Psaume 6
- 01 — Un cri au vrai Médecin
- 02 — Vallée de l’Ombre de la Mort
- 03 — Rejeter la compagnie des méchants
- 04 — La Prière Ecoutée [8-10]

Psaume 6
Père Tadros Y. Malaty · 12 juin 2016 · 22 min de lecture · 3 102 vues
C’est le premier des sept psaumes pénitentiaux (6, 32, 38, 51, 102, 130 et 143), qui sont particulièrement convenables pour exprimer le repentir, une collection désignée ainsi probablement par St. Augustin.
Certains érudits trouvent que ces sept psaumes correspondent aux sept péchés de David, qui sont :
- L’orgueil ou la vanité, quand il a demandé de faire le dénombrement général d’Israël.
- L’adultère avec la femme d’Urie le Héthi en.
- La tromperie en appelant Urie de l’armée pour cacher son propre péché.
- Couvrir son péché en demandant à Urie de coucher avec sa femme.
- Tuer Urie.
- L’indulgence envers son fils Amnon lorsqu’il a fait le mal avec sa soeur.
- La surdité du coeur, car David n’a pas voulu confesser son péché, jusqu’à ce que le prophète Nathan lui vint, après 2 ans.
L’humeur de ce psaume est convenablement celle d’une personne repentante, car elle exprime un chagrin profond pour avoir péché, criant, avec de lourdes larmes 6, haïssant le péché 8, et espérant recevoir la miséricorde de Dieu 2. Les trois psaumes précédents montrent la souffrance des pieux à cause des actions des impies, leurs ennemis, alors que, dans ce psaume, nous voyons leur souffrance profonde à cause de leurs propres péchés. Le prophète David était gravement malade quand il a écrit ce psaume. Il reconnaît l’effet du péché sur sa vie : physiquement, psychologiquement et spirituellement. Ce psaume permet aux personnes qui sont désespérement malades d’honnêtement placer leur détresse, leurs souffrances, leurs doutes et leur désespoir devant le Seigneur.
Autrement dit, au lieu de céder à la souffrance et au chagrin, elles doivent se repentir et être absorbées par leur Sauveur, qui est la source de la vraie joie et du vrai confort. Il a chargé le chef des musiciens d’accompagner le psaume d’un instrument de huit cordes, « Sheminith » ; alors, son titre est : « Jusqu’à la fin, sur la harpe à huit cordes, Psaume de David. » Ce psaume était utilisé dans les liturgies Juive et Chrétienne, étant récité chaque jour dans les synaguogues et dans les églises latines anciennes. Il est aussi utilisé chaque matin (prières canoniques) dans la liturgie Copte. Grandes Lignes :
- Un cri au Vrai Médecin [1-3]
- La vallée de l’ombre de la mort [4-7].
- Refus de la compagnie des méchants 8.
- La prière exaucée [8-10].
Le Titre : « Au chef des chantres. Avec instruments à cordes (Neginoth). Sur la harpe à huit cordes (Sheminith). Psaume de David. » D’après la version des Septante : « Jusqu’à la fin, hymne pour l’octave (huit), psaume de David. » 1. « Jusqu’à la fin » : voir le titre de Psaumes 4 et 5. 2. « Avec Neginoth » veut dire « joué sur des instruments à corde. » 3. L’expression « sur Sheminith » se trouve dans 1 Chroniques 15:21, où nous apprenons la nomination de certains chantres pour jouer la harpe sur Sheminith, « pour exceller ». Elle se trouve aussi dans le titre du psaume 12. Il y a plusieurs interprétations du mot Sheminith. a. Certains l’interprètent : pour la surabondance. b. L’interprétation littérale de « sur Sheminith » est « sur le huitième ».
Si par « le huitième » nous comprenons « l’octave », notre esprit se tourne instantanément vers quelque chose lié à la musique ; donc, ce terme semble diriger notre attention vers quelque chose se rapportant à la musique dans l’adoration de Dieu. Certains trouvent que ce mot fait référence à un instrument, peut-être à une harpe à huit cordes. c. Certains trouvent que cette expression dirige notre attention vers le jour du dernier jugement, qui suivra les 6 jours de travail de cette vie et le septième jour où les âmes se reposent. Ensuite, viendra le huitième jour qui est la fin du monde. Certains des écrivains Juifs considèrent le huitième jour le jour de la circoncision. Certains anciens Chrétiens l’ont attribué au jour du Seigneur, étant le jour après le Sabbat Juif.
