; tandis que le Fils de David est attesté comme demeurant autant que le soleil et avant la lune, subsistant de générations en générations selon la nature, faisant fleurir en ses jours la justice éternelle et s’étant rendu maître du ciel même, de la terre et de toutes les choses qui s’y trouvent, et que l’adorent tous les rois de la terre et tous les anges de Dieu, et que toutes les nations le serviront à jamais ; et qu’il est lui-même proclamé le Seigneur Dieu d’Israël digne de louange, qui seul fait des merveilles, et digne de louange est le nom de sa gloire pour l’éternité. Et comment a-t-il été proclamé comme dominant la fureur de la mer et apaisant l’agitation de ses flots ? Comment celui qui est devenu selon l’économie, par Dieu le Père, héritier de toutes choses et oint par Dieu, est-il attesté comme ayant des années de génération en génération, et étant dès le commencement le Seigneur qui a fondé la terre, et les cieux sont les œuvres de ses mains, et tous les anges de Dieu l’adorent ? Comment donc est préservée la propriété de chaque nature, qu’ils le disent, s’ils le peuvent, les partisans des deux natures ! Voici en effet que celui qui est apparu sur la terre, l’Être même, est attesté comme siégeant sur les chérubins ; et tandis qu’il est invisible par nature, il est dit incarné et devenu chair, et celui qui est apparu selon l’économie est l’invisible, l’incorporel et l’Être, Dieu béni pour les siècles. Il est dit issu d’Israël selon la chair, lui qui possède ses origines depuis le commencement, dès les jours de l’éternité, et une génération indicible.
Celui-ci est attesté comme étant né à Bethléem selon la chair, et les siens505506507508509510511512513514515
[a donné son] dos aux coups et ses joues aux soufflets, et celui qui possède le trône pour les siècles des siècles est dit oint selon l’économie ; lui qui, dès le commencement, fonda la terre, devint notre frère selon la chair pour notre salut, selon ce qui est écrit. Car il n’est pas propre à la nature divine d’être ointe, ni à la nature humaine de posséder le trône pour les siècles des siècles ; et il n’est pas propre à la divinité, selon sa nature, d’être issue d’Israël, lorsqu’elle est hors de la chair, ni propre à la nature humaine d’être Dieu au-dessus de tout, béni pour les siècles ; et il n’est point propre à la nature divine de porter le nom de Jésus et de Christ, si le Verbe ne s’est fait chair ; et il n’est point propre à la nature humaine de régner éternellement sur la maison de Jacob et d’être le Fils du Très-Haut. Mais l’Écriture témoigne à notre même Seigneur et Dieu tout ce qui est digne de Dieu et ce qui est humain. Car celui que le Père a établi héritier en raison de son anéantissement volontaire, et qu’il a introduit dans le monde comme premier-né parmi de nombreux frères, celui-ci est attesté comme créateur des siècles, étant le rayonnement de la gloire et l’empreinte de la substance du Père ; et tous les anges de Dieu l’adorent comme Dieu. Et celui qui est attesté premier-né d’entre les morts est attesté créateur de tout ce qui est dans les cieux et ce qui est sur la terre, des choses visibles et invisibles. Et le bienheureux Paul lui-même proclame la manifestation de notre grand Dieu et Sauveur Jésus-Christ, tout comme le saint Jean en témoigne en disant : « Que le Fils de Dieu est venu et nous a donné l’intelligence pour que nous connaissions le vrai Dieu, et nous sommes dans son vrai Fils Jésus-Christ ; c’est lui qui est le vrai Dieu et la vie éternelle », lui qui s’est manifesté dans la chair et a pour mère selon la chair la Mère de Dieu, la Vierge. Et voulant montrer qu’il est homme, il dit : « Il est apparu dans la chair », ou « il est né selon la chair d’une femme », ou « il était consubstantiel à nous selon la chair », ou « il a souffert dans la chair » ; mais pour le seul Emmanuel, conçu avant l’incarnation hors de la chair, éternellement selon la nature, [selon l’]économie516517518519520521522523
naturellement a fait paraître dans la chair de telles convenances, et le fait de dire qu’il a souffert dans la chair pour nous, ainsi que le nom de Jésus-Christ et le fait que tous soient ses serviteurs. Car Paul aussi, serviteur et apôtre appelé de Jésus-Christ, le proclamant parmi toutes les nations comme le Dieu de paix, avec Dieu le Père, reconnaît pour appelés de Jésus-Christ les croyants d’entre les nations, et il adore le Christ comme Dieu, avec le Père et le Saint-Esprit, et il proclame Jésus-Christ créateur et juge de tous, rendant à chacun selon ses œuvres, et justice de Dieu manifestée par le Christ, attesté comme Dieu par la Loi et par les prophètes.
Car celui qui croit en lui comme en Dieu ne sera point confus : « Car Dieu l’a destiné à être victime propitiatoire, par la foi, en son sang ». À quelle nature les diphysites diront-ils que de telles choses sont propres ? Qu’ils le disent ! Car le sang est étranger à la nature divine lorsqu’on le conçoit en dehors de la chair, et que, selon le propos des diphysites, il ne sauverait que ce qui lui est propre et convenable, et le nom de Christ Jésus ne lui conviendrait pas ; de même, il n’est pas propre à la nature humaine d’être la propitiation pour toute l’humanité par son propre sang, ni d’avoir pour serviteurs tous les hommes et d’être proclamé Dieu parmi toutes les nations. Et parce que les Apôtres rendent témoignage à ces deux aspects pour le même et l’adorent, le sachant Dieu selon la nature, il n’y a [donc] qu’une seule nature incarnée de Dieu le Verbe. Or nous avons été mis à mort pour la Loi et nous sommes devenus au Christ, afin de porter du fruit pour Dieu par la foi dans le Christ, comme en Dieu, parce qu’il a souffert dans la chair, qu’il a été crucifié et qu’il est ressuscité des morts, par quoi le Fils de Dieu existe aussi en propre selon la nature : « Car si quelqu’un n’a pas l’Esprit du Christ, dit-il, celui-là n’est pas à lui ».
Car dans les Actes aussi, les frères tentaient d’aller en Bithynie, et, dit-il, « l’Esprit de Jésus ne le leur permit pas », du Fils [lacune]524525526527528529530531532533
de la Vierge Mère de Dieu. « Il n’y a donc aucune condamnation pour ceux qui sont dans le Christ Jésus, car la loi de l’Esprit de vie dans le Christ Jésus nous a affranchis de la loi du péché et de la mort. Car ce qui était impossible à la loi, en ce qu’elle était affaiblie par la chair, Dieu, en envoyant son propre Fils en ressemblance d’une chair de péché et pour le péché, a condamné le péché dans la chair, afin que la justice de la loi fût accomplie en nous, qui marchons non selon la chair, mais selon l’Esprit. » À quelle nature conviennent de si grandes et divinement convenables œuvres miraculeuses ? Car si le Verbe ne s’est pas fait chair, ni les péchés n’ont été condamnés, ni Dieu n’a envoyé son Fils dans le monde, selon la doctrine des diphysites. « Car tous ceux qui sont conduits par l’Esprit du Christ, dit-il, ceux-là sont fils de Dieu, ayant reçu l’Esprit d’adoption, par lequel nous crions : Abba, Père ! » « Car le Père n’a point épargné son propre Fils, mais il l’a livré pour nous tous. »
Or, si le Père a livré son propre Fils pour nous, pourquoi les diphysites prétendent-ils préserver le propre de chaque nature ? Car il ne convient pas à la nature divine d’être livrée, de même qu’il ne convient pas à la nature humaine de mourir pour nous. Il n’y a donc qu’une seule nature incarnée de Dieu le Verbe, car c’est ainsi que le Verbe de Dieu a souffert par son propre sang pour nous, selon les Écritures ; car « c’est le Christ Jésus qui est mort pour nous, bien plus, qui est ressuscité des morts. Et celui qui est ressuscité des morts est assis à la droite de Dieu et intercède pour nous ». Et lui offrant l’amour qui convient à Dieu, l’aimant comme notre Seigneur et aussi comme Dieu, de tout notre cœur, de toute notre âme et de toute notre force, rien absolument ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu dans le Christ Jésus notre Seigneur.
Comment donc les diphysites peuvent-ils à nouveau, en cela, préserver les propriétés des natures pour chacune des deux natures, comme ils le disent eux-mêmes ? Car « nous comparaîtrons tous devant le tribunal du Christ », lorsque « le Fils de l’homme s’assiéra sur le trône de sa gloire » pour juger le monde.534535536537538539
justice ; car celui qui confesse de sa bouche le Seigneur Jésus et croit de son cœur que Dieu l’a ressuscité des morts, est sauvé, selon la parole de Paul. Car celui qui croit au Christ comme en Dieu ne sera point confus ; car soit que nous vivions, soit que nous mourions, nous sommes au Seigneur, à Celui qui dit : « Tout pouvoir m’a été donné au ciel et sur la terre ». Le Christ a en effet régné sur les vivants et sur les morts, en tant que Dieu, et Il exerce le sacerdoce par Son corps. Et Paul prêche aux hommes l’Évangile de la gloire du Christ qui est Dieu au-dessus de tout, en tant qu’il est Son ministre et serviteur du Christ Jésus, afin que sanctifiés par l’Esprit ils soient agréés dans cette même foi ; et il se glorifie dans le Christ Jésus, Le proclamant Dieu pour le monde, et ayant opéré par la puissance du Christ des signes et des prodiges parmi toutes les nations par l’Esprit du Christ.
Il salue en effet les Romains en disant : « Toutes les Églises du Christ et de Dieu vous saluent ». Il est clair qu’elles appartiennent aussi au Dieu de paix, béni dans les siècles, amen, qui brisera bientôt Satan sous nos pieds ; car le Christ nous a accordé Sa paix après Sa résurrection d’entre les morts. Et la maison de Dieu est l’Église du Christ, car c’est à l’Église de Dieu qui est à Corinthe que le prédicateur de la vérité adresse sa lettre. Car le Christ a été crucifié pour nous tous, et nous sommes tous au Christ, et Lui-même est le Seigneur de tous ; car nous avons été rachetés à grand prix, et nous ne nous appartenons point à nous-mêmes. Paul annonça en effet aux Corinthiens le témoignage de Dieu, la croix du Christ, et il ne jugea bon de savoir parmi eux qu’une seule chose : Jésus-Christ, et Jésus-Christ crucifié ; et il sait que le Seigneur de gloire est Celui qui a été crucifié selon la chair, comme Dieu. Et nul ne peut poser d’autre fondement que celui qui a été posé, qui est Jésus-Christ, le vrai Dieu et la vie éternelle. Car c’est par Lui que nous avons été appelés temple de Dieu par Son Esprit, Lui qui doit venir selon les temps avec la gloire de Son propre Père et du miséricordieux illuminateur [lacune]540
[les choses cachées] des ténèbres et qui manifeste les desseins des cœurs, et qui rétribue avec justice la louange et le blâme selon le mérite de chacun ; car Dieu est un juge juste, fort et patient. Car pour nous, il y a un seul Seigneur Jésus-Christ, par qui tout a été fait, et sans lui pas une seule chose n’a été faite ; et il est le Seigneur de tous, le Verbe de Dieu avec la chair, lorsqu’il est aussi appelé Jésus.
Que diront à cela les partisans des deux natures, qui professent comme dogme la division de chacune des natures du Christ, leurs propriétés et leurs convenances, eux qui disent aussi que les natures vont de pair jusqu’à ce point, comme si le Verbe n’était pas devenu chair, et comme si le Seigneur de gloire n’était pas, selon sa nature, celui qui a été crucifié pour nous dans sa propre chair ? Car le bienheureux Paul est sous la loi du Christ, et il tient la loi du Christ pour loi de Dieu, et n’est pas sans la loi de Dieu ; il prêche comme Église de Dieu l’Église du Christ. Et nul ne peut dire que Jésus est Seigneur, si ce n’est dans l’Esprit Saint, par l’Esprit de Dieu et par l’Esprit du Seigneur Jésus-Christ. Il est lui-même notre sagesse, notre justice et notre sanctification, et la rédemption des choses, nous ayant rachetés tous deux par son propre sang, comme Dieu avec la chair, ainsi qu’il en témoigne lui-même. Car le rocher spirituel qui abreuvait Israël, ce même rocher était le Christ. Nous avons été justifiés au nom de notre Seigneur Jésus-Christ et par l’Esprit de notre Dieu ; car la parole céleste en témoigne en ce lieu. Et lorsqu’il est devenu semblable à nous, étant quant à la personne immuable selon la nature comme Dieu, celui qui reçoit son image, c’est-à-dire son Esprit, a aussi le Fils en lui-même, et par lui le Père. C’est pour cela que le Docteur de l’Église dit : « Car l’amour du Christ nous presse : si un seul est mort pour tous, tous donc sont morts ; et il est mort pour tous, afin que les vivants ne vivent plus pour eux-mêmes, mais pour celui qui est mort et ressuscité pour tous ». C’est pourquoi il disait aussi dans l’Épître aux Romains : « Qui nous séparera de l’amour du Christ ? », et dans une autre : « Car pour nous il s’est fait pauvre, lui qui était riche, afin que par sa pauvreté nous541
… afin que nous n’ayons plus d’assurance en nous-mêmes, mais en lui, comme en Dieu qui ressuscite les morts, qui nous a délivrés d’une telle mort et nous délivrera ; en qui nous avons espéré, et [nous espérons] qu’il nous délivrera encore, comme l’a dit Paul. Ils sont en effet ambassadeurs pour le Christ, comme si Dieu exhortait par eux, par ce même Christ, c’est-à-dire par celui qui dit : « Celui qui vous écoute m’écoute, et celui qui vous rejette me rejette » ; de même que l’Apôtre en témoigne en disant : « Puisque vous cherchez une preuve que le Christ parle en moi ». Ils étaient en effet serviteurs du Christ et ses hérauts en toutes choses, se recommandant eux-mêmes comme ministres de Dieu, dans une grande patience pour le Christ, amenant toute pensée captive à l’obéissance du Christ. « Paul », dit-il en effet, « apôtre non de la part des hommes, ni par un homme, mais par Jésus-Christ et Dieu le Père qui l’a ressuscité des morts ». Or il est propre à la nature divine de choisir des apôtres et d’opérer conjointement, [étant] Dieu et Père, et non de s’adjoindre à l’ordonnance céleste ; mais ni le nom de Jésus-Christ, ni la résurrection d’entre les morts, lorsqu’on le comprend en dehors de la mesure de l’anéantissement. Comment donc serait-il possible, ainsi que le font impieusement les diphysites, de réserver à chaque nature ses propriétés ? Car il ne convient pas aux apôtres d’être serviteurs, si ce n’est selon la nature de Dieu ; or ils sont les serviteurs du Christ : il est donc manifeste qu’il y a une seule nature incarnée de Dieu le Verbe.
Et si par la loi il est mort à la loi afin de vivre pour Dieu, et que l’Apôtre a été crucifié avec le Christ, et qu’il nous enseigne à être contraints par l’amour du Christ, il dit qu’il est convenable que tous ne vivent plus pour eux-mêmes, mais pour le Christ mort et ressuscité pour nous. Il dit en effet : « J’ai été crucifié avec le Christ, afin de vivre pour Dieu ». Il proclame ouvertement Dieu crucifié pour nous en sa propre chair, et il anathématise ceux qui le proclament autrement, même si un ange du ciel osait faire cela. Comment donc mettre à part les propriétés des natures…542543544545546547548549550551
peuvent les dyophysites, lorsque Dieu est proclamé crucifié, et que nous vivons de Celui qui est mort et ressuscité pour nous, comme étant Dieu par nature et par sa chair ; car la Loi a été notre pédagogue pour connaître le Christ et croire en Lui. Et nous L’avons connu en venant à Lui, bien plus, nous avons été connus de Lui, et nous ne nous glorifions pas autrement que dans la croix du Christ. Car si, selon le bon plaisir de Dieu qui opère tout, nous qui avions d’avance espéré dans le Christ, avons été prédestinés pour être à la louange de la gloire du Père, alors que le nom propre du Fils d’Abraham et de David est Jésus-Christ, et que nous avons d’avance espéré dans le Christ : « Nous avons espéré, dit-il, dans le Dieu vivant et véritable, qui est le Sauveur de tous les hommes, principalement des croyants ». Car cela est propre à la nature divine.
Comment ne sont-ils pas impies, ceux qui, pensant diviser les propriétés des natures du Dieu Verbe prééternel et du Fils de la Vierge après l’union, comme ils le disent eux-mêmes, s’imaginant parler plus sagement que Dieu Lui-même, attribuent au Fils par ses propres témoins que, selon l’opération de la puissance de sa nature, le Père « a ressuscité le Christ d’entre les morts et l’a fait asseoir à sa droite dans les cieux, au-dessus de toute principauté, autorité, puissance, domination et de tout nom qui se nomme, non seulement dans ce siècle, mais encore dans le siècle à venir ; et Il a mis toutes choses sous ses pieds, et L’a donné pour chef sur toute l’Église, qui est son corps, la plénitude de Celui qui remplit tout en tous » ? À quelle nature les dyophysites attribuent-ils de ressusciter d’entre les morts, et à quelle nature d’être assis sur le même trône que le Père, et d’être au-dessus de toutes les créatures ensemble, et que le Père Lui soumette toutes choses sous ses pieds ? Qu’ils le disent, s’ils le peuvent ! Or, s’ils l’attribuent à Dieu, comme étant mort et ressuscité d’entre les morts, ils proclament alors ce qui est propre selon la nature ; mais s’ils l’attribuent à l’homme, comme si le Père établissait un tel homme égal en honneur à Lui-même, alors qu’il a été dit : « Je ne donnerai pas ma gloire à un autre », comment donc amoindrirait-Il et n’accorderait-Il pas au Fils par nature la digne convenance552553554555556
le Père de la nature de l’homme, chassant peut-être ainsi le Fils selon la nature hors de son propre trône et de sa seigneurie. Mais telles sont les pensées des impies. Il n’y a donc qu’une seule nature incarnée de Dieu le Verbe ; et en rapportant à la même intention tout ce qui convient à Dieu, ainsi que les propos humains et les passions mêmes, nous rendrons manifeste aux yeux de tous la folie des dyophysites, par la puissance de l’Écriture divine. Car ceux-là mêmes qui étaient jadis sans le Christ étaient sans Dieu dans le monde ; mais étant devenus proches par le sang du Christ, ils ne sont plus des étrangers ni des hôtes de passage, mais concitoyens des saints et membres de la famille de Dieu. L’Apôtre prie assidûment afin que nous soyons puissamment affermis par son Esprit dans notre homme intérieur, et que le Christ habite dans nos cœurs par la foi en lui. Car il y a « un seul Seigneur, une seule foi et un seul baptême » ; le Seigneur n’est pas deux natures ni deux personnes, mais un seul Seigneur ; car celui qui est descendu du ciel est Dieu le Verbe lui-même, et c’est lui qui est monté en s’incarnant au-dessus de tous les cieux afin de remplir toutes choses. Dès lors, il nous ordonne d’être les imitateurs de Dieu comme des enfants bien-aimés, et de marcher dans l’amour, à l’imitation du Christ… Dieu, comme le Christ nous a aimés et s’est livré lui-même pour nous en oblation et en sacrifice à Dieu, en odeur de suavité.
Et si c’est un pur homme qui s’est livré lui-même pour nous, comme tout un chacun marche en imitateur de Dieu, or pas un seul d’entre les hommes ne peut se donner lui-même et être une offrande et un sacrifice à Dieu en odeur de suavité, au-dessus de toute l’humanité ; et si c’est Dieu nu, comment meurt-il ? Mais c’est dans sa propre chair que l’Emmanuel a souffert pour nous, et le Christ est une seule nature incarnée de Dieu le Verbe. Car « aucun fornicateur, dit-il, ou impur, ou cupide, n’a d’héritage dans le royaume du Christ et de Dieu ». C’est pourquoi l’Apôtre se réjouit de ce que le Christ soit annoncé aux nations, soit par prétexte, soit en vérité, et il sait que cela lui tournera à salut par le secours de l’Esprit de Jésus-Christ, « lui qui, étant en557558559560561
204.
DE TIMOTHÉE
« étant en forme de Dieu, n’a point regardé comme une proie d’être égal à Dieu, mais s’est dépouillé lui-même, prenant la forme de serviteur, devenu à la ressemblance des hommes et reconnu à son aspect comme un homme. Il s’est abaissé lui-même, devenu obéissant au Père jusqu’à la mort, et la mort de la croix. C’est pourquoi aussi Dieu l’a souverainement élevé et lui a conféré le nom qui est au-dessus de tout nom, afin qu’au nom de Jésus-Christ tout genou fléchisse, au ciel, sur la terre et dans les enfers, et que toute langue confesse le Christ »¹. Car c’est lui-même qui disait par Isaïe avant son incarnation : « Je suis vivant, dit le Seigneur, car devant moi tout genou fléchira et toute langue confessera Dieu en disant : La justice et la gloire viendront à lui »².
Or, si [l’on dit qu’il y a] deux natures du Christ et que chacune conserve sa propre propriété, il paraît propre à Dieu d’être prêché aux nations, d’avoir l’Esprit Saint et d’être en forme de Dieu, ainsi que d’être sans forme et incorporel. Mais lui-même, étant en tout égal à Dieu et Père, s’est dépouillé lui-même, devenu homme par économie, dans la forme et la composition des membres humains, possédant par nature d’être immuable comme Dieu. Et lorsqu’il devint chair et s’abaissa lui-même, étant devenu obéissant au Père jusqu’à la mort — car le Christ n’a pas usurpé d’être égal à Dieu en étant homme, mais étant Dieu par nature et égal au Père qui l’a engendré —, le Verbe s’est dépouillé lui-même et est devenu chair, tout en demeurant ce qu’il était, et il s’est abaissé lui-même, étant devenu obéissant au Père jusqu’à la mort. Et parce qu’il est dit qu’il s’est dépouillé et abaissé lui-même, sans que personne ne l’y contraigne, étant par économie entré dans la condition servile, c’est pour cela qu’il dit : « Dieu l’a souverainement élevé », et selon l’union. Cela est tout à fait semblable à ce qui a été dit dans l’Évangile par le Seigneur lui-même ; il dit en effet à son propre Père par nature : « Je t’ai glorifié sur la terre, j’ai achevé l’œuvre que tu m’as donnée à faire ; et maintenant, glorifie-moi, toi, Père, auprès de toi-même de la gloire que j’avais auprès de toi avant que le monde ne fût »³.562563
Or, parce qu’un corps lui fut préparé par le bon plaisir du Père, et qu’il vint pour faire la volonté du Père et accomplit l’œuvre, s’étant fait obéissant à son propre Père jusqu’à la mort, et qu’il glorifia sur la terre son propre Père en apparaissant, pour cette raison le Père aussi le glorifia de la gloire qu’il avait avant que le monde fût, étant dans la forme et dans la ressemblance du Père, et il le souverainement éleva, glorifiant son propre Fils même avec le corps, et il fit connaître son nom aux hommes, tant au Jourdain que sur la montagne, révélant le Fils. C’est pourquoi aussi le Père disait à son propre Fils : « Et je l’ai glorifié, et je le glorifierai encore » ; c’est-à-dire : je le ferai paraître, ou encore je dévoilerai qu’il est Dieu, même avec le corps. Car le Fils aussi glorifia de la sorte son propre Père, proclamant et faisant paraître son nom aux hommes qui croyaient en lui. Car de même que le Père a dit : « Et je l’ai glorifié, et je le glorifierai encore », de même aussi le Fils disait au sujet des disciples : « Et je leur ai fait connaître ton nom, et je le ferai connaître » ². Car à qui il veut, le Fils révèle son propre Père, tout comme aussi le Père révèle le Fils.
Mais si les diphysites disent que le dépouillement volontaire, l’abaissement et l’élévation sont le propre de la nature humaine, comment alors était-il dans la forme de Dieu, et de quelle hauteur s’est-il dépouillé lui-même des gloires dignes de Dieu, lui qui est honoré par tous ? Et comment donc prendre la forme d’esclave, si tel était le cas, et comment s’est-il trouvé à la ressemblance des hommes et reconnu dans sa figure comme un homme ? Étant un tel homme par nature, selon la parole des diphysites, il a bien plutôt commis une usurpation en étant égal à Dieu. Car s’il s’est abaissé lui-même, comment était-il le propre de sa propre nature d’être digne d’une si haute élévation souveraine, à laquelle Dieu accorda ce qui convient uniquement au Dieu Verbe et Fils Unique du Père ? Car s’il faut croire ainsi, c’est bien plutôt une impiété : le Père aurait donc dépouillé son propre Fils des dignités et du nom dignes de Dieu, et il aurait donné sa gloire à un autre, en lui accordant un nom qui est au-dessus de tout nom et l’adoration.
C’est dans de tels blasphèmes que tombent désormais ceux qui affirment deux natures pour l’unique Christ. Mais nous, selon ce que nous avons appris, nous confessons une seule nature du Dieu Verbe564
… l’unique Seigneur Jésus-Christ incarné ; car « le Père a envoyé son Fils dans le monde, non pour qu’il juge le monde, mais pour que le monde soit sauvé par lui » (565 Car celui qui a été envoyé dans le monde se trouvait être de toute manière en dehors du monde avant la fondation du monde, et il possédait auprès du Père la gloire qui sied à Dieu. Mais le Législateur est aussi né d’une femme et sous la Loi (566 Étant dans la forme de Dieu, empreinte de la substance du Père (567
206. Ainsi donc, parce qu’on a parlé d’une seule nature ou substance pour toute l’humanité prise collectivement — comme ils ont dit et comme il a été dit : « à la nature humaine, c’est-à-dire au genre des hommes, a été soumise toute espèce de bêtes sauvages, d’oiseaux, de reptiles et d’animaux marins » (568 Car tout homme, parachevé d’une âme rationnelle et d’un corps, a été accompli, façonné par Dieu, à partir de l’homonymie selon la nature du tout et la nature de chaque homme individuel. Il semble que les dyophysites ravissent soudainement les esprits les plus simples, eux qui affirment deux natures pour l’unique Seigneur et Dieu Jésus-Christ.
207. Mais parce que la chair de Dieu le Verbe n’avait pas d’hypostase propre ni un mouvement particulier — Lui qui, volontairement, par philanthropie, s’est anéanti et a partagé d’égale manière comme nous le sang et la chair —, elle ne s’est point achevée en un homme commun, subsistant par lui-même séparément et comme une partie, de la même manière qu’un individu d’entre nous s’achève en être vivant rationnel composé d’une âme et d’un corps. Mais Dieu le Verbe s’est fait chair, c’est-à-dire véritablement homme, par économie, tout en demeurant Dieu immuable selon la nature. C’est pour cela que la chair propre et inaliénable de l’Emmanuel n’a été dite ni nature de l’homme commun ni substance, mais a été appelée chair de Dieu le Verbe ; car elle ne subsiste pas par elle-même, comme il a été dit plus haut, et n’est pas devenue par nature un homme,
comme tous les hommes ordinaires façonnés par Dieu, pour s’adjoindre ensuite par mode d’état au Dieu Verbe ; car c’est de la commune humanité, ou plutôt de la nature et de l’essence des hommes que s’est incarné, sans changement et sans confusion, le Dieu Verbe, et qu’il s’est fait homme selon l’économie. C’est pourquoi, d’après l’expression équivalente homoousios, il est dit aussi consubstantiel aux hommes et frère selon la chair, tout en étant lui-même consubstantiel au Père et coéternel selon la nature, étant Dieu au-dessus de tout et béni pour les siècles.
Car cela nous est partout révélé par la locution « selon la chair », laquelle désigne la forme de son économie, puisqu’il est Dieu par nature. Son corps précieux n’est point dit être une nature à part ni une essence d’un quelconque homme ordinaire et un parmi nous, comme il a été dit précédemment. Car il n’a pas subsisté de manière autonome selon son état propre pour s’adjoindre ensuite par mode d’état au Dieu Verbe. En effet, c’est en pensant ainsi que Nestorius et les diphysites nomment deux natures notre unique Seigneur Jésus-Christ, comme si la nature divine s’était adjointe à la nature parfaite de l’homme, ainsi qu’ils le disent par dignité. Quant à nous, suivant le dessein de la divine Écriture et des saints docteurs de l’Église, nous anathématisons ceux qui affirment deux natures ou deux essences du Christ. Car son propre corps, uni à lui d’une manière ineffable à partir de la sainte Vierge selon l’économie pour notre salut, n’est pas appelé une nature du Christ, mais il est appelé et cru en vérité précieux corps du Dieu Verbe ; car ce qui est humain lui est devenu propre selon l’économie, sans péché. Dès lors, le corps vivifiant du Seigneur lui-même ne saurait aucunement être appelé une seconde nature ou essence du Dieu Verbe.
Car il est écrit que le Seigneur de gloire a souffert, crucifié en son propre corps, et nul ne peut dire que le Seigneur de gloire a souffert en sa propre nature ou essence. Mais si le Dieu Verbe s’est fait à lui-même une autre nature, ou s’il s’est adjoint un homme parfait et que le Christ est deux natures, comme [lacune] des diphysites569
[il] semble, ils se trouvent dire eux-mêmes qu’il a souffert dans sa propre nature, ce qui est impie, et ils se trouvent eux-mêmes affirmer que la nature divine est passible. Car seule la divinité était la nature du Christ, bien qu’il se soit incarné de manière immuable pour notre salut, afin d’apparaître dans la chair et de souffrir par la chair, selon les divines Écritures ; car ce n’est pas un simple homme qui est dit être apparu dans la chair ou avoir souffert par la chair. Car l’homme tout entier, vivant et doué de raison, a été désigné sous le nom de chair dans l’Écriture divine ; et comme étant rapporté au Christ selon la nature, il a été dit avoir souffert par la chair, puisqu’il est lui-même impassible en tant que Dieu selon la nature, mais passible selon l’économie, selon laquelle le Verbe s’est fait chair et est demeuré Dieu.
Car nos bienheureux Pères ont confessé le seul Seigneur Jésus-Christ comme le Dieu véritable et la vie éternelle, et au seul Verbe de Dieu incarné de manière immuable et devenu véritablement homme tout en demeurant ce qu’il était, ils attribuent en tout temps les choses divines et les choses humaines, ne le divisant nulle part en deux natures et n’attribuant pas ce qui est propre et convenable à chaque nature après l’ineffable union selon l’hypostase en l’Emmanuel. Car de même que par Dieu créateur [une côte] fut prise du flanc d’Adam et devint la femme, de même aussi le second Adam, c’est-à-dire le Christ, devint homme à partir du corps incorruptible et immaculé de la Vierge, tout en demeurant Dieu ; car il fut conçu dans le sein virginal de manière ineffable et incompréhensible, comme lui seul le sait, et il s’incarnait en elle, étant le Dieu Verbe, et il rendait digne de foi son dessein volontaire et son économie, [montrant] qu’il est devenu homme tout en demeurant Dieu. Au terme d’un temps de neuf mois de gestation, il naissait de la sainte Vierge, et il n’altéra point la virginité, car il était Dieu né avec une chair incorruptible ; lui qui entra aussi toutes portes closes et marcha comme sur un sol ferme sur la mer, en tant que Dieu, et apparut sur cette terre, s’étant fait véritablement homme.
