Les canons de saint Basile
Les cent six canons de l’Église copte, traduits intégralement en français
- 01 — Introduction de l’éditeur
- 02 — Les cent six canons

Les canons de saint Basile
Les cent six canons de l’Église copte, traduits intégralement en français
Basile de Césarée · 10 septembre 2026 · 96 min de lecture · 0 vue
Introduction de l’éditeur§
§ 36.
Basile.
a) 13 ou 14 canons.
B f. 150 r (§ 1 p. 61) ; Mac n° 34 (§ 7 p. 125) ; § 10, 29 (p. 139) ; § 11b, 29 (p. 141) ; § 16, 21 (p. 153).
Canon 1 : Du prêtre fornicateur : Si quis sacerdos aut diaconus fornicatus fuerit.
Peut-être ces canons sont-ils identiques à la lettre canonique de Basile citée par Michel de Damiette (n° 21g) (cf. p. 100 et la note s’y rapportant).
b) 22 canons.
§ 11g, 23 p. 145.
c) Règles de piété pour les moines.[^bintro-1]
BA (FN p. 13) ; B f. 154 v (§ 1 p. 65).
d) Le manuscrit de Vienne Hxt. 494 (Catalogue de Flugel, III, p. 20, n° 1560) contient un extrait des Ascetica de Basile, qui traite de questions cultuelles ; par exemple, f. 4 r : « On lui a posé la question : Faut-il punir quelqu’un qui mange du corps du Christ et boit de son sang, sans être auparavant pur de tout péché du corps et de l’âme ? » et il est répondu à cette question.
e) Les 106 canons de Basile.
B f. 106 r (§ 1 p. 35) ; BA (FN p. 13 ; B f. 154 v § 1 p. 65) ; M f. 35 v (§ 3 p. 97) ; Mac n° 35 (§ 7 p. 125) ; R n° 9 (§ 8 p. 131) ; § 9b, 18 (p. 136) ; § 11a, 18 (p. 141) ; § 11 o, 22 (p. 142) ; § 16, 22 (p. 153). Wansleben p. 282.
Contrairement aux canons d’Hippolyte et d’Athanase, je serais enclin à tenir pour originelle la division de cet écrit en 106 canons. Mais il existe en parallèle une autre division, qui montre que l’auteur a soigneusement disposé son écrit. Le c. 1 traite de la foi ; le c. 2 des deux voies ; les c. 3-19 du mariage et de la chasteté ; les c. 20-27 des peines de pénitence ; les c. 28-37 donnent des prescriptions pour les laïcs ; les c. 38-95 pour les clercs et enfin les c. 96-106 des dispositions sur la liturgie.
Pour l’appréciation de ces canons, importants pour l’histoire du droit ecclésiastique grec, dont une traduction est donnée pour la première fois dans les pages qui suivent, je voudrais noter très brièvement ce qui suit : qu’ils soient traduits du grec me semble certain ; que les Arabes en aient eu connaissance par l’intermédiaire d’une traduction copte, je crois devoir le conclure de plusieurs particularités grammaticales de la traduction arabe, qui ne s’expliquent pas par le grec, bien que mon jugement sur cette question, ne comprenant pas le copte, soit incertain. Comme l’original grec doit avoir existé au moins avant la conquête de l’Égypte par les Arabes, la circonstance qu’il soit fait allusion au c. 86 à des situations juridiques musulmanes ne peut servir qu’à juger le traducteur ou le rédacteur et n’entre pas en ligne de compte pour la rédaction de l’œuvre ; de même que les développements du c. 46, qui semblent reposer sur un jeu de mots arabe. Mais ces passages prouvent que ces canons ne peuvent en aucun cas être revendiqués en tous leurs traits pour Basile, mais qu’ils ont été en partie largement remaniés au cours des siècles. D’autre part, il est remarquable qu’à propos du c. 103, Abū 'l-Barakāt note en quoi l’usage copte de son temps s’écarte de ce qui est ici prescrit. — Dans le 31e canon, il est fait référence à Athanase et à l’Égypte ; dans le 30e, la fête de Noël est rattachée au synode de Nicée. Le premier comme le dernier canon rappellent les canons d’Hippolyte (cf. les notes sur les c. 1, 96, 106). En plusieurs endroits, l’auteur se réfère directement aux préceptes des Apôtres et des Pères (c. 31, 46). On trouve de nombreux rapprochements avec les canons grecs des Apôtres et les décisions du synode de Laodicée, ainsi qu’avec le Codex canonum ecclesiae Africanae ; j’ai attiré l’attention sur ce point en partie dans les notes. Aux c. 11 et 20, l’auteur renvoie au « synode », sans plus le désigner ; le lecteur arabe a sans doute compris par là le synode de Nicée : lequel l’auteur entendait, je n’ose le décider.[^bintro-2] Très archaïques me semblent les dispositions sur les subintroductae au c. 32 et sur les veuves et les vierges au c. 36. Les vierges vivent encore « seules » ; il n’est nulle part question dans les canons de monastères de nonnes, ni de monastères en général.
La traduction qui suit est basée sur le manuscrit de Berlin B (§ 8 p. 129). Le fait de n’avoir pas eu d’autres manuscrits à ma disposition est un grand manque que je ressens ; pour une édition ultérieure, il faudra en toutes circonstances recourir à davantage de manuscrits. Alors, certainement, maints points d’interrogation que j’ai dû poser se résoudront, et maints passages difficiles, pour lesquels je me suis finalement décidé à une traduction après beaucoup d’hésitations, deviendront plus compréhensibles. Mais pour une première orientation et une appréciation générale, ma traduction suffira.
R f. 140 v. Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit, le Dieu unique.
Les canons du grand Basile, évêque de Césarée en Cappadoce, contenant les paragraphes utiles à l’ordre de l’Église, au nombre de 106 canons.
(Suit jusqu’au f. 144 r un registre des paragraphes et de leurs titres.)
f. 144 v.
Les cent six canons§
Canon 1. — De la foi§
Avant tout, nous croyons [^b1-1] que Dieu est un en trois personnes, Père, Fils et Saint-Esprit, une Trinité égale en elle-même. C’est une Trinité, et il est un. Il n’est pas un, comme les hommes l’entendent, mais la divinité est une et le Père est Père et le Fils est Fils et le Saint-Esprit est Saint-Esprit. Le Père n’a pas été un temps sans le Fils et le Saint-Esprit, mais ils sont coéternels en tout temps. Il n’y a pas de temps pour leur commencement ni de terme pour leur fin, mais ils sont le commencement et l’accomplissement de toute la création. — Nous devons aussi croire au Fils, et ce, de telle sorte qu’il a deux naissances, une de Dieu le Père avant tous les temps et une autre de la sainte Vierge Marie à la fin des temps. Il n’est pas créé comme un ange, ni comme les Chérubins et les Séraphins, mais il est plus élevé que toutes les principautés et toutes les puissances et est égal au Père en gloire, en seigneurie et en puissance. En outre, le Saint-Esprit découle [^b1-2] du Père vers le Fils, comme il l’a attesté [^b1-3] : « Il prend de ce qui est à moi, et il vous l’annoncera. » Lui qui, au Jourdain, apparut en figure et descendit comme une colombe. Alors, lorsque le Verbe vit que le péché était devenu grand, il descendit et prit sa demeure dans la Vierge d’une manière ineffable et impénétrable. En elle, il fut neuf mois et prit d’elle un corps, et le façonna en elle selon la volonté et le bon plaisir de son Père. Ce n’est pas le Père qui le façonne, afin qu’il ne devienne pas étranger à la divinité, mais lui-même, parce que la seule et même seigneurie lui appartient avec le Père. Il n’a pas apporté le corps avec lui quand il est descendu, mais il l’a revêtu de la Vierge, sans l’union du mariage. (f. 145 a) C’est là la foi que nous croyons, qu’il n’est pas né en figure, mais en vérité, qu’il n’a pas souffert en figure, mais en vérité. Il n’eut pas faim et soif en apparence, mais en vérité. De même, il ne mangea et ne but pas avec les publicains et les pécheurs en figure, mais en mangeant en vérité ce qui lui était présenté. Il se livra aussi lui-même à la crucifixion, et ses mains furent fixées par des clous, son côté fut percé d’une lance, et il en sortit du sang et de l’eau, comme figure du mystère. Ce n’est pas la seule humanité avec laquelle il a souffert, mais aussi la divinité, afin que nous ne niions pas comme Photius et Sabellius, qui disent qu’il mit de côté sa divinité et qu’ils crucifièrent la seule humanité. Nous, au contraire, nous croyons que l’Impassible a souffert, que l’Incorporel s’est incarné, que celui qui est sans sang a eu part au sang et que celui qu’aucun destin ne peut atteindre est entré par le gouvernement du monde dans le destin de la mort. Ne crains donc pas, lorsque tu entends que Dieu est mort, à cause des négateurs dissidents qui disent : il est impossible que l’Immortel soit mort. Nous savons seulement qu’il était immortel lorsqu’il mourut, et qu’il est ressuscité. S’il n’avait pas été immortel, il serait resté dans le tombeau jusqu’à la fin. — Nous croyons en outre en la sainte Trinité de telle manière que, lorsque le Verbe a pris le corps de la Vierge, ils n’ont pas été séparés, de sorte qu’ils seraient devenus quatre ; mais les trois sont trois ; le corps s’est bien plutôt uni à la divinité, et c’est avec le corps qu’il a pris de la Vierge qu’il est monté au ciel et qu’il viendra avec lui pour juger les vivants et les morts.
C’est le lot des chrétiens et leur partage : une seule foi, un seul baptême au nom de la Trinité, du Père, du Fils et du Saint-Esprit, à qui il appartient en une seule unité. Rien n’a existé sans eux tous : une seule essence, trois personnes. C’est (f. 145b) notre foi, c’est notre service dans la sainte Église catholique et apostolique. Luttons donc pour la sainte foi en la sainte Trinité ! Faisons taire le discours des hérétiques ignorants, auquel ils croient, menant ainsi à la perdition leurs propres âmes ainsi que les âmes de ceux qui l’accueillent d’eux !
Retournons maintenant au sujet qui nous est proposé, le Verbe nous présentant deux lieux, l’un de la vie et l’autre de la mort.
Canon 2. — Du lieu de la vie et de la mort§
Avant tout, tu dois aimer le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, et non seulement de tes lèvres ou de ta langue. Car Dieu ne regarde pas à cela, mais il sonde les cœurs. Quant à l’amour de Dieu, il en va comme suit : quiconque aime Dieu ne pèche pas[^b2-1], et ceux qui commettent le péché sont du diable.
Tu dois en outre aimer ton prochain comme toi-même, afin d’accomplir la loi. Ne pense pas peu de chose de cette parole ! Je veux te l’exposer dans sa pleine signification. — Penses-tu, si quelqu’un fornique avec la femme de son prochain, qu’il l’aime alors ? Ou si quelqu’un ment au sujet de son prochain ou le dépouille de ses biens, le trompe, le calomnie, intrigue contre lui ou use d’hypocrisie et lui inflige du mal, qu’il l’aime alors ? S’il aimait son prochain, il ne lui ferait rien de tel. C’est pourquoi c’est une belle parole[^b2-2] que celui qui aime son prochain a accompli la loi.
