Les Catéchèses de saint Cyrille de Jérusalem
Procatéchèse, dix-huit catéchèses baptismales et cinq catéchèses mystagogiques
- 01 — Procatéchèse — Préface aux Éclairés
- 02 — Catéchèse I
- 03 — Catéchèse II
- 04 — Catéchèse III
- 05 — Catéchèse IV
- 06 — Catéchèse V
- 07 — Catéchèse VI
- 08 — Catéchèse VII
- 09 — Catéchèse VIII
- 10 — Catéchèse IX
- 11 — Catéchèse X
- 12 — Catéchèse XI
- 13 — Catéchèse XII
- 14 — Catéchèse XIII
- 15 — Catéchèse XIV
- 16 — Catéchèse XV
- 17 — Catéchèse XVI
- 18 — Catéchèse XVII
- 19 — Catéchèse XVIII
- 20 — Première catéchèse mystagogique
- 21 — Deuxième catéchèse mystagogique
- 22 — Troisième catéchèse mystagogique
- 23 — Quatrième catéchèse mystagogique
- 24 — Cinquième catéchèse mystagogique

Les Catéchèses de saint Cyrille de Jérusalem
Procatéchèse, dix-huit catéchèses baptismales et cinq catéchèses mystagogiques
Saint Cyrille de Jérusalem · 1715 · 866 min de lecture · 1 vue
Procatéchèse — Préface aux Éclairés
D« Catéchèses de nôtre Père saint Cyrille Aréevêcstte 4 de Jérusalem. Bmiffe (nous) Seigneur.. S »
Es r maintenaaitjVous autres Éclairés v j que vous pouvez aspirer à la fouveraine béatitude; et que vous pouvez cueillir I des fleurs, qui doivent un jour servir à vous couronner dans le Ciel -y le saint-Esprit vous a déjà fait respirer la douce odeur de la grâce y déjà vous êtes admis sous le portique de l’Église, 7 et bien-tôt, comme je l’espère,, le Roy du Ciel vous introduira au. milieu du saint Lieu qui est son Palais, î déjà les arbres ont poussé des. fleurs, et j’espère qu’ils porteront bien-tôt d’excellens fruits. Vous avez été comme enrôlés en la milice de Jésus Christ en donnant vos noms, 9 vous avez reçu des lampes ° telles qu’en ont les Épouses qui attendent la nuit leur Epoux, pour marquer le defir et l’empressement que vous avez du Royaume Celeste, et la résolution sincère d’embrasser ce qui est nécessaire pour y arriver y et l’efperance de le posséder, qui en est la suite.
Car celui qui nous assure que tout conspire au bien de ceux qui aiment Dieu ne vous a point trompé. Dieu est libéral y et toujours prêt à nous faire du bien; il attend néanmoins la volonté propre de chacun: c’est pour cela que l’Apô- tre ajoute, que ce si à ceux qu’il a appelle, selon son décret pour être saints que tout tourne en bien: quand par la grâce vous avez cette bonne volonté, elle fait que vous êtes bien appelés Fendant vôtre vocation complète; car étant composés de corps d’ame, il ne vous servirait de rien d’apporter icy vôtre corps, si vous n’y apportez vôtre esprit 3 qui accompagne et qui anime nos aetions.
Esprit n’éclaira pas son cœur son corps defcendit dans l’eau et en fortit, mais son ame ne fut pas enfevelieavec Jésus-Christ, et aussi elle ne ressuscita point avec luy.
Je vous propbfe des exemples de la chiite de ceux i Côr io U Vous ont evancez e Peur quc vous ne tomgm biez comme eux car ces ebofes leur ontfcrvi de figures
ImstmtHons, afin que nous ne fuivions pas comme eux nos defirs déréglez: elles ont été écrites pour fervird’avertifTemens à ceux mêmes qui feprefentent aujourd’huy pour être baptisés. Prenez bien garde qu’aucun de vous ne tente la grâce de Dieu; Qu’aucune racine amere jettant Ces branches in haut ne vous Htbr. u. mtifr, qu’aucun de vous ne dife lorsqu’il entrera dans ’Sce lieu: Voyons ce que sont les fidèles j étant entré avec eux, je verrai et je faurai ce qu’ils sont; vous vous propoferiez de voir, et vous ne penferiez pas que vous y feriez vus et remarquez; vous penîtz pouvoir pénétrer ce qui se pane dans les aflemblées des fidèles, sans fonger que Dieu fonde à l’heure même le fond de vôtre cœur, vous feriez semblable à cet homme dont il est parlé dans l’Evangile, qui vint à des Noces sans avoir un vête- M.iai ment convenable à cette folemnité: étant entré dans la Salle du festin, il se mit à table, et mangeoit avec les autres, car l’Epoux y admettoit tous ceux qui se prefentoient, et au lieu que cet homme voyant les autres bien parez devoit aufll s’habiller proprement, il se mit à la table avec eux, et mangeoit comme eux, c[Uoi qu’il ne fût pas habille vêtu de même; mais l’Epoux, quoique libéral, n’étoit pas cependant sans difeernement, et examinant chacun de ceux qui étoient à table, et Rappliquant à connoître, non pas comme ils mangeoient, mais comment ils étoient habillez, et ayant âpperçû que cet homme de dehors n’avoic pas farobbe nuptiale, il luy dit: Mon amy comment fcs-vous entré icy f avec quelle hardiefle avez-vous 4 Les Cdiechefes de saint Cyrille ofé vous y préfenter? si le Portier ne vous a pas défendu d’entrer à cause de la libéralité et de la magnificence de celuy qui faisait le festin, ignorezvous quel habit il falloit avoir pour vous y préfenter?
Je veux encore que cela soit; mais- après y être entré, ne voyant à table que des personnes bien parées, ne deviez-vous pas apprendre par ce que vos yeux vous reprefentoient, que si vous étiez entré témérairement dans ce lieu, il étoit de vôtre prudence et de vôtre devoir d’enfortir, et de vous retirer: mais parce que Vous y êtes entré indécemment, vous en serez chaflfé honteufement. Il commanda à ses domestiques de lier les pieds de celuy qui étoit entré avec tant d’infolence, et de luy lier les mains, comme ayant été assez parefleuxpourne pas changer d’habits y et de le jetter dans les ténèbres extérieures, comme étant indigne de porter des lampes au devant de l’Epoux.
Vous voyez ce qui arriva a cet homme prenez garde qu’un semblable malheur ne vous arrive; car nous qui fommesiesMiniflxesde JésusXhrist nous recevons tous ceux qui feprefentent ll; et comme si nous faifions la sonetion de portier, nous permettons à tout le monde d’entrer: il vous est permis de venir quand même Vôtre ame serait encore fouillée du péché, et que vôtre volonté serait attachée au mal; vous êtes entrez, on vous a admis en ce lieu, vôtre nom est écrit: confiderez les pratiques vénérables de PEglife envifagez l’ordre et la difcipline qui s’y obferye, toutes les levures qu’on y frit de la faïnte Ecriture j obfervez la modestie de de Jemfalem. Préface.;’ ceux qui y affluent, la doetrine qu’on y enfeigne, reCpeûez le lieu où vous êtes, faites que tout ce que vous y voyez soit pour vous une instruetion continuelle; et avec cela je vous dis qu’il est peutêtre plus à propos que vous fortiez de ce lieu pour mériter d’y être admis en un autre temps, où vous serez plus en état d’en profiter: Je veux dire, si vôtre ame est dans les liens de la cupidité, et qu’elle soit encore attachée au péché, fortez, dépouillez-vous-en et rentrez icy; dépoiiillez-vous des habitudes impures, et revêtez-vous de la robbe éclatante 4e la tempérance: Je vous avertis de ces choses avant que J.
C. l’époux des âmes entre en ce Ueu, et avant qu’il voye dequoy voUs êtes revêtus. Vous avez encore un intervale assez long. On vous donne quarante jours de pénitence, H c’eflr un temps favorable pour vous dépouiller du vieil homme et pour vous revêtir du nouveau, pour entrer icy, et pour ensuite être lavé. Que il vous perfeverez dans vôtre mauvaise volonté; celuy qui vous aura ouvert sera exempt de faute devant Dieu; laais vous vous trompez, si vous prétendez recevoir la grâce du Seigneur; vous serez lavez par l’eau, mais vous ne recevrez point l’esprit de Dieu.
qu’il se. relevé; qu’il n’y ait parmy vous aucun Simon, nraucun hypocrite, qu’aucun curiofité ne vous amené icy; il se peut même fair qu’on y vienne avec des vues humaines, qu’un mar; y vienne par complaifance pour sa femme qui r
A iij follicke, ou que des femmes s’y prçfentent pour plaire à leurs maris; des ferviteurs pour gagner les bonnes grâces de leur maîrre, ou un amy pour plaire à son amy; je prens et je reçois dans le filet ce qui se préfente; on y peut venir avec mauvaise intention, quoiqu’av.ec une ferme espérance d’être sauve j vous ignoriez peut-être où vous veniez, et quel çst le filet qui vous a pris; vous êtes tombé dans le filet de l’Église; vous avez été pris tout vivant, vous y serez retenus, de peur que vous ne vous enfuyez: c’est J. C. qui vous a pris, non pour vous faire périr, mais pour vous faire revivre -, car il faut que vous mouriez pour pouvoir refTufciter. Ecoutez l’Apôtre qui vous dit: Vous êtes morts au pèche, mais vous vive% à la justice; commencez dès aujourd’huy à vivre et à confiderer la grande grâce que J.
C. vous a faite. Vous étiez appelés Catécu menés ’5, vous étiez au dehors de l’Église, vous écoutiez ce qu’il faut efperer, sans le Ravoir j vous entendiez parler des Mystères que vous ne conceviez pas; on vous lifoit l’Ecriture sainte, vous en ignoriez la lignification; maintenant vous ne serez plus dehors de l’Église, vous serez dedans l’Église; le S. Esprit refidera au milieu de vous, il le sera d’orelnavant une divine demeure dans vôtre cœur, et quand vous entendrez ce qui est écrit de nos Mystères, pour lors vous concevrez ce que vous ne fçaviez pas.
Ne vous imaginez pas que ce soit peu de choses que d’avoir la connoiûance de ces veritez, c’est par cette connoiffance que d’homme remply de miferes que vous étiez par vôtre origine, vous mériterez le lurnom de fidèle, l6 que Dieu s’attribue luy-même. tcoutez l’Apôtre, qui parlant de Dieu l’appelle un t. Ctr. 1. dieu fidèle; et en un autre endroit l’Ecriture dit, jue Dieu est fidèle et juste; c étoit dans cette penfée que le Pfalmiste par un esprit prophétique parlant au nom de Dieu, et prévoyant que les hommes porteroientun jour le nom que l’on donne a Dieu, les appelioit luy-même des Dieux, fay dit, vous êtes py.81. S. des Dieux, et vous êtes les cnfitns du Très haut, mais prenez garde qu’en portant le furnom de fidèle, vous ne soyez infidèles dans l’ame; vous êtes entrez dans la milice, combattez et confommçz vôtre courfe, car vous n’aurez jamais un meilleur temps.
S’il s’agiffoit de célébrer le jour de vos noces, ne quitteriez-vous pas toutes vos autres affaires, pour vous occuper de ce qui serait neceflaire pour le festin: hé bien, vous allez être fanctifiez; ou bien, vôtre ame va entrer en alliance avec l’Epoux celeste, ne quitterez-vous pas les chôfes corporelles pour vous mettre en état de recevoir les fpirituelles? car on ne peut être baptisé deux ou te »is foisr7, en sorte qu’on corrige ou qu’on rectifie la féconde fois ce qu’on a mal fait la première fois: si vous l’avez été une fois mal, cela rie se peut réparer, il n’y a qu’un Seigneur, qu’une Foi, et qH’uri Baptême } ce ne sont que les hérétiques qu on rebaptife «, parce que le Baptême qu’ils avoient reçu hors de l’Église n’étoit pas un vray Baptême.
L’unique chose que Dieu demande de nous, c’eit k bonne volonté: Ne. dites pas:- Comment est-c
Les Cotechefes de Joint Cyrille que mes péchez me seront remis? Je vous le déclare, c’est par la foi et par la bonneolonté: qu’y at’ilde plus facile à avoir? mais si vous dites de bouche que vous voulez,.et que vôtre cœur dife le contraire:, ceiuy qui fonde les confeiences sera vôtre juge.
Commencez donc dès aujourd’huy à quitter toute sorte de commerces infâmes; défaites-vous de ces paroles fales y ne péchez plus par convoitife, n’ayez plus de paflion pouf les biens de la terre, empreflez-vous de venir écouter les Catéchèses, recevez foigneufement les Exorcifmes qu’on y fait, J9 quoiqu’on ait déjà foufflé sur vous, et que vous oyez exorcifèz folemnellement, rien- n’ est plus falutaire que cette cérémonie car comme l’or qui n’est pas poly ni travaillé y ou qui est mélangé avec d’autres métaux comme avec de l’airain ou de l’étain y da fer ou du plaml, lorsqu’on le veut avoir pur, il faut le mettre an feu, ah que se purifiant ilfe débaraiTe de ces corps étrangers; aussi l’amène peut être purifiée sans ces exorcifmes, ils sont tout divins, étant pris des divines ’Ecritures.
On vous met un voile sur le visage y10 afin que vôtre esprit soit plus-recueilly, et de peur que vos yeux étant égarez ne caufent de la diffipation à vô ’ tre ame i car les yeux étant recueillis, on est plus en état d’écouter et de retenir les choses du salut. Car comme les Orphévres par k moyen de certains instrumens avec lefqucls ils fouffient le feu auquel for est expofé lorsqu’il est dans le creufet, le purifient et trouvent ainsi ce qu’ils cherchoient y de même de Jcrufalem. Vrcfocë, j même les Exorcistes « par la vertu du saint-Esprit excitent la frayeur dans l’ame, et la difpofent à être embrafée du feu divin; et pour lors le démon nôtre ennemi s’enfuit de cette ame, laquelle étant purifiée de ses péchez -, y trouve son salut, et l’efperance de la vie éternelle. »
Perfeverons donc, mes Frères, dans l’efperance, foyons perfuadez que Dieu qui voit nôtre bonne volonté, nous purifiera de nos péchez après qu’il nous aura donné le moyen d’en faire une pénitence falutaire. Car c’est à luy à nous appeller, et c’est à nous à répondre à sa voix; perfistez à écouter les Catéchèses quelques longues qu’elles soient, de peur que vôtre ame ne se trouve quelquefois dans le befoin de quelques-unes des véritez qu’on vous y doit enfeigner car vous y trouverez des armes contre toutes lesPuiiîances ennemies, contre les Hérétiques, contre les Juifs, contre les Samaritains, contre les Payens. Avez-vous beaucoup d’ennemis? « prenez à proportion dequoi vous en défendre. H faut favoir comment il faut les attaquer et les confondre, et en être victorieux: Apprenez donc comment vous confondrez un Grec, comment vous combattrez les Hérétiques, le Juif, le Samaritain j on vous fournira toutes sortes d’armes on vous mettra entre les mains le glaive fpirituel, afin de combattre pour les intérêts de Dieu, et que vous triomphiez desPuiffances qui vous sont contraires, de tous les efforts des Hérétiques. »
« Apprenez et retenez tout ce qui se dit dans ces Çatechçîes; car il n’est pas de ceinstruetions commç re Les Catecbefes de saint Cyrille des Homélies 3, quoique celles-cy soient bonne » qu’elles méritent vôtre rcfoed et vôtre attention: s il arrive que vous ne vous soyez pas appliqué à un Sermon, ou que vous ayez négligé de l’entendre, vous pouvez un autre jour recouvrer la perte que vous en auriez faite, mais les difcours qui se sont de suite et par ordre sur le Baptême ne se réitèrent pas; ainsi où apprendrez-voiis ce que vous aurei négligé d’y retenir? Pensez qu’il en est comme des arbres: quand une fois ils sont mal plantez et à contre-temps, on n’en peut plus rien attendre de bon. Croyez qu’il en est de la Catéchèse comme d’un édifice, h les parties ne sont unies entre elles dans l’ordre qu’elles demandent, la maison menace ruine; s’il y a des fentes ou des ouvertures, il est nécessaire que les pierres se tiennent que les angles et les cotez se joignent, aue l’on en retranche tout ce qui est fuperflu pour taire un édifice complet.
C’est ainsi que nous travaillons à former en nous un édifice fpirituel, dont les matériaux sont les différentes veritez que nous vous expliquerons: Nous vous parlerons un jour du Dieu vivant, un autre jour de Jésus-Christ, un autre jour de la Résurrection ainsi dç plusieurs autres choses qu’on vous expliquera par ordre, et dont nous ne parlons présentement qu’en abrégé, nous réfervant d’en parler plus amplement en son lieu.
Que si vous négligez de vous iiîstruire de quelqu’une de ces veritez, quoique vous vous fouveliiez des autres, il est difficile que cet édifice soit le longue durée, encore que celuy qui Ta entre pris y ait apporté tous ses foins.
« « Si aptes que vous avez entendu la Catéchèse 4 un Catecumene venoit à vous demander: Qu’ont dit les Doeteurs? donnez-vous de garde, comme c’est un étranger de luy en rien dire; car c’est à vous que nous confions nos Mystères, et l’efperance du fiecle à venir. Gardez le fecret a celuy à qui vous devez en rendre compte, et hc dites à personne ce que vous avez ouy. Peut-être direz- vous: Quel mal ya-t’il d’en parler ou d’en instruire les autres? moyje vous dis: De même que quand des malades demandent du vin, si on leur en donne » contre-temps, il excite en eux la frenefie, d’où il en arrive deux maux; le premier que le malade en meurt, et le second que de là on prend occafion de décrier le Médecin: il en va de même à l’égard des Mystères; si un Catecumene les entend dire à un Fidèle la tête luy tourne, car il ne comprend rien à ce qu’il a ouy, et cependant il en veut juger, le cenfurer, le critiquer, et souvent s’en mocquer; et le Fidèle de son côté mérite d’être blâmé comme trahifTant la cause de l’Église.
Vous donc qui commencez à être des nôtres, donnez-vous de garde de parler de ce qu’on vous dit icy; ce n’est pas que ce qu’on y dit ne mérite d’être raconte, mais c’est que celuy à qui vous en parleriez est indigne de les entendre: Et vous-mêmes vous étiez ey-devant Catecumenes, et vous vous fouvenez bien; que l’on ne vous diioit encore rien de nos Mystères; mais au reste, quand par expérience vous aurez reconnu la fublimite et la grandeur des choses qu’on vous expliquera » vous conviendrez aifément qu’el
B ij les sont au defTus de la portée des Catccumciïes ] qu’ils ne méritent pas de les entendre.
Vous tous qui êtes icy, et qui avez donné vos noms, vous êtes devenus par vôtre Baptême les fils et les filles de la même Mère. s
Lorfque vous serez arrivez çn ce lieu, 6 attendant l’heure qu’on sera les Exorcifmes, entretenezvous de paroles de pieté et si quelqu’un de vous autres n’etoit pas encore venu, envoyez-le quérir; si vous étiez invité à un repas y n’attendriez-vous « pas quelque temps ceux qui y feraient pareillement invitez? et si vous aviez un frère ne voudriez-vous pas luy faire ce plaifir? Ne yous y occupez point par curionté de choies vaines, ne vous informez point de ce qu’on fait en ville y de ce que fait le Roy ou le Bourgeois, ni l’Evêque, ni le Prêtre: 2? élevez vôtre esprit en haut, le temps demande que voui 45. 11. wacquie% d connoitre votre Dien. Si vous voyez des Fidèles vivre et exercer avec confiance leur ministerc ils ont sujet d’être en repos; s’ils fijavent ce qu’ils ont reçu, c’est la grâce qui leur donne cette aflurance, mais vous êtes encore incertains si vous la recevrez ou non: N’imitez donc pas ceux qui ne vacquent point à la méditation 9 soyez dans le réf. peet lorsqu’on fait l’Exorcifmc sur vous et jusqu’à ce qu’on l’ait fait aux autres y etC que les hommes ioient avec les hommes, et les femmes avec les femmes. Il ne sera pas hors de propos de vous « pofer icy l’exemple de l’Arche de Noé, dans laquelle étoit ce Patriarche avec sa femme, et ses fiU stveç leurs femmes; cette Arche étoit unique, Pc%: » »
Je Jemfalem/PfaetCtl. £ ttée enétôit fermée; c’étoit la figure deî Eglife où vous êtes présentement; vous y êtes renfermez au dedans,-et en même temps les hommes y sont avec les hommes, et les femmes avec les femmes de peur qu’en apprenant la feience du salut, Ton ne trouve occafion de se perdre, et que dans le lieu où l’on apprend à se fauver, on n’y trouve quelque occafion de se perdre; et quoique ce soit une belle chose de voir le prochain affis avec son prochain, il faut pourtant éloigner, autant qu’on le peut, tout ce quipourroit exciter des mouve mens déréglez. Les hommes étant affis, 9 ils lironf quelque Livre de pieté; un d’entr’eux pourra lire, et les autres Técouteront; que si on ne trouvoit point de Livre, on s’occuperade la Prière ou de quelquautre chose; mais à l’égard des femmes, sur tout des filles, on leur permet de prier ou de réciter des Pfeaumes à voix bafTe, enforte qu’on ne les entendra point i en remuant leurs lèvres pour prier, elles auront soin que personne ne les entende; car a l’exemple de S.
Paul, je ne permets point aux1-Cêr4: femmes de parler dans ÏEglife; les femmes mariées obH’ lerveront les mêmes choses, elles pourront prier, raaisa voix baffe, pour demander à Dieu qu’il leur naiUe un Samuel, et que leur ame qui est stérile [; eet-u ant exaucée, enfante le Salut de Dieu; carçest1’’ cc que fignifie le nom de Samuel.
Jobferverai 31 l’ardeur,.lc zèle, l’afliduité etc la lcte de chacun de vous autres. Excitez-vous donc 1 w pieté, attendriffez vôtre cœur, ôtez-en la dufeteque l’infidélité y avoit ipife, arrachez-en tout
« B iij r4 Les CUtechefes de saint Cyrille ce qu’il y a de mauvais et d’inutile, et feites-y fu# cedêr une entière fineëfité -, ôtez la rouille du pe- ché qui P avoir tendu plus dùf que le fer, et retabiiffefc-ledans fort pfeffiiei- éclat, etpour lors Dieu VOuetfeïa voir dh plein jour la nuit et les ténèbres qui vous értvirôhnoient; Ce sont ces ténèbres dont ffitf.ii. j] est jt qUe fl)ous n’enjere: ç p0int obfcurcis J ce sera pour lors que la porte du Ciel sera ouverte à chacun de vous, et qu’à la faveur de vôtre Baptême, vous refpirerez la bonne odeur de’ J. C. comme le portant dans vôtre cœur. Vous serez appelés Chrétiens, du nom de J. C. des Porte-Christs, 51 et vous recevrez la vertu des choses divines; élevez donc les yeux de l’amc vers le Ciel pour y voir les Chœurs des Anges, pour y »contempler Dieu, le Seigneur de toutes choses, qui y réfide comme sur son Trône, et fôn Fils unique qui est aflis à sa droite, etleS.Espritqui est perpétuellement avec eux.
Confiderez les Trônes et les Dominations qui le fervent, et que chacun de vous, homme ou femmer étant sauve le fervira avec ces bienheureux Esprits, Faites retentir à vos oreilles ces paroles qu’on vous? disait dans les Instruetions que vous avez déjà ouïes, que quand vous serez fauvez les Anges vous diront: 31-. Bienheureux ceux dont tes pechesont remis et dont 1er iniquité sont couvertes; lorsque vous serez lavez dans les eaux, vous entrerez dans l’Eglifc comme des colombes, avec la blancheur et Teclat celeste, que la grâce aura communiqué à vôtre ame.
O que le Baptême 31 est quelque chose de grand E il est la délivrance de vôtre captivité, la remiflion de Jérusalem. Préface ïj - la mort des péchez, la régénération de l’amc, l’habit blanc, le sceau ineffaçable 33 de lafainteté, la charité qui conduit au Ciel, les délices du Paradis, l’entrée du Royaume des Cieùx, la grâce de l’adoption des enfants.
Au reste ce dragon obfervc sur le chemin ceux qui y partent,• prenez garde qu’il ne vous infeetc du poifon de l’infidélité: il voit tant de gens appelés au salut, et il cherche à en dévorer quelqu’un; ayez recours à celuy qui est le pejre et le maître des esprits, et il vous sera éviter, la fureur du dragon et pour vous en préfervex, faites que i)o pieds ayent une chaujjure fpirimelle, toujours fréfa- Ephef.f. ne a Annoncer l’Evangle de paix y afin que s’il vous « Sattaque, il ne vous nuife pas; ayez au dedans de vous la foi et une ferme efperancc, et vous serez assez forts pour vous défendre contre cet ennemy, pour arriver au Seigneur. »
Préparez vôtre cœur à recevoir les Instruetions la participation aux saints Mystères, priez fouvêtit 34, afin que Dieu vous en rende dignes; ne paflez point le jour ni la nuit dans l’oifiveté, dès que vous êtes éveillez, priez.
Si vous êtes attaquez de quelque tentation d’impureté, repréfentez-vous aussi-tôt le jour du Jugement, 35 et que l’attention aux choses qu’on vous apprend diffipe jusqu’au fouvenir des choses fales.
Si vous entendez quelqu’un vous dire par dérifion: ourquoy allez- vous vous plonger dans l’eau? est-cc qu’il n’y a point de bains dans la ville? Reconnoif« à ce langage le dragon marin qui vous parle de la sorte: ne faites pas attention à ces paroles, mai agitiez, veillez sur vôtre ame, faites u elle soit ir reprehenfible dans sa conduite y perfeverez dans Tef perance, pour devenir héritier de la vie éternelle. »
Voila les Exhortations et les Instruetions que nous pouvons vous donner, dans le defir que vous ne bâtiffiez pas sur de la paille, sur du soin, ou sur de Tétoupe de peur qu’un tel édifice ne périlfc quand il paflera par le feu j mais faites que tout ce t. On qUe mus édifie soit avec de l’or, de largnt, ou des u pierres prkieufes. Tout ce que je puis faire est de vous y exhorter -, c’est à vous à travailler, et à Dieu à achever.
Elevons donc nôtre esprit y purifions nos intentions, préparons nôtre cœur, c’est pour nôtre ame que nous combattons, et ce sont des biens éternels que nous efperons: Dieu tout-puissant, qui connoît le fond des cœurs, et qui fait distinguer celuy qui est fincere d’avec celuy qui ne l’est pas, peut conferver par sa grâce celuy qui est bien jdifpofé y et aussi changer et convertir l’hypocrite pour en faire un vray fidèle -, c’est à luy à vous rendre fidèles, et à effacer la cédule qui est contre vous; pourvu que vous luy donniez vôtre cœur, il oublîra vos péchez paflez, et vous sera entrer dans son Église y et vous revêtant des armes de justice, il vous mettra au nombre des fîens y il vous comblera des dons celettes qu’il Vous a promis par la nouvelle alliance: il vous donnera pour l’éternité le sceau ineffaçable du saint-Esprit 3 par J. C. nôtre Seigneur, à qui appartient la gloire dans les fïecles des siècles. JLmen. Vous de Jerufalern. Préfacé; 17
Vous pouvez lire ces Catéchèses aux Éclairés qui se préparent à recevoir le Baptême, et aux Fidèles qui sont déjà reçu; mais donnez-vous de garde de les faire connoître aux Catecumenes 37 et à tout autre qui ne serait pas encore Chrétien: autrement vous en rendrez compte au Seigneur. 58 Et si vous en tranferivez quelque copie, faites-le comme lî c’étoit Dieu qui vous le diîtât.
Notes sur la Préface de saint Cyrille.
D REVA CE. Ccst le premier discours que fit saint Cyrille, pouf r préparer les Catecumenes à ses Instruetions -, il y expofe le plan des choses qu’il doit dire, et les avertit de l’ordre etc de la manière qu’ils se doivent comporter dans ses Instruetions.
Dts Catéchèses. La Religion a commencé de ne s’est perpétuée que pir des Catéchèses, c’est à dire par des Instruetions courtes et méthodiques de nos Mystères, et qui se faifoient de bouche c’est ce que CgnifieCatechcfe, qui vient du mot grec k« Vxk™ Instruûion de vive voix. Car anciennement on n enfeignok pas nos Mystères par écrit, de peur que venant à tomber entre les mains des Infidèles, ils ne les euffent tourné en rifée faute de les bien entendre: ainsi on appe noie Catcchifme ou Catéchèse rinstrustlon de vive voix qu’on en faisait, ôC Catechiste celuy qui faisait ces Instruetions. f »
Cela étoit fondé sur la conduite de Jésus- Christ, qui n a rien écrit, ni commandé qu’on écrivît aucune des choses qu’il prêchoit: envoyant ses Apôtres il leur a commandé d’enfeigner ôc de taptifer toutes le » Nations, c’est-à-dire de les préparer au Baptême par rinstruetion. Le Diacre Philippe instruifit l’Eunuque avant que de le baptiser. Corneille AS..mun demanda à S. Pierre d’entendre de sa bouche, audire verba abs te tout ce qu’il faloit savoir avant que d’être baptisé. Et S. Paul parlant,, Cùf, l4i d’instruire les aurres se fert du mot de Catechiler, comme le porte 1 o- i. riginal que la Vulgate a traduit ut alios instruam. Ailleurs la Vulgate latinife te Catechifme. Commmket is qui Carcchisttur verbo, ti am se Glt.. wechifat: qac celuy qu’on instruit dans les choses de laFoy affiste de •« • sts biens le Catechiste qui l’instruit.
S. Clément d’Alexandrie estap- Lib.s.c.i. pcllé Catechiste des Neophites par Eufebe ôc par S. Jérôme; et nous in ctht% avons une Oraifon catechetique de S. Grégoire deNyflè. S. AugUstm a fait un Traité de la manière de catechifer les ignorans. Le Traite de S’Ambrotfc aux Initiez, sont des Catéchèses aux Neophites. Ainiidq i Les Cdtechefcs de saint Cyrille tout temps on a regardé la charge de Catcchistc comme une des plut importantes et des plus honorables de la Religion. Il falloit bien favoir la Religion pour l’apprendre 6c l’expliquer méthodiquement aux autres.
De notre Père. On appelloit Pères fpiriruels’ ceux qui enfantoient les Ames à l’Église et à Jésus-Christ par l’Instruetion, comme le dit S. Paul, Fer Evangelium ego vos genui. Les Evêques ont de tout temps confervé ce nom. On les appelloit encore de nos jours des Pères en Dieu. Ce sont ceux qui ont recueilly ces Catéchèses, qui ont mis ce titre, ou les Disciples de S. Cyrille.
Archtvique. Jérusalem n’étoit pas proprement un ’Archevêché, parce qu’elle n’avoir point d’Evêques dans (à dépendance, mais aussi
« Farce qu’elle ne dépendoit point de Cefarée sa Métropole » ainsi que avoit ordonné le Concile de Nicée; c’est pour cela que ses Prélats ont été nommez Archevêques. Cette Église avoit une prérogative d’honneur, de n’être foumife à aucun Exarque ny Métropolitain, sans néanmoins blefTer les droits de sa Métropole auparavant le Concile dé Nicée, elle étoit foumife à l’Evêque de Cefaree.
Benifez. (nous) Seigneur. C’est l’invocation du nom de Dieu qu’on a de tout temps fait au commencement des Difcours Chrétiens. S. Chryfostome commençoit ordinairement fçs Sermons par ces paroles.: Benediblus Dent, que Dieu soit beny, ce qui a le même sens que 3. Cyrille, Beniflez Seigneur y ce qui peut s’entendre ou, Beniflbns tous le Seigneur, ou que le Seigneur nous benifïe. Quand cétoit des Sermons d’un Père qu’on lifoit, on en demandoit la permiffion à l’Evêque ou à l’Abbé d’où vient qui la tête des Sermons de S. Ephrem il y a,/Benedic Pater, le Lecteur demandoit miffion ou permiffion avant que de lire.
« « « 6 Aux Éclairés On appelloit Catecwnenes ceux qui n’étoient pas encore baptisés; c’étoient des Gentils ou des Juifs que l’on instruiloit pour recevoir le Baptême. Ce nom vient du Grec:•et• » » qui fignifie enfeigner de vive voix, dont l’on a fait Catecwmenos, celuy qu’on instruit de vive voix. Lors donc que des Infidèles se préfentoient pour être du nombre des Chrétiens, on commençoit par leur faire voir 1 aveuglement où ils avoient été jusqu’alors, et quand ils étoient fuffifamment détrompez de leurs vieilles erreurs, et qu’ils fouhaittoient tre instruits dç la vérité, on leur permettoit d’entrer dans l’Église pour entendre les Prédications seulement, et on les appelloit Ecoutant, parce qu’ils écoutoient les Instruetions qu’on faisait dans l’Egli- lîh.,%. se, et puis on les renvoyoit, le Diacre criant à haute voix: Retirez. »; %u vous tn pa; x Cancmntnes; pendant ce temps on veilloit sur leur conduite, et quand on les trouvoit aflèz difpofez pour recevoir le Baptême, on leur permettoit de le demander, et de donner leurs noms pour y être admis ’, et pour lors on les appelloit Compétent, Compétentes /c’est dire demajidans enfcmble.
Et quand après avoir fait le ferutin ou la recherche le leur vie et de leur conduite, on les avoit admis, on les appelioit tlûs Elestï, et c’étoit pour lors qu’on les afîembloit dans un lieu particulier quon appelioit le lieu des Catecumenes, comme il paient par le Concile de Neocefaréc, et on leur faisait des Instruetions Can. /• particulières-, on les préparoit par des Exorcifmes et par plufiewrs Cérémonies à recevoir le Baptême. Ce sont à ces Competans ou Elus auxquels S. Cyrille faisait les Catéchèses il les -appelle MA« » M-’ minati, quon a traduit Éclairés, plutôt qu’Illuminez, comme quelquesuns les ont appelés en nôtre langue, sans penfer que ce nom a été donné à une Seste de Vifionnaires et de Fanatiques. Il [es appelle EcUirtz, pour les distinguer des (impies Catecumenes qui netoient pas encore instruits ni prêts à être insttuits de la doctrine de l’Église et c’est pour les instruire à fond de nos Mystères, que S Cyrille fait ses Instruetions.. c.
« Onétoitreçû au rang des Catecumenes pour la. première fois par l’impofitiondes mains, c’est-idire par des Prieras publiaues quon faisait furceluy quon admettoit en ce rang: comme Eufebe le rapporte de Constantin et ensuite de cette impofition il affista aux Priera; fo- Lib. 4 d lamelles de l’Église, et quoiqu’Eufebe dife qu’il fut cattehife, c’est-a- vu, Conjr. dire instruit deladoetrine des Chrétiens, on ne voit pointqu il affista aux Prières publiques de l’Église avant que d’avoir reçu pour la première fois rimpofition des mains. On mettoit les Payens au rang des Catecumenes par l’impofition des mains, comme il paroit par le Concile d’Elvire, ce que ce Concile appelle les faire Chrétiens. -• »’ 7 Sous le portique de l’Église. Ces Catéchèses ne se faifoient pas dans l’Église, on n’y entroit qu’après le Baptême c’étoit dans un lieu dest.nc aux Catecumenes, à la porte ou sous le porche de l’Église
Son Palais. L’Église appellce le Palais de Dieu.
Vm avez été enrôlés.. On se faisait écrire en donnant son nom „ c’étoit une espèce d’engagement en la milice Chrétienne, comme les foldats en s’enrôllant donnent leur nom. jour de Ces noces, arrendoienr pendant la nuit que I Epoux.„. p« dre son Epoufe pour la conduire dans le lieu où se devoir faire la cérémonie du mariage avec le festin des noces. Apparemment que ce Catéchèses fefaifoienr le foir, à la fin du travail, c’étoit pour cela qu’on y allumoit des lampes, afin que le lieu sur éclaire. h II atuniU volonté d’an chacun. C’est-i-dire notre coopération libre et volontaire à ses grâces. S. Cyrille reconnon la necefliré de grâce prévenante pour nous exciter au bien; mais que Dieu laiile en nôtre pouvoir de confentir et de coopérer à sa grâce.. »
u Nom rectvons ttus ceux qui se présentent. Point d’acception de personnes, recevoir tous ceux qui se prefentent à nous pour cnluite ie éprouver.
i j Voyez, le bel ordre qu’on gardoit dans l Eglife i les leéhires, la modestic des peuples, leur recueillement, tout ce qui y est doit parler pour nous instruire ou nous édifier.
Vnintervale de quarante jours. Le temps de Carême confacré au jeûne et à la pénitence quarante jours avant Pâques. Les Catecumenes n’en étoient pas diipenfez, ils commençoient par la à se conformer aux Fidèles.
Vous ittt appelés. Catecumtnes, c’est- à-dire, Ecoutans, la première clafle de ceux qui demandoient le Baptême.
Les Chrétiens appelez. Fidèles, parce qu’ils croyent ce que l’Église leur propofe de croire. Ceux que S. Cyrille Se les Orientaux appellent Fidèles, le Concile d’EIvire et les Latins les appelloient Chrétiens, ils commençoient à le devenir.
On ne peut être baptifi qù une fois. S. Paul: Un Dieu, une Foi, un Baptême, dans l’Epitre aux Hébreux que ceux qui ont été une fois baptisés ne le peuvent plus être: La profeffion de Foi du Concile de Nicée, Confiteor unum Baptifma. D’où S. Cyrille conclut que le Baptême mal reçu ne se peut réparer, favoir par un autre Baptême.
« « « iet Ce ne f »nt que les hérétiques au’ on rebaptife; Sois hareticï rebaptifantur. Ce qui marque l’ufage de l’Église de Jérusalem conforme aux Eglifcs de Cappadoce 6c de Phrygie de rebaptifer les hérétiques, comme l’ordonne, le Canon 45. des Apôtres, que l’Eve que ou le Prêtre qui aura admis le Baptême des hérétiques sera dipesi, parce qu’il n’y a point de convention m rapport dt Jésus-Chrifi avec BeÛal, ni du Fidèle Jvec l’ Infidèle. Laraifon de ce Canon est celle de S. Cyrille, on ne regardoit point comme un Baptême celuy qui se donnoit hors de l’Eglitë; et on envilageoit les Prêtres des hérétiques comme de faux Prêtres, dit le Canon 46. des Apôtres: Vt non difeernat Sacerdotes àfalfis Sacerdotibus. Cela avoir ete réglé par les Conciles d’Icône et de Synnade au temps de Firmil.en, environ l’an 151. ainfiles Eglifes d’Orient, celles 1 »•- » n • jTÏÏ1 d,4[exandrie » comme il paroît par le témoignage de z, i.7.H, yf. Dents d Alexandrie, rapporté par Euf.be et autres, ne faifoiçni point d.HKulte de rebaptifer ceux qui l’avoient été par les hérétiques; ainsi un|Vei-/-PjCmnerS SieSes jl nV « voit gueres de rraces de Ia’tradition de I Eghfe de Rome, que le Pape Estienne alleguoit contre S. Cyprien 6c contre les Evêques d’Afrique. ’
« Il paroît au/S par ce paffage de S. Cyrille, que l’on étoit bien perluade que le Concile de Nicée n’étoit point le Concile Plenier dont pane s, Augustm qui avoir décidé de ne point rebaptifer les hérétiques, puilqu après unedécifion si folemnelle, fuppofé quelle eût été ï » j rn! vC: tânt? f ’ifeS d’°rient ’ et sur tout S- Cyri, lc à Jérusalem, n’au2seî ™,£ PaS IT Une prMiîUe contraire- Aussi S. Bafile agitant cette S?£ ZVtClï nrtCment lM Anciens avoient de t8out temps iïZ, ecBcenae hérétiques. Vifum est antiquis. haretic.s omnin, ri’cere, Enijute ou dittmgua ceux qui le donuoient de la manier que de Jerttfaîem. Préface? u
FEglife le confère, d’avec ceux qui changeoienr la forme ou les paroles ou oui les alteroient: on convint d’admettre les premiers, et de rebaptifer ceux qui l’avoient été par ces derniers., -. /
Cette pratique de rebaptifer les Hérétiques en Orient s est changée ou réformée dans le Concile de Constantinople de l’an 583. ou il tut ordonné que les Arriens, les Macédoniens, les Novauens, les Apol- Cim, linaristes, seront reçus, après avoir donné leurs profeffions de Foi, et anathematiféleurserréurs.parl’onctionduS.Efprir, et le chrême donc on les oindra au front, aux yeux, aux mains., à la bouche, aux oreilles en prononçant ces paroles: Ctcy est le Sceau du famt-Efprtt. A 1 egard des Eunoméens, des Montantes, des Sabelliens et de tous es antres Hérétiques, le Concile ordonne qu’on les recevra comme les Payens; que d’abord on leur impofera les mains pour leur donner le nom de Chrétiens; qu’enfuite on les mettra au rang des Catecumenes; qu’on les exorcifera en foumant trois fois sur leurs vifages et dan leurs oreilles; qu’on les catechifera, et qu’on les laiflera long-temps entrer dans i’Église pour y entendre seulement l’Ecriture lainte, ÔC qu’enfin on les baptifera.
C’est peut-être à ce Canon que S. Augustm avoit égard quand il a parlé du Concile Ptenier, prenant ce Canon pour le Concile de Nicée, parce qu’il étoit à la suite des Canons du premier Concile gênerai dans les exemplaires Grecs.
La différente manière de recevoir les Hereriques qu ordonne ce Concile, étoit fondée sur ce que les uns obfetvoient dans le Baptême la fotme preferite par Jésus-Christ, Se quand ils revenoient a I Eglile, on se contentoit de leur donner le Sacrement de la Confirmation, qu’ils n’avoient pas reçu dans l’herefie, parce qu’ordinairement les Hérétiques n’avoient point ce Sacrement; et à l’égard des autres qw avoient corrompu ou aketé la forme du Baptême; en rentrant dans I’Église on les raettoit au rang des Catecumenes, et on les preparou i « re rebaptifez. Le Concile de Laodicée en 370. distingue aussi deux sortes de manières de recevoir les Hérétiques. Au Canon feptieme il ordonne de recevoir les Novatiens, les Pnotiniens Se autres, en leur faisant abjurer tontes les herefies, Se principalement celle dont ils taifoientprofeffion-, ensuite après leur avoir appris nôtre doctrine, les oindre de chrême, et les faire participer aux saints Mystères; Se au Canon suivant, il ordonne de rebaptifer tout de nouveau ceux qui viennent de la feéte des Montanistes., « 9 Mm#r hUnmfemtnt les Exorcifms.
On voit 1 ancien usage des « orcifme, a£antle Baptême Se leur vertu: on les reïteroit plusieurs fois et en diffcrens temps; il en est resté dans nos Rituels de les réitérer plusieurs fois defoite en donnant le Baptême. Ces Exorcilmes. dit S. Cyrille, sont fondez dans l’Ecriture, DivM fient et m divimt Strfiuru, en S. Math. jUjart te strDenm vivemem, dans le Grec 11 c. u. J a Exorcifo • en S. Marc on voit un Démon difenr à J. C. » « «, « • ». S. Luc fait mention des Exorcifcacs. C’est on ordre fait auff. iM xi Les Catcchefes de saint Cyrille nom de Dieu, dont on invoque la puissance. Ces Exorcifmes sont de la première Antiquité, et se sont confervez par la Tradition. » » » »
Dans TExorcifme il y a le fouffle du Prêtre sur le Catecumene, pour marquer que le Démon n’est chafle que par l’Esprit de Dieu, par la vertu et la foi de la Trinité, et il y a le commandement que le Prêtre fait au Démon de quitter celuy qui doit être baprifé, pour marquer qu’avant ce Sacrement on est sous la puissance du Démon, et qu’on en est arraché par la puissance de l’Église, et par la vertu du Baptême dans le premier l’Église dit: Exi ab eo immunde, et da locurn advenitnti Sfiritui fansto. Da honortm Deo vivo et vero. Dans le second elle dit; Lib 6. ton- Exorcifo tefpiritus immunde, in nomint Patris.... S. Augustin dit que tr.fulian. c’est l’ancienne pratique de l’Église d’employer ces deux manières • d’exorcifer. Vermn et cjnod antiquitHS veraci si de Catholica pretdicatwt emditur per totam Eccîefiam, qua filios fidelium, nec ex o ni far et, me ixfujfiarety si non eosde votestate tenebrarnm et à principe mortis truereu 10% ®n?9Himt} un voe’ Vtldtus efi vultus mus.
On obligeoit les femmes a y êcre voilées y cela a Deut-être rapport au sujet que Tertullien se propofe dans son Livre, qu il faut voiler les vierges, qui est de montrer qu’il faut que les filles ayent le visage couvert dans l’Église aufE bien qu’ailleurs, contre la coutume de quelques pais, et sur tout de TA si- que, où il n’y avoit que les femmes mariées qui se voilaflent dans l’Église j mais les filles paroiflbient dans l’Église sans voiles, pour faire connoître qu’elles étaient vierges: Tertullien veut quelles se voilent aussi dans l’Église.
ai Les Exorcistx. Cétoient des Clercs destinez par leur ordination a faire les Exorcifmes.
Contre les ennemis de ÏEglife. Cétoient les Payens, les Juifs, les Samaritains et les Hérétiques: un Chrétien devoit être toujours prêt de rendre raison de sa croyance, comme l’ordonne S. Pierre, Omni r, et r?, rat.lom™ rtiim. Les Samaritains que S. Cyrille distingue des CMbifi Juifi etoient des Juifs fchifhatiques, comme ce Père le dit ailleurs, Us ne reconnoifloient que la Loy de Moyfe et rejettoient les Prophètes, ij Homdies. On voit qu’il y avoit un cours d’Instruûions qu’on taiioit aux Catecumenes, qu’on appelloit Catéchèses ôc Instruetions familières-, les Homélies éteient les Difcours qu’on faisait en public dans 1 Eglile pour les personnes plus avancées; Les Prédications des reres ont de tout temps été appelés Homélies parles Grecs. Les Latins les appelaient Traitez, TraElams, ou Sermons, comme on voit dans b. Augustin que Ces Sermons sur les Pfeaumes et sur S. Jean sont appelés des Traitez.
24 et après avoir entendu la Cateckefe. On obligeoit à garder le lecret de ne jamais parler de nos Mystères devant les Infidèles Extemo ïen rofitîr qU’iI en étoient indignes incapable!
Les tnfam dt PEglife. On commenc/rit déjà à être regarde con de Jerufalcm PrefacëT ij ne enfant Je l’Eglifc quand on étoit admis auf Catéchèses, c’étoit h conception fpiritaelle des Chrétiens; on les formoit par rinstruûion, les mettant en état de naître de Dieu par le Baptême, « Çy « ’/mwiK’ » »
if ifmvnif « •et. Il y avoir un heu particuber ou lontaiioïc cesMnietions. Le Concile de Neocefarée 1 appelle le Lieu des Catecamenci, comme nous avons des lieux destinez à faire des Catechifmes; c’éroitouunlieu feparé de l’Église, ou le bas de l’Église -, i Jérusalem c « oie dans-le oortique et le parvis, une place qui étoit devant la porte. 17 VEviqut oh U Prêtre. On voit les Prêtres distinguez des Evcques, cela est souvent dans S. Cyrille, ce qui se trouve dans la première Antiquité -, comme dans les Lettres de S. Ignace, où l’Evêque est regarde comme le chef de l’Église et à la tête des Prêtres, Les Martyrs de Lion dans leur Lettre appellent S. Photin Evêque, et S. Irenée Prêtre. » »
Leshotnmtsfeparcdcs femmes dans tEglifc. Voyez les Constitutions Apostoliques, liv. 1. et 8. On commençoit à faire les Exorcilmes sur les hommes. S. Cyrille donne la raison pour laquelle on ne permettoit pas que les hommes et les femmes foflent mêlez ensemble, de peur, dit- il, que dans le lieu où Ion vient apprendre a se fauyer, on n y trouvât l’occafion de se perdre -, m findinm falutis fit perdmoms occrfo. S.Chryfostome dit qu’au temps des Apôtres les hommes et les X™lJ femmes prioient ensemble s mais que l’immodestie des femmes et la « • fureur des hommes pour ce fexe avoir obligé l’Église de mettre entre eux descloifons de bois dans les Temples, afin qu’ils fuflent feparez dans les lieux saints. »
i) Etant ttfis. On étoit aflîs pour entendre ces Insttuttions, on y gardoit un très-grand fdencé en attendant qu on les commençât, tant parmy les hommes, que parmy les femmes et les filles. S. Auguitin avoir de la peine de voir qu’en Afrique le peuple n’oste s afleoir pendant la Prédication de rfcvêque, quoique cela fût permis ailleurs.
tHtttiàmcoMHrabfctdm. Cétoit un moyen pour rerenir les peuples au Sermon, et pour les y rendre plus attentifs, que de les y taire affeoir.,
S. Optât nous marque Tufagc du Prédicateur de falucr le peupte au commencement et à la fin du Sermon, et d’invoquer aussi le nom ub. 5. de Dieu. Eplfcopalcm TrAt um prsÀUum falutatione gemimta 1 nonemm OfU inclfit Ëpifcopm ad poPHlnm dicen nifi primo m normne DefofHlm falHUvJti ïmiles finit initiis. Omnis Trattamstn Ecchfus i nmmt Demi m incipitur, et ejufdem Dti nomme term]natur. Nous 1 oofervons encore, commençant et unifiant par In nomme Patns...
iofohfervtray. L’attention du Catechistcà examiner fan auditoire, l’affiduué, l’application, la modestie, le progrez et la conduite de ceux dont il étoit chargé.
31. Vous serez, appelés Chrétiens, Porte- Chrijts. Les Chrétiens portent Jésus-Christ dans leur cœur, par la foi et par la charité. 31 O que le Baptême! Eloge magnifique du Baptême.
Sceau imffl fable. SigiUum indélébile. C’est sur cette idée que Ton a dit que ce Sacrement imprimoit dans l’ame un caractère fpirituel_ qui fait qu’on ne le réitère point. Le Pape Eugène IV. dans ion Décret aux Arméniens appelle le caractère une marque fpirituelle qui ne peut s’effacer, et qui étant imprimée dans l’ame distingue ceux qui ont reçu certains Sacremens de ceux qui ne les ont pas reçus. Le Con
Seff. 7. ci le de Trente parle de même: Imprimi caraUtrim in anima, hoc est fv Can. 9. gnum auoddam fpirituale et indélébile, unde ea iterari non poffunt. S. AuEp. ad B- gustin dit que la confecration qui se fait par le Baptême ne peut être nifac. détruite même par l’herefie ou l’infidélité. Confecratioreum quidemfacit hareticum, et corrigendum admonet, non iterum eonfecrandum. S. Ambroise Lih.de sçir. appelle ce sceau une marque fpirrtuelle. Quodest utlque fignum fpirituale. S. Augustin compare le caractère à la marque que l’on faifoic
LU. de g(- sur ceux qu’on enrôlloit pour le fervice des Empereurs: Ifie estehastis cum racler Imptratoris mei, de isto caraUere ut hune imprimèrent es auos conLmtrit.../•. gregabant caflris fus pracepit dicens baptifate.... C’est de S. Augustirt que les Théologiens ont pris le nom de caractère dans le Baptême, pour fîgnifier cette marque fpirituelle. Quoique ce caractère soit quelque chose de réel ce n’est pas quelque chose de phyfique, comme les provifions d’un Bénéfice ou d’une Charge, donnent droit de les exercer, et un droit comme irrévocable. Peut-être que S. Augustin dans ce paflàgc n’a en vue que’Iefigne de la Croix qu’on faisait sur le front, pour marquer qu’on éroit enrôllé dans la milice de Jésus-Christ.
Priez, souvent. On recommandoit aux Catecumenes d’être souvent en prières pour se préparer au Baptême pour obtenir de Dieu
Lib.de Bast.cetzt grace; Tertullien marque aussi cette pratique. Avant que d’en10. tfer dans l’eau du Baptême nous devons prier par des Oraifons fréquentes, des jeûnes, des génuflexions et des veilles, accompagnant ces exercices de la confession de toutes nos fautes paffées, et nous ne fomrnes que trop heureux de ce qu’on ne nous oblige pas de les coutelier publiquement.
3î La penfée des fins dernières, et sur tout celte du Jugement. Moyen trespropre a difliper les mauvaifes penfées, croyant qu’il en faudra rendre compte à Dieu, et en recevoir le châtiment.
Le sceau ineffaçable du S. Esprit. C’est la Confirmation qui ne se réitère point, imprimant un caractère fpirituel. On ne l’a jamais réitéré dans I’Église non plus que le Baptême. S. Paul l’a marque; que Mebr. 4. comme le Baptême ne peut pas se donner une féconde fois, aussi le Sacrement par lequel on est rendu participant du S Efprk, qui estla Confirmation, ne se donne aussi qu’une rois. Impofflbile est eosauife mel furtt illuminât i, et participes faBifunt Spiritus fancli, rurfus renovari ad pœnitentiam: Il est impoflîble de recevoir de nouveau ces deux Sacremens, telle pénitence qu’on faflè. rj de Jcmfalcm. Préface, ij
Yl De les faire connoître. Il recommande Couvent le fecret pour nos Mystères, de n’en point parler devant ceux qui n’étoient pas initiez. Jésus-Christ avoir enfeigné ses Apôtres d’en ufer ainsi par ces paroles: Nolite Un Sanflum canibns Ne donnez point les choies saintes aux tb 7« chiens; dcmjette point vos perles devant Us pourceaux » On voit dans les Mes que les Apôtres oui alloienc aux Synagogues etau Temple pour prier, s’enfermoient dans les maifons pour rompre le pain. Que et • s’ils ont parle clairement de nos Mystères dans les Evangiles 6c dans Jeurs Epicres, ces Ouvrages n’étoient addreffèz qu’aux Fidèles: les faims Pères les ont imitez, et â la réfervede S. Justin qui a expliqué clairement le Baptême et l’Euchaiistie à un Empereur Paye n, y étant forcé par la neceflké de repoufllr les aceufations calomnieufes dont HX« • les Chrétiens étoient chargez, et de rendre raison de leur foi au Sénat, tous les anciens Pères ont parlé comme S.
Cyrille. Origene, S. Cyprien, Tertullien entr’autres leur dit par rapport à tous nos My- Atlo[.est steres: Ea forma omnibus Myfleriis filentiipdes vdhibetur. S. Piul même prêchant dans- l’Aréopage se contenta d’annoncer l’unité de Dieu, sans parler de la distinetion des Personnes. Sozomene dit dans son Histoire qu’il avoit eu deffein d’y tranferire le Symbole de Nicée, mais qu’il enavoit été détourné par des personnes de vertu, qui luy avoient remontré que ce Symbole ne devoit être lu cjue des Piètres et des Fidèles } au lieu que son Histoire pouvoit tomber entre les mains d’autres gens,.parroy lefquels il y en auroit à qui il est défendu de révéler les Mystères. »
On gardoit donc cette différence entre les Catéchèses et les Sefmons publics, que dans ceux-cy on y traitoit des fujets de morale » ou bien à établir notre Religion contre les Payens ou contre les Juifs, nuis on n’y parloir point de nos Mystères, parce qu’il s’y trouvoit ordinairement des Payens ou des Juifs qu’il falloir détromper de leurs « ffeurs, avant que de leur faire connoître nos Mystères.
Cela se voit mcrvcilleufement exécuté par S. Cyrille 5 il ne parle « c la Trinité, de l’Incarnation cV des autres articles du Symbole, qui jcux qui étoient prêts et comme à la veille d’être baptisés: et à l’égard de nos Sacremcns et sur tout de l’Eucharistie, il ne leur explique -qu’aptes avoir reçu le Baptême j aussi est-elle appellée ce que connoiiTent « 1 feuls Fidèles: Sacrlfcium quoi normt Fidèles dit si souvent S. Au- I »Pf. K gustin. S, Ambroise disait à des Ncophites: « Maintenant que vous êtes baptisés, il est temps de vous instruire de nos Mystères, et des DeMyfc Sacrcmens dont nous n’ofions vous parler avant vôtre Baptême. Et ailleurs il dit que les Lévites avoient loin de voiler les Mystères, de peur Lik. i.ojp jo ils ne fuflent apperçus de ceux qui ne les dévoient pas voir.S.Bafile dit ç- i°« c même qu’on se dônnoit de garde d’écrire furies Mystères, de peur MjeS Vils ne vinflènt à la connoiilànce de ceux qui n’étoient pas encore S. 1. 17. capables de les concevoir. S. Chryfostome disait si souvent dans ses » » »
« Sermons: » Je voudroij parler ouvertement jlc ces choses, mais je Hmiî 4 n ofe le faire, à cause qu’il y en a parmy vous qui ne sont pas en m core baptisés.
Autrement votts en rendrfi compte. Cela femble marquer que cet Cacechefes ont non seulement été compofées, mais qu’elles ont été rédigées ôc recueillies par S. Cyrille, plutôt que par les Auditeurs, puisquil leur défend h expreffement de les montrer à ceux qui ne feroient pas encore Chrétiens.
ZEMARgUE SUR LA FILLE DE JERUSALEM nécessaire four l’intelligence de S. Cyrille.
Saint Cyrille marque souvent l’avantage de son Église, parce que tous les Mystères de la Religion se sont opérez a Jérusalem. Cette Ville a été plus de douze cents ans le Siège de la Religion, depuis que David y avoit mis le Trône de les Successeurs. Elle a été infiniment plus anoblie par les Mystères de la Naissance, de la Vie, de la Mort, de la Résurrection et de l’Ascension de Jésus-Christ, et par la descente du S. Esprit; c’est le berceau du Christianisme, c’est où l’Église a été formée, et c’est de là qu elle s’est répandue jusqu’ aux extrémitez de la terre. Cette Ville et son Temple ayant été détruits par les Romains, l’Empereur Adrien fit bâtir une nouvelle Ville près det ruines de l’ancienne Jcrufalem il la nomma Aelia, Ville du Sdeif.
Constantin luy fit reprendre le nom de Jérusalem. Le Calvaire se trouva dans l’enceinte de la nouvelle Ville, etla Montagne de Sion, où avoit été le Temple et la Cité de David, en étoit éloignée d’un grand quart de lieue. Après que la Croix de Jésus-Christ eut été retrouvée, Constantin fit bâtir une magnifique Bafilique sur le Calvaire, et l’en en fit la Dédicace sous le nom d’Anastafie, ou de la Rcfurredion. Tout cela est néceflaire à obferver pour entendre S.Cyrille, qui infirme Ipujres ces choses dans ses Catéchèses.
Catéchèse I
« Ou Première Instruction faite sur le champ aux Éclairés de Jérusalem, pour les disposer au Baptême, après la lecture de ces paroles d’Isaïe: Lavez,-votts, foyeetjurs. V »•?
VOus qui êtes appelés à être les Disciples du nouveau Testament, et qui participerez aux Mystères de Jésus-Christ, et qui bien-tôt y communiquerez par sa grâce faites-vous m cœur yeh: lb nouveau.afin de donner de la joye au Ciel-, car si l’Evangile nous apprend qu’on s’y réjouit à la con- verfion d’un seul pécheur, combien le salut de tant dames doit-il caufer de joye à ces célestes Intelligences? Prenez donc le beau chemin qui vous est offert, et courez avec prudence dans la carrière de la pieté: le Fils unique de Dieu est tout prêt de vous délivrer du fardeau de vos péchez. C’est lu
Mdth. h. qui vous dit: Vene a moy ’vous tous qui travaille et 18. qui êtes charge y et je vous foulageray; vous qui êtes accablez par le poids de vos péchez, et liez par les chaînes de vos iniquitez, écoutez le Prophète qui Jféy.i. 16. vous crie: Lave-vous, soyez. purs J otez vos peche de devant mes yeux afin que le Chqpur des Anges 7f. i puifle vous dire: Bienheureux ceux à qui les iniquité sont remifes y et dont les péchez sont cachez Vous qui venez de recevoir des lampes allumées 3, pour marquer la lumière de vôtre foi, confervèz ces lampes ardentes en vos mains, afin que celuy qui ouvrit par la foi son Paradis au bon Larron sur cette sainte Montagne de Golgotha 4 où il [fut crucifié, vous accorde la même faveur, en sorte que vous puiflîez chanter le Cantique de l’Epoux,
S’il y a encore quelqu’un parmy vous qui soit cfclave du peçhé, qu’il se prépare par la foi à recevoir le Sacrement de la régénération des enfants 4e Dieu, qu’il fecoue le joue et la fervitude du péché pour se confacrer au lervice de Dieu qu’il se rende par là digne de pofîeder l’héritage du Xfhef.c. Royaume Celeste, Dépouillez-vous du vieil homme y at- qui se corrompt enfuivantfes defirs trompeurs, dépoûil- lez-vous-eri par la confession 5 pour vous revêtir de l’homme nouveau y que Dieu a créé pour en être connu: poffedez par la foi le gage du saint-Esprit, afin d’être admis dans les Tabernacles éternels. Approchez-vous pour recevoir ce sceau mystique 6 ann que le Seigneur vous reconnoiflfe comme luy appartenant; faites qu’on vous compte dans le saint et fpirituel Troupeau de Jésus-Christ comme étant de
Ces brebis, placez à sa droite, et destinez à poffe- grace de jefus-Christ, qui se donne par le bain de la régénération.
Ne pensez pas que cette régénération se fane dans le corps, non c’est un renouvellement intérieur de l’ame 7; ce sont nos oarens charnels qui engendrent nos corps; mais c’est par la foi que nos âmes seront régénérées, car l’Esprit fouffle où il veuf, fan.}.. Et quand vous en serez digne; vous pourrez entendre ces paroles: Courage bon et fidèle ferviteur, mùsMtb.tS. ce sera lorsqu’il ne se sera trouvé aucune impureté IU ni aucune hypocriiie dans vôtre confeience; car si quelqu’un de vous autres prétend furprendre Dieu, il en ignore la vertu, et il se trompe foi-même. Donnez-vous bien de garde d’ufer de dilTimulatiôn, à cause de celuy qui fonde les cœurs et les reins: car pf.7.n. comme ceux qui veulent enrôller des foldats examinent leur âge, et la disposition qu’ils peuvent avoir à bien manier les armes; aulTi le Seigneur dans le choix qu’il fait des âmes pour les attacher à son fervice, fonde leur volonté, et il rejette celles où il ne trouve que de l’hypocrifie, comme n’étant pas propres à être admifes dans sa milice, au lieu qu’il donne sa grâce à celles qu’il trouve dignes de la recevoir.
Il ne donne pas les choses saintes aux chiens, mais quand il trouve le cœur bien difpofc8, il imprime le sceau falutaire et admirable de son it, qui fait trembler les démons, et qui nous D.iij jo Les Catecbefes de faim Cyrille fait reconnoître des Anges; qui met ceux-là en suite, comme s’ils étoient vaincus, et qui engage ceuxcy à traitter avec nous familièrement, comme étant les domestiques du même Maître.
Ceux qulreçoivent ce saint et falutaire sceau doivent être bien difpofez, car comme la plume doit être maniée par celuy qui écrit, et qu’une flèche doit être tirée et pouflee au but par quelqu’un; aufll la grâce ne se donne qu’à ceux qui croyent: les armes que vous y recevez ne sont pas corruptibles, mais (pirituelles, vous êtes admis dans un Paradis fpirituel,. vous y recevez un nom nouveau que vous n’aviez pas; auparavant on ne vous appelloit que Catecumene, et vous serez nommé un Fidèle; Vous serez tranfplanté en Olivier fpirituel, et d’un Olivier fau- i:. vage, vous deviendrez un bon Olivier portant du fruit, vous 14 pafTerez de l’état du oeché, à celuy de la justice, de l’état de foxiillure a celuy de pureté, et vous aurez part au fruit de cette sainte vigne, et si vous y demeurez attachez, vous y croîtrez comme une
JM ».5.« . branche chargée de fruit-, que si vous n’y perfistez pas, le feu vous confumera; Il est donc neceflaire que nous portions dufruit, de peur que vous ne soyez traitté comme le figuier sterile de l’Evangile, de peur que Jésus-Christ., venant même dès-à-présent, ne vous maudifle à cause de votre sterilité, faites que chacun de vous luy puifle dire, Je suis. 5’. comme un Olivier qui porte du fruit dans la maison de Dieu, fay efperê pour toujours en sa niifericorde; ne soyez pas un Olivier matériel, mais un fpirituel par la lumière qui brille en vous, c’est à Dieu à nous plan
ter dans son jardin et à nous y arrofer, mais c’est a nous à y porter du fruit; c’est à luy à nous préfenter la grâce 9, mais c’est à nous à l’accepter, et. à laconferver. Ne méprifez pas la grâce, parce qu’elle est donnée gratuitement, mais au contraire, après l’avoir reçu confervez-la. C’est prefentement le temps propre pour se confefler10. Confeflez ce que vous avez commis soit par paroles, soit par œuvres, la nuit ou le jour; Confeflez-vous dans ce temps favorable, et dans ces jours du salut, recevez le trefor celeste qui vous est offert, exercez-vous dans les exorcifmes, soyez aflldus aux Catéchèses, et retenez bien tout ce qu’on y dit: car on vous parle non seulement afin que vous écoutiez, mais afin que vous attestiez par la foi ce qu’on y dit: Debarraffez vôtre esprit de tous les foins de la vie, pour vous occuper uniquement de ce qui regarde le salut de vôtre ame «, préferez-le à toutes les affaires du monde, c’est quitter de petites choses pour s’appliquer à ce qui regarde Dieu ce qui est très grand.
Oubliez les choses prefentes, et pensez par Ta foi aux choses à venir -, il y a tant d’années que vous travaillez pour le monde avec si peu de fuccez, et ne travaillerez-vous pas au moins quarante jours ’3 pour pfd. 45vôtre ame; Penfe% et• voyez { »e )e Suis votre Dieu, • dit la divine Ecriture, ne vous répandez point en paroles inutiles1, ny en des médifances; n ’écoutez point celuy qui parlera mal de son frère, perfeverez plutôt dans la prière continuelle, faites paraître au dehors ce qui étoit caché dans le fond de vôtre cœur, putifiez-ie comme un vafe, afin qu’il recoi- 3 Les Catecbefcs de saint Cyrille ve une grâce plus abondante. La remifïîon des péchez se donne à tous également, mais le S. Esprit communique, ces dons à un chacun, à proportion de la grandeur de sa foi ls, si vous avez apporté peu de préparation, vous recevrez moins -, si vous avez beaucoup travaillé à vous en rendre digne, vôtre recompenle sera plus grande, c’est pour vous que vous travaillez. Voyez si vous avez quelque chose contre quelqu’un, et luy pardonnez, et venant pour recevoir le pardon de vos péchez, vous devez
Math.i 8 premièrement pardonner à celùy qui vous à offenfé, car avec quelle hardiefle oferiez-vous dire au Seigneur, remet tez-moy toute la multitude de mes iniquitez, si vous ne vouliez pas pardonner quelque faute à vôtre frère.
« Trouvez-vous exactement aux saintes affemblées, non seulement pour le temps présent que les Clercs vous y exhortent l? y mais aussi dans la suite, quand vous aurez reçu la grâce: car si vous deviez y venir avant que vous fufliez inféré dans l’Église, ne faut-il pas arrofer, et cultiver les arbres après qu’on les a plantez? Dans les combats que vous avez à foutenir durant ces jours pour vôtre ame, fortifiez-vous par la le£ture des saintes Ecritures », c’est la table fpirkuellc que le Seigneur vous a dreffée, dites-luy avec le Pfal- ï[l a. miste 3 le Seigneur me nourrit, et rien ne me manquera,’ il ma mis dans un lieu de pâturage, cefi luy qui a converty ynon ame, afin qUe les Anges l’en congratulent Jésus-Christ luy-mêrtie qui est le fouverain Prêtre, recevant les promefTes que vous luy serez, vous prefentera tous à Dieu, luy disant me voicy moy
De femjalem. I. Catcch. 33 h enfms que Dieu ma donné; je le prie de vous conferver tous, après qu’il vous aura trouvé agréables à ses yeux. A luy soit la gloire prefentement et dans les siècles infinis. Amen.
Notes sur la première Catéchèse.
t p Ain furie champ. Ces Instruetions ont allez l’air d’avoir été dîtes sans grande préparation 5 ce ne sont pas des pièces d’éloquence comme les discours de S. Grégoire de Nazianze et d’antres Pères depuis lai y car avant son temps nous n’avons point de Sermons recueil ns de ceux qui l’ont précédé, si on excepte les Homélies d’Oiigene, parce qu’on s’appliquoit plus à instruire les Peuples, qu’à les éblouir par la beauté d’un discours compofé; On peut encore croire aue les Catehefes de S. Cyrille sont dites faites sur le champ, vazee qu’elles n’étoient pas autant travaillées que les Sermons qu’il taifoit les Dimanches dans rEglifc devant tout le Clergé et le Peuple, comme il le dit dans ses Catéchèses et ce n’est que par oppofition à ces difeoars plus préparez Cattib.x+4 qu’ilapuapptlIcrcesInstrudtions/rM/nr le champ, commefont les Pa- et fetir qui parlent plus familièrement dans leurs Prônes et dans leurs Catechifraes que dans leurs fermons.
La coutume des premiers Pères prt étoient fçavans, très habiles et très verfez dans la feience des laintes Ecritures, tels que furent Panthenus, Origene, S Clemene d’Alexandrie, et comme le fut S. Cyrille, étoh d’expliquer d’abord nos mystères, et puis après de les écrire U de les mettre au net, en poy ils croient difFerens de la méthode de nos jours, où l’on compote et on apprend ce qu’on veut dire y Ces grands hommes parloient de leur abondance, de leur fonds et de leur plénitude, selon la perfua« on de leur foi, et de leur confcîence: ce n’étoient point descompilations de paflàges, ou de termes choifis, ou un arrangement de paroles, une cadence de Périodes, un larcin des penfées ôc des productions des autres Auteurs, c étoit le pur fruit de leur étude et de ta grande capacité, ils reduifoient donc par écrit ce qu’ils avoient dit publiquement pour établir la doctrine et la foi de I Église. »
Quand ils n’avoient pas lé temps, à cause de leurs grandes occupations, de recueillir eux-mêmes ce qu’ils avoient dit et enfeigné au Peuple, il y avoic des Clercs habiles et capables, si prompts à écrirc qu’ils reciicilloient les mots du Catechiste par certaines marques courtes et abbregées qui étoient pour lors en usage chez les Grecs 0 à la faveur de ces marques ou abbreviations, Us Temportoient aiment des discours tous entiers dans le même ordre qu’ils avoient Pé prononcez j et aussi parce que les Pères en prêchant n’avoient pa le feu de nos Orateurs, ils prononçoient lentement et gravement avec majesté et révérence, afin que leurs paroles rîiTeut plus d’impreflion fiir les auteurs, qu’on les entendît mieux, et qu’on retînt plus aifément ce qu’ils avoient dit. Quelquefois aussi les auditeurs conferoient cnfemble sur ce qu’ils avoient entendu, et se communiquant ce qu’ils avoient retenu, pouvoient aifément raflèmbler tout ce qui avoit été dit, et S. Cyrille à la fin de sa préface, fait allufion à cette manière, avertiflànt ses auditeurs de ne rien dire à ceux qui ne sont pas initiez de ce qu’ils avoient ouy dans les Catéchèses.
i jifris U lefinre On commençait autrefois par lire l’Ecriture sainte, avant que de prêcher: et onchoifiiïbit des paflàges qui avoient rapport au sujet qu’on alloit traitter, ce qui s’est confervé jusqu’à nôtre temps.
L’ufage délire l’Ecriture avant que de prêcher, étoit venu des Juifs, qui le pratiquojent dans leurs fynagogues. Philon le Juif en est témoin, on en a des exemples dans le nouveau Testament sur tout en S. Chf. 4. |UCj QU jefus.Christ étant dans une fynagogue lût un paffagedu Prophète Isaïe qu’il expliqua ensuite. On y voit qu’il se leva pour lire, furrtxit légère, qu’ayant lu un paffage il ferma le livre, le rendit au Ministre et s’affit pour l’expliquer. Cnm flicnijfet Ubrum, rtddidit Mi niflro et stdit. L’ufage des Juifs étoit de lire en Hébreu quelques verfets du Texte facré, que l’on interpretoit en langue Syriaque, parce que le peuple ne parloir plus, et n’entendoit pas même le pur Heoreu, pn paraphrafoit, où l’on expliquoit plus au long ce qui venoit d’être lu.
L’Église a fuivi de tout temps la même pratique, et de là est venu qu’encore à présent les Seimons qui se sont pendant la Mefle, se diient après l’Evangile: et que le Prédicateur prend ordinairement un texte de l’Ecriture qu’il recite avant que de commencer son discours. Quand les Prêtres préchoient au milieu de la Mefle, le Lecteur étoit différent du Prédicateur, comme on voit que c’est le Diacre qui lit l’Evangile, et le Célébrant qui l’explique, mais en d’autres rencontres les Prédicateurs lifoient eux-mêmes le texte de l’Ecriture qu’ils avoient devant eux, cela paroît en plu/leurs endroits de S. Augustin.
« 3 Des Umpes allumées. On leur faiioit porter des lampes, d’où est venu l’ufage d’allumer un cierge pendant les cérémonies du Baptême. Ces lampes étoient le fymbole de la Foi, qu’ils dévoient conièrver dans leur cœur, plus encore que cette lumière fenfible: c’étoit pour cela qu’on les appelloit êcUire S. Clément d’Alexandrie dit qu’on appeler »./, le le Baptême, illumination, parce qu’il nous éclaire des lumières de la Foi, que par ce Sacrement, d’aveugle qu’on étoit, on devient clairvoyant, car ce qu’on enfeigne aux Catecumenes, est une pure instiu3ion pour les conduire à la Foi qui est intérieurement enfeignée par l’Esprit fainr.
« 4 Sht cette mwtagne de Golgotha. Cette montagne ctoit une colline de Jérusalem. I. Catcch. i cinq cent pas environ de l’ancienne ville de Jérusalem vers le Septentrion, et ce lieu étoit destiné aux executiondes criminels condamnez à la mort, il sappelloit en Hébreu Golgotha, c’est- à-dire le lieu du Calvaire, comme l’explique S. Mathieu, ce qui fignifie des têtes ou des ofle- Math. 17. mens des corps de ceux qu’on executoit ordinairement en ce lieu. Quel- • cjues Pères ont crû, mais sans fondement, qu’Adam y avoit.été enterré, cela se voit dans S. Epiphane, dans l’auteur du poeme attribué à Tertullien, qui dit que Jésus-Christ a été crucifié dans le lieu où repofoient les os d’Adam, nommé à caûfe de cela Calvaire. Mais S. Jérôme a remarqué que cette opinion qui est plaufible, n’est pas vraie stvorMs ofinio, non tam’n ver.
Maintenant c’est dans cette montagne qu’est renfermé l’Église du saint Sepulchre- 5 DèpmUtzsvoHS-tn par U Constjfion. C’étoit par Texomologefe qui comprend la confession comme une des parties de la pénitence; ainsi qu’il est dit en S. Mathieu de ceux qui venoient pour être baptifezpar M ’, S. Jean, qu’ils confeflbient leurs péchez auparavant, Confitentts ptecat4fet4 non seulement en gênerai, mais encore en particulier, comme il est marqué dans les Aetes; ils venoient confefler Ôc déclarer ce qu’ils avoient fait de mal, confittntts et annmùantts atlas fnos. Saint Luc Ch.i9 it appelle cette confession Exomologefe, et marque une déclaration de Ces fautes en détail, atlas fnos. Tertullien parle de l’ancien usage de s’aceufer en fecret des péchez qu’on a commis avant le Baptême.
C’étoit Lfc j4 uns doute 4 l’Evêque ou au Prêtre que cette confession fecrette se fai- Bfu t. %•% toitlngrtjfum Baptifinum.... emm constjfiom omnium rare dtliiïorum... nobis gmnUndum si non publia confit emur. Saint Chryfostome dît qu’aant Pâques les Catecumenes se confeflbient pour se préparer au Bap- f »1 terne, ainsi que les baptisés le faifoient pour communier à Pâques: Ttmpus corstfwms aqm lotis Baptifrnatt et illotis dccnmbit. Saint Gre- Ort. do goire de Nazianze parle aussi de la confession avant que d’être bapti- BP se. Metaphraste dans la vie de S. Jacques l’hermite, rapporte que ce Saint ayant instruit une femme pour le Baptême, elle lui confefla touf fcs pécher de sa vie avant que d’être baptifée.
Dans la suite pour faciliter la converhon des infidèles, on a ditpenfé les Catecumenes delà confession, et même àprefent on ne leur donne plus de pénitence, comme on faisait autrefois.
S. Cyrille marque plus bas que cette confession se faisait en détail des paroles, des actions; on déclaroit si c’étoit le jour ou la nuit qu’on avoit péché: Confite art qua ptrpttrasti fivt verbo, fivt optrt, Jîv, fivt interdit. Voilà nôtre manière de se confefler. Confittor... qma peccavi cogitation, vtrbo et opère.
Lt fetan myflique. Il reste dans l’ame du baptisé une impreffion tooralc, qui le rend refpeetable aux Anges, et qui le rend redoutaoie aux démons. Ceux-cy s’enfuient devant lui s les Anges au contraire converfent familièrement avec lui.
« 7 Rcnouytlltmtnt intérieur. C’est la grâce intérieure qui nous purifie » nous iànstifie.
Le coeur tien difpofé. Voilà nôtre bon propos quand nous fbfflmM st£ folus à quitter le péché. Ce que le Concile de Trente appelle volute; tas non ptecandi de catero.
Cefi à Dieu a nous offrir et prefenter sa grâce. On ne peu parler plus juste de la grâce c’est Dieu qui nous prévient, et c’est a nous à coopérer i la grâce -, il est en nôtre pouvoir de le faire ou de la rejetter: bon la liberté de l’homme prévenue et fécondée par la grâce, y répond, de même que l’œil prévenu et aydéparla lumière, voit. La graçe est donnée gratuitement: Gratis datur. C’est la première grâce, Dieu ne la doit à. personne, ôc c’est pqur cela qu’on est plus oblige de lui être fidèle, quand on Ta reçue. Ce z; fr. i. î » que S. Jérôme explique de même: Encore, dit- il, que ce fbit par un « r#« - libre mouvement de nôtre volonté que nous retournons à Dieu; Il est certain néanmoins que s’il ne nous tire à lui, et ne fortifie par sa grâce nos bons defirs, nous ne pourrons être fauvez. Quamvis frêfrii voluntate ad Dominum nvtrtamur, tamtn ni si iUe nos traxerit, cupiditaum nofiram fuo roboraverit futfidio, fahi effe non poterimus. »
io Cefi maintenant le temps propre de se confeffer. Le commencement du Carême étoit le temps qu’on se conreffbit, afin d’être mis en pénitence pendant ce temps. On recommandoit de même aux baptisés de se confeflèr i l’entrée de la quarantaine..
u Soyez affidus. Affiduitc ôc attention qu’on recommande aux instrudtions, il Dcbarafez-vous. L’importance du Salut, la seule et unique affaire i Quarante jours. Comment onpaflbit le saint temps de Carême, ne s’occupant que de choses saint es.
« 14 S’abstenir de paroles inutiles, de mçdifances adVves et paffiVes » s’occuper de la prière.
« 15 La grâce se donne a proportion. Mus on se dilpofè aux Sa cremens » plus ils confèrent de grâces.
i6 Si vous pardonnez.. Neceffité de pardonner les injures ôc de se réconcilier avant que de recevoir les Sacremens.
Que Us Clercs vous y exhortent. On pourroit croire que S. Cyrille nauroit pas encore été Prêtre quand il faisait ces instrudfcions mais comme par d’autres endroirs il paroît qu’il prêchoit publiquement les Dimanches, ce qui ne çonvenoir qu’aux Prêtres, il faut par 1rs Clercs entendre en gênerai ceux qui compofent le Clergé.
Par la Iceture des fetintes Ecritures. On recommandoit même aux Catecumenes la Ieeture des livres faims principalement le. Carême.
rde Jérusalem. L CatecK 37
Catéchèse II
Faite sur le champ à jerufalem, sur la pénitence, et sur la rémiffion des péchez, après la ledure de ces paroles- d’Ezechiel: Celuy qui ejt jujte, vivra éternellement.,
LE péché est quelque chose d’énorme, c’est Ewh. une des plus aiguës maladies de lme, il luy l8- ôte toutes ses forces et la rend digne du feu éternel: ) c’est un mal du libre arbitre et Une femence volontaire 4: Car que nous péchions volontairement, le Prophète le dit clairement par ces paroles, Je vous ay planté comme une vigne qui devoit porter duJ’rm-1fruit, et comment êtes -vous changez en amertume, cornme me vigie étrangère, ce n’est pas que nous ne foyons bien plantez, mais le fruit qui vient de nôtre volonté est mauvais, c’est pour cela qu’on n’en jeut jet. ter la faute sur celuy qui a planté cette vigne/quoyju ’elle mérite d’être mife au feu, parce qu’ayant été destinée à faire le bien, il arrive qu’elle ne produit que du mal par sa mauvaise volonté, c’est de là que l’Ecclefiaste dit, que Dieu avoit fait l’homme £rfy. fait, mais cet homme s’est emharaffé dans flusteurs que-,. fions, ouxomme l’explique l’Apôtre: Nous sommes l’ouvrage de Dieu, étant créez en fefus-Chrifi dans les bonnes ouvres, que Dieu a préparées, afin- que nous nous Efhtf. x;
Trov. 6, 58 Les Cattchefes de saint Cyrille occupions à les faire; Comme Dieu est bon, il ne peut rien créer de mauvais, et la créature ne peut devenir mauvaise, que par sa propre volonté; c’est donc quelque chose de bien énorme que le péché! ainsi que nous l’avons dit, mais il n’est pas incurable 5, il n’est formidable que pour ceux qui s’y attachent, et non pour ceux qui le quittent par la pénitence, semblable à un charbon ardent qui ne Tbrûle que ceux qui voudroient le tenir, mais qui ne fait prefque point de mal à celuy qui le jetteroit auflitôt.
Est-ce que celuy qui pèche, peut ne pas s’appercevoir qu’il brûle, selon ce que dit l’Ecriture: QtSon ne peut mettre du feu dans son feiny sans brûler son habit, car le péché semblable a une flame fubtile embrafe les puissances de l’ame 6, luy ôte sa force, et la couvre de ténèbres.
Mais quelqu’un dira peut-être, qu’est-ce que le péché? Est-ce une espèce d’animal? Est-ce un Ange? Ou un démon? Quelle est cette chose qui cause tant de defordre dans le monde? Scachez 7, ô homme, que ce n’est pas un ennemy qui soit hors de vous que vçjps aïez à combattre: le péché est une mauvaise production de vôtre volonté, réglez vos regards, et il n’y aura point de concupifcence: ne faites tort à personne, et il n’y aura plus de larcin: pensez.au jugement 8, et il n’y aura ny de fornication, ny d’adultère, ny d’homicide, ny d’autre defordre: C’est en oubliant les jugemens de Dieu, qu’on penfe à faire du mal, et qu’on commet l’iniquité: vous n’êtes pas toujours seul auteur du mal que vous faites, il arrive souvent que vous y êtes porté et ex- de Jemfalem.
I.Catech.’ 9 cité pat un autre, c’cst le Diable qui vous le fuggere, et qui le fuggere à tous les hommes 9, et qui formonte vôtre première refîstance, quoique sans vous faire violence: C’est pour cela que l’Ecclefiaste dit, Si lestrit domimmt vous entraîne, ne quitte, pas Eed pour kU ’votre çlace: Si vous fermez vôtre porte, si w. 4vous vous éloignez de luy, il ne vous nuira point mais si vous négligez les mouvemens de la conçu-. pifeence, elle se fortifiera dans vous, elle enchaînera vôtre ame, et vous entraînera dans l’abyme de tous les maux; Vous direz peut-être j’ay la foi, la concupifeence ne dominera point en moy, quoiqu’elle m mfpire quelque chose de déréglé: Ne feavez-vouspas que les plantes prennent quelquefois racine dans des pierres, et si maintiennent? donnez-vous donc de garde de donner entrée dans vôtre ame a un commencement de concupifcence ’°, de peur qu’elle ne vous faffe perdre vôtre foi: Arrachez de vous ce qu il y a de mauvais, avant qu’elle s’y fortifie, de peur que si vous négligez dans les commencemens de la combattre, vous ne puifllez plus dans la suite l’arracher de vous, et que vous n’excitiez davantage le feu au lieu de l’éteindre: de même qu’il ne faut pas négliger une fluxion qui vient sur les yeux de peur que l’humeur venant à s’amafTer avec abondance, ne Me perdre la vûë, et que l’on n’ait recours ’trop tard au médecin.., -,
LePrince du péché, c’est le Démon, il cstle père du’ mal et le premier pécheur, je ne le dis qu après le Seieneur: Celuy qui pèche est enfant du demon, parce que le démon pèche dès le commencement,/• se 4© Les Catéchèses de faintCyriÏÏé iperfonne n’avoit pèche avant luy, il a péché, non qu’il y fut porté par aucune neceffité naturelle ’; comme si on pouvoit aceufer le Créateur d’être la caiife de sa chute, mais ayant été créé bon, il est devenu ce qu’on appelle Diable, par sa propre volonté., ayant pris le furnom de son action: car d’Archange qu’il étoit, lorsqu’il étoit bon, il a étéfurmommé Diable,:’est-à-dire Calomniateur, lorsqu’il a péché par la calomnie; il étoit bon tant qu’il à été 3e ministre ou le fervitèur de Dieu: et depuis il a été nommé Satan, c’est-à-dire adverfaire, car c’est ce que ce mot de Satan fîgnifie.
Ccschofesne sont point de MetL moy, elles sont du PropheteEzechiel »3, lorsque remply ’ des lumières du saint Esprit, et déplorant la chute de cet Ange, il dit: Vous étiez le sceau de U rejfemblance de Dieu, et la plus bette couronne du Paradis; Puis peu après ce Prophète ajoute, Vous étiez sa défaut dans les jours que Dieu vous eut créé, çr jusquk ce au il tut trouvé en vous de l’iniquité. C’est fort à propos qu’il s’est fervi de ce mot de trouver, cette iniquité qu’il y a trouvée, n’y a pas été apportée par quelque cause extérieure, mais vous avez été vous même la cause de vôtre péché, car il ajoute: Vhtn cœur Pn™ orgueil a cause de vitre beauté, vous vous êtes MJJeK par la multitude de vos péchez, et c’est a cause de vos miquitez aue je V0Us ay précipité en terre, et Jésusnnit dans l’Evangile dit, fay va tomber Satan cmL« .
10. mf m tcUtr qui fort du -Ciel. Remarquez, je vous prie, comme l’ancien et le nouveau Tcstament s accordent; celuy-cy en tombant a entraîné plusieurs dans ia ruine, et U fuggere ses mauvais déteins à ceux qui de Jcrujatcm. 1 1. Catech. 41 qui veulent le fuivre. C’est de luy que vient l’impureté, ïadultere 3 et tous les autres péchez: c est à, cause de luy qu’Adam nôtre premier perc, fut chaf. c du Paradis H délicieux, où Dieu l’avoit mis, où la terre portoit d’elle même des fruits exceilens, au heu uc présentement elle ne porte que des épines. Quoy bnc, difa quelqu’un, est-ce que nous périrons tous après avoir été feduits i est-ce qu’il n’y a plus de faluc à efperer? est-ce qu’après être tombez, nous ne pourrons plus nous relever? qu’après avoir été aveuglez nous ne pourrons plus prétendre de recouvrer la vue, et qu’étant devenu boiteux, nous ne marcherons plus; en un mot si nous sommes morts,. estce que nous ne pourrons plus reflufeiter?
0 homme qui parlez de la sorte, arrêtez vos murmures-, celuy qui a reffufeité Lazare, qui étoit depuis quatre jours dans le tombeau., ne peut-il pas beaucoup plus facilement vous reflufeiter étant eiw core en cette vie? Celuy qui a répandu pour vous son précieux sang, nous délivrera de nos péchez: Ne nous dcfefptrons point, mes frères; ne nous décourageons jfcint. Le plus grand de tous les péchez, c’cst de ne pas se confier en la pénitence: Geluy qui ne s’attend plus à être sauve, n’a plus de referve: il c jette témérairement dans toute sorte de péchez, au lieu que celuy qui efpere la guérifon, commence a se la procurer en s’abstenant deschofes qui luy croient fait perdre la fanté. Le larron qui n’attend point de pardon de ses larcins, devient plus fucux, mais celuy qui efpere qu’on luy sera grâce, V vient souvent à reconnoître sa faute. Si le fer 4 Les tHatechefes defamt Cyrille pent peut dépouiller (a vieille peau, pourquoy hé pourrons nous pas quitter le péché? et comme une terre épineufe, après qu’elle a été cultivée, devient féconde et porte du fruit, de même si nous changeons de vie et de conduite, nous aflurerons nôtre salut,
Nous sommes donc de nous-mêmes fufceptibles des grâces qui opèrent le salut, mais il faut de plus que nous le voulions1. Songez que Dicuçst bon, même très bon, ainsi ne dites point qu’ayant commis, non une fois, mais pluficurs fois tant d’impurctez7, des adultères, et tant d’autres péchez, qu’il n’y a point de pardon pour vous, et que jyj jo, Dicu, nc voudra Pas les oublier: Ecoutez le Pfalmiste « . qui s’écrie: Seigneur, o que U multitude de vos bonteK est gfd nos péchez ne peuvent jamais épuifer la multitude des mifericordes de Dieu, et telles que soient nos playes, elles ne sont point incurables £ çefouverain Médecine, pourvu que vous luy foïez fidèle. Découvrez à vôtre médecin vôtre état, disant avec David t/e confejferay contre moy-mïme mon ffM.ii. iniquité au Seigneur, et il vous arrivera comme à ce 5 Prophète, et Dieu m’A remis timpietf de mon caur. »
Voulez-vous être perfuadez de la charité de Dieu, vous qui n’afiîstez que depuis peu aux Catéchèses} voulez-vous, dis-je, connoîtrelcsrichefles de sa bonté, de sa patience, et de sa longue attente? écoutez ce qui est arrivé à Adam; après avoir été créé de Dieu, il ne luy a pas obeï, Dieu pouvoir sur le champ punir ce coupable, et le faire- mourir; mais voicy ce que sa bonté juy fit faire, i! se contenta de femjalem. 1 1. Catech, 45 uc l’homme étoit vis le le chaflcr du Paradis, parce que l’homme ét indigne de ce lieu après son pèche T il le mit visàde ceParadis, afin qu’il pensât au lieu d’où il étoit banny, et à Tétat donc il étoit déchu, et à la manière dont il étoit tombé, et qu’il se procurât le salut en faisant pénitence de sa faute. Caïn fils d’Adam est Je premier des hommes qui a été engendré, étant devenu le meurtrier de son frère, l’auteur des meurtres et des cruautez, et le premier envieux après qu’il eut tué son frère, Dieu le condamna à gémir, à trembler errant sur la terre: Il diffère ses vengeance, et luy. donne le temps de faire pénitence s mais tout cçla est peu de chose en comparaifon d’une infinité d’autres que la bonté de Dieu a faites dans la suite,
Repaffez dans vôtre esprit ce qui arriva du temps deNoë: Le péché desGeâns « ’étant répandu sur toute la terre, et Dieu ayant refolu de les punir par un déluge d’eau, il fit publier ses menaces, et avertir les hommes cent ans auparavant, pour les engager à se convertir. Voyez cette bonté de Dieu qui re torde si long-temps ses vengeances il pouvoit les exterminer cent ans plutôt, mais il différa à deflfeùi de leur accorder le pardon de leurs fautes, s’ils en euflent fait pénitence. Venons maintenant à ceux qui se sont iauvez en faisant pénitence. Quand i y auroit parmy vous des femmes qui auraient fourllé leur chasteté par des adultères, et par d’autres impuretez, qu’elles ne defefperent pas pour cela de leur salut. Femmes regardez Raab, et efperez vôtre stlut, car si une prostituce publique trouve son f% l y. »
lut dans la pénitence, comment celle qui ne Ta o£ fenfé qu’une fois, ne le trouvera-t’elle pas aussi par la pénitence et par le jeûne, et cela avant la grâce de vôtre régénération? Faites attention à la manière que Raab trouva grâce devant Dieu, elle s’écriaf Vo tre Dieu efi le Dieu qui habite en haut au ciel 3 et en bas dans la terre; elle n ofe dire de Dieu, qu’il est son Dieu, parce qu’elle se fentoit impure et coupable de péché: et si vous voulez un témoignage par écrit de son salut, vous n’avez qu’à lire le Pfeaume où ff. 8. Dieu dit: se me fouviendray de Raab et de Babylonc, ce sont ceux qui me connoijfcnt. O que la bonté de Dieu est grande! il se fouvient d’une femme impudique, non seulement il s’en fouvient, mais il a dit qu’il la connoît. Avouez donc que c’est la pchitence qui a procuré le salut aux hommes.et aux femmes. Quand même tout le peuple pécheroit, il ne pourra jamais par ses péchez furpafler la multitude clés bontez de Dieu.
Le peuple d’Ifraël s’étoit fait un veau, mais le vray Dieu ne cefle pas pour cela d’être mifericordieux j les hommes le renoncent, mais il ne se renonce pas Exd., i. luy-même: Ce sont là tes Dieux y 6 Ifraël, disent-ils, cependant il continue toujours selon sa coutume de les protéger i non seulement le peuple avoit péché, mais aussi le grand Prêtre Aaron -, car nous lifons que Moïse dit que la colère du Seigneur étoit tombée sur Aaron, et qu’ayant prié pour luy ’, Dieu luy avoit pardonné. Si la prière de Moyfe en faveur du grand Prêtres appaifa le Seigneur: combien plus Jésus le Fil unique du Père priant pour nous, nous le rci âtJeru’fiUm. It. Èâttch: 4J dra propice et favorable Le crime d’Aaron n’empêcha point Dieu de l’élever à la dignité de grand Prêtre àufli ne croyez pas que venant du milieu des Gentils, Dieu refufe de Vous fauver.
0 hothmes faites donc pénitence! et la grâce ne Vous sera pas refufée: mettez-vous en état de mener dans la suite une vie irreprehenfible, t)ieii est véritablement bon, et tous les hommes ne fçauroient allez publier la grandeur de sa bonté quand même les langues de tous les hommes s’uniroient ensemble, elles ne pourroient pas raconter une médiocre partie de ses bontez.
« Si je vous entretiens de la bonté que Dieu a eue pour les hommes, croyez-vous qu’il en ait manqué pour les Anges? quoyque nous ne.puiflions pai dire icy jusqu’où elle va à leur égard, car comme il n’y a que Jésus seul qui soit impeccable, ce Jésus qui est venu pour expier nos péchez, Dieu a ufé d’indulgence envers les Anges », mêmes: cecydoit fuffire pour eux: mais si vous voulez apprendre plus dechofes de la conduite mifericordieuie de Dieu envers les hommes, je vous en apiportetay encore d’autres exemples; je commenceray par le saint homme David, et je vous le propoferay comme un modèle de pénitence: Le péché de ce grand Prince fut qu’on foir se promenant sur la terraffe de son Palais (, H apperçut une femme, il renentk en luy aussi-tôt ne de ces foibleues humaines qu’on peut éprouver en ces rencontres, ensuite il pécha avec elle, mais il ne refufapas de confcflèr sa faute, et ayant été repris par k Prophète Nathan, qui fut à son égard comme se
F iij i.J? g.u. médecin de Çorx amc: Le Seigneur, luy dit-il,/? Vrité contre vous à cause de wtre péché. Un fujec reprend son Prince y un homme du commun remontre a son Souverain et luy reproche k faute qu’il a commife, sans que David en ait paru irrité. Il refpeetoit AI dans celuy qui parloit, l’ordre de celuy qui le luy avoir envoyé, il ne se laifla pas éblouir par l’éclat à cause des gardes qui l’environnoient ni par la puiflànce des armes qu’il commandoit: ilcnvifageoit dans les Soldats de sa garde, l’armée celeste des Anges qui sont auprès du Trône de Dieu comme s’il eût vu celuy qui est invisible, il le f e(pe£toit dans la personne de son envoyé: David répondit à celuy qui venoit de la part de Dieu, et ÏR qui luy étoit envoyé, et s’écria: fay péché au SeiT neur. Admirez l’humilité de ce Roy y voïez quelle fut la fincerité de sa confeflion, il n’attendit pas d’être convaincu ou qu’on luy exposât des témoins de son crime, qui ne pouvoient être qu’en très penombre. Dès qu’iL est averty de Ùl faute par le ProPctc aussi-tôt il la confefle /et après l’avoir avouée ingenuëment, il reçoit un prompt remède a ses playes.
Le même Prophète qui Pavoit menacé de la part de Dieu, l’affure sur le champ que le Suceur luy 4 remis son péché: Voïez comme Dieu est prompt à pardonner, et comme sa mifericorde le porte à changer de conduite envers le pécheur. Toutefois Nathan ajoute: Par vôtre péché vous vous êtes attiré sur les bras les ennemis du Seigneur mais vous ei triompherez par vôtre modération x ôc vous verrez ïèU.
eferufalem. IL CatcchV 47V bielttottôùs ceux qui s’étoient foûlevez contre vous, fctre fournis à vôtre puissance, et reconnoître vôtre autorité: voilà comme il le confola.
Or quoique David eut appris que le Seigneur Iuy avoit remis Ton péché, il ne s exempta pas dc faire pénitence il prit le fac au lieu de la Pourpre, à la place d’un Trône d’or, ce Roy s’afléoit par terre sur la cendre, et même en mangeoit, comme il ledit lui-même: Je mangeais la cendre comme du pain, pf iou dr je mêlois mon breuvage avec mes larmes. Il vengeoit par ses larmes la eoncupifeence de ses ycvixijeferay dit-il, nager mon lit dans mes pleurs toute la nuit. Lorfaueles Princes de sa Cour le preffoient de manger, il ne croïoit pas que cela fut permis à un pécheur comme luy, il jeûnoit toute la femaine. Si donc un Roy avoue ainsi ses fautes 3, comment est-ce que ceux qui sont dans une condition médiocre auront de la peine à se confeffer?
Son fils Abfalom ayant pris les armes contre luy, quoiqu’il eût plusieurs chemins pour éviter la pourfuite de ce Fils révolté, il. Jtg.i aima mieux s’enfuir par la montagne des Olives, comme s’il eût eu prêtent dans son cfprit nôtre divin Libérateur, qui sest élevé sur cette montagne pour monter au Ciel, et comme Semcï le chareeoit de •• maledietions, ce Prince dit: Laiffez-le, les iouffrant I,# avec patience, afin de fléchir Dieu par son humilité y car il fçavoit que Dieu pardonne à ceux qui remettent les injures qu’on leur fait. Vous voïez donc combien il est avantageux de se confeffer, vous voies que le salut est attaché à la pénitence. Salomon 14 étoit aussi tombé, mais que dit-ih 48 Les Càteebefes de saint Cyritè
J’ay fait fcwtençe. Achab Roy de Samarie étoit un idolâtre et plein de nçtéchanteté et de cruauté, n’ayant j. Rg. h. aucune religion ni humanité, s’empairant des champs des vignes, qui ne luy appartenoient pas; il fit mourir Naboth, après l’avoir dépouillé de les terres, en suivant les mauvais confeils de Jefabel -, mais ayant été repris par le Prophète Elle, à la première menace ce Prince déchira ses habits, et se revêtit d’ust fac. Et voicy ce que Dieu plein de mifericorde dit à titd Elie: Vous avez vu cwment Jtcbab s’cfl humilié devant moy y comme s’il eût ayerey le Prophète de modérer son zélé, et son indignation, et d’être favorable à celuy qui embrafle la pénitence: Je ne lui feray point de mal tant qu’il wi dit Dieu, et quoiqu’ Achab, après avoir reçu le pardon de son péché, ne laifla pas de retomber dans la suite: Dieu étoit toujours difpofé à luy pardonnera, non qu’il ignorât ce qui devoit arriver, mais c’est quil est toujours porté à pardonner à ceux quil voit en pénitence; car étant un Juge équitable il doit prononcer des arrêts sur chacune de nos aetions selon quelle se trouve.
J’ajouterai ce qui arriva à Jéroboam, lorsqu il facrifioit aux Idoles; la main avec laquelle il avoit donné l’or- J- dre d’arrêter le Prophète qui le reprenoit de son idolâtrie, fç deflfecha, et devint sans mouvement, et ayant ainfî éprouvé sur le champ le châtiment de Dieu, qi veille sur toutes tus avions il fupplia le Prophète de ije mettre en prière auprès de Dieu, c à l’heure même Dieu écoutant son Miriistre, rendit à ce Prince l’ufagc libre de sa main: que si le péché a guéri Jéroboam croïez-vous que Jésus Christ ne pourra pas vous délier de vos péchez î frrn
Je vous parleray aussi de Manaffez y ce méchant 4. et£.. Prince, il avoit fait fcier en deux le Prophète Isaïe l6 il étoit adonné à toute sorte d’idolâtrie, il faisait répandre le sang dune infinité d’Innocens à Jerufalçm; ayant ensuite été mené captif à Babylone, et ayant fouffert plusieurs miferes, il entreprit de faire pénitence: car l’Ecriture dit de lui, que ManafTez.JW. s étoit humilié devant le Seigneur y qu’il se mit en j’ prière et que Dieu l’exauça, et le remit sur son TrôneSi celuy qui avoit fendu un Prophète par le milieu du corps y trouva son salut dans la pénitence, comment n’efpererez-vous pas d’être sauve y vous qui n’avez pas commis de si grands crimes? Donnez-vous de garde de manquer de confiance en la pénitence.
Voulez-vous donc savoir quelle est sa vertu, et comme elle est puiilante pour defarmer Dieu irrité contre vous voulez-vous apprendre combien la confession est falutaire,- c’est par elle que le Roy Ezechias obtint la défaite de cent quatre-vingt mil4£’££ le de ses ennemis y etc toutes furprenantes que soient ces choses, c’est peu en comparaifon de ce que je vais dire. Dieu ayant fait avertir ce Roy malade,#’• 3-! par le Ptophete Isaïe de mettre ordre à sa maison, qu’il devoit mourir de sa maladie y Dieu eut égard a la pénitence de ce Prince, révoqua son décret dans le temps qu’Ezechias s’attendoit à mourir, et qu’il n’avoit aucune espérance de vivre, puisque le Prophète luy avoit dit qu’il mourroit de sa maladie: Ezechias ne cefTant point de se repentir de fcs fautes, et se fguvenant de ces paroles de l’Ecriture:
Jé.ii.i. Lorfque converti au Seigneur, vous gémirez de vos fautes; pour lors vous fere sauve%. Il se tourna vers la muraille de sa chambre, et du lit où il étoit couché,• élevant Ton esprit jusqu’au Ciel, car l’épaiffeur des murailles n’empêche point l’Oraifon de l’ame dévote de monter au Ciel, il s’écria: Seigneur fouvenevous de moy: c’est adez pour obtenir ma fanté, que vous penfiez à moy, vous n’êtes point dépendant du temps, vous êtes le maître de la vie, et vous la réglez comme il vous plait, car elle ne dépend point du moment de nôtre naissance, ni des influences ou de la rencontre des astres 7, comme quelqu’uns se l’imaginent, mais il n’en est que ce que vous voulez; vous avez seul le pouvoir de la vie, et de la mort ainsi celuy dont la vie étoit defefperée, après ce que le Prophète en avoit prononcé, en reçût encore quinze années, et pour PafTurer de cette vérité, Dieu fit rétrograder le folcil; ainsi le soleil retourna sur ses as en faveur d’Ezechias, et cet astre s’obfcurcit à a mort de Jésus-Christ, il perdit son éclat et sa lumière à çaufe du Sauveur, èc en cela Dieu voulut montrer la différence entre Ezechias et Jésus-Christ, si Ezechias a pu faire révoquer le décret de Dieu, Jésus-Christ ne pourra-t’il pas vous accorder le pardon de vos péchez.
Convertiflez-vous donc, gemif fez de vos miferes, fermez vôtre porte et priez le Seigneur qu’il vous pardonne, qu’il éteigne en vous U ku des pafïions qui vous enflamment, car laconfeflion peut éteindre ce feu, ôc arrêter la fureur des lions. Si cela vous paroît incroïable, fouvenez-vous de ce qui arriva à ceux qui furent jettez dans la four- naife avec Ananie; voulez-vous, savoir les fleuves les mifTeaux qui éteignirent un feu allumé dans une fournaife de quarante-neuf coudées, ce fut la foi; semblable à un fleuve à mefure que la flâme s’éJevoit pour les brûler, elle en arrêtoit l’impetuofité et l’aetivité, ce qui porta ces enfants à s’écrier dans ce lieu, comme si c’eût été le remède à leurs maux: Scigieuryous êtes juste dans tout ce que vous nous jy4ni(i 3; faites, nous avons péché et nous avons commis l’iniquité, aussi-tôt le repentir éteignit les fiâmes; cet exemple d’Ananie y nous apprend que la pénitence peut même effacer le feu de l’Enfer.
Si quelqu’un de ceux qui ont plus d’érudition ou de pénétration 3 vous diloit que Dieu les avoit délivre à cause de leur innocence, car ce fut pour n’avoir pas voulu idolâtrer, qu’ils furent jettes dans cette fournaife, j veux que cela soit ainsi, mais je vais vous apporter un autre exemple de penitens. Quelle idée avez-vous de Nabuchodonofor? N avez-vous pas entendu par l’Ecriture, qu’il étoitiWrf. un homme fanguinaire, carnacier comme un lion; il avoit profané les fepulchres des Rois, et en avoit enlevé les oflemens il avoit mené le peuple en captivité, non content d’avoir mis sous les chaînes le Roy qu’il tenoit captif, après voir fait étrangler ses entans en sa présence, et luy avoir fait voir ce triste fpestacle, il luy fit crever les yeux-, ilbrifa les Chérubins y non pas ces Esprits bienheureux qui portent ce nom donnez-vous bien de garde d’avoir telle penfée, mais ceux qui étoientde fculpture dans l’Arche, et il réduifit en poufliere le propitiatoire %
Gij fz Les Catcchefcs de saint Cyrille au milieu duquel Pieu donnoit des oracles; il foula aux pieds le voile du Temple, il prit les Encenfoirs pour servir dans le Temple des Idoles, il enleva tous les préfens qu’on avoit fait au Temple, et y ayant fait mettre le feu, il le reduifït en cendre. Combien cet homme meritoit-il de châtimens après avoir dépouillé des Rois, brûlé les choses saintes, mené le peuple en captivité, faire servir les vafes facrez au culte des Idoles? Ne meritoit-il pas mille fois de mourir? Vous voïez quelle étoit la grandeur de ses crimes: Voïez maintenant combien est grande la mifericorde de Dieu. Ce Prince fut comme changé en bête 8, il vivoit dans undéfert, eten affligeant son corps, il fut protégé de Dieu: Il paroiffoit avoir des ongles femblables à ceux des lions, comme pour marquer qu’il avoit arraché les choses saintes, ses cheveux é toi ent devenus comme des crins de lion, et il étoit luy même comme un lion rugiffant, il mangeoit du soin comme un bœuf, étant devenu comme une bête, ne connoifTant pas celui qui luy avoit donné son Royaume, il avoit le corps teint parlarofée quitomboit sur sa chair nue, comme prévoïant, ce qu’il ne crût pas, que dans la suite la rofée éteigneroit le feu qu’il serait allu4- mer.
Quelle fut donc la destinée de Nabuchodono(oï? fay, dit-il, élevé mes yeux au Ciel, fay prie le Très-haut, fay lotie et glorifié celui oui est vivant dans l’Eternité; et aussi-tôt qu’il a reconnu le ToutpuifTant, etqu’il s’est fait entendre à luy, il fit pénitence de ses crimes, il reconnut Ces mifercs, et Dieu le rétablit sur son Trône. Hé quoi dès que irrmri de ferufalem. 1 1. Catech.1 yj
Nabuchodonofor chargé de tant de crimes, les a confcffcz, Dieu les luy remet, et luy rend son fceptre etc sa couronne: Hé douterez-vous après cela qu’il ne vous pardonne, si vous faites pénitence y etc qu’il ne vous accorde le Royaume du Ciel, si vous vous en rendez dignes?
Que Dieu est bon, et qu’il est prompt à pardonner, et lent à exercer ses vangeances! Que personne donc ne defefperc de son salut. Pierre le Prince des Apôtres 25 y après avoir renié par trois fois Jésus Christ devant une fervante, rentra en lui-même, il pleura amèrement, les pleurs marquent que la douleur de la pénitence étoit fincere, et qu’elle étoit dans le cœur, aussi il reçût non seulement le pardon de sa faute, mais il fut rétabli dans sa dignité apostolique. Nous avons, mes Frères, plusieurs autres exemples de Peniten?, et de ceux qui ont été lauvez en peu de temps; Confeflez - vous au Seigneur, afin que vous receviez la remifïion des péchez que vous avez commis çy-devant y et que vous obteniez le Royaume des Cieux, que vous poffediez, comme par héritage avec tous les Saints, les dons du Ciel par Jésus-Christ, nôtre Seigneur; à, gui soit la gloire dans les fiécles des fiécles. Amen.
Notes- sur la féconde Catéchèse.
J k finïttnct. Telle a été la conduite de l’Église pendant t plusieurs fiécles, de préparer les Adultes au Baptême par la Pénitence, les éprouvant long-temps pour s’afïurer de leur véritable changement et de leur conversion, avant que leur donner le premier de nos Sacremens; elle les fai (bit paflor par plusieurs claflès, 8c çcs claAes duroient quelquefois plusieurs années. Le Concile de Ni- C9. Ul cc envoyé les Catecumcnes au rang des écoutans, si, étant prêts de
G iij recevoir le Baptême, ils ont apostafié, il veut qu’ils soient trois ans avant que de pouvoir rentrer dans le rang où ils étoient. Ccluy de Neocefarée ordonne que si un Catecunvne qui est au rang de C, s ceux qui prient avec les Fidèles, vient à pécher, qu’il sera mis au rang des écoutans, c que s’il continue de pécher, on doit le chaffer entièrement, c’est de la pénitence qui doit préparer à recevoir le pardon des péchez par lç oaptêrne que S, Cyrille se propofe de traiter.
Vinormiti du pèche, et Us tri fies effets qiivl produit Jdns ns anus On ne peut concevoir ni expliquer comment nous fbmmes nous-mêmes les auteurs de nos péchez, et que nous ne devons attribuer nos faures à personne que nôtre libre arbitre est la cause de nos péchez, ce qui faisait dire à S. Augustin ( lib. de veri relig. e. 14.) que rout péché doit être volontaire, NhBo mode fit stccatum, si non fit volnnurium. Et ailleurs ( lib. de duab, animab. capii. ) Peccatum
Ène voluntate ejfe non pojfe. On voit bien que S. Cyrille avoir en but s Manichéens qui foutenoient que le péché venoit du mauvais principe, et non de la liberté humaine. Aussi S. Augustin dans Ces écrits contre ces Hérétiques, et sur tout dans son livre des deux Ames, parle et s explique comme S. Cyrille: il établit qu’il n’y a point de nature ni de substance naturellement mauvaise: Que le mal ne confille que dans le méchant usage de nôtre liberté. On peut seulement pouvoir de faire rel ou tel péché, « . uUt « .« . u, ». » ceux qu’il doit permettre ou qu’il doit empêcher.• Efi in maltrumff tefltttpeecArtn HtmstecndobtveHBo, iHm4liùif4ci« nt, ntn tfiintf rwn pottflatt, fed Dti, n’a jamais prétendu que la mauvaise volon te de pécher vint do Dit u, mais seulement, qu’il tire du péché le bien de les Elus en le faisant servir à leur (àlut, comme du péché de ceux qui ont fait mourir Jésus- Christ, il en a tiré le ûlut des nommes. » »
j Ltstu ittrntl Le fupplice éternel, ou l’éternité des peines pour punir 1 ame qm a commis le péché volontairement.
« 4 Cefi un mal du Un trhitrt. Voilà la liberté en l’homme, l’honv me libre dans sa création, et depuis son péché, le péché même est une production de f » liberté: il a péché parce qu’il l’a voulu; Ain- avl nest P0’’ lauteur du Peé, il avoir fait l’homme droit,
SeUffik? enitem; Ie Peché n’est P°int Oas remède, il n’est point irremifbble quand on en veut faire pénitence. 6 Lu tsttt fiuuflu du sttbi dsiu thommt. D’exciter le feu des pat de fcm/alem. IL CatechV yjr lions i d’aveugler lefpiit, d endurcir le cœur. 7 Sctohtz. ce que c’est que le péché, et quelle est la cause du péché. Ftnstt au jugement. La penfée du jugement remède puissant contre le péché, et pour nous préferver de l’impureté.
Cestle Diable qui le fnggre. Le Démon follicite au péché, mais il ne nous force pas i le commettre. On doit craindre, Tes fuggeffions, mais on peut luy relater mCombUn on doit craindre de donner entrée au péché dans son coeur, et comme il faut refister aux premiers mouvemens.
h U frineeetlecbef du pèche c est le Diable, en grec •+ qui fignifie Calomniateur, c’est le nom qu’on donne au Chef des Anges rebelles chaflèz du Paradis} On le nomme aussi Démon qui en grec lénifie Gfa’u. Platon donne ce nom à des esprits qu’il dit être revêtus don corps fubtil. Dans l’Ecriture on entend par Démon, un mauvais Ange, un esprit malin, ou le Diable. r
Il est le Chef du péché ou des pécheurs, le premier qui a pèche c’est par son exemple et par sa fuggection que l’homme a péché: ce qui montre que les Anges ont été créés, et qu’ils ont péché avant l’homme, et que ce fut par la fedueton du Démon que l’homme pécha.
n Non qu’il y fit porté par aucune nictfsttc. Il est devenu de luyweme et par (a volonté, Démon. Voilà la doctrine de l’Église sur les Anges: Que les Démons ne sont pas méchans par leur nature: Ope Dieu les avoit créés en un état où ils pouvoîent faire le bien le mal, qu’ils se sont déterminez et portez volontairement au mal, aussi Jésus-Christ dit du Démon qu’il a été homicide dès le com- st mencement, et qu’il n’est point demeuré dans la vérité où Dieu l’avoit mis, h vtritate non fletit. Ce qui fuppofc qu’il avoit reçu la grâce dans sa création, comme le remarque S. Augustin. que Dieu créa les uh J± Anges avec la bonne volonté, et un amour chaste, qu’en leur don- €tVit.c.i% nant l’être, il leur fit part de sa grâce, Cumbonk voluntate et cast toore...t(mDeHs fimul condens natnram Angelomm, et Urgitns gratm.
S. Pierre parle aussi du péché des Anges qui leur à attiré leur perte: Angelit peccantibtts Dem non pepercits Et S. Jude dit que les x.Tetrx. Anges Vont pas confervé leur première dignité, « c qu’ils ont quitté leur propre demeure, Non fervaverntprin#ptnn, feddcliiêerunt. îà. « • Us n’ont pas confervé les’ avantages excellens de la nature et de la grâce qu’ils avoient reçus. r » »
H Dh Prophète Ezechiel. On voit que selon S. Cyrille, Dieu sous 1 figure du Roy de Tyr marque la chute du premier Ange, qu’ayant « é comblé de toute sorte de biens dans la. création, il étoit la Pj« s parfaite créature de Dieu, et qu’il s’est perdu par son orguëil: Elevatum est cor tuum In décore tuo. Cette expîicarion de S. £lf •’ grille se trouve dans S. Chryfostome î Angeln per fuferb amfblu Hcmil DitbotHS, D’un Ange qu’il étoit, il est devenu Diable par son or- in ifa tp « 4 8U’- Dans S- Ambroise, que i orgueil a été le péché de l’Ange. S. Augustin, lib. 3. de Doetr. christ. c. 37. S. Grégoire, Homil. 34. in jr Evang. S. Bernard, ferm. 38. in Cantic. expliquent aussi de la chute, y I4’ ôc du péché des Anges, ces paroles d’Isaïe: Ton orgueil a étéprecipi: é dans les Enfers.....
Dttracl est ad inreros fuperbia tua, qni dicebas, confondant in cœlum, firnilis ero jiitijfimo: Comment ’ es- tu tombé du Ciel, Lucifer? Ainsi le fentiment le plus commun des Pères, est que le péché des Démons a été Famour déréglé ou exceffive de leur propre excellence, ou l’orgueil, ou d’avoir voulu être independans de Dieu -, car l’Ecriture n’a point marqué précifement quel a été leut péché. Quelques anciens Pères comme S. Justin, Athenagore, Commodianus, Lattance et autres, s’étoient imaginez que les Démons sont des Anges qui ont été corrompus par l’amour ic femmes, et que les Géans étoient nez du commerce qu’ils avoient eu avec elles: mais c’est une pure fiction. Ce qu’en dit S. Cyrille est bien plus aurorifé. Reconnoiiïant que les Anges sont d’une nature tou’e fpirituelle, et que leur peché est aussi fpirituel.
Plus bas il appelle les Chérubins des esprits: Chtrubim fpiritalia. S. Cyrille parle avec la même exactitude de la chute de l’homme, il dit avec l’Ecriture que Dieu avoit fait l’homme droit, que le dérèglement de la nature dans l’homme et dans la femme ne vient point Ephef. 4. du Créateur, mais de la chute volontaire d’Adam. S. Paul dit que 4- l’homme avoit reçu par sa création la justice et la fainteté, et que l’ayant perdu par le peché, il y avoit été rétabli par Jt fus- Christ, qui nous fait un homme nouveau, tel qu’il est forty des mains de Sejf. j. Diçy. Le Concile de Trente aurorifé ce qu’en dit S. Cyrille, en prononçant Anatheme à quiconque ne reconnoît pas qu’Adam par sa tranfgn flion a perdu l’état de fainteté et de justice, dans lequel il avoit été établi. On peut voir S. Bafile Homil. 10. in Hexamer. et S. Augustin lib. 14. de Civit. cap. xi. et 17. » » »
C’est à cause de luy que notre premier Père fut chaffe du Paraiti, On peut rteonnoître là le peché originel, qu’à cause du peché d’Adam nous sommes tous cruflèz du Paradis, de que nous étions perdus par la faute du premier Père: Dectpti périmas s qu’il n’y avoit point de fdlut sans Je lus, Christ: Non deinetps faim. Les effets du peché d’Adam en nous, la concupifcence, l’aveuglement, la pente au Llb.sccntr.m et, a. morr« Ç’étoit en ce sens que Tertullien disait, que le Utrcion. Diable a infeeté nôtre nature en faisant tomber Adam, et qu’il avoit mis en nous les femences du peché.- Diabolo captante naturam juamet hfe jam insteit, peccati stmint iâato. Les Pères Grecs n’ont gueres parlé autrement, qu’en disant que la chute d’Adam a nuit à tout le genre humain, qui depuis ce temps là est devenu sujet aux maladies, à la mort: Que la concupifcence et la pente au mal sont une suite de ce peché.
Maisle la manière qu’en parle S. Cyrille que tous les hommes étoient perdus, c’est reconnoître que par ce peché tous dejerufaleM. II. Catecli.’ 57 tous les defcendans d’Adam ont ère privez et dépouillez de l’état d’Innocence, et sont devenus indignes de la gloire éternelle, si la grâce de Jésus-Christ ne nous sauve par le Baptême. »
ij 0 homme. Le grand péché que de defefpercr de son salut, et de ne se pas confier en la mifericorde de Dieu les motifs de cette confiance quand on veut faire pénitence de fon’pcché.
16 jfjjf nom le voulions. Il faut, pour être sauve, commencer par Je vouloir: Fis [anus fitri. Encof e que la grâce nous soit offerte, il fiuc y répondre par nôtre coopération.
Tant d’impureté. S. Cyrille parle son vent contre l’impureté r c’étoit ou par ce que ce péché étoit fort commun à Jérusalem, ou par ce que les Payens n’en avoient pas tout l’horreur que le Christiauifme en infpire 18 Découvrît à votre médecin. Cctoit au Prêtre a qui on se confcûoit, qui tenoit la place de Dieu: C’est l’expreffion commune ÔC ordinaire de S. Chryfostome cV des Pères Grecs, pour marquer oue cette confession se faifbit en fecret et non en public -, Aussi plus bas S. Cyrille met le pénitent avec le Prêtre son médecin, comme David avec Nathan.
me le relevé S. Cyrille: Il est rare que Dieu pardonne le pèche public d’un Prêtre.
Dieu a ufe d’indulgence envers Us Anges. S. Cyrille fembk dire que les Anges avoient commis quelque péché, et que Dieu le leur « voit pardonné, quoiqu’on ne puiffe dire quelle a été ltur faute: il établit qu’il n’y a que Jésus-Christ qui soit impeccable, cela est vray P« sa nature, mais les Anges pouvoient l’être par la grâce qu ils avoient reçue en y perfeverant avec fidélisé. S. Pierre attire que Dieu i.Bf. ». ♦ puni les Anges qui ont péché, quM les a précipité dans le plus profond de l’Enfer i S. Jude dit la même chose que Dieu referve/ vt pour son jugement les Anges qui n’ont pas confervé leur premie- pas aussi ieverement qu i_; m p« fidèles, il a seulement prétendu que leur fainteté etoit encore bien éloignée de celle de Jésus Christ, qui feui ne peut pécher-, au lieu que les Anges pouvoient pécher et tomber comme les Démons, qu’ils sont redevables de leur perfeveranee à la grâce de Jésus Christ, au lieu que Jésus-Christ est stul impeccable par lui même. » »
« // rtfptEtoit Dieu dans celui aui lm parlait. Exemple de la Foi, durefpea avec lequel les Princes, Ce les peuples doivent enviiaPr les Ministres de Dieu. m,.. r »
Unique David.... Quoique Dieu eut pardonné a David ioç si Les Cdttchefcs dcfaint Cyrille péché, il ne laifïà pas de faire pénitence, preuve des fatîsfaclrîon que l’Église ircpofe aux pénitent, quoique le péché soit remis par l’absolution. C’est sur cet exemple que les Théologiens établifient
R#j.n.3.i’ufage et la neceffité des peines fatisfactoires. David donc après avoir obtenu se pardon de son crime, en fouffrit la peine par la perte de ce fils qu’il avoit eu de son péché, et qu’il aimoit avec
IbiÀ. M4.exccz: et après que ce Prince se fut repenti de la faute qu’il avoit commife en nombrant son peuple, te qu il en eut obtenu le pardon, Dieu l’obligea encore de choifir un des trois fléaux, la Faim, la Guerre ou la Peste. La réflexion de S. Cyrille, est celle des Théologiens et de toute l’Église, qu’après la remiffion des péchez, il itous reste encore des peines temporelles et foufTrir. Quamvh Domiaudient transtnlijpt feceatum ipfius, non abfl’mmt tamtn à fœnitcntia.
Confejstr fis fautes. S. Cyrille porte toujours les Catecumenes à se confeflèr par l’exemple de David.
Salomon, On voit que S. Cyrille a été un des anciens Pères 3ui ont crû que Salomon avant sa mort, avoit fait pénitence de ses cfordres, et que le livre de l’Ecclefiaste en est le fruit.
A luy pardonner. Dieu pardonne quoiqu’il prévoie la réchute dans les péchez qu’il pardonne ou dans d’autres.
xi Fait fàtr If ait, C’est une tradirion commune des Hébreux, que Manaflêz fit feier en deux avec une feie de bois le Prophète Isaïe: S. Cyrille n’est pas le seul des anciens qui Fait dit; Tet tullien, S. Bafile, S. Jérôme, fut le ch. 57. de ce Prophète, le rapppostc aussi, et prétend que S. Paul dans l’Epître aux Hébreux y fait allufion, quand parlant des Saints, dit, ils ont été feiez: Setli sont. Parlant au plurier pour le fingulier, comme quand IEvangeliste a mis au plurier les larrons, pour l’un des larrons: L’Auteur du Commentaire attribue à Primafius sur l’Epître aux Hébreux, dit que ce fut avec une feie de bois.
Ni des influences des astrts. Nôtre vie ne dépend ni de l’afped, ni du cours des astres, mais de Dieu seul. S. Cyrille réfute les vaines fuperstitions des Païens, et reconnîot Dieu auteur seul de narre vie 6c de sa durée.
Ce Prince fut changé en iite. In tefiiam tranfmuutus. Non qu’il lut change. en une vraye bête, mais son esprit fut tellement altéré, en vivant au milieu des bÊtes, et se nourriffant comme elles, de herbe des champs, qu’il leur éroit en quelque façon semblable; soit quii se crut rel par une maladie qu’on nomme Lycantropie, soit par un trouble de foti imagination, caufé par la Justice pdivine. Il démena fept ans dans cet état, après ce temps la raison luy nir. rendu, et il fut mis sur le Trône, et ne vécût qu’un an après, qu’il employa si bien par les confeik de Daniel, que non seulement S. Cyrille, mais S. Jérôme, S. Epiphane, S. Augustin et autres ne doutent pomt de ton falw, se fgndant sur ce que depuis sa pénitence, de Jêrufalem. III. Catcch. 9 l’Ecriture ne parle point d’aucune faute qu’il ait fair.
« iPitm le Prince du jipotrtt.S primauté fut les Apôtres } il n’en eu point déchu par son péché: Expreffion d’autant plus refpeetable, qn’elleestde la première antiquité, aussi l’Église luy a-t’elle confervée dans son office. Tu u fafior ovium » frinctfs uifoflahrum.
Catéchèse III
Faite sur le champ, touchant le Baptême, sur ces paroles de l’Epure aux Romains, Ni fia- m6-£ vetyouspas que nous tous qui avons étebaptifeenJeJùs-Cbrist, nous avons étébaptijèz, en sa mort t farce que nous avons été enfevelis avec luy far le Baptême four mourir avec luy,
« « QUE les Cieux se réjouiffent, et que la terre Pf, 9: trcfaillc de joyc à caufede ceux qui Vont être Tf. 0. arrofez de l’hyfope., et qui seront purifiez par un hyfope fpirituel, et par la venu de celuy qui auj »- W temps de sa paflion, fut abbruvé avec une branche d’hyfope »: Que les puissanecs des Cieux entrent dans la joye de l’Église: Que les âmes qui veulent être unies avec le Celeste Epoux, se préparent; déjà la voix de celui qui crie dans le defert, leur dit: Pré- lfU 4 ÏJK k chemin du Seigneur, car il ne s’agit pas icy d’une affaire peu importante, il est quection de ehoifir pour Epoux l’esprit de Dieu, qui fonde le fond des cœurs, et qui voit si l’on veut se donner à luy par une vraye foi. H ij
Il n’en est pas icy comme des mariages du monde qui se sont souvent sans difcernement, etdans lefquels l’Epoux n’a égard qu’au bien, ou à la beauté de l’époufe: Dans l’alliance dont je parie, on ne regarde pas la beauté du corps, mais la pureté dune confeience irreprehenfible; on ne recherche pas ceux qui sont riches des biens periflables y et qui méritent pour l’abus qu’ils en sont d être réprouvez., mais ceux qui poffedent la véritable richefie de l’ame, c’est-à-dire la pieté |. Pratiquez donc, vous qui êtes destinez à être des enfants de justicc, pratiquez etfuivcz l’excellent confeil que S. Jean vous donne: rendez droite la voyc du Seigneur, ôtez de vous tous les feandalcs, et tous les obstacles qui ourroicnt vous empecher d’arriver heureufement à a vie éternelle Préparez vôtre ame à être pure et feinte y par une foi finçere, et pour recevoir le S. Esprit. Commencez à-laver vos habits par la pénitence 9 afin que quand vous vous préfenterez pour les noces de l’Epoux, vous soyez trouvez purs parce que Dieu est libéral et magnifique dans ses dons, il appelle tous les hommes 4, et il les rafTemble de toute part pv les exhortations de ses Ministres, mais ensuite il examine ceux qui sont entrez m banquet de ses noces.
A Dieu ne plaife qu’aucun de ceux qui ont don- mu f é?? n°m 5 clui r°nt écrits sur lcs gistres de l’Eghfe entende ces formidables paroles, Mon amy, comment ctes-vous entré icy, n’ayant pas la robbe nuptiale;
Mth i, e lc Cicl au conraire qu’on puifTe dire à ehaxun de vous: Courte ferviteur bon 0-fidcl, vous ave% de Jcmfalem. 1 1 L Catech. tfï i it jiitlc sur feu de chost, je ’vous établiray sur de grandes: Entrer dans la joye de votre Seigneur, car vous avez été dehors jusqu’à présent-, Puiffiez-vous donc dire tous comme je le fouhaite, le Roi m’a fait entrer dans son Palais, que mon ame se ré jouifle en Dieu mon Seigneur, il m’a revêtu du vêtement de salut, et de l’habit de joye, il m’a ceint de la ceinture qu’on donne aux Epoux et aux Épouses, 3c m’a orné de toutes les parures qu’on donne le jour de leurs noces j Plaife donc à Dieu que vos âmes soient trouvées pures sans ride et sans tache; Je ne dis point cela avant que vous ayez reçu la grâce du Baptême, car vous n’êtes encore qu’appelés à obtenir le pardon de vos péchez, mais c’est afin qu’après avoir reçu du Ciel cette faveur, vôtre conscience soit sans tache, 6c qu elle réponde à la fainteté ds la gracé.
Je vous aflurc, mes Frères, que c’est-là une affaire très importante, et qu’il n’en faut approcher qu’après y avoir bienpenfé, car pour lorsenacun de yous doit être prefenté à Dieu, en présence d’une infinité d’Anges, vôtre ame sera marquée du sceau du faim Esprit, et vous serez enrôlez dans la milice du grand Roy, Préparez-vous donc, instruifezvous des choses neceflaires, pensez plutôt à avoir une confciencc pure, que des habits éclatans, ôc « i vous difpofant à entrer dans les fonts, n’y entrez pas comme dans un bain commun pour laver vôtre corps pensez à la grâce i qui doit vous être conférée avec l’eau, pour laver vôtre ame; car cointoc les vittimes qu’on offre sur les autels des Dé- »
H iij nions, quand elles feraient pures d’elles mêmes, de? viennent impures dès qu’on a invoqué le Démon sur elles, au contraire l’eau quoique fîmplc de sa nature, par l’invocation du S. Esprit 8 y de Jésus Christ, et du Père,, comme si elle recevoit une nouvelle vçrtu, devient elle-même sainte dautant que l’homme étant compofé de corps et d’ame 9, a befoin d’être purifié dans chacune de ces deux parties, l’ame qui est fpirituelle, ne pouvant être purifiée par ce qui est corporel, c’est pour cela que l’eau lave le corps y et que le S. Esprit met le sceau de sa grâce dans l’ame, afin qu’après que le corps à été lavé dans une eau pure et que notre cœur a été purifié par la grâce, nous foyons en état de nous approcher de Dieu. Vous donc qui devez descendre dans le Baptistaire IO, afin d’être plongé dans l’eau, fçachez que ce n est pas l’eau seule qui vous sanctifiera, c’est la vertu du S.
Esprit qui sera communiquée à cette eau ll, et que vous ne pouvez devenir parfaits sans ces deux enofes: ce n est point moy qui vous le dis, c’est Jésus - Christ lui-même Jn. 3. 5. qui en est l’auteur, Quiconque •, dit-il, ne naistpasde l’eau et au S. Esprit J ne peut entrer dans le Royaume de Dieu. De manière qu’on n’auroit pas la graçe, si on étoit baptisé seulement de l’eau sans le S. Esprit, et aussi quand on auroit mené une vie très réglée, on ne doit point prétendre entrer dans le Royaume des Cieux, si on n’a été lavé dans Teau pour recevoir le sceau de la grâce.
Si cette doetrine vous paroît hardie, fçachez quelle ne vient point de moy, c’est Jésus-Christ lui- âejerufalem. III. Catecru 6 « îèffle qui l’enfeigne, et je veux encore vous en donner la preuve par les saintes Ecritures. Corneille 13 étoic un homme juste, etc digne d’être honoré de la vifite des Anges, il s elevoit de la terre au Ciel devant le Trône de Dieu, comme une colomnc merveillcufe par ses Oraifons, et par ses Aumônes: S. Pierre l’ayant trouvé dans le temps que le S. Esprit se communiquoit aux Fidèles 4, qu’il leur faiîbit parler diverfes langues, et qu’il les faisait prophetifer: L’Ecriture nous dit qu’encore que Corneille eut reçu quelques-uns des dons du S. Esprit, S. Pierre luy commanda J5 de se faire haptifer au nom de Aa, i ». Jésus-Christrt i afin qUC pâme qui avoit déjà la Foi, fut parfaitement régénérée dans le temps que le corps serait plongé dans l’eau.
Si quelqu’un fouhaite de savoir pourquoy la grâce se donne plutôt par l’eau que par quelque autre élément, il le trouvera dans les saintes Ecritures, s’il veut se donner la peine de les lire; car l’eau est le plus beau et le plus confiderable des quatre Elenwns- dont le monde est compofé. Les Anges ont le Ciel pour demeure, mais le Ciel a été formé de l’eau; la terre est le fejour des hommes, mais la terre vient aussi des eaux, car avant que Dieu eût créé pendant fix jours les différentes choses qui composent le monde, il est dît que ïesprit du Seigneur « toit porté sur les eaux: le monde a commencé par l’eau. L’Evangile a pris fanaissance dans le fleuve du Jourdain, ce sont les eaux de la mer qui ont sauve Ifraël de la fervitude de Pharaon, et le monde est délivré delà fervitude du péché par l’eau du Baptême avec la parole de Dieu. »
Toutes les fois que Dieu a voulu faire alliance avec Thomme il s’est fetvi d’eau, ce fut après le déluge qu’il fit alliance avec les hommes dans la personne de Noe, et lorsque sur la montagne de Sinaï il voulut traiter de nouveau avec les Ifraëlites, on y voit de l’eau, de la laine rouge, et de l’hyfope: Si Elie elt enlevé de la terre au Ciel l7 dans un char de feu, c’est après avoir pafle les eaux du Jourdain; Aaron reçût ordre de se laver dans l’eau y avant que d’être fait grand Prêtre, etmême comment auroit-il été en état dlntercederpour les autres, si auparavant il ne se fût purifié par l’eau? Il y avoit des cuves d’eau au devant du Tabernacle et elles figuraient k’ baptême. Le Baptême se trouve à la fui de l’ancien y et au commencement du nouveau Testamenc, JeanBaptiste qui fut le plus grand d’entre les enfants des femmes, la fin et le dernier des Prophètes; car tous les Prophètes Se la Loy ont duré jusqu’à luy i aussi
« Mérc.u ccfl.par lUy qU »a commencé l Evangile de Jésus-Chrijl1, Or Jean baptifoit, et quoiqu’Elie et Enocayent été enlevez de la terre, ilsn’étoient pas plus grands que Jean, non plus que Moïse ni les autres Prophètes. Je n’ofe comparer les Prophètes aux Prophètes, je fçay que le Seigneur Jésus, qui étoit leur Maître
Math, xr et qui est le nôtre y à dit de Jean-Baptiste qnil ny en avoit point eu de plus grand entre les enfants des femmes y II n’a pas dit entre les enfants des Vierges1?, mais entre ceux qui sont nez d’une femme j car tout grand que soit un ferviteur entre les autres dotaestiques du même Maître y on ne doit jamais le comparer avec le fils de la maison, et encore moins le ’. Fifc
Fils de Dieu avec fçs ferviteurs, quant à la grâce à ïexcellence de la grâce.
Vous voïez donc quel fut le mérite de ecluy que Jésus-Christ choifit pour être comme le premier Ministre du Baptême 2°, il vivoit dans le defert y ne pofledant aucun bien, sans être farouche ni fauva ge, sa nouriture qui n’étoit que des fauterclles donnoit à son ame des ailes pour unir à Dieu, et le miel dont il se fervoit, n approchoit point de la douceur ni de la fuavité de les paroles; il n’avoit pour habit qu’un vêtement de peau de Chameau, fut ainsi le modèle de la vie mpnastique ou folitaire: il fut même fanétifié et rempli du S. Esprit, dans le ventre de sa mère avant que de naître: Jeremie avoit aussi été fandtifié avant sa naissance, mais il ne prophetifa pas si-tôt Jean est le seul qui étant dans les entrailles de sa Mère, treflaillit de joyc, qui connut en esprit son Seigneur présent 3 n’étant pas encore en état de le voir des yeux du corps.
Comme la grâce que donne le Baptême est très grande, c est pour cela que Dieu a voulu former un si grand saint pour l’annoncer et la conférer aux honvmcs: Jean baptifoit dans le Jourdain, et tous les habitans de Jérusalem y accourroient, et furent les premiers qui jouirent du fruit de son baptême: car « femble que les biens les plus excellens se soient raits à Jérusalem mais voïez vous qui êtes citoïens Recette grande ville, comment ces peuples qui nous ût précédez avant que d’être baptisés par Jean, confeflbient leurs péchez y ils montraient d’abord Médecin leurs play es, et il leur appliquoit les remèdes, et ceux qui avoienc la foi, se trouvoient délivrez du feu éternel: et si vous voulez que je vous prouve comment le Bapîtême de S. Jean préfervoic de brûler, écoutez ce saint Précurfeur, lorsqu’ildi- »
Math.}. f0it3 Hace de vipères qui vous a averty de fuir la cole re qui doit tomber sur vous, ne soyez plus comme la vipère, changez de vie, et de conduite, quittez vos defordres, comme un ferpent, qui se gliffant dans quelque ouverture étroite se dépouille de sa vieille peau, et paroît tout rajeuni: Faites de même, entrez par la porte étroite, vous affligeant par le jeûne, et vous vous dépouillerez de ce qui pourrait être cause de vôtre perte; Dépouillez le vieil homme avec toutes ses actions criminelles, et dites avec l’Epoufe
CtofjV.f dans les Cantiques: J’ay été ma rohbe comment l’a reprendrai-je? Mais sur tout qu’il ny ait point parmi vous a hypocrite, ny de gens qui témoignent seulement au dehors, avoir de la pieté, elle doit être dans le cœur, autrement vous serez fcmblable à Simon le Magicien, qui demanda à recevoir le don de la grâce, non pour se fanetifier, mais pour savoir comment elle se donnoit, et dans le deflein d’en faire un mauvais usage:/ Ecoutez ce que S. Jean vous
Mtth. lt a cote est déjà a la racine des arbres, cejl pourquoy tout arbre qui ne produit point de bon fruit; sera coupé et jette au feu. NTagifTez donc point avec diifimulation, car vôtre juge est inexorable.
Que faut-il donc faire, me direz-vous? et quels sont ces fruits de pénitence que Ton doit trouver en nous 3? Que celuy qui a deux habits en donne im à çeluy qui n’en a point, que celuy qui a dequoy manger, en fafle part à celuy qui n’a rien. C’est la doetrine de Jésus-Christ, qu’il a pratiqué le premier, et qu’il a enfeigné aux hommes; car prétendriez-vous recevoir la grâce du S. Esprit et ne pas donner aux pauvres quelques alimens corporels oferez-vous prétendre à recevoir de grandes choses de Dieu, et luy. en refufer de si petites qu’il vous demande dans la personne des pauvres? Quand vous feriez un Publicain, et un homme adonné à toute sorte de defordres, cfperez d’être sauve selon l’oracle de Jésus-Christ: Les publicains et les femmes pro- Métkiù jUtuées vous devanceront dans le Royaume de D’uw. etS. Paul ayant dit, que ni les Fomicateurs., ni les Idolâtres, ni les JMtercs, ni les autres pécheurs ne fonderont point le Royaume de Dieu, il ajoute, Vous ave% été quelques- 1. C« r.. uns devons dans ces déreglemens, mais vous avez, été la« JC, mais vous ave été fanélifie: il ne dit pas que vous y êtes encore, mais que vous y avez ete. » »
Quand on ne pèche que par ignorance, on en obtient facilement le pardon, mais celuy qui s’obstine au mal, sera condamné 4. Tout grand que soit k Baptême, par ce que je vous en ay dit, il est en- • corc plus confiderable par rapport au Fils unique de Dieu, car tout admirable que fut Jean, parce qu’il étoit la voix et l’écho de Jésus-Christ, qui parloir « n luy et par luy, et qu’il baptifoit dans l’eau, il n’est nullement comparable à son Seigneur, et a son Roy qui baptifoit dans le S. Esprit, et dans le feu: Les Apôtres furent ainsi baptisés, lorsque tout d’un coup on entendit venir du Ciel un grand bruit au. h comme d’un vent impétueux qui remplit toute là 1 ijt maison où ils étoicnt aflîs, il leur parut comme dcj langues de feu, feparées les unes des autres, qui s’arrêtèrent sur chacun d’eux, et ils furent tous remplis du S. Esprit. »
On ne peut être sauve, si l’on n’est baptisé, il n’y a que les Martyrs m qui sont exceptez de cette loy, ils peuvent arriver au Ciel sans avoir été lavez dans les eaux; car Jésus-Christ en nous rachettant à i’ârbre de la Croix, ayant eu le côté percé, en fit fortir de l’eàu et du sang, afin que les uns dans la paix de l’Église, fuffent baptisés dans l’eau; et que dans les perfecutions, les autres fuffent baptisés dans leur propre sang: etç.si vous doutez que le martyre ne loir un vray Baptême } écoutez le Sauveur qui en Jstrwo, parlc de la sorte i Pouve-vous-boire le Calice que je vas boire, et être baptisés du Baptême dont je vas être bajtip: Les Martyrs confeifoient Jésus-Christ en public, ils étoicnt un fpecîacle digne de l’admiration des Anges, et des hommes, et on vous demandera aussi dans peu de temps de le confefler, nous en parlerons en un autre jour, il n’est pas encore temps de vous entretenir de ces choses.