Il était enveloppé de langes et couché dans une crèche, parce qu’homme570571572
[…], mais il était adoré par les bergers et par les mages, et glorifié par les puissances célestes des anges, parce qu’il était Dieu ».
« Il était baptisé par Jean, parce qu’il était devenu homme ; mais il purifiait les eaux et était reconnu par Jean, parce qu’il était Dieu ».
« Il était manifesté par lui par le témoignage du Saint-Esprit, parce qu’il était devenu homme ; mais il recevait le témoignage de Dieu et du Père, parce qu’il était Dieu, consubstantiel à Dieu et Père ».
« Il était tenté par le diable, parce qu’il était devenu homme ; mais il triomphait de lui et était servi par les saints anges, parce qu’il était Dieu ».
« Il marchait près de la mer de Galilée, étant devenu homme ; mais il choisissait les pêcheurs, se les attachait à sa suite, et faisait d’eux des pêcheurs d’hommes, parce qu’il était Dieu ».
« Il s’assied sur la montagne, étant devenu homme ; mais il béatifie et donne des lois à ceux qui écoutent la Loi donnée par lui, parce qu’il était Dieu ».
« Il répondait au lépreux avec une langue humaine, étant devenu homme ; mais par sa seule volonté exprimée par la parole, il le guérit en purifiant sa lèpre, parce qu’il était Dieu ».
« Il promettait au centurion de le suivre comme un homme et de guérir son serviteur ; mais il le guérit aussi à distance, et par une parole humaine il lui accorda la vie, parce qu’il était Dieu ».
« Il toucha de sa main humaine la belle-mère de Pierre, s’approchant d’elle, étant devenu homme ; et il la guérit, parce qu’il était Dieu ».
« On lui présente, à lui devenu homme, tous ceux qui étaient gravement malades ; mais il les guérit tous, parce qu’il était Dieu ».
« Le scribe s’avance, promettant de le suivre comme un homme ; mais il connaissait les secrets de son cœur, parce qu’il était Dieu ».
« Le Fils de David dormait dans la barque ; mais il reprenait les disciples disant : « Nous périssons », comme des gens de peu de foi, et il menaçait la mer et les vents, se rendant maître de la puissance de la mer et calmant le soulèvement de ses flots, et tirant les vents de ses trésors, et573
… en les rassemblant dans son sein, car il était Dieu dans la chair.
« Le Fils de David demandait le nom des démons, mais il était reconnu même par les démons comme le Fils de Dieu, et il les chassait dehors, car il était Dieu. »
« On présente au Fils de David le paralytique comme à un homme, mais il lui remet ses péchés, lui qui ôte l’iniquité et les péchés, expiateur de nos péchés, et souverainement, par une langue humaine, il le fait se lever, car il était Dieu. »
« Il marchait avec le chef afin de ressusciter son enfant, issu de David selon la chair, comme un homme ; mais au contact de la frange de son vêtement, il guérit celle qui souffrait d’une perte de sang, et par le contact de sa main humaine il ressuscita la fille du chef, car il était Dieu. »
« On présenta au Fils de la Vierge un possédé aveugle et muet, mais il le guérit, car il était Dieu. »
« Il a pitié des foules comme un homme ; mais il choisit douze apôtres, leur accorde gratuitement les dons des guérisons et les envoie à la recherche des brebis perdues de la maison d’Israël, et il prédit l’avenir, connaissant toutes choses avant qu’elles n’adviennent, car il était Dieu. »
« Ordonnant de l’aimer de tout son cœur et de toute son âme, par-dessus le père, la mère et toute parenté, lui qui est venu non pour abolir la Loi, mais pour l’accomplir. »
« Jean envoie demander pour convaincre ses disciples, car lui-même le connaissait dès le sein maternel ; et il est interrogé comme un homme, et il présente le prophète comme témoin de ses œuvres, proclamant bienheureux celui qui ne se scandalise pas à son sujet, car il était Dieu. »
« Il disait à celui qui avait la main desséchée : ‹ Lève-toi, viens au milieu › ᵃ, et il interroge les Juifs avec une bouche et une langue humaines, et il ordonnait d’étendre la main malade par une voix humaine d’homme, et celui-ci l’étendit aussitôt en obéissant, car celui qui ordonnait était Dieu. »
« Et il connaissait les pensées des pharisiens, car cela est propre à Dieu. »
« Il se retire après la mort du Baptiste comme un homme, mais il guérit la multitude de ceux qui souffraient cruellement, guérisseur de la mort…574575
[… brisés] de cœur et liant leurs brisures, car il était Dieu ».
« Il demandait : « Combien avez-vous de pains ? » comme un homme, et après avoir béni, il rompait avec des mains humaines ; mais il éprouvait Philippe selon l’économie, afin que celui-ci devînt témoin des merveilles ; et lui-même savait ce qu’ils allaient répondre et ce qu’il allait faire ; et il rassasia cette foule nombreuse, et ils furent remplis, et il réitéra le même miracle, car il était Dieu et, par la chair, celui qui donne la nourriture à toute chair ».
« Il priait sur la montagne et marchait de ses pieds humains sur les eaux ; par la prière, par les pieds et par la marche, il montra qu’il était devenu homme ; mais il se manifestait lui-même comme Dieu marchant sur la mer comme sur un sol ferme, lui qui lui a assigné une limite et des verrous ».
« D’une langue humaine, il ordonnait à Pierre de venir vers lui en marchant sur les eaux, mais il le sauva alors qu’il s’enfonçait, car il était Dieu ».
« Il disait à la Cananéenne qu’il n’avait été envoyé qu’aux brebis perdues de la maison d’Israël, s’étant fait, comme homme, obéissant à son propre Père jusqu’à la mort ; mais par une parole humaine il commanda, et sa fille fut guérie, car il était Dieu ».
« Il demandait aux disciples : « Qui les foules disent-elles que je suis ? » comme un homme ; mais il savait ce qu’eux-mêmes allaient répondre au sujet de la foi en lui, afin de confirmer ce qui avait été dit par le bienheureux Pierre, car il était Dieu ».
« Il monte avec les disciples sur la montagne, cheminant avec des pieds humains, mais témoignage lui était rendu par Dieu et Père qu’il était le Fils bien-aimé et consubstantiel au Père, car il était Dieu ».
« De nouveau, il vient vers la foule comme un homme et commande par une parole, et l’esprit muet et sourd sortit du lunatique, car il était Dieu ».
« Il paya le tribut comme un homme ; mais il se révéla lui-même libre, en ordonnant de donner cela [pris] d’un poisson, car il était Dieu ».
« Pierre dit qu’ils avaient tout quitté et avaient suivi le Fils de l’homme avec les Onze, et il demandait ce qu’il en serait pour ce[…]576
[…] de ces choses ; mais le Fils de l’homme leur promit d’accorder gratuitement [les biens] parfaits et souverainement glorieux dans le siècle à venir, car Il était Dieu ».
« Il toucha de Sa main humaine le cercueil du fils de la veuve dans la ville appelée Naïn, et Il commande au jeune homme d’une voix et d’une langue humaines, et Il ressuscita le fils unique décédé de la veuve et le rendit à sa mère, car Il était Dieu ».
« La femme pécheresse baisait les pieds du Fils de David pendant le repas, et les mouillait de ses larmes, et les essuyait avec ses cheveux ; mais Il lui remit ses péchés, possédant Lui seul ce pouvoir, car Il était Dieu ».
« Alors qu’Il mangeait avec eux, le Seigneur interrogeait les docteurs de la loi et les pharisiens, voulant guérir l’hydropique, comme un homme ; mais Il connaissait leurs pensées, et l’ayant saisi, Il le guérit, car Il était Dieu ».
« Dix lépreux vinrent à la rencontre du Seigneur, alors qu’Il marchait de nouveau de Ses pieds humains vers un village ; mais Il leur ordonna d’aller vers les prêtres, et pendant qu’ils y allaient, Il les purifia, car Il était Dieu. Et l’un des dix, étant revenu sur ses pas, Lui rendit gloire, lui qui était un étranger, un Samaritain. Il ne s’en est point trouvé, dit-Il, empressés de revenir pour rendre gloire à Dieu, si ce n’est cet étranger. Et il se prosterna devant Jésus, car Il était Dieu ».
« Le Verbe s’est fait chair et Il fut vu par les hommes, ayant apparu homme ; mais Il a dressé Sa tente parmi nous, non comme un sanctuaire parmi les sanctuaires, mais comme Dieu dans les sanctuaires ; car, devenu homme, Il possédait aussi la gloire de l’Unique-Engendré, comme étant de même substance que Dieu et Père ; car de Sa plénitude nous avons tous reçu ».
« Jean vit Jésus, et il Le révélait à ses disciples comme étant un homme visible ; mais il témoigna qu’Il était l’Agneau de Dieu, Celui qui ôte les péchés et les iniquités du monde, car Il était Dieu ».
« Nathanaël, voyant Jésus comme un homme, Lui demandait d’où Il le connaissait ; mais plus tard il Le confessa comme docteur, roi d’Israël et Fils de Dieu. C’est à lui que le Seigneur disait, en lui enseignant de plus grandes choses, que […]577578
Le Fils de l’homme domine sur les anges et est servi par eux, devenu homme, étant resté Dieu. Et
« Mon heure n’est pas encore venue », disait-il à sa mère, en tant qu’homme ; mais il changea l’eau en vin, étant Dieu le Verbe ; car il accomplissait son œuvre avec le corps, lui qui, par sa propre puissance, transforme la pluie en vin, en huile et dans les autres fruits.
« Il disait à Nicodème » que nul n’est monté au ciel, sinon celui qui est descendu du ciel, le Fils de l’homme ; car, étant dès le commencement le Verbe auprès de Dieu et étant Dieu, le Verbe s’est fait chair de la substance des hommes, il est le même et [venu] du ciel comme d’auprès du Père ; et au milieu [de nous], devenu homme tout en restant Dieu.
Ayant prédit qu’« il faut que le Fils de l’homme soit élevé, comme le serpent fut élevé par Moïse dans le désert », il se proclame lui-même Fils unique de Dieu, donné en raison de l’abondance de l’amour de Dieu envers nous pour notre cause, et il promet que quiconque croit en lui ne sera pas condamné, mais aura la vie éternelle, car il était Dieu.
Jean rend témoignage au Seigneur qu’il est venu d’en haut ; et bien qu’il l’ait vu selon la chair et sachant qu’il était devenu consubstantiel à la Sainte Vierge, il savait avec certitude que le Verbe s’était fait chair tout en restant Dieu et consubstantiel au Père, et qu’il était apparu sur la terre et avait vécu parmi les hommes. Il fut fatigué du voyage et s’assit sur la source, et il eut soif, afin que nous croyions qu’en vérité il s’est fait homme ; mais il avait le pouvoir de donner à celui qui demande, en tant que Dieu, l’eau vive jaillissant en vie éternelle, et de révéler les secrets du cœur, ce qui convient à Dieu seul. Il dit qu’il adore avec les Juifs, en tant que leur parent selon la chair, le Christ, afin que nous croyions qu’il s’est fait homme selon l’économie ; mais il est Dieu béni pour les siècles, et « au nom de Jésus-Christ tout genou fléchisse, au ciel, sur la terre et dans les enfers, et que toute langue confess-579
… confessera qu’il est Dieu en vérité et la vie éternelle.
« Le Seigneur demande au paralytique de trente-huit ans s’il veut guérir, à nouveau comme un homme, avec une langue humaine ; mais Il le guérit comme Dieu et lui ordonne de marcher en emportant son grabat, et prescrit à celui qui a été guéri de ne plus pécher, afin qu’il ne lui arrive rien de pire, car c’était Dieu qui redressait ceux qui étaient grièvement atteints et qui guérissait leurs blessures. »
« Les Juifs s’étonnaient : comment connaît-il les Écritures sans avoir appris, Lui qui est né de la Vierge, devenu homme ? Mais Il montrait qu’Il était Dieu par sa doctrine paternelle et par ce qu’Il prédisait, ce que les Juifs méditaient à son sujet et s’apprêtaient à accomplir. »
« Le Seigneur ayant dit : « Je suis d’en haut », les Juifs demandaient, le voyant homme, et disaient : « Toi, qui es-tu ? » ; mais Il se montrait Dieu, devant dire et juger beaucoup de choses au sujet de la race des hommes, car Jésus est le Dieu juge. »
« Les Juifs disaient au Seigneur qu’Il n’avait pas cinquante ans, le voyant homme ; mais le Seigneur témoignait pour Lui-même de sa génération prééternelle procédant du Père, en tant que Dieu, et disait : « Avant qu’Abraham fût, Je suis ». »
« Il se cachait comme un homme de ceux qui entreprenaient de le lapider ; mais Il passait au milieu d’eux, étant, en tant que Dieu, le Verbe et le Fils de Dieu le Père. »
« Il passait et vit un homme aveugle de naissance avec des yeux humains ; mais Il se proclamait Lui-même Dieu en disant : « Afin que l’œuvre de Dieu soit manifestée en lui », appelant œuvre de Dieu ce que Lui-même accomplit en lui. Ayant craché à terre une salive humaine et confirmé qu’Il était devenu homme en vérité, Il ouvrit, au moyen de l’application de la boue et de l’ordre de se laver à Siloé, les yeux de l’aveugle de naissance, montrant qu’Il était Celui-là même qui façonna aussi Adam à partir de la boue au commencement, lui donna le commandement et580581582583584585586
[…] rendant croyable, par la parabole de l’intendant, qu’il peut nous recréer spirituellement par la cuve de régénération d’une nouvelle naissance, en nous illuminant, étant Dieu et lumière véritable. »
« Les Juifs cherchaient à lapider le Seigneur comme pour blasphème, car ils disaient : « Étant homme, tu te fais toi-même Dieu » 1. Et il confirma et la réalité d’être homme selon la vérité, et la réalité d’être Dieu selon la vérité, par la réponse, en disant : « S’il a appelé dieux ceux à qui la parole de Dieu a été adressée, et si l’Écriture ne peut être anéantie, à celui que le Père a sanctifié et envoyé dans le monde, vous dites : Tu blasphèmes ! parce que j’ai dit : Je suis le Fils de Dieu » 2. Or, étant le Fils de Dieu, par cela même il sera et consubstantiel et devenu homme. »
« On annonça à Celui qui est né de la Vierge 4 la maladie de Lazare ; mais il se montrait lui-même Fils de Dieu et Dieu en prédisant la gloire qui allait lui advenir par la résurrection de Lazare. »
« Les disciples empêchaient le Seigneur de retourner en Judée, de peur qu’il ne fût lapidé comme un homme ; mais il se montrait lui-même Dieu en prédisant la mort de Lazare et qu’il allait le ressusciter en tant que Dieu. »
« Jésus vint à Béthanie de ses propres pieds, car il était devenu homme tout en étant Dieu, et il trouva Lazare déjà depuis quatre jours dans le tombeau. Vers lui vint Marthe en pleurant et en déplorant par ses larmes son absence ; mais il se montrait lui-même Dieu en prédisant la résurrection de Lazare et en se disant lui-même la résurrection et la vie, et que si Marthe croyait, elle verrait la gloire de Dieu 3, de Celui qui ressuscite Lazare, disant cela de lui-même, car il était Dieu. »
« Il demande : « Où repose Lazare ? », selon l’économie, non par ignorance, mais afin que le tombeau devînt manifeste à tous les assistants et qu’ils fussent témoins de la résurrection de Lazare. Car même avant l’incarnation, il n’ignorait pas où était Adam 5, mais il donnait à sa créature une occasion de réponse en raison de sa transgression inexcusable,587
comme il disait aussi à Caïn : « Où est Abel, ton frère ? »ᵃ, lui donnant une occasion de repentir, comme Dieu […].
« Dieu pleuraᵇ, manifestant ce qui est propre à l’homme par Sa compassion, et Il priait le Père également en faveur de ceux qui se tenaient là, afin qu’ils crussent ; mais de nouveau Il ressuscita Lazare en lui commandant d’une voix humaine, car Il était Dieu incarné ».
« Il entendait les aveugles à Jéricho, gardant le silence et consentant à être le Fils de David, et Il les interrogeait, de nouveau comme un homme, afin de manifester à tous leur foi ; mais Il guérit leurs yeux selon la prophétie d’Isaïeᶜ, car Il était Dieu ».
« Le Seigneur était assis sur un ânon, étant devenu le Fils de David ; mais Il était célébré par tous, car Il était Dieu, même avec la chair ».
217. « Voyant la ville, Il pleura sur elle comme un homme ; mais Il prédisait ce qui devait lui arriver, car Il était Dieu ».
« Les pharisiens interrogeaient le Seigneur comme un homme : « Par quelle autorité fais-tu cela ? »ᵈ ; et Il démontrait la vanité de leurs pensées, car Il était Dieu ».
« Ils L’interrogeaient pour L’éprouver comme un homme, [demandant] s’il est permis de payer le tribut à Césarᵉ ; et Il les confondait par une réponse humaine, car Il était Dieu avec la chair ».
« Il interrogeait les grands prêtres à Son propre sujet, [demandant] comment Il est à la fois Fils de David et son Seigneurᶠ ; et ils ne répondaient point, car Il était Fils de David, en tant que le Verbe s’est fait chair, c’est-à-dire homme, mais Seigneur de David, en tant que tout a été fait par Lui et que sans Lui rien n’a été faitᵍ, car Il était le Créateur de David, le Verbe étant Dieu ».
« Il était interrogé au sujet de ce qui devait advenir, comme étant devenu homme, et Il prédisait tout ce qui devait arriver, car Il était Dieu, connaissant le devenir de toutes choses ».588
« À son Père et Dieu disait le Fils consubstantiel à lui : « Tout ce qui est à moi est à toi, et ce qui est à toi est à moi » ; et de nouveau, nous instruisant, il disait : « Tout ce que possède le Père est à moi ». Or le Père a la connaissance du jour et de l’heure ; s’il l’a, il est évident que le Fils l’a aussi, bien que, selon l’économie, il réponde négativement comme un homme, jugeant cela utile pour les disciples ; car il sait qu’il est sans profit pour ceux qu’il a enseignés d’avoir la connaissance du jour et de l’heure de la fin. Mais si certains contestent et prétendent que le Fils ignore cette connaissance, ils feront aussi en sorte que le Père l’ignore ; et le Fils a dit précisément que tout ce qui est à lui est à son Père. Mais si le Père sait cela, le Fils le sait aussi parfaitement, étant consubstantiel au Père et étant Dieu. »
« De plus, la femme oignit les pieds du Seigneur avec de l’huile parfumée, comme ceux d’un homme ; mais il prédit ce qui concernait son ensevelissement et la prédication de l’Évangile dans le monde entier sous le ciel, parce qu’il était Dieu. »
« Il prédit qu’il s’élèverait lui-même sur la croix, mais il promit d’attirer à lui tous les croyants, parce qu’il était Dieu et devenu homme. « Car celui qui croit en moi, dit-il, ne croit pas en moi, mais en Dieu qui m’a envoyé ». Et »
« Il disait de préparer la Pâque, comme un homme ; mais il prédit comme Dieu : « Il viendra à votre rencontre un homme portant une cruche d’eau, lorsque vous serez entrés dans la ville ». »
« Il se ceignit d’un linge et lava les pieds de ses serviteurs de ses propres mains humaines, devenant le modèle de leur humilité ; mais il agrée à juste titre les disciples qui le proclament Seigneur : « Vous dites bien, dit-il, car je suis Seigneur ». Or nous avons su que le Seigneur est lui-même Dieu béni éternellement, amen. Et »
« et il prédit l’impureté de Judas le traître. Ayant pris du pain, il le rompit de ses mains et, ayant rendu grâces, il le donna aux disciples en disant : « Ceci est mon corps, rompu pour vous pour la rémission des péchés » ; et de même la coupe, en disant : “Ceci est la coupe, qui est l’alliance en mon sang [lacune]589590591592593594595596
… ordonnait qu’on fît mémoire de lui, en tant que Dieu mourant pour nous en son propre corps ; car c’est lui-même qui disait par Jérémie : « J’accomplirai pour la maison d’Israël et pour la maison de Juda une alliance nouvelle », et l’Apôtre confirme cette alliance en disant : « En disant « nouvelle », il a rendu ancienne la première ». Car l’ombre a disparu lorsque la vérité est venue. Car ce n’est plus par le sang d’une brebis que s’accomplit la pâque, [mais] la véritable s’en distingue ; car notre Pâque, le Christ, a été immolé, lui le Dieu véritable et la vie éternelle ; et :
« Il mangeait avec les disciples comme un homme, mais il révélait les secrets des cœurs comme Dieu. »
« Il appelle les disciples « petits enfants » comme un homme, et leur prédit que sous peu il sera livré ; et il leur donne un commandement nouveau comme Dieu, et prédit à Pierre qu’en cette même nuit s’accomplira par lui le triple reniement. Et il dit qu’il y a de nombreuses demeures dans le palais de Dieu qui l’a engendré, car il était Dieu, resplendissement et empreinte conforme à celui qui l’a engendré ; c’est pourquoi il ordonne aussi aux disciples de croire en lui et leur laisse la paix, la donnant lui-même comme le Dieu de paix. »
« Il prie pour que la coupe s’éloigne de lui et il était attristé jusqu’à la mort comme un homme ; car l’âme a pour coutume de ne pas consentir à être séparée de son corps par la violence des choses, assurant par là aussi aux disciples qu’il était de même nature qu’eux selon la chair, et enseignant à toute l’humanité, dans les tentations, à ne pas défaillir et à ne pas se laisser entraîner par les désirs de la nature, mais à prier Dieu et à demander que s’accomplisse la volonté de Dieu ; mais il court au-devant de la mort en dissipant le prétexte allégué, et se livrait lui-même à ceux qui le cherchaient sans s’enfuir, car il était Dieu. »
« Il fut saisi par ceux qui le cherchaient comme un homme ; mais à l’oreille coupée et emportée du serviteur du grand prêtre, par l’application de sa main il le guérit, lui refaisant miraculeusement une oreille, car il était Dieu incarné. »597
« Il recevait un soufflet sur la joue de la part du serviteur comme homme ; mais il patientait comme Dieu, démontrant, par une réponse convenable, qu’il écartait la présomption mauvaise ».
« Il était livré à Pilate comme homme ; mais il était manifestement reconnu par la femme de celui-ci, parce qu’il était Dieu ».
« Il est crucifié sur le bois et cloué comme homme, et on lui donne à boire du vinaigre et du fiel et il est bafoué comme homme par les passants, étant devenu homme ; mais il était attesté par les créatures, par les événements et par les bourreaux qu’il est Dieu et Fils de Dieu ».
« Les Juifs criaient comme contre un homme pécheur et malfaiteur : « Crucifie, crucifie ! », parce qu’il était devenu homme pour nous ; mais le Juge témoignait qu’il n’avait pas commis de péché et qu’il ne s’était pas trouvé de fraude dans sa bouche, et qu’il était leur Roi, même s’ils ne le voulaient pas ; car il était Dieu, devenu homme de manière immuable ».
« Il était flagellé et portait lui-même la croix, montrant et signifiant qu’il était devenu homme ; mais il mettait en fuite le tyran adverse jusqu’à l’égorgement, lui qui par sa propre mort a aboli et fait mourir la mort, et qui possédait le pouvoir de donner sa propre vie et de la reprendre de nouveau, étant venu volontairement à cela, le seul innocent et Dieu ».
« Il est dépouillé de son vêtement, bafoué et crucifié, les mains et les pieds cloués sur le bois, et on lui donnait à boire du vinaigre et du fiel, et il était un objet de dérision pour les passants et il était blasphémé, afin qu’il signifiât qu’il s’était volontairement dépouillé et était devenu homme, et s’était abaissé lui-même jusqu’à la mort de la croix ; mais il était attesté par la foi du brigand que celui qui était crucifié avec lui possédait la royauté à venir et qu’il régnerait absolument sur toutes choses ; et le Seigneur le confirmait par sa promesse qu’il était lui-même celui qui avait chassé Adam avec Ève du paradis de délices, et qui, de sa propre main, introduisait le brigand dans le paradis, ayant ordonné aux chérubins et à l’épée de feu de ne plus interdire l’accès direct à l’intérieur du paradis, accordant sans obstacle l’accès intérieur à quiconque veut le suivre par la voie royale ; et la création rend témoignage aux paroles prononcées par lui, en reconnaissant le Seigneur et Dieu crucifié ».598
« Il rendit l’esprit, l’ayant remis entre les mains du Père, c’est-à-dire sa propre âme ; et il a crié cela afin de prouver que le précieux corps du Christ était animé d’une âme intelligible, et qu’il devint véritablement homme et mourut véritablement, par la séparation et l’éloignement de l’âme d’avec le corps. Car Celui-ci, qui pour nous a enduré la mort, l’Immortel et » libre parmi les morts », était pourtant inséparable, par la raison de l’économie, de sa propre âme et de son corps, selon la raison et le mode ineffables et inconcevables de la divine incarnation. Car il ne s’est pas uni à une partie tandis qu’à une autre partie il ne s’unissait pas, et aucun des saints n’a dit non plus qu’il s’était fait âme mais ne s’était pas incarné, ou qu’il s’était incarné mais ne s’était pas fait âme ; mais il s’est uni à un corps doué d’une âme rationnelle, et uni au corps, il était enseveli de manière ineffable et détruisait la corruption, comme incorruptible et Verbe de Dieu incarné. Et il foulait aux pieds l’aiguillon de la mort, comme libre parmi les morts ; et il ressuscitait non pas comme un simple homme, mais comme supérieur à la mort et Dieu. Quant à son âme, étant allé, il prêcha à ceux qui étaient aux enfers, comme étant avec son âme apparu parmi les âmes ; ce que voyant, les gardiens des portes des enfers furent saisis d’effroi, et les portes d’airain furent brisées, et les verrous de fer furent fracassés, et le Monogène criait avec autorité aux âmes de même condition, selon la parole de l’économie, en disant à ceux qui étaient dans les liens : « Sortez ! », et à ceux qui étaient dans les ténèbres : « Montrez-vous ! », afin que tous ceux qui avaient été livrés à la mort sachent que la mort a été foulée aux pieds et anéantie par son ensevelissement avec le corps, et que ne subsiste plus pour toujours la tyrannie de cet arrogant vaincu. Car tout le genre humain doit ressusciter par la suite, les uns pour la résurrection de la vie éternelle, les autres pour la résurrection de la condamnation éternelle. Mais puisque tout le genre humain a été racheté de la tyrannie des liens de la mort, lui-même a régné sur les vivants et sur les morts ».
« Car c’est à son signe que furent conduits alors au grand jour les ressuscités ».
« et rétribuant avec justice, à sa droite, les saints… »599600601
… en ce jour-là : « Venez, les bénis de mon Père, héritez du Royaume préparé pour vous dès la fondation du monde », et la suite. Mais ceux de gauche, les pécheurs, Il les renvoie au loin avec l’Adversaire et avec ses anges dans les ténèbres extérieures, où sont les pleurs et les grincements de dents.
« Voilà donc, ce me semble, les pensées qu’a annoncées pour la garde des âmes, Lui qui enseigna cela même avant la mort, le Fils unique et véridique Verbe de Dieu, la Vérité, la Résurrection et la Vie. Il est en effet revenu à la vie le troisième jour d’entre les morts, ayant accompli tout ensemble l’économie de Son propre corps ; et, enseveli dans le tombeau, Lui qui par Son propre pouvoir sépara Son âme de Son propre corps et anéantit, Lui seul saint, la corruption dans Son propre corps, étant la Vie et le Vivificateur, le Verbe de Dieu ; et ayant accompli par Son âme la descente aux enfers, le Dieu Verbe étant inséparable de celle-ci et de Son propre corps, selon le mode que Lui-même connaît, Il ressuscite d’entre les morts, en faisant mourir la mort, l’inséparable Fils de Dieu, Jésus-Christ. »
« Car le Christ est mort pour nos péchés selon les Écritures, dit avec assurance le bienheureux Paul, et Il a été enseveli, et Il est ressuscité d’entre les morts, et le Christ n’est point divisé. »
« C’est cela même que les bienheureux Pères qui furent à Nicée ont transmis au sujet du Dieu Verbe incarné. Car si le Dieu Verbe incarné n’est pas mort dans Sa propre chair, Il n’a même pas été enseveli ; car si la mort est celle d’un homme, l’ensevelissement l’est aussi ; et si l’ensevelissement est celui d’un homme, la résurrection est aussi celle d’un homme. Et le Christ ne serait pas ressuscité selon la parole des hérétiques, mais un homme ; et vaine serait la foi, comme le dit Paul. Car le mystère se trouverait être une adoration d’homme, et c’est une créature qu’adoreraient les êtres célestes et les ordres rationnels sur la terre, les célestes et les terrestres, les visibles et les invisibles, et c’est un homme qu’ils confesseraient. »
« Mais maintenant, dit-il, le Christ est ressuscité, prémices de ceux qui se sont endormis, Dieu béni éternellement, amen. »
« Car Il est le vrai Dieu et la vie602
éternelle, comme le disent les apôtres (1 Jn 5, 20). Il était confessé par le centurion et par les soldats que le juste était véritablement le Fils de Dieu (cf. Mc 15, 39 etc.), non pas par convention ni enrichi de quelque grâce d’adoption, mais Joseph demanda son corps et, l’ayant enveloppé, déposa le Seigneur dans son propre tombeau neuf, afin qu’il fût montré que Celui qui est par nature Fils de Dieu et Dieu, est devenu homme selon l’économie, tout en demeurant Dieu en vérité et non en apparence, et étant devenu ceci tout en restant cela ; car Il était Dieu tant avant l’incarnation qu’avec le corps.
« Marie Madeleine allait embaumer le corps, car les morts se décomposent, et voilà que Celui qui est véritablement la Vie avait été embaumé par Nicodème et enseveli par lui dans le sépulcre. Car toutes ces choses accomplies alors étaient des économies, afin que nul ne crût qu’Il fût devenu homme en apparence, mais afin que l’on crût qu’Il s’était véritablement dépouillé, Lui qui possédait la plénitude de façon divine, et qu’Il était devenu homme tout en demeurant Dieu. Mais en témoignaient la présence de l’ange, la frayeur des gardes et leur état de mort, ainsi que la bonne nouvelle annoncée par l’ange aux femmes touchant la résurrection du Seigneur enseveli, et l’ordre de rapporter aux disciples ce qui avait été dit par l’ange par ces mots : « Voici, je vous l’ai dit » ; car Il était Dieu et le Seigneur des anges, Celui qui a été enseveli, qui s’est relevé d’entre les morts et qui a précédé les disciples en Galilée (Mt 28, 7).