Entends maintenant parler du lieu de la mort, afin que tu ne t’y précipites pas pour t’excuser ensuite de n’avoir pas été instruit à son sujet. Tu ne dois pas forniquer, car il est dit[^b2-3] que celui qui fornique avec son corps ne sera pas sauvé et que celui qui étreint une prostituée fait du membre du Christ (f. 146a) le membre de la prostituée[^b2-4]. Tu ne dois pas commettre l’adultère, car il est dit[^b2-5] que l’adultère, par sa folie, gagne la perdition pour son âme. Ne te souille pas, car il est dit que les fils qui se souillent n’appartiennent pas à Dieu. Ne te tache pas avec l’une des images impures[^b2-6], afin de ne pas recevoir le jugement pour cela ; car si quelqu’un souille le temple de Dieu, Dieu le détruira[^b2-7]. Cet objet, dont nous discutons maintenant, n’est pas un, mais quatre. Il est appelé fornication et adultère, et aussi impureté, et aussi impudicité. Tout ce que l’on fait par volupté et désir charnel est un, mais il diffère selon le nom. Car la fornication consiste en ce que quelqu’un se souille avec une femme qui ne lui appartient pas ; l’adultère, en ce que quelqu’un prend une femme que son mari a répudiée, ou répudie sa femme et s’unit à une autre[^b2-8] ; l’impureté, en ce que l’on contracte un mariage, une communauté dont Dieu a déterminé qu’elle n’est pas permise ; mais eux, dans leurs convoitises, rejettent et détruisent ce commandement et font de la fornication la règle. Quant à l’impudicité, Moïse en a déjà donné des exemples selon la manière de chacun d’eux, tant de celui qui est couché sur le côté ( ?) que de ceux qui se souillent de leurs propres mains et enfin de celui dont il est honteux de parler et d’entendre. Comme le dit l’Apôtre : ce qu’ils font en secret, il est honteux même de le mentionner[^b2-9].
Ne sois ni sorcier ni magicien. Ne va pas chez un astrologue et n’interprète toi-même pour personne les astres sous quelque forme que ce soit, jusqu’à la plus petite chose. Ne sois pas un incantateur et ne parle pas du choix des années et des jours : tout cela n’est pas permis. N’aime pas la grande fortune, car cela est semblable à l’idolâtrie. (f. 146b) Ne sois pas partial[^b2-10] ; car l’acception de personnes est qualifiée de moquerie par Dieu. N’opprime pas, car il est dit de l’oppression que l’oppresseur hait sa propre âme. Ne sois ni envieux ni jaloux ; car il est dit que là où règnent l’envie et la jalousie, il y a le désordre et tout ce qui est mal. Ne hais pas ton frère chrétien ; car il est dit[^b2-11] de celui qui hait son frère qu’il est un homicide. Ne sois pas intempérant dans la boisson du vin ; car le moût n’est pas blâmable, mais l’ivresse est une honte. Ne méprise pas ton prochain parce qu’il est pauvre alors que tu es riche ; car il est écrit que celui qui s’élève contre un pauvre irrite celui qui l’a créé. Ne mens pas ; car il est dit que le Seigneur perdra quiconque profère un mensonge. Ne vole pas et ne convoite pas le bien d’autrui pour le dépouiller ; car tu as entendu que les voleurs n’hériteront pas du royaume de Dieu. Ne te réjouis pas de la perdition de ton ennemi ; car le malheur ne cessera pas pour toi. Ne maudis pas ; car il est dit qu’il vaut mieux habiter dans le désert qu’avec un maudisseur. Ne jure pas par le nom du Seigneur pour des choses vaines, mais surtout pas pour un mensonge, afin que tu n’aies pas besoin d’entendre, toi aussi, ce qui est écrit : Celui qui me reniera devant les hommes, je le renierai aussi devant mon Père qui est dans les cieux. Ne sois pas ingrat ; car l’ingrat est purement et simplement appelé impur. Ne sois pas impatient, afin de ne pas devenir semblable au diable. Et comme je l’ai dit au commencement, je le dis aussi maintenant : il nous est commandé de ne pas nous écarter des commandements des Écritures ; mais s’il est nécessaire, nous devons nous séparer des hommes pour l’amour de la foi. Ne prêtons pas serment sans crainte, de peur que nous ne soyons saisis (f. 147a) par une abondance de crainte et de tristesse à cause de la foi. Ne prononce aucune parole mauvaise ; car il est dit : que le nom de moquerie et de parole malveillante ne s’élève pas parmi vous ; et : de toute parole mauvaise qu’un homme prononce, il rendra compte. Mets-toi en colère, mais ne pèche pas dans ta colère, afin de ne pas susciter l’inimitié chez ton prochain. Celui qui est hostile à son prochain sans raison jusqu’au coucher du soleil, pour des choses terrestres, n’est pas un chrétien, surtout s’il communie aux saints mystères.
Voilà, la parole nous a maintenant exposé le lieu de la mort : quiconque y marche, celui-là mourra. Écoutez maintenant aussi le lieu de la vie et marchez-y, afin de vivre. La première de toutes choses est la foi, puis deux choses qui y sont liées, l’espérance et la charité. Après cela, un esprit humble ; comme il est écrit : il donne sa grâce aux humbles. Aimons-nous aussi les uns les autres comme le Seigneur, et soyons un seul cœur et un seul esprit ! Cherchons la piété, qui montera avec nous au ciel, et fuyons toute gloire passagère. La prière et le jeûne chassent les satans, mais surtout, les bienfaits de la miséricorde sont purs.
Voilà, la parole nous a exposé les deux lieux dans ce que nous avons dit. Ce qui reste maintenant, c’est que nous en venions au mariage des laïcs et que nous parlions de ce qui est délicat ( ?) et du meilleur parmi les actes qui sont utiles au mariage, en l’analysant sans préjugé.
Canon 3. — Des personnes mariées§
Le juste mariage, que Dieu a ordonné aux enfants de la chair, n’est pas là seulement pour la procréation ; mais pour poursuivre l’Insaisissable ( ?), Dieu a fixé des jours, qui correspondent aux jours des saints, dans l’intention que les hommes les observent, tandis qu’ils peuvent faire leur volonté les autres jours, (f. 147 b) cependant sans dissolution ; car ce que l’on doit accepter rend agréable ce que l’on doit faire ( ?).
Canon 4. — Sur celui qui enlève une femme par la force§
Si un homme a enlevé sa femme par la force, qu’il fléchisse d’abord le cœur de ses proches. Si elle s’unit à lui sans le consentement de ses proches, elle encourt le jugement des prostituées, à moins que lui, au commencement… ( ?). Si elle ne se soucie pas de l’intention de ses proches[^b4-1], mais se donne elle-même au mariage contre la volonté de ceux qui l’ont engendrée et élevée avec leur bonté, cela ne se fait pas en vue du mariage, mais de la luxure.
Canon 5. — Quand une femme a fait vœu de rester vierge, et veut maintenant se marier§
Si une femme a fait vœu de rester vierge, mais change d’avis par la suite et veut se marier après ce vœu, son mariage est un mariage honteux.
Canon 6. — Si l’on raconte quelque chose de honteux au sujet de quelqu’un et d’une femme§
Si l’on raconte quelque chose de honteux au sujet de quelqu’un et d’une femme, qu’il l’épouse, si elle n’a pas de mari et s’il n’a pas de femme. L’acte est honteux, mais qu’il l’épouse est la meilleure chose. Sinon, ils demeurent dans cette turpitude, et cela perdure comme fornication.
Canon 7. — Lorsqu’une esclave[^b7-1] est léguée§
Si une esclave est léguée à quelqu’un, qu’il la prenne s’il n’a pas de femme. S’il a une femme, qu’il ne s’en occupe pas, et qu’elle se marie. Sinon, ils seront tous deux exclus ; car personne ne doit plus (f. 148a) avoir d’esclave, parce que le Christ a aboli ce qui avilit la loi de la liberté.
Peut-être quelqu’un dira-t-il maintenant que David, Salomon et d’autres ont eu des esclaves. Si tu réfléchis à leur sujet, tu as profané ton mystère. Mais si tu veux le savoir, écoute ! En ce temps-là, il y avait peu d’hommes sur la terre : c’est pourquoi il leur était permis de se marier et d’avoir des esclaves, afin que les hommes se multiplient sur la terre. S’ils ne l’avaient pas fait, il n’y aurait pas maintenant tous ces peuples. Mais quand Dieu vit que la terre était déjà peuplée, et que de fréquentes unions n’étaient plus nécessaires, il donna la loi, non pas que l’on dût se prendre une esclave, mais que chacun, selon la préexcellence du mariage, demeure avec sa femme.
Canon 8. — Si quelqu’un tend un piège à une vierge§
Si quelqu’un tend un piège à une vierge par lubricité, il mérite le jugement de la fornication.
Canon 9. — Quand quelqu’un a répudié une femme§
Si quelqu’un a répudié une femme, qu’ils soient exclus tous les deux ; sinon, ils doivent se réunir.
Canon 10. — Sur la mort de l’un des deux qui se sont unis§
Si l’un des deux qui se sont unis meurt, l’autre est libre de se marier. Si l’un se marie avant la mort de l’autre, celui qui se marie est soumis au jugement de l’adultère. Si l’époux d’une femme meurt (f. 148 b), elle est libre de se marier ; elle ne doit cependant épouser personne qui a déjà une épouse. Il en va de même pour celui dont l’épouse est morte.
Canon 11. — Du troisième mariage§
Au sujet du troisième mariage, l’assemblée n’a pas ordonné qu’ils doivent se tenir hors de l’Église ; mais ils ont dit qu’ils sont comme un vase honteux dans l’Église. Mais au sujet du quatrième et du cinquième mariage, l’assemblée s’est prononcée ainsi : les hommes qui épousent de nombreuses femmes, et les femmes qui épousent de nombreux hommes, doivent être exclus de l’Église comme des prostituées.
Canon 12. — De celui qui se souille avec une femme qui ne lui appartient pas, après s’être marié§
Si quelqu’un, après s’être marié, se souille avec une femme qui ne lui appartient pas, qu’ils se tiennent dehors tous les deux. Si cela est arrivé avant qu’il ne se marie, alors sa peine est de 7 semaines, et il doit être châtié jusqu’à ce qu’il se marie. S’il refuse de se marier, alors il doit se tenir dehors, jusqu’à ce qu’il se marie ou qu’il renonce à la fornication.[^b12-1]
Canon 13. — Si une femme, qui demeure avec son époux, se livre à la prostitution§
Si une femme, qui demeure avec son époux, se livre à la prostitution, elle porte seule la peine, s’il ne le savait pas. S’il le savait, en revanche, mais n’avait nulle envie de la répudier, alors tous deux doivent être exclus.
Canon 14. — Du clerc dont l’épouse tombe dans la fornication§
Si l’épouse de quelqu’un qui appartient à un ordre clérical tombe dans la fornication, et qu’il veuille demeurer avec elle, il sera déposé de son ordre et les Mystères lui seront interdits. Si, après avoir été déposé de son sacerdoce, il se décide à la renvoyer, les Mystères lui seront permis ; mais il ne retournera pas dans son ordre, parce qu’il a eu part à une mauvaise fornication.
Canon 15. — Sur une prostituée qui se convertit§
Si une prostituée veut se convertir, elle doit changer ses vêtements, déposer sa parure de prostituée et être catéchumène pendant un an ; si elle a fait cela, elle doit, se tenant à la porte, demander humblement, avant d’être jugée digne de se mêler au troupeau. Ensuite, elle doit attendre encore 8 mois, écouter la parole et sortir avec les catéchumènes. Les 4 derniers mois, elle doit se tenir auprès des femmes fidèles. Si elle a cessé sa prostitution, elle doit être instruite dans la parole pendant 40 jours. Alors, elle doit s’engager[^b15-1] et être ensuite baptisée. Aucune prostituée ne doit être baptisée sans qu’elle s’engage[^b15-1]. Si quelqu’un veut contracter un mariage tel, qu’il épouse une femme qui s’est convertie de sa prostitution, mais qui est encore dans l’ämtnla, ou à qui l’on reproche quelque chose de répréhensible qui souille — celui qui veut faire cela, son mariage est impur, et il est exclu de la participation à l’une des trois dignités de l’autel.
Si une femme liée par le mariage tombe dans ce vice et que cela vienne à se savoir, elle doit être interpellée par les prêtres et être instruite dans les choses spirituelles (f. 149 b). Si elle ne veut pas se convertir de l’impureté dans laquelle elle est tombée, elle doit être punie comme exposé ci-dessus. Si elle fait pénitence, on doit l’instruire seule, afin qu’elle fasse pénitence de son péché.