Jésus-Christ a fanclrifié le Baptême lorsqu’il a été baptisé, si le Fils de Dieu à voulu être lavé dans ces eaux, qui est-cc qui peut xnéprifer ce Sacrement, pour peu qu’il ait de pieté? Jésus-Christ n’a pas été baptisé pour recevoir la remiffion de ses. péchez, puifqù’il étojt impeccable, mais pour faire voir à ceux qui ’feraient baptisés, la grâce et la dignité qu’ils y recevraient; car comme les enfants participent à la chair etc au sang de ceux qui leur ont donné Ja vie, aussi Jésus-Christ s’étanc
L... — — — _.- | de Jemfalem. III. Catcch. • fait homme, et femblablc à nous, il a voulu que ceux qui Timiteroient etqui honoreroient dans leurs corps ce qui s’est opfcré dans sa chair y devinflfent participans de sa divinité y c’est donc pour cela qu’il a été baptisé, pour nous communiquer par ce Sacrement le salut et la gloire.
« Job dit qu’il y avoit un Dragon dans les eaux, qui recevoit les eaux du Jourdain dans sa gueule il étoit nécessaire de brifer la tête de ce Dragon; Jésus-Christ est descendu dans les eaux, et il y a lié ce fort arme, et nous a donné le pouvoir de fouler aux pieds les ferpens et les autres bêtes venimeufes, Ce Dragon étoitune bête monstrueufe, et la barque d’un pefcheur, telle qu’elle fût y n’auroit pu contenir lune des pointes de sa queue; il caufoit des defordres infinis, répandant par tout la contagion, et infectant tous ceux qu’il rencontrait; mais la vie est venue à nôtre fecours, et la mort a trouvé sa défaite, de manière que tous ceux qui sont fauvez peuvent dire Omony où est maintenant la pointe de tes armes o cn-u cfr- 5 j, } »V/? devenu ta vitfoire f c’est par le Baptême que laiguillon de la mort est détruit,
Vous descendez dans l’eau avec le péché y ma l’invocation qui se fait de la grâce, marquant vôtre ame avec un cachet facré, vous empêche d’être enriouti par le Dragon. Vous êtes morts par le po he quand vous descendez dans l’eau, mais vous en fortez plein de vie par l’infufion de la juttice, que vous y recevez; après avoir été enté en JésusXhrist parla reffcmblance de sa mort, vous l’êtes aussi par la rcffemblancc de sa Rcfurrcetion, et comme après s’être chargé des péchez de tout le monde 7, il est mort, afin de faire mourir en nous le pèche, et de nous rétablir dans la justicei aufïi en descendant dans l’eau, vous êtes comme enfevelis avec lui etc semblable à luy. Après avoir été enfevelis, vous fortez de l’eau comme d’un tombeau, pour mener une vie nouvelle, et la grâce que vous recevez pour lors, vous met en état de combattre vos ennemis, et d’en être victorieux.
De même que Jésus-Christ quarante jours après son Baptême, fut tenté par le Démon, non qu’il n’eût pu le vaincre auparavant, mais parce qu’il vouloir faire toute chose dans un certain ordre, et fucceffivement; aussi vous, avant que d être baptisés, vous n’ofiez être aux prifes avec l’ennemi, ni luy relister: mais quand vous aurez reçu la grâce, vous confiant en ces armes de justice que vous aurez reçues, vous le combattrez8, et si vous voulez même, vous instruirez les autres: ainsi que fit Jésus Christ: quoiqu’il fut le Fils de Dieu, il nejprêcha point cependant avant que d’être baptisé, si donc d a fait toutes choses dans Tordre, et s’il a attendu le temps qui luy avoit été marqué, les ferviteurs doivent à plus sorte raison ne rien faire que dans l’ordre, et iuivre l’exemple que le Seigneur nous a donné -y Û commença à prêcher après que le S.
Esprit fut descendu sur luy, sous la figure d’une Colombe -, Ce iie fut pas pour se faire voir à Jésus-Christ que PEsprit saint parut ainsi, car le Sauveur le voyoit, avant que de paroître vifiblement sur luy, c’étoit pour le T faire connoître à S. Jean, qui parlant du Sauveur, onoit, Je ne le connotjjois points, mais celuy qui mé my! hqtifer d’eau, ma dit: C’est celuy sur qui vous verrez. ÏEsprit dej cendre çjr y demeurer: Sçachez que le même Esprit descendrafur vous, û vous approchez de ce Sacrement avec une pieté fincere et véritable, la voix du Père se sera entendre sur vous, déclarant, non comme à Jésus-Christ, celuy-cy est mon Fils, mais prefentement celuy-cy est fait mon enfant; car il n’appartient qu’à Jésus-Christ d’être par nature le Fils de Dieu, parce qu’« commencement] » »’ mit le Verbe, et le Verbe était en Dieu, et le Verbe toit Dieu y II est dans luy par son être et par sa nature, parce qu’il est Fils de Dieu: mais vous êtes fait son fils, parce que vous n’êtes son fils que par adoption, et non pas par nature comme Jésus-Christ, qui est éternel avec son Père; au lieu que vôtre filiation est attachée à la grâce, et dépend du temps, que vous confervez cette grâce -, Difpofez donc vôtre ame à devenir l’enfant de Dieu, l’héritier de Dieu, le cohéritier de Jésus-Christ; difpofez-vous de manière que vous receviez cette faveur, difpofez-vous pat la foi, et en quittant le vieil homme; car pour lors tousvos péchez vous seront pardonnez, vos impuretez, vos adultères, et toutes autres sortes de péchez )o} £cis qU’ils soient, ils n’approchent pas du crime de ceux qui ont crucifié Jésus-Christ, et tout énorme que soit ce crime, cependant le Baptême peut l’effacer, comme le déclare S.
Pierre à ceux qui as. t.; « n étoient coupables, après leur avoir reproché d’avoir fait mourir l’Auteur de la vie: eux luy demandant quel pouvoit être le remède à leurs maux, et ce qu’il falloir faire peur éviter la damnation. Cet
« « Apôtre leur dit, Faites • pénitence, et qu’un chacun de vous soit baptisé au nom de Jésus-Christ, afin que vos pèche vous (oient remis, et vous recevrez u]ji le don du S. Esprit. O que la bonté de Dieu est ineffable, ceux qui defefperoient de leur salut reçoivent le don du S » Esprit! Que la vertu du Baptême est grande » Si quelqu’un de vous a crucifié Jésus-Chritt par ses blafphêmes, si quelqu’un Ta renié devant les hommes, comme ne le cqnnoifîant pas, si quelqu’un a été cause par ses mauvais exemples que l’Evangile de Jésus-Christ ait été mal reçu, ou que l’on ait blafphêmé contre sa doctrine -, qu’il faffe pénitence, et qu’il efpere bien, on luy sera la même grâce qu’on a fait à tant d’autres. Jérusalem ayez confiance au Seigneur, il effacera vos iniquitez, et il lavera les taches de vos enfants; au lieu d’un esprit vangeuret de justice, au lieu des fiâmes dont il devroit vous punir, il répandra sur vous une eau pure, et vous serez lavez de tous vos péchez. Les Anges viendront au devant de vous pour vous féliciter disant: Quelle
Came. S. estcelle-cy qui s élevé avec une robbe blanche, ejr appuyée sur son Bien-aimé qui est devenu comme son Père. Celle qui étoit auparavant efclave du péché, devient l’en
Cantk.i. fant de Dieu, et Dieu lui-même luy criera comme autrefois l’époux à son époufe: Que vous êtes belle ma Bien aimée, que veus êtes belle! Que vos dents sont blanches et bien arrangées; Voila ce qui vous arrivera, si vous avez soin de faire une entière et exaete confession de vôtre vie, et d’obferver toutes les choies qui vous sont marquées. Vous en connoîtrez les avantages, et par les paroles de l’institution du Bap- tême tfcrtic, et parles preuves tirées de l’ancien etdu nouycau Testament, qui s’accordent si bien sur cette, vérité.
Fafle le Seigneur que vous acheviez le cours du jeûne en vous reflbuvenant de ce qu’on vous a dit y que devenant féconds en bonnes œuvres, et vous’ efforçant de plaire à l’Epoux de vos aines, par une vie irréprochable vous obteniez larcmiffion de vos péchez de Dieu, à qui soit la gloire i° avec le Fils le S. Esprit, dans les fïecles des siècles. jimen.
Notes sur U troifiéme Catechefc.
QUoique S.Cyrille ait déjà parlé si noblement du Baptême, il entreprend icy d’en expofer la neceffité et les effets., 1 Avec uni branche dhyfope que Jésus-Christ fut akbrwvé. Plufieur croient que le mot d’hyfope donc se fert S. Jean répond à celuy d’rmdlni ou de calamo, dont se fervent deux Evangelistes: et que S. a voulu dire qu’on avoic attaché l’éponge au bout d’une tige d’hyfope, ou bien que les Soldats lièrent ensemble l’éponge et l’hyfcpe et les attachèrent au bout d’une lance.
Dit pour Epoux. Par le Baptême, nôtre ame devient repoufe de Dieu, selon ce qui est écrit en Ofée, chap. 1. Sponfabo te mihu 3 Par U pieté. Comment l’ame devient l’époufer de Dkn.
Die appeete tous Us hommes au salut, il nexclud personne, et il donne sa grâce à tous ceux qu’il appelle.
Qù ont donné leurs noms. On commençait par donner son non
Snd on vouloit être admis aux Catéchèses, et avant ce temps on t seulement Catecumene: au lieu que les Latins appelaient competem ceux qui avoient donné leurs noms. S. Augustin His diebus corn- De fidet pûmes vocantur, cum ad txrcipitndum baptifmum Jua nomma jam dedt- °Etrt • • « « /. Céroit au commencement du Carême qu’on se faisait écrire » on téraoignoit par U que c’étoit tout de bon qu on vouloit être Chrétien, U album relati funu On les écrivoit dans une espèce de cata-, logue. Préparez-vous dom. Préparation au Baptême. 7 Ptofi. a la grâce. L’effet intérieur et invisible du Sacrement »
L’eau par C invocation du S. Effrit. On beniflbit l’eau qui devoitfcrJr x Baptême, par des prières quost faisait deflb, avai quellç faîu à communiquer le S. Espritt 9 L’homme tonwofi de corps et d’orne. Ainsi de deux fubstances donê l’une est matérielle c’est le corps, ÔC l’autre est dégagée de la ma-, tkre, c’est lame.
Défendre dans le Batt’ijlaire. C’étoicnt des fontaines ou cuves,’ dans lesquelles on descendoie, parce qu’elles éroient profondes 11 Le S. Esprit doit se communiquer à Peau. C’est ce que S. Augustin explique que c’est l’eau et la parole du S. Esprit qui fait le Sa Crement: Accedit Verbum ad tlementumy et fit S a crament Mm.
ix Quiconque neceflïcé du Baptême pour être sauve.
Corneille fut digne d’être vifiti des Anges. Il vit clairement dans 0. »• y une vifion un Ange de Dieu qui se prefenta devant luy. S. Luc dit, qu’il « toit Religieux, c’est-à-dire plein de pieté; S. Cyrille l’appelle homme juste. Quoiqu’il n’eût pas encore été baptisé, on ne peut douter, qu’il ne fÛr alors justifié devant Dieu par un effet extraordinaire de la grâce et en vertu des mérites de Jelus-Christ, quï dévoient lui î nT 8crC aÇPlilucs Pus particulièrement dans le Baptême, comme die M%t S# Profpe. Ses prières et ses aumônes étoient faites par un mouve
Lit. iVré- f nt e, ’a Srace et par un principe de foi, quoiqu’encore imparti/, w. « . »« » d« S. Augustinjou comme dit Bedc, Corneille demandoit i Vu Duupar ses aumônes et: par Ces prières, qu’il plut lui donner une inhune m pjU5 g connoiffance des moïens propres pour parvenir au salut. »
LE/Pri’fe mmuniquoit aux fidtUs. Dieu par un miracle fingulier renverfa Tordre commun en donnant le S. Esprit aux Gentils avant au’ils euflent été baptisés, pour faire connoître qu’il est le maître de Ces grâces.
Pierre luy commanda. Les Apôtres ne baptifoienr pas ordinairement, ils laifloient cette fonction i des Ministres inférieurs: ce furent apparemment des Disciples qui accompagnoient S. Pierre, qui baptiferent la maison de Corneille.
Au mm de Jésus-Christ. Le Baptême au nom de Jésus-Christ n’exclut pas I invocation des trois personnes de la fainre Trinité; cela veut ieulement dire que le Baptême est le fruit de la Mort et de la Re- iurrection de Jésus-Christ; étant fiir que les Apôtres n’auroient ofé changer la manière de baptiser, que Jésus-Christ leur âvoit préferic avant que de monter au Ciel. r it.n. 17 EUeest enlevé de la terre au Ciel dans un char de feu. CefU-dire j Tr? jharAet01t knUait comme du feu. S. Ambroïfe a crû que ce « T U ï 1 T qU1 îwrtnt Elie sous la figure de ce chariot « enflammé, et de ces chevaux de feu. Par le Ciel où il fut élevé, il ntS CntCndre Celui OÙ Jésus-Christ est entré par son Afccnfion, perlonne n y étant entré avant luy. » »
« lest » W que commence l’Evangile. S. Marc le commence aînL’a2 h Prédicaon de Jésus-Christ devoir être précrdeç par le Baptême que S. Jean donneront aux peuples.
V H najas du tntrt les enfants des FUrgts. L’explication de S. Cy
Hllc est fort naturelle. Les autres Pères ont cru qu’il n’a point paru de. plus grand Prophere que S. Jean, et que pour cela Jésus-Christ la appelle plus que Prophere. Jésus-Christ ne fait comparaifon qu’entre Ç. Jean Scks Prophètes de l’ancien Testament, de non avec les; nerionne qui appartiennent à la nouvelle alliance, comme la Sainte Vierge se les Apôtres. S. Jérôme a eu la même penfée que S. Cyrille, que S. Jwn est préferé à ceux qui croient nez des femmes par la voye ordi wire du mariage, et non à celui qui est né de la Vierge par IV peration du S. fciprit..
« « io ÊUge de 5. Jtn, U premier Mini fin du Baptême. Sa vie austere dans la folitude. Non content de ne pas boire de vin, il ne man » geoit pas même de pain, il ne vivoit que de fauterelles, qui étoit la nourriture des plus pauvres » et le miel fauvôge dont il le fer voit, étoit très aroere et infipide. S. Jean mangeoit si peu, que J. C. n’a point Math. x fait difficulté de dire qu’il ne beuvoit ni ne mangeoit, son habit croit •• de poil de Chameau, qu’il frrroit avec une ceinture de cujf, qu’il portoit sur les reins comme Elie: ainsi l’Église a fuivi la penfée de S. Cyrille, où S. Cyrille n’a exprimé que ce que l’Église réconnoifv soit de tout temps en S. Jean, qu’il étoit l’auteur et le modèle de la vie austere des Anacorettes.
« Ilfkt (dnetifié dans U venrrt dt fs mère. L’explication de S. Çvïille est fondée sur les paroles de l’Ange, qui aitura que ce Fils se- Lu€t • ’« wit rempli du S, Esprit dès le ventre de sa mère, loriqu’ellç reçut la vifite de Marie. On ne peut difeonvenir que S. Augustin fondé « t cette maxime de Jésus Christ, qu’il faut naître avant que de rc- Mly m naître, a prétendu que ni S. Jean, ni Jeremie n’avoient point été E wnûifiez avant que de fortir du ventre de leurs mères j mais c’est un Jentiment Cngulier, et celui de S. Cyrille est univerfellement reçu par te Pères et par les Interprètes., il Vtrstcmx fut S. Jean baptifoit. Les épreuves que S. Jean faî witde ceux qu’il prépaioitau Baptême. Modèle des préparations que lEglifc demandott dans les Catecunienes pour. recevoir le Baptême de jefus.Chr.st, laconetflion précedoit ce Pap terne, c étoit et SJcanqu’n ic e faifoir comme à leur médecin, et c étoit à luy à leur appliquer les rtmedes.
Toure la vertu que S. Cyrille fcmble; reconnoure « ans le Baptême de S. Jean, c’est qu’il préparoir lf s Juifs à la rémif« oû dvs péchez que Jésus-Christ fcul pouvoir donner. Ainsi comme on Voit dans les Aetes, on donnoit le Baptême de Jésus-Christ i ceux qui Soient reçu celui de. Jean; mais on n a jamais rebàptifé Ceux qui Soient resû le R, ptême de Jfus-Christ lyLes ents fruits de pénitence Ainsi l’exterieut delà pénitence n’est 9J une hypocrifie, et n’en est que les feuilles: entre ces fruits S. Cy« 11e met l’aumône. » » » » » »
« « 4 Quand on ne pche que pr, ignorance, DifVnâion des péchez d’igno » et des péchez de malice » et leurs effets.
Kij 15 II ny a que Us Martyrs. On voit les crois sortes de Baptême qu’ai mettent les Théologiens, ccluy de defir ou flaminis, dans les Apôtre le jour de la Pentecôte, qui furent baptisés sans eau par le S. Esprit; celui du sang fangumisyt se martyre, et celui d’eau. Le martyre selon tous les Pères a les mêmes effets que le Baptême, il remet pleinement tous les péchez, il donne droit d’entrer aufliiôt après la mort dans le Ciel; c’est pour cela qu’on n’a jamais prié, ni offert de facrifke. pour un Martyr, comme dit S,. Augustin. Tertullien a dit âuffi
XÀhMttst. qUe le Martyre tient la place du Baptême d’eau, quand on ne Tapai feçu, quil le repare quand on a perdu la grâce qu’il avoit donnée. S. Cyprien dans la préface deson Livre intitulé, L’exhortation an Mar tyre, y prouve que le Martyre fuppléé au Baptême; qu’on y reçoit ÔC la remiffion des péchez, et la palme ou la couronne due aux vertus, x lin corona virtatum. Toures les reflexions que S. Cyrille fait sur le
Baptême de sang ou le martyre, sont très iudicieufes et très folides.
iHi.VM-0n trouve le Baptême de defir, flaminh, dans S. Ambroise: Croyons
Unu dit-il, qu’encore que Valentinien n’aie pu recevoir le Baptême avant sa mort, les taches de ses péchez n’ont pas laifle d’être effacées, parce qu’il a été comme lavé par sa foi et confàcré par le defir et h demande du Baptême.
Jésus-Chrijt a été baptisé. S. Cyrille donne les raifons pour lefc 1 quelles Jésus-Christ étant sans péché a voulu être baptisé, pour fan- ékificr les eaux qui dévoient servir a nous régénérer, et pour procurer sa grâce à ceux qui feroient baptisés, 27 Apres s’être chargé des péchez de tout le monde. Jésus-Christ mort pour tous les hommes, et pour fauver tout le monde. il Vous le combaitriï(. Comment après le Baptême nous devons nous attendre à- combattre par l’exemple de Jésus-Christ qui fut tenté après avoir été baptisé. Le rapport entre le Baptême de Jésus-Christ et te notre: Le Perê nous y reconnoît pour ses enfants adoptifs et le S« . Esprit s’y donne à nous pour nous fanetifier. wjjeneleîonnàiffoïtpas. Si Jean n’ignoroit pas que le Meflîe ne fïir venu,’ il étoit Faiteménfc instruit dé sa Divinité, car dit S.
Chryfostornc, quoiqp’ifhe fcaroifle pas qu’il lait nommé Fils de Dieu, on peut dire qu’ayant déclare que c’étoio lui qui ôrpit’lei péchez du monde, et’ qui baptiférôit dans le S. Esprit, il avoit par là assez fait entendre auil étoit Dieu, puisqu’il n’y a que Dieu qui peut ôc ôter les peiïeiz et donner le S. Esprit -, mais S. Jean n’avoit jamais parlé à Je fiafCbrist, ôr itiïe le ccjnnoiflbrt pas de vue, il ne le connut qae quand il se préfenta à lui pour être -baptisé Se quand le S. Esprit dfcfcendir fut lui fou la figure d’une Golômbe, ce qui fervit à le faire connoître aux Juifs et à S. Jean. 30 A qui soit /a glaire. Voicy une doxologie à la fainre Trinité, à qui la. gloire foie avec le FiU et le. Esprit dans tous les fiecle. S, Cyrille joint ces pesfcmnes. « nièwble am », plutôt -que de àitQetS deJerufakm.lll.Czttài; 77 »
TilU, POâr marquer davantage leur infeparabilité de nature SC de louante S. Mie prouve que cette manière de louer Dieu est une ancien- M.j.sfit. ne ttadiaon venue des Apôtres, et cite S. Clément de Rome, S.j.c. »7, Denu d’Alexandrie, Origene, Eufebe Se autres. On la « gardoit comme une profeffion de Foi abrégée conrre les Arnens; c est notre ÇUm Pm, le Sicut ert n’y est qu en abrège, In [écuU fnUrum. On le troave comme nous le disons dans le second i Concile de Vaifon i en tu. Remarquez que ces paroles int fus lis fiteks des fiefs, sont de fEdifc Grecque S. Iteiée dit, que les Valentimens se fervoient de ces paroles que Ion employé dans l Eglife, pour autonfer leurs Tons. ’• nSSSSSeU
Catéchèse IV
Prononcée sur le champ, touchant les dix ’ principaux Articles de nôtre croyance, sur ces paroles de l’Epître aux Colofliens, Prenez, Cfltf u garde que ferfonne ne vous far f renne far la v..t.
Philofefbie, et fardes raiÇonnemens vams trompeurs, filon les traditions des hommes, non filon Jefis-Christ.
C’EST le propre du vice de contrefaire ordinairement la vertu, semblable à l’yvraye qui s’efforce de palier pour du bon grain, elle paroît être du froment, mais on connoît au goût qu’elle n’en a que l’apparence. Le Démon se transforme aussi en Ange de lumière, non pour retourner en l’état glorieux dont il est déchu, mais afin de furprendre les hommes, et semblable à une enclume qu’on ne fçauroit brifer; il a un cœur indomptable, et ne
K iij changera jamais sa mauvaise volonté j il attaqué même ceux qui vivent comme des Anges, afin de les faire tomber dans les ténèbres et dans l’infidélité cpmme luy -, le monde cfl; plein de loups sous l’habit de brebis mais comme ils n’en ont ni les on- gles ni les dents, ils affedtent de paroîtrcv revêtus de douceur, pour furprendre l’innocence des perfonlies (impies, et pour faire gliffer par leurs « lifcours le poifon du crime et de l’impiété: Nous avons donc befoin de la grâce de Dieu 3, de la tempérance, et de la vigilance, et des yeux bien clair-voyans, afin de pénétrer leur malignité, pour ne pas prendre de l’yvraye pour du bon grain, et pour ne pas tomber dans leurs pièges: car (î nous prenons le loup pour la brebis, ou l’esprit impur pour un bon Ange, nous ferons bien- tôt dévorez i Vous fçavez que le Démon t. Pttr. 5. elt fembUble à un lion rugjjant, il tourne autour de nous cherchant quelqu’un quil puijje dévorer y comme dit l’Ecriture; et c’est pour cela que l’Église nous recommande si souvent d’être attentifs aux saintes Ecritures qu’on nous lit 4. »
Mais remarquez que toute la religion confiste a savoir les dogmes qu’il faut croire, et les bonnes œuvres qu’il faut pratiquer 5, et qu’on ne peut plaire à Dieu sans ces deux chôfes ensemble, qu’il servirait peu d’avoir de Dieu des fentimens dignes de luy, et de vivre dans le defordre; comme auflï il fo roit peu utile de mener une vie réglée, et de ne pas savoir de Dieu les fentimens qu’il mérite, il est donc d’une extrême confequence de connoître ces deux choses.
Et comme il se trouve un grand nombre de personnes qui ne s’appliquent qu’à furprendre les eCpnts ïîmples, les uns se fervent de fophifmes et des vains raifonne mens de la Philofophie; les Gentils cmployent et la douceur et le faux charme de l’éloquence qu on peut comparer aux paroles et aux carefles d une femme débauchée: les Juifs opiniâtres propofent l’Ecriture, à laquelle ils donnent de mauvais sens, et trompent ainfî les hommes de toute sorte d’âges, et sont cause qu’ils vieilliffênt dans l’ignorance des choses necefTaires à leur salut; les Hérétiques mêmes interpofant le nom et la Doctrine de Jésus-Christ, par leur discours artificieux, et par leur éloquence, cachent 7 le venin de leurs erreurs, dont ils infeetent ceux qui s’attachent à leur party: Je vous diray avec Jésus-Christ par rapport à tous ces faux Docteurs; Prenez £4rf on nt V0HS trom Mtth.iï C’est pour cela que nous devons enfeigner ce qu’il faut croire, et ensuite l’expliquer 8, mais ayant que je vous expofe vôtre créance, et que vous en rendiez compte, j’ay crû qu’il étoit très utile de vous expliquer les principaux dogmes de nôtre Foi, de crainte que la multitude des choses que nous avons vous dire, jointe aux autres occupations du saint temps de Carême ne me les fafle oublier, ou ne me permettent pas de vous les expliquer par articles, ainfî qUC jc mc t fujs prQpofe, je prie seulement fcux d’entre vous qui sont déjà instruits, et les plus venez dans la connoifTance de nos mystères de foufWr patiemment cette expofition familière, en faveur de ceux qpui ne sont encore que commencer, 80 Les Catéchèses de Jaint CyriBe elle sera comme le lait qu’on -donne aux enfants pour ceux-cy, et elle fervira à affermir et à en renou veller lé fouvenir, dans ceux qui les fçavent déjà.
La première chose qu’il faut savoir, et qui est le fondement de tous les autres dogmes, c’est ce qui regarde Dieu, et voicy ce qu’on en doit croire, qu’il n’y a qu’un seul Dieu 9, qui n’a son être que de lui-même, sans commencement et sans fin qu’il est immuable, incapable d’aucun changement, qu’il n’a point été produit ni engendré par un autre aussi qu’il ne doit point avoir de fuccefTeur, qu’il n’a point commencé à exister dans le temps, et qu’il ne doit jamais avoir de fin; qu’il est bon, juste équitable; et fï vous entendez jamais dire à des hérétiques qu’il y a un Dieu bon, différent de celui qui est juste, reconnoiflez à ce langage le venin de l’hérefic 4e celui qui ofe feparer ces deux perfections du Souverain être, qui a des fentimens de Dieu qui luy sont si injurieux.
Il y en aauffi qui ont ofé avancer de femblablcs impietez, que le Dieu Créateur de nos âmes, qu’ils appellent le Seigneur, n’étoit pas le même que celui qui a formé nos corps; car comment un seul homme pourroit-il être dépendant de deux Sci« b. 6. gneurs, vu qu’il est dit dans l’Evangile; Nul ne peut firvir deux maîtres. Il n’y a donc qu’un seul Dieu, Créateur de nos âmes et de nos corps, et de toutes choses -, il est le Père de celui-là seul, qui est avant tfibsr »
Illl-« É— — — tous les siècles, qui est son Fils unique Jésus-Christ notre Seigneur, par lequel il a fait toutes choses, celles qui sont vifibles, aufll bien que les invifibles.Cc même Dieu, qui est le Père de nôtre Seigneur Jésus-Christ, ne peut être renfermé dans aucune efpace de lieu, ni même par la vaste étendue du Ciel j qui est l’ouvrage de ses doigts., il renferme toute la terre en sa main, il est par tout, pteferit à. toutes choses, et au delà de toutes choses. Ne pensez pas de luy, qu’il soit moins grand que le Soleil, ou même qu’il puilfe être comparé, à cet astre; car l’ayant produit par sa puiiîance, il doit être sans comparaifon et plus grand et plus éclatant que luy; en un mot il peut tout, il connoît tout, même les choses à venir; il fait tout ce qu il veut sans être sujet ou dépendant des évenemens ou de l’afpcst des étoiles, ou des influences des astres, ou de la bizarerie de la fortune, ni d’aucune fatalité, il est parfait et accompli en toutes sortes de vertus et de perfections, et incapable de la moindre imperfection, de la moindre viciflitude ou changement; comme il est juste, il destine des fupplices pour punir les coupables, et des couronnes pour récompenfer ies bons. »
Mais parce qu’il y a eu plusieurs erreurs au sujet de la Divinité, que quelques-uns l’ont placée dans le Soleil, comme s’ils euflent voulu être sans Dieu pendant la nuit, et après le coucher de cet astreï que d’autres se sont imaginez que c’étoit la Lune, comme pour être sans Dieu pendant le jour; qu’il s’en est même trouvé qui ont honoré pour Dieu,
« JLi quelqu’une des parties du monde, que d’autres ont donné ce nom à leurs Arts, ou aux alimens qui fervent à la nourriture, ou même aux plaifîrs Ceux qui étoient paflionez pour les femmes, élevant la stacuë d’une femme toute nue, qu’ils appelloient Venus y adoroient la paflîon de leur coeur sous cet te image vifîble; et quelques Nations éblouies par l’éclat de Tor ou attachez à d’autres créatures, les ont reconnues pour leurs Dieux, au lieu que cehiy qui est fortement perfuadé qu’il n’y a qu’un fcul Dieu, arrêtera le cours à tous les maux de l’ido- » latrie, et aux erreurs de plusieurs hérétiques. Sçachez-donc que c’est-là le premier, et le principal dogme de nôtre religion, la première vérité qu’il faut croire, etc le fondement de tous les articles de notre créance.
Il faut croire aussi en Jésus-Christ nôtre Seigneur, Fils unique de Dieu °, Dieu né de Dieu, Lumière né de Lumière, semblable en tout à celui qui l’a engendré i Ne pensez pas qu’il ait reçu l’être dans le temps, il est engendré du Pcrc d’une manière incompréhenfible, et de toute éternité, et avant tous les siècles} Il est la Sagefle du Perc, la Vertu, et la Justice fubfistante par elle-même; Il est de toute éternité, aflis à sa droite, et non pas seulement depuis sa Passion, comme quelques-uns se l’imaginent, ce Fils est engendré du Père, et lui est égal en autorité, et en dignité, en fagefle et en puissanec, régnant au Ciel, dejemfalem. IV, Catcch. 8J créant et produifant toutes chofcs avec Iuy, se connoiffïstt mutuellement l’un l’autre, comme nous ïapprcncl rEvangile: Nul ne connoît le Fils, que le Père, Mptb. xu wdne connoît le Père, que le Fils.: Ne croyez pas 4joele Fils fort d’une autre nature que le Père 9 ne confondez pas aussi les Personnes du Père et « ki Fils, comme si le Père et le Fils étoit une même chose; Croyez que Dieu qui est uniquç, n’a qu un seul Fils, qui est le Verbe éternel, et la parole de Dieu mais une parole fubfrstante, qui n’a rien de semblable à celle des hommes qui se diflipe en l’air; Qu’il est de Créateur de ceux qui se fervent de la raison, et de la parole Que ce Verbe entend le Père et luy parle: Nous pourrons vous expliquer plus amplement ces choies, en un autre temps, s’il plaît à Dieu: car je me fouviens bien que je ne vous ay promis icy qu’une stnqxle sxpofition, et un abregç de nôtre Foi »
De h Nùfstme de Jésus-Cbrist d’une Vierge.
11 faut rroire que ce Fils unique de Dieu, est descendu du Ciel en terre pour nos péchez x qu’il « ’est uni à la nature humaine, fujette aux mêmes infirmitez que nous. qu’il a été conçu du S. Esprit, né de la sainte Vierge, qu’il a été véritablement homme avec une chair véritable et non pas hantastique; qu’il a pris une véritable chair dans a Vierge, et qu’il n’a point parte par elle comme par un canal; qu’il beuvoit, et mangeoit véritablement comme ivous mangeons, et buvons: car si »
Qoogle en le faisant homme, il ne se fut uny qu a une hîu; ture phantastïque, et imaginaire, nôtre salut ne serait aussi qu’un phantôme; il y avoit deux natures en Jésus-Christ, l’humanité qui étoit Visible, et la divinité qui étoit invisible; Il mangeoit véritablement comme homme, ainsi que nous mangeons, ayant été sujet aux mêmes befoins que nous; mais comme Dieu il a nourry cinq mille hommes de cinq pains: Il est mort véritablement comme homme, mais comme Dieu il reflufeita un mort qui étoit depuis quatre jours dans le tombeau, il dormoit véritablement comme homme dans la Barque a mais comme Dieu, il marçhoit sur les eaux.
Il a été véritablement crucifié pour nos péchez,’ si quelqu’un en doutoit, il n’a qu à faire attention au lieu même où nous sommes, c’est le saint lieu de Golgotha, où il a éçé crucifié, et où Ton a bâty leTempie h, où nous sommes aflemblez en l’honneur de celuy qui y a été attaché à la Croix, et toute la terre est remplie du bois de la Croix x5, coupée en petits morceaux } Or il a été crucifié, non pour ses pro près péchez, mais pour nous délivrer des nôtres. Il fut pour lors abandonné au mépris et aux mauvais traitemens cs hommes: il fut déchiré de coups de fouets, et de foufflèts, comme homme, mais il fut reconnu comme Dieu par les créatures mêmes inanimées y Le Soleil ne put voir fbn Seigneur charge « loppfobres, ilscclipfetS; retint sa lumière pour ne pas éclaifçr jm si horrible fpettacle. »
Jésus-Christ à été cnfcvely dans un Sepulchrc de pierre, comme homme, mais la frayeur qu’il y infpira, fit que les pierres se fendirent; Il estdefcendudans les lieux les plus bas, pour en retiret les justes; car voudriez-vous qu’il n y eût eu que ceux quiétoient en vie, qui euflent eu part au fruit de sa rédemption, parmi lefquels il y avoit si peu de justes et de saints; Non sa miféricorde descendit dans les lieux les plus bas avec lui pour en retirer les justes, qui y étoient enfermez depuis long temps avec Adam, etles mettre en liberté. Voudriez-vous que le Prophète Isaïe, qui a publié tant de circonstances de ses mystères, fut resté dans ce lieu, et que le Prince y descendant, y eût laifle fonherault, David y étoit et Samuel, avec tous les Prophètes, même Jean-Baptiste, qui avoit député au Messie, qui luy avoit envoyé dire: Etes-vous celui qui doit Luell venir; ou si nous en attendrons un autre, peut-on croire que Jésus-Christ descendant dans ce lieu, n’en ait pas retiré de si grands hommes.
Mais le même Jésus qui étoit descendu dans les lieux les plus bas, en fortit, et après avoir été enfevely, il reflufeita plein de vie le troifiéme jour; Et si quelquefois les Juifs vous preiîoient sur cet article, repliquez4eur ainsi: Vous fçavez que Jonas est
L iij 8 Les Cttechefes de saint Cyrille forty du ventre de la Baleine l7, où il avoit été peaJ dant trois jours: et vous ne voulez pas que Jésus Christ, ayant été trois jours en terre, en sorte par ia refurrc£tion, luy qui a créé toutes choses j Vous ne voulez pas que la puissance de son Père luy rende la vie? Il est donc véritablement reflufeité, et après sa résurrection, il se faisait voir à ces douze Disciples, qui ont rendu témoignage de ce mystc re, non seulement par leurs paroles, mais par leur sang en mourant, pour affermir les fidèles dans la croyance de la Résurrecetion de Jésus-Christ; Et si lUdth. iF. fdon l’Ecriture on doit croire une parole confirmée par l’autorité de deux ou trois témoins, douze hommes ont certifié la RésurrecStion de Jefûs-Christ, peut-oa raifonnablement en douter?
f Jésus-Christ après avoir fouffert tout ce que la fureur des Juifs leur avoit infpiré contre lui, Suracheté les hommes de leurs péchez, il est monté au Ciel accompagné des Anges, et comme ses Apôtres le regardoient, une nue l’ayant couvert, ils le perdirent de vue -, Si quelqu’un en doutoit, il n’a qui HrC atenton la vertu de Jésus-Christ, qui paroît même à nos yeux: N’est-il pas vray que les Rois en mourant, perdent toute leur autorité; et que leur çuiflance finit avec leur vie? Mais Jésus-Christ ayant été attaché à une Croix, est adoré par toute la terte. Quand nous prêchons Jésus-Christ crucifié, les Démons tremblent encore présentnent, et quo qu’il y ait eu en divers temps, et en divers lieux, tant ï autres personnes attachées à la Croix, a-t’on jamais vu un de ces hommes crucifiez, qu’on ait invoqué, et qui ait mis en suite les Démons -y Ne rougiflons donc point de la Croix de Jésus-Christ r8, ne la portons point en cachettes Pour vous imprimez-là sur vôtre front, afin que les Démons voyant l’étendart du Roy, s’enfuyent en tremblant.
Faites ce signe en mangeant, etc en buvant, étant aflis ou debout, en vous couchant ou en vous levant, en parlant, et en marchant, Se pour tout dire en un mot /faites-le dans toutes vos actions, et dans toutes vos entreprifes. Celui qui a été crucifié en ce lieu, est en haut dans le Ciel, fî ayant été crucifié enfevely, il fût demeuré dans le Tombeau, nous aurions sujet de rougir de la Croix;, mais après avoir été crucifié à Golgotha, il s’est élevé de la montagne des Olives l9 tourné vers, l’orient, il est monté au Ciel aux acclamations de son Père, qui luy difbit, Ajfeyevous à ma droite, jusquà ce que je mette Pfi ioj. w tnntmis sous vous, four vous servir de marche-pied.
Le même Jésus qui est monté, doit revenir, non dé la terre, mais du Ciel, ce sont les Antechrists dont le nombre est si grand en ce temps, qui doivent venir de la terre; car comme vous voyez, il y a bien de gens présentement, qui ofent dire d’eux, si fais le Chrifi °y s’attribuant faufTement le nom qui appartient qu’au Sauveur 5 mais après eux vient;
Les Catcchefes de saint Cyrille l’abomination de la defolation; Attendez- donc du Ciel et non de la terre le vray Christ Fils unique de Dieu, il paroîtra plus éclatant que la foudre et que la lumière du Soleil; Il sera accompagné des Anges jugera les vivans et les morts K puisqu’il régnera éternellement sans que son règne ait jamais de fihj Je vous prie de croire fermement cet article, car il y en a pluheurs en ce temps, qui disent que le règne de Jésus-Christ finira « . »
Croyez aussi au S. Esprit, ayez-en les mêmes fentimens que du Père, et du Fils; fuyez ceux qui en parlent avec mépris Sçachez-donc qu’il est un, qu’il est indivifïble et tout puissant, qu’il fait une infinité de choses sans se fatiguer, qu’il connoît tout, et pénètre même lesfecretsde Dieu, qu’il est descendu en forme de colombe sur Jésus-Christ, qu’il a parlé au temps de la Loy, et par les Prophètes, c est luy en core qui met son sceau divin dans l’ame de celuy qu’on baptife, et que c’est luy qui fanetifie toutes les créatures intelligentes. Si quelqu’un blafphêmc contre le S. Esprit, ce péché ne luy sera point remis dans cette vie ni dans l’autre i II doit être honoré comme le Père et comme le Fils étant une même divinité; Les Trônes etles Dominations, les Principautez, et lçs Puissances ont aufll befoinde luy 2, parce qu’il n’y a qu’un Dieu, qui est le Père de Jésus Christ, un seul Seigneur Jésus-Christ, Fils unique de Dieu, et un seul S.
Esprit, qui fanetifie toutes choses, de Jérusalem. IV, Gatech 9 cihôfes, et les rend participantes de la divinité., c’est luy qui a parlé au temps de la Loy et des Prophètes dans l’ancien et dans le nouveau Testament; Retenez pour toujours ce Symbole dont je vous ay parcouru fuccinetement les articles, et j’efpere que aans la suite Dieu permettra que je vous le prouve par des témoignages de l’Ecriture; car on ne doit pas expliquer la moindre chose touchant nos mystères divins, qu’on ne l’établifTe par des témoignages de l’Ecriture2: Ne croyez pas même ce que je vous dis, si je ne vous le prouve par l’Ecriture sainte; car nôtre foi, ni nôtre salut ne se prend pas de l’éloquence du discours, mais elle doit être fouteûuë par les témoignages des Livres divins.
Au reste après vous avoir donné quelque notion de ce que nôtre sainte et vénérable Religion nous oblige de croire, il faut aussi que Vous connoiffiez ce ouc vous êtes; L’homme est compofé de deux lubstances, du corps et de l’âme; et comme nous dirons cy-devant, Dieu est le créateur de l’un et de 1 autre; Vous devefc savoir que vôtre ame a. un libre arbitre, qu elle est Un des plus parfaits ouvrages de Dieu, qu’il Ta créée à sa reffemblance, qu’elle est immortelle, à cause qu’il luy a donné L’immorta lte qu’il l’a tendue vivante, raifonnable, et incorptible, qu’elle est libre de faire ce qu’elle veut; Qr ce ne (ont ni les astres qui ont préiïdé à nôtre ûaiffimçe, qui nous portent au pèche, ni le.destia qui vous fait adultérer; car ni lafpeetnila rencontré des astres, ne peuvent nous porter au mal malgré nous, quoiqu en disent quelques ignorans: Ne rejettez donc point sur les astres le mal qu’ils sont incapables de taire, mais attribuez-le à vôtre volonté; ne vous arrêtez pas non plus aux vains discours des Astrolo
« JfA 47 » guçs, l’Ecriture parlant d’eux dit, qu’ils ne peuvent être i aucun feçours, qu’ils seront eux- mêmes jettc% au feu; comment pourroient-ils tirçr votre ame des fiâmes f Sçachçz-donç que vôtrç ame avant que d’entrer au mon de n’avoit point péché, mais si nous sommes nez sans péché, nous péchons prefentement pa/ nôtre libre arbitre y par nôtre propre volonté -y N’écoutez
Jf4l k. 17. pas ceux qui entendent mal ces paroles, si je fais ce que je ne veux pas, mais fouvenez-vous de ce qui est dit, si vous eujjtez voulu 3 et si vous m’eujjie% écouté, vous vous nourririez des biens de la terreymais parce que vous n’avepas voulu m entendre, le glaive vous dévorera. Pen
Km. 6. fez à ce que dit l’Apôtre: Comme vous vez fait fcr vir vos corps À l’impureté 3 çjr à l’injujhcc pour l’iniquité, faites4ç maintenant servir a la justice pour votre fanéh fication. Souvenez-vous de ce que l’Ecriture dit encore: Ils n’ont pas voulu connoître Dieu, leurs yeux étoient ferme. Pensez âufli à ces reproches de Dieu, lorf
Jmm. 2. qu’il dit y Je vous avois planté comme une vigne qui devoit porter du fruit, et comment êtes-vous changé en amertume, vigie étrangère f Uame est immortelle, et les âmes des hommes et des femmes sont de même nature, et ils ne sont différentes que dans les membres de leurs corps; il n’y a point une distinetion d’ames qui pèchent par leur propre nature, d’avec de Jérusalem. I V. Catecrh pi telles qui faflent naturellement le bien, car l’un et ïautte se fait librement, par la propre volonté d’un chacun, et l’effence de nos âmes est d’une même semblable nature en chacun de nous; Nous fçavons combien il y auroit de choses à dire sur ce fujer, et qu’il faut referver pour un autre temps; il est plus important de ne vous parler présentement que de ce qui regarde vôtre salut, il vous importe davantage de connoître les détours et le poifon des hérétiques pour vous en préferver; Si on vous dU soit que vous n’en feriez pas plus avancez quand vous fçauriez toutes ces choses; en les apprenant vous connoîtrez vous-même le bien, qui vous en peut arriver; l’ame a son libre arbitre, le Démon peut la. folliciter au mal, et la féduire, mais il ne peut la contraindre, si elle ne le veut} il vous fuggerera une penfée impure, vous vous y arrêterez i vous voulez; si vous ne voulez pas y confentir, il vous est libre de la rejetter; car si vous étiez neceflîtez à tomber dans ces ordures, comment Dieu auroit-il préparé la géhenne pour punir ceux qui les commettent? De ce qu’une brebis est naturellement sans aigreur, elle ne sera jamais recompenfée pour la douceur qui est l’effet de son naturel, et non de sa rair ion, ni de sa volonté.
Vous avez ouy, mes chers Enfants, ce que nous SVons dit en peu de mots sur nôtre ame, je vais autant que je le pourray, vous parler aussi de votre i Les Catéchèses de saint Cpitte corps. D’abord n’écoutez point ceux qui vous difcstt que nos corps ne sont pas de Dieu, ceux qui onc ces fentimens sont ordinairement plus adonnez à se foiiillcr par des impuretez; Pourquoy ont ils tant de mépris pour un ouvrage si admirable, qui a-t’il de plus beau et de mieux difpofé, et que peut-on defirer pour le rendre plus complet? C’est qu’ils n’ont jamais fait attention aux organes qui forment nos yeux, ni à l’arrangement des parties qui compofent les deux oreilles, sans que l’une incommode l’autre, de quelle manière l’odorat reçoit les odeurs, et les difeerne, comment la langue fert au goût, et à l’ufage de la parole, comment les poulmons reçoivent l’air et le rendent par la refpiration, comment le coeur palpite continuellement; ni à la multitude, ni à la diverfité des veines etc des artères, par lefquels le sang coule, ni comment les nerfs sont joints aux os, ny comment les alimens paflant par nôtre estomach, Ce cuifent, pendant qu’une partie fert à nôtre nourriture, etc l’autre est rendue par les excremens.
Qui est celuy qui a mis les parties honteufes de ce corps, dans les endroits les plus cachez, et qui entretient une vie si fragile et dépendante d’une inJinitp de parties si délicates. Ne me dites pas que le corps est fouventeaufe que nous péchons, carfic’étoit luy qui nous fit pécher, pourquoy est-ce qu’un cadavre ne peche point? Mettez un glaive en la main de celuy qui vient de mourrir, en arrivera-t’il quelque meurtre? tous les agréemens de la beauté la plus régulière ne seront aucune impreflion sur le corps most d’un jeune homme, et n’exciteront en hxj au- curi mouvement impur, pourquoy cela? c’est parce Que le corps ne pèche pas par luy même, c’est Varae qui pèche par le moyen du corps, il est comme I’instrument de l’ame, et comme son vêtement, ce n’est qu’après que l’ame s’est arrêtée à quelque objet deshonnête, que le corps en devient Touillé, au lieu que quand elle s’applique à des penfées fain tes, elle fanetifie le corps, qui devient le temple du S.
Esprit; Ce n’est pas moy qui dis cela, c’est l’Apôtre S. Paul: Ne fçave-vous pas que vos membres 1. C »r. « .; ont les temples du S. Esprit qui est en -vous, ne vous fer1/fiÇ donc de votre corps qu’avec referve, l’envifageant comme le temple du S. Esprit, donnez vous bien de garde de le corrompre par vos impudicitez, Jie faliflez point un si beau vêtement -, si vous lavez deshonoré par quelque ordure, purifiez-le présentement par la pénitence, lavez-le pendant que vous en avez le temps, apprenez des folitaires i8 à estimer la continence, ce sont eux, qui feparez même des vierges 9, mènent sur la terre une vie fembUr. ble à celle des Anges; Sçachez, mes Frères, qu’il y a une grande couronne qui vous attend, et ne la perdez pas par un plaifir de quelque moment jo.
Ecoutez ce que dit l’Apôtre, qu’il n’y ait aucun for- Hthr’ ’ nicateur} ni aucun prophane comme Efaii, qui pour fatisfaire me seule fois au plaifir de sa bouche, vendit son droit d’/mejfe; Vous serez écrits dans les Livres évangeliques, si vous vous propofez de garder la continence 31, voyez à n’en être pas effacez dans la suite par le mariage i En vous propofant de vivre chastement, donnez-vous de garde de blâmer ceux qui sont enMnj gagez dans les liens du mariage -, l’Apôtre dit que le mariage efi quelque chose d’honnête, (? que le litnup tial ejl sans fouillure; Vous donc qui vous propotez de vivfe chastement, vous êtes nez de personnes mariez, il ne faut pas rejetter l’argent, parce qu’on a de l’or, les gens mariez peuvent aussi efperer le salut, pourvu qu’ils ufent oien du mariage, et selon les règles de la pudeur, fî leuk mariage à été célébré selon les Règles h, et s’il n’y a point entr’eux d’alliance incestueufe, s’ils fçavent s’abflenir de l’ufage du mariage certains jours 34, pour vacquer à la prière, s’ils ont soin d’avoir leurs corps purs, lorsqu’ils viennent à l’Église pour approcher de la sainte Corn- % munion, s’ils se sont époufez dans l’intention d’avoir des enfants 35, et non pour contenter leurs paffions brutales; Ne condamnez point aussi ceux qui après avoir été une fois mariez, paffent à de secondes noces tf i parce que toute belle et admirable que soit la continence, il ne faut pas condamner ceux qui se marient une féconde fois; on doit pardonner cette foibleffe aux personnes qui ont befoin de ce remède, pour éviter la fornication; Au reste, dit l’Ax Cotre, je déclare à ceux qui ne sont pas mariez, et a ceux qui sont en viduite, qu’ils seront bien de dec7. meurer fermes dans cet état y comme fy demeure moy-même, si toutefois il ne peuvent garder la continence y qu’ils se marient, parce quil vaut mieux se marier que de brûler.
Prefervez-vous de la fornication, de l’adultère y et généralement de toutes sortes d’impuretez j Confervez vôtre corps pur pour le Seigneur, afin que le Seigneur en ait soin Servez-vous des alimens pour cn« êe ferufahm. X V. CatechV « j tretenir la vie 7, et non pas pour le plonger dans la volupté, ou dans la molefle. » »
Et dautant que plusieurs pèchent au sujet des alimens qui sont destinez à nôtre nourriture, voicy les règles que je dois vous préfcrirc} Il y a des gens qui mangent indifféremment toutes sortes de viandes, même celles qui ont été offertes aux Idoles J8, d’autres s’en abstiennent, mais blâment ceux qui en mangent, ainsi on s’embarrafle dans des difputes sans fcavoir ce qu’il est permis de manger, et les viandes dont il faut s’abstenir.
« Quand nous jeûnons, nous nous abstenons de la ckair et du vin 39, non pas que nous ayons en horreur ces choses, comme si elles étoient abominables, mais pour mériter davantage en méprisant ce qui est agréable aux sens, pour jouir de la table céleste 4 », et afin qu’après avoir femé icy bas dans les larmes, nous moiflonnions avec joye dans l’autre vie.
cause de leur estomach, et de leurs fréquentes infirmitez, ni ceux qui mangent de la viande, comme si elle n’etoit « as oermife, tels qu’étoient ceux firmitez, ni ceux qui mangent de la viande, cornac Ci clic n’étoit pas permife, tels qu’étoient ceux nt parle l’Apôtre, qui interâifoient les -viandes quei.r, m. »
Ih a crées four être prifes avec atfion de grâce far les fidèles.
Vous donc qui vous en abitenez, ne les regardez pas comme abominables, ou comme mauvaifes, autrement vous perdrez le mérite de vôtre jeûne } mais les croyant bonnes, abstenez-vous-en pour vous en procurer une meilleure, savoir la nourriture fpiri- • tuelle; soyez fermes à ne jamais manger de viandes offertes aux Idoles, et cette deffenfe ne vient pas de moy, mais des Apôtres, et entr’ autres de S. Jacques, qui fut autrefois Evêque de cette Église, dansl’Epître Catholique 45, que les Apôtres et les anciens i5. écrivirent à tous les Gentils, il leur dit de s’abstenir des fouillûres des Idoles, des animaux étouffe, et du fangn. Vous fçavez combien il y a d’hommes féroces, et cruels, qui vivent comme des chiens, qui ne refpirent que le carnage, et le sang, et qui femblables à ces bêtes féroces, dévorent les animaux étotfffez; mais vous qui êtes ferviteurs de JésusÇhrist, obfervez la tempérance et la frugalité dans vos repas; cecy fuffira pour les alimens qui fervent à nôtre nourriture.
A l’égard des habits 45, ils doivent être Amples et modestes ils ne doivent point servir à parer le corps, mais à le couvrir, pour le deffendre des injures de l’air Ne cherchez donc pas dans vos vêtemens la molefTe ni la vanité, mais à vous couvrir contre le froid en l’hyver, et pour cacher ce que la bienfeance ne permet pas de montrer, mais sous prétexte de couvrir vôtre nudité, ne cherchez pas des habits de prix, ni qui soient d’étoffes précieues ce serait tomber dans une autre turpitude.
Je vous recommande de ménager vôtre corps; fçachez qu’il vous faudra un jour comparaître avec lujr devant Jésus-Christ, pour être jugé; fî vous avez quelque doute sur cette vérité, comme si cela étoit impoffible, jugez par les choses qui nous environnent, de celles qui sont maintenant invifibles; pensez en vous même où vous êtiez il y a cent ans, k au delà, et comment étant formé d’une substance aussi mince et aufïi vile que celle qui a fervi à vous donner 1 être, vous êtes cependant devenu aussi grand, et aussi bien fait que vous l’êtes est-ce que celui qui a fait ce qui n’étoit point, ne peut pas faire que ce qui est présentement, après qu’il sera détruit, refufeite de nouveau? Celuy qui tous les ans fait comme refufeiter et fortir de la terre le froment qu’on y avoit femé et qui y étoit mort, aura-t’il de k peine à vous faire revivre, après qu’il est refufeite luy-même pour vous Ne voïez-votis pas que les arbres après avoir été plusieurs mois sans feuilles et sans fruits, auflï-tôt que Thyver est paffé, tout d un coup panifient revivre, et comme refufeiter, ferat’il plus difficile que nous revivions?
La verge de Moïse par l’ordre de Dieu 3 fut tout d’un coup changée en un ferpent, et l’homme après sa chute, ne pourra-t’il pas être rétabli dans son premier état? Ne vous arrêtez pas à ce que disent quelques-uns, que nos corps ne refufeiteront point écoutez plutôt ce Suc dit Isaïe, que les morts refuj cireront, que ceux qui.
Les Catéchèses defatnt Cyriiït sont dans les fepulcbres seront éveille, et que flufieurs de ceux qui demeurent dans les tombeaux., en foritront les uns four la vie étemelle, et les autres four leur confufion éternelle; au rcste tous les hommes refufcitcront, mais ce ne sera pa de la même manière, nous reprendrons cous des corps qui ne seront jamais détruits, mais cei corps ne seront pas tousfembiables; caries justes prendront les leurs, pour se réjouir avec les Anges dans l’éternité, et les pécheurs auront le leur pour fouffrir éternellement 47 le fupplicc destiné à punir leurs fautes; c’est pour cela que le Seigneur par sa mifericorde voulant nous faire prévenir ce malheur, nous permet de nous rachetter de nos crimes par la pénitence s afin qu’étant déchargez du fardeau de no iniquités, et; étant marquez m sceau du S. Esprit, nous devenions les héritiers de la vie éternelle; mais vous ayant parlé ey-devant du Baptême, continuons de vous expofcr lés autres dogmes de fcôtre croyance
JU LJf S M ’NT B ECRITURE.
« Tout ce qu’qn vou apprend doit- être dé l’ancien du, nouveau Testament, qui a été infpiré- do Dieu; 4. pour nôtre- kistruetion, car c’est le mémo Dieu, qui. est l’auteur de ces deux Testamens49, il a tait redire Jfus-Christ dansl’ancien, et il l’a mamtcUe dans le nouveau, il a eonduit les honme comme ur Pédagogue par la toy-, et par lesProphefcsjulqu a JêfuChriffc, car avant que- d’avoir rcç# la foi, nou vivions fou la toy, et ecttoioy corn âeferufalem. IV. Catech.’ s9 me un guide, nous à conduit à Jésus-Christ; Si vous entendez quelquefois des hérétiques condamner la Loy, etlesProphetes, etmème les charger de reproches, oppofez leur cette parole de Jésus-Christ, Je ne suis sa vtnu pour dijfoudre la Loy, mais par l’accomplir, mais sur tout apprenez de l’Église, quels sont lé livres de l’ancien et du nouveau Testament )°, et ne lifez aucun de ceux qui sont apocriphes 51: Quand vousfçaurez ceux qui sont reçus par toute l’Église vous ne vous donnerez pas la peine de rechercher ceux qui sont douteux et controverfez.
Sachez dont qu’il y a vingt-deux livres del’ancien Testamènt, qui ont été traduits par foixante-douze Interprètes J en cette manière, après la mort d’Alexandre, Roy de Macédoine, son Empire ayant été divifé en quatre, il s’en forma les Royaume de Babylone, de Macédoine, d’Afie, et d’Egypte. Ptolomée Philadelphc on de ceux qui ont régné en Egypte aimoit les lec » très, et rimaiTant des livres de toutes parts, ayant ouy parler à Demetrius Phalereus son Bibliotequaitc dès livres de la Loy, et des Prophéties de l’ancien Testament, il chercha le moyen de se lereW curer, non par force, mais engageant par préfens ceux qui en étoient les pouefleurs, fçachant bien îuc s’il employoit la violence pour cela, on auroit pu corrompre ces ouvrages qu’on ne luy auroit donnez qu’à regret, et qu’il pouvoit les avoir dans leur pureté, si on les luy donnoit de bonne grâce -, Il envoya pour cela plusieurs prefens pour le Temple de Jerafalem du temps qu’Eleazar en étoit le GrandPrêtre, et obtint de. luy fix personnes de chacune
N ij ioo Les Catecbefes de faim Cyrille des douze Tribus d’Ifraël qu’il luy envoya potff tra duire ces livres, et comme s’il eût voulu éprouver iî ces livres étoient divins, il empêcha ces Interprètes de conférer ensemble, il les fit enfermer à Alexandrie dans un lieu appelle le Phare, leur ayant donné à chacun une cellule feparée, pour travailler à cet ouvrage: or il arriva qu’après foixante et douze jours, ils l’eurent achevé, et s’étant affemblez pour conférer ensemble, sur leur travail, il se trouva qu’ils avoient tous traduit l’Ecriture d’une même manière, en sorte que leurs verrions se trouvèrent conformes non seulement dans le sens, mais aufïï dans les termes. On reconnut aufll-tôt que cette tradudfcion étoit l’ouvrage du S. Esprit qui avoit traduit lespa jrolçs qu’il avoit luy-même prononcées en parlant aux hommes, plutôt que l’effet de l’étude ou de l’éloquence des hommes,
Vous fçaurez que ces Ecritures contiennent vingtdeux livres 53, donnez-vous bien de garde de les comparer avec les apoçriphes: Ne méditez avec attention que ceux que nous lifons fûrement et avec certitude dans l’Église, vous en tenant au jugement des Apôtres, et des anciens Evêques, et Prélats de l’Église, qui étoient plus éclairez que vous, et qui nous 1rs ont laifTez Comme vous êtes enfants de l’Église, nç renverfez pas les Loixni les Institutions de vos Pères, ne les corrompez pas aussi; Lifcz donc avec reflexion les vingt-deux livres de l’ancien Tcstament, comme )n vous l’ay dit: et si vous voulez savoir quels ils sont, tachez de le retenir dans lç lp temps que je les nonjjeteray; les premiers sont les’ livres de la Loy, savoir les cinq de Moïse 54, la Genève, 1 Exode, le Levitique, les Nombres, et le Deuteronome ensuite Jésus Fils de Navé, les Juges avec Ruth, ce qui fait fept livres; les autres sont historiques, le premier et le second des Rois, ne sont quun livre chez les Hébreux, non plus que le troifiéme et le quatrième; les deux livres des Paralipoménes n’en sont aussi quun parmi eux, le
Eremier et le second d’Efdras n’est cenfé qu un.seul vre avec Thistoire d’Esther, cela fait douze livres, mais ces derniers sont historiques j il y en a cinq autres écrits en vers 55, savoir Job, le livre des Pfeaumes, les Proverbes, l’Ecclcfiaste, le Cantique des Cantiques, qui est ]f dix-feptiéme livre, puis fuivent cinq livres prophétiques., savoir les douze petits Prophètes, ifaïe, Jéremifc avec Baruc, ses lamentations et sa lettre, Ezcchiel et Daniel qui fait le vingt-deuxième livre de l’ancien Testament. Dans le nouveau il y a quatre Evangiles 5, car les autres qui portent ce nom sont des livres fuppofez même dangereux, ce sont les Manichéens, qui ont écrit un Evangile selon S. Thomas, pour féduire les ame, sous le nom et l’apparence de l’Evangile, il y a les Aetes de douze Apôtres,. de plus fept Epîtres catholiques 57 de S. Jacques,4e S. Pierre, de S. Jean, et de S. Judc, et le dernier de tous ces ouvrages, et qui est à la fin des autres, ce sont les quatorze Epîtres de S. Pauls; Regardez cornue étranger tout autre ouvrage, et ne le compattz jamais avec ces Livres divins, ne vous arrêtez pas même à lire en particulier, ce qu’on ne lit point
Niij itoi Les Cdtechefcs de saint Çynh dans TEglifc, en l’aflemblee des fidèles, ainfî que je vous l’ay déjà dit; en voicy assez sur cela. Fuyez toute aetion qui vous rendrait fcmblable au Démon, ne vous laiflez point furprendre par ce Dragon, c’est un apostat, il étoit bon de sa nature 5?, mais il est devenu mauvais de luy-même, et par sa propre volonté: il peut porter au mal ceux qui veulent le faire, mais il ne peut contraindre per fonne. N’ajoutez aucune croyance aux prédirions des Astrologues, ni aux Augures, ni à toutes les faut ses divinations des Payens 6o Ne fouffrez pas même qu’on parle devant vous d’empoifonnement, d’enenantement, de l’évocation des Mânes, qu’on appelle Nécromancie; ab%nez-vous de toutes sortes d’intempérance., ne soyez addonnez ni à la goux mandife, ni à la volupté; ne soyez ni avare, niufurier; ne vous trouvez jamais aux fpeetaclcs, ni aux aflemblées des payens; Ne vous fervez jamais de maléfices ny d’autres fortileees pour vous guérir quand vous serez malade; Fuyez le caBaret, n’obfervez point les jours de Sabath, etnc traitez point d’impurs ou de prophanes, les aiimens qu’il est indiffèrent de prendre pour vôtre nourriture; ayez sur toutes choses en horreur les aflemblées des hérétiques, ce sont des perfides; Affermiflez vôtre ame dans le bien, en vous fervant des jeûnes, des aumônes, et de la leeture des saintes Ecritures, afin que paflant le reste de vos jours dans la tempérance, et à écouter les dogmes de pieté, vous puiflîez profiter de la grâce du Baptême, et étant admis de Dieu le Père dans milice cckstc vous receviez la couronne de la;
de Jcrufatcm. I V.Catech. io} gloire cri Jésus-Christ nôtre Seigneur, à qui soit la gloire dans les fîecles des fîecles. Amen.
Notes sur la quatrième Catéchèse.
« I CVRles dix principaux articles de notre croyance. S. Cyrille se pro »: pofe icy un abrégé de toutes les rnstruâions, 6c les réduit et dix articles, qu’il expliquera plus au long dans la suite. Ce sont ceux qui regardent Dieu, Jésus-Christ, le S. Esprit, le corps et Taroede l’homme, les alimens, l’Ecriture sainte. On y voit une exacte expofition des dogmes de nôtre Religion.
« « x ht Démon ne changera jamais sa mauvaise volonté. L’état des Dénions est un orgueil inconvertible » ainsi leurs fupplices et leurs peines seront éternelles, ils auront éternellement le cœur oppofe à Dieu. On peut voir les Théologiens ôc sur tout S. Thomas sur la volonté • M ••• des Démons tellement obstinée et déterminée au mal, qu’ils ne se convertiront jamais, S. Cyrille femble avoir eu en vue l’erreur dQrigene, qui s etoit perfuadé que les Démons se convertiraient un jour, que leurs fupplices dévoient finir après un certain temps. S. Fulgence s’explique comme S. Cyrille: n igné instmi omnes Angdos pra- ub. défis Varierons me mal voluntate pofst car ère, ntc pana » fie bûuam amifife fetrc.y. vmntatem, ut armffam refumere neqmant.
J Nom avons befoin de la grâce. Neceflîté de la grâce, car comme « h S. Paul, nous ne fbmmes pas capables de former de nous me- t. Cor.}, mes aucune bonne penfée comme de nous-mêmes. mais c’est Dieu qui nous en rend capables. Grâce néeefiaire pour découvrir les piège » dt nos ennemis, et encore plus néceflaire pour triompher deux 4 etre attentif aux Utlures de lr Ecriture. L’Église pour exciter cette attention, faisait crier avant le » le5fcures par des Clercs, Auin « msSilmiimyet en effet on ne lit, que pour être entendu, ainsi il étdit bien iuste que les fidèles s’appliquaffent à’ entendre cequ-’ on leur lifoit. r
S La Religion confistt a fpavoir ce quil faut croire et ce qu’l foui pratiquer. Voila la neceflîté de la Foi et des bonnes œuvn s pour c re auvé, et c’efltout le but de S. Cyrille d’txpofer la Foi expiieire de nos mystcres, i ceux qui Ce préfêntoieot au Baptême, et de le Jtcparer ce Sacrement par la pénitence, qui confiste dans la con’ Verfion du cœur, et dans la pratique des bonnes œuvres. L’s Juifs donnent de mauvais fins aux Ecritures, et les corronptnU « 5 anciens Pères leur ont souvent reproché d’avoir alreré ou corrompu les Ecritures. S. Justin Dialog. conr. Tnph. S. Iienée lib. j. C« 14. lib. 4. c. 15. Origene lib. 1. cont, Grlf. S. Ep phane de jon b. c. if. _. et encore aujourdThuy dans le Pf. 11. v. 18. où les Septante et la vulgate dietnt, ils ont perd mes pieds et mts mis fr ont compté tous mes os, ce que S. Mathieu 16. 1. 17 3r- X » Mare, 5. Luc, aux Aetes 11. 36. S. Jean 10. 15. ont appliqué à Jésus-Christ, les Juifs modernes en renverfant l’ancienne ponetuation, lifent, laflèmblée des méchans m’a environné comme un lion mes pieds et me » mains. On voie aussi par Tcrtuflien ddv. Judd. c. 11. et i|. par S. Justin dialog. par Lactance. S. Augustin, S. Léon, par Fortunat dans son hymne de la Passion que dans le Pfeaume95. v. 9. on lifoic Dm regnavit à ligno, et S. Justin dit, que les Juifs en avoient retranché Ugno y des exemplaires qui écoient entre leurs mains il n’est pas cependant dans nôtre vulgate et depuis S. Justin on ne Ta point vfi dans les Septante.
Les Hérétiques cachent le venin de leurs erreurs. Les artifices des hérétiques pour abufer de la fimplicité des peuples.
S Etjfeigntr ce qui! faut croire et l’expliquer. Devoir des Ministrcs de J’Église de rendre intelligibles nos mystcres, et savoir réfuter C que nous en expofai faut le prouver et l’établir selon la croyance, l’explication, et la tradition de l’Église.
Qu’il n’y a qu’un stul Dieu. On voit en peu de mots toutes le perfections de Dieu raffemblées, son unité, son innafeibilité, son éternité, son immutabilité, que le même est juste etbbn, contre les Manichéens; que celui qui a créé nôtre ame, a formé nos corps, contre les Simoniens, qui difoient qne les Anges nous avoient fait, qail est Créateur de toutes c ho Ces qu’il fçait et prévoit tout, future rum prdfçius. Il expofe aussi les égaremens du Paganifme, qui adoroient comme Dieu, des choses si indignes.
« 10 II faut croire en Jésus-Christ. On voit une confession exaste de Jésus-Christ, jamais pçrfonne n’en a tant dit en si peu de mots, ÔC il y a que le Fils est en tout semblable au Père, pet omnidfimilera V V’ lemit- ’M n’en a pas exclu la confubstantiaïité, comme nous le dirons ailleurs -, il s’est seulement quelquefois abstenu du terme de confubstanuel par ménagement, pour ne point initer contre luy le Arriens, qu’il ne nomme jamais, quoiqu’il réfute si souvent leur » erreurs. endroits? duVer- r c a r. — — qui st dans Fhomme, ce quf
Jn. j. est Fondé sur l’Evangile, qui appelle Jésus-Christ le Verbe, c’est-à-dire Ja parole éternelle-, parce que comme il y a au dedans de l’homme une parole fpirituelleet intérieure, qui est comme la conception de la reniée/, ainsi le Père conçoit son Verbe, qui est l’image très parfaite de sa penfée éternelle, et de lui-même rout entier. S. Cyrille pour donner quelque idée du S. Esprit, l’exprime aussi par la cornparaifon da fouffle qui est en nous. u iïeferaf tt/êw/IV. CatcchV ioj
Il t§ tii de U Vierge. Tout ce qui est dans cet article de la tonception de Jésus-Christ et de sa naiffance de la Vierge, est ra- toorté par Theodoret pour prouver contre les utichiens que le dîmIq. ti deux natures qui sont unies en la personne de Jésus-Christ demeurent distindes sans coarofion,- et sans mélange; ainsi S. Cyrille a réfuté par avance rEutichianifme, comme le reconnoît Théodore il hantsuc. Que Jésus-Christ n’a pas eu un corps phantastî« ae, oufpiriruel, contre l’erreur des Gnostiques-, pu que Jésus-Christ avoit eu un corps céleste qui a paffé par les entrailles de la Vierge comme par un canal, comme le prétendoient 4es Valentiniens Sirenée/i. 5. c. 1. S. Ignace Ep. ad TraH. Tertullicn lih. j. contn Marc. -c. 8. si, a. carne Chrijli. cap. 5. et 4. et S. Epiphane Ont réfuté c Hérétiques par le même raifonnement que S. Cyrille, on le voit aussi dans S. Augustin. M phamafma fuit corpus Chrifii. ut. gM fifeBit Cbrifius, et fifefeUit veritss non cfl, est autem veriuv Chrifiw: §b’f-;’ mon iùtur pbantafma fuit corpus ej us. Nôtre falutne serait qu’un phan- ’4-: »
« tome et une imagination, ii Jésus-Christ n avoir pris qu une.chair hantistique-et seulement apparente. Cet article et le précèdent comprennent la réfutation de toutes les anciennes hérefies, au sujet de Jésus-Christ: car parlant de sa divinité contre les tArriens » al Je dit Dieu engendre de Dieu, il expofe sa génération éternelle qu’il a une même gloire avec le Pçre, et qu’il en jouit dans toue l’éternité et avant tous les siècles. Il marque sa idistinetion réelie d’avec le Père -contre les Sabelliens et les Patripaffiens, de sur « tout contre BerylleEvêque de Bostres » qui tenoic que Jésus-Christ n’avoit point été une.personne différente du Père ayant quil se fist lomme, et qui fut condamné dans un Concile tenu en Arabie sous l’Empereur Gordien,’ comme le rapporte Oi igene.nequefaEia coïm ânorum, unum Patrem et Filium tffe credas, ne pas croire que de ces deux personnes, il ne s en fort fait qu’une qui fou le Père le Fils tout ensemble, dit S.
Cyrille. Il marque aussi la fin de l’Incarnation, c’est le salut des hommes, et pour remettre nos penea -, et qa’en prenant nôtre nature., il en a pris routes les qualités humamtétt afumpta, iifdem ajficlibus obnoxik, yuibnt afficiturnostra. _
H OuPon 4 M/y U Temple. On voit par Èufefee, par Kufin, que Lib. f é depuis la mort de empereur Adrien, les Gentils.n’a voient rien « £ Cm £. oublié pour profaner le Calvaire, afin d’abolir la mémoire de la efurrection de Jésus Christ, ils avoient comblé la grotte du Sefdchrc, et baty destus un Temple de Venus j mais Constantin voulant rétablir l’honneur Je ce lieu,.y fit bâtir une Église magnifique, kinte Helcne sa mère ayant voulu se charger de ce deffein en faiûût fouiller dans cette montagne, y ayant trouvé la vraye Croix, n laiflTa une portion confiderable dans ce Temple, 15 Ce bois coupé tn petits morceaux répandu par toute U terre. C’est. 1 on en doanoic aux personnes de distinetion qui yenoient de roi tes parts vifîter Us faims Lieux. Les Empereurs de leur coté fa’fbfent aussi quelquefois des distributions du morceau de ia vraye Croix, qui avoir été envoyé « •Constantinople, Se te fut de Justm 1 1. que sainte Radegonde femme de Clotaire I. reçut le morceau quelle mit i Ton Monastevc de Poitiers, i qui elle donna pour cela le nom do Sainte-Croix, ce fut Tan 59. » »
« 16 // tfi defcmdu aux Enfers. Ce fut l’aine de Jésus-Christ, qui descendit dans ces lieux, pendant que son corps croit dans le Se pulchre. Par la descente de Jésus-Christ aux Enfers, on entend Vé tat où il s’est trouvé durant tout le temps de la Réparation de foa ame d’avec son corps i L’Evangile ne nous a rien dit de cette descente aux Enfers i plalteurs y appliquent ces paroles de S. Pierre » t?#r.j.i’ # /f Sauveur étant mort tn sa chair, fun refmstiti par Effm, aJU anjfi far U mhm Effrit Prêcher aux Effrits fm ttokm rutnm en fri V}i€4adfâ. Mais S. Augustin dit qu’il ne peut comprendre comment on peut appliquer cet endroit à Jésus-Christ descendu aux Enfers, puisque S. Pierre ajoute que ces Etants retenus en prifon, i. qui il alla prêcher, étoient les incrédules du temps de Noë. Ilstiffit, dit ce S. Docteur, de croire avec I’Église que Jésus-Christ, mort en sa chair, A8. %. |i. est descendu aux Enfers selon que le dit S. Pierre, sans pouvoir a£ furer qui sont ceux qui profitèrent alors de ia grâce de cette délivrance,
S. Cyrille prétend que cette descente de Jefns-Çhtist aux Enfer fut une vifite que le Sauveur rendit aux Ames des justes de l’ancien
Testament dans les lieux où elles éroicm retenues, qu’on a quek ïnïf. n8.juefois appelle le fein d’Abraham. S. Ambroise Texplique de môme# pie ces « mes montèrent au Ciel avec Jestis-Christ. »
t7 fonaifirty du ventre de ia SaJebte. Quelques Interprètes foûtientient que ce ipoMTon nVtoit pas une Baleine, pirce qu’elle a le gofier trop étroit pour pouvoir dévorer un homme entier -, de cjuc cfc ïoït « ou un Cm’ertMmarfn, ou une Lamit. Le mot grec de latin ctte eur fignifier toute fort de grands poiflbns. »
Xt ronpfortsfoint de ia Croix de Jtfnshrist. C’est 4e figoe et « Croix dorit parle S. Cyrille, On le fiiïbit sur lefeont pour faire « oîgner de nous les Démons, qui tremblent à la vûë de ce gne. M recommande de k faire en tout temps. TertulKen dit que les iwles le raifoient si Gravent sur le front, qu’ils en aroient le stoitc De tmn. Tcorrrrtfe rtfê, Frontm tertmus. » »
mil. c. 5. jf ji stjf jhvéde Ut montagne dei Oiivts pour monter au Ciel, cm a.i.t/.n.tne remarques, Luc, cette montagne étoit eîofgnéc de Jerufalcmije fefpace du chemm qu’on peut frire le jour du Sabat, c’étoit enviTê vit. f on mille pas, qui est le tiers A une lieuë, Eufebe dit qu’on prétenCmfl.l. doit de son temps, que c’étoit le « eu re plus élevé de cette m oK tagne des Olives, d’où Jésus-Christ monta au Ciel. »
« Jean difoitque l’Àmcchnst doit venir, et qu’il y avoit déjà plu-, fleurs Antechrists, Mort Antichnfkl miélti ststi fient, appellanr ain- »iM-w si lesHeréfiarques, dont les oui nioteac la divinité de Jésus-Christ, les autres fan humanité....
nQmU ngnt de jtfCbifl finir. C est un erreur populaire qui a ûuvcnr eu cours, pie la fin du monde éroit proche où pour lots Je règne de JésusCbrist devait finir avec, son Église. Marcel i’Aacjîc entr’autres foutenoit cette rêverie, au heu que S. Cyrille dilate que Jdns Christ doit régner non seulement juGju’i la soBt Jommation des siècles, mats pendant toute l’éternité.
u Cnjtt éh S. Esprit. On voit en peu de oaow, tout ce qui re garde le S. Esprit, qu’il a la même divinité que le Père et U Fils, êc qu’il est un mime Dieu avec eux cV qu’il a toutes les perfestkns de Dieu ’, que c’est luy qui nous fanstifie dans le Baptême, La gran dent du péché commis contre le S. Esprit, i) Les Trmm et Us Pmfmcts ont btfoin du S. Efffit,.principalement parce que leur {anâkirication lui est attribuées selon la penr fée de quelques anciens, qui attribuoient la création a » Fils, par qui le Père a fait toutes choses, et la (ânûification des âmes au S. Esprit, cujus fus hàcnt Thronu 14 N rien ovAtctr tCon m ritMffe par FEcrUm. S. Atbanafe si/. « parle de même, si, dit- il, S. Paul qui dans son raviflèmem avoit oujr des paroles inefiables, ne a est jamais voulu arroger à lui seul « ne autorité particulière, sans l’appuyer par le témoignage des fait « es Ecritures i N’cst-ce pas une conduire bien téméraire ôc bien dan gereufe d’abandonner l’étude de la loy divine, pour publier des opie wons qui ne naiflènt que de nôtre tête. m » »
« On voitlamodesticet l’humilité de S, Cyrille et des anciens Peet, qui apprend aux Prédicateurs de ne vouloir point qu’on le » ttoye, qu autant que ce qu’ils disent est établi par les Ecritures.
XS J« tac. On voit les fentimens justes que S. Cyrille a eu de famei il reconnaît qu’elle est fpirituelle, et immortelle 5 que Dieu a fait I’aroeet le corps, qu’elle a un libre arbitre, que l’homme n est ûi contraint ni forcé à faire le mal Que t« m est h iïmagi de Duh arte quelle est libre. Ce même rafonnement se trouve dans TertuJ- ’•• ien, cen’estpas, dit-il, parlevifcge que l’homme porte la reflem- r£ Wance de Dieu mais il a été marqué à son image par cette fub- ’’ fonce fpirituelle qu’il a tiré de lui, savoir l’ame qui exprime la ferme divine, dans laquelle il imprime le libre arbitre de sa volonté. La Loy de Dieu confirme cette liberté en l’homme, puisqu il luiauroic pas irapofé sa Loy, s’il ne lui avoit donné le pouvoir d’obéir à ce qu’elle ordonne: Si aussi l’homme n’avoir pas la liberté de défobeïr à cette - Loy, Dieu ne Fauroit pas menace de a mort, s’il la violoit; outre qu il auroit été bien étrange que l’homa7ant la puuTancc sur tout le monde n’en eût pas sur son pro » »
k5? Les CAtecbeJes de fdint Cyrtiïe pre esprit, et qu’étant maître de toute la terre, il eût été efcfev de lui-même.
« S. Cyrille dit auflï que f »w Jf immorttlk y à csufi que Ditu lui a donné l’immortalité: Par cette expreflion il n’a pas cru que lame pue périr par la corruption ni par la distblution de ses parties i puisqu’il la reconnoît fpirkuelle dégagée de la matière y mais en disant quelle est immortelle à cause de la volonté de Dieu, il n’a pas. prétendu qu’elle ne l’étoit que par grâce, et qu’autant qu’il phi- » voit à Dieu; maïs que Dieu se déterminant a la créer, avoit vou« lu quelle fut immortelle. C’est dans ce sens que S. Hilaire a die que réterni té des « nés, est un effet de l’ordre de Dieu » et non pas de leur nature.
« « « S » Cyrille dit aussi que Dfeu est le Créateur de lame, aussi bie » In?/. ji.? uc u corP et réfute ainsi l’erreur de ceux dont parle S. Jerô me, qui difoient que Dieu avoit formé routes les âmes au com mencement du monde, et qu’il les avoit toutes renfermées dans jt. i;. lame d’Adam, et les réfute par David, qui dit, finxit fingtetatm cord eorum. Dieu a formé le cceur de chacun d’eux un à un 6c f£ » parement.
Car ce ne sont ni Us aflres... qui mm portent mm Ptskc. S. Gy« rille attaque souvent les Astrologues ou l’, Astrologie judiciaire, qui est l’art de juger de l’avenir par rinfpeetion des astrcs, où l’on prétend que h étoiles sont comme autant de caradfceres differens, qui suivant leurs différentes conjonctions forment des pronostiques de ce qui doit arriver, et par où ceux qui en ont l’intelligence, peu- » vent prédire les famines, les pestes, le fuccez des affaires publiques, comme d’une guerre ou d’une bataille ou si les particuliers seront une bonne ou une mauvaise fortune. Les Caldens ont les premiers donné dans cette feience, puis les Egyptiens, les Grecs 5 mais hors, les édypfes et le cours des astres, qui sont réglez, infaillibles et neceflaires que Ton peut prédire 3 on a toujours condamné cette feience dans l’Église, lorsqu’elle a voulu prédire avec aflîirance les chor ses cafuelles, ou celles qui dépendent de la volonté de Dieu, ou de la liberté de l’homme.
L’Ecriture affure qu’il n’y a que Dieu qui « ’. 4 iE« - eonnoît les choses i venir. Eufebe prouve comme S. Cyrille qne.si tief.zMb.6. les astres ont quelque pouvoir sur nous, nous ne sommes pas libres,. de piçxr. et nous ne pouvons ni mériter ni démériter, ou qu’il est inutile de rMn’ prier. S. Bafile de même homiL 6. in Htxnmtr. S. Ambroise, S. Auustin lit. 4. cùnfef. c. 5. et au livre 1. sur la Génefe c. 17. il se fert de l’exemple àçs Enfants jumeaux pour montrer combien les règles de l’Astrologie sont vaines et faufles-, et il met les Prifcilliarr nistes au rang des hérétiques, parce qu’ils foutenoient que les hommes étoient gouvernez par une fatale. neceflité, que les astres leur Lib.de foa- impofoient. S. Epiphane raporre qù’ Aquila fut chaiîédç l’Église pW fienb. yayoir oas voulu renoncer àl’sAstrologie judiciaire. » »
Dfjemfalem. IV.CzttcR ïo i On voit combien la doetrine de S. Cyrille sur l’ame est exaete,
« Î’elle est créée de Dieu, qu’elle est immortelle qu’il n’y a point distinstion de fexe dans les âmes, ainsi elles sont fpiritueiles » Sinùlts funt animé virorttm ac muixerwn, nom diferimen est damaxat in corpms membris, qu’il n’y en a aucune qui soit mauvaise de sa i nature, ou qui foie naturellement mauvaise. Il infiste fort sur la li- berré, que Dieu serait injuste et cruel, s’il puniilbit une nature pouf an péché qu’elle n’auroit pu éviter. Que le Démon ne peut que nous folliciter au mal et qu’il aa pa le pouvoir de nous y cou ttaindre. ’,
« « Remarquez que dietnt que Famé n’a point de péché quand elle vient au monde, priuffunrn in hune mundum anima veniat, nihil pte3 tsi c’est â-dire quand elle fore des mains de Dieu elle est sans pechéj ce qui n’empêche point quelle ne contraûc le péché ori-r ginel, auflkôt qu’elle est uaie au corps. S » Cyrille avoit sans doui te en vue l’erreur d’Origene, qui tenoit que les âmes sont des crea- i tures intelligentes, qui ont été de tout temps » qui sont envoyées dans les corps comme dans une prifon, en punition deleurs pe/ chez, ainsi il réfute cette préexistence des. âmes et les péchez quelUs avoient contractez en l’autre monde.
27 et cerps S. Cyrille n’est pas moins exaéc en partant de nos corps, qu’il l’a été dans ce qu’il a dit de nos âmes. Il établit 1. Qge Dieu est auteur et créateur de nôtre corps j qu’il l’a formé du limon de la terre: Formait Dtu de limo terra. C’étoit delà pouf- Gtntf- « . fiere mêlée avec de Teau. %. La beauté, et la difpofi ion des orgar Pe, fait affèz voir que c’est un ouvrage tout divin. 5. Que le corps st incapable de peçhçr par lui-même, il est seulement l’instrument dpnt lame se fert pour pécher 4. Qu’il devient fouillé, quand l’ajBe s’en fert pour commettre le péché; qu’au contraire il devient k temple du S. Esprit, quand lame l’employé à faire de fainres aàions, d’où il conclut qu’il faut relpecter nôtre corps, et prendre garde à ne le point profaner, parce qu’il est le temple de Dieu.
Midefli mtre forpore, ut Spiritus favsti temple On voit dans Ter- Liy Jg eMfm rullien les mêmes principes, que le corps participe aux biens et aux ne ckriste Bjanx de l’ame, que la chair oui doit prêter son fervtce et son mi- 7njstere à lame, est aussi appellée avec elle à la jouiiTance des mettes biens 5 que dans le Baptême, la chair est la’vée dans l’eau, de Jame purifiée de ses tâches,• que dans la Confirmation on fait l’cuir « ion, sur la chair dans le temps que l’ame est confacrée, dans JEucharistie la chair mange le corps et le sang de Jésus-Christ, et lame est remplie et engraiflee de Pieu même: Que les jeûnes, les Mortifications de la chair donnent à l’ame occafîon d’offrir à Dieu s facrifees agréables, que la virginité, la viduité, la continence de personnes mariées, sont des biens de la chair, aussi bien que le yje, par lefquels 0 »
Vimmple à Dieu, ôc conclut par ces pe wo Les Catecbefes Jefaint Cyrille rôles: O bien-heureufe ôc glorieufc chair, par laquelle on peut ttrï dre à Jefiis Christ ce qu’il a donné pour clic: O chair précieufe qui est l’ouvrage des mains de Dieu, l’objet des foins de sa fageffe, le vafe dans lequel il a renfermé son fooifle, la Prètrefle de fà Religion, Reïsgionis fit factrdetem carnm. »
Les fêlitairts gardoient la continence, et menoient sur la terre une vie fcmblablc à celle des Anges.
Des Vierges. Il y avoit des Vierges dans l’Eglifc, et quoiqu elles fartent dans le monde, elles menoient la vie des Anges sur Hstb.it,, a terfe; cette penfée est de Jtfus-Christ, Erunt fient Angth Dû in cœlo, pour marquer que ces écrits érans immortels, n’ont point feefoin de mariage pour perpétuer leur nature, et pour avoir des fucceiTcurs; ce jui n’empêche point qu’on ne dife que les Vierges for la terre, imitent la vie des Anges dans le Ciel, cV comme die S. Augustin, les Vierges sont les Anges de la terre, comme les Anges sont les Vierges du Ciel 6 Ne votupwt ptrvÀ mégnm evrontm, Ne pas s’expofer à rifquer une récompenfe éternelle pour le plaifir d’un moment.
« « 31 Si vous vous proûûfez, di garder la ctinttK m Uvioto pdf pdf le mdnag’. Le vœu de continence, était un empêchement au mariai4.f » 8e » ce qui a été confirmé par le ConcUe de Trente: Si quelqu’un dit que ceux qui ont fait vœu de chasteté puiflènt se marier, qu’il foie anathême. A la vérité dans les premiers temps on ne féparoit pas de leurs maris les Vierges qui en avorent epoufea après leur vœu, mais au moins on les mettoit en pénitence pour plufîeurs an nées tant en Orient qu’en Occident. Voyez sur tout le 4. Concile de Carrage, où se trouva S, Augustin, où il est dit que celles qui ont pris I habit de Vierges par l’approbation de l’Evèque 6c delTEglife, et se sont confacré à Dieu, si après elles se marient, elles auront la damnation pour partage, ayant violé la foi quelles avoient vouée au Seigneur.
LanrgmuécmapÀrk avec te mariage, comme tr comparé avec dé idrgrm.Onvok k vœu de virginité commun dans l’Église, auifi trouvât on des traite de la Virginiré dans les plus anciens Auteurs, ustin ’ yPCn ’ Sm Ambroifc s- Chrifostome, S. Au-, 53 Ugitmlnuptus wtuntur. On a de tout temps préferit des règles pour les mariap, afin qu’il, Giflent légitimes, feits selon les Loix, f rs |quellcs on regardoir comme àcs prostitutions et des coûonst.oni Jeffetidiiej tous ceux qui vouloient vivre enfemblc.
H tIhnrd mariage certes fours. On a de tout temps recommande la continence aux gens mariez pour vacquer à la prière, com« le présent S. Paul, et aussi pour approcher de l’EucListîe, on 4kZ / 1 VP5’ et un ur pur, c’étoit l’ancienne pratique des fidèles, ordonnée par Timôchée d’Alexandrie, Can. y # lie Jcm/atcm. I V. Catechï m f j. Par S. Ce faire bormL i. S. Eloy A Serm. 6- S. Jérôme dpofcg. « d i? » ». dit, si l’ufage du mariage est un obstade a la prière, à!
« i plus sorte raison doit-il être un empêchement i ce qui est incom- i parablement plus grand, qui est de recevoir le corps de Jésus-Christ »
istrcïtnm, fHâd minas est, imfeditur t id est or art y fMntû flus, id iptà mjustst corfus Chrlfli frêhibttnr tcciptre.
Dans Cinttmtiên ttavwr des enfsns. C’est une dostrine univerfel- fanent reçue dans l’Église, qu’il ne faut utcr éxx mariage, que pour 1 avoir des enfants. S. Clément d’Alexandrie définit le mariage, la Ub.xStn conjonetion légitime de l’homme etc de la femme pour élever des « • enfants. Il dit même que le but et la fin des personnes mariées » ub. 1.?-.
« fl doit tellement être de mettre des enfants. au inonde, 6c de les fai- di+ re devenir bons par une louable éducation, que l’ufàge du maria i ge qui n’a pour but que la volupté est contraire a ses loix, à la justice et à la raison. IM vaiuptas est fréter legts, et nj#st, et s m’me dite S. Chryfostome Au la Genefe, 5. Augustin allure qu’on znebmici ne peut douter que ce ne foirun péché pour les personnes mariées 78, de ne chercher que le plaiûr, si Fintentian d’avoir, des enfants ne règle cette action. S. Jérôme expliquant ce qu’avoir dit S. Paul, que le mariage soit traité avec honneur, c’est dit- il, en ne s’en fer- tdGM yant que pour avoir des enfants. V ttntnm iikiris firviatnr. iâU 6 Dis secondes noces. S. Cyrille ne les blâme oas, quoiqu’elles fuf- lent foumifes a la pénitence dans la plupart des£glifes d’Orient } il les regarde comme un remède à l’incontinence: Qui funt wfrmi fermoentur êc M les prétend autorLTeç par S. Paul, qui dit que t les veuves qui sont trop foi-blcs pour.garder Ja continence 3 ay nt à se marier y car il vaut mieux se marier, que de brûler jcest-à- dire que de tomber dans la fornication. 17 etgb d# /s tempérance. Ne se nourrir que pour vivre, et no »
pwt etcisetre £1 fenfoaKté. S. Clément d’Alexandrie dit la.mfcmc • 1. Pêcherie. Dieu a donné aux {hommes qu’il 1 crée » dequoi manger fie •• toire « oui la conforvawon de leur vie, et non pour fat isf aire Jeur dapté; ayant tnême formé nos corps de telle nature, que l’-borw knce se la diveifité des Mandes est pas urile à la confervation de prtfeffion 4e pureté.
« « « il] tn a ft mangent des viandes estrtes mx Idêles. il y avoit core des restes du Paganifine â JeruCilera, 6c des gens qui facrlSoient aux Idoles, on y renouvelloit la difoutc qui étoit à Coundu temps de S. Paul s il y avoit des Chrétiens qui connoiffans 1. or. t » Te les viandes offertes aux Idoles n’avoient rien de plus que Us Jaurès viandes, en mangeoient sans fcrupule, pendant aue Vautres wibles Vea Xcandifoient. 5. Paul awit décide ou’il falioic sabOor iïï Leï Catechefès âe fiint VytiÏÏe nir des choses même permifes, afin de n erre point à tu » frerél une occafîon de fcandale et de mine. S. Cyrille explique l’ufage le » gitime qu’on doit faire des alimens, et du jeûne.
Quand nous jeûnons, nous mus abstenons de la chair et du ynh Le jeûne confistoit autrefois dans l’abstinence du vin et de ta vian
« « « Lil.y cnt. de, et à ne faire qu’un repas vers le foir. S, Augustin assure que T »si- ce nest qu’en jeûnant de la sorte qu’on obferve le Carême. Si Qua dragtstma ’fine vino et carnibus non fuperfiitiosi, fed divini lege ferva fMt de h »r S. Bafile d.ffend la chair et le vin au jours de jeûne, et r M pelle les hommes aux légumes â l’eau. Tous les auteurs eccle iîastiques parlent de même »
Non comme si eUes ètoient abominables Ce n’etoit point par fupeiS stition qu’on s’abstenoit de viande les jours déjeune, comme le faifoienc les Manichéens et les Marcionices, -qui prétendoient que le vin et la ch ir éi oient de leur nature quelque chose de mauvais, dont on ne pouvok se servir sans péché au lieu -que les fidèles gardant-l’abstinence de certaines viandes pratiquées dans l’Église, ne le sont point dans la créance qu’aucune sorte de viande foie abomti « able ou impure, ou mauvaise par sa nature, mais par principe dt pieté ou dobeïHànce, ou de pénitence et de mortification de m me qu’on peut le faire quelquefois par principe de lamé, ou pat l’ordre d’ua médecin. # j 41 Pour jouir d la TaHc •cilefie. Se préparer â la Communion pat le jeûne 41 Qui ne peuvent jeamri cause de la foibUjfe de leur corps.
Ondif penfo t les infirmes de la rigueur du jeûne et on leur permettait île prendre un peu de vin 4) Epure catholique, parce que trette Lettre ti’est pas addreflee À Quelque Église particulière mais à toutes les Nations, aux Frères 3ui sont à Antiocho, en Syrie, en Cilicie. C’est la Lettre du Concile e Jerufalcm, qui proprement est le premier et le seul Concile tenu dam l’£glife par les Apôtres, auquel affilièrent les Apôtres, les Evêque les Prêcres qui se trouvèrent à Jérusalem: Oonvenerunt ApofroU Semons. Il fut aussi refolu par les Apôtres et le Prêtres avec toute l’Église. Placuit Apostolis ty Senhribus cum -omni EcclefiaLal£tm tre èst aussi écrite pat eux, AfofloH, Seniores et Frottes, les Apôtres, les Prêtres et1es Frètes. S. Jacques Evêque de Jérusalem qri se trouva i ce Concile est l’Apôtre S. Jacques. On croit par l’Epitre aux Gdates 1 9 » qu’il n’y avoit alors à Jérusalem entre les Apôtres que S. Pierre, S. Jacques et S, Jean, Jacobuset Ccphas, #t Joannes qui videbantur Columna ejfe.
Que vous vous abstenUz. de viandes étouffées et du fastg. S. Cyrille veut qu’on obferve la defrenfe de manger des chairs étouffées 8C du sang des animaux, et il en rend la raison ordinaire, parce que « ctla for voit à infpirer dç l’horreur 4e répandre le sang humain 1 de Jerufalcto. IV. Catcch. iij i teprîraer l’humeur féroce de ceux qui comme des chiens et dej bêtes feioces se repaiflbient de sang, et dévoroienc les animaux qu’ils étouffoient. On voit dans Tertullien apolog. c. 9. dans Minutais Félix, dans Eufebe lib. t. c. xi. que les Chrétiens se justî-. fioienr de l’homicide qu’on leur reprochoit par calomnie, parce qu’ils necroyoient pas qu’il leur fût même permis de manger du sang des animaux, et ainsi comment aur oient- ils pu se porter à répandre le sang humain le Concile de Gangres tenu en 324. can. 1. porte auiîî que cela sobfervoic exactement parmi les Chrétiens. S. Jerô- in 444 me,1e Concile in Trall » can 69. le u Concile d’Orléans en ty.Zx.uh. can. 10. celui de Vormcs en 86. can. 6% où l’on recommande le précepte ordonné par les Apôtres.
« 45 A regard des habits. On voit les habits des Chrétiens, habit léger, d une étoffe fimple, fimplex et tennis, se vêtir seulement peur couvrir ce que la bienfeance ne permet pas de ’montrer, ou pour se deffendre des injures du temps »
Ce n’est pas -que les Chrétiens fufient pour lors distinguez des Païens par leurs habits, autrement que parce qu’ils étoient plu Amples et plus raodestes comme ledit S. Cyrille. Tertullien blâme les habits longs, S. Clément d’Alexandrie -dit que c’est une chose fastneufe de porter des habits longs et traînans qui empêchent de marcher, et qui ramaflent les ordures mais les Pères onc toujours crié contre les parures et le luxe des femmes S. Clément d’Alexan- pAjtî§4 ie dit ii a propos; Je loue et j’admire l’ancienne coutume des %t €% îé, Lacédemoniens, qui ne permettoient qu’aux feules femmes publiques de porter de for et des habits trop ajustez, et interdifoient aux ionnêtes femmes le soin de se parer, qu’on fouffroit dans les femmes débauchées. Ce Père, cite S. Paul, qui deffend aux femmes de parer, car dit- il, si elles sont belles, Ja nature leur fuffit, 6t il ne faut pas que l’art s’ingère de la combattre, ni que le déguifent le conteste à la vérité -, ôc ii la nature les a fait laides, les fjrds et lcs artifices dont elles se fervent ne sont que découvxii davantage leurs défauts.
De U Refurristun. C’est an article de nôtre F07. S. Paul fit tant de fois. prouvé contre les Saducéens, et contre les Païens, qui stavoient jamais entendu parler de cette vérité, nous avons les ouvrages des plus anciens Auteurs, fiir la Résurrection des corps. Athe nagore en fir un où il prouve que non seulement elle n’est pas imP°ffiMe mais qu’elle est même très croyable. S. Irenée prouve con- L|j# 4, lre k Valentiniens la refurreetion de la chair, pree qu il n’est pas croyable qu’étant nourrie du corps et du sang de Jésus-Chiist, elle demeure dans la corruption. Tertullien a fait un livre de la Refurleeton de la chair contre les Saducéens, ôc contre les Hérétiques jui la nioient. S. Polycarpe dans sa lettre aux Philippiens, condamne et traite d’heretiques, ceux qui la aïoient. Origene en plug iî4 La Catechcps defuint Cyrife ieurs endroits l’a reconnue -, mais en philofophant sur cette matière J il a comme fpiriïuaiiié las corps; ce qui a fait, dire à S. Jeiômo qu’il avoic eu un fentiment particulier sur la nature des corps re jufeicez.
Soupirant éternellement. L’éternité des peines des damnez.
« 48 V Ecriture inffirèe de Dieu. Les Ecritures de l’anciin et du nouveau Testament ont été infpiré s de Dieu, ce qui s’entend dune direction et d’une a (lista nce particulière du S. Esprit, qui a conduit l’esprit des. Ecrivains facrez, en sorte qu’il n’a point permis qu’ils se soient trompez; il leur a infpiré une volonté ferme et confiante de ne vouloir mentir, ou d’avancer aucune fauiTeté qu’ils connoiffoient pour telle, mais de dire la venté; et il a rempli leur esprit ïe lumières, afin qu’ils ne puflent se tromper en rapportant des eno » se qu’ils fçavoient déjà. 49 Le mime Dieu est auteur dfs deux Te/lamen. Contre les Manichéens qui admettoient deux princ’pes, deux Dieux, un bon et un mauvais, dont l’un étoir l’auteur de l’ancien, et l’aurre l’auteur du nou veau Testament. S, Cyrille réfute ces hérétiques par les paroles de Jésus Christ, qui dit, qu’il est venu non pour s’exempter de la Loy, mais pour l’obferver 5 ainsi il n’est pas contraire au Dieu de l’ancien Testament.
On peut voir Tertullien dans ses livres contre Marcion; où il montre livre 4. que c’est le mime Dieu dans les deux Testamens, c pour accorder les prétendues contradictions que Marcion alleguoir, il montre que toute la vie de Jésus-Christ a été prédite et figurée par l’ancien Testament; que Jésus-Christ a expliqué et confirmé les Prophètes, et perfectionné les préceptes de la Loy.
p Affrtntx. de l’Église fuels sont Us livres de? ancien et du nMVtdu Ye/fament. Voilà ce que S. Cyrille avait appris des anciens Pères, et qui est un des principaux articles de nôtre croyance. S. Irenée liv. c. 4. prouve que la vraye foi n’est que dans l’Église, où elle se confei ve par la tradition même non écrite, qu’il ne faut point chercher ailleurs la vérité, et que dans les difputes qui se lèvent, on kit avoir recours a l’Église; au cW 40. il établit que la vie, la vérité et-Mpm de Dieu ne sont que dans l’Église, que c’est dans elle seule qu’on reçoit J« nourriture de vie des mammelles de nôtre Mère, et (xon puife cette eau vive et pure qui en découle; que sans son autorité on se précipite en toute sortes d’erreurs, on flotte çâ 6 U par l’inconstance de ses fentimens x qu’on est plutôt des fophistesque de vrais difciples de la vérité.
Au ch, fy que c’est dans Tfaglife seule que l’Ecruuresestconfervee fan altération, où le sens qui s’y lit n’est point ratifie; ou iexpofition est exempte de tout péril d’erreur et de blafPheme. Ainsi il est très faux ce que les Caïvinistes ont avancé dans teur profeffion de Foi. Ce n’est fstm du cenfentement de tEglist ue et 1 infprmnn famculifre 3 « w demom retonmw qutlUtf l » »
« Je femfalem. I V. CatecL nj - divînu Ecritures. Jeius-Chfist n’a-t’il pas dit: Quiconque n’écoute pas l’Église qu’il soit comme un Publicain; de aussi il n’y auroic point d’ordre dans l’Église de Dieu, s’il étoic permis à chaque par- Utth. if/ ticulicr d’admettre Ou de rejetter de l’Ecriture ce qu’ils voudraient, comme sont les Luthériens et les Calvinistes, dont. les uns rejettent des livres comme canoniques, que d’autres reçoivent. C’est pour cela, Zhef.. tu dit S. Paul, que Dieu a donne à son Église dfôHPasteors et des Doreurs, afin que nous ne foyons pas comme des personnes Mutante êc qui se laiflaflent emporter à tous les vents des opinions humain » par la tromperie des hommes, de par l’addrefle qu’ils ont d’engager artificieufement dans erreur.
C’est la conduite que tinrent les Apôtres dans le Concile de Jcrufalem, où l’on éroit partagé sur l’obligation des cfefervaxions légales, l’Église aflèmblée décidas llfu »-Aa. tfÀ èli bon mh S, Efptit, et s nous. Ce Concile est la forme que l’Église a toujours gardée Origene dit si bien que comme il y en a plu- LibJfr fieurs qui se flattent de tenir Va foi de Jésus-Christ, quoiqu’ils en« f ayent une toute contraire 5 il faut recourir à l’Église et s’arrêter à ce quelle enfeigne, et ne point croire d’autre vérité que celle quelle propofe. Enfin, S. Aueustin proteste qu’il ne croiroit pas à l’Evangile, si l’autorité de l’Église ne le déterminoit à le faire. Nh crtde?• nmEvannlw, m si me EccUfi cdthelic commwêrtt dnterUéu. C’est donc H 1 Église (eule qui a l’autorité de décider êc de déclarer les livres qui sont canoniques, et ceux qui ne le sont pas, comme elle a fait dam tant de Conciles, dans celuy de Laodicéc, dans le 4. de Cartage, dans le Concile de Trente, par les Papes Innocent I. et autres.
Ne lifez point Uux qui sont apocriphes. Les anciens Pères ont dîVerfemcnt entendu le nom d’apocriphes: Origene, Tertullien et autres entendoient des livres douteux ou contredits, qui n’étoient pas compris dans le Canon des Ecritures. D’autres entendoient des livre ’ hérétiques se pleins d’erreurs 5 mais èicy S. Cyrille entend toifs les livres qui ne sont pas compris dans le Canon des Ecritures, et c’est, en ce sens q »e S.Epiphane le prend, 6c que l’ont entendu les Pères d’Afrique, U « plufpan des Latins.
Ji Trsduit parfoixtnte-dâHZc Interprètes. Cette tradustjon des Sep tante est d autant plus confiderable, que c’est elle qu’ont cité les Ecri Vains du nouveau Testamenc. L’histoire de cette verfîon, Comme la tapporte S. Cyrille, est prife de Joseph, et Jôfeph la rapporte sur Lit. i%.mm r °Y d’Aristée, et en a fait seulement l’abrégé. Les anciens Pères V.J% Jes ont fuivis, comme S. Justin dans son Apologie. S Clément d’AJ? ndrie, S. Hilaire, et avant eux Philon Juif; Ôc ceux qui ont écrie « « puis, ont fuivi cette narration, c relevé cette merveilleufe conformité des veriîons des foixante et douze Interprètes, renfermez ym différentes cellules. Entr’autres S. Irenée, qui dit: Que s’étant af- Iif j.41/4 fcmblez chez le Roy Pcolomée, et ayant conféré les uns avec les autres leurs verfions, Dieu en fut glorifié’, et on ajouta foi aux diviEcritures, voyant qu’elles avaient été interprétées de tous dans les mêmes termes et les mêmes mots, depuis le commencement jafqu’à la fin; ce qui fait connoître aux Gentils, dit il, que c’est par l’infpiration de Dieu, que ces Ecritures ont été interprétées.
Cependant il est plus vraifemblable de croire que les Juifs, qui par or dre de Ptolomée Philadelphe ont travaillé à traduire les Livres facrez, conferoient ensemble, et qu’ils furent affiliez du S. Esprit pour en faire une verfion exaete ôc fidèle. » »
« a 53 Ces Ecritures contiennent vingt-deux livres. Le premier et le plu! ancien catalogue que nous ayons des Livres canoniques dnfle par un Auteur chrétien, est celuy de Mcliton, Evêque de Sardes au temps tufeb.l 4 de Marc Antonin, dans un extrait rapporté par Eufebe, et ne compf, if, te que vingt-deux livres de l’ancien Testament. Le Concile de La dicée est le premier Synode où Ton ait déterminé le nombre de ces Livres, et nen compte aussi que vingt- deux. S. Cyrille a fuivi ce catalogue, ainsi dit-il qu’on les avoit reçu par la tradition des anciens, qu’il fait remonter jusqu’aux Apôtres. Dans ce catalogue il ne nomme point les Livres deTobie, de Judith, de la Sagi(Te, cIe J’EccIefiastique, ni les deux livres des Maccabées t aussi n’étoient-ils pas dans le Canon des Juifs, fait comme on le croit, au temps d’Efdras.
S. Jérôme dit de ces livres, qu’on les lifoit bien dans l’Egli se, mais qu’ils n’étoient pas reçus parmi les Ecritures canoniques. Le » git quidem Ecclefi, fed eos inter cénomeas feripturas non rteifit. Mais ce qui est assez remarquable, c’est qu’encore que bien des Pères ayent cité ces Livres, et qu’on les lût en plusieurs Églises, S. Cyrille ne les aprefque jamais cité dans fçs diicours, non plus que l’Apocalypfe.
« « « 54 Les cinq livres de Âtoife. S, Cyrille reconnolt Moïse auteur du Pentateuque. On voit dans ce catalogue le livre d’Esther, celui de Baruc joint avec les Lamentations j TEpître de Jeremie au livre de ce Prophète. Les Pères latins ont reconnu plusieurs livres que S. Cyrille ne rapporte pas, comme celuy de la SagefTe, de l’Ecclefiastique, de Judith, de Tobie et des Maccabées, comme il paroît par les Evoques d’Afrique, affemblez au temps du Pape Innocent I. et par ce même Pape dans sa lettre à Exupere, et depuis dans tous les dénombremens qui se sont faits des Livres canoniques. S. Cyrille distingtie le livre de Ruth de celui de Juges, au lieu que les Juifs ne faifoient qu’un seul livre de ces deux. Il en est de même de Jeremie et de Baruc.que S.
Cyrille distingue, au lieu que la Prophétie de Baruc Secrétaire de Jeremie, ne faisait autrefois qu’un livre avec celui He ce Prophète. S. Cyrille met entre les Ecritures canoniques le livre d’Esther, qui n’est point dans le Canon des Juifs rapporté par Joseph. S. Athanafe et S. Grégoire de Nazianze ne le mettent point non plus, quoiqu’ils feparent Ruth du livre des Juges. Meliton qui distingue Ruth des Juges, ne met point Esther. Origenp joint Ruth avec les Juges et comprend Esther dans le Canon, mais fl en rejeta de femfatem. I V: Catcch: 7 fcsMàccabées. 11 fembleroit que S. Cyrille auroît fuivî exactement le Canon du Concile de Laodicée, mais comme ce Concile est postetieur au temps que S. Cyrille faifok ces Catéchèses, n’ayant été tenu ouel’anno.onyafuivi lufagede l’Eglifede Jérusalem, aufficeConcile inarquecomme S.
Cyrille que dans l’Église on n’y devoit lire ou rcci- Cn s » ter que les Livres canoniques, savoir les vingt-deux qu’il nomme de l’ancien Testament, hos folosauos m Ecclefia récit amu.. dit ce Saint » te il ie recommande aux fidèles, parce qu’ils sont les enta » de 1 Église, Tu ergo film Ecclefia cum fis. C’est un langage commun dans les S. S. Pères, que l’Eglifc est nôtre rnere, elle nous enfante a Dieu par les Sacremens, par l’instrudion, et par les autres exercices de la pieté i et celui-là n’aura point Dieu pour Perc, qui n’aura pas re-. connu l’Église pour sa Mère, dit S. Cyprien; ainsi l’esprit cTun Chrétien est d’obéir à l’Eglifc, comme un enfant doit iobeïïiance a la, Mcre..
55 il y en a cinq écrits tn vers. Côtoient des ouvrages poétiques, dont la compofition confistoit en certaines mefures ou cadences, ou en quelques rimes. Origene, Eufcbe, et S. Jérôme ont au que la Poelie des Hébreux, ou leurs vers, confistoient dans un certain nombre de pieds comme celle des Grecs et des Latins, d’autres se perfuadent qu’elle confistoit principalement en rimes et en un certain nombre defyllabes, sans avoir égard à la quantité, comme tst la poefie des Perfans, des Arabes et des autres Orientaux, parce que la langue hébraïque ne permet pas la tranfpofition des mots, des pronoms, des verbes, non plus que la nôrre, ÔC qu’ainfi elle ne peut que dim cillcment fouffrir la mefure des pieds, mais c’est principe lemem parce que ces cinq livres sont écrits d’un style noble et figure, luWime, animé, qui fait leffence de la Mufiquc, ainsi leur stylc et leur tour étant poétique, cela leur a fait donner le nom de Poche.
Les livres du nouveau Testament sont lis quatres Evangiles. Les hérétiques avoient fuppofé plusieurs Evangiles qu’ils annbuoicn; a quelque Apôtre-, S. Cyrille parle de celuy sous le nom de S. Thomas qui étoit d’un Difcîple de Mânes nommé Thomas -, Ongene, Euiebe, S. Jérôme, sont mention de cet Evangile-, le P.pe Gclafc le mit au rang des livres apocriphes. S. Augustin /. 2. contr. F« ust. raporte quelque endroit de ce faux Evangile. Le Pape Gelafe met au même rane plusieurs autres Evangiles, tels que celui de S. Pierre dont Eufebe rapporte un paflàge extrait d’un discours de Serapion ancien Auteur eccïefiastique, qui dit que les Marcionites se fer voient de cet Evangile, aussi bien que les Nazaréens, comme le rapparie Theodoret. S. Irenée lib. 3. c. 11. parle d’un Evangile intitule L Evangile de W, dont se fervoient les Valcntiniens, de ce Père dit quil ne « accordoit point avec les Evangiles des Apôtres. S. Ep phane haef. fait mention d’un Evangile fuppofé par les Gnostiques, intitule V Evangile de ferfiQion Il y en avoit un fqus le nonv de 5. Maty ïi8- Les Cdtechefes de /tint Cyrille thias, de S. Barthélémy, de Judas Iicariote, de Thadée, Je Bafflïi ht y de S. André. » »
L« y7r Efhres catholiques...Ces Epîtres de tout temps nom » mécs Catholiques, c’est-i-dire VniverfeUes, parce quelles sont écrite à des Chrétiens difperfez en plusieurs païs. Si on excepte les deui dernières de S. Jean. Dans ce dénombrement FEpître de S Jacques est la première, comme nous lavons retenu, S. Augustin dans foi livre de la Doetrine chrétienne la met la dernière après celles de S Pierre, de S. Jean et de S. Jude, et celle de S. Jacques est fuiri des Actes des Apôrres, et de l’Apocalypfe 58 Les quatorze Epi très de S. Paul. On voie que l’Epître aux Hebreux qui est cette quatorzième, est reconnue par S. Cyrille pour être non seulement un Ouvrage canonique, mais pour être véritablement de S. Paul, comme en sont les treize autres. Remarquez encore que du temps de et Cyrille cV en son païs, les Epîtres de S. Paul étoient a la fin du nouveau Testamem après les Epîtres canoniques. S. Cyrille ne parle point de TApocalypfe j elle ne se trouve point dan » le Concile de Laodîcée, dans S Grégoire de Nazianze, dedans quelt.dD« r- ques autres Grecs. S. Jérôme dit que comme l’Église latine ne reçoit «, pa FEpîrrc aux Hébreux entre les Ecritures canoniques, de même les »
Églises des Grecs ne reçoivent pas l’Apocalypfe. Mais ces deux ouvrages sont dans le Canon des Pères d’Afrique, et dans Innocent I. au « ang des Livres canoniques. »
Le Démon bon de sa nature est devenu méchant par sa propre volonté; il ne peut forcer personne au mal.
Aux fdufes divinations des Païens... Evocations des Mânes. le Païens appel loient quelquefois Mânes des Dieux infernaux, ou les Dieux des morts-, mais ordinairement ils donnoient ce nom aux âmes feparées des corps humains, qui n étoient pas encore entrées dans d autres corps, et qui se pUifent à faire du mal aux hommes, ils se reprefentoient les âmes comme de certaines fubstances d’une matière très fubtileà la manière des Ombres: car ils les fuppofoient vifibles jyant les mêmes organes et les mêmes fondions qu’elfes avoient dans t les corps quelles animoient: on croyoit quelles par loient, qu’elles cntendoient. Par la Necromantie on croyoit évoquer, faire venir ou apparoitre les âmes des morts. S. Cyrille deffend aussi les philtres, les charmes, les enchantemens, les malefiees pour guérir desplayes.
Les fpeiïactes des Pains, toute l’antiquité les a deffendus aux Chrétiens. S. Clément d’Alexandrie deffend au Chrétiens toute mufique qui porte a 1 impureté. Tertullien dans son livre des Speetaclf », établit que quelque honnêtes qu’ils soient, ils ne conviennent jamais aux Chrétiens, parce qu’il n a personne qui ne foi t fufceptible des pallions qu’on y reprefente 5 il appelle les diverti fTemen du Théâtre « ne école d’impudicité, dans laquelle Ton n’approuve que ce que l’on éprouve par tout ailleurs, que les Spectacles sont proprement le dcjeru/àlem. I V. Câtcch.’ tx ompe du Diable, aufquelles tout Chrétien a renonce dans son Baptême. L’ufure aussi défendue par S. Cyrille meut a fœnore alitnm, aussi la trouve-t on proferite par les Conciles d’fclvire, par le premier d’Arles, par celuy de Nicée, de Laodicée. S. Grégoire de Nazianze, S. Baffle, S. Ambroise dans son livre de Tobie, ont fait des discours exprès contre ce péché ôc contre les gains fordides.
« S. Cyrille deffend aussi le Cabaret, Les Fêtes des Juifs, les Sa bats, joutes ces choses se trouvent defFenducs par le Concile de Laodicée 4 ».;{. qu’il faut chaflèr de l’Église, ceux qui se mêlent de Magie, d’Astrologie judiciaire, de Sortilèges... can.yj. Qu’il ne faut point célcbret les Sabats, ni les Fêtes des Juifs ou des Hérétiques can.. Qu’on ne doit point danfer dans les festins, pas même à ceux des noces cn. 54. Que les Laïques mêmes ne doivent point faire de festins as Cabaret, en payant même chacun leur écot x can. 19. Qu’il ne faut pas que les Chrétiens obfervent les cérémonies des Juifs, ni qu’ils fêtent le Samedy, mais qu’ils doivent travailler en ce jour et s’abstenir de travailler le Dimanche.
Catéchèse V
Prononcée sur le champ, touchant la Foi, après la lecture de ces paroles de l’Epîtrc aux Hébreux, La Foi efi Ustèstance des « - -. choses qaon doit e/perer. »
SI vous voulez savoir quelle faveur Dieu vous a faite, en vous faisant pafler du rang de Cateçumene, à celui de Fidèle, écoutez l’Apôtre qui Vous dit; Ce grand Dieu qui vous a appelle à la focie-t, ctr. u ttiefen Fils Jésus-Christ t est fidèle, ainsi vous portez le même nom que Dieu; vous êtes appelés fidèles, voulez-vous une plus haute dignité, le me- uo Lis Catecbefes de saint Cyrille me Dieu qui porte le nom de bon, de juste, dé tout puissant, de Créateur de toutes choses y est lufli nommé fidel. Pensez-donc quel est le degré d’honneur auquel vous serez élevez, lorsque vous serez trouvez dignes de porter un nom que Dieu s’attribue. Faites en sorte qu’il s’en trouve quelqUuns parmi vous, qui soit fidèle dans son cœur, c’est une chose plus rare, et plus difficile que vous ne pensez, de trouver un homme vrayment fidel, qui ait un coeur pur, une Foi fincere, non pas devant les hommes qui ne sont pas nos juges, mais devant Dieu qui fonde les cœurs et les reins, et qui connoît les penfées des hommes; je le répète encore, cst une chose bien rare qu’un homme fidel tel que je le demande; il est préférable aux plus riches de toute la terre, car un vray fidel est au deflfus déboutes les richefles du monde, puisqu’il peut les méprifer, et les fouler aux pieds-, en cela il diffère des riches du fiecle, qui ne le sont qu’en apparence: car encore qu’ils pofledent de grands biens, comme ils ne se trouvent jamais contens, ils sont vrayment pauvres dans leur ame; plus ils en ont, plus leur convoitife est irritée dans le defir de potfeder ce qu’ils n’ont pas; mais ce qui paroît un paradoxe, « c’est que le vray fidel est riche dam sa pauvreté, car Sachant se contenter de ce qui est necefTairc pour se vêtir, ou pour se nourrir, il méprife le reste. »
Ce n’est pas seulement parmi nous que la Foi, est quelque chose de bien grand, ceux qui sont hors 4e l’Église, en jugent de même; c’est la Foi qui fait les Mariages, etqui unit ensemble les perfonnesles plus de ferufalem. V. Catech/ in plus différentes, et c’est par elle qu’un mary a droit de disposer du corps et des biens de celle qu’il a prifepour femme c’est par la Foi que fubfîste Tagritulture, car le laboureur ne se donnerait pas tant de peine, s’il n en attendoit point de récompenfe; c’est par la foi qu’on s’expofe aux périls de la mer, cfperant comme appuyez sur un autre, à la faveur aunpeu de bois auquel on se confie, de refîster à l’agitation des flots, et de foutenir l’inconstance d’un élément furieux; c’est par la foi que ce sont presque toutes les affaires dans le monde, et on est periuadéde cela, non seulement dans PEglife, mais aufll dehors: car quoique les Infidèles ne reçoivent pas les Ecritures, ils ont néanmoins leurs maximes particulières, et c’est par la foi qu’ils les reçoivent, ils ne laiflent pas de s’accorder avec elles, en ce qui regarde la foi; C’est de cette vertu dont je me vois obligé de vous parler à Toccafion des paroles que nous avons lues aujourd’huy, elle vous apprendra comment il faut plaire à Dieu: car quel est l’homme qui s’attacheroit au ferviçe de Dieu, s’il n’en avoit aucune récompenfe à attendre? -, comment une jeune fille se dcffendra-t’elle des attaques qu’on fait à sa vir- rtitc, ou comment un jeune homme gardera-t’il tempérance, s’ils n’efperent point la couronne de l’immortalité, qui ne se flétrira jamais.
La foi « st un œil qui éclaire la confcience4, et qui luy donne l’intelligence de ce qu’elle voit, car comme dit le Prophète; Si vous ne croye% pas ’vous rienten-Vu 7% 7C pas; la foi arrête la fureur des Lions, comme l’Ecriture le dit de Daniel, qu’il fut retiré Je Ufijst Dn- »
y que les Lions aufquels il avoit été expofe, ne luy avaient fait aucun mal, parce quil creyoit en Dieu. Y a-t’il rien de plus horrible que le Diable, nous n’avons cependant point d’autres armes pour nous deffendre de lui que la foi. Elle est un bouclier fpirituel-contre cet ennemy invisible, et telles que soient les flèches qu’il nous tire, il ne bielle que dans les ténèbres ceux qui ne veillent pas; dans ce temps même que nos ennemis nous biffent en quelque repos, la foi est comme un manteau, qui nous couvre, fybif. t..ou comme parle l’Apôtre, c’est un bouclier; en toute rencontre, dit-il, Prenez le bouclier de la foi 3 par lequel vous pourrez éteindre tous les traits enflamme du Démon. Souvent le Démon excite en nous des mouyemens deshonnêtes, ce sont des flèches de feu, mais la foi réprefentant à l’esprit le jugement de Dieu, appaife l’émotion y et éteint le feu qu’on avoit allume en nous.
Il y a tant de choses à dire sur la foi, qu’un jour ne fuffiroit pas, je m’arrêteray seulement à ce qu’elle fit faire autrefois dans l’ancienne Loy a Abraham, puisque par la foi, nous sommes les enfants de ce Patriarcne; il fut justifié non feuler ment par ses œuvres, mais sa foi luy fit pratiquer plusieurs grandes actions, et il ne mérita d’être appelle l’amy de Dieu qu’après avoir crû, et avoir don- % né des témoignages de ta foi; ce fut la foi qui luy fit quitter ses parens, sa patrie, son pays, et sa maison. Tâche? d’être justifié comme il l’a été, fou corps prefque mourant par sa vieilleffe, et hors d’âge d’avoir des enfants, sa femme étant dans Jimpuiffance d’çn avoir, et n ayant aucune et pcrahcc d’avoir posterité, Dieu luy ayant promis un fils, il perfevera dans cette foi, et sans avoir égard àlafoiblcfle de son corps, se confiant à la promefde celui qui est tout puiffànt y son corps prefque mourant reçut la vertu de concevoir ce fita contre l’attente de tout le monde, et dans la suite ayant reçu ordre de facrifier ce Fils, quoique Dieu îuy eue allure une nombreufe posterité par Ifaac, il offrit ce fils unique à Dieu, croyant que quand même il serait mort y Dieu pourroit luy rendre la vie y il attacha ce fils avec des cordes, l’étendit sur le bûcher y Tayant déjà immolé dans son cœur, Dieu con- tent de sa volonté, par un effet de sa bonté, luy rendit ce fils tout vivant; un agneau s’étastt trouvé là, Abraham le facrifia à la place de son fils Dieu pour récompenfer sa foi, Taflura de nouveau qu’il lcroit le Père d’une nombreufe posterité, et lui ordonna fet Circoncifion qui devoit être le sceau de sa foi, etPaflurancc des promeffes de Dieu.
Voulez-vous voir comment Abraham a été le Père de tant de peuples, il est sur que tous les Juifs selon la chair, détendent de luy, mais il est confiant pat l’Ecriture, qu’ils n’en sont pas les enfants, s’ils n’en viennent que par la chair; et non par la foi; car juand nousnc descendrions pas d’Abraham selon k chair, nous ferons (es enfants si nous imitons sa v et tout incroyable qu’il soit que des morts puiffent reffufeiter, que des vieillards prefque mourans puiffent avoir des enfants, nous ne devons avoir aucune peine à le croire, depuis que nous fyvons que Jésus-Christ après être mort à la Croix y cil relïufcité, nous devenons donc les enfants d’Abraham par la reflfemblance de nôtre foi avec la Tienne; c’est elle qui nous fait efpercr que nous recevrons comme luy le sceau fpirituel du S.
Esprit par le bain du Baptême, nous recevrons la Circoncîfîon, non celle qui est visible dans la chair, mais celle qui se fait dans le cœur, et dont Jeremie parloit en disant, Circoncife le prépuce de votre cœur à
CqIoJ, t. j)ieH 9 et dont parle S- Paul lorsqu’il dit, Vous avez êtez circoncis non d’une circoncifion faite par la main des hommes 3 four vous dé fouiller du corps charnel, mais de la circoncifion de Jésus-Çhrist, ayant été enfevelis avec luy dans le Baptême. Si vous confervez cette foi, vous serez irreprehenfiblcs, et accomplis en toute sorte de vertus car la foi est si puissante, qu’elle rend légers ceux qui marchent sur les eacux, et les empêche d’enfoncer. S, Pierre étoit un homme compofé de chair et d’os, comme nous, et nourry de femhlables alimens; Jésus luy ayant dit de venir à luy, il marcha sur les eaux, la foi les luy rendit aussi fermes, que s’il eût été sur la terre, et comme si elle eût ôté la pefanteur à son corps, elle l’élevoit pour le rendre léger; tant qu’il eut de la foi, il marchoit furcment sur les eaux, mais dès qu il vint
Mth.n. à avoir peur, il penfa être fubmergé, comme si son corps fuivoit le mouvement de la foi, ayant un peu chancelé, il commençait d’aller à fond, aussi en reçût-il le reproche de Jésus-Christ, qui con noifToit le fond de son cœur J et qui voulant corriger la disposition de son Apôtre, luy dit, Homme de peu dçfoy 9 pourquoy avcz-vçuf dçuté / et l’ayant de Jêrufalem. V. Catcch.1 ïij pris par la niain pour le raflurcr, s’ appuyant sur le bras de celuy qui le conduifoit, il continua à marcher sur les eaux, comme le dit aussi l’Evangile, qu ils montèrent cnfemble dans la barque, marquant alTez, non que Pierre entra dans la Barque, après avoir été à Jésus, mais qu’il luy fallut revenir sur ses pas pour retrouver la barque, et y entrer avec Jésus Christ.
La foi a tant de vertu que non seulement elle lâuve ceux qui croyent, mais elle fait que plufîeurs sont fauvez à caule de la foi des autres: il y avoit un Paralitiquc à Capharnaum, et il n’avoit pas la foi, mais ceux qui le portoient pour le préienter à Jésus-Christ, l’ayant fait descendre avec des cordes par le toiét de la maison, ilseroyoient que Jésus-Christ pouvoit le guérir, l’Evangile dit que le Maî; Sauveur voyant la foi des gens 3 dit au Paralitique Levcz-vous; Ceux qui le portoient avoient la foi, et clic procura la fanté au Paralitique; Si vous voulez encore être plus convaincus que ceux qui croyent, peuvent procurer le salut aux autres: Lazare étoit tt, et étant dans le tombeau depuis plufîeurs jours, les nerfs étoient diflfous, et son corps fentoit mauvais, vous jugez bien qu’un homme mort depuis quatre jours, ne pouvoit croire, ni prier le Sauveur; mais ses fœurs firent ce qu’il ne pouvoit frire; le Seigneur étant venu chez elles, une de ses foeurs s’étant prosternéc aux pieds de Jésus-Christ, luy ayant dit que son frère fentoit déjà mauvais çtant mort depuis quatre jours, le Seigneur luy repartit, Si vous croyez ê vous verrez la gloire de Dieu Joéut.xu comme s’il disait, la foi est capable de Vous rendre ce que la mort vous a enlevé; la foi de ses fœursfut assez puissante pour retirer un mort des portes de l’enfer, si donc en croyant pour les autres, on a pu reffufeiter des morts; si vous croyez fincerement par vous même, quel avantage ne vous procurerez-vous point, quand même vous feriez iiw fideh Mrc. s- Dieu cpî est bon se prefente par sa bonté a celui qui fait pénitence, dites-Iuy seulement, Je (rote Seigteur, aidemoy dans Ufnhkjfe de ma. foi; Si étant? ndel, vous ne vous fentez pas assez affermis dans la foi, il est neceflaire de dire avec les Apôtres, Seigneur augmente en nous L foi, etc il fortifiera le peu qui est en vous: Quoiqu’il n’y ait qu’une seule foi, on la divife ordinairement en deux 5, l’une instruit l’amc de quelque dogme ou vérité qu’elle ne fçayoit pas, et c’est d’elle dont parle Jésus-Christ lorsqu’il dit; Celuy qui écoute ma parole, et qui croie en celuy qui ni a envoyé a la me étemelle, et ne sera point jugé-.ôc aussi quand il aflurc que celui qui croit ne sera, point jugé, mais qu’il p« stra de la mort a la vie éternelle, _ O que la bonté de Dieu est grande l les justts sont éprouvez pendant ptufieurs années, et ce qu’ils n’obtiennent qu’après un temps très long, Jeius-Chnst l’accorde en un instant quand on a la foi; car si vous croyez que Jésus-Christ est le Seigneur, que Dieu l’a retiré de la mort, vous serez fauvez, Se vous serez enlevez en Paradis. Celuy qui a sauve un larron qui a cru pendant une heure sur ce faine lieu de Goigotha „vous fauveta aussi, si vous croyez di Jerufidem. V. Càtechr - T17 »
« L’autre cfpccc de la foi, se prend des grâces que Dieu nous accorde, car le S. Èfprit communique à • Cn.ni ïun le don de parler avec fageffe, un autre reçoit le don de parler avec feience par ce même esprit, il fait part à un autre de la grâce de guérir lés malades: or cette foi qui nous est donnée par la grâce du S. Esprit, n’ett pas seulement dogmatique, mais elle nous peut faire faire des miracles, des prodiges, et quiconque Ta, peut commander à une montagne de changer de place, et elle le sera, c’est quand celuy qui parle, croit de toute son ame, sans aucun doute, qu’il peut faire ce qu’il dit, c’est pour lors quelle opère ces prodiges; c’est de cette foi dont parle JésusXhrist, en disant, Si vous aviez Ufoy comme un grain de Sénevé » H n’y a point de grain si petit que celui-là, néanmoins quand il a cru, il est le plus grand de toutesies légumes, et il devient un arbre, de sorte que les oifeaux du Ciel se viennent loger sur ses branches, aussi pour peu
Qu’une ame ait de la foi, elle est capable de faire e grandes choses; elle nous fait voir et contempler Dieu, elle nous fait prévoir la fin du monde, et nous réprefente le jugement avanf même la consommation du fiecle, et les recompenfes que Dieu flous a promifes; Croyez donc fermement en Dieu f afin cjue vous obteniez de luy la foi qui opère tant de merveilles, ayez de la foi pour les choses qu’on vous enfeigne, et pour les promefles qui vous sont. faites.
Confervcz celles que vous recevez de l’Église y qui est munie du témoignage de l’Ecriture faiiv te car comme tous les hommes ne peuvent pas se re l’Ecriture i, les uns en étant empêchez par leur ignorance, les autres par diverfes occupations de la vie, de peur que vous ne perdiez vôtre ame par l’ignorance, nous comprenons en peu de mots tout Ce qu’on est obligé de croire je vous prie donc de vous fouvenir de ce que je vous fcray, etc de le mettre dans vôtre esprit, non qu’il soit nécessaire de l’écrire sur du papier, mais gravez-le dans vôtre mémoire, méditez- le souvent.
Et prenez garde qu’un Catecumene n’apprenne de vous ce que l’on vous dit icy 8, regardez cette doctrine /comme le guide qui doit vous conduire dans toute vôtre vie, donnez- vous de garde d’en recevoir d’autre, quand ce serait nous qdi vous parlerions, ne nous écoutez pas, si nous venions à avoir d’autres fentimens; quand ce serait un Ange, regardez-le comme un Démon changé en Ange de lumière pour vous féduire; en un mot je vous dixay avec l’Apôtre, Qui que ce soit qui ’vous annonce un autre Evangile, que celui que nous vous avons an nonce ’ 3 quand ce serait nous- mêmes, ou un Ange du Ciel, qu’il foitanatbéme. Je vous prie donc de vous fouvenir de tout ce que je vous ay xlit, et d’être pefr fuadez, que c’est la seule et véritable foi, eten suite, vous pourrez à vôtre loifir en chercher W preuves dans l’Ecriture: car ne pensez pas ’que ce (oient les hommes qui ay ent drefTe ce que la foi vous oblige de croire. Les principales choses sont tirées de l’Ecriture, dont on a fait un abrégé de la foi, et comme la femence du Sénevé renferme en elle plu- fleurs
fieurs branches, aufll la foi ’contient en peu mots un précis de l’ancien et du nouveau Testament. Voyez donc, mes Frères, à vous arrêter à la doctrine que vous avez apprife par tradition?, gravezla dans vôtre cœur, afin de la conferver avec pieté, car si vous demeurez dans le doute, et dans rincertirade, il est à craindre que l’ennemy ne vous fafle • périr, et que les hérétiques ne renverfent la doctrine que je vous ay enfeignée.
Il en est dt la foi comme de l’argent qu’on compte sur unetable pour le garder; Dieu vous demandera compte des discours que vous avez ouy, comme d’un dépôt qui vous a été confié. Je vous conjure donc avec l’Apôtre devant Dieu qui donne la vie à toutes choses, et devant Jésus-Christ, qui rendit un si beau témoignage de la vérité sous Ponce Pilate, de garder sans tâche et sans reproche le précieux dépôt de la foi qui vous est confié, jufqna l’avènement de nôtre Seigneur Jésus-Christ; on vous a confié le trefor de la vie, et le Seigneur, quand il viendra, vous en demandera compte, Se il sera paraître dans son temps qu’ilst le fcul bienheureux, et le seul puiffant, le Roy des Rois, le Seigneur des Seigneurs, le seul immortel qui habite une lumière inacceffible que nul homme n’a Vu, ni ne peut voir, à qui appartient la gloire, l’honneur et k force, avec le S. Esprit, présentement a toujours dans les siècles des fiedes. Amen.
Les Catechefcs iefxint ÇyriUe
Notes sur la cinquième Cetteâoefe.
P Ouchant la Foi. Comme la foi est le fondement des autres vetw tus, c’tst par elle que S. Cyrille commence à expliquer les dogmes de la Religion; il relevé cette vertu qui nous t it appelle fidèles, et qui distinguele Chrétien d’avec les Infidèles, par ce qu’il croit tout ce que l’Église- luy propofe.
S. Cyrille relevé encore icy la qualité de fidèles, qu’on donnoic aux competens dans les Églises d’Orient. Au lieu qu’en Occident, on ne le donnoit ordinairement qu’à ceux qui avoiei t été baptisés Comme le marque S. Augustin: Notant fidèles y il n’y a que les fidèles qui ont été baptisés qui connoiflènt nos mysttres.
i // e/l rare de trouver un vray fidèle. Le nombre des mauvais Chrétiens et sur tout des hypocrites a de tout temps été le plus grand. Belle defeription de l’esprit du Christianifmc, son détachement, si modération, sa patience. L’objet de la foi est Dieu, et les recompenfes qu’il nous fait efperer.
On s Attache a Dieu far Cefptranc des biens éternels. Ainsi l’amour d’efperance; aussi S. Clément d’Alexandrie parlant du parfait Gno stique, qui est le vray Chrétien, dit que celui qui est vrayment fpirituel, le réjouit dans la vûè’ des biens que Dieu luy promet, comme s’ils lui étoient déjà préfens-, c’est cette espérance qui a fait les Uebr.xi. Martyrs, les Solitaires, les Vierges. Afpkiebam m tmumtrationem ié- dit S. Paul.
La foi est t étoile atû éclaire. Les lumières qu’elle répand dans Famé. Elle nous fait rehster aux Démons, triompher des tentations.
On divife ordinairement la foi en deux. Ces deux sortes de foi ne sont différentes que dans leur objet c’est le même habitude qui nous fait croire les dogmes qu’on nous propofe, et pratiquer les vertus morales.
Conferve celle que voit ave rtçue de PEgBfe. C’est elle qu’il faut écouter, cVst à elle à nous expofer et à expliquer ce qu’on doit croire 11 n’y a proprement qu’en croyant ce que l’Église nous propofe, qu’on a la foi; et cette foi nous est venue par la tradition, gui est munie du témoignage de l’Ecriture sainte. Iiam à folk Ecdéfia tih traditam, et feriptura mumtam. Cette foi dont il parle, CC sont les principaux articles contenus dans l’abrégé de cette foi, que nous appelions le fymbolej et que 5. Cyrille se promet d’expliquer par des témoignages de l’Ecriture.
« « 7 Tous les hommes ne peuvent pas lire t Ecriture. Ainsi elle n’est pas abfolumcnt neceflaire à chaque hdele en particulier; les unis en étant empêchez par leur ignorance, les autres par diverfes occupations de la vie, C’eÂlc fentiment le plus judicieux qu’encore qu’on doive rc de Jcrufalem. V. Catech- 131 commander aux fidèles la leeture des Livres facrez, que nous devons méditer avec soin la parole de Dieu, cV nous bien garder de négliger ces divins Ecrits de nôtre Rédempteur » qui nous ont été addrelfajdit S. Grégoire » Stndctt quafo, Dti verba mcditari; no-??’1’ • j, Ute itffictn verba nojtri Rcdemptoris, qua ad nos mi/sa funt: Que c’est c • 3 à nous i oublier les folies et les amuf emens des Poètes et du thea- j tre pour nourrir notre ame de la méditation, ôc de l’étude des divines Ecritures -, Que c’eitli l’école ou Us enfants de Dieu doivent l’inûruire, comme parle S. Augustin. Omijfis rutgis thtatricis, et, foeti- ub. de ver.
« « « cis, divinantm Scripturarum cmfidtration pafiamM anïmum Ce- et’’£• ’• S1 pendant ce S Docteur allure que la lecture des Ecritures n’est pas abfolument necciTaire au salut Ôc dit qu’un homme appuyé sur la Foi, l’Efpcrance de la Charité » n’a befotn des saintes Ecritures » que pour instruire les autres y puisque beaucoup de iolitaires avec J ces trois vertus vivent dans les deierw » (ans le fecours des Livres faims. MM per bac trié ( Fide, Spe, Charitatt ) ttiam m folitudim Lih- f • fat ceiiâkMS vivimu djSiuchtïfi.
« « « « « Aussi combien y a-t’il de gens qui ne sont pas en état de les lire » à qui il ne faut que du lait, et non pas une viande folide » comme parle S, Paul » i. Cêr.. i. Lac vobïs potum dedi, mn efeam » ÔC 4 qui de Amples instruetions fuffifent. Combien d’ignorans et de le gers détournent les saintes Ecritures à de mauvais fins pour leur propre ruine, comme parie S. Pi rre 2. sur. 3. 16. lndoUi instabik dtpravam Scripturat ad fnsm ipforum perniciem: ainsi est on obli- ge de leur en interdire la lcâure. Voilà pourquoy on y a fupplée parle fymbole, qui comprend en de peu mots tour ce qu’on est obligé i de croire, et qu’il faut savoir par cœur. S. Irenée avoir parlé com- me S. Cyrille, que quand les Apôtres ne nous auroient rien lauTé.j.t 4« pr écrit, il fcut fuivre l’ordre de la tradition qu’ils ont lailTée aux Evêques, i qui ils ont commis leurs Églises, Que c’est cet ordre et cette règle que fuivenc plu fleurs Nations qui croyent en Jésus-Christ, ns avoir lufage des lettres ni de l’encre, et qui n’ont d’autre EcriWre que celte que le S.