« Mais les disciples, étant arrivés sur la montagne où Jésus leur avait ordonné de se rendre (Mt 28, 16), virent ce même crucifié, enseveli et ressuscité d’entre les morts, et ils adorèrent Dieu incarné et ayant souffert notre mort pour nous, ayant cru qu’Il l’était selon la vérité. Ensuite, comme ils doutaient au sujet de la résurrection de Celui qui avait été enseveli — et cela même procédait de l’économie du Seigneur —, le Sauveur confirme Sa propre résurrection en disant : « Tout pouvoir m’a été donné au ciel et sur la terre » ; et Il ordonne de prêcher à toutes les nations, afin qu’ils croient en Lui comme en Dieu et soient baptisés au nom du Père et du Fils et603604
[du] Saint-Esprit, ayant promis d’être avec les docteurs de cette foi tous les jours et jusqu’à la fin de ce siècle. Et c’est l’œuvre de Dieu seul, car si ce n’était pas Dieu qui avait souffert dans sa propre chair, avait été enseveli et était ressuscité d’entre les morts, mais un simple homme associé à Dieu, selon la parole des schismatiques, ou bien une nature d’homme, les bienheureux disciples seraient donc, selon eux, des adorateurs d’un homme. Et comment donc n’ont-ils pas péri en l’adorant selon la même règle ?
« Car le Seigneur n’est pas venu pour abolir la loi, mais pour l’accomplir, lui qui, par ses paroles et par ses actes, criait en personne, parlant de plus auprès d’eux. Il a été dit en effet dans la loi : « Tu adoreras le Seigneur ton Dieu et tu le serviras lui seul ». Et jamais il n’a menti, étant véritablement la vérité et la vie, en tant que Dieu. Comment donc était-il possible que l’homme, ou bien la nature de l’homme, rendu semblable au néant en lui-même et ayant ses jours comme une ombre, possède le pouvoir sur tout ce qui est dans les cieux et ce qui est sur la terre ? Comment donc un homme peut-il être intermédiaire entre le Père et le Saint-Esprit dans la transmission de la foi et du saint baptême, si Dieu n’était devenu homme selon l’économie, tout en demeurant Dieu ? Car quel esprit pourrait penser qu’au sujet d’un autre Fils il ordonne aux apôtres de faire des disciples de toutes les nations et de les baptiser ? Et en outre : « Et voici que je suis avec vous » ; c’est moi, dit-il, qui suis mort, enseveli, ressuscité, et qui viens juger les vivants et les morts ; car il n’y a point de fin à son règne, au Fils de David, selon la parole du bienheureux Gabriel. Mais comment est-il possible qu’un homme soit dans d’autres hommes qui enseignent la même foi, et cela jusqu’à la fin de ce siècle ? Car c’est le propre de Dieu seul d’être ou d’habiter dans ceux qui l’aiment. »
« Ainsi donc, le Christ n’est pas deux natures, afin que le mystère ne soit pas tenu pour une adoration d’homme, mais une seule nature incarnée de Dieu le Verbe ; afin que notre baptême, accompli dans la mort du Seigneur, soit divin. »
« T’étant approché, tu fis route avec Cléopas et ceux qui allaient605606607608609610
et le cas de la mort advint. Puis il les interrogeait comme un homme au sujet des propos qu’ils échangeaient entre eux. Et eux répondant que leurs propos concernaient Jésus le Nazaréen, qui s’était montré un homme puissant en paroles et en actes, et qu’il avait été livré aux chefs des Juifs pour la condamnation à mort et avait été crucifié, et qu’eux-mêmes avaient mis leur espérance dans le Crucifié, qu’il était celui qui devait racheter Israël ; et en plus de cela, rapportant le récit des femmes et la vision des anges qui leur était apparue et les propos relatifs à sa résurrection, et que certains d’entre eux, s’étant rendus au tombeau, avaient trouvé les choses conformes aux paroles des femmes, — ils reçurent de sa part des reproches au sujet du doute et de la lenteur de la foi qu’ils avaient eue envers lui. Mais il confirmait, au sujet de sa mort pour nous et de sa glorieuse résurrection d’entre les morts, en exposant à partir de la Loi de Moïse et des Prophètes, en établissant avec certitude que, tout en ayant été de Nazareth et homme en vérité puissant et rédempteur pour Israël, il était aussi, comme Dieu et véritable Sauveur de la corruption, la vie du genre humain, et qu’il s’était lui-même livré pour nos péchés à la mort, et avait été crucifié, était mort, avait été enseveli et était ressuscité, afin d’être désormais glorifié en tout par l’ensemble de la création, comme ayant vaincu et fait mourir, par le moyen de sa mort pour nous, la mort qui s’était enorgueillie par le péché, c’est-à-dire le Calomniateur. « Car par son mauvais œil la mort a atteint tous les hommes par la transgression en Adam ».
« Car le Christ est appelé vie et lumière, et il vivifie tous les croyants et illumine ceux qui le reçoivent par le Saint-Esprit ; tandis que l’Adversaire est appelé mort et ténèbres, et il fait mourir et plonge dans les ténèbres ceux qui consentent à lui. Car dès le commencement, ceux qui avaient consenti à son dessein, Dieu les a condamnés à bon droit à cette mort temporelle, ainsi que ceux qui sont issus de lui, afin que l’homme ne s’éternise point en péchant et en devenant odieux à Dieu. Mais le Seigneur a vaincu l’orgueilleux comme étant le seul sans péché ; lui qui reçut voici que pour nous la mort, est mort, et parmi les morts il était libre et vie, parce qu’il était Dieu, [effaçant] la faute passée611612613
[…] sans connaître [le péché] et seul exempt de péché. C’est pourquoi il n’était pas possible qu’il fût retenu par la mort, mais il est ressuscité le troisième jour, prémices de ceux qui se sont endormis.
« Puis, contraint par eux, il entra pour demeurer avec eux ; et il se mit à table, et prit le pain de ses mains de nouveau humaines, et le rompit, afin de les persuader de la foi et, par son habitude d’autrefois qu’il leur donnait surtout, selon leur familiarité passée lors de la fraction [du pain], et en leur tendant la main par cela, leur rappelant que lui-même, le Crucifié, est ressuscité des morts. Et leur ayant ouvert les yeux, qui étaient retenus par lui, de sorte qu’alors ils le reconnurent, il devint invisible pour eux, les persuadant de la foi que celui qui est mort et ressuscité pour nous possède la même puissance en tant que Dieu, et n’a pas changé.
Il se montrait de nouveau visible et tangible, comme un homme, mais ne pouvant plus mourir, car la mort n’a plus d’empire sur lui, dit le bienheureux Paul. Il se montrait aussi invisible et insaisissable, car il était Dieu véritable et, étant devenu économiquement homme, il demeurait, même dans son incarnation, Dieu et le Seigneur de gloire. Et tandis que les disciples étaient réunis à Jérusalem et disaient que le Seigneur est véritablement ressuscité et est apparu à Simon, et que ceux dont il a été parlé plus haut racontaient ce qui s’était passé en chemin, et comment il s’était fait reconnaître d’eux à la fraction du pain, le Seigneur se tint au milieu d’eux, leur accordant la paix, et il leur montra ses mains et ses pieds transpercés par les clous, et il les exhortait à le toucher, leur enseignant et les persuadant de nouveau de la foi qu’il était devenu homme en vérité tout en demeurant Dieu, et qu’il avait chair et os, et qu’il ne s’était pas manifesté au monde de façon incorporelle, et que c’est lui-même, ayant été mis à mort et enseveli, qui est ressuscité, n’ayant point d’autre corps, mais celui-là même qu’il s’était uni de la sainte Vierge Marie, Mère de Dieu. Et pour une plus grande assurance, ayant reçu d’eux de la nourriture, il mangea devant eux, afin que les disciples inspirés de Dieu en témoignassent au monde, et qu’on ne crût point que c’était par altération ou par quelque apparence : « Il est apparu sur la terre et a vécu parmi les hommes », d’Israël « le Christ selon la chair, qui est au-dessus de tout, Dieu béni pour les siècles. Amen. »614615616617618
« En vérité, celui qui leur donnait la paix l’enseignait comme Dieu, car c’est là ce qui est écrit à son sujet dans les Écritures ; et il les consolait en leur accordant la paix et en promettant de leur donner de nouveau son amour. »
« « Car, dit-il, je vous laisse la paix, je vous donne ma paix » [Jn 14, 27]. Il est manifeste que le don qu’il leur a fait après sa résurrection d’entre les morts venait de lui comme de Dieu, dispensateur de la paix ; car, comme un bien propre, il accorde son amour aux disciples, parce qu’il était Dieu et s’est fait homme selon l’économie pour notre salut. »
227. « Or, les portes étant fermées, il entrait et il sortait, afin de persuader les apôtres qu’il s’est fait lui-même homme en vérité, comme cela a été dit auparavant, et qu’il est demeuré lui-même Dieu et possède la même puissance qu’il avait aussi avant l’incarnation. Car de même qu’il a été conçu d’une manière ineffable dans le sein de la Vierge, tout en étant Dieu le Verbe, sans que la virginité fût corrompue, et qu’il naît d’elle, et que la vierge est restée vierge, ainsi également il venait auprès des disciples et s’éloignait, tandis que les portes demeuraient fermées. De nouveau, étant venu vers Thomas, les portes étant fermées, pour le faire réfléchir, il leur accorde d’abord la paix comme Dieu, et il dévoilait les pensées et les paroles de Thomas, en exhortant le disciple à examiner ses mains et son côté et en l’avertissant de ne pas être incrédule, mais croyant. Car il voulait persuader plus encore les disciples, tant par les paroles adressées à Thomas que par la manifestation de ses propres membres,
qu’étant devenu homme en vérité, il est demeuré Dieu. Car celui qui a été crucifié et a eu le côté transpercé, vers lequel regarderont ceux qui l’ont transpercé, en le voyant comme juge au redoutable tribunal — celui qui est mort pour nous, a été enseveli et est ressuscité des morts —, est confessé par Thomas et avec lui par les disciples comme étant leur Seigneur et Dieu et béni pour les siècles, amen.
Puis, ayant accueilli la fidèle confession de Thomas, il déclarait bienheureux ceux qui ne l’ont pas vu et ont cru qu’il est lui-même le Seigneur Dieu béni ; car le Seigneur Dieu est béni, et « Dieu qui sauve… » « 619620621622623624
… et nous a délivrés de la main des enfers et nous a rachetés de la mort, ayant accompli avec rectitude, par son avènement dans la chair, ses promesses transmises par les prophètes.
« Car il souffla sur les disciples — par un souffle qui était à nouveau humain —, et il accorda aux apôtres avec une autorité digne de Dieu, comme un bien propre, le Saint-Esprit, puisqu’il était Dieu devenu homme selon l’économie pour nous ; lui qui, dès l’origine, avait déjà accordé cela à Adam par l’insufflation et avait vivifié son âme rationnelle par la réception du Saint-Esprit ; il leur accorda également le pouvoir de remettre les péchés, de les lier et de les délier sur la terre comme au ciel, confirmant lui-même ce qui avait été établi et accompli par eux en toute simplicité. Jésus fit beaucoup d’autres signes qui n’ont point été écrits, mais ceux-ci ont été écrits pour notre assentiment, comme le dit l’évangéliste, afin que nous croyions que Jésus est le Fils de Dieu et qu’en croyant en son nom nous ayons la vie éternelle. Non point pour que nous croyions que Jésus est deux natures, ni en deux natures, comme nous l’avons dit maintes fois, mais qu’il est le Fils, vrai Dieu, et Dieu consubstantiel à Dieu le Père et au Saint-Esprit. »
« Il enseignait en effet aux disciples, comme le dit Luc, qu’il fallait que le Christ souffrît ces choses et ressuscitât d’entre les morts le troisième jour, et que fussent prêchées en son nom — au nom de celui qui a été enseveli et qui est ressuscité des morts, de la vie véritable et de celui qui est libre parmi les morts — la pénitence et la rémission des péchés. L’ange dit également aux femmes : « Pourquoi cherchez-vous le vivant parmi les morts ? Il n’est point ici ; il est ressuscité, comme il vous l’avait dit. » Et elles se souvinrent de ses paroles, remémorées par l’ange. Le Christ crucifié et ressuscité ordonne à ses propres disciples d’être les hérauts et les témoins de ses souffrances, leur promettant, en tant que Dieu, d’envoyer lui-même sur eux la promesse de son Père et de les revêtir de la puissance d’en haut du Saint-Esprit. Car Dieu a promis par Joël625626627628629630
par le prophète, comme le dit Pierre, de répandre de son Esprit sur toute chair, sur tous ceux qui croient en lui. Il est évident que, envoyant cela et en revêtant les disciples, le Christ est mort pour nous selon les Écritures, et a été enseveli, et est ressuscité des morts selon les Écritures, le Dieu véritable et la vie éternelle, et le Dieu béni pour les siècles, amen. « Et les ayant conduits dehors vers Béthanie, ayant levé ses mains humaines », il enseignait en ce temps-là aux prédicateurs du monde que ce qui était vu n’était point une simple apparence, mais qu’il s’était fait de même nature et consubstantiel à ceux qui le voyaient ; il n’a pas souffert de diminution en ce qu’il n’était pas, ni d’altération, mais, demeurant Dieu, consubstantiel au Père qui l’a engendré, il s’est fait homme selon l’économie, et non par la nature de la parole, pour nous et pour notre salut, afin qu’il lui soit possible de nous apparaître sur cette terre, tout en étant Dieu le Verbe ; et de souffrir dans son propre corps, selon lequel il est apparu sur cette terre. Il bénit en vérité les disciples comme Dieu, leur donnant sa bénédiction de par sa propre autorité. Et les bienheureux disciples bénissaient au nom de Jésus, guérissaient et accomplissaient tous les signes, car ils étaient des hommes saints, confessant leur Seigneur le Christ, en tant que receveurs de la grâce qui leur avait été donnée par lui.
« Puis, s’étant de nouveau séparé d’eux avec ses traits humains, il fut élevé au ciel sous les regards des disciples ; et les anges dirent aux apôtres que Jésus viendra de la même manière — c’est-à-dire lors de son second avènement — dont il est monté au ciel. Et les disciples, s’étant prosternés devant celui qui était monté, retournèrent à Jérusalem ». Or, s’ils avaient adoré simplement un homme passible, ou bien la nature d’un homme, ainsi que les diphysites ont osé le dire, les bienheureux disciples auraient été, d’après eux, des anthropolâtres, comme nous l’avons dit maintes fois. Mais il n’en est point ainsi, loin de là ! Car ils adorèrent le Seigneur leur Dieu, et ils nous ont enseigné à adorer le Crucifié, en le proclamant vrai Dieu et Seigneur de gloire […]631632633634
« Que rougissent les diphysites et les disciples d’Eutychès, et que les bâtards des Manichéens soient confus avec Nestorius et avec tous les hérétiques ; car le Verbe s’est fait chair, c’est-à-dire homme, tout en demeurant Dieu. »
« Ce Jésus-Christ, notre Dieu, ne saurait être regardé comme autre que le Dieu Verbe ; car il est apparu sur la terre, étant Dieu, incarné de la sainte Vierge en vue de l’économie, demeurant précisément ainsi le Dieu béni. Car étant le Seigneur Dieu, il nous est apparu ; c’est pourquoi nous devons faire fête et nous réjouir, portant son nom. Nous avons contemplé en effet les cheminements du Seigneur Dieu incarné, par l’entremise des saints évangélistes, les démarches de Dieu le Roi, de celui qui a parlé au saint Sinaï et a promulgué la Loi. Ce Roi, Jésus, régnant sur la maison de Jacob pour les siècles et son royaume n’ayant pas de fin, étant monté dans les hauteurs, a emmené captive la captivité et a fait des dons aux hommes, lui qui a proclamé la Loi au saint Sinaï, selon la voix de l’Apôtre et du Psalmiste. Celui-ci a jugé avec justice les affligés du peuple et a sauvé les fils des pauvres, les rachetant par son propre sang, abaissant et mettant l’arrogant sous les pieds des croyants pour être foulé. »
« Son nom existait avant le soleil et avant la lune, engendré par avance du Père avant l’étoile du matin. »
« Celui-ci est devenu l’héritier de toutes choses selon l’économie, par lequel aussi le Père a fait les siècles. »
« Celui-ci a fondé la terre dès le commencement, et les cieux sont les œuvres des mains de l’Oint venu de Dieu. »
« À son sujet, il est dit par toutes les créatures : Ton trône, ô Dieu, est pour les siècles des siècles ; sceptre de rectitude est le sceptre de ton royaume. Tu as aimé la justice et haï l’iniquité ; c’est pourquoi [Dieu] t’a oint… »635636
Dieu, ton Dieu, d’une huile d’allégresse de préférence à tes compagnons.
« Celui-ci est né à Bethléem, né de la divine vierge Marie, lui qui, dès le commencement des jours de l’éternité, est né de Dieu et du Père. »
« C’est vers lui que l’Éthiopie a hâté d’étendre sa main, disant par l’eunuque : « Voici de l’eau, qu’est-ce qui m’empêche d’être baptisé ? » »
« Pour lui les royaumes de la terre jouent des instruments et chantent, et toutes les nations le servent, montant vers le vrai Dieu qui s’élève aux cieux des cieux vers l’orient. »
« Celui-ci est descendu comme la pluie sur la toison, s’est incarné de la Vierge et est né d’elle, faisant germer en ses jours la justice, et est monté au-dessus de tous les cieux afin de remplir toutes choses, par la paix donnée par lui ; car il a fait la paix par le sang de sa croix sur la terre et dans les cieux, et avec nous les saints anges lui chantent, disant : « Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et paix sur la terre ». »
« Celui-ci a dominé d’une mer à l’autre et des fleuves jusqu’aux extrémités de la terre ; il est ressuscité des morts, le Dieu incarné enseveli, et ses ennemis ont été dispersés et se sont enfuis devant sa face. »
« C’est lui qui disait par le prophète Osée : « De la main du séjour des morts je les délivrerai, de la mort je les rachèterai », et lui-même disait : « Je suis le Seigneur ton Dieu, qui t’ai fait monter d’Égypte ». Et encore : « Je suis le Seigneur ton Dieu, qui affermis le ciel et fonde la terre, dont les mains ont formé toute l’armée du ciel ». En Christ en effet a été créé ce qui est dans les cieux et ce qui est sur la terre en lui, et sans lui rien ne fut fait, comme le disent les apôtres. »
« C’est lui le Seigneur Dieu, qui nous a arrachés, nous qui étions chassés et blessés, et qui nous a accordé la guérison, ressuscitant des morts après deux jours, au troisième jour, en tant que Dieu. »637
« Et Amos prépare la même chose et exhorte Israël à invoquer le Seigneur son Dieu : Car c’est moi, dit-il, qui affermis le tonnerre, qui crée le souffle et qui annonce aux hommes son Oint. »
« Il lisait en effet dans la synagogue en disant : L’Esprit du Seigneur est sur moi, c’est pourquoi il m’a oint ; il m’a envoyé pour porter la bonne nouvelle aux pauvres, pour proclamer aux captifs la délivrance et aux aveugles le recouvrement de la vue, pour renvoyer libres les opprimés, pour proclamer une année d’accueil du Seigneur. Lui-même ne s’est pas annoncé de lui-même aux hommes ; et le Seigneur Dieu tout-puissant est son nom. »
« Le soleil, le voyant crucifié, se coucha à midi et les ténèbres se firent sur la lumière du jour au-dessus de la terre ; et pour cette raison, lors de la fête des Juifs, leurs fêtes se changèrent en deuil et tous leurs chants en lamentations. Elles se frappaient la poitrine pour lui et le pleuraient, les filles de Jérusalem qui avaient cru en lui, comme pour le deuil d’un bien-aimé ; et ceux qui étaient avec lui, comme en un jour de douleur, se cachaient par crainte des Juifs. »
« C’est lui qui a relevé la tente tombée de David, lui qui régnera sur le trône de David pour l’éternité, que recherchèrent le reste des hommes et toutes les nations, comme auteur des paroles prononcées par lui. »
« Et dans Michée, il est lui-même à Bethléem le chef d’Israël, né de la Vierge, et existant avant les siècles, né du Père en tant que Dieu ; car qui est Dieu, sinon lui, qui ôte les iniquités et passe par-dessus les transgressions de ceux qui croient en lui ? Car il se plaît à la miséricorde. »
« Et dans Joël, le même promet de répandre ou d’envoyer de son Esprit sur toute chair, sur tous ceux qui croient en lui, ainsi qu’il a été dit précédemment ; car la promesse du Père est celle du Fils, raison pour laquelle il dit : Moi, j’envoie, comme ayant autorité pour vous donner la promesse du Père. »
« Et dans Abdias, il apparaît lui-même comme le Seigneur de tous ; car, dit-il : Au Seigneur sera la royauté, dans le [fils] de David…638639640641642643644645646647648649650
il régnera sur la maison de Jacob pour les siècles, et « son règne n’aura pas de fin » 1.
« Et dans Jonas lui-même, il est préfiguré, enseveli dans la terre et ressuscité le troisième jour, Celui qui délivre notre vie de la corruption, le Seigneur notre Dieu. »
« Et dans Nahum lui-même, il promet d’ôter de nous le bâton, c’est-à-dire l’autorité sur nous de Satan le spoliateur, et de briser nos liens, ce qu’il accomplit en tant que Dieu, et d’effacer de la maison de Dieu les idoles sculptées et fondues ; il les montra plutôt à ceux qui l’adorent, venant évangéliser aux pauvres la paix qui vient de lui 1, et dispensant aux hommes sa propre paix. Il ordonne même de célébrer des fêtes à ceux qui croient en lui et de lui offrir des prières, ayant promis d’ôter du milieu d’eux la vétusté 4. Car tout est nouveau par le Christ ; puisque l’ennemi a été anéanti et ôté par la mort du Seigneur, et le Seigneur est monté des enfers, ressuscité des morts le troisième jour, lui qui a soufflé sur le visage des apôtres et nous a arrachés à la détresse en disant : « Recevez l’Esprit Saint » 5. »
« Mais Habacuc, ayant entendu son renom, fut effrayé et a manifesté qu’on le reconnaît à ses œuvres. Il prophétise pour la fin des années que Celui qui a fait passer toutes choses du non-être à l’être, le Dieu Verbe, apparaîtra sur la terre, fait homme tout en restant Dieu, et conversera avec les hommes. Il manifesta la gloire et les choses qu’il allait accomplir lors de son avènement corporel 2 : né homme d’une vierge et devenu notre propitiatoire tout en restant Dieu, et reconnu par ceux qui croient en lui, comme Celui que chantent les chérubins s’est révélé à nous dans les derniers jours, étant le Seigneur Dieu ; dont la vertu a couvert les cieux, et toute la terre a été remplie de sa louange, et il l’a illuminée de sa lumière 6. Car alors que notre âme était troublée par la colère à cause de la transgression d’Adam, il nous est apparu, étant le Seigneur Dieu ; et selon sa grande miséricorde, il nous a sauvés par le bain de la régénération et du renouvellement du Saint-Esprit, que Jésus-Christ a répandu abondamment sur nous et par son insufflation, en disant : “Recevez651652653654655656657658
… l’Esprit Saint, et ayant envoyé d’en haut la promesse du Père et nous ayant revêtus de la puissance d’en haut.
« Et Sophonie aussi prophétise à son sujet : En retour de ces choses, dit-il, dont L’outrageaient et s’enorgueillissaient contre le Seigneur tout-puissant ceux qui se tenaient près de la croix, c’est-à-dire en disant : « Si tu es le Fils de Dieu, descends de la croix » ; à cause de cela, le Seigneur apparaîtra contre eux, c’est-à-dire ressuscité des morts et ayant anéanti tous les dieux des nations de la terre, qu’adorent chacun en son lieu toutes les îles et toutes les nations de la terre, le reconnaissant comme le vrai Dieu. Et à cause de cela, réjouis-toi grandement et nous proclamons, nous réjouissant et exultant de tout notre cœur, car le Seigneur a ôté de nous nos iniquités et nous a rachetés de la main des ennemis intelligibles, et le Seigneur a régné au milieu de nous et nous a rendus renommés et glorieux parmi tous les peuples de la terre, ayant ramené nos captifs, comme Dieu.
« Et Aggée montre de nouveau Dieu, dont la voix ébranla la terre lorsqu’Il cria alors sur la croix, comme le dit l’Apôtre, Lui-même promettant en disant : « Encore une fois, j’ébranlerai le ciel et la terre, la mer et la terre ferme. »
« Et dans Zacharie, Il promet Lui-même de venir et de dresser sa tente au milieu de nous, et que se réfugieront vers Lui de nombreuses nations, et qu’elles deviendront pour Lui un peuple, et qu’Il dressera sa tente au milieu d’elles…
« Et de nouveau, il ordonne à Sion de se réjouir et de proclamer à Jérusalem, car voici, dit-il, ton roi vient à toi, juste et sauveur, Lui-même humble et monté sur une ânesse et sur un ânon nouveau. L’évangéliste a précisément témoigné de tout cela au sujet du Christ : qu’Il est à la fois Roi, humble et Sauveur, monté sur un ânon et loué par tout le peuple, étant comme le Dieu véritable et béni dans les siècles, et Roi d’Israël.
« Et Malachie prophétise à son sujet, en tenant le discours comme au sujet de Lévi ; car le Christ, étant venu comme grand prêtre des biens à venir, par une seule offrande…659
… a rendu parfaits pour toujours ceux qui sont sanctifiés, comme le dit Paul : « Et parce qu’il demeure éternellement, il possède un sacerdoce immuable, d’où il peut aussi sauver parfaitement ceux qui s’approchent de Dieu par lui ».
« Mon alliance était avec lui, dit-il, de vie et de paix, et je la lui ai donnée pour me craindre avec crainte et pour redouter devant mon nom. La loi de vérité était dans sa bouche, et l’iniquité ne s’est point trouvée sur ses lèvres ; marchant avec moi dans la paix et la droiture, il a détourné beaucoup de gens de l’iniquité ».
« C’est du Christ seul que l’Écriture a témoigné qu’il n’a point commis de péché et qu’il ne s’est point trouvé de fraude dans sa bouche ; car l’Esprit de Dieu a reposé sur lui : Esprit de sagesse et d’intelligence, Esprit de conseil et de force, Esprit de connaissance et de piété ; et l’Esprit de la crainte de Dieu l’a rempli, comme le dit Isaïe. Car c’est bien un tel grand prêtre qui nous convenait, saint, innocent, sans tache, séparé des pécheurs et élevé au-dessus des cieux, étant lui-même véritablement Dieu*. Voulant s’incarner, le Seigneur de gloire promit lui-même d’envoyer, avant son avènement charnel, le messager de l’alliance, Jean le Baptiste, comme son propre messager ».
Or, avant son second avènement, venant lui-même comme juge, le Seigneur Jésus, étant un avec la chair, promit d’envoyer Élie le Thesbite, rappelant en même temps qu’il est lui-même le Législateur de Moïse. Il dit en effet par le même prophète : « Et voici, j’envoie Élie le Thesbite avant que vienne le jour du Seigneur, grand et éclatant, qui ramènera le cœur du père vers le fils et le cœur de l’homme vers son compagnon, de peur que je ne vienne et ne frappe la terre de destruction complète. Souvenez-vous de la loi de Moïse, mon serviteur, selon ce que je lui ai ordonné en Horeb pour tout Israël, avec des préceptes et des jugements ».
« Et Isaïe prophétise lui aussi la naissance d’Emmanuel de la sainte Vierge, et il l’appelle le rejeton de la racine de Jessé, et le Seigneur… [lacune], et de le craindre comme Dieu, et de lui obéir et de… [mot illisible] par lui, et prince lui…660
des nations, et que c’est en lui que les nations espèrent, et il prophétise son ensevelissement et d’autres choses à son sujet ; et qu’il a livré son dos aux fouets, et ses joues aux soufflets, et son visage à l’opprobre des crachats ; et que, pour les péchés du peuple, lui, l’innocent, a été mené à la mort et compté parmi les impies ; et qu’il est celui qui a porté nos péchés et a souffert pour nous sur la croix ; et il le nomme Dieu, Seigneur et Lumière.
Qu’ils rougissent, les diphysites, car lui-même est le Créateur du ciel et celui qui l’a déployé, celui qui a affermi la terre et ce qui s’y trouve ; car en lui a été créé tout ce qui est dans les cieux et ce qui est sur la terre, selon la voix du bienheureux Paul. Qu’ils rougissent de même, les eutychiens, rejetons des manichéens ; car voici que le prophète s’écrie qu’il avait un dos, des joues et un visage, et qu’il ressentait la douleur pour nous, en tout semblable à nous, excepté le seul péché. Car il fallait que lui, devenu consubstantiel à nous selon l’économie, tout en demeurant Dieu, souffrît pour nous les choses dites précédemment, eût le côté percé, et qu’on lui fît boire du vinaigre et du fiel, et tout ce qu’il a souffert dans sa propre chair sur nous et pour nous.
« Et Jérémie prophétise à son sujet en disant : Et il est un homme, et qui le connaîtra ? Et encore : C’est ici notre Dieu, nul autre ne sera compté auprès de lui ; il a trouvé tout le chemin de la sagesse et l’a donné à Jacob son serviteur et à Israël son bien-aimé, afin de montrer qu’il était lui-même le Législateur au Sinaï, et par les prophètes aux fils d’Israël ; après cela, il est apparu sur la terre et a conversé avec les hommes. Et encore : Le souffle de notre visage, le Christ Seigneur, a été pris dans notre corruption, lui dont nous disions : À son ombre nous vivrons parmi les nations. »
« Et Ézéchiel lui-même prophétise au sujet du bon Pasteur suscité de la semence de David, dont les brebis propres sont les brebis douées de raison. Comme il dit aussi à Pierre :661662663664665666667668669670671
« [pour] paître mes brebis. Voici, dit-il, ce que dit le Seigneur Dieu : Je chercherai celle qui était perdue et je ramènerai celle qui était égarée ». Et, étant apparu sur la terre et ayant vécu parmi les hommes, Il disait : « Je n’ai été envoyé qu’aux brebis perdues de la maison d’Israël » ; et : « Le Fils de l’homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu ». C’est Lui qui a brisé le joug de notre tribut et nous a arrachés à celui qui nous réduisait en servitude, Lui, la nouvelle plantation de la paix, disant : « Venez à moi, vous tous qui peinez et ployez sous le fardeau, et moi je vous donnerai le repos. Prenez mon joug sur vous et apprenez de moi, car je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez le repos pour vos âmes ; car mon joug est doux et mon fardeau léger ». Donc, le Christ est Dieu, ayant voulu que Son joug soit sur nous.