Canon 16. — Lorsqu’une des parties d’un couple païen souhaite être baptisée§
Si un homme païen et une femme païenne sont unis l’un à l’autre et que l’une des parties souhaite être baptisée, mais l’autre non, le conjoint baptisé doit se séparer de l’autre. S’il souhaite qu’ils restent ensemble, l’Apôtre [^b16-1] dit certes que le frère incroyant est sanctifié par la croyante. Écoute cependant, je veux t’expliquer le sens de cette parole. Quand il dit que le frère incroyant est sanctifié par la croyante, et que la femme incroyante est sanctifiée par le croyant, ainsi est conféré l’honneur du baptême. Si les enfants qu’ils engendrent sont saints, comme le dit ce maître [^b16-2], cela se rapporte uniquement à l’union de ce monde et selon…( ?) ; celui qui méprise le baptême dans son mystère ( ?) doit être exclu. Tout ce qui se passe au milieu des hommes, on doit le porter devant les clercs, et ceux-ci doivent les bannir de la même manière qu’il convient pour le mariage. C’est là la loi convenable et juste. Écoute ! Prends une femme qui n’est liée par rien, et ne la prends pas dans la débauche et la convoitise, mais seulement dans la prière, comme il convient.
Canon 17. — Que l’homme ne doit pas s’approcher de sa femme durant les jours du saint jeûne, les jours de son impureté et de ses couches§
On ne doit pas souiller les saints jours destinés au jeûne, et ne pas s’approcher de la femme durant les jours de son impureté et de ses couches, afin que ton mariage ne devienne pas indigne[^b17-1]. Pense à ce que le Seigneur t’a ordonné par Moïse, lorsqu’il dit[^b17-2] : « Parle à l’assemblée des enfants d’Israël et dis-leur : Si quelqu’un va vers une femme qui est impure, ils périront tous deux et mourront sans enfants, parce qu’ils n’ont pas pris garde de mettre une semence pure dans le sang… ( ?) ». Pour cette raison honteuse, le susdit mourra sans enfants.
Canon 18. — De celui qui raille le saint mariage§
Si quelqu’un raille, quand il entend que le mariage est saint, lequel sert à la procréation, sans débauche et indignité, qu’il soit excommunié.
Canon 19. — De celui qui commet une injustice de l’une de ces « manières »§
Si quelqu’un, en ces matières, commet une injustice par dérèglement, alors il doit…( ?). Si quelqu’un contrevient à l’accord, après qu’ils ont pris Dieu pour médiateur entre eux, l’intéressé doit être considéré comme un malfaiteur.
Ce sont là les paragraphes sur le mariage.
Canon 20. — Des peines que quelqu’un encourt pour le péché qu’il commet§
De l’homicide.
Si quelqu’un tue, le synode a ordonné qu’il soit exclu pendant 20 ans. Il doit les passer de la manière suivante. D’abord, il doit se tenir trois ans à la porte, en pleurant et en regardant les compagnons fidèles qui entrent, alors que lui ne le mérite pas ; pendant 6 ans, il doit se tenir avec les catéchumènes et 11 ans avec les fidèles. Si tu vois qu’il se repent sérieusement de son acte, il n’a pas besoin d’attendre si longtemps. S’il a tué par ignorance, la durée doit être divisée : 10 ans ; pendant 2 ans, il doit pleurer, pendant 3 ans, écouter la Parole et pendant 5 ans, se tenir avec les fidèles, mais sans prendre part aux mystères.
Canon 21. — Sur celui qui fait chuter une femme par sorcellerie§
Si quelqu’un fait chuter une femme par sorcellerie et s’unit à elle, il a mérité de se tenir dehors toute sa vie. Ce n’est qu’à la fin de sa vie ou en danger qu’il sera jugé digne des Mystères ; car il a commis, par son homicide, trois péchés : la fornication, l’homicide, la sorcellerie.
Canon 22. — Sur la sorcellerie.[^b22-1]§
Au sujet des sorciers, qui pratiquent la sorcellerie et nient Dieu sans crainte, le synode a dit qu’ils doivent se tenir (dehors) pendant 30 ans, parce qu’ils ont renié le Christ. Si quelqu’un, après avoir été baptisé, renie le Christ, il devra se tenir dehors tous les jours de sa vie. C’est seulement à l’heure de son départ de son corps qu’il sera jugé digne de communier aux saints Mystères.
Canon 23. — Sur celui qui est marié à une femme (f. 151a) et convoite sa fille§
Si quelqu’un est marié à une femme, convoite sa fille et s’unit à elle, il se tiendra dehors pendant 15 ans : pendant 6 ans il pleurera, pendant 4 ans il écoutera la parole et l’exhortation et pendant 5 ans il se tiendra avec les fidèles.
Canon 24. — Celui qui est marié à une femme et convoite sa sœur§
Si quelqu’un est marié à une femme et convoite sa sœur et couche avec elle, il a mérité de se tenir dehors pendant 12 ans. De même une femme qui se souille avec deux frères.
Canon 25. — Quand quelqu’un épouse deux sœurs ou une femme deux frères§
Quand quelqu’un épouse deux sœurs ou une femme deux frères, ils ont mérité un châtiment sévère, parce qu’ils se sont séparés de la loi de Dieu envers les hommes. Ils doivent rester sous le châtiment, aussi longtemps qu’ils vivent et… ( ?)  ; ; et il ne doit pas s’unir à eux, tant qu’il demeure ici-bas.
Canon 26. — Que les femmes doivent être vêtues chastement et décemment§
Les femmes doivent, selon la parole de l’Apôtre[^b26-1], se vêtir avec modestie et ne pas se parer d’or, d’argent et de bijoux, hormis la vraie beauté. Une femme ne doit pas se farder la joue de rouge, mais marcher chastement, le visage toujours baissé vers le sol, afin qu’elle soit obéissante à son mari selon le commandement, comme les femmes de l’Antiquité. Elle n’a pas autorité sur son corps, comme le dit l’Apôtre, mais doit être soumise à son mari. Les cheveux doivent lui être retirés de…. ( ?)[^b26-2] ; mais non dans l’orgueil et la suppression ( ?), car c’est à cela que l’on reconnaît les prostituées, qui portent une beauté mensongère, consistant en parfum, en maquillage à l’éclat d’antimoine et en arrachage de cheveux, en roulements d’yeux impudiques, en exhibition séductrice des doigts, en sourire doux et mensonger, en démarche indécente et en propos impudiques. Ce sont là les nombreuses choses auxquelles on reconnaît une prostituée ; mais il faut déposer les convoitises…. ( ?), qui se prostituent. Si tu prêtes attention à une femme pécheresse, tu la reconnais à l’aspect pécheur de son visage. Mais une femme bonne est reconnue à la bonté de son visage : elle ne se pare que de la parure dont le Créateur l’a parée. Qu’une femme aille à l’église vêtue d’or ou se parfume d’une belle senteur est condamnable, et elle…. ( ?) dix ?.
Canon 27. — Que les hommes ne doivent pas porter de vêtements rouges ni laisser pousser leurs cheveux longs ; interdiction du tatouage et d’autres choses§
De la même manière, les vêtements des hommes doivent être dignes et décents, non pas rouges ou pourpres. Ils ne doivent pas porter de sceaux aux doigts. Aucun homme ne doit laisser pousser ses cheveux longs, comme l’a dit l’Apôtre[^b27-1], ni se tatouer comme les païens, qui se rendent méprisables et qui commettent la fornication dans leurs pensées, eux, les partisans des satans. Ne vous complaisez pas en eux et ne vous asseyez pas devant ceux qui les marquent avec des épines et des aiguilles, de sorte que leur sang coule à terre. Gardez-vous de tous les impudiques, afin que ne s’accomplisse pas parmi nous la parole de celui qui dit qu’ils commettent la fornication dans les pensées de leur cœur. Prenez-y garde !
Écoutez maintenant le reste de ce qu’ils disent par ailleurs.
Au sujet des paragraphes restants.
Canon 28. — Sur les temps où l’on doit prier§
Prions intérieurement en tout temps selon la parole de l’Apôtre : « Priez sans cesse »[^b28-1]. Il dit aussi : « Élevez pures vos mains »[^b28-2] ; afin qu’il ne nous dise pas : « Lorsque vous élevez vos mains vers moi, je détourne mon visage de vous ». Prions dans toutes nos œuvres, afin que le Seigneur rende droits nos sentiers. Prions, afin que le Seigneur nous gouverne. Prions lorsque nous mangeons, afin qu’il nous bénisse, nous et notre pain ; et lorsque nous avons fini de manger, que le Seigneur bénisse notre nourriture et en nous ?, et qu’il nous guide droitement sur ce que nous devons manger. Prions à la troisième heure, parce qu’à cette heure notre Rédempteur fut crucifié. Prions à la sixième heure, parce qu’à cette heure il y eut des ténèbres. Prions à la neuvième heure, parce qu’à cette heure le Verbe remit son esprit entre les mains de son Père, Dieu. Et particulièrement, prions à la neuvième heure, parce qu’en cette heure la rédemption et la vie nous furent données en partage. Prions à l’heure où l’on allume la lumière, et prions lorsque nous allons dormir, afin que Dieu nous garde pendant la nuit. Prions à minuit, parce qu’à cette heure les anges aussi servent Dieu. Prions lorsque le coq chante, parce qu’à cette heure le Seigneur fut ressuscité. Prions le matin, lorsque nous nous levons de notre tapis. Le matin, avant de prier, lavons-nous les mains, à cause de la saleté du tapis. S’il n’y a pas d’eau, crachons dans nos mains ; les gouttes du baptême, qui montent de notre intérieur, suffisent pour laver la saleté du tapis. Enseignons à nos enfants à prier ainsi à ces heures, dans toute la piété et la pureté, d’un cœur pur.
Canon 29. — Sur le jeûne§
Le jeûne général, que le canon de l’Église requiert, consiste en ce que nous jeûnions jusqu’à la neuvième heure du mercredi et du vendredi. Si en ces jours un clerc rompt le jeûne sans maladie, ou durant les quarante saints jours, qu’il soit déposé ; si c’est un laïc, qu’il soit exclu.
Canon 30. — De celui qui dispense d’un jour de jeûne sous le prétexte que c’est une fête de martyr§
Si un jeûne tombe sur une fête de martyr et qu’un évêque ou un presbytre dispense la communauté du jeûne, sous le prétexte que c’est le jour anniversaire de la mort d’un martyr, cet évêque ou ce presbytre sera déposé, parce qu’il est devenu pour beaucoup d’âmes une occasion de mal. S’ils rompent le jeûne de leur propre chef, l’évêque et le presbytre les excluront ; car on ne doit pas rompre le jeûne les jours de fête des martyrs, si ce sont des jours de jeûne, parce que les martyrs sont morts affamés et assoiffés et ont été brûlés par le feu. Ceux-ci ne doivent-ils pas observer le jeûne du Seigneur dans leurs églises ?
