Psaume 5
- 01 — 1. Un homme de prière et de méditation [1,2] : il a accès à Dieu, à qui il crie toujours. Il est anxieux que non seulement ses mots et son cri atteignent l’oreille de Dieu, mais qu’aussi Dieu écoute la voix intérieure de sa prière [2]
- 02 — 2. L’érudit, Daniel El-Salhy, dit : [Notez que David ne fait pas référence à lui-même comme roi, dans sa prière. Il se dégrade de toute royauté et appelle Dieu son Roi et son Seigneur. Ainsi, il insiste que Dieu, seul, est le Roi. Celui qui est un sujet du Roi n’est pas un roi. Alors, David dit : « Mon Roi et mon Dieu », pour dire « Toi seul, tu es mon Roi. » ]
- 03 — 3. Il avait confiance que, même au futur, il aura accès à Dieu, quoique banni d’entre le peuple de Dieu et de la cité sainte. Peut-être entrait-il d’habitude dans la maison de Dieu chaque jour, spécialement au matin, pour se tenir devant le Seigneur, pour que le Seigneur Lui-même le visite et le garde [3]
- 04 — 4. Le psalmiste ose appeler le Seigneur [1], puisqu’il se tient devant Lui chaque matin, à la Maison du Seigneur. Par contraste à lui, les méchants ne peuvent pas L’appeler, car ils ne sont pas admis au sanctuaire comme Ses « hôtes », et ils ne demeurent pas avec Lui [4]. Le psalmiste est conscient de la sainteté du Seigneur, alors, il se garde à distance des méchants, qui sont menteurs, trompeurs et des hommes de sang
- 05 — 5. La maison de Dieu est son refuge, et l’adoration est son armure
- 06 — 6. Dieu est le Chef

Psaume 5
Père Tadros Y. Malaty · 12 juin 2016 · 25 min de lecture · 3 177 vues
Dans cette lamentation, le prophète David tourne son attention vers Achitophel, le conseiller méchant d’Absalom, qui est comparable à l’Antéchrist.
Il met en contraste la sécurité qui se trouve dans la maison de Dieu [8-9 et 12-13] avec le danger d’être en compagnie des méchants [5-7 et 10-11], et il fait une comparaison entre lui-même et Achitophel. Lui, il représente l’Église - la Maison spirituelle de Dieu - qui est unie au Fils de David et qui entre en bataille continuelle avec l’Antéchrist, alors qu’Achitophel représente l’Antéchrist et ceux qui le suivent, les personnes méchantes. Cette prière de lamentation est profondément personnelle, et, en même temps, elle touche le croyant comme membre de la une et seule église. Comme nous l’avons déjà dit, dans notre adoration nous ne pouvons pas séparer notre vie personnelle de la vie communautaire. Ici, le psalmiste commence le psaume par des invocations personnelles, disant « mes paroles, mes gémissements, mon Roi et mon Dieu » [1,2], et il le conclut par une attitude communautaire, disant « Alors tous ceux qui se confient en Toi se réjouiront.
Ils auront de l’allégresse à toujours. » 11 Cette lamentation appartient à tous, de tout âge, et elle appartient à toute l’Église. Il y a cinq strophes, trois desquelles sont adressées totalement à Dieu, s’alternant avec les deux autres qui dénoncent passionnement l’ennemi à Lui. Tout le psaume exprime l’esprit du cri qui se trouve dans verset 2, « mon Roi et mon Dieu » (1). Il nous permet de survivre aux crises les plus mauvaises de trahison dans une famille ou dans la communauté. Nous le chantons chaque matin (Heures Canoniques) pour se remplir d’espérance. Cette lamentation personnelle semble avoir été dite au temple, en connexion avec le sacrifice du matin (voir versets 3, 7 ; 2 Rois 3:20 ; Amos 4:4) (2). Dahood classifie ce psaume avec les « Psaumes d’innocence »
(5, 17, 26, 139). Pourtant, les psalmistes et les prophètes n’ont jamais penser à renier leurs péchés, mais ils ont demandé d’en être délivrés. Leur innocence est basée pas sur leur propre piété, mais sur la grâce qu’ils ont atteinte par Dieu, à travers leur désir sincère d’être en communion avec Dieu. Autrement dit, ils sont innocents des fausses accusations que les méchants faisaient contre eux. Grandes Lignes :
- Un appel au Seigneur [1-3]
- Le mal et Dieu sont incompatibles [4-6]
- L’adoration juste de Dieu [7-8]
- Déception des personnes méchantes 9
- L’acclamation et la bénédiction liturgiques [12-13]
Le Titre : Le titre, d’après le texte hébreu, est « Au chef des musiciens avec Nehiloth. Psaume de David. », et, d’après la version des Septante, « Jusqu’à la fin, à celle qui obtient l’héritage. Psaume de David. » 1. Pour l’explication des mots : « Au chef des musiciens », voir Psaume 4. 2. « Nehiloth » est expliqué de plusieur façons : Certains pensent que ce mot signifie « armées ». Ceci rendrait le mot précédent pas « avec » mais « contre », devenant « Au chef des musiciens contre les armées », c’est-a-dire, un hymne pour être chanté contre les bandes hostiles qui se sont levées dans le pays ou qui l’ont invadé. Ce point de vue est établi sur une base très faible. (3) Certains pensent que Nehiloth est le premier mot d’un chant populaire, et qu’il indique l’air sur lequel le psaume doit être chanté. Certains le traduisent : « instruments de vent », comme « Niginoth » dans le psaume précédent, qui siginfiait « instruments de cordes ». D’autres expliquent « Nehiloth » par le mot « héritage ».