« Et l’ange prophétise par Daniel que soixante-dix semaines ont été fixées pour le peuple et pour la ville sainte, jusqu’à ce que le péché prenne fin, que l’iniquité disparaisse et que l’injustice soit expiée, que la justice éternelle soit introduite, que la vision et le prophète soient scellés, et que le Saint des saints soit oint. Et Daniel apprend de l’ange, par la manifestation claire de la parole, depuis la réponse donnée et la reconstruction de Jérusalem jusqu’au conducteur oint, sept semaines et soixante-deux semaines ». Mais sur aucun de ceux qui sont nés des femmes une telle chose ne s’est accomplie, sinon sur l’Emmanuel, qui est Lui-même Dieu et homme, et non pas l’un étant Dieu et l’autre étant homme ; car le Verbe s’est fait chair, tout en demeurant Dieu. Car lorsqu’Il est venu, apparu sur terre, souffrant injustement, Lui, le Saint des saints, considéré comme l’accomplissement de la Loi et des prophètes, le Christ a fait germer la justice en Ses jours. Mais « pendant de longs jours », comme il a été écrit par le prophète Osée, « les enfants d’Israël sont restés sans roi et sans prince, sans sacrifice et sans autel, et sans prêtrise, et sans personne pour les instruire ». Mais le Saint des saints, le Christ, est venu, lorsque vint la plénitude du temps, et Il a régné sur la maison de Jacob pour toujours.672673
Et faisant savoir cela d’avance, il prophétisait que, dans les jours de ces rois-là, le Dieu du ciel suscitera sur la terre un royaume qui ne sera jamais détruit pour l’éternité, et son royaume ne sera point laissé à un autre peuple ; il brisera et anéantira tout, et lui-même subsistera pour l’éternité. Car de la montagne a été détachée une pierre sans le secours de mains, laquelle pierre est la maîtresse angulaire, choisie et précieuse ; lequel, né de la Vierge sans l’union d’un homme, tout en demeurant ainsi Dieu et consubstantiel au Père qui l’a engendré, est devenu en vérité une grande montagne et a rempli toute la terre, lui qui a été engendré du Père sans passion et d’une manière ineffable avant les siècles. Celui-ci a brisé la statue, c’est-à-dire l’insolent calomniateur, ainsi que les dieux des nations d’or, d’argent, de bronze, de fer et d’argile, et il les a broyés, et ils sont devenus comme de la poussière ; et il a montré toute la gloire des rois comme la fleur de l’herbe, et il a régné sur la maison de Jacob pour l’éternité, et son royaume n’aura point de fin. Or, la nature de l’homme ne peut point régner pour l’éternité.
Voici que tous les évangélistes, voyant de leurs propres yeux accompli en Christ ce qui avait été proclamé par les prophètes, l’ont enseigné, et nulle part ils n’ont voulu pour nous deux natures, ni n’ont transmis d’appeler l’unique Christ en deux natures. Mais ils ont proclamé le même comme Dieu avant les siècles, et le même comme devenu homme selon l’économie, tout en demeurant Dieu ; le même impassible et passible, le même Dieu, le même homme.
C’est d’une même voix que les saints Pères qui furent à Nicée l’ont aussi enseigné, et après eux les saints docteurs des Églises, comme cela a été démontré plus haut par leurs écrits. Car ils anathématisent ceux qui osent professer deux natures ou le diphysisme pour l’unique Christ, et ceux qui ne confessent point qu’il est devenu homme selon la vérité, ayant assumé de lui-même de souffrir semblablement à nous et avec un corps. Et parce que ceux qui ont été anathématisés par les saints Pères ont été véritablement anathématisés, ceux qui ont été instruits par eux et pour qui ils ont porté des lois ont reçu pour nous des lois certaines. Car ce qu’ils lieront sur la terre sera lié dans les cieux, et ce qu’ils délieront sur la terre [lacune]674675
seront déliées dans les cieux. Car « Dieu a établi dans l’Église certains, dit-il, premièrement apôtres, deuxièmement prophètes, troisièmement docteurs ». Et quiconque ne reçoit pas leur doctrine, comme réprouvé de Dieu en lui-même, méprise Dieu qui a donné son Esprit Saint en eux et les a établis docteurs dans l’Église. C’est pour cela que le Seigneur disait aux apôtres : « Celui qui vous écoute m’écoute, et celui qui vous méprise me méprise ».
Or, les successeurs des saints apôtres sont nos bienheureux et orthodoxes pères ; et c’est en révélant cela que le Seigneur disait aux disciples après sa résurrection : « Et voici que je suis avec vous, dit-il, tous les jours jusqu’à la fin du monde ». Il est en effet évident, au sujet des saints apôtres, que ce n’est point en demeurant dans la chair tous les jours jusqu’à la fin qu’ils devaient marcher avec ceux qui ont cru au Christ ; ce n’est donc pas à leur sujet seulement qu’il a parlé, mais aussi au sujet de ceux qui sont devenus leurs successeurs dans la vraie foi et la doctrine, et qui ont marché sur leurs traces selon leur conduite selon Dieu, et qui portent dans leur propre corps le reste des tribulations du Christ, et qui pour les brebis du Christ et pour le Christ parviennent jusqu’à la mort, afin de suivre les traces du Christ. Car, de même que les saints apôtres, Satan a réclamé nos saints pères et les docteurs de la sainte Église à plusieurs reprises pour les cribler comme le froment, mais leur foi n’a point défailli lors des assauts des tentations. Ils prenaient en effet courage auprès de celui qui priait pour eux sans acception de personnes afin que leur foi ne défaille point, et ils s’édifiaient par les souffrances endurées pour le Christ sur le fondement des apôtres et des prophètes, la pierre angulaire étant le Christ lui-même, lui qui a souffert pour nous et qui les fortifiait pour supporter les maux fondus sur eux de la part des ennemis de Dieu. Car ils ont appris du Christ à ne point faiblir dans les tentations, mais à veiller et à prier pour que s’accomplisse en eux la volonté de Dieu ; car ils avaient le Christ habitant en eux, le rocher spirituel et le fondement inébranlable sur lequel aussi676677678679680681682
sont édifiés, comme des pierres vivantes, en une maison spirituelle, en un sacerdoce saint pour Dieu, s’étant offerts chaque jour de plein gré pour le Christ, et se réjouissant sans cesse de souffrir pour le Christ, et disant : « Qui nous séparera de l’amour du Christ ? Mais nul : ni la tribulation, ni l’angoisse, ni la faim, ni la nudité, ni la persécution, ni le péril, ni le glaive ; car pour le Christ, nous sommes volontiers prêts à mourir chaque jour ».
Car nos saints Pères ont appris du Pasteur souverain, le Christ, que la porte était étroite et le chemin resserré qui mène à la vie, et qu’il fallait un grand combat selon Dieu pour entrer par la porte étroite des persécutions dans le royaume des cieux ; ils avaient appris du bienheureux Paul que c’est par beaucoup de tribulations qu’il faut entrer dans le royaume des cieux. Ils ont entendu le Seigneur disant : « Le bon pasteur donne sa vie pour ses brebis », et : « S’ils m’ont persécuté, ils vous persécuteront aussi ; s’ils ont gardé ma parole, ils garderont aussi la vôtre », et : « Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice, car le royaume des cieux est à eux », et : « Vous serez heureux lorsqu’on vous persécutera, qu’on vous outragera et qu’on dira faussement toute sorte de mal contre vous à cause de moi. Réjouissez-vous en ce jour-là et soyez dans l’allégresse, car votre récompense est grande dans les cieux ; car c’est ainsi qu’on a persécuté les prophètes qui vous ont précédés », et : « L’heure vient où quiconque vous fera mourir croira offrir un culte à Dieu », et : « Quiconque me confessera devant les hommes, moi aussi je le confesserai devant mon Père qui est aux cieux ».
C’est pourquoi les apôtres, accomplissant les commandements du Seigneur, ont enduré pour le Christ les épreuves, les nécessités, les persécutions, les détresses, et enseignaient que ceux qui veulent vivre pieusement dans le Christ Jésus seront persécutés pour le Christ.
Certes, que puis-je dire dignement au sujet des saints Pères qui ont été les docteurs de la sainte Église, eux qui jusqu’à la mort ont combattu vaillamment pour683
de la foi orthodoxe. Le Seigneur combattait pour eux, qui, par le Saint-Esprit, ont vaincu les rois qui faisaient la guerre à l’Église de Dieu, en proclamant devant les rois les commandements de Dieu et sans avoir honte devant les princes et les rois, traînés et emmenés pour le Christ. Car ils savaient bien que cela leur tournerait à salut. Par la foi, ils ont accompli la justice et obtenu les biens promis ; ils ont fermé la gueule des lions, éteint la puissance du feu, échappé au tranchant de l’épée, trouvé la force dans la faiblesse ; car lorsqu’ils faiblissaient dans les persécutions, c’est alors qu’ils se trouvaient plus forts et plus vaillants pour le combat mené pour le Christ, et plus puissants, et ils surmontaient aisément les ruses des ennemis par la droite parole et la foi envers Dieu. Combien, ayant enduré la mort pour la piété, couronnés par le Christ qui inscrit les luttes des martyrs, ont été proclamés d’en haut devant le Père céleste et les saints anges, afin d’obtenir une meilleure résurrection ! Combien de saints pères ont subi l’épreuve des moqueries et des fouets, errant en exil et de ville en ville, et subirent l’épreuve des liens et de la prison ; ils furent lapidés, mis à l’épreuve comme il est écrit, moururent par le tranchant de l’épée, errèrent fugitifs, dénués de tout, affligés, maltraités, errant dans les déserts, sur les montagnes, dans les cavernes et les antres de la terre ! Et tous ceux-là ont reçu un bon témoignage par la foi orthodoxe. Combien les pasteurs des Églises du Christ ont souffert sous les rois païens, et après eux sous ceux qui persécutaient les Églises de Dieu ! Combien ils ont souffert de la part des ariens, mis à mort, exilés, persécutés et emprisonnés avec les pasteurs orthodoxes du Christ ! Mais en toutes ces choses, ils ont été plus que vainqueurs par le Christ qui les a aimés ; car ils portaient les meurtrissures de Jésus dans leurs corps, pour leur gloire au jour du Christ. Car ils ne couraient point en vain et ne peinaient point en vain ; ils couraient ainsi, non pas à l’aventure ; ils combattaient ainsi, non pas comme battant l’air, oubliant ce qui est en arrière et se portant vers ce qui est en avant684685686
se tendant vers l’avant et, selon le dessein, ils ont couru pour la victoire de la vocation céleste de Dieu, dans le Christ Jésus notre Seigneur ; ils ont achevé la course, ils ont gardé la foi ; désormais leur est réservée la couronne de justice, que le Seigneur, le juste juge, leur rendra en ce jour-là, ainsi qu’à tous ceux qui aiment sa manifestation et son royaume. Et par les fruits de leur foi orthodoxe et de leur conduite probe, nous les avons reconnus : ce sont de bons serviteurs, plantés dans la maison du Seigneur, et ils ont fleuri dans les parvis de notre Dieu. Car les nobles de l’Église de Dieu demeurent dans les doctrines salutaires. Bienheureux sont tous ceux qui ont suivi la doctrine des saints et orthodoxes Pères, sans dévier ni à droite ni à gauche de la voie royale de leur foi orthodoxe. Car ceux que les saints et orthodoxes Pères présentés dans ce livre ont loués, ceux-là sont loués par Dieu ; et les paroles de la foi orthodoxe qu’ils ont confirmées, celles-ci ont été confirmées par Dieu. De même, ce qu’ils ont maudit et anathématisé, cela a été maudit et anathématisé par Dieu, et les paroles qu’ils ont rejetées comme étrangères, celles-ci ont été rejetées par Dieu. Bienheureux sont tous ceux qui ont acquiescé à toute l’Écriture divinement inspirée et à ce qui y est écrit au sujet de l’unique Seigneur nôtre, Jésus-Christ ; car elle est utile pour la droite doctrine et redresse à nouveau ceux qui sont égarés et qui ont suivi des doctrines humaines non droites.
Bienheureux ceux qui ont acquiescé à la doctrine des saints et orthodoxes Pères, car ils se trouveront cohéritiers des saints ; mais ceux qui n’ont pas acquiescé à la doctrine et à la législation de Dieu transmise par leur intermédiaire, tombés dans des hérésies diverses et variées, égarés hors de la voie royale de la foi orthodoxe, ont marché dans des sentiers raboteux et épineux, qui les conduisent droit à des tourments perpétuels ; car non seulement ils ont désobéi aux saints Pères, reniant le Seigneur Christ qui les a rachetés par son propre sang, attirant sur eux-mêmes une prompte perdition, mais comme non687
… [non] contents de leur propre ruine, ils ont arraché beaucoup d’entre les plus irréprochables, afin de corrompre leur intégrité ; et Dieu réclamera aux séducteurs le sang de ces égarés en ce jour-là. On demandera compte aussi des jugements portés contre ceux qui ont été tués, persécutés, dépouillés et exilés par eux, pour n’avoir pas voulu s’associer à leur impiété. Mais tandis que [ceux-ci] endurent d’eux des supplices jusqu’à la mort pour la piété, viendra en vérité sur eux tout le sang juste, selon la parole du Seigneur, et ils combleront la mesure de leurs pères, les Juifs, et se montreront les fils de ceux qui ont tué les saints prophètes et les apôtres.
Désormais donc, bien-aimés, comme le dit l’apôtre Jude, nous édifiant nous-mêmes sur notre très sainte foi, que nous avons reçue de Dieu par les saints apôtres, par les saints Pères et les archevêques de toute la terre qui ont gardé la foi de Dieu sans altération jusqu’au dernier souffle, priant par le Saint-Esprit, conservons-nous dans l’amour de Dieu, attendant la miséricorde de notre Seigneur Jésus-Christ pour la vie éternelle. Et reprenez les uns en faisant un discernement, sauvez les autres en les arrachant au feu, et ayez pitié des autres avec crainte, haïssant la tunique souillée par la chair.
Tous nos Pères et les évêques réunis à Éphèse au sujet de Nestorius, marchant sur les traces des bienheureux Pères de Nicée et confirmant fraternellement les traditions de la vérité transmises par ceux-ci, ont défini qu’il n’est permis à personne d’ajouter quoi que ce soit à la sainte foi ni d’en renouveler une autre, s’y tenant ainsi fermement et refusant de subir l’ombre d’un changement, selon la parole de l’apôtre Jacques. Quant à ceux qui se sont rassemblés à Chalcédoine, renouvelant celle-ci, comme ils disent, et rangeant la lettre de l’impie Léon avec cette sainte foi, foulant aux pieds les définitions et les lois des saints, qu’ils soient anathèmes !688689690
Témoignages utiles de nos bienheureux Pères, montrant l’impiété et l’audace de ceux qui innovent, comme ils disent, les formules de la foi, et qu’il ne faut point recevoir d’autre définition de foi que celle de la sainte assemblée des trois cent dix-huit [Pères], à laquelle se sont aussi conformés les saints Pères qui furent à Éphèse, en déposant Nestorius comme impie.
Du bienheureux Athanase, archevêque d’Alexandrie, à ceux d’Afrique :
« Car c’est pour cette raison que s’est tenu à Nicée le concile œcuménique des trois cent dix-huit évêques rassemblés au sujet de la foi, en raison de l’impiété arienne, afin que désormais il n’y en ait plus sous prétexte de la foi selon eux, ou bien que, s’il y en avait, ils ne soient pas reçus. Que manque-t-il donc à celle-ci pour que l’on recherche du nouveau ? Elle est pleine de piété, bien-aimés ; elle a rempli le monde entier ; elle a été reconnue et par les Indiens et par tous les chrétiens qu’il y a chez les autres barbares. Donc, vain est le labeur de ceux qui ont souvent entrepris contre elle ; car voici que de telles gens ont tenu quelque onze conciles, changeant de jour en jour, prétendant s’en tenir aux premières choses, mais après cela, en changeant et en ajoutant, ils n’ont rien établi de solide, jusqu’à présent écrivant, effaçant, usant de contrainte. »
Et après d’autres passages :
« Car même si certains mentionnent Rimini, qu’ils apprennent d’abord l’annulation des choses dites précédemment, et ce que les évêques ont écrit en disant de ne rien chercher de plus que ce qui a été confessé à Nicée par les Pères, et de ne pas nommer d’autre concile que celui-là. »
Et après d’autres passages :
« Ces choses ayant été ainsi démontrées superflues pour celui de Rimini, il est superflu aussi que tout autre [concile] nommé par eux au sujet de
[…] de la foi du concile, car il est suffisant, celui de Nicée, s’accordant avec les patriarches les plus anciens, dans lequel leurs pères ont aussi souscrit, ce qui exhortait à respecter ces choses, afin de ne pas paraître plus que tous des chrétiens sans Dieu.
Et après d’autres paroles :
« Nous vous prions de ne pas consentir, comme nous l’avons dit précédemment, à la multitude des conciles proposés sous prétexte de foi, soit à Ariminum, soit à Sirmium, soit en Thrace, ou à ceux qui se sont tenus à Constantinople à maintes reprises, ou à Antioche. Mais, par-dessus tous, que seule soit conservée auprès de vous la foi confessée à Nicée par les Pères, à laquelle tous, ainsi que les pères de ceux qui combattent maintenant contre elle, comme il a été dit plus haut, ont souscrit. Car c’est aussi à notre sujet que l’Apôtre dit : « Je vous loue de ce que vous vous souvenez de moi en toutes choses, et de ce que vous retenez les traditions comme je vous les ai transmises ». Telle est en vérité la définition du concile de Nicée contre toute hérésie. Elle renverse et rejette au loin ceux qui blasphèment contre le Saint-Esprit et disent qu’Il est une créature. Car, en parlant de la foi au Fils, les Pères ont aussitôt ajouté : « Nous croyons aussi au Saint-Esprit », afin que, confessant une foi parfaite et pleine en la sainte Trinité, la réalité de la foi du Christ et la doctrine de l’Église universelle soient reconnues par ces paroles. »
Du bienheureux Basile, extrait de la lettre aux Antiochiens :
« Pour ce qui est de la foi, nous n’en recevons pas une plus récente apportée par d’autres, et nous n’osons pas non plus transmettre nous-mêmes les fruits de notre propre pensée, afin de ne point rendre humaines les paroles de la piété ; mais, tel que nous l’avons appris des saints Pères, nous le faisons savoir à ceux qui nous interrogent. C’est donc là la foi rédigée par les saints Pères réunis à Nicée pour notre Église gouvernée par les Pères, laquelle, je pense, se trouve déjà sous la main auprès de vous aussi. Cependant, nous ne tardons pas, de peur d’encourir l’accusation d’hésitation. »691
Du même, de sa lettre à ceux d’Occident :
« Les doctrines des Pères ont été méprisées, les traditions apostoliques ont été dédaignées, les inventions des hommes les plus puérils font la loi dans les Églises. Désormais les hommes usent d’artifices de langage, ils ne théologisent plus. La sagesse du monde s’arroge le premier rang, en rejetant la gloire de la croix. Les pasteurs sont chassés au loin ; à leur place sont introduits de cruels loups ravisseurs qui déchirent le troupeau. »
Et après d’autres paroles :
« Que soit aussi proclamée parmi nous avec hardiesse cette bonne prédication des Pères, destructrice de la tristement célèbre hérésie d’Arius, mais qui édifie les Églises dans la saine doctrine, où le Fils est confessé consubstantiel au Père, et où l’Esprit Saint est compté et adoré avec un égal honneur. »
Du même, de sa lettre aux Égyptiens :
« Et pourtant il fallait savoir que, par la grâce de Dieu, vous n’êtes pas seuls auprès des Orientaux, mais vous en avez beaucoup de votre côté qui réclament justice pour l’orthodoxie des Pères — la pieuse doctrine selon Nicée de ceux qui l’ont consignée —, et tous ceux d’Occident partagent votre voix. »
Du même, à ceux qui étaient demeurés avec lui parmi les eustathiens :
« Ceux-ci calomnient maintenant la foi de Nicée et nous appellent consubstantialistes, pour cette raison que dans cette foi nous confessons le Fils unique de Dieu consubstantiel au Père ; non pas comme divisé à partir d’une seule substance en deux frères — à Dieu ne plaise ! —, car ce n’est pas ainsi que le saint et pieux concile de Dieu l’a compris, mais en ce sens que, de même que le Père est selon la substance, ainsi convient-il de le comprendre aussi pour le Fils. Car eux-mêmes nous l’ont expliqué en disant : « Lumière de Lumière ». Et la foi de Nicée leur a été apportée de l’Occident, celle qu’ils ont transmise au concile de Tyane, par lequel elle a aussi été reçue avec agrément. Mais ils ont une certaine doctrine spécieuse dans de tels changements ; car c’est en médecins des paroles de la foi qu’ils agissent selon le temps opportun, adaptant tantôt ainsi [leur langage] à la maladie présente. Or cette sophistique [lacune] »
… de l’unité inébranlable, il ne m’a point paru convenable de le démontrer, mais plutôt à vous de le comprendre. Que le Seigneur vous donne donc la sagesse de reconnaître quel est le discours droit et quel est le discours pervers et dévoyé ! Car si d’aventure il fallait tantôt rédiger d’autres confessions de foi et changer au gré des circonstances, le propos de celui qui a dit : « Un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême » serait mensonger. Mais si ces paroles sont vraies, que personne ne vous trompe par ces discours nouveaux.
Du bienheureux Cyrille, archevêque d’Alexandrie, tiré de la lettre à Acace :
Car le saint et œcuménique concile réuni dans la ville des Éphésiens a compris par avance qu’il n’était nullement nécessaire pour les Églises de Dieu d’introduire une autre profession de foi que celle qui existait déjà, que les trois fois bienheureux Pères, parlant par le Saint-Esprit, avaient définie.
Voici donc désormais mise en évidence, par les textes utiles que nous avons glanés dans le jardin fertile des saints Pères, l’impiété des diphysites et des phantasiasmes. J’ai jugé tout à fait convenable de consigner aussi l’ensemble de leurs écrits, soit confessions de foi et lettres, d’où apparaîtra plus clairement l’impiété des susdits hérétiques, tandis que resplendira la beauté de l’orthodoxie.
Du bienheureux Irénée, disciple des Apôtres et évêque de Lyon, qui n’était point reconnu comme ayant brillé par l’enseignement des philosophes :
La Loi, les prophètes et l’Évangile ont proclamé le Christ né de la Vierge, souffrant sur le bois, visible aux morts, monté aux cieux, glorifié par le Père et Roi pour les siècles. Et parce qu’il est l’Intelligence parfaite, le Verbe de Dieu, engendré du sein avant l’aurore, co-créateur de toutes choses, auteur de l’homme…692693694
devenu tout en tous : patriarche parmi les patriarches, loi dans la loi, souverain sacrificateur parmi les prêtres, chef conducteur parmi les rois, prophète parmi les prophètes, ange parmi les anges, homme parmi les hommes, Fils auprès du Père, Dieu parmi les dieux, Roi pour les siècles. C’est Lui-même qui pilota Noé et guida Abraham, qui fut lié avec Isaac et vécut en pèlerin avec Jacob, qui fut vendu avec Joseph et commanda les armées avec Moïse, donnant la loi au peuple et distribuant les héritages avec le vaillant Josué, fils de Noun ; chantre en David et proclamant Ses propres souffrances dans les prophètes ; Lui qui s’est incarné de la Vierge et est né à Bethléem, Lui qui a été enveloppé de langes dans une crèche et vu par les bergers, glorifié par les anges et adoré par les mages, accueilli par Jean et baptisé dans le Jourdain, tenté au désert et trouvé Seigneur, rassemblant les apôtres et prêchant le Royaume, guérissant les boiteux et purifiant les lépreux, illuminant les aveugles et ressuscitant les morts ; apparu à la multitude et méconnu par le peuple, livré par les Juifs et arrêté par les grands prêtres, comparu devant Hérode et jugé devant Pilate, cloué dans la chair et suspendu au bois, enseveli dans la terre et ressuscité d’entre les morts, et apparu aux apôtres et monté aux cieux, assis à la droite du Père et glorifié par Lui ; Lui qui est la résurrection des ensevelis et le salut des perdus, la lumière de ceux qui sont dans les ténèbres et la rançon des captifs, le guide des égarés et le refuge des affligés, le pasteur des vivants et l’Époux de l’Église, porté sur les chérubins et chef des armées d’anges, Dieu né de Dieu, Fils issu du Père, Jésus-Christ, Roi pour les siècles, amen.
Du même Irénée§
Les saintes Écritures savent que le Christ, de même qu’Il est homme, de même aussi Il n’est pas homme ; et de même qu’Il est chair, de même aussi Il est Esprit, et Verbe de Dieu et Dieu ; et de même qu’Il est né de Marie dans les derniers temps, de même aussi Il est le Premier-né de toute créature, sorti de Dieu.695696697
et comme ayant faim, ainsi rassasiant ; et comme ayant soif, ainsi abreuvant — jadis pour les Hébreux, lorsqu’il était le rocher, le Christ, et maintenant pour les croyants —, Jésus donne le breuvage spirituel qui jaillit en vie éternelle. Et comme fatigué, ainsi procurant le repos à ceux qui sont fatigués et chargés. Et comme Fils de David, ainsi Seigneur de David. Et comme issu d’Abraham, ainsi avant Abraham. Et comme serviteur de Dieu, ainsi Fils de Dieu et Seigneur de tous. Et comme recevant des crachats pour outrage, ainsi insufflant l’Esprit à ses disciples. Et comme attristé, ainsi donnant la joie à son peuple. Et comme saisissable et passible, ainsi derechef passant au milieu des calomniateurs sans être capturé, et entrant alors que les portes étaient closes sans être empêché. Et comme dormant, ainsi commandant à la mer, aux vents et aux esprits. Et comme ayant souffert, ainsi vivant et vivifiant, et guérissant de toute maladie. Et comme mourant, ainsi résurrection des morts ; étant sur la terre sans honneur, et dans les cieux revêtu de tout honneur et de la plus grande gloire ; crucifié certes dans la faiblesse, mais vivant par la puissance divine ; descendu dans les régions inférieures de la terre et monté bien au-dessus des cieux ; se contentant d’une crèche et remplissant toutes choses ; ayant été mort et rendu à la vie pour les siècles des siècles, amen.
Du même Irénée :
La sainte Église, bien que semée dans le monde entier jusqu’aux extrémités de la terre par les Apôtres et par leurs disciples, a reçu la foi en un seul Dieu, Père tout-puissant, créateur du ciel et de la terre, de la mer et de tout ce qui s’y trouve ; et en un seul Seigneur Jésus-Christ, le Fils de Dieu, incarné pour notre salut ; et dans le Saint-Esprit, qui par les prophètes a proclamé les économies de Dieu, et l’avènement, et la naissance issue de la Vierge, et la passion, et la résurrection d’entre les morts, et l’ascension corporelle dans les cieux du Fils bien-aimé698
du Christ Jésus, notre Seigneur, ainsi que son avènement depuis les cieux dans la gloire du Père, pour récapituler toutes choses et ressusciter toute chair de toute l’humanité ; afin que devant Jésus-Christ, notre Seigneur, Dieu, Sauveur et Roi, selon le bon plaisir du Père invisible, « tout genou fléchisse, au ciel, sur la terre et aux enfers, et que toute langue Le confesse » ; et qu’il rende un jugement de justice sur tous, afin qu’il envoie au feu éternel les esprits de méchanceté, les anges transgresseurs et devenus apostats, ainsi que les hommes impies, injustes, iniques et blasphémateurs ; mais qu’aux saints, aux justes, à ceux qui ont gardé ses commandements et sont demeurés dans son amour — les uns dès le commencement, les autres par la pénitence —, leur ayant accordé la vie, il prépare l’incorruptibilité et la gloire. Ayant reçu cette prédication et cette foi, comme nous l’avons dit plus haut, l’Église, bien que semée dans le monde entier, la garde avec sollicitude, comme habitant une seule maison, et semblablement pour les croyants comme n’ayant qu’une seule âme et ayant le même cœur ; et d’une voix unanime elle prêche ces choses, les enseigne et les transmet, comme ayant acquis une seule bouche.
Foi apostolique, en accord avec l’illustre concile de Nicée.
Du bienheureux Jules, archevêque de Rome, de la lettre à Denys :
Je m’étonne d’entendre au sujet de certains qui confessent que le Seigneur est Dieu incarné, mais qui errent misérablement dans l’hérésie introduite par les Paulianistes. Car ceux-ci, asservis à Paul de Samosate, disent autre celui qui vient du ciel, le confessant Dieu, et autre l’homme venant de la terre ; l’un incréé, et l’autre créé ; l’un éternel, et l’autre d’hier ; l’un Seigneur, et l’autre serviteur ; impies, soit qu’ils adorent celui qu’ils disent serviteur et créature, soit qu’ils n’adorent point Celui qui nous a rachetés par son propre sang. Mais ceux qui confessent que le Dieu venu du ciel s’est incarné de la Vierge, et qu’il n’est qu’un seul corps, sont vainement troublés par les propos de leur impiété extra-699700
… portés. Car ceux-ci disent aussi, à ce que j’entends, deux natures, alors que Jean nous a assurément démontré au sujet du Seigneur en disant : « Le Verbe s’est fait chair »^1, et Paul en disant : « Un seul Seigneur Jésus-Christ, par qui sont toutes choses »^2.
Or, si celui qui est né de la sainte Vierge a été nommé un, et qu’il est le Verbe par qui tout a été fait, il est une seule nature, parce qu’il est une seule personne, n’ayant point de division en deux ; car ni la chair n’est une nature à part, ni la divinité n’est une nature à part selon l’incarnation ; mais, tout comme l’homme est une seule nature, ainsi en est-il aussi du Christ devenu à la ressemblance des hommes.
Mais s’ils ne reconnaissent pas l’un selon l’union, ils peuvent aussi diviser l’un en plusieurs et parler d’une multitude de natures ; car le corps aux formes diverses est composé d’os, de nerfs, de veines, de chair et de peau, d’ongles même et de cheveux, de sang et de graisse, qui tous ont une diversité les uns par rapport aux autres. Pourtant, il est une seule nature ; de sorte que la vérité de la divinité avec la chair est une et ne se divise point en deux natures. Car il n’eût pas même été possible d’appeler le tout Fils de l’homme descendu du ciel, et Fils de Dieu celui qui est né d’une femme, s’il recevait la division en deux natures ; mais celui qui est descendu du ciel eût été appelé assurément Fils de Dieu, et non point Fils de l’homme, tandis que celui qui est né d’une femme eût été appelé assurément fils de l’homme, et non point Fils de Dieu ; et cela découle de l’hérésie photinienne.
Mais les Écritures divines nous enseignent à parler d’un seul Seigneur, tant selon sa descente du ciel que selon sa naissance d’une femme.