Au sujet du jour de la sainte Nativité de notre Sauveur par la sainte Marie et du jour de la Théophanie, c’est-à-dire de l’immersion (le baptême), il a été ordonné, au temps où le saint synode s’est assemblé à Nicée, que nous communiions en ces jours durant la nuit ; non pas parce que nous rejetons le jeûne et sommes des gens extrêmement voraces, mais parce que nous devons nous consacrer entièrement à cette fête, au grand dam des hérétiques, que nous méprisons (f. 153 a) et dont nous faisons peu de cas. Les 50 jours sont également exempts, et nous n’y jeûnons pas jusqu’à la fin de la septième semaine. En revanche, pendant les 40 jours saints, on doit jeûner la première semaine jusqu’au coucher du soleil, et s’il est permis, jusqu’à la onzième heure ; oui, à la grande Pâque, nous devons attendre les étoiles. Personne ne doit en ces jours pratiquer les convoitises de son cœur dans le désir de la volupté. La nourriture de la Pâque, pendant toute la semaine, est le pain et le sel. On ne doit rien manger de doux, car en ce jour, il fut donné de l’amertume à la Parole. On ne doit absolument pas se parer en ce jour et ainsi négliger la souffrance et l’affliction que notre Seigneur a endurées sur la croix. Les femmes aussi doivent ôter leurs parures en ces jours. Chacun doit observer les 40 jours entiers et la Pâque, car c’est alors que notre pardon et notre rédemption ont été accomplis. C’est une chose qui n’appartient pas au mariage, que quelqu’un ait des rapports conjugaux pendant les 40 jours entiers, du premier jour jusqu’au dernier. Malheur à celui qui commet ce péché durant les jours de la sainte Pâque, y compris ceux qui se sont unis cette année. S’ils osent commettre cet acte impur et interdit, alors j’ose dire, moi aussi, qu’il ne trouvera pas de pardon. Prenons garde, mes frères, d’être jugés dignes de la résurrection dans la reconnaissance. Si, pendant les 40 jours saints, nous faisons notre volonté dans la volupté[^b30-1], comment pourrons-nous alors nous réjouir en pensant à la résurrection ? Et c’est la dernière chose que je dis : le jeûne ne se rapporte pas seulement au pain et à l’eau, mais le jeûne qui est agréable au Seigneur, c’est un cœur pur. Au sujet d’autres qui jeûnent, il dit : « Vous jeûnez pour le jugement » ; et plus loin : « Votre jeûne, je ne l’accepte pas ; des gens qui jeûnent et acceptent de l’argent pur ! » Si tu jeûnes avec du pain et de l’eau, peux-tu pour autant dévorer ton frère et boire son sang (f. 153 b), en commettant l’injustice par le mouvement de ta langue ? Devons-nous, quand nous jeûnons, courir çà et là et faire du profit, quand nous jeûnons, alors que le corps a faim et soif et que l’âme se délecte de ses plans, que le cœur est impur dans ses convoitises et ses pensées ? Non, le profit ne convient pas à ton jeûne. Cessez cela, vous les gens bien élevés, qui aimez le monde !
Canon 31. — Qu’il ne faut pas entrer dans les prétendus tombeaux de martyrs, ni y célébrer de sacrement, ni y faire de prière§
Ce qui est un devoir selon la loi de l’Église, c’est que nous offrions des sacrifices pour les défunts dans la communauté, l’Église, comme nous l’ont enseigné nos pères, les Apôtres,[^b31-2] à savoir que nous devons le faire les 3e, 7e et 14e jours. Ils ont ordonné de le faire dans l’Église catholique. Mais celui qui bâtit des demeures aux endroits où sont les cadavres, crois-tu qu’il le fasse pour son avantage ? Bien plutôt, il le fait contre la loi de l’Église. Que celui qui fait une telle chose me dise donc pourquoi ils font cela. Afin que le Seigneur les exauce, quand ils invoquent et prient pour les morts ? Mais ils défient par là l’Église catholique, en y invoquant Dieu pour les morts et les vivants. Mais sinon, pourquoi donc bâtissons-nous encore des sanctuaires aux endroits où reposent les cadavres ? Penses-tu que nous le fassions afin d’enseigner la parole et de les faire communier aux mystères ? Les sages savent : quand l’âme se sépare du corps, le corps devient poussière, et l’âme reçoit selon ses œuvres, celles qu’elle a accomplies avant la séparation. Celui qui parmi eux est pur, insulte les deux ( ?). Mais après la séparation, on n’entend plus les Écritures et on ne participe plus au sacrement. Toutefois, si nous voulons dire la vérité à ceux qui font cela, ils le font en vue du gain, par amour d’un profit éhonté.[^b31-1] Malheur à nous, si nous faisons maintenant un profit ; il ne pourra nous servir de rien au jour du Jugement… ( ?). Mais que doit faire l’homme sans instruction ( ?), si les prêtres ne connaissent pas la voie du Seigneur et les lois de Moïse ? L’Église est une, catholique, pour laquelle le Seigneur a versé son sang. Mais pour ce qui est des impies, ils renient de toute manière l’Église catholique et se construisent ( ? des pots, des édifices ?) sur les lieux de sépulture, pour tirer un gain honteux de ceux qui s’y rendent et pleurent leurs morts. Je sais bien que nous avons reçu cet usage des habitants de l’Égypte. C’est pourquoi j’ose écrire comme mon père Athanase, qui a combattu pour la vérité, que nous ne devons pas oublier ce que les Apôtres ont écrit à leur sujet, à savoir qu’ils détournent leur oreille de la vérité et retournent à leurs fables. C’est pourquoi nous ordonnons ceci — non pas nous, mais l’Église catholique — que nous rejetions les églises de ces gens, que nous n’allions pas chez eux et que nous ne communiions pas en elles.
Canon 32. — Au sujet des ascètes, hommes et femmes, qui habitent ensemble et, quand on les interpelle à ce sujet, disent : « Nous ne nous en soucions pas ». Mention de Salomon§
Si un ascète habite avec une femme et dit : « C’est une chose qui ne me soucie pas », et s’oppose ainsi à la doctrine de l’Église, tous deux doivent se séparer par égard pour la moralité, ou être tous deux bannis. Vois, la Sainte Écriture s’écrie et dit[^b31-4] : « Quel est l’homme qui lie du feu dans son sein, sans que ses vêtements ne brûlent, ou qui marche sur des charbons, sans que ses pieds ne se brûlent ? » Tels sont les hommes qui…( ?)…( ?), qui habitent ensemble pour leur propre perte et attirent ainsi la mort sur eux-mêmes. Quand on les interpelle à ce sujet, ils disent : « Nous voulons vaincre le diable et (f. 154 b) nos ( ?) pensées ». Ne tiens pas pour une calomnie ce que je te dis ! Pense à David, l’élu, qui, petit enfant, vainquit le lion et la lionne, qui massacra les Philistins comme de l’eau répandue, qui fut victorieux dans de nombreuses guerres, de qui le Christ selon la chair est descendu, que Dieu honora au-dessus de ses frères et dota de l’esprit de prophétie, qui, en tant que psalmiste et chantre de Dieu, était dans la bénédiction spirituelle — tu vois quelle hauteur David a atteinte. Mais un jour, il vit de ses yeux la femme d’Urie et fut captivé par le désir d’elle — si la pénitence n’avait pas réparé son péché. Et aussi celui qui bâtit une maison au Seigneur, le sage, le beau, le juge d’Israël, du cœur duquel la sagesse jaillissait par l’Esprit de Celui qui contient tout, le grand en Israël, dont il est attesté que nul en Israël ne s’est levé qui lui fût semblable, et que nul non plus ne se lèvera — de lui il est écrit à la fin ( ?) qu’on se moqua de lui à cause de la beauté des femmes. Si ses belles ne l’avaient pas entraîné dans le péché, le péché n’aurait acquis aucun pouvoir sur lui. Qu’ai-je besoin de parler encore des autres hommes, puisque les pieux nous suffisent pour… ( ?) les pieds des hypocrites. Ensuite, les Saintes Écritures nous enseignent à nous abstenir des ennemis qui sont en nous, c’est-à-dire l’approche fréquente des femmes et la conversation fréquente avec elles, ce qui n’est pas permis. Les Évangiles interdisent même souvent de les regarder.[^b31-3] Mais pour ce qui concerne les… ( ?),… ( ?). Ne crois pas que nous dénigrions le mariage en général ; car Dieu a créé les deux. Mais nous rejetons ceux qui disent : « Nous sommes des ascètes », (f. 155a) et qui attirent la mort sur eux, et même l’embrassent. L’Église rejette de telles gens.
Canon 33. — Que les corps des martyrs ne doivent pas être apportés dans les églises catholiques, mais que des sanctuaires doivent leur être bâtis en des lieux particuliers§
L’Église catholique, que Dieu a rachetée par son propre sang, n’a pas besoin de l’honneur des martyrs ; bien plutôt, les sanctuaires des martyrs doivent être sous l’autorité de l’Église catholique. Si des gens sans instruction ont l’audace, dans les lieux des martyrs, de renier l’Église catholique et sa loi, et ne veulent pas être sous son autorité, alors l’Église catholique les sépare comme hérétiques. Comme le soleil n’a pas besoin de la lumière de la lampe, de même l’Église catholique n’a pas besoin des corps des martyrs. L’Église doit en effet être diminuée si quelqu’un nomme le nom d’un martyr au-dessus d’elle. Ce n’est pas sage : si quelqu’un le fait, son audace sera reconnue. Le nom du Christ suffit pour honorer l’Église, parce que l’Église est l’épouse du Christ, qu’il a rachetée de son saint sang. Mais en ce qui concerne les corps des saints martyrs, leurs sacrements doivent être célébrés en leurs lieux. — Peut-être l’un de ceux qui aiment la querelle dira-t-il[^b33-1] : « N’est-ce pas le même mystère que l’on célèbre dans l’Église catholique et à la mort des martyrs ? » Je ne dis cependant pas comme lui. Je sais bien que c’est le même mystère que l’on célèbre dans l’Église et dans les lieux des martyrs ; mais je dis : l’Église ne reçoit pas son honneur des martyrs, mais les martyrs reçoivent leur gloire de l’Église (f. 155 b). Celle-ci tient sa gloire du fait que le Saint-Esprit a parlé d’une Église catholique, qui a été fondée par nos Pères, les saints Apôtres.
Canon 34. — Que c’est un grand péché si quelqu’un devient astrologue ou va chez un astrologue ou un sorcier ou un enchanteur ou un devin§
Au temps où le Seigneur donna la Loi à Moïse, il lui parla : « Vous ne devez pas vous mêler aux vanités des païens et ne pas apprendre leurs œuvres, ne pas faire passer vos enfants par le feu, ne pas lier de phylactères aux mains de vos enfants, ne pas aller chez un astrologue ou un sorcier ou un devin ; vous ne devez pas oindre vos enfants d’huile impure. La Loi d’alors a donc accompli la vraie parole de Dieu, lorsque celle-ci est venue. Si un clerc va chez un astrologue ou un sorcier ou un enchanteur ou un devin, ou s’il est un charmeur de sang ou… ( ?), il doit, s’il est prêtre, être exclu pour 10 ans ; s’il est diacre, pour 3 ans ; s’il est anagnoste ou psalmiste ou sacristain, pour 2 ans ou un an. S’il est laïc, il doit se tenir dehors pendant 7 semaines et être châtié, afin qu’il n’aille pas chez un astrologue, un sorcier ou un devin. Si un laïc ou un astrologue, un sorcier ou un devin y va, prend du sang d’un mort et accomplit l’œuvre, il doit être exclu pour 25 ans ; si on l’apprend avant que l’acte ne soit commis, la durée est de la moitié de ce qui est prescrit pour un homicide, et il doit être exclu, comme je l’ai dit plus haut. Pourquoi donc a-t-il besoin d’aller chez un astrologue, un sorcier, un enchanteur ou un devin, alors que nous avons la sainte Église catholique ? Pourquoi avons-nous besoin d’être oints d’une huile pleine d’impureté, alors que nous avons été oints une autre fois avec l’huile de la grâce ? Pourquoi avons-nous besoin d’être souillés une autre fois avec une huile pleine d’infamie et de faire de nos cœurs une demeure des satans, alors que nous sommes devenus étrangers à tout cela par l’huile de l’exorcisme, c’est-à-dire le baptême, par la sainte onction de l’Eucharistie et par la sainte huile immortelle qui sert à l’accomplissement du sacrifice. Vois ce qui est dit dans les livres des Rois, lesquels s’écartèrent de la Loi ! Il y est dit [^b34-1] : « N’y a-t-il pas de Dieu en Israël, que tu ailles interroger les satans ? S’il y a une guérison de cette maladie, tu n’y auras pas part ; du lit sur lequel tu es monté, tu ne te relèveras pas, mais tu mourras de mort certaine » ! Malheur à nous, car on trouve chez nous des choses bien plus grandes que chez eux. Car ils étaient purifiés de leurs impuretés par du sang de bouc ou de veau ou de pigeon ou de coq, ou par le sang d’autres oiseaux purs — eux qui, selon la Loi, se purifiaient avec cela en s’en oignant le front ou leurs mains droites ou leurs maisons ou les poteaux de leurs portes. Nous, cependant, ne sommes pas purifiés par cela, mais par le sang et l’eau qui sortirent du côté de l’Unique, de son corps divin. Que veulent-ils donc dire ou avec quoi veulent-ils se purifier ? Crois-tu que nous aurions été rachetés par la valeur de l’or ? Une telle chose ne fait pourtant pas le poids face au corps divin, car toute la création, que Dieu a faite en six jours, est sans valeur face à une seule goutte du sang de l’Unique, de Dieu ! Les idolâtres ne nous blâmeront-ils pas au jour du Jugement et ne nous diront-ils pas : Nous allons chez les astrologues, les sorciers, les enchanteurs et les devins, parce que nous n’avons pas de prophète pur. Nous allons chez les sorciers, parce que nous n’avons pas de prophète ; nous nous oignons avec l’huile impure (f. 156 b), parce que nous n’avons pas de prophète qui nous oigne de la sainte huile de la foi, comme il vous est commandé [^b34-2] : que celui qui est malade appelle les prêtres de l’Église, qui prieront sur lui et l’oindront d’huile au nom du Seigneur et prieront la prière de la foi [^b34-3], afin que le malade soit guéri et que le Seigneur le fasse recouvrer la santé ; et s’il a commis des péchés, ils lui seront pardonnés. Pourquoi donc maintenant vous attirez-vous le jugement, alors que dans l’Église les péchés sont pardonnés ? Ainsi parleront les impies et ils nous blâmeront au jour du vrai Jugement de Dieu.