Esprit a gravé dans leurs cœurs, cV qui néanmoins gardent avec grand soin la tradition ancienne, c’est ce que S. Cyrille recommande si souvent: Vidttt ut fervetis tradiùmts. S. Jérôme dit aussi que le Symbole de nôtre foi, 6c de nôtre espérance donné par les Apôtres, n’est pas écrit sur le papier avlc de l’encre, mais sur les râbles de chair du coeur humain. Ainsi les deles le fçavoient par cceur, on ne l’écrivoit point sur le papier, ûû le failôir apprendre aux Catecuraénes, et on le leur falloir rester le Jeudy uint, comme l’ordonne le Concile de Laodicée. C’est « commune créance des Chrétiens que le Symbole a été fait par j » les Apôtres ajTemblez ensemble pour servir de règle de foi, Çest pour cela que S- Irenée, Tertulhen, S. Jérôme disent que le Symbole est la règle de foi que l’Église a reçue des Apôtres -, mais quoique le Symbole foie en effet des Apôtres, quant à la doârindf qu’il contient, plusieurs prétendent qu’il n’est pas d’eux quant aux ternies: qu’ils s accordèrent tous d’une voix à enfeigner les mêmes mystères, que leur Symbole étoit le même seulement dans le sens, non dans les paroles, autrement les Auteurs qui le rapportent » l’euflent donné dans les mêmes termes, au lieu qu’on y trouve quel »
Sue différence dans les termes, et dans quelques articles. S. Jeromp ans sa lettre à Pammaque, remarque que le Symbole finiflbic par l’article de la Refuçreetion de la chair, sans ajouter la vie éter nelle, qui étoit dans le Symbole vulgaire, comme il y est encore à présent; Au reste il n’y a aucune apparence que chaque Apôtre Serm. u- ait prononcé fon’ article, comme le dit l’Auteur d’un fermon attribué à S. Augustin, S. Léon, ôc Fortunatusj il est plus vraif-mblable qu’ils le firent en conférant tous ensemble. Dans le Symbole que S. Cyrille va expliquer qui est incontestablement celui de son Eglï- se, on peut y remarquer quelque différence d’avec le nôtre.
« ï Article Je crois en un seul Dieu, Père toutpuijfant, invisible, et. impdJfiUe. Ces deux derniers mots » ne sont pas dans le nôtre.
i Et en un seul Seigneur Jésus-Christ son Fiés, Et nous disons, Ee çn Jésus-Christ son Fils unique nôtre Seigneur,
Qui est né du S. Esprit 9 de la Vierge Marie. Et le nôtre est, Qui a été conçu du S. Esprit, et né de la Vierge Marie. _ 4 A été crucifié sous Ponce Pilate, et a été enfeveli. Le nôtre dit, A fouffert sous Ponce Pilate, a été crucifié, est mort, ÔC a été enfeveli, qui est descendu aux enfers.
Le troifiéme jour est refufeiti des morts. Dans le nôtre c’est le même.
Est monté aux deux, et eJTaJfis à la droite de Dieu le Père, te nôtre ajoute Tout-puissant.
D’okU viendra juger les vivans et les morts. Cestdemçme dans Le nôtre.
Et au S. Esprit. N« us disons, Je crois au S. Esprit, thje crois la faime Église. Dans le nôtre il n’y a pas Je crois. Et nous ajoutons la sainte Eelife catholique, la Communion des Saints. »
io La remijfion des juchez. Cela est de même dans le nôtre.
h La Refurrestïon de la chair.
il La vie étemelle. Ces trois derniers articles te trouvent de ffiê, me dans le nôtre.
Il faut seulement remarquer que de nouveaux critiques ont ofé avancer mal â propos que le Symbole de Jérusalem ne comprenoit ni I article de l’Église catholique, ni celui de la vie éternelle, pendant qu’on voit S, Cyrille qui se propofe dans {es Catéchèses d’expliquer ces deux- articles, et qui en effet les explique.
« Il faut aussi obferver que dans l’explication des articles du Symbole de: l’Église de Jérusalem, S. Cyrille nelaifle pas d’y explique » U dy. faire raenuoa de ce qui femblroit y etrp omis, n Je coofc
De Jérusalem. V. Catcch. Ï33 parant avec le nôtre; Ainsi d0s la Catéchèse 12. où il explique incarnation du Verbe, il y expofe aussi que Jésus-Chcist a été conçu du S. Esprit, et qu’il est né de la Vierge Marie, et le oropofe conrae un article que la foi nous oblige de croire. Crtdt hune mistwm Dei Filium ex fansta Firgine, atque Spiritu faneto natum efe.
A l’égard de la defcente de Jésus-Christ aux enfers, Rufin dit que m txptfi le Symbole de l’Église de Rome, et celui des Eelifes d’Orient, ne Symb ploient point dé Jésus-Christ descendu aux enfers. Seitndum auod in Eccltfii Roman Symbolo, neqne m Orient is Ecclefiis non habetur âdàtm, Defcendit ad inferos, vis tamen Verbi eadem vidant ejfe in te juod fepultus dicitur. Rufin convient donc que de son temps cette addition ne se trou voit que dans le Symbole le son Eglilc d’Aqailée, mais qu’en disant que Jésus-Christ avoir été enfeveli, on entendoit aussi qu’il étoit descendu dans les enfers. Aussi voyons-nous que S. Cyrille parle de îa defcente de Jefiis-Christ aux enfers en expliquant sa fepulture de même qu’en parlant de l’Église Catech. 18- il explique comment elle est catholique- Dans le Symbole d’Aquilée il n’y avoit pas non plus le terme de catholique.
La plus grande différence regarde l’article de la Communion des
Saints, qui ne fè lit ni dans S. Cyrille, ni dans Rufin, ni dans S.
Pierre Chryfologue. On le trouve dans S. Ambroise, c est une suite de l’unité de l’Église dans laquelle tous les biens sont communs à ses enfants.
le Symbole que nous appelions de Nicée,.qui est compofé et de celui de Nicée, 6c de celui de Constantiriople; Il n’y a qu’à les conxempler pour s’en convaincre. Voicy le Symbole de Nicée, Je croy eh un seul Dieu, Créateur des choses vihbles ôc invifibles.
Et un seul Seigneur Jésus-Christ, Fils de Dieu, engendré du Pert9 fils unique de la fub fiance du Père, Dieu de Dieu Lumière de Lumh v fff vray Dieu du vray Dieu, engendré et npn pas créé, consubstantiel à son. Ptre, par qui toutes choses ent été faites dans le Ciel et sur la terri. 11 n’y a aucune de ces éxpreffions qui ne soit prouvée Se expliquée par S. Cyrille dans tes Catéchèses sur Jésus-Christ, FilsUnique de Dieu..,.
Qui est descendu pour nous autres hommes, et pour nôtre salut, Qui a été incarné et fait homme ( voilà ce que S. Cyrille appelle di incarnato et inkumanato. ) #.
Qfoujfert9 qui est refufeité, et monté aux Cieux, et qui w4ra juger Us vivans et les morls, et au S. Esprit.
Tout ce Symbole de Nicéejfe trouve dans S. Cyrille, vojcy les additions qu’y fit le Concile de Constantinople en 383- à l’article du Père, aptes omnium vifibilinm et invifibilium. On ajouta Faclorem Cœli et terrée. Contre les Marcionites et les Manichéens, quirecor aoiflbieat deux principes.
r r - R nj 134 Les Cdtechcfes de stint Cyrille
« A l’article de Jésus-Ohrist on ajoya ndtnm antc omnid steulâi L’éternité 4u Verbe, et pour marquer (a conception temporelle, on y inféra contre les Apollinar istes de Spiritu fdntto, ex Marti virgmt. Le Concile de Nicée avoit seulement dit, Pajfns est, et on y ajouta Crucifixm pro nobis fub Pontio Pilato, papit et stpultus est... puis ei nUxteram Punis.... C/j rvgj » non erit finis.
« Et pottr ce qui regarde le S. Esprit,% le Concile de Constantinople voulant marquer plus expreilèment sa divinité, l’appelle Stigntnr vivifiant qui procède du Père, qu’on doit adorer de glorifier avec le Père et le Fils, qui a parlé par les Prophètes, puis on y fait profeflïon de ne croire qu’une seule sainte et apostoliquc Eglife, de confeflèr un seul Baptême pour la remiffion des péchez, d’attendre la Résurrection des morts, et la vie du fiecle futur. Plus je compare ces deux Symboles de Nicée et de Constantino » le réduits en un, plus je nie perfuade que c’étoit le Symbole de erufalem, qu’on a adopté dans le Concile de Constantinople puisque tous les articles des deux Symboles sont expliquez mot a mot par S. Cyrille bien long- temps avant le Concile de Constantinople, comme il y.ffisti, peut- erre eut il bonne part à faire recevoir pour toute l’Eelife le Symbole de son Église: On voit dans ses Catéchèses sur le S. Esprit, que la plus grande addition que fit le Concile de Constantinople au Symbole de Nkée, regarde le S. Esprit, et que rout ce que le Concile en dit, se trouve expliqué fort au long par S. Cyrille.
Prtnegdrdt fut quelque Catlcttmènt n apprenne de vus a anonSt ky. Le fecret de nos mysterrs envers même les Catecuménes.
Pdr tradition. Il recommande toujours la dodnne de l’Église, comme un dépôt qu’on lui a confié, et qu’elle a tranfmife par le canal Mi/0.1. 1. de la tradition y Ofpofitmn eufiodi: comme lavoit marqué S. Paul, gardant ce que vou avtz appris de moy devant plulieurs témoins, donnez- le en dépôt à des hommes fidèles, qui soient capables euxmêmes d’en instruire d’autres. Qa andisti d me fer muitos testes, ha tomntnia fidelibus bominibut, qui idonti erunt et alios docert. C’estpar ce moyen que la faine doârinc s’est communiquée de main €• main à ceux qui viendront après nous jusqu à la en du moûclc.
Catéchèse VI
Faite sur le champ, de la Monarchie de Dieu, sur ces paroles du Symbojc, Je croy en mfeul Dieu, et des Herefies après la lceture de ces paroles d’ifaïe: Que les (fies se tournent vers moy four être renouveUe’es, le Seigneur fauvera Ijraèl d’un salut éternel.
QUE Dieu le Père de nôtre Seigneur Jésus Christ foie beny, que son Fils unique foic auflt beny, car en penfant à Dieu,’ on doit se reprefenter le Père, afin de célébrer la gloire, et la louange commune et infeparable du Père, et d Hls, avec le S.Esprit; car le Père n’a pas une gloire différente de celle du Fils, ils n’ont qu’une même gloire avec le S. Esprit, puisque le Père n’a qu’un Fils unique, et qu’en glorifiant se Perc, le Fils joint de la même gloire avec le Pcre, et la gloire du Fils vient de l’honneur du Père, et auflt àt même en glorifiant le Fils, le Perc se trouve honorer, comme en étant le principe Il n’en est pas de la langue comme de l’esprit, celui-cy pat sa vivacité, et par sa fubtilitc conçoit en un instant i3 £ Les Catechejis de saint CyMe plusieurs choses à la fois, mais la langue a bcfoîri dé plufîèurs paroles, et de longs difcoùrspdurex- poler ce que l’esprit conçoit tout d’un coup il ea est commodes yeux qui apperçoivent en un instant le Ciel, et les astres qui y sont attachez, mais U faut bien du temps, etbien des raifonnemens pouf1 expliquer chaque étoile, ce que c’est que l’étoile du matin, et celle du foir l’esprit se reprefente en un moment la terre, la mer, et toutes les parties du mojkte, qu’on né peut exprimer qu’err beaucoup de paroles: Tout fenfible que soit l’exemple que je vous donne, il est encore foible pour exprimer ma penfée, quoique nous difions de Dieu, nous ne pouvons jamais expliquer ce qu’il est 3 f il n’y a que lui seul qui se connoifle parfaitement y nous n’en pouvons parler que selon nôtre foibleffe et nôtre peu de capacité; car il n’est pas poC fible de dire ce que c’est que Dieu, etnous avouons ingenuëment qu’on ne peut en avoir une idée parfuite, Se en déclarant ainsi nôtre ignorance, nous protestons en même temps combien il est grand.
Publiez donc avec moy combien le Seigneur est grand, et exaltons tous d’une voix son S. Nom, un seul ne le peut pas, quand même nous nous unirions tous ensemble avec toute l’Église répandue dans tout l’Univers, nous ne pourrions jamais le louer comme il le mérite. Vous fçavez quel étoic le mérite d’Abraham, comme il étoit honoré de tout k monde, cependant, quand il luy falloir parler à Dieu, il protestoit fincercment,.et combine il le ptnfoit, Je ne suis, disait-il, que terre (?
Je ferufalem. V I. Catcch. iy foujstere y il ne dit pas seulement qu’il étoit terre Gtmf. sans rien ajouter, mais de peur qu’on ne crût qu’il se fut comparé à ce grand Elément, il ajoute au il est aussi cendre et paujjiere pour reprefenter la foiblefTe et la fragilité de son être. Qui et-t’il de plus vile, et de plus léger que- la cendre? comparez la cendre avec une maison 3 une maison avec une ville, une ville avec une Province 3 une Province avec l’Empire des Romains, l’Empire des Romains avec toute la terre, toute la terre avec le Ciel tout ce qu’il contient -y comme il n’y a aucune proportion entre la terre, et le Ciel, le moyen d’une roue avec sa circonférence, vu même que le premier Ciel qui paroît à nos yeux, est bien moins vaste que le second, et le fecQnd moins étendu que le troifiéme 4 c’est pour cela que l’Ecriture parle de plusieurs Cieux 9 non pas tant parce qu’il y en a plusieurs, que parce qu’il nous est avantageux: d’en connoître de differens -, mais quand nôtre esprit pourroit concevoir toute l’étendue, et le nombre des Cieux, tous les Cieux ensemble ’ne pourront jamais louer Dieu comme il le mérite y quand même ils feraient entendre leur voix avec plus de bruit que ne fait le tonnere.
Si donc toùtç ’la vaste étendue des Cieux ne peut loiier Dieu de la manière qu’il faudrait, comment la terre et la cendre, qui est ce qu’1 y a de plus petit et de plus vile pourra-t’elle chanter un hymne digne de Dieu, qui renferme le Ciel et la terre, et qui regarde cornue des moucherons tous ceux qui l’habitent? Si quelqu’un veut entreprendre de parler de Dieu 138 Les Catcchefes de saint Cyrille qu’il commence par expofer l’étendue de la terre; Quoy vous êtes sur terre, et vous ne fçavez pas les bornes de la terre qui est vôtre maison! comment pourrez-vous concevoir celuy qui Ta créée de la ma niere qu’il le mérite? Vous voïez les étoiles du Ciel, mais vous ne voïez pas celui qui leur a donné l’être; Comptez, si vous le pouvez, celles qui paroiflent à vos yeux, alors vous parierez de celui que vous ne voyez pas, qui compte le nombre des étoiles, et qui les appelle toutes par leurs noms -, Comptez, fî vous le pouvez 5 les goûtes d’eau qui sont tombées du Ciel paries pluyes qui ont penfé nous fubmerger depuis peu s Comptez, fî vous pouvez % les goûtes qui sont tombées, je ne dis pas dans cette ville, mais dans une maison pendant i’efpacc d’une heure, et fî vous fentez que vous ne pouvez les compter, reconnoifTez par là combien est grande la vertu et la puissance de Dieu 9 qui: onnoît toutes les goûtes qui sont tombées y et qui tomberont jamais par toute la terre.
Le Soleil est Tpuvrage de Dieu, et tout grand qu’il soit en lui-même, il est petit par rapport au Ciel 5 Commencez par envifager fixement le foleii, et puis vous verrez si on peut connoître ce que c’est que Dieu; Ne vous portez point à ce qui est au deffus de vos forces, méditez seulement ce qui vous est commande. Mais dira quelqu’un, si on ne peut concevoir ce que c’est que l’efTence divine y pourquoy donc nous en parlez vous? mais je vous diray, est-cc que parce que je ne puis avaler toute Peau d’une rivie ce je n’en dois point boire ce qui est neçeflairc pour étancher ma foif; est-ce que parce que je ne puis voir le soleil en lui-même, je ne me ferviray pas de sa lumière pour mon ulage; et parce qu’étant dans un grand jardin, ne pouvant manger de tous les fruits qui y sont, vous voudriez que j’en fortifie sans en prendre autant que j’en aurois befoin pour appaiferjna faim?
Si je public les louanges et là grandeur de celui qui m’a donné l’être, cela nous est commandé par les paroles de l’Ecriture, Que tout estrit loue le Seigneur. Je vous diray Pf. 15. donepréfentement de donner des louanges à Dieu r non pas d’exprimer ce qu’il est, quoique je {cache que mes lotianges ne répondront point à la grandeur de celui que je loiieray, mais je croy qu’-. il est de nôtre devoir, et de nôtre religion de le louer de toutes les manières.
« Le Seigneur Jésus exeufera ma foiblefle et mon infufifanec, car il dit que ferfonne n’a jamais nxu Dieu ], dn. n Si quelqu’un dit que selon l’Ecriture les Anges du Ciel voyent toujours la face du Père, qui est dans les Cieux, je vous répondray que les Anges ne le voyent pas tel qu’il est 5, mais comme ils peuvent j Jésus-Christ est le rfeul qui le connoule parfaitement} aulfi dit-il, Personne ne connoît le Père, si-Mtth.tu non celuy qui est de Die », et celui-là voit le Père: Les Anges le voyent donc selon qu’ils en sont capables, les Archanges comme ils peuvent, les Trônes etles Dominations le voyent plus clairement que les autres, mais toujours au deflous de l’éclat de sa Majesté, et de ce qu’il peut être vu, ils ne le voyent Qu’autant qu’il est neceflaire avec le Fils et le S. n S ij
Esprit, mais il n’y a rien de caché que cet Esprit ne fonde, jusqu aux plus profonds fecrets de Dieu; Jésus-Christ le Fils unique de Dieu, connoît aussi très parfaitement le Père, et le S. Esprit 3 Nul « niMath.u.me, dit-il, ne connoît le Fils que le Père y et nul ne connoît le Père que le Fils, et celui à qui le Fils le veut découvrir Il voit donc le Père comme il faut, et fait connoître Dieu avec l’Èfprit, et par l’Esprit, autant que chacun en est capable; car ce Fils unique a la même nature divine que le Père, et que le S. Esprit, et est engendré de luy d’une manière incorriprehenfible avant tous les temps; il connoît donc le Père qui Ta engendré,, et le Père connoît aussi son Fils qu’il engendre.. »
N’ayons donc point de honte d’avoùçr nôtre ignorance par rapport à Dieu, non seulement moy qui vous parle, mais’ tout ce qu’il y a de gens, puit que les Anges même ne le connoifTeht que ielon qu’il plaît au Fils de le manifester par le S. Esprit -, même comment pourrions-nous nous expliquer sur ce sujet j etcomstientpourrois,-je l’exprimer par mes paroles, s’il ne nous donne des paroles propres, puisque c’est luy qui nous fait parler; Si je ne puis dire ce que c’est que l’ame qui m’anime, comment pourray-je parler de celui qui la eonferve; il fuffit à votre pieté de savoir qu’il y a un Dieu 5, qu’il est unique sans aucun changement qu’il n’a point d’autre principe de son être que luy même, qu’il n’y a rien de plus pdiffant, et qu’au cun fuccefleur ne peut le déplacer de son Trône quoiqu’on ne puiffe lui donner un nom qui luy convienne, il est tout-puitfant, immuable dans, son elfence, et dans ses perfections; si on le nomme bon, juste, tout-puiffant -, le Dieu des Armées, ces noms differens ne marquent en luy aucune différence réelle, étant toujours unique et le même au dedans de luy- même 6; quoiqu’il produife au dehors de luy, une infinité d’ouvrages, il n’en est pour cela ni plus ni moins parfait, perfeverant toujours à être le même.
Ne pensez pas que sa fageffe soit moindre que sa bonté et que sa clémence; Il est égal, bon, fage, juste. Ne pensez pas qu’il ne voye les choses qu’à demy. Il est tout yeux pour voir, toute oreil! les pour entendre, tojat esprit 1 pour pénétrer le choses, et ce serait un blafphême et une penfée injurieufe à sa grandeur de s’imaginer qu’il y a quelque chose qu’on puifle cacher à ses yeux, et à sa préfence. Il connoît les choses qui doivent arriver par sa préfeieneç, et y pourvoit par sa providence; il est saint, tout-puissant, très bon, très grand, très fage, et tel qu’on n’en peut jamais marquer ni l’origine, ni l’eflence, ni se la reprefenter 8: au£ « l’Ecriture dit de luy., Vous naw% oiïy ni sa DeHtet%i. voix, ni w sa repréfçntation, et Moïse parlant aux iy Hraëlites, leur disait: Remarque bien que vous n’aWK point vu sa, rejfemblance, car moins nous nous figurerons d’images, et de reflfemblance et plus Aotre esprit sera difpofé à se le reprefenter. »
Combien de gens s’en sont formé de faufles idées 9. 5 quelqu’uns ont crû que le feu étoit Dieu, « Uutres se le sont repréfenté comme un homme, »
qui avbit des ailes, s’appuïant sur ce paflage de ff-1’ l’Ecriture mal entendue, où il est dit Vous me mettre en fureté sous l’ombre de vos ailes s sans faire réflexion que Jésus-Christ dit de luy en parlant 1
« Math. iy la ville de Jérusalem, Combien de fois ay-je voulu af stmblcr tes enfants 3 comme une poule ajfemble ses petits sous ses Aies (jr tu ne tas pas voulu.’ car il a prétendu marquer par (es aîles, le soin et le pouvoir qu’il a de nous conferverj c’est donc une mauvaise explication que d’appliquer cela à Dieu, comme s’il étoit en quelque chose semblable à l’homme IO, D’autres se sont imaginez que Dieu avoit fept yeux, à cause que l’Ecriture dit, que les stpt yeux du Seigneur regardent toute la terre: car s’il avoit aufïi plusieurs yeux, il ne verroit pas toute chose à la fois, et en un clin d’oeil », ce qui est un blafphême à dire, 8c une chose injurieufè à Dieu. Il faut croire que Dieu est parfait en toutes choses, corn5- me le marque le Sauveur: Vettre Père céleste est parfait, il est parfait dans sa feience,- dans sa puissance y dans sa grandeur, dans sa connoifTance, dans sa bonté, dans sa mifericorde, dans sa justice, il n’est point renfermé par aucun lieu, c’est luy qui place toutes choses, qui est dans tous les êtres, qui n’a aucune borne; le Ciel est foh Trône, et parconfequent il est au deflus du Ciel, la terré est l’efcabeau de ses pieds, mais sa puifïancc pénètre ju£ qu’aux entrailles de la terre, il est un et présent/paf tout, voyant tout, connoiffant tout, et faisant tout
Ju. 1. pâr Jésus-Christ yar toutes tkofis ont été faites par luy rien de ce qui a été fait, na été fait sans luy y il est
de Jérusalem. VI. Catcch. 14 la fourcc inépuifablc de. tous biens, il répand ses bien-faits avec abondance comme un fleuve-,. il.est la lumière éternelle qui ne ceflera jamais de briller, ilcstlapuissance infurmontable, il s’àbaifle jusqua nous, et s’accommode à nos foiblefles pour nous fecourir, et il est tel, que nous ne pouvons pas foutenir la grandeur de son nom: d’où Job dit, Où Cap. xi.7. trouverc-vous quelque vefhge de Dieu, et penfe%-vous arriver jusqu’du dernier ouvrage de st tout-puijfance.
Si nous ne pouvons comprendre la moindre des choses qu’il a faites, comment concevrons nous celui qui a fait toutes choses; l’oeil n’a point vu, l’oreille n’a jamais entendu, et le cœur de l’homme n’a point conçu ce que Dieu a préparé pour ceux qui l’aiment. Si nous ne pouvons Concevoir seule ment ce que Dieu nous a préparé, comment pourrons-nous concevoir par nôtre penfée, celui qui a préparé toutes ces choses? O abynte de riche ses, de U feJT et U fàence de Dieu, que ses jugemens sont mcompréhenfibles, et ses ’voies iménetrMes, dit l’App- Rm.xt. tre; Si on ne peut comprendre ses jugemens, ni ses voies, comment le pourra-t’on comprendre? mais tout grand que nous le difions, il i’est encore plus qu’on ne peut lepehfcc ou l’exprimer: quand je ferois tout changé en langue, les Anges même tous enfemblc ne peuvent jamais en parier comme il faut, ni comme il le mérite.
Pieu étant donc si grand, et si bon, comment st-ce que l’homme a pu dire à une pierre qu’il a taillée: Vous êtes mon Dieu? O quel aveuglement fcrrible qui ravale la grandeur de la divine MajelU à une chose si vile et si abjeete, Quoy on dira qu’un bois que Dieu a planté 3 et que les pluyes sont croître, et qui depuis étant’ mis au feu est réduit « 1 cendre, que ce bois est Dieu, et au mépris du vray Dieu. »
Et jujfqu’où n’a pas été le defordre de l’idolân trie y, adorer des chats, des chiens, et des loups comme des Dieux; le Lion qui ne cherche qu a dévorer les hommes y a été adoré des hommes mêmes comme, un Dieu des plus favorables; le Serpent et le Dragon /qui reprefentent celui qui nous a fait charter du Paradis y ont aussi reçu les refpeets les adorations des hommes. Je rougis et j’ay honte de rapportçr ces choses, et il y a des Nations qui ont adoré jusqu’à des oignons -, le vin qui est donné pour réjouir le cœur de l’homme, a été ho noré comme un Dieu, le froment que Dieu produit pour nôtre nourriture 3 lorsqu’il -dit à la terre de porter toute herbe et tout fruip capable de nous nourrir, le pain dis-je qui fortifie le cœur de l’homme, a été adoré sous le nom de Céres y le feu qu’on fait fortir d’un caillou en le battant, a aussi été adoré sous le nom de Vulcain.
Les égaremens des Gentils dans la njultitude des Dieux y vient de ce qu’ils n’ont pas cru que Dieu n’a point de corps M, comment auroient-ils condamné les adultères 3 et leurs autres impuretez, eux qui ïçconnoiflbient ces defordres dçtns les Dieux qu’ils adoroient. J’aurois horreur de rapporter les infamies qu’ils publient de leur Jupiter changé en taureau iu en çygnç j Peut-on ïe figurer un Dieu capable de ces ordures, les Gentils peuvent-ils sans rougir voir leurs Dieux furpris dans des adultères, comme si on pouvoit appeller et reconnpître pour Dieu celui qui serait capable de commettre de tels crimes. Ecoutez-les raconter les vangeances et les maux, les infortunes, les incendies, et les defordres que leurs Dieux ont caufé, et autres diffolutions, et vous verrez s’il y a rien qui convienne à la majesté d’un Dieu.
Il étoit donc bien neceflfaire que le Fils de Dieu descendît du Ciel pour remédier à tant de maux, pour guérir une playe si profonde l5, que le Fils vînt au monde pour y faire cônnoître Dieu (on Père; Voyez-vous ce qui a porté le Fils unique de Dieu, à descendre du Trône de son Père, on infultoit au Père, et le Fils est venu pour instruire les hommes, et les tirer de Terreur il a fallu que celui par qui toutes choses ont été faites, confacrât toutes ces choses à celui qui en est le Seigneur; il faloit guérir la playe: car qu elle maladie plus étrange, que d’adorer une pierre à la place de Dieu.
Ce n’est pas seulement parmi les Gentils que le Démon a caufé tant de defordres y il n’a pas moins ïéùfli parmi plusieurs faux Chrétiens de nôtre temps, jui sont bien indignes de porter le nom de Jésus Christ 3 et qui ont olé empêcher les créatures de feconnoître leur Dieu; tels sont les Hérétiques y ces hommes méchans qui feignent reconnoître Je- î4 Les Catéchèses de saint CyriHt fus-Christ, et’qui sont ses plus irréconciliables ennemis: car celui qui blafphêmc contre Jésus-Christ, est l’ennemy du Fils. Je parle de ces hérétiques qui ont ofé admettre deux divinitez l7 3 l’une bonne, l’autre mauvaise. Quel étrange aveuglement? S’il y a une divinité, c’est une necciïité qu’elle soit bonne, et si elle n’est pas bonne, pourquoy l’appellcr la divinité? car si la bonté est une perfeetion de Dieu, s’il convient à Dieu d’aimer les hommes, de leur faire du bien, et d’être tout-puissant, il faut que l’un de ces Dieux ne le soit que de nom, et nullement par ses aetions; mais s’il n’agit pas en Dieu, il est indigne d’en porter le nom.
Ces Hérétiques ont donc ofé admettre deux Dieux, deux principes, l’un du bien et l’autre du mal, et qu’ils n’avoient point tous deux été engendrez; mais dès lors qu’ils n’ont point été produits, ils sont donc égaux entfeux, et également puiffans, comment donc les ténèbres et la lumière se détruifent-elles? Je demande même si ces deux Dieux sont quelquefois ensemble, ou s’ils sont toujours feparez l’un de l’autre; on ne peut pas dire qu’ils x.C« r. 6. soient jamais ensemble; car selon l’Apôtre, h lumière nefçauroit s’accorder avec les ténèbres, s’ils sont et parez, ils ont donc chacun leurs lieux, leur demeure, et leur féjour: Or nous disons que là ou il n’y a qu’un Dieu, il n’en faut aussi adorer qu’un; ainsi malgré leurs rêveries, nous disons que l’on est obligé de n’adorer qu’un Dieu. »
Mais demandons-leur ce qu’ils penfent du Dieu qu’ils appellent bon i Est-il puuTant, ou sans puet de/emfalem.Vl.Cattcet 147 incci comment le mal se fait-il malgré luy, et comment est-cc que le mal se répand par tout le monde contre sa volonté? car si le fejachant il ne peut pas Pempêcher, cela marque son impuissance; si le pouvant empêcher il ne le fait pas, c’est le rendre auteur et coupable des maux qui se commettent.
Mais voyez leur folie et leur égarement, tantôt ils disent que le bon n’a rien de commun avec celui qui est mauvais pour la création du monde, tantôt ils foutiennent que le mauvais ne domine pas sur la quatrième partie du monde -, ils prétendent que le bon est Père de Jésus-Christ, et disent que JésusXhrist est le Soleil; Si donc dans leur penfée le monde a été créé par le mauvais, comme le Soleil occupe une place dans le monde 3 comment donc le Ris de celui qui est bon, obeïra-t’il malgré luy à celui qui est le mauvais? Nous sommes comme dans le Ciel, en vous diiànt ces choses -, et je le fais de peur que quelqu’un entre vous par ignorance ou pour n’avoir jamais fait attentionaur ïéveries des hérétiques, ne se laiffe corrompre par eux. Je ne doute point que par ce discours, je ne fouille ma langue, et les oreilles de ceux qui m’entendent, mais c’est dans l’efperance d’en tirer quelque avantage: car il vaux mieux connoître les abfurditez dont on aceufe les autres, que de s y laiffer furprendre par ignorance; il vaut mieux connoître leurs ordures pour les détester, que d’en lait t infeder les ignorans.
Il y a plufieur sortes hexefics. au fui et de la divinité 9 tar quanâ 148 Les Cateehefes de faintÇyrlOe une foîs on s’est écarté du droit chemin, il effi difficile qu’on ne tombe souvent dans des précipices.
Le premier Auteur des hérefies, c’est Simon le TAtt. 8. Magicien l8, dont il est parlé dans les Aetes des Apôtres y il avoit cru pouvoir acheter avec de l’argent la grâce inestimable du S. Esprit, et qui se donne gratuitement -, on luy avoit dit qu’il n’y avoit rien à prétendre pour luy dans cette entreprife, parce qu’il n’ avoit pas le cœur droit devant Dieu; i.Joan. t. c’elt de luy qu’il est écrit; Ils sont fortis de nous mais ils ri étaient pas des nôtres; Aufïi étant venu à Kome 3 les Apôtres ne voulurent pas le reconnoître, s’étant aflfocié avec une femme débauchée, nommée Helcnex9, il fut le premier à dire de luy-même y qu’il étoit celui qui avoit autrefois apparu sur le mont Sina, repréfentant le Perç, qu’il s’étoit en suite fait voir aux Juifs, non avec une chair véritable y mais seulement en apparence d’homme sous le nom de Jésus-Christ, et qu’il étoit le Paraclet ou S.
Esprit qui devoit être envoyé aux hommes, et qui leur avoit été promis par Jésus-Christ. Il s’acquit une fî haute réputation dans Rome par ses impostures, que l’Empereur Claude luy fit élever une ltatuç, avec cette infçription, A Simon Dieu saint o y Comme il répandoit par tout le venin de ses erreurs, deux hommes de bien qui se trouvèrent pour lors à Rome, savoir S. Pierre et S.Paul, les principaux chefs de l’Église1, tâchèrent d’en arrêter le cours, et danslc temps que Simon se vantoit d’ècre la vertu de Diçu, ô qu’il de Jcrufalem. V LCatech. Ï49
I pàffbit pour tel, ils le firent tomber mort’, et i| voicy comment. Simon s’étant fait enlever en l’air j par deux Dénions dans un chariot de feu, ces deux 1;’ Apôtres étant pour lors en prières, etle corps proa sternez, et repréfentant par leur union ce que Je- j. fus-Christ avoit dit Si deux d’entre vous s’accordent, on leur accordera tout ce qu’ils demanderont y ayant fait monter au Ciel leur prière, elle en defcendit comme un dard, qui repouflant Simon, le précipita en terre.
Tout admirable que cela soit, vous n’en devez point être furpris; car S. Pierre avoit reçu les clefs du Royaume des Cieux, S. Paul avoit été élevé jusqu’au troifiéme Giel dans le Paradis, il y avoit ouy cç qu’il n’est pas permis à l’homme de parler. Après qu’ils eurent fait tomber Simon du haut du Ciel en terre, Dieu le précipita dans les enfers; il • fut le premier dragon qui ait perverty les hommes par le poifon de Terreur; après que la tête en a été arrachée, il en est fôrty comme de la fource, plufleurs ruiiTeaux infectez.
Car après luy vint Cerinthe pour attaquer la foi dcl’Église, puis Carpocrate, les Ebionites, Marcion qui étoit un Athée, et dont la bouche’ étoit pleine d’impiété; car celui qui croit qu’il y a deux Dieux, qui en croit l’un bon, et l’autre mauvais, contredit le Fils, qui s’addrelfant à son Père l’appelle Père juste Joan 7. Celui qui croit que le Père n’est pas le Gréateur du monde, contredit aufïi Jésus-Christ, qui nous affure que c’est luy qui prend soin de vêtir l’herbe qui Math M)QHr£huy dans les champs yet qui demain sera bruA
T iij lée dans un four: Que c’est le Père céîefie qui fait luirf son soleil sur les bons #• sur les méchant, et• qui envoyé la pluye aux justes et aux in justes,
A la vérité Marcion ne fut pas le premier Auteur de ce dogme pernicieux, mais il le foutint avec plus de vigueur, et comme il se voyoit convaincu parles témoignages de l’ancien Testament, qui se trouvent rapportez et citez dans le nouveau} Il commença par rétrancher tous ces témoignages, ôter de la foi tout ce qui pouvoit l’établir, après avoir premièrement abandonné Dieu, et comme il ne restoit aucun des Apôtres pour le reprendre, il s’efforça ainsi de corrompre la foi de l’Église.
Bafilide foutint après luy les mêmes erreurs; c étoit un homme infâme, qui avoir des mœurs très déréglées, etqui tenoit des discours très impudiques i Valentin se joignit à luy et le fuivit dans ses defordres, il se disait envoyé de trente Dieux, pour les publier et les faire connoître; il enchérit par deflus les Grecs, qui n’avoient qu’un petit nomtore de Dieux, mais luy voulant paffer pour Chrétien, quoiqu’il ne le fût point du tout, pouffa ses rêveries, et ses erreurs jusqu’à reconnoître trente Dieux: il reconnut que le premier d’entr’eux, Bithos, c’est-à-dire Profondeur, appellant ainsi celui qui devoit être le principe,.et comme le fondement de ses dogmes, celui jui étoit le principe de tous les maux. Que Biibos avoir produit Sig, rc’est-a-dtie le Silence, que de Sigé étoir venu Logos, Penfee qui fut le Jupiter des Grecs, qui étoir au defude celuy qui s’étoit. joint à sa feeur. (C’étoit quç de ferufaîem. V I. Catcch. ïji
Sîgé avoit pour fœur y Alethie, c est-à-dire, la Verite y et quec’étoit d’elle et de luy qu’étoit venu Logos le Verbe,) La Penfée et Sigé étoit la production ou la fille de Bithos. Voyez que d’abfurditez sous prétexte de Christianisme
Mais arrêtons-nous icy un peu y et vous concevrez de l’horreur pour ces dogmes; il prétend que de Bithos sont venus huit principaux Aëons -, de ceux-cy dix autres, et que par diverfes combinaifons, il en étoit forty douze autres mâles et femelles. Sur quel fondement peut-on établir ces rêveries, voyez-en la foiblefTe dans les preuves qu’ils emapportent. Ils établiiTcnt trente Aëons, parce qu’il est écrit que Jésus-Christ avoit trente ans quand il fut baptisé j mais quoiqu’il soit vray que ce fut à trente ans que Jésus-Christ ait été baptisé est-ce par ce qu’il a nourry cinq mil hommes avec cinq pains, qu’on doit conclure qu’il y a cinq Dieux ou parce qu’il avoit douze difciples dira-ton qu’il doit avoir douze Dieux.
Mais cela est peu de chose en comparaifbn des autres impietez qu’ils enfeignent; car ils veulent que la dernière de leur divinité fut mâle et femelle tout ensemble, et l’appellent Sophie, c’est-à-dire la SagcfTe.(0 quelle impieté contre Jésus-ChriflT! la Sagefle de Dieu i est le Fils unique du Perc, et que cette Sophie s’étant jointe à une femme, il auroit formé le trentième élément, et que c étoit par luy comme parla parole de Dieu, que la fageffe fefoit maniststée. Il ajoute même que la Sagefle ayant vouliî faire ses efforts pour convaincre la première
Gobgle rji Les Catéchèses de falntCyrïUe divinité, et n’ayant pu en fupporter l’éclat, elle avoit été chaflee du Ciel, et retranchée du nombre des trente divinitez, ce qui la jetta dans la tristefle que les larmes avoient produits le Démon, que l’abondance de ses larmes avoit formé la mer..
Voyez que d’impietez; comment concevoir que le Diable a été produit par la Sagefle, que la nulice vienne de la Prudence, ou les ténèbres de la lumière; Ils ajoutent même que le Démon a produit d’autres Démons, et que ce sont quelquesuns de ceux-cy, qui ont fait le monde: que Jésus Christ est descendu pour empêcher les hommes de reconnoître celui qui a fait le monde; Ecoutez-vous ce qu’ils disent de Jésus-Chriil, etc peut-on avoir trop dliorrcur de telles gens ils foutiennent quauiïi-tôt que la Sagefle fut tombée du Ciel, de peur que le nombre des trente Dieux ne manquât, les autres vingt- neuf Aeons avoient tous contribué de quelque petite chose pour en faire Jésus-Christ, qu’ils disent être mâle et femelle, tout ensemble. Peut-on rien entendre de plus impie, ou rien de plus pitoyable.
Je vous rapporte seulement leurs erreurs, afin que vous ayez toute l’averfîon pofTible pour eux: donnez-vous donc de garde de ces impietez, n’ayez aucune communication avec ceux qui les foutiennent m, de peur de participer à leurs erreurs; Ne vous portez pas même par curiofité, à vouloir trop lçavoir de ces choses, n’ayez aucun entretien avec ces gens là.
de Jérusalem. V I. Catcch ij)
Mais si vous devez fuir en général rout ce qu’ily a d’hérétiques, vous devez regarder encore avec plus d’exécration celui qui porte le nom même de Manie, et de fureur; c’est Mânes qui commençait n’y a pas long-temps à débiter ses erreurs, sous l’Empereur Probus 5: car il n’y a- pas plus de foixantc dix ans qu’il se mit à dogmatifer, et il y a encore préfentement’des gens qui l’ont vu. Ce n’est pas parce qu’il y a peu de temps que cet homme vivoit, que je voudrais vous en înfpirer de l’horreur, mais c’est à cause des dogmes impies qu’il a enfeigné; il a été comme l’auteur d’une infinité de defordres, et l’égdût et le réceptacle de toutes les faletez, ayant ramafle comme l’ordure., et la bôuë des autres hérefîes.
Cet homme avoit beaucoup d’ambition, et délirant de primer au moins parmi ceux qui n’ont ni honneur ni religion, il s’avifade ramafler des gens de toutes sortes de Sectes • il fit une hérefie de tous lés blâfphêmes, et de tous les defordres qui étoient dans les autres hérefîes, et attaqua ainsi l’Église pour la corrompre, ou plutôt ceux qui étoient forcis de l’Église, femblablc à un lion, cherchant de toutes parts à furprendre et à dévorer les enfansde l’Église.
Ne vous lailTez pas furprendre par la douceur ou le langage des hérétiques «, ny par leur extérieur compofé, ny par leur faune humilité • ce sont des ierpens, et des races de vipères, et femblables à Judas, qui disait, Je vous [due Maître,, dans le temps qu’il le trahifloit: Prenez garde qu’en vous ij4 etc Catcchefes de Jaint Cyrille baifant, ils ne vous communiquent leur venin; et de peur que vous ne croyez que j’aceufe à tort ces hommes, je vous diray en peu de mots quel il étoit, aussi quelle est sa doctrine, non que je prétende rapporter toutes ses erreurs, on ne pourroit pas le faire en un fîecle; Je marqueray seulement celles qui peuvent vous servir dans la suite, quoique j’en aye déjà parlé cy-devant, je les re’peteray en faveur de ceux qui les ignorent, et pour n raire refTouvcnir ceux qui les ont déjà entendu.
Mânes n’ avoit jamais été Chrétien, et il ne fut point chafle de l’Église comme l’avoit été Simon le Magicien, car ny iuy ny ceux qui Tavoient précédé n’en avoient jamais été; il s’appropria les maux et les erreurs qu’il avoit ouy dire à d’autres: et voicy comment. Il y avoit en Egypte un nommé Scythien, Sarafin d’origine, il n’avoit rien de commun avec le Judaïfme, ny avec le Christianisme, Vêtant retiré à Alexandrie, où il menoit la vie d’un Philofophe, suivant les principes d’Aristote. Ilcompofa quatre livres -, le premier qu il appella l’Evangile, qui n’en avoit que le nom, ne contenant rien des aetions de Jésus-Christ; le second il l’intitula des Chapitres y le troifîéme des Mystères, et le quatrième fubfîstc encore, il l’appelioit le livre des Tréfors; il eut pour difeipie un nommé Terbihthus.
OrScythien s’étant propofé d’aller en Judée, d’y répandre le venin de sa doetrine, le Seigneur arrêta tout d’un coup le mal par la mort de Scythiefl, mais Terbinthus foû difeipie, et aussi corrompu que son maître, ayant hérité de luy son argent, fo livres, etses erreurs, vint en Paiestine, où s étant fait connokre, et proferire de la Judée, il réfolut de paffer en Perfe; et de peur d’être reconnu, il changea de nom, se faisant appeller Budde, mais il y trouva des Prêtres des Idoles, qui s’oppoferent à luy, et après plusieurs conférences etc difputes, dans lefqueÛes il eut toujours du defavantage, il fut aussi chaffé du pays, et de là il se retira chez une veuve, et logeoit au haut de sa maison, et à force de conjurer les Démons qui sont en l’air, ce qu’obfcrvent encore aujourd’huy les Manichéens, il devint luy-mêine pofledé du Démon, et s étant jette par les fenêtres, il rendit Pâme: voilà comme périrent ces deux premiers monstres. »
Mais ayant laifTé des écrits pleins d’impietez, la veuve qui l’avoit retiré, hérita de son argent, et de ces papiers et comme elle n’avoit ny narens ny amis, elle refolut d’achetter un jeune efclavc, nommé Cubrique, et l’ayant adopté pour son Fils, elle le fit élever dans les études, et dans les exercices des Pcrfes; ce fut proprement un glaive fatal qu’elle aiguifoit pour faire périr une infinité de personnes. Cubrique donc qui n’étoit qu’un efdave perfide, s’étant appliqué a la Philofophie, et étant devenu Phéritier des biens et des livres de cette veuve, de peur qu’on ne luy reprochât davoir été dans la fervitude, changea (on nom de Cérique, en celuy de Mânes, qui dans la langue des Pcrfes lignifie Dfcoureur car comme il croyoit palier pour un assez bon Dialedtien, il se fit appeller Mânes, comme qui diroit un excellent DistonreHr, comme il cherchent à s’acquérir de la réputation; selon le langage des Perfes y par un coup de la Providence y il arriva qu’il devînt malgré luy son propre aceufateur, les noms qu’il avoit pris et qui avoient une fîgnification honorable chez les Perfes, fignifient la folie, et la fureur chez les Grecs; avec tout cela il avoit l’infolence de se dire le Paraclet; et comme il est écrit que quiconque aura blafphêmè contre le S.
Esprit, n’en recevra point de pardon y ilblafphêtna en (e difantêtre le S. Esprit: voilà à quoy s’expofent ceux qui s’aflfocient à luy. Cet AfFranchy mit le trouble par toute la terre ïrov. 30. et comme il est écrit qu’il y a trois ebofes qui troublent le monde, mais la quatrième qui est la moins fupportable y c’est quand un ferviteur vient à commander; Mânes en vint jusqu’à promettre beaucoup de choses qui rîe sont point au pouvoir de l’homme. Le fils du Roy de Pcrfe étant malade et ne trouvant point de médecin qui le guérît, Mânes promit de le guérir par ses prières y comme s’il eût été un saint 5 sur cette prbmeffe on fit retirer les médecins, mais l’enfant perdit la vie, ainsi Mânes reçût la confufion que méritoit son imposture; et de plus il fut mis en prifon, non pas pour avoir prêché la vérité au, Roy, ny pour avoir renverfé les Idoles du pais, maisi ayant empe courir de leurs remèdes y et les ayant même fait retirer, il doit être cenfé avoir été par sa négligence le meurtrier de cet enfant.
En vous racontant alB, de Jérusalem. V I. Catcch. 1/7 les defordres de cet homme vous vous Souviendrez qu’il fut d’abord un blafphêmateur, puisquil devint efclavc, non que ce soit un crime que d’avoir été affranchy y mais c’est un mal de contrefaire l’homme libre lorsqu’on ne l’est pas; puis il fut un imposteur y promettant ce qu’il ne pouvoit exécuter; puis un homicide, étant cause de la mort de l’enfant; puis il eut L’infamie d’avoir été mis en prifon, d’où il s’enfuit pour se fauver.
Voilà celui qui se vantoit d’être le Paraclet, et le maître de la vérité y il n’imitoit gueres Jésus Christ qui alla au fupplice de la Croix librement sans répugnance, et celui-cy au contraire s’enfuit, de peur d’être fupplicié. Le Roy de Perfe ayant appris son évafion, fit étrangler le Geôlier y et les Archers de la Prifon: Mânes avoit été cause de la mort de l’enfant par son orgueil y il fut aussi cause de la mort des Geôliers de la prifon par son évafion; Peut-on honorer celui qui a été cause de la mort de tant de gens; N’auroit-il pas dû imiter Jésus-Christ qui disait à ceux quiétoient venus pour le faifir de luy; Si c’est moy que vous cherche y me voicy; mais laiffa et épargne mes difcïples y ou cornue Jonas, Prenez noJL7 me jette dans la mer; car c’est à cause de moy que la tempête sest élevée. Mânes étant hors de la prifon, vint en Mefopotamie y où il trouva l’Evêque Archelaùs 7 qui le combattit avec les armes dé la justiçe, etc ayant affemblé plusieurs Philofophes y qu’il voulut avoir pour juges de sa difpute /plutôt que des Chrétiens y dç peur que ceux-cy n’euiTent paru fufpeets Archelaiis dit à
Mânes, Soutenez maintenant ce que vous avancez j mais comme si sa bouche fut devenu un fepulchre ouvert pour en faire. fortir toutes sortes de blafphemes, il commença par blafphêmer contre le Créateur du monde, et à dire que le Dieu de l’ancien Testament étoit l’Auteur de tous les maux, parce qu’il avoit dit en parlant de luy-mcrae, Je fat un feu confumant; Pour lors Archelaûs homme foge habile, le réfuta, et luy répliquant, si ce Dieu de l’ancien Testament est un feu comme il le dit, de qui est le Fils qui a dit, Je suis venu apporter le feu en terre; Si vous aceufez celui qui dit, que le Seigneur donne la mort et la vie, pourquoy honorez-vous S. Pierre 7qui rendit la vie à Tabithe, et qui livra Saphireà lamort? si vous le blâmez d’avoir dit qu’il a préparé ce feu, pourquoy ne le reprenez-vous pas de ce qu’il a dit, Mex maudits au feu éternel f Si vous luy reprochez d’avoir dit, Je suis Dieu qui fait la paix, qui créé le mal; Expliquez-nous comment Jésus Christ a dit qu’il n’ étoit pas -venu apporter la paix, mais le glaive; Puifqu’ils disent tous deux la même chose, il faut donc qu’ils soient tous deux b©ns, puisqu’ils parlent de même) ou si Jésus ne mérite point d’être repris dans ce qu’il a dit, on ne doit pas reprendre le Dieu de l’ancien Testament quia a j Comme W ’ Mancs répliqua en disant, quel est donc le Dieu qui aveugle les hommes j car l’Apotre S.
Paul dit, que le Dieu du fiecle aveugle Us Infidèles, de peur qu’ils ne soient éclairepar la lumière de l Evangile. Archelaiis réfuta hautement l’hérétique, en luy faisant lire les paroles qui précèdent celles de ferufalem. V I. Catech, ijj qufiî avoit objeetées, ou il est dit, que si l’Evangile caché y il nest caché que pour ceux qui périjfenu Voyez donc ajouta-t’il que l’Evangile nest voilé que pour ceux qui veulent se perdre, car il ne foui fs donner les choses saintes aux chiens 3 et c’est pour jeela que le Dieu de l’ancien Testament a aveuglé les infidèles dans le même sens que Jésus-Christ a dit, Je leur parle en paraboles J parce quen voyant, ils ne njoyent pas. Etoit-ce parce qu’il les haïffoit, qu’il ne vouloit pas qu’ils vifTent, ou bien parce qu’ils s’en étoient rendus indignes, ayant même fermé leurs yeux de peur de voir: car la malice volontaire nous rend indignes de la grâce, On donner à celui qui a déjà 3 et on otera a celui qui na rien y même ce quil croiroit avoir 8 outre qu’on peut dire comme quelqu’uns l’interprètent assez bien, que s’il a aveuglé l’esprit des infidèles, il l’a fait pour une bonne fin, afin de les disposer à recevoir la connoiflfance de la vérité: cax il n’est pas dit qu’il a aveuglé leur ame, mais les penfées des infidèles, c’est comme s’il disait aveuglez un impudique par fcs çenfées fales ôtez de son esprit les fales reprefentations, et vous l’empêcherez de tomber dans impureté i otez à un larron la penfée et l’affeetion au larcin, et à la fapine, vous le mettez en voyc de salut y si vous ne voulez pas l’entendre de cette manière, voicy une autre explication: Comme le Sokil aveugle ceux qui ont la vûëfoible, ou que ceux qui ont mal aux yeux sont aveuglez par l’éclat trop vif de la lumière, non que le folcil foii fait iour ôterla vue, êc les yeux a, çeu qui le regaxr- dent; aussi ceux qui veulent demeurer dans lïnet délité ne peuvent fupporter la lumière, ni les rayons de la divinité.
L’Ecriture ne dit donc pas que Dieu aveugle les penfées, de peur qu’on n’entende l’Evangile, mais de crainte que la lumière de l’Evangile ne les éclaire, et ne brille en eux; car tout le monde fouhaite entendre l’Evangile, mais il n’y a que les amis de Jésus-Christ qui profitent de cet avantage; le Seigneur parloit en paraboles à tous ceux qui pouvoient l’entendre, mais il ne les expliquoit qu’à ses difciples. L’éclat de la gloire nest donc que pour ceux qui sont déjà éclairez, l’aveuglement est pour les infidèles. L’Egiife donne la connaissance de nos mystères, et de nos Sacremens, à celui qui fort du rang de Catecuméne, ce n’ett pas sa coutume de les expliquer aux Gentils 2s, car nous ne déclarons point à aucun Gentil les mystères fecrets du Père et du Fils, et du S.
Esprit, et même en présence des Catecuménes, nous n’en parlons point ouvertement; souvent nous cachons ce que nous en disons, afin qu’il n’y ait que les fidèles qui f(jachans ce qu’on dit, le retiennent; et dé peur que ceux qui ne les entendent pas ne s’en fçandalifent ou ne s’en offenfent; c’étoit par de femblables discours plusieurs autres, que le Dragon fut confondu,’ qu’Archelaiis triompha de Mânes, aussi il ne resta pas davantage. Après s’êçre enfuy delà prifon, il s? ichappa à son adverfaire, etse retira dans un petit village, semblable au ferpent àjui ayant quitté Adam dans le Paradis, se retira auprès d’Eve; mais Archelaiïs comme un bon Pasteur, qui veille au salut de son troupeau, ayant appris sa suite, courut promptement chercher ce loup, et l’ayant attrapé, Mânes s’enfuyoit encore de devant luy, et ce tut pour la dernière fois; car les gens que le Roy de Perfeavoit envoyez pour le prendre, l’ayant trouvé lorsqu’il s’enfuyoit, se faihrent de luy, et celui qui avoit évité la fentence qu’on devoit prononcer contre luy, lorsqu’il difputôit ayee Archelaus, fut jugé plus fevérement que les ministres du Roy: Mânes que ses difciples adorent comme un Dieu, ayant été pris et mené devant le Roy, il fut accufé de perfidie, d’imposture, et d’être fugitif; et après luy avoir reproché sa fervitude, on luy imputa la mort du jeune Prince,. et la mort des Geôliers de la prifon; il fut condamné selon la coutume des Perfes, à être écorché tout vif, et que sa peau ferait comme un balon expofé aux portes et son corps dévoré par les bêtes; voilà comme celui qui se disait le Paraclet, et qui se vantoit de savoir l’avenir, ne put prévoir sa suite, ny sa mort.
Il eut trois difciples, Thomas, Baddas et Hermas. Je vous prie que personne ne hfe l’Evangile de Thomas; car ce Thomas 5° n’est pas l’un des douze Apôtresde Jésus-Christ, mais un des trois dilciplesde Manes.-Q.uc personne n’ait de haifon avec les Manichéens, ce sont des gens qui corrompent, les autres; on croiroit qu’ils obfervent la rigueur la tristelîe du jeûne, mais en condamnant celui qui est le Créateur des alimens, ils se rempliOent le ventfe des viandes les plus délicates; ils dilenc que celui qui arrache une plume, ou un fruit, le- i6i Les Cdtechcfes de saint Cyrille ra changé en cette plante } ou en ce fruit; en combien donc de formes seront changés les Jardiniers lés Laboureurs? ce ne sont donc que des contes ridicules et peu honnêtes, qu’il faut rejetter et méprifer car que le même homme qui garde son troupeau égorge une brebis, ou tue un loup, dans lequel de ces deux animaux sera-t’il changé?
Je dis la même chosede ceux qui prennent des oifeaux avec de la glue, ou des poiffons avec des filets. De plus les Manichéens sont voleurs, fainéans, pareffeux et fort avides du bien d’autruy; si on les invite à quelques repas, ils ne manquent jamais de s’y trouver J où fouventils médifentde ceux de qui ils devroient dire du bien s lorsque quelque infenfé leur vient faire quelque offrande 3, attendez un peu au dehors, luy difcnt-ils, demain je vous donneray ma bénédiction, puis ayant pris le pain entre leurs mains comme nous lont avoué ceux qui ont. quitté leur party; Le Manichéen dit en parlant au pain, ce n’est point moy qui t’ay fait, il blafphême contre le Très-Haut y et après plusieurs exécrations contre celui qui est le Fabricateur du pain, il ne laiffe pas de le manger.
Si vous avez si fort en horreur ces’alimcns, pourquoy recevez-vous avec un accueil si favorable celui qui vous le prefente? Si vous remerciez celui qui vous le donne, pourquoy dire des injures, et des imprécations à celui qui Ta créé? il ajoute encore parlant à ce pain, ce n’est pas moy qui t’ajr femé, que celui qui t’a femé, soit luy-même foulé en terre i ce n’est pas moy. qui t’ay coupé avec une faux, que celui qui l’a fait, soit coupé et mis par morceaux: Ce n’est pas moy qui t’ay mis au four, que celui qui t’a fait, soit luy-même roty. Ne voilà-tïl pas de beaux remercimens, et de belles choses à aire?
Mais tels que soient ces maux, ils en commettent de bien plus grands; je n’ofe raconter de quelle manière ils donnent le Baptême, les hommes y étant mêlez avec les femmes; je n’ofe dire toutes les fouillures qui en peuvent arriver, c’est même se fouiller la bouche que d’en parler, et l’esprit que d’y penfer. Les Grecs et les Païens firent-ils jamais plus d’abominations, les Samaritains furent-ils plus impics envers Dieu, et les Juifs moins religieux? les Fornicateurs- sont-ils plus impudiques qu’eux? car celui qui commet une impureté, après qu’il s’est. fatisfait pendant quelque temps, comme s’il condamnoit l’action qu’il vient de faire, fçait qu’il a befoin de se laver, et de se reprocher le crime qu’il vient de commettre. Mais le Manichéen vient débiter ses erreurs, et ses rêveries jusqu’au devant de l’Autel 5 il fouille sa langue, et sa bouche, et vous voudriez être instruit par un tel homme, ett vous voudriez l’embraffer a, si vous le trouviez en chemin; Quoy peut-on sans impieté ne pas fuir des choses si fales, et pires que les plus grandes incontinences, et les plus exécrables defordres?
L’Église vous les dénonce J4ainsi, et vous apprend leurs ordures, de peur que vous n’alliez vous y fallir; elle vous expofe les playes que l’ame reçoit parmi eux, de peur que vous n’y foyezbleflez; c’elt assez que
Xij i?4 £es Catcchefes defamt Cyrille vous (cachiez ces choses, donnez-vous de garde de les éprouver.
Quand Dieu fait entendre son tonnerre, tout le monde tremble Hy et se met en prières y se jettant par terre, et eux au contraire le chargent de blafphêmes et d’injures; quand Dieu fait tomber la foudre y nous nous jettons par terre, et eux prononcent des malédictions contre le Ciel. Jésus-Christ parlant de son Père dit y qu’il fait lever son folcil sur les justes, et sur les pécheurs, qu’il fait plevoir sur les méchans et sur les bons; et eux prétendent que les pluyes viennent de la folie de l’amour; qu’il y a dans le Ciel, une très belle fille avec un très beau jeune homme, et que dans le temps que les Chameaux et les Loups sont en amour, ce qui arrive ordinairement en hyvçr y ce jeune homme pourfuivant cette fille avec paflion, elle pour éviter ses pouretittes s’enfuit si vite qu’elle est toute en fueur., que la pluye vient de sa fueur: voilà ce qu’on trouve dans les livres tf des Manichéens; et ce que nous y avons lu, quoique nous ne croyons rien de ce qu’ils contiennent, ça été pour vous instruire de leur pernicieufe doctrine, et pour vous en préferver que nous nous sommes appliquez à les fçayoir.
Je fupplie le Seigneur de ne pas permettre qu’aucun de vous se laiffe corrompre par eux ’, qui! vous infpire de l’horreur pour eux, cqmme vous en auriez pour des ferpents; et comme ils vous obfervent pour vous furprendpe, aussi obfervez-b pour vous en deffendre,
Souvenez-vous bien de ce qu’on vous en ï dit;.
de Jérusalem. V I. Catcch. ï c
Pettt-il y avoir quelque union de leurs pratiques avec les nôtres? la lumière peut-elle communiquer avec les ténèbres, et la gravité et la fainteté de l’Eghfe, avec les crimes, et avec les abominations des Manichéens? ïcy vous voyez toutes les choses dans l’ordre 7, la pureté de la doctrine qu’on y enfeigne, la gravité des moeurs qu’on y profefle y la chasteté qu’on y obferve jusqu à se faire un crime de regarder une femme pour le plaifir -, la fainteté des noces qu’on y célèbre, la continence qu’on y garde, l’estime qu’on a pour les Vierges, que Ton compare aux Anges mêmes; on accompagne ses repas d’adions de grâces, on y remercie le Créateur de l’univers, on y adore le Père de Jésus-Christ % on y apprend à craindre t et à refpeeter celuy qui donne la pluye, et à glorifier celui qui fait entendre son tonnerre Se ses ’foudres.
Entrez donc dans le bercail des brebis, et fuyez les loups, donnez-vous de garde de vous feparer de rEglifc38 mais ayez en horreur ceux qu’on peut foupejonner d’être des leurs; et à moins que vous ne (cachiez -qu’il y a long-temps qu’ils se sont repentis d’avoir été de cette Se6te, n’ayez pas aifénienc de la liaifon, ou de la fréquentation avec eux.
Vous êtes maintenant instruits de la monarchie de Dieu, et de sa fouveraine puissance, difeernez la bonne doctrine d’avec la mauvaise, cofaime on fait les bonnes herbes d’avec lçs mauvaifes riches que vous êtes des biens célestes, fuivez ce qui est ton, et abstenez vous mêmes de tout ce qui àl’ap-r
X iij parence du mal jue si vous avez jamais été imbu de cette mauvaise doetrine, maintenant que vous en connoifTez les dangers, rejettez-la, abjurez-la 39 y il n’y a point d’autre voye du salut, que de la détester non seulement de bouche mais de coeur; adorez le Père de Jésus-Christ y reconnoiflezle pour le Dieu de la Loy, et des Prophètes; con Feflez qu’il est le seul Dieu, bon et juste, et il vous foutiendra, vous ayant préfervé de toutes erreurs f de tous fccindalcs, il vous confervera fermes et fiables dans la foi par Jésus-Christ nôtre Seigneur, à qui soit la gloire dans les ficelés des siècles. Amm.
Notes sur h fixiéme Catéchèse.
i Ç V R ces paroles du fymbole. S. Cyrille commence icy à explique u le fymbole, et il se propofe le premier article, je crois m un seul Dieu.
i Le Père ri fins mt gloire différente de celte du Fils. On ne les fé- pare point en les glorifiant, 3 Nous ne pouvons expliquer ce que c’est que Dieu. Tous les Père tib. i.air. ont parlé de la même manière, entr’aimes Arnobe. Vous êtes0 Vnt- grand Dieu, la cause première de toutes les c ho (es, le lieu et Pet pace dans lequ 1 elles sont contenues, le fondement de tout ce qui est. Vous ces infiny, non engendré, immortel, perpétuel, seul. Vous n’avez aucune forme corporelle, vous n’êtes terminé par aucune figure Toutes les paroles humaines sont incapables d’exprimer rien de ce que vous êtes,... Tout ce que nous disons de Dieu, et tout ce que nous concevons dans nôtre penféê, tient de la groffiereté de nôtre narure, et est alreré par les fentimens humains; ainsi il n’y a qu’une voye certaine de concevoir sa nature, qui est de se bien perfu.der qu’on ne peut rien trouver dans nos paroles ni dans nos peu-: fées, qui fuirte rien exprimer de ce qu’il est. ’ 4 Le troifiime Ciel.
S. Cyrille parlant du Ciel se conforme à Texpreffion de S. Paul, qui dit avoir été ravi jusqu’au troifiéme Ciel, c est le Jangage même de l’Ecriture, qui divife le Ciel en trois régions différentes, dont la première est celle de l’air, la deuxième Firmament, ou la partie du Ciel où sont les astres, Ôc la rroifié- dejcrufolm. V L Catcch. 167 me est ce qu’elle appelle le Ciel du Ciel, ou le Cieux des Cieux, Cet Cot-orum, où est la demeure des Anges et des Bien- heureux. On voit combien S. Cyrille s’applique à rendre intelligibles nos mysteles, et c’est: en quoy confiste la vraye éloquence d’un Catechiste, 8c d’un Orateur chrétien -, Ôc il faut bien savoir la religion pour la pouvoir rendre fenfible.
« 5 Les Anges ne voytnt fat Dieu tel qu’il est. Qu’ils ne voyent de Dieu que ce qu’Us peuvent, qu’il n’y a que le Fils qui connoiflc arfaitement le Père. Tout cela doit s’entendre de la vinon comprcenfive, comme parlent les Théologiens. S. Cyrille femble avoir en vue les Aériens, et les Anoméens, qui se vantoient de voir Dieu parfaitement même dès cette vie, et il montre qu’on ne peut comprendre la nature divine, ni rendre des raifons évidentes de nos mystères. Aussi dit S. Hilaire, la parfaite connoifl’ance qu’on a de £’•.• Dieu, est de savoir qu’encore qu’on ne puifle ignorer sa nature, Tww’’ on ne peut néanmoins l’expliquer, il faut le croire, il faut s’appliquer à le connoître, il faut l’adorer i et ces devoirs sont les feules paroles avec lefquelles on peut exprimer ce qu’on en connoît: ou idelo. comme parle S.
Cyprien, il n’y a dans l’univers qu’un seul maître êmU qui fait toutes choses par sa parole, qui les gouverne par sa fagefTe, qui les maintient par sa puissance il ne se peut vo r ni toucher, parce qu’il est au deffus des sens, ni comprendre, parce qu’il est au defliis de l’entendement -, nous ne le comprenons jamais mieux qu’en le reconnoiffant incomprehenfible, Et idco fie eum digne astinmus dum indtjlimabiltm dicimus 5 // riy a qu’un Dieu. S. Cyrille le prouvera, parce qu’il ne peut y avoir qu’un être très parfait, sans changement -, son immutabilité, et qu’il ne peut y avoir plusieurs êtres de cette nature-, quil est h principe de son etre Ego fum qui fum. Sa puifTance, son éternité, fa’wi ne peut luy donner de nom. S. Cyprien difoic -, Ne luy cherchez De idolor. point un nom, son nom est Dieu.
On cherche des noms aux choses »’ qui pour leur multitude ont befoin d’être distinguées, les unes des autres; mais n’y ayant qu’un Dieu, il n’a pas befoin d’aurre nom pour le distinguer. Ladtance disait, les infidèles mêmes quand ils V.b. • fouhairent quelque bien ou qu’ils rendent grâces, ont accoutumé de ne point nommer Jupiter ni plusieurs Dieux, mais amplement Dieu. Tant la vérité a de force pour obliger l’homme, comme malgré luy, i le reconnoître.
Etant toujours le mime au dedans de luy. Ainsi ses perfections ne sont pas réellement distinguées de son effence.
Ditu est tout esprit. C’est pour montrer la fpiritualité de son etfcnee, il est tout esprit, non pas comme les Payens le difoïent, selon que S. Paul le rapporte d’un Poète anonime, que routes choses A et, i7# sont mues, vivantes et refpirantes en lui ôc par lui, ni comme Virgile, qui dit de Dieu, Sfiritm intus Mit. Que Dieu est l’ame gène-.
Les Catecbefes de saint Cyrille raie et univerfelle du monde, que ce qui anime en particulier cha- que corps, soit une portion ou une dérivation de cette ame univerlelle, qui est le Dieu des anciens Philofophes; que cette ame univerfelle est fpirituelle et iramenfe, parce quelle est répandue par tout: au lieu que S. Cyrille parle d’un erre purement fpirituel, k qu’il est eiprit de lui même.
On m peut se rtprêfenter Dieu. On n’en peut faire ni image, ni reflèmblance, comme le dit Moïse aux Ifraclites et Isaïe ch. 40. Cm fimilem fecisti Deum 5 dut quam imgmem ponetis ei. S. Paul allure qu’on ne peut rien reprefenter par la pierre ni par les métaux, ni par la penfée de ce que Dieu est. Ce fut pour cela principalement que le Concile d’Elvire deffendit les peintures dans les Eglises, parce qu’on ne peut peindre Dieu, qui est l’objet de nos a do
« C »? j. rations. Ne ejHod Vcolitu aut ddorttur 9 in pdrietibns depingatur. Origene comr. Celf. l; b. 7. Laetance Hb. 1. Eufebe Ub. î. deprapar. Evattg. disent que ceux dont nous voyons les images, ont été des hommes mortels, mais que Dieu est immortel, c’est pour cela qu’on ne peut le rép.-efenter. S. Augustin lib. 4. de civit. c. 1. combat l’idolâtrie, qui avoit ofé faire des images de Dieu.
Fauffet idées de Dieu. On peut dire que les Egyptiens ont porté plus loin l’idolâtrie que les autres peuples du monde; ils adoroient les crocodiles, les rats, les infectes, les plantes, les raves, les poreaux, les oignons, ce qui a fait dire ingenuëment au Poète Juvenal que ces peuples croient heureux, ayant l’avantage de voir croître des Dieux dans leurs jardins. O faniïas gentes, quitus hétc nfCHMHr in hortis Numina.
S. Clément d’Alexandrie dans son exhortation aux Gentils, dit que les Indiens regardans les astres ôc admirans leur cours, en ont fait des Dieux, etont adoré le Soleil, les Phrygiens la Lune, et les autres cueillant avec plaifir les fruits qui naiflent de la terre, ont fait une divinité du bled, qu’ils ont appelle Céres, une de la vigne qu’ils ont appelle Bacchus. D’autres appréhendant les miferes et les calamitez, ont feint des Dieux ou des Divinitez qui les envoyoient aux hommes ou qui les en préfervoient. D’autres Philosophes suivant la fantaifie des Poètes, ont divinifé les Partions telles que l’Amour, l’Efperance, et la Joye. D’autres ont mis les Vertus au rang des Dieux, et leur ont donné des figures; Hefiode et Homère ont enfeigné une génération de Dieux, dont ils ont décru les actions, ont donné cours à une nouvelle Théologie; d’autres par reconnoiflànce ou par flaterie, ont fait des Dieux de ceux de qui ils avoient reçu quelque bienfait confiderable.
Dieu ri est point semblable à C homme, en ce qu’il n’a point de corps 9 ni les membres d’un corps comme l’homme.
Dieu voit toutes ckofes en un clin d’œil. Sa divine pénétration et connaissance, rien ne lui peut être caché, pas même le plus fecret « ie nôtre cœur. il »
De strufikm. V I. Catedi. 169 n Dieu st parfait en tentes ehosts. C’est la plus exaete idée que tous coiffions nous fermer de la divinité, qu’elle a coûtes les périmions imaginables, comme le décrit S. Cyrille.
ij Aveuglement detidolitrie, dans les Payens adorans ou des choies inanimées, ou des hommes vitieux.
« 14 Dw na point de corps. C’est un pur cfprit. 15 // itek nutfdirc que U Fils de Dieu descendh. Voilà la necefficé r la fin de l’Incarnation pour détruire l’idolâtrie » et pour apporter le remède 1 nos playes.
Des Hirefies contre la nature de Dieu, 17 Admettre, deux Dieux. Ces hérétiques étoîent les Mardohites (k les Manichéens, S. irenée lit. a. e. 6}. réfute Marcion, qui, dit-iU coopoit Dieu en deux, et par la le détruifoit, et dit qu’il avoit moins de religion, que Platon » qui avoit reconnu que Dieu ne • « avoit être, s’il h’étoit bon et juste, au lieu queMarcion en ïait deux, dont l’un étoit bon, et l’autre mauvais, et jrouve par l’Ecriture, que le même.est auteur de l’ancien et du nouveau Tefbment. Tertullien lik -l contre Marcion, le réfute et établit qu’il n’y a point de Dieu /s’il n’est unique. Deussi non mut est, non tf. Il reioud les difficultez que les Marcionites Taifôient contre la induite du Dieu de l’ancien Testament, comme contraire au Dieu du nouveau; Pourquoy iT a permis le péché, et qu’il fouffre les pécheurs,.pourquoy il change de deflèin et de conduite. Le ttifonnement de S. Cyrille ést très jconcluant contre ces mêmes Wretiques. Que de deux Dieux il n’y enaura un que 4e nom, pendant que l’autre en aura toutes les perfections.
« 18 Le premier hirefiurfue fut Simon. Ce fait est constant quoique Megefipe dife qu’un certain Thcbutis indigné de ce qu’on ne lavoir Afui 1w+ pas fait Evêquc fut le premier qui commença a corrompre par ses /#. -M. vains discours l’Église, qui avoit été Vierge juiqui lors, ce qu’il » Jetet après le martyre de S. Simeon de Jenifalern environ l’an 6b.
Je Jetus-Christ, mais on ne fçait quel étoit ce Thebutis, ni quelle étoit sonhérefic: ainsi la première héreEedu Christianifme Scàoà les autres anciennes ont puifé leurs erreurs, est celle de Simon le « Magicien. Il étoit du bourg de Gitton dans la Samariei stfe faifbit JtSL 4« appeller la grande vertu de Dieu. » »
ty Hèlent. Ce fut à Tyr qu’il achettaune femme publique nomHélène, qu’il mena avec Juy.
Avec cette inferbtion Simon DUu/aint. rhistotre de cette stade Simon, qui lui avoit « été dreffée avec cette irifeription est apportée par S. Justin dans son Apologie à l’Empereur Antonin »
™.„..,, règne de l’Empere ôté d’une Hatuc. gui l« y -sa élevée-fer le Tybrç, entre les deuat 170 ’Les Cattchefcs Jefaint Cyrille pou es avec cette infeription latine, Simonl Deo fansto, A Simon Dîeit iaint. S. Irenée lib. i. c. io Tertullien Apologie ch. 13. Eufebe, Théodoret, et autres ont dit la même chose, qu’ils ont apparemment prife de S. Justin: car la statuë dont il parle, étoit dreflèe en Thon Kigl. Va- neur de Semon Sancus Dieu des Sabins,, et on a découvert il y a environ cent ans cette statuc dans Tifle du Tibre avec cette inferip- »
Lib. 8. hifi. tion Stmoni faniïo Deo Fidic. Denis HalicarnafTe parle d un Dieu nomme Semon Sancus Fidius qu’on honoroit à Rome, et qui y avoit une statuë: ainsi S. Justin a pris une statuë du Dieu Semon Sancus, pour une statuë de Simon le Magicien -y c’est de luy et après luy que le rapporte S. Cyrille, aussi bien que les auteurs anciens Af9Ugtt. que ) ay citez. Entr’autres Tertullien Simontm tnainum statua et « f ij. feriptione faneti Dit inaugurons. Ce Dieu Semon étoit appelle Sancm par les Sabins s fancitndis faderibus, parce qu’ils croyoient qu’il préfidoit aux alliances. S. Justin a pu être mal informé par quelques Samaritains difciples de Simon, qui luy ont fait accroire que cette statuë étoit en 1 honneur de leur maître. On voit encore à Rome i Af4#fl. l’entrée du Couvent des Cordelicrs une pierre for laquelle est gramuféttéUicvéc cette infeription, Semoni Sanco Deo Fidi. tl- « 7- Outre les etreurs que S.
Cyrille rapporte de Simon le Magicien, on voit encore par S. Irenée qu’il inventa une généalogie des Acons en Dieu, c’est- à dire une suite d’attributs dont il fembloit faire des êtres réels. Et c’est i luy que S. Cyrille a rapport quand il dit que toutes les pèrfeetions de Dieu sont une même chose avec luy. Simon attribuoit aussi à son Hélène, qu’il appelloitla première intelligence de la fouveraine vertu, la production des Anges, et aux Anges la création du monde. Il eut plusieurs seetateurs, S. Irenée dit qu’il y en avoit encore de son temps-, mais Origene assure quilny en avoit prefque plus du fien -, c’étoit au troifiéme liecle. S. Cyrille n’est pas le seul qui rapporte que Simon se disait je l » Uttth. Paraclet, S. Jérôme le dit aussi et même qu’il se disait la parole 4# de Dieu, le Tout-puiflànt, Se tout ce qui est en Dieu. »
S. Pierre et S. Paul les frinetpaux chefs de VEglifc Cette manière de parler est aflèz otdinaire aux anciens Pères, quand ilsparfM-Meiit de ces deux Apôtres ensemble. S. Irenée dit qu’ils ont été les Apôtres et les premiers Fondateurs de l’Église de Rome. S. EpipnaBAnf..17. ie les dit les’ premiers Evêques de Rome, S, Chryfostome les appelHml. 35. le les deux yeux de Rome, Oculos Roms. S. Léon les Pères et l« H Pasteurs de l’Église, S. Grégoire appelle S. Paul le Fiere de S. Pitfre dans la primauté. S. Ambroise dans un fermon qui luy est attri- bué dit, qu’ils sont les chefs des Martyrs, et les Princes de tons le Prêtres. S. Maxime de Turin dans un fermon les appelle les Princes des Églises et de la Foi chrétienne. Ainsi S. Cyrille a pu les nommer Prtfem EcoUsta, les principaux Chefs de l’Église, ce qui ne préjudice point i la primauté de S. Pierre, qui en cela étoit w- »
de Jemfalem. V I. Catcch. lyi m rieur à S. Paul dans le sens que l’Église dans son office les appellç Glomfi Principes ou quelle, dit de tous les Apôtres, Cottstittes w Principes, car fay déjà remarqué que S. Cyrille a reconnu la primauté de S.Pierre.
« zi Ils le firent tomber mort. Que Simon s étant fait enlever en lair par l’opération des Démons, fut précipité par l’effet des prières de S. Pierre et de S- Paul. S. Justin n’a poinr parlé de ce fait, ni Tertnllien, ni Qrigene en écrivant contre Simon, ni Eufebe dans son histoire. Àrnobe est le premier qui Ta avancé, Ôc c’est de luy tit.i.jl », que S. Cyrille peut l’avoir pris, aussi bien que l’auteur des Consti- lutions.Apostoliques; et du temps de S. Augustin on en étoit si fort jerfuadé qu’il rapports que plusieurs croyoient que c’étoit pour le fcuvenir de la vietoire des Apôtres qu’on ieûnoit à Rome le Samedy. S.Epiphane héref. e. u. le rapporte aussi, ôc S- Maxime de Turii dans un fermon des Apôtres; „
S. Cyrille parlant des hérétiques, dit que ce n est qu a regret qu’il rxpofe leurs extravagances Ôc leurs de (ordres, mais qu il vaut mieux se fallir un peu dans cette bouc, que d’y laitier tomber let autres, et les avertit de les éviter..
HBfilUt%i étoit d’Alexandrie, dffciple.de Menandrc, et donJioic dans les rêveries des Gnostiques, aufquelles il ajouta quelques « nés des fiennes. Valcntin étoit aussi d’Egypte Ôc indigne de ce quun autre luy avoir été préféré pour un Evêché, dit Tertullien, il « ’écarta de la dodrine de l’Église, vînt i Rome au temps du Pape Hygin, comme le remarque S. Irenée, ôcy dogmatifa vers lan ito Je Jésus-ChHsti il fuivoit les Gnostiques, dont il redrefla le iystee le faisant plus fuitri. S. Cyrille en rapporte toutes les rêveries. Ces trente Dieux ou Acons étoient autant d’attributs de la divinité ou des idées Platoniciennes qu’il réalifoit, pour en compofer une divinité complète, qu’il appelloit Pleromt ou Plénitude, le premier principe étoit Bithos, c’est-à-dire Profondeur. » »
« H ay aucune communication avec eux. Il paraît par la quil f avoit beaucoup de ces Vaientiniens au remps de S. Cyrille, et combien on doit avoir en horreur les hérétiques. Vlln’yaptsplHsdefoixanteetdixtns.Ctt époque fert a marquer en quel temps S. Cyrille faifoir ces Catéchèses, Ravoir ioixan te- dix ans après le commencement que Mancs dogmatifa, c etoit sous 1 Empereur Probus qui mourut Tan 281. à Sirmic, ou il fut tué; aincetoit environ l’an,50. ou 35 »- que S Crrille fâifoitc, nstruAions à Jérusalem, puisque Probe ou Probus fut reconnu Empereur, pat le Sénat le 3. d’Août en t76. ôc mourut vers le mois d’Août en 181. Ces foixante-dix ans dont parle S. Cyrille, peuvent avoir rapport i la conférence que Mânes eut avec l’Evèque Aichelaus dans la Mésopotamie, qui étoit fujerte aux Empereurs Romains; c’est pour87 il la marqué fou l’Empereur Probus. S. Jérôme dit que yi Les Catéchèses de feint ÇyrMt
« Cyrille fit ces infirmions étant encore jeune -, on ne voie rien danr es Catéchèses qui marque qu’il ne fut que Prêtre, ou qu’il fut Evet que, si ce n’est qu’il prêchoit tous le » Dimanches en public peutêtre qu’à Jérusalem c’étoit plus la fonction des Prêtres que celle del’Evêque ainsi étant mort en 38. ëc faHânt ces Catéchèses vers 350. c’étoit trente fix ans avant fâ mort.
« On ptut fuppléer à l’histoire que S. Cyrille rapporte de Manes qu’il vinr d’abord dogmatifer à Ctefiphon, ancienne ville d’Aflyric près au Tigre, où il se fit des difcipfes s que s’érantvfauvé de la priîbn où le Roy dé Perfe l’avoir fait mettre il se retira dans le char reau d’Arabion, furies confins de la Perfe et des terres des Romains, d’où il vint i Cafcar, où il eut ta conférence avec Archelaiis, d’où: voulant retourner à Arabion, il fut arrêté par les Soldats du Ro£ de Perfe, et condamné à être écorché tout vif »
16 jirtipet des hérétiques pour furprendre les peuples, 27 ArchtU’us étoit Evêque de Cafcar en Mefopotamie; Manichée étant arrivé i Cafcar % on luy ménagea une difpute avec Archelaus en préfence des Payens mêmes, comme gens qui n’étotent pas fufpeets de vouloir favorifer un party plus qjie Fautre y mais Manichée se trouva réduit à ne stjavofr que dire, et cherchant ife fait ver, H declarost que tout le monde n’étoit pas capable de comprendre les mystères. Archelaiis triompha de l’hérétique d’une manière très glorieufe pour l’Église. C’est Archelaiis luy- même qui a éerk la difpute qu’il eut avec Mânes, elle fut depuis traduite de Syriaque en Grec, et c’est de cette traduction que S. Cyrille a puifé ce qu’il en dit, aussi bien que Socratc lib. 1. bifi. cb. 11. et S.Epiphane b refit 66. Photius parle de cet ouvrage cod. 85- et M. de Valois l’aîné, en publia une partie dans fès notes sur Socrace l’an 166Î. ce fut en 176. que se tînt cette conférence dArchelaus avec Mânes, comme le dit S. Cyrille. Le martyrologe Romain marque laFctc àV S. Archelaiis au i. Décembre, 17 Fourqmy bêntrtiwm S. Pierre.ll femble que le Manichéens invoquoient lès ferhts. Qu/mobttm Pttrtm colis.
Remarquez que selon S. Cyrille re maître de Mânes fut ScythieiH Egyptien de naissance, et Peripatetiçien de doctrine et Sarafin d’origine, SsrdÇtwu. Les Sarafins sont des peuples originaires d’Arabie, qu’on nomme aussi Ifmaclites, comme dtfeendans d’IfmacL Ptolomée parle dune rilk dArabie dite Saraca, Capitale du paï qu’ils habitoient, et d’où apparemment ils ont pris le nom de Sarafins. On voit anfli que ce qui fatfbit naître de l’oppofition entre les Pères de l’Église et les hérétiques, c’est que ceux-cy fuivoîent comme Scythien la Philofôphie d’Aristote, au lieu que la plufpatf; des Pères, fùrvoîent les principes de Platon.
Remarquez aussi avec S. Cyrille que Therebinthe disciple de Scythien eut une difpute en Pçrfc avec les Prêtres du Soleil, 1uc et
Cyrille nomme Mithr Saetrdota. Le nom de Mbhrây est celui que tes Perfes et les Orientaux donnent au Soleil, ôc que lés Romains lui donnèrent aussi dans la suite. S.. Justin, Tertullien S. Jeietme disent quon faisait les cérémonies du Dieu Mthr dans de cavernes et des lieux fouterrains. Socratc et Sozoméne parlent done antre de Afnkr, qui étoit à Alexandrie.
ûCmmtnt Dieu tvÀglt la hommes. En retirant fet grâces des pe « heurs qui en abufent, Non immmd: mUtiam, fid fubfhrahendÊ mtUm, dit S, Augustin.’ % vt i9Lcfccrtt des mystères de la Trinité de Flncamran à 16gard des Gentil », et même i L’égard des Catecuménes.
S. Cyrille avant que de parler de Mânes, a nomme entre let Mretiques, Cerinthe, Carpocrate, le Ebionites. H; iie garde pas en rapportant -tes hérefies, le même ordre quavoit fait S. lrenee, qui met Carpocrate avant Cerinthe. Dès le ternps de S.. Jean, Ceriûthe dogmatifoir, et i Apôtre ne voulut pas entrer a Epbeie A™ „« £:- j » r« .i« »lf Lmùi S -Irenée die au il lavoit ap- î« - g »e difantque Jefiis-Christ nctQitpas «, « ...— »-, -r x se il étoit Fils de Jofepb et d Marie On peut voiries autres erreurs. » »
Carpocrate étoit disciple de Simon, aussi bien que Cerinthe, « fr d’Alexandrie, fie difcit que Jefui-Christ étoit un pur nomœ né comme les autres hommes, et ne différant en ru? n deux, pc par ses vertus. II prétendoit que les Anges avoient créé le monde. Quant aittfibionires, EbUnà Origene et Eufebe disent ou on nnacenom et des hérétiques quiavoient des fentamens bas de jefus-Christ, le fupprfâr ujï puAomme. S. Irenée ne parle point dtt Chef de cette Seéte, ni S. Cyrille epi dit non Ebion, mais les Ebiowtesuinfic’estàtort qu’on en a fait le chef, « n homme de ce nonu Les Ebionites étoient coipme les Nazaréens mSans le Judaifme avec se Christianifrne,. « mm |- » » »
S. Cyrille parle aussi de Mfercion, et voiey en peu « wfoa histoire. Il étoit de la ville de Synope dans le Pont, Fils d un EvcV que Catholique, il fut assez réglé dans sa jeuneffe, mais ayant abufë dW fille, il fat chaffé de l’Église par son propre Père: étant venu à Rome, on ne voulut pas le recevoir sans le »cede son Père ainsi se voyant exclus pour toujours de 1 EgJité, ii le « c ef des Marcionites, inventant de nouvelles opinions sur la Religion; il demeuroit encore i Rome sous le Pontificat dAniçet, où. S. Poljrçarpe luy dit qu’il le reconnoiffoit pour le Fil aîné de aafen. C etok environ Tan 14. de Jésus-Christ. »
V Ce Thomas ntfl pas Vun du dowu Apims. Cétôit un disciple de Mânes, qui avoit fait un Evangile qui! attribuoit à 1 Apôtre ThQmat pour luy donner plus de cours....
Leur faire quelque offrandt. S. Cyrille rapporte les ordures avec lefquelles les Manichéens célebroient les faines Mystères -, les ordures 6c les abominations qu’ils faifoient,. les blafphêmes qu’ils prononçaient sur le pain et sur le vin en les mauduTant, les indécences de leur Baptême, le donnant devant les hommes 6c devant les femmes, c’est-a-dire fouffrant que ceux qui étoient baptisés, fuffent YÛs nuds devant tout le monde, même de ceux d un différent fexe. 1 L’impudique vient se laver. La confeience reprochoit si vivement une impureté a celui qui l’avoit commis, qu’il venoit aussi- tôt se laver -, cela venoit des Juifs, à qui cela étoit ordonné par la Loy.
S. Cyrille ne veut pas même qu’on embraffe un hérétique qu’on rencontreroit en son chemin, 4 VEglife vous Us dénonce. L’Église expofe les blafphêmes et les erreurs des hérétiques pour en înlpirer de l’horreur, et pour les faire éviter, 6c en préferver ses enfants.
Vfdp de se mettre en prière quand il tonne, et se jetter par terre. In terrain procumbimus.
tf Dam leurs livres. Tout ce que S. Cyrille dit des Manichéens, il prottste qu’il n’en est pas l’inventeur, qu’il les a lu dans leurs livres} aii.si il ne leur en impofe point. Ai nfi les Docteurs doivent lire les livres des hérétiques, pour apprendre leurs erreurs, et étu dur à les réfuter.
« Yl La haute de ï Ordre, la modestie dans l’Église, la pureté it% mœurs, aussi bien que de la doétrine, ufyitk se faire un crime dt regarder une femme four le plaifir. La fainteti des niées. On les célebroit dans l’Eg’ife,,6c enpréfence du Prêtre, voye entr’autres le Concile de Laodicée la continence des gens mariez, 6c Mime Irstoh, s T°n faifoic des Viergcs » quon compare aux Anges mêmes. Prier WT W devant 6c après le repas, comme le disait Tertullien avant que de le mettre i table, on se repaît de la prière qu’on fait à Dieu, et on finit son repas comme on l’a commencé par la prière. Ce n’etoit pas seulement dans l’Église que les Chrétiens gardoient tant. r ’ ils ëtQicnt Ies et » en tous lieux, comme le mar- m que S. Clément d’Alexandrie } ceux, dit-il, qui sont initiez aux f crez mystères, doivent paraître 6c être en effet dans toutes les adions A TcV, VeIs et avcc la mêmc ndestie et retenue qu’ils sont knsl Église; ils doivent par tout « illeurs garder la même douceur, la même pieté, la même d »otion 6c la même charité qu’ils fontpaxoitre eu ces feints Lieux; dans les rues âcaufe des paffans, dans l ï r Ufe d’eux mêm«, en tous lieux a cause de la préKnce du Verbe Divin qui est par tout, car la confideration de ce que Dieu nous est toujours présent, nous doit être un aflèz puit lant motif, pour nous empêcher de loffenfer.
Ne st point fefarer de ÏErtfu Horreur des fchifines, 39 ijurezsla. Abjurée les herefies de bouche ôc de cœur éÈûiwetâ
Catéchèse VII
Faite sur le champ, sur Dieu le Père, après la leeture de ces paroles de l’Epître aux Ephefiens, Je pchis les genoux devant le,
JE vous ay fuffifamment parlé la dernière fois de la monarchie de Dieu, non que je croye en avoir marqué la « grandeur, et l’excellence, cela cstimpofliblc à telle créature que ce soit, mais autant que nôtre foiblefle le permet -, nous vous avons marqué les diverfes erreurs et les rêveries des hérétiques, et dès impies contre la Foi, et les moyens dont ils se fervent pour infeeter les âmes; afin de vous en préferver et pour vous faire connoître quels sont les vrais dogmes que la foi nous oblige de croire pour être lauvé, maintenant je vous entretiendray du nom de Pcrc que Ton donne à Dieu..••••.•• c »
Car il ne faut pas seulement croire en un ieul Dieu, mais aussi que le même est Père d’un Fus unique nôtre Seigneur Jésus-Christ; Recevons avec pieté cette dodrine, c’est par elle que nous avons 7 £ Catechefis de fainrCynUe des fentimens plus élevez que les Juifs, quidams leurs dogmes établirent bien qu’il n’y a qu’un Dieu 3 quoique souvent ils l’aycnt defavoiié par leur idolâtrie, mais ils ne veulent pas confefler qu’il soit 4e Père de nôtre Seigneur Jésus-Christ y contredifans aistfi leursPfophétes qui l’ont marque dansïcutt
T/.1.7. écrits: car on y Ht., Le Seigneur m9 a dit vous êtes mon Fils y je vous ay engendre aujourd’hui, mais eux ufqu à présent ils fremiffent et s’aflemblent contre le Seigneur et contK son Christ; ils s’imaginent pouvoir honorer le Petc sans le Fils, ignorans que personne ne va au Pere que par le Fils y qui a die
Je, jo. de lui-même y Je suis la porte, je fois la boy eCclvâ I4# donc qui évite la voye qui conduit au Père, et qui ne veut pas reconnoître la porte par laquelle on y entre, comment pourra-t’ il avoir accez auprès du Pcre? C’est contredire aussi c qui est écrit au Pfeaume 88. Lui-même m’invoquera difanth: Sous êtes mm Père, 0 mon Dieu et mon Sauveur y jet je /tabliray, comme mon premier ne, au dejfus de tous les Rois de la ttrre. Car s’ils veulent que ces paroles s’entendent de David ou de Salomon ou de quelque autre, qu’ils marquent donc comment le Trône deduide qui ces choses ont été prédites
P/.’ÏS. parmi eux tst comme le jour du Ciel-ou comme la Lune dans sa stemmde et comme iïefolèil-tnfrêfencc de lune -y et même toutes les générations, ce qu’oa nepeut Émsiûccxtreme folie expliquer d’4in nommes me mais les Juifs sont tellement prévenus contre Jésus-Christ, qu’ils ne veulent point nous entendre sur ces pacages, ni sur plusieurs autres fem- 1 blables.
Pour nous qui avons déjà reçu le don précieux de la foi y nous adorons un seul Dieu, Pcre de nôtre Seigneur, et nous croyons que ce serait un blafphême de penfer que celui qui donne à tous les êtres la vcrtu.de se reproduire par la génération, en soit privé 4 pour lui-même; Nous croyons donc en un seul Dieu Père. Et avant que de vous parler de Jésus-Christ, il faut bien affermir vos esprits dans la croyance du Fils unique du Père; car dés qu’on nomme le Père, on doit en même temps concevoir un Fils 5, comme quand on parle du Fils, on doit fuppofer qu’il a un Père, parce qu’il n’y si ani Père sans Fils, ni Fils sans Père. « Lorfque vous dites 9 se crois en un seul Dieu Père t- tout-buiffant, qui a fait le Ciel et la terre les choses k wiféles 0 les invifebles 3 et en notre Seijgieur fefusfc Christ, qui est le Fils uniaue de Dieu ’, Ne pensez pas 4 que le Ciel et laf terre loient avant le Fils, parce qu’ils sont nommez devant -, Nous nommons Dieu le Père d’abord, pour vous faire connoître son Fils, car il n’y a rien entre le Pcrc, et le Fils % et c’est t far une espèce d’abus et improprement que Dieu t « cil dit le Père de plusieurs sortes d’êtres il n’efi: proprement et véritablement le Père que de son ï Hs unique nôtre Seigneur Jésus-GhriU: qui a la j même nature avec luyt.
Il n’a pas commencé dans le temps à être Père mais il a toujours été le Père de son Fils unique} il n’y a jamais eu de temps où il étoit sans son Fils y comme si après changeant de fentiment, il eût voulu devenir Père, il l’est avant tout ce qu’on peut penfer, avant tous les temps, et tous les siècles c est aussi la phis grande de ses perfections, et celle qui exige de nous plus de refpeéL » »
Il est Père par nature, et non par volonté, il l’est ni par la conjoëtion d’un autre être, ni par ignorance sans je savoir, ni par un affoibliflement, ni par une diminution, ni par une altération de son Jacob, i. être; Tout don parfait vient d’en haut, et descend sa 1?’ Père des lumières, qui ri est fu jet a aucun changement ni à aucun ombre de révolution. Le Père qui est parfait, engendre un Fils parfait, il communique tout ce qu’il a à son Fils unique. Mon Père tria donne Math.xu toutes choses, dit Jésus-Christ, et le Père est honG179 ré par le Fils, car le Fils dit, Jhonnort mon Pere Joan.%. il dit encore, Comme fay gardé les Commandemens de iy mon Père de même je demeure dans son amour. Nous Ephcf. j. disons aussi avec l’Apôtre, Beny soit le Dieu et h M- Père de notre Seigneur Jésus-Christ,’ le Père des miferi- cordes, et le Dieu de toute consolation, et c est ce qui nous fait fléchir les genoux devant le Père, duquel toute paternité qui est dans le Ciely et sur la terre, tire fo origine, Te glorifiant par son Fils unique, Quicorh fan.
2. Que nie le Père, nie aujjî te Fils, (? quiconque confefic le Fils cenfejfe aujji le Père; Sçachons que le Seigneur Jésus-Christ est dans la gloire de Dieu le Père. Adorons donc le Père de Jésus-Christ, qui a fait le Ciel la terre 1, qui est le Dieu d’Abraham, d’ifaac, et de Jacob, en l’honneur duquel le premier Temple a d’abord été édifié; Ne fouffrons point les hérétiques qui féparent l’ancien Testament du nouveau; mais croyons à Jésus-Christ, qui parlant du Temple dit, Ne stave-vous pas qu’il faut que je fois Lut. i. taupe à ce qui concerne lefervice de mon Père. Et ailleurs, Ote% cela d’içy, et ne faites pas de la maison de mon Jean. t. Père, un marché; ce qui marque que le Temple qui « toit cy-devant à Jérusalem, étoit la maison de fonPere8. »
Si quelqu incrédule en vouloit encore avoir d’autres preuves pour s’aflurer que le Père de Jésus Christ, est celui qui a fait le monde; il n’a qu’à « coûter encore ce que le même Jésus-Christ a dfc, Nest-il pas vrayque deux Pajfereaux ne se vendent qu’- Mihao. m fol, et néanmoins il n’en tombe aucun en terre sans hrdre de mon Père qui est dans les deux, et ailleurs. Voyez l oifeaux duCiel, ïls ne fement point, ils ne moif Mat g. forment point, et ils namaffent rien dans des greniers, c’est mon Père Yeleste qui4es nourrit; et aussi, pff’icy mon Père n’a, point cejfé tagr, ni moyje nej9dn. j. éjfe foint d’agir avec luy., »
Et de peur que quelqu’un par fimphcite, ou Jar une malice fubtile, ne croye que Jésus-Chrilt « st semblable aux âmes justes en ce qu’il dit, Je m’en vais monter à mon Père, et •à votre Père; il elt hon de vous avertir que le nom de Père marque plusieurs opérations différentes de celuy qui porte « e nom, et c’étoit en cela que celui qui disait avec aflurance, Je m’en vais monter à mon Père, et fiûtre Père, ne dit pas a 2 tâtte Pxre 9 il fépare cet chofcs; d’abord il marque ce qui étoit propre au Père, disant mon Père, parce qu’il l’est par nature • y et il ajoute vôtre Perc, parce, qu’il ne l’est à nôtre égard que par adoption: car quoiqu’il nous soit permis principalement dans la prière de luy dire: Nôtre Père qui êtes dans les deux, c’est un pur effet, de sa bonté de nous avoir accordé cette permiflion, ce n’est pas que nous ayons la même nature que celui que nous appelions Notre Père dans les deux; c’est par une bonté paternelle qu’étant des efclaves, il nous a rendus dignes d’être ses enfants adoptifs par Jésus-Christ dans le S. Esprit. » »
Si quelqu’un veut savoir en quel sens nous appelions Dieu Père, qu’il écoute Moïse cet excellent maître, grand Legiflateur, qui dit; N’efi-ct pas ce même Père qui vous a créé, et qui vous a fait, qu’il écoute aussi le Prophète Isaïe, qui dit, Main, tenant Seigieur vous êtes nôtre Père, et nous quifomlfù.64. ms ms ï0Uvmge je yW mams mHS ne jommes que poujjien, ce qui montre que du temps même des Prophètes, Dieu vouloit bien être appelle nôtre Pcre, non à cause de la même nature, mais par grâce et par adoption..
« Et afin de nous faire connoître par l’Ecriture; que par le nom de Père on n’entend pas toujours 1. cv. 4. le Père naturel; Ecoutez S. Paul qui dit, Car quand vous auriez dix mille maîtres en Jésus-Christ, vous n’ave% pas néanmoins plusieurs Pères, puisque c’est moy si çarl’Evangk vous ay engendré en Jésus-Chr’tfi- Pil etoit le Père des Corinthiens, non par une gèneration charnelle, mais par sa doetrine, et par U régénération de l’efprk Job dit aussi,// »« le PeJ1 re des Pauvres, non qu’il les eût engendrez, mais a caufc du soin qu’il en avoit. Jésus-Christ au temps de sa Pafllon, étant attaché à la Croix, appercevant sa mère, selon la chair, et Jean son disciple bien-aimé, dit à celui-cy r Voicy votre Mère, et à/- ni Marie -Voicy votre Fils IO, pour apprendre aux enfants le soin qu’ils doivent avoir de leurs parens.
S. Luc dit même, Le Père et U Mère de Jésus ad- LM. xi taraient ce qu’on disait de luy; ce que les hérétiques détournent en un mauvais sens, comme s’il étoit né d’un homme et d’une femme, quoiqu’il soit vray que comme Marie fut appellée la Mère de Jean, à cause de l’affection qu’elle avoit pour luy, et non qu’elle l’eût engendré, aussi Joseph est appelle le Père de Jésus », à cause du soin et de la tendreste qu’il avoit pour luy, et non pas qu’il eût contribué à sa génerarion; car l’Evangile dit, qu’il ri avoit point connu Marie, lorsquelle enfanta son Fils premier né, iln’est donc appelle le Père de Jésus-Christ, qu’à cause du soin qu’il a pris de’l’élever et de le nourrir.
Je dis cela seulement en paflant pour vous en avenir. Voicy encore quelques autres témoignages de l’Ecriture qui marquent que Dieu veut être en quelque façon appelle le Père des hommes; c’est quand Isaïe dit de luy: N’êtes- vous pas notre Pere3 tf. car Abraham ne nous connaît point pour ses enfants, cr et n’est point Sara qui nous a enfanté? Voulez-vous quelque chose de plus? Le Pfalmiste l’appelle le Père des Orphelins, 0e le Protecteur des Veuves; il est p/, cp Ziij donc clair ainsi que ceux qui viennent de perdre leurs Pères, le retrouvent en un sens dans Dieu, non qu’il les engendre, mais parce qu’il en prend soin, et qu’il les protège.
Dieu n’est donc pas proprement le Père des hommes, il nest le Père naturel quade Jésus-Christ, non pas par adoption } il ne l’est des hommes que dans les temps, et il l’est de Jésus-Christ avant
J#4tt, i7. tous les temps, comme il le dit lui-même: Vous Aujfi mon Père glorifie-moy maintenant en vous-même de la gloire que fay eu en vous avant que le monde fut fait.
Croyons donc en un Dieu Père, incomprehenfîble, et inexprimable, que personne n’a jamais vu, que son seul Fils unique a fait connoître; car est à celuy qui est de Dieu, qu’il appartient de le voir; Les Anges le voyent auflï perpétuellement dans le Ciel ll, et chacun d’eux le voit selon 1 la mefure de son ordre,. mais il n’y a que le Fils le S. Esprit qui puiflent voir tout l’éclat de sa gloire.
Mais dans le temps que je vous marque en peu de mots, les endroits ou Dieu a bien voulu être appelle nôtre Père; Qui ne sera pas furpris avec moy, de l’ingratitude des hommes-, Dieu par une tonte M toute finguliére, quoiqu’il soit dans les Cieux, veut bien être appelle le Père des hommes j il est dans les Cieux, et nous sommes sur la tertre i il a fait les siècles, et nous sommes dans le temps; il renferme la terre dans son poing, et nou aie sommes que comme des moucherons sur la terre dejerufilem. V 1 1. Catech: 183 cet homme qui a un Père dans le Ciel, en est venu jusquà l’abandonner, et à dire au bois, Vottsstrm.xL foi mon Père yet- à la pierre, c’est vous qui m’ave en- « • péi, et il me femble que c’est pour cela que le Prophète dit aux hommes, Oublie votre peuple et Pf.
Umifon de votre Père; Ce Père que vous vous êtes donné, et que vous vous êtes attiré pour vôtre perte; car il y en a qui ont pris non seulement le bois les pierres pour leur perc, mais Satan même, ce meurtrier des âmes j ce fonç ceux-là à qui Jésus Christ fait ce reproche, Vous faites les œuvres de vo- j„4n.l.vi trt Père, il est le Père des hommes, non par nature, mais par ses tromperies H: car comme S. Paul se dit le Père des Corinthiens à cause de la faine doctrine qu’il leur a annoncée, aulli le Démon est appelle le Père de ceux qui s’accordent volontairement avec luy. »
Et nous n’admettons point parmi nous ceux qui entendent mal ces paroles; Nous reconnoiflons qu’entre les hommes, les uns sont enfants de Dieu les autres enfants du Diable, non qu’il y en ait qui se perdent, ou qui se fauvent par une neceuité naturelle, car ce n’est point malgré nous, mais volontairement que nous entrons dans cette divine adoption « 5; Ne pensez pas que Judas qui trahit Jésus-Christ, fut né pour être enfant du Diable, le Fils de perdition, s’il eût été tel dans le commencement de son Apostolat, il n’aurait pas chatte les Démons au nom de Jésus-Christ; car Satan ne chaffe point Satan, et S. Paul de perfécuteur de l’Église, ne ferait pas devenu le Prédicateut del’E- vangile; mais afin de vous marquer que cette adopJoat?. i. tion doit être volontaire, écoutez S. Jean, qui dit: Que tous ceux qui l’ont reçu y ont le pouvoir de devenir enfants de Dieu et ce sont ceux qui croyent en [on nom] car on n’est pas digne d’être les enfants de Dieu avant que d’avoir la foi, c’est par elle qu’on le devient volontairement. »
Après cela tâchons de mener une vie toute fpitituelle pour nous rendre dignes de la gloire de cette adoption 9 car ceux qui sont conduits parl’Esprit de Dieu; sont les enfants de Dieu. Il ne nous fervira de rien d’avoir le nom de Chrétien, si nous n’en JW 8. pratiquons pas les oeuvres l6 on nous dira: Si vous eujjîez été les enfants £ Abraham, vous eujfie fait les auvres d’Abraham; car si nous appelions nôtre Père celui qui juge les œuvres d’un chacun, sans acception de personnes, nous devons marcher dans la crainte tant que nous sommes en cette vie 5 n’aimant ni le monde, ni ce qui est dans le monde, car la dileetion du Père, n’est pas dans celui qui aime le monde.
Ainsi 3 mes chers Enfants y glorifions le Père céleste, par nos oeuvres, afin que ceux qui verront le bien que nous faisons, glorifient eux-mêmes nôtre Père jui est dans les Cieux, abandonnons sur ky toutes nos inquiétudes, car nôtre Père fçait îes choses dont ttôus avons befoin
Après avoir honoré le Père céleste, rendons auflï nos devoirs à nos parens, qui nous ont donné la vie corporelle 17, le Seigneur l’ordonne par la Loy, Iat les Prophètes x Honorez votre Père et votre
Mtnafin ¥ v°us f°ycK heureux, et que vous vi w% longtemps sur la terre. Que ceux qui sont icy, qui oiit père et mçre, écoutent bien ces choses. Vous m sans obeïjfe, selon le Seigteur, à vos Pères et.£pbtfl f, 4 w Mères, car cefi une chose juste et le Seigneur n’a pas dit que celui qui aime Ton père _et sa merc n’est pas digne de luy, n interprétez pas mal l’Ecriture par ignorance il y a que c est celui qui les AfeJM« aime plus que moy -, car quand les peres et mères selon la chair commandent des choses deffenduës ar le Père céleste, c’est pour lors qu’en leur obeï’Cànt, on n’est pas digne d’appartenir à Jésus-Christ; mais quand ils ne nous détournent point de ce que Dieu exige de nous 3 ou que par nôtre propre malice, oublians les bienfaits que nous en avons reçus, nous avons du mépris pour eux, nous attirons sur nous cette menace: Quiconque maudira son père QMath.ir fo mère, sera puni de mort »
Un des premiers devoirs d’un Chrétien, est d’ho- norer ses parens, de reconnoître les foins, et les peines qu’ils se sont donnez pour notre éducation, de leur procurer tout ce qui peut contribuer à leur repos: et tel bien que nous leur faffions, fçachez que nous ne pouvons jamais acquitter celui qu’ils nous ont fait en nous donnant la vie. l8 Tachez donc de leur faire mener icy-bas la vie la lus douce qu’ils peuvent, afin d’attirer sur vous es benedietions que Jacob enleva adroitement a son frère aînéT et que le Père céleste voyant en nous cette bonne disposition, fafTe qu’un jour nous brillions cpmxue le soleil avec les justes, •et que nous fôyons cclatans de gloire dans le règne îe nôtre Père, à qui est la gloire,6c la puissance, pré- fentement et toujours dans les iîecles des siècles
Notes sur la seiw/ne Cttechefe.
i CVi Dieu U Père. S. Cyrille après aroir prouvé dans le dit cours précèdent contre les Payens et contre les Hérétiques, qu’il n’y a et qu’il n’y peut avoir qu’un Dieu, entreprend d’établir icy contre les Juifs, qui ne reconnoiflèut quun Dieu, que ce feu! uniaue Dieu, est le Père de Jésus-Christ, et le prouve pas l’autorité de l’ancien Testament, et sur tout des Pfeaumes que- les Juifs reçoivent.
i Vous ites mon fils. S. Paul Htbr. i. 5. entend ce paffàge de lt génération éternelle du -Fils de Dieu dans le fein de /on Père. Àax
Aâes 13. 33. on l’entend de celle par laquelle il est rené du tom
Refponf. beau dans la Refarteôion, Quelques Pcres comme S. fulgente, l’ont?. entendu de la génération temporelle du fein de k Vierge.
3 // m’invoquera, disant. Quelques uns entendent ce paflàge de l’étendue de l’Empire Je David, de Salornon; mais tous conviennent qu’on doit l’entendre de l’enanire fy iriçuel de Jésus- Ckxist i que c’est la même chose que ce qui est dit au PC. u comme’ S. Cyrille l’explique au PC 1. Ex uterê, c’est de lirywaêW et Je sa propre iubstauce.
En /bit privée. Le Pcre qui donne aux créatures la vertu de se « produire, en Sera-t’il privé. »
Quand on nomme 4t Fere, n doit fpnctwk: le Fils: Vola les relations dans les Perfarmes divines, qui est le fondement de la àxstinaion réelle qai se rencontre entreHes, car lèméme ne peut engendrer, ni erre engendré, le même ne jxmt être: Rere et Fibi 7« »ii4. aussi Jésus-Christ dit, Je pAray mon Pen, et vivons donruraun autre Paraclet. Ïefus-Chnst parlant de luymême, dit: Je priray. Etparlant de son Père il dit: Ilmvoyerm et marque k S. tfprh en delignant un autre Paraclet. Cum Chrifis de si toçmtur, dici’r (Ego,) cum de Pâtre yjdicit (IUe,) cum de Jpirïtu fantlo fubiunsit alinm, dnS. Athanare comte les Sabelliens. On peut voir le livre tfc Tertullien contre Pnixée, qui ne reconnoifloit qu’une personne en Dieu, et qui foutenoit que le Père se toit fait nomme se avoir fouffert pour npus. Tertullien luy montre la foi dclïgUfe qui rScomiok U ilistiïuattttt divjpcrbnties, kfc emtr. An n.
de JcYHpiUm: V I L Catech 187 quelles eut toutes une même fabfbnçe, et une même puiflànce; que rçtte Trinité de per(pnne, ne nuit point à l’unité de Dieu, comsoc cette unité de Dieu ne répugne point à la Trinité des personnes. C La génération.éternelle du Jfr//. Sans équivoque au lieu que Terlullien dans son livre contre Hermogene dit, qu’il y a eu un temps « que Je Perç n’étoit point Père, et que le Verbe a commencé d’ctreFils, parce que Tertullien croyoitque le Fils navoit eu le nom « et la qualité de fils 5 que quand ce monde a été créé i quoiqu’il fut de toute éternsté dans le Père, et dîstingué de luy., 7 U Pm 4fjùl Çtel et U terre. Auyflî bien que Je Fils., dont il cil dit que tout à été fait par Juy s c’efl la même puiflànce conv ne la même nature • ’ - 8 ht Ttmpfe de Jérusalem hait U walfon de son Père. Le Temple des Jaist confcté à Dieu le Père. Jfcfus-Çhrist rappelle la roaiton de son flerc/. G ’est principalement la prerniere Personne de. la feinte Trinité., qu’ on ennd.par le nom de Dieu,..,. » »
9 // tfi par nature. Jésus-Christ Fils naturel du Père et non par - • adoption •;.• 10 Voilà vitre Fils. S. Jean est dit le Fris de Marie, parce quel Rengagea à }uy rendre tous les devoirs de nous Jes ferv#: es qu’une Mère est en i#t détendre de son, Fik.
njostùh Père 4 Iefnt selon les Juifs., £r aussi par, le fri#. qu’il a pris de Juy, comme urt Père, de fpn enfant, ou bien la quaJtf© de naty de U fainre Vierge donnait? Joseph pn.drpit particulier sur la personne du Sauveur,; il luy.tenait liei de tuteur, et il. était chargé de.l’élewer et de le nourrir: ainsi il, est apppljc fan Père, parce qu’il eAetifoij: les fondions fie en rempli/fait les devoirs principaux, i -;.’,!,.7 J;:;, iii L%% Anges voyenfjDieH stkn Umefkre: de leur orre.Ccfi une vérité confiante qu’ils voyent Dieu-, JeetsXbrifl: 1 affûré.: Les A »- Math. 1, î« voyent inetffamment U face de mon Ptre. et. Aueustin prétend qu’ils ont merké leur latitude par le bon usage de Ta grâce en se four « ïççtant à Dieu, etJç reçonnonc pour le principe de leur fore: tlh. a. de - fille dit qu’ils voytnt Dieu filon la ntefuxt de leur ordre c’çû-à-dire selon leur mérite, ainsi que les homrnes qui reçoivent une recomr penfe felon leur travail: Vnustfuifque prapriam merçedem jnxti Ubo u Cor. ip w fmm. Qu bien S. Cyrille a. voulu dire, que comme il y a dirTe« n ordres entre les Anges, Dieu aufl accorde à chaque ordre un jégré de gloire plus particulier. C’est le fentiment de l’auteur di livre de la Hiérarchie céleste, connu sous le nom de S, Denis l’Attopagite, qui a: divifé les Anges en trois. Hiérarchies, et en neuf or Ùi à qui il donne dçtjnoms et dj ofices differensj que les uo| iet8 Les Catechefis de/aïntCyrilk approchent plus près de Dieu, que les autres. Que les Uns reçois vent de Dieu leur béatitude, et ensuite la communique aux Ordres. Quoique depuis le fixiéme fiecle que ce livre a paru, S. Gr goire Pape, et un nombre infini de Pères, et d’autres layentfuivi, il faut pourtant convenir que toute cette mystagcgie a été in connue à l’Antiquité, Ôc qu’il n y a pas grande folidicé dans tout ce que dit cet Auteur. » »
C’est sur une boni finguliin que Dieu veut que nous TappelHow nôtre Père.
Satan le Père des michans parce qu’il à péché le premier, et qu’il a porté l’homme au péché.
C’est volontairement que nous entrent dans t adoption divine. Diea ne nous néceffite point, ne nous force point. Il ne fait ses enfants que ceux qui sont fidèles à sa grâce et qui veulent faire ce qu’il leur ïAb. x. jf’préfcrit. Quod gratia à mukis refpuitur if forum est nequitid’, fuodvc- ùtt. tent. ro fifeipitur, et gratté divine, est, et volumatis humana, dit S.
• Profper. - if Sans les muvrts. La foi et le nom de Chrétien inutile sans les œuvres, la necefliré des bonnes œuvres pour être sauve -, c’est une neceffité que S. Cyrille rebat souvent: aussi c’est pour elle que S. Jacques le premier Evèque de Jerufelem avoir écrit son Epkre, ayant en vue les difciples de Simon, qui difoient que la foi sans les œuvres fuffifoit pour le salut, et se fondoient sur quelques pat fages de l’Ecriture, et sur tout de S. Paul, qu’ils detournoient en fetr. )• de mauvais sens, comme le dit S. Piètre, pour leur ruine. Car il 1. paroît que S. Pierre marque TEpître aux Hébreux que S. Paulavwc tpecialement adredee aux Juifs, et où il a exhorté avec tant de force à perfeverer dans la foi, d’où les premiers hérétiques entendant mal ce que S. Paul avoit dit de l’inutilité des œuvres de la Loy pour le salut, ils en concluaient que la foi seule fuffifoit. Et S.
Augustin dit que toutes les Epîtres catholiques n’ont pour but que dç détruire cette erreur. Ce fut sur tout celui de S. Jacques dans 1 fienne, qui prouve que la foi sans les œuvres est morte en elle-me
Honore vos parens. Règles de Pobéïffance des enfants envers leurs parens, quand ils ne commandent rien de contraire à la Loy de Dieu, a l’exemple de Jésus-Christ qui dit à ses parens: Ne fçavez-vous pas que quand il s’agit des interests de Dieu mon Père, je ne suis point tenu de vous obëir. Quand il s’agit de son salut, on ne doit avoir égard ni â la chair, ni au sang, et en cette ocCafion être cruel pour Jésus-Christ, c’est le plus haut degré de per ffH’se6tion, dit S. Jérôme. Pietatis gtnus est in hoc tffe crudeUm.
Les enfants ne petêvent acquitter ce qu’ils doivent à leur parens, de qui ils ont reçu la vie. C’est le fondement de tous les devoirs ëc robëiflànce, de dépendance, de reconnoiflàacc de ipfpeet # arçrres,.
de Jérusalem. VIII. Catcch: ij
Catéchèse VIII
HUITIEME CATECHESE 1 AUX ECLAIREZ DE JERUSALEM, r Faite sur le champ, sur ces Paroles du Symbole, Je crois en Dieu, le Père tout-puif fant 1, après la ledure de ces paroles de J eremie, Dieu est grand et fort s le Seigneur l ’ tf grand en fagejfe, et ’ fuifint en Ces œuvres, il est toM-fuijfant, et sorte le grand l nom de Seigneur,
EN croyant qu’il n’y a qu’un Dieu y nous détruifons toutes les erreurs qui ont été au iu- jet de la pluralité des Dieux,; c’est par ces armes S que nous combattons les Gentils, et que nous repouffons toutes les forces des Hérétiques; mais en ajoutant qu’il n’y a qu’un Dieu, qui est le Père, nous attaquons les Juifs qui nient que Dieu ait f un Fils unique: mais comme nous vous dilions le l dernier jour, et avant que je vous parle plus a fond de Jésus-Christ, quand nous disons Dieu le Père, nous déclarons ouvertement que ce Père a un Fils-, comme nous voyons que le Père, est Dieu, nous devons aussi le penfer du Fils. Nous ajoutons que i le Père est tout-puissant, ôc cela à l’occafion des s x A a îij gle 9Q Les CatechefeS de faintCyriiïc
Gentils, et des Juifs aussi, et même à cause des Hérétiques; car il y a eu des Pâyens qui ont crû que Dieu étoit l’ame ou i’esprit qui anime le monde y d’autres se sont imaginez que sa puifTance né s’étendoit point au de là des Cieux, et qu’il n’en avcflt point sur la terre; quelques-uns même abufans
Tf. 107. de ces paroles du Prophète: Votre vérité s’étend jufi ’ qu’aux nues, ont prétendu Teferrer et renfermer dans le Ciel f et dans les nues la Providence divine, et croire qu’il n’avoit aucun soin de ce qui se paffe sur la terre, ne penfant pas qu’il est écrit:
f f3- Si je monte au Ciel, vous y êtes, et si je descend dans t enfer; vous y êtes présent. Comme il n’y a rien de plus élevé que le Ciel rien aussi nest plus profond que les entrailles de la terre celuy donc qui se trouve au fond de l’enfer, doit être sur la terre.
J’ay déjà dit que les Hérétiques ne reconnoiffent point xpit Dieu soit tout-puiffant; car celuilà est tout-puiffant y qui peut tout, et qui a toutes choses sous foh empire et en son pouvoir. Or ceux qui croyent qu il a un Dieu Créateur de nos mes, différent de celui qui forme nos corps, croyent l’un et l’autre de ces Dieux très imparfait, n’ayans qu’un demy pouvoir car comment se toit très partait celai qui cède quelque chose à un autre? Celui qui n’a du pouvoir que sur l’ame, comment peut-il ètte tout giflant, aussi bien que celui qui n’a autorité que furies corps, et non sur rame? Ce sont gens que le Sauveur avoit en vue de reprendre, en disant: Craigie celuy qui après voir fait mourir le corps, peut envoyer lame dans lé t ce de Jerufalenu VIII. CatccK. 151 stbcnnc, car s’il na pouvoir sur l’un et sur l’autre, comment le Père de nôtre Seigheur Jésus-Christ pourra-t’il punir etc envoyer au feu, un corps qui appartient à un autre, fî auparavant il ne lie le fort armé, et ne luy ôte (efc armes?
Croyons donc avec les fainres Ecritures, et selon les dogmes de notre Religion, qu’il ny a qu’un seul Dieu, qui contient toutes choses par sa puissançe, et qui les gouverne selon son bon plaira; il ne tient qu’à luy de foumettre les Idolâtres à son autorité, il les tolère cependant par sa patience 4 et par sa clémence. Il en ufe de même avec les Hérétiques qui blafphêment contre luy, efperant que par sa longue attente, ils se convertiront. Il fouffre aussi tout ce que fait le Démon, pour soppofer à fcs defleins j il le fouffre non qu il soit vaincu par luy, ou comme dans timpuiffance de se défendre contre luy, puisqu il est le principe de son être, et xjuc c’est luy qui la forme -, mais afin qu’il soit le jouet, non de celui qui l’a créé, car cela serait indigne de Dieu; mais il veut qu il fok ïobjet de la dérision des Anges qu’il a créez, il iaifli agir le Démon pour ces deux raifons 5, la premkce afin qu’il soit diargé de çonfofion; lonqu’iltô vaincu, et pour avoir occafion de donner de plus amples récompenfes aux hommes qui cm auront triomphé.
O combien est parfaite la fageffe de la Providerdivine! Il Ce fert de la mauvaise volonté des Démons contre nous /voulant quelle soit uie occasion de salut pour »ous y et, « Hiime la haine et la ïl Les Cdtechefes de feint Cyrille mauvaise disposition des Frères de Joseph fut cài se de son élévation, et que Dieu qui permit quV ils vendirent leur Frère a cause de la haine qu’ils luy portoient, prit de là occafion de l’élever au gouvernement d’un Royaume; aulïi il permet au Diable de nous attaquer, afin que ceux qui le vainqueront, soient couronnez, ôc que le Diable après sa défaite, Toit noté d’infamie de s’être laiflé vaincre par ceux qui sont plus foibles que luy, et aussi afin que les hommes soient élevez à un plusgraAl honneur, d’être les vainqueurs de celuy qui avoit été un Archange 7. Il n’y a donc rien qui ne soit fournis à la Toute-PuifTance divine, aussi l’Ecriture dit: Que toutes choses luy obeiffent et que toutes les créatures luy sont foumifes.
Il n’a excepté que Ion seulet unique Fils, et son seul Esprit saint; tout ce qui estdans l’univers fert ce Seigneur, et lui est fournis par son Fils unique en ï’Esprit saint. Dieu a donc un Empire abfolu sur toutes choses, il tolère les homicides, les larrons, les fornicateurs, mais il leur a préferit un certain temps marqué par sa patience, et par ùt longue attente; et quand il rendra à chacun ce qui lui appartient, ceux qui auront attendu trop long-te mps sans se convertir, seront punis avec plus de rigueur.
Telle autorité qu ayent les Rois de la terrp sur les hommes qui leur sont fournis, ils ije la tiennent que de celui qui est infiniment au deffus d’eux; c’est ce q ue reconnut le Roy Nabuchodonofor dans sa cap tivité, lorsqu’il dit de Dieu: Son ngu efi un régit.
« de Jérusalem. VIII. Catcch. ïj| tige éternel, et sa puissance s’étend sur toutes les générations. Les richefles, l’or, et l’argent, ne sont point au Diable; comme leN croyént quelques-uns, tout ce qui est dans le monde appartient au fidèle „ femble être pour luy • mais celui qui est infu dcle n’y a pas seulement un obole; et comme le Diable est le plus infidèle envers Dieu, il n’a rien de toutes ces choses; c’est Dieu qui dit de foi-même, Cefi à moy 9 qu’appartient lor et Urgent, et jlggé.ù je le donne à qui je veux. Faites seulement un bon ufae de l’argent IO, et on ne vous blâmera pas d’en avoir: mais quand vous ufèz mal d’une eno se qui est bonne, et que vous ne voulez pas rcconnoître le mauvais usage que vous en faites, vous femblez faire tomber vôtre faute sur le Créateur qui vous les a donné: car pour se perfuader cju’on peut être juste avec des richefTes, il n’y a qu’à entendre ce que dit Jésus-Christ, fay eu faim, et vous m’avez °nn a manZer’ i et0iS ma ’’ ® V0US m’avez revêtu, cela ne se peut faire sans bien, et Que par le fecours de l’argent, et si vous voulez Içavoir que’les richefTes ouvrent quelquefois la porte du Ciel », écoutez Jésus-Christ qui dit: VenZ ce que vous avez, et k donnez aux Pauvres, gr vçus aurez un mfir cam es ieUX’
Je vous dis ces choses pour Vous fortifier contre certains Hérétiques, qui ne veulent pas qu’on ait ni fond ni aucuns biens, non que je demande que vous ayiez de l’attache pour les richefTes, ni que je blâme ceux qui se fervent de celles que Dieu leur a données; Prenez donc garde de dire jamais que ces ebofes viennent du Diable; car quoique! le vante de les donner, comme û elles étoient à lui, il ny a personne qui ne puiiTe se mocquerde ses promcfTes y parce qu’on ne doit point croire celui qui tstun menteur.
Vous direz peut-être que quand il a ainsi parlé; il croit forcé de dire la verkc 3 à cau(è de Jésus Christ préfent, a qui il parlok, et qu il aurois dit vray en promettant de donner toute chose; non comme si elles venoient de luy y mais parce quelles luy avoient été données, ne s’ attribuant pas un domaine abfolu sur ces ebofes, mais seulement qu elles sont en sa poffeffion, et que c’est à luy à les difpenfer11, et selon cette penfée, il resteroit à examiner s’il auroit dit vray ou non.
Mais sans entrer dans cette difcuflion, je vous xliray: Croyez qu il n’y a qu’un seul Dku, Perc tout-puiifant, que les Hérétiques ont coutume d’outrager par leurs blafphèmesj mais on n’attaque point impunément le Seigneur des armées, celui qui est affis sur les Chérubins, celui qui est Adonaï’3, le Seigneur de toutes choses, le Dieu, des Prophètes, et le Père tout-puiffant; Adorez donc ce seul Dieu tout-puissant et Père de nôtre Seigneur Jésus-Christ. Fuyez ceux qui enfeigneitt la pluralité des Dieux y évitez toutes sortes d’hirelies, et dite avec Job: jmvoqucray le Seigneur tortfnïjfant, relui qui fait des mraclts, gr des pyvdiges, et une infinité de drops qu’on ne fçattroit ajjhti admirer; et c’est pouf cela que? tous ses ouvrages -doivent la gloire et la loihrrrge à sa Tureuitfancé dans le ficelés des fieclcs. Amen.
dejemfaiem. VIII. Catcch. iff
Notes sur la huitième Catéchèse.
i Ç. CjtiHt après avoir établi contre ses Païens- l’unité de Dieu,
W et contre les Juifs que ce Dieu unique est Père de Jésus-Christ, ’ il st piopofe contre les hérétiques de montrer que ce Dieu est rourpniflint, qu’il a fait toutes chofcs; ces hérétiques écoient les Siréniens, les Marcionites et autres. Sous le nom de putffance, S. Cyrille entend la Sage (Te de Dieu, sa Providence, sa Science, ou Pénétration infinie, son Immenfué et tous ses autres attributs, qut sont comme fondez sur sa Toute- Puissance., i Entm dis Pim sur la fmjfanct de Dtm; Que c’est le même qui a créé le Ciel et la terre-, le même qui a produit notre arae Se nôtre corps. Ce quM prouve très bien..
IirLf. Jésus-Christ se fert de ce terme, pour exprimer len- kutb. « . fer, les peines des damnez; il a fuivi l’ufage de son temps jour donner de l’horreur des fupplices éternels j II y avoir près de Jérusalem au pied du mont de Moria, une vallée appellee Gtbmnon, c csti-dire i vallée d’Hennomi les Juifs y avoient dreflè un Autel au Dieu Moloch, auquel il facrifioient leurs enfants, les jettant dans k feu, ou entre ses V » « rdens de cet idole. Joaar remplir ce Lli.. lieud’oflemens pour le rendre abominable aux Juifs.; Jésus-Chnst i}. appelle l’enfer, h Géhenne du feu, pour mieux exprimer les rourmens des damnez. Isaïe parle de cette vallée sous le nom de Tophet, qu’on luy donnoic aussi, et dit que sa nourriture est le feu avec quantité de bois, que le fouffle du Seigneur, semblable à un totrent de fouffre, allumera.,,-., f 4 iW de Dit i fouffrir et tolérer les pécheurs ann qu,1s se convertiflent.... r,.. jm 5 // um a£ir les Dèmmi. Et pourquoy, afin de tirer sa gloire de leurs aief et perfecutions quNlsfont à rhoçume. 11 se fert de la mauvaifevolontédes Démons, pour ’faire quelhomme en triomphe Que le Démon n’a pas été cre/ roécfaaat. mais quil lest devenu par sa propre malice. »
Diwpermtt seulement le mal. r 7 Vn Archtngt. Le Démon étoit le premier des Anges avant sa 8 Ditu et foust hs pchtnrs, leur a cependant prefcm j on certain temps, après lequel, s’ils ne se convertiflent,.1 les; punira 9DiJttJurc de? bien tmfmlt, etmnU D emon. S- ’g ’.« ptorefc que le Démon mentit, quand il dit: Les Royaumes du mondem’ont été abandonnez, et je les donneà qui ’1; plai • q c™ Pieu qui fait naître les hommes, 6c qui en établi queques-un ».
i 6 Les Catcchefes de fairit Cyrille
Rois, selon qu’il les juge propies à gouverner, et aînfi des autres places Que le Démon n’a de pouvoir que pour fçduire l’homme, Se le foustrairede la fujetrion qu’il doir à Dieu, le portant à la rranfgreffion de ses préceptes } afin qu’oubliant Dieu, il 4’adore, comme Vil étoit son vray Dieu.
10 // riy que par le mauvais usage que nous faisons des richeG ses, qu’elles nous perdent, te c’est un blafphême que d’imputer à. Dieu ce mauvais usage, parce qu’il nous les a données.
il L’aumône ouvre les portes du Ciel.
il Ditu ri a point donné /es richeflès au Diable pour les distribuer aux hommes.
AdonÀi. Ce nom est parmi les Hébreux le nom de Dieu, qui fignifie Seigneur, que l’on a mal traduit Jtbova. Les Septantes dans leur traduction, ni Tertullien, ni. Clément d’Alexandrie, ni S. Cyrille ne disent jamais Jthov pour parler de Dieu, mais seule ment Adondi.
de ferufalem, IX. Coteau ï?
Catéchèse IX
« Faite sur le champ, sur ces paroles du Symbole, Créateur du Giel et de la terre, des choses vipbles et invifibles », après la lecture de ces paroles de Joël: Qu’ejt celui qui me cache fis f en fée s, et qui les retient dans fin cœur, croit-il pouvoir me cacher quelque chose.
ON ne peut voir Dieu des yeux du corps, parce que ce qui n’a point de corps, ne peut tomber sous nos yeux, c’est ce que témoigne le Fils unique de Dieu, lorsqu’il dit: Perfinne ria jamis vit Dieu. Il ne faut pas même excepter la vifiond’Ezechiel, car l’Ecriture dit: QS il vit une rtfemblance de U gloire du Seigneur, et non pas qu’il vit le Seigneur même, mais Une reflemblance de sa gloire, et non sa gloire même) Il envifagea seulement une repréfentation de sa gloire, et il tomba par terre faifî de frayeur; que si une Ample repréfentation de la gloire de Dieu, caufoit tant 4e frayeur, et de crainte dans les Prophètes,
« B b iij i »8 Lei Catéchèses de saint Cjrilt
Si quelqu’un vouloir voir Dieu même,’ il serait privé de la vie sur. le champ, comme Dieu luy
JExod. 33. même le déclare: Personne ne me verra y tant qu’il vivra y Voyez jusqu’où va la condefcendancc de Dieu à nôtre égard il veut que le Ciel soit comme un voile qui lo cache à nos fejis, de peur que nous ne périffions, si nous le voyions; ce n’est pas moy qui le dit, c est un Prophète qui parle ainsi à Dieu: Si vous ouvrez les deux, tes montantes trembleront d’épouvante, et fondront comme de la are, et n’en soyez pas Furpris fî Ezechiel tombe par terre en voyant seulement une repréfentation de sa gloire jpuisque Daniel ayant vu Gabriel 9 qui n’est qu’un ferviteur de Dieu, fut aussi-tôt épouvanté et renverfé par terre, et y demeura sans ofer répondre jusqu’à ce que cet Ange paroiflant avec une reffemblance d’homme l’eût rafluré. Si Gabriel épouvantôic les Prophètes en se préfentant à eux, il faut donc s’affurer que fî Dieu se faisait voir tel qu’il est, tous ceux qui l’envifageroicnt, tomberoient morts 4.
Mais si nos yeux ne peuvent voir Dieu dans sa nature Dieu ne laifTc pas de se maniïester à nous sf. 13. 5. par ses ouvrages, car comme dit Salomon 5: La grandeur et ta beauté du Créateur, se fait connoître far ses créatures a proportion du soin avec lequel l’homme applique sa raison a les tonnoître. Il ne ait pas fimpkment que le Créateur se fait connoîtf e par ses ouvrages y mais à proportion que l’homme s’appliqua à les connoître: car Dieu nous paroît d’autant plus grand qu’on s’applique d’avantage à l’étudier, # plus on s’applique à étudier les choses créées, plu âejerufaîem. IX. Catech. • ï ptt reconnoît combien Dieu est grand.
Voulez-vous être perfuadez que Dieu est: incom prchenfible 6 dans sa nature. Ecoutez les trois enlins au milieu des fiâmes, qui s’écrient: Sous êtes boy Seigteur, vous api n-jwnfeç les abymes, étant a§s frr Us Chérubins; Dites-moy je vous prie, quelle est ia nature de ces Chérubins, et api-és celavoyez si vous pourrez connoître celui qui etoir aflîs sur eux. E quoi qu’Ezechiel ait voulu les repréfenter le mieux qu’il a pu, en disant qu’ils avoient chacun quatre faces, que la première étoit fèmblable à un nomme, la féconde à un lion, la croiGéme à un aigle la dernière à un veau, qu’ils avoient chacun fix allés, qu’ils étoient pkins d’yeux, et qu’il y avoit au deflous de chacun un roui divifée en quatre cependant avec toutes ces descriptions, nous ne comprenons rien de ce que le Prophète nous- en dit: comment donc pourrons-ious comprendre celui qui est À sur ces -esprits? puityi’on ne peut regarder ce qui est ineffable.
Nous ne pouvons donc connoître -exactement la nature de Dieu, nous ne pouvons -que le louer-, le glorifier -à la vue des ouvrages qu’il a produits. Nous vous disons cela à l’occafion de ce que nous sommes obligez de vous expliquer ce -que la foi nous eafcigne, en disant: Nous creyens en m seul DkH tout-Mistni y Créateur -du Ciel « r U terre, faétfs vifibles et des invistles, pour nous faire fouvenir qu’il est le Père de nôtre Seigneur Jésus Christ, qui a fait k Ciel et la « erre avec luy, •et afin que nous foyons en et de « ous deffedre contre Tinfolcncc des hérétiques, qui ont mal parlé du fouverain Artifan de tout l’Univers, malheureux de voir des yeux de la chair et d’être aveugles de ceux de l’esprit. » » »
Car hélas! que peuvent-ils trouver.à redire dans les ouvrages de Dieu? ne devraient- ils pas en confïde rant seulement le Ciel, être ravis d’admiration, et adorer celui qui a fait le Ciel comme une voûte, et qui d’une nature fluide, telle que sont les eaux, en a fait la partie la plus ferme et la plus folide dts Cieux? car Dieu dit: Que le Firmament fort fait du milieu de l’eau, Dieu ne Ta dit qu’une fois, et cette eau 7 s’est affermie, et ne tombe point; Le Ciel, le feu, le soleil et la lune, et les astres y sont conv me attachez, Quelle merveille i ces globes de feu sont leur courfe au milieu des eaux.
Si vous doutez que le feu et l’eau puiffent s’accorder, à cause de leur qualitez contraires; pensez qu’au tçmps de Moï’fe, Dieu fit tomber en Egypte une pluye de feu, qui se fondoit en grêle; et auflt parce que la terre a befoin d’eau, pour être cultivée, Dieu en a fait comme un amas dansle Ciel, afin que quand on auroit befoin de phaye sur la terre pour l’humecter, il y eu eût toujours de prête au Ciei
Peut-on fortir d’étonnement, quand on confrdere de quelle manière le soleil eu formé r et les effets qu U produit, quoi qu’il nous paroiffe petit à nos yeux, etc comme renfermé dans un vafe. Combinent il porte sa lumière de l’orient à l’occident, ce que confiderant le Prophète dansfesPfeawne, il dit qu’il est semblable à léstoux qui se levé de sa couche nuptiale. C’est en décrivant le lever de cet Àstre y dont l’éclat et le brillant paroît plus agréable le matin qu’à midy, au milieu de la courfc, ou il brûle par ses ardeurs; car dés qu il se levé, itietj.
i- jouit toute la nature, et paroît comme uiv épèùx.
i Confiderez maintenant {es fondions, et ses proprietez, ou plutôt celui qui en est l’auteur, et qui hiy a preferir sa cour se. Comme il se levé au déffiis de nous en été pour nous rendre les jours plus j longs, et procurer aux hommes l’abondance’ des faisons y comme il abrège sa courfe en hyver, de peur de faire durer le froid long-temps, et qite rendant les nuits ptas longues ’,- les hommes puifFent se re- mettre du travail de lfété, et par un long repos être en état dé travailler dé nouveau, et cultiver la terre,; v
Voyez avec quel ordre les jours Raccordent et se fuccedeiit y ils sont pkis longs en été, plus fours en byver 5 ils sont égaux au printemps, et en autom- ne, aussi bien que les nuits. C’est de là que l’Au- teur des Pfeaumes dit Le jour parle de Dieu -, ai jour qui ky fuccpde 9 et la nuit en donne h tànneip fy • face a lankïtcfHÏ ta yr.Iirfy à qtfâWx oreilles de hérétiques qu ils ne peuvent faire entendre leur voix ni puUkrpar L’ordre et Vharntortie qui fô trouvent dans la nature /quH st’y àpoint d’auttd tït et qui réglé és faisons,
Dieu, que celui qui f ai « jui a rangé, et difpofé le monde et les parties qui se compofent.,. Ne lQuffrei pas nbist plus ceux qui disent que; c? »
lui qui â crée la lumière, est différent de celui qui a créé les ténèbres; fouvenez-vous seulement de jfdi. 45. ce que dit Isaïe: Je suis le Dieu qui ay fait la lumière y et qui ay créé les ténèbres. Que dites-vous à ces paroles? Qui que vous soyez i pourquoy fupportezvous avec peine le temps qui vous a été donné pour vôtre repos? le ferviteur n’auroit guère de son maître le temps de se repofer, si les ténèbres ne luy en préferivoient la neceffitç: N’est-ce pas après les fatigues du jour et de la veille, que Ton trouve dans la nuit le temps de reparer ses forces /et de se délaflfer? et tel qui s’étoit hier fatigué par fou travail, se levé gay et tout rétabli le matin.
Il n’y -a guère aussi de temps plus propre pour l’étude de la fagefTe que la nuit; c’est dans la nuit qu’on penfe plus souvent à Dieu, et qu on médite sur les veritez qu’on a ouyes ou qu’on a lues pendant le jour. N’est-ce pas dans ce temps qu nôtre esprit se fent plus difpofé à chanter des Pfeaumes 9, ou à prier, que nous penfons plus aifément au fouvenir de nos péchez. N’admettez lonc point cette prreur qu’il y a un autre Dieu qui est l’Auteur des ténèbres; car nous fçavons par l’expérience même qu’elles sont une bonne chose, et même trés-utife.
Mais il ne fuffit pas « de confidçrer avec éfonpment le soleil, et la lune, il faut aussi faire attention au cours réglé des étoiles, et? des autres, astres, le lever de chacun dans les temps marquez; pomment les unes annoncent l’été, d’autres préfagent rhyver comment elles enfeignent les temps ffÇpres l (ejstef les LgrçistSy ou à planter, ou les temps propres a la navigation, et comment un homme en repos dans un vaiffeau, expofé aux flots infinis de la mer, le conduit par l’afpeâ: des astres; cestee que l’Ecriture décrit si bien, lorsqu’elle dit qu’il y a des fîgnes pour marquer les temps et les années, non qu’il faille croire les rêveries et les contes des Astrologiies, et ceux qui prétendent qu’il y a des astres qui préfident à nôtre naiffance, et à nôtre vie., »
Confiderez donc celui qui ’a réglé les viciffitudes du jour et de la nuit, et comment il fait lever peu à peu le soleil, ne paroiflant d’abord qu’avec un peu de lumière, et puis après nous le voyons tôt brillant sur nos têtes. Comment aussi il a comme adoucy et tempéré les ténèbres de la nuit, par la clarté de la lune: Quel est celui quffait les pluyes et les rofées, qui fait condenfer l’air en nues, et qui les foutient en. l’air, et les fait quelquefois paraître si belles, et si éclatantes, ou leur donne les différentes figures qu’elles repréfentent? Qui est-ce qui peut avec toute son étude compter le nombre des nues; c’est pour cela que Job dit, que Dieu fç ait la différence des nues, qu’il fait comme j0b. j7% pdneber le Ciel en terre, et c’est lui qui peut compter forment les nues, et c’est sous luy que les nues ne sont point Irritées: car quoique chaque nue contienne une prodigieufe quantité d’eau, elle ne tombe en pluye iur la terre, que par ordre, et goUte à goûte. Qui est celui qui tire les vents de ses tréfor, qui fait distiller goûte à goûte la roféc, et qui forme la glace d’une matière liquide telle qu’est l’eau e
Ce i) 1 04 Les Catcchefes de saint Cyrille fait un corps folide, et dure comme de la pierre; comment la neige se forme de l’eau, et devient blanche comme de la laine, d’autrefois réduit une nuée en poufïïere, comme si cétoit delà cendre, ou même la change en un corps folide, et aussi dur qu’une pierre et comment une même chose dans sa nature, produit plufîeurs differens effets. L’eau devient du vin dans la vigne, et est faite pour réjouir le cœur de l’homme; elle devient huile dans les oliviers 9 et fert à embellir et éclaircir le tein de l’homme J elle se change en pain, et en differens fruits, selon les corps où elle s’infinue. Le Créateur le toutes ces choses, méritoit-il pour cela du blâme, ou des reproches? N’étoit-cc pas pour cela qu’il devroit recevoir de nous des refpeets et des adorations, et si tout cela n’est rien en comparaifon des fecrets de sa fageffe, qu’il ne nous a pas manifestez.