Dès lors, que ceux qui parlent ainsi rejettent dehors tout ce qui s’oppose à ceux qui parlent d’un seul, afin que, louant par l’esprit, ils ne blasphèment point par les paroles. Car il leur est nécessaire, en disant deux natures, d’adorer l’une et de ne point adorer l’autre, d’être baptisés dans ce qui est divin et de ne point être baptisés dans ce qui est humain. Mais si nous sommes baptisés dans la mort du Seigneur, nous confessons une seule nature de la divinité impassible et de la chair passible, afin qu’ainsi notre baptême soit en Dieu et accompli dans la mort du Seigneur. Car non point…701
… en deux personnes le Seigneur, si, professant l’union [attestée par les] anges et les apôtres, ils nous outragent comme disant que le corps vient du ciel, lorsque nous lisons les divines Écritures disant le Fils de l’homme venu du ciel. Car non plus lorsque nous disons le Fils de Dieu né d’une femme, nous ne pouvons blasphémer en disant le Verbe issu de la terre et non du ciel.
Mais nous affirmons la double réalité, et tout entier venu du ciel en raison de la divinité, et tout entier issu de la femme à cause de la chair, sans concevoir de division de l’unique personne et sans retrancher du céleste le terrestre, ni du terrestre le céleste ; car impie est la séparation.
Que ceux qui disent deux natures ne fournissent donc plus de prétexte aux séparateurs ; car la chair non plus n’est pas une nature par elle-même, parce qu’elle n’est pas vivifiante par elle-même et ne peut être séparée de ce qui vivifie, et le Verbe non plus par lui-même ne se sépare de sa propre nature, qu’il possède selon l’incorporéité. Et parce que le Seigneur est dans la chair, et qu’il ne s’est pas manifesté au monde de façon incorporelle, il ne sépare pas le fait d’être fait dans la chair de la divinité incréée, afin que nul ne distingue une nature créée ; mais le Verbe incréé ne s’est pas non plus manifesté sans chair, pour que nul ne sépare la nature incréée. Or, si chacune des deux réalités est une selon l’union, et le rassemblement et la composition, la forme humaine, il convient d’adapter aussi au composé un nom unique : de la divinité ce qui est incréé, et de la chair ce qui est créé, et de la divinité l’impassible, et de la chair le passible. Et de même que nous avons entendu de Paul que le Christ est passible, nous ne l’avons pas entendu de façon partielle et nous n’avons pas estimé la divinité passible, de même aussi pour « créé » et « serviteur » : cela ne se dit pas de façon partielle et cela ne rend pas la divinité soumise au devenir et servile, et de nouveau l’incréé ne rend pas la chair incréée, ni ne se dit corporellement de la divinité seule.
Quant à ceux qui pensent ainsi ces choses, qu’ils demeurent dans le silence, ayant rejeté loin d’eux les questions superflues qui [engendrent] les hérésies. Il a été proclamé d’une même voix et professé d’un commun accord que la chair vient de la Vierge, la divinité du ciel, la chair créée dans le sein, la divinité incréée de toute éternité…702703
[…] afin que, le Verbe étant uni au corps, la divinité demeure indivisible.
Mais si l’on a coutume, dans l’Écriture, de tout énoncer divinement et de tout énoncer humainement, suivons nous aussi les paroles divines et ne divisons pas ce qui est indivisible ; et ne séparons pas la divinité du corps, comme par souci de convenance, lorsqu’il est dit que le corps a été formé dans le sein [maternel], et ne séparons pas le corps de la divinité, comme pour confesser la venue, lorsque la divinité est glorifiée comme incréée.
Comment donc n’est-il pas convenable que ceux qui confessent ou parlent ainsi avec rectitude, selon ce que nous avons reçu, ne s’opposent pas les uns aux autres par les termes ? Si certains emploient le nom du corps à l’égard du Verbe, comme Jean dit que le Verbe est devenu chair, d’autres attribuent le nom de la divinité à la totalité du serviteur, comme Paul dit : « Le dernier Adam [est devenu] un esprit vivifiant » (a). Et le Christ confesse adorer le Père selon le corps en disant : « Nous adorons ce que nous savons » (b), et la divinité n’est pas divisée ; Il est adoré selon la divinité, et le corps n’est pas séparé de l’adoration de la divinité, et nous ne séparons pas le corps lorsque nous L’adorons. Car il n’est pas non plus possible que le corps souffre et que la divinité en soit séparée, puisqu’elle est unie. Car il fallait que la mort fût vaincue par Dieu, et elle a été vaincue.
Avertissez désormais ceux qui se sont vainement fait des ennemis à ce propos, et que la confession soit conforme à la doctrine sans diviser par les paroles. Car différer d’avis par les doctrines, tout en prenant prétexte des paroles pour créer un désaccord, est impie ; mais être en accord selon la doctrine tout en différant par les termes est vain et insensé. Et professant d’un commun accord que le Christ est Dieu incarné, et qu’Il est Lui-même à la fois du ciel et de la terre, serviteur par la forme et Dieu par la puissance, qu’ils demeurent dans la concorde, qu’ils ne s’égarent pas vainement et ne trébuchent pas dans les querelles de mots des sectaires, mais, rendant plutôt enviable la simplicité de l’Église, conduisez-vous dans la rectitude dans le Seigneur.
Du même, extrait de la lettre à Prosdokios.704705
À mon seigneur désiré Prosdocos, Jules, salut dans le Seigneur.
Notre pensée, selon la tradition apostolique, [est qu’il y a] une seule divinité du Père et du Fils et du Saint-Esprit, véritable, une seule adoration et glorification du Fils auprès du Père dans Son adoration et celle de l’Esprit. Mais si quelqu’un introduit une autre divinité, qu’il soit anathème ! Et s’il ajoute une autre glorification que les voix des séraphins : « Saint, saint, saint, le Seigneur Sabaoth, toute la terre est pleine de sa gloire », et en bénissant la divine Trinité, comme en témoignent Jean et Paul — Jean disant que le prophète voyait et chantait la gloire du Fils, tandis que Paul rapportait cette même gloire au Saint-Esprit, en disant que les voix proférées dans la vision et du Glorifié appartenaient au Saint-Esprit, car la gloire de l’Esprit est la gloire du Fils, et la gloire du Fils est la gloire du Père —, c’est pourquoi une seule substance de la Trinité est proclamée par l’assemblée ecclésiastique dans le monde.
Ainsi, quiconque sépare de la substance du seul Dieu le Fils et l’Esprit, comme s’ils étaient issus du néant, tout comme nous, et non point de la même substance, comme par ressemblance selon celle-ci, qu’il soit anathème ! Il est proclamé aussi pour l’unité de la foi que le Fils de Dieu s’est incarné de la vierge Marie et a dressé sa tente parmi les hommes, sans opérer [seulement] dans un homme — car cela appartient aux prophètes et aux apôtres —, Dieu parfait dans la chair, homme parfait par l’esprit ; non pas deux fils, comme si l’un était un fils propre en prenant l’homme, et l’autre un homme mortel pris par Dieu, mais un seul Unique-Engendré au ciel, Unique-Engendré sur la terre, Dieu en vérité, homme sous une forme corporelle, à sa ressemblance, sauvant le monde selon la réceptivité de son âme, qui fut conférée par le souffle, étant devenu homme dans l’humanité ancienne, Roi des êtres célestes, des terrestres et des souterrains, glorifié par tous comme un seul et unique Seigneur, à la gloire de Dieu notre Père.
Mais si quelqu’un dit que Dieu a pris un homme, celui [issu] de Ma[lacune]706707708709710711
[… né] de Marie, Jésus, et deux personnes parfaites unies, qu’il sache qu’il est étranger à l’espérance divine ; car Dieu le Verbe, par qui tout a été fait, est Jésus, par qui tout [a été fait], comme Jean et Paul l’ont enseigné. Il n’est pas dit que le Jésus né de Marie a pris le Verbe, mais que Lui-même est venu dans le monde, né d’une femme, et non pas que Celui [qui vient] du ciel a habité dans un homme terrestre issu de la poussière, mais que ce même second Adam est céleste ; car céleste est le Verbe qui a le corps [issu] de Marie, et qui nous rend nous-mêmes célestes, par le Céleste, à sa ressemblance, nous qui étions faits de poussière ; car nous avons été appelés à la communion du Fils de Dieu, qui s’est égalé à nous jusqu’à la mort et à la croix de l’homme vaincu, tout en étant le Seigneur de gloire, non pas retenu par la mort comme tout homme, mais détruisant la mort et faisant luire la vie et l’incorruptibilité, nous ayant donné sa propre victoire, etc.
Du même§
C’est pourquoi soit anathème quiconque ne confesse pas que l’homme issu de Marie est Dieu incarné, consubstantiel au Père, étant Dieu dès le commencement, immuable dans l’incarnation et impassible dans les souffrances. De même, soit anathème aussi celui qui ne dit pas que le corps du Sauveur est issu de Marie, mais [qui le dit venu] du ciel ; ou [qui affirme] incréée sa nature créée et [tirée] du néant, pourtant unie par union au Dieu incréé. Celui qui dit que le corps est divin et adorable, et [qui adore] l’un et l’autre comme un seul Dieu incréé, qu’il soit béni, ne trébuchant point à propos du corps et de ses souffrances, mais adorant aussi corporellement Celui qui est adoré incorporellement, comme un seul et unique Fils de Dieu, de toute éternité et pour les siècles. Nous avons aussi appris à confesser son second avènement dans l’enseignement du saint baptême.
Lettre encyclique du même§
Aux évêques de tous lieux, [de] l’Église catholique[…]712713714715716717718719720721
… aux frères bien-aimés, Jules : salut dans le Seigneur ! J’ai acquis la certitude, frères bien-aimés, touchant votre foi envers le Seigneur Dieu et Roi, d’après l’histoire ecclésiastique : le prophète Osée, au sujet de Dieu le Verbe et du Père, [dit] comme au sujet du Seigneur : « Je ne me détournerai point pour détruire Jacob, car c’est moi qui suis Dieu et non un homme, saint au milieu de toi, et je n’entrerai pas dans la ville ; et je marcherai à la suite du Seigneur ». Et par ces paroles [est signifié] Dieu le Verbe incarné, à l’égard duquel des hommes le renient vainement et ne confessent pas qu’il est Dieu : « C’est moi qui suis Dieu et non un homme ».
Nous croyons en une seule Divinité et substance, Trinité sainte, glorifiée et adorée, c’est-à-dire le Père, le Fils et le Saint-Esprit ; et en la double prédication, et en l’incarnation venant de la sainte Vierge Marie, et en la manifestation de Dieu le Verbe et notre Sauveur Jésus-Christ, et en son apparition aux hommes, étant lui-même Dieu et homme, non pas un autre de Dieu et un autre de l’homme, mais une seule hypostase et une seule personne de Dieu le Verbe et de la chair [issue] de Marie, venant de Dieu et de la femme, lui-même passible et impassible ; souffrant par la chair et endurant nos passions, mais détruisant les passions par la divinité, et abolissant notre mort par sa mort salvatrice et illuminant, accordant la vie et l’incorruptibilité aux croyants, le ravissement des biens à venir et l’héritage avec gloire du Royaume céleste et divin.
Vous qui croyez à la venue de Dieu, vous devez la conserver fidèlement et ne pas vous laisser emporter çà et là par les sectes. Car celui qui professe de bouche l’incarnation de Dieu, mais ne pense qu’à un homme né d’une femme semblable à nous, disant que l’enfant de Dieu ne naît point d’une femme, [a déchu] de la foi et se trouve rangé parmi les infidèles.
Mais il nous convient de garder les traditions divines, et non la contradiction humaine ; car non point de…722
[…] nous avons cru, mais d’après les paroles divines qui ont jailli vers nous par le témoignage des bienheureux apôtres, lesquels, ayant vu la gloire surnaturelle de notre Seigneur et ayant entendu le témoignage céleste, ont annoncé au monde le Dieu incarné, le Verbe fait chair, Esprit vivifiant, notre Seigneur Jésus-Christ, sans père selon la naissance sur terre, parce que Dieu était descendu du ciel, et non un homme ayant germé des semences humaines ; et appelé Fils de l’homme, tout en manifestant l’autorité de Dieu, sauvant le monde par son nom, commandant aux êtres célestes, possédant un trône céleste, adoré par les anges, glorifié avec le Saint-Esprit ; au sujet desquels, oublier ce qui a été enseigné est un grand péril. « Bienheureux est, dit-il, celui pour qui je ne serai pas une occasion de chute ». Et trébuche celui qui, à cause de la chair et de ses souffrances, altère le Sauveur et préfère l’homme à la place de Dieu. Car en disant que celui qui est né est un homme, qu’un homme a été crucifié, l’homme a été substitué à la place de Dieu, ne pouvant trouver d’en haut, venant de Dieu, le salut. Car c’est celui qui vivifie qui sauve, celui qui est né de la femme : par sa naissance, il a justifié la femme, afin qu’elle porte du fruit de vie pour le monde ; et par le fait qu’il s’est fait homme, il a élevé l’homme à l’égalité de la vie incorruptible, et par la mort il a détruit la mort et l’a transformée en la vie de la résurrection. Si donc sauver et renouveler le monde n’appartient à nul autre qu’à Dieu, et que celui qui est né et crucifié sauve, ce n’était pas un homme que Marie a enfanté, et ce n’est pas un homme que les Juifs ont crucifié, mais Dieu né de la femme, Dieu crucifié par les Juifs.
Du même, sur la divine incarnation§
Le saint Évangile nous annonce notre salut, frères, par lequel nous apprenons que Dieu est venu dans le monde et a transformé la condition humaine en des gloires divines, vers la hauteur céleste, vers le royaume céleste, vers la vie de béatitude, en façonnant une création nouvelle. Car quiconque est en Christ est une nouvelle création, et tous ceux qui ont cru en Christ deviennent semblables au Christ, et en voyant sa gloire […]723724
« […] transformera, dit-il, le corps de notre humiliation pour le rendre conforme au corps de sa gloire, selon l’opération par laquelle il peut s’assujettir toutes choses »^1.
Que nul désormais ne trébuche sur la naissance charnelle et sur la souffrance charnelle, et que nul, à cause de cela, ne tienne le Christ pour un homme, afin de ne pas perdre le salut. Car un homme ne sauve pas le monde, la souffrance d’un homme ne purifie pas ceux qui sont baptisés en lui ; c’est dans la mort du Christ que nous sommes tous baptisés^2, en croyant que la mort du Christ est un gage de vie, transformant notre mort en résurrection. Car le Christ détruit la mort et met en lumière la vie et l’incorruptibilité, comme il est écrit^3 ; et nul parmi les hommes ne peut détruire la mort ni mettre en lumière la vie, comme le dit aussi David : « Quel est l’homme qui vivra sans voir la mort, et qui sauvera son âme de la main du séjour des morts ? »^4 Or, celui qui ne peut se sauver lui-même, comment sauverait-il les autres ? Et celui qui n’a pas la force de sauver une seule personne, comment peut-il sauver le monde ? Et parce que le péché habite dans l’homme, la mort s’ensuit également. En effet, dit-il, la mort a régné depuis Adam jusqu’à Moïse, même sur ceux qui n’avaient pas péché par une transgression semblable à celle d’Adam^5. Car, dit-il, depuis qu’Adam a péché et qu’ayant péché il nous a engendrés selon sa ressemblance, dès lors est entrée la sentence de Dieu disant à tous : « Tu étais terre et tu retourneras à la terre »^6. Moïse ne pouvait pas abolir la mort, mais lui-même fut saisi par la mort, ainsi que tous ceux qui, sous les rois et sous la Loi, furent dominés par la mort. Mais le Christ et la grâce du Christ ont donné le commencement de la vie. Car la foi au Christ donne l’Esprit vivifiant, cet Esprit Saint qu’il avait insufflé après la résurrection^7. Or, l’Esprit Saint est l’image de Dieu, et non de l’homme.
Croyons donc désormais dignement au Christ, comme au Fils de Dieu apparu dans la chair, Seigneur des prophètes, Seigneur des anges, à cause de quoi lui est soumis le…725
[les êtres célestes,] les autres, et les terrestres et les souterrains. Car ce n’est point à un homme que se soumettent les principautés célestes, et les dominations et les puissances, mais à Dieu, et « tout genou fléchit au ciel, sur la terre et dans les enfers, et toute langue confessera que le Seigneur Jésus-Christ est à la gloire de Dieu le Père ». Car le Christ, étant Dieu dans la chair, apparut et parla comme Dieu, et fit toutes choses comme Dieu, étant le Fils véritable de Dieu, à la place des législateurs et disant : « Moi, je vous dis », et donnant des ordres aux vents, à la mer et aux esprits impurs. Mais les hommes, recevant Dieu et la puissance de Dieu, ne légiféreront point d’eux-mêmes et ne donneront point d’ordres. C’est pour cela que Paul dit : « Ce n’est pas moi qui prescris, mais le Seigneur », tirant le commandement du Christ et non de lui-même ; et là où il donne un avis sur les réalités présentes, il ne donne point un avis comme de son propre chef, mais selon l’Esprit qui lui est donné par le Christ, disant : « Mais j’estime que j’ai, moi aussi, l’Esprit de Dieu » ; et encore : « Si vous cherchez une preuve que le Christ parle en moi ».
Du même.
Quiconque dit que le Christ était un homme ayant Dieu en lui-même est un impie, faisant du Seigneur l’un des serviteurs et altérant la vérité de sa divinité en celle d’un être déifié, et non de celui qui est le vrai Dieu ; et il méprise notre culte salvifique, nous qui adorons le Christ parce qu’il est Dieu, et non parce que Dieu habiterait en lui sans qu’il ne le sente. Que serait-il donc, Seigneur ou [Seigneur de] gloire, que serait-il, Sauveur, que serait-il, Libérateur, que serait-il, Esprit vivifiant, comme l’est le Christ selon l’Apôtre, et âme vivante, comme l’est Adam, que seraient le terrestre et le céleste, trouvé par la forme comme un homme à cause de la chair issue de la Vierge, mais étant Dieu par la puissance à cause de l’Esprit venu d’en haut qui était sur lui ? À qui appartient la gloire pour les siècles. Amen.
Thèse du bienheureux Athanase, archevêque d’Alexandrie, tirée du grand traité sur l’incarnation divine, s’accordant en ses paroles avec le saint concile de Nicée.726
Nous confessons le Fils de Dieu éternellement engendré du Père avant les siècles, mais à la fin des siècles, pour notre salut, né de Marie selon la chair, comme l’enseigne l’apôtre inspiré de Dieu en disant : « Mais lorsque vint la plénitude du temps, Dieu a envoyé son Fils, né d’une femme » ; et qu’il est le même Dieu et Fils de Dieu selon l’esprit, mais Fils de l’homme selon la chair ; non pas deux natures pour le seul Fils, l’une adorable et l’autre non adorable, mais une seule nature de Dieu le Verbe incarnée et adorée avec sa propre chair d’une seule adoration. Et non pas non plus deux fils : un certain Fils de Dieu véritable et adoré, et un autre [issu] de Marie, homme non adoré, devenu Fils de Dieu par la grâce comme le sont les hommes ; mais un seul [issu] de Dieu et Dieu, comme je l’ai dit, un seul Fils de Dieu, et le même étant Dieu et non un autre, et né selon la chair de Marie aux derniers jours ; comme le disait l’ange à la Mère de Dieu Marie lorsqu’elle dit : « Comment cela sera-t-il, puisque je ne connais point d’homme ? » : « L’Esprit Saint viendra sur toi, et la puissance du Très-Haut te couvrira de son ombre ; c’est pourquoi le saint qui naîtra sera appelé Fils de Dieu ». Celui donc qui est né de la vierge Marie est Fils de Dieu par nature et Dieu véritable, et non pas par grâce et par participation, selon la chair seulement homme [né] de Marie, mais selon l’esprit lui-même Fils de Dieu et Dieu, ayant enduré nos souffrances, comme il est écrit : « Le Christ ayant souffert pour nous dans la chair » et encore : « Lui qui n’a point épargné son propre Fils, mais l’a livré pour nous tous » ; tout en demeurant impassible et immuable selon la divinité, d’après ce qui a été dit par le prophète : « Je suis Dieu et je ne change pas », mourant de notre mort selon la chair pour nos péchés, afin d’anéantir la mort au moyen de sa mort pour nous, selon ce que dit l’apôtre : « La mort a été engloutie dans la victoire. Où est, ô mort, ta victoire ? Où est, ô mort, ton aiguillon ? », et encore : « Le Christ est mort pour nos péchés selon les Écritures », demeurant insaisissable et immortel par la mort en raison de727
de la divinité, comme puissance impassible du Père, selon l’apôtre Pierre : « Il n’était pas possible, dit-il, qu’il fût retenu par la mort ». Et étant monté aux cieux et s’étant assis à la droite du Père selon la chair du Verbe élevée de la terre, selon ce qui est dit par David : « Le Seigneur a dit à mon Seigneur : Assieds-toi à ma droite », et cela est confirmé par le Seigneur lui-même et par les apôtres ; mais selon la divinité, Il est incirconscriptible, contenant tout lieu, coéternel au Père depuis l’éternité, comme puissance paternelle et ineffable, selon le docteur Paul : « Le Christ, puissance de Dieu et sagesse de Dieu » ; venant lui-même, Fils de Dieu et Dieu, comme Il l’a aussi promis, pour juger les vivants et les morts, comme le dit l’apôtre : « pour juger les secrets des ténèbres et manifester les desseins des cœurs, et pour apporter à chacun la louange ou le blâme selon son mérite ».
Mais si quelqu’un enseigne au-delà de ces écrits divins, disant autre le Fils de Dieu et autre l’homme issu de Marie, adopté par grâce, de sorte qu’il y ait deux fils, l’un par nature Fils de Dieu, qui est issu de Dieu, et l’autre par grâce, l’homme issu de Marie ; ou bien si quelqu’un dit que le corps de notre Seigneur vient d’en haut et non de la vierge Marie ; ou que la divinité a été changée en chair, ou mélangée, ou altérée, ou que la divinité du Fils est sujette à la souffrance ; ou que le corps de notre Seigneur n’est pas adorable, comme celui d’un homme, et non adorable comme le corps du Seigneur et de Dieu, la sainte Église universelle l’anathématise, obéissant au divin apôtre qui dit : « Si quelqu’un vous évangélise au-delà de ce que vous avez reçu, qu’il soit anathème ! »
Du bienheureux Théodote, évêque d’Ancyre, extrait des Discours sur la Nativité du Christ :
Pour quel motif donc a-t-il fait siennes les souffrances des hommes ? Parce qu’il pouvait par la souffrance ôter la souffrance et par la mort détruire la mort, et qu’il voulut par le moyen de ce qui est de même nature triompher de ce qui est de même nature. Car [lacune]728
il supportait la croix, s’appropriait le soufflet, faisait siens les liens, afin que, les souffrances étant devenues celles de Dieu, il triomphât de la domination des souffrances. Car la nature de Dieu ne subit aucun dommage et ce n’est pas par altération qu’il reçut les passions et la puissance venant de Dieu ; il assuma la passion des êtres corporels, et après cela, la mort même, devenue celle de Dieu, détruisit la mort, et en mourant il anéantit l’arrogance de la mort.
Du bienheureux Cyrille, archevêque d’Alexandrie et notre père, tiré du traité *Sur l’Incarnation*§
Profond certes et grand et véritablement digne d’admiration est le mystère de la piété, ardemment désiré même par les saints anges. Car le disciple du Sauveur a dit un jour au sujet de ce qui avait été annoncé par les saints prophètes touchant le Christ, notre Sauveur à tous : « ce qui vous a été révélé maintenant par ceux qui vous ont évangélisé par le Saint-Esprit envoyé du ciel, dans lequel les anges désirent plonger leurs regards ». Car ceux qui y plongèrent leurs regards, ayant compris le grand mystère de la piété, lorsque le Christ naquit selon la chair, offrirent des louanges en notre faveur en disant : « Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et paix sur la terre, et bienveillance parmi les hommes ». Comment donc n’auraient-ils pas été transportés d’allégresse en voyant né de la sainte Vierge le Sauveur et Rédempteur du monde, eux qui célèbrent la fête pour un seul pécheur qui fait pénitence, comme le dit le Sauveur ? Qu’elle tressaille donc désormais d’allégresse pour nous, la multitude des saints esprits ! Et quelle en est la cause ? L’incarnation du Fils unique, son enfantement selon la chair au cours de notre vie terrestre, l’immensité de sa bienveillance envers nous, l’incomparable grandeur de son amour pour les hommes. Car le bienheureux prophète Isaïe dit : « La mort a englouti après avoir prévalu », et encore : « Dieu a essuyé toute larme de tout visage ». Or de quelle manière a-t-il ôté les larmes de tout visage, ou comment a-t-il rendu inefficace cette malédiction originelle729730
… ayant appris […], a brisé la tyrannie funeste de la mort. Que le très sage Paul nous enseigne de nouveau : « Ainsi donc, puisque les enfants ont en commun le sang et la chair, lui aussi semblablement y a participé, afin d’anéantir par sa mort celui qui détenait l’empire de la mort, c’est-à-dire le diable, et de délivrer ceux qui, par crainte de la mort, étaient toute leur vie tenus en esclavage ». Que signifie donc ceci : « Semblablement il s’est fait l’égal d’eux », sinon en toute réalité, puisqu’il s’est fait semblable à nous, issu de la sainte et Mère de Dieu Marie, par le sang et par la chair ?
Étant Dieu de gloire par nature, et vrai Verbe issu de Dieu et du Père, consubstantiel et coéternel au Père, surpassant tout par sa propre sublimité souveraine, et étant dans la forme et la ressemblance du Géniteur, il n’a point regardé comme une proie d’être égal à Dieu ; mais il s’est dépouillé lui-même, prenant la forme d’esclave de la sainte Marie, devenu semblable aux hommes et reconnu à sa figure comme un homme ; il s’est humilié lui-même, devenant obéissant jusqu’à la mort, et la mort de la croix. Il s’est donc abaissé volontairement jusqu’à la petitesse, lui qui, de sa plénitude, donne à tous ; la Gloire s’est abaissée pour nous, sans être contraint par personne, mais voulant volontairement, pour nous, prendre la forme d’esclave, lui qui est libre par sa nature ; parmi ceux qui sont comme nous, lui qui est au-dessus de toute créature ; avec ceux qui sont soumis à la mort, lui qui vivifie toutes choses — car il est lui-même le pain vivant descendu du ciel et qui donne la vie au monde — ; il a été avec nous sous la Loi, lui qui est au-dessus de la Loi et Législateur en tant que Dieu ; parmi ceux qui sont soumis à la naissance et ont reçu en partage un commencement d’existence, lui qui est avant tous les siècles et les temps, et bien plus, l’Architecte et le Créateur des siècles.
Comment donc est-il devenu semblable à nous ? En prenant chair de la sainte Vierge, et une chair qui n’était pas sans âme, comme l’ont pensé certains hérétiques, mais animée d’une âme rationnelle. C’est ainsi qu’il est sorti de la femme homme parfait, exempt du péché, véritablement et non selon une simple apparence ou une illusion, sans éprouver de dégoût…731732
[…] d’être Dieu, sans non plus l’avoir rejeté, comme Il était toujours, et est, et sera, Dieu. C’est ainsi que nous disons la sainte Vierge Mère de Dieu ; car, comme le dit le bienheureux Paul : « Un seul Dieu et Père, de qui sont toutes choses, et un seul Seigneur Jésus-Christ, par qui sont toutes choses ». Et puisque nous ne divisons pas en deux fils l’unique Seigneur et Dieu et notre Sauveur — le Verbe de Dieu incarné et fait homme —, et non point comme le pensent certains des hérétiques et des insensés quant à [la séparation] mutuelle de la divinité et de l’humanité, ou que le Verbe de Dieu ait été changé en la nature du corps, ou que le corps ait été changé en la nature de la divinité. Car le Verbe de Dieu est absolument immuable et inaltérable ; mais parce qu’Il s’est uni à partir de la sainte Vierge un corps subsistant avec une âme rationnelle, le véritable Verbe de Dieu est dit ineffablement incarné et fait homme.
Car il suffit désormais, pour la confession droite et irréfutable de notre foi, de dire et de confesser que la sainte Vierge est Mère de Dieu ; mais ajouter qu’elle est aussi « mère d’un homme » n’est ni nécessaire ni utile. Car nous avons appris à Le confesser et à croire en Lui comme un seul Dieu, même après l’incarnation, comme [le dit] Paul : « Un seul Dieu, un seul médiateur entre Dieu et les hommes » ; car nous disons que le Verbe de Dieu est devenu homme de manière immuable, et autant qu’il convenait à la nature du corps, la sainte Vierge a enfanté ce corps consubstantiel à elle et à nous ; mais par le fait de dire « Mère de Dieu », la déclaration de cette réalité se trouve tout à fait introduite conjointement. Car la sainte Vierge n’a pas enfanté la divinité nue, mais le Verbe de Dieu uni à la chair ; et « Mère de Dieu » ne s’entend pas d’une autre manière, si ce n’est selon ce mode précis, de sorte qu’entre d’abord pleinement la confession de l’incarnation ; et c’est ainsi qu’il sera véritable que la sainte Vierge est devenue Mère de Dieu en enfantant admirablement l’unique Christ, devenu pareillement à nous participant du sang et de la chair, et Son corps étant, selon Son humanité, consubstantiel à elle-même et à nous, issu de la Mère de Dieu Marie. Car [il n’est] point de nature semblable, comme il a paru à certains hérétiques, mais de même nature, c’est-à-dire issu de notre propre substance. A[…]733734
est dit : « Il a pris de la descendance d’Abraham » ; or, « de forme semblable » désigne non pas un homme véritable, mais « semblable à un fils d’homme », comme le dit Daniel ; quant à l’Apôtre, ce n’est point une ressemblance qu’il nous a enseignée, mais il dit : « L’homme Christ Jésus, qui s’est donné lui-même en rançon pour nous » ; et « de même substance » s’applique divinement au même Dieu et Père, ainsi que nos pères l’ont confessé, en disant « consubstantiel au Père » et non « de semblable substance ».
C’est donc de manière superflue et non pas nécessaire qu’en disant Mère de Dieu, nous ajoutons par-dessus mère d’un homme ; car, comme je l’ai dit, la première expression suffit, possédant toute la confession de notre mystère et ne fournissant aucun prétexte de chicane à ceux qui veulent calomnier la vérité. Car c’est la coutume des hérétiques de pervertir en une pensée corrompue les paroles droitement énoncées ; et nous nous étonnons, en comprenant de plus d’une manière qu’ils se sont égarés et interprètent pernicieusement les écrits divins. Dès lors, il nous convient, à nous qui avons une intention convenable et droite, de produire les paroles ; mais s’ils les comprennent de nouveau de façon non droite, cela ne nous regarde aucunement : qu’ils entendent ce qui a été dit par le prophète : « Malheur à ceux qui disent que le mal est bien et le bien mal » ; « Point d’accord de la lumière avec les ténèbres, ni aucune harmonie de Christ avec Béliar ». Car nous marchons dans le chemin droit et irréprochable, ou plutôt sur la voie royale et irréversible. Puissions-nous ainsi parvenir au prix de la vocation d’en haut, en Jésus-Christ, par qui et avec qui soient rendus à Dieu le Père la gloire, avec le Saint-Esprit, pour les siècles des siècles. Amen.