Si un chrétien se fait verser dessus de l’eau par un enchanteur qui l’a conjurée, il doit être exclu des Mystères. Si un clerc va chez un devin et se laisse instruire dans son mensonge ou apprend de lui de semblables choses, il doit être déposé de l’ordre du clergé et exclu des Mystères. Aucun d’eux ne doit être admis dans l’église.
Canon 35. — Sur un chrétien qui va chez un mage et l’interroge sur quelque chose§
Si un chrétien va chez un mage et entend alors de lui en réponse à sa question : « Attends que le soleil se lève et fais alors ceci et cela ! » ou : « Attends la lune ! » ou : « Quand le soleil est au plus haut, place de l’eau devant lui et baignes-en le malade ! » ou : « Quand le soleil disparaît, prononce sur de l’huile ceci et cela et oins-l’en ! » ou : « Attache-toi des phylactères ! » ou : « Mets sur toi du fer robuste ; ainsi les satans seront chassés, car les satans craignent le fer » — à quoi servent alors les fers et les liens de celui que le Seigneur, au temps…( ?), enchaîna, non pas une ou deux fois, mais de nombreuses fois ? Ils le mèneront au jugement et dans les lieux [^b35-1] extérieurs. Si le soleil ou la lune pouvaient nous aider sans Dieu, pourquoi alors le soleil et la lune s’obscurcissent-ils, si souvent que Dieu l’ordonne aux nuages ? Pourquoi supportent-ils son service comme des serviteurs ? Si la lune pouvait nous aider, pourquoi alors sa lumière devient-elle souvent si faible ? Il est écrit [^b35-2] : « Le soleil retournera aux ténèbres et la lune au sang ». Ils ne peuvent donc même pas s’aider eux-mêmes et ne peuvent se soustraire à l’ordre du Seigneur, mais ils se tiennent tous devant lui, tels des serviteurs sous l’ordre du Seigneur. Si les mages pouvaient aider les malades, pourquoi ne peuvent-ils pas alors s’aider eux-mêmes au jour du jugement véritable, qui viendra sur eux de la part du Seigneur, au jour qui les surprendra, comme il est écrit ? Alors, ils reconnaîtront toute l’amertume de leur hypocrisie. Il est bien possible qu’il soit pardonné plus facilement à un pédéraste ou à un meurtrier qu’à un mage, ou un devin, ou un astrologue, un sorcier, un enchanteur. C’est pourquoi nous ordonnons : si un chrétien va chez un astrologue, ou un sorcier, ou un enchanteur, qu’aucun presbytre ne prie sur lui, que personne ne l’oigne de l’huile de l’Église dans sa maladie, parce qu’il est écrit : « Vous ne pouvez servir Dieu et l’Argent ». La sainte huile de l’autel n’a aucune communauté avec l’huile d’impureté servant à l’enchantement, et la prière des presbytres aucune avec les phylactères servant à l’enchantement. Ô frères ! ne vous occupez pas de ces remèdes impurs, mais implorez le Christ, qui vous aidera !
Canon 36. — Des veuves, des orphelins et des vierges§
Les veuves et les vierges sont soumises à une seule loi[^b36-1] et à un seul statut[^b36-2], mais non à un seul ordre[^b36-3]. Les vierges doivent être dans le premier ordre, tandis que les veuves sont dans le second, qui est inférieur à celui des vierges.
Si le mari d’une femme est mort et qu’elle est comptée au nombre des veuves parce qu’elle a fait le vœu de ne vouloir vivre avec aucun autre homme, mais qu’elle se remarie ensuite, un lourd péché et un châtiment reposent sur elle, parce qu’elle est devenue une occasion de scandale. Si tu veux prononcer un tel vœu, l’Apôtre dit[^b36-4] : la veuve ne doit pas avoir moins de 60 ans. S’il s’agit d’une jeune veuve, elle ne doit pas être considérée comme diaconesse, surtout si elle est coquette. L’Apôtre dit[^b36-5] : « Une coquette est déjà morte, même si elle vit encore ». De plus[^b36-6] : « N’estimez pas les jeunes veuves ! Quand elles courent çà et là et vendent le Christ, elles veulent se marier. » — Les veuves ne doivent pas beaucoup rire, car le rire s’attaque à la fois au corps et au cœur. Le rire est une épée tranchante qui se dresse contre le corps ; comme il est écrit : « Je voulais m’attacher au compagnon, mais il aiguise contre lui-même une épée ». Les veuves ne doivent pas séjourner dans des lieux où se trouvent des hommes, même s’il n’y en a qu’un ou deux, à l’exception de leur frère ou de leur père. Vierges comme veuves doivent être une lumière ( ?) [^b36-7] parmi les hommes. Les vierges et les veuves ne doivent pas penser à la convoitise de la chair, car il est écrit[^b36-8] : « Celle qui n’a pas de mari se soucie de ce qui est au Seigneur ». Si elles ne trouvent pas leur plaisir dans le Seigneur, comment l’homme, qui doit se soucier des choses de ce monde, peut-il alors trouver son plaisir dans le Seigneur ? Elles ont alors plutôt revêtu un nom mensonger. Une veuve ou une vierge qui porte un nom mensonger est réprouvée.
Une veuve et une vierge doivent jeûner tout le jour, afin d’éteindre dans le combat qui se dresse contre elles la flamme des convoitises ; car il est écrit : « Ils usent de contrainte contre leur corps » (f. 158 a). Les vierges, en particulier, doivent veiller à conserver, par une grande constance, le nom que je leur ai donné. Une moniale qui sort le jour n’est pas une moniale ; une femme qui marche seule est proche de la fornication. Les vierges ne doivent pas paraître en public après le coucher du soleil. Elles ne doivent absolument pas boire de vin, sauf celles qui sont malades à cause de beaucoup d’ascèse. Elles ne doivent pas se parfumer à l’excès, car c’est un feu dans le corps et cela allume en elles la flamme de la convoitise. Elles ne doivent pas… ( ?). Qui fait cela mène une vie méprisable, comme il est écrit[^b36-9] : « Israël mangea et but, et le bien-aimé devint rebelle ». Si les bêtes privées de raison ainsi… ( ?) et ont de l’aversion pour l’excès de nourriture et les odeurs fortes, à combien plus forte raison, pour celles qui sont calomniées par le Diable, c’est-à-dire par les pensées — à combien plus forte raison, pour celles qui ont fait vœu de sainteté, les nourritures ne doivent-elles pas servir d’armes pour les convoitises ? Vous qui avez fait vœu de chasteté, ne faites pas de vos corps des armes pour l’iniquité de la mort, mais de vos âmes des armes pour la justice de Dieu par vos œuvres !
Que la veuve vive seule, comme le dit l’Apôtre et comme nous l’avons déjà dit avec la parole qui mérite l’honneur ; comme il est écrit[^b36-10] : « Honorez les veuves, et celles qui sont veuves doivent demeurer seules : leur espérance est Dieu. Mais celles qui courent çà et là et se précipitent dans les maisons sont prises dans de nombreux pièges, car la première des entraves de la piété est la solitude. Celui qui court d’un lieu à un autre n’échappe pas à la vue des yeux, à l’ouïe des oreilles, à l’activité de la langue, qui apportent la convoitise dans le cœur (f. 158 b). Ceux qui invitent des veuves ou leur donnent un repas tirent avantage d’elles ; quand celles-ci viennent chez eux… ( ?), ils en tirent avantage… ( ?). Elles ne doivent pas être paresseuses. Les Écritures disent que tout paresseux est dans la convoitise. Le paresseux gagne la confusion, le paresseux gagne la calomnie, le paresseux a faim, comme il est écrit[^b36-11] : « Les cœurs des paresseux ont faim ». Les veuves et les vierges ne doivent pas laisser leurs cœurs s’amollir, mais ils doivent être liés par… ( ?). Dans le cœur de qui… ( ?) et la crainte se trouvent, celui-là ne pèche pas. Mais celui qui est sans crainte est lié par les chaînes de celui qui ne craint pas. Car les Écritures disent que chacun est dans les liens de son péché. Quand bien même tu brillerais comme le feu ou t’élèverais aussi haut, jusqu’au ciel même, si aucune crainte de Dieu n’habite en toi, tu tomberas.
Une veuve ou une vierge est souillée par sa langue, si elle calomnie ou dit des mensonges : de telles personnes ne devraient pas être appelées veuve ou vierge. Je veux vous enseigner par une parabole à qui elles ressemblent. Elles ressemblent à un homme qui, un jour de fête ou à un repas de noces, a reçu un vêtement étranger à porter. Mais une fois les jours de noces ou de fête passés, le vêtement lui est repris, car il ne lui appartient pas, et il est nu, comme il l’était auparavant. Tel est précisément celui qui revêt un nom éphémère, qui… ( ?). Il sera, après son accomplissement, dépouillé du nom mensonger qu’il a porté en ce monde.
Une vierge ne doit pas parler fort, ni se disputer, ni se quereller au sujet des choses de ce monde. Qui a renoncé à ce monde doit aussi renoncer à tout ce qu’il offre. Une vierge ne doit pas devenir servante. Celle qui (f. 160a) est la servante de Dieu ne doit pas devenir la servante de ce monde. Pour sa subsistance solitaire dans sa maison, le travail de ses mains doit lui suffire. Une vierge ne doit pas entrer dans l’agitation et les soucis de ce monde ; elle ne doit absolument pas se rendre en un lieu où se déroule un mariage ou une société. Une vierge doit employer fréquemment sa langue à chanter des psaumes ; elle doit être chaste, obéissante, humble dans sa parole. Elle doit être pacifique dans son caractère, longanime dans sa piété. Elle doit être sage en tout bien et tranquille dans le mal. Elle doit beaucoup prier et veiller sur le sommeil naturel du corps. Dormir beaucoup, en revanche, est contre nature.
Une vierge qui a fait vœu de sainteté et retourne ensuite au mariage est coupable d’adultère. C’est pourquoi nous ordonnons que personne ne revête sa fille de l’habit d’une vierge, tandis qu’elle-même le promet ; mais elle doit s’éprouver elle-même et prononcer pour elle-même le vœu, afin que le péché de son acte retombe sur elle seule, si elle chute.