Ce point de vue est sanctionné par la version des Septante. Ceci suppose que David appelle, là, les douze tribus (d’Israël) « l’héritage », et que ce psaume est une prière pour la nation d’Israël. (4) 3. Le titre, d’après la version des Septante, est : « Jusqu’à la fin ». St. Augustin dit, [ « Christ est la fin de la Loi pour la justification de tous ceux qui croient. » (Rom. 10:4). Cette fin, pourtant, signifie l’achèvement, pas la destruction.] St. Jérôme commente : [Notre héritage nous est promis pas au début, mais à la fin du monde… C’est précisement la raison pour laquelle Jean l’Apôtre dit, « Petits enfants, c’est la dernière heure. » (1 Jean 2:18)] 4. Plusieurs des Pères de l’église commentent sur le mot « l’héritière » mentionné dans le titre d’après la version des Septante : * St.
Jean Chrysostome dit que le Psalmiste parle de la part de l’épouse, et qu’il commence, intercédant ainsi aux tribunaux, par nous parler de celle qu’il défend, et il dit qu’il parle « de la part de celle qui reçoit un héritage » ; l’héritière est l’Église. (5) + Car, que demande l’héritière ? Ecoutons-le : « Prête l’oreille à mes paroles, ô Éternel ! » 1. Elle appelle sont Epoux, son Seigneur, car c’est cela le devoir d’une épouse bien disposée. S’il est ainsi pour ceux qui ont la même nature - que l’épouse appelle son époux son seigneur - combien est-il convenable de le faire dans le cas du Christ et de l’Église, où Il est, par Sa nature-même, Seigneur ? (6) St. Jean Chrysostome * St. Jérôme dit que David chante au nom de l’Église (7).
Ce psaume est concentré sur l’Antéchrist et ceux qui le suivent, qui luttent contre l’Église. Mais cette bataille finit par sa victoire et sa gloire à elle. * St. Augustin déclare que l’Église du Nouveau Testament elle-même est l’héritage du Christ et qu’elle reçoit l’héritage éternel. + L’Église, à son tour, est appelée l’héritage de Dieu, dans le texte originel : « Demande-Moi et Je te donnerai les nations pour héritage. » (Ps. 2:5) Ainsi, Dieu est appelé notre héritage, car Il soutient et nous garde notre existance-même, et nous sommes appelés l’héritage de Dieu parce qu’Il gouverne notre vie. Ce psaume est donc le chant de l’Église qui est appelée pour recevoir un héritage, pour qu’elle devienne elle-même l’héritage du Seigneur. + L’Église est donc celle à qui on fait allusion là, celle qui reçoit, comme héritage, la vie éternelle, à travers notre Seigneur Jésus-Christ, pour qu’elle possède Dieu Lui-même, et, en s’accrochant à Lui, elle soit bénie, d’après quoi, « Heureux les débonnaires, car ils hériteront la terre ! »
(Matt. 5:5)… St. Augustin L’inscription de ce psaume en Syriaque est : « Une prière dans la personne de l’Église, quand elle vient, tôt le matin, à la maison du Seigneur. » Mais ceci est une interprétation, pas une traduction. (8) D’après Ps. 142:5, l’héritage de l’église est notre Seigneur Lui-même, « Tu es mon refuge, mon partage sur la terre des vivants. » David, comme symbole de l’Église :
+ « Prête l’oreille à mes paroles, ô Éternel. » 1 Personne n’a une telle confiance que l’Église. Le pécheur n’ose pas dire, « Prête l’oreille à mes paroles, ô Éternel »,… mais, plutôt, il espère que Dieu ne veuille pas l’écouter… « Écoute mes gémissements ». Le mot « gémissement », dans l’Écriture, ne fait pas référence au cri de la voix, mais au cri du coeur. En fait, le Seigneur dit à Moïse, « Pourquoi ces cris ? » (Exode 14:15) alors que Moïse n’avait point crié dutout… De même, il y a les mots de Jérémie, « Et que ton oeil n’ait point de repos ! » (Lamentations 2:18) Remarque ce qu’il dit : « Que même la pupille de mon oeil ne soit pas silencieuse. » Parfois, les pupilles-mêmes de nos yeux crient à Dieu. (4) St. Jérôme Le psalmiste, clairement, montre bien ce que c’est que ce cri ; comment, de l’intérieur, de la chambre du coeur, sans la parole du corps, ce cri atteint Dieu ; car la voix corporelle est entendue, mais la voix spirituelle est comprise ( « Écoute » mes gémissements).
St. Augustin David crie trois fois, demandant à Dieu d’écouter sa prière, et disant : « Prête l’oreille à mes paroles, ô Éternel ! Écoute mes gémissements (méditation). Sois attentif à mes cris, mon Roi et mon Dieu. » [1,2] Onsemius de Jérusalem déclare que David, de la part de l’Église, fait référence, dans son cri, à la Sainte Trinité [Seigneur, mon Roi et mon Dieu]. Au Père, elle dit « Seigneur », pas « mon Seigneur », car les Juifs Le connaissent aussi. Mais, elle s’attribue le Fils et le Saint-Esprit à elle-même [mon Roi et mon Dieu], car elle seule les reconnaît. La répétition trois fois dénote la force de l’affection de David et sa persévérance dans la prière. Il révèle, par ces expressions variées, la variété de ses plaintes. Ce qui signifie alors qu’il ne prie ni froidement, ni brièvement par un peu de mots, mais, d’après la véhémence de son chagrin qui le presse, il est sincère en pleurant ses calamités devant Dieu.