Ceci aboutit à des suppositions théoloiques sur la nouvelle création Chrétienne dans le Christ Ressuscité. Il fait aussi référence au royaume Messianique céleste où toutes les maladies spirituelles sont guéries. « Le Messie », a écrit un rabbin, « relachera les fers qui nous enchaînent à ce monde. » (3) Onesimus de Jérusalem déclare que le nombre huit fait référence à la résurrection du Christ, car Il est ressuscité le premier jour de la seconde semaine, ou le huitième de la première. Donc, notre repentir doit être pratiqué à travers notre foi en le Christ Ressuscité, qui nous accorde l’espérance de la nouvelle vie. + Nous pouvons interpréter, avec confiance, l’octave comme étant le Jour du Jugement, car la fin du monde nous admettra à la vie éternelle, ensuite, les âmes des justes ne seront plus sujet aux vicissitudes du temps.
Puisque le temps avance par la répétition des mêmes sept jours, l’octave peut bien signifier ce huitième jour, qui est au delà d’une telle rotation. St. Augustin + Après l’observance du Sabbat, que chaque ami du Christ fasse du jour du Seigneur un festival, le jour de la résurrection, la reine et le chef de tous les jours (de la semaine). Attendant cela avec impatience, le prophète déclare, « Jusqu’à la fin, pour le huitième jour », auquel notre vie renaît et la victoire sur la mort est obtenue dans le Christ, que les enfants de la perdition et Ses ennemis renient, « ils ont pour dieu leur ventre,… ils ne pensent qu’aux choses de la terre. » (Phil. 3 : 18,19), ils aiment les plaisirs et n’aiment pas Dieu, ayant la forme de la piété, mais en reniant le pouvoir.
(2 Tim. 3:4) (4). St. Ignatius d’Antioche Puisque ce psaume est le premier des psaumes pénitanciaux, concernant le repentir qui est le second baptême, il est convenablement intitulé « jusqu’à la fin, au huitième ». À un tel stade, une personne jouit de la circoncision de l’esprit, du coeur et des sens, car c’est à travers le repentir que nous pouvons être unis au Christ, qui est le but et la fin de notre foi. Alors, Il établira Son royaume dans nos coeurs. À travers le repentir, nous jouissons de la résurrection avec Lui, comme au premier jour de la semaine, ou au huitième jour de la semaine après Sa crucifixion… Nous sommes crucifiés avec Lui chaque jour à cause de nos péchés, et nous ressuscitons avec Lui, portant Sa piété comme étant la nôtre.
À travers le repentir, nous renouvelons la circoncision de nos esprits, ce que nous avions déjà fait dans le baptême. Ainsi, nous crucifions les oeuvres de l’ancien homme et nous portons constamment une vie nouvelle, dans notre existance intérieure. À travers le repentir, nous retournons avec le fils prodigue aux bras du Père (Luc 15), jouissant de cette promesse qui nous est faite alors que nous sommes encore sur terre, et atteignant la perfection au huitième Jour du Seigneur ! Ce n’est donc pas étonnant que ce psaume nous exhorte de crier et de supplier pour la miséricorde, pour atteindre le pardon du Médecin de nos âmes et de nos corps, et pour éviter d’être engloutis par la mort à cause du péché. Nous espérons qu’Il nous emportera à Son joyeux royaume, plutôt que d’être noyés dans les ténèbres de la nuit.
« Éternel, ne me punis pas dans Ta colère, et ne me châtie pas dans Ta fureur (grand déplaisir) Aie pitié de moi, Éternel, car je suis sans force ; Guéris-moi, Éternel, car mes os sont tremblants. Mon âme est toute troublée. Et toi, Éternel, jusqu’à quand… ? » [1-3] 1. David était un prophète pleurant, aussi bien que Jérémie. Il avait plus de courage et de considération pour pleurer à cause de n’importe quelle affliction externe ; mais, quand le péché s’est installé lourdement sur sa conscience, il a refusé d’être consolé (5), attendant la miséricorde de Dieu. 2. David demande à Dieu de ne pas le punir dans Sa colère 1. Il ne prie pas en disant ’Seigneur, ne me punis pas’, mais en disant ’ne me punis pas, comme un père fait avec son fils, en qui il trouve toute sa joie.’ Jérémie dit, « Châtie-moi, ô Éternel !