Si une veuve, après la 60e année, retourne une nouvelle fois au mariage, elle doit être exclue comme adultère, afin que dans le discours… ( ?) et que nous le destituions ( ?) à cette peine[^b36-12].
Canon 37. — Sur les points restants ; que celui qui se rend à l’auberge, dans des lieux de divertissement, dans des débits de boisson ou des lieux impurs, se charge d’un grand péché§
Si quelqu’un se rend beaucoup dans des lieux de divertissement[^b36-13], des débits de boisson ou des lieux impurs, il doit y renoncer ou être exclu. Si quelqu’un a un x^Q^^^S et qu’il abandonne ce métier, ou bien il sera exclu (f. 159 b) et banni des mystères. S’il est danseur (ou : sauteur), de même. S’il est un uTVi • • ^(,[^b36-14]) il doit abandonner son métier ou être exclu. Un ^13*103 qui en instruit d’autres doit y renoncer ou être exclu. Un ftiftog doit cesser ou être exclu. Une femme qui danse dans les auberges et attire les gens par un beau chant et une harmonie mensongère pleine de séduction doit, si elle abandonne son métier, attendre 40 jours avant de communier ; ensuite elle pourra recevoir les mystères. En général, personne ne doit se rendre dans une auberge ou dans des lieux de divertissement et des arènes, car ils sont pleins d’impureté, et parce que le Diable peut nous tromper avec de telles choses, comme il a déjà été dit plus haut. Il dira au lieu du jugement : je ne les ai pas envoyés, ils ne m’ont pas crucifié pour eux, mais les sacrifices qu’ils m’offrent ( ?) dans les auberges, les lieux de divertissement et les débits de boisson sont plus excellents que ceux que les autres apportent. C’est pourquoi n’allez pas dans les demeures du diable ! Mais si nous y allons et que nous pleurons sur lui devant le grand Rayonnant qui appartient à Dieu, ô mes frères ! nous ne devons pas regarder les spectacles et les divertissements, car nous avons les martyrs qui ont combattu et achevé le degré de la foi, les apôtres et les prophètes. Ce qui nous sert de substitut pour ces maisons qu’ils fréquentent, c’est, lorsque nous nous réveillons et nous levons le matin, l’Église, et après cela la maison qui n’est pas faite de main d’homme, qui est dans le ciel. Pourquoi donc, pour des choses périssables, devrions-nous exciter contre nous le bâton de la colère de Dieu ? Le temple d’Artémis est l’auberge. Or Dieu a détruit le culte des idoles. Ne l’introduisons donc pas une seconde fois par les amusements des lieux impurs et la pratique des vains mystères de Baal dans les lieux de divertissement (théâtres) et la maison d’Uzzah, c’est-à-dire les débits de boisson. Un chrétien doit bien se garder de ces impuretés, afin de ne pas tomber dans le châtiment.
(f. 160a).
Canon 38. — Sur les fondements des ordres de l’Église§
Lorsque des gens demeurent dans la maison de Dieu, ils doivent y marcher sans effronterie et sans trébucher. — Celui qui est élu évêque, qu’il soit pudique, courageux, craignant Dieu. Qu’il combatte pour les opprimés et ne favorise personne, mais qu’il dise la vérité. Qu’il ne recule pas devant un riche et qu’il n’aime pas la possession, parce que c’est un péché pour tous les hommes, mais particulièrement pour celui qui occupe cette charge.
Canon 39. — Au sujet d’un évêque qui se vêt de pourpre et de soie, tandis que les pauvres de sa ville sont affamés et nus§
Un évêque qui se vêt de pourpre et de soie, tandis que les pauvres de sa ville sont affamés et nus, n’est pas un évêque. Un évêque qui garnit sa table de mets variés et oublie la misère des pauvres est un nouveau Juif [^b39-1]. L’évêque doit combattre pour la vérité jusqu’à la mort. Qu’il soit un père pour les veuves et les orphelins. Qu’il soit armé de la crainte de Dieu, afin d’être un modèle pour ceux qui le regardent. Qu’il réprimande ouvertement et qu’il ajuste son discours, tantôt plus élevé, tantôt plus simple, avec âpreté et avec sel. Qu’il ne soit pas orgueilleux. Qu’il n’envie personne. Qu’il ne boive pas beaucoup de vin. Qu’il ne soit pas violent. Qu’il ne haïsse personne. Qu’il n’aime pas l’or et qu’il considère tout ce qui appartient à ce monde comme vain. Qu’il n’aime pas « le gain fugace », mais qu’il fuie toute chose passagère, afin de pouvoir enseigner aux siens à être ainsi eux aussi.
Canon 40. — Si un évêque est ordonné pauvre et devient riche après son ordination, sa fortune appartient aux biens de l’Église§
Si un évêque est choisi et ordonné alors qu’il est pauvre, et qu’ensuite, après son ordination, il devient riche, alors sache : ce qu’il a acquis appartient aux biens de l’Église et sera conservé pour l’Église après sa mort. Ses enfants cependant ne doivent pas être privés par l’Église de ce qui doit être dépensé pour eux : cela, ils ne l’ont pas mérité. S’il avait une femme, alors la subsistance corporelle doit lui être donnée.
Canon 41 — Sur la femme d’un évêque ou d’un prêtre, qui se remarie après sa mort§
Si la femme d’un évêque ou d’un prêtre se remarie après sa mort et a une dette, cela doit être imputé comme un déficit au premier époux.
Canon 42. — Sur un évêque, un presbytre ou un diacre qui se marie après son premier mariage§
Un évêque, un presbytre ou un diacre, qui se marie après son premier mariage, ne demeurera pas tous les jours de sa vie dans sa dignité, mais sera dans la dernière dignité.
Canon 43. — Celui qui s’est marié une seconde fois ne peut être ordonné à l’une des trois dignités d’évêque, de presbytre et de diacre[^b43-1]§
(f. 161 a). Celui qui est lié par un second mariage ne peut être ordonné à l’une des trois dignités d’évêque, de presbytre ou de diacre, parce que la colombe dépourvue de raison ne contracte pas de second mariage[^b43-2] — comment le ferait donc un être raisonnable ?
Canon 44. — Au sujet de celui qui épouse la fille de son frère ou sa sœur du côté du père[^b44-1]§
Celui qui a épousé la sœur de son frère ne peut pas être ordonné évêque, prêtre ou diacre, et celui qui a épousé sa sœur du côté du père[^b44-1], ne peut pas appartenir à l’ordre du clergé. Car il est aussi un hypocrite parmi les laïcs. Un tel homme doit absolument être exclu ou être frappé d’une peine sévère.
Canon 45. — Au sujet de celui qui acquiert illicitement la dignité du sacerdoce par un don, et au sujet d’un évêque qui reçoit un don de celui qu’il consacre§
Si quelqu’un acquiert illicitement l’ordre du sacerdoce avec de l’argent, il doit être maudit ; de même, l’évêque qui reçoit de l’argent de quelqu’un et le consacre sans dignité, doit être maudit ; et tous les évêques doivent être rassemblés en un même lieu.
Canon 46. — De l’ordination de l’évêque§
L’évêque : ne doit pas être ordonné sans l’évêque métropolitain. Cependant, que celui-ci ne soit pas seul, mais que deux autres évêques soient avec lui, afin qu’un évêque soit institué par trois évêques.[^b46-1] L’évêque sera ordonné de la manière suivante : L’Évangile sera posé sur sa tête, et (f. 161 b) l’archevêque priera sur lui de la manière suivante : Nous te prions et nous nous humilions devant toi, ô Seigneur, ô Dieu, Tout-Puissant,[^b46-2] ô Verbe du Père, qui es descendu du ciel et as pris un corps de la Vierge Marie, corps qu’il distribua[^b46-3] et donna aux saints apôtres, lesquels devinrent ses vicaires selon sa volonté et distribuent ainsi son saint corps — lui, cependant, n’est pas divisé, mais est par sa divinité un seul corps, qui n’est jamais divisé — bénis, ô Dieu, Tout-Puissant ; regarde celui que tu as choisi pour qu’il devienne un vicaire des apôtres, celui-ci que je consacre pour ton Église. Envoie sur lui ton Saint-Esprit et remplis-le de consolation et de grâce. Donne-lui un exemple, afin que pour lui-même et pour la communauté sur laquelle tu l’as établi, il fasse monter une prière fervente, et qu’il rende belle devant toi la paix qui est propre à l’Église. Fais cesser de sa part toute résistance de l’ἀντίδικος,[^b46-4] afin qu’il trouve le chemin pour la direction de cette sainte communauté, que tu as rachetée par ton propre sang. Chasse de lui ce qui est de la chair, afin qu’il trouve le droit chemin pour fouler aux pieds tous les pièges du διάβολος. Garde-le de nombreuses années, et que longtemps il marche entièrement selon ta volonté, sans rien de répréhensible. Exauce sa prière, qu’il prononce sur ta communauté, car c’est toi qui exauces la prière de chacun. Car à toi seul appartiennent la grâce et l’amour pour les hommes, par ton Père bienveillant et ton Saint-Esprit, jusque dans l’éternité des éternités. Amen.
Quand cela est terminé, l’archevêque doit lui imposer la main, les évêques doivent lui imposer les mains et l’évêque doit l’embrasser et souffler sur son visage, afin qu’il soit rempli de l’Esprit Saint (f. 162a).[^b46-5] Lorsque ceux-ci ont achevé leur action, tout le reste du clergé doit l’embrasser ; la classe des laïcs doit baiser sa main. Une personne… ?[^b46-6] en revanche ne doit pas embrasser l’évêque, mais les évêques et les presbytres. Ensuite, ils doivent achever le sacrement et ordonner à l’évêque nouvellement consacré de se tenir à droite. S’il n’est pas en mesure de bénir toute l’assemblée parce qu’il est fatigué, il doit en bénir quelques-uns et se tenir à l’écart.
Canon 47. — De combien de personnes doit provenir la déclaration d’irréprochabilité de l’évêque, du presbytre et du diacre§
Nul ne deviendra évêque, s’il n’est déclaré irréprochable par 12 hommes, ni presbytre, s’il n’est proposé par 5 hommes. Pour le diacre, cependant, trois suffisent. Mais sans témoignage, nul ne doit être ordonné.
Canon 48. — Sur les anagnostes, les psalmistes et les sacristains§
Les anagnostes, les psalmistes et les sacristains doivent être traités selon cette unique loi. On n’imposera pas la main à un anagnoste, mais l’évêque lui donne d’abord le χειρόγραφον. De même, les psalmistes doivent être bénis sur l’ordre de l’évêque. Ils ne sont pas considérés comme étant au rang des préposés de la communauté, parce que leur ordination ne se fait pas par l’imposition des mains.
Canon 49. — Que personne ne doit être refusé en raison d’un défaut corporel.[^b49-1]§
Nul ne doit être refusé à l’ordination par quiconque en raison d’un défaut corporel, s’il n’a par exemple qu’un œil, ou est estropié, ou boite, ou est malhabile de sa main, pourvu qu’il soit capable d’accomplir le sacrement. Si tous les susnommés sont dignes de l’ordre, ils doivent être faits évêques.
Canon 50. — Au sujet d’une communauté qui n’accepte pas quelqu’un en raison d’un défaut corporel, au motif qu’il serait impur§
Si une communauté ose rejeter quelqu’un en raison d’un défaut corporel, au motif qu’il serait impur, par exemple parce qu’il a l’oreille ou le nez coupé ou à cause de quelque autre défaut, qu’ils soient exclus, jusqu’à ce qu’ils le prient.
Canon 51. — Que les presbytres ne doivent pas imposer à la communauté ce qu’elle ne peut porter, à l’exception des canons§
Aucun évêque ne doit, autrement que nos pères les Apôtres, imposer à la communauté des choses pesantes.[^b51-1]
L’évêque et le presbytre ne sont pas tenus de jeûner, sauf les jours où la communauté jeûne.