Du bienheureux Jean, évêque de Jérusalem, proposition sur la foi.
Nous croyons qu’une seule est la divinité ou la substance de la sainte et adorable Trinité, du Père, du Fils et du Saint-Esprit ; car nous concevons et confessons la même pour chacun, en trois hypostases ou propriétés, dans la divinité, l’éternité, la gloire, la puissance et l’immutabilité735736737738739
la quiétude de ceux qui la possèdent, et ceux qui ne parlent ni ne confessent point ainsi, nous les anathématisons. Et quant à l’humanation de notre Seigneur Jésus-Christ, qui est Dieu, ou à son incarnation, je confesse que Dieu le Verbe, éternellement agissant, Fils unique de Dieu, pour le salut du genre humain, né de la sainte Vierge Marie et du Saint-Esprit, né d’une femme, comme l’a dit l’Apôtre, et ayant pris d’elle une chair consubstantielle à notre chair, véritablement et non selon l’apparence, a véritablement pris sur lui en elle, pour nous, les passions, tout comme nous et non en apparence : il s’est fatigué dans le voyage, et comme nous il a dormi, et comme nous, lorsqu’il fut flagellé par Pilate, il a ressenti l’effet des coups, et lorsqu’il fut souffleté, il a éprouvé la douleur, et lorsqu’on lui enfonça les clous dans ses pieds et dans ses mains, il a ressenti la douleur des atteintes, comme l’a dit Isaïe à son sujet : « Celui-ci porte nos péchés et gémit pour nous, et nous l’avons considéré comme étant dans la douleur, sous les coups et dans l’infirmité. Mais lui-même a été blessé pour nos péchés et brisé à cause de notre impiété » ; et encore : « Homme soumis aux coups et sachant supporter la faiblesse ». Et soyons persuadés par Paul qui dit à son sujet : « Car nous n’avons pas un grand prêtre incapable de compatir à nos faiblesses, mais éprouvé en tout à notre ressemblance, sans le péché ».
Je confesse aussi qu’il a une âme raisonnable, sujette comme nos âmes aux souffrances pour nous, et qu’il a véritablement pris sur lui les douloureuses épreuves de nos âmes, c’est-à-dire la tristesse, le trouble et la profonde affliction ; car c’est là ce que les évangiles nous enseignent à son sujet, en rappelant ce qui a été dit : « Mon âme est triste jusqu’à la mort », et « Maintenant mon âme est troublée » ; et encore, à son sujet, selon l’Évangile de Marc, il est écrit : « Il commença à être saisi d’effroi et de profonde angoisse ». Et de même que nous confessons que les passions de son corps ont eu lieu selon la vérité et non selon l’apparence, de même nous croyons que celles de son âme ont eu lieu selon la vérité et non selon l’apparence740
… nous […] ; mais ne pas penser que le bâton l’a flagellé ou que, crucifié, on a douté de lui à cause des clous, anathématisant [ceux-là] comme des hérétiques. Et nous confessons qu’il est mort véritablement pour nos péchés, et que son corps fut enseveli devenu sans âme, et qu’il est ressuscité le troisième jour d’entre les morts véritablement, et qu’après la résurrection il a mangé et bu avec les apôtres, véritablement et non en apparence, et qu’il est monté aux cieux et viendra à la fin des siècles juger les vivants et les morts, et qu’il ressourcera d’entre les morts toute la race des hommes, chacun conservant la même nature de corps dans laquelle ils sont morts et ont été ensevelis ; car il est manifeste que c’est dans l’incorruptibilité, de même que lui-même possédait, ressuscité d’entre les morts, ce même corps par lequel il était mort et avait été enseveli.
Nous confessons aussi que [Dieu] a façonné la nature humaine, composée d’une âme immatérielle et d’un corps terrestre, pour être sans péché, mais non immuable, comme l’était Adam dans le paradis avant qu’il ne transgressât le commandement divin ; ce que dit aussi Salomon dans l’Ecclésiaste : « Dieu a fait l’homme droit » ; mais, l’ayant créé doué de libre arbitre, il l’a rendu capable d’accomplir avec vaillance la vertu par l’empressement et le labeur, avec le secours et la grâce de Dieu, sans toutefois le rendre incapable de pécher ; non par contrainte de la nature, mais par inclination du désir.
Et si nul ne se trouve sans péché, c’est parce que la nature n’est ni immuable ni impassible ; ainsi qu’il a été dit plus haut, le péché n’est pas imputable à la nature, mais au désir. Car il est impossible à l’homme de retenir ses pensées, et surtout de demeurer sans péché, étant sujet au changement depuis sa naissance jusqu’à sa fin. Car pour notre seul Seigneur Jésus-Christ l’Écriture divine témoigne en disant : « Lui qui n’a pas commis de péché et dans la bouche duquel il ne s’est point trouvé de fraude ». Mais il est possible, par la vigilance, la sollicitude et les labeurs, avec le secours et la grâce de Dieu, d’accomplir vaillamment la vertu.
Quiconque donc s’accorde avec les confessions écrites ci-dessus est notre égal ; mais si quelqu’un s’oppose ne fût-ce qu’à un seul des points écrits ci-dessus, il est étranger à notre foi.
Du bienheureux Eulale, archevêque d’Antioche […]741
[… Ba]sile, tiré des discours prononcés pour la sainte Théophanie dans la grande église de Constantinople, siégeant le bienheureux évêque Proclus :
Sur l’enfant annoncé par le grand prophète de Dieu Isaïe : « Car un enfant, dit-il, nous est né, un fils nous a été donné, dont la souveraineté a été posée 742 sur ses épaules, et son nom est appelé Ange du grand conseil, Admirable Conseiller, Dieu fort, Prince de paix, Père du siècle à venir » 743. Que nul rejeton juif ne nous trompe désormais ; car c’est ainsi que pousse la racine hérétique, comme si autre était celui qui est né, et autre Dieu qui a habité en lui, et comme s’il y avait deux natures de celui qui est né. Car si quelqu’un ose dire cela au sujet de l’Emmanuel, oppose-lui seulement ceci, et que le souvenir du nom serve de frein de silence. Car il n’y a point deux natures, mais la Vierge a mystérieusement conçu en son sein Dieu incarné, ayant reçu la venue d’en haut de l’Esprit. En effet, si le Christ était le rejeton d’une semence humaine, je conviendrais assurément que le fruit soit jugé selon la nature de la racine. Mais s’il est du Saint-Esprit, selon la voix de l’archange, Dieu est celui qui est né, puisque Dieu est aussi la cause de la naissance.
Du bienheureux notre père Dioscore, archevêque d’Alexandrie et confesseur, tiré de la lettre écrite à Secundinus depuis Gangres, en exil 744, où il acheva sa course dans le Christ. Septième lettre, le deux septembre, le six hôri :
Et afin de ne pas dépasser la mesure de la lettre par un bavardage épistolaire, nous dirons plutôt ceci brièvement : la foi nous ouvre l’accès aux voûtes célestes ; la foi enseigne à mépriser les choses terrestres et à accueillir avec empressement les biens à venir ; la foi fit de celui qui était soumis à de nombreuses et diverses peines un citoyen du paradis ; car c’est par la foi qu’il poussa ce cri : « Souviens-toi de moi, Seigneur, quand tu viendras dans ton royaume » 745. Il fut délivré des maux antérieurs, tandis que du paradis
jouit abondamment des biens, et rien de disproportionné. Car la foi, comme je l’ai dit, lui procura la rémission des dommages passés, et le rendit égal aux saints anges. Il le vit sur la croix, et il proclama Dieu ; il le vit dans l’abaissement, et il tomba devant lui, l’appelant Seigneur et disant : « Jésus Seigneur, souviens-toi de moi quand tu viendras avec ton royaume ». Quel ordre de merveilles, ô brigand ! Quel est donc ce changement de ta volonté ? Tu n’as pas vu de tes propres yeux un mort ressuscité, ni un aveugle recouvrant la vue, ni un boiteux marchant, ni un lépreux purifié, ni la mer domptée, ni les démons expulsés, ni un paralytique raffermi, ni des pains multipliés, ni la source de sang tarie au toucher des franges du vêtement. Tu as vu un homme fixé par des clous au bois. D’où te fut donnée la grandeur d’une telle connaissance ? Quel prophète ayant lu as-tu été guidé vers cette pensée ? Tu n’as point lu la Loi de Moïse, toi qui as vécu de brigandage. Qui donc d’entre les patriarches est devenu ton docteur ?
« Nous savons, et lui-même, dit-il, je connais les périls de nos péchés, je n’ignore pas les châtiments dus aux actes pervers commis par moi-même. Je n’ai point appris les préceptes légaux, mais j’ai cherché refuge auprès du Seigneur de la Loi ; je n’ai point lu les prophètes, mais je suis parvenu à Celui qu’ils ont annoncé souffrant la Passion. La foi sans étude m’a montré la porte de la connaissance ; conduit par ce guide, je suis parvenu à la vie. »
Et après d’autres [paroles] :
Et pour laisser de côté beaucoup de choses afin de m’attacher aux points nécessaires et agités présentement, nous disons ceci : que nul ne dise extérieur ou étranger à notre chair ce que le Seigneur a pris de la sainte Marie par l’Esprit Saint, selon ce qu’il sait des controverses de la doctrine. Mais si tel est [le cas], selon leur impiété, trompés en toutes choses, ô Paul écrit : « Pas pour nous ainsi ; car ce n’est pas aux anges qu’il est venu en aide, mais c’est à la descendance d’Abraham qu’il est venu en aide » ; et Marie n’est pas étrangère à Abraham, comme il est aisé de le prouver par une foule de passages de l’Écriture. C’est pourquoi il dit : « Il devait en toutes choses devenir semblable à ses frères ». Or, « en toutes choses » ne retranche rien de notre nature, car et les nerfs, et les cheveux, et les os, et les veines, et le ventre, et le cœur, et les reins…746
le foie et les poumons et de tout ce qui compose absolument notre être, de quoi fut constitué le corps du Sauveur né de Marie, animé d’une âme rationnelle, sans seulement la semence de l’homme, ni le sommeil, ni le plaisir de la convoitise. Car s’il n’en est point ainsi, selon la fureur des hérétiques à la gloire impie, il n’aurait été vu que comme un semblable, ayant usé d’un corps différent et étranger au nôtre. Ou comment encore dirait-il la vérité en disant à son Père : « J’annoncerai ton nom à mes frères » ? Rejetez donc désormais et ayez en abomination ceux qui profèrent de telles paroles ; car il est devenu auprès de nous tel que nous sommes, pour nous, non en apparence et en faux-semblant, selon la secte des impies manichéens — à Dieu ne plaise ! —, mais venu véritablement de la Mère de Dieu Marie, comme il l’a voulu, et ayant renouvelé le vase brisé par cette venue auprès de nous, il est à bon droit confessé Emmanuel. Mais il s’est aussi fait pauvre, selon la voix de Paul, afin que par sa pauvreté nous soyons enrichis ; il est devenu semblable à nous par dispensation, afin que nous soyons, par son amour pour les hommes, semblables à lui ; il est devenu Fils de l’homme, pour ce qui avait perdu d’être fils de Dieu, afin que nous devenions par la grâce fils de Dieu. Voilà ce que nous croyons et pensons. Mais si quelqu’un entreprend de penser au-delà de cela, qu’il soit étranger à la foi des pères et des apôtres.
Du même, de la lettre écrite depuis Canope aux solitaires par l’entremise de Dion :
Car nous savons, nous aussi, et reconnaissons par la foi qu’il est né du Père comme Dieu, et que ce même [Fils] est né de Marie comme homme. Vois-le marchant sur la terre comme un homme, et vois-le créateur des anges célestes comme Dieu. Vois-le dormant dans la barque comme un homme, et vois-le marchant sur les eaux comme Dieu. Vois-le ayant faim comme un homme, et vois-le nourrissant à son tour comme Dieu. Vois-le ayant soif comme un homme, et vois-le abreuvant comme Dieu. Vois-le dépouillé comme un homme, et vois-le revêtant comme Dieu. Vois-le assis sur un ânon comme un homme,747748
et vois-le siégeant au-dessus des chérubins comme Dieu. Vois-le lapidé par les Juifs comme un homme, et vois-le adoré par les anges comme Dieu. Vois-le tenté comme un homme, et vois-le chassant les démons comme Dieu. Vois-le brebis comme un homme, et vois-le de nouveau pasteur comme Dieu. Vois-le victime immolée et s’offrant comme prêtre, et vois-le procurant la rédemption comme Dieu. Vois-le debout devant le tribunal de Pilate comme un homme, et vois-le partageant le trône du Père comme Dieu. Vois-le crucifié comme un homme, et vois-le accordant le paradis au larron comme Dieu. Vois-le abreuvé de vinaigre sur la croix comme un homme, et vois-le comme Dieu abreuvant le monde avec bienveillance. Vois-le mort comme un homme, et vois-le ressuscitant les morts comme Dieu. Vois-le appauvri comme un homme, et vois-le enrichissant comme Dieu. Vois-le serviteur comme un homme, et vois-le libérateur comme Dieu. Vois-le semé comme du froment comme un homme, et vois-le de nouveau semeur comme Dieu. Vois-le vigne comme un homme, et vois-le faisant germer et cultivateur comme Dieu.
Mais afin de ne pas causer une trop grande confusion dans cet écrit, je renonce pour l’instant à rassembler les témoignages de chaque chapitre ; et ils seront rassemblés, Dieu l’accordant, au moment opportun qui appelle à cela. Quant à nous, ayant rejeté l’inutilité des partisans d’une gloire étrangère, nous confessons un seul et même Sauveur, Seigneur et Dieu, et qu’il est devenu homme selon l’économie. Tenez-vous-en désormais à la confession des Pères, et ne suivez point les paroles des hérétiques emportés par les vents, et ne prenez point la figure de ceux qui divisent en deux ; car il est un, notre Sauveur, comme je l’ai dit, et il est devenu homme par philanthropie.
C’est donc suffisamment, à ce qu’il me semble, et avec un grand respect, que les enseignements des saints et orthodoxes évêques et chefs des évêques ont confondu les vaines paroles des hérétiques ; car ils ont en même temps démontré qu’il est impie de professer deux natures sur le Dieu Verbe incarné, et749750751
… ceux qui osent penser cela, ils les anathématisèrent, et que ceux qui ne confessent pas que Dieu le Verbe, consubstantiel au Père, est devenu de manière immuable, dans les derniers jours, pour le salut de nous autres hommes, selon la chair consubstantiel [à nous], tout en demeurant ce qu’il était, soient exclus de l’espérance des chrétiens, à l’instar des autres hérétiques.
Mais pour la plus grande fermeté d’esprit de ceux qui sont fondés sur la pierre inébranlable de la foi orthodoxe et pour la confusion des sectes susmentionnées, j’écrirai ici des témoignages tirés du divin et inspiré Nouveau Testament, accompagnés des interprétations de nos saints Pères, par lesquels il est possible de réfuter avec rigueur les hérésies susmentionnées, et de garder inébranlable et bienheureuse la foi orthodoxe, transmise par les saints apôtres et par nos bienheureux pères et docteurs, afin de voir si ceux qui ont trébuché et ont renié le Seigneur écouteront, s’ils renonceront [à leur erreur], comme dit le prophète, et se tourneront vers le Seigneur par la confession et verseront les larmes de la pénitence pour se guérir. Car Dieu invite toujours et tend la main pour une salutaire pénitence à ceux qui se sont écartés loin de lui ; de même que par le prophète Jérémie il les appelle en disant : « Revenez, enfants rebelles, dit le Seigneur, et je guérirai vos blessures mortelles » ; et encore : « Revenez, vous qui avez conçu un dessein profond et pervers, défrichez-vous un champ nouveau et ne semez pas sur des épines, de peur que ma fureur ne sorte comme un feu, qu’elle ne brûle et ne s’éteigne point » ; « N’y a-t-il point de baume en Galaad, ou n’y a-t-il point là de médecin ? Pourquoi donc la guérison de la fille de mon peuple ne s’est-elle point opérée ? » De même qu’il dit par le prophète Osée : « Reviens, Israël, au Seigneur ton Dieu » ; et le bienheureux Pierre lui-même exhorte ceux qui ont péché et ont crucifié le Seigneur en disant : « Repentez-vous et convertissez-vous, afin que vos péchés soient effacés, afin que viennent des temps de rafraîchissement de la face du Seigneur ». Et Paul s’entremet à la ressemblance du Christ et supplie en disant : « Nous vous en supplions pour le Christ : réconciliez-vous avec Dieu. Celui qui n’a point connu le péché, il l’a fait péché pour nous, afin que nous devenions justice de Dieu en lui », et, collaborant avec lui, il exhorte comme752
afin que vous ne receviez pas en vain la grâce de Dieu^a, car le temps présent est favorable à celui qui veut se repentir et confesser avec larmes à Dieu ; car dans les enfers, qui confessera à Dieu parmi les transgresseurs à cause de sa transgression ? Assurément personne ; car Dieu a dit ouvertement au sujet de la transgression de ceux qui sont morts : « Afin que tous voient les cadavres des hommes qui ont péché contre moi ; car leur ver ne mourra point et leur feu ne s’éteindra point, et ils seront en spectacle à toute chair »^b.
Or, ces choses sont dites pour ceux qui ne veulent pas se repentir et revenir vers Celui qui les a rachetés par son propre sang, le Seigneur Dieu Jésus-Christ ; car c’est lui le vrai Dieu et la vie éternelle, comme le dit Jean^c. Il nous suffit donc, comme il a été dit d’après les saintes Écritures inspirées de Dieu elles-mêmes, de nous consoler de ce qu’il n’y a qu’un seul Seigneur Jésus-Christ dès l’éternité et pour les siècles, amen, et de ce qu’il s’est fait homme selon la vérité, tout en demeurant Dieu.
Du bienheureux Jean, évêque de Constantinople, extrait du commentaire de l’Évangile selon Matthieu.
« Livre de la généalogie de Jésus-Christ, fils de David, fils d’Abraham »^d. Le bienheureux Matthieu, écrivant pour ainsi dire aux Hébreux, chercha avant toute chose à démontrer que le Christ était issu d’Abraham et de David. Et parce que le souvenir d’Abraham s’était effacé à cause du temps, et que David avait succédé au genre de vie d’Abraham, David reçut en outre la royauté promise à sa descendance et il était dans la mémoire de tous ; car, de même que Dieu disait alors à Isaac : « Ne crains point, car je suis avec toi, je te bénirai et je te multiplierai, à cause d’Abraham ton père »^e, de même après cela Dieu disait à Ézéchias : « Je protégerai cette ville, à cause de moi et à cause de David ton père »^f ; car David devint l’héritier de l’amitié auprès de Dieu. Et parce qu’après cela, c’était de la descendance de David qu’on attendait la venue du Christ, car ce qui concernait Abra-753
… à cause du temps, c’est pour cette raison qu’il a d’abord donné au fils de David, puis au fils d’Abraham. Or l’évangéliste dit au sujet de Gabriel : « Il alla auprès de la vierge accordée en mariage à un homme nommé Joseph, de la maison et de la famille de David » 754. Et la Vierge était issue de David, ainsi que Joseph qui, étant juste et gardien de la Loi, prenait pour sienne la Vierge issue de sa patrie et de sa maison, car la Loi ordonnait qu’il ne fallait pas prendre femme si ce n’est de la même tribu. Et parce que la coutume n’était pas, chez les Juifs, de faire la généalogie des femmes, afin que l’évangéliste garde la coutume et qu’il ne paraisse pas s’écarter des prolégomènes tout en nous faisant connaître la jeune fille, il a pour cela gardé le silence sur les ancêtres de celle-ci, mais a fait la généalogie de Joseph, afin que nous apprenions par lui, au sujet de Marie, qu’elle était de la maison de David d’où il était lui-même issu, afin que demeure intact le droit de la Loi […] manifesté de la maison de David, et la Vierge avec lui est montrée comme étant assurément de la descendance de David ; de laquelle est aussi né Jésus-Christ. Or, Jésus se traduit par Sauveur ; et Sauveur, parce qu’il sauve son peuple.
C’est une merveille admirable à entendre concernant ce mystère : que Dieu ineffable, indicible, incompréhensible et étant le Fils consubstantiel au Père, soit né d’un sein virginal et soit venu d’une femme, et ait pris pour ancêtres David et Abraham. Que dis-je, David et Abraham ? Mais, ce qui est encore plus vil, ces femmes mêmes que nous venons de mentionner ; et ne va concevoir là rien de bas. Car il a consenti à être appelé Fils de David, de son propre serviteur, afin de faire de toi un fils de Dieu, de ton Seigneur. Il est donc né selon la chair afin que tu naisses selon l’Esprit ; car naître d’une femme nous arrivait, mais « non du sang, ni de la volonté de l’homme, mais du Saint-Esprit » 755, annonce d’avance la nativité qui nous surpasse et qui devait advenir, que le Saint-Esprit devait nous accorder ; et toutes les autres choses étaient de même nature : car être baptisé par le prophète nous le donnait à comprendre, mais par la venue d’en haut de l’Esprit, il décrivit la nouveauté.
Et peu après :
Vois-tu comment ce n’est pas pour peu de chose ni pour un court instant qu’il a dominé selon toute l’histoire de Juda ? C’est pour…
… de cela, il mentionne Ruth et Thamar, l’une étant d’une race étrangère et l’autre une prostituée ; afin que tu saches qu’il est venu pour détruire toute notre méchanceté, car c’est comme médecin et nullement comme juge qu’il est survenu. En effet, de même que ces femmes devinrent des prostituées, de même Dieu s’est uni la nature qui s’était prostituée, ce que les prophètes, d’en haut, reprochent à la synagogue ; mais celle-ci fut insensible à son compagnon, tandis que l’Église, s’étant dépouillée une fois pour toutes des maux ancestraux, demeura à embrasser l’Époux. Car, de même que Ruth, si elle n’avait d’abord quitté son père et méprisé sa maison, sa parenté et sa contrée, et ne s’était abaissée jusqu’à l’extrême pauvreté, ne serait pas parvenue à l’intimité de Booz, de même aussi l’Église, ayant rejeté ses premières coutumes, devint dès lors désirable pour le Christ et fut jugée digne de grands biens. C’est à cette Église que David disait : « Oublie ton peuple et la maison de ton père, car le Roi a désiré ta beauté »¹. C’est ce que fit aussi Ruth ; c’est pourquoi elle devint mère de rois, tout comme l’Église. Car c’est aussi d’elle qu’est issu le grand roi David ; et David n’a point honte de cela.
Du bienheureux Cyrille, Aux reines, du traité [démontrant] que le Christ est Dieu :
« Et tandis qu’il pensait à cela, voici qu’un ange du Seigneur lui apparut en songe, disant : Joseph, fils de David, ne crains pas de prendre avec toi Marie, ta femme ; car ce qui est engendré en elle vient de l’Esprit Saint. Elle enfantera un Fils, et tu l’appelleras du nom de Jésus ; car c’est lui-même qui sauvera son peuple de ses péchés »². Il pose deux choses ensemble, qui conviennent à Dieu et ne conviennent pas à la nature humaine : car il a dit que ceux qui sont sauvés par lui sont le peuple propre de celui qui est né de Marie, et que c’est lui qui les délivrera de leurs péchés. Or, cela convient au Dieu de l’univers, et à lui seul, de pouvoir délivrer des péchés ceux qui ont péché. C’est donc Dieu qui est né de la Vierge, lui dont nous sommes le peuple propre, et il nous a délivrés des péchés, comme possédant cette autorité.
Et encore :756
« Or, Jésus étant né à Bethléem de Judée » ; et il naît à Bethléem de Judée, lui qui est issu de la racine de Jessé, et Dieu le Père dit à son sujet par l’un des prophètes : « Et toi, Bethléem, maison d’Éphrata, tu es petite pour être parmi les milliers de Juda ; car de toi sortira pour moi celui qui doit être chef en Israël, et ses origines sont dès le commencement, dès les jours de l’éternité ». Comment donc celui qui est né à Bethléem de Judée a-t-il reçu d’avoir son origine dès le commencement de l’éternité, c’est-à-dire le commencement de son existence, bien qu’étant né dans les derniers siècles selon le temps ? Le Christ est donc Dieu, et il convenait à lui, le Verbe de Dieu souverain ; car il était Dieu, ayant enduré pour nous la naissance corporelle issue de la femme.
Et encore :
« Moi, je vous baptise dans l’eau pour la pénitence ; mais celui qui vient après moi est plus fort que moi, et je ne suis pas digne de porter ses sandales. Lui-même vous baptisera dans l’Esprit Saint et le feu ; il a son van dans sa main et il nettoiera son aire ». Nous disons que baptiser dans l’Esprit Saint n’est pas l’œuvre de l’humanité, et nous ne disons pas non plus que l’aire intelligible, c’est-à-dire ceux qui sont sur la terre, est le propre d’un homme ; car tout appartient à Dieu, et il n’appartient qu’à lui seul de pouvoir baptiser les croyants dans l’Esprit Saint. Le Christ a opéré cela, lui qui est venu selon la chair après Jean, ou s’il purifie le vase du corps et son aire : il est donc véritablement Dieu.
Et encore :
« Et voici qu’un lépreux s’étant approché se prosternait devant lui, disant : Seigneur, si tu le veux, tu peux me purifier. Et ayant étendu la main, il le toucha en disant : Je le veux, sois purifié. Et aussitôt sa lèpre fut purifiée ». Pouvoir opérer d’une manière digne de Dieu n’est pas le propre de l’homme, cela s’ensuit bien plutôt et n’appartient qu’à celui-là seul qui transcende la nature de toutes choses ; et le Christ opère ainsi. Il n’est donc pas un simple homme comme nous, mais bien plutôt Dieu dans l’humani-757
… d’une manière légère. Comprends-le ainsi également à propos de la belle-mère de Pierre, bien qu’il paraisse réprimander les vents de la mer et les flots ; d’où vient que les divins disciples, voyant les démons et les vents soumis à son autorité, furent frappés d’admiration, disant : « Quel est donc celui-ci ? Car il n’appartient pas à la condition d’un homme de pouvoir accomplir de telles choses ; Dieu donc, et en même temps homme, est le Christ. » Quant aux démons, ils le suppliaient en disant : « Si tu nous chasses, envoie-nous dans le troupeau de porcs. Et il leur dit : Allez. » Prendre soin de tous et les sauver, à qui d’autre appartiendrait-il, sinon à lui seul, selon la nature de Dieu ? C’est ainsi que le Sauveur dit aussi : « Deux passereaux ne se vendent-ils pas pour un as ? Et pas un d’entre eux ne tombe sur la terre sans votre Père qui est aux cieux. Quant à vous, même tous les cheveux de votre tête sont comptés. » Car voici que dès lors le Christ a exercé sa providence sur tant d’êtres, au point que les démons impurs n’avaient même pas de pouvoir sur le troupeau de porcs ; supplié ensuite, il ne l’a permis qu’à grand-peine, non pour exaucer leur demande, mais pour nous persuader qu’il prend soin de tous comme Dieu. Eh quoi, comment ne serait-il pas Dieu, lui qui possède en propre l’autorité digne de Dieu et la souveraineté sur tous, et qui sauve comme siens les êtres créés par lui ?
Et encore :
« Alors il dit à ses disciples : La moisson est grande, mais les ouvriers sont peu nombreux ; priez donc le Maître de la moisson d’envoyer des moissonneurs à son œuvre. Et ayant appelé ses douze disciples, il leur donna autorité sur les esprits impurs pour les chasser et pour guérir toute maladie et toute langueur. » Nous savons d’abord que le Maître de la moisson est le Dieu de tous ; ou bien il faut entendre par là l’humanité, dont la moisson relève ; mais voici qu’ayant ordonné de prier le Maître de la moisson, il s’est aussitôt montré lui-même comme l’étant, en envoyant les ouvriers, c’est-à-dire les saints apôtres, auxquels il donna aussi autorité sur les esprits impurs, en tant que Dieu. Car il n’appartient pas à la mesure de l’humanité de donner à quiconque l’opération de l’Esprit, or le Christ la donne. Eh quoi, comment ne serait-il pas par natu[re]…758759760761
…té et en vérité est Dieu, le Verbe s’est fait chair.
Et encore :
« Quiconque me confessera devant les hommes, je le confesserai moi aussi devant mon Père qui est aux cieux ; mais quiconque me reniera devant les hommes, je le renierai moi aussi devant mon Père qui est aux cieux. » Beaucoup parmi les saints ont été appelés à la gloire du martyre, et ont été consommés par les souffrances et par la mort : est-ce donc en Le confessant comme Dieu qu’ils ont été couronnés, en affirmant et en disant qu’Il est un homme ordinaire, ou plutôt par la confession [qu’Il est] Dieu ? Mais c’est évident ; car ceux qui ont renié cela seront privés de la gloire du martyre, et ils Le trouveront au jour du jugement, lorsque le Christ les reniera. N’est-Il donc pas Dieu, Lui qui couronne de gloire par le martyre ceux qui Le confessent véritablement ainsi ?
Et encore :
« Venez à moi, vous tous qui peinez et ployez sous le fardeau, et moi je vous procurerai le repos. Prenez mon joug sur vous. » Si l’Emmanuel n’est pas véritablement Dieu, de quelle manière nous impose-t-Il Son propre joug ? Car tout est serviteur de Dieu, et [cela] est appelé joug et loi ; or le Christ nous impose Son propre joug et nous soumet à Lui-même. Et bien qu’Il soumette tout au Père, Il est donc Dieu, d’où il te convient aussi de tenir que tout subsiste par Lui, selon celui qui dit à Dieu : « Toutes choses sont tes servantes. »
Et encore :
« Ou n’avez-vous pas lu dans la Loi que, les jours de sabbat, les prêtres dans le sanctuaire violent le sabbat et ne sont pas coupables ? Or je vous le dis, il y a ici plus grand que le sanctuaire. » Si, en violant le sabbat, les prê[tres]…762763764765766767
les prêtres sont sans faute, comme offrant à Dieu un culte, de même, à partir de ce qui s’est accompli dans le sacerdoce, on conçoit la grandeur de la nature du Christ. Mais cela est évident : car ceux qui étaient sous la Loi servaient l’ombre et la figure des réalités célestes ; tandis que les disciples théophores, se tenant auprès du Christ et le servant, possédaient une gloire bien plus grande. Et si le culte rendu au Christ est meilleur que le culte sous la Loi, comment ne serait-il pas conçu comme Dieu véritable ?
