Découvrez aussiCoptic.gallery
Rouleau antique et tablettes de pierre sur un parchemin

Les vagues de la mer cherchent Jonas !

Jonas, symbole du Christ, et la miséricorde qui précède la colère

Père Tadros Y. Malaty · 22 février 2021 · 10 min de lecture · 3 vues

Les Pères de l’Église parlaient souvent de la relation entre Jonas et Le Christ, car Jonas est considéré comme un symbole de Le Christ comme le dit Saint Cyril de Jérusalem: si Jonas a été jeté dans le ventre d’une baleine: mais Le Christ de son propre chef est descendu, là où la baleine invisible de la mort est. Et il est descendu de lui-même, afin que la mort renverse ceux qu’il avait dévorés, selon ce qui est écrit, je les rachèterai de la puissance du séjour des morts, Je les délivrerai de la mort.

La colère divine a décidé de détruire la ville et la miséricorde divine a précédé et a fermé les portes!

Dieu a envoyé Jonas à Ninive pour proclamer à la ville fortifiée sa destruction afin qu’à travers ces menaces, il puisse la rediriger loin de la perversité. Il lui dit: Lève-toi, va et prêche là-bas au peuple de Ninive, et parle à leurs oreilles de leur destruction qui est sur le point d’arriver à cause de leur méchanceté.

Saint Jacques de Saroug capte pour nous l’amour extrême de Dieu. Si les méchants boivent l’amertume et la destruction dans la coupe de leur méchanceté, Dieu dans son amour révèle sa colère sur leurs péchés, non pas pour se venger ou pour les détruire, mais plutôt pour leur révéler le fruit de leur méchanceté. Ainsi, Il les appelle à se repentir afin de jouir de sa compassion, et les portes de la colère peuvent être fermées tandis que les portes du Ciel peuvent être ouvertes pour les accueillir. La « colère de Dieu » en réalité est en harmonie avec son amour et sa compassion car elle empêche les méchants de continuer à pécher imprudemment sur le chemin de leur destruction!

Saint Jacques compare également le cœur aimant de Dieu à la grande ville de Ninive. Alors que la ville était pleine de péché et d’iniquité, le cœur de Dieu « bouillait » avec une grande compassion pour la raviver par sa repentance. Ce Compatissant qui est plein de bonté, car Il est lent à la colère mais très rapide à aimer. Si Son intention était de frapper Ninive à cause de la multitude de ses iniquités, Il ne l’aurait pas avertie. S’Il avait vraiment prévu de lui faire du mal, Il aurait soudainement envoyé Sa colère et l’a frappée! Il leva Son arc à sa tête, et quand elle ne le sentit pas, Il lui envoya un avertissement pour le reconnaître et demander miséricorde pour être sauvée.

Sa colère se dirigea vers la ville pour la détruire, mais la compassion s’empressa de fermer les portes devant la colère afin qu’elle ne puisse pas entrer.

Si cette compassion n’était pas là, quel aurait été le but d’un prédicateur? Il l’a envoyé là-bas pour les restaurer de leur méchanceté et par la repentance il peut se reposer comme la corruption ne régnera plus.

Saint Jacques de Saroug

Saint Jérôme pense que Jonas n’a pas toléré d’aller au Ninive, car il a su que le jour où les nations accepteront la foi, Israël le refusera comme si les nations seront sauvées aux dépens de son peuple Israël. C’est pourquoi il a désobéi le Seigneur, non pas de haine dans le cœur mais de jalousie envers son peuple, pareil à ce que le prophète Moïse le jaloux a dit: « Pardonne maintenant leur péché! Sinon efface-moi de ton livre que tu as écrit. » (Exode 32: 31-32)

Moïse a apparu comme s’il résista le Seigneur mais il a acquis la pitié de Dieu pour son peuple et Dieu n’a pas effacé son nom de son livre.

De même façon le serviteur Paul a dit: « car je voudrais moi-même être anathème et séparé de Christ pour mes frères, mes parents selon la chair, qui sont Israélites. » (Romains 9: 3) il a préféré d’être lui-même anathème pour que ses frères vivent en Christ, considérant sa mort profit, avec son amour, il n’est pas mort mais il a été digne de la vie qu’il a voulu pour eux. Ainsi Jonas craignait que sa prédication des Assyriens, les ennemis d’Israël, détruise Israël lui-même, alors il s’est enfui à Tharsis, c’est-à-dire dans la direction opposée.

Saint Jérôme dit: « la fuite de Jonas indique la condition de l’homme en générale qui, en méprisant les commandements du Seigneur, a fui de son visage et livra son être au monde alors la tempête du monde le força à se noyer, puis il s’engagea à contempler Dieu et à retourner à celui de qui il fuit… le navire était en danger… et les vagues faisaient rage par les vents… car quand le Seigneur n’est pas satisfait, rien n’est sûr. »

A Noël de l’an 361 après J.-C., Saint Grégoire de Nazianze fut ordonné prêtre pour aider son père âgé de quatre-vingts ans. Il avait très peur de la prêtrise et l’a soudain pris contre sa volonté, alors il s’est enfui le lendemain chez son ami proche Saint Basile le Grand à Pont. Mais lorsque la Pâque chrétienne est arrivée, c’est-à-dire après environ quatre mois, il est revenu pour reprendre le travail pastoral. Dans sa lettre « Justifier sa fuite », l’histoire de Jonas suggère à de nombreux opposants à l’œuvre sacerdotale de revenir et d’accepter de porter le joug du service.

Saint Grégoire de Nazianze croit que Jonas a fui la face du Seigneur, mais il était terrifié par la mer, la tempête et le sort que les mariniers ont tiré. Son enterrement dans le ventre de la baleine pendant trois jours, tout cela portait un grand secret, car il savait que la ville serait sauvée par la repentance, et par cela ils le considèrent comme un faux prophète devant le peuple de Ninive. Il a été jugé dommage d’être considéré comme un outil vide. Ainsi Jonas était jaloux de la sincérité de son œuvre prophétique.

Notes et références

  1. Édition : « Les vagues de la mer cherchent Jonas ! », par le père Tadros Yacoub Malaty, 2021. Traduction : Miray William, Mariam Elkess Mosa, Marina Hany, Marvy Nader, Natalie Sadek.