(f. 163 a)
Canon 52. — Qu’un prêtre ou un évêque ne doit rejeter aucune nourriture[^b52-1]§
Un prêtre ou un évêque ne doit déclarer aucune nourriture impure, mais doit laisser cela à Dieu seul.
Canon 53§
Un prêtre ne doit se dénuder devant aucun homme sans nécessité. S’il doit aller au bain chaud, qu’il y aille avec ses confrères seulement, avant la multitude des laïcs ;
Canon 54. — Que les serviteurs de l’autel doivent se garder de boire du vin avant que les lampes ne soient allumées. Ils ne doivent pas quitter leurs maisons le jour où ils ont bu§
Les prêtres et les diacres, qui servent aux autels, doivent se garder soigneusement de boire du vin avant d’allumer les lampes sur l’autel. En général, aucun clerc ne doit quitter sa maison pendant la journée, afin qu’ils ne deviennent pas une occasion de scandale pour la communauté. Si l’un d’entre eux est contraint de boire pendant la journée, il doit rester prudemment dans sa maison, c’est-à-dire à l’endroit où il a bu. Si l’un de l’ordre des prêtres boit, s’enivre et se dénude[^b54-1], il sera exclu pendant 7 semaines et restera un an dans l’ordre inférieur, parce qu’il a déshonoré cette haute dignité (f. 163 b). S’il s’agit d’un diacre qui s’est enivré et dénudé, il sera exclu pendant 5 semaines et servira ensuite les clercs pendant un mois en tant que sous-diacre. S’il s’agit d’un anagnoste ou d’un sacristain, il sera exclu pendant 3 semaines et, sur l’ordre du prêtre, recevra quarante coups moins un.
Canon 55. — Quand l’épouse d’un anagnoste, d’un psalmiste ou d’un custode meurt, il peut en épouser une autre§
Quand l’épouse d’un anagnoste, d’un psalmiste ou d’un custode meurt, il leur est permis de se remarier. Si parmi les laïcs il s’en trouve un à qui il est rendu témoignage qu’il est digne du rang du presbytérat, il ne doit pas être rejeté pour la raison qu’il n’a pas de parenté dans l’Église ; car à l’Église appartiennent par le baptême tous ses enfants, mais particulièrement tous ceux qui l’observent ( ?)[^b55-1][^b55-2], parce que l’apôtre Paul dit[^b55-3] que ceux qui sont baptisés dans le Christ ne sont qu’un.
Canon 56. — Au sujet d’un clerc qui commet une faute et devient une occasion de scandale§
Si un membre du clergé commet une faute et devient une occasion de scandale, il ne doit pas être immédiatement chassé du milieu d’eux, mais être instruit à de nombreuses reprises : peut-être reviendra-t-il à une vie rangée ( ?) avant d’être chassé. S’il n’y revient pas, il doit être exclu de l’Église et il ne lui sera pas permis de présider à l’Église. Sa dignité ne doit cependant pas lui être retirée. Il doit seulement être exclu, afin qu’il ne couvre pas de honte le reste du clergé ; comme il est écrit : « Chasse un méchant du milieu de la multitude ; peut-être le péché s’en ira-t-il avec lui. »[^b56-1] Si en revanche il demeure avec beaucoup d’autres, alors tous tombent dans la honte.
Si la raison de l’expulsion était que la jalousie a prévalu, alors il doit demeurer à la direction de l’Église (f. 164 a) et revenir au milieu du clergé, comme il était auparavant.
Canon 57. — De la bouche d’un clerc ne doit sortir absolument aucune parole de moquerie.[^b57-3]§
Un clerc ne doit prononcer absolument aucune parole de moquerie et de sa bouche, au sein du clergé ou des laïcs, ne doit sortir aucune parole par laquelle il se moque des gens ou injurie quelqu’un à cause de son corps, pour l’offenser, en lui disant par exemple : « Toi, l’aveugle, ou le sourd, ou l’estropié, ou l’esclave, ou le décharné, ou le vieux, ou le proscrit », ou d’autres viles injures. Si un tel homme est dans le clergé, qui injurie les gens à cause de leurs infirmités, il doit être châtié comme un petit garçon, et s’il est déjà avancé dans le clergé, il doit être exclu, jusqu’à ce qu’il accepte la sagesse.
Canon 58. — Au sujet de celui qui prend des intérêts[^b58-1]§
Un clerc ne doit prendre aucun intérêt.
Canon 59. — Sur le serment§
Un membre du clergé ne doit jurer en aucune façon, à l’exception des commandements de l’Écriture.
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Canon 60. — De la colère§
Un membre du clergé ne doit absolument pas se mettre en colère, mais ils doivent être patients.
Canon 61. — Aucun clerc ne doit dire du mal de quiconque§
(f. 164 b). Aucun clerc ne doit dire du mal de quiconque, avant d’avoir premièrement entendu l’affaire, parce qu’il est écrit : « Celui qui commence à parler avant d’entendre est insensé et honteux. »
Canon 62. — Qu’un prêtre ou un évêque ne doit enseigner personne, avant d’avoir éprouvé son âme dans la solitude§
Si un prêtre ou un évêque enseigne des personnes, il doit s’éprouver lui-même au préalable, avant de parler, afin de ne pas faire trébucher de nombreuses âmes par son enseignement.
Canon 63. — Que les prêtres ne doivent être les esclaves d’aucun homme§
Aucun membre du clergé ne doit être l’esclave d’un homme, car ceux à qui Dieu a donné la liberté ne doivent pas mépriser celle-ci, en devenant les esclaves des hommes (sont ?).
Canon 64. — Qu’un clerc ne doit pas devenir une occasion de scandale pour les hommes§
Jamais un clerc ne doit devenir une occasion de scandale pour les hommes[^b64-1], afin qu’il ne soit pas une cause de méchancetés. Car si quelqu’un blasphème ( ?) Dieu à cause de nos actes et qu’ils sont entraînés au mal par notre exemple, alors nous sommes la cause de tout le mal.
Canon 65. — Sur un clerc qui vole un objet de l’autel§
Si un clerc vole ou dérobe un objet de l’autel et est accusé du vol, et si ce fait est ensuite confirmé par des témoins, il doit être déposé de son ordre et ne plus trouver confiance par la suite.
(f. 165 a).
Canon 66. — Un prêtre ne doit pas mentir§
Un clerc ne doit absolument pas mentir, parce que nous avons reçu un grand don. Abimélech dit à Sarah : « Tout ceci, je te le donne en satisfaction pour ton visage, afin que tu sois juste en tout temps. »
Canon 67. — Quand un clerc est convié en un lieu où se trouvent des hérétiques§
Si un clerc est convié à une invitation où se trouvent des hérétiques, à une Hanne ( ?) d’une autre confession, il doit s’exclure. Si toutefois il est poussé à rester, la faute pèse sur celui qui l’a convié. S’il survient un.. » ( ?), et que l’on demande de l’aide à ce…( ?), celui qui entre au milieu, le clerc doit s’exclure, afin qu’il ne soit pas accusé d’un crime en raison d’un jugement.
Canon 68. — Ce qui menace un clerc qui fait un faux serment§
Si un clerc fait un faux serment par le nom du Seigneur, qu’il soit exclu pendant trois ans.
Canon 69. — Sur un clerc qui porte un faux témoignage contre quelqu’un§
Si un clerc porte un faux témoignage contre un autre ou contre un laïc, de sorte que ce dernier soit déposé, puni ou blâmé[^b69-1][^b69-2], parce qu’il a porté un faux témoignage, la peine à laquelle il devait être condamné sera exécutée sur le faux témoin.
Canon 70. — « Si un clerc fornique, »§
(f. 165 b). Un clerc qui fornique doit être déposé.
Canon 71. — Si quelqu’un répudie une femme et qu’un clerc rédige pour elle la lettre de répudiation§
Si quelqu’un veut répudier une femme et qu’un clerc rédige pour elle la lettre de répudiation, qu’il soit exclu, jusqu’à ce que le mariage se soit reformé entre les deux.
Canon 72. — Au sujet d’un clerc qui prie sur un second mariage§
Aucun clerc ne doit prier sur un second mariage.
Canon 73. — Aucun clerc ne doit se rendre à une assemblée des Juifs§
Dans une assemblée des Juifs, aucun clerc ne doit se rendre en aucune manière.
Canon 74. — Sur un anagnoste qui joue de la guitare§
Si un anagnoste apprend à jouer de la guitare, il doit être instruit de le confesser ( ?). S’il n’y revient pas ensuite, sa peine sera de 7 semaines. S’il veut y persister, il doit être déposé et exclu de l’Église.
Canon 75. — Quand quelqu’un veut coucher avec une femme et qu’elle ne le lui accorde pas§
Si quelqu’un veut coucher avec une femme et qu’elle ne lui accorde pas son désir, il doit s’engager, (f. 166 a) à prendre garde à l’avenir, et rendre grâces de ce qu’il a reçu une grande grâce.
Canon 76. — Au sujet d’un clerc qui calomnie beaucoup§
Si un clerc calomnie beaucoup, qu’il soit averti une première et une seconde fois. S’il persévère dans la calomnie, qu’il soit transféré dans une autre classe, jusqu’à ce qu’il cesse de calomnier. S’il persévère dans la calomnie même après la dégradation, qu’il soit exclu.
Canon 77. — Qu’un clerc ne doit boire de vin ni se rendre au bain pendant le jeûne§
Un clerc ne doit pas boire de vin pendant les 40 jours et les deux jeûnes, et ne doit pas se rendre au bain pendant les 40 jours et les deux jeûnes.
Canon 78. — Un clerc ne doit pas aller à une invitation des hérétiques§
Un clerc ne doit pas aller à une invitation des hérétiques et autres semblables.
Canon 79. — Un clerc ne doit pas rire pendant les mystères§
Si un clerc rit pendant les mystères, sa peine est d’une semaine. Si un laïc rit, il doit sortir pour cette fois et ne pas communier aux mystères.
Canon 80. — Si un clerc se met une couronne sur la tête§
Si un clerc pose sur sa tête une couronne de feuilles de vigne ou de rameaux de palmier ou d’olivier arrachés, il séjournera, s’il est prêtre, 4 mois dehors ; s’il est diacre, 2 mois. Les autres clercs seront punis par les prêtres.
Canon 81. — Sur un clerc qui commet une faute en lisant§
Si un clerc commet une faute en lisant, il doit s’arrêter et sortir, afin que nul ne soit induit en erreur à cause de lui, en voyant combien il est sans instruction et qu’il ne maîtrise pas sa langue.
Canon 82. — Qu’un évêque ne doit juger personne sans 2 ou 3 témoins dignes de foi§
Aucun évêque ne doit juger quelqu’un sans témoins, ni accepter un seul homme comme témoin contre quiconque ; mais le témoignage doit être établi par deux ou trois hommes, qui sont véridiques et n’ont aucun plaisir au mensonge. Si l’un d’eux a été auparavant impliqué dans une querelle, ils ne doivent pas recevoir son accusation. S’ils accusent quelqu’un après un long temps, ils reçoivent un grand châtiment : comment peuvent-ils présenter une affaire prescrite ?
Canon 83. — Au sujet d’un prêtre qui jure à propos d’une chose, là où il n’est pas permis de jurer§
Si un clerc prête un serment vain, il sera puni et châtié, afin qu’il s’abstienne de jurer. Si quelqu’un s’enhardit à jurer là où ce n’est pas nécessaire, et sans la vérité que le Christ a créée, il sera, s’il est un laïc, exclu. S’il est clerc, il sera déposé et les mystères lui seront interdits.
(f. 167 a).
Canon 84. — Si un médecin est ordonné, il ne doit plus tromper personne ; s’il est sculpteur, fondeur de bronze ou peintre, ils ne doivent plus fabriquer d’objets d’idolâtrie§
Si j’ordonne quelqu’un qui est médecin, il ne doit plus tromper personne, et s’il était sculpteur, fondeur de bronze ou peintre, ils ne doivent plus oser faire des idoles.