Et encore :
« Mais si moi, c’est par Béelzébul que je chasse les démons, vos fils, par qui les chassent-ils ? C’est pourquoi ils seront eux-mêmes vos juges. » Si c’est au nom du Christ que les disciples ont guéri les possédés, puisqu’ils invoquaient sur eux : « Au nom de Jésus-Christ le Nazaréen », comment ne serait-il pas conçu comme véritablement Dieu ? Car la gloire et la puissance d’un homme ne suffiraient point à triompher de Satan.
Et encore :
« Et de même qu’on ramasse l’ivraie et qu’on la brûle au feu, ainsi en sera-t-il à la fin de ce monde : le Fils de l’homme enverra ses anges, et ils ramasseront de son royaume tous les scandales et ceux qui commettent l’iniquité, et ils les jetteront dans la fournaise de feu. » Au sujet de Dieu, il est écrit : « Louez le Seigneur, vous tous ses anges », car un ange n’appartient pas à un ange, mais tous appartiennent plutôt à Dieu. Comment donc est-il dit au sujet du Fils de l’homme qu’il envoie ses anges ? Il est donc Dieu, puisqu’il s’approprie les anges et qu’il est servi par les armées d’en haut.
Et encore :
« Le Christ demanda : Qui les hommes disent-ils qu’est le Fils de l’homme ? Et ils dirent : Les uns, Jean-Baptiste, et d’autres768769770771
[les uns] Élie, d’autres Jérémie, ou bien l’un des prophètes. Il leur dit : Mais vous, qui dites-vous que je suis ? Simon Pierre répondit et dit : Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant. Et Jésus répondit et lui dit : Tu es bienheureux, Simon Bar-Jona, car ce ne sont pas la chair et le sang qui te l’ont révélé, mais mon Père qui est dans les cieux « a. Si le Fils était un simple homme, pourquoi Pierre est-il dit bienheureux pour l’avoir confessé, comme s’il s’agissait d’une chose cachée et d’un enseignement hautement divin pour lequel il eut besoin d’une illumination d’en haut afin d’apprendre le mystère qui le concerne ? Mais il le connut et, étant Dieu, il le confessa comme étant le Fils du Dieu vivant, et c’est en cela même qu’il fut admiré. Mais il dit un seul Fils, et non deux fils ; il est donc impie de diviser en deux.
Et de nouveau :
« Car le Fils de l’homme doit venir dans la gloire de son Père, avec ses anges »b. Voici qu’il appelle de nouveau ses anges les esprits supérieurs, bien qu’il soit dit Fils de l’homme.
Et de nouveau :
« Et lorsqu’ils furent arrivés à Capharnaüm, ceux qui percevaient les didrachmes s’approchèrent de Pierre et dirent : Votre maître ne paie-t-il pas les didrachmes ? Il dit : Oui. Et étant entré dans la maison, Jésus le prévint en disant : Que t’en semble, Simon ? Les rois de la terre, de qui reçoivent-ils des impôts ou le cens ? De leurs fils ou des étrangers ? Et lorsqu’il eut dit : Des étrangers, Jésus lui dit : Les fils sont donc libres »c. Comment dit-il de lui-même qu’il est libre, en dehors de la loi, non assujetti au tribut et véritablement Fils, sinon parce qu’il est Dieu, rendu égal par union selon la subsistance de la chair et du sang ? Il s’acquitta en effet du didrachme comme s’étant soumis à la loi, le Fils étant supérieur à la loi ; or un homme n’est pas conçu comme supérieur à la loi, de même qu’il ne possède pas non plus par nature la liberté, à moins d’être compris comme Dieu sous la forme de l’incarnation.
Et peu après :772
« Quand le Fils de l’homme viendra dans sa gloire, et tous les anges avec lui, alors il s’assiéra sur le trône de sa gloire, et toutes les nations seront rassemblées devant lui » [Mt 25, 31-32]. Est-ce donc comme l’un d’entre eux que le Christ s’assiéra, les anges se tenant tous auprès de lui, et jugera-t-il ainsi le monde ? Loin de là ce que cette parole pourrait signifier, car il est écrit qu’il n’y a qu’un seul législateur et juge [Jc 4, 12]. Le Christ est donc Dieu, étant dans la gloire de Dieu, ayant le trône, ayant les anges auprès de lui et jugeant le monde avec justice [Ps 9, 9]. Or, lorsqu’on dit de Dieu qu’il est assis et qu’il a un trône, cela désigne à la fois sa souveraineté, son autorité royale et souveraine, et la possession de toute dignité. Car nous ne considérons pas qu’il y ait un quelconque trône matériel sur lequel nous croirions que le Seigneur de toutes choses est assis, ni non plus absolument une droite, ni un lieu pour la nature divine et incompréhensible. Car, pour le corps, la forme, le lieu, la posture assise, la clôture et le contact sont naturels ; mais dire qu’il est assis à la droite de la puissance montre qu’il partage aussitôt le trône et qu’il n’est nullement au second rang en honneur par rapport au Père, comme quelqu’un pourrait le supposer. Car cette mention de la droite a été empruntée à notre usage ordinaire pour faire connaître, par une image, ce qui nous dépasse infiniment.
Et encore :
« Et le souverain sacrificateur lui dit : Je t’adjure par le Dieu vivant de nous dire si tu es le Christ, le Fils de Dieu. Jésus lui dit : Tu l’as dit. Mais je vous le dis, désormais vous verrez le Fils de l’homme assis à la droite de la puissance et venant sur les nuées du ciel » [Mt 26, 63-64]. Comment le Fils de l’homme est-il assis à la droite de la puissance ? Mais il est évident que, bien qu’il soit devenu Fils de l’homme, le Verbe de Dieu n’a pas cessé d’être Dieu, mais il est ce qu’il était ; par là même, il siège aussi avec Celui qui l’a engendré et apparaît paré des dignités divines, bien qu’il soit devenu chair.
Et encore :773
« Et Jésus, ayant de nouveau crié d’une voix forte, rendit l’esprit. Et voici que le voile du sanctuaire se déchira en deux, depuis le haut jusqu’en bas, et la terre trembla, et les rochers se fendirent, et les tombeaux s’ouvrirent, et beaucoup de corps des saints endormis ressuscitèrent ». Et si le Christ était un homme ordinaire, y aurait-il eu un tel bouleversement dans les éléments à sa mort ? Car le soleil retira ses rayons et le jour s’obscurcit, tandis que la terre, voyant son Seigneur bafoué par les Juifs, se fendait, et le séjour des morts relâcha lui aussi les âmes des saints. Qui donc accomplirait cela, sinon Dieu ? Car Dieu était dans la chair, et, lorsqu’il fut outragé, la création s’indignait elle aussi en quelque sorte d’un commun accord.
Selon l’Évangile selon Luc :
L’ange de Dieu dit à Zacharie au sujet du saint Baptiste : « Et il sera pour toi un sujet de joie et d’allégresse, et beaucoup se réjouiront de sa naissance ; car il sera grand devant le Seigneur, et il ne boira ni vin ni boisson enivrante, et il sera rempli du Saint-Esprit dès le sein de sa mère, et il ramènera beaucoup des fils d’Israël au Seigneur leur Dieu ». Et le bienheureux Baptiste Jean, à ceux qui lui demandaient par trois fois : « Toi, qui es-tu ? », dit : « Moi, je suis la voix de celui qui crie dans le désert : Préparez le chemin du Seigneur et rendez droits ses sentiers ». Et prophétisant lui-même aussi sur son enfant, Zacharie dit : « Et toi, enfant, tu seras appelé prophète du Très-Haut ; car tu marcheras devant la face du Seigneur, pour préparer ses chemins, afin de donner la connaissance du salut à son peuple, pour la rémission de leurs péchés, par les entrailles de la miséricorde de notre Dieu, par lesquelles nous a visités l’Orient d’en haut, pour éclairer ceux qui sont assis dans les ténèbres et dans l’ombre de la mort, afin de diriger nos pas sur le chemin de la paix ». Car il marchait devant le Christ et fut son précurseur, et il prêchait de lui préparer les chemins, et c’est sur lui qu’il prophétisait, les ramenant [à lui] comme à Dieu, pouvant justifier ceux qui étaient dans les péchés, comme si le Christ n’était pas Dieu !774
DE TIMOTHÉE
Et de nouveau :
« Il sera grand et sera appelé Fils du Très-Haut, et le Seigneur Dieu lui donnera le trône de son père [David], et il régnera sur la maison de Jacob pour toujours, et son règne n’aura pas de fin » (Lc 1, 32-33). Est-ce donc sous une royauté semblable à la nôtre que nous serions, de manière perpétuelle et sans fin, ou bien appartiendrons-nous pour toujours à Dieu, le Christ régnant sur nous ? Et ce non pas comme si un médiateur extérieur avait reçu cette [royauté], mais comme par le Fils et par la parenté intime du Fils devenant le temple du Dieu et Père de tous ; car ceci est vrai, comme il est vrai que le Christ est donc Dieu.
Et de nouveau :
« Et Marie dit à l’ange : « Comment cela se fera-t-il pour moi, puisque je ne connais point d’homme ? » Et l’ange lui dit : « L’Esprit Saint viendra sur toi, et la puissance du Très-Haut te couvrira de son ombre ; c’est pourquoi le saint être qui naîtra sera appelé Fils de Dieu » » (Lc 1, 34-35). Fut-il seulement appelé Fils, étant né ineffablement de la sainte Vierge par l’Esprit, ou bien croit-on qu’il est Fils et Dieu par nature et en vérité ? Mais ceci est la vérité : qu’on comprenne que le Verbe est devenu chair selon l’hypostase, c’est-à-dire s’étant approprié un corps animé d’une âme issu de la sainte Vierge ; car c’est ainsi qu’il est aussi véritablement Dieu.
Et de nouveau :
« Et il advint, dès qu’Élisabeth entendit la salutation de Marie, que l’enfant tressaillit d’allégresse dans son sein ; et Élisabeth fut remplie de l’Esprit Saint, et elle prophétisa et dit : « Bénie es-tu entre les femmes, et béni est le fruit de ton sein ! Et d’où cela m’advient-il, que la mère de mon Seigneur vienne à moi ? » » (Lc 1, 41-43). C’est par l’opération de Dieu en vue de la prophétie que quelqu’un devient prophète, mais selon un autre mode, non pas. Dès lors, la salutation de la sainte Mère de Dieu Marie, portant encore Jésus à l’état d’embryon, poussa Jean dans le sein maternel à la prophétie ; comment donc le Christ Dieu n’aurait-il pas, par l’intermédiaire de la Vierge, mu d’une manière digne de Dieu le Baptiste vers la puissance de la prophétie ?775776777778
Et de nouveau :
« Maintenant, Seigneur, tu laisses partir ton serviteur en paix, selon ta parole ; car mes yeux ont vu ton salut, que tu as préparé à la face de tous les peuples, lumière pour la révélation des nations et gloire d’Israël, ton peuple » (1). Siméon, ayant pris Jésus dans ses bras, disait de telles choses à son sujet : comment donc est-il le salut et comment est-il la lumière de la révélation des nations, s’il n’est pas véritablement Dieu, un et unique Fils, qui est par nature issu du Père en tant que Verbe, mais lui-même issu de la Vierge selon la chair ? Car pour qui y eut-il révélation des nations, sinon en lui ? Ils ont reconnu qu’il est Dieu, lui rendant un culte au lieu des dettes par le culte dû à Dieu, plutôt qu’à un seul [être créé], par nature et véritablement.
Et de nouveau :
« Et Jésus, connaissant leurs pensées, répondit et leur dit : Pourquoi avez-vous de telles pensées dans vos cœurs ? Qu’est-il de plus facile à dire : Tes péchés te sont remis, ou de dire : Prends ton brancard et va dans ta maison ? » (2) Si seul le Dieu de toutes choses remet les transgressions, n’accordant cela à personne d’autre, et que le Christ accorde aussi cela avec une autorité digne de Dieu, comment ne serait-il pas Dieu ? Il est en effet appelé Fils de l’homme, né d’une femme selon la chair, bien qu’étant Dieu le Verbe.
Et de nouveau :
« En cette heure-là, il guérit beaucoup de gens de maladies, de fléaux et d’esprits mauvais, et à beaucoup d’aveugles il accorda de voir. Et répondant, il leur dit : Allez rapporter à Jean ce que vous avez vu et entendu : les aveugles recouvrent la vue, les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés, les sourds entendent, les morts ressuscitent, la bonne nouvelle est annoncée aux pauvres, et bienheureux est celui pour qui je ne serai pas une occasion de chute » (3). Et ayant montré par ses œuvres qu’il était lui-même l’auteur d’actes grandioses dignes de Dieu, il rappelle à la mémoire ce qui avait été dit par la voix des prophètes. C’est à son sujet que le bienheureux Isaïe dit dès lors : « Fortifiez-vous, mains affaiblies et genoux chancelants » (4).779
… non seulement en tendant la main il montre l’Emmanuel, en disant ainsi : « Voici notre Dieu, voici le Seigneur qui vient avec puissance, et son bras avec autorité » ; et il a dit encore ailleurs : « Alors s’ouvriront les yeux des aveugles et les oreilles des sourds entendront ; alors le boiteux bondira comme un cerf » ; et outre cela : « Les morts ressusciteront et ceux qui sont dans les tombeaux se relèveront, et ceux qui sont sur la terre se réjouiront ; car la rosée qui vient de Toi est leur guérison » ; et il a dit encore de la part du Christ : « L’Esprit du Seigneur est sur moi, c’est pourquoi Il m’a oint, Il m’a envoyé pour annoncer la bonne nouvelle aux pauvres, pour proclamer aux captifs la délivrance et aux aveugles le recouvrement de la vue ». Dès lors que Lui-même confirme à son sujet la voix des prophètes, qu’Il accomplit des signes et en est Lui-même la preuve, et que les prophètes Le proclament Dieu, qui oserait contredire ces choses ?
Et encore :
Les disciples furent autrefois effrayés sur le lac ; puis, s’étant approchés, ils le réveillèrent en disant : « Maître, sauve-nous, nous périssons ! » Et s’étant levé, Il menaça le vent et le soulèvement des flots, et ils s’apaisèrent, et il se fit un grand calme. Il a été dit au sujet du Christ par la voix du bienheureux David : « Tu domines sur la violence de la mer ; Tu apaises le soulèvement de ses flots ». « À Toi sont les cieux et à Toi est la terre ; le monde et ce qu’il contient, c’est Toi qui les as fondés ». Dès lors, à Celui qui apaise la mer, il convient assurément aussi de dominer sur toutes choses, d’avoir à Lui les cieux et de pouvoir fonder le monde et ce qu’il contient. Comment donc ne reconnaîtrait-on pas que le Christ est véritablement Dieu, lorsqu’Il menace la mer et les vents, et cela avec autorité ?
Et encore :
« L’homme de qui étaient sortis les démons Le priait d’être avec Lui ; mais Il le renvoya en disant : Retourne dans ta maison, et raconte tout ce que Dieu t’a fait. Et il s’en alla par toute la ville, proclamant tout ce que Jésus lui avait fait ». Dans le pays des Gergéséniens, le Christ guérit le démoniaque furieux, qui Le priait d’être avec Lui…780
Mais bien qu’il l’eût guéri et qu’il en eût chassé les esprits, il lui ordonna d’aller dans sa maison et de proclamer tout ce que Dieu avait fait pour lui. Il a donc agi lui-même, en tant qu’il est le Dieu véritable ; car nous ne disons point qu’il est devenu le ministre de la grâce divine à la manière de l’un des prophètes ou même des saints apôtres, mais c’était lui-même qui, par sa propre puissance, écrasait Satan ; car c’est en son nom que, même pour les saints disciples, les démons se soumettent, et ils l’ont eux-mêmes confessé comme Dieu.
Et encore :
« Au sujet de la fille du chef de la synagogue, le Christ dit : Ne pleurez point, car la jeune fille n’est pas morte, mais elle dort. Aurait-il donc menti ? À Dieu ne plaise ! Il dit la vérité. Mais selon quelle modalité l’Écriture divine l’explique-t-elle en disant : « Dieu n’est pas le Dieu des morts, mais des vivants, car pour Dieu vivent ceux qui sont appelés à vivre » ? Dès lors, les morts sont morts selon les hommes, mais selon la nature vivifiante, c’est-à-dire selon la nature divine, ils ne meurent point. Il dit donc la vérité en tant que Dieu, en disant au sujet de la jeune fille : « Elle n’est pas morte, mais elle dort » ».
Et encore :
S’entretenant avec ses disciples, il disait : « Qui est le plus grand : celui qui est à table ou celui qui sert ? N’est-ce pas celui qui est à table ? Or moi, je suis au milieu de vous comme celui qui sert ». Vois-tu combien ce qui convient à la divinité et à la gloire seigneuriale seule ne vacille nullement sous prétexte d’être compris au rang de serviteur, mais il honore cela en raison de ce qui est humain, car « je suis au milieu de vous comme serviteur » ? Ainsi, bien qu’il soit descendu au rang de ceux qui servent, il est néanmoins le même assis à table en tant que Seigneur, et servi par toute la création en tant que Dieu.
Et encore :
Et le Christ leur dit — il est clair qu’il s’agit des grands prêtres des Juifs qui lui demandaient : « Es-tu le Christ ? » — : « Si je vous le dis, vous ne me croirez point ; et si je vous interroge, vous ne me répondrez point. Dès lors le Fils de l’homme sera… »781782783784
… s’asseoir à la droite de la puissance de Dieu. Et si le Fils de l’homme est assis à la droite de la puissance de Dieu, le Christ n’était-il pas Dieu, lui qui jouit du rang suprême et siège avec le Père ? Car aucune créature engendrée ne partage absolument, selon la nature, le rang de Dieu ; or le Fils de l’homme le partage : [il est] donc Dieu selon l’union de l’économie du Verbe devenu chair.
Selon l’Évangile selon Jean :
« Ses disciples ne comprirent pas cela au début ; mais quand Jésus eut été glorifié, alors ils se souvinrent que cela avait été écrit à son sujet »².
Et encore :
« Mais Jésus leur répondit en disant : L’heure est venue où le Fils de l’homme doit être glorifié. En vérité, en vérité, je vous le dis, si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il reste seul ; mais s’il meurt, il porte beaucoup de fruit »³. Or, il n’est pas douteux que le monde entier a été sauvé parce que l’Emmanuel est mort pour lui ; mais nous disons ceci : comment a-t-il été glorifié en mourant ? Et cela relève plutôt de l’abaissement, d’où il est dit qu’il a méprisé la honte, s’étant fait obéissant jusqu’à la mort⁴. Mais si tu dis qu’il a été glorifié en raison de sa résurrection, le propos est juste et vrai ; mais c’est d’une manière divine, lorsque le Verbe de Dieu lui-même est dit avoir souffert dans la chair. Ne limitons pas les souffrances, car il possède aussi cette gloire digne de Dieu.
Et après d’autres [passages], selon l’Évangile selon Luc :
« Tout m’a été remis par mon Père, et nul ne connaît le Fils, si ce n’est le Père ; et nul ne connaît le Père, si ce n’est le Fils, et celui à qui le Fils veut le révéler »⁵. Personne ne connaissant le Fils, si ce n’est le Père seul, comment certains méprisent-ils le témoignage du Père ? Car il a montré son propre Fils au Jourdain, en disant : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j’ai mis toute mon affection »⁶. Or, ce n’est pas nu qu’il nous a montré son propre Verbe, mais uni[lacune]785786787788789790
[…] honoré par le corps, et il n’a pas dit : « En celui-ci est mon Fils », mais : « C’est lui qui s’est incarné ». Un seul est donc le Christ, et le même est aussi Dieu.
Selon l’Évangile de Jean :
« La vraie lumière était celle qui éclaire tout homme venant dans le monde. Il était dans le monde, et le monde a été fait par lui, et le monde ne l’a point connu. Il est venu chez les siens, et les siens ne l’ont point reçu » 791. Ayant suffisamment théologisé en disant que la vraie lumière qui éclaire tout homme devait venir dans le monde, et qu’il a lui-même fait le monde, il dit qu’il est venu chez les siens. En effet, devenu homme consubstantiel, il est venu chez les siens et, avant les autres, vers ceux qui sont du sang d’Israël. Puisque donc lui-même est la vraie lumière par laquelle toutes choses ont été faites, et que lui-même est venu en chair chez les siens, comment n’est-il pas nécessaire de confesser un seul Christ, et Seigneur, et Fils ?
Et encore :
« Et le Verbe s’est fait chair, et il a habité parmi nous, et nous avons contemplé sa gloire, gloire comme celle du Fils unique venu du Père, plein de grâce et de vérité » 792. Si le Verbe s’est fait chair, c’est-à-dire semblable à nous, en recevant le sang et la chair, et en prenant la semence d’Abraham afin de devenir en toutes choses semblable à ses frères 793, comment donc douterait-on qu’il est resté le Verbe tout en s’étant fait chair ? Car la nature du Verbe est immuable ; et s’il a été compté comme notre frère, il a la gloire comme celle du Fils unique. Ainsi, bien qu’il soit devenu chair, il n’est en rien amoindri en tant que Dieu, mais il est premier, bien qu’abaissé de peu par ce qui est humain.
Et encore :
« Jean rend témoignage de lui et s’est écrié, disant : C’est lui dont je disais : Celui qui vient après moi m’a précédé, car il était avant moi ; car de sa plénitude nous avons tous reçu » 794. Jean dit au sujet du Christ : « Il doit venir après moi », c’est-à-dire après sa manifestation que lui-même prêchait. Il est clair que « il m’a précédé », c’est-à-dire qu’il est supérieur en gloire, car il existait aussi d’abord selon l’existence en tant que Dieu, de sorte que celui qui vient après lui est avant lui selon le temps. Car Dieu […]
… Dieu était le Verbe et devint chair, ayant la primauté en tant qu’il est le Verbe, mais le second rang selon la chair. Et si de sa plénitude tous les saints ont reçu, lui seul est divin selon ce qui lui est propre, comme le dit la voix d’Isaïe. Il lui convient, à lui seul, de rendre parfaitement d’autres capables de recevoir à partir de sa propre plénitude singulière ; or c’est cela qu’a accompli le Christ. Il n’y a donc qu’un seul Fils et Seigneur, le Verbe de Dieu devenu chair, lui-même à la fois Dieu et homme ; et ce qui a été dit précédemment renferme précisément la même pensée.
Et encore :
« Derrière moi vient un homme qui est passé devant moi, car avant moi il était. » Voici donc qu’en l’appelant homme et en le disant venant après lui, il le déclare antérieur comme Dieu ; car : « Au commencement était le Verbe, et le Verbe était auprès de Dieu, et le Verbe était Dieu. »
Et encore :
« Et Jean rendit témoignage en disant : J’ai vu l’Esprit descendre du ciel comme une colombe, et il est demeuré sur lui. Et moi je ne le connaissais pas, mais celui qui m’a envoyé baptiser d’eau, celui-là m’a dit : Celui sur qui tu verras l’Esprit descendre et demeurer sur lui, c’est lui qui baptise dans le Saint-Esprit. Et moi j’ai vu et j’ai rendu témoignage que celui-ci est le Fils de Dieu. » Vois très sûrement et manifestement en ces paroles notre Seigneur Jésus-Christ recevant humainement l’Esprit en raison de l’économie incarnée ; car, tout en étant riche, il s’est fait pauvre pour nous, tandis qu’il baptise divinement dans le Saint-Esprit. Car à qui convient-il de pouvoir dispenser la grâce de l’Esprit, sinon à Dieu seul, étant unique par nature et en vérité ? Il n’y a donc qu’un seul Christ et Fils, et le Baptiste en témoigne en disant : « Et moi j’ai vu et j’ai rendu témoignage que celui-ci est le Fils de Dieu. » Or quel est celui-ci ? Celui que nous voyons recevoir humainement l’Esprit, mais baptisant divinement dans le Saint-Esprit.
Et encore :
« Si je vous ai dit les choses terrestres et que vous ne croyez pas, comment…795
[si] je vous dis les choses célestes, croirez-vous ? Et nul n’est monté au ciel, sinon celui qui est descendu du ciel, le Fils de l’homme » ; pourquoi donc le Fils de l’homme est-il descendu du ciel ? Et bien que le saint corps soit né d’une femme, il était pourtant le corps propre du Verbe descendu du ciel, et il est devenu le Fils de l’homme. Donc, un seul et même Seigneur et Fils : c’est ainsi que ce qui est propre au corps est devenu le propre du Verbe, et ce qui est propre au Verbe, le propre du corps, à l’exception du seul péché.
Et de nouveau :
« Et comme Moïse éleva le serpent dans le désert, ainsi faut-il que soit élevé le Fils de l’homme, afin que quiconque croit en lui ait la vie éternelle ». Les serpents mordaient les Israélites dans le désert ; alors le Dieu de toutes choses ordonna au bienheureux Moïse de façonner un serpent d’airain : « et il arrivera, dit-il, que si un serpent mord un homme, il regardera le serpent et il vivra ». Quelle est dès lors cette figure, pourquoi donc celui qui regarde le serpent est-il sauvé ? Le Verbe monogène de Dieu étant la vie par nature, il est devenu semblable à nous, c’est-à-dire homme ; or l’homme mauvais est comme un serpent. Mais bien qu’il soit devenu semblable à nous, il ne s’est nullement trouvé semblable par la race [du mal]. Qu’est-ce donc que regarder vers lui, sinon contempler avec la plus parfaite exactitude son mystère ? Car alors on le voit à la ressemblance des méchants, c’est-à-dire des hommes, faisant disparaître les morsures des mauvais serpents. Il n’y a donc qu’un seul Seigneur et Fils, lui-même à la fois vivificateur en tant que Dieu, et sous l’aspect des méchants en raison de l’économie.
Et de nouveau :
« Les jeunes gens, tenant des rameaux de palmiers, sortirent à sa rencontre, dit-il, et criaient : Hosanna, béni soit celui qui vient au nom du Seigneur, le roi d’Israël ! ». Pourquoi donc, ordre sacerdotal, faites-vous de lui quelqu’un qui est venu au nom du Seigneur ? Car si, en tant qu’homme procédant proprement de la Sainte Vierge, le Verbe de Dieu ne lui était pas uni selon l’hypostase, commune serait la seigneur[je]796
… [lacune] à lui et ne dit rien de plus sur le Christ. Mais s’il a promis de venir comme le Seigneur de vérité, de même qu’en vérité le Fils unique est venu non sans chair en ce monde, le Christ, Seigneur et Fils, est donc un seul par nature et en vérité.
Et de nouveau :
« Et pour eux je me sanctifie moi-même, afin qu’eux aussi soient sanctifiés en vérité »^a. Le Seigneur se sanctifie-t-il lui-même comme homme, ou bien plutôt est-Il Dieu par nature, possédant en propre le Saint-Esprit, qui est aussi la vérité ? Car nul parmi les hommes ne s’est sanctifié lui-même, si le Christ se sanctifie lui-même. Un seul donc est le Fils et Seigneur, sanctifié humainement et sanctifiant divinement son propre peuple par le Saint-Esprit.
Et de nouveau :
« Jésus a fait encore beaucoup d’autres signes, qui ne sont pas écrits dans ce livre ; mais ceux-ci ont été écrits afin que vous croyiez que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu, et qu’en croyant vous ayez la vie éternelle en son nom »^b. Celui qui est né de la sainte Vierge, l’Emmanuel, a été nommé Jésus par la voix de l’ange ; dès lors qu’il est lui-même et non pas un autre Fils de Dieu, et que celui qui croit a la vie éternelle en son nom, combien n’ont-ils pas déliré, les diviseurs, en disant autre le Fils [qui est] Verbe de Dieu et autre celui [qui est né] de la sainte Vierge ! Car l’évangéliste apparaît en ces passages connaissant et proclamant assurément et très fermement un seul et unique issu des deux, Jésus-Christ, c’est-à-dire le Verbe issu du Père, ayant part au sang et à la chair tout comme nous^c, selon ce qui est écrit.
Des [épîtres] catholiques, de l’épître de Jacques :
« Ne vous égarez pas, mes frères bien-aimés : tout beau don et toute grâce parfaite descendent d’en haut, du Père des lumières »^d. Si c’est du seul Père des lumières que vient tout bon don, et que le bon don est l’Esprit Saint, et que le fait d’infuser remplit en lui la manifestation divine…797
… accorde à ceux-ci la grâce du Christ et le pouvoir d’accomplir des merveilles, comment ne serait-il pas véritablement Dieu ?
Et encore :
« Soumettez-vous donc à Dieu, mais résistez au calomniateur, et il fuira loin de vous » ; voici qu’il est véritablement établi que nous devons obéir à Dieu en ces choses. Or le Christ dit : « Prenez mon joug sur vous ». Dès lors que ceux qui portent son joug ne se soumettent à nul autre qu’à Dieu, comment ne serait-il pas Dieu ?
De l’épître de Pierre :
« Pierre, apôtre de Jésus-Christ, aux élus étrangers dans la dispersion du Pont, de Galatie, de Cappadoce, d’Asie et de Bithynie, selon la prescience de Dieu le Père, par la sanctification de l’Esprit, pour l’obéissance et l’aspersion du sang de Jésus-Christ : que la grâce et la paix vous soient multipliées ! » Voici que, selon la prescience de Dieu le Père, il s’est nommé lui-même apôtre du Christ, et, nous expliquant le mode de son apostolat par la sanctification de l’Esprit pour l’obéissance et l’aspersion du sang de Jésus-Christ, il dit que cela s’accomplit dès lors que nous, qui croyons en lui, sommes sanctifiés par l’Esprit, et qu’il nous asperge également de son propre sang pour notre pleine illumination. Comment donc ne concevrait-on pas comme Dieu celui qui sanctifie par son Esprit et qui purifie aussi les croyants par son sang ? Car il était Dieu dans la chair.
Et encore :
« Béni soit Dieu, le Père de notre Seigneur Jésus-Christ, qui, selon sa grande miséricorde, nous a régénérés pour une espérance vivante, par la résurrection de Jésus-Christ d’entre les morts, pour un héritage incorruptible, immaculé et immarcescible, réservé dans les cieux ». Si Dieu nous a régénérés pour une espérance vivante et impérissable, et que le Christ a opéré cela même par la résurrection d’entre les morts, comment ne serait-il pas Dieu ?798799800801802
Et encore :
« C’est sur ce salut que les prophètes ont fait leurs recherches et leurs investigations, eux qui ont prophétisé touchant la grâce qui vous était destinée, cherchant à découvrir quel temps et quelles conjonctures indiquait l’Esprit du Christ qui était en eux »^1. Voici donc encore que l’Esprit saint est dit être du Christ en eux, et cela parce qu’il est divin ; Dieu est donc par conséquent le Christ, ayant comme propre l’Esprit Saint.