Faites attention au printemps, et confiderez la yarieté des fleurs dont la, nature est pour lors ornée. Quelle est l’éclat de la rofe, la blancheur du lys? comment tout cela vient dans le même fol, et de la même pluy e? Qui est-ce qui a fait aussi leur différence? Qui est-ce qui les a produit? Confiderez même dans un seul arbre que de choses différentes qui le compofent; confiderez les feuilles et les fruits qu’il.poite c’est pourtant le même ouvrier qui a forme tout cela. Dans une vigne vous voyez une partie qui se forme en. feps, d autre en bois, d’autre porte des grapes, et des raifins. Voyez même dans un rofeau Jépaifleur et les. différentes de Jérusalem. I X, Catcch.’ 205 parties qui le compofent; Que dans une même terre on y trouve des ferpens, des bêtes féroces, des moutons, du bois, des légumes, de l’or, de l’argent, du fer, de l’airain etc de la pierre.
Dans une même rivière, on y pêche toutes sortes de poiffons, et que tant d’oifeaux différais refpirent le même air, et s’y foraient; et que dans la vaste et profonde étendue de la mer, on y trouve une infinité de monstres, et de ferpens qui sont cachez, qu’il y a une multitude innombrable d’efpeces de poiflbns j qui est-ce qui peut compter les efpeces différentes des animaux qui vivent sur la terre, et comment dans le même continent de terre et d’eau, tant de sortes d’êtres y trouvent la vie.
Peut-on même pénétrer la profondeur de la mer, son étendue; quel est le nombre de fleuves, et la rapidité de leur cours, néanmoins toutes ces eaux sont refferrées et renfermées dans de certaines bornes, au de là defquelles, elles ne fortent point en vertu de la parole de celui qui leur a dit: Vous viendn% jujques-làty9 vous ne vous étendre point an de U: Vous vous serez comme replier sur vos flots, c’est en vertu de cet ordre, que s’il arrive quelquefois aux rivières de fortii: de leur lit, lles y rentrent prefque auifitôt, et fuivefit la route, et cornue la ligne qui leur a été préferite } ce qui montre à ceux qui y sont attention, combien elles sont éloignées de paffer les bords qui leur ont été marqués.
Y a-t’il quelqu’un qui puiffe expliquer la natu
C c iij 2.o6 Les Cdtechefcs de saint Cyrille re des differens oifcaux qui volent dans l’air; comment les uns s’expliquent par la douceur du chant., les autres brillent par la diverfité de leur plumages, d’autres demeurent comme immobiles dans l’air, tel que le Vautour, qui se contente d’étendre ses ailes, sans changer de place, ne vivant que dans les païs chauds, ou bien jusqu’où l’aigle porte son Vol vers le Ciel. Si donc la diverfité qui se rencontre dans les oifeaux, eit prefque incomprehenfible, comment prétendre pouvoir connoître ce lui qui en est l’Auteur.
J’en dis de même des animaux qui sont sur la terre; on ne fçait pas les noms des bêtes fauvages, encore moins en peut-on expliquer la nature, les proprietez. Comment donc s’imaginer pouvoir concevoir la grandeur de celui qui les a créez par une seule de ses paroles, en disant: Que la terre produife des bêtes et des animaux.et des ferpens, chacun selon son espèce; et en vertu de cette seule parole J et de cet ordre, une infinité de différentes cfpeces d’animaux se trouvèrent produits: la brebis de tous les animaux le plus doux, et le lion le plus vorace, et infinité d’autres prive? de raison,1 dans lefquels on remaf que prefque les mêmes paffions, et les mêmes affeetions que dans l’homme; comme le renard qui est adroit, exprime les dk tours de celui qui est rufé. Le ferpent qui est venimeux 9 marque ceux qui fément des querelles entre les amis. Le cheval par son haniffement défigne l’incontinence des jeunes gens. La fourmis par Ion industrie, et son travail, excite le parefleux et i exe:
fainéastt; car quand les jeunes gens donnent dans la parefle, ces animaux leur apprennent par leur exemple à s’appliquer au travail; c est pour cela que l’Ecriture dit: Parejfeux J voyez la fourmis, et fiwczfes traces foye même plus fage quelle, et voyant comme elle travaille y et quelle amaffe dans la fafon % ce cm est necejfaire pour sa [ubfijlancc, apprenez d’elle a faire provifion des fruits des bonnes oeuvres, qui vous procureront les biens éternels.
Il est aussi écrit, confiderez la mouche à miel, envoyant comme elle est laborieufe, avec quel soin elle cueille le fuc de toutes sortes de fleurs, dont elle fait le miel, qui est si utile à la vie; elle vous apprendra à parcourir les saintes Ecritures, pour y recueillir ce qui peut servir à vôtre salut, afin qu’en étant pénétré, vous difiez à Dieu: Que pf. nu vos paroles sont douces à ma bouche, elles me sont plus douces que le miel. Combien plus celui qui en est l’Auteur et le Créateur mérite-t’il d’être glorifié; car encore que vous ne connoifTez pas la nature, ni les ufages de tous ces êtres differens, ils n’en sont pas pour cela moins aetifs, ni moins utiles.
Il en faut dire de même des plantes: Qui effcce qui pourroit connoître leur vertu, ou les utilitez que Ton reçoit de tant d’animaux que Dieu à créez, jusques-là que Ton fefertdu venin même des vipères, pour des remèdes falutaires à l’homme? Si vous dites que le ferpent fait horreur, que le feorpion pique, que le lion dévore ceux qu’il rencontre, je vous répons, craignez le Seigneur % M vous préferveia dç la morfure du ferpent, ou dç la piqûre du fcorpion, de là violence du lion, comme il en préferva autrefois Daniel. A la vérité on ne fçauroit afTez admirer la disposition différente des animaux, les uns se fervent de leur aiguillon pour se deffendte comme le fcorpion, d’auprès se fervent de leurs dents, ou de leurs ongles.,’ le bafïlic de son regard. Et dans toutes ces différentes choses, on doit admirer la puifTance et la fagefle du fouverain Ouvrier,
Que si peut-être la plufpartde ces choses vous sont inconnues, comme ne vous étant pas familières, hé bien entrez au dedans de vous même,, apprenez à connoître Dieu par la disposition de vôtre corps: car s’il y a quelque chose de rcpréhenfible en vous, cela ne vient que de vous, réglez vous-même les membres de vôtre corps, et ils ne vous porteront à aucun excez. Il étoit nud quand il fut formé, Adam étoit ainsi avec Eve dans le Paradis ce ne furent point les membres 4e son corps, qui le rendirent ensuite l’objet du mépris de Dieu; k cause du péché n est point dans les membres du corps, mais dans ceux qui en abufent; car celui qui en est l’Auteur, est la Sageffe fouveraine. N’est-ce pas luy qui a difpofé les entrailles de la femme pour y faire naître les enfants, qui y anime le corps, quand il est formé, qui a uni les os avec les nerfs, qui les a couverts de chair et de peau, et qui auffitôt que 1 enfant est venu au monde, fait naître et couler des mamnielles des fontaines de lait?
faites attention à la manière que l’enfant croît;
Comment il pafle de l’enfance à la jeunefle et en l’âge viril, puis pafle en l’état de la vieil! eue, sans prefque qu’on s’apperçoive du changement qui se hit en nous tous les jours. Comment une partie des alimens se convertit en sang, un autre en chair, et une autre fort par le retrait. Comment le cœur bat continuellement. Comment l’œil est formé, avec quel art et délicatefle la paupière le couvre et le défend; car les Médecins traitans de la strusture admirable de l’œil, y trouveroient de quoy faire des livres confiderables. Comment la refpiration entretient la vie, par tout le corps.
tfeconnoiflez-donc, ô homme, celui qui vous a formé, admirez sa fagefle et sa puissance; je ne vous parle que de chofesienfibles, mais il y en a une infinité d’autres, qui ne tombent pas sous les sens; principalement de celles qui n’ont point de corps, afin que vous vous déclariez contre la malice de ceux qui ofent attaquer ou reprendre la conduite, et la fagefle du fouverain Ouvrier, ou que par la confideration des choses que vous avez ouyes, ou que vous avez lues, ou de celles que vous pourrez rencontrer, ou fonger, vous soyez pénétrez de la grandeur, de la beauté, et de la fagefle, du fouverain Créateur de toutes choses; et que pro-. sternez par terre, vous témoigniez par des louanges sans interruption, la gloire et l’honneur qui est dû à celui qui est l’Auteur de tous les êtres, soit vifibles, soit invifibles, des corporels, ou fpirituels, disant à ce grand Dieu: Seigneur que vos ouvrages sont admirables, vous avez fait toutes ces choses avec fageffei à vous appartient la louange; la magnificence, présentement et dans les ficelés des iiecles. Amen.
Notes sur U neuvième Catecbeje.
i r Ette Catéchèse est la suite de la précédente, S. Cyrille y explique la To ite-puiflknee de Dieu, qu’il a fait le Ciel, la terre, les choses vfibles et les invifibles-, que c’est le Père et le Fils, qui ont fait toutes choses; le Fils par la puiflànce du Père, qu’il a reçue dans sa génération éternelle, et quainfi le Fils est im même Dieu avec le Père.
i On ne peut voir Dieu des yeux du corps. Voyez S, Augustin Ef. m. ni. V. Ed.epii prouve cette vérité par l’autorité de S. Athanafe, de S. Grégoire de Nazianze, de S. Ambroise et de S. Jérôme.
EechieL Ce n’étoit que sous des repréfentations que Dieu se manifestoit aux Patriarches et aux Prophètes: ainsi S. Cyrille prouve que jamais aucun homme sur la terre, n’a vu Dieu, pas même Moïse, ni aucun autre, c’est le fêntiment commun des Théologiens.
Si Dim se safot voir dans cette vie, on tomberoit mort, i moins que par un miracle, il ne foutînt celuy qui le verroir.
Salomon. S. Cyrille attribue à Salomon le livre de la Sageflè, quoiqu’il ne l’air pas mis au rang des livres canoniques. S. Cyprien lib. de mortal. Ongene, S. Chryfostome, S. Clément d’Alexandrie, S. Augustfn lib. i. de DoSr. Cbrist. ont aussi attribué cet ouvrage a Salomon et même Tertullien. SapientU liber.Salomoni inferistus, C’est qu’il portoit ce titre dans les manuferits-, car constamment cet ouvrage n’est pas de Salomon, et il ne- peut luy être attribué, qu’en ce que l’Auteur a imité la manière d’écrire de Salomon, ou parce qu’il
Cfr.7.u.7.Par’c de Royi Ce livre n’a point été écrit en Hébreu, ni mis dans le Canon des Juifs; son style fait connoître que c’est un Grec qui Ta écrit, comme l’a remarqué S. Jérôme, qui dit que quelques « nciens l’ont attribué à Philon Juif. »
Dieu est incompréhensible non seulement dans cette vie-cy niais auili dans l’autre, il n’y a que luy seul qui se comprend) c’està-dire qui se connoît autant quil est connoifTable.
« « 7 Les Hébreux croyoient qu’il y avoit dans le Ciel des refervoif » d’eaux, à peu près pareils à ceux de la mer, de manière que Dieu pour caufer les pluyes et les tempêtes, n’a qu’à ouvrir les digues » laiffer couler l’eau de ces refervoirs, 8 Les jours et les nuits se donnent fucceflîvement les uns aux autres des leçons ou des preuves de la grandeur de Dieu par lfUC prdre et leurs vicifiitudes ils se donnent la Yoix l’un à l’autre, eprn
Je Jérusalem. I X. Catcch. in me des chœurs de Mufique, qui se reprennent l’un après l’autre sans ï interruption. Cette fucceffion des jours Ôc des nuirs est une preuve certaine de la Providence ôc ainsi nous fournirent de nouvelles lu- mières, et de nouvelles preuves de la fageffe de Dieu.
« 9 Uifruns ôc le chant des Pfeaumes la nuit., 10 Twtt cttH Catéchèse est une des plus vives ÔC des plus éloquentes perfuafions de l’existence de Dieu -, Toutes les demonstrations que les Philofophcs ôc les Scholastiques en sont, n’approchent pnt de tout ce qu’en dit S. Cyrille, ôc il est moralement impof- î » flIe qu’un Athée puifle tenir contre tout ce raifonnement, s’il veut î; un peu s’y appliquer.
I U commence par prouver qu’on ne peut pas voir Dieu des yeux h du corps; S. Augustin parut embarraflë à répondre à cette quection.
i: S. Cyrille la décide nettement: Dieu, dit-il, étant un pur esprit, il ne peut tomber sous les sens: ôc toutes les fois qu’il a apparu aux il: hommes, c’étoit sous des formes empruntées l II prouve qu’on ne peut voir Dieu en cette vie par les paroles que Dieu a dites à Moïse, d’où il conclut, que Dieu se manifeste i,’;. par ses ouvrages. Tous les paffàges qu’apportent les Théologiens pour p prouver cette vérité, sont icy avec les reflexions de S. Cyrille, qu- it on ne peut même en l’autre vie comprendre Dieu.
je Mais Dieu si caché ou invisible en luy même, se manifeste icy- bas
C fort par les ouvrages, par la création du monde, par l’arrange- i, « ient des parties qui le compofent, par le cours du soleil, par la s diverfité des faisons, par les viciflitudes du jour, de de la nuit, qu’il a laifle le jour pour te travail, ôc la nuit pour le repos, ôc pour. ’a oriere, que nôtre esprit est pour lors plus recueilli que le jour. Û le prouve par l’arrangement des astres, et de leurs mouvemens i, i. si réguliers, ce qui montre que ce nest point parhazard que tout rr, cela a été fait, mais par une fagefle ôc une puissance infinie ôc que i c’est le même qui conferve tous Ces êtres, par la diverfité des éle- - naens qui ne sont Doint confondus, par la confideration de la terre c: pi produit tant de sortes d’animaux ôc de plantes; par l’infoeétion de la mer qui fournit tant de poiflbns, ôc par l’exactitude avec t: laquelle elle garde les bornes qu’il luy a une fois préferites. »
Puis il vient à la formation de nôtre corps, à la disposition des organes si tendres ôc si délicats, Ôc qui ne laiffent pas de fubfister pendant tant d’années en piuficurs peifonnes. Tout cela bien confiné et bien pefé, fait une très ferieufe ôc très folide preuve de lexistence de Dieu. pout bien entendre cette Catéchèse, il faut encore remarquer que s- Cyrille y réfute les erreurs de plusieurs anciens Hérétiques com- me de Simon, de Ménandre ôc autres qui difoient que ce n’étoit 3 Pas Dieu qui avoit créé le monde’, qu’il l’avoic été par les Anges.
4 kenéc /• i. ch. a. les avoic déjà refuté. Tertullien rapporte que Lf.unifm
« Marcion foutenoit que la matière étoit d’elle même, et que Dicri ne lavoit pas produite, les Manichéens faifoient le mauvais principe ou le mauvais Dieu Auteur des choses corporelles, au lieu que le Prophète dit de Dieu Pf. 45. Fccit cœUm et terrdm; que S » Jean ch. 1. allure que rien de ce oui a été fait, ne Ta été que par le Verbe j que S. Paul Rom. 11. dit: Ex iffo in ipfo, fer ipfm /uni ûvmia. Enfin la profeffiori de foi reconnoît Dieu Auteur des choses vifibles et de celles qui sont învifibles.
Cefi Ditu qui unit lame au corps pour l’animer, 11 Prier et adorer Dieu à genoux.
deJerufalem.X.CAicdi: iij
Catéchèse X
« Dite sur le champ, où Ton explique cet article du Symbole, Et en un Seigneur Jefas Christ, après la lecture de ces paroles de la première aux Corinthiens: Car bien qu’il y ait des choses au Ciel et en la terre, q »c Un attelle Dieux, et (fil y ait flufi.urs Dieux, et flufieurs Seigneurs, Pour nous, néanmoins nous ri avons qu’un féal Dieu, qui tfle Père Je principe et la fin de toutes choses, et cflun seul Seigneur, qui /? Jésus-Christ, far lequel toutes choses ont ete faites, et auquel nous devons tout ce que nous sommes.
« CEUX qui sont difpofez à croire qu’il n’y a qu’un leul Dieu tout-puissant, doivent aussi croire en son Fils unique i car celui qui ne veut pas reconnoître le Fils, ne peut pas croire au Père1; J suis la porte, dit Jésus-Christ, Perfome ne vient sa », i i mon Père que par moy Si vous ne confeflez pas celui qui est la porte, vous ne parviendrez jamais à la connaissance du Père, car ml ne connoît le Be-Mth. u.
« re } que le Fils, r celui à qui le Fils le veut découvrir. Si vous niez, celui qui le fait connoître, vous demeurerez dans vôtre ignorance, car il est encore écrit dans les Evangiles: Celui qui ne croit point le jom. 3. Fils, ne verra point la vie; mais la colère de Dieu demeure sur luy; On irrite le Père contre foi, lork qu’on refufe de reconnoître son Fils unique; et si un Roy se trouve offenfé quand on maltraitte un de ses foldats, et s’il s’irrite davantage quand on a deshonoré un de ses courtifans ou de ses favoris, encore plus quand on a manqué de confédération pour son Fils unique, qui pourra appaifer le Père indigné contre ceux qui deshonorent son Fils? Si donc on veut bien honorer Dieu, il faut adorer son Fils, autrement il rejettera le culte qu’on luy voudra rendre; c’est le Père qui a prononcé du haut du Ciel: Celui- çy est mon FHs bien-aimé, en qui je me plais uniquement; Le Père met ses complaifances dans le Fils, si doncous ne luy êtes pas agréables, vous n’aurez point la vie; Ne vous laiffez donc pas furprendre par l’artifice des Juifs, qui se récrient, disant, qu’il n’y a qu’un seul Dieu s mais après avoir connu qu’il n’y a qu’un seul Dieu fçachez que ce Dieu a un Fils unique.
Je ne suis pas le premier qui Tait dit, le Prophète i même parlant en la personne du Fils, l’a dit autrefois: le Seigneur ma dit: Vous êtes m »n Fils, je vous ay engendré ce jourihayx Ne vous arrêtez donc pas à ce que disent les Juifs, mais à ce que les Prophètes ont écrit i Ne soyez pas furpris s’ils rejettent les Prophéties, eux qui ont lapidé les Prophètes;
Croyez donc en un fcul Seigneur Jésus-Christ, le Fils unique de Dieu. Nous disons qu’il est un 4, afin que vous ne penfiez pas qu’il y en ait encore un autre. Nous disons qu’il est un, afin que vous ne croyiez pas que sa puissance, qui a plusieurs noms 5 s’étende a plusieurs enfants, ce qui serait une impieté: car il s’est dit la porte 6, non une porte de bois, ou de toute autre matière, mais il est une porte vivante, et intelligente, qui difeerne et connoît tous ceux qui entrent; iL s’est appelle le chemin 7, non celui qu’on foule aux pieds J mais le chemin qui conduit au Seigneur qui est dans le Ciel; il est appelle une brebis 8, non comme celles qui sont dépourvues de raison; mais une brebis qui par son sang précieux, lave le monde de ses péchez 9, et qui été a conduit devant celui qui le de- /y;. 5). voit tondre, sans rien répondre à ceux qui le faifoient fouffrir; c est pour cela qu’il est aussi appellé Pasteur w, et qu’il dit deluy: Je suis lePsteur J°an’,0est brebis à cause qu’il s’est incarné, et Pasteur à raison de la bonté de sa Divinité.
Et afin que vous soyez perfuadez qu’il y a des brebis douées de raison et d’intelligence, il dit luymême en parlant à ses Cotres: Je vous envoyé corn- Mah.io. me des brebis au milieu des loups Ce n’est pas seulement Tanimal qui dévore les hommes qu’on appelle lions, on donne aussi ce nom aux grands et aux puiflfans du monde: dans un autre sens, il oppofe le lion à nôtre ennemy appelle ce lion11 rugiflant au tour de nous, cherchant quelqu’un qu’il puifle dévorer -, car le Sauveur est venu sans chan- eer h douceur de sa nature, comme le lion fort de la Tribu de Juda pour fauver ceux qui- croyent en luy, ou pour fouler aux pieds nôtre ennemy.
irest aussi appelle la pierre1, non une pierre inanimée qui soit taillée ou coupée par la main des hommes, mais la pierre angulaire -, afin que celui qui croit en luy, ne soit pojnt brifé.
Il est appelle Christ m ou oint, non qu’il ait été oint par les mains des hommes, mais par son Père éternel, qui l’a élevé au deflus des hommes, à la fupréme dignité de son Sacerdoce.
« On dit aussi de luy qu’il est mort h y non qu’il soit resté entre les morts, comme les autres hommes qu’on met en terre; mats il est le seul libre entre les morts »
Il est appelle le Fils de l’homme. 5 y non qu’il tire comme nous son origine de la terre -y mais parce qu’il doit venir sur les nues, juger les vivans et les morts.
On le nomme Seigneur l6, non en abufant de ce nom comme on fait envers les hommes, à qui on donne cette qualité. Jésus l7 est son véritable nom, qu’il a reçu à cause qu’il est venu pour fauver et guérir les malades, comité étant leur médecin.
Il est appelle Fils, non par adoption; mais parce qu’il est naturellement engendré.
« Il y a ainsi phifieurs noms qu’on donne au Sauveur y mais ne pensez pas qu’à cause de ces noms differens, il y ait # plusieurs Fils, ni f comme sont les Hérétiques, qui disent que le Christ est autre que Jésus, et que c’est un autre qui s’est appelle de Jertifalm. X. Catech. ’ 117 c pelle l’entrée ou la porte, et ainsi des autres noms. Soyez d’abord ferme dans vôtre foi, et protestez que vous croyez en un seul Seigneur Jésus-Christ; qu’encore qu’il ait differens. noms, ce n’est que la même perfonnc, et qu’il est le Sauveur d’un chacun, selon nos befoins 5 il est une vigne pour donner de la joye et de la consolation à ceux qui en c ont befoin; il est la porte pour faire entrer dans le salut ceux qui en sont dehors; il est le médiateur1 », et le fouverain Prêtre pour ceux qui fouJiaittent préfenter à Dieu leurs prières; il est brebis prête à être immolée pour les péchez des auc. très ’9} etce faisant ainsi tout à tous, il demeure se toujours le même en sa propre nature: et quoiqu’il soit toujours véritablement le même, et que sa dignité de Fils ne puifle recevoir aucun changeai, ment, il ne laifTe pas comme un charitable medej cin 10 de compatir à nos miferes, et s’accommoder a tous nos befoins.
« tc H est nôtre véritable Seigneur », non par fuc- ceifion à un autre, ou par ufurpation, ou par queU l que conquête, mais par sa propre nature. Ce n’est
S point improprement qu’il porte ce nom, il l’est véritablement, parce que selon la volonté du Père, 0 H préfide à tous ses ouvrages s Nous avons autorité sur des hommes qui sont nos égaux, et qui ont quelquefois plus de mérite que nous, et souvent un jeune homme est le maître et commande à des 1 fcrviteurs bien plus âgez que luy. Le Domaine etC l’autorité de nôtre Seigneur Jésus-Christ, n’est pas- de même: car il est premièrement Créateur, et puis
Seigneur; il a d’abord fait toutes choses selon la volonté de son Père, et ensuite il domine sur ceux qu’il a créez. Le Christ est le Seigneur qui est né dans la cité de David « . »
Et si vous voulez savoir comment, il est nôtre Seigneur avec le Père, avant le temps de son Incarnation; outre la foi qui nous l’apprend, je vas encore vous le montrer par des témoignages de l’ancien Testament; je commence par le premier livre, qui est celui de la Génefe, Dieu dit: Faisons l’homme, il ne dit pas à mon image, mais à notre image 3, et ayant formé Adam, il est dit: Dieu fit l’homme, et il le fit a l’image de Dieu, n’attribuant pas seulement au Père la dignité de Dieu, mais y comprenant aussi le Fils, pour marquer que l’homme n’est pas seulement créé du Perc, mais qu’il Test aussi de nôtre Seigneur Jésus-Christ,
C’est ce même Seigneur uny au Père, et agif- fant avec luy, qui a puny les Habitansde Sodome,
Gtmf. 15. fdon ce qui est écrit: Le Seigneur fit pleuvoir du Ciel dufouffrey et du feu sur Sodome, et sur Gomorrbc, 0% cela vint de la part du Seigneur.
C’est le même Seigneur qui apparut autrefois à Moïse, et qui se fit voir à luy; car il est le bon Seigneur compatiflfant à nos infirmitez; et afin que vous soyez perfuadez que c’est luy-mêmc quiappa. rut autrefois à Moïse 4, écoutez ce que dit S. Paul,
HAr% xi. Moïse quitta l’Egypte, ne jugeant pas Us pvfrs àci
Egyptiens comparables aux richejfes de l’opprobre de Jésus-Cbrist, et ce fut àluy que Moïse dit: Montre- Exod. et vous à moy, afin que je vous.connoijfe en vous voyant: Cela nous montre que les Prophètes voyoient Jésus-Christ d’une manière à le pouvoir connoître.
Que s’il répondi.t à Moïse; Personne ne me verra Exod 53. en cette vie-, il parloit de la nature de sa Divinité, qu’on ne peut voir en cette vie 5, et non de Ton humanité, qui fait vivre ceux qui la voy ent; et c’est cette humanité dont il fit réjaillir quelque éclat, lorsque son visage parut brillant comme le fojeil y Math. 17, ce qui (àifit de frayeur ses difciples, et leur fit tomber le visage en terre. Si donc l’éclat de son visage, non tel qu’il est en luy-même, mais tempéré, pour s’accommoder il. la foibleffe de difciples, les épouvanta si fort, qu’ils ne le purent (uporter; comment auroientils pu porter les yeux vers sa Divinité? C’est une grande faveur que tu me demande, dit Dieu à Moïse, je veux pourtant con-Exod. 33; tenter tes defirs, autant que tu en feras capable; je te metteray dans le trou d’une pierre, et comme tu es petit, tu feras tout entourré dans ce trou si vous me de mandez -d’autres preuves de ces veritez 3 pour vous pouvoir défendre contre les Jiiifs, m’étant propofé de vous montrex que le Seigneur Jeius étoit en Dieu le Père, en voicy quelques autres.
11 dit d’abord à Moïse, Je pajjeray devant vous ma gloire, çr je feray éclater devant vous le nom du SeiExod.fr gieut s. De quel autre peut-il parler, que de celui iui Test en effet? Vous voyez donc sous ces voiles combien est Ycritable ce que nous vous enfeignons
E e ij du Père et du Fils, cela paroît encote dans les paroles qui fuivent: Le Seigneur defcendit dans une
Exod. nue. Le Seigneur étant defcendu au milieu de la niïé Moife demeura avec luy et il invoqua le nom du Seigneur, er lorsque le Seigneur parloit devant luy, il luy dit Dominateur fouverain 3 devaht lequel nul homme ri est innocent. Moïse pour lors se prosternant par terre, et l’adorant en présence de Dieu, qu’il appelloit son r. 9- Père, dit: Marche, je vous prie, avec nous: voicy la première preuve.
Je vas vous en rapporter une autre, encore plus claire, il est écrit: Le Seigneur a dit à mon Seigneur, ajféiez-vous à ma droite 7. Le Seigneur parle ainsi au Seigneur, et non à son ferviteur, mais à son Fils, qui est le Seigneur de tous, à qui Dieu a affujetti toutes choses; or quand le Prophète dit que toutes choses luy ont été afïujetties, c’est sans doute à l’exception de celui qui les lui a toutes aflujcttisnn 3ue Dieu soit toutes choses en tous. Le Seigneur e toutes choses 8, c’est son Fils unique, le Fik véritable du Perc, il a ce Domaine non par ufurpation, mais par la donation libre et volontaire que son Père luy en fait. Aussi le reconnoît-il en difanc, Toutes choses m’ont été données par mon Père, elles mont été données, non comme Ji je ne les eujfe pas auparavant, ou de la manière qu’on confie unechofe à un ferviteur, par la privation #du légitime poflefleur; le Seigneur est donc le Fils de Dieu.
C’est le Seigneur qui est né à Betheléem en Judée, comme l’Ange le dit aux pasteurs: se vous annonce wt nouvflle qm vous remplir de joye, il vousefi de Jérusalem. X. CatcchJ izt lie dujourdhuy un Sauveur dans la àté de David, qui ï est le Qhrist y le Seigneur. C’est de luy qu’un des Apôtres a dit et annoncé la paix aux enfants d’Ifraël par Jésus-Christ, qui est le Seigneur de toutes choses: en AQ. iqI i disant qu’il l’eil de toutes choses, il n’excepte aui. cune chose qui ne soit de son Domaine, Toit les Anges, ou les Archanges, les Principautés, ou toutes autres choses créées toutes selon cet Apôtre sont j affujetties à l’autorité du Fils.
Il est le Seigneur des Anges 9, comme il paroît par l’Evangile, où il est dit que le Démon le lijf et que les Anges vinrent et le fervirenty ce qui marque leur fervitude à son égard. Dans le temps qu’il devoit naître d’une Vierge, c’étoit l’Ange Gabriel qui lui fervoit de Ministre, s estimant honoré d’exercer envers luy son ministere -y Lorfqu’il devoit aller en Egypte pour brifer les ouvrages des mains que les Egyptiens s’étoient faites pour les adorer 30, l’Ange apparut derechef à Joseph pen dant son fommeil; Apres avoir été crucifié, et qu’il fot reflufeité, un Ange l’annonça, et dit aux femmes, comme étant son fidèle ministre: Alle dire es difciples que le Seigneur est rejfufcité et quil ira vous attendre en Galilée: Voicy que je vous le dis par avance, comme s’il disait, je n’ay point- pafTé ses ordres, j’atteste qu’il vous Ta dit, afin que si vous négligez de vous y rendre, qu’on ne s’en prenne point à moy, mais qu’il puniffe ceux qui auront manqué de s’y trouver.
C’est donc de cet unique Seigneur Jésus-Christ, dont nous venons de lire % qu’encore qu’il y ait des
E e iij choses au Ciel et en la terre, que Ton appelle Dieux, et qu’on dife qu’il y a plufîeurs Dieux, et plufîeurs Seigneurs; Pour nous néanmoins nous n’avons qu’un seul Dieu, qui est le Perè, de qui toutes choses procèdent, et à qui nous tendons, qu’un seul Seigneur, qui est Jésus-Christ, par lequel toutes choies ont été faites y et auquel nous devons tout ce que nous sommes.
Or il porte ces deux noms de Jésus, et de Christ; Il est dit Jésus parce qu’il nous a sauve; et il est appelle Christ, à cause du Sacerdoce, dont il fait les fonctions; Ce que Moïse connoiffant par un esprit de Prophétie, il donna ces noms aux deux plus grands hommes qui étoient alors: Il nomma Jésus Navé, qui devoit luy fucceder dans le gouvernement du Peuple, et appella Christ, son trere Aaron, afin que ces deux grands hommes marquât fent et figuraflent dans leur ministere, et le fouverain Sacerdoce 3 et la Dignité royale, qui dévoient dansla suite se trouver unies en Jésus-Christ.
Car il est le fouverain Prêtre figuré par Aaron1, comme luy il ne s’est point élevé à la fouverâine Sacrificature, mais il a été fait tel par celuy qui luy a dit: Vous êtes le Prêtre éternel selon l ordre de Melchifedech. Jofué appelle Jésus Navé Ta aussi figuré en plufîeurs choses, comme il prit le soin et le gouvernement du peuple d’Ifraël sur le bord du Jourdain; aussi Jésus-Christ après avoir été baptisé dans ce fleuve, commença à prêcher l’Evangile. Navé laifla le gouvernement du peuple à douze chefs qu’il choifit: aussi Jésus-Christ à choifi douze Apô- très, qu’il a envoyé par toute la terre prêcher son Evangile; Jofué fauva Raab, quoique débauché, à cause de sa foi, et Jésus a dit que les Publicains eïr les femmes de mauvaise vie 3 vous précéderont dans le Royaume de Dieu. Jofué au son des trompettes, fit tomber les murs de Jerico; et c’est à cause d« Jésus que nous avons vu tomber devant nous ce Temple des Juifs, et qu’il est dit qu’il n’en resteroit pas pierre sur pierre: non que la Prophétie soit la cause de sa ruine, mais parce qu’il prévoyoit que les péchez des méchans feroient cause de son renverfement. »
Il n’y a qu’un seul Seigneur Jésus, dont le nom est admirable, ce qui avoit été marqué par les Prophètes. Car Isaïe dit: Il vous viendra.un Sau- lf« î- 4 » wur } ayant sa récompenfe: Jésus veut dire Sauveur chez les Juifs, et le Prophète prévoyant que les Juifs le dévoient mettre à mort, a caché son nom de Jésus, sous celui de Sauveur, de peur qu’ils ne l’euflcnt fait mourir plus promptement, s’ils l’euffent plutôt connu. Ce ne sont pas les hommes qui lui ont donné le nom de Jésus, c’est un Ange, non de sa propre autorité, mais qui a été envoyé de Dieu, et qui dit à Joseph: Ne craipe point dépendre chevous Marie votre femme, car ce qui est né dans elley est l’ouvrage du S. Esprit, elle enfantera un Fils y que -vous appellerez Jésus », et il ajoute la raison pour laquelle il porteroit ce nom: Parce que ce sera luy, qui délivrera son peuple de ses peche%.
Comment concevoir que celui qui n’étoit pas encore né, eût déjà un peuple à luy, s’il n’eût existé avant f/ai. 47. que de naître? et cest pour cela qu’il est dit de luy« Jls mont appelle par mon nom dés le ventre de ma Mère y parce que l’Ange avoit prédit qu’il s’appclleroit Jésus, et comme si le Prophète eût prévu la perfecution qu’Hérode devoit luy livrer: il ajoute, et A ma caché tn me protégeant de ses mains. Mais Jésus qui veut dire Sauveur chez les Juifs, veut dire Médecin en langue grecque, parce qu’il devoit et guérir les corps et procurer le salut des ames. C’est luy qui a rendu la vue aux aveugles du corps, Se qui a éclairé les cfpritsj qui a guéri les boiteux, etqui conduit les pécheurs a la pénitence, et qui dit au Mûth. 9. Paralitique: Ne peche% plus, £7 portant votre grabat, marche; car comme les langueurs du corps venoient des maladies de l’ame, il a commencé par guérir Pâme, afin de donner la fanté au corps.
De tels péchez donc que l’ame soit fouillée, elle a un Médecin; et s’il y a icy quelqu’un dont la foi soit encore foible, qu’il luy dife: Seigneur, aide% mon incrédulité. S’il ya aufïi quelqu’un travaillé de quelques maladies, qu’il ne se décourage point, qu’il ait recours à luy, il sera guéry, et il éprouvera que Jésus est le Christ.
Les Juifs veulent bien le reconnoître pour Jésus, mais ils nient qu’il soit le Christ. Donnez-vous de r.JW. 1. garde de cette erreur, car l’Apôtre a dit: Que celm-l est menteur, qui nie que Jésus-Christ soit le Christ. Car le Christ a reçu de son Père le Sacerdoce de toute éternité h, qui n’a point eu de commencement J et dans lequel il n’aura point de fuccefleur j comme vous nous l’avez entendu dire Dimanche derniers, lorsque nous 1.
nous expliquions dans l’aflemblée ces paroles du Prophète: Vous êtes Prêtre selon l’ordre de Melchifcdccb. 11 n’a point reçu le Sacerdoce de ses Ancêtres par fucceffion, ni été oint d’une huile comme préparée sur le champ; mais il a été oint par son Père, avant tous les ficelés’, et cela d’une manière plus excellente que les autres Prêtres, ayant même été fait Prêtre par ferment, ce qui n’arrive pas aux autres Prêtres. C’est pour cela qu’il est dit: Le Seigneur a fait ce ferment 3 et il ne s’en repentira point. Il fumfoit pour Murance de cette dignité, que le Père l’eût vpulu-, mais afin de donner une marque plus certaine de la fermeté invariable de son defîein, il a employé le ferment, afin que par deux choses inv muables, par lefquelles il est impomble à Dieu de mentir, nous euflions une consolation plus puissante, que Jésus-Christ est le Fils de Dieu.
Les Juifs quoiqu’alliez à Jésus, nejeulent pas lereconnoître pour le Christ., pendant que les Démons le confeflent } David même l’avoit connu en esprit, lorsqu’il dit: J’ay préparé une lampe i à mon Pf. nu Chnji. Cette lampe selon quelques-uns, étoit la lumière prophétique, qui fait voir les choses avenir, mais selon d’autres, c’est le mystere de l’Incarna- • tion du Verbe qui est forty d’une Vierge, selon ce que l’Apôtre a dit: Nous portons ce Trefor dans des i. tor. 4. wfes d’Arnle. Le Prophète n’ignoroit pas aufll quel devoir être le Christ, lorsqu’il disait: Ils annonceront aux hommes son Christ 37. Moïse, Isaïe, Jeremîe, les autres Prophètes l’ont connu, et en ont parlé dans leurs écrits, les Démons mêmes l’ont recon- f,—,- Ff ii J Les Catecbefes de saint Cyrille nu; il les reprenoit, et leur défendoit de parler parce qu’ils fçayoient qu’il étoit le Christ: ainsi les Princes des Prêtres ignoroient ce que les Démons confeflbient. Ces Prêtres ne le connoiffoient pas, et une femme Samaritaine le publioit 3 disant: Vene £ ’voir un homme qui m a dit tout, ce que fay jamais fait y ri est- ce pas luy, qui eji le Christ}
C’est ce même Jeets-Christ qui est le Pontife des biens avenir, etqui par une abondante mifericorde, veut bien que nous portions son nom. Les Rois de la terre ont ordinairement des noms propres qui les distinguent de leurs fujets mais Jésus-Christ le Fils de Dieu, veut bien que nous foyons appelés Chrétiens.
Si quelqu’un dit que le nom de Chrétien est nouveau, qiril n’étoit pas autrefois en usage, que Ton contredit ordinairement les choses qui sont nouvelles j je luy répons que le Prophète l’a voit prédit bien long-temps auparavant, par ces paroles: Je donneray à ceux qui me fervent un nom nouveau, qui sera béni sur la terre. Je demanderay aux Juifs y fervez-vous le Seigneur, ou non? montrez-moy donc que ce nom est nouveau, car le Juifs et les Ifraëlites ont reçu ces noms de Moife, et des autres Propétcs 3 et les ont retenu de puis leur retour de la captivité, jusqu’à présent. Ou est donc ce nom nouveau? pour nous depuis que nous sommes les fervitrars de Jésus-Christ, nous avons un nom nouveau, et qui est beny fuf la terre; ce nom comprend toute la terre?, au Heu que les Juifs n’en occupent qu une petite fai de ferufaîem. X. Catcch. 117 tic; mais les Chrétiens doivent s’étendre jusqu’aux extrémitez du monde, où l’on doit prêcher le nom èa. Fils unique de Dieu.
C’est ce nom de Christ que les Apôtres se faifoient un plaifir de prêcher; disons plutôt, c’étoit Jésus-Christ même qu’ils portoient dans leurs cœurs. S. Paul disait aux Juifs qui l’écoutoient: Voule7i-i.Cor.ii. vous faire l’expérience de Jésus-Christ, qui parle par ma touche, et dans un autre endroit.- Nous ne nous prê- 1. Cor. iy. chons pas nous-mêmes, mais nous prêchons notre Seigneur Jésus-Christ et pour nous, nous nous déclarons vos ferviuurs par Jésus-Christ. Celui qui parle ainsi, est celui qui auparavant le perfccutoit, et qui depuis est devenu son Prédicateur: hé comment cela, est-ce qu’il a été gagné par de l’argent? non, c’cst parce qu’il h vu présent, qu’il en a été effrayé, et qu’il a été ravi au Ciel; il fortoit de Damas pour le perfecuter, et en moins de trois jours il le conrefle, et l’annonce aux autres. O quel changement merveilleux!
Quelquefois on se contente du témoignage des # domestiquespourperfuaderce qu’on dit, mais moy fatteste celui qui un peu auparavant étoit l’enncmy et le perfecuteur de Jésus-Christ. Pouvez-vous avoir quelque doute après cela? et quoyque les témoignages de S. Pierre et de S. Jean, soient très confiderables, ils pourraient cependant paflfer pour fufpeds comme étant de ses difciples; mais peuton douter d’une vérité attestée par celui qui étant auparavant lennemy de Jésus-Christ, veut en suite mourir pour luy?
Et plusieurs fois j’ay admiré la conduite du S. Esprit, qui a permis qu’il n’y eût que très peud’Epîtres des autres Apôtres, et qu’il y en eût quator-, ze de S. Paul 40, qui avoit été le perfecuteur de Jésus-Christ; non que Pierre et Jean euffent reçu moins de lumière et de grâces; mais parce que la doctrine de celui qui avoit été l’ennemy, et le perfecuteur de Jésus-Christ, ne pouvoit être fufpeetc; c’est pour cela que le S. Esprit luy a infpiré d’écrire plus que les autres, afin de nous convaincre, et nous perfuader plus facilement; car tous ceux qui l’entendirent, étoient extrêmement furpris, et dh soient: N’est-e pas là celuy qui tourmentoit dans Jérusalem ceux qui invoquoient ce nom de Jésus, et n’est- ce pas luy qui est ’venu exprés pour les emmener prifonr niers aux Princes des Prêtres } N’en soyez pas furpris, s’écrie cet Apôtre: Je fcay qu’il est dur de regmber contre l’aiguillon; je fcay que jene suis pas digne de porter le nom d’ Apôtre 3 ayant été perfecuteur de l’Église de Dieu, mais j’étois dans l’ignorance quand je l’ay fait! je croyois que la prédication de Jésus-Christ renverfoit la Loy, et je ne fçavois pas qu’il étoit venu _.
Pour accomplir la Loy, et non pour la détruire ornais ta grâce de notre Seigneur a été furabondante en jnoy. Mes chers Frères, plusieurs ont rendu témoignage à Jésus-Christ, le Père luy a déclaré par une voix venante du Ciel, qu’il étoit son Fils -f le S. Esprit est descendu pour cela sous la forme d’une colombe; l’Ange Gabriel qui l’a annoncé à Marie, la Vierge même qui l’a enfanté, Se qui est Mère fff Dieu 4’, l’établc où il est né, l’Egypte où il s’est retiré dans son enfance; Simeon qui Ta reçu entre ses bras, et disant: Maintenant J Seigneur, aw/tf /ermettre a votre ferviteur de mourir en faix selon votre parole, fwifque mes jeux ont vu le Sauveur que vous nous donner, et que vous avez dejhné peur être découvtrtà toutes les nations.
Anne la ProphétefTc, qui garda la continence dans la pieté et dans la retraite, qu’on doit regarder comme le modèle des Religicufesj toutes ces personnes luy ont rendu témoignage: sans parler de Jean-Baptiste le plus grand de tous les Prophètes, et le premier, homme du nouveau Testament 41, et qui avoit en sa personne les deux Testamens, l’ancien et le nouveau: le Jourdain entre les fleuves i entre les mers, celle de Tiberiade, les aveugles, les boiteux les morts réf. fufeitez, les Démons mêmes, en disant: Qui a-iil entre vous et nous, car nous fçavons que vous êtes le Fils de Dieu. Les vents appaifez, lès cinq pains multipliez pour nourrir cinq mille personnes, rendent témoignage à sa pùifîance, et a sa grandeur, aussi bien que le bois de sa Croix, trouvé ces jours-cy parmy nous 4, et dont ceux qui en prennent avec foi, ont prefque remply tout le monde 43, le palmier m qui est dans cette vallée et qui donna de ses brandies pour Us répandre par où il devoit paf. w, et être beny du peuple.
Gethfemani qui femble encore noter le traître Judas, qui le livra en cc lieu à ses ennemis. Golgotha cette sainte montagne, que l’on découvre de toutes parts. Le fepulchre où il a été enfevely et la pierre même qui est encore aujourd’huy deflus. Le fojeil qui nous éclair
Ff iij re présentement, et qui s’éclipfa au temps de sa painon; les ténèbres qui couvrirent la terre depuis la fixiéme heure jusqu’à la neuvième; la lumière qui luit depuis la neuvième heure jusqu’au foir. Cette sainte montagne des olives, d’où il monta à son Perc y et les nues qui le reçurent- Les portes du Ciel dont le Prophète avoit dit: Ouvrez vos principales portes, et le Roy de la gloire y entrera. Ceux mêmes qui étoient auparavant ses ennemis, comme fut le bien-heureux Paul, qui luy fit quelque temps la guerre, mais qui la long- temps fervL Les douze Apôtres qui ont défendu la vérité, non seulement par leurs paroles, mais par les fupplices y et par la mort qu’ils ont foufferte généreufement pourluy45, l’ombre de S. Pierre, qui guériflbit les malades au nom de Jésus-Christ, les fuaires3et les demies ceintures de S.
Paul, qui par la vertu du même Jefu Christ, rendoient la fanté. Les Perfes et les Goths4, tant de peuples de toutes sortes de nations qui sont morts pour son nom, quoiqu’ils nelayent pas vu des yeux du corps: les Démons que les fidèles chaffent encore aujourd’huy des pofledez 47 par la vertu de son nom. Toutes ces choses si illustres, si confiderablcs luy rendent témoignage: et vous auriez peine à croire en luy? Jésus-Christ se rend témoignage à luy-meme.
Je dis donc à ceux qui n’ont pas encore cru, qu’ils commencent à croire, et à ceux qui sont au rang des fidèles, de s’exciter à augmenter en eux la foi, en croyant en Jésus-Christ nôtfe Seigneur: reçpnnoiûez h grandeur et l’excellence de vôtre
De Jérusalem. X. Catcch.’ 131 nom A vous êtes appelés Chrétiens: refpeetez ce nom, et qu’il n’arrive jamais que nôtre Seigneur Jeius-Christ., qui est le Fils de Dieu, soit deshonoré par aucun de vous; mais faites en sorte que les hommes voyans vos bonnes œuvres en donnent la gloire au Père céleste, en Jésus-Christ nôtre Seincur, à qui soit la gloire présentement et toujours dans les îiecles des ilecles. Amen.
ilotes sur U dixième Gttechest.
CEtte Catéchèse est proprement un traité de la Trinité, dans tout ce qu’il dit du Père et du Fils: on y voit les relations, que tout Père a un Fils, et qu’il n’y a point de Fais sans son Père; qu’en appelant Dieu de Dieu, il femble qu’il doive avoir un FiUi que s’il donne la fécondité aux créatures, il doit lavoir dans la propre nature, ainsi engendrer un Fils égal a foi-meme. que le Père et le Fils n’ont qu’une même nature, qu’on ne peut ny adorer ni glorifier l’un sans l’autre. Il prouve aux Juifs la génération du Fib par l’ancien Testament, par le Pf. t. par la Genefe en. x. où Dieu, disant, Fmstm l homme i nStrt image, reconnoit comme planeurs autres Pères à ce langage, la pluralité des Personnes, K par une reflexion très iuste, après que Dieu a dit: TmÇoM Vbommt « itre image, Moïse ajoute, Dieu fit l’homme a son image, pour marquer que ces personnes qui ont fait l’homme, sont un seul Dieu, que Jésus-Christ est Dieu avec le Père, il le prouvo par d autres endroirs de la Genefe....-.-.- u. » _ « établit aoffi que c’étoît Jésus-Christ qui apparoiflo aux Prot„-....., / s - X.2 Aiit-f 1 nrefaue tous éroit Jésus Christ, d’appeller le Perc invisible, parce qui il ne le mon« oit et „e se rendoi/fcnfible que par Jésus- Christ Que toute Religion de Moïse n’étoit que pour figurer Jésus-Christ, et pour préparer les hommes à le recevoir.
Que comme on ne peut voit Die » « cette vie, le Fils qni se devoir faire homme, se montrait aux homme, en prenant différentes reprefentations pour leur P« l«; « revenant continuellement â la Divinité de Jésus-Christ, il la prouve par le Pf. Dixit. Par S. Paul 1. Cf. 15- il m« F comment le Père engendre le Fils volontairement, quoique nec eflairement, oc fo« contrainte, ffmM9 wkmif « ifiw..Que Jefiw-Chnst » » » » » » » »
est Dieu par tous les endroits où il est appelle le Seigneur; qu’il est le maître des Anges qui l’ont fervi lorsqu il étoit sur la terre4. Il rapporte tous les noms qui ont été donnez à Jésus-Christ, son Sacerdoce figuré par celuy d’Aaron, sa dignité de Roy, reprefemce par Moïse, celle de Sauveur prédite et annoncée aux Juifs.
i On ne peut connoître le Père sans le Fils. Les relations entre les Personnes divines.
i Vanité de Dieu n’empêche point la pluralité des personnes.
Divinité de Jésus-Christ prouvée par le Pf. i. Film meus es tu hodii gtnui te. Obstination des Juifs a ne vouloir pas connoître les. Prophètes.
Qu’il ny a efuun seul Fils unique de Dieu.
« 5 Différent noms donnez à Jésus-Christ, il est la porte, il est brebis, agneau, pâsteùr, lion, la pierre, le Christ, le Fils de Tho »me, et autres.
Cowmwt Je fus Christ est appelle la Sorte.
Comment il tst le, Chemin. y S Comment il est agneau ou brebis.
« 2 // lave les peche du monde. Jésus-Christ Sauveur du monde »
Comment il est Pasttur. ii En quel Cens.
ii Comment il est appelle la Pierre. ij Comment Christ.
Comment il est appelle le mort.
Jésus est son véritable nom. Comment il est médiateur iS Et fouverain Piètre.
ao Médecin de nos âmes, et DoOeur des hommes.
« 11 Quil est notre véritable Seigneur, et en quel sens: qu’il a ui » fouverain Domaine sur nous.
Le Chrifl est h Seigneur ni de David. Sa génération éternelle.
Faisons ï homme à notre image. Plusieurs personnes ont expliqué ce paflage de la Trinité, entr’aurres S. Ambroise -, Dieu dit en b
Oenefe: Faisons nomme. La dignité de l’homme est si élevée, que
Dieu ne se contente nas d’ufer fimplement de h parole ôc’éc son commandement pour le former, ainsi que ses autres ouvrages, mais nature, elle contient néanmoins trois difTerentes puissances, içavou 1 entendement, la volonté et la mémoire... et comme Z j i cnSendré du pere, et que le S. Esprit procède du Père du Fils £x Pâtre, mm procedit, aussi la volonté naît de l’en- tenderaenr tendement, et la mémoire procède de l’une et de l’autre.
Le Seigneur fie fleuvoir. Le Seigneur fit descendre sur Sodome une pluye de fouffre de la part du Seigneur, Dominus finit fulphur ifnem à Domino de Ceelo. Tous les anciens Pères ont expliqué ce paflage de la Trinité, S. Justin, S. Irenée, S. Athanafe, S. Hilaire, il n’y a que dans les verfions modernes 9 imprimées à Paris qu’on a fupprimé de la part du Seigneur, prétendans que selon- le génie de la langue hébraïque, Dominus à Domino ne fignine autre chose que Dominus à Ce ipfo, le Seigneur de la part de foi- même. Mais les Pères réfutans les Ariens l’ont entendu du Père et du Fils. Les Ariens mêmes prouvoiënt par ce paflage contre les Samofàteniens, les Noeciens, les Sabellicns et les Photiniens, la distinstion du Père et du Fils. Voyez le Concile de Sirmich, où Photin fut condamné pour n’avoir pas entendu ce paflage en ce sens.
On y prononce anathême contre celui qui dira qu’on ne doit pas entendre le Fils dans ce paflage, que le Setgnetir du Seigneur qui fit pleuvoir le feu, est le Fils qui est Seigneur, et qui tire son origine du Seigneur qui est le Père. Si quis, finit Dominus a Domine non de Filio et Pâtre inteMigat, fed iffum à se dicat fluife, anatbmâ fie. finit enim Dominus Filius, a Domino Pâtre. Ce Concile fut tenu en 35.1.
Ce fut Jésus-Christ qui apparut 4 Motfc. Les preuves qu’en donne S. Cyrille.
On ne peut voir Dieu en cette vie.
On voit que S. Cyrille étoit bien éloigné de croire que cette répétition du nom de Seigneur fut un pur hebraïîme, puisqu’il ne che, étoit la montagne de Sinaï où Dieu avoir coutume d’apparoître à Moïse et quand l’Ecriture dit que Motte vit Dieu par derrière, c’est une espèce de figure par laquelle il faisait connoître que son eflènee divine ne pouvoit le voir en ce monde; la divinité étoit marquée par le visage, et l’humanité du Fils de Dieu, par ce qu’il appelle pofieriora mea. S. Àugustin l’explique aussi de même M. 1. d% Triait, c. 17.
« 1 Le Seigneur a dit a mon Seigneur, Afeyevousà ma droite. Jefa-Christ comme Dieu, a toujours été aflis à la droirede son Père comme homme il n’a commencé à prendre cette place qu’après son Ascension 1 comme homme, Dieu lu/ dit de s’afleoir -, comme Dieu Fils égal au Père, il prend feance i sa droite. Audit quafi homo, fifa quafi Filius, dit S- Ambroise ( Afolog. David, c 4.) Jésus Christ selon son humanité même, étoit Seigneur de David, dit S Augustin, s’il n’eût été quun fimple homme, David n’auroit pu lujr fkstûSr ce nom. c ç’est le xaifonnejiwqt de JçfuCkilMns l_Eva »j 134 Les Cutechefcs de faim Cyrille g: le de S. Mathieu. David vouloit donc montrer que le Mefile for tiroit de David selon la chair, et qu’il auroit au deflus de David, la qualité de Fils de Dieu, qui le rendroit Seigneur de ce Prince qui étoit jfon Père selon la chair. Voyez S. Jérôme sur ce Pfeaume.
Jeffés-Chrifi Seigneur.ayant un Domaine fbuverain sur toutes les créatures. Voyez-en les preuves.
Jefns-Christ le Seigneur des Anges, et les preuves.
o Jésus-Chrïst alla en Egypte pottr y brifer Ut Idoles. Pluficurs ai très Pères ontpenfé comme S. Cyrille, que Jésus-Christ s’étant retire en Egypte, avoit par sa présence fait tomber les Idoles, et luy appliquent ces paroles du Prophète: Coram eo ntovehuntur fimUchra v£gypti. Au moins a-t’il préparé ce païs à recevoir la benedietion qui luy avoit été proraife par les Prophètes; de tous les lieux où le Paganifme a régné, l’Egypte a été le plus arraché aux plus groflieres aux plus ridicules fuperstitions de l’Idolâtrie.
31 // est Prêtre figuré par Aaron. C’est à-dire le Sacerdoce de Jésus-Christ a été figuré par celuy d’ Aaron, mais il n étoit point Prêtre selon Aaron, mais selon l’ordre de Melchifedech, comme le prouve S. Paul dans l’Epure aux Hébreux c. 5. Jésus Roy et Prêtre figuré par Jofuk et par Aaron.
rom tappeuerez.jejus, Ce nom qui n étoit qu’arbitraire par rapport aux autres hommes qui l’ont porté, étoit le nom propre et personnel du Messie, et celui du Verbe Incarné. Les autres noms au on luy donne comme celui de Christ, d’Emmanuel, ne sont point des noms propres, quoiqu’ils luy conviennent d’une manière fingulierej ce sont des noms d’office et de dignité, qui marquent ses xanOiona et ses prérogatives comme Sauveur des hommes?
Le Ftls a repu de /on Père le Sacerdoce de tonte éternité. C’cstàdire que le toute éternité le Père le destinant à être homme, J II t £!# V? f°n Prètre ’éternd bien que le SacerdorïnieM rhr cikfc™1? luy,- ayant offert dans toute lui 1 w C stet? et V0,°nté son « . Se dans le temps il fcLf v? ÂY.lfi de son f™S ql continue parle quelEghfe Chrétienne faitenl’obktiol de fonCorps de ton àang dans nos Mystcrés. »
SameiTnCS: d n5h-qûc Prêtre, c’étoit à la place de M? SUet Ç0! f01! ietllbit Chryfôstome à Aetocte, ïrtcr ’ Wrppone i la7 place se Valere stn de JerUfaUm. X. Catcch. 23 j d fay prépare une lampe i Par k nom de lampe on entend un
Fils ou fucccflèur dans l’Ecriture, aussi Jésus Christ est appelle L#- ’• « cerna ardensy et dans Y Apocalypfe y Lucerna ejus, est Agnus. »
Les Prophètes ont connu jt fus- Christ y et les Démons aujjl Vont constjfe. Voyez tes preuves de S. Cyrille, que les Prophètes ôc les Démons ont rendu témoignage à Jésus-Christ.
38 jfjw le nom- de Chrétiens est un nom nouveau, en quel fehs.
J9 Comprend toute la terre. L’Église de Jésus Christ répandue par route la terre. L’uni ver fali té de l’Église.
La conduit de la Providence, qui a voulu que S. Paul écrivît plus que les autres Apôtres, parce que son témoignage étoit moins fufpcst, ayant d’abord été perfecuteur de Jésus-Christ.
La Vierge qui est Mère de Dieu 0™t« x£-. Voilà comme je crois le plus ancien Père en qui on- trouve le mot de Teotocosy qui ait appelle la Vierge Marie Mère de Dieu, quoiqu’on l’ait toujours crû telle-, puhque c’est d’elle que S. Paul a dit que Jésus- Christ Dieu Rom. f hem dam tous Us fieclesy est dtfcendu de David selon la chair, et que Dieu à envoyé son Fils fait d’une femme. Que S. Ignace avoir dit que Gli- 4; Jésus-Christ nôtre Dieu a été cençû dans les- entrailles de Marie, fy ad Dfw mfler Je/us- Christus a Maria in utero geflatus est. Que celui qui Ethif étant Dieu s’efr fait chair, est né de Marie et de Dieu, Qui in car- ibid. ne fuit Deus, ex Maria, et ex Deo. Que selon S. Irenée, Dieu n’a Lik h pas voulu être formé du limon comme Adam, jnais il a voulu naître de Marie, Deks ex Maria operatus est plafmationem.
Denis d’Alexandrie dans sa lettre à Paul de Samofate dit, la Vierge a engendré le Verbe. Virgo genuit vivens Vtrbum et fubfisttns. Le Verbe qui est Dieu et homme, a Marie pour Mère, dit Tertullien lib. de prafcrist.c. 13. Le Fils de Dieu est né dune Vierge, dit-il ailleurs.!/ Dû Filins de Virgine n’afceretury Lib. de carne, ch. 17 Voyez S. Athanafe Ont. 4. contre les Ariens. »
Mais S. Cyrille appelle Amplement Marie Mère de Dieu •, on le voit depuis dans S. Bafile Homil. 15. dans S. Grégoire de Nazianzc Ep; 1. Le Concile d’Ephefe condamna Nestorius qui ne vouloit pas qu’on donnât ce titre â la sainte Vierge. S. Cyrille d’Alexandrie réfute ce que Nestorius avoit écrit contre le nom de Mère de Dka donné à la Vierge.
S. Jean le premier homme du nouveau Testament, le premier feint, Ja première conquête de Jésus-Christ.
Le bois de la Croix trouvé ces jours- cy parmi nous. C’est un wit dont on ne peut avoir aucun doute, puiique S. Cyrille le dit au lieu même où certe Croix avoit été trouvée, et devant son peuple qui en avoient été les témoins. Ainsi quoiqu’Eufebe dans Ja vie de Constantin, n’ait rien dit de l’Invention de la Croix, son filence ne peut rien contré le témoignage de S. Cyrille, et de plusieurs autres Ecrivains contemporains, coranaç Soçrate lib. 1. e. 17. Sozo
« Z3 6 Les Catéchèses de saint ÇyriUe mène Uk 2. c. i. S. Ambroifc i » fun Tbeodof. Rufin, Théodore J S Paulin.
L (s parcelles ont prenne rempli tout le menât. Ces parcelles croient très minces ce qui pouvoir faire croire que le bois ne diminuoit pas. S. Paulin le regardoit comme un miracle qu’il atcribuoit à la vertu que ce bois facré avoit tiré du sang de Jésus-Christ. S. Cyril le relevé la foi de ceux qui prennent de ces parcelles, Secmtdm fidem ex Mo capitntes.
« 45 Le palmier. On pouroit croire que S. Cyrille parle là des pal-; miers des vallées de la Palestine, qui fournifloient des rameaux que 1 on beniflbit à la Fête que nous appelions des Rameaux, huit, jours avant Pâques » mais je crois qu’il veuc seulement dire que le PaU mîer de la vallée avoit fourni des branches à ceux qui étoient venus au devant de Jésus-Christ, pour le louer, et le pcnir, et lof rendre témoignage.
« 4,6 Les doiffe Apôtres itoUm reconnus Martyrs » Avoir donné leur sang pour Jésus-Cnrist, dès le temps de S. Cyrille.
Ah temps de S. Cyrille, les Chrétiens chaflbient encore les Démons au nom de. Jésus-Christ. Vfjui in bodiernum dienu 4S Les Gotbs ne sont pas Us anciens peuples de U Germanie, qui habitoient le long de la Vistule, ou il ce sont eux, ils en fortirent du temps de Marc Aurele, et skétant emparez de la Daçie, allèrent jusquc vers le Pont-Euxin, où ils furent appelés Ostrogoths, ou Goths orientaux, et étant revenus dans la Trace, la Pannonip, st VjllixiÇ) Conjstantin k vainquit. et jls se firent Chrétiens dejcrufaleni. X. Catech: 137
Catéchèse XI
Pour expliquer cet article, Je crois au Fils unique de Dieu, engendré du Père, vray Die avant tous les faciès, et par qui toutaete fait, après la lédure de ces paroles de l’Epître aux Hébreux, Dieu qui au temps mir. u faffé sefifait connoître à nos Pères en plu-.
fieur manières, et feus différentes figuras r far Us Prophètes, nous d parlé en y ces. der« nier temps pAr fen Fds »
JE crois qu’il paroît assez par tout ce que nous vous dîmes hier, qu 1 faut que; nous mettions nôtre espérance en Jésus-Christ, et que nous devons croire en luy non qu’il fût un homme 3 tel qu’ont été ceux qui ont portç le nom 4e Chtiiç avant luy j et qui n’en ont été que jes. figures, mais qu’il est le véritable Christ de Dieu i qu’il a été élevé au Sacerdoce, non parle choix: et rele« ôion des hommes/mais pe débute éternité ’, »
Ggiij xja La CateSifet de sont CynÏÏe.
il a été revêtu de cette dignité dans le décret de fort Père: et c’est pour cela que la foi nous muniflant contre toutes les idées différentes que nous pourrions nous former au sujet de ceux qui ont été appelés Christ, nous engage de protester que nous croyons en un ieul, Seigneur Jefiis-Christ, Fils unique de, Dieu. ’
Or entendant dire qu’il est Fils de Dieu, ne Denfez pas qu’il ne le soit que par adoption; c’est Ion Fils naturel, |pn Fils unique /et quinla aucun Frère: c’est pourquoy il est dit le Fils unique, parce qu’il n’y a que lay seul qui pofledela Divi nitéj. et comme engendré du Père, ce n’est pas nous qui l’ayons appelle, le Fils de Dieu, c’est le Eere même qui lui a donné ce nom: or il n’y a point de nom c|ui. convienne plus proprement aux enfants que ceux que leurs Pères leur donnent. Dans la. suite des temps, Jésus-Christ nôtre Seigneur s’est incarné, et ç’est-’cë que peu àc gens (çàvoient; comme il vouloît en instrùire les hommes, il aflembla des Disciples et il leur demandoit: Que dit-on du Fils de l’homme? Ce ne fut point par nriërvetnë éstime-dc foi qu’il fit ’cette -demande’, mais fkur -leur énCcigner là vérité, afin que ceux qui dévoient, être- attachez au Fils unique de Dieu ne le regardant nt; pas comme un fimple homme: coinnièif luy rèpondoient: Ls uns diféni que c’#5’3tteîquë t’ëst’JeWinie, il leur repartit. comme Jour « xcust les autre hommes qui ne CqMkat pab quel il -étoit: Mais vous qui de Jérusalem. X I. Catcch.1 ï9 chaffcz les Démons, et qui reffufeitez les înorts, en mon nom, vous ne devez pas ignorer quel est celui par qui vous faites ces’ miracles. Comme ils Matb.it. se taifoienc tous, car la demande qu’il leur avoit faite, étoit au deffus de l’intelligence humaine. ï, Pierre le Prince des Apôtres 5, et le ifouverain Prédicateur de l’Eglifc, non comme s’il l’eût fçû de lui-même, ou qu’il l’eût pu apprendre par les lumières de la raison, mais se trouvant éclairé dç Dieu le Père, luy repondit: Vous êtes le Christ. Puis il ajouta; Et le Fils du DteH vivant. Auiïï- tôt la: befledietion fuivit sa parole, car cela étoit vray ment f au delTus des lumières de l’homme, et le Sauveur 1: attestant que c’étoit le Père, qui luy avoit révélé-, ji ce qu’il venoit de confeffer y luy dit: Vûiïs êtes bieii- t heureux, Simon Fils de Jona, farce que ce ri est pas la ï àetiretde sang oui vous ont révélé cette vérité, mais s mon Père qui est dans le Ciel. Celui donc qui, croît que Jésus-Christ nôtre Seigneur, est Dieu, âur£, part à sa béatitude. Comme au contraire celui qui niera cette vérité sera malheureux et miferâble. »
p: ’ Or quand vous entendez: dire qu’il ëst le Fils i de Dieu, n’abufez pas de ce nom; croyez cfuiiest o son Fils naturel, et non pas qu’il soit patveiïu à cet- ï::: te dignité, en pafTantde la fervitude, à l’a quali- té de l’adoption. Croyez qu’il est tel, parce qu il st engendré de luy d’une manière iricomprehenfiWe.. ’:.:; i’:/• •; -’- ’ f: De même quand vous entendez dire qu’il est j le premier né, ne vous imagine pas que ce soit f tomme parmi leshôrameS) Ou les preriiiers nefc ont d’autres frères, selon x{ï il est écrit, lfraël est mon premier né j car comme il a été réprotivév aussi lfraël Ta été. Ruben le fut pour avoir ôlé fouiller le lit de son Père f, et lfraël Ta été en ôtant la vie au Fils du Père, et pour l’avoir crucifié 5.
L’Ecriture parlant des autres hommes, dit: Vom êtes Us enfants du Seigneur votre Dieu, etC dans un autre endroit, j’ay dit: Vous êtes des Dieux, vous êtes tous les enfants du Très-Haut, il ne dit pas: Je vous y engendré. Ils ont reçu par le témoignage de la parole de Dieu l’adoption qu’ils n’avoient pas. U n’en estpàs ainfî du Christ, il n’est pas d’une nature différente du Père, ni produit d’un autre c’est son Fils qu’il a engendre dés le commencement y il est le Fils du Père, semblable à celui qui l’a engendré; il est la vie engendrée de la vie, lumicre de lumière, vérité de la vérité, Sagefle de la Sagefle, Roy iffu de Roy, et Dieu de Dieu. Quand donc vous entendrez dire en l’Evangile: Math uLe iivre df [a gn{mtion de Jésus-Christ, Fils de David Fils dy Abraham, il faut entendre qu’il est leur Fils selon la chair, car il n’a été Fils de David que dans la confommation des siècles; mais il est Fils de Dieu avant tous les siècles et sans aucun commencement.
Il a reçu de David sa naissance selon la chair, qu’il n’avoit pas, mais il a de toute éternité la naiffance divine, par. laquelle il est engendré du Père. Ainsi il a deux Pères, un selon k chair c’est David, et l’autre selon la Divinité, c’est Dieu le Père. Et c’est selon la mifTance qu’il « ire de David % « qvi’ii çst sujet au temps x et que l’on îon a décrit sa généalogie; mais à raison de sa Divinité, il est indépendant des temps et des lieux on rie peut exprimer foii origine; car dit le Prophète: Qui tstce. qui pourra raconter sa génération? içAi Dim est un esprit. Or un esprit est produit d’une manière fpirituelle, comme n’ayant point de corps d’une manière incompréhenfible4et inexprimable; Le Fils dit luy-même parlant lu Père: Le Seigneur ma dit y vous êtes mon Fils; je vous ay engendré aujourd’hui 6.
Gejourd’huy ne veut pas dire qu’il vienne récemment de l’engendrer; cela marque une durée éternelle y avant tous les temps et même tous les siècles; ou comme il est dit ailleurs: Je mus ay engendré de mon femy avant le point du jour 7. » »
Croyez donc en Jésus-Christ, le Fils du Dieu vivant, son Fils unique, selon qu’il est écrit en l’Evangile: Dieu a tant aimé le monde, qu’il a donné son Fils unique / afin que quiconque croit en luy, ne fe- f’- 3rijfe point, mais. qu’il ait h vie éternelle 5 puis il ajou te: Celui qui croit en luy J ne sera point condamné; mais ilpajfera de la mort a U vie, au lieu que celui qui ne croit pas au Fils, ne verra pas la vie y mais la colère de Dieu tombera sur luy, parce qu’il ne croit pas au Fils unique de Dieu. Et S, Jean luy voulant rendre témoignage, disait: Nous avons vu sa gloire, sa gloire, dis- je, comme du Fils unique du Père, plein de gra-joan. i. de vérité. C’était à iûy que les Démons difoient en tremblant: Qui a-t’il entre vous et nous, Mus Fils du Dieu vivant. Il est donc le Fils de Dieu 8, non par adoption mais par nature, étant engendré du Père. Celui qui aime le Père qui l’a.
t4t Les Cdtecbefes de stint Cyriiïjg engendré y aime le Fils; et celui qui ne veut pas jeconnoître le Fils, outrage le Père.
« Quand vous entendez dire que Dieu engendre on Fils, ne vous repréfcntez pas que ce soit à la manière que ce fait la génération corporelle?, et ce leroit une impiété de croire en hiy une génération corruptible. Comme Dieu est esprit, sa génération est toute fpirituellie: les corps engendrent des corps » il faut qu’il y ait quelque intervalle de temps joù celui qui engendre y précède celui qui est -engendré; mais il n’y en a aucun entre le Pcre qui engendre, et le Fils qui est engendré.
La génération corporelle est toujours imparfaite, mais le Fils de Dieu est engendré d’une manière, parfaite, car il a toujours été ce qu’il est présentement. Nous autres nous naiflons enfens, et la raiïbn se dévelope avec le temps, ce qui marquecombien la génération des hommes est imparfaite, parée que cen’est qu’avec le temps, que nôtre être se perfectionne. Il ne faut rien penfer de fembl. ble en celle du Fils de Dieu, il ne s’y f encontre aucucune imperfection. Car c’est une marque de hmperfection, de croître, et de recevoir avec le temps ce qu’on n’avoit pas dans sa formation.
« Que si vous croyez qu’il a eu dés te commencement la nature qui s’est unie à une autre dans le temps: vous avouerez que sa génération n eit pas comme celle des hommes, ni fernbtable a. celle d’Abraham, qui a engendré ïfaac, et qairia pas engendré celui qu’il a voulu, mais celui qu’a » autre lui a donné.
Mais dans la génération de Dieu le Père, il n’y a ni ignorance, ni délibération,10, et ce serait une impieté de dire qu’il ne connoiffe pas celui qui Tengendrc, comme aussi de dire qu’il a été fait Perc en naifïant lans le temps -, ou qu’il ait été Dieu, avant que d’avoir son Fils, et: que dans la suite dcsîcmw, il (bit devenu Perc: il a xo jours eu le Fils qu’il a engendré, et ton comme les hommes lie conçoivent., mais comme il’ le conçoit lujMnème luy qui sa engendré Dieu véritable avant tous les siècles..
Car Dieu étant véritablement Perc., il a engendré un Fils ifemblaWe à luy, quiestun vray Dieu non pas de la manière que les maîtres forment des difciplcs, et comme S. Paul disait: Je vous ay engtndréen Jésus-Chrijt f/tr t’Evangle; Car icy celui qui netok pas f enfant de l’Apôtre par sa naturç,, f est devenu par la doetrinc qu’il luy à apprifb mais dans Dieu, c’est son Fils naturel, et ion véritable Fils: ce n! cû: vpas comme nous qui étant « elairczpar le Baptême sommes maintenant les enfants de Dieu; nous avons été faits ses enfants par ta grâce de f adoption y selon •qu’il est écrit: Il tjotn.u donné le pouvoir a, tons veux qui t’ont refit de devenir wfans de Dieu, à tous ceux qui crvyent en son nom, yui ne sont point nez àufong m delà volonté de la chair ni de ht volonté de Vhommt mais qui sont ne% de Dieu. ous naifTons ainsi par l’eau et par l’esprit, mais ce est pas de cette manière que Jésus-Christ est né de ion Père, qui déclara au temps qu’il fut baptisé:: Ce/w-cy estmwTils. Il nediepas c est maintenant quç »
Hh y 144 Les Catccbefès de saint Cyrille vous êtes devenu mon Fils, mais celuïçy est mon Fils;
pour montrer qu’il ètôit son Fils, avant que d’être baptisé.
Le Père a engendré son Fils, non pas de la ma. niere que dans les hommes, ï’esprit engendre la parole, car resprit fubfiste en nous, et la parole se répandant en l’air, s’évanouit., Or nous dilons que Jésus-Christ est né la parole, non celle qui est prononcée, mais la parole fubfistante et vivante; non celle qui est prononcée par les lèvres, qui se diflout, mais qu’il est né du Père éternel, de sa fubstànce d’une manière qu’on ne peut exprimer. Au commencement étoit le Verbe aflis a la droite, le Verbe qui fçavoit la volonté du Père, et qui gouverne toutes choses selon cette même volonté. Le Verbe qui s’élève et qui s’abaifle, Au lieu que laparole que nous prononçons, ne monte, ni ne dekend, c’est une parole vivante, qui dit: Je parle selon les choses que j’ay reçues de mon Père; C’est une parole toute puissante, qui commande à toutes les créatures, car le Père a tout donné afin Fils.
Le Fcre l’a donc engendré, non de la manière qu’on pourroit se lé repréfenter, mais comme il le fçait luy seul: car ne vous attendez pas que nous puiflions vous dire comment il l’a engendré; nous fçavons seulement qu’il ne l’a pas engendré selon les maniérés que je vous ay expliquées. Et ne soyez pas furpris que nous ne puiflions vous faire concevoir cette divine génération J3, nous qui ne con noiflbns pas seulement la moindre des choses qu u g créées; parcourez tout ce qui est sur la terre, et
Jejerufalem. XI. Catcçh. 14/ elles ne pourront vous rapprendre. La terre, ni tout et qu’elle contient, ne peuvent dire quelle eit la nature de celuy qui l’a créé, le folcil même ne vous l’apprendra pas, il n’a été crée que -le quatrième jour, ainsi n’ayant point vu ce qui a ete formé les trois jours avant luy, comment pourroitjl marquer la fubilance du Créateur leCid même ne vous l’apprendra pas, car il est forme par le Fils, selon la volonté du Père;, ni les Cieux des Cieux, ni les eaux qui sont au demis des Cieux. Ne vous fâchez donc pas, 6 homme, de ne pas savoir ce que les Cieux ignorent aussi-bien que les Anges; car si quelqu’un pouvoir s’élever juiquau premier Ciel, et approcW des Ang« -et ur demander comment Dieu engendre son Fils, peutêtre qu’ils, diroierit: Il y a des êtres plus grands que nous au demis de nous, interrogez-les; montez, » vous pouvez, au second, et même jusqu au troifiéme Ciel, jusqu’aux Dominations, aux 1 rmcipautez etauxPui(rances; et quand on approcheroit d’eux, quoique cela soit impofliple, ils ne pourroient vous contenter, parce qu’ils ne le gavent pas s égarer dans la Religion-, - - - ce que les Thrônes et les Dominations les Puiilances et les Principauté ignorent, et je demanderais volontiers à ces gens si curieux: Dites-moy en quoy les Trônes différent des Dominations, et puis après je vous permettray d’étendre vôtre cunofite, ul.
rwC oogle iS Les Catechefis de fa’int CynSe qu’à Jésus-Christ- Ditcs-moy ce que c’est que Pruv cipautez, ce que c’est que Vertu, ce que c’est qu’un Ange, et puis vous pourrez demander ce que c’estr que 4cur Créateur; car il a fait toutes choies, mais vous ne voulez pas interrogerces puùîances, aussi ne le pouvez-vous pas.
Il n’y a que le S. Efprjt qui connoufe ce quife paffe dans le cce’ur de Dieu, et c’est luy qui nous parle par les saintes Ecritures j et cependant le S ïfprit n’a rien dit de la génération du Fils par le Peredans la sainte Ecriture. Pou rquoy vouloir donc chercher ce que le S. Esprit même n’a pas marqué dans les saintes écritures?
Vous donc qui ne fçavez pas même ce qui est écrit, ne soyez donc pas curieux pour savoir ce qui ne l’est pas. Et encore qu’il y ait plusieurs choses qui soient écrites dans ces Livres divins, nous ne comprenons pas la plupart de ces choses; pourquoy vouloir être iieurieu de ce qui n’-est pas écrit? il nous, fuffit de savoir que Dieu a engendré un Fils unique.
N’ayez point honte d’avouer vôtre ignorance, quand vous ne fçavez pas ce que les Anges ignorent; fl n’y a que le Père qui connoifle le Fils, personne ne connoit le Père que le Fils-, celui « qui i engendre, connofc celui dont il est le Père. QuiItious fùffife de savoir ce que le S. Esprit, qui est l! Esprit de Dieu-, nous a marqué dans les écritures, que©icu est engendré de toute éternité: car comme lesprit qui est dansl’homme, feait e qui se paffe dans i’homme-, il n’y a auûl que »
Tcfprit de Dieu,’qui connoiffe ce qui est dans Dieu: Comme le Père a la vie dans luy-même, 4ttjst il a don né m Fils, d’avoir h vieen luy-même; afin que tous honorent le Fils y comme ils hononent le Père. Et comme le Père vivifie ceux qu’il veut, le Fils fait aussi la même chose, sans que le Père qui engendre, soit privé de quelque chose „ ou qu’il manque quelque chose au Fils qui est engendré.
Je fçay que je vous répète souvent 5 la même chose, mais c’est afin que vous soyez plus affermi: ne penfèz pas aussi que celui qui engendre, ait un Père1, ou que celui qui est engendré, ait quelque frère, ou que celui qui est le Père se change en Fils, ou que celui qui est Fils devienne Père; il n’y a quun seul Fils, qui est né d’un seul, qui est Père; il n’y a point deux Percs, ni deux Fils, mais un seul est Père, sans être engendré et sans avoir de Père, et un seul est Fils éternel, né du
Père. Il n’a point été fait dans le temps, mais il est engendré avant les siècles i il n’a point accru depuis qu’il est engendré, mais il a toujours été le même qu’il est prefentement. f
Croyonsdoncau Fils unique de Dieu, qui est ne du
Pere, qu’il est vray Dieu de vray Dieui car le vray Die n’engendre rien de faux, comme ii a été dit. Il ne s’est pas déterminé dans la suite à l’engendrer, c’est de toute éternité qu’il l’engendre, et cela avec plus de vîteffe, que nous ne formons nos paroles 9 ou nos peniees: i nous faut toujours quelque temps pour former, ou prononcer nos paroles} mais en Dieu, la. génération se fait plus prçmptement que l’instant le plus court du temps; et comme je hy dit plufïeurs fois y il n’a point produit son Fils en luy donnant un être qu’il n’avoit pas, ni adopté pour Fils, celui qui étoit déjà existant y mais le Père éternel engendre d’une manière ineffable un? seul Fils éternel, qui n a point de Frère ce ne sont ôint deux principes, mais le Père qui est comme e chef de Jésus-Christ, est le principe du Fils qu’il engendre, il engendre un vray Dieu qui est appela lé Emmanuel, c’est-à-dife Dieu avec nous.
Si vous Voulez savoir que le Fils engendré du Père est Dieu y et que c’est luy qui s’est incarné dans la suite des temps, écoutez ce qu’en dit le Pro- i? Banc. 3. phéte: Cefi luy qui est notre Dieu, et nul autre ne fnbfi fiera devant luy, si on le compare avec ce qu’il est y cejl luy qui a trouvé toutes les voyes de la vraye fcienceyet qui l’a donné à Jacob son ferviteur 3 £jr à Ifraëlfon bienaimé, après cela il a été vu sur la terre yet il a conwrfe avec les hommes. Voyez-vous que le même qui s’est incarné, est celui qui avoit autrefois donné la Loy à Moifê?
Si vous voulez- avoir un autre témoignage de la Divinité de Jésus-Christ, faites attention à ce quV 44. on vient de vous lire: O Dieu, votre Trône est éternel’, et afin qu’on ne crût pas qu’il fût devenu Dieu en se faisant homme par l’incarnation, le Prophète ajoutC: C’CP t0UriU(9 Vit votre Dieu vous a oint de l’huile de réjouijfancc y par préférence a ceux qui y ont ptrt avec vous; Voyez-vous comme Jésus-Christ reçût du Père l’ondtion de la Divinité?
Si vous vçulez une troifiéme preuve l7 de la Divinité viïiité de JésusCnrist; écoutez ce qu’en dit Isaïe: 1,’Ewstc avec tous ses travaux, l’Ethiopie avec fin tra- Jf »- 45 » Tous ces peuples paieront vers vous, 0 Ifraël, ils M front à vous, et et diront: Il n’y a de Dieu que parmi vous. Vous êtes lefeul vray Dieu, et nous ne le fçavions pas, Dieu i’ Ifraël, le Sauveur. Vous voyez, Dieu ayant en foi Dieu son Père, et disant quoiqu’en difFerens ternies, ce qui est dans l’Evangile: Mohjoan. v. Père est en moy;. ’et moy je suis en mon Père; Il ne dit pas: Je suis le même que mon Père, mais, mon Père est en moy: comme dans un autre endroit il ne dit pas: Je ne suis qu’un, mais Mon Pcre et moy ne sommes qu’un, ou, nous sommes une même chose, afin de ne point féparer, et aum de ne point confondre le -Fils avec le Père: il est un comme luy « «, à cause de sa Divinité, parce qu’il est Dieu engendré de Dieu: il est un à cause de la même fouveraineté carie règne du Perc, n’estpas différent de celui du Fils.
Il n’en est pas comme d’Abfalon, qui s’étoit foûlevé contre son Père; mais le Fils règne sur ceux mêmes à qui le Père commande: il est un parce qu’il n’y a ni différence, ni distance entr’eux. Le Fils veut et opère tout ce que le Père veut} et tout ce que le Père fait, il le fait par le Fils; car le Père a dit, et tout a été Pfi 148. fat; il a commandé et tout a été créé, dit le Pfalmiste; car s’il a parlé, c’est donc à quelqu’un qui l’entendit, et s’il a ordonné, c’est donc à quelqu’un qui étoit préfent: le Fils est donc véritablement Dieu, qui a en foi le Père, et non pas qu’il foie changé en son Père car ce n’est pas le Père, qui s’est incarne, c’est le Fils; et pour parler avec pliiï d étendue, ce n’est pas le Pcre qui a fouffert l9 pôui nous y il a seulement envoyé celui qui devoir ibu£ frir pour nôtre salut. 4
Donnez- vous de garde de dire: Il a été un temps que le Fils n’étoit pas; comme aussi de confondre le Fils avec le Père; mais fuivons le droit chemin, ne nous écartons point; ne croyons pas honorer le Fils 3 en luy donnant le nom de Père; comme aussi ne penfons pas faire honneur au Père, en traitant de créature le Fils qu’il engendre; mais adorons le Père uniquement par son Fils unique, et ne féparons point Padoration que nous leur rendons; ne reconnoifTons qu’un seul Fils avant tous les ficelés, affis à la droite du Père, non seulement de puis sa Passion, mais y étant affis de toute éternité. Celui qui voit le Fils, voit le Perej car le Fils est en tout semblable à son Père: il est la vie engendrée delà vie; lumière de lumière, vertu de vertu, Dieu de Dieu, et cette Divinité n’est point différente du Fils dans le Père; et celui qui sera trouvé digne de voir la Divinité du Fils, jouira auf si de celle du Père. Ces paroles ne fo pas de moy 3 mais du Filsunique de Dieu, qui dit: Ilj joân. i+si long- temps que je suis avec vous, et vous ne me con noifjezpas. Philippe qui me voit’ voit aussi mon Peré.
« Et pour le dire en moins de paroles, nous ne devons ni les feparer, ni faire lun moindre que l’autre; mais en disant que le Filsn’est pas différent du Père, n’écoutez point celui qui diroit que le Père a été quelque temps Perç, 8f que dans un » yt temps il est Fils; car ces fcntimens sont impics contraires à la fôy, et aux dogmes de l’Église. Le Père en engendrant son Fils est toujours demturé Père, sans qu’il ait rejû aucun changement o: en. engendrant la Sstgefle y il n’a pas cefle d’être cette SagefTe, eten engendrant sa puissançe et sa vertu, il n’a rien perdu de sa propre vertu. En engendrant un Dieu y il n’est arrivé aucune diminution, ni la privation d’aucune perfection à sa Divinité, non plus que dans le Fils qu’il engendre. Le Père est parfait, et le Fils est parfait: le Père qui engendre est Dieu, et le Fils qui est engendré • est Dieu, et le Dieu de toutes choses; il ne fait point de difficulté de dire que fori Père f est son.
Dieu. Je vais, dit-il, monter à mon Père 3 grjoan. io. à vôtre Pert, à mon Dieu et 4 votre Dieu. Mais ne pensez pas qu’il soit le Perc des créatures, comme il l’cst de son Fils propre; il a fait luy-même cette distinetion car il ne dit pas: Je m en vais à, votre Pmy de crainte qu’on ne crût qu’il ne fut son Perc, que comme il l’est aux créatures 5 mais je m en iis, dit-il 3 k mon Pire, et a votre Père, il est mon Père par nature y et il n’est vôtre Père que pat adoption. ’
Il dit aussi a mon Dieu, et à votre Dieu; il est aon Dieu y parce que je suis son propre et unique Fils, et il; n’est vôtre Pcré y que parce que vous êtes ses créatures. Le Fils de Dieu est donc vray Dieu 3 engendré avant tous les siècles y d’une manière ineffable. Je vous redis souvent cette même vérité, finse i’ipiprimer plus fortement dans vôtre esprit.
Croyez donc que Dieu a un; Fils y mate queivôtrtf çuriofitç ne vous porte pa? à, demander de quelle manière il l’engendre 2 vous aurez beau penfcr.et chercher, vous ne lé fçaurez jamais. Ne vous élevez point trop haut, de pqur que; vous ne tonv biezj appliquez- vous seulement, » « tenir ce que’ nous vous expliquons: U faudroit. pouvoir connottre le Père avant que de çonnoîjcre le Fils. Si donc on nç peut dire comment Dieuèst Pcre, nefoyez pas en pejne 4c savoir comment, s’engendre le
Il fuffit pour vôtre salut, comme nous vous l’a- S vons dit, de savoir que Dieu a un seul Fils, qui i est son Fils unique, qui n’a pas commencé detre s lorsqu’il est; né a Bethléem, mais qu’il est avant 1 tous les.siècles, comme le marque le Prophète Mit Mth, y chée: E, t vous Bethléem, appçllée Epbrato «, vous fas petite entre les villes je Juds mais ç’est de vous si forum celui qui doitregier en Ifraèlydqnt U génération est dés le commencement de l’éternité. Ne vous contentez pas de croire qu’il ç né a Bethléem, mais adorez- lç commç celui qui de toute éternitç eit engendré du Père, Ne croyez pas que le Fils ait commencé d’être dans le temps, mais confefTez Que le Père, qui est le principe du Fils, l’a engen- uaVJÏÏ leS tcmPs » quoue cela soit inconv prehenfible; que le Père n’a aucun principe de son être, qu’il est la fourçe de là Divinité et: de la Justice; qu’il n’y a que le Fils qui çonnouTc parfa tement le Père, qui l’a engendré.
i vous voulez encore être perfide que Jésus,
Ghriîff nôtte Roy, et notre Seigneur existe de tou-’ te seinite, écoutè-le quidit aux Juifs Abirahamjoa. S. wttf Pete y’d defiré ardemment de voir mon jour, il T’a m, et en a été rempli de joyc; Et commeles Juifs le rcpreaoient de ces pàrçlé, il 4eut têpetfâk?! Je %out es que jefiâ -Aliàrt qu ’Abraham fit jetîK: Et SilltsttrS parlant à fqiierfe; il lûy tleti QlSfeZsmoymaiht nanten vous-même- de la gloire auej’ay en vous, avant îtM, l tjue le monde fut fait -, disant tfohc: Jây été glorifié en vous, aant que le Monde ffut fait,- comme aet£ iî vous m’avez aimé avant là cïéatiôn du înôhdéi N’cst-ce pas comme s’il disait: J’dy eu une gloire. éternelle en vous. Croyons donc en unfeul Seigneur, quiest Jésusehrist Fils unique- de Dieu, qui est né du Père; qu’il est Dieu véritable avant tous lès siècles, et que c’est par luy que toutes chôfes ont été faites, toit les Trônes, soit les Dominations, les Principatstez i où les PuiflHnces; touta été fait par ky,’etiiî n’y à rien décféé eût par’ fà puilOfani ce.
Ce qui idoiî confondre les héreriqtféi, qui difcntqu’ila m plufiéûïs Créateur du monde ou tous ceux qui blafphêment! cofltrçJjefusGhristi soit ceuit uidifônt’Hfest lè’fofetH:1 liué cTest qui a faic fe’ fotciH ii nV peut’ ’ètrie le fèîéil qui nous éclaire-, ou ceux qui difènt que le monde a été créé pac les Anges voulant5 en oterfa ’gtoifé « » Fils unique de Dieu y car les chofei Viables, et celles qui sont invifibles, les Trônes, et: les Dominations, et tous les autres êtres ont été faits par Jésus-Christ; il règne par son autorité, et non par usurpation, sur tout ce qu’il a produit, comme Ifc
i4 ZitfiCateçbcsts de féntÇyriUe dit l’Evangeliste S. Jean; Tottm çhtfv onK.été’fùtt}. j4r luy, y rien je ce pi4H(féiuJetfùfnt luy. Toqt. a été fait par luyj VcsAnUdire. qiicc’est le. Pero qu, i les a faites -par -son Fils, Je voudrais se#vu? in4rç cela par udtpfimutfudej 9Het1I )i Yetf- tt#i -st.tien ui,’puie bienU expri-, niej çair çpnrl lçsi.choses Vi£btes.p’ourrQienfc elles marquer ce qui se, palTè en Dieu? Je diray néanmoins, cgmoi. infirme, à. des infirmes, ce oui pourrpjt vôusiÇn.dQnnor quelqu’idée comme n un Rp, ayant un Yi%t voulant bâtir Une ville; ordonneront à ce Fils- de la bâtir suivant le modèle, qu’il luy endonneroxt, etque ce fils achèverait Cet ouvrage; fel#n l’idée de fqn Perç; on pourroil ainsi concevoir que Je Père voulant produite le monde, c’a été selon l’idée du Père, que le Fils l’a fait; et selon la Volonté du Pçre, qui en a conçu lç.dçflfeini M p« k puïstlinçe d » fil« qui l’a exécuté, sans q|ue Je Père )çr4ç tien: de sa fuuTance, et de sa fpuveraineté sur les créatures ou que le Fils les gouverne comme ayant été faites par un autre, non par ay même. j i i J »
Car j cornet; je oUsil’jivecne’ sont point les Anges qui}nt produit le monde; c’est le Fils unique engendré avant tous les siècles, par qul toutes choses çmtétj jetitçsan en excepter au cune; cela- péutfuifire par la igracede Dieu pour vous instruire fustfammentet pour reprendre.l’article de. nôtrç profefllon de foi.
Concluons en disant que Jésus-Christ a fait toujçs, choses „ les Anes, lç Dominations, fo.it les Atr changes, ou les Trônes; ce quin’ômpèche pas que kPcre ne gouverne toutes les créatures; mais voulant que son Fils règne sur tout le monde, il luy en donna aussi le gouvernement -, car le Fils t dis-je, honore son Père, et »lc Fils ne peut rien faire de luymeme, silneie voit faWe au Père, et tout ci que lé Petv fait, le Fils le fait aussi. Et ailleurs: Mon Père agtjusqu présent et moy aujji, sans que pourtant il y ait aucune méfintelligënce entr’eux, car comme dit encore Jésus-Christ dansd’Evangilc, parlant à son Père: Tout ce quefay, est a voUs, et tout Ce que vousave%, est 4 moi; ce qu’on peut aussi voir dans d’autres endroits de l’ancien et du nouveau Testament, comme quand il dit: Fâiforts l’homme à nôtre image, à notre rejfemblance.
Sans doute il parloit ainsi à quelqu’un qui étoit présent, ce que lé Pfalmite explique plus clairement: // a dit, et tout a été fait, Pf. r4s. il a commandé, O’ tout a été créé. G’est le P ère qui a parlé, et qui ordonne; et le Fils a- exécuté felor fà volonté; ce que Job aufll femble marquer du- j,£. 9 j. ne manière mysterieufc, disant que celui qui a don né lui-même l’étendue aux deux, marche sur les flots de la mer, comme sur la « m.,- donnant entendre que celui qui étant présent avec nous, marchoit sur les eaux, étoit le même qui existoit avant que les Cieux fuuent faits; et dans ce même Livre le Seigneur dit: Est- ce vous qui prenant de la terre, en u« C formé un homme capable de parler, (jr qui l’aveu M. }8. mis sur la terre f est-ce à voUs que la mort ouvre sa porte, qui faites trembler ceux qui ouvrentles enfers, juand ils vous voient! comme pour dèfignerque le même qui ar sa charité est dcfcendu jusqu’aux enfers M, est même qui au commencement forma l’homme du limon de la terre. »
Il fcst donc vray que Jésus-Christ le Fils unique de Pifeuvèst; lé •Créateur du monde} ilétoitdans le monde, et c’est fluy qui fait le moAde, etcil ést venu chez f° y comme i’enfeigne l’Evangile. Il est le Créateur non seulement des choses vifîblcs, mais aussi de celles qui sont invifibles, comme Colof. i- dit l’Apôtre: C’est par lui qm toutes. les choses vifihh invifibles ont été faites au Ciel et sur la terre } soit les Trônes, soit les Dominations, soit les Principauté, soit les Puijfmces, tout a été créé par lui et pour lui, 0 il est avAht tous et toutes choses fubfistent par lui jusqu aux siècles i car le Père veut qu’il en soit le Seigneur - car // nous à parlé en ces derniers tempst ufon Fils, quila établi héritier de tous ses biens, (? far lequel il a même créé les siècles. « Qu’à luy soit la gloire, l’honneur, et la puifTance dans le S. Esprit, par tout, présentement et toujours dans tous les siècles des siècles. Amen. »
Notes sur l’onzième Qatechefe,
Ç ’Est icy une espèce de Trai té sur la £)iv inité de Jésus-Christ, que v-y S. Cyrille prouve par la confeflîon de S. Pierre, et explique comment Jésus Christ est le Fils unique du Dieu vivant; comment il est Fils de Dieu, et Fils de David, sa gc’neration éternelle, et ’et naissance temporelle par le nouveau Testamenc, où il est appelle fit unique. /
Qiiefa génération éternelle est toute fpirjtuelle-rfarce que Dieu qui l’engendre « st un pur esprit. Spiritus est Dtm, fpïritalis ejtts £mratlo. Et comme ûh corps engendre iin corps, il faut qu’un Esprit fartait:, engendre uri Fils qui soit Ôc Èfprit et égal à celui qui 1 engendre Qae ce serait une imperfection dans le Père, s’il avoir éic »
hi quelque temps sans engendrer: ainsi le Fils est égal et éternel comme le Père; Que ce Fils est la parole qui fort du Perc de teute éternité, comme le rayon fort du soleil.
Que la génération du Verbe est ïncomprehenfible aux Anges mêmes.
11 prouve la confubstantialité du Verbe par Jésus-Christ, qui dit: Je suis dans le Père, et le Père dans moy. Le Père et moy ne foraines qu’un A caufc de la même Divinité. Que c’est Dieu dans le Père, ( cYst-à-dire, la Personne divine, qui est Père) qui engendre Dieu dans le Fils, ( c’est-à-dire, qui engendre la personne, qui est le Fils. ) Vnumfroster D titans dignUatem, quoniam Deus gtnnit Dtum. Non que le Père fut changé dans le Fils, pu que le Père aie foufferr dans le Fils, contre les Patripafliens. Deus verus est Filins, habm in si if si Patron, non in Patnm mutatns non Pater fajjus est, fia filins quem mifit Pater. i
S. Cyrille traite d’impies, ceux qui difoient que le Père avoir été quelque temps Pcre, cV puis étoit devenu Fils. Aliquando Patrem, dicjHando vero ïilium tfe, aliéna enim et impia fient hac, et non Ectkfu dogmata. Il prouve comment Dieu est le Père de son Fils unique le Père des hommes.
Mais il avertit qu’il ne faut pas. que nôtre cuciofite nous porte à vouloir pénétrer les choses divines, qu’il fuffit d’en savoir ce que Dieu en a voulu révéler.
11 répète tant de fois que le Père est le principe du Fils. Princ’p fwm ML Et comme le Père a tout fait par le Fils.
S. Cyrille étoit bien perfuadé qe la Divinité de Jésus-Christ dl la principale vérité que la Religion chrétienne oblige de croire; c’est pour cela quil la rebat prefque de page en page: Cétoit aussi l’article le plus contesté de ion temps par les Ariens, et par k Demi-Ariens. 11 étoit bien nécessaire d’établir et de fortement imprimer cette croyance dans ceux qui vouloient être Chrétiens; car rien ne coûte plus à croire, quand on est perfuadé que Jésus-Christ est Dieu.
Y a-t’il Arien, Socinien, et: autre ennemi de la Divinité de Jésus-Christ, qui pu! Be tenir contre cette Catéchèse. Pouvons-nous parler plus clairement, ni plus folidement; voilà comme on entendoit les paflTages de l’ancien et du nouveau Testament, au milieu h quatrième fiecle. Voilà comme on en instruifoit les Catecuméceux qu’on destinoit à être fidèles il y a près de quinze cent ans.
i Fyt dans (autre Catéchèse, comment le Sacerdoce de Jésus Christ, peut être die éternel. S. Cyrille l’a souvent répété. i 1t(Hs Christ, qui est Dieu, s’tst incarné. Où est un Dieu incarné Dtus incAnam.
S. Pim le Prince des Apôtres, et le fouverain Prédicateur de tEglifi Voilà sa primauté au deflus des Apôtres. C’est aussi le prêter oui a prêché après la descente du S. Esprit, ôc qui par son exemple a formé les Prédicateurs de l’Église. Cette primauté de Pierre au deflus des Apôtres, a été reconnue de tous les Pères. Je diray seulement avec S. Jérôme, que l’Ecriture dit que l’Église est ïé. i+dv. fondée sur Pierre, et en d’autres endroits, quelle est fondée sur 7/ les Apôtres, ils reçurent tous les clefs du Ciel, et la folidité de l’Église, est affermie également sur eux tous, un seul est néanmoins choifi entre les douze, afin qu’étant établi le chef, il ne puiffey avoir aucune occafion de fchifme. Vt capite ctnstituto fchifmatis tofc tur occafio.
Ruben premier Fils de Jacob et de Lia, fotiilla le lit de son Père, par ton crime avec Baala, fervante de Rachel, et cette in continence luy fit perdre le droit d’aîneiTe, qui fut transféré à Jofèph, qui eut deux Tribus pour ses deux enfants, 5 Ifrael, est le peuple d’Ifraël qui étoit comme le Fils aîné de Dieu,’ qui ayant chafle de l’héritage Jésus-Christ, le Fils du Père, et l’ayant crucifié, est devenu reprouvé.
Ji vous ay engendré aujourfhuy. Hodii. Par la génération éternelle, parce que toutes choses sont prefentes à l’Eternité. Hodii marque l’Eternité qui n’a ni pafle, ni futur, mais un présent con- jrrJr.ij.S.tinuel. Jésus-Christus heri et hodii et iffe in facula. Aussi S. Augu stin, Caffiodore, S. Paul dans l’Epîrre aux Hébreux ch. i, entendent ces paroles de la génération éternelle. S. Justin DiaUg. contn Triph Methodius Oru 8. S. Hilaire in Math, l’entendent du Baptême, où le Père le qualifie de Fils devant tout le monde. S. PauMet H- i l’explique de sa Résurrection glorieufe, qui étoit à son égard comme une nouvelle naiiTance. S. Cyprien Lib.. contr. haut c 8. S. Ambroise Ub. 5. c. 1. de Fide. S. Chryfostome, S. Augustin et Theodoret, l’appliquent à sa naiiTance temporelle.
Le mot d’aujourd’huy, Hodic, fouffre toutes ces explications, defignant un temps présent..., 7 h vous ay engendré de mon fein S. Irenée lib. 3. S- Hilaire M. n.de Trinit. S. Ambroise lib. 4. de Fide. S. Chryfostome et autres expliquent ces paroles de la génération éternefe de Jésus-Cnrilt, en tirent un argument pour la confubstantialité du Verbe, pour l’identité de sa nature avec le Père. Tertullien Ub. S- contu Marc, c. 9. l’entende de la naiiTance temporelle de Jefos-Cnnit parce que le Sauveur est né la nuit, et avant le lever de Ictoiio du matin. Ante Luciferum gémi te.
Jésus-Chrifi le Fils unique far nature, et nous te ïovanM par adoPtion-, j|, est 9 La génération fpiritueMe du Verbe est éternelle. Et comment eue c plus parfaite que la gererarion corporelle, et qu’elle est aiiimi rive, c’est en cela qu’elle est parfaire.
« 10 Dieu connot le Fils qu’il engendfe. c u Que dans la suite il (oit devenu Pert S. Cyrille répète louve »
de Jemfalem. X I. Catcch. 2jj tette vérité; aussi écoit-elle d’une extrême importance au temps de TArianifine: car les hérétiques pouvoient prendre en leur faveur t quelques anciens }ui avoient dit que Dieu étoit devenu Père par, Ja création du monde. Quod deinceps Pater est faciles y nec prises....Cont.Uer fncctfn ternporis fiielus est Pater. C’est ainsi qu’avoic parlé Tertullien, mot quoiqu’il reconnût la génération du Verbe pour être éternelle.
iiJefns Christ la parole fubfistan te du Pcre.
ij On ne peut expliquer nos mystères, encore moins, comment se fût la génération du Verbe. Les Anges même ne le peuvent.
La curlofiti en matière de Religion, dégénère en impiété On doit seulement être curieux de ce que l’Ecriture die de nos mystères, non de ce que Dieu ne nous a pas voulu manifester.
Combien il est ntcejfajre de repeter fonvept If s mêmes veritez, afin de lei faire concevoir aux Auditeurs. ’ 16 Les Notions divines, l’innafcibilité dans le Père.
Preuves de la Divinité de Jésus Christ, par Baruc, par David, une troifîéme par Isaïe.
Dijtiniïion des Personnes, et leur confubstantialité, 1 Ce ri est pas le Père qui afouffert L’hérétique Praxée est le pre« ùer qui a foucenu que le Père éternel et le Fils, nétoient pas • distinguez, que c’étoit le Père, qui s’étoit incarné et qui avoit fouffert sur la Croix. ’ »
Praxée étoit d’Afie, et vint à Rome au temps du Pape Viéfcor, Tertullien a écrit contre luy. Noccus Alîatique d’Ephefe ou de Smirne, renôuvella la même erreur, puis Sabellius fôn disciple, qui étoit Lybien, c’est à-dire de la Pentapole, Provin.ee de la Lyie; Cette hérésie fubfista long-temps en Orient; en Occident, on • les appelloit Patripafliens. S, ’Cyrille appelle cette hérésie la Filioparie, Filiopateria.
Le Père ne perd rien de fin être ni de ses perfections, en les communiquant au Fils. ’ « Bethléem appâtée Ephrata, Ville de la Judée, de sa Tribu de Juda, pour la distinguer d’une autre Bethléem’, jui étoit dans la Tribu de Zabulon. In rnillibui Juda entre les milles, on appelloit ainsi les Villes, parce qu’elles étoienc capables de fournir mille hommes de guerre. S. Mathieu 1. 4. applique cette Prophétie au Messie, S. Jean ch. 7. 42. l’Ecriture ne dit- elle pas que le Christ sera de la race de David, et du bourg de Bethléem, De Bethléem cafltllo, où demeuroit David. Les Juifs de Jerufalera paroiflènt avoir ignoré que Jésus-Christ fut né à Bethléem, parce que Ces parens demeuroienc tous en Galilée, ou qu’il pût être de la race de David, Ve Bethléem fut le lieu de leur origine. »
i Avant qu’Abraham fut fait. Jésus-Christ disant, J //’/, marque qu’il existe avant tous les temps, et de toute éternité; et montfe la différence entre l’existence du Verbe par la génération divi
Kx ij 6à Les Catecbefes de saint Cyrille ne, SC I’existence d’Abraham par la création; aussi les Juifs corn-J prirent bien que le Sauveur vouloit se déclarer Dieu, c’est pour cela qu’ils voulurent le lapider comme un blafphemateur, t} Defctntt de Jésus-Christ aux enfers.
Catéchèse XII
Prononcée sur le champ, au sujet de l’Incarnation, et de l’humanité « de Jésus-Christ, T. 7, après la leeture de ces paroles d’Ifaïc, Le Seigneur continuant de parler a jichab, luy dit: Demande au Seigneur qu’il vousfajfe voir un prodige, une Vierge concevra, et elle enfantera un Fils, qui sera appelle Emmanuel, »
ETant les Elevés de la chasteté, et les Disciples de la tempérance, il est juste que nous parlions abondamment du Dieu de la chasteté! né d’une Vierge, et qu’ayant l’avantage de participer au corps de cette Brebis foirituelic t nous reprenions enlemble sa Tête, et les Pieds, entendant par sa Tête, sa Divinité, et par ses Pieds, son humanité i. Vous qui venez entendre le saint Evangile _, croyez-en aux paroles de Jean le Théologien 4, car après avoir dit: Le Verbe émit au comJoan, i, menccmtnt, et le Verbe étoiten Dieu,® le Verbe emt de Jêrufalem. XII. CatcchJ loi
Dieu, il ajoute ensuite: Et le Verbe a été fait chair 3 r car comme la Religion ne permettroit pas de Ta- dorer, s’il n’étoit qu’un pur hommes, aussi nous apprend-elle qu’il ne fuffit pas de croire qu’il est g Dieu, et nous ne ferions point fauvez 3 h Jésus
Christ étant Dieu comme il est, ne se fut point fait homme; Adorons-le donc, puisqu’il est Dieu, i mais croyons aussi qu’il a pris nôtre nature 3 en se faisant homme: comme il ne feroitpas d’une gran- de utilité de le dire homme y s’il n’étoit point Dieu;
auffinous serait-il peu falutaire de conrefTer sa Di- a’ vinité sans son humanité.
Reconnoiflfons que nôtre Roy a voulu se ren- dre présent et semblable à nous 3 pour devenir nôtre médecin; car Jésus-Christ Roy des hommes par sa fouveraineté, voulant nous guérir, il s’est revêtu du voile de nôtre humanité, afin de nous procurer la fantéi Etant luy-même très parfait, et le maître des enfants, il s’est fait enfant 6 pour fauver les petits, et pour apprendre la fagefTe à des infenfez, le pain du Ciel est venu en terre pour nourrir ceux qui avoient faim.
Les Juifs pour lefquels il étoit principalement venu, l’ont rejette, etc l’attendent encore mal-àpropos, comme s’il n’étoit pas venu 7. Ils ont rejette le vray Çhrist, et perlcverant dans leur opiniâtreté, ils ne recevront que le faux Christ. C etoit cc que le Sauveur leur reprochoit: Je suis venu au nom de mon Père 3 et vous ne me recevez Pas; il en viendra un autre en son propre nom et vous le recevrez. Mais il est bon de propofer aux Juifs cette que
K k xi j stion, si Isaïe est un vray Prophète, lorsqu’iladit que l’Emmanuel naîtroit d’une Vierge; ou s’il a fauflement prophétisé: s’ils aceufent Isaïe de Fauffeté, il ne Faut pas en être furpris, c’est leur coutume non seulement de reprendre les Prophètes, mais aussi de les lapider; que s’ils le reconnoiflent pour vray Prophète, qu’ils nous montrent donc où est leur Emmanuel dont Isaïe a parlé, et si celui qu’ils attendent doit naître d’une Vierge, ou non: car s’il ne doit pas naître d’une Vierge, vous aceufez le Prophète de fauffeté, si vous dites qu’il n’est pas encore venu, et que vous l’attendez, pourquoy ne vouloir pas le reconnoître, si on vous montre qu’il est venu?
« Mais laifTons les Juifs dans Terreur, puisqu’ils y veulent rester j et qu’au contraire la véritable Église de Dieu soit glorifiée; Nous croyons donc que le Verbe s’est vrayment incarné, non par la conjonction d’un homme et d’une femme, comme le disent les hérétiques », mais que selon qu’il est dit en l’Evangile, il s’est incarné non en apparition en apparence, mais véritablement d’une Vierge, par l’opération du S. Esprit, et que prenant de la Vierge, non le phantôme, mais la realité de nôtre humanité, il s’est fait véritablement homme. Ayez Un peu de patience, et vous aurez la preuve de ces veritez; car les hérétiques sont adroits à grofhr leurs écrits s les uns ne veulent pas qu’il soit né d une Vierge, d’autres prétendent qu’il est né d’un homme et d’une femme; d’autres que ce n’est pas Dieuwi s’est incarné, mais que c’est l’homme Sm est. devenu Dieu. Il y en- a eu qui ont ofé di- de Jemfaîem. XII. Gated!; ï 6% li que ce n’étoit pas le Verbe qui existoit au commencement, qui s’est incarné; mais que c’est quelquhomme de mérite, qui s’est fait icy admirer.
Mais fouvenez-vous bien de ce que nous vous dîmes dernièrement de la divinité de Jésus-Christ; Croyez fortement que le même qui est le Fils unique de Dieu, est ne seulement d’une Vierge, selon ce que l’Apôtre S. Jean l’a dit, et le Verbe v été fait ckair s et il a habité parmi nous; Le Verbe éternel engendré avant tous les siècles, a pris il n’y a pas long-temps un corps pour nôtre- salut.
Plusieurs, contredifans cette vérité, disent 9, quelle neceflité y avoit-il que Dieu s’abbaiflat jusqu’à se faire homme et comment se peut-il faire que la Nature divine puiffe être unie à la nature humaine? ou comment est-il poflible qu’une Vierge enfante sans le fecours d’un homme, il y aainfi plusieurs quections qu’on se fait sur ce Mystere; Mais j’efpere avec l’aide de la grâce, et par le fecours des prières de ceux qui sont icy prefens, lever toutes ces difficultez. _
Premièrement donc on demande pour quel sujet Jésus-Christ serait defcettdu du Ciel -, je ne fuivray pas en cela mes penfées, je pourrais m’égarer, et vous tromper -, car ne croyez rien de tout ce que je vous diray, s’il n’est foutenu par les Oracles des Prophètes; Ne recevez point le témoignage des hommes, mais seulement des saintes Ecritures, tout ce que je vous diray de la Vierge, du lieu, du temps, de la manière de sa naissance; car. le témoignage d’un homme qui parle prefente- 6 4 Les Catecbefes de saint Cyrille ment, peut paroître fufped et douteux °, mais on ne peut penfer cela d’un homme qui les aura prophétifécs, plus de mil ans avant qu’elles soient arrivées.
Si donc vous voulez savoir la cause de l’avenement de Jésus-Christ11, recourez au premier livre des Ecritures, vous y trouverez que Dieu ayant créé le monde en fix jours, que le monde ctoit pour Thomme. Tout brillant, et tout éclatant qu’est le soleil, Dieu Ta fait pour éclairer Thomme. Tous les animaux {ont pour son fervice, et toutes les plantes pour son ulage i toutes ces choses sont bonnes en elles mêmes I2, mais aucune d’elles n’est l’image de Dieu, il n’y a que Thomme qui ait cette gloire: le soleil a été produit par le commandement de Dieu, mais Thomme a été formé de ses mains Faisons, dit- il, l’homme à notre image, et à notre rcffcmbUnce. Si on a du refpest pour Timaee du Roy, quand elle ne serait que de terre, combien doit-on plus refpeeter Tirnage raifonnablc de Dieu?
Or dans le temps que cette excellente créature étoit dans le Paradis J elle en fut chafTéc par l’envié du Diable, cet ennemy du salut, portant envie au bonheur de Thomme, et cher chant tous les moyens de le faire tomber, n’ofant pas s’addrefTer à Thomme, comme étant plus difficile à vaincre, il furprit la femme, qui étoit plus foiblei elle étoit encore Vierge t pour lors, car Adam ne Ta connue comme sa femme, qu’après qu’ils furent hors du Paradis; d’eux naquirent Caïn et Abel. Caïn fut le premier homicide, dans deJerufahm.X 1 1. Catech. 16 h. suite Dieu envoya le déluge, à cause de la malice des hommes; peu après le feu descendit. du Ciel pour punir l’iniquité des habitans de Sodotùt; par après Dieu choifit Ifraël pour (on peuple, mais quelque temps après il se vit obligé de le punir: car comme Moïse traitoit avec Dieu sur la montagne, ce peuple se fit un veau d’or, qu’il adora comme son Dieu; et Moïse dans sa Loy leur ayant défendu la fornication, on ne laifla pas de voir les hommes adonnez à ce péché.
Après le deceds de Moïse, Dieu envoya des Prophètes, comme pour guérir son peuple; mais leurs foins furent inutiles, tant le. mal étoit univerfel, comme ils le disent eux mêmes: Il n’y a préfixe point d’homme sur la terre, qui ne faffe du mal, dit David,? f. i tous se sont éloigne de la vérité, et sont devenus comme inutiles, il ne s’en trouve pas même unfeul qui faf se le bien H. D’autxes se sont écriez: Hé quoy! le parjure, le larcin, la fraude, l’adultère, et l’homicide ont inondé toute la terre; les uns ont immolé leur fils et leurs filles aux Démons, les autres se sont adonnez aux augures, aux empoifonnemens, et aux faufles divinations -, d’autres en liant leurs habits „ se couvroient même proche l’Autel. La playe de l’homme étoit si profonde ’5, qu’elle s’étendoit depuis la tête, jusqu’aux pieds, sans qu’il se trouvât personne qui y apportât quelque remède, ce qui excitoit les pleurs, etles plaintes des Prophètes, disant: Qui est-ce qui sera naître de Sion un Sauveur à Ifml i5?
Ou bien, Seigneur que vôtre bras protège l’homme de vôtre droite, et le Fils de l’homme que vous avez ajfermy pour votre gloire, et nous ne nous éloignerons plus de vous. Un autre Prophète s’écrioit: Seigneur, faites baijfer les Cieux et descendez Secourez-nous, e2r remédiez à nos maux ils ont mis à mort vos Pro. phéteSj ils ont renverfe vos Autels, notre mal estincu table a tout autre qu’à vous.
Enfin Dieu a exaucé les prières de ses ferviteurc; de ses Prophètes, il a eu compaffiôn du genre humain, il a envoyé du Ciel le Seigneur, et le Medecin1?, c’est son Fils, comme dit un Prophète: • le Seigneur que vous cherchez viendra, et il viendra dans le Temple où vous avez voulu le lapider, ce qu’entendant un autre Prophète, Dieu luy dit qu’on vous parle avec douceur quand vous annoncez le salut que vous attendez de Dieu, quoy évanglifant Dieu votre Sauveur, vous parlez comme en fecret? Elevez-vous sur U montagne la plus haute, vous qui prêchez Sion/disant aux villes de U Judée: Voiçy votre Dieu, voicy le Seigneur, qui va w nir dans la Forêt, et c’est ce que dit le Seigpeurlui-mt me: Voicy que je viens, et je me repofetay en vous, er plusieurs Nations auront recours au Seigneur; Us Ifraëlites ont rejette le salut que j’étois venu leur apporter, je viendray raflcmbler tous les peuples, et je laifleray sur eux un signe l8: car après avoir combattu et triomphé sur la Croix, je donneray à chacun de mes foldats un sceau royal, que chacun portera sur son front.
Un autre Prophète dit: // a fait baiffer les deux, il eit descendu et les ténèbres sont sous ses pieds. On ne fçavoit pas qu’il lut descendre du Ciel de Jérusalem. XII. Catcch. %6j
Ualomon même ayant ouy de son Perc ces merveilles, éleva un Temple des plus magnifiques qui fut jamais, et comme s’il eût prévu qu’il eût dû y venir, il s’écria avec admiration: Est-cc que le Seigneur voudra bien habiter sur la terre avec les hommes? Ouy, croyez-le y dit David J dans le Pfcaumc qui porte ïc titre de Satamon: // descen- P/l i ira comme la pluye sur la toifonl9. Il est comparé à ta pluye, parce qu’il viendra du Ciel comme elle, a raison de sa Divinité, il est comparé à la toifon, à cause de son humanité; La pluye tombe sans faife dû bruit sur la toifon, comme pour marquer ignorance où son sera de luy, après même qu’il sera né, ou l’on entendra les Mages s’informer où « st né le Roy des Juifs, ou l’on verra Hérode troublé à la nouvelle de sa Naiflfance, et demander où le Christ est né: Quel est donc celui qui descend du Ciel, qui réfide avec le soleil, et qui est engendré avant que la lune ait été formée. »
Ou, comme dit un autre Prophète: Kejouijfey mous Filles de S ton: voicy votre Roy juste qui vient a vous pour vous fauver. Or comme il y a eu plufîcurs Rois, duquel croyez-vous que le Prophète ak voulu parkr en cet endroit °, donnez-nous en quelque marque, si vous dites que ce Roy sera revêtu de la pourpre, ou environné de gardes, ou affis dans un; Char d or, ces marques se trouvent dans tous les Rois. Donnez-nous donc quelque signe propre à ce Roy, dont il annonce le règne; mais le Prophète vous répondra luy-même, en vous disant: Voicy votre Roy juste qui vient a vous, c’est le Sauveur, en état de
L 1 i j pauvre monté sur un âne, et sur le poulain et une ânejfe. Ce n’est donc pas dans un char qu’il est porté y ni par des chevaux qu’il doit être traîné: voilà le fîgnal du Roy qui doit venir 5 Jésus est le seul des Rois qui ait monté sur le poulain dune ânefTe, lorsqu’entrant en Jérusalem il y fut reçu par le peuple, comme son Roy légitime.
Or que sera ce Roy quand il sera venu? écoutez un autre Prophète: Vous avez retiré nos captifs
Zacb. 9. du lac 9 où il nj avoit point d9e4U dans le fangde vL tre Testament. Jl n’est pas extraordinaire d’en trouver quelqu’un qui soit monté sur un âne, mais montrez-moy que ce soit la marque de la prefenec d’un Roy, faisant (on entrée dans cette Ville, afin que les habitans puiflent Je reconnoître à ce ligne. Le Prophète ajoute encore: En cejourM il sera de
Ztch.H.bout 4 pied sur la montagne des Oliviers, oui est proche Jérusalem, à l’orient dç la Vih 2I i Voilà donc deu? preuves de sa venue.
En voicy une troifîémc 3 qui regarde ce qu’il çloit faire après qu’il sera venu; et c’est ce qu’un au tre Prophète 3, remarqué y quand il a dit: Voiçy tre Dieu aui va venir, et c’est pour vous fauver, et pour lors les avenues verront, les fourds entendront, U boiteux fauteront comme des cerfs à et Us muets f lieront.
Produifons encore un autre témoignage, si.le
Prophète prédifant que le Seigneur viendra, aflurc qu’il sera des prodiges plus grands -que ceux qu’on # jamais vû3 et entre ces fïgnes un qui le manife stera davantage, c’est qu’il tera jugé par les ancien?
Zù par les Princes du peuple. A ces paroles reconnoiflez-vous le Seigneur qui a été Condamné et mis à mort par Tes fervireurs les plus anciens du peuple?
Les Juifs lifant cela ne veulent pas y faire attention:, ils ontbouché les oreilles de leurs cœurs pour ne les pas entendre; mais pour nous, nous croyons que Jésus-Christ s’est incarné, et qu’il s’est fait homme, quand même nous ne concevrions pas comment cela s-est pu faire; car comme nous ne pourrions le voir tel qu’il est, ni en jouir, il a bien voulu se faire comme nous, afin que nous euffionsle bonheur de jouir de luy: car si nous ne pouvons contempler le soleil, qui n’a été fait que le quatrième jour, comment pourrions-nous voir celui qui l’a fait i
Autrefois le Seigneur a paru dans le feu sur la montagne de Sinaï, et; le peuple ne put foutenir sa préfence; ce peuple dit à Moïse: Parlez-nous vous même, et nous vous écouterons; mais que Dieu ne nous parle plus, de peur que nous ne mourions, puis il ajoute: Quel est l’homme qui peut vivre, s’il entend la voix du Dieu vivant, quand il parle au milieu du feu s’ils ne purent entendre la voix sans mourir, comment auroient-ils pu le voir, et ne pas mourir?
N’en soyez pas furpris, Moïse dit luy même qu’il fut faifi de frayeur, et de tremblement; c’est donc pour cela que venant pour nous fauver, il a tempéré sa gloire et son éclat, afin de se irçoijtrer à ceux qui étoient perdus,, et pour lei
Z70 Les Catéchèses dcfaintCyriiï quels il venoit, Daniel ne pouvoit pas voir un Aiw ge i. et eqmjyent aurkns-nou pu voir le Seigneur dfes Ânggs.? Gabriel se pre(enta et Daniel tomba par terre, et fî vous voulez savoir quel étoit la forme de celui qui apparoifïoit, il dit: son visage a étoit un- éclair, et Euxrapas comme le soleil -, ses yeux 1 étoient comme des étincelles de feu r et non pas comme une fournaife ardente -y sa parofe était com me la voix dune multitude de personnes, Se non 1 comme celle de douze légions d’Anges,. et ce- ff pendant le Prophète tomba par terre; L’Ange s’approchant luy dit: Ne craignez point Daniel, levezvous, prenez courage, vôtre prière a été exaucée, Daniel die: Je me levay de terre tout tremblant y Une luy répondit qu’après que cette reffemblance d’homme 1 eut pris parla main pour lerafliirerv J quand Daniel eut reconnu que celui qui lui parloit, reflemblok à un homme, il luy dit: Hé pourquoy, Seigneur, en vous voyant me suis-je trouvé sans force et sans respiration, et aussi interdit qu’un mort.
Si la vue d’un Ange 3, qui apparut au Prophète 3 luy fit perdre la voix et la refpiration euinonsnous pu retenir nôtre vie, en voyant lé Seigneur l’Ecriture ajoute que Daniei n’auroitpu être ra£ furé, si celui qui luy parloit, ne luy eûr paru comme un homme, 8c ne l’eût pris par la main. Dieu reconnoiffant ainfî nôtre foiblefle, a bien voulu se faire homme comme nous, afin de parler aux hommes, et de les instruire.
Voulez-vous savoir pour quel autre raifoa # tst venu? je vous diray que j’a été pout ètrebaptifc, et afin de fanetifier le baptême; que ç été pour faire des miracles, ayant même marché sur les eaux de la mer; Avant qu’il se fit homme, la mer le vit et s’enfuit, le Jourdain se retira en arrière; Il a pris un corps, afin que la met le voyant le foutînt, et que le Jourdain le reçût sans crainte. Voicy encore une autre cause de fâ venue 4, la mort étoit venue par Eve, étant encore Vierge r or il étoit à propos que la vie vînt par une autre Vierge s, afin que comme celle-là âvoit été furprife’par les rufes du Serpent, celle-cy crût aux paroles de Gabriel, qui la faluoit de la part de Dieu.
Où bien les nommes ayant abandonné le culte du vray Dieu, pour adorer des idoles qu’ils s’étoient faits; après donc que les hommes avoient adoré comme Dieux les images des hommes, Dieu s’est véritablement fait homme tg pour détruire l’idolâtrie.
Ou bien le Diable s’étoit fervi de la chair pour flous faire tomber dans le péché, ce qui faisait dire à S. Paul; Je fins une Loy doits mes membres, p fl contraire U Loy de mon estrtt. Dieu pour nous fauver a employé les mêmes moyens que Satan avoit employé pour nous attaquer. Il a pris un corps stmblable au nôtre, afin de fécourïr par sa grâce « » « péché a abondé, U grâce y a fit: »
fallu que le Seigneur ait fouffert pour nous; mais le Diable n’auroitofé en approcher, s’il l’eut con
ZT Es Catecbefes ic sont Cyrille nu, car si les Juifs Teuffent connu pour le Seigneur de la gloire, ils ne Tauroient jamais crucifié. Nôtre corps étoit donc devenu la proye de la mort y de manière que quand le Dragon s’est propofé de l’engloutie, il s’effc vu obligé de rendre ceux qu’il avoir dévore car la mort qui prévaloit, nous dévojroit; mais Dieu a effuyé les larmes dun chacun; ce nest donc pas sans sujet que Jçfus-Christ s’est incarné; et ce ne sont point là des fictions, ni des inventions humaines, ce sont., comme vous voyez, ce que les Ecritures nous apprennent, ce que les Prophètes ont publié.
Confervez donc fortement ce dépôt, sans que jien puiflTe jamais ébranler vôtre foi y Croyez que Dieu s’est fait homme, et après vous avoir fait voir qu’il n’étoit pas impoflible que Dieu s incarnât1, si cependant les Juifs, ne le veulent pas croire, demandez-leur, qui 3-t’iI en cela de nouveau, ou d’extraordinaire? Disons-nous quelque chose qui doive tant vous furprendre? Vous dites qu’autrefois Abrahjm reçut Dieu dans sa maison, en exerçant lliàfpitalite, après que Jacofe à dit:, foi vw Dieu filets sa€eymoname étéfawvée. Ce même qui mangeoit avec Abraham a voulu manger avec nous.
Maïs produirons: letémpignage de detfx: hommes, qui lontjv4 utçefois sur la montagne de Sina, Moïse étoit dans le trou de la pierre,#et Elic a l’entrée dune caverne ces deux Prophètes ont été prefens, lorsqu’il se transfigura sur la montagne du Thbor 7, et dirent aux Difciplesla ma.
nkrc de Jerufaletn. XlI.Catcch. 173 hîtrc dont il devoit finir sa vie à Jérusalem. s
Mais après vous avoir montré, comme je vous ïavois promis, que l’Incarnation du Verbe n’étoic pasimpoffible 5 laiffons toutes les autres preuves qu’on pourrait en apporter. Pourfuivons ce que je me suis propofé, qui est de vous parler du temps que le Sauveur est venu, et du lieu de sa naiffance, afin qu’on ne nous aceufe pas de fauffeté; et aussi pour affermir ceux qui ne viennent que depuis peu de temps dans PEglifc8.
Cherchons donc en quel temps le Christ est yenu -, il n’y a pas encore tort long-temps qu’il étoit avec nous, expofé aux contradictions des nommes: quoique Jésus-Christ soit hier, aujourd’huy 3 (jr dans tous les siècles des stecles. Moïse Ta prophétifé, lorsqu’il disait: Le Seigneur sera naître au milieu de vous Dtmro un Prophète comme moy 5. Nous dirons en un autre lS# endroit, pourquoy il a dit un Prophète comme nioy -, mais cherchons quand est-ce que ce Prophète ainsi attendu Se prédit, devoit venir.
Recourons à ce que le même Moïse en a écrit J écoutez ce que Jacob en avoit prédit, lorsqu’il dit à Juda son Fils: Juda, w frères vous loueront. Et pour ne rapporter que ce qui fait à nôtre sujet, il ajoute: Il y aura toujours un Prince forti de Juda, ou quelqu’un de ses descendans, jusqua ce que celui qmGmfr àoit être envoyé 9 soit venu y et il sera l’attente non des Juifs ymas des Nations 3. Il a donc marqué le temps de la venue du Christ, lorsque le Juifs cefTeroient d’être gouvernez par ceux de leur nation. S’ils n’etoient pas présentement fournis aux Romains, on pourroit croire qu’il ne serait pas encore venu; dit s’ils avoient des Princes descendans de Juda, ou de David, je ne veux point leur alléguer de témoignages plus récens tirez de ceux qu’ils reconnoiiîent pour Prophètes y je viens seulement à ces patoles de Juda: Que celui qui doit venir J sera attente des Nations.
Voicy encore une autre marque pour le reconGenef.49. noître: // attachera son Poulain à la vigne; ce qui a rapport au Prophète Zacharie, qui le repréfente monté sur un jpoulain.
Voyons encore une autre preuve du temps de sa venue. Le Seigneur m’a dit: Vous êtes mon Fils y je vous ay engendre aujourd’huy,,.. Vous les contf. %. duirez Mec une verge de fer, Dites-nous, n’est-ce pas le gouvernement des Romains qui est cette verge de fer 3. Comme il paroît par le Prophète Daniel, expliquant à Nabuchodonofor la vifion qu’il avoit eue d’une statue dont les membres étoient de différente matière 9 qu’une pierre tombée d’une montagne devoit brifer; pour marquer celui qui devoit commander à toute la terre, et à tous les autres Royaumes: il ajoute pour lors ce Dieu sera de tous ces Royaumes un Royaume céleste, qui fubfistera éternellement y et il ne le donnera point à un autre peuple. Je veux vous montrer se core plus clairement le temps de sa venue: car l’homme infidèle veut voir et: compter les années et les jours,, s’il se pouvoit, pour ajouter foi à ce qu’il entend dire: En quel temps donc, et dans quel feçlc les defcerçdans de Juda ontik ceffe de Vfr gdcr et de commander au peuple d’Ifracl? et c’est quand l’autorité a pafTé au Roy Hérode, qui étoit étranger, et nullement de la nation des Juifs.
L’Ange dit donc autrefois à Daniel 3: Obfcrvc bien ce cpt je ohs dis du temps que l’on pariera de rebâtit Dkn.y.% femjfalm, jufîfu Uwmè’du Christ vàus tômpstrezfept stmuus, avec foixante-dewx femames: Or foixante-i neuf femaines d’années J sont quatre ceht quatrevingt trois ans. Il a donc marqué que quatre cent quatre-vingt trois ans, après que Jérusalem autoit été rebâtie, il viendrait pour lors un Roy étranger, et que ce serait en ce temps que naîtroit le Chriit. Remarquez que Darius Roy des Medes fit rebâtir Jérusalem la huitième année de son règne J la première année delà foixante-fixiéme Olympiade, selon la manière de compter des Grecs. Les Olympiades étoient des Jeux qui se donnoient par mi eux de quatre ans eii quatre ans en l’honneur du Soleil î qui à cause que des trois heures quirestent chaque année de 366. jours de son cours, on iuy a afligné un jour complet tous les quatre ans.
Or Hérode regnoit la quatrième année de la cent quatre-vingt fixiéme Olympiade 5 dépuis donc la foixante-fixiéme 5 jusquà la cent quatre-vingtfixiéme, il y a eu fix vingt Olympiades, et quelque chose de plus, fupputez et vous trouverez que lïxvingt Olympiades d’années sont quatre cent quavingt ans 3 il ne s’en faut que trois ans que Ton compte peut-être entre le premier et le quatrième, Vous avez donc une démonstratiion tirée de l’Ecrire, lorsqu’elle dit, que du temps que l’Edit sera
Mmij donné pour rebâtir Jérusalem jusqu’au Christ, il y aura foixante-nçuf femaines: vous voyez donc par le Prophète le temps marqué de la venue du Chrifh J’obmetsles autres manières d’expliquer lesfemainei d’années de Daniel.
Voicy maintenant le lieu même de sa naissance prédit: Et vous Bethléem mai/on d’Ephrata vous ric
Mlch. tes pas la moindre entre les villes de Judai car le chef qui conduira Ifrael y fortira de vous, et sa [ortie est dh le commencement, et avant tous les Jtecles. Comme je parle à des citoyens de Jérusalem, vous connoif- iji.v.fcz les lieux dont je parle; Dans lcPfeaume cent trenteun il est écrit nous avons entendu dire st la maison du Dieu de Jaeob étoit en Ephrata nous ïfc yons dans des champs environne de bois; aussi il n’y pas long- temps que ce lieu çtpit encore.charn pêtre.
Vous avez ouy qu Habacuc disait au Seigneur! Quand les Nations s’approcheront il sera connu; Et quel est k marque selon ce Prophète de la venue du Sei gneur; ç’est, ajoute-t’il, qu’il sera reconnu au mlitt de deux animaux y ce qu’il entend du Seigneur qui doit venir en nôtre chair, puis mourir; çnfuitc reffufeiter des morts pour revivre.
Or de quel côté de Jérusalem viendra-t’il, direz vous? sera-ce de l’Orient, ou de l’Occident, du Mit dy 3 pu du Septentrion? et le Prophète vous répond:
Mw. Dieu viendra du Theman. Or Theman fignifie le Midy y et le Saint viendra du mont Pharon, qui est un lieu couvert de bois, ce qui a rapport au Pfclmistç; ]Msts l ’avons frouv{ dans dçs champs envk
« JeJetvfalm.Xll.Catcch: 77 mncz.de lois. Demandez-moy aussi d’où il est, de oui il naîtra, et de quelle manière? je vousrépondray avec Isaïe: Voicy quu%e.Viergc concevrai, et lfM.7.1 enfantera un Fils qui sera nommé Emmanuel. Les Juifs selon leur coutume contredifent ces veritez, et dirent, il n’y a pas une Vierge, mais une jeune Fille i6: pour nioy je leur accorderois volontiers cette explication, sans croire que cela diminue rien de nôtre croyance; mais j’aime mieux leur demander quand on veut faire violence à une Vierge, quand est-ce qu’elle crie pouf demander du fecours, eitce après qu’elle est corrompue, ou si c’est devant? Si donc l’Ecriture dit ailleurs: La jeune fille criera elle ne trouvera personne qui vienne à son fecours, nest-ce pas d’une Vierge dont l’Ecriture parle ainsi? et pour vous marquer qu’ordinairement par une jeune fille, l’Ecriture entend parler d’une Vierge.
Voyez, le Livre des Rois, où Abifa Sunamitide est appellée une jeune fille très belle, et tout le monde convient que c’étoit une Vierge, 1. » qu’on avoir amené à David. Les Juifs répliquent encore que ces paroles d’ifaïe sont d’Ezechias dites à Achas: mais ouvrons les Ecritures, et nous y trouverons que le Seigneur dit à Achas: Demande au Seigneur votre Dieu qu’il vous fajfe voir un ffo-. àige ou du fond de l’Enfer, ou du haut du Ciel Or un prodige doit être quelque chose d’extraordinaire, comme quand on a vu fortir l’eau d’un rocher, ou la mer fortir de son fein, ou le soleil rétrograder, retourner sur ses pas, ou autres choses femblablesj infi tout ce que nous disons, montre combiet les Juifs sont opiniâtres. Je fçay qu’il y en a quelqu’un parmi vous qui paroiffent fatiguez de la Ion gueur de ce difcours, 9c de l’abondance des preuves que nous apportons; mais jejesfupplie de me fupporter avec patience, à cause de l’importance du sujet que je traite, puisqu’il s’agit d’être bien convaincu de la venue du Christ.
Il y avoir feize ansqu’Achasregnoit, lorsque le Prophète Isaïe luy addrefla cette parok, ce qui montre la malice des Juifs, et leur opiniâtreté y Se quand Ezechias son Fils luy fucceda, il avoit vingt-cinq ans. Or le temps de la Prophétie ne comprend en tout que feize ans. Ezechias en ayant déjà neuf, elle nepouvoit s’entendre du jeune Prince, qui étoit déjà né, même quelle neceflïté y auroit-il eu de prédire une naifTance qui étoit déjà arrivée? et aussi le Prophète ne dit pas qu’une Vierge a conçu, mais qu’elle concevra, marquant une chose qui devoit arriver; ce qui montre que le Prophète parloit d’une
Voyons maintenant de qui cette Vierge est descenduè; Or le Seigneur a fait à David un ferment dans la vérité, et il ne le trompera point } il luy a dit, V- ’’• je mettray vos enfants sur vitre Trône. Et ailleurs il est dit: Je rendray sa posterité éternelle, et fin Trône corn mêles jours des Cieux j fay une fois juré par ma foinue3 si jements à David que sa raie sera à m jours, que fin Trône sera ’ comme le soleil en ma prefenee, qu’il sera affermy k jamais, comme la lune. Vous voyez bien qu’il est là parié du Christ, et non pas de Salomon, puisque k Trône de celui-c?
rfa point été arïermy comme le soleil.
Que si quelqu’un contredit cette explication à cause que le Christ n’a point été affis sur le Trône de bois de David i montrons-luy que par Trône ou Siège, bn n’entend pas celui qui est de bois; c’est de cette manière qu’il est écrit: Les Scribes les Pharijtens sont ajjis sur la chaire de Moïse, ce qui s’entend de l’autorité qu’ils ont d’enfeigner, comme l’avoit Moïse: Aussi par le Trône de David, il faut entendre non son Siège, mais son autorité, c’est ce que les enfants mêmes recouvrent en criant au Christ: Hofanna au Fils de David; que benyfoit le Roy d’Ifraël. Les aveugles aussi crioient: Fils de David ayez, pitié de nous. L’Ange Gabriel l’a- voit marqué de même, en disant à Marie: Le Seigneur Dieu luy donnera le Trône de David son Père. Et S. Paul: Souvenez-vous 3 dit- il, que le Seigneur Christ efiforty du fangde David, selon mon Evangile. Et dans son Epître aux Romains, il leur écrit: Jésus-Christ notre Seigieur, selon la chair, est né de David, reconnoijfez-donc celui qui est né de David.
Croyez les Prophètes qui ont dit: En ce jour-là il arrivera que les Nations rechercheront le Rejetton dcjejfé, et ifal.xi.io. que les Nations entreront en luy. Et c’est ce qui irrite fort les Juifs, et ce qui les met en fureur; mais Isaïe l’avoit prévu, lorsqu’il dit: Un enfant nous estné}et [{ai. 9. un enfant nous a été donné, etnon pas à eux, ce qui marque aussi, qu’il étoit premièrement Fils de.Dieu, avant qu’il nous ait été donné -, et il ajoute, etfonrègne n’aura point de borne. L’Empire des Romains a ses bornes, mais celui du Fils de Dieu n’en a point 5.
l’Empire des Perfcs et celui des Medes a fini, mais celuy du Fils de l’homme ne finira point: aussi le Prophète a-t’il dit qu’il serait aflis sur le Trône de David 3 et sur son rvegne. Or c’est de David que la sainte Vierge descend, et il étoit convenable que celuy qui devoit être le Docteur de la pureté ne naquit que d’une Vierge, et si ceux qui exercent le Sacerdoce de Jésus ne doivent avoir aucun corn, merce avec une femme 37, comment le même Jésus auroit-il pu naître d’une homme et d’une fem- io. ii. me î Aufïi le Prophète luy fait dire: C’est vous, Seigneur y qui m’ave tiré du ventre de ma Mère, voulant marquer qu’il y avoit été conçu, et qu’il en était né sans l’aide d’un homme, comme il arrive dans ceux qui naiflfent d’un mary, et d’une femme: or celui-là même qui a formé les organes de nôtre corps, c’est luy-même qui a bien voulu prendre nôtre chair, voicy comme il en parle à Jeremie: Je vous ay connu avant que je vous formajfe dans le ventre de votre mère 3 gr avant que vous fujjiezforti de
Jrtm.i.5.ses entraiUcs y je ous ay fanêiifié. Si donc il daigne bien former les membres de nôtre corps, ne soyez pas furpris de le voir appliqué à former une chair sainte, qui doit être le voile de la Divinité c’est Dieu luy-même qui forme les enfants dans le ven
M ïo. tre de leur mère, comme le dit Job: Vous m’avez fait couler comme du lait, vous m’avez fait cailler commp un fromage, vous m’avez revêtu de peau, de chair, et compofé d’os et de nerfs.