Mais avec équité, et non dans ta colère, de peur que tu ne me réduises à rien. » (Jérémie 10:24) David demande que ses afflictions soient le châtiment d’un fils, non la punition d’un naufrage. La colère de Dieu détruit, mais Son amour paternel corrige, ramène dans le droit chemin et sauve. David demande à Dieu de le punir avec miséricorde et bonté, non dans Sa colère, car quiconque sur qui Dieu verse Sa colère, celui-là sera perdu. Car il y a deux bâtons de Dieu, l’un est un bâton de miséricorde et l’autre est un bâton de colère furieuse. St. Paul fait référence à ce dernier bâton, disant : « tu t’amasses un trésor de colère pour le jour de la colère et de la manifestation du juste jugement de Dieu » (Romains 2:5) David se plaint des souffrances suivantes : a.
Du trouble intérieur, car son âme est amèrement vexée. Il n’y a point de troubles comme les troubles de l’âme. Le péché gâte tout. Il rend toute âme malheureuse. b. De la peine et de la maladie du corps : quand le coeur est troublé, tout le corps est faible et brisé. c. D’ennemis extérieurs : David reconnaît que la maladie du corps et les ennemis extérieurs ne sont pas [des problèmes] sérieux ; le vrai problème est en lui-même, ce qui est pécher. Néhémie a donc eu la même pensée en entendant parler de la grande détresse de Jérusalem : les murailles ont été détruites et ses portails ont été brûlés par le feu ; il s’est assis, a pleuré et a été en deuil pour plusieurs jours. Il a prié devant le Seigneur des cieux, confessant que lui et la maison de son père ont péché, demandant le pardon avant de commencer son mouvement de restauration (Néh.1) Il ne s’est pas plaint de ses ennemis, ni a-t-il rejeté la responsabilité sur d’autres chefs, mais sur lui-même et la maison de son père, ayant confiance en Dieu qui accorde la victoire à ses croyants saints.
David voit une relation proche entre le péché, la colère de Dieu, la maladie et la souffrance. Les chagrins par lesquels les pieux ont passé produisent de la brisure du coeur à cause du péché. Alors, le psalmiste tend ses bras vers Dieu chaque fois qu’il est accablé par sa misère, et il crie à Dieu, le Médecin de l’âme, de l’esprit et du corps, disant : « Guéris-moi, Éternel, car mes os sont tremblants (sont troublés) » 2, c’est-à-dire le soutien de mon âme, ou ma force [sont troublés] : car c’est cela la signfication d’ « os ». Certains érudits voient qu’ « os », la squelette intérieure, là, représente tout le corps ; en ajoutant l’ « âme » 3, le psalmiste veut dire tout son être. Pour la guérison de son corps et de son âme, le seul chemin qui est ouvert devant le psalmiste est de se réfugier dans la grâce et dans la miséricorde de Dieu.
Si Dieu eut compassion sur sa faiblesse et le délivrat de sa terreur dont son âme est frappée ! Ce cri est une confession de faiblesse totale et d’incapacité de nous soulager nous-mêmes. Notre espoir en tout ce qui est bon est dans la miséricorde divine. St. Jean Cassian (6) dit que certains croient que la colère n’est pas injurieuse si nous sommes en colère contre ceux qui font le mal, puisque Dieu Lui-même est dit être en colère, car le psalmiste dit : « Éternel, ne me punis pas dans Ta colère et ne me châtie pas dans Ta fureur. » 2 L’Église trouve que Jésus-Christ est le Sujet ici, puisqu’Il est le porteur de nos péchés. Donc, nous prions verset 2 à la Onzième heure du Mercredi Saint avant Pâques, car il fait référence aux vraies souffrances du Christ à cause de nos péchés.
Son esprit était extrêmement lourd et Il a crié : « Mon esprit est lourd jusqu’à la mort ». Il a dit cela en connaissant la faiblesse du corps et Il a ajouté : « L’esprit est bien disposé, mais la chair est faible. » (Marc 14:38). Il est dit, aussi, que quand Il était au jardin de Gethsémané : Etant en agonie,… Sa sueur devint comme des grumeaux de sang…, (Luc 22:44). Il était troublé à ce degré, pas à cause de péchés qu’Il avait commis [Lui-même], mais à cause de nos péchés qu’Il a portés pour les tuer sur Sa croix !