Et encore :
« Car le Christ aussi est mort une fois pour les pécheurs, le juste pour les injustes, afin de nous amener à Dieu, étant mort quant à la chair, mais rendu vivant quant à l’esprit, dans lequel aussi il est allé prêcher aux esprits en prison, qui autrefois avaient été incrédules »^2. Un grand nombre parmi les saints prophètes furent égorgés, mais d’aucun d’entre eux il n’a été dit qu’il est mort pour les péchés, ni qu’il nous a amenés à Dieu par sa propre mort, ni aucun d’eux n’a prêché aux esprits qui étaient en prison ; et le Christ a accompli cela, et par lui-même, parce que nous avons été rachetés par lui, et ses souffrances sont le salut du monde. Il est donc mort pour nous, non pas comme étant un simple homme selon notre condition, mais comme Dieu dans la chair, ayant donné son propre sang en échange de la vie de tous.
Et encore :
« Le Christ ayant donc souffert pour nous dans la chair »^3. Car, de même qu’il est Dieu, ainsi, avec sagesse et de façon tout à fait illustre, le disciple du Christ dit qu’il a souffert dans la chair, mettant à l’abri de la souffrance la nature incorporelle à laquelle souffrir est étranger ; il a donc souffert dans sa propre chair, et bien que le Verbe de Dieu soit d’ordinaire étranger à la souffrance, divinement impassible, il est néanmoins passible selon la chair.
Et encore :
« En sorte que, dit-il, votre foi et votre espérance soient en Dieu »^4, et cela parce que le Christ est prêché par les saints apô[tres]803804805806
[des apô]tres, et lui-même dit quelque part : « En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui croit en moi a la vie éternelle ». Dès lors que la foi en Christ s’adresse à Dieu, lorsqu’il dit : « Croyez en moi », comment ne serait-il pas véritablement Dieu ?
De la deuxième épître de Pierre :
« Il y eut aussi de faux prophètes parmi le peuple, comme il y aura parmi vous de faux docteurs, qui introduiront des hérésies de perdition et renieront le Maître qui les a rachetés ». « Car vous avez été rachetés à grand prix, non par des choses corruptibles, de l’argent ou de l’or, mais par le sang précieux du Christ ». Nous appartenons donc à Celui qui nous a rachetés, bien que nous servions le Dieu vivant et vrai. Eh bien, comment le Christ ne serait-il pas Dieu, lui que nous avons qualifié de Seigneur, de Dieu vivant et véritable ?
De la première épître de Jean :
« Et voici son commandement : que nous croyions au nom de son Fils Jésus-Christ ». Et la foi est accomplie par nous non pas simplement comme envers un homme, mais comme envers le Dieu vivant et vrai. Le Christ est donc Dieu.
Et encore :
« À ceci vous reconnaissez l’Esprit de Dieu : tout esprit qui confesse Jésus-Christ venu dans la chair est de Dieu ; et tout esprit qui ne confesse pas Jésus n’est pas de Dieu ; et c’est là celui de l’antéchrist, dont vous avez entendu dire qu’il vient, et qui est maintenant déjà dans le monde ». Confessons-nous donc Jésus comme un simple homme séparé de nous, ou bien plutôt que, le Verbe étant Dieu, il s’est fait chair, sans s’être lassé d’être Dieu, demeurant au contraire tel qu’il était, et bien qu’il soit devenu chair, cela n’est point douteux ? Celui qui prétend que le Christ est le Dieu véritable tout en divisant et en diminuant sa gloire, sera convaincu d’avoir l’esprit de l’antéchrist.
« Et nous, nous avons vu et nous témoignons que le Père a envoyé le Fils comme Sauveur du monde. Quiconque confessera que Jésus est le Fils de Dieu, Dieu demeure en lui et lui en Dieu ». En disant que le Fils a été envoyé par Dieu le Père, c’est-à-dire le Verbe Monogène issu de Lui selon la nature, et qu’il a été nommé Jésus lorsqu’il a enduré par économie la naissance corporelle d’une femme ; ainsi donc le Verbe de Dieu est devenu homme. Dès lors que quelqu’un le confesse ainsi, voici qu’il a Dieu en lui-même ; et lui-même sera en Dieu, car il se souviendra de Lui, et il sera même tenu pour familier comme le recevant. Mais celui qui ne confesse pas que le Verbe issu de Dieu le Père est Jésus, c’est en vain qu’il possède son humanité ; et Dieu ne s’enrichira point en lui, ni lui-même ne sera en Dieu selon le mode de la familiarité spirituelle.
Et de nouveau :
« Quiconque croit que Jésus est le Christ est né de Dieu ». Ainsi donc, en ne croyant pas, on ne sera pas non plus compté parmi les enfants de Dieu. Car si à ceux qui ont reçu le Fils, « il leur a donné le pouvoir de devenir enfants de Dieu, à ceux qui croient en son nom », comme le dit l’évangéliste, ceux qui ne le reçoivent point ne seront pas non plus comptés parmi les enfants de Dieu, ne connaissant pas Celui par qui cela advient.
Et de nouveau :
« Mais qui est le vainqueur du monde, sinon celui qui croit que Jésus est le Fils de Dieu ? C’est lui, Jésus, qui est venu par l’eau et l’Esprit ; non avec l’eau seulement, mais avec l’eau et le sang. Et c’est l’Esprit qui rend témoignage, car l’Esprit est vérité. Car il y en a trois qui témoignent : l’Esprit, l’eau et le sang, et les trois sont un ». Il vainc assurément le monde, celui qui croit que Jésus est le Fils de Dieu. Mais qui est Jésus ? Le disciple lui-même nous le révèle en disant : « C’est lui qui est venu par l’eau et le sang, Jésus-Christ ; non par l’eau seulement, mais, dit-il, par l’eau, par le sang et par l’Esprit », et il dit que les trois sont un. Donc, devenu chair, le Verbe nous sanctifie par l’Esprit, nous purifie par le sang et811812813814
il lave avec une eau pure. Le Fils est véritablement un en tout, duquel nous disons aussi qu’il y a l’Esprit, l’eau et le sang.
Et encore :
« Si nous recevons le témoignage des hommes, le témoignage de Dieu est plus grand ; car c’est là le témoignage de Dieu, qu’il a rendu témoignage au sujet de son Fils » (1 Jn 5, 9). Le Père a rendu témoignage au Fils par l’Esprit et par la voix ; et parce qu’il est son Fils selon la vérité, le fait même de pouvoir dispenser aux saints son Esprit et d’opérer par lui des miracles en a témoigné. Et puisqu’il disait : « Celui-ci me glorifiera », il a témoigné selon cette manière ; car le Jourdain l’a montré en disant : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j’ai mis mon affection » (Mt 3, 17). Ceux qui désormais, en divisant, disent que celui qui est issu de la femme n’est pas le vrai Dieu, et qui rapportent le nom de divinité au seul Verbe de Dieu nu, font du Père un menteur. Car c’est le Verbe incarné que le Jourdain a montré, et c’est alors que l’Esprit lui a rendu témoignage qu’il est Dieu et Fils en vérité.
Et encore :
« Et nous savons que le Fils de Dieu est venu et nous a donné l’intelligence, afin que nous connaissions le vrai Dieu, et nous sommes dans son vrai Fils Jésus-Christ. C’est lui qui est le vrai Dieu et la vie éternelle » (1 Jn 5, 20). Jésus-Christ ne s’entend pas comme le Verbe issu de Dieu nu, selon lui-même et hors du corps, mais lorsqu’il devint homme, c’est alors qu’il fut aussi nommé Jésus-Christ. Dès lors qu’il est lui-même le vrai Dieu et la vie éternelle, que ceux qui écoutent en soient ainsi persuadés.
De l’Épître de Jude :
« Ayant mis tout mon zèle à vous écrire au sujet de notre salut commun, j’ai tenu pour nécessaire de vous écrire, vous exhortant à combattre pour la foi transmise une fois pour toutes aux saints. Car il s’est glissé parmi vous certains hommes, inscrits jadis d’avance pour cette condamnation, des impies, qui changent la grâce de notre Dieu en débauche et notre seul Souverain et Seigneur Jésus815
… Christ, [ceux qui l’ont] renié. De la même manière que si quelqu’un reniait quoi que ce soit de ce qui a été cru au sujet de notre Seigneur Jésus-Christ ; et bien que nous ayons reçu la Parole de l’incarnation, si nous disons : « Autre est le Fils, le Verbe issu de Dieu le Père, et autre et distinct celui issu de la femme », nous renions l’unique Seigneur. Car il y a un seul Seigneur Jésus-Christ, selon l’union de l’économie ; et je dis que le Verbe auprès de Dieu a fait approcher sa propre chair de la gloire de la divinité. Il n’y a donc qu’un seul Christ et Fils ; car il sera ainsi le Seigneur de tous.
[De l’]Apôtre aux Romains :
« Mais la justice qui vient de la foi parle ainsi : Ne dis pas en ton cœur : Qui montera au ciel ? c’est-à-dire pour en faire descendre le Christ ; ou : Qui descendra dans l’abîme ? c’est-à-dire pour faire remonter le Christ d’entre les morts. Mais que dit l’Écriture ? La parole est près de toi, dans ta bouche et dans ton cœur ; c’est là la parole de la foi que nous prêchons. Car si tu confesses de ta bouche que Jésus est Seigneur, et si tu crois dans ton cœur que Dieu l’a ressuscité des morts, tu seras sauvé. Car c’est en croyant de cœur que l’on parvient à la justice, et c’est en confessant de bouche que l’on parvient au salut. »
Si, selon l’opinion de certains, le Christ est conçu comme un homme revêtu de Dieu, n’ayant qu’une union de personne avec le Verbe issu de Dieu, pour quelle raison croient-ils en lui comme en un Seigneur ? Ils confessent aussi sa résurrection d’entre les morts, et nous sommes justifiés par la foi en lui ; la foi s’exerce en effet envers lui-même. Il est donc évident qu’est désormais nécessaire l’union selon l’hypostase du Verbe de Dieu avec la réalité humaine ; car ainsi nous confesserons un seul Christ comme Seigneur par nature et, reconnaissant la résurrection de sa chair, en croyant en un seul Dieu, nous sommes justifiés.
Et encore :
« Car aucun de nous ne vit pour lui-même, et aucun ne meurt pour lui-même. Si nous vivons, nous vivons pour le Seigneur ; si nous mourons, nous mourons pour le Seigneur. Soit donc que nous vivions, soit que nous mourions, nous sommes au Seigneur. C’est pour cela même en effet que le Christ est mort et a vécu, afin de dominer sur les morts et sur les vivants. » Et…816
s’écria donc auprès de ceux des nations le bienheureux Paul : « Mais maintenant que vous avez connu Dieu, et bien plutôt que vous avez été connus de Dieu, comment retournez-vous de nouveau à ces éléments faibles et pauvres, auxquels vous voulez de nouveau vous asservir ? » Nous avons été rachetés par la foi dans le Christ de la servitude des éléments et nous avons été délivrés pour la servitude du Dieu vivant et vrai. Or, si le Christ est mort afin de dominer et sur les morts et sur les vivants, et que nous le servons comme le Dieu vivant et vrai, ce n’est pas comme s’il n’y avait pas eu pour le Verbe une véritable union à la chair ; car en elle, étant mort, il a régné et sur les vivants et sur les morts.
De la première Épître aux Corinthiens :
« Car ils buvaient au rocher spirituel qui les suivait, et ce rocher était le Christ ». Le nom de Christ est donné à Emmanuel lorsqu’il naquit de la sainte Vierge. Était-il donc lui-même le rocher qui abreuvait Israël ? Mais il est évident que l’Écriture sacerdotale reconnaît un seul Christ et Fils. Car le Verbe, étant devenu chair, est de nouveau lui-même le rocher spirituel, ne rejetant point ce qui est transcendant dans la nature divine sous le voile de la nouvelle économie.
De la deuxième Épître aux Corinthiens :
« En sorte que nous, désormais, nous ne connaissons personne selon la chair ; et si même nous avons connu le Christ selon la chair, mais maintenant nous ne le connaissons plus ». Que dit donc Paul ? Renie-t-il le Christ après la résurrection ? Ne sait-il pas qu’il est ressuscité d’entre les morts avec son corps et qu’il est monté avec lui au ciel ? Et qui oserait dire cela ? Car il sait qu’il est ainsi monté et qu’il viendra dans la suite des temps, de la même manière qu’il est monté au ciel. En quel sens donc dit-il ne pas connaître le Christ selon la chair ? Parce qu’après la résurrection d’entre les morts, ne le mesurant plus selon ce corps, mais le connaissant et le confessant plus excellemment selon la transcendance divine. Car tant que l’économie n’était pas encore accomplie, il était prêché selon la chair, afin que l’on crût que l’Unique-Engendré était devenu homme ; et parce que le mystère a été accompli, selon lequel il est Dieu, il convient mieux de le confesser exempt d’abaissement en raison de la chair. Un seul est donc le Christ, et Fils, et Seigneur.817
Et encore :
« Car vous connaissez la grâce de notre Seigneur Jésus-Christ, qui pour nous s’est fait pauvre, de riche qu’il était, afin que par sa pauvreté vous soyez enrichis » [2 Co 8, 9]. Si le Christ n’est qu’un simple homme et non, selon une union véritable, le Dieu Verbe issu de Dieu — riche en tant que Dieu —, comment s’est-il appauvri ? Car la richesse n’appartient nullement à notre humanité ; il est dit pour tout homme : « Et qu’as-tu que tu n’aies reçu ? Et si tu l’as reçu, pourquoi te glorifies-tu comme si tu ne l’avais pas reçu ? » [1 Co 4, 7]. Mais il s’est appauvri étant riche, en tant que Dieu, car il s’est appauvri de notre humanité. « Demande-moi, et je te donnerai les nations pour héritage » [Ps 2, 8]. Mais c’est par le Fils que la loi de l’attribution positive s’applique à cause de ce qui est humain, et il dit que c’est lui aussi qui a fait les siècles, le Verbe ayant un rapport supérieur aux choses. Un seul est donc alors le Christ et Fils lui-même, Dieu tout ensemble et homme.
De l’Épître aux Hébreux :
« Lui qui, étant le resplendissement de sa gloire et l’empreinte de sa substance, et soutenant toutes choses par la parole de sa puissance, ayant opéré la purification des péchés, s’est assis à la droite de la Majesté dans les hauteurs, devenu d’autant supérieur aux anges qu’il a hérité d’un nom plus excellent que le leur » [He 1, 3-4]. Le resplendissement de la gloire et l’empreinte de la substance de Dieu et Père, c’est le Fils unique issu de Lui selon la nature. De quelle manière a-t-il opéré la purification de nos péchés ? Il est évident que c’est par son propre sang. Il s’est assis à la droite du Père, et il est dit être devenu supérieur aux anges, et cela parce que selon la nature et par l’éminence de la divinité il l’emporte sur tout ; alors donc, étant aussi devenu homme, il a surpassé comme Dieu les créatures invisibles, étant lui-même le resplendissement et l’empreinte de la gloire de Dieu, et ayant accompli la purification de nos péchés par son propre sang. Un seul est donc alors le Christ, et Fils et Seigneur.
Et encore :818
« Car celui qui sanctifie et ceux qui sont sanctifiés sont tous issus d’un seul ; c’est pour cette raison qu’il n’a pas honte de les appeler frères, en disant : J’annoncerai ton nom à mes frères » [Héb 2, 11-12]. Ce qui est saint par nature n’est pas sanctifié, car cela n’a pas besoin de sanctification ; mais ce qui est devenu saint comme par réception d’un autre ne peut pas en sanctifier d’autres. Or, s’il sanctifie lui-même et est sanctifié, cela mérite examen : il sanctifie dès lors en tant que Dieu, ayant en propre la nature capable de pourvoir à la sanctification ; mais il est sanctifié avec nous selon l’humanité. Il y a donc un seul Christ, Fils et Seigneur, sanctifiant divinement, mais sanctifié avec nous humainement.
Et de nouveau :
« Or, pour couronner ces propos : nous avons un Grand Prêtre qui s’est assis à la droite du trône de la majesté dans les cieux, ministre du sanctuaire et de la véritable tente, que le Seigneur a dressée, et non un homme. Car tout prêtre — selon ce que dit le bienheureux Paul lui-même — est établi pour présenter des offrandes et des sacrifices » [Héb 8, 1-3]. Ceux qui sont appelés à la prêtrise n’accomplissent pas des sacrifices pour eux-mêmes, mais bien plutôt pour Dieu, ce ministère étant dû par-dessus toute prêtrise ; or, en servant Dieu, on n’entre point en comparaison de mesure avec Dieu, mais on revêt la gloire convenable à lui seul et unique. Eh bien, Christ devenu notre Grand Prêtre est assis à la droite de Dieu et possède le trône de la majesté dans les cieux, et il est le ministre du sanctuaire et de la véritable tente céleste, présentant au Père les cultes de tous. Il y a donc un seul Christ et Fils, siégeant divinement sur le trône de sa divinité et nommé Grand Prêtre, et il accomplit le culte selon l’économie en raison de ce qui est humain.
Et de nouveau :
« Puisque nous avons nous aussi une si grande nuée de témoins qui nous entoure, rejetant tout fardeau et le péché qui nous enlace si facilement, courons avec persévérance dans le combat qui nous est proposé, les yeux fixés sur Jésus, le chef de la foi et celui qui la mène à la perfection, qui, au lieu de la joie qui lui était réservée, a enduré la croix, en méprisant l’ignominie… » [Héb 12, 1-2]819
[…] s’assit à la droite du trône de Dieu ». Si le Christ était un homme ordinaire et non véritablement Dieu dans la chair et semblable à nous, comment dirait-on de lui que la joie lui était proposée, ou comment s’est-il assis à la droite du trône de Dieu ? Mais parce que la joie lui était proposée — car il possède les délices sans fin —, s’étant accommodé par économie à une humble condition, lui qui est véritablement le Verbe riche issu du Père. Un seul est donc le Christ et Fils : et riche en tant que Dieu, et pauvre parce qu’il s’est fait homme, afin que nous soyons enrichis par lui.
De l’Épître aux Galates :
« Paul, apôtre, non de la part des hommes ni par un homme, mais par Jésus-Christ et Dieu le Père qui l’a ressuscité des morts ». Dès lors, ne nous montre-t-il pas, à nous qui partageons ce mystère, que Dieu s’est incarné et qu’il est un seul issu des deux ? Car il a dit qu’il est apôtre non de la part des hommes ni par un homme, mais il a ajouté : « par Jésus-Christ ». Et ce n’est pas qu’il ignore que le Christ est devenu homme en le proclamant ainsi sous tout le ciel, mais il sait qu’il n’est pas devenu un simple homme, mais bien plutôt le Verbe de Dieu incarné ; et non pas Dieu conçu dans un homme, mais conçu comme étant lui-même homme tout en demeurant Dieu. Lorsqu’il dit qu’il n’a pas été envoyé par un homme, mais par Jésus-Christ, n’est-il pas manifeste qu’il le reconnaît aussi comme véritablement Dieu, bien qu’il soit devenu chair selon nous ? Il le désigne dès lors non pas selon la mesure de l’abaissement, mais selon sa divinité et son éminence universelle.
Et encore :
« Lorsque nous étions enfants, nous étions asservis sous les éléments de ce monde. Mais lorsque vint la plénitude du temps, Dieu envoya son Fils, né d’une femme, né sous la Loi, afin de racheter ceux qui étaient sous la Loi, afin que nous recevions l’adoption ». Qui donc Dieu et le Père a-t-il envoyé, et est né d’une femme, et est même né sous la Loi ? Ne convient-il pas de dire et n’est-il pas digne de proclamer que820821822823
[…] car s’il n’est pas né d’une femme, il n’a pas non plus agi sous la Loi, s’il est demeuré comme il était, à l’extérieur. Il est évident qu’il a [pris part] à la chair et au sang, lui qui est véritablement le Verbe ; car le Verbe de Dieu le Père est né d’une femme selon la chair, Seigneur de la Loi en tant que Dieu, mais devenu sous la Loi afin d’être aussi le frère de ceux qui sont sous la Loi. Car c’est ainsi que nous avons reçu l’adoption filiale ; comme si, si le Fils n’était pas devenu sous la Loi et [né] d’une femme, nous ne serions plus les frères selon la nature du Seigneur et de Dieu ; mais parce qu’il l’est devenu, c’est pour cela que nous nous sommes enrichis de ces biens. Or, le divin Paul apporte la preuve de cette réalité en ajoutant aussitôt : « Et parce que vous êtes fils, Dieu a envoyé l’Esprit de son Fils dans nos cœurs, criant : Abba, Père »¹. Comment donc l’Esprit venu d’une femme et sous la Loi serait-il le Saint-Esprit par lequel nous crions : « Abba, Père », sinon le Dieu Christ, étant un seul et même Seigneur ?
De l’Épître aux Éphésiens :
« Un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême, un seul Dieu et Père de tous, qui est au-dessus de tous, par tous et en tous. Mais à chacun de nous la grâce a été donnée selon la mesure du don du Christ. C’est pourquoi il dit : Étant monté dans les hauteurs, il a emmené des captifs, il a fait des dons aux hommes. Or, que signifie » il est monté », sinon qu’il est aussi descendu dans les parties inférieures de la terre ? Celui qui est descendu est le même qui est monté au-dessus de tous les cieux, afin de remplir toutes choses »². Vois encore pour moi combien de fois, dans cette parole, il a su et pu très sûrement clore et déclarer manifestement qu’il y a un seul Christ et Seigneur, selon l’union de l’économie opérée du Verbe avec l’humanité. Car il y a un seul vrai Fils issu des deux ; sinon, comment y aurait-il un seul Seigneur, et comment une seule foi, ou comment un seul baptême ? Car s’il y a deux fils, il y a dès lors absolument deux Seigneurs, la foi est double, et le baptême n’est pas un ; car en qui avons-nous cru, ou bien au nom de qui sommes-nous baptisés ? Mais pourtant, il y a un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême ; il est donc évident d’emblée qu’il y a aussi un seul Fils, bien que le Monogène soit conçu comme étant devenu selon nous. Qui donc est absolument celui qui est monté dans les hau[teurs…]824825
parties, ou bien Celui qui est descendu dans les parties inférieures de la terre. Assurément, c’est Lui-même qui est descendu humainement, car Il s’est abaissé Lui-même dans un dépouillement volontaire et s’est humilié, étant devenu obéissant jusqu’à la mort ; mais Il est monté divinement avec Son corps bien au-dessus de tous les cieux, afin de remplir toutes choses.
De l’Épître aux Philippiens :
« Que chacun de vous ait en soi les mêmes sentiments qui étaient en Jésus-Christ, lequel, étant en forme de Dieu, n’a point regardé comme une usurpation d’être égal à Dieu, mais s’est dépouillé Lui-même, en prenant la forme d’esclave, en devenant semblable aux hommes et reconnu pour homme par Son extérieur ; Il s’est humilié Lui-même, devenant obéissant jusqu’à la mort, et jusqu’à la mort de la croix. C’est pourquoi aussi Dieu L’a souverainement élevé, et Lui a donné le nom qui est au-dessus de tout nom, afin qu’au nom de Jésus tout genou fléchisse dans les cieux, sur la terre et sous la terre, et que toute langue confesse que Jésus-Christ est Seigneur, à la gloire de Dieu le Père »¹. Comprends que, étant la forme de Dieu et du Père, le Dieu Verbe ne considère pas comme une usurpation d’être égal à Dieu ; car, possédant par nature d’être dans l’égalité avec le Père, Il s’est dépouillé Lui-même en prenant la forme d’esclave, c’est-à-dire en devenant homme ; et parce qu’Il a été trouvé dans une condition semblable à la nôtre, Il s’est humilié Lui-même, car Lui-même a aussi enduré la croix. Il dit qu’Il a été élevé, Lui ayant même été donné le nom qui est au-dessus de tout nom, de sorte que tout genou fléchisse et que toute langue Lui confesse ouvertement. Comment donc, étant dans la forme et l’égalité de Dieu, s’est-Il abaissé Lui-même dans l’humiliation, tandis qu’ensuite il est dit qu’Il a été élevé ? N’est-ce pas là très clairement manifester le mystère du Christ ? Car, étant Dieu par nature, Il s’est fait homme, étant devenu dans l’humiliation et la modeste apparence selon notre condition, afin qu’Il ressuscite dans la gloire et en jouisse avec Son corps, étant élevé selon l’économie et non point du tout selon la propre nature du Verbe. Le Christ est donc un, et Dieu par l’incarnation, tout en étant par Son humanité ce qu’Il était.
De l’Épître aux Colossiens :826
« En rendant grâces, dit-il, au Père qui nous a rendus capables d’avoir part au sort des saints dans la lumière ; qui nous a délivrés de la puissance des ténèbres et nous a transférés dans le royaume du Fils de son amour, en qui nous avons la rédemption, la rémission de nos péchés ; lequel est l’image du Dieu invisible, premier-né de toute créature ; car en lui ont été créées toutes les choses qui sont dans les cieux et sur la terre, les visibles et les invisibles, soit les trônes, soit les dominations, soit les principautés, soit les puissances ; tout a été créé par lui et en lui, et il est lui-même avant toutes choses, et toutes choses subsistent par lui ; et il est, lui, la tête du corps de l’Église ; il est le commencement, le premier-né d’entre les morts, afin qu’en tout il tienne lui-même la première place ; car il a plu [à Dieu] de faire habiter en lui toute plénitude, et de tout réconcilier par lui avec lui-même, ayant fait la paix par son sang, soit les choses qui sont sur la terre, soit celles qui sont dans les cieux ». Voici qu’à nouveau il l’appelle l’image du Dieu invisible et [dit que] sont créés par lui les trônes, les souverainetés, les puissances et les dominations ; il affirme avec certitude qu’il est lui-même avant toutes choses et que toutes subsistent en lui, et qu’il est la tête du corps de l’Église et le premier-né d’entre les morts. Qui donc est l’image de Dieu, le Créateur de toutes choses, sinon le Fils unique de Dieu lui-même, qui est aussi devenu le premier-né d’entre les morts, comme étant mort en sa propre chair, et non pas quelqu’un d’autre que lui ? Un seul est donc le Christ, et le Fils, et le Seigneur.
De l’Épître aux Hébreux :
« Après avoir autrefois, à plusieurs reprises et de plusieurs manières, parlé aux pères par les prophètes, Dieu, dans ces derniers jours, nous a parlé par le Fils, qu’il a établi héritier de toutes choses, par lequel aussi il a fait les siècles ». Par nature Seigneur de toutes choses avec Dieu le Père, son Verbe unique est reconnu tel, car il est établi héritier lorsqu’il est devenu chair ; car il a été dit à son sujet qu’étant devenu homme semblable à nous pour nous, [lui qui est d’une] nature supérieure, il a même enduré la croix, s’étant fait un corps capable d’être crucifié, et lui-même, ayant été crucifié, s’est assis à la droite de Dieu le Père. Un seul est donc le Seigneur Jésus-Christ cruci-827828
… grandissant humainement, mais uni divinement au Père.
De la Première épître à Timothée :
« Cette parole est certaine, et je veux que sur ces choses tu t’affirmes résolument, afin que ceux qui ont cru en Dieu s’appliquent à être les premiers dans les bonnes œuvres »¹. Ceux qui ont cru en Dieu n’ont-ils donc point cru au Christ ? Et cela, puisque le bienheureux Jean se trouve dire avec certitude à Son sujet : « Mais à tous ceux qui l’ont reçu, il leur a donné le pouvoir de devenir enfants de Dieu, à ceux qui croient en son nom »². Et pourtant l’homme inspiré de Dieu, Paul, écrit : sachant que « l’homme n’est pas justifié par les œuvres de la loi, si ce n’est par la foi en Jésus Christ, nous aussi, nous avons cru au Christ Jésus, afin d’être justifiés par lui »³. Dès lors, lorsqu’ils croient en Dieu, ceux qui professent la foi du Christ [croient-ils en Lui], comme si le Fils n’était point véritablement Dieu ?
Voici que nous avons produit un grand nombre de témoignages de ces saints et si sages Pères, pour la foi et l’affermissement de ceux qui parlent droitement au sujet de l’unique Seigneur Jésus Christ, pour la honte et l’exhortation au repentir de ceux qui Le divisent impieusement par le vain bavardage de l’hérésie des deux natures, afin qu’ils préviennent la face de Dieu par une confession avec larmes et par de dignes fruits de pénitence, avant que ne vienne le jour de leur perdition — le jour de perdition et de contrainte*, où ni les trésors de richesses ne pourront être d’aucun secours à quiconque, ni les fruits des champs, car : « Insensé, dit-il, cette nuit même on te redemandera ton âme ; et ce que tu as préparé, à qui cela sera-t-il ? »⁴.829830831832833
ainsi celui qui amasse des trésors pour lui-même et ne s’enrichit point en Dieu par la foi orthodoxe et les bonnes œuvres : « Que donnerait en effet, dit-il, un homme en échange de son âme¹ ? » Et lorsque l’Époux fermera [la porte] et répondra à ceux qui sont exclus : « En vérité, en vérité, je vous le dis : je ne sais d’où vous êtes et je ne vous ai jamais connus ; éloignez-vous de moi, ouvriers d’iniquité, vers les supplices éternels, où il y a des pleurs et des grincements de dents² ! » Car c’est ainsi que le Seigneur reniera, devant son Père dans le siècle à venir et devant le spectacle céleste des anges, des archanges et de tous les saints, ceux qui l’ont renié dans ce siècle-ci, que ce soit à cause des tortures ou pour la gloire éphémère des hommes — car toute [chair] est comme l’herbe et ainsi elle passe lorsque l’herbe sèche et que la fleur tombe³, tandis que le jugement tourmentera éternellement de tels hommes.
Obéissons donc désormais aux saints apôtres ainsi qu’à leurs authentiques disciples et aux docteurs de la sainte Église. Car ce n’étaient pas eux-mêmes qui parlaient, mais l’Esprit de notre Père et Dieu parlait par eux. Or, quiconque n’obéit pas à l’enseignement du Saint-Esprit blasphème contre le Saint-Esprit et méprise le Christ, qui doit juger les vivants et les morts, et qui a dit : « Celui qui vous écoute m’écoute, et celui qui vous méprise me méprise », et un tel homme ne recevra de pardon ni dans ce siècle-ci, ni dans le siècle à venir⁴.
Prions donc Dieu, afin que, par l’intercession des saints, tournés avec ferveur vers Dieu, nous gardions jusqu’au terme de notre vie la foi orthodoxe contre ceux qui renient intérieurement notre Seigneur Jésus-Christ le Sauveur, en nous réfugiant convenablement en Dieu pour l’éternité834
en cela, afin que, tous échappant aux supplices éternels, nous soyons rendus dignes du royaume des cieux par le Christ Jésus notre Seigneur, par qui et avec qui soient à Dieu le Père la gloire, avec le saint et vivifiant Esprit, pour les siècles des siècles. Amen.