Rien n’est abominable dans la constitution de ïhomme, quand même elle proviendront d’adtit- tere lie Jmfaltm. XII. Catech. t8i tété J9, ou de fornication; car Dieu a créé Adam, Eve de ses mains divines, ii a formé l’homme la femme, il n’y avoir aucune partie dans le corps qui fût honteufe dans sa première formation; ce qui doit faire taife les hérétiques, qui trouvent à redire à la disposition de nos corps, comme s’il vouloient blâmer celui qui les a créez. Souvenonsnous plutôt de ce que dit S. Paul: Ne ffave- vous pas que vos corps sont les Temples du S. Ejprif, et aussi de ce que le Prophète disait en la personne de Jésus: Ma chair vient d’eux. Et ailleurs il est écrit: C’est pour cela qu’il leur donnera jusqu’à temps qu’on l’enfante. Et quelle en sera la marque? Ses, frères feconvertiront.
Et comment cette sainte Vierge est-elle devenue l’Epoufe de Dieu? Je vous épouferay, dit-il, dans la foi: aussi Elifabeth luy dit: Que vous êtes heureufe d’avoir crû, parce que ce qui vous a été dit de la Luc. u. fart du Seigieur, s’accomplira. Mais comme les Grecs aussi bien que les Juifs nous objectent perpétuellement qu’il est impoflible que le Christ soit né d’une Vierge; tâchons de les convaincre, et commençons par les fables, et les fictions mêmes des Grecs. Ne disent-ils pas que les pierres ont été changées en hommes? peuvent-ils dire qu’une Vierge n’a pu concevoir, eux qui disent que Minerve est née du cerveau de leur Jupiter, que Bacchus est forty de sa cuifle? Je fçay que ces fables sont indignes d’entrer dans un sujet aussi auguste que celui que nous traitons; mais c’est afin que vous ayiez dequoyleur ferme là bouche, quand ils attaqueront ce Mysterc. Nn iti Les Catecbefes de faïnt CyriUt
Parlons maintenant aux Juifs. Est-il plus diffi? cile qu’une Vierge conçoive, qu’une femme sterlle, et fort avancée en âge, telle qu’étoit Sara, uand elle enfanta par miracle Ifaacî sionc une èmme sterile peut enfanter pafmiracle, une Vierge le pourra pareillement. Ou niez l’un et l’autre, ou accordez que l’un se peut faire auiïi bien que l’autre; c’est le même Dieu qui opère l’un et l’autre, et vous n’oferiez dire que l’un luy est poffible, et que l’autre luy soit impoffible. Si la main d’un homme en moins d’une heure peut changer en differens états, telle que fut celle de Moïse, qui parut blanche comme de la neige, et qui un moment après changea. Si vous dites que ce changement se fit parce que Dieu le voulut t vous avouerez donc que Dieu peut faire ce qu’il veut. Pourquoy voulez-vous reconnoître son pouvoir en une chose, et le defavoûer en un autre î mais il ne fit jjaroître ce prodige qu’en faveur des Egyptiens, au lieu qu’il a voulu que tout le monde fçût la naifTance miraculeufe de ion Fils.
Je demande donc aux Juifs qu’ils me difentj s’il est plus difficile qu’une Vierge enfante, que de changer une verge en ferpent, comme le fit Moïse, qui en fut effrayé, voyant un dragon en tre ses mains. Cette verge avoit les dents et les yeux d’un dragon, et ces yeux fortirent de cette verge, C vous ne voulez pas que par la puifTance de Dieu un enfant nailîe d’une Vierge. J’obmets que laver, ge d’Aaron fleurit en une nuit, ce que les autres arbres ne peuvent faire qu’en plusieurs années; a de Jérusalem. XlLCatcch. 13 3111 nefçait qu’une branche sans écorcc ne peut ctirir vquand même on la mcttroit au milieu d’une xiviere. Mais comme Dieu est le maître de la nature, il n’est pas aflujetti à fuivre la manière ordir « aire que les arbres obfervent. Ha fait qu’une vergc feche sans écorcc a fleury, et ait porte des fruits Celui donc qui a fait porter du Huit à la vêrgç d’Aaron, qui n’avoit que l’ombre du fouvrwn Sa »cerdoce, ne pourra-t’il pas faire qu’une Vierge ejfante celuy qui est vraiment le fouverain Prêtre?
Toutes excellentes que soient ces preuves, les Juifs ne laifTent pas de les combattre, et ne veulent pas que l’exemple de cette verge pujfTe {èrvir à prouver la naissance d’un enfant 3 mais je leur demande de qui est nie Eve au commencement du monde? quelle est la mere qui l’auroit conçu y elle qui n’a point eu de mere; car l’Ecriture dit qu’elle fut formée d’une côte d’Adam.. Si donc Eve a pu naître du côté d’un homme, sans avoir de mere, est-ce qu’un enfant ne pourra pas naître d’une Vierge sans homme. C’est de l’homme qu’est venu le fexe des femmes: Eve est née d’Adam seul, sans voir été conçue par une femme. Marie a comme acquife la faveur que son fexe avoit reçue de l’homme, et sans homme, en demeurant Vierge, elle a mis au monde un Fils par la vertu du S. Esprit. Voicy quelque chofè de plus grand. Nous voyons des corps coproduire d’autres, telle contrariété qui se rencontre quelquefois entr’eux; et ce qui est plus furprenant, c’est que l’homme soit forme de pouffe, §c de. terre et ce qui.est plus admirable c’ep
N n i j 184 Les Catéchèses de falnt CyriRe que de la boue, il s’en forme les tuniques et là prunelle des yeux, pour nous faire voir les objets; que de cette poufïiere se forme la confîstancc des os, la delicatefle du poulmon etr tous les organes de nôtre corps. Quelle merveille que ce limon de la terre étant animé, parcoure toute la terre, entreprenant de bâtir des édifices, et de faire mille autres ouvrages! qu’il parle, qu’il enfeigne, qu’il commande, et qu’il obëiflfe iuivant la condition des personnes qu’il compofe. Enfin je demande encore aux Juifs qui est-ce qui a fait Adam? N’est-ce pas Dieu, qui prenant de la poufïiere de la terre, en a fait une h admirable créature? Quoy la boue se convertira tous les jours en un œil, et une Vier ge ne pourra engendrer, et comme si Dieu nepour voit pas faire ce qui est impoffible aux hommes?
Souvenez-vous bien, mes chers Frères, de toutes ces choses; ne fouffrons pas les hérétiques qui disent que ce n’est qu’une imagination de croire que le Christ soit venu; éloignons-nous de ceux qui disent qu’il a été engendré d’un homme et d’une femme, savoir de Joseph et de Marie etquoir qu’il soit dit à Joseph: Prenez moire femme, en parlant de Marie, fouvenons-nous que Jacob parlant de RachelàLaban avant que de Tépoufer, disait: Donnez-moi ma femme. Avant donc que Rachel fût mariée, et lorsqu’élle n’étoit encore que protnife, on la nommoit la femme de Jacob; aussi Marie a pu être nommée tl femme de Joseph, quoiqu’ils ne fufTent que fiancez 40 - et voicy en cela avec quelle cxaetitudc a parlé rEvanseliste: Dieu, M frvoU l’Ange Gabriel dans une Fille de Galilée, qui s’ap pthit Nazareth, à me Viern qui étoit fiancée à un homme nommé Joseph.
Et ailleuà parlant de’ Joseph qui alla se faire écrire, lorsqu’on faisait un dénombrement de tout le monde: Joseph, dit-il, vint à Betklétm pour s’y faire enregstrer avec Marie, avec qui il étoit fiancé, laquelle étoit enceinte. Il ne dit pas avec sa femme, mais avec sa fiancée. S. Paul aussi parlant de la naissance de Jésus-Christ dit: Dieu a envoie fin Fils, non pas formé d’une femme?? d’un homme, mais seulement formé ’d’une femme, c’est-à-dire d’une Vierge, selon l’ufage que nous avons déjà rapporté de donner le nom de femme aux Vierges. Celuy qui est né d’une Vierge fait nos âmes des Vierges. Que si vous parouTez furpris de ce que nous vous disons, fçachez que cette Vierge le fut ellemême; car elle dit à l’Ange Gabriel: Comment cela Luc.uiA. se bourra-t’il faire V, car je ne connois point d’homme f l’Ange luy répondit; Le S.
Esprit furviendra sur vous, et la vertu du Très-haut vous couvrira de son ombre, c’ejt pourquoy le Saint qui naîtra de vous, sera appelle Fils de Dieu. Cette génération a donc ete très pure, et sans aucune fouillure, car ou le S. Elpnt réfide, il n’y peut rien avoir d’impur. Ainsi la génération corporelle du Fils unique de la Vierge a été très pure, quoiqu’en disent les hérétiques, qui contredifent cette vérité. Ils irritent le S. Esprit, la vertu du Très- Haut, qui a couvert de ion ombre cette Vierge. L’Ange Gabriel s’élèvera contr’eux au jour du Jugement. L’étable où Jésus-Chrut çst né, les Pasteurs qui l’ont annoncé, les Anges Nniij qui l’ont loué, et qui difoient: Gloire à Dieu dan les Cieux, et paix aux hommes de bonne volonté; Le Temple où il a été présenté quarante jours après, les deux Tourterelles qui ont été offertes pour luy, Simeon qui Ta reçu dans ses bras, Anne la Prophétefle qui y étoit présente, toutes ces petfonnes dépoferont contr’eux; Dieu luy-même qui luy a rendu témoignage, aussi bien que le S. Esprit; Jésus Christ luy-même qui leur avoic dit: Pourquoy cherchez-vous à me faire mourir, pour vous dire la ve- nte
Que les hérétiques qui prétendent qu’il n’a pas pris un corps réel et véritable, soient confondus, tut, 14. puisqu’ils contredifent celui qui a dit: Touche-mey, OT me confident bien, un esprit n’a point de chair (? d’os, comme vous voyeque fay. Adorons Jésus-Christ qui ert né d’une Vierge J et que les Vierges reconnoiflent l’excellence de leur état; que les Solitaires confiderent la gloire et l’avantage de la chasteté 43, car il n’y a point d’état où elle ne se doive trouver. Le Sauveur a bien voulu être renfermé pendant neuf mois dans les entrailles d’une Vierge, et il a demeuré comme homme avec nous pendant trente- trois 44 ans; si la Vierge qui l’a porté neuf mois mérite si fort d’être honorée, nous devons aussi nous estimer heureux de l’avoir pofTedé pendant tant d’années 45; que chacun s’étudie à garder la chasteté, les jeunes gens et les Vierges, les vieillards et ceux qui sont moins avancez en âge i que tous se préfervent de l’intempérance, et louent le nom du Seigneur,
« N’oublions pas les avantages et la gloire de la chasteté, elle nous sera arriver au bonheur des Anges-, c’est une vertu qui paroît être au deflus de l’homme même, épargnons nos corps, qui doivent un jour luire comme le soleil } ne le Touillons point pour le plaiflr de quelque moment, il faut il peu de temps pour commettre le péché qui sera puny par une honte, et par des châtimensqui ne finiront jamais 6._ Les Anges qui sont sur la terre avec vous sont les modèles de la chasteté 47, les Vierges auront part à la gloire, et au bonheur de Marie. Renonçons donc aux vains ornemens 4 », et aux regards lafeifs, et à tout ce qui fent les pompes, et à la volupté. Que la prière soit le parfum de vôtre ame, qui luy donne une bonne odeur en l’accompagnant de bonnes œuvres, de la fanetification de vos corps; afin que celui qui est né d’une Vierge, vous dife à tous, tant aux hommes qu’aux femmes qui auront vécu chastement: Je demeureray dans eux, je feray leur Dieu, et ils seront mon peuple. A luy soit la gloire dans les siècles des fieclcs. Amen.
Notes sur la douzième Catéchèse.
CEtte Catéchèse expofe en abrégé tonte la conduite de Dieu envers l’homme. Qu’ayant été créé de Dieu dans la droiture la grâce, ce même homme étoit déchu de cet état par (on péché, qu’il a commis librement, que Dieu le punit de sa faute -K fcs descendans; puis pour le confoLer, il luy promit d envoyer un Réparateur du péché. Que Dieu se choistt un peuple pour le préparer à recevoir ce Messie. Qu’il contracta alliance avec Abraham, en luy promettant de faire naître de luy ce Messie, puis la suite de. ces Prophéties et de ces Oracles, et leur accompliflement dans jefus-Chnst. C’est donc un vray Traité de son Incarnation que tait i8S Les Catéchèses de saint ÇyriKe
S. Cyrille. Il commence par le befoin Ôc la neceffité que nous avions de Jésus-Christ, sans luy nous étions perdus. Si Deus Christus hu+ 1 manitatem non affurnpfit, alitni fumas à falute.
La neccffité qu’il y avoit que Jésus-Christ fût Dieu et homme, pour opérer nôtre salut, les faufles idées que les Juifs se sont formées du Messie. Jésus-Christ- prédit par Isaïe qu’il devoit naître d’une Vierge, et par plusieurs autres Prophètes.
S. Cyrille réfute les herefies sur l’Incarnation, ceux qui difoient qu’il ri’avoit pris qu’un corps phantastique, ou seulement apparent, qu’il étoit conçu d’un homme et d’une femme, ou qu’étant homme, il avoit été changé en Dieu. Il établit comment il a pu naître d’une Vierge, comment l’homme étant tombé du Paradis à la follicitation d’une femme, Dieu a voulu se fetvir du même fexe pour contribuer à nôtre réparation.
« Il expjfe le temps de la venue du Messie, qui devoit être quand la fouveraineté auroit été ôtée à la Nation des Juifs, et qu’elle paffiroit sous la domi ration des Gentils, selon là Prophétie de Jacob, Non auferetur Scptrum. Ce que S, Cyrille enttni de la Nation des Juifs, tombee sous la puilTance des Romains. Cum defineret frmcivtus Judéorumy qui si mne fub Romanis non funt, nondum vtnlt ChriJtH. Le Messie, dit-il, n’est pas encçre venu, si les Juifs ne sont pas fujets de l’Empire Romain, ce u il applique iï bien à Jésus-Chnit, venu au temps que les Romains sont devenus les maîtres delà Judée. Il explique aussi la Prophétie de Daniel, que ces foixance-di femaines, dont il tst parlé, ne s’entendent pas des femaines ordinaires que l’on compte par jour, mais des femaines d’années » que ces fo.xante-dix femaines sont le nombre de quatre cent quatre-vingt dix ans, à les commencer depuis la vingtième année du Roy Artaxerces. S. Cyrille les commence à la huitième, et compte quatre cent quatre-vingt ans, puis trois femaines d’années, ce qui fait près de cinq cents ans.
« i De Incarnation et de t humanité de Jésus-Christ. De incarnatoet inhumanato Chriflo. C’est à-dire du Messie, du Verbe incarné ette homme. Ce qu’il joint de peur qu’en disant du Verbe seulement qu’il s’tst incarné, on ne crût qail n’avoit pris que nôtre chair, non pas nôtre ame, par laquelle nous sommes vrayment hommes? ce qui étoit l’erreur des Apoliinaristcs. Aussi S. Grégoire de Nyfle » voulant parler de l’Incarnation, 1 appelle le Mysterc du Verbe tait homme. 4nhumantio Verbi.
i Bel éloge des Chrétiens, formée sur l’exemple de Jésus-Christ. Us (ont les Elevés de la chasteté et les Disciples de la tempérance. Cpx tis almnni et difcipnli veritatis.
Manducation fpiritueUe de Jésus-Christ dans l’Incarnation, q« l n’exclue pas la réelle qui se fait dans l’Eucharistie, comme le pro 4 Jtf r%JiM U théologien. Ç/est S. Jean l’Evangeliste furnommé lé Théologien par excellence, parce qu’il a parle de la divinité de. JésusCnrist plus qu’aucun autre Evangelîste. Ce nom de Théologien Juy est reste chez les Grecs, jusques dans leur office. »
On nadoreroit pas Jésus-Christ, s’il n’ et oit Dieu. Ce serait une vraie Idolâtrie d’adorer un pur homme.
Pouraaoy Jésus-Christ s’est fait enfant.
« 7 Vtrrtur du Juifs de n’avoir pas distingué les deux averretnens de Jésus-Christ, le premier dans l’humilité » et le second dans la gloire. Tous les Pères ont fait ce reproche aux Juifs, Tertullien, S. Cyprien dans leurs écrits contre les Juifs. S. Cyrille va leur prouver par les Prophètes que le Meflîe est venu.
Diver/es erreurs des hérétiques sur l’Incarnation de Jésus-Christ.
Objetlions centre f Incarnation. Quelle neceflité, dit- on, y avoir il qu’un Dieu s’incarnât. Secondement, comment concevoir que fç fiifant homme, il ait été conçu, et soit né d’une Vierge.
Mode/lie) de S. Cyrille et son humilité. Il ne veut pas qu’on croye ce qu’il dit, si cela n’est point appuyé de la sainte Ecriture.
La cause de l’Incarnation. Cur Deus bomo.
u Tout ce paffage efk rapporté par S, Jean Damafcene, Orat. pour prouver l’honneur qu’on rend aux Images, aux Croix, etque si Ion a du refpeâ: pour l’image d’un Prince, qui n’est que de terre, on doit à plus sorte raison refpecter l’image de Dieu, qui est dans l’homme, et S. Damafcene le rapporte sous le nom de S. Cyrille.
ij Eve fut Vttrge tant èpiile fut dans U Paradis Bien des Pères ont parlé de même.
Egartmens de f homme depuis son pèche, les fuperfritions, Ces impietez.
La pldye aut U pechi avoit fait à C homme, incurable sans Jefes-Christ; l’application de la Parabole’du Samaritain de l’Evangile, à la mtfere de Hiommc pécheur.
Les gmifemens de l homme pécheur, et Ces foupirs après là libérateur.
Jfs Chrifl Médecin, venu pour nous guérir.
Cejfrle signe de U Croix pridit par Us Prophètes, qu’on devoi imprimer sur le front.
« « 19 Sicut pfuvia in vellus. Eufebe, Theodoret., S. Athanafe, S. Jérôme, S. Chryfostome expliquent, comme S. Cyrille, ce partage de l’Incarnation du Verbe, il descendra dans le fein dune Vierge » comme la rofée qui tomba sur la toifon que Gedeon expoia a for » aire.
« « « S. Cyrille dit que le Pfeaume 71. portoit le titre de Salomon 9 h Pfalmo de Salomone. Selon les Hébreux ce Pfeaume est le dernietf. de ceux que David a compofé comme un vœu qu’il faisait pour Sa » jomon son fils, luy fouhauant un Règne heureux » saint, redouta PAC et pacifique » Q o 20 Lis vrais cara fiera du Mtjfic, qu’il devoir premièrement venir pauvre et humilié.!
y il S.CyvMi appliqué àJefvs-Christ ces parties du Prophète Ztcha tic. En ce jour- là il portera ses pieds sur la montagne des Oliviers, qui est vis-à? visde Jérusalem, èc dit qu’on y voïoit les vestiges des pieds de Jésus-Christ, lorsqu’il avoit monte au Ciel, et en atteste cous ceux à qui il parloit, comme en étant témoins. S. Paulin Ep. xi. Severe Sulpice 7. 1. c. 48. aflfurent aussi que Jésus-Christ en mon tant au Ciel avoit laiffé les vestiges de ses pieds imprimez sur la tel re 9 et qu’ils y écoient toujours demeurez depuis, quoique les Fidèles vinttent tous les jours prendre de la terre de acet endroit pour l’emporter chez eux par dévotion.
« 21 5. Augpfiin komil. 47. injaan. dit qu’on alloit en Judée adorer les vestiges de Jésus-Christ, qui se voyoient au lieu d’où il étoit monté au CieL Cette merveille est d’autant plus grande que Ton à peine à croire que pendant le Siège de Jérusalem par Tite, l’armée des Romains campée far cette montagne n’ait rienjeffacé de ces vestiges. 3 Qae stfuuChrifi se fait incarné four nous faire jouir de Dieu » Ter
« Lih. 1. tullien touche cette raison. Le Fils a fait en sa Personne une efpct§ntr.Métt de mélange de l’homme avec Dieu » il a donné autant à l’homtîM. ’7-mt qu’il cn ôioit à Dieu i Dieu s’est montré foiblc et petit, afin que l’homme devînt grand et fort. Dem pufietut inventas est, ut h m maxknus fiertt.
Lts hommes ne peuvent f apporter la vue {me Ange. C’est pour quoy Dieu s’est fait homme pour se faire connoître des hommes.
Autre cause de l’Incarnation.
Que la vie vînt par une autre Vierge. Marie oppofée à Eve ponr lever la raaledietion de la première Vierge. S. Irenée Vt Vir(m Eva y Vir go-Mari fieret Advocata. Afin que Marie put faire l’office d’Avocate en faveur d’Eve qui étoit Vierge quand elle pécha, et que comme la nature humaine avoir été aflujeptie à la mort par une Lib. de Vierge, elle en fût affranchie par une autre Vierge. Tertulfien dit chr’ aussi que Dieu s’est fervi d une conduite oppofée à celle du Démon car voulant retirer son image et sa reffèmblance d’entre ses mains, Eve étant Vierge avoit laiflé entrer dans son cœur unefirole qui avoit caufé la mort 5 afin que la nature humaine qui s’étoit perdue par le fexe de la femme, pût recouvrer le salut par le même fexe. Eve avoit cru aux paroles duferpent, Marie a cru celle de l’Ange; ainsi le crime de la crédulité de l’une a été effacé par le mérite de la créance de l’autre.
In Virgimm Evam impstrat verbum ddificatO’ rium mortis... quod Ma credtndo ddiquit, Maria crtdtndo ddtvit 27 Dieu fait homme pour détruire C Idolâtrie. Le Démon s’étoit fait adorer sous des formes humaines, ’et Dieu se fait verirablement homme, pour se faire rendre dans l’humanité, l’adoration qui luy estdu 2 // n étoit fas impojstbU fée Dieu s’incarnât-, ainsi ce mystere e(t de Jérusalem. X 1 1. Catcch. iî poffible » et on peut réfoudre les difficultez apparentes de sa prétendue impoffibilite. ij S« r / Tbthor. On ne dôutoit point à Jérusalem que ce nef sur te far cette montagne que Jésus Christ s’étôit transfiguré. S. Jérôme Ef- n le dit aussi; arnfi cette opinion est autôrifée et par celle des gmsr du pars, de par celle de Hsglife. Cette montagne étoit dans la Galilée à deux petites lieues de Nazareth.
Qm m viennent que depuis veuàt Eglife. C’est qu’entre les Carecumencs i qui parloir S. Cyrille, il y en a voit qui de’pnis long-,! temps étaient Otecnmenëy d’autres ne s’éroiént fait recevoir que peu de temps avant le Carême, et qui pouvoient n’avoir jamais ouy parler de nôtre Religion.
« 51 Vn Prophète comme moy. Quelques Théologiens ont voulu entendre ces paroles des Prophètes qui ont fuceede i Moïse, et citent Grigene contre Celfe, diiant que le but de Moire est d’inculquer aux Juifs qu’ils ne doivent porht corifùlrér les Devins, parce qu’if rie manqueront jamais de véritables Prophètes pouf; les conforter dans leurs befoins 5 et qu’au nombre de ces Prophètes sera Jésus Christ, le chef de tous. Mais S. Cyrille entend uniquement de Jefas-Christ la Prophétie de Moïse, comme avoit fait S. Pierre -#. 3 • S. Eitienne Aie. 7. 37. L’Apôtre S. Philippe en S; Jean èh.U 45- disant, nous avons rrouvé celui de qui Moïse a écrit1 dans la Loy. S. Ignace Ejr. 1. S. Clemenr d’Alexandrie Tdg. Ub. 1. 1. 7. Tertulfien cmtr. AianUn. L 4. c. 12. Origene ht Joan. S » Chryfostome, S. Augustm contr. Faust. L 15. c. 18. Aussi Jefu Christ étoit semblable aMoïse en tant que Médiateur entre Dieu 5c les hommes, quoique, d’une marrleiîe irrnnirnent plus excellente.
Celui qui doit venir. Dans k Vulejate, Qui mUfetidus éfr. tiivA l’Hébreu ri y a eiïi rtfervàtw -,; en ffirppîéant Sctptrum, ou Regnum ce quia le mèraeiens, ainsi; le Messie est defigné manifestement: dans l’Hebreux d’aujourd’huy: il y a Donec veniat Scilo, ou SctU t Comme d’autres lifent, ce qui est un peu différent -, mairpuisque l’ancien hébreu a stetymm, que les Septantes ont traduit cbmmç a1 fait la ViiU gate-jg- mtrtndut t/h; c’cst urie preuve qu’il se doit entendre dri Messie, comme l’explique S. Cyrille qui fuivoit les Septantes::
Dans toute cette Prophétie, S. Cyrille prend lé nom de Judapour toute la Judée, 6c pour l’état où furent les Juifs depuis que toute ta Tribus ayant été enlevées par la captivité, il n’y eurque la Info de Juda, cui1 revint en corps avec une partie de celle dé Ben-, farcin. Le/commandement alors se cpnfetva parmi eux sous des Juges, sous dés Pontifes ou des Princes, jusqua ce que Hérôde étranger « -’empara de la couronne de Judée, auquel temps Jésus-Christ « stvenu. Car Hérode étant Iduméen devoit palier pour étranger parties Juifs. » »
Le gouvernement des Romains étoit tint Yerge de fer pour lc# Juifs, puîfquils ça furent si rnal-traitez. O o ij 34 Prephitie de Daniel. Ces foixante-dix iêmaines sont des se} maines d’années qui sont foixante-dix fois fepc ans, ou fept fois foixante-dix qui sont quatre cent quatre-vingt dix ans. Cecte Prophétie porte que le Meflîe devoit mourir au milieu de la foixante dixième année de cette famine. In medio hebdomadis dtficitt heflia. Les victimes et les autres facrifices céderont par loblatiun de celui dont ils écoient la figure. k
S. Cyrille fait commencer ces foixante-dix à la huitième année du, règne de Darius d’autres les comptent la vingtième année du Roy Artaxerces Longuemain, parce que ce fut en cette année là que. Jérusalem fut rebâtie; et depuis cette année, qui étoit la joo. de la fondation de Rome et 3É00. du monde, et 454. avant Jefu-Christj
U y a 485. ans, qui sont fixante- neuf femaines d années folaires car les Juifs comme prefque toutes les Nations, de la terre, se fervoi.ent d’années folaires de 65. jours, et au milieu de la foixantedix le MeiCe fut crucifié.
Porphyre Philofpphe payen trouvoit cette Prophétie de Daniel fî claire, ju’il étoit perfuadé que ce n’étoit pas une prédiction de çfiofcs futures, mais une narration dechofes paffées,
Darius sous qui S. Cyrille fait commencer les foixanterdix se; maines, estxeîui dont il est parlé I. Efdras eh.i. et dans le çh. 1. 7. de Zacharie, 1. et x. d’Aggée. Sulpice Severe, et Scaligeropç fuivi le fentiment de S. Cyrilje, mais cette opinion nest pas aifc ji jourd’huy Ja plus commune. ’ „ j:
lyAn milieu de deux animaux. Dans la Vulgate il y a in medie fffnpmm, S. Cyrille firivoirïa verlan des Scptantes. Cet qçuvre dont 1.e(| parlé, est la délivrance du peuple Juif, et celle du genre hu ma’n par l’Incarnation qui devoir/ se faire dans le temps que Dieu ayoit marqué..
li II viendra de Tbtman. C est selon la verfion des Septantes, Dans la Vulgate il y, a ah jiustr. Dieu avoir donné sa Loy sur Je mont Sina sprés des montagnes de. Seïr, U de Pharan, aumidy de, la Judée..,.• ’ t 37 Vm Vierge enfantera. S. Luc rapporte cette Prophétie pour faire voir son accomplifTemenr à Marie, et l’exécution de la prpr mefTe faite à David que le Meflîe naîtroit de son sang ou de sa race, qui! régnera sur le Trône de David, et quainfi Jésus-Christ elt le. Meflîe Ôç le Roy que les Juifs attendoient, ce qui se doit eatç.ndre npn d un règne temporel, comme se J’imaginoient les Juifs niais d un règne fpirituel sur son Eglifc, sur tous les hommes Juifs Gentils quLcompofent TÉgliCe de Jésus Chri’st.
Quelques-uns ont voulu exeufer les Juifs de ce qu’ils a’avpienç a? reconnu, Iç Meflîe à Ja Prophète dïfipfe, Pce jue selon fePrst de Jérusalem. XILCatcch: îj stctele Messie dévoie naître d’une Vierge, et les Juifs croyoient Jésus-Christ né d’une femme mariée, sans avoir aucun moyen de juger quelle étoic Vierge-, le Messie dévoie s’appeller Emmanuel, ÔC Jésus-Christ avoir un autre nom.
« « Mais on répond que l’intention d’Isaïe est de marquer en gênerai, qu’un des caraeteres du Messie, c’est d’être Fils d’une Vierge cette preuve a d’abord été révélée à la sainte Vierge, S. Joseph kn mary l’a apprife du Ciel. Sainte Elifabeth, S. Jean-Baptiste et S. Simeon l’ont fçû par révélation, et S. Mathieu la rapporte comme une vérité révélée à toute l’Église i ainsi les Juifs sont exeufables avant la révélation, mais ayant été prêchée et reconnue par tqut l’Univers, c’est un signe qui ne doit laiflèr aux Juifs aucun doute du Messie. Dieu à Toccaiion de la délivrance de Jérusalem des mains du Roy de Syrie et du Roy d’ifracî, veut que les enfants merveilleux d’Isaïe soient donnez à tout le peuple, comme un prodige qui leur marque ce favorable événement j mais il parle d’un autre enfant plus confiderable que ceux du Prophète, en ce qu’il devoit naître d’une Viereej et être l’auteur d’une délivrance bien plus confiderable que celle qui étoit promife au Roy Achas.
Vne jeune fille. S. Irenée /. J. c. z. réfutant les Ebionites, qui prétendoient que Jésus-Christ étoit né de Joseph et de Marie, se plaint aussi que Theodotion et Aquila tous deux Juifs, avoient traduit le nom de Vierge en celui d’une jeune fille, ecct adoltfcentula, ou, tece juvencula. Au lieu que les Septantes avoient traduit Virgo, se fett des mêmes preuves que S. Cyrille, savoir la prédiction d’ifaïe j parce que Jésus-Christ étant venu pour enfeigner la virginité, il étoit convenable qu’il naquît d’une Vierge; par l’exemple d’Adam produit de Dieu seul, et celui d’Eve produite d’Adam seulement, et aussi parce qu’il n’y a rien d’impoffible à Dieu. Terrullien employé les mêmes preuves i la prédiction d’ifaïe, tece Pirgo, laitf.Aformation d’Adam de Dieu seul.
S. Epiphane haref 17. et Tertullien »• c »r répondent, comme S. Cyrille, que quand S. Paul parlant de Jésus- • 7’ Christ, a dit: Faûus, ex muliert qu’il a été fait d’une femme, il entend le fexe féminin commun aux Vierges, et aux femmes qui ufent du mariage..
« « « « « « 59. Ceux qui exercent le Sacerdoce de Jésus, ne doivent avoir aucun emmené avec une femme. Voila le célibat des Prêtres. Origene l’avoir HmiL ij, marqué bien auparavant. Il est certain, dit-il, que le facrifice per-’ » » » çile d’Elvire dit qu’il a plu au Concile de défendre abfolument aux Cm ». 5 » vêques, aux Prêtres, ux Diacres, et aux Sou-Diacres mis dan se ministere d’exercer aucun commerce avec leurs femmes, Se d’en-: genjdrer des enfants. Quiconque le fcra, foil retranché du- Clergé. Ooiij 40 Rien n’est abominable dans la constimion de t homme, quand m9i# elle préviendrait d’adultère. Nihil est abomînabile in hnmmii confitiHtlom, et si adhlteriis, et Ufciviit poMuatur. En sorte que la foiiillure vient de la conjonction qui est illégitime de non de l’aéte par lequel elle se fck: cela n’est point oppoié an péché originel qui se communique à l’ame, dans les conjonctions mêmes légitimes.
S. Cyrille parle de l’a de de la génération, qui de luy- même est de l’initiaition du Créateur. Les Pelagiens objedoient la fainteté du mariage, comme contraire au péché orgincl, et S. Augustin fit fbn Livre des Noces et de la Concupifcence -, où il montre que le mariage a été iustituc pour la génération des enfants, et non pour communiquer le pèche qui ne s’est répandu que depuis la chute du premier homme i que comme on ne peut exeufer un adultère sous prétexte, qu’il en vient un bien » qui est la naàflance d’un enfant j Aussi ne doiton p s condamner le mariage à cause qu’il est comme le canal, par lequel coule 1 péché originel. Le mariage est toujours bon et saint, s’il n’en anivoit point de mal à l’enfant qui en provient, il ne feroic pis nece flaire de le régénérer, 41 En demeurant fiergeeUea mis mu monde un Fils par t opération in S, Erprit. Voilà la conception de Jésus-Christ par la vertu du S Efptit.
« « « 41 Quon’ils ne fnffent que fiancez. Maria propter folam deffenfe tiomm Hxorjostph. S. Cyrille n’a pas été le seul qui ait crû que la Vierge n »voit été que fiancée, ou promife à S. Joseph, et quelle éroit demeurée Vierge avec luy. Mais les Pères Latins luy ont donné la qualité de femme de Joseph comme S, Ambroise dans (on livre de la Virginité perpétuelle de Marie, où il établit que Marie a- pû être femme, quoiqu’elle fut Vierge, parce que ce n’est pas la pei re de la virginité qui fait le mariage, mais le consentement mutuel, quoiqu’il ne soit jamais confommé. S. Augustin, S. Jérôme sont de même avis. Gratien, le Maître des fentences, les Théologiens _„.__ parce qui étoit le mary de fà Mère. On voit bien que S. Cyrille se fonde sur S.
Mathieu qui dit de Marie, Pïrginem defponfatam viro Femme promife, ou une Vierge promife en mariage à un homme} # S. Luc, qui dit Cum Maria dcfpvxfatJL Jiïi xn, avec Marie qu’il avoit époufé comme sa femme, ou qui luy avoir été promife pour être sa, femme; car ces paifâges peuvent avoir ces deux sens defyon » fata uxor.. Mais l’explication des Pères Latins est la plus naturelle, entendant par defponfata uxor, une femme mariée, ôc par frgmem defponfatam y une Vierge mariée à un homme, dont elle étoit Fépou » ie, quoique Vierge. Il étoit même neceflaire que la Vierge futmariée, afin que foi, honneur et celui d Jésus-Christ fût couvert de Jerujalem. X IL Catech. 19;
« aux yeux des Juifs, qui ignoroient le myKére de l’Incarnation: à la vérité, defponfata fignifie seulement promife ou fiancée, mais dans l’Ecriture il se prend quelquefois pour une femme mariée. Cum Maria dtfponfuta fibi uxore dit S. Luc cb. 1. et au 1. /. des Rois, c. 3. 14. Rtdde mihi uxorem mtam Michel, quam defpondi centum praputiis Fkilijlinorum. Il est certain que defpondi fignifie que »; éfoufée puisque Saiil, jui avoit promis sa fille à David, la luy fit epoufer après la défaite de cent Philistins.
4j Comment cela se feraJUt Ce ne fut ni par incrédulité, ni par défiance que Marie fit cette quection -, elle fongeoit seulement à conferver sa virginité. Sur ces paroles les SS. Pères ont cru que la sainte Vierge avoit fait vœu de chasteté perpétuelle. S. Ambroise in Luc. et lit. de Virgin. S. Chryfostome Homil. 4. in Math. S. Augustin en plusieurs endroits. S. Grégoire de Nyflè Orau de Nativit. Ckr. dit que Marie par cette reponfe faisait juger quelle aimoit mieux demeurer l’époufe de Dieu iur la terre, que de devenir sa Mère selon la chair, ne fçachant pas le miracle qui la devoit rendre Mère) sans ceflèr d’être Vierge. ’ 44 Les deux Tourterelles. On pouvoit savoir a Jérusalem par tradition que des deux offrandes de Tourterelles, ou de petits de Colombes préferites par la Loy, la sainte Vierge avoit donne les Tourterelles, ce que l’Evangile ne dit pas.
« 45 hfHS-Christ a demeuré trente-trois ans. S. Irenée a cru qu il avoir plus de quarante ans quand il est mort. lib. 1. c. 39. S. Clément d Alexandrie a prétendu que Jésus-Christ étoit mort à trente ans et qu’il n’avoir prêché qifun an, lib. u Strom. Ter tu! lien hb.contr.Uàt.c. 8. est de même fentiraent, aussi bien qu Origene Ub. 4. de prlncip. et traEt. 35. in Math. Julius Africanus, Laetance M. 4. SC autres -, mais le fentiment de S. Cyrille est plus probable; on voit par les Evangçlistes que Jésus-Christ a fait trois Pâques en trois années différentes depuis son Baptême, et qui! est mort à la quuneme Pâques, ainfî ayant eu trente ans’ i son Baptême, il a du avoir trentetrois ans paflez, quand il est mort »
Eloges de la ïhafleté, et les motifs de cette wrtu.CeA pour honorer la chair toute pure de Jésus-Christ. JÊgtofcant Krgmes fm stam dignitatem et coromm S. Ignace dit la mêmechofe: 5, fms?’-%’ ttjtmcastitate permancr d honorem carnis Dommca. S. Cyrille re-r,. levé la gloire L la recompenfe de la virginité, que cette vertu le trouvoit dans les Solitaires de son temps.
Si U Vierte qui Sa porté neuf mois mérite si fort d être kono-ee, nous devons nous eflimer heureux de t avoir poffede par la virgmie pendmt tant famées. S. Cyrille ne prétend pas élever les; Vierg.s qu sont vœu de chasteté perpétuelle au deffus de la sainte Vierge; mais il croit seulement quelles imitent pendant toute k TOfî vS a renfermé dans ses entrailles Jésus-Christ, sans cefler.detre Vier- tfS - Les Catcchefes dejaint Cyrille ge, portant Dieu dans leurs corps pendant toute leur vie; auffl;
dit-il plus bas, qu’elles auront part a la gloire de la (àinte Vierge.
Virgmts çwn Mria Virfine habebunt partem. S. Augustin a parlé ï Lih. d s. peu près comme S. Cyrille, lorsquil dit que la pureté féconde delà viïw. es- Vierge, fait l’honneur des feintes Vierges de l’Église; quelles sont comme Marie, les Mères de Jésus-Christ, si elles sont la volonté du Père. Ille unius fansta Fïrginis fartas, •mninm fanUarwn Vxrfj?
tium est déçus -, et ipfa ciem Maria Matra Christi funt, (i Patris ejut facïunt voluntatm, 48 Le péché d’un miment puny par des fupplices éternelles et sur tout dans les plaifirs impurs.
La Virginité, la vertu des Anges, 50 Modefiie des Vierges dans les habits, dans les regards, dans leurs démarches, que leurs txercices sont la prière, la mortification, et toute sorte de bonnes œuvres pour la unetification de leur cor™.
Catéchèse XIII
Prononcée furie champ, au sujet du Crucifiement, et de la Sépulture de Jésus-Christ, sur ces paroles d’ifaïe: Qui a cru à vôtre parole y et à qui le bras du Seigneur a-t’Uifs été’ révélé?.. // a été mené à la mort corn me une brebis qu’on va égorger,
QUoique, chaque action de Jésus-Christ ait contribué à la gloire de l’Eglifc Catholique, il n’y en a pourtant point qui luy ait été plus glorieuse que. sa Croix ’j cétoit ce qui faisait dire à S. Paul: A Dieu ne plai/e que je me Confie en autre Gd. tf, chose qu’en la Croix de notre Seigneur Jésus-Christ: Et si ce Fut un prodige furprenant de voir l’aveugle né, recouvrer la Vue en se lavant dans la Pifcinç de Siloéj quelle autre merveille d’éclairer tout le monde qui étoit dans l’aveuglement.. Tout grand que fut le miracle de la Refufreârion de Lazare, après avoir été quatre jours dans le tombeau j c’en est un infiniment plus grand, de procurer la vie à tous les hommes, qui étoient morts par le péché j ce fut une merveille d’avoir nourry -cinq mil % Le Cttechcfcs de saint Cyrille hommes avec cinq pains, et qu’il y en eut encore de reste.
Qu’est-ce que cela comparé au pain de la vérité, que Jésus-Christ est venu distribuer à tous les hommes qui étoient dans l’ignorance? et tout éclatant que fut le miracle qui délivra une femme poiTedée du Démon depuis dix-huit ans, ce n’est rien en comparaifon d’avoir brife à chacun de rious les chaînes de nos péchez car c’est parla Croix que Jésus-Christ a éclairé les aveugles, rompu les liens du peché, qu’il a racheté tout le genre humain.
« Et ne soyez pas furpris qu’il ait pu délivrer tout le monde, car ce n’étoit pas un pur homme; mais le Fils de Dieu, qui est mort pour nous/Ainsi que par le peché d’un feui homme, qui était Adam, tout le monde étoit tombé dans la mort. Si donc par la tranfgreïfion d’un seul homme, la mort a régné dans le monde 3 combien plus la vie doit-elle régner par la justice d’un seul? et si tous les hommes ont été chaflez du Paradis, parce qu’un seul dentr’eux avoit mangé du fruit d’un arbre qui luy avoit été défendu, ne sera-t’il pas plus convenable que Jésus-Christ par l’arbre de la Croix, procuré le Paradis à ceux qui croyront en luy? Si le pre tnkt homme tiré de la terrera caufé la mort à tous les hommes, est-cc que celui qui l’a créé, ne pourra pas donner la vie éternelle luy qui est la vi » même?
Si Phinées emporté par son zélé, ayant tué ccldf qui avoit peché, appaife la colère de Dieu, Jeets
« Çhjist non pas h façrifiant un autre y mais ç » ’}et deJerufalem.’Kîll. Cateeh; i stiôlant foi-mcme 3 comme le prix de nôtre rachat, ne pourra-t’il pas nous réconcilier avec son Pere Ne rougiflbsts donc point de la Croix de Jésus Christ, faisons-cn plutôt nôtre gloire. Je fçay bien que (à Croix a fçandalifé les Juifs, et qu elle est un sujet de rifée aux Grecs, et à ceux qui veulent périr-, mais c’est la vertu de Dieu y pour ceux qui veulent être fauvez; car comme je Pay déjà dit, ce n’est pas un pur hommoui est mort pour nous, c est le Fils de Dieu qui a pris nôtre nature. Si l’agneau que les Juifs immoloienr selon Pot dre qu’ils en atvoient reçu de Moïse y faisait fuir l’Ange exterminateur, combien l’agneau de Dieu est-il puissant pour nous purifier de nos péchez? Si le sang de Pagneaudépourvu de raison, fauvoit les premiers nez 3 combien plus le sang du Fils unique de Dieu, ést-il puifTant pour nous fauver? c’est la vertu de Jésus-Christ crucifié qui met en suite les Démons.
Et si vous ne voulez pas ajouter fdy à mes paroles, croyez des faits qui sont incontestables. Quoique par tout le monde, pluficurs hommes ayent été attachez à la Croix, il n’y en z aucun qui fatfc trembler et frémit les Démons } parce que tous ces hommes sont morts pour leurs propres péchez } mais Jésus-Chriffc est mort pour les autres 4, c’est. lety qui ri a point commis de péché, et dont U bouche nà mm profère aucune parole de menfonge. Ce n’est pas i. Petr., seulement S. Pierre 3 qui a dit cela de luy 3 de peur « p-on ne crut qu’il eût voulu en cela favorifer et flatter son Maître i Isaïe Pavoit dit bien avant ce »
P p ij 3 o o L es Cœiechefes de saint t Cyrille
Apôtre, quoiqu’il n’eût vu qu’en eiprit qu’il de-3 voit se faire homrdé.
He pourquoy produire le témoignage d’un Prophète? voyez seulement ce qu’a déclaré celui-là même, qui l’a condamné a mort. N’a-t’ilpas dit: j€ ne trouve point de crime en cet homme; Et étant prêt fé de le condamner à mort, se lavant les mains devant tout le monde, il dit: Je suis innocent du sang de cet homme juffe Les voleurs même qui ont été crucifiez avec luy, ont reconnu son innocence car un d’eux l’ayant blafphêmé, l’autre le reprit, luy disant: Pour nous c’est une justice que nous fouffrions, car nous l’avons mérité pour nos crimes; mais celuicy n’a commis aucun mal, vous étiez présent aussi bien que moy, lorsqu’il a étç jugé
Croyez aufïi que Jésus-Christ a véritablement été crucifié pour les hommes, et non en apparence 5; qu’il nous a vrayment rachetez, et que ni sa mort, ni nôtre salut qu’il a opéré, ne sont point des contés, ni des rêveries; car /î sa mort n’étoit qu’imaginaire, les Pharifiens meriteroient detre JHath.ij.cms, eux qui dirent à Pilatc: Nous nous sommes feuvenus de ce que ce Jeduéteur avoit dit, lorsqu’il étoit encore en w. Il a donc vrayment fouffert, il acte vrayment crucifié, et loin de rougir de la Croix, nous nous en glorifions; et si je voulois le nier, cette montagne de Golgotha, sur laquelle nous sommes présentement aflemblez, me l’apprendroit, comme auffile bois de sa Croix, qui est difperfé par.mofr çeaux prefque par tout le jnon4e, de JerufaUm. X 1 1 1. Catech 301
Je n’ay donc point de honte de confefler son Crucifiement y lorsque je fçay qu’il ett refufeité; car s’il né fût point refufeité, mais qu’il fût demeuré mort y peut-être que je cacherois son Crucifiement j mais puisque la Résurrecetion a fuivi son Crucifiement 7 y je ne rougiray point de la prêcher de vant tout le monde. De même donc qu’il s’est fait homme pour nous, aussi a-t’il été crucifié pour nos péchez, et non pour les fïens.
Car on ne pouvoit luy faire de reproches d’avarice, luy qui avoit appris à ne rien pofleder 8 5 ni d’aucun dérèglement, luy qui avoit prêché que 3uiconque regarde une femme avec un mauvais elfein, a déjà commis l’adultère dans son cœur; ni d’aucune violence, luy qui tendoit son autre joue, quand on l’avoit frappé sur une -, ni pour avoir violé la Loy, luy qui en avoit été le plus exaSb obfervateur; ni pour avoir méprifé les Prophètes, luy qui avoit été prédit par les Prophètes; ni d’avoir fraudé dans le négoce, luy qui guérifToit les malades sans argent s, et sans aucune récompenfe; ni d’avoir péché en paroles, ou en aetions, ou dans sa manière de vivre, luy qui ne fit aucun pe àiéyetc dans la bouche duquel on ne trouva aucune chose réprchenfible qui ne rendit jamais injure pour injure, et qui dans les douleurs qu’il fouffroit, ne faisait aucune menace, et qui n’a poipt rcfufé la mort pour nous, mais l’a acceptée volontairement xo.
Et si quelqu’un par reproche luy disait encore: Ayez pitié de vous-même Seigneur, il luy répliquera: Retire-toy de moy Satan. Pp iij 3 Les CaKchefes de saint Cyrille ’
Et si vous voulez être perfuadez qu’il a breri voulu fouffrir pour nous, c’est que différent des autres hommes qui meurent malgré eux 3 et sans Ravoir qu’on doit les faire mourir, il a luy même prédit a paffion: //cy jwe le Fils de l’homme disait-il }fiu Math.io. lirf pMT sa crucifie.
Hé pourquoy pen(ez-vous qu’il ait voulu mourir? c’a été de peur que le monde ne pérît à cause des péchez des nommes: Voicy, disait-il, (me nom
Métth.io. allons aJerufalefKx le Fils du l’homme fer livre et sera crucifie. #
Et pour nous fzitc connoître que la Croix est la plus grande gloire de Jésus-Christ, écoutez-le disant à Judas, qui se levant de la table, où il avoit reçu le Calice de Benedidtion «, dans le temps qu’il méditoit de répandre le Sang innocent, et de Hvrer par trahifon Je Perc de famille, à Judas qui venoit de manger à sa table, et qui cherchoit aie perdre, et qui venoic de fouiller les mains en recevant de l’argent de la vente de son maître, et oui ayant été défigné par Jésus-Christ, se retirade sa compagnie pour aller exécuter son mauvais deffein: Voicy, dis- je, ce qu’il luy dit 3 en parlant de »
« Jm.ii.4. sa mort: L’heur est venue que le F’ds de ïhommefer glorifié; Voilà comme il appelle la Croix un roystcre de gloire pour îuy » Et si Isaïe, feie par le- milieu du corps, trouva dansce fûpphctune gbireimmortcHe, nousdevons croire que Jésus-Christ a dû être bien plus glorifié en mourant pour le faim de tout te monde: -Ctf tuamtenamt, dk-iie h FUs de l’hmmcferi deferufalem.X 1 1 1. Catech, 30 non qu’il ne fût déjà plein de gloire, avant même la création du monde, mais il îVetoit glorifié que comme Dieu; mais maintenant il est glorifié par la patience, avec laquelle il a {buffert le fuppficc de la Croix.
Il n’a point été forcé à mourir, ce n’est point par violence qu’il est mort 3 c’est parce qu’il la voulu, comme il le dit luymêrne: J’ay pouvoir de Lifstr ma vie 3 £jr j’ay le pouvoir de U reprendre; Si je suis Joan. si pris par mes ennemis, c est que je le veux bien 9 autrement ils ne mepourroienc rien faire- Il a donc été crucifié, parce qu’il l’a voulu, se faisant une joye de procurer par cette voye le faluc des hommes; ce qu’il a fait’, non comme s’il eût été un pur homme, mais p-arce qu’étant Dieu il s’est incarné11, et a fouffert en se foumettant aux or±dres de son Perc.
Les Juifs contredifent à la vérité ce mystere; nuis c’est leui coutume Je contredire tout ce qu’on leur propofe, et de ne croire que fort tard y comme le marque le Prophète que Ton vient de lire ly: Seigneur qui a cru à votre parole. LesPerfes!4 croyent [• »• les Juifs ne veulent pas croire. Jésus-Christ le prédit en parlant de luy-même Ceux qui « ne 1 ont Ai vu, m étendu, aoiront en luy, et ceux à qui on l’a annoncé, qui le lifent dans leurs Livres, le Rejetteront. ’ 1 Ils voias disent, pourquoy le Ckristauroit-il fottf fert? est- ce que le bras ou la puissance de l’homme prévaudroit contre le Seigneur? mais c’est qu’ils fec sont pas aUentiott à ce qui est dans Jcreimc lequel en déplorant la défolation du peuple de son temps, marque, par un esprit de Prophétie, votre mifére, et vôtre ruine.
Il a pleuré sur les maux de Jérusalem -, qui a crucifié le Seigneur, et non sur Jérusalem telle qu’elle est aujourdliuy, qui adojre le Seigneur crucifié; ce Prophète déplorant cette ville, disait: Le fouffie de ’votre visage, le Christ qui Thrw. 4. est le Seigneur a été pris dans nos peche%. Voyez- vous donc que ce ne sont pas des fictions que je vous propofe y et que le Prophète témoigne que le Christ sera pris par les hommes mais Prophète continuez je vous prie à nous dire ce qui arrivera ensuite: Nous vivrons, dit- il, parmi les Nations sous son ombre, marquant que ce ûe serait plus parmi Ifraël qu’on trouverait la grâce, et la vie, mais chez les Nations l6.
« Mais comme ils nous sont plusieurs quections, nous tâcherons avec le fecours de la grâce, autant que la brièveté du temps le pourra permettre /à vous rapporter plusieurs autres témoignages, pour prouver sa Passion; car tout ce que Jésus-Christ a fait, a été écrit. Il na rien fait qui n’ait été prédit marqué par les Prophètes, non sur des tables de pierres, mais par 4’infpiration du S. Esprit: ainsi quand vous entendez ce que l’Evangile dît de Judas, ne, devez-vous pas le croire?. Vous entendez dire que ses entrailles s’ouvrirent, ne devez-vous pas voir si cek est écrit? u’il s’est pendu dans un jardin; Ne fuffitil pas que celafoit écrir? Demet xnc on vous dit du Christ, qu- il a été crucifié; qu’il a été vendu trente deniers y qu’on Uiy a fait boire du vinaigre; qu’il a été crucifié avec des voleurs; que son corps a été mis dans un Sepulchre, et couvert d’une pierre; qu’il est refufeité. Ne devez-vous pas aussi voir, ficela est écrit, et si nous ne vous en irapofons point, en vous enfeignant ces choses » nôtre parole et nos discours ne se prennent t de l’éloquence, ni 4e la fagefle des nommes,
Car point de l’éloque ce ne sont point des fophifmes, ni des problêmes
Îiue l’on propofe seulement pour exciter la curioité.Nous ne parlons point- seulement pour parler ni pour vous entretenir; niais nous prêchons Jésus-Christ crucifié, ainsi qu’il a été prédit par les Prophètes.
« Lors donc que vous écoutez leurs témoignages, confervez-les bien dans vôtre cœur; et comme il y en a beaucoup, et qu’onze peut les rapporter tous pendant un temps aussi court que celui d’une heure »7 que j’ay à vous parler; je choifîray seulement les principaux; cela vous donnera occafion de chercher les autres, vous appliquant à vous instruire de Jésus-Christ, et à luy être agréable par vos bonnes œuvres, vous le glorifirez; car celui qui a befoin de fagene, doit la demander à Dieu, et il la luy donnera. Demandons-luy donc par nos prières, que nous puiflions faire ce que nous vousoifons, et que yous puifliez croire ce que nous vous prêchons.
Voyons présentement quels témoignages les Ecritures nous fourniflent de sa Pafllon, etpen(bns que nous sommes aflemblez icy, non tant pour Vous çxpofcr les paflages de l’Ecriture, que pour 30 S Les Catéchèses de saint Çyntte vous fortifier dans la croyance des choses qu’on vous a appris. Cy-devant nous avons parlé de la- venement de Jésus-Christi comment il avoit marché sur la mer, et comme dit l’Ecriture, il s’étoit fait un chemin sur les eaux, marchant à pied fec sur la mer. Je vous ay rapporté les pafTages, où il étôit parlé des differens malades qu’il avoit guéry, présentement je ne rechercheray que ce qui a rapport à sa Paflion.
Je commence par Judas, qui le trahit; il éroifc son Disciple, il ne partait qu’avec douceur, comme un homme de paix, et il traitoit avec ses ennemis pour le livrer: c’est à son sujet que le Pfalmiste a dit: Mes amis et mes proches se sont unis # élevc contre moy. Et dans un autre endroit: Ses paroles sont 55- plus douces que de l%mle, et si ce sont des dards et des flèches; car en baifant (on maître et luy disant bonjour, il le livra à la mort, et fut infenfible aa reproche de JcfusXhrist, qui luy ’dit: Judas vou livrez le Fils de l’homme par un baifer l8. En luy parlant de la sorte, il le reprenoit de sa faute enl’appellant par son nom -, car Judas veut dire confetlion, comme luy disant: Pensez à ce que vous faites, vous avez reçu de l’argent pour me vendre, confeflez au plutôt vôtre faute, et voicy ce qu’en
P/.ieS. avoit dit le. Prophète: Ne vous taist pas, o mon Dieu, sur le sujet d mon innocence, parce que U Mche du pécheur, et U bouée du trompeur sont ouvert! pour me deàirer.
Vous avez vu cy-devant qu’il étoit lié devant illc/etipréfencede quelqu’un des les portes de la Ville /en pi dijerufalem. XI 11/Catcclv 307
Princes des Prêtres, et si vous vous en fouvenez, Je Prophète avoit marqué, le temps, et le lieu de cet événement. Ils se sont aflfemblez sur le foir à la porte de la Cité, comme des chiens pour me dévorer.
Voicy pareillement ce qu’un autre Prophète avoit dit des trente deniers, dont il fut vendu. Je leur diray, s’il vous femble bon: Donnez-moy mon falaire, ou fî non, ceflfez; I, eet Médecins ont coutume de recevoir quelque falaire dçs malades qu’ils traitent, etc moy au lieu d’être adoré de vous, je n’en recevray que des injures et du mépris. Voyez comme l’Ecriture a tout prédit: Tay été dit-elle 9 mis a prix parlesenfansf dlfratl, et vendu trente pie- Zach. xi. tes d’argent l9. O combien est fure et incontestable pe que les Prophètes prédifènt par l’infpiration du S. Esprit; on voit: que celui-cy n’a pas marqué dix pu vingt, mais qu’il a rapporté le nombre justfcde trente deniers. Il a exprimé aussi clairement celui qui en avoit fait l’estimation 3 et comme celui qui avoit reçu cette fomme l’avoit rendu, etmême cç qu’il étôit devenu après; Ayant pris les trente pièces argent, dit le Prophète, il les jçtta m l rnaifon diè Seigneur y pour un fourneau.
Voyez comme’ le Prophète s’accorde avec l’Evangeliste qui dit que Judas touché de repentir, après avoir jette l’argent dans le Temple, se, retira. rr H est bon: de lever une petite difficulté que sont Suelquesuns, disant que le Prophète avoit marqué que cet argent avoit été jette en la maison du Seigneur, pour un fourneau que l’Evangeliste dit ê qu’il fut donné pour le champ d’un Potier. Mais voicy comme on peut accorder ces deux paflages. Les Princes des Prêtres, qui pafloient pour les plus religieux parmi les Juifs, voyant Judas se repentir de sa faute, en disant: Jay péché en livrant le (ang de l’innocent} luy répartirent: « 5 notts importe, Mth.i7.ciefi votre affaire. Comme si ce n’eût été rien pour eux, que de faire mourir cet homme innocent, que ce n’eût été. une grande affaire qu’à celuy qui avoit reçu le prix de sa vie, et qui l’avoit livré.
Ils dirent donc entr’eux, il n’est pas, permis de UU. mettre cet argent dans le Tréfor, parce que c’est un prix de sang. Ils se condamnoient ainfî parleur propre aveu j car si le prix ou la vente étoit injuste, vous ne deviez pas en faire l’achat: que fi’dcst une chose juste que de crucifier le Christ, pourquoy n’en pas prendre le prix de sa vente? Mais répondons à là difficulté qu’on propolei’ comment l’Evangile n’est pas différente du Prophe; te -, c’est que les Potiers ont des fours ou fourneaux, aufll bien que ceux qui travaillent sur le fer, ou sur le cuivre pour féparer les parties les plus g ») fieres des métaux, et en cela TEvangeliste n’a fait que parler plus clairement, en marquant le fourneau d’un Potier, ce que le Prophète n’avoit pas fpecifié selon l’ufage des Prophéties de parler toujours en énigme, et moins clairement.
Jefùs ayant été livré aux Juirs, ils le lièrent, et le menèrent ainsi dans la maison du Grand-Pretre; Cela avoit aufll été prédit par Isaïe °: Malheur a feux qui si sont déterntine% à de mwait confeils, « ’ « se /r#/â/« ». X I II. Catech. 30? » »
« 4 »f entr’eux: lions le jufie, parce qu’il nous chagrine par sp. t.iù fus reproches, et c’est avec raison que le Prophète dit: Malheur à ces gens.
Nous voyons qu’Isaïe a été fcié en deux, et qu’enfuite la fureur du peuple étant appaifée, le peuple fut comme guéry; que Jeremie fut jette dans un lac plein de puanteur11, et qu’on luy pardonna cette faute, parce qu’elle étoit peu confiderable, n’ayant péché qu’envers un homme.
Mais depuis que les Juifs ont outragé un Dieu incarné, c’est avec raison qu’on doit s’écrier: Malheur à eux, ils ont lié le juste.
Quelqu’un dira peut-être, ne pouvoit-il p5 se délier? luy qui avoit tiré Lazare des liens de la moR, où il étoit depuis quatre jours; luy qui ayoit brifé les chaînes de fer de S. Pierre, lié dans la Prifon? Mais fç.achez que les Anges qui l’accompagnoient, difoient: Rompons fis liens y mais ils luy Pf. • • aidèrent seulement à les porter, parce que le Seigneur a voulu fouffrir d’être lié pour nos péchez. Ensuite on le préfenta devant les Anciens pour être jugé, et il avoit été écrit: Le Seigneur à comparu devant les Anciens du peuple.. f
Le Grand-Prêtre l’interrogeant, fut indigne entendant la vérité, et la justeffe de ses réponfes, et: un de ses valets donna un foufflet au Seigneur; mais quoique son visage fut plus éclatant que le soleil, il voulut bien être ainsi traité par les mains des pécheurs.
D’autres crachoient au visage de celui qui avoit guéry un aveugle de naissance avec de la boue Eit
Q.4 i v; ce aihfi peuple infenfé, que vous reconnoifiez Ici bienfaits du Seigneur? C’etoit ce qui faisait. écrier 4.53. au Prophète pour marquer sa furprife: Seigneur, qui est-ce qui a cru à votre parole? Est-il croyable que le Fils unique de Dieu, le bras du Seigneur fouffre ces chôfes?
Mais pour affermir la foi de ceux qui veulent être fauvez, fçachez que tout cela avoit été prédit par le S. Esprit, parlant au nom de Jésus-Christ, Jfai. 60. et disant de luy t Us mont frappe de verges sur le dos; car Pilate le fit flageller 3, avant que de le crucifier: Ils m’ont brife les mâchoires 3 (jr je n’ay point détourne le visage pour ne point recevoir les crachats, dont ils l’ont couvert. Il parle ainsi pour marquer l’exemple dé patience qu’il donna à ses DifcipleS; qu’il devoir animer à fouffrir auiiï la mort pour la deffenfe de la vérité; car ayant dit que celui qui aime son ame y la perdera; s’il eût si fort aimé la vie, il n’auroit pas fait ce qu’il avoit enfeigné. Quoy donc qu’il fût Dieu y il a voulu ainsi être mal-traité des hommes, afin que les hommes en fouffrant de femblables trâitemcns de leurs égaux 3 n’eufTent point de honte de les fouffrir pour luy 4,
Remarquez que les Prophètes ont écrit tout cela, et très distinetement: car comme je 1 ay déji dit, j’obmets beaucoup d’endroits de leurs écrits, a cause de la brièveté du temps, et qui voudroitun peu s’y appliquer y trouveroit qu’il n’y a aucune aéfcion de Jésus-Christ, qui n’ait été prédite.
On k mena lié de Caiphe à Pilate, c est ce qui te trouve aussi écrit: que ceux qui Tavoientlié, le;
préfenterent au Roy en manière de présent. Quelqu’un dira peut-être que Pilate n étoit pas Roy, et qu’on ne peut luy appliquer ce paffage; mais fuivcz PEvangile, et vous trouverez que Pilate ayant allure que Jésus étoit de Galilée, le renvoya à Hé-. rode; or Hérode étoit Roy, et il étoit pour lors à Jérusalem; et remarquez l’exaetitude du Prophète, qui dit qu’on l’envoya pour présent: car par ce moyen Pilate et Hérode devinrent amis ce jour-là, d’ennemis qu’ils étoient auparavant, et il étoit convenable que celui qui étoit venu purifier tout le monde, commençât par reconcilier ses Juges, luy qui tient en son pouvoir les cœurs mêmes des Princes de la terre.
Admirez après cela non seulement ce ciue les Prophéties en ont marqué, mais comment le Seigneur a été jugé. Les loldats le menèrent devant Pilate, qui étoit afTis pour juger celui qui est affis à la droite du Père, et qui étoit pour lors debout, attendant son jugement. Ce même peuple qu’il avoit autrefois délivré de l’Egypte, et de plufiruis autres périls, demanda avec instance par fes’ cris, qu’on le crucifiât. Voyez quel fut leur fureur, il avoit rendu la vûë aux aveugles, fait marcher les boiteux, et fait mille autres biens à cette Nation, comme leur reproche un Prophète: C’cst celui-là contre qui vous avez ouvert vôtre bouche, et contre lequel vous avez produit vos cris, comme parle le Seigneur luy-même par un Prophète: Mon m. ni héritage ma été comme un lion en la forêt, il a jette son y contre moy â jt ne l’ay pas four cela eu en haine, mais c’efl luy qui sest foulevé contre moy. Aufïi ajouta-t’il, j’arracheray ma maison hors du milieu d’au.
Lorfqu’il fut jugé, il se teût, et comme si Pilate en eût été touché, il luy dit: N’eritendez-vous pas les aceufations qu’on forme contre vous, non pourtant qu’il se fouciât de celui qu’il venoit de ju ger, mais il apprehendoit le fonge de sa femme, qu’elle luy vouloit faire fauver; mais le Seigneur garda toujours le filence, comme le Prophète l’a37- voit prédit: Je ri écoutais non plus quunfourd, et j’étois comme un homme muet, qui ri ouvre foint U bouche 5; Je suis devenu semblable a un homme qui n entend point y et qui ri a pas dans la bouche de qmy répondre.
Je vous ay déjà rapporté cela, si vous y faites attention; mais les foldats qui l’environnoient, le mocquoient de luy, le Seigneur devint leur jouet,
Tbm. i. comme il est dit par le Prophète: Les pajfans ont ïy fifié et hoché la tête contre la fille de Jérusalem.
Et comme s’ils euflent voulu reconnoître foû règne, en se mocquant de luy, ils f£ mettoienta genoux devant luy, le revêtirent de pourpre, hxj mirent une couronne sur la tête l6 9 qu’importe qu’elle fût d’épine; Ccst la coutume des.foldats de se choifir des Rois, et Jésus-Christ a été cou ronné 7 par des foldats, qui figuraient son Env
Cantic. i. pire, comme il eu écrit: Sortes fille de Sion, ng- dez le Roy avec la couronne, dont sa Mère l’a couronna
Cette couronne fut d’épine, pour fignifier lar bolition des péchez, et la hn de la nialedietion que
Dieu avoit prononcée après le péché d’Adam, W de Jemfalern. XIII. Catech. i disant: La terre sera maudite a ton occafion, éUe rodu’t-amf.yt ra des é fines et des chardons; et ce fut pour lever cette maledietion, que Jésus fut couronné.
Depuis il fut aussi enfevely i afin que la terre qui avoit été maudite à caufedu premier homme, fût bénite par Jésus-Ghrist
Après que le premier homme; efct pèche), il fé couvrit de feuilles d’un figuier et Jésus voulut cfué le figuier terminât tout ce qui avoit été prédit. En allant au fupplicc, il tecoxicrarun figuier, et le raàu dit, comme reprefentant celui du Paradis tjetrèstre; en disant: Perfohne né mangera déformais de te » figues; etleva ainsi la malédiction pouflee contre ce fruit; et comme ce figuier n’avpit que des feuilles, quoique la faifon dej’hyver né permît pas qu’il portât du fruit, ce que Jésus n’ig; fofo«: pas, il le maudit jusquaux feuilles: c’étoit donc parce qu’il figuroit celui qui avoit été cause de la chute de nos premiers pafens dansée P; ara’dis;.’:•;
« Mais à propos du Paradis „peiit-ôn afTez admk rer le rapport entre la figure et ta y enté? Ce fut dans le jardin du Paradis que l’homme tomba », ç été dans un jardin que Jestis-Ghrist a cornmencé nôtre salut. Lç.peehe çtoit venu par fo, bois d’un arbre, et ce salut a-été’ confommé par le bois de la Croix. Ce fut après midy que le Seigneur se promenant dans le Paradis y enxhaffanps premier? Païens, et ce fut après, midy que le Seigneur fit entrer le bon Larron dans son Paradis.v
Peut-être dira-t’on que tout cela sont des ima gioations. et qu’il faut montrer comment le bois 314 Les Cateéyèfes de faim CjriBe de la Croix a été prédit par les Prophètes V: vôyct ce qu’en dit Jeremie, et affermiflez-vous dafis k yw. ii. foi: fay été comme fin agneau J qui e si mené pour être éZoret et je m ff avais pas les entretiens qu’ils avoient formel contre moy? C’est par interrogation qu’il faut lire ces paroles, Je nefçavois pas... Comme s’il difbit: Celui qui avoir marque que dans deux jours il serait la Pâques /et quelle Fils de l’homme se roit livré pour être crucifié, est-ce qu il rie le Ravoir pas£ Moy doûè,- dit-il T fay été cortitaè un agneau qui est conduit pour être facrifié, dstec que je tic le fçavois pas? Or quel est cet agneau? c’est JeanBàpt; istè qui nous l’apprendra: voicy FAgneau de Diçu i et c’est luy qui dit par le Prophète Ils iônt foirme âts entreprifés contre tfiôy: or celui qui peut pénétrefk« penfées dés hômsties etf pôurra-t’ïl ignorer lesévenfcffiens?
Hé que difoientils l Mettons an bois dans son pain 50: Or avec le fcJtrm. xi. COUj.s ju ciel, vous Connoitrez dans la suite, que selon l’Evangile V le jpain étoii h figuré de foii corps. Venèz-dorie i di(oiènt-ils i mettons du bois dan? son pain, exterminons-le de la terre des Vivans: maisefforts inutiles i Peut-on exterminer celuy qui est la’-vié? Ife dïfoient encore r Que son nom foif effacé clef là mémoire des hostimes? Hô que leurs defleins ont été renverfez! puisque son nom se publie dans l’Église, avant le lever du soleil Mïfe avçit aussi marqué avec pleur, que la vie serait attachée au bofe Vôtre Vie, dïfôk-il-, sa pendue devant vès: ycu: Vous craignez tous les jours -et les nuits- pou vê« evky-et, yQUsne croye de ferufalm. XIII. Catech. ij paç en celuy qui fait vivre. N est-ce pas ce que vous jypz entendu lire; Seimcur fit cm lwtst parole » »
Moïse dreffa autrefois la figure 51, lorsqu’il éleva sur une Croix un Serpent d’airains afin que ceux quiavoient été piquer par 4e vrais ferpens fuflent guéris, lp regardant. Sï donc uh Serpent d’àkawvtfr taché à une Croix, a pu guérir ceux qui le regar doient, le Fils de Dieu qui s’est incarné, étant at taché à la Croix, œ pourra-t’il pas /ativercbux qui croyent en Uiy?
De tout temps Dieu a voulu faûver les hommes par le bois i au temps de Noc 5l ce fut une Arche de bois qui fauva Us hommes du rdeluge Moïfeen frappant la mer rouge avec sa verge, en fepara les eaux pour fauver les Ifrà’ëlites. La Croix de Jésus-Christ fcra-t’elle moins putffante que la verge de Moïse? J’obmets plusieurs autres figures de ce mystere, pour ne point être trop long Au temps de Mo’rfc du bois jette dans des eiaiix falées ameres, leur ôta l’amertume: or l’eau a coulé, est fortic du côté de Jefu-Christ, a arrofé le bois de sa Croix. Moïse a commencé Ces prodiges sur du farig, et sur de l’eau, et le dernier de jceox de Jésus-Christ, c’est le sang et l’eau forty de son côté. Moïse changea d’abord les eaux en sang, etc Jésus-Christ a fini sa vie en faisant fortir ic l’eau du faug de son côté; peut-être pour expier, le « rime de celui qui l’avoit jugé J etc le meurtre de ceux qui l’avoient mis à mort, ou bien pour le salut de ceux qui croiroient, et la perte de ceux qui ç croiroient pas,. »
Pilatë disant: Je suis innocent, lavafes malns’jr? avec de l’eau; les Juifs qui l’ont vu mourir, crioient: Que fin sang [oit sur nous; Il fortoit ainsi de son coté de l’eau pour son Juge, et du sang pour ceux qui l’ont crucifié, ou bien dans un autre icils: il a voulu défigner les Juifs par le sang, comme ceux qui avoient follicité sa mort; et les Chrétiens par l’eau, parce qu’ils dévoient recevoir le Sacrement de la foi par Tcau du Baptême: car toutes ces choses ne sont point arrivées sans raison.
Les Pères qui nous ont précédé 34 en ont donné encore d’autres raifons. Que cojnme il y a deifx moyens d’être sauve par le Baptême, qu’il y a deux sortes de Baptême 35 marquez dans l’Evangile, un d’eau que reçoivent ceux qui sont baptisés, un autre de sang qui a fait les Martyrs au temps des perfecutions: Jésus-Christ voulant autorifer ces deux voyes, par lefquclles nous sommes fauvez, les a mar« quéespar le sang et l’eau, qui sont fortis de son côté; savoir le Baptême et le Martyre. »
En voicy encore une autre explication: Comr me la femme qui avoit été tirée du côté d’Adam, avoit été la cause du péché; Jésus-Christ voulant reconcilier avec son Père les deux fexes, il a voulu que son côté fut ouvert comme pour effacer le péché que la femme avoit introduit dans le monde. On en pourroit donner plusieurs autres fignifications que j’obmets volontiers, de peur d’être trop long, et de vous ennuyer; quoiqu’on ne devroit point s’ennuyer d’entendre parler des fouffrances du Seigneur, # encore en ce. saint lieu de Got de ferufaîem. X II 1. Catech: ij gotha i6 car on y a vu ce que les autres n’ont fçû que pour avoir entendu dire, nous en avons été les témoins n, et nous avons vu et touché ces choses; ainsi ne vous laflez point d’en entendre parler.
Armez-vous contre les ennemis de cette Croix? que la foi de ce mysterevous faite triompher de ceux qui la combattent: et quand vous aurez à difuter contre les infidèles sur la Croix du Seigneur, faites-en d’abord le signe avec la main J, et vous leur fermerez la bouche. Ne rougiflez point de confeffer la Croix de Jésus-Christ, les Anges mêmes s’en glorifient, disant: Cherchez-vous Jésus cruàfiét car pouvant dire: Je fiay celuy que vous cher- MmaS. ckç, cefi mon Seigieur, il dit hardiment:’ Je fçay que vous cherche celui qui a été attaché à la Croix. Cette Croix n’estdonc pas son ignominie, c’est sa gloire. Mais reprenons ce que nous avions commencé à dire des Prophéties sur ce mystere; je vous ay parlé des paflages, où son Crucifiement étoit marqué.
Vous voyez sur cette montagne de Golgotha, le lieu où cela s’est pane, confeffez-le donc de coeur et de bouche, non seulement dans le temps 4c la paix, mais au temps des perfecutions. Ne soyez pas seulement amis.et difciples de Jésus-Christ dans le calmer, soyez-le aussi dans le temps de trouble, et de guerre. Vous recevez maintenant dans le Baptême la remiffion de vos péchez, des dons fpirituels, des gratifications du Roy: quand le temps de la guerre sera venu, il vous faudra combattre non seulement pour ses interests, mais a« ffi pour le vôtres. Jésus-Christ a été crucifie r R r iij pour vous, luy qui n’avoir point péché, et pourquoy ne voulez vous pas être crucifié, ôc lbuffrir pour luy? Faites pour luy ce qu’il a fait pour vous; rendez luy avec ufure ce qu’il a fouffert sur cette montagne de Golgotha, qu’on appelle le Calvaire.
Cuielqu’uns l’ont ainsi nommé Golgotha, pour défigner le lieu où Jésus-Chrilt Iç cher des hommes serait crucifié 40, car comme dit ciof 1. l’Apôtre? // ester l’image du Dieu invifèle et le chef de l’Église. Et ailleurs il appelle le Christ, le chef des hommes, et le chef de toute Principauté; c’a été sur le Calvaire que ce chef a fouffert; c’a donc été par un esprit de Prophétie, qu’on luy a donné ce nom, comme pour nous apprendre à ne pas regarder Jésus-Christ crucifié comme un pur homme, mais comme le Chef et la Tête de toutes les PuuTanccs, comme un Chef qui a un Père: Jésus Christ est le Chef des hommes, et Dieu est le Chef de Jésus-Christ. »
Il a été crucifié pour nous, il. fut jugé de nuic dans un temps où il faisait froid, et où l’on faisait lu feu pour se chauifer. Ce fut à la troifiéme heure qu’il fut crucifié, et depuis la fixiéme heure jusqu’à la neuvième heure, le soleil s’éclipfa 4’, et il reparut lumineux après la neuvième heure. Voyons comme tout cela a été écrit.
JWet.14. Le Prophète Zacharie avoît dit: En ce jour-là. il n’y aura point de lumière, et il sera froid, et il y aura de la glace, et en effet il faisait froid, on se chauffoit. Le Prophète ajoute que ce jour sera connu du Seigneur y ce n’est pas que Dieu ne deferujalem. X 1 1 ï. Catech. 31 eonnoiîTe tous les jours, mais ce jour est appelle le jour du Seigneur, parce que c’est celui de sa Passion, le jour qu’il a fait pour fouffrir: et pour lors dit le Prophète, il n’y aura ni jour ni nuit, ce qui paroîtun énigme qu’on ne peut expliquer qu’à la faveur de l’Evangile. Il ne sera point jour, parce que dans le milieu du jour, l’es ténèbres seront répandus sur la terre 4. Etant Dieu il a nommé luymême les ténèbres, la nuit; c’est pour cela qu’il n’y aura ni jour ni nuit en ce jour; car il ne sera pas jour entier à cause des ténèbres qui seront depuis lafixiéme heure, jusqu’à la neuvième; ni toute nuit, c’est pour cela que le Prophète ayant dit, il n’y aura ni jour ni nuit, il ajoute: Et fut le foir la lumière paraîtra; ce qui marque avec quelle exaetitude le Prophète a prédit les circonstances de cet événement.
Si vous demandez à quelle heure le foîeiï s’édipfa, si ce fut à la huitième heure ou à la dixième, le Prophète Amos vous l’apprendra. En ce jour- mn. s. là, dit le Seigneur, je feray coucher le Soleil en plein midy; auflt ce fut depuis la fixiéme heure juCqu’à la neuviéirte, que cet astre s’éclipfa, et que la terre fut couverte de ténèbres. En quel temps ce Prophète a-t’il marqué cet événement, et en quel jour? Je changeray, dit-il, vos fètes folemnelles en deuil-, car e étôit au temps des azymes, ou de Pâques 45, que cela se pafla, aussi ajoute-t’il: Je feay verfer sur luy des larmes comme unt mère qui pleure son fils unique, et ce sera un jour de dou- fcur pour luy, et pour tous ceux qui seront avec 2!
luy. Audi en ce jour folemnel des azymes, les fenv mes fondoient en larmes, et pleuroient sur luy: les Apôtres qui s’étoient cachez f étoient dans l’abattement; que cette Prophétie est merveilleufe!
Si vous en voulez encore une plus claire, la voicy: Pendant que Jésus étoit attaché à la Croix, comme il navoit qu’une robbe et qu’une tunique, les foldats coupèrent en quatre parties sa robbe, mais ils ne déchirèrent point sa tunique, et les foldats jetterent au fort à qui l’auroit: tout cela se trouve prédit dans les Écritures, comme le fçavent les Chantres de l’Église, qui à l’imitation du chœur des Anges sont continuellement occupez à chanter les louanges de Dieu 44, et qui chantent en ce saint lieu de Golgotha ce que lt Pfalmiste avoic
Pf. 11.19. dit: Ils ont partage mes vêtemens, gjp ils ont jette m rohbe an fort. Ce furent les foldats qui la jetterent au fort.
Comme aussi quand il eut été jugé par Pilate, on le revêtit d’une robbe rouge, et on luy mit sur les épaules une cafaquç de pourpre; cela est aussi
V« }- écrit en Isaïe: Qui est celuycy, dit-il, qtâ vient £et dem y a fç avoir de Bofra avec sa robhe teinte en rougi Il n’y a point d’autre que celuy qu’on sevêtit par dérifion d’une robbe de pourpre. Pourquoy vôtre robbe est-elïe toute rouge, et pourquoy vos habits sont-ils comme les habits de ceux qui foulent le vin dans le preffoir l »
Il dit luy-même: Jay tout le jour étendu mes mains à un peuple incrédule, et qui me contredirent; c’est à la Croix que ces mains ont été éten- dè/erufalem. X 1 1 1. Catech. 311 chics, comme pour embraffer toute la terre j car Golgotha est le milieu de la terre 45: ce n’est point moy qui le dit, c’est le Prophète qui parle ainsi: // a operf le pf. 7. stlut au milieu de la terre.Celui qui foutient le Ciel avec ses mains fpirituelles, a étendu les mains de son corps, on les a attachées avec des cloux, afin que son humanité étant attachée au bois de la Croix, après y avoir porté nos péchez, et où elle est morte, y fist mourir nos péchez, et nouffist refujfciter à la justice: car comme la mort vient d’un homme, aussi la vie vient d’un homme, savoir le Sauveur qui est mort volontairement pour nous.
Souvenez- vous de ce qu’il disait: fay le pouvoir de laijfer ma vie, et fay IcJqmi i« . fouvoir de la reprendre. Voilà ce qu’il a fouffert, étant venu pour nôtre salut; mais nelas qu’il en a été mal reconnil du peuple! Jésus dit: fay foif. Celui jW. 1 qui faisait fortir Feau de la pierre et du rocher y demande à boire à la vigne qu’il a plantée. Hé que fait cette vigne qui descendoit des Saints, selon son origine! mais qui étoit aussi pervertie que Sodome par sa malignité dont il est dit: Leur vigne a été prife de la vigne de Sodome, ( dont le raifin Dmtenn. étoit empoifonné) et du terroir de Gomorhe; c est u cette vigne qui trempa une éponge dans du vinaigre, et la préfenta à son Seigneur qui avoit foif, ce qui étoit prédit clairement par le Pfalmiste: Ils Pf sf ri ont donné du fiel en mon repas, et en ma foif ils mont ahbrevé de vinaigre.
Ce fiel est marqué dans l’Evangeliste. On luy donnai du vin mêlé avec de la myrrhe: or la myrrhe est amére comme le fiel. Voilà c que VQUsaYCZ rendu au Seigneur: voilà ce qu vous qui étiez sa vigne, luy avez prefenté. Ccst tf« . 5. donc avec raison qu’Isaïe vous plaint, disant: Mon bien-aimé avoit une vigne, en un lieu gras et second: et pour ne propofer que ce qui fert à nôtre sujet: fay attendu, dit-il, quelle portât des raijms, qu’ayant foif, elle me donnât du vin i boire, mis eUe ne ni donné que des épines; Comme s’il marquoic la couronne d’épine qu’on luy a mis sur la tête. Hé que luy arrivera-t’il i Je commênderay aux nuts de ne plus faite tomber de pluie sur elle. On luy a ôté ces mtëSj ce sont ceux qu’on nomme Prophètes dans i, Cw.i4.1Église4, dont S. Paul a dit: Pour ce quiest des Prophètes, qu’il n’y en ait pas plus de deux ou trois qui parlent, et que les autres en jugent. Et ailleurs » »
« Ethtf. 4. Die » dit: il a donné à fan Église les uns pour être Prophètes, tel étoit Agàbus, qui prophétifa ayant les pieds et les mains liez.
On trouve aussi écrit les larrons qui furent cru cifiez avec le Seigneur, et c’est d’eux qu’il est dit:
il a été mis au rang des méchans; Ce furent les déni larrons qui forent crucifiez avec hry, l’un d’eux ne mourut pas dans son péché -, l’autre perfista avec obst tvarion jusqu’à la mort, et ne pouvant frapper Je Us-Christ avec ses mains qui étoient attachez à » Croise j il le chargea de blafphèmes par sa langue. Nous voyons auflS accompiy dans les Juifs qui »e ïstOcquoient de Jtfus-Christ crucifié, ce qu’avôic stt k Piôphére: Tous ceux qui me voyaient, « iiKjeqtjoiÉini de mey parlant contre moy et« £ Éofcmt la %fo, Un dés larrons wprit celui quittâtfumait « onw JefuGteist, et iitroim que h si »
de Jérusalem. XlII.eatech. 313 de sa vie devint le commencement de son met ite 47, le facrifice de son ame, et le recouvrement du sa- lut, ayant dit à Jçfus-Christ: Souvenez-vous dç moy, Seigneur, et biffe? cet aveugle, qui ne veut pas vous reconnoître: Souvenez-vous, Seigneur, non de mes œuvres; car je n’ay que sujet de çrainte pour elles, mais comme un homme Te repofe sur son compagnon i mourant avec yous fouvenezvousde celuy qui vous accompagne à lamott, mais 1 fouvenez-vons de rooy quand vous serez dans vet- tre Royaume. Voyez quelle fut grande h tef de t ce voleur, il adore celui qu’il vok méfwifé des
Jwtames, et crucifie avec luy, que fojte est la gra- t ce qui éclaire ainsi les aveugles? aussi e#tendit-il p -cette répoane falutairei Ayez confiance, no » etr vos m œuvresqui en sont indignes j nuis vçiey vôtf e etoy, qui feit grâce aux « arimiaels, et toute 4isteiJc que j: parut sa demande, il fut refque nufli-tot écoute:
« J -à la % qui vous edairott, e se »am ai)wm%uy i? que voua serez sauve. Adam fet 4eth de la |pçc four avoir touché au bois de l’arbre qui luy kettt défendu, et vous panerez du bois de la Croix en
Paradis. Ne craignez point de trouver un ferpent, il est chalfé du Ciel, et il ne pourra vous nuire:
Sfij je ne vous dis pas seulement quaujourd’huy voui ne serez point rejette, mais vous serez aveemoy; jj ayez confiance, ne craignez point le glaive de feu que Dieu avoit mis à l’entrée du Paradis, il re£ peete les ordres du Seigneur.
Combien fut grande la grâce et la mifericorde de Dieu envers ce Voleur et ce malfaiteur, il entre on Paradis avant Abraham, le Père des croyances y avant Moïse, et les autres Prophètes. C’étoit ce que S. Paul exprimoit avec admiration -, Où ilj
Kûm. 5. eu une abondance de péché, il jy a eu une fins grande abondance de grâce. Ceux qui ont porté le poids de la chaleur du jour, n’y sont pas encore arrivez, etcclui-cy qui n’est venu qu’à l’onzième heure y y est déjà entré. Que personne ne muttnure contre le Pe
JMâthio. de famille, qui dit: Mon amy, je ne njom sa point de tort ne mtst-il pas permis de faire ce qui me
Îdaît. Ce Larron étoit difpofé à mieux vivre, mais a mort est furvenuë; je n’attendray pas qu’il ait fait de bonnes œuvres, je suis content qu’il finiffe bien sa vie. Celui qui est venu paître entre les lys, dans les parterres a trouvé une brebis égarée, il l’embrafle, et la conduit au bercail c’est la foi qui l’a fait une brebis de Jésus-Christ, et qui luy a fait tfi iA dire avec le Prophète: Je me suis égaré commune brebis qui s9 est perdue; Souvenez-vous de moy, Seigneur, lorsque vous serez entré en pofTefîion de vôtre Royaume. C’étoit aussi en ce sens que 1T poux disait dans les Cantiques, à son Epoufee suis entré dans mon jardin. Or il y avoit un jardiô à l’endroit où Jefys-Christ fut crucifié. Et que luy dejerufalcm. Xllt. CatccH. zj ï-t’oh donné en ce jardin au lieu de vin aromatifc et du jus de grenade, celu’àvoit bû l’époux on fit boire à Jésus-Christ un vin amer, et duj vinaigre, et en ayant goûté, il dit: Tout est confom-Joan. i me.
Le mystere est accompli, les Ecritures sont accomplies, les péchez sont effacez; Car Jésus-Christ le Pontife des biens à venir, ayant paru avec un Tabernacle plus excellent, et plus parfait que n’a point été l’ouvrage des hommes; c est-à-dire, qui n’est point du rang des créatures.de ce monde, est entré une fois, non point avec le fangdes boucs, ou des taureaux, mais avec son propre sang dans les lieux saints: car si le sang des taureaux et des boucs, avec les cendres d’une génifle, répandus sur des personnes fouillées, leur communiquoit une fainteté qui purifioit le corps, combien plus le sang de Jésus-Christ? •
Puis dohe, mes Frères, que nous avons cette confiance par le sang de Jeiiis-Christ, que nous n’entrerons dans le Saint des Saints, que par le voile, c est-à-dire, par sa chair, il nous en a ouvert le chemin nouveau et vivant; et après que sa chair figurée par le voile, a été chargée d opprobres,1e voile du Temple se déchira en deux 49 depuis le haut jusqu’en bas; il n’est même rien resté du Temple selon que le Seigneur avoit dit: Sçachez que vôtre maison s’en va devenir deferte cette maiion 3 été entièrement ruinée.
Voila ce que le Sauveur a fouffert en pacifiant par le sang de la Croix, ce qui est au Ciel et en terre. Nous étions ses ennemis à cause de jiqs
« S f iij péchez, et Dieu ayant ordonne que celui qui pecheroit, mourroif, il falloit qu’il arrivât lune de ces deux choses 5° y ou que Dieu véritable dans sa parole, fist périr tous les hommes, ou qu’il révoquât son décret mais admirez sa bonté et sa fagefle. il a fjû accorder son décret avec sa mifericoide. Jésus-Christ a pris nos péchez sur son corps, le a attachez au bois de la Croix, afin que par la mort nous qui étions destinez à la mort pour nos intquitez y vivions à la justice; et celui qui est ainsi mort pour nous, n’etoit ni une brebis telle que celles a qui nous donnons ce nom, ni un pur hoiame, ni même un Ange, c’est un Die » incarné.
Le péché des hommes n etoit point aussi grand qu’étoit grande la justice de celui qui mouroitpour eux: car sa justice execdoit de beaucoup le nombre et Ténormité de nos péchez, ayant mis et donné sa vie pour nous, et aussi l’ayant reprife quand il Ta voulu.
Vouâra-vQUs fijavoir comment il riefk pas mort, malgré ioy éooutcz-le parlant! son Père, et dilue. 23. fnç. Max perr9 jt remen tm rfprit entre njos mains; Je vous k remets pour le reprendre, et en diiant ces paroles, il Bondit 1 efimt 9 et ce ne fut pas pour long-temps, car il refafcka peu de jour après.
Le ioleil s’cclipût à caufc liu folcii de justice, les pierna {k icndiDcnt 5 à caaf e de noelui qui est la pierre fpirituelle 3 les iepsuichres Vouvrhxnt, et les maris pefiilbœrent à caitfe de celui qui est le libre entre les morts et qui retira du lac sans eau, « eu qui éfioieat dans des liens, i. »
Ne rougiflez donc point de Jésus-Christ crucifié, mais dites avec confiance: C’est luy qui a porté nos péchez, et nous avons été guéris par ses meurtriffures, ne foyons pas ingrats envers nôtre bienfaiteur. Il dit aussi: J’ay été conduit par des malfaiteurs ’/’• S sur une montagne, et je dornictay les impies pour k prix de sa fepnlturc: ou comme dit S. Paul plus clairement: Jésus-Christ est mort pour nos péchez t. o. 15. selon les Ecritures, il a été enfeveli, et cstrefufcité trois jours après.
Vous demandez sans doute ou il a été enfeveli, qui luy a fait ce fepulchre en terre, et si ce fepulchre est élevé hors de terre, comme le sont les tombeaux des Rois? Je vous diray que ce fut un fepulchre de pierre, et qu’il y avoit une pierre deifus j ainsi que les Prophètes l’avoient marqué: regardez dit Ifaïc au roc dont vous avez été taillé; regardez //„;. v. là ce qui a rapport a l’Evangile, qui dit’ qu’on le nût dans un fepulchre taillé dans le roc, et qu’on fenna d’une pierre l’ouverture du fepulchre, ce qui (è trouve aussi dans un autre Prophète: Ils ont rhm. 3 enfermé ma vie dans une fofle, et ont roulé une 5. Pierre sur noy celui qui étoit la pierre angulaire, la pierre choifie et pleine de gloire, a été mis pour quelque temps dans un fepulchre de pierre.
Ce lien étok une pierre de (candalc aux Juifs, et une pierre fatacaire à ceux qui croyent en luy. Le bois de vit a « fonc été mis en terre, afin 91e k terre jua w »t été maudite, fût déformais une terre 4c bc stcdietidn 5 et afin que ceux qui étoient morts, xuU fent délivrez, et rendus à lavis. J c’ N’ayons point de honte de confefler JésusXîmst étucifié, mais marquez avec confiante le signe dev la Croix sur vôtre front 5; employez ce signe en: toute chose, soit dans le manger, ou dans le boité; en entrant ou en fortant de la maison, avant le fommeil, en vous couchant, ou en vous levant, en marchant % ou en vous repofant. C’est vôtre sauve garde, ce qui ne coûte rien aux pauvres et que les malades peuvent former sans peine; c’eit de Diea que vient cette faveur, c’est le signe des fidèles, et la terreur des Démons: car par ce signe Jésus a triomphé d’eux: montrez-leur hardiment ce signe: car lorsqu’ilvovent la Croix, ils se reflbuviennenc du Crucifié, ils craignent celui qui a brifé la tête du ferpent. Ne méprifez pas ce ngne, parce qu’il ne coûte rien; mais au contraire, remerciez-en la libéralité de celui qui nous procure par luy tant de biens...
Demeurez fermés dans la foi, quand même étant prefle de rendre raison de nos mystères, vous ne pourriez pas les démontrer y quand vous auriez à faire aux Juifs ou aux Grecs; Fermez la bouche à ceux-là en leur citant les Prophètes, et à çeux-cy en vous fervant de leurs fables. Que ceux qui adorent la foudre, fçachent que ce ibudre qui vient du Ciel, n’en est pas descendu sans sujet. S’ils ne rougiffent point d’adorer ce que Dieu a en horreur, iougirez-vous en adorant, 53 le Fils unique de Dieu, jui a été crucifié pour vous. J’ay honte de parler de ceux qu’ils regardent comme des Dieux, et je paiTe ces choses y.parce que l’heure, va fonner. Je recoin- rdcomistande seulement à ceux qui fçavdnt leurs fables de s’en feryir cpntfeux.
Soyez aussi armez contre les hérétiques; et quand vous en trouverez qui diront que la Croix n’est qu’un pbantôme ou une imagination, éloigiiet vous deux, et regardez-les comme’ s’ils:4ifoisnf que Jésus-Christ n’a été crucifié que comme’ ph’ant tome, au lieu que le fafut vient de la Croix, Si la Croix n’est qu’imaginaire, son Afcenfîon et son second avènement ne seront donc plus que des ré veries, et ainsi il n’y aura plus rien de certain. Croyez donc que la Croix est le premier fondement de nôtre croyance 53, et que e’çst sur ce fondement inébranlable que sont bâtis sous les -articles de nôtre croyance. Donnez-vous donc de garde de ne pas confeffer Jésus-Christ crucifié, autremçnt Vous auriez plusieurs témoins qui vous le rèprocherpient. Judas Je traîtrç qui Ta livré aux Princes des Prêtres, et aux Anciens afin qu’ils le conrdamnaflent à la mort-/ les trente deniers qu’il a reçu de £a vente i, le jardin de Gethfemani où il a été trahy J la montagne des Oliviers, et ceux qui laccompagnefent la nuit qu’il- y paffa en prière -,1a lune qui éclaira cette nuit -, le soleil qui s’éclipfa le jour de sa mort, comme ne pouvant fùppbrter k noireçut de ce crime le feu où Simon se chauffa comme étant l’image du feù éternel 55 9 dçstiné à brûler ceux qui nient Jésus-Christ crucifié; ce que c ne vous dis qu afin que vous n’en éprouviez jamais la rigueur: les épées qu’on tirasur luy à Getkfemani, comme Les. image du glaive dont Dieu 3ô Les Cttechefes Ac famt Cyrille punira les pécheurs dans éternité; la maison àé Caïphe qui fut son Juge: toutes ces choses, et Caïphe luy-même dépoferoient contre vous au jour lu jugement, aûffi bien que les ferviteurs qui donnèrent des {buffle ts à Je fus, et les fôldats qui le Itèrent, et qui le conduifoient.
Pilate même et Hérode dépoferont contre vous en vous reprochant de ne pas croire celui qu’on avoit aceufé fauflement devant eux, et qu’ils fijavoient très innocent. Piiâ« c lira que pour marque 4c (on innocence, à avok lavé ses mains: tous les faux témoins, Se les fddatf qui l’ont dépouillé, et ceux qui l’ont crucifié y et qui ont tiré au fort farobbe5 Simon le Cyre néen qui iuyaida à porter (a Croix toutes cjr s per fonnes dépoferont contre vous, comme aussi entre les astrcs du Ckl, kfoieil qui -s’éclipfai entre le choses de la terre, la myrrhe mi’on luy donna a boire, et le rofeau qu’on luy h t porter j entrefer berbes, i’hyibpe} cittre les choses de ta mer, #- »
Îonge, entre les arbres le bois de sa Croix; entfe es hommes, les foldats qui l’ont lié, et ceki jai lay perça le cote avec une lance et les femmes aùffi quiétoient ta préfentes: le voile du Tcnpte pi fut brifé, k prétoire de Pilate, quoique miné prcfoitement par la vertu de celuy qu’il a fait crucifier. Cette sainte montagne de Golgotha, qui est ainlï élevée et confacrée jusqu’aujourahuy, ou les pierres se briferent, à cause de la mort éc J fus-Christ; son fepulchre qui est içy proche, où H a été mis, et la pierre qui couvroit ce fepukhre, que Ïoïx montre encore aujourcFhuy devant k
JÉcpuîchre; les Anges qui les. zardoient, les femmes qui Tadorereiu: après sa Rsiurreetion, Pierre et can qui coururent au fepulchre, Thomas qui mit la main dans son côté tf, et ses doigts danslesouvexruresdes doux; car Dieu a permis que ç’cAt.étc a caute de nous que cet Apôtre, aiç vouïtt voir et toucher le côte de JciusXhnst, afih-d’affuiariçuW qui auraient eu tes mêmes doutes for co visfûètt qui auraient demandé a voir et à toucher Jcfos ekist pour être certains de sa JLefurreclàbn.’ - » Toutes ces perfanncs,, et toutes ces croies dieu poferoient contte vous,.. aussi- bien « [ue les ujjôtfze Apôtres qui ont été les témoins de sa Croix y Zà tout le monde par toute la terre, qui croit en Jîfus-Chriû.crnci6é,-et vous toiw quiètes icy aflemblez, c’est à la vertu de cette Croix que vous en êtes redevables.
Vous fçavez qu’on ne vous y a yomi contraint, ni par menace ni par force on ne vous a point envoyé des foldats pour vous y faire Venir,_ on ne vous y a point obligé.. C’est doneja Croix qui est le trophée de la victoire de Jésus-Christ, et oe nôtre salut, qui nous aflemble, et qui a réuni tous les hommes dans une même Religian’, c’est ejle qui a aflujetti les Perfcs-, qui a été là barbarie cb Scythes, qui a retiré les Egyptiens des erreur des vaines fuperstitions aufquels ils étoient addonnez, et les a appelés ù la connaissance du vray Dieu.
C’est la Croix qui jusqu’à ce jour 57 guérit les malades, met en suite les Démons, etc les Enchanteurs et Magiciens, et qui découvre leurs impostu
Xt.ij, 33i Les Catecbefes de faim Cyrille res-, c’est elle qui apparoîtra au Ciel avec Jefu£ Christ S8, elle sera le trophée, et le signe de sa victoire, qui le précédera, et qui le sera connoître de ceux qui Sont meprifé et crucifié et pour lors des Juifs qui n’auront point fait pénitence, seront dans les pleurs 9 et dans la tribulation, ik fubiront la peine due à leurs péchez 9 _ mais sans efpcrancc du salut, en ayant laifle pafler le temps; mais pour nous, glorifions-nous en la. Croix de Jésus-Christ: Adorons le Seigneur, qui a été çnyoyc et qui a été criicifîé pour nous, aussi bien que le Père qui la envoyé, et-à qui soit, la gloire dans les fieclcs des siècles. Amen.
Notes sur la treizième Cdtecheje..
i T Es mblts et grandes idées que S. Cyrille donné de la mort U du Crucietement de Jésus-Christ, c’estle.grand ouvrage de nôtre Rédemption, aussi l’explique- t’il d’une manière magnifique.
z JffoChrsst mort pour tons Us hommes, Redtmpttur du monde Ûet me Adam a perdu tous les hommes, un pur homme n’auroit tw nous racheter, il falloir le’ sang d’un Homme-Dieu. Non fimflt homo fient, fia Filins Dtï unigenituS. Ce qu’il répète plusieurs foij qu’il a fatisfait pourvus, en se faifimt la viétime du prix et « a rachat des hommes £e. ip/km tradens in pretium. j V Agneau Pafihaldes Juifs, figuré de Timmokiridn de Jésus-Chnlt. »
Jt tfiu- Christ l sans péché, est mort pour les péchez du monde.
Kf Jtfm-Chrifl [a été réellement crucifié, et non en apparence, contre les hérétiques qui lavoient prétendu; qu’il auroit été un icdutfeur, s’il n’eut fouffert qu’en apparence.
Le bois de la vraie Croix, répandue par parcelles par tout le m.onde..
L’ignominie de la Croix de hfus-Chrifl, effacée et relevéçpar.la gloire de sa Résurrection.
Jefas-Christ le modek de ceux qui m pofedent rien, de qui renoncent a tout pour, le fuivre. Nihil poffidtndi erat thagister..
_ 9 Dtfimerejstnunt dt hfas-Cbrifl, qui guériûoit Içs malades wt argent,. -. ’ ’ defem/aUm. XIII. Catech. 533 10 Jésus-Christ est mort volontairement, parce qu’il Ta voulu, 11 ’Judas avoit communié à la Cène. il Jésus-Christ Dieu incarné. 13 On lifoit, avant que de prêcher. 14 U Evangile prêches aux Perfes, l’Église établie chez eux. m 15 Des ce temps-là on lifoit les Lamentations de Jeremie au temps de la Pcffion, comme figurant la captivité du péché dont Jésus-Christ nous a délivré par sa mort. On reprefente les larmes de Jérusalem, pleurant sur la mort de Jésus-Christ.
La lumière de la foi transférée aux Gentils.
Les fermons m duraient au plus qu’une heure.
Le baifer de Judas. C croit la coutume des Juifs de se sa lue r les uns les autres par le baifer. Judas donna ce fignal aux foldats, pour leur faire connoître dans les ténèbres celui dont ils dévoient le faiiîr.
Dans S. Mathieu ce paflàge est rapporté comme étant de Jeremie, au lieu qu’il est de Zacharie, c’est une faute decopiste. Aussi y a-fil des manuferits eu il y a le Prophète, sans le nommer.
Ces deniers que reçut Judas de la vente de Jésus-Christ, étoient des ficles d’argent de la valeur de trente fols fix deniers. Il y avoit de deux sortes de ficles chez les Juifs. Le petit ou le commun se rcduifoit à vingr fols 4e nôtre monnoye, et le grand a trente fols fix deniers. Le champ qu’on acheta de ces deniers, pouvoit être pe. rit, vu la médiocrité de la fomme, ou bien le destinant à un ufagetel que d’y enterrer les paflàns, il paroît que la terre en étoit mauvaise et sterile.
Par Ifdie. Ce paflàge se lit au Livre de la Sageflè, ce qui marque qu’encore que S. Cyrille ne le reconnût pas pour un Livre canonique, il ne laiflôk pas que de le citer. C’est une faute du xopiste ou par inadvertance qUe ce paflàge est attribué a Isaïe.
« jeremie fut jette dam un lac plein de Puanteur. S. Cyrille fembïe dire que Jeremie mourut dans cette fofle pleine de boue ou il tut jette, comme il dit d’Isaïe qu’il mourut de la feie cependant le ientiment ordinaire des Interprètes eu que Jeremie fut lapidé en la Ville de Tophiné, et qu’il avoit été retiré de cette fofle de bouc pat un Ethiopien favory du Roy Sedecias. »
Les Anges confolent Jésus-Christ dans sa Passion. i La flagellation étoît une manière ufitée dans l’antiquité, de fcattte les criminels, c’étoit ordinairement la peine des efclaves, 8c on n’en ufoit envers les personnes libres, que quand elles étoient condamnées à la mort.
Jésus-Christ dans sa Passion, le chef le modèle des Martyrs.
Qui n ouvre pas la touche pour répliquer. S. Cyprien, S. Ambroise aussi bien que S. Cyrille appliquent cet endroit à Jésus-Chiist acculé par les Juifs ôc interroge par Pilate, il luy auroit été aifé dg 334 Les Cdtecke/es de saint Cyrille les confondre tous par une seule parole, et il ne voulut pis ouvtff la bouche pour sa défenfe.
II est furprtntnt que S. Cyrille qui parloic si Couvent du bois. de la Croix de Jésus-Christ, n’aie rien dit des autres instrumens de sa Paflïon, parlant de la flagellarion, il ne dit pas un mot de la Colomne où il fucattachéi a la vérité l’Evangile ne dit rien de cette Colomne: on ne la trouve que dans S. Jérôme, dans la vie de fy 7 fainre Paule, où il rapperte que cet re Sainte vificant les faims Lieux, on luy montra sur la montagne de Sion une Colomne qui foutenoit le portique d’une EgKfe, et comme il v avoit quelques apparences de sang, on croyoit que c’éroît celle ou le Sauveur avoic été liéfc
Lib. 1. zlcr..flagellé. Grégoire de Tours en fait mention et dit que lesikfelcs.
« Urtjr. rhonoroient de son temps, on a depuis publié qu’elle avoit été apportée à Rome l’an mj » et placée dans l’Eglûc de sainte Pcaxccfe. J’en dis de même de la Couronne d’épines, S. Cyrille ne dit point qu’elle fut reconnue ni honorée de ion temps. Comme l’Ecriture ne dit point-que Jésus-Christ ait porté cette couronne à la Croix, quelques Auteurs ont cru que les Juifs la luyavotent ôréc, en luymettant le Manteau de pourpre. Toute l’Antiquité a. gardé unfilence sur cette couronne, et Grégoire de Tours est le premier qui en
« Lib. 1. de ait parlé, disant qu’elle se gardoit de son temps » et que ces épi- fut. Mr- nes paronîbient comme vertes, sans dire Je lieu où elle se gardoit.
II parle aussi du rofeau ou de la canne donnée pour Sceptre a Jefu
Christj, et de k lance, comme des Reliques qu’on honoioit.de son temps..
Le mysttre de J efas-Cbrifl I, couronné d’épines.
Lu strH de lybmm 4 commencé dans le jardin du Paradis ter? relire, et son salut a commencé dans le jardin des Olives.
Les fridiSBons du Crucifiement de Jésus-Christ.
« « 30. Mtttwu du hns dons / » fmn. Les Juifs avoxent réfolu de faire mourir Jcremie en raclant avec son pain un certain bois venimeux: pour l’empoifonner, ou en accablant son corps de coups dé barons, ce qui figmnoic en un langage figuré » donner du bois pour foi painTertuUien contre Marcioa, et phifieurs autres appliquent comme S. Cyrille, cepaflàge à Jésus-Christ crucifié..
Le ferptnt fairtin, figure deJtfus-Christ crucifie. Ce fut pat Tordre de Dieu queMoïfc éleva dans le defert un ferpentd airain,. U qu’il rattacha au haut dune perche pour être à tous ceux qui k regarderoientun remède contre la moefnte des frrpens figure de Jésus-Christ attaché à la Croix pour guerh des blefletrcs du pecbe, pour fauver ceuxqui croioient en luy comme l’explique Je0 Ghrist luy. même, Josn.. 14.
x L’Arche de et. La Verge de Motfe, signe dé la Croix de Jefos-Christ, et le bois que Moïse fie jettcr.dans le fleuve pour adott cir les eaux falces...-.
de /cru/aient. XIII. CatecH; 33 filât avant que de condamner Je/ us Cbrist, lava Cet waînt. Cet it la coutume parmi les Juifs et parmi les autres Nations d atteste: qu’on étoit innocent en lavant les mains.
On confcrvoit dans les Églises les anciennes explications que les premiers Pères avoient données aux paroles de l’Ecriture.
Deux fortet dt Baptême. Celui d’eau, et celui du sang, qui st le martyre.
Golgotha. S. Cyrille se fentoit tout ïanimé, quand il parloic da Calvaire, ôc encore plus, expliquant le Crucifiement de Jefas Christ dans 4e lieu même où ce grand et si saint événement étoit arrivé. S. Jérôme et autres ont cru comme S. Cyrille, qu’il portoit ce nom de Calvaire, à cause des crânes ou des tètes de ceux que l’on y décapitoit. Origene, S. Bafile, Tertullien, S. Epiphane, S. Augustin et autres ont prétendu que; e lieu avoit été ainsi appelle parce qu Adam le chef des hommes y avoit été enterré, et que son crâne y repofoit. S. Jérôme a réfuté cette opinion vuleaire.
Jésus porta sa Croix comme ceux qu’on condamnait i ce fuppLcé avoient coutume de le faire.
On demande comment la Croix de Jésus-Christ étoit farte, si elle étoit comme l’ancien, Taii des Hejareux. Tertullien, S. Jérôme, S. Augustin, S PauUn, ôc S. Cyrille, l’ont crû. On ne fçait pas si la Croix étoit élevée avant que Jésus-Christ y fut attaché, ou ril y fin attaché étant couché par terre l’un et l’autre le pratiquoit, mais il ést plus conforme aux expteffions de l’Ecriture, de dire qu’il monta pour y être attaché.
On crucifioit les riches avec feurs habits, Ôc les pauvres tout uuds, comme le remarque Arthemidore. L’Evangile dit (eultment que Jésus-Christ fut dépouillé avant que d’être crucifié. S. Ambroifc dit qu’il étoit tout nudcoimne le premier homme dans le Paradis terlestre. Origene dit que l’ofags des anciens etoit de frapper les cr« fiez sur restoraach, pour les faire iorir plutôt-, et que.Pilare pur faire plaifir aux Juifs, défendit de le faire à Jésus-Christ pour le faire foufFiir plus long- temps. »
Jésus-Christ fut mis en la Crom par les foldats, qui exccatoici les condamnez à mort chez les Romains.
A l’égard du titre de la Croix-, c’étoit la coutume d exprimer sur la Croix la cause pour laquelle le coupable étoit condamné, cela no fot point particulier à Jésus-Christ. Ce ticre o » jahwa que Pilate fit mettre à la Croix au deffus de la tète de Jésus-Christ ne se ttouva point avec le bois de la Croix, lorsque sainte Hélène ht fouiller dans le Calvaire, puisqu’on eut tant de peme a difeerner û Croix d’avec celle des Larrons. Sozoraene dit que: e titre etoK • • • Tun bois blanc tout pourri, et qu’on n’y put découvrir les lettres iui y avoient été écrites. Rufin dit que ce titre y fut trouvé, et« . i. reçoit l’avoir à Home dans l’Elfe 4e Éàinre Cjpadejcrmakm.
à Touloufe dans l’Église de Nôtre- Dame de la Dorade,
Lîh. i. de. Quarjt aux CIqux, les anciens n’ont parlé que de trois. Grégoire jfrr. AUr- je 7ours est ie premier qui fait mention de quatre. H parle aussi 1 st% de l’éponge prelentée à Jésus-Christ mourant, lorsquil eut foif, sans dire où elle croit. Oh croit l’avoir à Rome dans S. Jean de ’
Latrap. Cet Auteur dit que de son temps on honoroit la Robbefani couture portée par nôtre Seigneur, etc donnée au fort le jour de sa mort, et dit qu’on l’bonoroit dans une Ville de Galatie, qu’il ne nomme pas,- on croit lavoir dans le Prieuré d’Argenteuïl proche de Patis depuis Fan 1157.
« Si tout cela avoit été connu à S. Cyrille, il, n’aurait pas manqué de les faire valoir à (es Auditeurs, ainsi qu’il le fait à l’égard des autres choses, dont il avoir connaissance, ce nétoienc pas des cho ». ses à négliger en leur expliquant les circonstances de la Passion du Sauveur, i moins qu’on ne dife que ces instrumens n’étant pas resttz â Jerufajem, S. Cyrille n’a parlé que de la Croix, dont on conferveit une partie très confiderable c’est pour cela qu’il en parle lurement, êc qu’il ne dit rien des doux, ni des autres choses qui n’y étoient plus.
Quand aux ténèbres à la mort de Jésus-Christ,’ elles ne provenpient pas d’une éclipfe ordinaire du soleil qui ne pouvoit arriver naturellement au temps de la pleine- lune mais elles.furent formées par la Toute-Puiflànce de l’Homme-Dieu, qui fouffroit alors sur la Croix. Quelques uns ont. voulu restraindre cela à la Judée, mais S. Chryfostome croit qu’elles furent univerfelles sur la terre.. 37 Les avantager de Jérusalem d’avoir été témoin de tous lesMjrsteres de Jésus-Christ.
Vertu du fyne de U Croix contre Us Infidèles Commencer les difputes ou les instruttions sur la Religion par faire le signe de la Croix. On le faisait avec la main, et non seulement avec les doigts comrrie.le sont encore plusieurs gens y ôc plusieurs qui ne se fignc« qu’avec le pouce, d’autres avec les trois premiers doigts. S. Cyrille parle de l’ufage de le faire la main étendue, comme nous le pratiquons. Sm/« mari tua fignum 39 Ne soyez. pas seulement amy de Jésus-Christ dans l temps de’k Paix. Il paroît que l’Église étoit pour lors en paix, mais elle pouvoit retomber sous la perfecurion des Empereurs payens, comme il luy arriva du temps de Julien l’Apostat, ainsi on avoir soin de fortifier les Chrétiens contre les maux à venir 40 Calvaire-, parce que Jésus-Christ le chef des hommes y deveit mourir H fembie que S..Cyrille ait crû que ce lieu ait été ainsi nommé, comme par préfenriraenr ou préd.idtion que le chef des hommes qui est Jésus-Christ y serait enfeveli, plutôt que par rapporta Adam le premier homme. » »
P’V’z ce que nous avons déjà dit der ces ténèbres 41 Vn jour des azjyrms ou de Pâques. Jefas-Christ est mort le jour de Pâques, ayant fait la Pâque le foir qui précedoit la Fête. S. Mathieu ch. 17. l’appelle le premier jour des azymes. Il y. a une difficulté sur ce que S. Jean parlant du jour que Jésus Christ est mort, die que ce n’étoit pas un jour de Fêce, Non in dit festo. On croit, communément que les Juifs à Jérusalem pour éviter la rencontre de deux Fêtes confecutives, remenoient la Pâque au famedy, lorsqu’ellé arrivoic le vendre dy -, mais que les Galiléens, tels qu’étoit Jésus ses difciples, la failoient le quatorzième de la Lune, tel jour qu’il arrivât. On voit icy que S. Cyrille est un des anciens Pères, qui ont cru que Jésus-Christ étoit mort le jour de Pâques.
Comme le ffavent les Chantres del’Église, qui sont continue Bernent occupai cknt.r les louanges de Dicte, comme le sont les Anges. Office divin célébré continuellement à Jérusalem par des Pfalmistes oa des Chantres On voit cela réglé dans le Concile de Laodicée en 370. can. 15. qu’il n’y aura que les Chantres qui chanteront dam r Eglife, can. 17.. Qu’on ne dira point plusieurs Pfeaumes de suite, mais qu’entre chaque Pfeaume on récitera une leçon. Qu’on sera les mêmes prières à l’heure de None, qu’à l’heure de Vêpres.
« « 44 Golgotha est le milieu de la terre. Les anciens Juifs ôc Chrétiens ont cru Jérusalem réellement au centre du monde. Voyez Joseph de belle Jud. lit. 1. c. 2. Ezechiel 38. 1. Super populum qui est habitator umbiliei terra. Comme le nombril de la terre. Et ailleurs: Jérusalem inmedio gentium pofui eam. S. Jérôme in Pf. 73. sur ces paroles du, Prophète: Il a opéré nôtre salut au milieu de la terre, dit que c’est dans la Judée qu’est le milieu de la rerre. Hoc est injudaa qua me dimterradicitur.S. Hilaire aussi i » Pf. 134. l’auteur du Poëme contre Marcion, sous le nom de Tertullien, a cru que le Calvaire étoit le point fixe du milieu de la terre. Calvaria médium terra est. Bede plusieurs autres l’ont prétendu j mais cela est contraire aux Geographes qui placent Jérusalem vers le 31 » degré de latitude, et le 51. de longitude ainsi Jérusalem ne pouvoit être cenfée au milieu de k terre, quand Jésus-Christ est venu, que parce qu’elle étoit au milieu des peuples les plus fréquentez pour lors, qui pouvoient avoir commerce avec elle, et elle l’avoir avec les trois parties du monde.
II y a des Prophètes dans CEglife. Ce sont ceux qui prêchent, qui expliquent la parole de Dieu, et les mystères de la Religion, ou qui interprètent les saintes Ecritures, 4 S. CynUe relevé extrêmement la conversion du bon Larron; il n’avoit point vu les miracles de Jésus-Christ, et les prodiges qui parurent à sa rstorc, ne paroiflbient pas encore -, il ne voyoit en Jelus-Christ qu’un compagnon de Ces fouffrances, perfecuté de tout le monde, cependant il reconnut son innocence, et qu’il étoit son Rojr son Seigneur; et un Roy dont le pouvoir s’étendoit au de là de I mort. Sa foi accompagnée d’une confession humble de ses faa-.
tes et d’une pénitence qui luy faisait accepter la mort en punition de ses crimes, jointe à la confiance en la milericorde de Jésus-Christ, qu’il confeljà publiquement, luy obtint le falur, et d’entrer lepiemier dans la gloire, ou dans un lieu de plaifir et de bonheur. S. Cyrille n’est pas le seul des anciens Pères, qui ont relevé avec éloquence la conversion du bon Larron; On peut voir S. Cyprien, S. Çhryfostome, S. Ambroise, et autres.
S. Cyrille la regarde comme un effet de la prédestination gratuite j que Jésus-Christ faisant la fonction de Roy sur la Croix, commença par faire grâce à ce criminel. Rtx adefl qui gratitm constrt. C’étoit marquer le pouvoir de faire’ce qu’il veut, de deux voleurs également criminels, il en béatifie l’un et laiffe l’autre dans l’aveuglement et dans rendurciflèment de son cœur; il en convertit un dans le mouvement le plus difficile, c’est à la mort et au milieu des douleurs les plus violentes. De deux, un sauve que personne ne defefpere, l’autre est reprouvé que personne ne préfume.
En Pdrddis. Par le Paradis ouvert au bon Larron on ne doit ras entendre le Ciel où les hommes ne pouvoient entrer qu’après Ascension de Jésus-Christ. Mais on doit se reprefenrer le lieu où les Justes et les Saints des siècles paflèz feroient en la compagnie du Fils de Dieu; car du moment qu’ils jouirent de 6 preience, on
Eut dire qu’ils furent en Paradis, c’est- à-dire dans la joye etdam plaifirs de la félicité. Il y a des Pères, qui ont entendu ce lieu du Paradis tetrestre, ou du lieu de referre où l’on croit qu’Enoc Elie sont gardez; mais cette conjecture na aucun rondement.
Le voile se déchira. Il est croyable que c’étoit celui qui étoit i 1 entrée du Saint des Saints où le Grand- Prêtre nentroit qu’une fois 1 an, comme l’explique S. Paul aux Hébreux 7. 8. Ce déchirement marquoit lWcompliflcment entier de ce que fignifioient ses figures de la Loy ancieime: où bien il montroit la Chair de Jésus-Christ, qui etoit comme Je voile de la Divinité déchirée sur la Croix.
49 tordre de U fiegejfe, et de U mifericirde de Dit dm k fidu hommes. Comment Jefiis-Christ s’est chargé de nos péchez Pour f« isfaire à la justice du Père, que sa fatisfaûion a été sur DOiida« r« . Non tantum erst peccantimn pccttmn, autnt fro Ws m » rmmwuut non tuntmn fxcctvimus, quantum Me jufii gt. c _J°. u f™s A findirent. Le tremblement de terre qui arriva, fit entrouvrir les tombeaux 5 mais si les morts fortirent du tombeau, Jeursxorps e efufciterent qu’après la Résurrecetion de Jésus-Christ, ui ievoit être le premier d’entre les morts. Primiti dermmtîm STT £X mmi »u 0 cr°ic q« e ceux qui restuf itèrent stvcc JeiZZ i ’ ne point une féconde fois, et montèrent en « rps et en arae avec Jésus-Christ. » » »
S1 L fign dt U Qrn m urne occafim. TertuHicn marque la mfc
Jérufatem. XI II. Cztccte 359 jnéchofe toutes les fois qu’on va quelque part, qu’on arrive, qu on D#f#r« s’habille, quon se baigne, qu’on (e met à table, quon apporte den la lumière, qu’on se couche ou qu’on s’allire, qu’on entre en convention, nous faisons le signe de la Croix sur nôtre front, quoiqu’on ne trouve point cela dans l’Ecriture, on le voit dans la tradrwon, (sans la coutume, Se dans la foi des fidèles. »
« ci En adorant la Croix, on croïoit adorer Jésus-Christ crucifie. F; litm Dei vro te cruci fixant adorart ne verearis t La Croix, le premier fondement de nôtre salut. 54 Le fm éternel destiné 6c préparé a ceux qui ne croyent pas e » Jésus-Christ crucifié.
£ki r tiré au fort sa rotbu Ils ne tirèrent au fort que pour décider’ à qui appartiendroit, et sur qui tomberoit k tunique fanscouture 5 car ils partagèrent eritr’eux le reste des habits, après eir avoir fait des parties égales, comme le marque S. Jean.
« Thomas qui mit la main dans son cité. S. Cyrille ctoit perfuadé qui S. Thomas avoir mis ses mains dans les playes du Sauveur; ce « nu a rapport à ce que Jésus-Christ luy avoir dit de le faire, r mnmtnam et mittt in Utas memn- S. Augustin dit qu il nest Pfff certain abfoiùment que S. Thomas ait touché en effet les playes de’ »/ Jésushrist, puisquc l’Evangile ne le dit pas, et quil se peut faire que Jésus-Christ luy ayant offert de le luy faire toucher, il n en aie point eu la hardieflè. n... »
« Si Ufana ce jour, la verti de ’la Croix au temps de S. Cyrille à guérir les malades, à délivrer des poflèdez, et contreles enchanr. temens et lés empoîfonnemens.. f c7 £0 rfP/î/r » Ciel avec Jefas-Chrifi. Que la Çx est jc signe que Jésus-Christ sera parofere à son Jugement, comme t tendart et le trophée de sa vistoire.
Catéchèse XIV
Faite sur le champ, sur cet article i II’ est rejufeité des morts le troijiéme jour, est monté aux Cieux, et est ajjis à la droite du Père, après qu’on eut lu ces paroles de la i. Cor. 15. première aux Corinthiens: Je vous fais 3. 4 Jbuvenir, mes Frères, de l Evangile que j’ay annoncé parmi vous.... Que Jésus Christ est refufeité trois jours après, selon les Ecritures.
« REjoiihTez-vous Jérusalem, vous tous qui aimez Jésus-Christ, célébrez sa Fête, car il est refufeité j Soyez dans la joye, vous qui pleuriez cy-devant sur la cruauté des Juifs, et qui entendiez le récit de leurs iniquitez. Celui qu’ils avoient chargé d’injures et d’opprobres, est maintenant refufeité. Et comme vous avez été attristez en écoutant le récit de ses fouffrances »; que l’heureufe nouvelle de sa Résurrecetion vous réjoiiifle-i que les pleurs soient changez en allegrefle, la douleur en consolation, et que vôtre bouche publie
« JcJcrtfalcttt.Xiy. Catech. J4r avée exaltation la gloire » de celui qui a. dit qu’on e réjouira à cause de sa Refurrcâion.
Je suis témoin de la douleur qu’ont fait parottreecs jours paflez ceux qui aiment Jésus-Christ, au récit de ses fouffraiiees et! de sa mort. Chacun attendoit qu oa luy païlât du sujet que nous allons traitter. Celui donc dur est le libre entre les morts, est luy-même refuicité, et après avoir foufert que par dérifion on luy mît une couronne d’épines, par sa Résurrecetioh est revêtu d’une couronne d’immortalité..
Mais comme je vous ay fait voir que sa mort ses fouffrancës avoient été prédites par les Prophètes, je feray la même choie au sujet de sa Reîiirreetion, afin d’affermir vôtre foydans la croyance de ce Mystere; dàutant que l’Apôtre, dit que Jésus-Christ a été enfeveliet quilefirefufeité troii purs1- ar- lStpres félonies Ecritures. Puiique donc l’Apotre no.us renvoyé; au témoignage des Livres facrezr il est avantageux d’y trouver ainsi TaiTurance de nôtre salut.:
« Voyons; d’abord jiï TEcriturea marqué lç temps qu’elle fç devoir faire.3 Si en quelle faifon de iJaor née i au Printemps, autit Eté, ou après llhyver } iï les Prophètes se sont fervis du. terme de Refurledion et comment; /les femmes, tjul le. cher- choient ne ïayasiç poitw Wuyé d’abord, le virfentrpai après j astaqiifc vo »s. connoiflGœ çmenàné Iteé les évangiles que ce, ne sont pas des fables m: des fixions que ce qui y est écrit. Je vous ay explique dajis lç, difçoUr?.pïéçedeatvla Sépulture de Jefu
Vu iij 34 Les ZCateéefes de faim Cyrille
« If », 57.x. Christ, qu’Isaïe avoit dit que la paix vienne for foii 1 tombeau 2; car en pacifiant le Ciel et la terre, il avoit attiré les pécheurs, pour les conduire à Dieu, pour marquer qu’il n’a difparu que pour détruiw.5.j.rs le péché. Le Prophète dit ailleurs: Il donnera les impies: pout le prix- de Cx fepulturë i, ce que Jacob avoit aulfi marqué dans sa Prophétie, lorsqu’if’ Gtntf. 49. dit:’ Dans vôtre repos vous vous êtes couché comme un lion qui est en fà force, qui ofera vou éveiller? Ce qui est aussi danetle Livre des Nombres, fiïZT’’ ou Moïse dit a Gad 4 4u’il scet rcPofé comme un if.iuic lion. Et dans les Pfcaumes il dit: Vous m’avez conduit jusqu’à lapouffiere du tombeau. Ce qui a rap- if. 51. port aux paroles dlfaïe: Regardez au rocher duquel vous avez été taillé.
Voyons maintenant comme l’Ecriture a marqué • sa Résurrecetion: A cause de h rmfere des pauvres, et a cause des gémifstmens de ceux qui fouffrent, je me leveray maintenant, dit le Seigneur, u ort ne vpuîoit pas rapporter ces paroles à sa Reîurreetion, parce que le Seigneur s’éveille et s’élève souvent dans sa colère, pour se vanger de les ennemis. Nous trouvons dans îe quinzième Ffeaume des paroles bien
« Tf. 15.1. plus exprefTrves iCenfernie-my, Seigteur, farce se 4 j’y effer en vous. Je ne demanderay point vos vengeances contre -ceux qui n’ont point voulu me reconnoîtte pour four ifcay., det qui ernt mieux aimé obéît! à CîeR Je 4 »emiay: petueil.€mcnt vôtre nom, Cachant que vous êtes un Dieu, et je ne fo ray point ébranlé: M » caur sera dans la joye, f# r- »« • te que « wjtst tùjfcMÇ. sto dns-UfefuUbre, et de ferufaleml XI V. Catech. 345 ne permettre pas que ’votre bien-aimé voye la corruption 5. Que ces paroles sont remarquables! il ne dit pas vous ne permettrez pas que vôtre bjen-aimé voye la mort, autrement il ne serait pas mort; mais qu’il voye la corruption, c’est-à-dire qu’il reste dans la mort, et dans le fepulchre vous luy avez fait connoître les voyes qui conduifent à la vie voyez comme il se propofe de vivre après sa mort.
Cela n’est pas moins clair dans le vingt-neuvième Pfeaume: Seigneur, se ’vous glorifiera? i parce que Pf.19. u vous m avez tiré vers vous 3 0e que vous n’avez pas permis que mes ennemis se rejouijjent de moy; comme si après m’avoir livré aux fupplices, et à la mort, j’y devois rester, aussi ajoute-t’il: Seigneur, vous lbU. 4, ni avez tiré du fepulchre, vous m’avez rendu la vie. Il ne ditas par un efprît prophétique: Vous me retirerez comme une choie qui devoit arriver, il en parle comme d’une chose déjà faite 5 vous m’avez retiré, et m’avez rendu la vie, de peur que je ne reste dans la fofle.
Vous y voyez aussi le temps marqué: On pieu- Pfi9 reraie foir, gr lajoyefera le matin. Ce fut le foir que les Disciples tarent dans la tristeiTe, et ce fut le matin qu’ils forent en joye.
Ce qui est encore dans le Livre des Cantiques, ou l’Epoux dit: Je suis descendu dans mon jardin; Ce- cnU • toit pour lors un jardin que le lieu où Jésus-Christ IO# t crucifié 6 y on y en voit encore des vestiges, de-’ puis que la libéralité des Empereurs chrétiens en ont fait un édifice magnifique. Ce jardin était enfomé, c’étoit cette fontaine feelée par les Juifs 344 Les Cdtecbefes de faînt Cyrille qui dirent à Pilate: Nous nous fommcs fouvénusr que ce fédu£teur avoit dit, lorsqu’il étoit encore enyie, Je refufciteray après trois jours: Commandez donc que son fepidchre soit gardé jusqu’au troifiéme jour, ils fcelerent la pierre, et y mirent des gardes.
Un autre Prophète faisant ailufîon à cela, dit: Vous les jugerez dans vôtre repos; Cette fontaine feelée ou ce puits d’eau vive, c’est le Sauveur dont il est écrit, parce que vous êtes la fource, et la fontaine dé la vie j et voicy ce que Sophonie dit à ses Disciples, en parlant en la personne de Jésus
Sopho. j. Çhrist: Préparerions 3 leve-votts de grand matin, et que toute cette Nation soit dijppée. Ce sont des Juifs dont il parle à ses Disciples: Préparez-vous, allez de grand matin, pour le jour a venir de ma Résurrection puis l’Ecriture ajoute: Cependant attendez-moy, ait le Seigneur, au jour de ma Résurrecetion dans le lieu du martyre. Voyez comme le Prophète prévoyant le lieu où il devoit refufeiter, l’appelle le lieu du martyre: car ce saint lieu de Golgotha, où Jésus-Christ est refufeité ne s’appelle pas une Église, comme tous les autres lieux ôff les Fidèles s’aiTemblent 3 mais le martyre ’; c’est peutêtre à cause que le Prophète l’avoit ainsi nommé. Voyons maintenant les « marques qu’il a données de sa Résurrecetion. Le même Propriété les avoit »
SoPh- î9- indiquées, endifanc: Alors je rendray purs les coeurs des peuples -.’ c’est qu’après sa Résurrecetiofl d devoit donner le don des langues,- fin quc tous les peuples ferviffent le Seigneur dans le flet- k JDfi r.
de ferufdem. XIV. Catech. 34 j me culte, au delà les fleuves d’Ethiopie x on m’offrira des facrifices, ajoute le Prophète; et dans, les ’ Aetes nous voyons qu’un Eunuque des extreraitez, de l’Ethiopie le vint reconnoître et se fit baptiser, Voicy donc le temps et le lieu de sa Résurrecetioa marquez par les Ecritures et les évenemens qu el- le a produit dans le monde.. 1;
Ne doutez nullement de ce Mystere, et confeffez hardiment devant tout le monde, que Jésus-Christ est reflufeité des morts Vous en trouverez encore une preuve dans le Pfèaurne quatre-; vingt fept: Seigneur, Dieu de ma délivrance, je crie Pf. tj jour et nuit devant vous y je suis comme un homme sans fecours, libre entre les morts. Il ne 4it pas: Je suis un homme sans aide: en effet s’il av été erucifié„, çfe n’a pas été pat foîbïeffe, comme s’il n’eût pu éviter la mort: c’a été librement, et parce qu’il l’a voulu Je suis donc regardé comme ceux qui descendenc dans la folfe / vous avez éloigné de moy ceux qui me connoifToient. Ce sont ses Disciples qui se dit perferent: Ferevous des miracles envers les morts? Et r IU quant à moy: Seigneur, jç crie vers vous, etmafnc- Mra vous sera frifentée dési k mun. Dans ces paroles on peut remarquer le temps et l’heure delà. Ifaffion, de la Résurrecetion de Jésus-Christ.
Le Livre des Cantiques nous dit le lieu d’où il reffufeitera: Leve-vous, ditil hite-vous ma bien, Canticu àméc de fortir des troux de la pierre; ppellant ainr si le trou de la pierre qui couvroit le fepulchre, comme on en voit ordinairement de taillée devant les autres tombeaux; on ne voitoas prefentement 19.
LesCatechefisdefaintCyrÊe ce trou, parce que l’entrée du Sepulchre a été rsu fée J lorsqu on Ta orné de la manière que vous voyez; car avastt que la libéralité des Empereurs eût orné le Sepulchre du Seigneur, il y avoit un veitibule au devant de la pierre. Ne demandez point ce qu’elle est devenue, si elle est dans la ville, ou dehors ces murs, si elle a fervi à quelque bâtiment de la ville? Le Livre des Cantiques marque donc le creux de la pierre, et les troux de la muraille.
« Nous voyoïis àttflt dans ce Livre, le temps que Jésus Christ est refliufeite ce n’étoit ni en hyvtf, Cantic.x.mcTL été: Vhyver dit il, est déjà page ’, les piges 4’ si fint dijfipées 3 et ont cejfé y les fleurs panifient jkr notre terre; le temps de U ûige est venu: Ce qui marque le printemps,- et qu’il étoitapprochant le mois d’Avril, c’est le premier mois cbez les Hébreux?, dans lequel ils célêbroient la Pâque, qui n’étoit que la hgure de la véritable, que nous célébrons présentement; Ccst âuffi en ce temps que le mon6mtf. %. de a été drée 5 car Dieu dit pour iors: Que U nm porte des herUs et des fruits, chaque thofe filon fin espèce: Et vous voyez qua la terre poune ses plan tes Si comme le Seigneur créant le soleil, et k liîtnè i-fit iés jôuts égaux aux nuits; aussi n y a-t’il pas long-temps que nous avions Téquinoxe.
Dieu dit aussi pour lors: Faisons l’homme à nôtre image, à nôtre réfljDiïbladicc, inais l’homme par sa -défo- béfflanfce à obfcurcy cette reflfcmblance qu’il avoit Lemndeawcc Dieu, et il a été réparé dans la inèmefaifon Trï »- IU’1 ott tombé après sa création: il fut chafféiu temps. Paradis pour tfaoïr pas bbéï à Dieu 5 Jésus-Ghrist dejestifalem. XI V, Catech. 4?
pat son obéiïfancfc nous a ouvert le Ciel; ainsi la réparation de 1’hoinme a été faite dans, le même..} temps, qu’il s’étoir’ perdu, savoir quand les fleurs paroiffent sur la terre et que le temps de taillet h vigne est venu. -, I
Ce Sepulchre étoit dans un jardin là vigne y a été plantée, c est celuy qui a dit r se fmsrhiLjcan..u Il a été mis en terre, afin de lever la malediârion qu’Adam avoit attirée stir elle, EHe avoit reçu ordre de porter des ronces, etc des épines j mais depuis que la vigne y a été plantée, on a vu accompli ce qu’avoit dit le Prophète: Latérite s’efi levée de la ter- Pst+u, re, et la jufiiee a regardé du haut du Ciel Et voicy ce que dit celui qui a été enfeveli dans ce jardin: Jay cueilli ma myrrhe avec mes parfums. Ce sont les Cantlc.. marques de sa fepulture; comme il est marqué dan l’Evangile que Ton vint à son tombeau avec des parfums -, que Nicodeme y porta de la) myrrhe, et de Taloës.
Enfin il est encore écrit: Tay mangé mon pain, Cantk. j. weemon miel. Ce pain étoit plein d’amertume avant sa Passion, mais il est devenu un pain agréable après sa Résurrecetion.::,-- ’•l::1
Dansle temps qu’il reïstrfcita, ayant paffé au tra-j vers du fepulchre qui étoit bouché; ses Apôtstst //et♦ doutèrent qu’il eût repris son véritable corps, et™ £ en le voyant, Us s’itriagirioient que c étok un et Stfuichn. prit; mais il leS rafTura /4ifant: Touche et voycz L™: Mmettes ’W doigts dans les troux des doux; c’étôit ce39’ que Thomas demandoit. Une autrefois les ayant trouvé clans écôirnement; il leur dit encore: Aw
Digitrced by vous quelque chose à manger et lui donnèrent un raïori
Canth. 5. de miel. Voyez en cela accompli ses paroles: fay mangé mon pain avec mon miel. Mais avant que de fortir du tombeau qui étoit bouché et (celle, de bonnes et faintos Femmes Tallerent chercher, comme leur Epoux, et comme le médecin des âmes. Elles vinrent au fepulchre chercher celui qui étoit déjà reflufeité, et elles fondirent en larmes; elles dévoient pourtant plutôt se réjouir de ce qu’il étoit teflufeité, que de s’en affliger. Marie vint la première, comme le marque l’Evangile, et ne l’ayant pas trouvé, un Ange luy dit où il étoit, et elle vit le Seigneur dans sa nouvelle vie. Tout cela femble écrit dans le Livre des Cantiques, où 1 epoufe
Canth. y dit: fay cherché pendant toute la nuit mon bietir-àmi Marie vint avant le lever du soleil, elle le chercha donc en vain sans le pouvoir trouver, car l’Evangile Rapporte qu’elle disait en pleurant: Ils ont emporté mon Seigneur, et je ne fçay où ils l’ont mis; mais les Anges qui avoient été prefens et témoins de sa gloire, l’instruifirent J luy disant: Pour quoy Je cherchez-vous parmi les morts f il est en vie: Non seulement il estrefTufcité, mais il s’efi donné la vie au milieu des morts: mais comme elle ne le fça- ctic. 5. voit js encore, elle disait comme l’époufe des Cantiques: N’avez-vous point vu mon bien-aimé i..; mais après avoir parlé à des Anges, et l’ayant trou- vé, elle s’écrie: Je U tiens, et je ne le quitteray point.
Car après qu’elle eut vu les Anges, Jésus-Christ se préfçnça à elle, comme lç rapporte l’Evangile, luy jdifôitf « uxawrçs Femmes; Lapaixfoit avecvpus, s’étant avancé, elles luy touchèrent les pieds, comme pour vérifier ces paroles: se le tiens, £• je ne le quitteray point. »
Le corps de la femme est le fymbole de la foiblefle, celui de l’homme marque la prudence. L’abondance des eaux n’a pu éteindre son amour, et les fleuves mêmes par leur abondance ne pourront la renverfer. Quoiqu’on cherchât celui qui étoit mort, on avoit toujours quelques efperances qu’il reflufciteroit; aufll l’Ange dit aux Femmes: Ne craignez point, ce n’est point aux foldats que je parle, c’est a vous. Ceux-là craignent d’apprendre par l’expérience qu’il étoit véritablement le Fils de Dieu, mais vous n’avez que faire de craindre, la parfaite charité bannit la crainte; allez dire à ses Disciples qu’il est reflufeité. Elles s’en allèrent donc avec joye, n’eurent plus de crainte, selon qu’il est écrit dans le second Pfeaume, qui marque si bien la Paflïon de Jésus-Christ: Servez le Seigneur dans la crainte %tf. i. n. réjoiii(fez-voHS en luy avec frayeur.
Elles se réjoUilfoient à cause que Jésus-Christ est reflufeité; elles étoient dans la frayeur, à cause que la terre trembla, etque l’Ange qui leur parloir, paroifloit brillant comme un éclair et quoique les Princes des Prêtres et les Pharifiens euffent faitfceller le Sepulchre par l’ordre de Pilate, les Femmes ne biffèrent pas de le voir reflufeité.
Il femble qu’Isaïe ait prédit les précautions derfii.i7.u, ees Prêtres, et la grandeur de la foi de ces Femmes, lorsqu’il dit: Que les Femmes qui ont eu desytfins, ùaroitfenti mais pour ce peuple, il n’a point deniv Xxn;
Gooole tendement. Ces chefs des Prêtres ne comprirent pas ce que ces femmes entendoient; caries foldats leur étant venu expofer ce qui s’étoit paflé, leur dirent: Faites courir le bruit que ses Disciples l’ont enlevé la rtilit, pendant que vous dormiez. Ce qulfaïe Semble encore avoir prévu y disant: Dites-nous d’autres menfonges.il ont donné de l’argent pour corrompre les Gardes, mais ils n’ont pu corrompre les Rois qui régnent présentement. Ces Gardes trahirent la vérité pour de l’argent, mais les Rois d’aujourd’huy pénétrez; de pieté etc de religion eiri ploient l’or et l’argent pour bâtir, et pour orner cette sainte Église de la Résurrection 9 y dans laquelle nous sommes maintenant affemblez, et l’ont ren due très magnifique par l’argent qu’ils ont em- ployé.,
Ces Prêtres se firent croire du Prefident et des foldats, mai ils n’ont pu en impofer à tout l’Univers ’f car ne devoiton pas punir ces Gardes, qui n’avoient pas fait leur devoir, comme on punit ceux qui avoiêstt laiffé aller S. Pierre, quand il fut délivre de sa Prifon? quoique ceux-cy furent plus excufables, ne fçachant rien de ce qui étoit arrive à cet Apôtre • au lieu que les Gardes dufepulchrc ne voulurent pas dire la vérité, ayant été gagnez par l’argent que les Prêtres leur avoit donnerais peu d’entre les Juifs y crurent à ces Gardes, pendant que tout l’Univers a cru là vérité de JésusChpstreflufcité. Ceux qui cachoierit la vérité, n’ont ofé se montrer, et ceux qui l’ont reçu, ont été éclairez de la grâce du Sauveur, qui non feulejnenç s est donné la vie, mais a reffufeité les morts avec luy, comme ravoic marqué le Prophète Ofée! // nous sera ’vivre dans deux jours et au troifiême joutofht.). nous rejfufciterons, et nous vivrons en sa présence. •
Puis donc que les Ecritures perfuadent ce que les Juifs ne veulent pas entendre, Çc qu’ils combattent tout ce qui est dit de la Résurrecetion de Jésus-Christ, nous pouvons leur dire: Pourquoy croyez-vous qu’Elie etc Elïféc àyent reffufeité des morts, et vous refufez de croire que Jésus-Christ se soit reffufeité? s’ils nous répondent qu’il n’y a 3ucun témoin de ces cho£ès, qui soit présentement envie, disons leur: Quel témoignage voulez- vous avoir l’un et l’autre, n’est-il pas écrit? Pourquoy donc admettre les miracles d’Elie et d’Elifée, et rejetter ceux de Jésus-Christ? Si c’est parce que ceux qui ont écrit ceuxllà étoient hébreux j hé bien tous les Apôtres étoient hébreux, pourquoy donc ne les croyez-vous pas? S. Mathieu a écrit foA Evangile en hébreu 9, S. Paul le Prédicateur des Gentils, étoit hébreu, et venoit des hébreux, et tous les Evêques qui ont été à Jerafalem jusqu’i présent, ont toujours été pris parmi les hébreux, pourquoy donc recevoir quelques ouvrages deceuic de même nation, et en rejetter d’autres?
Mais c’est dira peut-être quelqu’un, -qu’il est v impofliblc « de reffufeiter les morts; mais Eliféfc n’en a-t’il pas reffufeité plusieurs pendant qu il étoit n vie, et un autre après sa mort? Si vous croyez qu’Elrfée quoique mort, touchant un mort Tait reffufeité, pourquoy Jésus-Christ ne pourra-til pas reffufeiter? »
3 i Le% Cateebefes de saint Cyrille
Un mort touchant seulement Elifée recouvra la vie y pendant que celui qui le reflufeitoit, resta mort; mais Jésus-Christ étant mort, s’est reflufeité luymême et plusieurs, sans même le toucher, ni l’ap procher, ont été reflufeitez: car les corps de plusieurs Saints qui étoient morts, reflufeiterent; et étant fortis des tombeaux après la Résurrecetiondc Jésus, ils vinrent dans la Ville sainte, ils parurent donc dans cette Ville, et à plusieurs de ses habitans.
Elifée a bien reflufeité un mort, mais il n’a pas fait trembler la terre -, Elie a reflufeité un mort, mais on ne chafle pas les Démons au nomd’Eliej ce n’est pas pour diminuer la gloire de ces Prophètes, mais plutôt pour louer leur Seigneur leur Maître: car nous ne prétendons pas affoiblir leur gloire pour établir celle de nôtre Seigneur, mais seulement établir sa puissance par celle que Dieu avoit communiquée à ses Prophètes.
Peut-être dira-t’on encore: Soit qu’un homme qui vient de mourir puifle revenir par le fecoua qu’on luy donnerait; mais montrez-nous qu’un homme mort, et enfevely depuis trois jours, soit reflufeité; mais nous avons dans l’Evangile le témoignage qui avoit été porté de Jésus-Christ: CornM4tk.11. me Jonas fut trois jours et trois nuits dans le ventre de la Baleine s le Fils de l’homme sera de même trois jours trois nuits dans le cœur de la terre. Ce -qui nous donnera oçcafion de marquer le rapport entre JfcfusXhnstetJonas. Ils ont tous deux été envoyez prêcher de femfalem. XIV. Catcch. 353 prêcher la pénitence, mais Jonas defobéit, s’enfuit du lieuvoù Dieu Pavoit envoyé sans savoir ce qui luy devoit arriver; au lieu que Jésus-Christ a prêché jusqu’à la mort la voye qui conduit au Ciel Jonas s’endormit dans le vaiffeau, où il étoit au temps de la tempête et Jésus s’étant endormi par un ordre de la Providence, il permit que la mer s agitât pour faire ensuite connoître la vertu et le pouvoir de celui qui dormoit.
Les Matelots difoient a Jonas: Eveillez-vous, invoquez vôtre Dieu, afin qu’il nous sauve j et les Apôtres dirent à Jésus Christ: Seigneur, fauvez-nous. Ceux-là dirent: Invoquez vôtre Dieu; et ceux-cy dirent: Sauvez-nous 9 Seigneur. Jonas dit: Prenez-moy et me jettez en la mer, et elle s’appaifera; mais Jésus commanda aux vents et à la mer, et elle se trouva tranquille. Jonas fut reçu dans le ventre d’une baleine; Jésus est descendu volontairement dans le lieu où Ton alfemble les morts, pour en retirer ceux qui étoient livrez à la mort, ainsi qu’il est écrit: Je les retire- Oflt 15 ny de U puijfance du fepulcbre J et je les garantira de U mort.
Et puisque nous en sommes sur ce sujet, dites-nous, efkil plus difficile.de croire qu’un homme reffufeite après avoir été enfeveli en terre, que d’en voir un autre fortir du ventre d’une baleine, n’ayant point été digéré, ni endommagé par la chaleur qui est au dedans de ce poifTon, qui est telle qu’il digère des os, et tout ce qui entre dans ses entrailles? Comment donc Jonas a-t’il pu rester fain et fauf pendant trois jours dans une baleine!
Math, h, où même il ne pouvok refpirer y ce qui est si ne cefTairc pour entretenir la vie. Les Juifs diront qu il est redevable à Dieu de sa confervation. Hé bien si Dieu a protégé ainsi son ferviteur, qu’il luy a confervé la vie; pourquoy le Seigneur ne pourra-t’ii pas se donner àfoy-meme sa propre vie? Tua n’est pas plus difficile à croire que l’autre, et pour moy je les crois tous deux. Je crois que Jonas a été confervé comme Lazare a été reflfufcké. Toutes ces choses sont poflibies à Dieu, et je crçis aussi que Jésus-Christ est reflufeité des morts, convriie il a été prédit par les Ecritures, et il en reste encore aujourd’huy des marques.
Il est entré seul aux enfers, mais il en est fortcy avec plusieurs. Il fut misfcuidansunfepulchre, mais il redonna la vie aax corps des Saint m étoient jnorts. La mort elle-même fut épouvantée, voyant un mort descendre dans les enfers, sans être aflfujctti à ses liens. Mais vous, o portiers de ces lieux 3 pourquoy eûtes-vous peur en le voyant? d’où venok cette frayeur que vous fistes paroîtreî La mort s’enfuit, et sa suite marque sa défaite Les saints Prophètes vinrent au devant de Jésus avec Morfe, Abraham et Ifaac, Jacob y David, Samuel J Isaïe J Jean-Baptiste, disant et s’écriant: tff ce fs vous qui devez, venir? et mus ne devons fif en attendre un autre. Tous les Saints quiavoknt ete sous l’empire de la mort, ont été rachetez, etnw il pas bien raifoijnable qu’il commençât par faire part de sa Rédemption à ceux qui Tavoient aafl céeet publiée îCètoitpottr lors que chaewa 4e ces de ferufalem.
X I V. CatechV 5 j f justcS, disait: O mort, où est ta viéioire? Celui qui t’a vaincu pour luy, nous a aussi délivre; et Jonas fut donc une figure du Sauveur et comme ce Prophète enfermé dans te ventre de la baleine, disait a Dieu t Seigneur mon Dieu, fay crié vers vous au temps de nu tretulathn; O4 vous mVe% fait fw tir du milieu j( de l’enfer. Àppeltant akifî le ventre du poiflon où il étoit enferme, il fut la figure de Jésus-Chrtst, qui devoir descendre aux enfers, et parlant au nom de Jésus-Cbrist: Je foisdescendu jusqu’aux coupures des montagnes. Ce st’est pas qu’il y eût des montagnes dans le ventre de ce poiflon, mais il marquent Jésus-Christ qui devoit être mis dans un Sepalchre cailte dans la pierre. Jonas dit encore quoiqu’il fôt en pleine mer: Je suis descendû dans, la terre, figurant le Sauveur qui a été mis dans le coeur de la terre; et comme s’il eut prévu ce que dévoient dire les Juifs qui avoiettt corrompu les Gardes de 6n Sepulthre, publiant qu’on l’avoir enlevé, Joàas ajouté: Ceux qui Vaddonnent à la vanité et à l’erreur se rendent indignes de mifericorde; car àelui qiii a pkié des hommes est venu, il a été crucifié, il ëst « fTuetité 3 il donné son sang pour re le prix des Gentils, et des Juife, et ccux-cy disent en perfeverant dans leurs erreurs, qu’on l’a enlevé du tombeau, »
Isaïe a aussi prédit la Résurrecetion de Jésus Christ, lorsqu’ii a dit1: Il a tire de ta terre le grand Ptstexr des brebis. Il le nomme le grand Pastcur 3 de peur qu’on ne le crût égal ou semblable aux au très qui portent ce nom. v • Yyy on. t.
l6 Lei Catecbefes de fàint Cyrille
Croyons donc aux Prophètes, puisque nous Ici avons -, pendant que ceux qui veulent perfeverer dans leur infidélité, périront. Soyez fermes dans la foi de la Résurrecetion, et n’écoutez jamais ce que les hérétiques voudroient vous dire, pour en astoiblir la croyance, avec les Manichéens qui disent encore aujourd’huy r5 que le Sauveur n’estreflufcû té qu’en apparence, ôc non véritablement. Ils ne croyent pas ce que S. Paul a dit, que le Fils de
Xm.x. y Dieu est né selon la chair, dufang de David, ni qu’il a été predestiné pour être Fils de Dieu dans une fouveraine puissance, selon l’esprit de fainteté par sa nfurreéhon d’entre les morts. Ils ne comptent pas ce que cet Apôtre femble avoir dit pour eux: M dites f os
Rom, io. dans votre cœur; Qui montera dtm le Ciel, ou quidef cendra dans labymef çest-t-dire pour rappeller Jefa Christ d’entre les morts. Comme auifi ce qu’il dit ail- i. Cor. 15. leurs; Si Jésus Christ nest point reffufcitê notre prédication est /vaine et notre foi est aufst vaine; nous ferons même convaincus d’avoir été de faux témoins à teffd
K 15. de Dieu en rendant témoignage contre Dieu même, et disant qu’il a reffufcitê Jésus-Xhrist., qu’il n’aurait pas. néanmoins reffufcitê. Puis cet Apôtre ajoute: Mais
V. 20. maintenant Je fus- Christ est reffufcitê d’entre les morts, et il est devenu le premier de ceux qui dormçnt. -H -stPP ru à Pierre, et ensuite aux onze,
« Si vous ne voulez pas vous rendre au témoignage d’un homme, rendez- vous à celui de douze, même à plus de cinq cents Frères aufquels il s’est manifesté 3 en suite il fut vu de Jacques son parent, qui a été le premier Eyêquç de cette Eglifç14 »
Vous donc qui êtes Difciplesde ce grand Evêque, croyez à son témoignage, vous aflurant qu’il Va vu refTufcité; et si le témoignage de S. Jacques vous paroît fufpcét, parce qu’il étoit son parent, croyez à S. Paul, qui étoit son ennemy. Orc est luy qui dit: J’étois celui qui le perfecutois, et maintenant je vous annonce sa Relurre£tion.
Cétoit la nuit de la pleine-lune, et par conséquent il faisait clair, car c’étoit la feiziéme nuit du mois: le tombeau qui l’a retenu, et la pierre de deflus, qui Ta enfermé, dépoferont contre les Juifs. Cette pierre levée et que Ton conferve encore aujourd’huy l marque qu’il est vrayment ressuscité, sans parler des Anges qui s’y trouvèrent prefens pour honorera pour annoncer la Résurrecetion du Fils unique de Dieu. Pierre, Jean, Thomas, les autres Disciples, ceux qui couroient les premiers au Sepulchrc, et qui ne trouvèrent que les linceuls, où on Tavoit envelopé; ceuxqui ont touché ses pieds et ses mains, et qui ont vu les ouvertures des doux; ceux qui reçurent de luy ce fouflc divin, avec le pouvoir de remettre les péchez; les saintes Femmes qui luy embraflerent les pieds, qui furent épouvantées du tremblement de terre, et de l’éclat des Anges, et qui virent le Suaire où étoit son corps -, les Gardes qui ont reçu de l’argent, et ceux qui leur en ont donné, et le Sepulchre même qu’on voit encore préfentcment, ce saint Temple, que l’Empereur Constantin infpiré de Dieu, a fait élever et orner avec tant de magnificence i Thabite même, qui revint en vie au nom de Jésus-Christ reffufcitç,. Y y iij
Peut-on après cela en douter, puisque fofi nom seul donne la vie aux morts? La mer luy rendit son témoignage dans cette pèche prodigieufe de poiffons que firent les Apôtres en et préfence/et particulièrement S. Pierre, cpii l’ayant renié pendant sa Pafïion l’ayant confeffé trois fois après sa Rcfurreetion y reçut de luy le pouvoir de paître les Ouailles (pirituelies. La montagne de oliviers fubfîste encore aujourd’huy y où la nuë le reçût lorsqu’il monta au Ciel à la vûë des fidèles. 11 étoit descendu du Ciel en Bethléem parsanctifiance, et il a choifi la montagne des oliviers, pour de là monter, et retourner au CkL II a commencé à combattre pour nous à Bethléem; mais il a reçu la couronne due à ses viâsoires sur cette montagne.
Je pourrois produire encore d’autres témoins; le lieu d’oc û est party pour monter au Ciel, le personnes qui y étoient prefens, et k nue qui Ta reçu; les Anges qui en dépendirent pour prier aux Apôtres. L’ocdredésMystercs demanderait que je vous parlaiïe présentement de ion Afcestfîon1, nuis par la divine Providence, il est arrivé que le dernier Dimanche l9y j’en ay parlé beaucoup dans Mcmblée des fîdeks, en expliquant tEcrkure qu’on lifoit ce jour-là y qui marquait lAscension du Sauveur au Cnl Je dis donc beaucoup de chofesfor ce Mysteie, à eaufe de la nombreuse aflfemblée des fidèles qmi y étoient, mais principalement pour vous autres Je m fçay jxzmitant si vous avez retenu tout ce qui y a été dit; mais comme la suite dé la protestation de foi vous oblige de croire en la Reiurreetion, et en l’Ascension de Jésus-Christ t comme aussi qu’il est affis à la droite du Père; quoique je ne croye pas que vous ayiez oublié tout ce que je dis pour lors, je ne laifferay pas d’en dire, comme enpaflant, encore quelque chose.
Souvenez- vous donc de ce qui est écrit dans le Pfeaumc: Dieu est monté avec cry de joye j comme aussi ce que les Vertus du Ciel se difoient les unes aux autres: Ouvrez vos principales portes; et pareillement de ce qu’il dit ailleurs, en se levant en haut: Il a mené avec luy ceux qui étoient dans la captivité. Et ce qui est dans le Prophète Amos: édifiera sa demeure dans le Ciel, où U sera, monté. Et toutes les autres choses que nous vous dîmes hier, qui étoit Dimanche ®, n réfutant les objections des Juifs.
Car quand ils allèguent qu’il est impoffible que le Sauveur se soit élevé de la terre au Ciel, ont- ils oublié ce qui est rapporté d’Abacuch, qu’un Ange prit par les cheveux, et tranfporta fort loin. Peuton dire que le Seigneur les Anges, et des hommes, n’auroit pu s’élever de cette montagne au Ciel? Il y a pluiieurs autres fembiables merveilles que Dieu peut faire par sa toute-puiuancc.
Les autres hommes ont été élevez de la terre par quelque fecours, mais Jésus-Christ s’est élevé par sa propre vertu. Enoch fut enlevé, mais Jésus est monté.
Souvenez-vous de ce que je difois hier en parlant d’Elie, qui fut enlevé dans un char de. feus mais le char de Jésus-Christ, étoit une multitude de personnes qui beniffoient son nom, et qui publioient sa gloire, en prenant part à la joye de son triomphe. Elie fut élevé à Porient du Jourdain Jésus-Christ partit de la terre au Ciel, à l’orient du Torrent de Cedron. Et si ce Prophète donna son double esprit à son Disciple, Jésus-Christ a donné aux fîens une telle abondance des grâces du S. Esprit, qu’ils se sont trouvez en état après en avoir été remplis pour eux, de le communiquer aux autres fidèles, par Pimpofïtion de leurs mains; c’est par ces exemples que vous convaincrez les Juifs.
Mais croyons la grandeur de la gloire du Sauveur bien au deflus de celle dont jouiflent les ferviteurs de Dieu, luy qui est son Fils. Pensez que S. Paul son ferviteur, aétéravy jusqu’au troifiéme Ciel, ainsi il fut plus avantagé qu’Elie, qui ne fut élevé qu’au premier Ciel; et n’en soyez pas furpris, les Apôtres ne sont pas moindres que Moïse, ni que les autres Prophètes, ils sont même au delfusj car si Elie fut élevé au Ciel, Pierre n’étant que sur la terre, a reçu les clefs du Royaume des Cicux, quand on luy a dit: Tout ce que vous délierez sur la terre, le sera dans le Ciel et sur la terre. Elie n’a été élevé qu’au Ciel, et S. Paul a été ravi enParadis. Il est juste que les Disciples de Jésus-Christ reçuffent de luy plus de faveur. Paul y cntstdit ce qu’il n’est pas même permis de dire aux hommes, il n’y resta pas, il en descendit, non qu’il ne fût digne de rester au second Ciel } mai ce fut afin qu’après avoir goûté les délices de ce heu, et ayant déferufalem. X IV. Catech; yfir été honore jusqua.y être élevé, il n’en descendît, que pour prêcher Jésus-Christ, et.afin de mourir pour luy, etde retrouver la couronne du martyre.
Jkbmets plusieurs autres choses qui ont rapport, à cefujet, et que je vous expliquay hier, qui étoit Dimanche, dans l’aflemblée. des fidèles, croyant que cela fuffit pour vous en faire, fouvenir, et pour, vous affermir dans la croyance de ce mystere.
« Mais fouvenez-vousde ce que je vous ay dit iî. souvent, que selon l’ordre des articles de nôtre profeflion. de Foi: Jèfus-Cbrist est afis a, la droite de /on. Père;: que celui qui est monté aux Cieux, y est féant: lia droite du Père. Je ne vous parleray point de. la gloire de son Trône, parée qu’elle est incompréknfiblc; je vous dis seulement: N? écoutezpas ceux qui disent que ce n’est que par sa mort et fà Résurrecetion, Se. après qu’il est monté au Ciel, qu’il a commencé d’être affis à la droite du Père: car il; n’a pas eu ce Trône par la fucceflion, ou la suite, de ces évenemens, mais il l’a eu de tout temps: comme il est engendré du Père, de toute éternité, tfest aufiï avant tous ces temps qu’il règne avec le. Père, et.ce fut ce Trône qu’Isaïe vit, avant que le Sauveur soit venu, et dont il dit: J’ayvû le Sei- #’• 6 gteitr ajsts sur un Trône élevé; Car personne n’a ja-. mais vu ie Père, et. c’étoit le Fils qui apparoifloit pour lors » au Prophète, et c’est de luy dont le Malmiste a ditdepuis ce t.cmps4à: Vôtre Trône estPf- 9 préparé, vous êtes, depuis le commencement des siècles. Mais comme il y a plusieurs endroits de l’Ecriture,, qui établhTent cette vérité, je me contenteray.;.
de ceux-cy y n’ayant qu’une heure à vous parler, qui expirera bientôt. Il faut donc en peu de mots vous rappelles: -en la mémoire ce que je vous ay dit de Jésus Christ aflis à la droite de son Père, cela est expreflement marqué lansle Pfeaumc cent
Pf 109. neuf: Le Seigneur a dit à mon Seigneur y foye àjjïs £ ma droite, jufcpf ce que je mette vos ennemis sous mus,, pour vous servir de marche-pied. Ht pour confirmer ce que je vous ay dit cestquc le Sauveur dans jMatkxi. L’Evangile dit que David ne parlait pas de luymême, mais qu’il étoit infpiré du S. Esprit: comment donc David parlant far t Esprit yl’appelle-ùlfon Seigneur, disant: Le Seigneur a dit à mon Seigneur yaf feïe%-vôus a ma droite, jusqu’àce que j’aye réduit vos ennemis à vous servir de marche-pied? £t dans les vW.1.34. À£tes àcs Apôtres, il est rapporté que le jour de la Pentecôte, S. Pierre se (ervit de ce paflage du Pfeaume 105. pour prouver aux Juifs la vérité qu’il leur prêchbitu
Il faut encore vous remettre en memèâre quelques autres partages, ou il est marqué que le Fik est affis à la droite du Père, tel que celuUcy, qui
Math.i6.cik dans S. Mathieu: Toutefois je vous.annonct st cy-aprés vous vçrre venir dans les nuées du Ciel k Fils de l’homme affis à la droite de la puissance de Dieu ou uPctr. 3. comme parle S. Pierre: Le Baptême nous sauve par la Résurrection de Jésus-Christ qui est a U droite de Dieu, étant monte au Ciel. Ce que dit aussi S. Pauh Jésus-Christ non seulement est mort, mais il est rejfufr té, et est à la droite de Dieu. Et dans son Epître aux Eplietiens, il leur écrit: Nous croyons par Tefe:
« Se Jérusalem.Xl V.; Catecîn. 3etV pc: dé la vertu y de là force de Dieu qu’il a em -£//• ployé sur Jésusr Christ, en le reffufeitant, et en l’é-l?’m tâUifféMta-si Cieuxi Et dans TE- pître aux Coloffiens: Si, dk-û, vous êtes tcffufci- colof t • tez avec Jésus-CKrist,: rechcBchcz les choses qui sont en haut, ou Jefa-Cbrifi est affis à la droite de Dieu. Et dans celle aux Hébreux 3, après avoir purifié ItHtfr.}.. bêché:// itf aules haut du Ciel,}, la droite de U fouverainè Majesté: ret Auquel des Anges Tieu a- /il jamais dit: Vom êtes mon Ris, affne-’voKS à ma droite,, jusquà ce fie - je -mette im vrmemis sous njos pieds t Et dans cette même Epîtne -, l’Apôtre dir de Jésus//. iu hrist., mais après avoir offert une vidime pour ifcs péchez: M rest as à U droke de Dieu pour toute éternité y attendant ce qui xefie qui oest que ses ennemis soient mis sous des.-pieds ».
Il dit encore jet— tant les yeux sur Jcfixs, l’auteur et le confomma- #,. i. eur de nôtre foi, qui au lieu de la joye qu’il1fouvoit goûter,, a fbuffert la Croix, méprifant ignominie, et enfin est affisJ, la droite du Trône deDîeH. ne rapporteray point d’autres témoignages de cette vericé.croyartt: que ceuxcy fuffifent. GonfefTbns donc qu’il est amfi à la droite dé son rare, nott feulemera: depuis qu’il s’est fait homme v, niais avant tous les siècles? que le Fils unique de îeu 3 Jtfus-Giirist iiotre Seigneur, qui est descendu dû Ciel-, qui y est monté, a dé toute éterni te été aflis à là droite- du Pete. Je le prie qu’il coristrve’ vôtre ame dans une confiance stable; et immuable en cejui qui est reffufeité, qu’il vous faffe sistir de vos péchez par le don de sa grâce afia;
Zz ij-j 3?4 es Catecbefes de faim Cyrille qu’étant enlevez dans les nues, vous vous préfet tiez au devant de luy pour en obtenir mifericorde, jusqu’au temps de son second avènement. Que vos noms soient écrits dans le Livre de vie pour n’en être jamais effacez; car il y en a pkfieurs, dont on a écrit les noms, etqui en seront effacez par leur chute, ou par leur apostafïe.
Que Dieu vous faffe donc croire en son Fils reffufeité, et monté aux-Cieux, et d’où il doit venir. Affermiflez votre foi dans ces méritez, et ne vous laiflfez point ébranler par ceux qui pourroientvous réduire- Pensez que celuiqui est aflis rià-haut, est aulfi icy bas avec vous, qu’il voit et confidere chacun de vous dans son cœur, et qu’il fçait quelle est la grandeur de vôtre foi, et ne croyez pas qu s’il n’y est pas d’une manière corporelle., qu’il n’y fort par ion esprit 24, au milieu de vous, écoutant ce qu’on y dit et voyant jusqu’au fond de votre ccèur, quelles sont vos penfées, et vos affeetions: c’est luy qui est prêt d’offrir à son Père dans le S. Esprit, cous ceux qui se prefentent pour être baptisés, et pour luy dire: Mevxicy mon Dieu, înoy et les encans que vous m’avez donnez, à luy soit la gloire, la force dans les siècles des iïecles. Amen.
Notes sur la quatorzième Catéchèse i T A tristefe de tEglXst, le jour de U Passion,.auquel on tedtofc aux fidèles les fouffances et la rroir -de Jésus-ChriA, trifcflc recie qui s’est confervé jusqu’à présent, sur tout dans les trois jours qui précèdent la Fêce de Pâque. i Que la faix vienne sur son tombeau, dit la VÎilgare.: Pnit f#’ rtcfwtfcat in cubili sur. C’est-à-dire: Que la paix vienne sur JoWI dans son tombeau.
« « « de JenifàletmlV. Catech. 6 1 11 donnera Us impies pour U prix dt ta S/ » »/ ». C’est-à-dire, il donnera à Dieu son Père les impies eu les rendant justes. Dans d’autres verfiens il y a: Il perdra ceux qui ont été les Auteurs de fo mort, ou il perdra le Démon qui avoit fait périr tant dames. 4 Mtïfi dit Gad... Gad s’cst repofé dans son héritage, après avoir accompagné les autres-Tribus dans la conquête de la terre promife. •,. ’. _.
« t Vous w permettrez, pas cfUt vôtre Saint v »yt la ctfruption. S. PierTeAâ:. i. jo. }i. S. Paul Ast.ij. 35. expliquent tous deux cet endroit JLe Jésus-Christ reflufeité, ainsi David envifageoit par la lumière de ia’foy, Jésus-Christ reflufeité.. „,.„,../..
Choit pour lors un jardin pu k Bm m Jtfus-Chrf fut trttctfi. Selon les Evangèlistes il y avoit un jardin sur la colme du Calvaire prés l’endroit où Jésus-Christ avoit été crucifié, et dans ce jardin il y avoit un Sepulchre où personne n’avoit été mis. Ce heu est devenu l’objet de la vénération des fidèles, sur tout depuis Constantin; car tant que les Juifs, et les Païens -en ont été les_maitres, les Chrétiens n’avoientf as la liberté d’en approcher. Eufebe rap- W.|. A prte, et S. Jérôme, et S.sPaulin après luy. qu ils avo.ent comble # ( de terre la caverne du Sepulchre, qu’ils y avoient baty un Temple d’Idoles, « voient mis la statuë de Jupiter sur le Sepulchre de Jésus Christ, et celle de Venus à l’endroit où il avoit « te crucifie par l ordre de l’Empereur Adrien, l’an y.lorsqu’ilfit construiremne nouvelle Ville, ’nommée Aelie, sur les ruines de 1 ancienne Jerufdem. Constantin étant devenu Chrétien, rendit a cette V,; le son ancien nom et un nouveau lnstte, il fit abbatre tous les Idoles qui occupent le Calvaire, fit Ôter4es terres, les unmondices ou. couvtoient le Sepulchre, et y fit conduire une Eglue ™gntfque. Le i »t Sepulchfe étoit à la tête de cet édifice. On « « •« ’•« vestibule qui étoit au devant, et qui avoit ete ta. Ile dans le. roc même, aussi bien que le Sepulchre, comme le rapporte icy S. Cy rilleiet cette Chamelle du Sepulchre fut nommé Anaste, ’ ou se Refutreâion, et bientôt après, le nom d’Anastaf.e se donna a toute la Bafilique.OnlappelU aussi Martyre, « « JL rille dans fUace du Sepulchre. On y voyou enco e des restes du iardin oà Jésus-Christ avoit été enterré. S. Cyrille le rapine comme témoin oculaire., malgré les grands ang.-mens qu j avoun apportez les travaux faits au temps d’Adrien, et sous Constantin. La De dïcace de-ce Temple se fit l’an?55- f se ™ grad rcïe de Tyr. ques, qui s’étoient tranfporrez à Jérusalem après le Cotrc.l rde Tyr. Voilà: ce qu’il faut necefiairement fuofer.pour bien entendre cette tti, dt Mars itoit le prtrtitr mois to f t que le monde avoit été crée’ au Printemps, comme le rétorque. Cyrille, au temps que les fleurs parodient. v » » » » » » »
Les Catcchefes de saint Çyriltè
Sjt/HS’Chrifi l’Epoux et le Médecin des Ames. 9 Magnificence de VEgllfe de la RiÇurreÛum bâtie par Confiant qui en avoit donné 1 ordre â Macafre, Evêque de Jérusalem, etce fut sur son deflèinque ce Temple rut constmit. Ofl lappelloic féùm n Anaflafie, ou ÏEglifi de U RefurrtOion.
iq S.Mathieu a écrit fim Evangile en. hèbrtu. S Cyrille aest pas le seul de ce fentimenr, Papyrus tapai Eustb.L, c, 39.) S.Ireaéc/. •’ Owgene ( apud Eustk. I 6. c. 15. ) Eofebe /. 3. v. 14. S. Jrenec profite, in Math. S. Epîphane. haref 5 S. Cfaryfostome. sur S. Math. S..Augu{rin et autres ont cru que céoic en Syriaque, ei U langue qu’on parloir à Jérusalem, appellée %communéraenr l’Hér oraïque dans le nouveau Testament.
TùmUs Eviaœs d Jerufalen ctoïmt btbnux, On fuivoir l’an. S6 D, JP’inc e °£ point mettre d’étranger « dans une Ville pour en être Evêque que quand on y manauoit de fujets, chaque Eveque croit pris ordinairement du corps des Prêtres, ou de fcs Clercs Ce qui fert â montrer que la doifcrine n’y « point été expoféei ai cun changement qu’un Evêque étranger auroit pu y introduire. » »
H S. Cyrilk après avoir prouve la Résurrecetion de Jésus-Christ par les oracles des Prophètes de l’ancien Testamcnc, se propofe de rIoudre les. difgcultez qu’on faisait contre ce miracle, et commet ce montrcr 9u’elle n’a rien qui répugne, et quelle n’elt pas imppffiole,, ou qu’elle est poffible,, ôc se fert de plusieurs eiemples de morts reffufeirez avant Jésus-Çhrist par lVxcropie de Jonas, par Lazare reffnfciré.
m Jtfm-Christ fml descend aM#,-tnfe. S. Cyrille répète fouvenr b. u j C JésusCfarista« x enfers, Se exprime lajoye desPatriar. »
cfces et des Prophètes â la vue de Jésus-Christ. Il prétend donc que ce rut poiir retirer.ces âmes de leur captivité qu’il défendit auti 14 Lts Manichéens Ji/oient que Jerus.Chïistn’eokjeflbfcuéqa’eit? apparence..
lJ5 rJV Pwmicr Evêque de Jérusalem, étoit 1er parent se eiushnst, Se un de ses Apôtres, furnornmé Jacques - le mineur. c, UrieîstingUCr de Jac(îacs a de etet; ce fut. à Iuy que JeiVT/ si n AaPÇ.amt com« le rapporte S. Paul. Ce fut loy qui apres - ». sa Pentecôte Rétabli Evêque de Jérusalem, et ordonné par S. Pierre, S- Jacques, et- S. Jean.
H,?! J étok à!« et« » î i mais Ji parlL duSuaite, stamin. dt3ufaUm bâtie et magnifiquement ornée par.Coo- àf.Cjrito prêchoit tous. JeDimaoches n puWic.dans raffentr de Jerttfalem. XI V. Câtech » J#7 blce des peuples, et après qu’on avoit fait les leetures. In fynaxi letlionmy y ex ord’me feaumtHr.. On gardoit un ordre établi par l’Église pour ces leetures des Dimanches, et du cours de Tannée; on avoit lu le Dimanche précèdent ce qui regardoit TAscension de Jésus-Christ, ainsi on voit les aflemblées publiques des Fidèles le Dimanche. S. Cyrille y pi échoit à la place de TEvêque, au temps du facrificc, et après les lectures. C’est ce que S. Justin avoir marqué dans son Apologie, qu’il y avoit l’exhortation ou le fermon du Prélat après les lectures et avant l’offrande Dit pdis aétus fimt ubi jipojiolorum Trephitarimcfut littera pralegantur, deindï cejfame letlort, prapofîtus verlra facit adhortatoria. 19 Expl cation du Myûere de TAscension cfe Jeûis-Christ.
S. Cyrille fait encore mention de fon’fermon sur TAscension, qu’il avoit fait le jour piicedent, qui étoit un Dimanche.
u II na pas vu le Ptrec étoit le Fils qui apparoifloit aux Prophètes. Cela est souvent dans S. Cyrille.
On ne permettait pas de pafTer Pheure tansles dîfcotirs publics, de prêcher plus d’une heure.
V Epure aux Hébreux est de S. Paul.
Ne croye pas je si Jésus-Christ nefl plus avec nous £utie Matière corponlle, ya’il n’y fois pas en esprit. Ces paroles n’excluent pas la ptefence réelle de Je fus- Chr Ht dans TEucharistie, mais seulement la préfence viable et fenfible, étant caché et iroilé dans le Sacrement, par les efpeces sous lefquelles il existe, comme il paroîtra ifx les Catéchèses mystagogiques, où laprefence réelle est si fortement établie.
Catéchèse XV
A ceux qui fê difpofoient au Baptême j ouï l’on explique cet article du Symbole:// viendra encore une fois sur la terre, pour juger i les v’uvam et les morts, et fin reine n’aura point de fin. Avec des reflexions sur rAntCr Christ, on avoir pris pour lecture Daniel, où il dit: Je regardois jufyu’a ce 2« r.7.- que les Trônes furent dreffeT » et.j.ml’ani.• tien des jours s’agît..
JE viens aujourd’hùy vous annoncer lé fécond’ avènement de Jésus-Christ l, qui sera bien plus; éclataht que le premier. Il étoit venu pour exercer la patience dans les tourmens qu’il a fouflferts,. mais il doit venir plein de gloire, portant le Sceptre et la couronne de son règne divin et éternel. On nomme ordinairement Jésus-Christ en deux sortes d’états. Il a deux générations, l’une qu’il: tient de Dieu son Père avant tous les iîecles, et l’autre qu’il a delà Vierge dans le temps. Il a aussi dçuxavenemensj un où il s’est caché comme la pluye tle ferufalem. X V. CateclC 69 pWc qui tombe sur une toifon, et un autre où il paroîtra à la face de l’Univers, et c’esteeluy qui doit venir. Dans son premier avènement, il a été enveloppé de langes, mis dans une crèche Dans l’autre il sera revêtu de lumière, qui le couvrira comme un vêtement.
Dans le premier il a fouffert avec patience l’ignominie de la Croix; Dans le second il viendra plein de gloire, accompagné d une armée d’Anges. Ne nous arrêtons donc pas seulement au premier, puisque nous devons attendre le ’ second, Dans le premier, nous luy difîoris: Beny soit celui qui est venu au nom du Seigneur -y Nous publierons là même chose dans le second, nous unifiant aux Anges qui iront au devant de luy5 nous l’adorerons en beniflant son nom
Le Sauveur viendra donc, non plus pour être jugé, mais pour juger ceux même qui jugent les autres. Celui qui se taifoit. quand on le condamnoit injustement, s addreflerapour lors aux impies,:
leur difaiit t Voilà ce que vous avez Élit-, et je ine suis tû. Il viendra pour lors afin de difpeiifer les dons de Dieu; prefentement il se contente d’attiré;
les hommes à luy, en les instruifant, et par la douceur de ses perfuafions; mais pour. lors chacun se ra fournis à son Empire, ceux même qui ne le voudroient pas.
Le Prophète Malachie a très bien décrit ces deux M! K aveûemens Voicy, dit-il, le Seigneur que vous atten- feC1 et que vous cherche, qui entre dans son Temple; Ce qu’il faut entendre du premier avènement. Puis il ajouté, parlant du second i Voicy l’Ange ds
Aaa 370 Les Catecbefes de saint-CyriOe l’alliance que vous defirez, qui pourra seulement penfer au jour de son avenestient, ou qui en pour ra foutenir la vue? il sera comme le feu qui fond les métaux } et comme l’herbe -dont se fervent les foulon?, Il sera affis comme celuy qui fond, et qui puçifie l’argent. En suite le Prophète fait ainsi par?
r% 1er Iç Sauveur: Alors je me hateray de venir, poyj tr« moy-même juge et témoin contre les cmppU fonnçurs, contre les adultères etc les pajjurçs, ç« i. Cor. j.que S. Paul explique encore plus clairement. jQify a pçilit d’autre fondement que JésusCbiist f{ quelques-uns édifient sur et fondement avec de l’et dç l’argent, des pierres precieufes, du bois, du soin, du chaume., l’ouvrage dé chacun d’eu paroîtra, parce que le jour du Seigneur qui vioad » avec le feu, le sera voir, etce fou sera l’ép« uve du travail de chaque ouvrier. Le même Apotrçdans son Epîçre à Tite, a pareillement marqué cçs deux 7ïm. xi. avenemens: La grâce de nôtre Seigneur a été: découverte à tous les hommes, et clic npus a appris à renoncer à l’impiété, et aux defirs du fiecle; pour vivre en ce monde fohrement, justeroent, et tet gieufement, dans l’attente de ta béatitude que nous efperons, et de l’avènement de hglmxe de Jejks-Chrifl U grand Dieu, et le Semeur dç Wj mes- Paœ ces paroles on voit le premier avènement qui çst déjà arrivé, et pour lequel nous faisons à Dieu det actions de gfaçesj ôé te second, est cçlui qvte »0 attendons;. »
C’est donc ce que bous, avons reçu dstfltPïPtW’’ » ce que lja foi îm« s. oblige, de: coirs: q »P J« BSr
ÇKrist étant monté au Cieux est aflïs à la droite du Père, et qu’il otait venir dans la gloire juger les viVàns et les morte 3 et que son règne n’aura point de fin.,. ’
Jésus-Christ nôtre Seigneur y viendra donc a la eonfommation des siècles, et tout ce monde qu’il a créé, sera renouvelle, parce qu’il a été fouillé, corrompu par les vols, les adultères, les boitte cides 3 et les autres péchez qui ottt innondé la sa et de la terre; et pour lors il sera purifié de tou- tes ses fouillures, il pafTera pour devenir plus pur, plus éclatant. Cela fb voit matxjué dans Itaïe: /;. 34# Le Ciel dit-il y sera plié en rouleau y comme urt Livre j et tous les Àstres tomberont, comme les feuillet k la vigne ou comme celle d’un figuier, dans PEvangile il y a: En ces jours le Soleil de- Atath.14. viendra obfcur y 4 U Lune ne nndràfvint sa lumiète i et tes emUs mmherùm du Cié.
« Ne nous attriltoris donc point comme s’il n’y avoit quenous fujets à la mort, puisque tes Àstrei Pourront aulli mais peut-être aussi qu’ils seront de nouveau -rétablis. Le Seigneur roulera les Cieux, non pour les anéantir, mais afin de les rendre plus brillant Voicy ce qu’en dit ïc Prophète David:?£. C’est vous y Seigneur, qui avez fondé la terre ait Commencement, et les#Cicux sont les ouvrages de vas mains » Ils périront s, mais pour vous } vous decuretez; Puis il marque comment ils doivent périt, toutes ces choses s’ufent comme un vêtement: Vous les changerez comme on change un habit y et elles Ib’i. vj. stmt Ranges. lien est comme de la destruÊtion da
Aaaij «;. 57.1. l’homme. Le juste périt, dit le Prophète, et il n’y a personne qui y penfe dans son cœur. Comme donc nous attendons laRefurreetion de nos corps, aussi se sera-t’il une espèce de Refurrediom des Cieu-x. Le Soleil sera changé en ténèbres, et la Lune en sang, avant que le grand jour du Seigneur arrive. Par ces paroles, ceux que Dieu a retiré des erreurs des Manichéens, et qu’il a converty, doivent être perfuadez que les étoiles ne sont point des Dieux, et que Jésus-Christ, ne peut être le Soleil, puisqu’il doit perdre sa lumière. Ecouter aussi ce que Jésus-Christ en a dit: Le Ciel et la terre paneront, mais les paroles que je vous dis, Mm. 13. ne paneront point, car les créatures ne doivent aucunement être comparées aux paroles du Seigneur; Les choses vifîbles paneront donc, et il y en aura de plus parfaites à leur place. »
Mais que personne ne demande par curiofite en quel temps cela se sera, ce n’est pas à vous à savoir, les temps et les momens, dont le Père a mis la disposition en sa puissance; Donnez-vous de garde de vouloir marquer le temps que ces choies le seront, mais aussi ne demeurez pas dans l’inaction:
Mais comme’ il vous est important de Ravoir les fignes de la fin du monde,’ et quand il faudra attendre Jésus-Christ, de peur d’être furpris par les prestiges de V Ante-Christ, les Apôtres de leitf propre mouvement, quoique par une disposition de Dieu, s’addreûerent à Jésus-Christ, et luy. et-.
« rent: Quand sera-ee que ces’ cbofes arriveront, etparMth.Hï quel signe connoîtra-t’on votre avènement, et la fin du mondes Nous attendrons que vous veniez encore une fois; mais parce que Satan se transforme en un Ange de lumière, dites-nous par quel signe on i »us reconnoîtra, de peur que nous n’adorions un autre pour vous. Ainu voulant avec sa bonté ordinaire les fatisfaire, il leur dit: Prenez garde qu’on ne vous fedmfe. Et moy,-tnes chers Auditeurs, je vous dis la même chose, et par confequent, foye’z fort attentifs à tout ce que nous allons vous dire; car ce n’est pas une histoire des choses déjà arrivées c’est une Prophétie des choses avenir, et qui arriveront très certainement. Ce n’est pas que nous nous érigions en Prophète, nous ne fournies pas dignes dé cet honneur, ni de cette qualité. Nous ne ferons que rapporter ce qui est écrit touchant les lignes qui précéderont ce second avènement.
Nous vous disons avec Jésus-Christ: Prenez garde que personne ne vousjeduife, car plusieurs viendront en mon nom, qui diront: Je suis le Chrifi, et qui fié- Matha duiront plusieurs perfonnesi. Une partie de ces cho-4ses est déjà arrivée. Déjà Simon le Magicien, Ménandre, et d’autres hérétiques ont dit la même chose, dont les uns disent cela de nous, d’autres le disent d’eux avec nous.
Le second signe est celui-cy: Vous entendre? Matb. Mjfi parler de Guerre, et de hru.it de Guerre. On croi-rok peut-être qu’il ait voulu défigner la Guerre des Perfes contre les Romains dans la Mefopotamie, car il ajoute: On verra se foulever peuple contre
Aaa iij 3 74 £et Catechtfes défaits CyriQt peuple, et Royaume contre Royaume, et il y aura des pestes, des famines, etdes trcmblemeîis de terre est divers païs. Ces choses sont déjà arrivées Zjk.ii.ii. se ns s# luc il Jit. il y aura en 4ivcrs endroits de grandes tempêtes, et de redoutables prodiges dans le Ciel; mais veillez, parce que vous ne fç vez pas à quelle heure vôtre Seigneur viendraMais nous, qui appartenons à PEghfe de Jésus Christ, voyons quel fïgnal il y aura dans lJEglife de son avènement; Voicy celui que le Sauveur a Mrtb.14. marqué: En ce tempsM flafieurs se feandaliferont, ils se trahiront, et se haïront tes uns les autres. Quand vous verrez les Evêques contre les Evèques 8, le Clergé contre le Clergé, les peuples contre les peuples, jusqu a confpirer contre la vie des uns et des autres 3 n’en soyez point troublez, cela a été prédit: Ne croyez pas tant à ce que vous verrez, qu’à la prédietion qui en a été faite, de peur que si moy, qui vous prêche ces choses, je venois par malheur à périr, vous ne périfliez aufïi; les difciples peuvent être meilleurs que leurs maîtres, et les derniers venus, devenir les premiers, puisque le Seigneur reçoit dans sa vigne ceux qui ne viennent qu a l’onzième heure, pour y travailler.
Dieu a permis que parmi les Apôtres, il s’en soit trouvé un qui Tait trahy, ne soyez donc pas furpris, si vous trouvez peu de charité entre les Evêques 9; maison trouvera non seulement dans les Princes de FEglifc, mais aussi parmi les peuples,1e fîgne de son avènement. C’est celui-cy qui est connu aux uns et aux autres, parce que l’iniquité se féru augmentée, la ebati
de Jérusalem. XV. CatecK; jj te de plufîeurs se refroidira. Que si parmi ceux qui sont icy, il y en a qui se glorifient d’aimer fincerement leur prochain, n’est-U pas vray que souvent on ne l’aime que de paroles 1oI qu’en fuy faisant bonne mine au dehors J on médite sa ruine 3ou sa perte dans le coeur,. qu’on cherche à luy faire du mal, lorsqu’on luy parle avec douceur?
« Un autre fîgne de cet avènement », est celuicy: Cet Ev/tngite du Royaume sera prêchee dans toute Math. U terre, pour fenvir de témoignage à toutes tes Nations J1-1 alors la fin viendra. Or nous voyions présentement que la doctrine de Jésus-Christ a été reçue par tout le monde.
Voicy ce qui doit arrive, en suite. Lors donc ue vous verrez dans le Lieu saint l’abomination e la défolation qui a été prédite par le Prophète Daniel: Que celui qui la lit, l’entende. En ce temps là, si quelqu’un vous dit, le Christ est icy ou il est ’ W là, n’en croyez rien. Sçachez donc que les inimitiez qui se rencontrent entre les hommes, donneront lieu à l’ Ante- Christ, car le Dénion excite la divifion entre les peuples, afin que leur ennemy trouve moins de peine à s’introduire. A Dieu ne plaifc qu’aucun ferviteur de •Jésus Christ, soit qu’il soit icy présent, ou en quelqu’utre endroit der la terre, aille au devant de cet ennemy.
« Voicy ce qu’en écrit l’Apôtre: Ce jour-là nti.ThefaL viendra. point, que IfApostane ne soit arrivée au-2 paravant, et que l’on riait vit paroi fre l’homme de pe de le Fih de perdition, qui se déclarera, ennemy et éélevom au dejfus de tout se qui est 4ppelM Dieu, ou 4 j6 Les Ôatechefes de saint Cyrille ni l’on rend l’adoration divine y qui s’ajjiera même dans e Temple de Dieu, et s y sera voir comme s’il mit Dieu. » Ne vous fouvicnt-il pas que je vous difois ces choses, lorsque j’étois encore parmi vous, et vous fçavez bien ce qui regarde maintenant sa venue y afin qu’il paroifle en son temps -, car déjà le mystere d’iniquité s’établit avec beaucoup de force -, que celui seulement qui tient aujoumhuy ce que vous fçavez’ tienne ce qu’il a, jusquà ce que la divifion arrive, alors cet impie paroîtra; mais le Seigneur Jésus-Christ par le foufflede sa bouche le sera mourir, et détruira par la gloire de son avènement cet impie qui doit venir, faisant toutes sortes de prodiges, 4c fîgnes et de miracles trompeurs avec la puiflfance de Satan, avec toutes les féduetions qui pourront engager les enfants de perdition à lmjustice. Voilà ce qu en dit l’Apôtre.
Or présentement combien y o-t’il d’Àpostats.Que de gens qui ont abandonné la vraye foi, soit ceux qui disent que le Père a été changé au Fils y ou ceux qui fou tiennent que Jésus-Christ estunccréature, qui a été tiré du néant comme les autres êtres encore il n’y a pas long-temps que ces hérétiques étoient connus; mais présentement ils se cachent dans l’Eglifî u, parmi les fidèles et sont en plus grand nombre.
Nous sommes donc dans des temps où les hommes quittent le parey de la vérité, pour entendre ceux qui les flattent. On écoute avec plaifir ce qtii entraient le dérèglement, etperfomie ne yeutécou- x - ter ter ce qui peut les convertir. Prefque tout le mon de ceffc de faire de bonnes œuvres, et on a -plus d’envie de paroître bon, que de l’être en effet, Yoilà donc le temps de la defertion, et il femble que ce (bit celui ou l’on doive attendre cet ennemy 3 qu’il ait. déjà envoyé ses préciirfeurs / afin qu’a son arrivée, il troiuve tout difpofé pour iexercer se tyrannie.
Prenez donc bien garde à vous, et affermirezvous dans le bien; toute. l’Eglifc vous en conjuré en prefencç; du Dieu vivant: elle vous anhonce cd qui doit arriver au ’temps de rÀnte-Ohhst’ avant qu’il vienne; et quoique nouj ne fcjaçhions pas s’il viendra de. nôtre temps, il est toujours bon dfêtré? averty de ce qu’ildoit faire afin de nous (prètfjat tiorinef; contre ses addreflfes. r j:• r’ ’
Sçachez seulement que Jésus-Ghrist le Fils unique de Dieu ne viendra plus de. la terre.; Si donc on vient,’ tooùs. dire r Le Christ /est dans’ ’ 1er ’ défère y n’y allez pas: H est icy dans tmc chambre retirée i n’en croyez rien c est du Ciel qu’il doit venir, et non seul comme auparavant, mais, accompagné d’une multitude innombrable d? Aitgesl1; ibneife cachera point comme, la £luyè àpi tombe -sur una toifon: Il paroîtra éclatant comme un éclair y atn£| qu’il le dit ïuy-meme: Comme l’éclair part de l’o-//. rient, et paroît jusqu’à l’occident, de.mêinc eïtfeJ ra-til ie L’avènement du Fus vde rhommd:: Pour lors, dit- il encore, vous verrez venir dans les nuées du Ciel le Fils de l’homme, affis à la droite de la puissance de Dieu., il envoyer ses Anges.au. devant avec des trôrhgettes. Bbb 37? Les Cttifhefes de saint Cyrille
« « Mais comme avant qu’il s’incarnât, et qu’il fôt né de la Vierge, et qu’on l’attendoit, le Démon sa]ppliquant à tromper les hommes, leur infpira de se faire des Dieux de leurs mains, et d’adorer de fauflfes Divinitez, afin qu’étant abufez par ces faut fetez, ils ne cherchaflent point la vérité. Aussi quand le Christ sera prêt de venir pour la féconde fois, le même ennemy abufant de z crédulité des iiraplcs, ôi principalement des Juiifs, sera paraître un homme extraordinaire »4, qui par ses prestiges, Si ses addretfes ufurpera l’Empire Romain, te sera ap. peller lé Christ pour tromper les Juifs qui l’attendent encore, etc qui féduira les Gentils par la magie Si par ses enchantemens. Or cet Ante Christ viendra, quand l’Empire Romain ceffera de fubfister, et que la fin du monde approchera.
Cet Em pire commencera par être divife en dix Royaumes, qui auront chacun en même temps leurs Rois, et après eux il en viendra un onzième. C’est l’Ante Christ, qui par ses enchantemens ufurpera l’Empire Romain, et détruira ces dix Rois. Il commencera par détruire trois de ces Royaumes, puis il affijjettita les fept autres Rois; il sera d’abord paroître. beaucoup de douceur, etc de bonté, accompagné de ses prodiges, et de ses impolhires, et trompera-les Juifs, kur faisant accroire qu’il tet le Christ qu’ils attendent, et après les avoir ainsi trompez, il tes traitter avec rigueur Qi avec cruauté, terpaflànt en maUce et en fureur tout ce qu’il y jamais eu do méchanteté. U aura u »e ame, quiae refpiwa que k rocur- de Jérusalem. XV. Catcch. 3-75 trc, la fureur et la cruauté contre toutes sortes de personnes 9 mais principalement contre les Chrétiens i et apréa avoir ainsi régné pendant trois ans demy, il sera exterminé par Jésus-Christ le Fils unique de Dieu qui viendra du Ciel, plein de gloire, et de puiffànce, Se qui par le fouffle de sa bouebe le renverfera ± Se le livrera aux fiâmes de l’enfer.
« « Ce ne (ont point là des fîetions de nôtre esprit} toutes ces choies sont dans les fatntes Ecritures, et dans ce qu’on vous lifoit dernièrement du Prophète Daniel, et comme l’Archange Gabriel luy expliquoitr La quatrième hête sera le quatrième Roy au- Ddn.?, m de la terre y qui sera plus grand que mus Us autres KoyHmes%ii Les Intetprkes de Ecriture, ctayefit que ccst l’Empire Romain, dont l’Ange a voulu parier: que le premier de czs Royaumes, est celui des Aflyrieni; le second b est celui des Medesetdes Perles jlr n? oifiértiey des Macédoniens et le qua- triéme, est l’Empire Romain, qui fubfîste encore fréfentement, Se dont l’Ange Gabriel ajoute: Mai ces dix armés ce sont dix Rois, qui y élevèrent; dé ce Royaume là r et un aune sélerera après » eil qui feradiferent àcs premiers T et qui ferapLs médiane que non seulement les dix Rois, mais que tous ceux qui ont été avant eux: y de il abattra trois R ois régnant Ivccles fepr autres T il Vomira des blaf » phômcsi ccwstre leTrês-Haat.
II ne tiendra pas ce Royaume de ses Ancêtres, mais il Pufùrpera par ses enchantemeris. Or cet bomÇt dk celui dont parle S. fcaul, cet impie qui doit
Bbby venir, faisant toutes sortes de prodiges, de fignes; de miracles trompeurs par la puissance de Satan, comme pour marquer que Satan se ferviràde cet homme, comme de son organe, pour opérer tous ces prestiges y car Satan (cachant bien qu’il n’y a point de grâce à attendre au jour du Jugement; il n’agira plus pour lors par ses ministres, comme il a coutume de faire -, mais il sera luy-même ses fignes y et ses prodiges pour tromper les hommes -, comme il est le perc du menfonge, il ne peut faire que de faux miracles. Il paraîtra reflulciter les morts y rendre la vue aux aveugles y ou faire marcher les boiteux, quoiqu’il ne rafle rien de tout ce la. Ce sera par là qu’il s élèvera au deflus de tout ce qui est appelle Dieu, ou à qui Ton rend l’adoration divine.
Il femblera ennemy de l’Idolâtrie, maisils’affoira dans le Temple de Dieu pour s’y faire adorer, Quelqu’uns penfent- que ce Temple sera auelque reste du Temple qui aura fervi aux Juifs 3 mais à Dieu ne plaife que ce soit celui dans lequel nous sommes icy affemblez; et qu’il ferve jamais à de telles impietez, car s’il vient comme le Christ des Juifs, il voudra être adoré d’eux pour les abufer davantage. Il se montrera très zélé défenfeur de l’honneur du Temple 9 et comme il paflfera parmi eux pour defççndre de David, il leur sera accroire qu’il rebâtira le Temple qucSalomon fit autrefois çonstruirfe.
Or l’Ante-Christ viendra dans le Temple des Juifs j lorsqu’il n’y en festera pas pierre sur pierre, de Jérusalem. X V. Catcch. 381 selon la prédietion de Jésus-Christ, soit qu’elles foieht toutes détruites, ou qu’elles ayent lervi à d’autres édifices: ce qui se doit entendre non seulement de celles qui compofent le dehors du Temple y mais de celles aussi qui en formoient le dedans le lieu où étoient les Chérubins. Il viendra ainfî se faire voir par ses fignes y et ses prodiges.
D’abord il paroîtra plein de bonté, et d’humanité envers les Saints mais après il exercera envers eux toute sorte de cruautez 3 comme le marque le Prophète Daniel y qui dit: Je voyois comment cette corne faisait la guerre aux Saints. L’afflietion sera pour lors plus grande que toute celle qu’on ait ja- mais vue.
Voilà cette bête prodigieufe / ce dragon monstrueux, qui doit combattre contre les hommes dans le deflfein cj les dévorer; et quoiqu’on pourroit en dire plusieurs autres choses cela fufïîra pour le présent, à cause delà brièveté du temps. C’est pour cela donc que le Seigneur fçachant la fureur de cet ennemy, avertit les gens de bien de se précautionner contre, disant: Que ceux qui seront pour lors dans la Judée, se retirent vers les montagnes, ne permettant de fortir qu a ceux qui se dijfent assez forts pour réfister à Satan; car il ne faut pas croie qu’il prévaudra contre l’Église. C’est elle qui dit avec f Apôtre: Qui nous feparera de la charité de Jésus-Christ, il n’y a que les âmes foibles et timides, à qui il dit d’être perpétuellement sur leurs gardes: car l’affiietion de ce temps-là, sera si grande que depuis le commencement du monde il
« Bbbiij n’y en a point eu, et il n’y en aura jamais de km. blable. Math.14. Mais Dieu qui connoît combien cet affliûioi sera grande, ne veut pas quelle dure long- temps, déclare que si cçs joijrs n’euffent été abrégez, if y eût eu personne de sauve, mais qu’ils seront abrégez en confideration des Elus. Le règne de l’Ante-Chrifl: sera de trois ans et demy ce que nous (çavons, non des Livres apoAflr.7.1;. criphes, mais du Prophète Daniel, qui ait: Que In Saints seront W3Ç entre ses mains jufqnk un temps, dans m temps, et tœe moitié de temps l7. Ce temp sera la première année, que sa puillance augmentera: les temps sont les deux années de son iniquité, Se après trois années, il y aura un demy temps f qui sont fix mois, ce que le même Prophète répète dans un autîe çndroit: // jm par celui qui vit éterD4ti.i2 »7. neïïememy tpte ce seront dans un tempx denx temps y et la mçitif un temps. Peut-être que quelques-uns ert m. h. çrçit rçttflçhé ce qui fîjit epe ce temps- fer de mit deux cent qmtre-nmgt dix jours. Et ce qu’il ajoute: Çitnhemipe sera, ctltti p verra mit trois cents trente cinq K • jpwrs, et e’efi pom cel tpa ly confeUk de veHer1, de fouffînr.
« Peut-être aufïi que toutes les Citer d’Ifraëîne seront pa. bajridofliiée, qnd le Fils de l’homme’ viendra y et qu’il, y et aum quelqu’une qui réitéra,, qui voudra, bien fwflfàr le maFtyflre, et mourir pour Jefijsv-Çhçist; y et jc se esoirois être au Mus; des Mayrsi car çeucy a’auroient eu à combatte, g »Ç mm dJjnmïes mais ceux qui œsi- lieront à l’Ante-Christ, combattront contre Satan même C’étoit l’autorité des Princes qui éprouvok tourmentoit les autres Martyrs, ils ne faifoienjt ni prestiges, ni prodiges, pour furprendre les hommes y et pour paffer reflufeiter les morts, ou faire des miracles; niais rAnte-Christ furpfendra, et épouvantera, de manière que les Elus même, s’il se pouvoit 9 feroient féduits J ou au moins seront en état de l’être.
« « Ne dites pas: Est-ce que Jésus-Chrifi ne fçâuroit faire de plus grands prodiges, et n’a-t’il pas plus de pouvoir que son ennemy? Ouy, Jésus-Christ en peut faire de plus confîdcrablcs, et l’Ante-Christ n’en pouroit faire aucup s si Dieu ne luy en donnoit la permiffion. C’est ce que marque l’Apôtre disant: C’est pourquey Dku leur envoyer une cperet iXhtf.u iun d’erreur; Pour dite qu’il permettra que ceux qui ucroiront en l’Ante-Christ, {oient trompez 5 et cela non pour les exeufer mais pour avoir oecafïon de les condamner, regardant ceux qui ne croiront en Jésus-Christ, qui est la vérité T comme des gens qui aiment l’injustke, en Rattachant à l’Ante-Christ. Dieu permettra ces choses au temps de la perfecu tion, non qu’il ne puiffe pour lors les empêcher t mais pour exercer par la patience les fîens, et pour en suite les couronner, ainsi qu’il en a agy avec les Apôtres J et les Prophètes, et afin que ceux qui auront combattu et travaillé quelque temps, reçoivent pour récompenfc l’héritage du Ciel -, et pour lors s’accomplira ce que dk Daniel: En ce temps tous €eux cfui amant été écrits dans le Livr, seront fm »
D4n.ii.ù 384 Les Catéchèses de saint Cyrttc ve. Il est évident qu’il parle du Livre de vie: » PI fieurs de ceux qui dorment dans la pouflierc de la terre s’éveilleront, les uns pour la vie éternel le, les autres en opprobres, et en infamie éternelle -, et ceux qui auront bien entendu ceschofes, brilleront comme les étoiles du Firmament, ceux qui auront enfeigné aux autres à pratiquer la justice, seront plus éclatans que les Astres dans les siècles des siècles.
Raflurez-vous donc, qui que vous foyiez, on vous a marqué les jours, le temps que viendra l’Ante-Clinir. Confervez-en le fouvenirpour vous, tâchez de l’apprendre aux autres 1 sur tout instruifez-en vos enfants, ou ceux que vous préparez par rinstru£tion à recevoir le Baptême, et dont vous êtes comme les Pères, leur procurant la vie fpirituellc. Fortifiez-les dans « es veritez, de peur qu’ils ne prennent l’erreur pour la vérité; car déjà le mysterc a iniquité s’établit avec beaucoup de forces. Je suis tout épouvanté, voyant les Nations en guerre, les fchifmes dans les Églises, les frères anU niez de haine contre leurs frères l8: Voilà ce que nous voyons de nos jours. A Dieu ne pkife cependant, que ces choses arrivent de nôtre temps, mais toujours tenons-nous sur nos gardes- »
Voilà ce que j’ay voulu vous apprendre de l’Anre-Christ. Préparons-nous à attendre et à recevoir J fus Christ, lorsqu’rl viendra dans les nues du Ciel. Les Anges fonneront pour lors la trompette, « les morrs, qui auront vécu a ec pieté, reflufeitexont d’abord, et seront élevez dans les nues a » deÛus
« Je Jerufalém. XV. CatecKJ 38 fus de tous les hommes, pour recevoir la récompenfe due aux victoires qu’ils ont remportées, en s-élevant au deflus de la foibleflfe humaine dans lès combats, qu’ils ont efluyez. G’est ce que S. Paul a si bien décrit; » Au moment dit-il, que i.Thef.# le Seigneur aura fait donner le fîgnal par la voix fîr1 dtf l’Archange, et par la trompette de Dieu l9,. il defcendra luy-même du Giel; et alors ceux qui sont morts en Jésus-Ghrist, relTufciteront les premiers; en suite nous qui vivons 2°, et qui demeurons dans le -monde, nous ferons élevez avec eux dans les nues y pour aller au devant de Jésus Christ dans l’air, et ainsi nous ferons toujours avec le Seigneur.
« I/Ecclefîastè avoir aussi prévu le second avene- ment de Jésus-Christ, et la confommation du monde, lorsqu’il dit, » que les jeunes gens confervent la Ecchf: gayeté dans le eœur, qu’ils en baniffent le cha XI# ’’ grin;. mais- sur tout qu’ils n’oublient point le Créateur’, avant que- les jours tristes- viennent; avant que le soleil, la lumière et la -lune, et les étoiles s’obfcurcifTent, et que ce qui les verront,, soient tout d’un coup enveloppez de ténèbres: Marquant par ces paroles, lapuissancede-Dieu, qui se sera fentir. Piiis il ajoute: Avant que la chaîne r. 6 d’argent f oit rompue,’ et Que la bandelette d’or st retire y marquant ainsi le dérangement des astres,, qui paroiflent d’une couleur d’argent, et l’extin stion du soleil, qui brille comme l’or: et pour lors continuent’ il, ilsrejfuj citeront a la voix des oïfeaux dut Qel, qu’ils verront en bauu.
ya le Fils 4? tfbomme, venir ckns les nues-, i: wutes les Tribu seront « Uns la conletrnation., Scvotcy ce qui arrivera après sa -venue: £ ’amodier §tw5. rw, ’fer fwtcrfilles (’mgàjfctwi, et 4esmvifes htr beîfervHtiUJfiiètesçivj kfens queles Interprêrs » ont donné à-ee paroles; l’amandier quicommeiv e à fleurir, marque la fin àc l’hy vçr auuiuôs corps après aveir pane j#r.çette vie y comme JWWi hyvet, reprendront une nouvelle vie, c Reviendront comme cteneujs-eéiestes. La -fauteTelle |ui! engraiCfera, inique famé qui a été appefantie icy-bas sous un corps mortel, et qui imitera pour lors le vol des oifeaux et par les mauvailes herbes defleichées, on doit entendre qu’il n’y aura plus demexhans, et qu’ils seront tous diflipez; par la voir du paflereau, o » peut entendre celle de Jésus. Chçist, qui viendra pour lors, et »qiïi parlera parfes Ang« et par « le son de la trompette, lorsqu’il det cendra du Ciel., l’Archange qui triera et dira.-Vc. nez tous au devant du Seigneur.
Oh que ce joj|j sera terrible « 1 Voicy comme en parle le ’Prophète David: Nôtre Dieu viendra, et pf. 4. ne se taira plus; »♦ Il y aura un feu dévorant devant luy et alentour, de luy j Il y aura une sorte teflfc pête.
Le Sauveur viendra donc dans les nuées duCieH comme le marque l’Ecriture qu’on a lu, il ’« fuivy d’un fleuve de feu 4î,.pour éprouver les hommes. Celui -qui aura de bonnes œuvres sera brillant comme l’or, mais ceux dont les actions seront coin- fcjtmfalem. XV. CatecK. 7 me de la faille y et du soin, ne pouvant refister au feu seront: cônfumez; Il fêta, afïis’ sur un Trône, revêtu d’un habit blanc comme là neige, et là tete couverte d’un bôhneÉ d’une -laine très fine. Ces txpttffions sont pont s’accommoder à nôtre ma. nierc de côttcevôit les choses y et pour nous’ faire ’ entendre qu’il rt’est proprement le Roy que des âmes pures qui ne sont point foiiiîlées de péchez: Je vous blanchiray, dit il-, en vous ôfeant vos péchez;, je vous rendray comme de laneige, et comme: dû cotton. Ge qui inarque ou que leurs péchez leur seront entièrement remis ou qu’ils ne pécheront pJus jamais »
« Of celui qui est aflis sur les nufe, viendra furies nuë dix Giel, comme il Ta dit, et avec une grarc- dé puiffincé et majestéi.et.il sera.paroître au GieU le ligne du Fils de Itomme. G’est la Groix 4 qui est le fïgne et rétendart véritable et propre à JëfusGlirist; ce signe précédera Farrivéerdu Roy, potir marquer que c est le rtièrtte qui a été » crucifié y afin défe faire voir -an Juifs, qui Sont, mis à mort. qui îônt traité, avec tant indignité, et que toutes les Tribus cofitesttrorir entoiles mëmar, difânt: Voilà celui àqui ott a- dosttté. des- fotrfflcts; Voicy celui dont on à couvert le vifagede crachatsvoilà celui qu oit à Ifé avtc dés corde, et qu’on a crucifié par foreur et; par dérifion: Gommenr pourrons nous noite cacher à sa cofere; étant en- vironné d’urid multitude innombrable d’Ange?, ils pourront jamais échapper à Tes-yttrx. Xe signe Jk.Grok, sera.k terreur de ses ennemii, et k.
Les Cdtechefer de saint CynUe joy.e de ceux qui luy auront été fidèles, encroyaflj en luy, et en prêchant son nom, ou en foufFrant la mort pour luy.
Bienheureux sera celui qui peut lors sera trouvé l’amy de Jésus Christ car tout grand qu’il soit affis à la droite de son Père, et environné d’Anges, il ne méprifera pas ceux qui l’auront fervi mais afin que ses ennemis ne (oient pas avec les Elus, il envoyera ses Anges avec une grande trompette pour aflembler les Elus des quatre parties. du mo de- S’.il ne méprifa point Loth qaiétok le feuljuûe qui se trouva autrefois à Sodome; pourroit-il méprifer un nombre innombrable de justes? Ainfî parlera- t’ il à tous ceux qui seront portez dans les nues, et qui seront affemblez par les Anges,
Mais s’il venoit à la penfée de quelqu’un de vous, de dire: Je suis pauvre 5 J et peut-être que je feray pour lors malade, couché dans mon lit; Sçacnez qu’on ne laiffera pas même une de deux femmes qui moudront au moulin, et qu’ainfî il n’y aura aucun de vous,, qui sera abandonné. Ayez confiance en Jésus-Christ, c’est un Juge qui ne fait point acception de perConnes qui ne juge point sur le rapport des autres, ni sur la depofîtion des coupables. Il ne préfère point les fçavans, et les politiques aux fimples, ni aux ignorans, ni les riches aux pauvres. En tel lieu que vous soyez., fufliexvous dans un champ, les Anges vous trouveront. Ne croyez pas qu’ils recueilleront les Grands, etla Princes, et qu’ils vous délaifleront, parce que vous n’êtes qu’un laboureur, ou un dpmestiqueouutt pauvre; Sxjachez que celuy qui s’est fait ferviteur et efclave pour vous., ne rejettera pas celui qui est dans la fervitude, quand même vous feriez malade dans vôtre lit; car il eli écrit: De deuk perfon- -Mdkt nés qui seront dans un lit,, Tune sera prife, et Tau- 4°’ tre sera JaifTée j Quand vous feriez réduit par hecefïïté à servir.} Quand vous auriez des enfants, celui qui tire par la rorce de son bras ceux qui sont dans les chaînes, celui qui a tiré.Joseph de la fervitude de la prifon., pour en faire un Vice-Roy., vous délivrera de toutes vos tribulations, et vous conduira au Royaume des Cieux.j mettez en luy vôtre confiance.
Faites de bonnes œuvres, combattez contre le Vice, il ne se perdra rien de tout le bien que vous serez, toutes vos Oraifons, vos Prières, le chant des Pfeaumes, Vos aumônes, vos jeûnes, la fidélité avec laquelle vous vivez dans le mariage., l’amour ue la continence que vous gardez pour honorer Dieu. Tout cela est écrit, et même entre les vertus l’Ecriture marque que la Virginité et la chasteté auront une récompense particulière l6 parce que ette vertu nous rend fèmblables aux Anges.
Mais comme vous avez ouy avec plaifîr ce qui sera confolant en ce jour,, écoutez aussi avec la même patience, ce qu’il y aura de terrible. Toute la malice de nôtre cœur, et tous les égaremens de nôtre esprit, sont écrits 7, vôtre avarice, vos parjures, vos blafphémes, les empoifonnemens, les larcins, les meurtres que chacun aura commis. Tout
Cccii) 9o, LwCakchifîfdefamtCyrilté cela est écrit y et ces péchez seront écrits de not£ vèatt si vpus les cotntnettei apfçs avoit rujé; Baptême; Car ils seront effàcéfc pat tç Sacrétaent % f vpui le avez commis av? nt que de le recevoir. Qç quand le Fils de l’homme viendra dans fagloi-. t rç il sera accompagné de tous ses Anges. Voyei: en quelle affemblee vous ferçz jugé, tous les hommes seront U aflTçmblez,, pensez que depeupte danfc l’Empire Romain y que ae peuples parmi lès Nations barbares et étrangères, que. de gens qui vivent: prient ement, et combien;. même il, en est: mort depuis cent ans on- depuis mil ans tous; cçuxqui ont étç depuis Adam jpfqu’à ce Jour, quelle prpdigieuie multitude d’hommes t Hé bien il y. aur encore un plus grand nombre d’Anges ils sont: un, contre cent y et ils sont; le quatre- vingt; dix. nuf brebis Jfide les y àc le genre humain est cette.: ùfiique brobis égarée: car on peut se figurer là multitude des hapitans par U grahefeur du lieu destiné à; les contenir si la terre quiefl epmme te/ cçntre, et cornue un point par rapport au.
Ciel,, cpntient tant de mojKte, te premier Ciel qui envirQnne U tejtç 3 est bien phis étenestf, et parconfequent les Cieu des Cieu ddivetit contenir une multitude innombrable- de citoyens; aussi TEtritute dit r que.mille, milliers lei feraient yet.ditmilDfn. io. le:.millions affiitqient devant fuy,- ce nest pas qu’il ny en. ait que ce nombre, mais, le? Prophète -jsttt pût découvrir, ni exprime davantage.
Eieu le Père qui a créé toute? chôfes aflrsttï2 ayfli au Jugement 9 avec. le S.Espriti la trompeta k’Jemstlm.JCV. Catcçh. 9 de l’Ange nous appellera tous, pour y faire pa goitre tout ce que nous avons fait: ne devons-nous; pas bien nous y prépaf çr iey -bas?: Croyez-vous que ce sera une petite oonfufion i° 4e conparoitre devant tout le monde pour y être c? ndamnet, quoy Souvent nous aimerions tnku mourir que dtre ondamnët de nos amis.
Combattons donc sur la têrffev, de peur que Dieu uy-meme ne nous condamne, luy qui n’a pas be-r soin d’enquêtes ni d’interrogation pour lavoir ce qu’il y a de reptibenfikle en nous.
« Nç dite pas, c’est k nuit que j’ay commis cette fornication, ou cet autre crime personne ne m’a vû; Sçachez que 6tre confcienee vous jugera elle même, et c’est sur son témoignage que Jésus Christ, qui -connoit le fond des cqeurs, vous condamnera, ou vous sera grâce dans le jour de son jugement } la vue formidable de ce Juge vous forcera à eonfester La vetité -, et quand vous voudriez la taire, il vous convaincra par vous-ntèmc, et vous ne pouïrez vous défendre de 4éclarër les œuvres bonnes ou mauvaifes que vous aurez faites } c’est Jésus-Christ qui vous en affure -, lorsqu il 4jt: te/s » Père nejuge personne, mais il a clonné toute sa puiuance de juger au Fils, non pas en se dépouillant de cette puissance, mais en Téxerçais: par son Fils ji-} C’est dohe selon la volonté du Tére s que le Fils juge, car ils n’ont tousd’ejuxqu’ufrç même volonté. le Juge prononcera 4onc sur les actions dçnôtrfc ie, toutes les Nations comparaîtront devant luy parce qu’il est nécessaire que tous les peuples Ièrc£ eonnoiffent, et que toute créature, tant celles qui; sont célestes que celles qui sont terrestres, et celles qui sont dans les enfers, fléchifTent les genoux] de vant luy; et il féparera les bons d’avec les mauvais! comme le pasteur fépare les brebis des boucs.
« Vous demandez peut-être comment se peut fai. re ce difeernement, sera-ce en voyant dans son Livre celle qui est brebis ou celle qui ne l’est pas? sera-ce la laine, qui sera connoître là brebis, et là rudefTe du poil qui sera reconnokre celui qui sera cpmme le loup? sera-ce par quelqu’antre chose fehfîble que se sera ce dïfcernement?5çachezque comme la laine marque là brebis, et qu’un poil dur y gros et hérifle marque un boue, aussi Taine qui aura été purifiée de ses péchez, et qui n’aura que de bonnes œuvres y sera blanche comme la ’lai ne, fdn habit sera sans tache, et elle dira par tout: J! ay quitté mon vêtement, comment le reprendray » je? G’est par sa toifon qu’on connoît la brebis % que si vous êtes tout velus et d’Un poil rude et.du re, Ame baffe comme étoit Efaû, qui vendit son droit d’aîneffe pour un repas 3 vous serez mis à la gauche de Jésus-Christ 3 au rang des reprouvez -, A. Dieu ne plaîfe que ce malheur arrive à aucun de ceux qui sont icy, qu’aucun perde lagraee, ou qu’il: soit trouvé à la gauche, à cause de ses péchez.
Le Jugement de Dieu est une chose terrible, et: on ne peut en entendre parler sans frémir } on y dpnnera à la vérité aux uns le Royaume àet Cieux,, fixais àuffi on- y livrera les autires au feu éternel.
« « « « Comffrent, direz- vous? éviter ce feu, ou comment pouvoir arriver au Royaume des Cïeux. Tenez en voicy le moyen et la voye qui y conduit: J’ay eu faim, et vous m’avez donné à manger y cecy n’a pas besoin d’explication, il n’y a qu’à méditer toutes les paroles de Jésus-Christ: » J’ay eu faim, dit-il, Math.i vous m’avez donné à manger; j’ay eu foif, et »i5, vous m’avez, donné à boire; j’ay été étranger y et » vous m’avez logé y j’ay été nud, et vous m’avez » cou%rt; j’ay été malade, et vous m’êtes venu voir; jfay été prifonnier y et vous m’avez vifité. Si vous faites maintenant ces choses, vous entrerez au Royaume de Dieu; mais si vous manquez à les faire, vous serez condamnez. Commencez donc présentement à les faire 3 et perfeverez dans la foi, de peur d’être comme les Vierges folles r qui en furent exclues pour avoir attendu trop tard à acherter de l’huile.
Ne vous contentez pas d’avoir une, lampe, mais faites en sorte qu’elle soit toujours Plumée, et qu’elle ne s’éteigne pas. Ne vous contentez pas de croire, mais confervez l’ardeur de vôtre foi, afin que vôtre lumière brille devant les hommes 3 par vos bonnes œuvres v en prenant bien garde que Jésus-Christ ne soit deshonoré à vôtre ôccafioïiyou par vôtre conduite
Revêtez-vous du vêtement de l’immortalité par les bonnes œuvres, vous comportant de la manière que le doit faire un Chrétien; Rtmpliflez avec fidélité ce que Dieu demande de vous, c’est un tablent qu’il; vous a confié/ difpenfez-le fideldnicno. Ou vous a: appris ce qu’il falloit croire, faites-en;
J94 £ àatechefes de saint Cyrille part aux autres, soit que vous soyez appelés pour commander ou pour obéir; faites-le avec exaetitude. Il y a plusieurs voyes pour se fauverj Evitez donc tout ce qui pourroit vous mettre au rangdej reprouvez, et tâchez d’aller avec confiance au devant de Jésus-Christ votre Roy, qui doit regaer dans tous les ficelés.
« C’est luy aussi qui doit juger les vivans et les morts; parce qu’il est iriort pour les uns et pour le » autres, comme le dit S, Paul; c’est pour cej|p}uc Jésus-Christ est mort, et qu’il est restufeité, afin de dominer sur les vivans et sur les morts. Si vous entendez dire que le règne de Jésus-Christ doit finir 3, regardez cela comme une hcrefievcnant.de Satan. f
« « « « « « « « Il est bon aussi de vous avertir d’une autre rêverie qui a cours dans la Galatie; savoir, que Jésus-Christ ne régnera que jusqu’à la fin du mou de, c’est de l’invention d’un particulier, et qui a encore ofé dire que le Verbe qui fort du Père par la génération rentrera pour lors dans son Perc pou n’être qu’une même chose avec luy; Voilà lcsblafc phêmes qu’on produit contre le Fils de Dieu, wi£ te de faire attention à ce que Dieu à dit: C’est mon Fils dans tous les siècles, età ce que Gabriel Ihc.l%. dit àlafainte Vierge: Il régnera à jamais dans Utmfon de Jacob, etson règne n’aura foint de fin. Apres des paroles si clairet, comment peut-on trouver de » hérétiques publier des choses h contraires à Jeta Christ, après que l’Archange Gabriel a marque aussi clairement l’éternité de Coa règne?
Osbb de Jerupdem X V. Catedb. 3 j vous plutôt à ces hérétiques qu a cet Ange, et si foii témoignage ne vous fusffit pas, écoutez aufïi cctjue le Prophète Daniel en a dit: » Je regarday Dw.7.i. la vifîon que f avois eu la nuit, et je vis comme » k Fils rde l’homme, qui venoit dans les nuées » des Cieux, et vint jusqu a. l’ancien des jours, et » on Je fit approcher de hry, et il luy donna fou- » Véraineté, honneur et règne 5 et les peuples de » toutes Nations, et de toute langue luy seront a£- fu)cttis, et ùm règne cil un règne éternel qui » ne païfera point et qui ne sera point diffipé. » Tenez-Vous-en à ces vetitez y plutôt qu’aux rêveries des hérétiques que vous ne deves pas mê« te écouta!; ces témoignages vous montrent claiterneàt rqufe le règne de Jésus-Christ sera étetnel.
Je vous: en; rapporteray encore un autre, c’est ce qui est dit d’une pierre détachée d’elle-même d’une montagneuse qui figuroit Jésus-Christ incarné, dont le rogne lie paiTera point à un autre David dit dans quelqu’un aie ses Pfcaumes: Votre Trotte, Seigteur, pf- 44 fm dans les finies des stecks. Et dans un autre Pfeaume: C’est vûusj Seigneur, oui ve% fonde U terre et Pfi ou ls Gkmau commencement; Ils périront mais fonr vous, vous demeurerez toujours le mtnie et no années ne jfmntjtantt Orc’est S. Paul qui#a entendu ces pa- Htbr. u olcs du Fils de Dieu.
Ceux donc qui ont avancé cette erreur de la fin 4u règne de Jésus-Christ, se sont laiflez tromper par un paffage de S. Paul, qu’ils ont mal entendu, est où cet Apôtre dit de Jésus-Christ: Il faut qu’il pe jusquà ce qu’il ait ajfujetti ses ennemis sous ses
Ddd i) pieds. De là ils ont voulu qu’il ne regneroit plus quand il n’auroit plus d’ennemis à s’affujettirj
Voyez quelle rêverie: car si Jésus-Christ règne avant qu’il eût vaincu ses ennemis, ne doit-il pas régner avec bien plus d’autorité, quand il les aura tous fournis?
Ils ont tous abufé d’un autre paflfage du même Apôtre, où il est dit que; quand Jésus-Christ aura ajjujetti toutes choses a son Perey four lors le Fils luy sera ajfujetti, qui luy a tout fournis; Et prétendent que ces paroles veulent dire que pour lors le Fils sera changé ou deviendra une même chose avec le Père M Quelle extravagance de penfer cela de Jésus-Christ? de prétendre que les ouvrages de Jésus-Christ fubfîsteront, et que Jésus-Christ par qui toutes choses ont été faites, cefTera d’être? Quel blafphême? Comment toutes choses pouvoient-elles luy être afTujetties, tant celles qui demeurent-que celles qui ne sont que pafler? S’il n’existe pas luy même, ou que ces choses afTujetties à Dieu, demeureront et existeront, et que le Fils qui est aussi fournis au même, ne fubfistera plus; L’Apôtre a voulu dire que le Fils sera fournis au Père, non pas qu’il commencera pour lors à luy obéir, puisque tout ce qu’il a fait, a toujours été agréable au Père; mais que. pouf lors même-, il £sa encore prêt à luy obéir, non d’une obéiiTance forcée, ou contrainte, mais par le plaifir qu’il prenci à faire la volonté de son Père: car il n’est pas comme un ferviteur qui est obligé d’être fournis à fou paître, puisquil est lç Fils duPçre, et il fait et de Jérusalem. XV. Gatechï 397 bonne volonté, et avec joye, tout ce que son Père luy propofe.
« Mais demandons par plaifir à ces hérétiques, comment ils entendent ces paroles jusqu’a quand H t car je crois qu’en leur montrant comment il les faut entendre, nous leur ferons voir leur erreur, en disant que ces paroles, jusqu’à ce que j’aye mis ses ennemis sous ses pieds, ne fignifient point la fin de son règne, ni la destruetion du règne éternel de Jésus-Christ. Voyons par d’autres femblablcs exprek fions de l’Ecriture, n on peut luy donner ce sens; par exemple -, quand S. Pau dit, que depuis Adam jusqu’à Moïse la mort a, regte. Est-ce a dire que files hommes mouroient avant Moïse, il n’en est plus mort depuis luy, ou bien que depuis que la Loy a été donnée, la mort ne devoit plus attaquer personne. Vous voyez donc bien que la particule jusquà, ne marque pas toujours la fin d’un temps, comme il paroît par ce pafiage de S.
Paul, puisque l’arrêt de mort, prononcé contre Adam, et contre sa posterité, n’a épargne aucun de ceux qui ont vécu avant Moïse, ni même ce Legiflateur, quoiqu’il fût un homme juste, et d’une vie admirable, ni aucun de ceux qui ont vécu depuis luy, quoiqu’ils n’ayent pas mangé du fruit défendu, comme avoit fait Adam. Je vous en donneray encore un autre exemple, S. Paul dit des Juifs:/ »/qu’ aujourd’hui, quand on lit Moïse, ils ort comme un voile sur les jeux de leur cœur, qui les empêche d’entendre ce Prophète; Est-ce que ce voile ne reste sur eux qu’au temps que l’Apôtre parloit? n’est-il pasvray qu’ils sont porte depuis, et qu’ils l’auront jusqu’à la confommation des iieclesî et que ces paroles ufqumjourd’buy + snlarqucnt un temps indéterminé.
S. Paul die encore aux Corinthiens; fufqu’a ce tjue nous /oyons parvenus jusquà ’vous, pour vous an noncer l’Evangile de Jejus-Chrifl; Efperant que le progrez de vôtre foi, vous acquerera beaucoup de gloixc y ce qui montre vifîblcment, que ces paroles fufquà, ne marquent point la fin dune chose, et qu’on lemploye pour désigner ce qui doit fiibfister dans la suite.
C’est donc dans ce sens que le Prophète a die: Jufquà ve quil ait mis [es ennemis sous ses jieds. J’ajouteray encore quand S. Paul dit: Exhortez tous les jours, fendant quil efi jour; Il paroît donc évidemment que comme le iregne de Jésus-Christ n’a point eu de commencement y qu’aufli il ne finira jamais quoiquen disent quelques particuliers, il elst écrit que son règne aura une durée éternelle.
Je pourrais en apporter plusieurs autres témoi gnages, mais je crois que ceux-là fîiffifcnt, a cau« se du peu de temps qui ipe reste à vous parler. »
Vous donc qui entendre ces chofcs, n’adorez que ce seul Roy, et fuyez toutes les erreurs des hérétiques efperant par Ja grâce de Dieu vous expliquer dam lafuite les autres astticks de nàcrefoyr Que Dieu qui- est fë Seigtic? urdetous, voirsconlerve tous, et que vous fouvenant des lignes qui précéderont la fin du monde, vous vous rendiez invincibles aux efforts de l’Ante-Christ. Vous avez appris quels seront les prodiges de ce fcduûcur, les fignes véritables de l’avènement de Jésus Christ/lorsquil descendra vifiblement du CieL Fuyez celui-là comme le faux Christ, et attendez celui-cy comme vous le defirez iï, et: ayant appris comment se sera son Jugement, mettez-vous en état d’être placez à sa droite. Soutenez par de bonnes œuvres la connoiffance que vous avez de? Mystères de Jésus-Christ -, afin que vous paroifïiez avec confiance à son Jugement, Se que vous héri4 tiez le Royaume des Cieux, en Jésus-Chriil nôtre Seigneur x par qui et avec qui h gloire soit au Père, avec le S. Esprit dans tous les siècles des fie; clés. Amen.
Notes sur la cplniéme Catecbefe.
t T E second avènement de Jtfus-Christ, est un des articles de naître foi. Le premier a été dans l’obscurité, et le second sera dans la gloire -, et comme dit S. Cyprien: Les Juifs fçavoient bien D’J’Ufque Jésus Christ devoit venir; les Prophètes ne leur annonçoient vm • Uns ceflè autre chose mais comme ils ont parlé de ces deux ave nemens, l’un où il devoit paroître comme homme, et l autre conv me Dieu, ils n’ont pas connu le premier, auquel il a ete cache loui une vie humble, et ne croyent que le second, auquel il..paroitra plein de puuîance, et de majesté. Voyez comme S. Cyrille décric éloquemment ces deux avenemens.
i roicy le Seigneur que vous attendtz.... Je me haterdy de venir ponr hreiHfi. Cela a rapport au dernier verfet du chapitre précèdent, ou let Juifs avoient dit: Où est donc ce Dieu si juste? comme si les hommes criminels nauroient rien à craindre de lajustice, puisquil ne les puniffoit pas; Et Dieu répond qu’après quil aura purifié lesihommes,/ C’est par la mortdefon Fils,) il pukvec iâ feverité defajustice, c’est-idire les crimes de ceux qui n auront ias voulu les expier dans le sang du Rédempteur..
S. Jerime avoue que ces paroles d’Kaie 4- ont rapport i tendue du monde entier et i la condamnation des méchant _ 4 Le SûUUscÈfvirvr- Toutes ces expreffion. de lEvansuc.
« « des Aetcs ch. 2. {èmblent prifes du Prophète Jccl, dans les mêmes termes que les Prophètes ont prédit la ruine des Etats, ou celle des Juifs en particulier, pour nous dépeindre la destruetion du monde, la fin des siècles, • 5 Les Cieux périront. Eufebe, S Jérôme in Jfau 5,1. S. Chryfostome HûmiL 14 in Ep. ad Rom. ont cru aue les Cieux feroient seulement changez en mieux » qu’ils deviendront incorruptibles, et plus fujets aux divers raouvemens » qui en dérangent quelquefois L’économie; qu’il n’y aura plus d’intempérie dans l’air, ni de variété dans les faisons, et qu-on pourra les, dire des Cieux nouveaux, differens des premiers. C’est le (intiment de S. Cyrille: Tranfihimt, ventent stis mtliora. S. Irenée lit. • c. 6. S. Cyptien Ep. d Dt metn S. Hilaire can. 4. in Math, foutiennent que les Cieux périront tellement, qu’ils se fondront, qu’ils feronr détruits, que ce sera ua monde nouveau, un Ciel nouveau, et une terre nouvelle. David qui le compare à un vêtement qui vieillit, et qu’on change, ne l’a pas
Jffrir. 1. entendu d’un changement abiolu. S. Paul applique cela à Jésus-Christ pour prouver fou éternité 6 De C tfnte-Christ. Avant que de s’arrêter à tout ce que S Cyrille va dire de l’Ante-Christ, il estbon d’obferver que S. Paul appelle les hérétiques des Ante-Chriûs, parce qu’ils, combattent la doctrine de Jetas Christ: Mutii sont j4nti-Chrijli; mais ailleurs il le détermine à un seul homme, qui sera particulièrement l’ennemy de Jésus-Christ, et de sa Religion au jour du Jugement, et c’est ei ce sens que S. Cyrille entreprend icy de parler de l’Ante-Christ. S. Paul l’appellant l’homme de péché, ôc le fils de perdition, qui sera révélé, montre assez que ce ne sera pas une monarchie, ou une, fuccëffion deplufieurs Princes, qu’on doit entendre par ce nom. Quelques-uns ont cru qu’il serait un Démon, et non pas un homme, mais c’est contredire S Paul.
« « Pour fixer le temps de la venue de yAnte-Chrul, il est confiant pd ne doit venir qu’et la fin du monde j mais comme de tout temps on a cru qu’elle approchoit, et que plusieurs- Ptr es voyant les- persécutions et la malice du monde, ont dit que la fin du monde al ioit venir. On a- aussi voulu marquer le règne de l’Ante-Christ. Umh. i|. Mais il est confiant selon Jésus-Christ, que personne ne fçait ce fur, ni cette heure. Plusieurs Anciens ont cm que Néron serait Anre-Chrst, Severe, Sulpkse, et autres étabHffeat qre-. l’Ame Christ régnera vers l’Occident, après- avoir Vaincu àxit Jfcois » qui’ contraindra, ses sujet dadorer les Idole », qu’il’ se rendra -maître de l’Empire d’Orient, qu’il établira son Siège à Jerufakm, rebâtira le
Ttmple, rétablira la Girconcifion 5c la Loy, et se dira le Messie, obi géra de renoncer à Jésus-Christ, et que cet Ante-Christ sera - - jiyoienc
Xferori refiufcitc. S, Augustm, S. Jérôme partent de gens qui fuivoienr « ciemiment. »
de Jerufdem. X V. CatecR. 40 îcrtullien, S. Jérôme, S. Chryfostome et autres prétendent que FAnte-Christ ne doit venir qu’après que l’Empire Romain sera détruit.
Hypolite, Julius Firmicns, S. Ephrent, femblent dire quel Ante-Christ sera un Diable véritablement incarné.
Quelques-uns ont cru qu’il naîtroit d’une ferrapc par l’opération? du Diable-, mais tout cela est avancé sans preuve.
« Les lignes de la venue de PAnte-Christ, sont la prédication de l’Evangile par toute la terres la féconde est la destruclrion de l’Empire Romain, ce qu’on entend ordinairement par Babylone, dont il e(t parlé- dans i’Apocalypfe, défignant Rome la Capitale de cet Empire par les fept montagnes; mais comme l’Empire a été depuis long-tempi defolé par Alaric, Genferic, Odoâcre, Totila, ii faut que les prédirions de Daniel ôc de l’ Apocalypfe,- s’entendent de l’entière destrudion de l’Empire Romain » avant que l’Ante-Christ vienne; 6c que quand il sera venu y il sera la plus grande perfecution contrer les Chrétiens, telle qu’on n’en a jamais vu de pareille. Cela fcrvira à entendre S. Cyrille 7 On voit qur’il appelle Ante-Christ les Hérefiarques-, commençant par Simon, Ménandre et autres parce qu’ils se sont dit être le Chtist, et étoient de taux Christs.
« « 8 Le second signe sont Us Guerres 9 et i ce sujet S. Cyrille rapporte qu’au temps qu’il parloir, les Romains faifoient la guerre en Mefopotamie sous le règne de Confiance mais comme cette guerre venoit d’être terminée,’ il a secours aux divifions qui sont dans l’Église, qui doivent avoir plus de rapport à ce qui regarde l’Église,. que la guerre- entre des Princes temporels 9 Quand vous vitrez, les Evoques contre Us Evoques » Cela a rapporr aux violences des Ariens contre le Catholiques au temps de Confiance. On voit que le plus grand mal de l’Église, est le fcandale que donne la mauvaise vie, et la mauvaise doctrine del Evoques.. C’est ce qui pervertit encore davantage les Fidèles,. et qui fait tomber plus de gens, et selon S. Cyrille cela a fait plus périr dVmes’ que les pcrfecutions des Juifs ôc de » Payens, Se que lès féduetions des faux Prophètes, Se c’est en ce ferts qu’il entend les paroles de’ Jésus-Christ: A mefure l’iniquité augmentera -, que les fcandales cauûz par la mauvaise vie des Prélats -r La charité fè refroidira en plu- fitHrs.
io La haine et la jaloufie des Eviquts tntreux qu’il compare i Iudas, qui trahit Jésus-Christ. In Apostolis inventa est proditio, et m Epifcopis fraternwrn odium repmtur..
a Description d’un Hypocrite.
« J Vn autre signe de la venue de t Ante-Christ, c’ëst l’Evangile prêché par toute la terre} puis rApostafie des peuples, par l’hérefie » Jfefchiime et autres
Eec 401 Les Catcchefcs de saint Cyrille 13 Ces hèmujms cachez dans l’Église, donc parle S. Cyrille, sont les Ariens qu’il ne nomme pas par ménagement.
L gloire de Jésus-Christ dans son second avenemenr.
« « 15 Qwt t Anti-Ckrist fit un homme txtrdordinairt par fis prtjlips, que cèlera le Démon qui le fufcitera. IUt adverfarius Diaboks / »- poteflatem Romani Imper ii Et qu’il se sera fau (Terrien t appeller Christ, afin par ce nom de furprendre et d’attirer les Juifs -, Qu’il féduira les autres Nations par ses enchantemens i Que cet Ame- Christ viendra, quand toute la puifTance de l’Empire Romain aura été détruite, qu’il y aura dix Rois de cet Empire » qui régneront en même temps que l’onzième sera l’Ante-Christ, qui fubjuguera les autres qu’il excitera contre les Chrétiens la plus horrible perfecution i que ion règne sera de trois ans et derny, après lefquels Jésus-Christ le détruira par le fouffle de (à bouche, c’est- à-dire avec facilité, n’employant d’autre moyen que sa parole, et il le perdra par l’éclat de sa présence, c le tuera avant le dernier jour du monde, quand il sera prêt de paroître au Jugement. S. Cyrille entreprend de montrer que tout cela est: marqué dans la. prédiction de Daniel, qu’il avoit tait lire à la tète de cette instrudhon, et protesteque c’est ainsi que l’ont expliqué les anciens Interprètes de l’Église. Eccle/Usticï httryrtr tes iradiderum.
« 16 Toute l’explication que S. Cyrille donne à la vifion de Daniel, est très remarquable 5 Que ces quatre bètes fîgnifioient quatre Royaumes, qui après avoir fait trembler la terre, dévoient finir, pour faire place au seul Empire de Jésus-Christ. La violence et la cruauté de leurs Princes est defignée par des bêtes pleines de fureur i L’Empire des Caldéensest figuré par le Lion avec des aîles d’aigles » Isaïe 5., ont souvent donné le nom de Lion a cet Empire, et ces aile d’aigles marquent la vîteflè avec laquelle il s croît afliijetti tant de Nations voifines. La féconde bète figuroit l’Empire des Medes et des Perfes. Cette bète qui avoit trois rangs de dents, marque la réqnion des trois puiflànces des Caldéens, des Pênes ce des Medes, ou l’avidité de leurs Princes, qui sont appelés des voleurs etdes brigans, Jerémïe 51. et 5. La troifiéme bete est le Léopard, oui marque par sa vîteflè extraordinaire la rapidité des conquêtes d’Alexandre Les quatres têtes de ce Léopard, marquent les quatre Princes qui diviferent en tr’eux l’Empire dAlexandre aptes la mort. La quatrième bête repréfenre l’Empire Romain, qui perfecota h fort les Saints avant et après la venue de Jésus-Christ i Trois
J F. - r.. m --« . I_ MkrP (JCS de fcs cornes forent arrachées, ce sont rrois Rois dunornbre dix, qui furent d’abord détruîtsvLe Seignci fn tous ces Empires, chacun en leur temps lié de Jérusalem. X V, Catcch. 405 durée que Dieu par ses Décrets éternfcis leur avoir prefcrit à chacun. »
Cet oh le fentimtnt des Anciens que l’Ante-Christ serait rétablir le Temple de Salomon, pour y rafle m blet tout ce qui resteroit de Juifs, et qu’il s’y serait adorer d’eux.
Le temps se prend en ce paffage de Daniel pour une année, cm me [explique S. Cyrlete. Ainsi une année, deux années, et la moitié d’une, sont trois ans et demie. S. Jérôme prétend que Daniel parle du temps que dura le fort de la perfecution d’Antiochus, Roy de Syrie, qui en cela fut une figure de celle de l’Anre-Christ.
S. CyriBe gémit sur les maux dont l’Église étoit pour lors affli- e, dont le plus grand étoit le Schifme et la divifion entre les vêques, et le peu d’union entr’eux.
« 10 Par la Tromp tt de Dieu. S. Paul dit que Dieu envoyera se Anges, c’est après S. Marhieu 14. 3 1. qu’ils seront entendre la voix éclatante de leurs trompettes, c’est-à dire avec grand bruit, faifânt allufion i la manière dont s’étoit faite la publication de la Loy, et comme se sont les convocations du peuple » S. Attgustin entend par cette trompette et par cette voix de l’Archange un lignai extraordinaire intelligible à tout le monde. S. Cyrille femble l’entendre d’une voix éclatante que le Fils de Dieu par le ministere des Anges sera entendre en un instânt par toute la terre, 11 Nous qui vivons... Ceux qui étant vivans, et qui seront demeurez dans la Foi vive de Jésus-Christ, seront emportez dans les nuées. La plufparc des Pères Grecs croyent qu’ils demeureront toujours en vie, et que la gloire dont ils seront revêtus, confumera toute la mortalité de leurs corps. D’autres prétendent que les Elus qui seront alors trouvez en vie, mourront en un moment, et pour an moment.
t S. CyriHe a recours aux Interprètes de l’Ecriture reconnus dans l’Église. Il n’ofe rien avancer de Iuy-même.
Combien sera terrible le jour du Jugement.
24 // sera fuivi et un fleuve de feu. C’est une vérité que le monde doit finir par un embrafement; Les Philofophes Païens 1 ont reconnu aussi bien que les Poètes. Voyez Joël z. 3. le Pf. £. 1. Cor. j. lh 2. TbefaL i. 8. Quelques-uns ont cru que le Jugement se sera avant l’embràfement du monde; La plufpart croyent au contraire, que tout ce monde visible sera confumé avant le Jugement par ces paroles: Ignis anti ipfum pracedet S. Cyrille croit que ce feu accompagnera Jésus-Christ, et qu’il fervira a éprouver les bons Ôc les mauvais.
Le fignt du Fils de thomrne efi la Croix. Ce sera l’entière destrudtion de Jérusalem et de la Religion des Juifs, qui sera le gne de l’arrivée du Fils de l’homme, disent quelques Interprêtes « icy S, Cyrille assure que ce sera la Croix de Jésus Christ. S. Caryfostomc, 3c S- Jérôme disent Ja même chose; que ce signe se- »
Eeeij 404 Les CdtechefesdefiintÇyrilk ra la Croît du Fils de l’homme qui paroîtra plus brillante que! ei rayons du Soleil, quelle sera la consolation des justcs, la terreur la consternation et la confufion des Juifs et des pécheurs.
Tous Us hommes comparaîtront au Tribunal de Jésus-Christ, les riches et les pauvres, Ks grands et les petits.
Il n’y aura point de distinetion ni d’acception de perfonhe, chacun y sera jugé selon ses œuvres. Tout le bien y sera recompenfé, il n’y aura rien de perdu de ce qui aura été fait pour Dieu: Nibil eorum pcrdttur. Toutes les bonnes actions sont écrites dans le Livre de vie, les prières, la Pfalmodie, les aumônes, les jeûnes, si on s est bien comporté dans le mariage? Jnstriptum est omne conjitpm resti eustoditum. Aussi bien que la continence qu’on aura gardée pour Dieu.
La Virginité recompenfée d’une manière finguliere, ce que la Théologiens appellent l’Aureolle.
On rendra compte au Jugement de toutes les actions rnauvaifes qu’on aura faites; tous les péchez commis depuis le Baptême seront expofez, mais ceux qui auront été effacez par le Baptême, ny paroîtront pas, comme ayant été effacez. Omni hoc deinetps infcnbtntur, si eanunc pofi Baptifmum patravérisi Priera enim dtlttafmU 19 // y a cent Anges contre un homme. Tout le genre humain ne fait au une seule espèce, de il est cette unique brebis de 1 Evangile, et les Anges sont les quatre-vingt dix neuf autres.
Les trois Personnes de la sainte TrwWferontprefentesau Jugegement. Aderit Pater, ajfsdente Christo, et prafmte Spiritu fantlo.
ji La confufion des pécheurs de voir leurs péchez, même les plus fecrets, expofez à la. face de l’Univers, et à la cenfure publique. La terreur qu’irrfpirera la présence du Juge, ludicis tremind fâtus. Que les pécheurs s’aiccuferont eux-mêmes. Veritattm te fateri cept.
3, Le Père exercera sa puiflànce de juger par fonFils.
j Les pécheurs livrez, au feu éternel. Le moyen de l’éviter, ce iont
les bonnes oeuvres qu’on fait en cette vie, et que la Foi ne iuimpas 34 On croit que c’est Marcel d’Ancyre dont veut parler S. Cyrille, qui prétendoit que Jésus-Christ ne devoit plus reener après le Jugement et S, Cyrille prouve que le règne de Jésus-Christ lera éternel, par plusieurs partages de l’Ecriture. Eustbe dans les cinq Livres qu’il a fait contre Marcel d’Ancyre, rapporte qu’entr autres er rcurs, il avança qu’en Jésus-Christ ç’est la chair et non le Ve’bc’ qui est l’image de Dieu, le Fils de Dieu, le Sauveur, le Chriit,« qu’enfin cette chair serait détruite et annéantie après le jour du JU gement Réfutation de cette erreur par S. Cyrille. •- U 3j Les remarques çurieufes que fait S. Cyrille sur la particule J »/qucs9 pour moncrer qu’elle n’est pas toujours exclufive s Les preuves les exemples qu’il en apporte tirez de l’Ecriture, cqmme qun ejle dit que la mort a regué depuis Adam jusqu’à Moïse ce n« . »
mt 2 dire qu’elle n’ait pas régné depuis Moue.
Le fruit de çtttt Inflruction de se dilpofer au second avenémcm de
Catéchèse XVI
« « Pour leur expliquer cet Article: Je crois au saint Esprit Paraclet, qui a parle parles Prophètes; sur ces paroles qu’on a lues de la première aux Corinthiens; A l’égard des première aux L.onntniens; si çgwr » ™ u cor. dons du faim Esprit: voiçy, mes Frères ’ u ce que vous n’en devez » pas ignorer.
EST maintenant que nous devons confeffer combien nous avons befoin de la grâce du S. Esprit; ayant à vous parler du S. Esprit même, non pour marquer l’excellence et la grandeur de cet Esprit, car cela est impoflible; mais seulement pour vous expofer furcment ce qu’il faut en croire, en suivant ce que les saintes Ecritures en ont dit: car ces paroles de l’Evangile sont trem- M, bler: Si quelqu’un prononce me parole contre le S. Esprit il n’y aura point de pardon pour luy, ni encefocle, ni m l’autre, Il est souvent à craindre que par igno
E e e iij rancc 3 ou par zélé, on ne dife de luy des chofcs 1 qui ne luy conviennent pas, et que par là on en- } coure la damnation. C’est Jésus-Christ le Juge des vivans et des morts, qui a allure qu’il n’y aura point de pardon pour cette faute; c’est donc à nous à demander à Jésus-Christ sa grâce, pour savoir ce qu’il en faut croire, et pour en parler f correctement, et à vous pour l’entendre, et en pro f fîter: car elleest nécessaire pour ceux qui parient, i afin de fçavôir cç qu’il en faut dire, et aux Auditeurs de peur qu’ils ne conçoivent les choses autrement qu’ils ne les entendent.
Nous ne dirons donc du S. Esprit, que ce que nous en enfeignent les saintes Ecritures, sans vouloir approfondir ce qui n’est pas écrit. Comme c est le S. Esprit, qui a parlé par les Ecritures, il y a marqué ce qu’il a voulu que Ton fçût de luy, et ce que nous étions capables d’en apprendre. Nous ne rapporterons donc que ce qu’il a dit, n’ofant pas y ajouter aucune enofe.
Il n’jr a qu’un 4 S. Esprit, et c’est luy qui est appelle Paraclet et comme il n’y a qu’un seul Père 3 qui est Dieu, et un seul Fils unique le Verbe de Eheu y et qui n’a point de Frère, il n’y a aussi qu’un seul S. Esprit, et il n’y a aucun autre Esprit qui soit égal à luy.
La puissance du S. Esprit est très grande, puisquil est une Personne divine y et incompréhensible, le principe de la vie et de l’intelligence, falsifiant 5 par Jésus-Christ tous ceux qui sont appelés de Dieu. C’est luy qui éclaire les âmes des p stes, et qui parloit autrefois par les Prophètes, et par les Apôtres du nouveau Testament.
« Détestons d’abord ceux qui ofent féparer les operations du S. Esprit: car comme c’étoit le même Dieu le Père, qui est le Seigneur de l’ancien et du nouveau Testament, le même Seigneur Jésus- Christ prédit dans l’ancien Testament par les Prophètes, et qui est.venu au temps du nouveau; c’est aufïï le même » S. Esprit qui marquoit aux Prophètes ce qu’ils devoientannoncér de Jésus-Christ, et qui après la venue de Jésus- Christ, est descendu, et Ta fait connoître.
Que personne donc ne fèpare l’ancien Testament du nouveau; Que personne ne dife qu’il y avoit un autre Esprit dans l’ancien, et différent de celui-cy, autrement il refîstera au S. Esprit, qu’il faut adorer, avec le Père et le Fils, et qui est compris dans la sainte Trinité, au nom de laquelle on donne le Baptême; carie Fils unique de Dieu a dit pofitivement à ses Apôtres: 4Hez enfeignez toutes les Nations; Baptisés-les au nom du Père, et du Mtkit. Fils, et du S. Esprit.
Nôtre espérance est donc dans le Père, dans le Fils, et dans le S. Esprit, et non pas qu’ils soient trois Dieux, comme le prétendoient les Marcionitcs. Nous disons qu’il n’y a qu’un seul Dieu le Pète, avec son Fils unique, et avec le S. Esprit, La foi et la pieté ne les doit jamais féparer; nous ne féparons point les personnes de la lainte Trinité, comme sont quelques-uns 7; nous ne les confondons pas aufïi comme a fait Sabellius; nous recon-, noiffons avec pieté, qu’il n’y a qu’un seul Père, qui nous a envoyé son Fils pour être nôtre Sauveur j qu’il n’y a qu’un seul Fils, qui nous a promis de nous envoyer de la part de ton Père, le S. Esprit Paraclet et que c’est le S. Esprit qui a parlé par les Prophètes 8 y et qui est descendu en forme àt langues de feu sur les Apôtres, le jour de la Pentecôte, aflemblez au lieu où est maintenant l’Église des Apôtres 9.
Car nous avons cet avantage de pofleder toutes les marques dé nôtre Religion, et tous les endroits où nos mystères se sont opérez. C’est icy que Jésus-Christ est descendu du Ciel; et comme il étoit convenable que pour honorer ce que Jésus- Christ avoit fouffert à Golgotha, on élevât un Temple oà Ton prêchât ses fouffrances y aussi étoit-H très convenable qu’il y eût une Église pour parler du S. Esprit, dans le lieu même où il étoit descendu, et: comme on publie la Croix de Jésus- Christ dans le lieu où le S. Çfprit est descendu, aussi nous prêchons [le S. Esprit dans le lieu même où Jésus Christ à fouffert: car nous ne devons point fépakï les mystères ’ de nôtre Religion
Je voudrois bien vous expliquer la nature du S. Esprit y mais il est impoifible d’en parler comme il’ faut, nous parlerons seulement de ses diflèrenres opérations,.et nous tâcherons de. ne nous point égarer.
« Nous commencerons même par vous marquer les erreuretque Ton en a produit, afin de les éviter si nous vous propofons ce que les hérétiques en » ont avancé, ce ne sera, qu’ahn de vous enpréfer- de Jemfalem. X V I. Catcch. 409 ver; ce que je dis est tant pour ceux qui enleifcnent, que pour vous qui écoutez: car comme les hérétiques sont les plus impies de tous les hommes, ils ont aussi aiguifé leur langue contre le S. Esprit, et en ont dit des choses qu’on n’oferoit prononcer, comme saint Irenée IO ïe rapporte dans ses Livres contre les hérefies.
Quelques-uns ont ofé. dire qu’ils étoïent eux-mêmes le S, Èfprit. Ce fut Simon le Magicien qui iyà dit le premier, Comme il est rapporté dans les A6tes des Apôtres. Ce ne fut qu’après qu’on l’eut chaffé de l’Église, qu’il eut l’infolence de publier de telles choses.
D’autres impies, que Ton nommoit les Gnostiques, ont avancé d’autres abfurditez du S. Esprit. Les Valentinicns en ont inventé d’autres et Mânes de tous les hommes le plus feelerat, ofoit dire qu’il étoit le Parade t, envoyé par Jésus-Christ. D’autres ont prétendu que le S. Esprit de l’ancien Testament, étoit différent de celui du nouveau. 11 y a eu ainst luficurs erreurs, ou plutôt des blafphêmes contre e S. Esprit. Ayez donc en horreur ces gens, et évitez-les; puisqu’ils blafphêment aihfi contre le S. Etprit, ils ne doivent attendre aucune rémiflion de leurs péchez.
En effet, comment pourrïez-vous avoir, vous cjtii êtes baptisés, quelque focieté avec des gens, qui t: omme des defefpérez, ne doivent plus attendre de pardon? Si celui qui est trouvé avec un Larron est puny du même lupplice, comment efperer Je
Jardon du S. Esprit, lorsqu on fourrage, et qu’on c combats i ’ Fff 410., Les Çdtcchefa ic falnt CyriRt
Ayez en horreur les Marcionites, qui ne veulent pas, reconnoître lés Livres de l’ancien Testamerçt/L’e jpremiér de tous ces impies ’futMarcionj iï.fut le premier qui ait foutenu qu’il y avoit trois Dieux y c commç il voyoit qu dans le nouveau Testament il y avôit plusieurs témoignages de jéfus-Çhristpris de l’ancien Testament, il les retrancha tous, afin que Jésus-Christ quoique Roy, fut ans témoignage;, et sans preuves. ’ tes dnostiques devf oient aùffi rougir de honte portant un nom qui les serait croire fçavans, pendant qu’ils sont très ignorahs /ayant ôfé dire du S- Esprit, ce que )cr n’bferois moy-même rapporter/ Traitez de jnêmeïesCataphiwes, et tyô’ntttt, leur chef avec ses deux Pf o.phicç« s; Ravoir Maimille, et Prifcille.i car ce Montan avoit perdu l’efJpritf cétoït un vray infenf£?/et s’il eût ’.eu un peu de raison, auroit-ilpii dire qu’il çtoit fay-même le S.
Éiprit:? luy qui étoit le plus Taie, et le plus mèprifâble dés hommes, par ses débauches, et par Jfesimpuretez. Je n’çn diray pas davantage, de peur de tyefler.la pureté clés femmes qui sont, icy li; je çapporteray seulement que s’étant rendu maître d’un petit village de la Phrygie, nommé Pepuze, et qu’il nomma faufTçmenr Jérusalem, il y égorgoit de petits enfants, et les couppit en pièces,, donnant leur chair à manger dans la célébration de ce qu’ils appelloîent leurs mystcres x4 j, et c’est V0 cela que lesT’aïens nous en sont encore aujourcfnuy des reproches l5, nous attribuant ctansje temps des pefîeçutions #çeXAqiie Éufdiént’ les ïytontanfe à cmi ils (jlonnent faùffemcnt le nom de Chrétiens. Cet homme donc plein d’impiété et de cruauté oTa s’appeller le S. Éfprit: aufïî a-t’il été livré a la ampation, qu il ne pouvoit éviter. ’ ’ »
Mânes, comme je l’ay déjà rapporté, disait la même choie, luy qui etoit un gtand feeleratj et qui ayant ramafle tout ce qu’il y àvoit de maUvaB dans les hérétiques, même jusqu’aux derniers dogmes Jes plus impertinens, et les plus abfuMcs, eut aussi hn(olence; dédire de luy-mêîne ’qu’il étroit le Paraclet que Jésus-Christ avoit promis d’envoyer’, jae fàifant pas attention que le Sauveur en le promettant à (es pifcjples, leur dit ’: En attendant •, demeures dans la ville de Jérusalem, jufcjuacè tjue vous Luc. 24. foye% revêtu de la vertu d’enbaut. Quoyles Apôttes 47- 3ui sont morts il y £ plus de deux cents ânsatteiipient Mânes, pour être revêtu de sa vertu? Ofroition même dire qu’ils ne fuirent pas dès Jors- remplis du S- Esprit, puifqù’il fcst; écrit m Ar% g# impojantle’s mains, orf iecèvoif d’eux le S.
EfptityXïks choses lie sont-elles pas arrivées bien atfarit Maneè, puisque ce fôt fé jour dé là: Peritecôte; que le S. E(prit deend::: i - -: ofc yi-i facç fut pour’ cela que Simon le Magicien fut repris parce que voyant que les Apôtres dôrtiibiéht 1e S. EÎprit par Timpoitïtion des inairis; il leur ôfôit de fardent: Il ne leiirdifc pa. Dônnezthôy âiiffi le S. Èfpfit, mais le pouvoir dé lé ilonher,? c’ést-à- dire 3 de vendre aux autres ce/qu’on ne pouvait vendre, et ce qu’il n’ àvoit pas achetée:’iî préfenta de l’argent à des gens qui ne vouloient riéri poC- -: ’ t{{ ij fcder, et il vit que ceux qui vendoient leurs héritages, en apportoient l’argent aux pieds des Apôtres, ne penfant pas que ceux qui fouloient aux ôieds l’argent qu’on leur offroit pour la firbfistance des pauvres, n’auroient eu garde de recevoir aucune recompenfe pour donner le S.
Esprit. Ils dirent donc à Simon: Que votre argent férijfe avec vous, JBâM.f uifque vous avez cru que le don de Dieu se pouvoit acquérir pour de l’argent. Vous êtes un autre Judas, vous qui vous êtes attendu de vendre la grâce du S. Esprit, Si donc Simon se perdit pour avoir voulu achetter à prix d’argent le S. Esprit j quelle fit l’impiété de Mânes, et quelle punition Dieu aurat’il exercée envers luy, ayant été assez infolcnt que de se dire le S. Esprit?
Ayons en horreur ceux queDicu déteste; fuyons ceux que Dieu ne peut fouffrir, et disons avec confiance au Seigneur de toutes choses au fujetde tous les hérétiques: Seigneur, ne haiffoisjc fas ceux tf « « •’ qui vous haijfent, je J échoit en voyant vos ennemis; Car il y a des haines qu’il est bon d’avoir, telle que celles dont il est écrit:/? mettray inimitié entre ty, 0- lafemence de la femme) Car l’amitié ou i la liaifon qu’on a avec le ferpent, attirera l’inimitié de Dieu, la mort. Voilà ce que je vous ay bien voulu dire sur ces hommes, qui se sont perdus. Commençons maintenant à expofer ce que les saintes tertres ont dit du S. Esprit: Beuvons des eaux prifes dans les vafes de nos Pères; Puifons dans nos iourçes, beuyons des eaux vives qui réjailliflcnt jaques dans lit vie éternelle.
C’est ce que le Sauveur ait, en parlant du S. Esprit que dévoient recevoir ceux qui crbyoient en lùy; Siquetqiïuti,’ dit- il, croit J« ni.7.)t. en moy. Puis renvoyant au témoignage de l’ancien Testament, comme s’il ne le difok pas de luy-même, mais comme l’aûure les Ecritures: Il finira des Dmtem,. feuves d’eau vive défis entrailles. Il rie jstrie pas dé1 ’ neuves fenfiblcs, qui portent leurs èâux dans des terres pleines de bois ou d’épines, mais des fleuves dont les eaux éclairent l’ame, comme il le marque ailleurs: Celui qui hoira de l’eàkque je luy don-f. 4. neray, n’aura jamais fiif, parce que cette eau deviendra en luy me fontaine qui rejaillira jujques dans la vie éternelle. Voilà une nouvelle nature d’eau, qui est et unie et réjailliflantc, mais qui ne réjaiMrque fut ceux qui en sont dignes; c’est la gf ace du S.-Efpnt # qu’il a voulu nous marquer par cette eau.. » » »
Car comme cet élément contribue à la fubfistanec de tous les êtres, que les plantes et les animaux en sont formez, et en ont bcfoin pour vivre-, qu’elle forme l’or dans les entrailles de la terre, qu’elle descend du Ciel par les pluyes; et quoifau’cllc soit unique dans sa nature, elle né lame pas de concourir à la production de différentes eipeces; une seule fontaine arrofoit tout le Paradis. Elle se répand en pluye par toute la terre, elle elt blanche dans les lys, rouge dans les rofes, de couleurde pourpre dans les violettes et les hyacinthes} elle est ainsi differthtc dans la diverfieé de corps ou elle se trouve, quoiqu’elle soit toujours la même dans sa propre nature,« ar elle ne change pas pour devenir pluye, ou toutes aUlres sortes ch« -. » »
Ces aufqudlf£ elje s’ijnit 9 ôç à rpcoififejpjcixt de£ quelle? Hc contribuer Auflj je S. £(p£st tfityqt qu’un, et même Esprit, et indiyiûblç,.tjkjjjë j chacun sa grâce corçune il le veut 5 et comme p bois £e£, vett imbibé d’eap f, prpdjiit des germes, MtffxjAmbfâ redë digiç dp la cta jnjçurpcdu )ETpric par z pççitestce, porte des fruits de la justice.
« Qr quoique Ip S. EQrit.fajit renfermé, e » luyr mêinç 5 l #e Jaifle.pas selon la volonté de Dicgi;
Si au - ûojpe JAi3rÇlst, 4e produire plusteurç », différents.merveilles: çr tantôt il feconiiminiiie la langue des nsppur leur xnfeigner la fageffe, tantAioellèir enppnant Jedan jjjc « Pçoplttie smiKsil dlles.pémpvd.a d’autres. iil Qfwe’le ÎQn d’interpréter lesÇcriturçf
Jl rtfarfiiit kr ijtïpçKince dans lesuns,. il faitpra- tiqupfilpfmPiW aï fait jeûti, erjfc
tctpréter. Toutes cés’; s: fefbhXjpar-!-ihênie Esprit, qui distribuë fefc dons à duetata felan qia’il luy plaît.
« Mais comme il est ifouveirc parié dfôfjbœ dans l’Ecriture /Se qu’il est à ’ereihdrc: ptah inb Tpmbfc en quelqûf èrreiMr âû ik|Bt’dii i £. iifprit came rqufxpi he içaurôit dé qtièl fifprircl: fèMt parié; iloaflpbon de vous avertf ir atr avwico y qtenrad; lîEotituiK parle dû S. Efprlt: car -côtnine iljEarituiei Johnei te iirota de Ghrîst à; Aâ#ost, à iKïvidàâl vàcpltffkwh ’ ’ - au très quroste porté ce » hom uoiqù’lllnr ak prq prement qu un Christ aussi rayant donné le nom d’Esprit à pliifieuts cfaofes àmeketyocs, il est boh •••: de; voii: cre qui est: propre et partioïlitt aà Ssk.
Car ônâoniie oVaiomt d’Bfptit wà ÀagesW.:: V nôtre Ame est aaifli appellèe Un Esprit, auflrbien que le vêtit qui’ (buffle en l’air. On donne aussi oe nom à une grande pulïfance., et-aoac citrimpurç. Préstêz 4oncgardei de çonfondrc-tctcsccpcbMey,
Jârfce quelles portent iemëmcinom; L’Ecriture parant de nôtre ame, dit: Utfpritdt thtyme fotnréy Pf- m- il rèntretd’dahs Uztmei foù il ’dvêteMi Èr: e« rç uh u autre endroit f.£[jVi àmUAtffm’Aant etbetme. Quand EccUf. 17. le fcfalmiste parle dès Anges ii ditl Qpe Dieti fait Pf. io. »
fis AHm des Êfprits tT sa ’MiriijhvsdeS fiâmes dtfeh. Ètppamnt du VcstD, elle dit:! JOuis) kAfeet%Âvéd-un Pf. 47 tfyritiimfew Èfcttfrrite le boisdansuric forêt est gitéopati fcefptît.-Et ailleurs: Que le feu, la grêle, lat glace, Jb tfprits mpetueux r et iqûif forpifcrifi lès tampêt y- kôent kj
Seigneur. Et Jésus-Christ, voulant parler de lafain- te doetrinc qu’il enfeignoit aux hommes, leur diw. 6. (oit les paroles que je vous dis, sont esprit et vi« . »
Le S. Esprit n’a pas de langue pour parler cornme les hommes; mais il est vivant, et c’est luy qui fait parler et converfer avec fagefle; c’est luy aussi qui nous parle, et qui converfe avec nous.
Que si vous voulez en être plus vivement convaincu, Philippe reçut ordre de l’Ange du Seigneur d’aller sur le chemin qui defcçnd de Jerufalém à s.t.. QaM par 0 ipagfojt Un Eunuque Egyptien: L’Ef prit dit a Philippe; Approchez-vous, et vous joigiez a ce chariot. Vous voyez comme l’Esprit parle a cc- tubn.; lui qui l’écoute. Ezcchiel parlant deluy-mêmedit: UEsprit du Seignur tomba sur moy, et me dit; P#
Tjt8. ij. U-ccjopuU Skàgteur te commande de dire. Et aux Aetes il ést rapporté que le S. Esprit dit aux Apôtres qui ctoient à Antioche: Separe-moy Saiil et Barnabe, fours’actùpeiça teatvri placptelLeje les ay appelle?.. Vous voyez donc l’i Esprit vivant 5 qui fépare, qui appelle, et qui envoyé les hommes avec sa puifiance; S. Paulprêchoit dans toutes les Villes que le S.
M. icEfpxit tuydcdstisoit, et l’avertiûbit que des chaînes des aifijons l’attendaient à Jerufalém.
G’est..ce Esprit plein de bonté, qui fanetifie lïglife, qui la foutient; c’est nôtre maître, et « ôçre Parade; tfest.deiuy dont Jésus Christ a dit: »
« jM’ u’Mvm rffeietimrpàtscInfefyetMiu de tout -ce que, ji: ttom: ay Ht. Jl ne dit pas seulement qu’il nfe%pera, mais qu’il sera fouvenir; car la doâ-ri de Jçfus-Çhafl a’est pas différente de.eclle du S. Esprit y c’est la même doetrine. Il avoit prédit à S. Paul ce qui luy devoit arriver, afin qu ayant » Jrévû ces maux, il fût plus difpofé à les fouffrir relon que Jésus-Christ l’avoit marqué. Les’ paroles que je vous dis sont Esprit; ces paroles ne sont pa celles qui sont prononcées- de la bouche % ccst la dourine qui nous est venue, du Ciel.
Sçachez aussi qu’on donne le nom d’Esprit ait peché; mais c’est dans un sens bien contraire à celuy que nous traitons. Il est die des pécheurs, qu’ils se sont égarez par l’Esprit de fornication. Le Démon est aussi appelle un Esprit 3 mais toujours avec quelque addition; comme 3 qu’il est un Esprit impur. Et quand on parle de l’amc, on dit l’Ecrit de Thomme. Si c’est pour fake /entendre le vent f on dit l’esprit de tempête; Si on veut parler du £e ché, on dit l’esprit d’orgueil ou de fornication; Si on veut fïgnifier le Démon, on ajoute l’efprk impur, afin qu’on entende de quel Esprit on veut par 1er, car toutes ceet choses ne peuvent convenir au S. Esprit.
Ce nom d’Esprit fïgnifîe quelque chose particulière; on appelle en général Esprit tout ce. qui n’ point dç corps J c’est en ce sens quon nomme les Démons « des esprits; parce qu’ils n’ont point de corps y mais il y a bien de différentes sortes d’Esprits, le Démon est un esprit impur, et quand il « lt une fois entré dans lame d’un homme; Que Dieu ne permette jamais que ce malheur arrive a aucun de ceux qui sont icy prefens, ni même à aucun de ceux qui n’y sont pas cet Efprk malin eit 4t8 Les Cateehefes de saint Cyrille comme un loup qui ne rcfpire que le {ang ] et qui se rué sur Une brebis pour la dévorer; il entre avec fureur dans cette ame, il trouble se fcns obfcurcit l’entendement, et n’instnre que malice, rapine du bien d’autruy. Il se fert du corpsdun homme comme si cetoit k fieri, et çest luy qui porte les hommes à la violence, et qui fait màlc eontorfîons dans les corps qu’il poffede. Il fait rouiller les yeux, tourner la bouche, la langue, éeumer au lieu de parler; l’homme gémit ainsi et frémity méfiant ufré vie très miferable avant que de mourir. Les Désttôns sont les véritables ennemis de l’homme y ils k tourmentent sans mifericorde, en abufcAt hostteufettiestt. » »
Cela cottVnte vèus vôyèfc ne peut convenir au S. Espritj qUiflenôtii ihfpiw que du bieni4, et qui -ne nous k fait faire que pour nôtre bien, et notre salut. D’abord {a vcmrë est douce, et à mcfure qu’il s’introduit êitis l’ame, il y répand une fuavité qui rend sa préfence très confolante, et répand en entrant, les rayons de sa lumière, et de sa vérité dasts l’efprît -, il vient comme un amy pour fidus protéger; il vient pour notas préferver du mal, pour nous guérir si nous sommes malades, nous instruiré, nous éclairer, et après avoir produit ses cflfets dans celui qui l’a reçu, il se fert de luy pour se communiquer à d’autres, et comme après avoir été dans les ténfebres, lorsqu’on voit le soleil, on se trouvé tout dih coup éclairé, et en état de voir ce qu’on st’appercevok pas auparavant: aûlïi dès qu’une artte ateu k S.
Esprit., elle est tout d’un aett éclîâre c ysiff au âeAï éet ce que fos yeus pwvpieœ foi rsprrknjtcr; Quoique ion corps ne lait que etr la terre, l’ame concempk ce qui est: da« s Jes Cieu, eUe « oit.ee qs’Iette voy.ok autresfois, Jle Seigneur aflis sur un: gsancl Trône et; f©ïa: ev£.. Eik voit comme. Ezechiel, cçlui qui est aifîk fiur les Chérubins, elle voit.comme Daniel, mille njlUonsi Ae Minutes autour de luy, Tout pe. lit q »e fort un hàmmo, ai Voit Ae commence niera la si » 4u mande U suite dsstcmps y et les ûxciepffiofns des Rois. L’Ame fçaic ce quelle n’avoit jamais appris, parce qu’elle eu éclairée par celui qui est U iwifcstWe bimierew. u: -. - -...
owreat Ifobtfninc entraat arç dedan? de luy-iuê Mt 3 afrès awîr reçu de Oku ies connaissance » qu’il luyvmt cbnmiuniqiuer, ccmnokra même ce iÇ. kl mitres fcat S. Fkcœ. n’était pjapre£im; die « rpi, ijuani Animer jet Saphir©. Bettdirtrar. fewm, mais il Reçoit en cfpfcit, mtfli lamrcddik- Au. 5. j. Çomtntm U tentation de SatMJt-àelle entrée Àans nÂme 4BWJ, pQr rvm fiiirt mentir au S.: Efpmi II Jl y awôt stt aceufeffir, ni iépuNrâ, raniment ]tkrk: llApôtre le pouvoir il fçav.oirj,- fr, kurHt-tf; vqus onriefe V0d » garder ivotre dùorcç, arétoio-edle pas à; rous? et Jaywst rendue rficjûtieE-yous pas ie: roaettta du prix? 0« 8« oy i/ôirë/coMitf awtàl: càti£apy?.: r.CE dtfifei? Çhjy qet dir’aybk; cjanaais appïiff ià ÏW e tçut par 3a lumière du S. JEfpôt, ce que les plus fçavàns d’entte ies 3recs n auroienc pu fçavair. L’Ecriture rapfûne! quelque aôlet /rabbbdeidllitee optfés qtfil tout guiy. a J-éptfc-de Naamaixfariet {avoir tfôii- — • »
Ggg j lu recevoir aucune récompenfe, Giezy son ferviteur prit quelque présent, profitant ainfî du miracle que ion maître avoit fait, il reçut de l’argent de Naaman, et le cacha; mais on ne peut rien caacher aux Saints, ils fçavent ce qui se pafle dans des ténèbres i car étant de retour, Elifée l’ayant interrogé, comme S, Pierre fit Ananie: Avez-vous vendu vôtre champ à un tel prix? Il l’interrogea comme s’il n’eût pas fçu ce qui en étoit, Giezy fut donc puni pour avoir pris de l’argent de Naaman, qui avoit été guéry de sa Lèpre, il fut luymême frappé de Lèpre. Le Prophète exécutant par
Math, o. avance le précepte de Jésus-Christ: Vous avez reçu gratuitement, dmne gratuitement; Mais pour vous qui avez vendu cette grâce, recevez auflîla puni- 4Rtg 5. tion de vôtre vente j.Mais faites attention à ce que luy dit-Eliféç: Ne fçaviez-vous pas que mon cceur marchoit avec vous, quoique je fus resté icy de corps, TEsprit que Dieu m’ayoit donné, me faisait connaître cç qui se paffoit fort loin de moy, et mç montroit çç qu’on difoif ailleurs,.Voilà comme le S. Ëfprit éclaire Famé, ôtç l’ignorance de IXfprk, et y met la feience.
Il y a près de mil ans qu Isaïe a parlé de Sion, comme s’il l’eut vue telle qu’elle est aujourd’huy, dans le temps Qu’elle étoit une Ville bien bâtie, ornée de pluheurs édifices çonfiderabfcs, # ° l’on faisait même grand commerce, il disait que de Jérusalem. XVI. Catecfa. 411 abandonnée et deviendra comme une tenté dans une vigne, et comme une cabane dans un champ de concombres, et on n’y voit aujourd’huy qu’un champ plein de concombres. Vous voyez donc comme le S. Esprit éclaire les justes; Ne confondez donc point les choses à cause de la renemblance des noms, mais apprenez à les distinguer.
Lorfque de (occupé de vos affaires, il vous vient en penféc de garder la chasteté, ou la virginité, croyez que c’est le S. Esprit qui vous infpirc 7 j N’a-t’on pas vu plusieurs fois de jeunes filles le jour de leurs noces, s’enfuir, pour ne pas coucher avec leurs Epoux, ayant été instruites par le S. Esprit dé l’excellence dé la virginité? Hé! combien de fois a-t’on vu des gens riches quitter la Cour, et méprifer les richefles, y étant excitez par le S. Esprit? Ne fçait-on pas qu’il y a de jeunes gens, qui fec ment leurs yeux devant de belles personnes, et s’en sont enfuy, pour n’être pas expofez au péril dé fouiller 4eurs âmes. C’est le S. Esprit qui leur infpiroit cette conduite; et quoique le monde n’inlbire que l’avarice, et le defir des richefles, cependant combien y a-t’il de Chrétiens, qui ne veulent rien posséder icy-bas, cela vient encore du S. Esprit?
O que c’est un don bien précieux que le S. Esprit i Tâchons donc de nous le procurer par le Baptême qui se donne au nom du Père, et du Fils, et du S. Esprit. Tant que l’homme est revêtu de ion corps, il est expofé a plusieurs combats, qui luy sont livrez par la cruauté des Démons, et souvent un pojOfedé qu’on ne peut retenir avec des chaînes de fer 3 est arrêté par un feui homme, -quand da a prié sur luy, et qu on a imploré la vertu du S. Esprit, le ïimple fouffie dun Exorciste • devient comme un feu à ces Esprits malins tout invifir blés ju ils sont.
Nous avons donc auprès de Dieu un puiflW défenfeur, le grand Doeteyr de i’Église, et un fottverain proteeteur, Ne craignons plus ni les Démons ni le Diable, celuy qui combat pour nou3 est bk » plus puiffant « qu eux, pourvu que nous ûiy dojetr nions entrée dans nôtre ame.
Il est aussi appelle le Paraclet 9, patec 3uil est notre poïifolation, et nôtre aide dans nos toibk£
Xw 8. es: CarnoHS ne fça’vons pas ce que nous devons de mander, ni nous ne le ff avons pas demander comme il
« Jésus-Chtist, mais quand il s’agiroi de foaffrir lç jnartyre, d’êt-re livrez aux fiâmes, ou aux bètçs4 ou detwprtécÀpitez dadas des gouffres, ou de périr pat le glaive ne craignons lien, 4e S. Esprit sera 4. au milieu de.-nous, qui nous dira: Jye mrg9 foujfrez.patiemment poser U gloire du SieigitWiet chose-s xie durerojat pus f forcenés pendant qucdque temip;, et puis vws iferez éternellement avec kf w.s.is. -Anges! Un’y afouit de proportion efctfe les HtfW de cette ’vie, et Ja gloire dans laquelle nousdetfon paroîtœ. Jbnous fait voir le Kojmmc dcsÇieiix, il »ous; exfofc les délices du Paradis j c est atflstqw leur esprit étoit déjà dans le Ciel, et cétoit ce qui leur faifôit méprifer Us tourment
Et si vous voulez être convaincu par l’Ecriture que c’est par la vertu du S, Esprit, que les Martyrs 30 ont rendu témoignage à Jésus-Christ, écoutez ce que le Sauveur disait à ses Disciples: Lorf- Luc.mm. qu’on ’vous mènera dans les SitMgpgues, et devant Us Magstrats, et• Us Puijfances y nz mus mettes point en peine de la manière dont vous leur répondre, ni des pa rôles que vous leur àrei parce quà t heure même le S. Esprit vous enfeignera ce qn vous devrez àirt; Cal on ne peut rendre témoignage i Jésus-Christ qw ce ne soit le S. Esprit qui nous infpire. Si on ne peut même prononcer le nom du Seigneur que par le S. Esprit, commette pourrat’on donner sa vie, ou répandre son {àng que par le même Efprk î
C’est luy qui est de tous les dons de Dieu, le lus grand, et le plus efficace, et le plus mcrveileux; Pensez combien vous êtes iey aflemblcz, combien il y a d’âmes, il est au milieu de vous, agit dans chacun de vous, comme il le juge à propos y il voit la difpofîtion intérieure de chacun de nous. Il connoît les penfées J la confeience, ce que nous disons, et les penfées que nous retenons dans nôtre esprit mais tout grand que cela soit y voicy encore quelque chose bien plus configurable. Penfèz 3 vous qui êtes maintenant éclairez de luy y et repaffez par vôtre esprit, combien il y a de Chrétiens dans cette Province de laPalèstine, parcourez en suite toute l’étendue de l’Empire Romain y et de là parcourez tout le mander les Per-, ferles Indiens, les Goths, les Sarmattes, les Gau- lois, les Efpagnols y les Maures, les Africains, Ici Etljyopiens il et tous ceux dont les noms nous sont inconnus; car il y a bien des Païs, et bien des Nations y dont nous ne fçavons pas même les noms.
Pensez combien il y a d’Evêqucs, 3 de Prêtres, de Diacres, de Moines, de Vierges, et de Laïques, parmi tous ces peuples, et confiderez-le comme le grand Eveque qui préfide et tous, et le grand Pàsteur, ou le Difpenfateur des grâces dans tout le monde; comme il donne aux uns la chasteté, aux autres la charité, à d’autres l’amour de la pauvreté, à d’autrès la puissance de chafler les Démons et comme la lumière répandant un seul rayon éclaire tout le lieu où elle est, aussi le S. Esprit éclaire tous ceux qui ont des yeux, et celui qui ne veut pas tes ouvrir, ne jouira pas de ses faveurs, et doit s’en prendre non au S. Esprit y mais à sa propre infidélité h. Vous avez admiré combien il opère des merveilles dans tout le monde, n’en demeurez pas là, élevez vôtre esprit pour connoître encore de plus grandes choses j, commencez par envifager le premier Ciel y et vous y découvrirez un nombre infini d’Esprits, les Vertus, les Puissances, les Principautez, les Trônes, les Dominations, et celuy jui préfide à -tous ces Esprits, qui est leur maître, leur fanetifîcateurM, c’eû le Paraelet, comme Elie et Isaïe, en ont eu befoin lorsqu’ils viVoient sur la urre parmi les hommes.
S. Gabriel, et S. Michel en ont befoin entre les Archanges, ilny arien dans le monde qu’on puifTe luy égaler. Tous les Anges enferuble, et toutes leurs armées raflfemblées, peuvent jamais l’égalçr, Sa vertu est au dc-Ià de tout ce qu’on peut s’imaginer et les Anges ne sont que des Ministres, qu’il envoyé pour exécuter ses oefTeins.
Mais le S. Esprit pénètre les profondeurs de Dieu, comme dit l’Apôtre.} et comme c’est l’esprit de l’homme qui doit connoître ce qui se pâlie dans l’homme 3 aussi il n’y a que l’Esprit de Dieu, qui connoiflfe ce qui est dans Dieu.
Toute excellente que soit la nature des Anges, ils ont été tirez du néant par leur création m, mais le ’S. Esprit a toujours été dans Dieu, dont il procède, La nature des Anges est fujette au changement, comme le sont toutes les choses créées, et il sont redevables à là grâce de ce que présentement il ne leur peut arriver aucun changement; mais le S. Esprit est immuable de sa nature, existant toujours le même avec le Père et le Fils. C’est cet Esprit qui a prédit Jésus-Christ par la bouche des Prophètes; c’est luy quia fait agir les Apôtres, c’est luy encore aujourd’huy qui marque de son sceau l’ame, lorsqurQn. reçoit le Baptême. Le Père l donné au Fils, et le Fils a donné au S. Esprit 55. Ce n’est pas moy qui dit cela, c’est Jésus-Christ: Mon Père, dit-il, ma donné toutes choses. Et parlant Afath.u. du S. Esprit, voicy ce qu’il dit: Quand lEfyritJoan.it. de vérité sera venu, il me glorifiera, parce qu’il recevra de ce qui est à moy, et il vous l’annoncera. Le Perc nous accorde donc toutes choses par le Fils avec le S. Esprit, et on ne doit point attendre de salut du Père, sans le Fils, et le S. Esprit, ni prétendre
Hhh 416 Lés C aiechefcï dt saint Çyrilli pouvoir croire au Père, sans croire au Fils, et an S. Esprit. Il n’y a qu’un Dieu qui est le Père, fou Fils unique notre Seigneur, etc le S. Esprit qui est le seul Paraclet; voilà ce qu’il vous fuflît de fçavonv Mais ne cherchez point par çuriofîté à connoî« c sa nature et sa substance y nous vous en parferions j si l’Ecriture l’avoit marqué 7 mais dans un sujet de cette importance, nous ne pouvons diro que ce qui est écrit. Il fuffit pour être sauve de Ravoir qu’il y a le Père, le Fils, et le S. Esprit, et que c’est le S, Esprit qui descendit au ’temps det Moïse sur les foixante-dix Anciens -, (Mais de peu de vous ennuyer par la longueur de mondifcours, je prie celuy dont nous parlons, de vous donner f grâce, et à moy qui vous parie, et à vous qui écoutez, et de nous faire connoître ce qu il veut qud nous faffions. ) Or l’Esprit saint qui descendit fitf ces foixante et dix Anciens, n’étoit point diviféni partagé entr’eux, ce ne fut que sa grâce qui le foc ièlon la capacité, et la disposition de ceux qui la Nm. h. recevoient.
Ils ne se trouvèrent que foixante et huit, Eldad et Modad n’y étoient pas, pour marquer qw ce n’étoit pas Moïse qui donnoit cet Esprit, mais aue c’étoit le S. Esprit même. Eldad et Modad qui furent appelés comme les autres, et qui ne se trofr verent pas, ne biffèrent pas de prophétifer. Jofùc qui fut la figure de Jésus-Christ, et le fucceffeuf de Moïse, en fut furpris, et étant allé trouver Moïse, il luy dit: Voicy, Seigneur 3 ce qu’Eldad et Modad prophétifent dans le camp, empechez-les; Moïse luy répondit: Je ne puis pas les empêcha »
Je Jerufidèm. XV I. Câtech. 417 c’cst onidon qu’ils ont reçu du Ciel, etbiçnloin inêmcde le faire, je suis obligé d’avouer que Dieu m’a communiqué la même faveur J et je ne crois pas que ce soit par envie que vous en parliez. Donnex-vous de garde de parler contr eux, ou contre imoy, par envie de ce qu’ils prophétifent aussi bien que moy; mais attendez, le temps viendra que Dieu vous communiquera ce don. Pour moy je voudrais que tout le peuple du Seigneur fût Prophète, et que Dieu mît fcnElprit lur eux. Ce fut en prophétifant qu’il dit que Dieu donnerait foli Esprit; car il ne îavoit pas encore donné, et vous jne l’avez pas encore reçu.
« Vausdirez peutr-être, estce qu’Abraham yet Jaeob, 011 Jofcpnjic l’avaient pas aurffi bien que ceux àqai il disait que Dieu l’avoit donne? Pourquoy donc, dt-il, que Dieu le donnera? Sçachez queMoïpaTle, dt abondance des dons du S. Esprit, qu’il prédit deVTfliriêcDe donné.à tous,, comme s’il disait:: c’est maitf tenant une faveur particulière pour quelquesJuns, raais poux lors, il ikra communiqué à chacun etrcelaest arrivé le jour de; la. Pentecôte; ainsi ic même Efptit qui: dè£cchd jnaiintenittLt; fibr ncxus, étccit déjà notrfcrois defccûdu funpiufieurs », et il tsIcttsteutoit en eux, selon qu’il est écrit: Jcfueifils 11k ru. 1+ tywmmpïfé.isswtxinr ’ ’
Vbus Voyez £ar tout que l’ancien Testamcnt oit la figure et le ’modèle du nouveau.. Au temps de Moïse on donnoit le S. Esprit par l’istipofitioa des rstainsi iet« ce sera en xette.maniererqu’itdeÇ- »
Hhhij cendra sur vous, quand vous aurez été baptifcz.1 Je ne vous en parle pas présentement, parce qu’il n’est pas encore temps.
C’est le même Esprit qui est descendu sur tous les justes, et sur les Prophètes yt, sur Enoch, et sur Enos, furNoé, sur Abraham, furlfaac, sur Jacob, sur les autres. Pharaon reconnut luy-même dans Joseph, qu’il avoit l’Esprit de Dieu; et vous avez souvent ouy parler des prodiges que fit Moïse par la vertu du S. Esprit. Ce fut cet Esprit qui rendit Jacob assez fort pour lutter contre un Ange, et qui animoit tous les Saints dont je ne puis réciter les noms. Ce fut luy qui remplit de fagefle Befeléel tous ceux qui travailloient avec luy pour construire le Tabernacle j Ce fut par ses lumières, comme il est rapporté dans le Livre des Juges, qu’Othoniel jugeoit, et par sa force que Gedeoncorabattoit; que Jephté fut victorieux, que Debora cet« te femme si fage, et Samfon, de tous les hommes le plus fort, remportoit des vietoires.
Vous avez aussi dans le livre des Rois, que Samuel et David prophétifoient par le S. Esprit, et devinrent les Chefs des Prophètes, d’où vient que Samuel est appelle le Voyant, et David dit: L’Esprit duSeiJ »/. 50. gneur m’a parlé; Et dans ses Pfeaumes: Ne m’entf, i4i. levez bas, Seigteur, vôtre S. Esprit. Et aussi: Qju vôtre bon Esprit me conduife dans me terre -droite et heureufe. Vous avez aussi dans le Livre des Paralipoménes, qu’Azarias reçût le S. Esprit, au tenu du Roy Afaph, et Oziel. Aussi du temps de Jpfaphat, un autre Azarias le reçut, aussi, et et ty?1’ de; Efdras dit de luy-même: Sous m’ave àonni’vô-x.tfd.j, tre bon Esprit four Us infiruire.
Je ne vous parle point d’Elie, ni d’Eliféc, ces hommes si merveilleux, et qui ont fait tant de prodiges. Peut-on douter qu’ils n’ayent iété remplis du S. Esprit? Si on veut parcourir les Ecrits des douze Prophètes, voiis y trouverez plufiëurs endroits où il est parlé du S.’ Esprit. Michée dit qu’il -a été-7 remply de la force de l’Esprit du Seigneur, Joël que jU’A. le temps viendra, dit de Seigneur, que je’ répan dray mon Esprit sur toute cnair, et plufiëurs au tres choses qui fuivent ses paroles. Dans Aggée le Agg..’ Seigneur dit: Je suis avec vous, et mon Esprit demeurera avec vous. Dans Zàcharie y il dit:: Ecoiî- Zacbahî; tez mes paroles, et tout ce que j’ordoritié en Esprit aux Prophètes mes fervitcurs. ifaïe dit parlant #. a. du Messie: L’Esprit du Seigneur repofera sur luy l’Esprit de fageffe, et d’intelligence, l’Esprit de cortfeil et de force, l’Esprit de fcience et de crainte- du Seigneur, et il sera rempli de l’Esprit de crainte du r
Seigneur. Il est confiant que ce n’est qu’un seul même Esprit, et indivifible, à qui on donne ces différents noms, pour marquer ses différentes opérations. Dans d’autres, endroits M ce Prophète, /y:44. • il y a: J’ay mis mon Esprit sur Jacob; Ou: J’ay 4mis mon Esprit sur vos deffcendans; Puis: Le Sei- 5 gneur m’envoya et ion Esprit; Ou: bien: C’est icy tfImon alliance avec eux, Dit le Seigneur: MëetiEv-’ prit qui est sur toy, demeurera sur ta posterité; Ou: L’Esprit du Seigneur est sur moy, et il ma oint pour aller évangelifer., et en parlant des Juifs. Hhhiij 43o Lès Catethefès drfaint Cyrille ie. Dieu dit; Us m ont mis en colère, Se ont-attristé PEsprit de ma Sainteté 5 Et où est celuy qui mtetoit au milieu d’eu l’Esprit de sa fainteflé.
« « Il y a plusieurs femblables èxpreflions dans Ezcdfajel, je ïin rapporteEay que peu, pour ne vous Eetch. iî.poiht fatiguer. L’oprit du Seigneur tomba sur moy, « et rite dit y Parlé amfi En disant qu’il est tombé sur luy, il marque la bonté et la douceur de cet Esprit, comme Jacob ayant trouvé son Fils Jofepfc, luy fautai colet comme le stere del’Enfant prodigue ému de coMpaflioti fut son état, accourut au âévaiit de luy 4’embrâffant parle col, XeebAuc le baifant. Ezecbiel dit encore rLTfprit m’éleva,, -et mfe: metnà en Galdée » Le tout an veton pârl’Esprit de Dieu; Je vous ây ¥appdfcté ailleurs en vous parlant du Babtêïttc -,- -e que 4e Prophète en avoir dit: Je réptfndïây sur vous comme un Eau pure, jevotfs daiineray un (pfcit nouveau.
Il -dit encore:: La mafafi dun§èï£rtsur ’fat sur ïâoy,’et me k Cb. 55. 15. iforch: en elrit/ C4st « et Efpït qui rendit Dtfnielfi 37# iplein de fagefle, qu’il ràéïita dans sa jeunefle de stavenistjuge des yïéilkrtk Ûrte Dame très otaste, xw, 13. »ôTmwéeSuaa]fm 5..impûdtqtUî- il- iae1 vti »i MMïtie qfcivoulutentrdprdndre de 4ayustifiér tànt accûUt lëssti xipàux Magistràts: fetfamc 6h ia menait au feptiGerasttdéjèntVëlè 9ks« à (Bôilrréate, le 44raefot vstfeetfdà fécWscearituifenfie tetestés les éMbresiiiMllHtës qtroiqtie ©ahid pt fôt qu’un jeune hôïntofe yÎÈ%rlt luy ordoflnade ïè’4e£ferfcr fltf#cet rïëÉv et îe les -atcuTet i-ir!: ili ’ de Jèrufalcm. XVI. Catcch » ’ 43É de pecKez qiii ne se tuouvepo: oistli »aiicttieiwljuc dans de jeunes gen et tcricurc dit iDkufhfàt l’esprit de ce jeune crifant.
Et pqifr breeetf;, par le ju-’ gement de Daniel, l’innocence ’ w chasteté dp cette Dame fut reconnue, ôtfil luy iauva ainst kl vie. Je n’ay voulu rapporter icy que des partages touchant le S. Efpfit, fins entkeprçndrë Ide les expliquer y car ce ïicn est point le temps. Nabuchodonofor reconnut luy-même que IJanièI avoit 1er S. Esprit, lor£qu’il luy dit;,; Balthffi qu’qa peut regarder comme le Prince et le chef des Devins 40 y je reconnois que l’Esprit du Dieu Saint est en vous. De deux paroles que dit ce Prince, il y en avoit une véritable? savoir, qu-e le S. Efjfrit étoit çji païiiej i Vautre étoit fauflTe, qu’il étoit le chef des Ënehân teurs; car sa fagefle venoit du S. Espritr, et non de la Magie: car auparavant il luy avoit explique la vifïon qu’il avoit eu en fôngc. G’est liy qui avoit eu cette vifïon, et ne fçavojj: pas quplle eue étQit.: Faites-moy connoître, luy dit- il, quelle vifîonj’ay eu, car je ne fçay quelle elle a été.
Admirez la vertu du S. Efpiit ceux qui ont et des yifions, jie fçavent ce qu us ont vu et, ceujcqui ne les ont pas vu, le fçavent et les expliquent Il y a plusieurs autres endroits dans Fancien Testament, où il est parlé du S. Esprit; mais il ne me reste plus de temps, il vaut mieux les omettre, te s’accommoder à la portée d’un chacun, Cecy donc fuflfira pour ce qui est des paflages de l’ancien Testanient, et dans la première Cate.chefe nous prodijirons, sil plaît à Dieu, les paflàges du nouveau Testament.
Les Catecbefes de fairitVyriUe ’
Que le Dieu de la paix nous comble de (es dons fpirituels et: célestes, par notre Seigneur JésusGhrist:, et par TEsprit par lequel ils s’aiment V y et qu’à luy soit la gloire y et la puifTance dans les Cèdes des ficelés. Amen.
Notes sur la feiteme Catéchèse.
t 7 L paroit par eettt Catecbefc, et par lafuivante, combien S. Cjrrille éroic rempjy du S. Esprit -, Si la bouche parle ordinairement selon l’abondance du cœur, on voit par tout ce qu’il die de î’Esprit de Dieu combien il en étoit embrafé, Il épuife coure l’Ecriture pour faire connoître le S. Esprit, et le distinguer de tout ce que IJicriture appelle Esprit: Il établit sa Divinité, ses effets, ses opérations, ses perfections par tant de paflàges de l’ancien et du nouveau Testament y qu’il le fait connoître annoncé et marqué
Car tous les Prophètes. JIl rapporte les hérétiques qui ont mal pardu S. Esprit ou qui n’en ont pas eu des idée justes. Ces deur Câtechefes sont un Traité des plus amples qu’on pourroit faire sur le S. Esprit. On y voit sa divinité, son égalité avec le Père et le Fils, sa confubstantialite si bit n établie. En un mot S. Cyrille refute toutes les fauffès: idées) qu’on s’éroit formé du S. Esprit.
Necefliitè de la grâce de Jefiis-Christ, pour parler et pour entendre les veritez de nôtre Religion. -’ • 3 Ne rien dire de nos mystères que ce qu’en expliquent les ûintes Ecritures, sans vouloir approfondir ce qui n’est pas écrit.
Vnitè du S. Esprit. 11 n’y en a qu’un seul, comme il n’y a qu’un Pçre; foun.BIs unique île même qui a parié dans l’ancien etdan le nouveau Testament.
« 5 C est le S: Esprit qui fanllifienos ornes. Ce qui estdans le Symbole de Constantinôple, et in Spirimm fdntlum vivificantem. 6 Le S. Esprit est une personne de la sainte Trinité. In fiet Trinitate cotnprehenfut. On baptife en son nom, et ces trois perfonBes inséparables » indivifibles, égales en tout ne sont qu’une même Divinité Cnm Spiriiu faneto K per unum Si Hum, lunum Dtm frtêcmus: Indivifa est fides, mfeparabilis pi et as.
Ceux qui feparent les Per fontes de la sainte Trinité, furent d’abord les Ariens, puis les Macédoniens, qui rroubloknt fort l’Eglise pour lors, et que S. Cyrille ne nomme pas par ménagement.
S Partiparlts Prephétu. Cela fut ajouté au Symbole de Nicée. Qjti Jqcmhs tst.pr frppbetas: t:
« j Il y avait à Jérusalem une Église du £VE(prit, au lieu’ même où il écoic defcendu for les Apôtres, que je crois la plus. ancienne Église de la Chrétieneté sous ce nom »
S. Cyrille fait mention des Livres de S. Irenée contre les hérefics, et le témoignage qu’il rend à cet ouvrage.
« « n Marcion est le premier qui a dit qu’il y avoir trois Dieux. PIufieurs de Anciens ont attribué â Marcion d’avoir admis trois principes » un bon, qui étoit le Père de Jefutf-Christ, un méchant, qui étoit le diable 6c un troifiéme entre l’un 6c l’autre, qui étoit le Créateur du monde. Peut-être que ce fut quelqu’un de ses Difci- f »le, qui chercha ce tempérament 5 ear Marcion disait d’abord que e Créateur est méchant par sa nature, et auteur du mal.
Montan si disait U S. Efvrit. 11 y a des paflages dans Tertullien et dans S. Baille, qui femblent dire la même chose, que non seulement le S, Efprir avoit infpiré Montan, 6c qu’il avoit parlé par sa bouche, mais que Montan croyoit être le S. Esprit. i Etre rtfervè a parler des choses libres devant les femmes.
Lts Montanistes égorgeaient des enfant. Philasterius les aceufe de célébrer les mystères des Cyniques. S. Augustin dit aussi dés Monta- Tom. 4. Vu nistes, qu’ils faifoient leur Eucharistie avec le sang d’un enfant, le- bl. p.p. d quel ils faifoient couler de tout le corps avec de petites piquûres, 6chàrtfmêlant ce sang avec de la farine, ils en faifoient du pain Si cet v htu{% enfant rhouroit, ils le renoient pour un Martyr; et s’il vivoit il paf- soit parmi eux pour un grand Sacrificateur. Theodoret doute de ce fait, et prétend que c’est une calomnie, ou qu’au moins, les Mon- Hlr# tanistes le defavoiioient, et n’en, dejneproient pas d’accord j jcepen faM. I y « lant S. Cyrille, Philasterius, S. Augustin, 6c S. Epiphane le rap- r, %% portent des Gnostiques; peut-être a-t’on attribué aux Montanistes les abominations des Gnostiques. »
Que les Paient nous en sont encore des reproches. On voit ces reproches que les Païens faifoient aux Chrétiens en leur imputant ce qui nefefaifoit que parmi ces hérétiques, et tpus. les anciens Apo-logistes de la Religion chrétienne, comme Athenagoare Tcrtullien Eufebe, ont justifié les fidèles de leur temps de ce reproche. Nous fafons pour des fcelerats, dit Tertullien 1. qui se sont, un Sacrement Jfobfr defe nourrir de la chair d’un enfant. Voyez S. Justin, Athenagore, Minucius Felht.jf #, aurjtès.rCe Motstajn dont parle S. Cyrille, étoit de-I vers la Phrygje, il feignit, ayojuFt de nouvenes infpi rations -, Prifcille Maximille éroient leux femlneis de Pepuze, Bourg de la Phrygie, qui quittèrent leurs maris,, se joignirent à Montan, 6c se mirenr à prophétifer.
Ces deux femmes devinrent avec Montan, les chefs des Montanistes j Ils étoient appelés Cataphryges, ou Pepuziens, du lieu où cette hérefie avoit commencé, 6c où elle étoit Je plus en vigueur, c ’étoit dans la Phrygie. Cette hérefie pénétra jusqu’en Afrique, où elle eut pour défenieur Tertullien. Les Montanistes furent 4Î4 Les Cétechèfes âefdint XyrHtè depuis divifez en deux branches, donc les uns étoicnt appelés Bifciples de Piocle; les antres, Disciples d’Efchines.
Dans le temps des Perfecutions. S. Cyrille entend la Pcrfecution; deDiocletien, qui étoit encore récente.
Combien la Simonie est horrible.
Rapport entre l’eau Se la Grâce 19 Les Afférentes opérations du S. EJprit, 3C fcs différent dont.
On donne U nom d’Estrh.anx Anges, vent, à nôtre amc; aux démons. Comment ce nom donné i tant de choses créées,; peut- il être le nom de la troifiéme Personne divine.
Cefi le S. Esprit qui fandeifie.
Les démens sont de purs Effrits qui nont: point de corps, ce tqui est bien clair pour établir leur fpiritualité. Cnm damoncs corfm non habeant, fpiritus vocantur.
La futtur des démons contre les hommes. Comment ils tourmentent les poflèdez.
La dêuceur de la Grâce, et comme elle agit en nos amen avec quelle iûavité elle ménage notre volonté, et fait que nous voulions le bien- Elle guérit Famé, « lie l’éclairé, la fortifie. La Grâce comparée à la lumière.qui nous prévient 9ëc qui nous aide i agir « comme la lumierequi nous prévient etc nous aide, quand nousagiflons. » »
Le S. Esprit le maître etc le doAeur des hommes.
« « 6 On ne peut tien cacher aux Saints, ils fervent ce qui le vm dans le » « énebresi ainsi ils fçavent au Ciel ce qui se fait lut là ten »,.âr fçaveat quand on les invoque,, qu’on les prie, comme le Anges du Ciel se rtjoiiiflêht de la conversion des pécheurs, qui 4e ifair sur b terre, parce qu’elle leur est connue. Exemple d’Ehlce qui connut que Giëzy Ton (erviteur avoir pris de l’argent de Naaman, quoiqu’il en fut fort éloigné, comme les Prophètes connoifloient le » enofes i venir. • ’ ’ Àr 7 Cefi U et Efprh fui mfprre les bonnes fenfles, et les bons « Teins, comme de le confacrer i ’Dieu par la virginité,.et par lacfiasteté. Exemple de saintes fille »., qui le jour de leur noces ont qu£ té leurs maris pour conferver à Jésus-Christ leur vfrgimté, ou ae jeunes gens qui ont renoncé à leurs biens pour Jésus-Christ.
il La vertu des Exorcifines contre les démons. Le seul fouffie dun p. 74. Exorciste, leur est comme un feu. S. Cyprien dit la même choie; Le diable est encore aujourd’huy, comme fouetté et brûlé et tourmeaté pat l.voix des Exorcistes, et par lapuiflànce divine. Per Bx ci fias voce humana et pote fiait divina, fiapâatur et mitnr et ffity « W’Ktur dUbolus. Et ailleurs: Quand, dit-il, nous conjurons les démons par le Dieu virant, auffitôt ils obéîflent, le reconnoiflânt pour leur »
VéUM, maître. Jls sont contraints de fortir des corps des poffedez i Vous les voyez à nôtre voix et par. l’opération d’une puiflànce fecreite, « nwigner qu’on les gene, qu’on les brûle, de qu’on les étend enqaei- 4à pru/alem. XV I. Catcch. 4 que façon sur le chevalet. Ils sont forcez de répondre à ce qu’on leur demande en présence même de ceux qui les adorent dans les Idoles -,.et s’ils. ne fortent auffitot, ils se retirent au moins peu à peu, selon là grandeur de la foi du poflcdc, ou de la grâce de fexorciste qui travaille i le délivrer. 25 5. Esprit, le Paraclet, ou Confolateur, et comment?. »
L’ittnduë de t Eglife répandue pour lors dans toutes les partiesdû monde.
« « 31 L Hiérarchie de FEglife, compoféc d’Evêques, de Prêtres, de Diacres, l’état monastique » et celui des Vierges, et l’état des Laïques 33 CtfKpnr notre fdutt, stnou » ne fàifons pas le bien, le S. E£ prit est, toujours difpoie I nous éclairer, Scanousappelier; ou l’on mérite d’4A être abandonne par fit perfidie, et (on infidélité. « Si omfpidm non refpicient, /£/ »; gratta non potitur y non Spintum fdnStum, stdfudm ipfius arguât perfidiam 34 Lfc S. Esprit est le fanâtficateut des -Anges..
3 2 Fist 4 etwj/ du Si. Esprit cr qnïl avoh rept du Pert. PreiK vc que lé S. Eiprit procède du Fils aussi bien qe da Père Psterr dédit Filio i Filins dutem tmdidii Spiritui fansto..
« « 37-O » donnoit le S;: Esprit dans l’ancienne Loy- par rimpofition des mains, ce qui figuroit le, S. Esprit, qui est donné après le Bap têéne, dans la Confirmation, par nmpphtion des mains. Temporê Mofif p§r matins mpofmontmduUtHr Sp’mtus: in te qmmnt baptipêtum fvrvwtnrd est gratis Ula. Ce qui est aautant plus remarquaHe que o. Cyrille dans la Catéchèse mystagogique, qiy est du S. Chifcme,, tu pas. exclu rirapofiskm des mains » quoSq4i n’en parie pas en cet endroit mais ky il. montre que céxoit l’ulàg d’impoier kl raajurv far les baptisés, pour leur donner le S Eforit.
3 là S. Esprit prouvé par une infinité de pafljges de l’ancien Trstaraent, des Pfeaiiracs des Prophétie, A:.des amies iivies 1 Là douceur de la Grâce...
« 40 Uhïstoirt de Sufanne reconnue par S. Cyrille, qui Ialilbit dans le Liyre de Daniel, Juatefùis Jidtus Africain » ayant appris qu’Origene avoir cité dans une Conférence la Pjcopbétie de Daniel ’•• sur l’innocence de Sufannrie, liiy écrivit qu’il s’éeonnoit qu’un aussi • grand homme n’eût pas reconnu que cette partie de Daniel étofc fuppoféé, etc que toute cette hjstoire nétoir qu’une fable; mais Or i gène luy répondit très -dostement, èc justifia cette hîstoire comme fcifant partie de la Prophétie de Daniel. Cestce ffentiment que fiik lof S. Cyrille.
4LtPmtt et le Chtfdts Dmnu CcstainûueNàbûchodonQ’ 43 6 Les Cdtechefes de saint Cyrille ’ for appelle Daniel, parce que ce Prince l’avoit étably audeflusdé tous les Mages, des Devins, et des Sages de Babylone, comme leur étant infiniment fuperieur en fagefle.
Viffrit £mour. Spiritum dilettiùriif. C’est par le S. Esprit que le Père et le Fils sairaent, et qu’ils nous aiment.
Catéchèse XVII
Faite sur le champ, après la lesture de la pre-miere Epître aux Corinthiens: Le S. Esprit communique à un le don de parler avec fagejje, m autre reçoit le dçn de prêcher avec Jcience,
NOUS n’avons pu rapporter,, mes chers Auditeurs, dans le Difcours précèdent, qu’un petit nombre de paflages sur le S. Esprit, et même dans la crainte de pafler le temps preferit, nous avons reflerré nôtre difcours autant que nous avons pu; et comme on ne finirait jamais, si on vouloit parler du S. Esprit, autant que l’Ecriture en fourniroit de matière; Nous n’expoferons maintenant qu’une petite partie des choses qui nous restent à vous en direi car ayant en vue de ménager vôtre foiblefle, je me donnera de garde je vous accabler par une si grande multitude de pana ges, et yous ayoueray franchement que je n’em- bloiray icy aucun raifonnemcnt humain, et ne vous rapporteray que ce qui est dans les saintes Ecritures, ce qui est bien plus sur; car comme dit S. Paul: Ce n’est pas avec le langage étudié de la fagejfe ’• Ctri humaine, que nous vous parlons, mais avec la doélrine ’ de l’ Esprit, proportionnant les ebofes fptrituelles, aux hommes fpirituels. Semblable aux voyageurs, ou à ceux qui vont sur mer, qui ayant un voyage de long cours à faire, fouhaiteroient y arriver très
Îromptement; mais qui sont obligez à cause de a foibleflede leurs corps, de s’arrêter en diverfes Villes pour se rafraîchir, ou se repofer.
On peut bien divifer les difcoUrs qu’on dit du S. Esprit, mais pour luy il est indivifible, et c’est toujours du même dont nous parlerons, quand nous ferions plusieurs differens Traitez, comme nous avons fait en parlant du Père. Nous avons fait un discours sur l’unité de sa nature, un autre sur sa Toute-Puissance, un autre sur ce qu’il avoit créé toutes choses, et la diverfité de ces instruetions, regardoit le même objet de nôtre croyance: comme c’étoit nôtre seul et unique but.
Nous avons fait la même chose en parlant du Fils unique de Dieu; nous avons expliqué sa Divinité dans un discours, et son humanité dans un autre, divifant dans nos instruetions, ce que la foi nous enfeigne être inféparable, et fubfister en luy dans la même unité de personne.
Nous ferons donc de même en traitant du S. Esprit; et quoiqu’il soit unique et indivifible dans sa nature, et que ce soit un seul, et le même, EU Iiiiij 43 LesCàteèefei dé famtCyriUê- prit qui distribuë se dons à chacun selon qa’frlfc veut, nous en ferons différentes instroâaons/.
C’est le même qui est appelle Pataclet-, et le et Esprit, quoique « ces noms (oient thfferens, ç’ést par luy que tout. ce |ue Dieu a fait, vk et. fubfistc). c’est par luyque.Dicu parle, et qu’il opère, et qu’il fàhetifie les. hommes, etles Anges. Ne croyez pas qu! il y en ait phifieurs, à cause qu’on luy donne planeurs noms; II est seul et unique: c’est pour cela que l’Église catholique nous fait dire dans nôtre jxrofeflion de Foi: Je crois: auJ, Esprit Paracltt, fii a. parlé par lés Prophètes,. »
Je vous diray cependant quelque chose dés dif— ferens noms qu’on luy donne. Quelques-uns l’appellent l’Esprit de la fageffe, comme vous l’avez ouy lire tout présentement: Le S:- Esprit communique ii i..ç« r. nun [g son je par[er aTKçfagjp.. Le Sauveur l’appelle fan. 16..l’Esprit de vérité: Lors, dit-il, que cet Esprit iew rite sera, venu.- Il le nomme aussi le Pàraclét, ou »
Jostn..i4, e Confolatcur: Si je ne m’entais, le Confoldteurnt: viendra point vers vous. Ot il est évident qu’il parle toujours du même Esprit sous ces différera noms;; tantôt il fpccifië que le S. Esprit et le Pàraclét; foat.
4- là même chose 5 Le S. Esprit confolateur que moa-. Père envoyera, que le même est l’Esprit de vérité:: Le Père vom donnera un autre confoLteur, quitstl’Ef prit de vérité, qui demeurera en vous. Et ailleurs? je prieray mon Père, et il vous donnera un autre onfol teur pour demeurer avec- vous c’est l’Esprit de vérité. Il ’i est auffiappellé dans l’Ecriture l’Esprit de Dieu: J ’ V.l’Esprit de Dm idefcendre sur IhjS. jeaniK de Jérusalem. XV ItCmch: ’4
Paul parlant des Elus, dit, que ceux qui sont conduits par t Esprit de Dieu, sont les enfants de Dieu. Il est encore appelle l’Esprit du Père, c’est Jésus-Christ j qui dit à Ces Apôtres, ce n’est pas vous qui parlez, c’est l’Esprit de votre Père qui parle par vous; Et S. Paul dit: Je fléchis les genoux devant le Père, pour être fanetifié par son Esprit. S. Pierre l’appelle TEsprit du Seigneur: Vous convientil, dit-il, de tenter l’Esprit du Seigteur. S. Paul le nomme aussi l’Esprit de Dieu et de Jésus-Christ: Vous ri êtes pas, dit-il, dans La chair, mais dans l’Esprit; fil’ Esprit de Dieu, habite en vous. Ot si quelqu’un rfa pas l’Esprit de Jésus-Chrifi, il n’est pasàluy.U le inommé encore l’Esprit du fils de Dieu -, pour marquer que vous êtes tous les enfants de Dieu: Il a envoyé l’Esprit de fin Fils: L’Ecriture l’appelle l’Esprit de Jésus-Christ, lorfqn’il dit: L’Elprit de Jciùs-Christ leur a été manitesté; Je vous conjure pat vos prières, et par l’infufion de l’Esprit de/efus-Chnsti ït ailleurs il dit qu’il est l’Esprit fanetifiant, ou ÏEsprit de l’adoption des enfants.
L’Esprit que vous avez reçu, n’est pas un Esprit de fervitude, qui nous faite vivre dans larcrainte mais c’est l’Esprit des enfants adopte, de B’tm; Par. lequel nous crions nôtre Père, ou l’Esprit qui révèle les mystcres de Dieu: Que le Seigneur vous donne l’Esprit de révélation, dcfagjfe, ou l’Esprit de prometfe, çaice qu’il a été promis aux hommes } Ayant cm l’Evangile, vous avez été fcellez du sceau, qui est le S. Efyrit, lequel nous avoit été promis;• Ainsi de pluiicuis autres noms qu’on luy donne 44 Lés Catecbefes de saint Cyrille
Vous avez ouy dans le discours précèdent cju£ le Pfalmiste l’appelle tantôt le bon Esprit, ou Et prit fouverain; Qu’lfaïe le nomme l’Esprit de fagefle -, d’autres, l’Esprit de confeil, de prière de feience, de pieté, et de la crainte du Seigneur; Ce qui marque qu’on luy a toujours donné differens noms, quoiqu’il soit unique, et le même, qui vit fubfiste dans le Père, et dans le Fils -, non qu’il soit formé par la bouche J et par la parole du Père du Fils y semblable à la parole qui se forme dans l’air, et qui se diffipe auflitôt. Oest une personne fubfistante qui parle, qui opère, qui gouverne, et qui fandtifie les créatures; mais avec une union irifeparable du Père et du Fils, dans lefquels il existe, • Je fouhaite que vous n’oubliez rien de ces choses, que vous vous fouveniez toujours que c’est le même Esprit qui a parlé du temps de la Loy, et par les Prophètes de l’ancien Testament, et le mfc me qui à paru dans l’Evangile, et qui a parlé par les Apôtres.
C’est luy qui est descendu dans la Vierge Marie: Car quand le Fils de Dieu a voulu naître d’elle, la vertu du TrésHaut Ta couvert de son ombre, et le S. Esprit est venu en elle pour la fanetifien, afin qu’elle pût recevoir en elle celui par qui toutes choses ont été faites; et il n’estpa befoin de m’étendre pour vous faire croire que cette génération fût très pure, et exempte de tache, sans foùillûre, comme l’Ange Gabriel luy avoic annoncé. Je ne suis, dit-il à cette Vierge, que l’Envoyé, pour vous marquer ce qui se doit faire en vous, et non pour y avoir aucune part ma fonction
Éonetion n’est que-de vous annoncer une nouvelle qui doit vous remplir.de- joye; et voicy comment vous concevrez. Le S. Esprit furvifendra en vous, la vertu du Très-, Haut vous couvrira- de son ombre c est pour cela que le Saint qui naîtra de vous.; Luc. r.. sera appelle le Filsi de Dieu. /
Celt le même S. Esprit qui agit en Elifabeth •’ car après s’être communiqué à la Vierge „. il se fit aussi fentir- à- cette femme -, dont le mariagç étoit selon la Loy,.et elle en fut retnplie, et Prophétifa,, parlant ainsi comme une bonne fervante- de son Seigneur: D’où me vient ce bonheur, que la Mère • de mon Sauveur vienne chez moy, Elifabeth bénit Marie; Zacharie le Père de S. Jean, étant rempli de ce. même Esprit, prbphétifa aussi que le salut, et tous les biens nous feraient donnez par le Fils unique que Marie avoitdans ses entrailles, etf que Jean son propre Fik-prépateroitles hommes par le Baptême à le recevoir.
Ce fut le même Esprit qui avoit affiiré Simeon se juste, qu’il ne mourrait point qu’il n’eût v# k Seigneur; ce qu’il certifia dans- le Temple 3 où il le porta entre ses bras j -et S: Jean qui avoir été rempli du S. Esprit -dans lé ventre de sa Mère, anûonçan dans la suite celui qui luy avoit communiqué cet Esprit,, dit: Jtaur-moy je ne- baptife que dansvstau par là pénitence; mais celui qur doit ver air après: moy.,.vous baptiféra dans le S. Esprit, et dans le feu i marquant par ce feu les langues de feU sous, lefquelles le S. Esprit apparut,.quand il • difeendit sur les Apôtres j et cestdc ce feu donc:
Je Seigueur a -dit: Je fui? yejiu apporter un feu sur la terre, et ma volonté est qu’il brûle.
Le S. Esprit defcendk apfli, quand le Seigneur fut baptisé y pour marquer la grandeur et la dignité de ecluy qui étoit baptisé, comme S. Jean le dit: Celui qui m’a envoyé baptiser dans l’eau, rf dit: Celui sur qui vous verrez dceodre mon Et prit, et s’y repofer, ç’est celui-là qui baptife daro le S. Esprit, Remarquez cç que Ut l’Evangile, que pur lors les Çieux furent ouyests..Cetoit pour narquer la grandeur de celui qui en descendit: Voipy que les Cieux furent ouverts, et je vis TEsprit de Dieu descendre comme une colombe, et vpnirfur luy marquant qu’il descendoit par sa pro pre puissance: car comrpe quelques-uns l’on interprète, il falloit que l’humanité de JésusXhrist reçut ljes prémices du S. Esprit 4 dans le Baptême, puisqu’il içyo’lt ensuite comnWMiqifej: fit grâce aux: autres.
Il defcendk sous la figure dune Colombe, muquant par là ceux qui sont purs, et dans l’innocen ce des petits enfants s, qui regLaîttoient du S, Esprit y recevraient la réiïiiffipfi de kurs peetaz, par les prières de l’Église y et par le fSejçrçment: de Bp ême Cette Colombe fembie avoir été marquée en çnigme au Livre des Canflques. où IXlprit àif fos ytstpc sont cornue cçif À’mt: Çohknbc, quififi les eaqx. Ou selon que dultefi: impliquent v relï fut encore figuré parla Colombe de’Noé’, car elle annonça le salut à ceux qui par le moyen dm bois dp ïAfçhc:9_ avpie/iç été faUvei! des eaax dtf dtfàrufrfm XVII. Catech. 443.
déluge: ellb déiïgnoit nôtre régénération, qui se: fait par l’eau; et la Colombe retournant à l’Arche y ayant à fort bec un branche d’olivier, marque le S- Esprit r qui est defcendu sur le véritable Nôé ïauteur de nôtre nouvelle génération 5 et qui a téiiay tous les peuples différera en une même Églife 6, comme Noé avoit retiré dans l’Arche les animaux de toutes sortes d’efpeces aussi dans l’Église 1 on’ voit des gens plus oppofez entr eux d’humeur, Se d’ufages, que ne le Sont les loups et les brebis, vivre enfembie dans le même Esprit. Les Prince même temporels 8 3 qui ont des interrests si contraires, être fournis, régis, et gouvernez par les? Ministres de l’Église. Àinfi au Baptême de JèfusV hrist on vit le S. Esprit, commune Colostibé % pour apprendre que celui qui étoit baptisé, étoit celui qui fauveroit par le bois de sa Croix y ceutf qui croiroient en luy y et qui sur, te fôif de Voit de- venitleur Sauveur par sa mort;
On pourroit aussi donner à cela d’autres ititeiv prétations, que j’omets, pour vous faire remarquer de quelle manière Jefiis-Chtist parléJuS. Esprit i Quiconque y dit-il, M net pas di l’eau y et du Si Efî
Cit, ne peut entrer dans le Royaume des Cieux. Et? vôùr nt marquer que ce don vient du Père s il Ait: Gombîett plus le Père céleste donneht’il son Esprit! à1 ceux qui croyent en luy? et voulante Wàrquèrcju? iP fout adorer Dieu en esprit, il dit: L’heure viendra,’ elle est déjà venue, que les vrais adorateurs adoKront mon Père en esprit et en vérité: car ce fontes adorateurs que mon Pete défîre. Dieu est Ek
K K K ij 444 Les’Catccbefcs de saint Cyrille prit:, et ceux qui l’adorent, doivcntvTadorer en et prit -, et en vérité. Et dans un autre endroit, il dit: Si je chafle les démons c’est pat TEsprit de Dieu, c’est
Math. h. pourquoy je vous déclare que tout péché, et tout blafphême sera pardonné aux hommes., mais que le blafphême contre le S. Esprit ne leur sera point pardonné 9. Et si quelqu’un profère quelque parole contre le Fils de l’Homme, elle luy sera pardonnée;
Math.ii. niais si quelqu’un en profère contre le S. Esprit, il n’y aura pas de pardon pour luy, ni en ce fiecle, ûi en l’autre. Et dans un autre endroit: Je prieray mon Père, et il vous donnera un autre Confolateur pour demeurer avec vous, c’est TEsprit de vérité que le monde ne peut recevoir; parce qu’il ne le 3§mu 13. voit ps, tii ndtte connoît points mais pour vous autres, vous le: onnoîtrez, parce qu’il demeurera avec vous, et qu’il sera dans vous-même. Je vous ay àxt ceà çhôfes, pendant que je demeurois avec jfa. i€. vous-, mais le S. Esprit confolatcur que mon Père enyoyera en mon nom, vous enfeignera toutes choses, et il vous sera fouvenir de tout ce que je vous ay dit... Quand le Confolateut que je vous envoyeray de la part de mon Père, TEsprit de vérité, qui procède de mon père, sera venu, il rendra témoignage de moy... Si je ne m’en vais poistt, le Confolateur ne viendra point vers vous: lors qu il sera venu, il convaincra le monde, de péché, de justice et de condamnation. J’ay encore beaucoup de choses à vous dire, mais vous n’êtes pas main tenant capables de les porter. Lorfquc cet Esprit de « yerjxé sera venu, il vous apprendra toute vçriws. »
car il ne parlera pas de luy-même, mais il dira tout ce qu’il aura entendu, et il vous annoncera les cho- ses a venir, il me glorifiera, parce qu’il recevra de ce qui est à moy, et il vous l’annoncera.
« Je ne vous rapporte que les paroles du Fils de Dieu, ne voulant pas même que vous prêtiez Toreille à la parole de l’homme, dans un sujet de cette importance. C’est luy qui communiquera l’abondance du S. Esprit à fesApôtres, ainsi qu’il est écrit, qu’il tourna sur eux, leur disant: -Rectvex le S. Ef-1’- • prit, les ytchex seront remis ceux à qui vous les remettre-, et ils seront retenus à ceux à qui vous les retiendrez 10. H fouffla une féconde fois, parce que le premier fouffle de Dieu avoit été ôbfcurcy par le péché que l’homme avoit voulu commettre, et en cela s’est accomply ce qui est écrit: il montera pour vous fouffler au visage, et pourrons délivrer de vôtre tribulation. Et d’où pensez-vous qu’il doit venir, est-ce des enfers? puisque l’Evangile rapporte que ce fut après sa Résurrecetion qu’il fouffla sur ses Disciples, mais le premier fouffle de Dieu fui la terre, communiqua sa grâce, et celui de Jefûs Christ en donna une plus abondante, puisqu’il dit à ses Disciples: Je suis prêt de vous la donner, mais vous n’êtes pas encore capables de la recevoir i cependant recevez-la selon vôtre portée, dans la suite je vous en donneray une plus abondante.
Reltez dans la Ville de Jérusalem, jusqu’à ce que vous soyez revêtus de la vertu d’enhaut, recevezen maintenant ui# partie, elle vous sera communiquée poux lors avec plus d’abondance; c’est pool 44 LesCateéefeiie fiant Çytiïïe cela qu’il dit, recelez comme s’il, n’en donnais çpi’une portion an. lieu que difanc aux Apôtres qu’ils en feroient revêtus au jour de la Pentecôte il marquoit qu’ils en auroient une plus abondante » Ne craignez donc point, leur dit- il, les armes, ni les traits du démon, ayant en vous la vertu d S Esprit.
« « Mais en attendant ces chofès, lôuvenez-vous toui jours que ce n’est pas le S. Esprit qui se divife ainsi, ce ne sont que ses dons. Jésus-Christ est monte au Ciel, et ce qu’il a promis, a été accompli, ayant dit: Je prieray mon Père, et il vous donnera un autre Confolateur, ilsresterent aflis, attendant la venue du S. Esprit, et le jour de la Pentecôte, dans cette Ville de Jérusalem, ce qui fait nôtre gloi »e. de pouvoir parler, non des faveurs faites aux autres Nations, mais de ce qui s’est pafle parmi vousw Le jour, dis-je, de la Pentecôte, il descendit du Ciel, pour protéger, et fandifier PEglife », pour conduire les âmes, et rafluret ceux qui étaient ébranlez de l’abfence de JefuÇhrist, et afin d’être la récompeme de ceux qui combattroient pour Jésust-Christ, et la couronne 4e ceux qui feroienfc victorieux.
Il descendit pour revêtir de sa vertu, et pour baptifex les Apôtres, selon ce que Jésus leur avoic prédit; Vous lerez donc baptisés dans le S; Esprit ’. Ils reçurent pour lors’, non une portion de la grâce, mais la plénitude; car celui qui est jette et plongé dans l’eau1?, est de toute paît environné d’eau, s’çtt de cette manière qu’ils ont été baptisés dans;
de ferufalem. XVII. Catcch. 44 j 1 ïe S. Eïprit, mais avec cette différence que Peau ne touché que la fuperficie extérieure du corps-, au lieu que le S. Esprit lave d’une manière incompréiienfible le dedans de Pâme. Je vais vous le marquer par un exemple fenfible, quoique tire de choses ffezbaflcs, mais qui fervira a me faire entendre aux: amçs (impies. Comme le feu pénètre Pépaiflfeurdu ier y jusqu’à le faire paroître comme du feu jusqu a Tendre brûlant ce qui étoit froid, et luifant ce qui oit noir auparavant y si donc le feu qui est un corps s’introduit ainsi dans les parties du fer qui « st un autre corps y jusqu a profite les mêmes effets que le feu 9 serez- vous mrpris si ie S- Esprit entre et pénètre jusqu au fond de Tame afin que 1 on « eût epanoiffance des grands biens que Celai qui defcendoit, apportoit aux hommes? » »
Le Ciel en feu comme la. trompette par un coup de tonnere, tout d’un coup on entendit venir du Ciel un grand bruit, comme d’un vent impétueux, pour marquer la présence de celuy qui donne aux Sommes la vertu de ravir par violence le Royaume des Ckux. Les yeux le virent sous des langues dé feu y et les oreilles entendirent, le foa et le bruit du vent, et il remplit ainsi la maison ou ils étoien affis. Cette maison fut comme le réfervoir ou fut « çuë cette eau fpirituelle Les Disciples étoienc affis.au: dedans, et toute la maison fut remplie. Ib forent donc eititiercrtïerrt lavez, et baptisés selon que Jésus-Christ leur avoir promis y ils furent reêtus dans lame, et dans le corps J de ce divin vêtement j il parut eoiime des langues de feu,_fép 448. £rt Cdtecbefès de saint Cyrille rées lés unes des autres, qui s’arrêtèrent sur chacun d’eux, et ils furent, tous remplis du S.
Esprit;. Ils reçurent; un feu. non semblable à celui qui brulç, mais un feu falutaire, qui brûle les épines des péchez M., et. qui les efface, et qui éclaire lame. C’est ce même feu qui doit -descendre sur vous, C ôter et confumer le reste des épines dç vos pe chez.-, éclairer vôtre ame par sa. préfenec -,..et, vous accorder la. même faveur que reçurent les Apôtres; Il parut sur eux en forme de langues de feu,, comme des nouvelles couronnes- fpirituelles qu’il mettoit sur leurs têtes., par ces langues de feu. Au- » trefois Dieu se fervit d’un glaive de feu pour garder l’entrée du Paradis -, et. cette langue de feu communiqua une grâce falutaire. Ik commencèrent 2 parler diverfes langues, selon que le S: Esprit leur donnoit la grâce de parler.
Pierre et André, qui ne fçavoient que la langue de la Galilée, leur païs,{)aiv lêrent.la langue des Perfes et des Médes. Jean et les autfes Apôtres, parloient.la langue de chaque pais 3 car ce n’est. pas ri’aujourd’huy jue l’on voit dan? cçtte Ville des gens de toutes Nations!5, cela se faisait déjà en.ee temps. Qui a jamais ouy parler d’un Xçmblable Doeteur, qui ait appris, tout f un coup ce qu’on ignoroit i II faut tant d’années pouf étudier la Grammaire,.et, tant, d’art pour fçavoi bien parler grec, et cependant tous ceux qui étudient, ne le parlent pas de même -, le Rheteu të parlera bien, et le Grammairien ne le parlera pas si; bien. Celui qui fçait la Grammaire, fouventnfr it pas la Phifofophie au lieu que le S. Esprit eafcignç - drferufalem.
X VI L CatecHS 44 enfèigne toutes les langues que l’on ignoroit auparavant. Voilà ce qu’on doitâppeller un grand don « le fcicnce, de lumière, et de puissancf. Quel changement! paffcr tout d’un coup de l’ignorance/ à la connoinance de tant de langues si différentes! Ceux qui les entendoient étant- tous hors d’eux mêmes;, pleins de confufion,.mais bien différente, de celle qui arriva à ceux qui bâtiffoient la Tour de Babylbne, où ils ne purent ni s’entendre, ni Raccorder ensemble, parce qu’ils avoient entrepris de. s’élever contre Dieuj au lieu qu’icy ils étoient tous d’accord, et. d’un même fentiment; parce que leur defc fein étoit de fuivre les ordres de Dieu: et comme la confufion de Babel les éloigna de Dieiu, celte’ de Jérusalem ramenai Dieuxeux qui « 1 furent les témoins, difantavec admiration: Comment pou-vons-nous les entendre parler en nôtre langue?
Il; ny a à s’étonner que pour ceux qui ne fçavent pas comme Nicodeme, ce que peut- la présence du S. Esprit; aussi JésusXhrist luy dit: L’Esprit foufflè où il veut, et vous entendez: bien sa voix, mais vous ne fçavez pas- d’où il vient, ni ou il va: comment donc pourrons-nous. connokre fafïibtëànce’, si en tendant.favoix-, nous ne fçavons d’où il vient î Quelques-uns se mocquant-des Apôtres-, difoienr 3 u’ils étoient yvres, et pleins de vin nouveau! Ils ifoientn vray, quoiqu’ils penfaffent se mocquerla grâce du nouveau Testament- est vraiment un vin nouveau et, qui fert d’une vigne fpirituelle, qui avoir déjà commencé à porter des raifins dans les Erophétes, mais qui a refleury dans le nouveau s 45 £ Catecbefes âefaihi Cyrille » »
TeltamtûJt.. Comme donc la même vigne fenlîbïc giçilotiÛLésts de pouffer tous les ans de nouveaux fruits, aussi le. S- Esprit demeurant toujours le mêiie en sa nature, quoiqu’il eût autrefois parle pat Jes Prophètes, produit encore au jourd’huy de nouveaux prodiges. Si grâce s’est étendue jusqua nos Pères, mais elle bit bien plus abondante depuis se fus-Christ. Ceux-là étoient seulement participant dé ses dons, au lieu que les Apôtres ont été lavez, comme plongez dans luy; aussi S. Pierre en étant xçttîpli, ôc cachant ce qu’il pofledoit, dit: Peuple Juif, qiii connoiflez le Propriété Joël, nèlçavezvous pas ce qu’il a écrit? Ces nommes que vous voyez lie fojit pas y vres, comme vous le croyez, maisbica émme il est écrit; Ils seront enyvrcz de l’abondance k vôtre maifonret vous leur serez boire dil torrent 4e vos plaifîrs.
Ils sont yvres dune yvreffe fobre, qui fait mourir le péché 3 et qui donne la vie à Pane, duneyvreffebien oppoféqà celle ducorps; ceile-cy fait oublier ce qu’on fçavoit, et celle-là donne l’intelligence des che ses qu’on ignoroit/ Ils sont yvres, c est du vin de la vigne fpirituelle de celui qui a dit: Je suis la vigne, et vous êtes les branches. Si vous ne croyez pas cetjue je vous dis, apprenez-le par Phcure qu’il est, il est la troifiéme heure du jour, c’est à cette heure, dit S. Marc, que Jésus-Christ fut crucifié1?, et ce fut à cette heure qu’il donna sa grâce, non que la grâce de celui qui a été crucifié soit différente de celle qu’à avoit promife, comme Pavoit marqué le Prophète Joël, lorsqu’il dk: Il’yiencka un temps, dit le Seir dcjerufhtm.’ XV IL Gatecïï.- 4.
gncur, pïe je répandrïiy imon Esprit fortouet dir Cette effusion marque tabbruiance décidons duS%î Esprit: car Dieu ne donne plus sa gçace par me-/ fure. Comme! le Père aime le Fils, etc qu’il luy a mis toutes choies entre les mains, il iuy a donne le pouvoir de conférer x qiii il.voudroit, la gtfaeâ; du S. Esprit: Je répandray, ditil, mon Esprit sur toute chair r vos fils et vos filles prophétiferont; ce qui marque quele, S. Esprit ne fait point choir v de pardonne il nte point égacd; à la nobleffe, n à la dignité, mais à la bonne difpoikionodeame iLetcfouffre pas que les riches s élèvent par orgueil y m que les pauvres se découragent par foiblefle;/ mais il deiriandevqucf daacun ie xlifpçfe à ffeCeVoûT k grâce..--.. ’::/’ -’] •- - •;,:-.:: -T--.::
Je vousajr dit beaucoup de choies aujourd’hui -; c ne fçsrçr.ii vous n’êtes, point fatiguez j’en aypourtant ©mis: beaucoup’, a ilfetoit Deetuv Jfai-M re mon leulement.deur, àiàis pius de trôiinstïû diohs sur le S. Efpnk. Excufèz-moy y je V4s prié } Tune et l’autre: car comme la Fête: de PâqtJ c « ap proche, et que k: Serinent que jay £ûtomàmvfL aidéja écc fort Jôhgje ne fWïty xcfpporter ’tout atitàim de paflfages au nouveau ’ Testament que; jenC l’étois propoféitels que ceux qui lônfc dans les’ Ââres des Apôtres j ou il est; et fetutféùp pfeurlc desA Merveilles quelle S. Esprit opérai par S; Pierre; et• par les autres Apôçres 3 ou dans les £pîtres Câtholi« jues, ou dans les « quatorze de S. Paul1? y dont on peut recueillir bien des endroits,-ccvmm »e des fleurs; 4’un grand gardent: car ce sttt par- la vertu et’! et. » »
Esprit, etpar la volonté du Père et Mu Fils, que S. Pierre Relevant avec les douze Apôtres, et élevant sa voix, selon qu’il est dit en Isaïe: Elevez vôtre voix avec force, vous qui annoncez de bonnes nouvelles à Sion; prit dans le filet de la parole « ois mille petfonnes, les autres Apôtres firent de femblables prodiges, de manière qu’ils convertirent 1a plus grande partie de ceux qui avoiertt crucifie Jfus-Cnrist, etc les ayant baptisé au nom de Jésus Christ,, les firent perfeverer dans la Doûrine des Apôtres,’ et dans la Prière. »
Ce fut par la vertu du S. Esprit, que Pierre et entrant au Temple vers la neuvième heure ppur y prier, y guérirent a la porte un boiteux de naiffance, que l’on y port oit depuis quarante ans,. c firent admirer enluy, ce quiavoît été prédit par le Prophète: Pour lors le boiteux fautera comme un Cerf, etle filet de la prédication des Apôtres se -trouva pour lors garni de plus de cinq mille ames, qui commencèrent à croire en Jésus-Christ. Les Magistrats et les Princes des peuples les voulurent reprendre, de ce qu’étant sans lettre et sans étude? ils féduifoient les peuples; mais S. Pierre rempli du S, Esprit, leur parla avec tant de force, v™ for r/ent obligez de teconnoître la vertu de celui qui les faifbit agir et tous ces premiers fidèles devinrent si fort attachez aux Apôtres, qu’il fembloit 3uJils n’étoient tous qu’un cœur, et qu’une ame; s poflfedoient tout en commun, ceux qui avoient les fonds de terre les vendirent, et en apportpient te pOT, pourfubvpnit aux befoins des particuliers, « ïe manière qu’il n’y avoit aucun pauvre parmi eux l.
Ananie et Saphire ayant ofé mentir au S. Esprit, furent punis sur le champ, et les Apôtres faifoient tant de miracles, et de prodiges parmi le peuple, qu’on commençoit à les craindre, quoiqu’ils fuflcnt des hommes du monde les plus doux, et qu’on n’ofbit plus se joindre à eux, -et le nombre de ceux qui croyoient au Seigneur, tant hommes que femmes, augmentait de plus en plus -, de sorte que l’on apportoit des malades dans les rues, et on les mettoit sur l’st lits, afin que S. Pierre venant à paner, son ombre du moins -couvrît quelqu’un d’eux, et qu’ils Ment guéris. Il accouroit même dans cette Ville de Jerufilem, beaucoup de gens des Villes voifines, qui apportoient leurs malades, et leurs pofledez, et ils Itoient tous guéris. Alors le GrandPrêtre, et ceux de Jbn party se faifirent des Apôtres, et les mirent dans la Prifon publique) mais l’Ange du Seigneur ayant ouvert ia nuit les portes delà Prifon, les en fit fortir, puis étant allez prêcher au Temple, ils y furent furpris et préfentez au Confeil.
Ils reprochèrent aux Magistrats avec intrépidité, leur foreur, et leurs blafphêmcscontre Jésus Christ, prêchant que Dieu donnoitfonS. Esprit à ceux qui croyoient enluy, et ayant été fouettez par l’ordre de ces Juges, ils se retirèrent avec joye, étant trouvez dignes de fouffrir pour l’amour de Jésus-Christ, et ne ceffoient d’enfeigner tous les jours, -dans le Temple et dans les maifons. »
« Et cette force et ce courage n’étok pas seulement propre aux Apôtres, elle fot aulfi communir r • n Llliij 4J4 ’ l5 Càtochefes.ie faini Cyiiïïe quée aux fcpt Diacres y jui furent comme les fife aînez de l’Église dans fou berceau. Ils reprochoient aussi aux Juifs leur crime comme le dit TEcri turc étant remplis de fagçflfe, et du S. Esprit, et le premier d’entr’eux. Éstienne, qui fut aussi le chef des Martyrs ZI, homme plein de £oy et du S. Esprit r faisait des miracles et des prodiges parmi le peuple, étant aceufé fauffçment et conduit devant le Tribunal des Magistrats, il parut ayant le.visage éclatant comme si c’eût été un Ange,.ce que remarquèrent ceux-même qui étoient afï » dans le Confeil; de manière que leur reprochant la dureté de leurs cœurs } de rélîstex au S. Esprit, ils le lapidèrent. Dans ce fupplice il vit noa par sa. propre vertu mais par la vertu divine, les CieuxrottYérts le Fils de rHoinme à la droite de Dieu; car, com me dit l’Ecriture, étant plein 4u S. Esprit, regardant au Ciel, il vit la gloire; de Dieu,, et |ffus ï h. droite de Dieu.,
Ce fut aussi par la vertu du S, Esprit, que Philippe chaflfa à Samarie les démons des poffedez qu’il guérit des Paralitiques, Se des boiteux attira plusieurs perfonnesa la ionnoiflànce de JésusChrijst; et que S. Pierre et S. Jean y étant allez, il leur donnèrent le S. Efprk, par la prière,,. et par Timpoiition des mains, et il n’y eut de cette..« roi- » titude de fidèles que Simon oui mérita, detrer chaflfé.
Ce fut le même Philippe, qui reçut ordre du Seigneur de se joindre sur le chemin à un homme preux,, qui étoit Eunuqup de la JBLeine d’Ethiopie,11 ieferufalem. XVII.Catèch.’ 455 qui îinstruifit, le baptifa, et l’envoya prêcher jefus-Christ dans l’Ethiopie, selon qu’il étoit écrit: f/- 67; l’Ethiopie se hâtera d’élever ses mains vers Dieu i s puis l’Esprit du Seigneur ravit Philippe, et il annonçait l’Evangile par tout où il pafloit.
S. Paul fut auûî rempli du même Esprit, lors qu’il fut appelle par le Seigneur, comme luy dit Ananie de la part du Seigneur: Mon Frère, le Seitieur Jésus qui vous est apparu dans le chemin, m’a envoyé vers vous, afin que vous recouvriez la vue, que vous foyiez remply du S. Esprit, ce qui se fit sur le champ, luy rendant la vue; et imprimant A8. % dans son ame le sceau du S. Esprit, il en fit un vafe choifi pour porter par toute la terre le nom du Seigneur, qui luy étoit apparu, et qui d’un perfécuteur., en avoir fait un prédicateur, et un excellent ouvrier, qui porta la lumière de l’Evangile, de Jerufaiem jusqu’à l’Ilîyrie, qui convertit aussi Rome, la demeure des Empereurs, et pafTa jusqu’en Efpagnc 4 avec une promptitude inconcevable, fupportant mille travaux, et mille incômmoditez au milieu de sa courfe, et faisant par tout des miracles, et des prodiges, que je n’ay pas le temps de vous expofer.
Ce fut aussi par la vertu du.. S. Esprit, que S. Pierre le Chef des Apôtres, celui qui a les clefs du Royaume des Cieux 5, guérit au nom de Jésus -Christ à Lidda, qu’on nomme maintenant Diofpole ’, un Paralirique, nomme Evée -, qu’à Joppé il teffufcita une femme nommée Thabite, et où étant en extafedans une maison, il vit le Ciel ouvert, d’où descendoit comme une 456 et Càtechefcs lie fint Cyriïïi grande nappe, qui étant liée par les quatre coins; s’abaiflbit en terre, et/il y avoir dedans de toute sortes d’animaux., et il entendit uhc voix qui luy dit: Levjez-vous, tuez ces animaux eten mangez n’appelés point impur, ce que Dieu a.purifiés. Ne regarde; perfonnç comme impure, de tel pais ou nation qu’il soit;, quand il ferait Grec, gu d’un autre païs; et dans le temps que Corneille le fai, fpit chercher, l’Esprit luy dit: Voicy des hommes 1 qui vous cherchent., levez- vous, delcendez, et aU lêz.avcc eux sans crainte, parce que ceflmoy qui les ay envoyé.
Ce qui marquoit que Dieu vouloir aussique. les Gentils qui croiraient en JésusXhrist,, rcçuflent le. S » Esprit: car S.. Pierre étant venu à Cefarée y et. y prêchant Jésus-Ghrist, l’Ecriture dit en parlant de Corneille, et de ceux qui étoient avec Att. iy luy: Le S. Esprit defcenditfur tous ceux ejui cnttndoient U parole de Pierre. Et les: fidèles circoncis «, qui étoient venus avec Pierre, furent fort étonnez, qe Ugt ce du v. S.. Esprit se. répandait aussi sur les Gentils..
Et on vit à Antioche-, la plus célèbre; Ville de Syrie, que Barnabe, homme plein de-foi, et du S, Esprit, y étant envoyé d’icy, pour fortifier ceux oui croyoient en Jésus-Christ, y conquit une grande quantité de- perfbnnes, et y fit venir S; Paul de Tarie à Antioche pour luy aider dans son ministere,. Et comme il y avoit dans l’Église de cette Ville un grand nombre de fidèles, on commença pouf lors à donner le nom de Chrétien aux Disciples de Jjfus-Ghrist, ainsi que le Seigneur avoit prédit, que; lç S..Esprit impoferoit un nom nouveau à ceux qui:
Jejérufalem XV IL CatecL 457 qui eroiroient en luy, et: la grâce du S. Esprit étoit pour lors si abondante à Antioche, qu’on y voyoit des Dôdteurs et des Prophètes, et entr’au très Agabus.. Or pendant que les Apôtres offroient le Sacrifice au Sei- AU. itinwr et qu’ils jtmoient le S, Esprit dit: Séparemoy Saul et Barnabe, pour s’occupera l’œuvre à laque!- It je les ay appelle et leur ayant impofe les mains,. ils; les envoyèrent par le S Esprit.
On ne peut douter que l’Esprit qui parle, et qui envoyé, ne soit un Esprit vivant, adtif, fubfistant,. comme on Pavqit déjà dit; c’est le même Esprit. fubfistant dans l’unité du Père, et du Fils, qui aJ formé le nouveau Testament dansl’Église Cathoii-, que, qui nous- a dégagé du joug onéreux de la Loy., J entend parler du clioix de certaines viandes, et de l’obfervation du Samedy, et des nouvelles Lunes y de la Circoncifion, des Afperfîons et; des Sacrifices, qui ne dévoient durer que pour un moment toutes ces choses n’étant que l’ombre des biens i venir, et qui ont été justement abrégées, quand la vérité a paru..
Car s’étastt agité une quection à Antioche, fça-Voir si on devoit circancir les fidèles, et les obliger de garder là Loy de Moïse,,. on envoya Paul Barnabe à Jérusalem vers les Apôtres, qui y étoient, et par une Lettre qu’ils adrefTerent à tous les fidèles, ils déclarèrent que toutes les figure étant pafTées, et accomplies,. le monde n’etoit plus obligé à toutes ces choses.
« Pouvoient-ils ainsi d’eux mêmes fupprimer ceLv, nae direz-vous? Quelle autorité avoient-ilsr? Tenez., »
M mm écoutez ce qu’ils déclarent eux-mêmes dans leur Lettre: // a femblé hon au S. Esprit, et à nous, it ne vous impofer aucun Mètre fardeau, que ces chofesyui sont necejfaires, ff avoir, que vous vous abfleniex ’des viandes immolées aux Idoles, du sang des animaux stiffoque%, et de la fornication. Et par cet écrit ils firent voir qu’encore que cette ordonnance ceucumeni
S le et univerfelle, eût été dreflee par les Apôtres, le ne venoit pas d’eux, mais du S. Esprit; et ceux qui étoient avec Paul et Barnabe, l’ayant reçue., la publièrent par tout le monde.
Mais puisque mon difcoursjn’a attiré sur ce sujet, je vous demande pardon, mes chers Frères, ou plutôt je le demande au S- Esprit, qui rêfidoit dans S, Paul, il pour ne vous point fatiguer, ou aussi à cause de mon infuffifance, je nepuis parcourir tout ce qu’il à. fait par cet Apôtre, les miracles qu’il a opéré au nom de Jésus-Cnrrst ceux qu’ilfe en Cypre envers Elimas le Magicien, ou à Lystre en guérifTant un boiteux, bu dans la Cilicie, dans la Phrygie, dans la Galatie, dans la Mific, et dans la Macédoine. Le démon de la Pithoniffe, -qu’à chaffa à Philippe, et comment la nuit étant en Prifon, la terre trembla-, il baptifa son Geôlier, et toute sa maison -, comme de- là il alla à ThciTalonique, ou qu a Athènes il prêcha au milieu de î Aréopage, ou ce quHl fit à Corinthe, et dans toute l’Achaïe.
Qui pouroit aussi raconter tout ce que le S. Esprit fit à Ephefe par cet Apôtre? comment il instruifoit ceux qui ignoroient Jésus-Christ? comment il leur expliquoit nos myûeres, et que te déjémfalem. XVII. CatecK. 49 impofànt les mains, ils recevoient le S. Esprit, et parloient de différences langues, et prophétifojent. La grâce du S. Esprit étoit si abondante en luy, que non seulement il guérifToit les malades qu’il touchoit, mais que les linges, et les demi-ceints qui avoient touché à son corps, guerroient tous les malades, et chafToient les démons J obligeant ceux qui s’étoient adonnez à la Magie, de luy apporter leurs Livres, etc de les brûler devant tout le monde; ce qu’il fit à Troade, en reffufeitant Eutyches, qui s’étoit tué en tombant d’un troifiéme étage; comment à Milet, parlant aux Prêtres de l’Église/il leur disait que le S.
Esprit luy avoit déclaré, et l’avoit averty des chaînes etc des affligions qu’il devoit fouffrir par les Villes où il pafleroit 3, pour Jésus-Christ. C’est pour cela qu’il est dit que S. Paul publioit par toutes les Villes par où il paffoit, que tous les miracles qu’il y faisait, venoient de la vertu du S- Esprit, de la volonté de Dieu, au nom de Jésus-Christ, au nom duquel ii’ parloir.,
Ce fut par la vertu du S. Esprit, qu5il se hâta de venir en cette Ville de Jérusalem, et qu’il y foufffit ce que le Prophète Agabus luy avoit prédit; d’où étant allez à Cefarée, au milieu de ses Juges, qui étoient sur leurs fieges, devant Félix le Préfident Festus, etc devant le Roy Agrippa; il y parla avec tant de force, que le S. Esprit luy communiquoit, qu Agrippa, Roy des Juifs, avoua qu’il étoit iî fort ébranle par son discours, qu’il Vn falloir pçu qu’il ne fût Chrétien.
Ce fut aussi le S. Esprit, qui fit à Malthe, que-’ tanupicqué par un ferpent y il n’en reçût aucune incommodité J et qui luy donna la vertu d’y guérir les malades qui y étoient et qui ayant permis qu’il allât à Rome prêcher Jésus-Christ, dont il avoit été le perlécuteur, y convertit un grand nombre de Juifs, en disant à ceux qui n’étoient point d’accord sur ce qu’il leur prêchoit y c est avec grand sujet que le S. Esprit a dit à nos Pères, par Isaïe etc.
Enfin } non feulements. Paul, mais les autres Apôtres, et tous ceux qui par leur ministere, ont cru au Père, et au Pils 3 et au 5. Esprit consubstantiel avec eux? y ont été remplis du S. Esprit, com- t. Car. i.me s# paui |e jt ns ses Êpîtres: Je ne vous ay point prêché avec des paroles de la fagefle humaine, mais avec la démonstration de TEsprit, et de i. Cor. i. la Puissance; Et ailleurs: Dieu vous a fcellé; et muny nos coeurs des arrhes de son Esprit. Et dans un
Xvm. 8. autre endroit: Celui qui a retfiifcité Jésus-Christ, donnera aussi la vie à vos corps, à cause de son
Tm. i.£fprit qui demeure en vous. Et écrivant à Timo thée: Gardez par le S. Esprit qui demeure en vous, le bon dépôt que vous avez reçu.
C’est donc cet Esprit qui vit, qui fubfiste, qui parle, et qui prophétife y comme le dit encore cet l-Tm- + Apôtre: Le S. Esprit dit clairement qu’au temps à venir quelques-uns renonceront la Foi. Aussi avonsnous vu, non seulement, qu’au temps patfe il y avoit des fchifmes mais même de nos jours, par la diverfité des erreurs que les hérétiques répandent.
W-M- Cet Apôtre dit encore: Jésus-Christ dans les si « les -fa’affcx, n’avoit point « té connu des hojnmes, comme il a été révélé en nos. jours, par l’Esprit, à ses fainrs Apôtres, et à ses Prophètes. Et ailleurs: C’est le S. Esprit qui nous rend ce témoignage. Et exhortant les fidèles à combattre pour la justice, il leur dit: Que l’efperance du salut vous ferve de fyhtf. « . afque, et la parole de Dieu, d’épée. de l’Esprit; I7’ Faites en tout temps par l’Esprit toute sorte de prières, et de fupplications à Dieu; Ne tombez pas dans Epkf. l’excez du vin, qui produit Pimpudicité; mais soyez remplis du S. Esprit, et entretenez-vous les uns les autres par des Pfeaumes, des Hymnes, et des Cantiques fpirituels. Et ailleurs: Que la grâce de nôtre »• Seigneur Jésus-Christ, la charité de Dieu, et la communication du S. Esprit soient en chacun de vous. Par tous ces paffages, et par plusieurs autres qu’on pouroit rapporter, il paroît affezque la vertu du S. Esprit est fubstantielle, fanctifiante, et » »
Le temps me manqueroit, si je voulois rapporter ce que S. Paul a dit du S. Esprit dans les quatorze Epîtresi mais fefpere que le S Esprit luymêmeme la pardonnera, si à cause qu.il nous reste peu de jours, j’ay manqué à vous les expofer. Je k prie pour vous qui m’écoutez, d’y fuppleer par sa lumière, et de vous en donner une parfaite intelligence, principalement à ceux d’entre vous qui s appliquent le plus à laledure des divines Ecritures 30.
Vous connoiffez maintenant par ces Catecheies, par tout ce que nous avons dit cy-devant, que Vous devez croire fermement en un seul Dieu, le
Père tout-puiflànt et en Jésus-Christ son Fils uiik que, nôtre Seigneur et tn uji seul S. Esprit., com fubstantiel }l -, et costfolateur, quoique l’Ecriture.; donne le nom d’Esprit aux autres personnes divines;., jo4. 4. ng g Jçan a dit du Père î Dieu est un Esprit.. Thrtn.+.’Et Jekmie, parlant 4ù, Fils, a dit: Le (buffle, bu. a l’esprit de nôtre bouche 3 c’est le Christ du Seigneur. jW.14. Et du S- Esprit: Le Confolateur, est le S., Esprit. Entendant ainsi ces choses dans; Tordre que je vous ay jnarqué et détestanc Terreur des Sabelliens -y parlons maintenant des choses qui vous regardent, qu’il est necefTaire que vous fçâchiez. Donnez-vous bien de garde de vous préfetue ayee hypocrifie 3 pour être bàptifé, comme fit autrefois Simon, sans chercher de tout vôtre cœur la vérité pour Tembraflen C’est à nous à répondre de vous x. c’estàvous à nous foutenir. Si vous perfeverez fermes dans la Foi, vous serez bien-heureux; comme au contraire, vous ne devez attendre qu’à être traitez comme des perfides, si vous l’abandonnez.
Quand donc le temps de vous faire baptiser sera -. venu, fok qu’on vous préfente à unEvêque, ou à; un Prêtre ou à un Diacre car par tout il donne la grâce dans les Villes, et dans les Villages jet de telle personne qu’on le reçoive, soit de (çavans; ou d’ignorans, de libres ou d’efclaves, dautant que Cette grâce ne vient pas des hommes. Vous préfentant donc pour être baptisés, confiderez non: le ministre qui vous plongera dans l’eau, mais le S. Esprit invisible, dont nous venons de vous par- r lex c est luy qui est prêt d’imprimer fonfeeau ce-.
îleste et divin lans vôtre arae, qui vous rendra tercrible aux démons, ainsi qu’il est écrit: Ayant cru Ephef. t, TEvangile, vous avez été fcellez du fcean, qui est • TEsprit saint, lequel ous avoit été promis; Préparez donc vôtre atnc, de peur qu’on donne des perles à des pourceaux, car fr vous en approchez avec feinte ou diflimulation, quoique les nommes vous baptifent, vous ne serez pas baptisés par le S. Esprit. Si vous en approchez avec la Foi / encore que les hommes vous prêtent leur ministere h dans ce qui est de fenfible, ie S. Esprit se joindra à eux, pour opérer en vous les effets invifiblesdc sa grâce; En moins d’une heure vous serez exposez à de grandes épreuves, et à de rudes cdriibats. Si vous perdez cette occafionVvous n’en deviendrez pas meilleurs, mais si vous recevez la grâce, vôtre ame sera éclairée, et aura une force que vous n’avez pas, Vous y recevez dès armes qui sont peur aux démons mêmes y et si vous avez ©ien soin de les confetver, vous aurez darts vôtre âme un sceau, qui vous rendra inacceflible au démon 34, il le craint, parce que c’ est par i’Esprit de Dieu., [qu’on chaffe les démons.
Si vous en approchez avec la Fôy, non seulement vous aurez la rémiffion de vos péchez, mais vous serez des prodiges, qui seront au deflus des forces humaines 3î: je fouhaite même que vous soyez trouvez dignes d’y recevoir le don de Prophétie, vous recevrez autant de grâce que vous serez capables d’en recevoir, etc bien plus ’que 7se ne le fçaurois dire: car la Fpy est bien puiflame auprès 44 £« CdtecfieJcsJè faiht Cyriiït: »
de Dieu. Le S. Esprit yous envifagedéjaxommtfec foldats, il aura un soin {particulier, de vous,.il; coiw duira: vôtÇGj entrée; et vôtre f ortie-,. Il vous protégera contre- leet.-pîéges de.vos ennemis:; IL vous-don -. ncra l’abondarice de. ses -grâces. Si vous ne rattriitez fybtf..4. point parj aucun péché,-car il; est. écrit.• N’attristez: point l’Esprit faioit de Dieu,, du sceau duquel vous; avez été Fcellé pour le jour de la Rédemption. Qui. a-t’il donc de pius avantageux,. que de conferver cette graceiîr Hâte-Mous, de recevoir le don. du S.. Esprit, et ne lê.perdek, jamais après l’avoir reçu.
« Et moy je prie Dieu le. Seigneur de toutes choies, qui a parlé dans le S. Esprit par les Prophètes,, qui: l’a envoyé sur ses Apôtres le jour de la Pentecôte, de. le faire çlefcendre sur vous, afin qu’il: Vous conferve tous,,. et qu’il nous communiqua l’abondance de ses dons, et que nous portions paD tout les fruits du S. Esprit, la charité, la joyc, Impatience,1a fineerité, la bonté, la foi la douceur,. la continence en Jésus-Ghrist nôtre Seigneur.y par qui et, avec. qui-, avecJe S; Esprit, la gloire foie au Perei, maintenant et toujours, et. dans tous les » siècles des siècles. Amen.,
Notes sur U dix-feptïéme Catecfofe’.
SL S.- Cyrillea, pau Ci éloquent en parlant dttS; ’Esprit conformément à ce qu’en a dit l’ancien Testament. Il femble se fa’ paff, quand il rapporte ce tjuW.dst le nouveau Testamenr; Jcrf marque enrr autres choses, qu’il établit par.plusieurs paflàges que lé S- Esprit est FEsprit du Fils, après avoir montré qn’il est l’Esprit- du Père, et femble ainfr avoir reconnu qu’il procède du Père c4u JiU mais comme files pai6ges: oitit: est/appellé.l,£/prir àa
déjerufalern. XVII. Catedi. 46 fils, ou r Esprit de Jtfus-Christ, ne fuffifoient pas; il ajoute que Je S.Jifprit n’est pas formé par]a parole du Père et du Fils, comme le (buffle de leur bouche j mais parce qu’il reçoit de l’un et de l’autre la vie divine, et qu’il opère en nous avec le Père et le Fils, qui sont le principe de son être. Non qui a labiis Patris et Filii loqnendo formetur, vel effletur, fed fubstantiaUs loqutns, et ipfe operans. 1 Telle chose qu’on puijfe dire sur nos myfleres 3 il est bien plus sur de n’en rien dire que ce qui en est marqué dans les divines Ecri- 1 Quoiqu’on donne divers noms au S. E/prit, il n y a pourtant qu’un S. Esprit /, il est indivifible, et son jour le même, quoique ses opérations soient differens. On l’appelle l’Esprit de vérité, l’Esprit du Père, l’Esprit du Fils, l’Esprit de Jésus-Christ, le Paraclet, r Esprit de fanetiiication, l’Esprit de révélation, l’Esprit de fageiTe, de fciertçe, de confeil.
Le S Esprit a fanstifil la sainte Vitrge, quand il Ta préparée à être la Mère de Jésus-Christ illuy communiqua un nouveau degré fde (aime té.
Jésus-Christ a reçu les prémices du S. Esprit dans son baptême/ C’est le premier dans l’Evangile, sur qui le S. Esprit est delcendu.
qu’on attendît qu’ils euflent 1 uiage de raiion, mais quand il D# Bapt n’y avoic point de danger % car pour lors il ne vouloit pas qu’on différât. Plusieurs Evêques d’Afrique écrivirent à- S. Cyçrien, luy témoignant leur fcrupule furie Baptême des enfants, même dans le tefoin avant le huitième jour de leur naifïànce, comme on ne donnoit la Circoncifion chez les Juifs que huit jours après que les enfants étoient nez y S. Cvprien dit qu’il avoit été réfolu dans un Con- fy dfid. cile de la Province, de ne point attendre huit jours, quand il y avoit péril. Origene dit que l’Église a reçu par la tradition qui vient in Ep. d des Apôtres, de donner le Baptême aux enfants. S. Grégoire deNa- •• fcianze fouhaitoit qu’on n’en oréfentât aucun à l’âge de trois ans, à moins qu’ils ne fuflent en péril. S. Augustin, le Pape Innocent I. et autres, prouvent le péché originel dans les enfants par l’ufage et la °r£jfff aeceffité de les baptiser.
V Arche de Noi renfermant divers animaux, image de l’Église, contenant les peuples de tous les pais du monde.
Les bons et les mauvais mêlez, icy-bas dans l’Église, la zizanie frvec le bon grain. Voyez S. Augustin contre les Donacistes.
8X« Princes temporels fournis, quant au fpi rituel y aux Ministres de l’Église, aux Ecclefiastiques, ÏEccUfiasticon, les Grecs mêmes appellent les Ministres du Seigneur des Ecclefiastiques, principalement ceux qui préfident, comme les Evêques, les Pasteurs. C’est ce que Ep. n« soit S. Ambroise; Ne vous chargez point, ô Empereur, des cho-; » »
« « es qui appartiennent à Dieu, et ne croyez pas que vôtre DigaîtÉ Impériale vous y donne quelque droit j Soyez fournis à Dieu, û Tous voulez commander long temps. Les choses de Dieu appartiens nent à Dieu » et celles de Cefar i Cefarj Les Palais demandent det Empereurs, de les Églises des Evêques. 9 Le blaffheme contre U 5 Esprit ne leur sera jdmaît pardonne, Touj eché contre le S. Esprit est également un péché contre le Père et e Fils. On appelle dans l’Evangile péché contre le S. Esprit, celui qui attaque le -don des, miracles qu’on attribue plus particulièrement au S » Esprit, quoique les trois Personnes divines y concoure rent également. S. Athanafe l’explique de.ceux qui attribuoient au démon, contre leurs propres lumières, les ouvres que Jésus-Christ faisait comme Dieu. Voilà le blafphême contre le S. Esprit, qui ne méricoit aucun pardon, non qu’il fut absolument irrémiifîble, mais parce qu’il et oit de tous les péchez le moins digne de tout pardon; c’étoit le péché des Pharifiens et des Docteurs de la Loy, aiuTi ne voiton point qu’aucun de ces gens-là Ce soit converti i Jésus-Christ, ait fait pénitence.
Tous ceux à qui vous remettre les péchez., ils leur [iront remis... Les SS. Pères ont reconnu dans ces paroles la puiifence qu’avoient reçu les Apôtres de remettre les péchez, et qu elle avoit paiïe d’eu JBp- dem-aux Ministres de TEglifei Voicy entr’autres comme parle S. Patien.’ r« se Ce pouvoir n’est- il donné qu’aux Apôtres il s’enluivroit qu’il n’y aurojr aussi qu eux feuls qui euflènt la puissance de baptiser. Que s’il leur donna tout ensemble, etç la puissance de baptiser, et celle de délier, il est confiant que rout nous vient de cette même forme Se puissance apostolique, ou que rien ne nous a été laifle par les Apôtres. S. AmbrQife parle de même contre les ovariens: Jefu Christ foufïlant sur Ces Apôtres, en leur donnant le S. Esprit, fait voir qu’ils reçoivent leur puissance de luy, comme de leur Chef.
Ils reçurent le S. Esprit dune manière invisible pour remettre Je péchez par la puissance du Sacerdoce; au lieu que le jour delà Pentecôte, ils le reçurent vifiblement, et en commun avec tous les autres fidèles, pour faire les prodiges qui dévoient contribuer aletabliffement de l’Église, où ils reçurent la plénitude des dons du 5? Esprit. Les Prêtres dans leur Ordination reçoivent le pouvoir qne reçurent icy les Apôtres, la puissance des clefs, le pouvoir d’abioudre dans le Sacrement de Pénitence. »
il Pour faniïifier ÏÊglife. C’est le S. Esprit qui la fancïfie, wh bernator, qui la gouverne, en gouvernant les âmes, ServAtorpi la protège au milieu des flots, des tempêtes, et des orages aufqudW die est expofée; Rémunérât or, qui la récompense dans la gloirequii prépare à ceux qui combattent icy- bas...
U Comment les Apôtres furent baptisés du S. Esprit U j°uf dc -?
de ferufalem. XVII. Gateçh. 467 seettecôte; Quelques-uns ont cru que les Apôtres n’avolent pas été iaptifez, et que le S. Esprit fuppléa en eux le Baptême; Le fentiment le plus commun est qu’ils avoient été baptisés, et que le Baptême dans le S. ECptit se doit entendre de la pleniude du S. Esprit, qui devoit les remplir de force, et comme inonder leurs cours par l’abondance de ses dons.
Le Baptême donné par Immernon, en plongeant dans l’eau 14 Les effets de la grâce du S. Esprit dans nos âmes-, Elle brûle les restes et les épines des péchez elle éclaire l’ame.
Les étrangers venoient de toutes parts vificer les saint Lieux, Se I’avoient fait de tout temps.
L grâce du nouveau Testaraent, comparée au vin nouveau/ 17 Ce fut a la trolfième heure du foir que Jésus-Christ fut crucifié Cétoit (elon nôtre manière de compter a trois heures après midy lhais le S. Esprit descendit a la troinéme heure du matin. Cétoit neuf heures qui étoit le temps de prières chez les Juifs/ Joseph dit qu’ils ne mangeoient point du tout les jours de Fêtes que vers le rody, ainsi les Apôtres pouvoient justement se plaindre d’être regardez comme yvres en une heure où ils ne dévoient avoir rien fris à manger.- 1 S. Cyrille avoît déjà prêché le jour qu’il faifoît cette Catéchèse On mùltiplioit les Sermons ÔC les. Instruetions à mefure que la Fête de Pâque approchoitf, On prèchoit le matin aux Fidèles-, et le (bit aux Catecuménes 19 S. Cyrille reconnoît toujours quatorze Epître de S. Paul, 6c ïcconnoît aussi celle des Hébreux pour être de cet Apôtre. Origene eroïoit que les penfées de cet Epitre étoient bien de S. Paul, mais quelle avoit été compofée par quelqu’autres, et qu’il n’y a queDietl qui fçache qui en est l’Auteur, quoique quelques-uns l’attribuent à S. Clément, d’autres à S. Luc.
10 // n’y avoit aucun pauvre parmi eux. Le bel ordre dans la distribution des aumônes des premiers fidèles, on n’y voyoit aucun tnandiant, ni aucun qui n’eût une réfection raifonnable. Les riches affistoient les pauvres ii S. Eflknne le premier Diacre, et le chef des Martyrs, c’estidire le premier qui ait foufFert le Martyre pour Jésus-Christ.
V Eunuque de la Reine. On croit qu’il etoit Païen. Comme lesPaïens venoient à Jérusalem faire leurs prières et leurs facrifices, comme il paroi t par l’Ecriture. D’autres l’ont regardé comme un Profelyte et aflbcié à la Religion des Juifs. S. Cyrille dit, qu’il fut l’Apôtre de l’Ethiopie. Les Abyffins croient encore maintenant avoir eçû de cet Eunuque les premic res lumières de la Foi Chrétienne Plusieurs ont prétendu que l’Ethiopie, dont Candace étoit Reine, ctoit celle qui est au midy de l’Egypte en remontant vers les foures du Nil, et dont la ville de Meroc étoit Capitale. Les Grecs au
Nnn i) 48 Les Cdtcchefes de saint Çyrih 14. Août célèbrent la mémoire du Baptême de l’Eunuque 5 mai Si ne voit point que les Ethiopiens ou Abyflins, ni k Grecs ayefljç jamais fait aucune Fête de lay.
« « 23 L’Ethiopie se hâtera de lever / es mains vers Die », ou FEthio » pie sera la première à tendre Ces mains vers Dieu. Ethiepia prevtnia tnanus ejus Deo. On voit par Isaïe 19. et Sophonic 3. la çonverfion de l’Egypte prédite, et qu’elles furent les premières à reçonnoîfre Jésus-Christ, et â recevoir l’Evangile. Eufebe et S Hilaire disent 3u il se trouva des Egyptiens à Jérusalem oui furent témoins de la efcente du S. Esprit au jour de la Pentecôte, et quêtant retour nez en Egypte, ils y publièrent l’Evangile, L’Ecriture n’en parle pointf S, Hilaire fémble croire que les Mages qui vinrent comme les prér mices de la Çentilité reconaoître Jésus-Christ, ptpienp yenus de ce païs-là r 24 Jufynen Efpagne. A! a vérité S. Paul dit aux Romains: lorl que je feray le voyage d’Efpagne, j’efpere vous voir en paffant. Cm in Hifpaniam proficifei cœpero. Il a eu seulement deflein de faire ce voyage, mais on n’a pas de preuves assez convaincantes qu il laij fait; cependant entre S. Cyrille qui Ta cru, S. Achanafe Ep. Dracont. S. Epiphane haref 27. S. Chryfostome homil. 76. m M Theodoret in cap. 1. ad Philip. S. Jérôme in cap. xi. Jfu. S. Grégoire Pape lib. 31. Moral, l’ont aussi avancé,.
« 25 S. Pierre le Prince des Apôtres, et le portier du Ciel, cp » en a les clefs. Princeps jfpostolorum, et claviger Cœh.
Lidde aiion nomme Diofpole, étoir une Ville de Palcstmc ave Evêché, qui fut depuis furTragant de Jérusalem c’est ou se tint: u Concile contre Pelage. Elle est différente d’une autre piofpole, m le d’Bgypte, dont parlent Strabon et Pline.
Ctfmcjtf A Sacrifice. C’est la signification du pot grec Ut gonton.. fij-îei 2g V autorité des Conciles généraux pour obliger tous les naeici répandus par toute la terre. - 29 L 5. Esprit confubstantitlaH Père et au Vils. Reconnu W mé tel par S. Cyrille quoiqu’il se ménageât extrêmement im des Ariens.
Lm Catecumenes s’appliquent à lire les saintes Ecritures, 31 La divinité et la confubstantialné des trois Perionnes.
S/? qHonvoHSprefente à un Eve que, a un Prêtre, ou a « j »J ’ ro. Voilà les Ministres ordinaires du Baptême i les Laïques le a. nent seulement dans la neceflicé, quand il ne se pouvoir trouve • Ministre. Tertullien dit la même chose: Le fouverain Prccre r.c.i7.est i’Evêque, a droit de conférer le Baptême, après luy Ks l les Diacres l’ont aussi, mais avec fubordination a ion auw es peuvent auffibap- tifer Le Baptême étant un présent de Dieu pour 1 pour maintenir l’honneur de l’Église. Les
Laïques peuvent auiup 1 pour toudp monde, p« S de Jérusalem. XVII. Catcch; 4tfp ii jàuffi être administré par tous: Ce pouvoir est principalement refervé 3 â l’Evêque, il fuffit aux autres a en ufer dans le cas de neceflité, selon que les lieux, les temps, ou les personnes obligent. is On voit dans l’ancienne Hiérarchie de l’Église un Evêque avec s son Clergé compofé de Prêtres et de Diacres. S. Ignace parle de mè- p- dthh t.me Vnm Evifcopns cum Prejbyteris et DUconis tonfcrvis mus, qui sont ttlÈb zl fcrvitcurs de Dieu comme moy. »
Lis hommes vous frètent leur Tnwïflere dans ce qui èst de fenfi- ble dans le Sacrement; mais le S. Esprit le joignant à eux, opère les merveilles invifibles. Ces paroles n’empêchent point qu’on ne di- se flue les Sacrement produisent la grâce par eux-mêmes, ni qu’on ne puifle attribuer à l’action du Ministre la fandfcification du pécheur;
farce que le Ministre n’agit point par sa propre vertu, et comme cause principale; c’est le S. Esprit qui opère seul dans lame, qui y mer la grâce, quand il n’y trouve point dobstacle: car si l’homme baptife, c’est aussi Jésus-Christ, c’est aussi le S. Esprit; car cette gra- pe, dit S. Cyrille, ne vient pas des hommes, ôc il ne faut pas seulement regarder l’homme visible qui baptife, mais sur tout faire attention au S. Esprit. Quomam non ex homimbus ea est gratia... Non tanikm vifihilem rtfpkitm, fed memlntrU SpiritAs fanstt. Et comme le feu, dit-il, pénétrant l’épaiiTeur du fer, le met en feu; c’est le S.
fprit quitravcrfe le -corps, pénetjp l’ame, Se se répand au dedans {Telle.
H Le fetau du Baptême vous rend terrible aux démons.
Les Chrétiens raifpient encore des miracles du temps de S.
Catéchèse XVIII
Sur ces Articles: se crois l ’Eglifè, 40/ estunef Sainte et Catholique, la Refurreiïiïon de U chair, et la vie éternelle: après avoir lu; ces paroles d’Ezechicl: La main du Seigneur fut sur moj, et me mit au milieu dune compagnie, qui étoit pleine iïos, et me dit: Ces os pourroient-ils bien revivre ï
L’Efperance de la Résurrecetson, est le fonde ment de toutes les bonnes actions1, parce que l’attente de la récompenfe excite les homme à travailler au lieu qu’ils se découragent, quand ils n’attendent rien de leur travail. Le Soldat va de bon cœur à la Guerre, dans la vue du butin, personne ne voudrait combattre, niexpoferfa vie pour le Prince, s’il n efperoit jouir du fruit de les fervices.
Il en est de même de la pratique de la vertu, refperance de la Résurrecetion engage Tarne à mener une vie réglée j au lieu que sans cette espérance on se néglige, et on se laide entraîner au mal. Celui qui croit que son corps reffufeitera un jour, deJemstUm. XVII: Catech. 471 tfofe le corrompre, ni le fouiller, il le regarde comme le vêtement de son ame, qu’il tâche de conferver sans tache, au lieu que celui qui ne croit pas reffufeiter, plonge son corps dans toutes forces d ordure, et de faletez. C’est pour cela que ÏEglife Catholique oblige ses enfants de protester qu ils croient la Résurrecetion de la Chair.
Et aussi est-il bien important d’en être instruit, car il en est de cet article comme des autres on trouve aussi bien des gens qui le contestent 3 les Grecs les Samaritains, et plusieurs hérétiques, le traitent de rêveries, et nous disent: Comment se peut- il qu’un homme, après qu’il est mort, etquc Jbn corps est réduit en poufliere, mangé des vers, que ces vers mêmes sont morts, n’étant que pourriture et corruption, puiffe reffufeiter? ou que les noyez qui ont été mangez par les poiffons, ou ceux qui ont été dévorez par les ours, ou par des loups, ou mangé des corbeaux, ou par des monstres, ou autres animaux, puiffent réprouver leurs os, et leurs chairs, ou ramaffer toutes les parties le ces corps? car s’ils ont été mangez par des oiféaux, il se trouvera qu’entre tous ces oifeaux, les uns iront mourir aux Indes, d’autres en Perfe, d’autres sont brûlez et leurs cendres expofées aux vents, où retrouver donc ce corps ï
C’est de cette manière que les hommes, qui jugent des choses selon la petiteffe de leurs esprits, s’imaginent qu’y ayant une grande distance entre les Indes, et le païs des Goths; entre FEfpagne et la Perfe, qu’il en est de même à l’égard de Dieu, 47 Les Catéchèses de saint Cyrifo rie penfastt pas qu’il renferme toute la terre dantf son poing, etc que ces lieux et ces païs tous éloi- gnez qu’ils sont, par rapport à nous g ne le sont nullement par rapport à Dieu.
Ainsi ne regardez pas comme impostbleà Dicir; ce que vous ne pouvez pas concevoir au contraire y reconnoiffez que cela est digne de sa ToutePuifTance: car si le Soleil, qui n’est qu’un feui de ses ouvrages, par un seul rayon éclaire et échauffe tout le Monde; si l’air que Dieu a fait, environ ne tout le monde, penferez-vous que Dieu qui t créé le soleil et l’air., ne soit pas présent à tout k Monde?
Et comme vous êtes encore foibles dans la foi y je veux vous propofer des exemples plus fenfibles, à la portée d’un chacun. Si la graine deplufieurs plantes différentes peut tenir dans nôtre main, de manière que la même main peut les tenir, les démêler, les planter en terre en recueillir les fruits qu’ils rapporteront, en tirer de nouvelles graines, peut-on croire que Dieu, qui tient tout le Monde dans sa main., ne pourra pas retrouver les parties de nôtre corps, en réunir les membres, et leur rendre leur première intégrité
Faite attention à cette comparaifon, et qû’clk ferve à éloigner de vous les doutes qui pourroient naître dans vôtre esprit sur cet article. Vous avez àitz vous de bons et de mauvais ferviteurs; vous confiderez les bons, et vous punifTez les mauvais. Un Juge récompenfe les gens de bien, et 9etl les méchans j si la Justice exige cela parmi kshom- mes,. peut-on douter que Dieu,. qui est la fouveraine équité, et le Roy uhiverfel de toutes choses s ne gardera pais les mêmes loix? Ce serait même une impieté que d’en douter2.
Faites aussi attention à ce Roy Combien y a-tfil d’homicides qui sont.morts dans leur lit, {ans avoir reçu le châtiment que leur crime méritoit? N’estil pas de la Justice de Dieu, de les punir? Souvent un homme qui aura été malfaiteur pendant cinquante ans, ne sera purçi que pour le dernier meurtre qu’il a fait: qui le punira des quarante-neuf autres, il après cette vie il n’y avoit des fupplices pour les médians, et des récompenses pour les bons: et c’est ce qui prouve la vérité qu’il y a une Justice en Dieu.
Ne soyez doric pas furpris de voir que les coupables ne sont pas toujours punis aussi- tôt qu’ils ont commis leurs crimes. Ils ne perdront rien des çhâ- timens qu’ils méritent, quoiqu’ils leur soient diffe-r rez pour quelque temps. Quiconque a combattu, doit être recompenfé, s’il a été vittorieux, ou puni, s’il a été un lâche, où un defoteur, et comme on ne donne la couronne qiapxèi la fin cy combat, ou même à la iuttdg la guerre j aussi Dieu tant que dure cette vie, qui n’est qu’une milicey où l’ame est journellement expofèe. à combattre, se contente de fécourir et d’.affcstér: tes justes, se réfervant les prix et la recompenfé.entière, après là fin du monde.
Dites-moy aussi s’il n’y a point de Résurrecetion des morts à attendre? Pourquoy pjjoit-on ceux qui
« Ôoo dépouillent les morts dans leurs fépulchres? car si le corps doit périr, et s’il ne doit point s’attendre de reflufeiter, devroit-on punir celui qui aura eiW levé ses dépouilles à la Mort » Vous voyez-bien que quand vous ne voudriez pas la confefler de boucne, que vous n’en pouvez effacer les fentimen dans vôtre confeience.
Hé quoy! un arbre quoiqu’arraché de la terre, s’il y est replanté, ne laùTe pas de refleurir, et un homme ne pourra pas revivre, quand il aura été tiré de terre? Et si les grains femez en terre, après la moiffon, feconfervent dans les gf anges, l’homme après la moiffon que Dieu sera dans le Monde, ne pourrait plus iubfister? Les rejettons des arbres, ou les branches attachées ou entées sur d’autres arbres, ou plantées en d’autres fols, reprennent racine, et portent des fruits} et i’hom« me, pour qui ces choses ont été crées, étant mis en terre, ne se pourra plus retrouver? »
Et comme dans les ouvrages de l’art, il ne faut pas moins d’habileté pour refaire unestatuëquiau roit été brifée, que (de la faire pour la première fois; aussi Dieu, qui nous a crée de rien, pourra par la même puifianec nous redonner le premier être qu’il nous avoic donné.
Si vous avez de la peine à croire ce que l’Ecriture dit de la Résurrecetion des morts, je vous diray comme si je parfois à un infidèle: Regardez ce qui se paffe dans la nature, on féme en terre du tooment, ou qùelqu’autres grains, il y meurt après qu’il y a été mii, il s’y pourrit, et ne peut plus servir à nôtre nourriture., mais après quU s’est corrompu dans la terre, il devient en herbe, etpuis ilr s’en forme un épy très beau, Ce froment est’ pour nôtre usage: car toutes les plantes de la terre ne sont pas pour elles, mais pour Tufage de Lhorame. Si donc elles viennent pour nous, fr étant mortes, elles revivent aussi pour nous, hé! pourquoy ne pourrons-nous pas revivre après nôtre mort? Nous sommes maintenant en nyver, et vous voyez les arbres, comme slls étpient morts-, Le figuier n’a point de feuilles, la vigne point de grappes, mais ces plantes qui sont comme mortes en nyver, reverdiront au Printemps, et quand la faifon sera venue, on les verra revivre; c’a été pour combattre vôtre incrédulité, et pouf établir nôtre créance, qu’il a voulu que tous lès ans on vît la nature se reflufeiter, afin que nous n’euffions pas 4e peine à. croire qu cela se fist dans le corps de rhomme, le voyant arriver tous tes jours dans âcs i: corps qui n’ont point d’ame, airifi que les mouches et les abeilles, étant mortes dans l’eau, revivent souvent une heure après, et tarit de sortes de ferp pens,%qui piroiffent {an mouvement et sans vie pendant fhyver, et qui revivent l’été. Celui donc qui a donné la vie à, tant àc reptiles, et à tant de j viles animaux, ne nous a-t’il pasr appris par ses exempics T qu’il nous rëflufeitera, puisquc ç’est pour nous qu’il les a créefc - ’.
« Si cei exemples ne parôiflent pas convaincantes ajix Grecs, qui disent que ces choets qui revivent rtavoient point été réduites çn pourriture, ni en; »
O o o i j poufliere, qu’ils voudraient voir quelqu’animal revivre après avoir été en cendre, mais Dieu prévoyant leur incrédulité, a voulu donner un exemple tel qu’ils le demandent dans un oîfeau qu’on nomme le Phénix 3: car comme le rapporte S. Clément, et plufïeurs autres Ecrivains: Il n’y en a qu’un seul dans la nature, et c’est en Egypte qu’on le voit, et non dans la campagne, ou dans les deferts, mais dan§ la plus grande Ville du païs, afin de convaincre les plus opiniâtres. Il se fait un bu- j cher d’encens, de myrrhe y et d’autres parfums, et ayant finy sa carrière, il meurt, il se corrompt, et de sa chair morte §c corrompue, il en fort un ver j qui se change en oifeau.
Nç doutez point de cela, car les mouches à miel viennent aufïi de vers, et on a souvent remarqué dans des œufs, des ailes, des ofTemens, et des veines d’oifeaijx. Ce Phénix donc devenu un oifeau, ç paroifTant voler dans l’air, comme il faisait avant que de mourir, prouve vifiblement comment le peut faire la Résurrecetion de nos corps; mais tout admirable que soit cet oifeau, il n’a niraifon, ni intelligence pour chanter les louanges de Dieu dans l’air, ou il vole J il ne connoir ni Dieu ni son Fils unique. Si cependant Dieu le fait reflufeiter, na-t’il pas voulu marquer par-là qu’il refTufciteroit encore plus volçntiers ceux qui l’auraient glorifié, etçu auraient gardé ses Commandement
Mais comme l’exemple du Phénix vient d’un païs, assez éloigné, et que d’ailleurs cet oifeau est rare, jç veux établir la crpynce le h Résurrection par àejemfalem. XVIII. Catech: 477 des exemples bien plus fenfibles, et tirez des choses qui se paient tous les jours parmi nous: C/a, dites-moy, où étions-nous tous qui sommes icy, tant nous qui vous parlons, que vous qui nous écoutez, il y a cent ou même deux cents ans î Ne fçavons-nous pas les principes de nôtre formation? et qu’étant formé d’une matière vile, et abjeéte, compofée de choses d’elles-mêmes si foibles, etsi confufe’s, néanmoins ces choses se sont converties en chair, en os, en nerfs; qu’il s’en est fait aes yeux, par lefquels nous découvrons la beauté du monde, des oreilles pour entendre les fons, le nez pour flérer les odeurs, une langue pour parler, un cœur pour donner le mouvement, des mains pour agir, des pieds pour marcher, ainsi. des autres organes du corps, et c’est cette chose si foible, qui bâtit des maifons, des vaiffeaux, qui est Architecte, Nautonnier, Marchand, Artifan, Prince, Soldat, Ma- gistrat, Roy.
Si donc Dieu nous a formé de si peu de chose, ne peut-il pas après que toutes ces parties ont été fçparées par la mort les réunir, et les faire revivre? Et s’il a donné l’être à ce qui ne l’avoit pas, ne ptut-il pas redonner la vie à ceux qui l’ont perdue?
Si vous voulez, vous trouverez même dans le Ciel une preuve de la Résurrecetion; c’est dans le mouvément de la Lune, qui croît et décroît tous les mois, jusqu’à ne point paroître du tout, et puis « ui redevient dans son plein, et telle quelle etoit; et si à la fin du monde, elle paroîtra teinte W ’ • pooii] ter de sang, puis cnfuite clic sera plus brillante et plus lumineufe qu’auparavant y ce que Dieu a ainsi ordonné, ann que l’homme, qui est compofé de sang, ne doutât point de la Résurrection des morts, qu’il crût de luy ce qu’il verroit, dans le Ciel, arriver à la Lune. Voilà les exemples, ou de femblables, dont il faut se servir avec les Grecs, qui ne reconnoifTent point l’autorité des Ecritures 4, qui ne connoirfent ni Moïse, ni Elie, ni les Evangiles ni S. Paul. »
Venons maintenant aux Saniaritains qui ne reçoivent que laLoy, et qui rejettent les Prophètes, à qui il serait inutile de citer ce qu’on vient de lire d’Ezechicl; puisque comme j’ay dit, ils neveu lent pas reconnoître les Prophètes, voyons ce qui
Zxoàety est dans les Livres de la Loy. Dieu ditàMoïfe:/ suis le Dieu £ Abraham, dlfaac 5, et de Jacob. Il est certain que ces Patriarches existent et fubfistent, car s’ils etoient morts 3 et qu’ils n’existalTent plus, Dieu serait le Dieu de gens qui n’existeroient point, c’est comme fî on pouvoit dire qu’un Roy n’auroii jii fujets ni foidats y ou qu’on pourrait se faire honneur de richefles qu’on ne poffederoit point. G’cst donc une neceffite qu’Abraham et que Jacob existent y afin que Dieu soit dit le Dieu d’Abraham de Jacob.’ car il ne dit pas: J’étois le Dieu d’Abraham, mais.: Je suis....
Or que Dieu fpit juste y Voicy comme luy par
Ctmf.i%. le Abraham: Voua ne serez point mourir le juste.
avec le coupable. Celui qui juge toute la terre, ne sera point cette injusticei Les Samaritains difenù de ferufalem. XVIII. Catcch... 479 cela qu’Abraham, Ifaac, et Jacob peuvent exister quant à leurs âmes, mais qu’ils ne peuvent revivre dans leurs corps. Quoy là verge de Moïse, qui étoit juste, a pu être changée en ferpent, et les corps desjustes ne pourront revivre, ni reffufeiter? Le premier étoit contre les loix de la nature, et le second y est conforme. La verge d’Aaron,]ui n’étoit qu’un bâton fec, Se comme mort, auroit refleury uns être mis dans Teau, et auroit porté plus de fruit que les arbres les mieux plantez; et Aaron ne reflufeiteroit point? Dieu qui a fait un miracle par ce bâton, pour manifester l’innocence d’Aaron, le laifTeroit-il livré àk la mort, sans l’en retirer? Une femme auroit pu contre Tordre de la nature être changée en fel, et la chair ne pourroit plus devenir chair? La femme de Loth a été changée en une statuë de fel, et la femme d’Abraham ne refTufciteroit point? Si par Tordre et le commandement de Dieu 3 la main de Moïse fut changée en moins d’une heure, ne pourra-t’il pas aussi commander aux morts de reprendre leurs corps?
O infenfez Samaritains! Voyez donc dès le cornmencement du monde, de quoy Dieu a fait l’homme? Ouvrez le premier Livre de l’Ecriture, que vous recevez, et vous y trouverez que Dieu forma Thomme de la poufliere de la terre, la poudre fut changée en un corps, et ce qui étoit chair ne pourroit plus le redevenir? Pourriez-vous dire de quoy ont été formez les Cieux et la terre, la mer, le soleil les astres? comment les poiflbns se forment dans la mer, et les oifeaux dans l’air, et tant de sortes 480 Les Catecbefes de faim Cyrille d’animaux qui sont sur terre, et comment tant de millions d’êtres ont été tirez du néant? et vous avez de la peine à croire que l’homme fait à l’image de Dieu, reflufeite un jour? Cela ne peut venir que d’un entêtement que les infidèles mêmes ne pourroient exeufer.
Quand Abraham a dit à Dieu qu’il juge toute la terre; ceux qui reçoivent la Loy peuvent-ils demeurer incrédules? Si l’Ecriture a dit que l’homme a été formé de la terre, est-ce que ceux qui la lifent ne le doivent pas croire? Voilà ce que j’ay bien voulu leur dire comme à des infidèles.
Mais nous qui croyons à toutes les Ecritures, voyons comment les Prophètes en pnt parle. Je commence par ceux qui nous objectent ces paro
Tf. 1. 5. les du Pfalmiste: Les impies ne rejfufciteront pas au fr
Job. 7. st.gemènt6. Et ces autres paroles: Quand l’homme efldef- nj. vendu dans le Sepulchre / il ne peut plus en fortir } et aujjî Seigneur vous ne serez point lotie des morts.
Mais c’est faute d’entendre ces paflfages, qu’ on s’en fert pour combattre l’article de la Refurrediôn. 11 est donc à propos de les expliquer; Je dis donc en peu de mots que quand le Pfalmiste a dit que les impies ne reflufeiteront point au Jugement, il a voulu dire qu’ils n’y comparaîtront point comme les gens de bien, pour y être récompenlez, mais seulement pour y être condamnez: car Dieu n’a pas befoin.de tant de difeuflion pour difeerner l’impie d’avec le juste aussi-tôt donc que les médians seront reflufeitez, il les livrera au fupplicc qu’ils méritent pour leurs crimes.
« Quand, aussi, le Pfalmistc a dit que lés-morts ne loueront; point le Seigneur, il a, voulu marquer qu’il n’y avoit que le temps de cette vie y où Ion peut et faire pénitence 1,.et recevoir Je pardon- dé les fautes. », de.maniere que ceux qui l’auront aiûfî employé, sur la terre, loueront à jamais le Seigneur;.-. mais ceux qui maiKeureufement seront morts dans leurs péchez y au lieu de- louer Dieu, comme seront: ceux qui en auront été récompenfez, ils ne cefleront de; pleurer et..de. gémir r car.il n’y a que ceux; qui ont reçu des faveur?, qui luy donnent des loiian. ges, pendant, que ceux qui sont dans les fupplices ne peuvent: que pleurer, et foupirer., C’est le parvtage des. justes de louer Dieu pour toujours-, pendant, que ceux, qui seront morts dans leurs péchez ne loueront pçint son nom.,
Quant à ce qui est écriïSQuand Thomme efë î defcendu.dans le tombeau il ne peut plus en for- tir; c’èst parce qu’il ne revient plus en sa maifoi? comme le; disent Jes paroles fuivantes- • aussi.aprè; la; confommatioa du monde, et, que les édifices ’feront détruits, comment pourroit-on rentrer dans. fan bien, etdans. ce qu’on avoit autrefois pofledéî Là. terre sera, pour lors une, nouvelle terre, mas ils feroknt mieux. d’entendre ce que dit Job: Si ua/.i4.ïarbre est coupée quoique sa racine soit comme pour- rie en terre; s’il est une fois mis dans l’eau 5 il ner laiflera pas.de poufler des. branches y mais iî Thomme meurt, perd-il -toute sa force? s’il expiœ riest il plus sien? Ces dernières paroles dites par interne gâtion porteat.ee sens, que.si un bois coupe reT - pouflc y comment l’homme pour qui tous les arbres ont été faits, ne rcfTufcitera-t’il point? et afin que vous ne penfiez pas que je donne un.sens violent à ces paroles il n’y a qu’à lire encore celles qui Jct.14.14 fuivent: Si t homme meurt y M revivra, et -xi/ement Job.i9.xo. j’attendray jufijuà ce que ceUfefaJJe. Et ailleurs il dit; La chair dans UqueÛe t je foujfre J reffufeitera m jour. Jfdi.16. ifaïe Ta aussi marqué en disant: Les morts rcjfitfciteront et ceux qui sont dans les fipulchres en finiront.
Mais Ezechiel est eekri qui en a parle le plus claiji. -37 rement: fouvriray vos fepulchres et je vous enstuy Dm. io. finir. Dans Daniel il est -dit: Plujteurs de ceux fx A# dorment dans la poujfere deda terre, s9 éveilleront, les uns en la vie éternelle, et4es autres m une infamie eterneh. Il y aplufieurs autres endroits dans lïcriture; bà il est parlé -de la Résurrecetion, et que j’omets pour n’être point trop loij je parcoureray seulement quelques exemples de gens reffiifcrtez tel que Lazare après avoir été quatre jours dans le tombeau le fils de la veuve de Naïm, la fille d’un Chef de la Sinagogue et aussi à là mort de JésusXhrist, le pierres se fendirent, les fepulchres s’ouvrirent, Si les corp de pluiieurs Saints en fortirent.
Mais sur tout fouvenons-nous que Jésus-Chntt st reffufeité des morts, sans parler d’Elie, qui reifufeita le Tils d’une veuve, d’Elifée qui xeffufcita deux morts, l’un pendant sa vie, et f autre après la mort.y le premier par son ame, et le second par iost N corps; ce qui fait connoître qu il ne faut pas seulement honorer les ames des Saints, mais qu’il faut aussi porter du refpeét aux reliques de leurs corps ppifque Dieu leur donne de la force, et de la vertu 8; car un mort ayant £té dans le tombeau d’Estfée, et ayant touche le corps mort d’Eliféc, fie la même chose qu avoit faite son ame quoiqu’il fut mort, et mis en terre. Il redonna la vie àr un mort, sans se la donner à. foi-même j et si vous en voulez savoir la raison, c’estque s’il se fut reflua cité foi-même v on auroit attribué ce miracle à son ame seule, mais pour faire voir qu’pneore queTame ne soit pas dans le corps dés Saints il y reste une vertu particulière àcaufe qu’ils ont été la demeure de ces âmes, et qu’elles se sont fervi de. leurs corps pour faire tant de bonnes oeuvres.
N’eaparoiflez pas si. fort furpris, cela ne se peut v pardonner qu’a ceux qui ne {çavent pas les Ecritures: car si les linges et les demy-ceints qu’on faisait toucher aux corps des Saints; avoient la vern; de guérir les malades y le corps même du S. Pfopfiéte pourra avec plus de raison xçfTufciter uivv, mort.
Il y aplufieursautres chôfes qu’ôir poœrroit dite sur ce sujet, que j’omets a cause des travaux ptécedents -, et de la longueur dii jeûne dû jour 9 3 de: lai Parafcevefe, et de la veille qu’il nous faut pafler,, nous attachant aux chôfes principales, afin que; vous en remportiez plus, de fruits.
Je, ne puis r pou rtanc omettre qu e les Af fores ont auiïi féfTufcité des morts qu S. Pierre ref- filfcita Thàbitc à Jôppé, que S. Paul reflufeita Eii- tique à Troàdeî que leSauatfes Apôtres en ont r Wet reflufeita y quoiqu’on lirait pas crit les miw - P£p ij;
LesCatechçfesdeJaintCyMe racles 5 ni les prodiges qu’ils ont nie.
Souvenez-vous aussi de -ce que S/Païfl écrivant aux Corinthiens répondoit à ceux qui difoientrEa quel état reffufeiteront les morts, et quel sera leurs corps, quand ils auront- repris la vie? Et auffrcjue Jt les morts ne rejfufcitent point, Jefks-Christ vit ferapoint rejfufcïté. Et de ce qu’il -traite a infenfez y ceux qui ne croyoient point la Résurrecetion des morts I0i Souvenez-vous aufïi de ce qu’il écrit aux Teffalo- iïrhef.4, niens: Pour ce qui est des morts, ’vous ne dewpAS vous en affliger comme les autres qui nont point d’ejjteranec et we ceux qui sont morts en Jésus-Chrif y reffufeiteront les premiers.. Mais fouvenezwous sur: tout vfrCv.y. de ce que dit ce même Apôtre:’Que ce corps mortel corruptible, doit être revêtu d’immortalité.
Car nôtre corps ne reflufeicera pas avecles mêmes infirmitez aufquelles il est maintenant sujet. Il {era pour lors comme le fer, qui mis dans’ le feu,, paroît être du Feu non Seulement il f eratél, mais i demeurera tel pendant. toute l’éternité. Il n’aura lus tëfoin d’alimens pour entretenir Ta « vie, ni v d’échele pour s’élever en haut. Il sera pour lors tout foirituel: cela sans doute sera furprenant, et il: k sera d’une manière qii-on ne peut exprimer: car les justes brilleront comme le soleil, et comme la ta ne y et comme les étoiles du Firmament. »
Et comme si Dieu, qui a prévu la peine qtit les hommes auroient à croire ces choses, avoit voulti les marquer dans la nature. Ne voyônsnous pas èt versluifans, qui éclairent la nuit l’été, quoiqu’ils payent que des corps très petits? pommé pourflous de Jerufdlem. XVIII. Càtcch. 48;
difpôfer par Ces chofcs naturelles à croire ce que stous efperons: Car celui qui peut faire ces petits ouvrages, est capable de faire aùfTi les plus grandes merveilles, et ayant rendu lumineux le corps d’un petit animal tel qu’est uji Ver, il doit à plus sorte raîfon rendre lumineux les corps des justes.
Nous réflufeitetons donc pour; prendre des corps qui ne se détruiront plus., et qui ne différeront qu’en ce que ceux des’ justes seront tous’ célestes y afin de pouvoir cônverfer avec les Anges et les tofps des pécheurs dureront pendant toute Pétetnité y pour y iouffrir’les peines dues à leurs péchez, et être brûlez dans un feu qui ne s’étadra jamais11
Et c’estavec justice que Dieu a ordonné ces deux fortçs d’états: car comme nous ne faisons prefque rien que dépendammeiV: du ebrps,; le blafphênie la prière, et les fùpplicàtiicms,’ le fofmeht par k bouche. On ést impudique ou chaste par le corps; C’est la mlin qui prend le bien d’au thiy /ou qui donne Taumône, et ainfi’des autres vertus ou Vrtes. Puisque le corps a part à tourne ijue nous faiforts, il est jùste qu’il soit ou puni /ou recortipeiv fé en îautre vffe.;
Apprenons pâr-là /mes Prcres àméhager nôtrë tcfrps/et à ne le point faire servir à des uiages mauvais. Donnons-nous de garde de dire comme les Hérétiques, que le corps ri’est que comme un vêtement étranger J dont on se dépouille comme ôii Veut. Confïdcrons-le au contraire comme faifarit une partie d nous- mêmes; et airifi ayons pour luy beaucoup d’égard: car iiôus rendrons compte à Diéfc
P P-P HJ 6 Les Cdtechefes de faim Cyrille de tout ce que nous aurons fait avec nôtre corp Ne dites pas: Personne ne me voit; car nous. ne sommes jamais sans qu’il y ait quelqu’un témoin, de ce que nous faisons. Je veux qu’il n’y ait pas, toujours quelqu homme qui nousvoyc: mais celui qui est dans le Ciel; èst le témoin de notre cœur, est prjefeht à tout ce que nous faisons ll} et les; tâches, les foiïillûres, ou les imprefSpns du péché relieront dans le corps. Comme nous voyons qu’une playe faite au corps, quand même elle; est guérie, ne laifle pas de laifler quelque cicatrice; auifi Je péché, qui est la playe de l’amc et du corps laifle dans l’un et l’autre ses impreflions, qui en fontcpmmeles xicatricCT) 8c elles ne sont enlevées que quand on reçoit lé Baptême. v
« Dieu guérit par ce Sacrement toutes les playes; que nous nous sommes faites avant que de le recevoir i mais tâchons, après l’avoir reçu, de conferver faiis tache k vêtçmcnt blancs, dont.nôtre corps y aura été, revêtu j et que nous ne perdions le Ciel par quelque fîipple fojuication légère } ou par une vie lafeive, pu.par quelque autre sorte de péchez. Procurons-nous au contraire l’héritage du Royaume des Cieux priant Dieu de nous en rendre dignes par la grâce. Cela fufïira pour ce qui regarde la Rgefurrcdipn dejs- morts »-.
Mais comme vous devez vous-même réciter la profefllon de Foi que vqus nous avez entendu dire • plusieurs fois., fouvenez-vous qu’elle contient encore ces articles: Jt crois un Baptême, la Pénitence, U tf- mon des pccbeH J fÈglife yùcjtmc Sainte et..se- de’Jérusalem.Xlîl.Czicàï. 4ÎP7
Colique j la RefurreSkon de la chair, et la Fie éternelle. c vous ay instruit du Baptême dans le premier difcçurs que je vous ay fait;’ Je viens de vous parler que les morts rcffufciteront, à l’occafion de-cet article de la Résurrecetion de la Chair.
Il ne reste donc plus qu’à expliquer ce qui regarde l’Église, qu’elle est une, Sainte et Catholique1!, et encore qu’on en pourroit dire bien des dhofes je me réduiray autant que jeje pourray à ne vous parler que de ce qui est -le plus important, et le plus oiecefTaire/Sçachez donc que lliglife est appeliéc Catholique1, parce qu’elle est répandue par toute la terre; parce qu’elle enfeigne univcrfellement tous les dogmes qui peuventenir à la connotfTance de l’homme, tant iur les chofcs vifibles/què sur lès invifibles; furies chofescélestes, que sur celles qui sont en terre; parce qu’elle iflfujettit à ses pratiqués 3es grands et les petits, les Princes et les fujetr; iparce qu’elle remédie généralement -à tous les pechei que l’on peut -commettre p« l’ame, ou par le corps; parce qu’elle poffede toutes les gtaces, et toutes les vertus, tant pour agir que pour parler.
On l’appelle Églife, comme qui diroit Aflemîlée; parce qu’elle invite tous les hommes à entrer dans son fein, et qu’elle les affemble, comme t)ieuTavoit ordonné dans le Levitique: JJfembtez Ltvlt. tous les Peuples devant Centrée du Tabernacle du Téntoizvage. G à vous voyez par l’Ecriture T que le noih 4et: Lis Catecbéfes de saint, ÇyriR?. »
« « dïglife Ggnifie Aflemblée vpujs Dipu établit Aarcih dans le Sa.netuaire. Et dans le. Dçutçroriomp.Dieu » Xjifa4. dit: à Moïse: AfTemblez-moy les Peuples., afin que lq#u jç.leur faffe entendre- mes paroles, etqu; ls apprennent à me ççaindre, tant.çju’ ils seront, sur la. c rrei Il donne encore ce même nom d’Église, lorsqu’il Dmuk, parle des Tables qu’il lut. devant, le.pcupla, il écrivît sur ces Tables les paroles que le Seigneur luy ayoit dietçes.sur la Montagne: Dp. milieu du feu atf jour ’dtïEgfife ou de l3Ajfemblçe Comme.s’il difak: Au jour que vous, avez été appellçz pr Tordre du. » Seigneur et que vous avez été, affepiblez cq. foa i 34v-jiom. Le Pfalmiste diç austuje.vws glorifieraysSeiigneur dans, votre figlife, je, vous Joiieraj, au milieu h Peuple: y et étant dans les Églises ou Jpmblée s. Il iiT ù7r:. fqit: Enfasts d’ifraëi beniffez le Seigneur,..
Mais les Juifs ayant traité indignement le, Sau- veur_, sont déchijs, de cette faveur d’être l’Église.
dij Seigneur. Le Sauveur luy-même. en a drefle une autre y qui est la sainte Église, des Chrétiens,. C’est
Matkits..d’elle dont il dit à S. Pierre: Tu.es Pierre, etsa ’ 1 - cette -pierre fétabliray mon Église, et les portes dc-l’En fer ne prévaudront point contre elle. Et ilfemblcquf.Ic
Prophète les avoit en vue, lorsqu’il dit comme par
A5 lant de la première, qui devoit être détruite:/ hai l Église des méchans. Et qu’il ait défigné l’autre;
qui devoit être bâtie par Jésus-Christ., lorsqu’il di- 23.3. (oit: Seigneur y fay aimé la beauté de vôtre tnaifflhfo- ffi}. 11. aussi en: diiant: Je vous beniray Seigneur, dans Us
Églises } Car.il n’y ayoit qu’un Temple, ou un fcul lieu dans la Judê où Ton s’aflembloit Et cette - Église;
Eglifc a été rejettee, au lieu que depuis Jésus Christ les Églises se sont multipliées, et on en trouve dans tous les endroits du monde. Et c’est d’elle dont il est parlé dans les Pfeaumes: Chante des ffi 14; tanriques au Seigneur: Que sa louange soit chantée dans ïaffemWee des Saints. Ce qui a rapport à ce qu’un autre Prophète prêéhoit aux Juifs de la part de Dieu: MàU i; Je ne prends pas depldifir a vos facrifiçes, dit le Seigneur ToutJPuiffant, et je n’ay point pour agréable vos offrandes; mais depuis le lever du soleil jusquau couchant mon nom sera loué parmi les Nations.
C’est aussi de cette féconde Église Catholique, dont il est parlé dans la première Epître de S. Paul à Timothéç: Sçache% comment vous devez vous corn- u Tm.y porter dans la Maison du Dieu vivant y la Colomne et l5’ le foutien de la vérité
Mais parce qu’on donne le rtom d’Ëglife à plufïeurs sortes d’ AfTemblées, et même à celles qui sont ieditieufes, ou aux émotions populaires % comme il est dit dans les A6tes - Que S. Paul après son difcours congédia t Église; Cétoit le peuple féditieufe- ab. i nent aflemblé. On pouroit aussi dire avec justice °des affemblées qui se sont chez les hérétiques, comme chez lesMarcionites, ou les Manichéens, que c’est l’Église des méchans l7. C’est donc pour distinguer la vraye Église d’avec toutes celles-là, que la Foi nous enfeigne qu’elle est l’Église Catholique, afin qu’évitant toutes ces sortes d’Àffemblées, vous peffeveriez dans l’Église Catholique, dans laquelle vous aurez été régénéré; et qu’en allant en quelque Yille, ou en quelque lieu y vous ne demandiez pas
Amplement, où est i’Église, où est la Maison du Seigneur; parce que les Hérétiques donnent et nom à leurs Temples mais que vous demandiez où est I’Église Catholique; parce que c’est le nom pra. pre de cette sainte Mère de tous les Fidèles Chrétiens, qui est l’Epoufe de Jésus-Christ, nôtre Se Zphifi 5-gneur., Fils unique de Dieu, selon qu’il est écrit-;
2 que Jésus-Christ a aimé son Église, et qu’il s’est livré pour elle •
Elle est l’image de la Jérusalem céleste, quiest libre, et nôtre Mère. Elle étoit autrefois sterile, mais maintenant elle est Mère de plufîeurs enfants; Et après que la première Église a été détruite, c’est dans cette féconde, qui est la Catholique 3 que com± i.Cor. i%. me £it s. Paul: Dieu a étably premièrement des Apôtres % en second lieu des Prophètes, en troifiême lieu des Dp Meurs. Il a communiqué ensuite aux uns le don des Miracles, aux autres le don de Gvérifon, le don de Parler diverfes langues, et le don de les interpréter, et le don de toutes sortes de vertus; J’entends la Sageflc, l’Intelligence, la Tempérance, la Douceur et la Patietfce invincible dans les perfécutions, pour laquelle, comme par des armes de justice, nous fçavons fupporter la bonne et la mauvaise fortune la gloire les opprobres. Ce qui a paru du temps des Pei fécutions et des Calamitez,, où tant de saints Martyrs ont mérité par leur patience d’être couronnez; aussi bien que plufîeurs autres Saints dans le temps le la paix, qui ont encore enrichy cette Église par leurs vertus et par leurs mérites.
Mais par la grâce de Jésus-Christ y elle jouit de la paix l8 T elle se voit honorée des Empereurs 3 et des Princes J et des personnes les plus distinguées qu’il y ait au monde et au lieu que l’autorité des Rois a ses bornes, et Tes limites â celle de l’Église n’en a point l9 elle s’étend par toute la terre; et si j’en voulois dire tout ce qui se préfente à mon cfprit, il me faudroit plusieurs heures pour en marquer la dignité.
Tâchons donc qu’après avoir été éleve2 dans le fein de cette Eglile Catholique, et y ayant vécu sans reproches, nous obtenions du Seigneur le Royaume des Cieux 10, et que nous pofledions la Vie éternelle, pour laquelle nous travaillons: car c’est le but que nous devons nous propofer: Voyez combien cela est grand, c’est aufll pour cela que dans vôtre Profefhon de Foi, après avoir conf elle la Résurrection de la Chain c’est-a-dire la Résurrection des Morts, dont nous vous avons parlé, on ajoute la vie éternelle, pour laquelle les Chrétiens doivent combattre. Cette vie est la profeffion du Pcre, du Fils, et du S. Esprit, de qui, comme de la fource, coulent tous les dons célestes -, par la bonté de celui qui nous a enfeigné étant sur la terte, tout ce qui a report à cette vie éternelle: car H ne faut pas se décourager, comme si cela étoit impofiïble. N’ayons point égard à nôtre foiblefTe, mais à la puissance de celui en qui nous croyons; Tout est poflible à Dieu, et c’est pour cela que nous attendons de luy la Vie éternelle.
Dan.iu Daniel a dit, que ceux qui auront enfeigné U u justice aux autres, brilleront dans l’Eternité commettes i.Tbef.4. étoiles; Et S. Paul allure que nous y ferons toujours avec le Seigneur: C’est ce que le Sauveur avoit déclaré dana l’Evangile: Que les médians s’en iront dans le Sç-;
Mat h. 25. pulchre éternel, et les justes dans la vie éternelle.
« Nous aurions beaucoup de choses à vous dire sur la vie éternelle 5 Je diray seulement que l’Ecri »
ture nous propofe plûfïeurs moyens d’y arriver;
je n’enrapporteray néanmoins que quelques paffage choifïs, ae peur d’être trop long, biffant les autres à vôtre étude, et à vôtre recherche Premièrement donc elle dit qu’on l’obtient parla Foi, ainsi qu’il
Joan.ytf. est; écrit: Celui qui croit au Fils, a la vie éternelle. Et dan un autre endroit Jésus-Christ dit: En vérité quiconque écoute mes paroles, et croit en celui qui m 4 envoyé, aura U vie éternelle.
Secondement par le martyre en confefTant Je’ fus-Christ publiquement, ou en prêchant son Evan-r gile: car il est écrit que, celui qui féme, recueille
Joan.6. ra du fruit et l’amaffera pour la vie éternelle. Et ail- u. leurs: Celui qui haït sa vie est ce monde, la con- fervera pour la vie éternelle. Et Jésus-Christ parlant de ceux qui auront quitté leurs biens, et leurs amis
Math. 19. pçur luy, dit quils pojjederont la vie éternelle.
9’ Troifiémement, en gardant les Commande1 mens, comme le Sauveur répondit à celui qui luy
Mtth.ic,. demanda ce qu’il falloit faire pour avoir kwto 1 nelle. • de f enfilent. X V I II. Catcch. A9Ï
Travaillons donc à fuir le mal, et à servir Dieu par la pratique des bonnes oeuvres, comme le marque S. Paul: Etant déformais affranchis du péché, gm. c: étant devenus ferviteurs de Dieu, le fruit quevous recueillerez, est UfanéHfication, et Ufin où vous farvene%, est U Vie éternelle.
Il y a ainsi plusieurs, manières d’arriver à la Vie éternelle, que Jésus-Christ nous a procuré par sa Paffionj et comme Dieu est bon, il nous en ouvre l’entrée par plusieurs voyes, afin qu’autant qu’il est en luy, chacun ne trouve rien qui l’empêche d’y arriver.
Je ne vous diray que cela sur cet article, qui est le dernier 5 de nôtre Profection de Foi, priant le Seigneur qu’il nous en fafTe jouir tous, tant vous que moy, et ceux qui instruifent, et ceux qui écoutent les instrudions.
Au reste, mes chers Frères, le but de ces discours nous engage à vous exhorter de préparer vôtre amc à recevoir les grâces du Ciel. Nous avons tâché de vous expliquer avec le fecours de la grâce, autant qu’on le peut dans les Catechifmes pendant ces quarante jours, ce qui regarde la Foi Sainte et Catholique, que vous devez profeffer 4. J’aurais pu aufil vous parler d’autres choses, que j’ay cru devoir omettre, et que les bons esprits auraient peut-être étébien-aife d’entendre: mais comme le iaintjour de Pâqu« s s approche, où vous devez être régénérez en Jésus-Christ par le Baptême. Nous vous dirons après ce temps, cç qui vous conviendra pour lors, t »
Cxqqiij 454 Les Cdteéefes ete saint Çyrdtc ’
Perifez seulement a la modestie7, et à Tordre dans lequel il vous faudra entrer dans les fonts, lorsque vous serez nommez 8: car c’est pour chacun de vous que Ton va traiter les mystères qui se donnent avec le Baptême, et avec quelle pietés il vous faudra paffer des fonts à l’Autel de Dieu, participer aux mystères, et fpirituels et eclestes qu’on y célèbre; afin que vôtre ame étant éclairée par l’instruetion, et par les discours que nys vous avons faits, reconnoiffe la grandeur des dons que Dieu vous y destine.
Ce sera donc après ce saint jour de Pâques, que nous nous aflemblerons chaque jour de la femaine 30 en ce saint lieu, où le Sauveur est reflufeité, que vous entendrez d’autres Catéchèses, dans lef quels nous vous expliquerons les raifonsdetout ce que vous aurez apperçu dans la réception des Sacremens, par des partages tirez de l’ancien et du nouveau Testament.
Nous commencerons par ce qui précède le Baptême, enfuit e nous vous curons comment vous aurez été purifiez de vos péchez par le bain falutaire de l’eau, et par la parole de Dieu; et comment vous avez été faits participans de lonetion de Jésus Christ, et que vous avez reçu le sceau du S. Esprit; enfin nous traiterons des mystères du nouveau Testament, qui se célèbrent sur l’Autel du Seigneur quelle est leur origine, ce que Ecriture nous en apprend; quelle est leur efficace, et comment il faut en approcher, et en quel temps on les doit recevoir, et enfin ce qui sera le sujet diï dernier discours, comment il faut, à mefurc qu’on avance dans la vie, faire progrez dans la vertu, et comment on doit se comporter dans ses paroles et dans ses actions, et danstoùte sa conduite pour obtenir la Vie éternelle. Voilà, s’il plaît à Dieu, ce que nous vous expliquerons.
Au reste, mes ïreres, réjouifTez-vous au Sei-rgneur, je vous le répète, réjoiiiflez-vous, car vôtre Rédemption approche, et les Anges du Ciel attendent le temps.de vôtre salut pour se réjouir avec vous1; déjà la voix de celui qui crie dans le defert vous dit: Préparez la voye du Seigneur. Le Prophète s’écrie: Que ceux qui sont altérez et ont foif, approchent des eaux vives. Ecoutcz-moy: Vous ifll. 55.1. mangerez ce qui est bon, et vôtre ame jouira de1’ toutes sortes de délices. Ce même Prophète dit;//. et; En suite Jérusalem, vous serez éclairée, voiçy., votre lumière est venue, vous serez appellée la faïnte Cité la Maîtrejfe-Fille, et la fideUe Sion. Et cela à.cause que c’est de Sion qu’est venue la toy, et ’de Jérusalem qu’est venue la parole du.Seigneur, qui.s’est; en- ’ suite faite entendre par tout le monde.
C’est a elle que parle le Prophète, lorsqu’il dit: Regardez au tourifai. 49. de, vous, et voyez tous vos enfants ajfemblez. Et c’est,8,. elle qui, répondant.,, dit: Qui sont ceux qui volent irai. 60.. sur moy t comme des nues, et comme des Colombes avec%’ leurs petits. Voulant marquer par les nues, l’Esprit qui les anime, et par la Colombe, leur {implicite. C’est d’elle qu’il est dit aussi: Qui entendit jamais ’/« .. une telle chose, et qui en a. jamais vu de fembla He i Qu’un pais fut peuplé n un jour, qu’une Nation naîtroit tout d’un coup, et que Sion ait enfante [es Fih aujfi-tôt quelle a fenà le travail de l’enfantement: Ofl y sera remply d’une joye inconcevable, à caufede »
« If ». 6. la préfence du Seigneur J ainfï qu’il Ta promis: Je iS- feray que Jérusalem sera dans la joye, etquemofl peuple sera en paix
Qu’il me soit donc permis de dire à votre sujet; Que les Cieux se réjouiifent, et que la terre tréffail
Jfal 45?. le de joye. Le Seigneur a eu pitié de son peuple,
J# il a confolé ceux qui se sont huniliez Ce sont les paroles que le Prophète disait a la vue des miferi tordes de Dieu envers les hommes: Et moy, dit ïfahv 15. Dieu, je couvriray tes iniquité comme une nuée, cr/l difjiperay tes pecbe% comme une fumée.
Vous donc qui avez reçu le nom vénérable dô lf« . 61. Fideics cest £c vous qui est écrit: Je donneràyu nom à ceux qui me fervent, et ils seront bénis sur U terre. »
fh. 13. Dites donc, pénétrez 4cs fentimens de joye: Beny soit le Dieu, et le Père de nôtre Seigneur Je
Inr.i. j.fus-Christ s qui selon sa grande mifericorde, nous a régénéré par k Résurrecetion de JésusXhrist, est nous donnant Tefperance delà vie, et dontlefang nous a rachetté, et nous a acquis la rémiffioff de nos péchez par les richeffes de ta grâce que k P re a répandus sur nous avec abondance, et qui Crique nous étions morrs par nos crimes y nous a lait revivre en Jefïis-Christ, par la grâce duquel nous. avons été fauvez,. parce qu’il est riche en miferi corde, et par l’amour infini dont il nous a aime;
fpfy-. Louez donc le Seigneur, et dites; La bonté et ’ • raBoar
« Fâmour de Dieu nôtre Sauveur, a paru envers nous j il nous a fauvez non n vertu des œuvres de ju- Ephef.u. stice que nous- euflions faites,.mais.par, sa pure mi-r fèricordé en nous lavant dû Baptême delà régénération 3 et du. renouvellement du S. Esprit,, quil à répandu sur nous abondamment par Jèfus-Christ nôtre Seigneur y afin quêtant justifiez par sa grâce nous devenions felon nôtre espérance lès héritiers de la Vie éternelle. _Qûe Dieu lé Përe de nôtre, Seû gneur Jtfïïs-Ghrist le Père de la gloire, vous don ne l’êfprït d’Intelligence, et de la lumière pour lé connoître, et qu’ayant éclairé les yeux de vôtre e£ prit, il vous conferve dans U pratique des bonnes » • œuvres, et qu’il réglé nos penlées y et nos paroles; A luyfoit la gloire, l’honneur, etlapuifiance par Ifus-Christ nôtre Seigneur aec le S. Eïprit 5, Ôtc maintenant et dans les decies infinis; Amtn.
GEtte Instruetion comprend les autres articles du Symbole, qui « firivent celai du S. Esprit, ainsi on y verra l’explication de TE glife., la Rémiffioh des péchez, qui s’y donne par. te Baptême, ce qui regarde la Résurrecetiôn de nos- corps, et la Vie éternelle. S, Cyrille commence pu celui de la Résurrec5tion, qu’il va établir contre les Païens, contre les Juifs, et contre certains Hérétiques qui ’ ne la vouloient pas- croire. On voie combien il eff second è » pieu- ves et en exemples pour établir ce dogme.
L’tfperancc de U Résurrection est le ’fondement de toutes nos bon- ûes œuvres. Vérité prouvée par S. Paul. - x Parce quil est delà jMJiîce de Dieu ie punir les méchans, ôc de récompenfer les bons j et que foiwcnt les pécheurs meurent farts 4 avoir été punis en cette vie, ils doivent donc l’être en l’autre vie.
« 3 Le Phénix. •. Cyrille cite S. Clément dans sa Lettre aux Corinthiens. C’est le Pape S. Clément qui est le premier Auteur Ec- -. cleûailique, cuiaiç-fait mention de cet oifeau fabuleux, vanté par »’ x • R.rr:
« 45 Les Catéchèses le Joint CyriSt lts Aatelirs profanes. Priât ius reprend /cette htstoire dans l’Epure 8c Clément; mais.ce Pape la rapporte sur La Foi, et après le ccrit que plusieurs en avoient fdit; 6c S. ’Cyrille en la rapportant Jnarque qu’ikavoît S. Clément pôr.gâretit. Ce quLraontre que de fôn temps oh iifoit cette Lettre, et 4ju’on croyoit que ce Pape ea étoit l’Auteur » Elle est citée par S. Clément d’Alexandrie, par Oeigene, par Eufébe, par S, Jérôme; elle a été long-temps cachée, mais elle a étérretrouvée dans an ancien toanufcrit et donnée au Public en i6j. par Patricius Junius, qui la fit imprimer à Oxfort. lih. ieê- Tertullien parle arrffi du Phénix, et se lifok dans une tradudîoa c. ij. ferme des Éfeaurnes. Jfls stortbit ut Phemix, nous lifons, Sxutptlmâ. f- u Nous lifons dans J’JEœcute, dit-il: Que le juste fleurira comme le Phenix, c’est à- dire, il triomphera deiarrlort et du fepulchre, arm 4jue nous %ortsperfuadez que la fubstancc du corps peut être un jotar rappellée même du milieu des flames.
L’équivoque vient de ce xjpe Phénix en Grec:(îgnrfie un Palmier, et un Phénicien. Les Septantes Hfent Phénix au sens du Palmier -comme le Vetbe flortiït le 4narque, 4 // m faut f as se servir de FEcriture devant les infidèles qui ne la rçconnoiflenpns
Jt fuU ie Wm d Abraham. Jésus-Clmst en S. MaAieu cite « e Math, n.paflage contre les Saducéens; gui âicunt XtfurrtBiêntm non tfi{ ne tenoiênt point de RefUrrecTâon. Jésus-Chrrst leur dit: Vous ettf dans terreur, et cite ie.paflàge de l’Exode qui femWe e prouver.que l’immortalité des âmes; mais les Saducéens ne rejetaient la Keiurreetson que parce qu’ils ne recpnnqifToient, pas les âmes immortelles; et airifi aglflaicohtr’eux, la pective de l’un devoit erre la preuve M l’autre. S. Paul aussi ne démontre la Kefurreûion que ar la neceffité f une fécompenfe et « Tune vie immortelle, i. Cor. o. au x. Livre des Maccabées, on prouve la efurreetion Pf jmortalicé de rame. Enfin JDieu eillë Dku d’Abraham... C est a-a re de leurs personnes Qc quoique leurs âmes ne soient pas encore réunies à leurs corps, cependant ils vivent à l’égard de Dieu. » »
L(s imv’us ne rtjj ruf citeront point au Jument, « on pû »r PS??. Jnais pour ietre condamnez, comme l’expliquent S » Ahîbroile, b. tlaire, Eufcbe et Theodoret; car leur impieté « tant mantfdte, m il ont nul befoin d’être jugez; ils kont d’eux mêmes se ptienx aux iupplices éternels. Quelques-uns ont voulu avancer que tes) • crojroienr pas la Re sur reétion, -mais le « contraire paroîtdaiv sieuc. 8. 14. des Maccabées, ou l’un des fept Frères dit:: wMSj! j? rons qiïun jour Dieu nous rtjfufcittra, nuiis four vous vous ne repj • tenz. point k U VU. Il parloit au Roy Antiochus Ep’phanes, ch. 7. v. 5. il y a: Qu’ils attendoient la Résurrection, et elperoiem la Vie éternelle. Rtx mundi defunfios nos pro his Ugtbusin Aterni t _ Rifumiïipnt refjifcitsbit Au Livre de la Sageffe ch.:.+ • on w dèjemfalem. XV I H. Catccli. 49% st regrets des Damnez, comme au ffi dans Job, et dans les Prophètes. »
II ri y a qne le temps de cette vie, oh l’on peut faire pimtençe poux obtenir le pardon de nos péchez. Cela n’exclue pas le Purgatoire, où Ton peur acquitter des peines temporelles duos à la justice de Dieu, àcaufe de nos péchez; In ptec Mis - mort ui confefiioms ttmpus note htbtbmti Ainsi l’impénitence sera éternelle quand on aura lé malheur d’y mourir.
« « « « « « 7 Dita donne dt U foret et di U versa am corps des Saints à leur Reliques Abfentt etiam anima y inefl virtat aaadam cjnfmodi corporiems Sanstorum. Ce n’est qu’une, vertu morale » ainsi cela n’tst pas contraire au Concile de Trente qui déclare qu’il n’y-a aucune vei tu dans les Reliques » Cette vertu dont parle S. €ytille D »w »j/, nefc aurre que le S. Esprit, qui habite dans les corps des fidèles, dit S »Paul, comme dans Tes membres ainsi ces corps n’ont pas cette vertu d’eux-mêmes, mais seulement en ce qu’ils lont les inArumens du’ 5. E/prit, qui habite en eur, 8ç qui se ferr d’eux pour opérer dtsmerveilles. Aussi S. Cyrille compare le corps d’Elifée, et les corps des Saints, aux Suaires et aux Demi ceints qu’on faifoic toucher 4S. Paul, etdans la Catec-h ».Jet il attribua tous les miracles à la x vertu du S. Esprit, F’srsutt SpiritAs fandl
« « « On voit par S+ Cyrille l’ancien honneur que l’Église rend aur Reliques des Sainrs, les miracles qui se faifoient à leurs tombeaux que cela ne paroi (Toit pas phts furprenant que d’avoir vu autrefois le corps rooK d’Elifée avoir rendu la vie à un mort qui avoir été’ jette dans- Jefewilchre de ce Prophète, que d’avoir vfc les linges qutavoient touche S. Paul, guérir des malades Les preuves do S. Cy rille, sim celles dont è fervent encore aujourd’huy nos Gontrovecfistes contre les Proreflans. S. Bafife pacte de même: Si quelqu’un, / » r{. i »// dit-il, fouffee ta mort pour le nom de Jésus- Cbrist, ses Reliques sont estimées prétieufes; 11 croie dit dans lancienneloyjque si quelqu’un touchoit un corps mort, il éroir repaie iropur; mais il en est main-tenant tout au contraire poifque ceux? qui touchent les os des Martyrs participent ew -quelque sorte i leur Ù n déification, à cause de grâce qui réfide même dans-leurs corpflr.
Qb grutiam êorpori ir? si+ dmem: S. Ephrem fuivoit la même penfëe, que la Loy défendotr dcTrxa. do toucher mi corps mort, mais maintenant quiconque touche les ’• os de quelque Martyr » attire sur Juy la fanetbicaaon et la grâce qui Jtpofe dans le corps du Saint. Quamdam fanUifoatUmem, et taris gra t’m fd corpori ajfidtt, affàmere crediiur.;’ S » Grégoire de ISfczianze, Orat. ij parlant dés miracles faits par lés Rdiqoes des -Martyrs, dit quer le « oindre infiniment qui a fervi à leur martyre, a la même vetu que fcur corps liim profstnt tjuoâ corpora.
La longueur du jeun de la Pàrafcevt S. Déni » d’Aléxandrfc dit tp canon4 « pe les uns pafioient toute et Semaine fins manger d’autres trois • i. Wurs d’autres deux feulemeat, miis- ordinairement il duroit depuis
Rr ij i joo Zes Gitebhéfcs depunt Cyrille le foupé du- jeudy jusqu’au déjeûne du jour de Pâques. Voyez les’ccm- L-hc. 17 stitutions apostoliques. Les veilles étoient les deux nuits du Vendredy au Samedy, de du Samedy au Dimanche. S. Cyrille parle de celle du Vendredy au Samedy /dans laquelle on honoroit la Sépulture et lerepos de, Je(us Christ comme- faifaat fcntinelle amour de ion Tombeau.
Tertuïïien parlant de la Hefwrreïtiv a touché prefque-les -rûm Xih ii. raifons que S. Cyrille. Il dit. que l’homme ayant péché dans son corps r. 5c dans ion ame, tt doit être puni danslun et dans l’autre, et ce serait ne faire grâce qu! à demi, en ne fauvant -que la-moitié de l’homme. Le diable paroîcroic plus puiffant pour perdre l’homme en le-faisant tomber tour entier 9Sc Dieu paroitroit plus foible en ne le relevant qui demi. Tertullien ditauffi que les biens que le, corps promet à l’ame, demande qu’il reffufcire, et qu’il soit récompense aussi bien que l’âme. Le corps est lavé dans l’eau, et l’ame eiVpurifiée defes taches. On fait l-’onetion sur- la chair, et lame est confacrée+on fait le ligne de la Croix sur la chair, afin de fortifier l’-ame la chair mange le corps de Jésus-Christ, afin que: lame soit remplie et engraifee de Dieu même. La chair et Tarne ne peuvent être -feparées dam la récompenfe, puisquelles sont jointes dans leurs opérations Les jeûnes, les mortifications se sont dans la chair, la confervation de la virginité, l’immolation qu’on fait de la chair par le martyre jque comme rien ne se -perd dans la natme, c’est l’image de la Retu reetion de nos’corps..
Vn feu aui ne s éteindra jamais, ©n voit l’éternité des pwnes de i’enfer, et que S. Cyrille a cru que le feu y étoit réel et verita4le, encore qu’on ne puiffe concevoir coramfrit un feu corporel peut agir sur des âmes qui sont fpirhuelles; C’est comme li on de- cmandoic comment une aiguille ou une épéc, qui sont corporelles peuvent agir sur l’ame, et luy iaire fouffrir des douleurs « si aiguës » n Présence de Bien par tout.
Les taches ôc les impreflîons que le péché laiffe dans 1 ame.
La rohbe blanche qu’on donnoit au Baptême., 14 Vasticle de la rémiffion-des péchez, accompagne celui duBapaême, comme dans le Symbole de Nicée. Confiteor mm 3pV in remiffienem peccatorum; Se parce que S. Cyrille avoir parle « JBaptêrae au commencement de les instrudcions, et comment ce mc ment remet les péchez. Il dit qu’il a en parlera joint icy, et f à l’explication de l’Eglifc...,. »
« 15 VEglifeVne, Sainte et Catholique, les trois qualirez de ltg »1 16 L’ Eglif eappeUéc Catholique, parce queMetst répand f » t. te la terre, ôc les autres raifons pour lefquelles elle est dite Catn lique. Voyez toutes les différentes idées que l’Ecricure donne « ./ glife. Comment distinguer l’afTemblée des fidèles, appçHce tg££ de toutes les autres choses, à qui on donne ce nomidclïetWcyw 4euueê pu 4e l’Église de Jésus-Christ.
« « « « 7ejétufi, lém. X V II L Catefch. joi 17 Lfs affemblèes des hérétiques sont l’Église des méchant 18 // n’y a que t Eglife de Jefas-Cbrist, fuon nomme Catholique. Ce v-jue S. Cyrille dit se trouxe dans S. Pacien, dans S. Cypiien, dans S. Augustm. Onpaxloit estême en Orient, et en Occident y entendans par tout par le nom de Catholiques » ceux qui sont dans la vraye Bglife. S. Pacien prouve de même qu’il y a paru plusieurs se- Ai Set es depuis Jésus-Christ, elles ont toutes été appellées du nom defr’ »« leurs Auteurs. Que le nom de Catholique est demeuré à la seule véritable Eglhe. Mon nom » dit- il, en s’addreflànt à Sempronien, est le nom de Chrétien » mon furnom est cehiy de Catholique. Catholicus, cognomen. S. Augùstin parlant aux Manichéens, leur dit apprenant les motifs qu’il a eu de les quitter et d’entrer dans l’Église -, c’est » liDil, le nom île Catholique, que cette Eelife seule a ii justemenc par tant de raifons confervé entre tant d ’hérétiques, enforte que quelques efforts que tous les hérétiques ayent faits pour emporter ce nom en se féparant d’elle, ils ne l’ont jamais pu retenir, et qu’il n’y a point de fidèle qui se puiflè dire véritablement Chrétien, s’il n’eil vrayment Catholique. Il dit même qu’il ne croiroit pas à l’Evangile, s’il ne sy fentoit pouffé par l’autorité de l’Église Catholique Nifi me Ecclepa Catholïca authoritas commoveret.
VEglfe étoit pour lors en paix sous les Empereurs Chrétiens 10 VEglife Catholique n’a point de bornes, plus étendue que tous les Empires du monde.
On n’obtient’le Royaume des Cieux que dans l’Église, il n’y à point tie saluthors d’elle, il n’y a que perte et damnation. S. Cyrille l’avoit déjà prouvé par S. Pierre i. Ep.. 10. que l’Arche fut la figure de l’Église, Jiors de laquelle tous furent fubmergez, par S. Mathieu 16. 18. que -les clefs du Royaume des Cieux ne se trouvent que dans l’Église.
La vie éternelle confiste dans la pôfllflîon et la jouhTance de Dieu, des trois tferfonnes de la très sainte et indivifible Trinité.
Diverfes minières oh moyens pour arriver à la vie éternelle, comme la Foi, le Martyre, les autres bonnes œuvres.
L Pie éternelle le dernier article du Symbole.
On devoir faire sa-Prof (Jston deFoy9 reciter le Symbole avant qttfc de recevoir le Baptême.
On donnoit le Btême à Plaque.
S. Cyrille promet après Pâque des Instructions qui expliqueront les Sacremens qu’on avoit reçu à Pique. Ce sont les Catéchèses mystagoques.
Vordre 6c la modestie avec laquelle il falloir entrer dans les 4fonrs.
On y entroit Tun après l’autre, et après qu’on avoit été appel é par son nom.
Avec qmllt pieté on doit approcher de TAutel.
« jet Les Càteetefis de saint Cyrille 31 On sUjfcHîbUit chaque jour de la Semaine de Pâqaepour cmrendre expliquer les. Sacremens qu’on avoic reçu, et cétoit dans PEU glife de la Résurrecetion, de l’ Aaastofie: vrây les fujets qu’on j. trai rerâ. De ce qui précédera le Baptême j lakonde y de ce qui larcon pagne et le fuit -, la troifieme, du S. Chrcnte j la quatrième, du, Sacrement de l’Autel 6c la cinquième, de la manière qu’on le célèbre for. l’Autel. Voila les fujets qu’il traite dans les cinq Gatecbefes mjrstagogi ques que nous avons, ce qui montre qu’elles fout la suite des précédentes, que e’est le même Auteur qui a fait les unes et les autres ».
« 31 ExkirtmUn patetique i se préparer au Baptême » la. joye du Cid de l’Église, dans cette cérémonie.
« 33 DoxûUgit ou louange à la fairtte Trinité par laquelle S. Cyrifc le finit ses Instruetions. On commençoit et on finifloit par louer âC liwiir.lc.S. Nom de Dieu ».
Première catéchèse mystagogique
MYSTAGOGIQUE, 3? aite à ceux qui venoient d’être bapttfèz, après que le LeetcuT eût lu k première £? ître de S. Pierre, à commencer par ces Paroles:,, Pefr. Soyez, fibres et sueiiïti s juiqu’à la £n de l’Epîcre.
AUROIS defiré, vrais et chers Enfansde l’Église, vous expofer plutôt nos fairtts Mystères, qui sont plus que 4III,,„,, „,„,! çélestqs, et remplis de la vertu du S. Ef- prit mai j’ayeruque comme nous nous attachons plus à ce que nous avons vu, qu’à ce que nous avons seulement entendu, que ce temps serait pluspro- jP4« . L’es Cdtechejes difûnt Çyrîlte pre pour vous les faire concevoir, fçachant dcjjt par expérience ce que nous allons vous expliquer,, que je n’aurois qu’à.vous conduire par U main pour vous faire faire attention à- tout- ce qu’il y a. de plus beau, et de plus confidçrable dans le panterre du Paradis y où vous êtes entrez, puisque vous avez été faits participais de nos divins Mysteresv que vous avez été jugez dignes de -rqgevoir la m -. par le divin Baptême... »
Il ne reste donc plus qu’a vous regarder commedès gens avancez, 8ç dçous expofçr avec exactitude là vertu et l’efficace des ctfofes par lefquelles vous ayepafle crfojr là?,
Premièrement donc vous êtes entrez sous le Portique du Baptistairc 4, et étant debout tournez vers rOfccidcnt vous avez oiïy qu’on vous acon mandé de lever la, main pour renoneçr Ji Satan 5,, comme s’il eût été prefeht.
Je vous diray que nous trouvons la figure de cette pratique dans Thistoire ck l’ancien Te statmeat, lorfqixe Pharaon qui étoit un Tyran très violent-, et très cruel j tenoit dans la captivité le peuple libre et généraux d’Ifraël, Dieu envoya Moïfepour retirer ce Peu-’ pie de la dure fervitude des Egyptiens on mit sur les; féiiils dés portes du sang de l’Agneau, afin que l’Ange exterminateur épargnât les maifons où il verroit ce fahg, etcePbuple fut ainsi délivré contre (on attente, mais après que Pharaon eût vu ce peuple en liberté, et que la mer s’étok ouverte pour le lajifler pafler, ne s’attendant pas à ce prodige -, voulantles pourfuivre au-miliçu, des eaux, et marcher A sur;
de Jérttfalem, I. Catech. Mystag. joj ur les pas de ceux qu’il pourfuivoit, il fut tout d’un coup fubmergé, et noyé dans les eaux de la Mer rouge
Panons donc de Tartcien Testament au nouveau, de la figure à la vérité. Là ce fut Moïse qui fut envoyé de Dieu en Egypte pour délivrer le Peuple qui étoit dans la captivité. Icy c’est Jésus-Christ que le Père a envoyé au Monde pour délivrer les hommes de leurs péchez. Là le fangde l’Agneau fit fuir l’Ange Exterminateur, et icy le sang de l’Agneau sans tache, Jésus-Christest devenu un puissant se cours contre les démons. Le Tyran Pharaon pourfuivit jufqUes dans la Mer les Ifraëlites; et le démon, Je Prince de lamalignité, vous a pourfuivy jusqu’aux eaux falutaires du Baptême. Pharaon fut fubmergé dans la mer, et le démon fêta comme noyé dans l’eau du salut, et c’est pour cela que luy faisant signe delà main, comme s’il étoit préfent,, vous di-v tes: Je renonce à toy, Satan
Mais il est bon de vous expliquer pourquoy on vous fait tourner de bout vers l’Occident, pour renoncer à Satan-, c’est parce que comme le couchant du soleil, est le lieu d’où viennent les ténèbres, il marque fort bien que le diable, qui est luy- même ténèbre n’a de force et de puissance que dans les ténèbres, c’est pour cela qu’on vous fait, tourner vers le couchant, pour renoncer à celuy qui est le Prince des ténèbres.,
Or un chacun de vous étant de bout, disait-: Je renonce à toy, Satan, comme au plus impie, et au plus cruel tyran qu’il y ait. Je ne crains plus ta ffi Les dàteiAytfis de fikt Cyrille fureur, ni tes violences, Jésus-Christ a détruit tôS Empire, ayant voulu être formé de chair et de sang, comme nous, afin de détruire parla mois et parle fouffrances, celui qui tenait l’Empire de la mort, afin que je ne fufle pas toute ma vie dans la fervitude Je renonce à toy, comme iu ferpent rufé adroit; Je renonce à toy, conïme ï un impo steur, qui sous prétexte d’amitié et de forvice, porte à toute sorte d’iniquité, qui a ainsfi fait tomber nos premiers Parens par tes iéduetions; Je renonce à toy, Satan, comme au Maître ou auM-inistred toute la malice.
Voyons maintenant ce qjie figne la féconde partie de ces f enoncemen6: Jt renome à mm m ûwvres. Les œuvres de Satan, sont joutes sortes de péchez aufqutfls on doit renoncer, comme quand on veut fuir la perfecution d’un Tyran, on évite tous ceux qui portent les armes sous luy. Voila c qu’on entend par les oeuvres de Sajtaji, foute fort? de pechefc.
Mais fouvenezrAfous sur fout, qu£ tout ce que vous avez dit pour lors., et principalement à cem Sieure si terrible; tout cela, dis- je, est crit dans les Livres fecrets de Dieu, afin que si vous vpniea près cela à commettre quelque chose contre la Foi de vôtre ferment, vous foyiez jugez comme prévaricateurs 7,
Renoncez donc à toutes.ces œuvres de Satan est-à-dire, a toutes les penfées et avions qui nç sont pas conformes à la droite raison.
bk sont les fpeetacles qu’on repréfente furlesthéa- très, la courfe des chevaux qui se fait dans l’hy- podromcj la chaffe8, et toutes sortes de vanité 5 dont autrefois David demandait à Pieu d’être çxemptjlorsqu’ildifoit: Détourna mesjmx ydtpcurPf. nt. qu’ils ne voyent U vanité Ne vous trouvez donc point même par curiofité aux fpeetacles j ne vous amufcz plus à regarder lespostures indécences des boufons, et des farceurs, qui sont pleins d’ordures, etf dinfolcnces, ni à affilier aux danfes, où Içs hommes se trouvent avec les femmes, ni à regarder ceux, qui, pourvu qu’ils ayent le ventre plein, s’expofent à combattre avec des bêtes farouches, et qui souvent pour se remplir de viandes s deviennent eux-mêmes la proye de ces bêtes? ou pour mieux dire, comme si leur ventre étoit leijr Dieu, don-r tient ou expofent leur vie pour avoir de quoy le remplir.
Fuyez aufïï les Courfes des ChevaPx, qui çst Hue pure folie, et un fpeetacle funeste pour plusieurs, qui souvent y perdent la vie; Cela a rapport aux pompes du diable, comme suffi les Fête ât Idoles, où Ton a coutume d’expofer des viandes et des pains, qui ont été offertes aux démons, qui sont devenues impures par l’invocation du démon: car comme le pain et k vin de l’Euchaïistie, qui ne sont avant l’invocation de la très sainte Trinités, que du pain et du vin, deviennent près cette invocation le Corps et le Sang de Jésus-Christ; de même ces viandes qui fervent à 1 pompe du diable quoique pures de leur nature,
Sffij 50 8 Les Cateetefes de faînt Cyrille deviennent impures par l’invocation des dénions S?
Vous ajoutez encore: Je renonce à tout le culte k iiable. Or ce culte esttout ce qui a rapport àl’Ide latrie, comme de faire des prières devant des Idoles, de mettre des lanternes sur des fontaines, ou sur des fleuves en leur honneur, et toutes les fuperditions, ou fonges par lefquek souvent le démon féduit les hommes, en Leur faisant croire quik pouront par là guérir de leurs maladies corporelles,
Ne vous arrêtez point aux augures, aux divinations, ou à faire des inferiptions (ur des feuilles d’arbres, ou à d’autres femblables choses; Tout etH est ce qu’on appelle le culte du diable. Donnezvous donc bien de garde de faire ces choses i car si après avoir renoncé au diable, et avoir fait profeffion dans la milice de Jésus-Christ, vous retombiez dans ces premiers defordres TI, vous éprouveriez uns tyrannie bien plus cruelle, et que celuy qui auparavant vous trakoit comme son amy, et adouciuoic la dureté de son joug, paroîtra pour lors vraiment emporté contre vous 5 ainsi vous serez abandonnez de Jésus-Christ, que vous auriez quitté, et vous éprouverez la fureur de celuy que vous auriez irrite. Souvenez-vous de ce que vous avez ouy de 1 ancien Testament de l’histoire de Loth,, et de ses filles; H fut sauve luy Se ses filles, mais sa femme fut changée en une statuë de fel1, pour être un monument éternel de l’attache qu elle avoit pour Sodome, et du defir quelle avoir de retourner en cette Ville.
Pojjezyous donc de garde après votre comret deferufaîem. 1. Câtech. MystagV; o fion, de retourner en arriére, et après avoir onis la main à la charrue dé l’Evangile y de retourner aux vains amufemens de cette vie; Fuyez sur la montagne, qui est JésusXhrist, et cette pierre taillée sans la main des hommes, et qui remplit tout le monde.
Lors donc que vous avez renoncé à Satan, 8c que vous vez rompu tous les pactes faits avec luy, et tous les engagemens qui dévoient vous faife tomber avec luy dans l’Enfer Sçachez que Dieu vous a ouvert son Paradis, qu’il a mis à l’Orient, d’où nôtre premier Père rut chafle/, pour avoir defobéy.à ses ordres; et c’est pour marquer cela qu’on vous fait tourner du Couchant à l’Orient, Joù vient la lumière.
Et ’puis on vous avertit de reciter le Symbole r3, « tantainû tourné,, et de dire: Je croy au Père y m lt petrS Fils, au S. Esprit le Baptême de la Pénitence 9 et les articles que nous vous avons expliqué plus amplement, Se du mieux que nous avons pu dans les Catediefes précédentes 4 »
Et étant ainfî instruits, veillez; car comme on vient de vous lire 5: Le diable, notre ennemy, tourne comme un lipn rugijfant au tour de nous, cherchant quelqu’un qu’il fuijfe dévorer; Auparavant la mort exerçoit son Empire sur nous, et nous dévoroit; mais depuis qu’on a été lavé dans le bain falutaire de la régénération, Dieu efluye les larmes de nos yeux, il n’y a plus de pleurs pour ceux qui ont dépouillé le vieil homme, ils ne doivent reflentir qu’une joye céleste, ayant le vêtement du faliit1, Jésus- Christ nôtre Seigneur, Sffiij 484 -Les Cateéifisik/amt Çyriïït
Je ne vous ay parlé aujourd’huy jue de ce qui s’est pafle sous le Portique et au dehors de ÏEglib l7, mais nous entrerons dans le Saint des Saints pour vous faire s’il plaît à Dieu, nos autres Inïtruetions mystiques, et vous connoîtrez pour lor les mystères qui s’y célèbrent -y Que la gloire, etk puissance (bit à Dieu le Père18, avec le Fils, et le S Esprit y dans les siècles des siècles. Amen,
Notes far la première Catéchèse myjUgoue.
J L ejt inutile de repeter que S Cyrille avoit promis ces Carc L chefes dam les précédentes, et sur tout dans la dix huitième où il expofe les fojets qu’il y doit traiter, et qui sont les mêmes dan celles que nous avons j Ce qui montre que c’est à tort que les Pio tèfians se sont imaginez que celles-cy étoienc d’un Auteur différent? de celuy qui avoit fait les premières. Il les nomme Myfïagogicfuts, parce qu’elfes sont une explication de
OS mvsteres. Oll narrv » nnVIIc /mipnr rlir »c Arpnv nui. avaient nar « . iu.iu sujet, appelle son ouvrage; Le uivrz acs my pires vu, « Stcremens. Quil Paddrefe 4 ceux qui ont été initie. nos Mysttrts. Dt ils qui Afysteriis initiant ur, traitent chacune, que d’un sujet 2 On dont ’ ’ ’ vent encore eut enacune, que a’un iujet.
On donnât l’iiucharistie ensuite d Baptême L« s Grecs robfeencore. »
On faffkmbloit le fofr du Samedy saint, pour commencer sa ce lemonie du Baptême; et on voit Tordre qu’on y oWèrvôk. 4 Vous êtes entrer sous le Portique du Baptistaire. D’abord leBap terne se donnoit sur le bord des fleuves j Jésus-ChrM: sur baprifé dans se Jourdain, l’Eunuque dans un lac, ou étang qui se rencontra Tertuliien dît que S. Pierre a baptisé à Rome au bord du îybre; enfuire on fit des fontaines à h porte des Églises, ou des cuves qu’on rempliffoit d’eau, etona nommé ces lieux dès Bapttstaires i II ctoienc « eparez de l’Église, à Jérusalem ils étoient sous le Portique, ou Porche de i’Egliie. In Porticum domus Baptisterii. 5 Etsht debout pmrmz. ven (Occident vnvous cvmmtndiù iMf defemfalcm. I. Catcch. Mystag.’ jïi 1 min pur renoncer à Satan » S. Bafilemet ces renoncemens au rang nbMsfît. des Traditions apostolidties, aussi les voie -on dans tous les plus an-. « . x-j. ciens -Auteurs grecs’ de latins. Tertullfen dit qu’on faisait ces pro meflès entre les mains de ï’Eveque. Sttb Antistitk manu contejiamur nu rtnuntlare diabolo. S. Cyrille dit qu’on faifbit levé la main en d# coun. l’air, parlant au démon comme s’il este eé prefenr. Protenfa manu, milit. t. |. unquafà pnfenti Satan. Ce’qu’rl dit qtron étoit tourné vers l’Occident, eh faïfattt ces renoncemens, se trouvé aussi dans le Livré de la Hiérarchie. S. Jérôme en donne cette raison, pour réprefèntef cf. t. les ténèbres du péché, dont on fort par le Baptême, on se tournoit » cf- • vers l’Occident, qui est le lieu où le Soleil se couche; et qu! on re- AmQi% gardoit 1 -Orient en recevant le Baptême, pour manquer qu’on y recevoir la lumière de Jeûis-Christ, appelle le Siifeil levant. Orient t ko. On voit que S. Jérôme avok pris cette penféê de S Cyrille i ou qu’elle écôit communément reçue1 dans lïglife.
On réïceroit jusqu’à quatre fois ces renoncemens. On renonçoit « ne fois à Satan, une autre à Ces œuvres, et ensuite à son culte, Se à ses pompes. Communément on n’en voit que trois, et£es trois noms sont jeitez, de renoncer à Satan, à ses pompes et à ses œuvres. Tettullien rapporte qu’on renonçoit au diable, à ses pompes Se à ses Anges. Diabolo et pornpis ejus, et Anplis ejus. Pat ces Anges du diable, on entendoit tout ce qu’il fuggere de contraire à la Loy de Dieu. S. Baille parle aussi de renoncer au diable ôc à ses An- ubMSfir. ges, aussi bien que S. Chryfostome. S. Cyrille explique ce que si- s. ’ 1 gnifient ces renoncemens, que ces œuvres de Satan sont toute f°rte£, Lr’ de péchez, de penfées, et d’actions: Par ls pompes, il comprend les fpestaclcs, ôc tous les jeux publics; Tous les anciens Pères ont parle de même, que les fpcdkcles etoient défendus aux Chrétiens, parce qu’ils y aboient renoncé avant le Baptême. Salvxen parle que tib. 6. d de son temps on nommoit les fpeûacles dans les renoncemens. Bi- vtd; Xifli: « 4breuritio diabolo 3 pornpis 9 et fptBaàtUs- tf§. » »
« 6 Pafons de î ’ancien Testamtnt au nouveau. Comme le paflage de H Mer rouge a été la figure du Baptême, dans lequel ous les péchez sont noyez, et lé démon futyugué, comme le fut Pharaon avec les Egyptiens, perfecutcurs du Peuple de Dieu. Cette comparaifon est ptife de S. Paul: Nos Verts ont tous itê sous la nuée ils ont tous pajfi i. Otr. io » la Mer rotlge, ils ont tous itê bapttstz dans la nuée, et d+ns la M en Les péchez sont comme éhfevelis Ôc détruits dans les eaux facrées du Baptême par le mérite 6c la vertu du sang de Jésus-Christ. 7 Vous en serez. igZ. comme prévaricateurs. S. Cyrille dit qu’on sera jugé sur les promettes Eûtes au Baptême que dans le moment qu’on les fait, elles sont écrite dans le Livre des fecrets de Dieu, pour nous les reprocher, si nous les avons violé. S. Augustin rappel les ’ ♦ Chrétiens a ces proitieflcs taites i Dieu en prèfence dès Anges. S. Grégoire de Nazianze xlie que la forcée 1# vertu au. Baptême con-; Orkt. 4o.
5« l Lis Catéchefes de saint Çyritle iste principalement dans le Paete que nous y faisons avec Dieu eff mener une féconde vie plus pure et plus parfaite que la première, à garder ce Paete si divin très exactement: car, (continnï-t’il,) si les hommes prennent Dieu à témoin pour affermir une alliance qu’ils ont faite avec d’autres hommes, combien est-il plus dangereux de violer celle que nous avons faite avec Dieu même, et de nous rendre coupables, non seulement des autres péchez, mais encore deceluy d’avoir manqué à la parole que nous aurions si folemnellement juré devant le Tribunal de la fouveraine Vérité. »
g Les Pompes du Diable sont les fptUacles, la courfe des Ckvm, la chaffe. On voit icy tous les divertiffemens profanes défendus au Chrériens, 3c sur tout la chaffe, où Ton s’expofe à périr quelquefois par les bêtes qu’on pourfuit. S.Cyrille fait voir l’horreur qu ondoit avoir de ce divertiûement, et le péril qui s’y trouve.
Invocation de la tris sainte Trinité. Dans nos Sacremens, et principalement dans l’Eucharistie non qu’on confacrât par cette Invocation, mais parce que dans les prières qui l’accompagnoient, on ne manquoitpas dénommer les trois Personnes divines-, non queS.Ly,. rille ait cru que cette confecration se fist autrement que par les paroles Je Jésus-ChrifUU parle comme beaucoup d’Anciens, qui appellent Prière les paroles que l’Église employoit pour la confecration des Mystères, parce que la prière- la précedoit, ou frccompagnoitr « XrlC’S- Grégoire deNyffè, dit: Le pain est fanclifii par la parole d D Tp Lfch et Par la prkre. Théophile d’Alexandrie, dit: Le Pain et te Calxt sont confacrez. par U Prière, et par C Invocation du S.Efprtt.Um me les paroles de l’institution de l’Eucharistie étoient précédées dau très prières, dans le (quelles on invoquoit le Père Tout-puissant, Jésus-Christ son Fils, de le S.
Esprit, afin que la Puissance divine operât ces Mystères; c’e(ï pour cela que S. Cyrille appelle Invocation de la sainte Trinité, toutes les prières de la Liturgie i Car comme ZiUespir.dk S. Bafile: Lorfque nous confacrons le pain de 1 Euchanltie, x ’• 7- le Calice de bénédictions, nous ne nous contentons pas des paroles que l’Apôtre ou les Evangelistes nous ont marquées, mais avant après celles-là, nous en di (bas d’autres, comme ayant beaucoup d efficace pour le Sacrement. »
On peut en un sens appeller les paroles de la Confecration, une Invocation de la sainte Trinité, puiiqu on s’addreffe d’abord au lcres. comme principe de la Divinité, dont on invoque la Puifiance: te Denm Patnm omnipountem, dit le Canon de l’Église Latine, e luy, demandant la présence ôc la vertu du S. Esprit, pour changer les dons prefentez, et on y invoque Jésus-Christ, dont on rappor les paroles et les actions. Peut-être aussi qu’on ajoutoit au paroles de la Confecration l’invocation de la sainte Tnmte, e di.fant: Au nom du Père, et du Fils et du S. Esprit. Comme ces paroles accompagnent tous nos autres Sacremens, dans le Baptême, dcfm/alem. I. Gatecti. Mystag. j 15
« JÇ H iàstist au nom du Père... Dans la Confirmation.’.Confirma te. tm In nomine Patris.%. Jufques dans le Mariage: Ego eonjungo vos, in tnmïne Pntris. Le Sacrifice est principalement pour glorifier les crois Eerfonnes divines. C est le Sacrifice du- Fils;, offert au Père, et ope répar la vertu du S » Efprir.
« « « « « io DtvUffnint Impurs par f invocation dt démon. Cette comparaifon » que fait S. Cyrille de i’Eucharistie avec« les viandes offertes aux Ido les, n’est pas en ce que ces viandes par l’invocation du démon (oient changées au démorb même, comme dans nos Mystères le Pain. est changé au Gjrps de Jésus-Christ; mais seulement en ce qu’elles de viennent impures » comme le Pain devient faine et fanetifianrpar Ja prierç de l’Église. Cette comparaifon n’est qu’en cela} aussi lesCa -= tholiqueine Ce fervent pas Je ce paifrge, pour prouver la Tranubstantiation. Nous là verrons dans la suite bien plus clairement expliquée pas S. -Cyrille, et nous convenons qu’il n’y -a. qu’un changement moral dans Iqet viandes offertes aux Idoles à et c’est la feu le chose qu avoir pour Iops en vûë S.
Cyrille. - u# Car. si vous retombiez, après. —.. Le malheur de retomber aprèr le Baptême. Oit rentre dans la fervitude et sous la -tyrannie du démon » bien plus sorte,, qui se vange d’avoir été chafle, et qui fait de nouveaux efforts pour y tfeateer. C’eûVce que Iefus-Chwstappelr le. prendre fept démons plus médians;, pour s’y introduire. » Toutes ces penfées se trouvent dans Tertullien. Qu’on a fait un ouvrage très Lit. irPm conriderableà Dieu, lorsqu après avoir renoncé au démon, qui est »• comme foïirivaLet for ennemy, 2c l’avoir ainsi aflujetti i son véritable Maître, on- le relevé de nouveau, en retombant ’dans le penché,, et l’dn evfcnt- enstïete sa joyo te fo trophée -y en sorte que ce méchant ayant recouvré sa proye, triomphe en quelque façon de fo »
Seigneur même; Et comme dit le même Tertullien: Nous avons etun ennemy très- violent et trèf, opiniâtre, et dont la malice ne peut dwnenrer en repos mais ir-n est. jamais si furieux contre l’homme, que lorsqu’il le voie: entièrement, dégagé de ses-Jiens et jamais ùr » rage n’est si enflammée, que lorsqu’on l’éteint; à qu’on la reprime. S Gaudence de rrethe. Les Atfotres,. Jit-il, ne nous ont prêche’ Serm- ’ qu’un seul Baptême, selon la’ dostrrne- de Dieuême 5 Ayant donc « uue fois été lavez devees feintes eaux •; donnez- vous bien de garde deretourner dans le bourbier dif péché. Confervez foigneufement la netteté que vous en avez tirée: car sous ne pourrez plus la réparer en re- çcHrantïesBaptômeî, si une fois vous la perdez
Cétoit-ipoux cela que Tertullien de autres, avoienttant de peine- 4arler de - la Pénitence » et vouloient qu’elle ne se donnât au plus qujunc fois après: le Baptême., il -La femme de Léth changée en une fiât ne de ’fel, regardant derfiire elle. Onla voyeit encore du temps de Joseph. Le Livre de hiit.i.’jtnfa’’ Setefc cn.parle q..io. v. 7.). Irenée dit que, cette femme fut ain-« .
« punie it four ûl defobcïetmct:, et pour ce que regardant • ÂeWilèu re elle, elle témoigne » c regretter la perte de Sodoiue 13 On vms Avertit de réciter le Symbole. Cétoit la Profcffion it Foi qu’on fai foi t après les renoncement, et on se tournoi vers 1:0. rient pour faire cette ProfeiSon.
r 14 Dam le Cdtechefes friceiemtu S. Gyrille-déïigiie lesvjj remiera Catéchèses qui se trouvent ainsi citéesdans celks-cy, comme étant’ ida même Auteur.
On vient de vaut lire. Cétoit avant la Catehefe, comme il est marqué dans le titre.
Le vêtement du fitkt. Cétoit l’habit bjanc qu’onilojinoit aprèfc le Baptême.
Andebm de tEglif t. On faifoitles premières Câtechefa avant le Baptême au dehors de l’Église, dans un lkuièparé-, maisaprë le Baptême on inlhuifok les nouveaux.baptisés dedans l’Église, et S. Cyrille femble dire que cétoit dans Je Sanctuaire, qu’il nonujie 4e Saint des Saints, à moins qu’il n’ait voulu donner à l’Église ce nom, parce que le Sanctuaire y est. Peut-être que même on expli« juoit le Baptême et tes Cérémonies dans le Bapristaire, qui est se lieu où se donnoit ce Sacrement, On expliquent anfll devant l’Awel le Sacrement de EEochariittc, au lieu où on la -recevoir. »
Deuxième catéchèse mystagogique
dé Jcrufilem. Il; Càtcèh, Myflàg. jty:
« Sur le Baptême, après la lecture de ’TEpfc-j tre aux Romains, à commencer à ces1 pa-’ rôles: Nt/fave-vous pas ctue nous tous qui avons été b’aptïfizm Jésus-Christ, nous avons £ »•• été baptife dyis’fa mort 9. julquçs à celles-’ ’ efiVous n’êtes plus sous la- Loy,, mais fins.
« « S’ILest utile à un (etaeun’ d’entendre les- ïnstruffcipns que Tpn fait tous lès jours dautantf; qac ce qu’on y dk de nouveau,, fait mieux concevoir ce qu’on a déjà entendu combien plus vousdoivent-elles être avantageufes, vpus qui ne faite » » ie pafler de la vieilkiTe du péché, à lavie nouvelle et Jésus-Christ? G’est poiirquoy je crois vous ren-’ dre un fervicc coniïderable si apxès avoir commencé hier à vous parler du Baptême je? ontinuois a. whet expofer dans les autre? Catéchèses mystagGngiquesvce qui accompagne, ou ce qui fuit ce Sàetement, afin que vous puifliez fçavok la fignifi-, cation des choses que vous aver reçues au dedans tf Xttii sa Xcs.Cate’chefes de saint Cynete
Aussi-tôt donc que vous avez été entrez, on vous. à, dépouillez, cela fignifie qu il vous x fallu quitter le. vieil homme avec ses œuvres,, wous avez ainsi icté dépouillez, et mis tous nuds pour reprefenter Jésus-Christ, gui a été attaché nud à la Croix, et c’est par cette nudité qu’il a dépouillé les Principautés et les.Êutflanccs de ce fîecle, et qiiïl-en a rtriomphé glorieufement, étant attaché au bois de la « Croix: et comme vous Tentiez dans vos memh%c des mouvemens xrontraites à ceux de la grâce, il ne vous est plus permis de reprendre ce vieux vêtement. Je ne dis pas relui qui est fenfîble, f entends le vieil homme, qui est corrompu par ses defîrs, déréglez, qu’il n’est plus pewnis de reprendre, cKth..y quand une fois on s’en est dépoiiiHc s il vous faut dire avec PEpoufe de Jésus-Cnrist dans les Canti- ques: fay quitté mon vêtement comment le reprendray-jc O chose merveilleufe i vous étiez nuds devant tous ceux qtti étaient preferrs, et vous ne rougifliez point de vôtre nudité, et en cela vous reprefentiez ce qu’étoit Adam, nôgre premier Père, dans le Paradis, qui ifavort point deiionte de se voir nud.
Etant ainsi -dépouillez, vous avez été oints d’huile exorcifée 5 depuis le haut de la tête jufqtfaux pieds, et par-là vous avez été faits participans de cette bonne olive, qui est Jésus-Christ, et vousm étiez une branche de l’olivier fauvage, en avez eœ détachez pour être jettez dans l’olivier franc, et chacun de vous a û part à l’huile de cet olivier franc Cette huile exorcifée est Jonc le Symbole de l’onttioji de Jésus-Christ, qui vous a été cojnin »
« Afrique, afin qu’il ne reste en vous aucune impreffion du péché, qui n’eût été effacée: car comme les infufflations des Saints 4-, et l’invocation du nom de Dieu, est à l’égard des démons comme une flâme très ardente 5, qui les brûle, et qui les met en suite j aussi cette huile exorcifée par la prière, et par l’invocation du nom de Dieu., a tarit de vertu, que non seulement elle purifie l’ame des restes du peché, mais qu’elle en chaue les démons invifibles. Après cela rvbus avez été conduits au lavoir du divin Baptême, comme Jésus-Christ fut porté de la Croix au Sepulchre, et pour lors on vous a interrogé l’un après l’autre, et on vous a demandé si vous croyiez aunom du Père S et du Fils, et dtt S/Esprit, et ayant recité vôtre Profeflion de Foi,, vous avez été plongez 7 trois fois dans l’eau, et vous en avez -été retirez autant de fois, -pour marquer par ces trois immerfions les trois purs que Jésus Christa été dansée Sepulchre: car comme nôtre Sauveur a-été trois jours et trois nuits dans les entrailles de la terre, vous avez repréfenté le premier pur par la première krtie de l’eau, Se la première nuit par -la première immerfion; et comme on ne voit pas la nuit, au lieu que le jour on jouit de là lumière, aussi quand on est plongé dans les eaux,, on ne volt non plus que dans les ténèbres de la nuit, on commence à jouir de la lumière du jour quand on fort deïeau. On est ainsi morts et vitans, et cette eau faktaire est comme un tombeau où nous sommes enfevelis, et comme nôtre merè aour nous 4oruier la vie, et en cela je puis voï »
T tt îu appqûer ce que Saiomon aifoit à un autre fiijct! ttèfciè- tetop dt n4tn etxélm dt mourut, et. lui litre tegwfaitï Car onu voie ea même temps mourir et rèfotffe i voilà ce: myîstcre inbuy r non ique. vérica Bfemesttr nQUâKutiïmsi-y ou que ’nous (oyons cn-t févdfôvôtf jue; nous foyons attacher à une Croix, nous tepréfenton seulement cei trois états, cjui fé sont effective ment àeeom plis en Jésus-Christ,. mais cri le repréfentant nous nous procnionsuve ritabïement le stkt. G’est JésusGhrist qui a été vraiment: crucifié, vraiment enfeveliv et qui st vraiment, reflufeité,.et il vous ’fait participai • dfe’ ses mystères -, afiiv qu’après àvôit [communiqué à sts fôuffrances., en l’imitant £ nous nous procurions véritablement le falutv-v ’: •: ’ Oquelfë grande bonté iJèfus-GKrist a bien vouKi que les pieds et les mains de (on Corps innocent l fuflfent pére èës qu’il’ àndiïrê’ pour moy 3 il m’ mestté le faluri f Mais non « seulement- le Bapjtême; a? lté insticué pour.remettre les pechez’ mais aaifli ’ poumons rai- rcles cnfâns adoptifsde Oieu K AU lieq que’të Bap4tetnë de S.
Jfe’rte;.: fitifôlr.tcpïc -« wçttâç-j chez-, en recevant le ètôffidLeJçfaCWâsti femmes - affurez dy recevoir la rériiKïibn de ïios péchez; et les dons du S. Eiprit/etqtie nousirprcfentoh ce -qu’il a fbuffert pôUrvrtoun c’est ]Mlfw qùôy S. Paul toivit dans i’criflrt qu’ost v©w -’3-lû-: Ne fça+vetÇr’voHS fas que note 4ms -, c[ui avons et foptistz en fefks-Chrifl l, nous auon M: hptifeZ m si mon -, ptree épi? nom wwsètè ’ enfewlt étveclujf/ 3oogk—. » »
î foit’pour marquer quelle Bàjitemé remëtlc péchez,’ nous fait les ènfarteiadbptife de ©icù:.j- et non upas que nous sentien a reflenty; Pour topmèùtâét ’dpnc ttiP-Voéfoe1 tjàé Jésus-ChrilV a foutterrpour iiôtre salut il l’a fôuffert véritablement et no » en éppàïericè seulement, que nous devons attfli avoir part à ses fquffranççs.etant certain..dit-Cet Apôtre vèc la ’dernière t certitude. r que mus frmmes, tntsz: «: » lityfar laref- V# JmhUnce âe sa, mort,, nostslejtmis attpârUreffemblwce de fit /se/ww#ie ».4l nous dit donc « d’être en-. tez encfus-iGlpist,! paTce u est 4a vraie vigne:, « gue dévenant uni vec4u, yar4e Baptême, nous sommes ’enteï: enla refleriiblance ide sa niort. ’ ’ Faites encore àetinauxparoïésé TApôtre; stl ne dit Jsas que nousiômmcs tentez en luy par la mort:; maïs par 4a reetmlgaîKe cfefaoît: car’eiusGhrist est: « vraiment ’mort fiaria fepâïatjon de bn Ame d’avec fou Corps. Il a Çté vraiment enfevely, lorsqu’on enveloppa son Corpa u«, fua rc, et qu’ort le mit dans-uh ’fëpulchre/ Toutes ce?.... fhofes jronc donc arrrvéesWeritablenTnt en uy a mais il. n’y a en -nous qu’une refTemMançe de sa laort/ de ses fouffrances,’encore qu’on y trouve vraiment Ifon salut, et non pas seulement une renemblance, Retenez V je vous prie, etaement toutes ce? « choies.que. vous avez apprifes, afoque je puTe « lire de vous,, tout indigpfe;|tte! je... et is: f e ’ vous loue de ee que vous vous (Wencz toujours de mpy, À de ce que vous garde des- tetdkïofis queje vqhs. » » » »
ay UiiTé. Qc piça est..coHuiflaa, t poir û(ty, ï|et. fufciter, àç cpmnqic s’il jiQtfs tkpit de la mort, poflunous dpnnef uenpuyll!? vie:, ôîious y faire naar-. cher } Çest’àjlyyu’appartienp la gloijrç # kpuif-j
Jtfoetk sur. U. dtmxiéme Gatechest, ïy’Est sur îc Cérémonies du Bâptêipe.-. 2 Ww vous êtes dcùoniâet. On ôtoit fes’habfà jpour entrer dans Wfrf.4o. k Fonrs./S. Gregcâré; de. Nazianz lernarque, aliflab Vestiïks. mute tusx ac jnanus. reetv babcrts Sdtetuw jebjrdbasu L’Auteur du.Liyre de la Hiérarchie- dit qu’il y avof t vies Clercs destinezà dépouillerlesXatccumenes. Exuit eum, exfoliât rue- a# Mirtistror, Ef cette Cérémonie-, itpii; pour, reprefentjpr le pec.nf d’Adam dout. on alloit se dépouiller, ou quêter- par le. Baptême, et qu’on alloit prre parce Sacrement comme Adam innocent, nud dans k Paradis, Êins rougir de sa nuflitéi où pour reprejèntpr Jefos-Cbristnud, a Ja.Croix S. Cyrille donne ces deuxraifons..
Zhus avez été oints ÂhuiU exorcifie: On exorcifoît Trinile’ ayant;
Cette onction, se Faïïoit depuis U thi jufuaUxpiea%utmfiet SCyrillê, comme il le- marque » Depuis cela fut réduit à divers oralcir. P.’1? poïys.. S. Chryfostome compare le Catecumene aux Aiht Fêtes qu’on; oint par, tout le corps avant que de les,-cxpofer au combat. On ne voir point lonetion des Carecumenes dans’ les anciens; V ws JLatini; eje r/est.quç,4ajis te Saçrarnentairc dQS.; Gregoirei « « Uns des Auteur du neuvième ficelé qu’il en est pacjé î elle à patte fafis doute d’Orient en Occident. L’Auteur du Livre delà HicfarMf h chic décôcauflLde. qudlemankre, se- faifofc cette opetion n 0 rient. L’£vêquercopruençoitj)ar, trois figpes de Croix qu’il fciloit • sur le Catecumcne r ÔX lès Prêtres achevoierir d’oindre par root f corps. FoHtsfex rin Cmcit fitntU fignacuU imetwnm faéboar Mn gioÀjim Scer4tihts tit çorforx bvpwêr tradih. »
Ces Exorcifmes sur 1 eai ou sur l’huile qui férvoient aur Baptctnev « oient fondez force que les Chrétiens dolent peffuadez que W je pccW, i’£dam g fâ9it Répandu « qp JtUs flf1 „! » »
Je Jérusalem 1 1. CatecE. Mystag. jxr toutes les Créatures par la pofleflîon que le démon en avoit prife, ôc par les usage profanes ôc facrileges, aufquelles on les employok. quelles écoient comme fouillées, parce qu’il en avoit abufe contre Dieu ôc contre les hommes. C’est pourquoy l’Église jugea à propos de faire des prières sur routes les choses quelle fait servir à la Religion y afin de les retirer des mains d’un si injuste poiTeilèur, ôc de, leur ôter l’impureté quelles ont contractée, en fervanr au culte des Idoles. Dans les Constitutions on fait cette prière pour beriir, ou £1.8..174. exorcifer l’huile des Gaceannenes. Santlifiez, Seigneur y cette huile par la vertu de ] efus-Chriji. Faites quelle férue a chaffer les démons...
Lis ïnfufflations des Saints. Ce sont les Ministres de l’Église qui fauffloient sur l’huile pour l’exorcifer, en chaflèr le démon ’, puis prioient deflus, afin quelle fut confacrée..
Comme une flâme tris ardente. Cette perfuafion est très ancien ne en Occident, aussi bien qu’en Orient. S. Cyprien dit que le dé- £j. 74t mon est fouetté, brûlé, ôc tourmenté par la voix des Exorcistes, ôc par la PuifTance divine. Fer Exorcisas, voce humana, et. F ou flan divin a y flagcetatur, et uritur, et torquttur diabolus.
On vous a demandé si vous croyie. On interrogeoit sur les- articles du Symbole, et sur tout sur le mystere de la fàinte Trinité, oa faisait répondre à chaque article qu’on le croyok. Cela est resté dans nos Rituels.
« 7 Vous avez, ’été plongez trois fois. Toute l’antiquité parle des trois immer fions, S. fiafile la met au rang des Traditions Apostoliques. Le ub. Jespl premier Concile de Constantinople condamne les Eunoméens, qui ne rits.c. ir%plongeoient qu’une fois. Le Can.-4 » des Apôtres. S Grégoire detCan- 7Nyffe orat. Catech. c. 35. dit, comme S. Cyrille, que c’est pour reprefenter les trois jours que Jésus-Christ a cré- enfevely. S. Chryfo- Hcmil. 14, stome dit que c’est pour honorer les trois Personnes de la iainre Tri- m Jon nité. Tertullien femble dire la même chose, puisqu’il marque qu’à chaque immerfion on nommoit une des Personnes divines, comme si la première eût été au nom du Père, la féconde ôc la troir fiéme, au nom du Fils ôc du S. Esprit.
« 8 Les effets du Baptême, derçmectrc les péchez, ôc nous faire le » enfens. adoptifs de Dieu.
i% Les fatethefes de saint Çyffle
Troisième catéchèse mystagogique
Sur le saint Chrême «, après la Iceture de la première Epîcre de S. Jean, depuis ces t. joM.u paroles: Faites que l’onÛion que vous -4Wet 7« reçue de Jésus-Christ, demeure en vous, juf- quà celle-cyv et qu ’il ne nous confonde pas dans fin avènement. » »
VOus tous qui ’avez été baptisés en jjeïus Christ, et qui avez été revêtus de luy, vou« êtes devenus conformes et femblables au Fils de Dieu: car Dieu, qui vous a prédestinez à l’adoption defesnfans, veut que vous foyiez conformes dans la gloire au corps de Jésus-Christ. Ayant donc été faits participans de Jésus-Christ, c’est avecraison que vous êtes appelés des Christs, c’est- à-dire. P/.104.1J. oints, et c’est de vous dont Dieu a dit: Donne vous de garde de toucher mes Christs. Vous avez ete faits Christs après que vous avez reçu ce qui reprefente le S. ïfprit: car tous nos mystères se trouvent en vous, parce que vous êtes les copies Paâs de Jésus-Christ: car comme après avoir descenau dans les eaux du Jourdain?, son Corps dans lequel réfidoit la Divinité,, au fortir de ces eaux, la Pr0 prc substance du S.
Esprit defcendit furluYjetrepofa sur un Dieu fèmblâble à luy. Aussi vous, après être fort is des eaux du facré lavoir, on vous a oints dû Chrême, qui repréfente celui dont Jésus-Christ a été oint, qui est le S. Esprit; et c’est de luy dont Ifeïe a prophétifé en parlant en la Personne de Jèfus-Ghrist: V Esprit du Seigieur s’ est repofé sur moy, tue. ifc il nia facré par son onétïorr, il nia- envoyé pour annoncer l’Evangile aux pauvres. Non que Jésus-Christ a été oint par les hommes de quelque huile, ou de quelque parfum matériel et fenfîble y c’est le Père, qui, rétabliffant le Sauveur de tout le monde, l’a oint du S. Esprit et c’est de luy dont s’écrioit David, en disant: ODièu [votre trône est éternel y lefcep- Pfi 44 7. de votre Empire y est un feeptre de justiçe.
Vousave ai- • méldjusticex et vous avehaï ï iniquité, c’est pourquoy EHeu, votre Dieu y vous a oint de. l’huile de; réjouijfànce par préférence à ceux qui y ont part avec vous. Et comme Jésus-CÎirist a été vraiment crucifie i enfevely,. qu’il est vraiment feffufcité, et que’par le Baptême, vous devez porter la reflfemblance de ces troisMysteres, mourir avec luy, et être enfevely, pour ensuite reflufeiter avec luy -, vous devez aussi repréfehter son onction divine par le Chrême. JeTus-Christ a été oint d’une huile fpirituelle de joye,. qui est le S. Esprit, qui est appelle une huile de joye, parce que c est luy qui est le principe x et la cause de la vraye joye -, mais vous avez été oints d’huile, et par-là vous avez eu part à l’onction de ’ Jésus-Christ. »
Mais ne vous imaginez pas qyeee foït une huile
ji4 Les Catechefès de faim Cynfk commune 4: car comme le pain en PEuchafistic, après l’invocation du S. Esprit,, nest plus du pain commun, mais le Corps de Jefois-Christ 5; de même le S. Chrême, après la confecration, neiïplus une huile commune 6, mais c’est. un don du S. Elprit, qui a la vertu de procurer la présence de la Divinité; ainsi pendant qu’on oint le front i et les autres parties du corps de cette huile visible, farnc est fanstifiée par r Esprit saint, et vivifiant.
On commence d’abord pat oindre le front pour ne point rougir 8 de faire le bien, et pour effacer la honte que nous en avion depuis le pèche de nôtre premier Père, et aussi pour vous apprendre que vous êtes destinez à voir, et à contempler la gloire de Dieu, mais sans mettre de voile sur vôtre visage.
Ensuite on vous a oint les oreilles, pour vous donner des oreilles propres à entendre nos divins tfai.5o.6. mystères., selon qu’il est marqué dans ffaïe: Le Seineur ma donné de nouvelles oreilles four entendre; Ou
Math. h. selon qu’il est dit dans l’Evangile: Queahy si des oreilles four l’entendre, l’entende.
Puis on a oint le nez, afin que refpirant ce parfum divin, vous difiez que Jésus-Christ est une odeur agréable devant Dieu, à l’égard de ceux qui se fauvent. T
On vous a oint la poitrine, afin quêtant revêtus de la Justice, comme d’une cuirafle, vous fefistiez fortement aux attaques du diable: car comme Jésus-Christ après son Baptême, et après avoir reçu le S. Esprit, fut aux prifes avec Satan, et k fit; aussi après vôtre Baptême, et après ayoir, reçu le saint Chrême, étant revêtus des armes du S. Esprit, vous combattiez et triomphiez desPuissances ennemies, et de rout ce qui s’oppofera à vôtre salut, disant: Je puis tout atvec la gra.ce de.Jésus-Chrijl, Philip. 4.
C’est après avoir été oint du saint Chrême, -que nous méritons; d’être appelés Chrétiens 9 quoique nous lé fuflîohs véritablement par le Baptême: car avant que d’avoir reçu cette grâce, nous n’étions pas encore dignes de porter ce nom, mais nous.
étions dans la voye de nous la procurer, etc dede venir de parfaits Chrétiens.
Il est bon de vous averti que nous trouvons dans l’ancien Testamertt une figure du saint Chrême io quand Moïse établit, par l’ordre de Dieu, Aarôn son frère pour être Grand-Prêtre, après l’avoir lavé dans l’eau, il l’oignit, et parce que cette onction étoit la iigure de la nôtre, il fut dès lors appelle Christ. Quand aussi le Grand- Prêtre eut dcckré que Salomon étoit Roy, il le plongea dans le fleuve de Géon, et puis il l’oignit; mais tout cela n’étoit pour eux qu’en figure, au lieu que nous joiiiflbns de la vérité, n
Puis donc que vous avez été véritablement oints par le S. Esprit, pensez que Jésus-Christ est le chef le principe de nôtre salut. Il en est les prémices, nous en sommes les remettons. Si donc la racine est sainte, elle doit communiquer sa faintete a ses rejetions. Confetvez donc cette faintete, afin qu’il puilTe’ venir en nous et demeurer dans nous, conv
Vnu iij me S. Jean rapporte, qu’il le disait autrefois eîb promettant lp S. Chrême, qui est le S. Esprit, et; en marquant ses proprietez.,. cpmrw npus...yopslVvons rapporté cy-defTus...
« Or ce S. Chrême donne une force {pirituelle, même à nôtre corps dans les choses qui ont rapport au falur de nôtre ame, et c! est de luy dont Isaïe a prophétifé: Le Seigneur sera de tous les Peuples. sur cette montagne, ( c’est- à-dire l’Église », douilest dit ailleurs dans les derniers jours: La montagne du Seigneur sera rendue visible,) un fefiin; on y boira, le uin avec joye, et• on y sera oinet de parfums. Et afin, que vous foyiez perfuadez que cela elt maintenant accompli 3 c’est que parlant de ce parfum, comme d’une chose mysterieufe, il ajoute qu’on le donne à tous les peuples car la volonté de Dieu, est qu’il soit communiqué à toutes les Nations. Ayant donc éçé oints du saint Chrême y confervez-le..’ pur, et sans tache dans vous en augmentant en bonne, oçuvres y et en vous rendant agréables à Jésus-Christ,, le, Principe et l’Auteur de vôtre salut, à qui fqipb i gloire daiis les iiecle des jtieçles. Amen.K
Notes sur la: troifême Catéchèse myjldgocjue.
S01’ sa™ Chrgme0sa la Confirmation., Elle se donne immédiatement aptes le Baptême, et cet usage s ’est de tout temp obfervé dans les Églises d’Orient. Dans la suite le Baptême étanc le p! us souvent conféré pat les Prêtres, à qui on ne permettok pas ordinairement en Occident de donner la Confirmation, les Evêques la donnoiènt dans le cours de leurs Vifîtes, et comme on ne donnait le Baptême qu à Pâque et à la Pentecôte,• on attacha affi la Confirmation 4 certains jouts. iVomêta appelés, Christs, ou Chrétiens. On jje mérite le nom de Chrétiens selon S. Cyrille, que quand on a reçu Tonetion de la Confirmation, parce que Christ veut dire Oint, Vntlus c’est donc afin d’avoir droit déporter le nom de Jésus- Christ, qu’on fait l’onclion du saint Chrême sur ceux qui sont baptjfez, afin qu’étant ref- • fenblans à Jésus- Christ, ils puifTent porter son nom.
« 3 Car comme après avoir iti bapùfez. dam le Jonrdain. C’est sur cela qu’est fondé le Sacrement de la Confirmation » Que comme Jésus Christ après son Baptême reçut vrfiblement le S. Esprit, les Chrétiens à ion exemple doivent après le Eaptême recevoir le Sacrement qui donne le S. Esprit pour les fortifier contre les dangers aufquels la Foi et le Sahirfont expofez dans le monde..
A vous imagine pas que ce [oit une huile commune L’ ’huile dont l’Église se fer t dans la Confirmation, est appellée sainte parles Pègres, parce qu’elle éroit bénite par les prières de l’Église. On voit la tionc.
Comme le tain n’est plus du fain commun, mah le Corps de Jtfus
Christ. S. Cyrille ne compare pas le Chrême avec l’Eacharistie, quant au changement. Comme h le Chrême devenoit le S. Esprit, ainsi.cpie le pain devient ie Corps de Jésus-Christ, par la converûon qui s en fait, il les compare seulement quant à leur vertu, dïûnt bue le Chrême contient et confère aussi réellement la grâce du S, Esprit, que les me contient et confère aussi réellement la grâce du S, Esprit, quel pain est- véritablement le Corps de Jésus-Christ. Remarquez combien S. Cyrille étoit perfuadé de la réalité du Corps de Jésus-Christ dans ÏEucharistie. Ce n’èst pas un pain commun, mais c’est le Corps de Jésus-Christ: Est Corpus Chrifli. Que ce miracle se fait par 1 invocation du S. Esprit: Post ÇanBi Sp’mtus invocationem. Dans la Catechele précédente, il avoir dit que c’étoit après l’invocation de la fatnte Trinité, Aù invocationem adoranda Trinitatis. Appellant ainsi les prières qui précèdent, ou qui accompagnent la Consécration, 1 invocation du S. -Efprîr, ou l’invocation de la Trinité.. lSTest plus une huile commune, Cétoit à ràifoii dès prières 4e 1 E- catur
Oltumfimpkx confeBum 3ctet à- dire-, confacre, jam Chrifmavor. Le second et le trorfiéme Concile de Çarthage l’appellent aussi le Chrême. S. Augustin parle du signe se la Croix qu’on faisait sur Tret. iS. les huiles pour les benîr. Signurnhrîstiquod adhibetur oko, yuo si- 7 on. deles Chnfmatt nnguntur. h 7 Tendant quon oint h front. On appliquait le Chrême sur le tront sur les autres organes du corps. Quo fions et alii fenfus corporis ji8 Les Cdtechejes defdint Cyrille:•.
« unguntur. Voilà l’onetion faite sur le front, désignée pour IaConfr » mation. C’est de-là que- les Latins ont distingué l’onàion verticale,/ qu’ils appellent une cérémonie du Baptême, d’avec celle qui est fairefur le front, pour être celle de la Confirmation.
Les Grecs frotoient d’huile tout le corps du Catecurrjene avant le Baptême mais dans la Confirmation on oignoit seulement le front,, les yeux, et les oreilles, •et autres, feus du Baptifc, comme le mac-C, 7. que S. Cyrille. Le premier Concile de Constantinople met le front, les oreilles, les narines, et la poitrine, 6c nous apprend k forme de ce Sacrement, qu’en donnant le S. Chrême on disait: C’est lefceau du don du S. Esprit. Signaculum déni StnritusfanBLCe sceau étoit le Chrême qu’on appliquoit en forme de Croix.
Pour ne point rougir. On voit au long les effets que produit en l’ame le Sacrement de la Confirmation, principalement pour affermir et fortifier les nouveaux baprifez.
j On ne mérite d’être appelés Chrétiens qu’après avoir été confirmez. 10 Le faim Chrême figuré dans /’ ancien Testamtnt. Tertullienle dit’ lih: d aussi: Quand nous sommes fortis du Baptême, on nous oint d’une Bpt. c. 7. huile bénite, figurée par celle dont Aaron fut oint, et cette onction qui Le fait sur nôtre chair, nous procure un avantage fpiritueL Lw. /.: n Ccjl-a-dïb f Eglife. La vifibilité de l’Egltfe comparée à uneLtb de sa- montagne qu’on-; voit de loin, S. Irenée dit qu’elle est la Lampe de m l’Evangile, qui répand sa lumière par toute la terre. S. Ambroise dit qu’elle est cette Ville que l’Evangile nous marque être bâtie furi la montagne, Se. qui ne Ce peut cacher Voyez S.. Augustin dans les-, givres contre les Donatistes.
Quatrième catéchèse mystagogique
Du Corps ÔC du Sang de Jésus-Christ, après la leeture de ces paroles de la première Epitre aux Corinthiens: J’ay appris du Séi--c’r’uigneur, et je vous l’ay aujji laijfe parTraditiom et ce qui fuie.
LA doetrine de S. Paul que vous venez d’entendre peut fuffire » pour vous rendre des témoignages certains de la vérité des divins mystejcs qui vous ont été difpenfez, lorsque vous avez été faits participans du Corps et du Sang de Jésus Christ: cat cet Apôtre disait dans la letture qu’on vient de vous faire, que la nuit même que notre Sei gteur Jésus Chrifl fut livré aux Juifs, il prit du pain, qu’ayant rendu gnees, il le rompit, en disant: PreJte mangea y cecy est mon Corps. Puis donc que Jésus-Christ, parlant du pain, a déclaré 5 que c’est son Corps; qui ofera jamais révoquer en doute 4 « ette vérité î Et puisqu’en parlant du vin, il a affalé si pofitivement 5, et il dit que c’est son Sang, peut-on dire que ce n’est pas ion Sang?
Tefus étant autrefois à Cana en Galilée, il y
J Xxx changea par sa seule volonté l’eau en vin, qr: elt une liqueur qui approche fort du Sang, etnous ne croirons pas sur sa parole qu’il ait changé du vin en son Sang 6? Si /étant trouvé à des noces humaines y aufquelles il avoit été invité, il fit ce miracle iï furprénant, ne devons-nous pas reconnoître en. core plutôt y qu’il a donné aux enfants de l’Epoux céleste, son Gôîps et son Sang? Ainsi nous ne devons aucunement douter i que nous ne recevions son Corps et foli Sang.
Car sous l’efpece du pain8, il nous donne son Corps, et sous Tefpece du vin, il nous donne son Sang y afin qu’étant nourris de son Corps et de son Sang, nous devenons un même corps et un même sang avec luy, et par ce moyen nous devenions des Porie-Christs y c’é’st-à- dire, que nous portons Jésusr Christ dans nos corps, lofique nous y recevons fô# Corps et son Sang 9, et c’est ainsi que selon S. Pierre nous sommes faits participans de la nature divine.
« Autrefois JefûsXhrist -, parlant aux Juifs l0, leuï disait: Si vous m mangë tna chair, et ne beuwZ mon Sang y vous n’aurez point la vie en vous Mais ces hommes groffiers, n’entendant point fpirituello! ment ces paroles, s’en feandaliferent, et Pabandotf nerent, s’imaginans qu’on leur vouloit faire ma »-! ger de k chair humaine.
Il y avoit aussi dans l’ancien Testastient des pains de propofitions., parce qu’on les préfentoit devant Dieu, mais parce qu’ils appàrtenoierit à cette ancienne Loy 3 ils ont cefle avec elle j mais dans W de’JemfalmL Il Catech. Mystag. nouvelle alliance y il y a un pain céleste, et un breuvage de salut y qui fanetifient l’Orne et le corps; et; comme le pain est la nourriture propre au corps _, aussi leVerbe est la nourriture propre à Vame. Ne les confiderez donc point eqmnie un pain commun Ti y ou comme un vin commun x mais comme étant, selon la parole du Seigneur x Je Cops etet je Sang de Jésus Christ; et quoique les fensnç nous perfuadent pas que cela soit, la Foi doit vous ea convaincre. Ne jugez pas de cççtç Vérité- par le goût, mais plutôt tenez-lç pour çonfont par la Foi, de manière que vous n’en ayiez aucun doutç }, que ç est le Corps et le Sang de Jésus-Christ qu’on vous a donné.
« v David femble avoir reconnu La vertu, et l’efficace de ce mystere, lorsqu’il disait: Vous avez dref- Pf. • se une table x4 devant moy y contre tous cemui me troublent, car il s’y pafTe quelque chose de semblable. Avant la vernie de Jésus-Christ » les démons avoient àreflfé pour les hommes une table, qui les foiiilloit en communiquant avec eux y en y recevant des viandes impures, offertes en facrifiçe aux démons; mais depuis que Jésus-Christ est venu, l’homme re-r connoit que c’est Dieu qui luy a dreflé une table fnysterieufe et fpirituelle, et oppofee à celle du démon, et où l’on reçoit la force de le combattre, de refister à ses attaques, et par laquelle nous entrons en communion avec Dieu même. Aussi le Prophète ajoute: Seigneur, vous avezpintd’bifilema têtei. Cela s’est paffé à vôtre égard, lorsqu’on a imprimé sur vôtre front, avec le Chrême, le fceaa
Xxx ij 53 1 Les’ Catcchefes de fa’tnt Cyrille de Dieu1, pour marquer que vous portez dans vous le sceau de la fainteté de Dieu.
Il dit aussi: Que vôtre Calice qui a la force îeny vrer, est admirable ïCe qui a rapport au Calice que Jésus-Christ prit, en rendant grâces, et disant: Cej cy t f mon Sang, qui sera répandu pour plusieurs enré-i mijston des peche. Et Salomon marquoit aussi cela dans son Livre de rEcclefiaste, lorsqu’il dit: Jlfel mange vôtre pain avec.joye. Çest du pain fpirituel dont il parle j Et beuve vôtre vin avec ahgt§u Tf. iy C’est aussi du vin fpirituel; Et que vôtre têtejoit toujours ointe de parfum. Marquant ainsi le Chrême mystique; Et que vos vêtemens [oient blancs en tout temps, le Seigneur aura vos œuvres pour agréables. C’est ainsi qu’après avoir quitté lesvêtemens du vieil homme, et étant revêtus fpirituellement d’habits blancs l7, vous marcherez perpétuellement dans cette blancheur., A
Je ne dis pas cela pour vous obliger a porter toujours un habit blanc, mais pour vous marquer la blancheur et l’éclat fpirituel dont vous o vez être intérieurement revêtus, afin que vous puii lfi. 6%. iiez dire avec le Prophète ifaïe: Je me réjornuyec une effusion de joye dans le Seigneur, parce qu’il m « -. vêtu des vêtemens du salut, et qu’il m’a paré des oW mens de la justice. »
Mais sur tout soyez perfuadez, comme dune chose très certaine ’8, que le pain qui paroît a nos yeux, nest pas du pain, quoique le goût le jugc tel, mais que c’est le Corps de Jésus-Christ; et q« le vin qui paroît à nos yeux n’est pas du vin, quoiî que les sens du goût. ne le prennent que pour du vin, mais que c’est le Sang de jefus-Christ, etque c’est de luy, dont David avoit parlé dans le Pfeaume où il dit que le pain fortifie le cœur de l’homme, et• xm l’huile le fait paraître plus gay. Fortifiez donc vôtre cœur en mangeant de ce pain fpirituel. Faites paraître vôtre, joye.juTques sur vôtre visage; et.je foùhaiterois même qu’il fut en état que vous puifr fiez avoir la confciënce assez pure pour contempler la gloire du Seigneur Jésus-Christ, étant tran. formez en son image, et jouiffant de son bonheur. A luy soit l’honneur, et la gloire, et la puissance idans lesfiecles des siècles. Amen. »
i Notes sur la quatrième Qatechefe rnyfiagogique.
ON communiott le » Neophites aussi-tett qu’ils avoient été baptisés. Cette Cateehefe, qui est del’Eucharist.e, est un des plus grands argumens de la croyance de I’Église Catholique, et le fu, et le la plus infighe confufion des Prorestans, puisqu aucun de nous au dix-huitiéme « ecle ne peut parler plus clairement pour établir la réalité du Corps de Jésus-Christ, que le fait S. Cyrille au milieu
MlTommeTce ïaïord par établir qu’il en faut croire ce que JeVu CnrTby même en a dit. Personne ne peut mieux fçavo.r et penfée que luy., et personne ne la peut miei« expliquer, Qr? du i CyriSst, JeVs non seulement dit, mais il dit avec fermenr, Aj£firmeue levain est son Cprf s- jC « jM, d, t-t, 1 ».™ Z. vSà donc les Protcstaos. confond,, puisqu ds J fort, et qu’ils ofenr donner un démen.y à Jésus-Chr.st, et contredite sa pafote, ne yodans pas que ce fost son Corps, quoiqu,1 1 au dit iS. CvriBe dit la même chose du Sang, que c’est Jésus-Christ qu F4 dst S on remuer en doute une vérité û nettement exprime. S. GyriUt établit la Tranfubstantia.ion par 1 exemple de leau.. dLnVée en vin auxçesde.Cana.Jefos-Chnst fit ce miracle, par. ÏIf te volt. -Sn- Olr-dit qu’il rait, f..it, V.au lieu que d. l’EuXistie! il dit qu’i/ 4 fait k pain son Corp,.
Ne m.nnul p«, 4fai.tr » fstr, sa, parole / Xxxiij 74 • £ Cattchefà de saint Cyrille 4 S.Çjpifa veut que Jésus-Çjinst ait fait le miracle aes Nôc » pour nous préjpac.er ôç nous disposer à crpire celui de la Cénej et si le second miracle est plus grand, c’est l’effet dei’estime qu’il fait de nous v « a nous confickraot comme les enfants de l’Êpstux, pour qui il n’y a riçn dç plus, précieux que son Corps et son Sang, pour leur nourriture j Cê’Pm veut qu’on reçoive l’Eucharistie, comme étant très ce, tainement, wwi cnm ntimdim, le Corps et Te Sang de Jésus-Christ, ce qui est encore plus fort pour en exclure tour doute. »
6 11 distipgHt’le apparences du Sacrement d’avec ce qu’il y a de caché sous ces apparences. Sous ce qui paroît pain, on reçoit le Corps de Jésus-Christ. Sous celles du vin, on nous donne le Sang de Jésus-Christ. Il n’y a donc du pain et du vin que les apparences, ÔC non la substance Snb fvtcit partis, tïbi dtMt Çorpm Cbrijli. t7 Ltfin que Jésus-Chxiit s’est propofée en nous donnant ion Corps, c’est pour que nous devenions un même Corps et un même Sang avec luy y ainsi que nous devenons un même fucavec lesalimensqui fervent à notre nourriture corporelle j que nous foyons des Pom Cbrists, portant Jésus- Christ en nous, ayant son Corps et Ion Sang dans nôtre corps. Cum tjns Corpus et Sanghintm in mtmbr vojlra nciptremus.,. ’, {r r 5 S. Cyrille prévient le témoignage des lens, et maigre ce qu’ils nous sont apercevoir, il faut s’élever au deffuspar la Foi ’d’en juger ni par les yeux, ni par les mains qui le touchent, ni par le goût,. Il ne doit donc rester aucun doute qu’on a reçu le Corps de Jésus Christ.
9 // rèptti encore qu’on doit crpke pour- certain. La répétition ne luy paroit pas inutile, afin d’apprendre aux fit clés à venir, cotm bien il s’éfoit appliqué à affermir les nouveaux baptifefc dans h croyance de ce mystere. Voilà quelle étoit la foi de i’Église de Je rufalem sur l’Eucharistie. C’éroit de Jésus-Christ, cs Apôtres, de S. Jacques, et de Ces fucceflèurs, que l’avoir reçu S. Cyrille. C’éfoit à Jérusalem que Jésus-Christ avoit instirué ce’ Sacrement, quofl l’avoir célébré la première fois après l’Ascension. C’étoit l’école et le lieu où Ton fçavoit mieux la penfée et ls ddlèins de Jésus-Christ. O pretieufe instruaion! plus estimable que les Diamans etks perles les plus rares.
Car on doit remarquer que S. Cyrille ne dit point tout cela en paflant, mais dans un discours fait exprès et prémédité sur l’Eucharistie, qu’il n’employé ni raifonnemenr, ni fubtrHté c’est tirie impie expofition de la croyance de son Église, qu’il donne ato’-NcopMres. Hé que n’auroit-il pas dit, s’il eût trouvé de Betangersy àet Zufngliens,’ et des Caivinistesi ehiorte que si la croyance de la présence réelle de Jésus-Christ dans l’Eucharistie, est une nouveauté, clic a près de quinze cents ans à ne commencer qu’à S. Cyrille;.û defwtfolm IV. Cattch. Mystag. j3#
TEgKfe à changé de fctKimens comme lwy imputent malicieufement es jfifÉeWiis; Ce changeiïTêttc (fubfisté inxîôntéstablement depuis plus de qufafce fiedes. Enfin depitf Betatager, et ’depuis les Calvin istes, il n’y a ni Pape ni Concile, pà% même le Concile de Trente, qui ttir ’stitié |lûs jxjfitivemeh, fli -plus fairésttent 5 aînfi raïïermSlez tout çh, -que S. Cyrille pan le àakS 4eé ïnstructiotas familières à des gens « qu’il ne veut, ni farprendre tû embaFâflèt À qui Hn’expofe que Amplement la croyance de l’Eglifè, qu’41 les prévient contre tous les dôittes qui f oterr-btent venir fivrcc iVylstei »e far Patttofrrté: de lar vérité de celui qui Ta dit, savoir Jésus-Christ, et qui l’a affiirè, qui se (fcrnande h km peut douter |ûe le in soit (ôrr Corps j ’et pâtce que cela est difficile à croire qui le prouve par Je miracle des nô+ tes de £anâ -, qui remarque qu’après ta çonfecrrirron, il ne reste du, pain, que les apparences qui prévient contre le témoignage des sens, eontre ce que Ton voit, et jn’on touche, et ce u on goûte, îarce que » le changement « étant infenfible, il faut avertir qu’il y a dans le Sacrement autre chose que ce que l’on voit, et que ce que Ton goûte, puis il établit comment se fait ce changement, et comment il est poffible.
Peut fuffire Si quand l’Ecriture est claire par lle- même, on vouloir encore la voir expliquée par les Pères, il fuit dire si ce que S Paul a dk de l’Eucharistic, qui devroit seul fuffire, demandoit encore quelque éclairciilèment, S. Cyrille le va donner.
Vous ovtz. été faits participant du Corps de Jésus-Christ qu’ils « voient reçu après le Baptême. »
Jésus-Christ a déclaré. C’est donc de Jésus- Christ que nous fçavons te qu’il faut croire de l’Eucharistie.
Qui ofera le révoquer en doute f On ne doit pas permettre le moindre doute sur une chose que Jésus-Christ a expliqué si clairement.
Ajfuré si pofitivment a dît. Jésus-Christ allure comme un ferment. S. Cyrille n’est pas le seul dans l’Antiquité, qui ait prétendu que Jésus-Christ et les Apôtres avoient parlé clairement de TEucharistie.’ S. Justin proreste que les Apôtres Se les Evangel istes avoient enfeignéides paroles de Jésus-Cnrist: Cecy est mon Corps; que le pain et le vin étant -confàcrefc, sont la chair et te sang de ce même Jésus qui a été fait chair pour l’amour de nous.
II a changé du vin tn fin Sang. Voilà donc la Tranfubstantiatkn crue, établie et prouvée par un autre miracle. Il ne faut pas s’imaginer que S. Cyrille soit le seul des Anciens Pères, qui Tait reconnu. S. Grégoire de Nyfle dit: Je croy que le pain étant icy iàncYifié par la parole de Dieu: Ceci est mon Corps, est changé au
Corps du Verbe de Dieu..... et que par la vertu de la benedi- Ont. c« dion, il a changé et transformé en son Corps la fubst, mce- des efpe-’ ces vifibles. Del vtrbo fanttificatum pamm in Bel ytrH corpus credo j3 / Les Çatcchefcs àéfainiCjnh tranfmutAri.... Hac virtute beneàietUnis in illud tranfelemintâtk term qu appartntnatura.S. Ambroise dit, Jésus-Christ déclare lui- mime? Cecy est mon Corps. C’est donc la véritable chair de Jésus-Christ, ft hiysttr. qui a été crucifiée et enfeyelic. Avanç la Confecration qui se fait avec ces paroles célestes, on donne à cela.un autre nom; mais après la Conlecration, cela est nommé le Corps de Jésus-Christ.... et vou ïépondez Amen quand on vous le donne, c’est-â-dire, il est vrayc Croyez donc de cœur ce que vous avouez de bouche. »
On ne doit aucunement douter. Répétition d’invcûive contre la doutes.
Sous tefpece. Dans le Grec, sous h type, c’est-i-dirc, sous ce qui paroît, ou repréfente le pain.
Nous recevons fort Corps dans le notre. Ainsi le Corps de Jésus Christ entre dans le nôtre.
Je fus parlant aux Juifs. Cétoient les Capharnaïtes; S. Cyrille rapporte leur objection, qui est celle des Proteûans; s’imaginarrf que Jésus-Christ parloir de. manger sa chair d’une manière charnel le, comme paroiflant de la chaire humaine.
h Les pains de propolîi ion, figure de TEuchari (lie.
Ne le regardez pas comme un pain commun. Croire la réalité malgré la répugnance des sens mais en croire ce que la Foi endir.
N’en avoir aucun doute. Il munit ses Audireurs contre ce doute. Ce qu’il répète pour les affermir davantage dans la croyance de ce mystere.
Vous avedre(st une Table. S. Cyrille applique ce partage: aja Table de l’Église, qui est l’Autel où Ion prépare et où ondiltribuc l’Eucharistie. S. Ambroise lib.de Elia. cap. lo.Theodoiet etpto fleurs autres l’expliquent de même...
Sous avez oint d’huile ma tète. Dans les seis on regaloit ordinairement les Conviez par des huiles de parfums qu’on repandoit
XpUg. • sur leur tête, comme on voit en S. Mathieu x6. S.Marc 14.S.L0 7. C’étoit l’ufage des Hébreux, et aussi chez les Grecs, et es Latins. Souvent les Pcres par cette huile de parfum entendent lefaint Chrême, dont on ufe dans la Confirmation. S. Athanafe, et Théodoret.
Le fetau de Dieu. C’est le signe de la Croix; on oignoit est forme de Croix.
L’habit blanc qu on avoit reçu au Baptême, et avec lequel ost avoit communié, et qu on portoit tous les jours de la femaine de Pâque.
18 // infi/le encore à n’avoir aucun doute sur la réelle présence de Jésus-Christ en l’Eucharistie, et de n’en pas juger par le témoignage et le rapport des fais. C’est le Corps de Jésus-Christ. HtÇort Christi, efcfangumem Chrifii.
Cinquième catéchèse mystagogique
Sur ces parafes de Icrc/Cîatholîc’ de S. Pierre: Ayant renoncé a toute sorte de ma-1 Pei lice, à toute tromp/fK a l’envie et ai toute miâipince J comme des ènfans nouvellerkeni nezj; deJirtT le lait (pi rituel, èC ce qui fait.
« PUifqu’iLaïàr Jiea.iiaus] vôjus en avons assez dk 4s j? s rdijfcctirs prépedens,- poufc vous. faire comprendre l’excellence du Baptême, eti du stint Chrême,.et ce qui regardé la réception: •; du Corps et 4.Salde Xcfs-Çhxist.naus’.p.aiTe? rous. maintenant à 4utxes çhofes, et nous » met., trons £n aujourçThùy lTà-ce que.nous nous étions, propofé de vous dire pour votre édification, aussi bien que, pour. vôtre, instru#iqn.,
Vous avez vu - qu’un, Diacre, donnait à laver les, mains aju Prêtre ’Vqtû cékbroit et aux autres Prêtres qui étoient amour dePAutel de Dieu-; pçn fez-vous que ce fût afin de nettoyer le corps? nulle-? xnentr: car. nous. avons fbin.de nois laver, et, de tre nets avant que de, venir à l’Eglise 5, j mais -ce là rem.ent.des mains vous marque que vous devez. être,:
Petr.zï purifiez de tous péchez 4: car comme les mains fignifient les adions, nous lavons nos mains, pour marquer la pureté de nos œuvres. Ne vous femblet’il pas entendre David parler de nos mystères Jorfcu’il disait: Je laveraymes mains dans la compagnie des innocens, et je7 me tiendray, Seigneur, autour de votre Autel. Laer se mains, est donc la marque que Ton est exempt de tous péchez?;
Le Diacre dit ensuite a haute vobc5: Emhrajfo vous, et vous dormes le baifer de faix. Et en même temps nous nous faluons les uns les autres, en nous donnant ce btfer. Ne pensez pas que ce baifer soit tel que ceux que les amis se donnent, quand ils le rencontrent, nullement: ce baifer concilie les esprits, etc’est la marque qu’on oublie tout ce qu’on a reçu de defobligeant de son frère c’est la figure d’une parfaite réconciliation, 6c de l’oubli de toutes les injures qu’on auroit reçu } c’étoir pour cela que Màtk 5-Jésus-Christ, le Fils de Dieu, disait: Quand vous apportez votre présent a V Autel, si vous vous fiw- nez lue votre frère ait quelque ebofe sur k cœur contre vous; laijfez-là votre présent devant l’Autel, et % premièrement vous réconcilier et après vous viendrez faire votre offrande.Cc baifer est donc la marque d’une parfaite réconciliation, aussi est-il appelle parS, Paul un saint baifer, lorsqu’il dit: W tous les frères par un saint baifer. S. Pierre rappelle un baifer d’amitié, et de dile£tion.
Après cela le Prêtre qui officie dit tout haut: Elevez vos cœurs, parce que c est principalement en ce moment redoutable, qu’il faut élever nos e firufalem. V. Catecli. M’y stag;. 735 eœuts à Dieu, et ne les avoir pas baiffez -vers la terre, ni occupez d’affaife de cette.vie. Le Prêtre avertit donc tous 7 ceux qui ailistent au Sacrifice j de bannit de leur esprit, en cette heure si terrible, toutes les penfées du monde tous les foins 4e cet- te vie, et de toutes les affaires domestiques y afin que leur cœur fit dans le Ciel uni à Dieu, qui a tant de bonté pour les hommes.
A ces paroles du Prêtre vous répondez 8: Nou? avons nos cœurs élevez vers le Seigneur; Protestant ainsi que vous faites ce qu? il a dit: Je vous prie sur tout, qu’il n’y ait aucun de vous, qui dife de bouche: Nous avons nos cœurs élevez vers le Seigneur.,, pendant que son esprit est occupé des foins domestiques, ou des affaires du monde y et quoique nous devions avoir inceffament Dieuprefent en nô tre esprit, ne le pouvant pas toujours à cause de nôtre foibleffe, nous devons faire en ce moment tout ce qui est en nous, pour n’être occupé que de luy.
Le Prêtre ajoute: Rendons grâces au Seigneur 9. En effet il est bien juste de le remercier de ce qu’étant aussi indignes qufc nous le sommes de ses grâces, il ait bien voulu nous en faire part, de ce qu’étant ses ennemis, il ait eu la bonté de nous réconcilier avec luv, et de ce qu’il nous a fait devenir ses enfants, par Tesprit d’adoption, qu’il nous communique.
Vous répondez à ces paroles: Il est juste et raU fùnnablc de luy rendre grâce. Nous faisons une chose très juste, et à laquelle nous sommes obligez, quand nous rendons grâces à Dieu; au lieu que Dieu n’é- tant pas’ tenu par justice i ni oblige de noks accoriîer ses biens, fest’ par un pur effet de sa bonté, qu’A nous les communique.
Ertfuite nous faisons mention du Ciel, et de la terre, de la mer, du Soleil, de-la Tune, des astres, de toutes les créatures, ’tant de celles qui sont intelligentes, que de celles- quifont pigées de connoiffaijce tant de celles qui sont Vifibles, que des iiivifibles, comme des Anges, des Archanges, des Vertus, des JDominatkms, des Principautez, dks -PuiiTastccs, des trônes, et des Chérubins, et comme leur disant avee David: Vous toutes glorifia le ’Seigneur avec moy..
Nous faisons aussi mémoire deSeraphinvqu’Isaïe vit parole S.’-Esprit être autour du Trône de Dieu, couvratis leur face de deux de leurs ailes, leurs pieds de deux autres, crians l’un et l’autre, • ettlifans: Saint™, Sûnt, Saint, -est le Seipeurjt Dieu des armées. Nous recitons aârtfi eirfuite cette T4ieologie facrée que les Séraphins chantent, et qui nous est venue par Tradition, afin que par cette Pfalmodie toute cékste, nous communiquions avec la fublime milice du Ciel.
Etant fanetifiez par ces Cantiques tous fpirituels; nous prions Dieu J3 3 qui est fî bon, d’envoyer le S.Esprit sur ce qui luy a été offert a l’Autel, afin qu’il fafle que le pain devienne le Corps de JésusGhrist y et que le vin devienne son Sang: car le S. Esprit fanetifie icy en ce mystere, et change tout ce qui reçoit impreffion de sa vertu M.
Qr quand ce Sacrifice fpirituel pst- parfait, # dé Jerufakm. V. Catech. Mystag. 541 fileté culte non fanglant r5 qu’on rend à Dieu pair Je moyen de l’Hostie d’expiation, est achevé, alors nous le prions l6 pour la paix univerfelle de l’Èglife, pour h tranquillité de tout le monde, pouïr ies Rois et pour leurs Armées /pour nos Proches, pour les -malades, pour les affligez, et pour tous ceux qui ont befoin de fecours, et nous luy disons: Seigneur, nous vous prions tous, et nous vous offrons ce Sacrifice.
Et faisant airfli ’mémoire de ceux qui fontïncttt’s avant nous, savoir des Patriarches, des Prophètes, âes Apôtres, et des Martyrs, nous vous fupplions de recevoir favorablement nos oraifons, par le médite de leurs prietes: nous prions ensuite pour les saints Pères J et pour les Evêques qui sont morts; enfin pour tous ceux qui étoknt avtc nous, et de, nôtre communion q-uandîlfont fortis de ce monde, croyant que leurs amcs reçoivent im très grand foulagement des priercs-qu? onofFre jpour eux dans ce saint et redoutable facrifice, qui est offert sur l’autel, ce que je m’en vas bien vous montrer par un exemple -, car je fçay qu’il y en a plusieurs qui difeflt; dequoy fert à l’ame qui est fortiedç ce monde, soit avec des péchez ou sans péchez que Ton faflfe mémoire d’elle dans ce facrifice; mais je vous prie de me dire 3 fiun Roy avoit envoyé en exil des perfonnés qui l’auroient offenfé, et que leurs amis ou kufs proches luy offrant quelque prêtent de grand prix- telle que serait une-Couronne, pour appaifer sa colère, ne pensez-vous pas que ce Prince serait « quelques grâces aux coupables, ou au moins qu’il »
Yyyiij addouciroit leurs peines c’est ainsi que nou aet drefTons à Dieu nos prières pour ceux qui sont morts,, quoiqu’ils soient pécheurs, non pas en luy préfervtant quelque Couronne, mais en luy offrant Jésus Christ même qui a été immolé pour nos péchez h afin que celuy qui est (i bon et si mifericordieux } leur devienne favorable,. et à nous.
Vous dites ensuite la prière l9 que le Sauveur l làifle à ses Disciples, appellant Dieu Nôtre Père |v avec une cpnfciencc purifiée, en luy disant: Nôtre Père qui est dans les Cieux10. O combien est grande la bonté de Dieu! envers ceux qui l’avoient abandonné, et qui s’étoient plongé dans toute fo tes de erimes, non seulement il veut bien oublier leurs defordres, les faire participans de ses grâces;, mais ils veuc bien qu’ils l’appellent leur Père, et qu’ils luy disent: Nôtre Père qyii est dans les Gieux. 11 faut entendre par les Gieux, ceux qui portent l’image de l’Homme céleste, et en qui Dieu demeure. Que vôtre nom soit fandifié; Le nom de Dieu est iaint de lui-même, soit que nous le difions, ou que nous ne le difions pas, mais parcequil est profané par ceux qui l’offenfent, comme Dieu s’en plaint par l’Ecriture: Sous êtes cause st mon Nom est profané par les Gentils. C’est pour cela que nous demandons que son Nom soit fanetifiépar. nous, non pas qu’il commence à le devenir, nui qu’après nous être fanetifiez, ne faisant que désaxions saintes, nous fanétifions son nom. Que vôtre Règne arrive iT -, Il n’appartient qu’à une ame pure de: fpirp avec alfurMicç cette demande, Vous ayez-auy S.
Paul, qui disait: Que le péché ne règne plus dans vôtre corps mortel; Mais ayant purifié nos actions, îîos penfées, et nos paroles, disons à Dieu: Que vôtre règne arrive. Que vôtre volonté soit faite en la terre comme au Ciel. Les Anges de Dieu, qui sont bien - heureux, sont tou jours sa volonté j, comme le marque David, lorsqu’il dit: Anges du Seigneur, beniffcz-le tous, vous qui avez tant de force, et tant de pouvoir, qui faites sa volonté: En faisant cette demande, c’est donc comfi notfs difions: Seigneur, que je faffe vôtre volonté sur la terre, comme les Anges la sont dans Je Ciel. Donnez-nous aujourd’huy 3 nôtre pain, qui furpaffe toute substance -, Le pain ordinaire qui fert à nôtre nourriture, ne furpaffe pas toute substance, ainsi nous demandons un pain qui est saint qui est ainsi appelle, parce qu’il entretient la vie fubstantielle de nôtre ame; ce n’est pas un pain qui descende dans Testomach, et qui ne ferve qu’a la nourriture de nôtre corps, c’est un pain qui fort fie le corps etïame.
Nous disons aujourd’huy, c’està-dire., pour tous les jours; C’est en ce sens que S Paul disait, Exhortez-vous tous les jours les uns les autres, pendant que le temps qui est appelle aujourd’huy, dure encore; Remettez-nous toutes nos dettes m, comme nous remettons les dettes à ceux qui nous doivent. Comme nous avons commis plusieurs péchez, et que nous offenfons Dieu par nos paroles, et par nos penfées, nous méritons souvent d’être damnez à cause de nos œuvres, et même il nous disons que nous sommes sans péché, nous mentons, comme S. Jean nous en avertit. Nooi faisons donc un.paete avec Dieu, luy. demandant. qu’il nous remette nos. péchez, comme nous re-; xnettons. les dettes à, ceux qui nous doivent 5 Pcnez un peu quel échange, et que de grandes choses que nous recevons, pour de petites, que nous » relâchions, et par confequent ne tardons point à nous reconcilier et ne chicanons point, quand il estquection de nous pardonner lès- injures les uni aux autres; Les offenfes que nous avons reçu duprochain, sont légères., et de peu de confequence,. iféés à pardonner -, mais lès offenfes. dont nous fo.mmes coupables envers, Dieu, sont très grandes,., âç.nc peuvent nous être pardonnées que par sa pu re_ mifericorde.
Donnez-vous donc bien de gardo. de vous exclure. du pardon que Dieu veut bien accorder à vds plus, grands péchez, en.. refufant de pardonner à vôtre prochain les fautes légères qu’il peut avoir commis, envers vous. Et ne nousinduilez point, Seigneur •„ en tentation: ce. ri eu pas que. nous demandions par cette: prière de n’être jamais tentez. y puisqu il. eu écrit que l’homme qui lVest point tenté, nVst point éprouvé.. Regarde mes Frères, comme un sujet de trh grande jojx, les divejfçs. tentations qui nous fûrviennenfc: on ne; demande donc. paspréfentemejot de n’être pas atta-, que. par la tentation, mais de n’en erre pas acca-, blez: car.ilest de la tentation, comme d’un.tor- rent difficile à pa0er. craignant quand d’abord on a pu foutenir la violence des- flots, onJepafTeàla age, sans êtçe entraînez par Ces eaux; Aussi quand de J éruption V.
Catech. Mystàg. S4S on n’a pas la force de réfister d’abord à la tentation, on se voit en danger de périr; c’est ainsi que Judas ayant été tenté d’avarice pour ne l’avoir point combattu, perdit la vie de l’amc, et aussi celle du corps, par la mort qu’il se donna par defefpoir; au lieu que S. Pierre se tira aussi-tôt de la.tentation; où il étoit entré, en renonçant Jésus-Ghrist, et se tirant de l’occafion où il étoit, il fut délivré delà tentation. Ecoutez ce que les Saints disent en action de grâces d’avoir été délivrez des tentations auk quelles ils ont été expofez: • » Vous m’avez éprouvé, « Seigneur, vous m’avez fait pafler pat le feu, com- « on affine l’argent, vous nous avez fait tomber dans « l’étang, vous nous avez chargez de tribulations, « . vous avez fufeité les hommes contre nous, nous « avons paffé par l’eau, et par le feu, et vous nous « avez mis en un lieu de rafraîchiflement.
Voilà comme parlent ceux, qui étant expofez aux tentations, reconnoiflent qu’ils n’y ont pas fuccombé, et qui confeffent que c’est Dieu qui les en a retiré. Mais délivrtnous du malin 5. Or si en disant: Ne nous induifez point à la tentation, il eût voulu nous faire demander de n’être point du tout tentez, il n’auroit eu que faire d’ajouter: Mais délivrez-nous du malin? car ce méchant, ou ce malin, c’est le diable nôtre ennemy, dont nous demandons d’être délivrez. Nous concluons cette prière par cette parole Amen-6, ce qui fïgnifie, Ainsi soit-il, et c’est comme k sceau de tout ce que nou avons demandé à Dieu dans cette prière. Apres que l’Qraifon du Seigneur est.achevée, j4 £cs Carcchefes de saint ’ Cyrille le Prêtre dit: Les choses saintes aux Saints l7, c’està-dire, que les choses qui sont prefentes sur l’Autel, et farittifiées par la descente du S- Esprit, sont pour vous qui ères saints par rinfufîon du même Esprit saint, qui vous a été donné; et c’est ainsi que les choses saintes sont pour les Saints.
Puis vous répondez: Jésus-Çhrist seul est saint i8, luy seul cfl notre Seigneur et c’est avec raison que vous dîtes cela de luy, parce qu’il n’y a véritablement de Saint, que celui-là qui est saint par sa propre nature; car vous ne pouvez être saints par vous-même, mais seulement par la participation de sa fainteté, par là pratique des bonnes œuvres, et par la prière. En. suite vous avez entendu comme une Mufique ck leste x9 y et toute divine, qui vous invitoit à la Corn. jnunion des saints mystères, en chantant ces paroles: Gouîex y et voye combien le Seigneur est doux, Penfèz-vous que l! on vous ordonne de faire ce ditcernement par le fentiment du goût? nullement, mais bien par le témoignage de la Foi, qui est certain, et qui ne laifle aucun doute: car en vous cornmandant de prendre le pain et le vin, on vous ordonne dt ne le pas; goûter comme du pain ou du vin, mais comme le corps de Jésus-Christ, qui est sous lcfpece du pain i°, et comme son Sang, qui est sous l’efpecç du vin.
Or quand vous approchez pour communier 51, il ne faut pas y venir les mains étendues, ni les doigts ouverts 9 mais fou tenant de la main gauche vôtre main droite où doit repofer un si grand Roy, vous receverez le Corps de Jésus Christ dans le creux de cette main, en disant deferuJdlcm.’V.Cztcch.. Mystâg. J47 » » » »
Alors après avoir eu soin de fanetifier vos yeux par l’attouchement d’un Corps si saint. Communiez en le mangeant; mais prenez-bien garde a. qu’il n’en tombe rien, confiderant la perte que vous feriez de la moindre miette, comme si vous perdiez 3uclqu’un de vos membres: car si quelqu’un vous onnoit des lingots d’or, n’apporfcêriez-Vôus pas tous vos foins pour n’en rien perdre ï Quelle précaution ne devez-vous point avoir pour faire qu’il ne tombe pas la moindre partie d’une chose infiniment plus précieufe que l’or, ni les diamans. Après avoir ainsi communie au Corps de Jésus-Christ, approchez-vous du Calice de ion Sang, non pas en éten-. dant les mains, mais en vous inclinant comme pour l’adorer, et luy rendre hommage, en disant Amen. Vous serez ainsi fanetifiez par le Sang de Jésus Christ, que vous recevez, et dans le temps que vos lèvres en sont encore trempées, efluyez-les avec la main, et portez-la aussi-tot à vos yeux, à vôtre front, et aux autres organes de vos sens, pour les confacrer.
Enfin en attendant la dernière prière du Prêtre, remerciez Dieu de vous avoir fait participer à de si grands mystères. Retenez-bien tout ce que nous vous avons dit icy, et menez une vie sans reproche, et ne vous féparez jamais de la Communion j Ne commettez point de péchez qui vous privent de ses saints mystères. Que le Dieu de la paix vous fanctifie parfaitement, et qu’il conferve vôtre corps pur, et votre ame sans- tache, Pour l’avènement de Jésus-Christ, nôtre Seigneur, a qui
Zzzij la gloire, l’honneur et la puissance soit au PcrcJ au Fils, et au S. Esprit, dans les siècles des ficclcs. Amen,.
Notes sur U cinquième Catéchèse inystagogçjuc.
« IL ne fuffifoic pas cjue les fidèles fuflent instruits de la vérité te de l’excellence de l’Euçharistie, Us doivent connoîrre Tordre, la beauté » et la disposition des Prières et des Cérémonies avec lefquelles l’Église célèbre ce mystere, c’est-à-dire, savoir ce qui se pfle dans le Sacrifice de l’Autel, et cVst ce que. Cyrille entreprend d’expofer d’une manière bien confolante pour nous de voir purorifer nos pratiques et nos prières par des monumens si refpeâables, pour la qualité, cV pour l’antiquité du saint Prélat qui parle où l’on voit dans la première Église du Christianisme ce que les Apôtres y avoient eux-mêmes obfervé. Voicy donc ce qu’on peut dire de plus autorifé sur la Lituigie de S, Jacques que Ton fuivoit i Jérusalem.
i Nous mettrons fin aujonrcThuy. C’est le dernier discours de S. Cy tille.
« i Vn Diacre donnoh à laver les mains au Prêtre. S. Cyrille corn » mence i décrire ce qui se paflbit à l’Autel, après que l’Evêque avoic donné le Baptême et la Confirmation; On introduiloit ces nouveaux Chrétiens clans l’Église, où tout éroit prêt pour le Sacrifice i Les otyations avoient été reçues et pofées iur l’Autel. La première chofé que le Pontife faisait, c’étoit de laver ses mains, et cétoit un Diacre oui luy verfbit de l’eau, aussi bien qu’aux autres Prêtres, qni concelebroient avec luy, et qui éroient rangez autour de l’Autel. Sacerdoti% et Mis ad circkm Alt Art Dei flabant Prejbyteris. il n’y avoir ordinairement qu’un Sacrifice, et un Autel; Les Prêtres dans les Villes, et les grandes Eglifesoù il y en avoit plusieurs, ne célebroient point à part, ils le faifoient tous ensemble avec le principal Prêtre ou Pontife; Voilà l’ancien usage. Les Piètres étennr debout autour de l’Autel. ClrcUm Alt art flabant. U Table de l’Eglilc sur laquelle on célebroit, s’appelloit l’Autel de Dieu. dltar £« • • Autel n’etoit pas appuyé ni collé contre le mur; on tournoit autour » les Prêtres avec l’Evêque étoient dans le fond 3 regardans le peuple.
L’Evêque et les Prêtres lavent leurs mains pour les avoir plus nettes, et les purifier des prdures qu’elles au roient pu contrat en recevant les pains à l’Autel, si chez les Juifs l’on ne devoit jamais manger sans avoir lavé ses mains, on ne devoit pas apporter moins de Jérusalem. V. Catcch. Mystag. 54 « le propreté à l’Autel. Cela ne répugne pas à l’explication mystique de Su Cyrille, que c’est pour montrer avec quelle pureté dame et de corps il faut approcher de l’Autel. 11 marque qu’on se lavoic avant que d’entrer dans i’Église. Il y avoir dans ce temps-là des cuves aux portes de FEglife »ou Ton le lavoir les.mains et la bouche nos bénitiers sont à la glace de ces cuves i Les fidèles a voient tant de refpeâ: pour I’Église, qu’ils n’ofoient y entrer sans s’être layez et purifiez. Non tnim fordibtu corporîs fœdati in Ecclefiam w gréai folemas. On n’y voyoit point de gens mal propres.
« En se lavant les mains, les Prêtres faifoient attention aux paroles de David. Lavabo inter innocentes manus. Les Prêtres difenz encore cette prière à l’Autel, en lavant leurs mains. Laver ses mains. Earmi les innocens » fignifie vivre ôc manger avec des personnes dont i vie est pure ôc innocente. Et circumiabo Altan. S’érant conferve ur, on peut approcher de l’Autel, honneur dont les Pi êtres foiiilez, sont exclus Les Juifs lavoient atiïli leurs mains avant la prière, avant de monter au Temple, ou de prononcer quelque jugement, comme fit Pilace avant de juger Jésus-Christ.
C’étoit un Diacre qui verfoic de l’eau à l’Evêque, de aux Prêtres. Cela est encore obfervé chez les Chartreux} Ailleurs c’est un SouDiacre. Cela se voit dans la vie de S. Marcel Evêque de Paris, écrite par Fortunat, que n’étant que Sou-Diacre, il vetfoit de l’eau ûir les mains de Prudence son Evêque, pour les laver.
On si lavoit avant que de venir à I’Église.
Purifiez, de tons péchez. La pureté de confeience pour approcher de l’Autel, et même pour affilier au Sacrifice.
Le Diacre dit à mute voix: EmbraJJ ’cuvons. C’est le bai fer de paix. Tout étant prêt pour le Sacrifice, c’étoit Je Diacre qui crioit a haute voix: Que chacun sembrafle. Ce baifer n’étoic point pour se faluer, comme on s’embrafle dans les rues quand on se rencontre ce qui marque l’ufage des Juifs, 6c des C hrétiens de s’embrafer en se faluant -, mais on s’embrafloit dans l’Egl se, pour marquer la parfaite réconciliation des esprits. Il falloir s’être réconcilié avant que d’affister au Sacrifice; C’est pourquoy on le commençoit en Orient. par le baifer de paix, au lieu qu’en Occident cela étoit remis après la Confecration vers le temps de la Communion, comme le mirque le Pape Innocent I. et plusieurs autres. C’étoit une prépara- E/ »« Dâ tion à la Communion; mais en Orient et sur tout à Jérusalem on cenU eigeoit cette réconciliation pour aflîster au Sacrifice au temps de l’Offrande, fondé sur le précepte de Jésus-Christ.
Si offers mmns mum ad AUare vade fr’ihs reconciliari. Les Constirucions Apostoli- ques manquent comment se faifoient ces embraflemens. On criait à haute voix; Que personne ne se veuille du mal; Que les hommes Ub x.c S7’ embrafTent les hommes, que les femmes embraflent les femmes. S
« Paul l’appelloit un saint baifer. In ofeulo fanblo. Et Or i gène dit que f ». 14.
« « c’est de l’Apôtre que les Églises ont appris aux fidèles de s’embraffvr durant le Sacrifice, Zzz iij jjo Les Cttechefes de saint Cyrille 6 Le Prêtre dit: Elevez, vos cœurs » Voilà la Préface: Surfmctf » da; et c’étoit le Pontife qui faifoic cette exhortation î Surfm cor da, dicit Sacerdos. Les Diacres faifoient les autres proclamations, mais celle-cy étoit regardée iî importante de tenir les Fidèles recueillis et attentifs à ce qui s’alloit dire, que l’Evêque même étoit chargé de cet avertiflèment 5 II n’y a point de Liturgie, tant en Orient qu’en Occident, où cela ne ie trouve. S. Cyprien l’explique con
De Ont. me S. Cyrille; Le Prêtre, dit- il, avant que de commencer la prieVêtmnie. ïe 9 y prépare les efprirs des fidèles par cène Préface: Eltvtt. ves v cœurs, afin que le peuple répondant: Nous les avons élevez au Seigneur, se fouvienne qu’il ne doit penfer à rien autre chose qu’à Dieu. Fermez à l’ennemy toutes les avenues de vôtre cœur, et qu’il ne fbir ouvert qu’à Dieu seul. Cet avertiflement fortànt de la bouche du Prêtre, inipiroit aux aflîstans une sainte fraïeur, comme le die S. Cyrille, qui les préparoit au moment que dévoient se célébrer ces redoutables mystères. Cire iRarn maxime tremeniam horam.
« 4 tous. Le Prêtre s’addreffe et parle à tous les aflîstans. »
Pons rèfondtXj Le peuple répondoit: Bahtmus ad Domnm On voit la part que le peuple a eu de tout temps au Sacrifice i II meloit sa voix avec celle du Prêtre, et luy répondoit. Cette réponie marque l’attention des peuples aux paroles du Prêtre, etest une protestacion publique de leurs fentimehs-, Cécoit pour cela qu’on croit cenfé très criminel, quand ayant ainsi protesté qu’on avoit le cœur l’esprit élevez au Seigneur, on se trouvoit distrait dans cette sainte action, et les efforts qu’on se croyoit obligez de faire pour ioutenir ce qu’on avoir protesté à Dieu. IHa maxime hora studiose mun dnm efi.
Rendît grâces au Stïgneun Comme Jésus-Christ avoit rendu grâces à son Père, Grattas agtns, avant que d’instituer l’Euchanitie, c’est à son exemple que l’Église le fait avant la Confection.
Et pour remercier Dieu plus amplement, on invitoit toutes les créatures à le loiier, en racontant ses merveilles, ce qu’il a fan au li.. Ciel et en la terre. Cette Préface est encore plus longue dans les Constitutiôns Apostoliques..
« 10 Des Anges, des Archanges. On s’uniffoit aux Anges dont on nommoit tous les neuf chœurs, et on finiflbit comme nous raiioni par le Cantique des Esprits bien-heureux..,, n Nous recitons î hymne des Séraphins. C’est le SanBunV™ l’appelle la Théologie des Séraphins, ôc que nous lavons reçu par Tradirion depuis Isaïe. ne n Par cette Hymne nous communiquons avec les Anges. N » voyons que le peuple feulquidit SanUuSi Cétoit le CéIeb.ranî.? ic avoit dit la Préface, jui continuoit Santlus, de le peuple le iiio avec luy.
de Jérusalem. V. Catcch. Mystag; jji
S. Cyrille parlant des Séraphins, rapporte la viûôn d’Isaïe, qui les vit avec des ailes voler, pour nous apprendre quilj sont toujours prêts à exécuter les ordres de Dieu. Ils se couvrent de leurs ailes pour montrer que devant Dieu ils difparoiflent en quelque fortt à leurs propres yeux, se confiderans comme rien, en contemplant ce qu il est.
S. Ambroise dit qu’on chantoit Sanstns en Orient eten Occident, pour honorer l’unité 5c la Trinité de Dieu. Encore, dit- il, que Lib. y • tous les Prophètes ne parlent que d’un seul Dieu, les Apôtres et 1 E- ïf ••’• • glife ensuite, en parlant d’un Dieu, ont toujours entendu la Trinité, d’où vient que dans toutes les Églises d’Orient, et dans quelques unes d’Occident, la eoutume est de chanter d’une commune voix avec TEvcque dans le Sacrifice que Ton offre à Dieu le Père, Saint, Saint, Saint est le Seigneur. Vnâ cum Sacerdote voce populus utdtur, id est, Stnfluf. Voilà ce que disait S. Cyrille, reciuitMis% le Prêtre et le Peuple.
i Nous prions Dieu £ envoyer [on S.’ Esprit. La Préface étant finie, on demandoit i Dieu d envoyer son S. Esprit sur les dons propofez. Vt fnper iHd propofitd fanstum Spiriturfs imittat, ut pantm quidm fdCMt Corpus, vinum vero Sangumem Christi. On voit donc que le pain et le yin avoient été préparez ôc pofez sur l’Autel, c’étok au temps de l’Offrande. Super iM propo/tta. Et qu’on étoit perfuade que par leur confecration, ils devenoient le Corps de le Sang de Jésus-Christ.
Il faut nous arrêter quelque temps sur cette prière par laquelle on invite le S, Esprit à descendre lur ces dons, parce qu’elle est le sujet d’une grande difpute entre les Grecs Se les Latins. Les Grecs dans toutes leurs Liturgies, disent cette prit-re après les paroles de l’Iiistitution: Cecy est mon Corps. Et dans les fieclcs plus reculez, plusieurs d’entr’eux se sont imaginez que c’écoit par cette prière que se faisait la Confecration. Les Latins leur en ont fait des reproches, leur disant: Si le pain est confacré par les paroles de Jésus-Christ, pourquoy demandez- vous ensuite que le S. Esprit descende sur les dons, pour les faire le Corps et le Sang de Jésus-Christ? Vous ne croyez donc pas qu’ils le fuuent par les paroles de l’institution? Voïcy quel est mon fentiment sur cette prière des Grecs. 1. Qu’elle est très refpestable pour son antiquité, puisqu’elle est rapportée par S. Cyrille, comme étant en usage de son temps.
z Que bien loin de la rétrancher comme quelques Latins l’ont
J-opofée aux Grecs, quelle mérite d’être confervée même pour sa gnification. Elle prouve qu’on reconnoît un si grand changement dans le pain etc dans le vin, qu’il faut toute la vertu du S. Esprit pour les faire devenir le Corps et le Sang de Jésus-Christ.
Elles expriment merveille ufement la présence réelle du Corps du Sang de Jésus-Christ, aussi bien que la Tranfubstantiation.
« « 4 Que selon S. Cyrille, cette prière étoit préparatoire à la Confecration •, Qu’elle se disait devant à peu près comme les Latins dan le Canon de i’Église Romaine, à Hanc oblationm. On demande à Dieu que cette Oblation devienne le Corps et le Sang de son Fils. Vt fiât Corpus diUstijfimi Filii. Et que c’est une tranfpofition quis’est fliifée dans les manufcrits, et dans les imprimez des Grecs, que de avoir mis après les paroles de Jésus-Christ. Ce que ie prouve, pce que dans la Liturgie de S. Bafiîe, après ces paroles, Cecj est mn Corps, le Piètre dit à Dieu: Vous propofant les antitvpésdu Corp » du Sang de vôtre Fils, vous fuppKons que le S. Esprit vienne lui? les dons propofez. Et confittntts... et fropontnus antitypa Cirporis Sanguinis.
Or comme les Iconoclastes dans le feptiéme Concile général se fervofent de l’autorité des Pères qui avoient appelle l’Eucharistie l’Ami type, l’Image, et la figure du Corps de Jelus-Christî Le Diacre Epiphane, qui portoit la parole dans le Concile, répon dit, que si quelques Pères avoient ainsi nommé l’Eucharistie Antitype, c’éroit avant la Confecration. Antequam eonstcrartntur, Jntitjf vocantnr. S. Jean Damafcene dit la même chose en rapportant la Liturgie de S. Bafile, où l’Eucharistie est appellée Antitype, en demanrth. 4. it dant le S. Esprit pour la faire devenir le Corps de Jésus-Christ. U td.c. 4. proteste que cela se disait avant la Confecration. Qetoi si nmm panern et vinum Corporis et Sanguinis Antitypa nominaventnt, peut Deifer Bafilius: non pofi Cottfecrationem, fed priufaHam constcrarmf ipfa Oblatloy fie appdUrunt.
Ainsi au temps de S. Cyrille, et temps du feptiéme Concile général, cette prière se disait avant M paroles de Jésus-Christ, et elle a pu être tranfrnife au temps du ichrime, vers le neuvième fiecle, ou à l’onzième: car il est constanrpai toute la Tradition des anciens Pères Grecs, qu’ils n’ont point reconnu que la Confecration se fist autrement que par les paroles dp Jésus-Christ. S. Justin.dit que Jésus-Christ fit ie pain et k vin la Chair et son Sang, par la vertu de sa parole, en disant: Cecy eit mon Corps. S. Irenée, S. Clément d’Alexandrie, et sur tout S. Cnryfostome. HomlL de Troditione Juda.,., fâ. J’ajoute encore l’Auteur du Livre de la Hiérarchie, qui est du cm-, É ’ quiéme ou du fixiéme fiecle, lequel fait mention de l’invocation du S.
Esprit, avant que de rapporter les paroles de Jésus-Christ: Apres, dit-il, que le Prêtre a loue les Ouvrages de Dieu (c’est dans lai rc face, ) ôc les facrées opérations de Jésus-Christ, qu’il accompli loi » le bon plaifir du Père r par lenlrtmf% et vertu du S. Esprit, il récite ce que le Seigneur fir à la Cène en instiruarit ce grand myltero disant que c’est Jésus-Christ qui Ta commandé par ces paroles: faites cecy en mémoire de moy.
On voit donc que dans cet Auteur et dans S. Cyrille, l’invocation 4i S, Esprit, fuie immédiatement la Préface, c’étok donc avant
Confecration. dejerttfahm. V. Catecb. Mystag. jf
On ne me peut objecter que les Constitutions Apostoliques, où la prière Foc est après les paroles de rinsti ration 5 mais comme cela n’est que dans le huitième Livre, c’est une addition qui a été faire à ce Livre dans ’les siècles reculez j cela ne se voit point au Livre second où l’on trouve Pexpofition de la Liturgie du véritable Auteur de ce Livre 14 Car le S. Esprit fanclifie ky, et change tout ce fui reçoit tintfrtjsten de sa vertu. Ces paroles marquent évidemment que la prière dont nous parlons se disait avant la Confecration., c’est- à-dire, avant que les Symboles fuflènt changez, puisqu’on fait cette prière pour obtenir ce changement. 1 Qu on ne peut entendre cette prière comme l’ont voulu expliquer quelques Grecs au Concile de Florence, comme si on n’eût prétendu demander que l’effet du Sacrifice pour les Affistans, c’est à-dire, qu’on n’eût demandé le S.
Esprit sur les dons facrez, qu’afin qu’ils devinflent vivifians, saints, et falutaires à ceux qui y participèrent puisque S. Cyrille proteste que c’est pour opérer la conversion et le changement des Symboles mêmes, qu’on demande le S. Esprit. 3. C’est que si ce changement des Symboles se faisait par cette prière, il faudroit renverfer une croyance univerfellement crablie dans les deux Églises, et qui est aurorifée par tous les anciens Pères, que c’est par la vertu des paroles de Jésus-Christ que les Symboles sont confacrez, et par confequent chan gez au Corps et au Sang de Jésus-Christ.
Quant à ce que’dit S Cyrille, que tout ce qui reçoit Cimpreffien de ï Esprit saint est fantlifie et changé. Cette propofit ion générale doit être restrainre au sujet que traite S. Cyrille, c’est à dire, à ï’Eucharifrie: car et dans le Baptême, Ac dans la Confirmation, Tçau Se l’huile reçoivent Timprcffion du S. Esprit, et contribue à nous sa nôifier, sans recevoir qu’un changement moral, au lieu qu’il est réel phyfique dans l’Eucharistic. La prier e qu’on fait sur les autres Sacremens, n’est que pour les faire des instrumens de la grâce: aussi ne dit-ôn pas à Dieu: Faites cette eau, ou cette huile, vôtre S Esprit; mais comme parle S. Cyrille, l’huile est le Chrême de Jésus-Christ. OUum est Chrifma Chrijli, et non pas Jésus-Christ, au lieu qu’on dit de l’Eucharistie: Faites que le pain soit le Corps de Jésus-Christ.
Ce qui marque dans ce Sacrement que l’action et l’impreffion du S. Esprit, fut le pain, porte un changement réel, fubstantiel, et phyfique, parce que la fubstancedu pain qui reçoit Pimpreffion du 5. Esprit est changée en la substance du corps de Jésus-Christ -, ainsi qu’aux noces de Cana, la substance de l’eau fut changée en la substance du vin, qui est la comparaifon de S. Cyrille dans la Catéchèse ptécedente..
Apres que U culte et le Sacrifice non fanglanMjt parfait. II paroit Bonc que le Sacrement n’a été fait qu’après que le S. Esprit a été évoqué, et qu’il n’est descendu que quand on a prononcé les paro
A a a a les de Jèstts-Christ qui fuivoienc cette prière.
« « S. Cyrille appelle la Mefl’e un Sacrifice fpirituel, saint, facré,’ culte non fanglanc Cuit us incruentus » par oppofition au Sacrifice de la Croix, où Jésus-Christ fut (âcrifié d’une manière fenfible, visible en son Corps, et fanglante par l’effusion de son Sang. S. Cyrille appelle aussi la MeiTe un Sacrifice propitiatoire, on y offre L’Hoirie de propitiation/f/ frofrtiationis Hostia. Les anciens Pcres ont parlé de mime. S. Irenée appelle l’Eucharistie le Sacrifice et 1 oblation delà nouvelle Alliance » et que Jésus-Christ disant: Cccyest mon Corps; du Calice: Cecy est mon Sang, a enfeigné la nouvelle Oblation du nouveau Teûament, laquelle l’Église ayant reçue des Apôtres, l’offre par toute la terre i Dieu. Novam docuit Oblationcm, atm EccUfia ab jêfostolis actif Uns, in univerfo mundo offert.
Et cela dit 5. Or ut. Cuti- Irenée » avoir été prédit par le Prophète Malacbie. S. Grégoire de okrf.. ig. Nyflè dit: Dès que Jésus-Christ est venu t on a vu s’établir par toute la terre le vénérable Sacrifice des Chrétiens, qui s’offre sans effuOrt. in fion de Sang, Vtnerandum et incrutnturn Sacrificinvu Le même Père chJ’P’!« .• Jésus-Christ prévint le Sacrifice des Juifs par un fecret genre RtjtitrtB. je 5acr jfjce en s’immolant comme la Victime de ce Sacrifice, lorsqu’il donna son Corps et son Sang à ses Difciplesj c’est alors qu’etant l’Agneau de Dieu, il a déclaré manifëstcmcnt que le Sacritce In Pfalm. de l’Agneau étoit accompli. S. Ambroise dit: Nous qui sommes Prêtres, imitons autant que nous le pouvons le Prince des Piètres, en offrant le Sacrifice pour le peuple Il est certain qu’il s offre luy-meme pour nous, puisque c’est sa parole qui fandi fie le Sacrifice qu’on offre. Cujus strmo faniïificat Sacrifia um quoà offert ur.
« 6 Alors nom le prions four la faix. Voilà nôtre Mmcnto, le Ti igitur% le Communicantes et les autres prières du Canon. C’étoit après la Confecration qu’on faisait ces prières en Orient, comme si oi eût cru être plutôt exaucé quand Jésus Christ étoit prefmt sur 1 Autel. On prie pour la paix ôc la tranquillité de 1 Église, de l’Etat, pouf les malades, pour les vivans i Toutts ces prières sont de la primierc antiquité, fondée sur S. Paul, qui recommande de prier jpour les Rois, et pour toute sorte de personnes. On faisait autrefois dans l’Église Larine des prières folemnelles pour chaque sujet particulier, Afologet. qui sont restées le Vendredy saint. Tertullien proteste que cela s obier voit de son temps. Oramus fro îmferatoribus 3 fro Mflistris wm »
« « Potestatibus y fro Statu 17 Nous faisons mémoire des A pitres et des Martyrs y des Ptt’fk chesy et des Prophètes. Ancien usage de faire mémoire des Sain » dans le Sacrifice; la confiance qu’on avoir en leurs interceflions. y° demandoit à Dieu de recevoir favorablement nos Oraifons pat lu terceflion des Saints. Vt Deus orationibus Morum et deprtcdtionibHi ’} »}’ cifiat preces nostras. On étoit perfuadé que les Saints prioient pou nous, et qu’ils s’uniffoient à nos prières, quand on les invoquo« # dejemfalem. V. Catcch. Mystag.. jjj »
« i qu’on les nommoic dans le Sacrifice, 6c c est dans-, le rrtême sens; que nous disons dans le Communicantes de l’Église Latine. Quorum mtriùi y precibufque concédas, ut in omnibus proteflionis tua muniamur auxilio. »
On nommoic en Orient les Patriarches et les Prophètes. Cela paroît non seulement dans S. Cyrille, mais Origene rapporte la prie uoml. 14. re de l’Église où Ton disait: Dieu tout-puiflànt, donnez-nous part in îeum. avec vos Prophètes et avec les Apôrres de vôtre Çhrist. In orationo dicimus: De us omnipotent, da nobis partent cum Prophttis, tp çumAfofiolis Cbrifii tui.
« On nomme les Martyrs. L’Église de tout temps a fait mémoire des Martyrs dans le Sacrifice. S. Cyptien dit: Lorfqu’un Chrétien meurt Ef. }j. dans le Martyre, il faut marquer le jour de sa mort, afin que nous puiffions célébrer sa mémoire avec celle des Martyrs, et prefenter à Dieu des Oblations et des Sacrifices en ion honneur »
On voit combien la ptiere que rapporte S. Cyrille a de rapport avec la nôtre. Communicantes et mtmoriam vénérantes. S. Cyrille ne parle
Cint de la mémoire de la Vierge, elle n’étoit point encore pour rs entrée dans Je corps des prières, ni du. culte public de l’Egli-f se, qui ne contenoit pour lors que les Apptjres-,, et les Martyrs.
Nous prions pour Us Eviques et pour tûusAçex qui sont morts. Voicy le Mémento pour les morts, au premieç rang on met les Évoques, puis tous ceux qui sont décédez dans la Communion de l’£gl.se. Qui inter nos vit fmtli fient. On ne prioit point pour ceux qui étoient morts excommuniez, ou hors de l’Église. S. Cyrille exprime si bien la confiance que l’Église avpit en la vertufjuacristce, eçoyanx qu’il est un Sacrifice non feulemenr saint et redoutable,.Sansti (fy iremend Sacrificii. Remarquez cette ancienne expreflion.de l’appeikr Je sedoutables roysteres, mais aussi qu il étoit trfès falntaire. Comme il exprime noblement avec des comparaifonS fenfibles futilité et l’efficace de la prière des morts, faite dans le Sacrifice, croyant que les âmes des deffunts en reçoivent un tretgrarvd foulagement;, foie quelles fuflènt fardes de ce monde sans j? eehé ou javejç des péchez, Sïvecum peccatis, five fine peocatis., On ïegar’doit GQfnnperUç’uès grand honneur, et comme devant être d’un puiffant (èçoursi d’être nomr) mé i l’Autel du Seigneur, et qu on fist mémoire de queîqu? un dpns le Sacrifice.
Si in hoc Sacrificio mentio illius fiât. O que tout cela est admirable pour affermir la Foi des Catholiques l car, continue Sf Cyrille, prier pour quelqu’un dans le Sacrifice, ceû offrir Jésus Christ même, qui a été immolé pour nos péchez, afin que Dieu devienne favorable à ceux pour qui on prie. Deum Çhristum prç nostris feccatis maclatum ojfethnus. Belle idée du Sacrifice 4e la Meflè! C’est ioblation de Jésus-Christ même, qui a été immolé pour nos péchez, qu’on prefente à Dieu. Christum mastatum pro peccatis ofierimus. Jésus Christ y est donc présent et kçrifié, et le même qui étoit à la Croix,
Aaaa ij jfjtf Les Cateckefes de faim Cyrille quoique la manière ne foi t pas la même, c’est- à-dire, ne folt pal visible par elle même, ni fanglante. Le Concile de Trente a-t’ilpn parler plus clairement.
« « On voit donc l’ancien usage de l’Église, de prier pour les morts; si bien autorifée. Cette prière justifiée par S. Cyrille, qui répon4 aux impertinentes demandes de ceux qui nous viennent encore aire; De quoy fêrt-il de prier pour les morts? Cette prière procure donc. un adouciflèment des peines de ces âmes, encore banies de leur ce Jeste patrie » ou remet l’entière rémiffion et pardon de leurs fautes, ou acquite leurs dettes, 6c on fatisfait pour elles, parce qu’on offre le prix de leur rachat 6c du nôtre, c’est Jésus-Christ, Christmfn nobis mastatum oferimus. C’est Jésus-Christ avec (es mérites, son Sang »
« « « fHfsi- M- et sa Rédemption. On en voit dans les quections de S, Athanafe une semblable à celle que se propofe S. Cyrille. On demande si les Ame des pécheurs reçoivent quelque foula gement de prières que sont les fidèles dans leurs aflemblées, et des oblations qu’ils prelcntent pour eux. Je réponds, dit S. Athanafe, que si ces âmes n’en receYoient aucun avantage, l’Église ne serait pas mémoire d’elles à leurs fu nerailles; mais comme lorsque la vigne est en fleur, le vin qui est renfermé dans un tonneau, se fen de i’impreffion de cette odeur, 6c fleurit en quelque manière avec la fleur; de même nous conce vons que les âmes des pécheurs reçoivent auflï quelque avantage par l’immolation non fanglante, 6c l’aâjon de grâces que FEglife of fre pour elles, selon que Dieu, qui a un fouverain pouvoir sur les vivans cV sur les morts, le veut 6c l’ordonne.
Je ne m’arrête pas 2 marquer que la prière des morts est dans TerrullieniS.Cyprien,. Tigene, S, Chryfostome, S. Epiphane, S. Ambroise -, que S.Aupt » stin a même fait un Livre exprès Di cura pro mortms. Mais c’étoïc jarce qu’on çroyoit que ces âmes éroiept mortes en péché. Qg#M peccatores, dit S. Cyrille, 19 Ayant prié pour Us morts, on dit ÎOraifon dominicale. Voilà loi dre que nous obfervons encore. On voit quelle fctf e c0110 nèceflaire pour dire cette prière. Çum pur eonfcitntia Patron nmeih pamus. Pour appeller Diéb fpn Père, que Jésus-Christ avoir coramani dé l ses Apôtres cette prière -, aussi ont- ils ordonné de Jatfe dans la Célébration des faims Myster es. Praeeptis faUttariïas mniti ê u vini irtstitHthrti On peut voir S. Jérôme, S.
Grégoire Pape, et autres. On regardoir cette prière, comme la plus capable de nous rendre Dieu propice; parce que ce qu’on y demande à Dieu » ceJ pas seulement au nom de Jésus-Christ mais par ses parples » Dieu
« Dm’’ Veconnoît son F1s dans’ nôtre bouche, dit S. Cyprien, qui 1 appela la prière publique 6c commune parce que toute l’Église y prie pou » tout le peuple fidèle, qui n’est qu’un Corps.., 10 Notre Pcre qm ht dans Us Cnux. S. Gtegpire de Nw|c£
« Otêu ». piiqUC comme S. Cyrille, que le Perc céleste nous apprend i nou de Jtrufalem. V. Catcch. Mystag. [5/7 faire fouvenir de notre patrie, ou bien que Dieu n’est proprement le Père que de ceux en qui il demeure par la (âinteté de leur vie.
r x Que votre Règne arrive. Il faut être bien pur pour demander i
Dieu (on règne, ’ c ’est-à-dire, Ton dernier avènement, dit S. Cyril le, Manda est anima dkere confidenter. Ce règne divin dont nous de- Dê °? U mandons l’avènement dans nôtre prière, dit Tertullien, regarde la c’ ’ confommation du fiecle; t’est le vœu 6c le fouhait des Chrétiens,
Ja confufion des Gentils, 6c la joye des Anges.
il Que votre volonté foxt faite. S. Cyrille dit, que comme Dieu fait faire sa volonté par les Anges, nous le prions qu’il nous la fafle faire de mêmes selon S, Çyprien nous demandons i. Dieu son fecours 6c sa protection pour accomplir ce qu’il nous commande.
Donnez-nous le pain de chaque jour. S. Cyrille par ce pain entend l’Eucharistie, et déclare qaHodii, c’est Quotidiè y ainsi les fidèles communioient tous les jours 6c en disant cette prière, ils écoient cenfez se préparer à communier, 6c à demander l’Eucharistie s S. Cy
Erien l’entend de même: Nous demandons, dit-il, de recevoir tous o’£jMt’ ïs jours l’Eucharistie, comme une nourriture pour le salut, 6c de n’en être point privé pour quelque péché morteL
Quant 1 t; e que S. Cyrille appelle l’Eucharistie riôtre pain, c’estâ-dire, notre jiourriture, ou bien il l’appelle pain, parce qu’elle en a les apparences, comme il l’a dit: Sub typo panis. Sous 1 apparence du pain on vous donne le Corps de Jésus-Christ. Il dit aussi que l’Eucharistie ne descend pat dans le ventre, ni ne fort par Us retraits. C euà-dire quoique sous l’espèce du pain, elle descende dans l’estomach, elle nest pas fujette aux altérations des autres alimens, d’où vient mon a nommé infâmes 6c Sterroranistes, ceux qui en avoient des idées si baffes; Il est bien plus noble de dire avec S. Cyrille, qu’en entrant dans le corps, elle fanstifie le corps et l’âme, et leur st très falutaire.
Remettez.- nous nos dettes. C’étoit avant la Communion, comme le marque’ aussi Tertullien: Ne montons jamais, dit-il, à l’Autel divin que nous n’ayons appaiCé les differens que nous pouvons avoir avec nos frères: car comment oferions-nous approcher de la paix de Dieu, sans avoir la paix entre nous? comment oferions-nous demander à Dieu le pardon de nos fautes, lorsque nous le refufons aux autres î comment croirons-nous appaifer la colère de nôtre Père, pendant que nous en confervons contre nôtre, frère S. Cyrille recon-. noît dans cette demande unpaete que nous faisons tous les jours avec Dieu, par lequel nous l’engageons à ne nous point pardonner, si nous ne pardonnons point, 6c qu’on s’exclue la voye d’obtenir le pardon de ses propres fautes, quand on ne pardonne pas a son frère.
Délivrerions du malin. S. Cyrille entend par le mal, ou le malin; dont nous demandons à être délivrez, le démon, 6c toute fcu ïp d’ennemis, que nous pourrions avoir,
Les Cdtcchefcs de faim Cyrille 16 VOralfon étant finit, U Prître répond, Amen, comme étant k sceau pour ratifier ce que le peuple a demandé à Dieu. Il paroîc que tout le peuple disait le Pater avec le Prêtre, et S. Grégoire Pape, Lih 7. ordonnant de dire le Pater et la Méfie, déclare que chez les Grecs fy.64. out le peuple le difoic avec le Prêtre. Domimca O ratio apuà Gnm ab omni populo dicitur. C’est le Prêtre qui répondoit Amen, comme nous failbns parce que c’est au Prêtre à ratifier ce que le peuple a demandé. Exphtâ O ration t dicit Amen.
Ensuite le Prêtre dit Us choses saintes aux Saints. Après l’Oraifon Dominicale fui voit la Communion le Prêtre commençoit Ta vertiflèment en disant: Les choses faintts aux Saints. Ces choies tain tes, sont ce qui est sur l’Autel, ce qui y a été ànûifié par le S. Esprit. Adventu Spiritâs fanSti fanSlificata. On croyoit que le S. Et prit descendoit sur l’Autel, et les Saints qu’on invitoit à la Coramtu nion, étoient proprement les Neophites qui venoient d’être purifie par le Baptême, et fanetifiez par le S. Chrême, qui leur avoit communiqué le S. Esprit; c’éroit pour cela qu’on les faisait communier.
Le peuple répondoit Vnus fanclus. Cette prière s’est confervée dans toutes les Liturgies grecques.
Vous avez, ouy chanter. A la Communion le Chœur chantok le Pfeaume jj. pour occuper l’aflembiée pendant ce temps, et on avoit choifi ce Pfeaume i l’occafion du Verfet. Goutfi et voytGih state et vïdete. Il ne nous est resté du Pfeaume qu’on chantok à la Communion, qu’un Verfet. On expliquoit ces paroles Gustate, non par rapport au goût des sens, mais à celui de la Foi, à juger et à diicerner l’excellence de cette nourriture, à juger et aifcerner comme l’ordonne S. Paul, que c’est le Corps de Jésus-Christ. Dijudicans Corpus Domini. S. Augustin, S. Lthanafe, expliquent aussi le Gr state y de l’Eucharistie.
Jugeant aue ï Antitype du Corps de Jésus-Chrijl [oit le psin. At tltypa Corporis. C’est ce qu’il avoit dit auparavant que ce qui est sous l’apparence du pain, Sut typo panis, est le Corps de Jelos-Christ, sur quoy on peut remarquer que l’Eucharistie est icy nommée Anritypê après la Confecration: mais cVst dans le sens de la réalité sur laquelle on ne peut avoir le moindre doute après ce que S. Cyrille en a dir. Ainh Type, Antitype, fignifient la même chose. On peut seulement remarquer que cela paroît oppofé à ce que le Diacre Epiphane avoit dit dans le feptiéme Concile gênerai, qu’aucun des r l r Peres navoit appelle l’Eucharistie, Antitype, après la Confecration i u’h’J’ 4- mais S. Cyrille s’explique 1 uy-mê me, appel lant ainsi Antitype, ce qu’il avoit dit être la reflèmblance ou l’apparence du pain.
Sri typo panis datur tibi Corpus ChristL Reconnoiflànt luy-mêroe qu’en communiant, on ne reçoit du pain et du vin que les apparences, pendant que leur substance est changée au Corps et au Sang de Jefu: Christ. 9 r dcjerujalcm. V. Catech. Mystag. #9 ji Or approchant de C Autel four communier.’ Les peuples venoientà T Autel pour communier, et iur tout les Neophites 5 c’est pour cela que S. Ambroise Ôc autres Pères, leur appliquent à ce moment ces paroles de David: Introibo ad Alton Dei. On recevoir la Communion dans sa main, et on ne la mife dans la bouche des Fidèles 2 ue fort rard dans l’Église Latine. On la recevoir dans le creux de i main, comme pour servir de Trône à Jésus-Christ. Le Concile in Trullo condamna ceux qui par refpeéfc nofoient toucher la sainte Hostie, et la vouloient recevoir dans des vafes d’or. Ce Concile dir qu’il n’y a rien de plus précieux que les membres du corps d’un Chrétien, qui est le Temple vivant du S. Esprit.
C’éroic dans la main droite qu’on recevoir l’Eucharistie, 6c on mectoit la main gauche deffous, de peur qu’elle ne tombât par terre.
Il En la donnant on disait: C’est le Corps de Jésus-Christ, Corpus Chrlfii. Et celui qui la recevoir, répondoit Am? n. Cefbà-dire, Je le croy, comme l’expliquent les saints Pères on voit- la même cho se en Occident dans S. Ambroise.
Après avoir reçu la sainte Hostie, on l’approchoit de fesyeux pour les lanAifier par l’attouchement du Corps de Jésus-Christ; ce qui marque la pieté 8c la confiance qu’on avoit en l’Eucharistie: puis on si communion foi-mime. C’est adiré, on portoit à sa bouche le Pain confacre.
On recommandoit avec un soin tout fingulier de prendre bien garde à ne laifler tomber à terre la moindre particule de l’Eucharistie, il n’y a qu’à voir comme S. Cyrille en parle, si on tût cru que ce ne fût que du pain, on n’auroit pas apporté tant de précaution; On n’a jamais parlé de même de l’eau du Baptême, ni des fainres huiles de la Confirmation, quoiqu’elles fulTent benires par les prières de l’Église. La moindre parcelle du Pain confacre étoit plus estimée que les lingots d’or.
Après yuan s’étoit communié avec le. Corps de Jésus-Christ, on prefeutoit le Calice aux aflistans. On communioit ordinairement dans les aflemblées publiques des premiers siècles sous les deux efpeces-, et en approchant du Calice, on s’inclinok à la manière des personnes qui adorent, Pronus adorationis in molum. Ainsi voilà Jésus-Christ adoré dans l’Eucharistie et c’est encore la manière d’adorer ufitée par les Orientaux, et qui s’est longtemps confervée dansJ’Église Latine, Il n’y a pas bien long-temps qu’en France, à Lyon, et en d’autres Cathédrales, on ne ïaifoit qu’être debout et « ’incliner à l’Elévation. »
On répondoit aussi Amen en buvant du Calice, ôc s’il restoit quelque humidité aux lèvres qui avoient été imbibées du Sang de Jésus-Christ, on s’en frottoit les yeux et le front, pour confacrer les organes du corps par le Sang de Jésus-Christ. Telle étoit la Foi, la dévotion et la pieté des fidèles de Jérusalem, c’est- à-dire, de la
reraiere Église du monde, formée par Jésus-Christ, et instruîte par es Apôtres mcmes.de la manière qu’on devoit traiter l’Eucharifô. Il n’y a point de Protestant qui se reconnoiffe, ni sa Cénc dans cette Catéchèse, et s’il avoir quelque reste de foi et de confeience, comparant ce qui se paffe dans nos Églises avec tout ce récit de S. Cyrille combien devroit-il estimer heureux les Catholiques, etap- daudir à l’Église, qui aconfervé cette précieufe antiquité, fcdaiw a foi de la réelle présence de Jésus-Christ dans rEucharistie et dans Fauguste et pompeufe manière de la célébrer 1 tlh- d 35 Après la Communion fait la dernière Oraifon, expefata Ordtknt, nMt que nous appelions la Post- Communion. On affistoit au Sacrifice jusqu’a la fin. Tertullien se plaignoit de plusieurs, qui ne s’imaginoientpas devoir affister à toutes les prières du Sacrifice, mais en fortir auffitôt qu’ils avoient reçu le Corps du Seigneur, parce que, dit-il, TEucharistie nous difpenferoit de rendre à Dieu nos devoirs de pieté, au lieu qu elle nous y oblige plus étroitement.
On faifoitenfuite l’aetion de grâces, remerciant Dieu de nous avoir fait participer à de si grands Mystères. Puis S. Cyrille recommande la fréquente Communion, et de vivre de manière, qu étant exempt de péché, on n’ait rien qui nous oblige de nous en priver. StrvMttvoi, fr ut Communient non prdcidtis. Et finit par la glorification de s troii Personnes delà sainte Trinité. C’est l’ancienne doxologie de 1 EgUie. Gloire, honneur et refpeet au Père, et au Fils, et au S. Efpnr dans les siècles des siècles. jimtn. Le Skut ertt in prinàfio et rnmc etfo str vient des Latins, qui ne l’ont ajouté que dans le fixiemeiiecle.