Canon 85. — Que les gens qui entretiennent des prostituées doivent y renoncer ou être tenus éloignés de l’Église§
Les gens qui entretiennent des prostituées doivent soit y renoncer, soit être tenus éloignés de l’Église.[^b85-1]
Canon 86. — Ce qu’un mourant donne à l’Église doit d’abord être remis à l’administrateur ou à l’évêque ; mais il ne doit rien lui être donné sur quoi repose l’impôt foncier§
Si quelqu’un sur son lit de mort souhaite donner son bien à l’Église, l’administrateur ou l’évêque ou le presbytre de l’Église doit l’accepter, s’il consiste en or ou en vêtements, en bronze ou en blé. Mais s’il possède quelque chose sur quoi repose l’impôt foncier ou la dîme, ils ne doivent pas le prendre : l’Église n’a pas le droit de posséder de telles choses, mais tout roi, prince et fonctionnaire doit être soumis à l’Église. Car vous savez, mes frères, que dans les premiers temps Joseph ne fit prélever aucune dîme sur les biens des prêtres, mais que leur terre était exempte de dîme, et qu’on les entretenait sur la maison du roi. Et pourtant, ces prêtres servaient les idoles et se tenaient dans les temples. Mais l’Église est le temple du Dieu vivant ; c’est pourquoi elle doit (f. 167 b) être exempte d’impôt foncier. Le prêtre du grand Roi doit prendre la dîme de l’autel, mais ne pas être le serviteur d’autrui, car le Seigneur a ordonné pour celui qui prêche l’Évangile, qu’il reçoive la dîme de l’Évangile. Le clerc ne doit absolument rendre aucune corvée : il ne doit y avoir aucun prétexte contre eux. Le clerc ne doit être soumis à aucun homme, pas plus que l’économe, afin qu’il ne soit pas chicané et humilié dans sa dignité par quelqu’un qui est au-dessous de lui.
Canon 87§
Un clerc ne doit faire aucun commerce ; mais ils doivent apprendre un métier, afin de vivre du travail de leurs mains.
Canon 88. — Au sujet d’un prêtre qui est déposé par son évêque et accueilli par un autre évêque§
Si un évêque dépose un clerc sur son siège et qu’un autre évêque l’accueille, bien qu’il connaisse sa situation[^b88-1], cet évêque doit être déposé, car il ne l’a fait que par chicane. Si en revanche il ne la connaissait pas, l’évêque reste irréprochable, mais le clerc est déposé, parce qu’il n’est pas resté irréprochable ; il doit être ordonné de nouveau.
Canon 89§
Nul ne doit devenir presbytre s’il ne comprend pas entièrement la langue des Écritures, particulièrement celle de l’Évangile.
Canon 90. — Sur l’insubordination du diacre envers le presbytre et de même de l’anagnoste§
Si un diacre s’oppose au presbytre, il sera puni par l’évêque (f. 168 a) jusqu’à 7 semaines, parce qu’il a été désobéissant. Si c’est le presbytre qui s’est conduit avec mépris, il sera frappé de la même peine que le diacre ; mais ce dernier ne sera pas blâmé. Si un anagnoste s’oppose au presbytre et n’obéit pas au presbytre, celui-ci a le droit de le punir sans l’évêque.
Canon 91. — Sur l’inimitié d’un clerc ou d’un laïc§
Si un clerc est en inimitié avec son semblable, un clerc, et que l’on apprend l’inimitié des deux, ils doivent être laissés à l’extérieur, jusqu’à ce qu’ils s’unissent dans la paix. Si des laïcs sont en inimitié et que le clerc l’apprend, les mystères ne doivent pas leur être donnés et aucune offrande d’eux ne doit être acceptée, jusqu’à ce qu’ils se réconcilient.
Canon 92. — Un jugement concernant un clerc n’appartient pas aux ἄρχοντες, mais à l’évêque et au premier presbytre, afin que ceux-ci le jugent selon le Canon§
Vous ne porterez aucune affaire judiciaire concernant un clerc devant les ἄρχοντες, mais devant l’évêque et le premier presbytre, afin que ces deux-là le jugent en la matière. Ce ne sont pas les ἄρχοντες qui jugent l’Église, mais c’est l’Église qui juge chacun.[^b92-1] [^b92-2]
Canon 93. — Si quelqu’un tombe dans le péché, le confesse et le regrette, il doit lui être porté secours et il ne doit pas y retourner§
Si quelqu’un tombe dans le péché et le confesse, il ne doit pas être traité durement, au point d’en avoir le cœur brisé ; mais au contraire, il doit lui être porté secours et être pris en traitement curatif par le clerc le plus ancien ou l’évêque, et être instruit à pleurer sur lui-même et sur ses premiers péchés.
(f. 168b)
Canon 94. — Qu’une église ne doit être construite qu’avec la permission de l’évêque§
Une église ne doit être construite qu’avec la permission de l’évêque. Si quelqu’un s’enhardit à le faire quand même, on ne doit jamais y offrir le sacrifice. Si un clerc s’enhardit à y offrir le sacrifice, il doit être déposé.
Canon 95. — Au sujet d’un évêque qui accepte un présent d’un presbytre ou d’un diacre et les laisse dans leur dignité, bien qu’une faute pèse sur eux§
Si un évêque accepte un présent d’un presbytre ou d’un diacre et les laisse dans leur dignité, bien qu’une faute pèse sur eux, cet évêque doit être exclu par le métropolitain, parce que les gardes ont vendu la résurrection du Seigneur pour un présent.[^b94-1]
Canon 96. — Sur l’ordonnancement du sacrifice§
Sur l’autel, un clerc ne doit dire que ce qu’il doit dire ; car Aaron, par crainte des anges, se fit des clochettes à ses vêtements, mais nous, nous devons employer pour nous-mêmes sur l’autel des psaumes à la place des clochettes d’Aaron.[^b96-1] La terre qui est balayée de l’autel doit être jetée dans l’eau d’un fleuve coulant.[^b96-2] Personne ne doit parler dans le chœur[^b96-3] ou tout autour de l’autel ; bien plutôt, un arbre doit être disposé pour eux en dehors de celui-ci, où ils mangent et distribuent le pain. Quand ils en viennent à distribuer le pain[^b96-4], le plus petit doit distribuer le pain, afin qu’aucun murmure ne s’élève dans le clergé ; et personne ne doit regarder qui le distribue (f. 169 a). Personne ne doit être envieux des autres. Les vêtements dans lesquels le sacrement est célébré ne doivent pas sortir de l’église, mais rester aux endroits où se trouvent ces objets ecclésiastiques, et aux endroits où se trouvent les saintes Écritures. Les vêtements qui conviennent au sacerdoce ou qui sont liés à l’autel doivent être blancs, non teints de couleurs. Ils doivent descendre jusqu’à leurs pieds et passer par-dessus leurs épaules, n’étant ni trop doux ni trop fins. Personne ne doit porter de chaussures à l’intérieur du chœur, et personne ne doit cracher près de l’autel, à moins que ce ne soit une nécessité urgente en raison d’une maladie. Car il est écrit dans la loi de Moïse, le Seigneur lui disant : « Retire tes souliers de tes pieds, car le lieu où tu te tiens est sanctifié ! »
Canon 97. — Des saints mystères§
Lorsqu’ils commencent à célébrer les mystères, qu’ils ne le fassent pas dans le trouble, mais qu’ils attendent que toute l’assemblée soit réunie : tant qu’ils entrent, qu’on lise des psaumes. Puis, lorsque l’assemblée est réunie, que l’on fasse lecture des Apôtres, puis des Prophètes et de l’Évangile. Si les diacres lisent bien, qu’ils lisent les psaumes, et si les prêtres lisent bien, qu’ils lisent l’Évangile. S’ils ne lisent pas bien, que les anagnostes les plus anciens lisent les psaumes, et les diacres l’Évangile. Seul un diacre ou un prêtre doit lire l’Évangile dans l’Église catholique ; nul ne doit outrepasser sa dignité. Si des gens étudient dans une maison, au point même de lire l’Évangile, qu’ils soient réprimandés par le prêtre (f. 169 b) ; si c’est absolument nécessaire, que l’on ne le blâme pas.
Quand ils ont fini avec l’Évangile, l’évêque, s’il est présent, doit saisir l’Évangile de sa main et prêcher à l’assemblée sur les passages qui ont été lus. S’il n’y a pas d’évêque présent, mais que le prêtre est instruit, que celui-ci parle, mais sans poser la main sur l’Évangile. Ensuite, une prière doit être dite, qui corresponde au passage de l’Évangile, et l’on doit prier ensuite pour toute l’Église selon ses ordres, pour les rois et les grands, pour la prospérité des fruits, pour les malades de l’assemblée et pour ceux qui se trouvent à l’étranger, et puis pour la foi et pour la paix. Lorsqu’ils ont fini avec cela, les catéchumènes doivent être renvoyés. Après leur renvoi, il doit ordonner à tous de s’embrasser les uns les autres. Les hommes doivent s’embrasser entre eux, et de même les femmes. Ensuite, le diacre doit dire[^b97-1] : Que chacun se tienne ainsi à sa place ! Le prêtre dit : Le Seigneur soit avec vous tous ! Ils disent : Et avec ton esprit ! — Que l’assemblée élève ses cœurs vers le haut, vers Dieu ! Ils disent : Nous les avons ici auprès de lui. Après cela, il dit : Nous te rendons grâce, Seigneur ! Elle dit : Tu en es digne, toi le Juste. Sur ce, il commence une prière appropriée, telle que nous l’ont enseignée nos pères, les apôtres. Si c’est dans un μαρτύριον, c’est-à-dire un lieu de martyrs, et qu’il n’y a pas une grande assemblée de présente, une courte prière qu’il sait par cœur suffit. S’il s’agit d’une église catholique et que les hautes prières (offices divins) sont célébrées, que personne ne sorte après la lecture de l’Évangile, mais seulement après avoir reçu les offrandes, à moins d’y être contraint. Quand ils disent la première ὁμολόγησις, le diacre doit ordonner à ceux qui sont assis de se lever, de tourner leur visage vers l’orient et d’être attentifs à la sanctification. Lorsque les prières et toutes les prescriptions sont entièrement accomplies (f. 170 a), les prêtres doivent confesser la Trinité et l’ensemble de l’assemblée doit prononcer la confession à voix haute. Puis le prêtre doit dire, par la bouche du premier diacre : « Que celui qui est pur s’approche des mystères ; mais que celui qui n’est pas pur ne s’approche pas, afin de n’être pas consumé par le feu de la divinité. Quiconque a une dette envers son prochain, quiconque a des pensées impudiques, quiconque est ivre de vin, qu’il ne force pas le passage, mais qu’il s’en purifie, et ainsi de suite. » C’est ainsi que l’assemblée qui communie doit être préparée. Que personne ne soit hypocrite, que personne non plus ne soit trop pressé lors des mystères. Ceux qui chantent des psaumes à l’autel ne doivent pas chanter avec volupté, mais avec sagesse : ils ne doivent chanter rien d’autre que des psaumes. Si quelqu’un dit quelque chose qu’ils ont fait seuls ou entendu d’autres, cela n’est pas écrit chez les apôtres[^b97-2], et ils doivent être exclus. Si un anagnoste fait la lecture de livres étrangers, ils souillent les oreilles de l’assemblée et doivent être exclus[^b97-3]. L’assemblée doit répondre avec force après tous les psaumes. Si quelqu’un est malade de son corps, de sorte qu’il répond après eux, aucune faute ne repose sur lui ; mais s’il est en bonne santé et se tait, qu’on le mette à l’écart : il n’est pas digne de la bénédiction.
Les prêtres qui communient au corps du Christ[^b97-4], et les diacres et toute l’assemblée avant eux, doivent veiller à ce que rien des mystères ne tombe à terre et qu’ainsi un jugement ne repose sur eux. Les sous-diacres doivent se tenir là et surveiller attentivement. Ils doivent ordonner à l’assemblée de ne pas parler et de communier avec une grande dévotion. Les diacres qui s’occupent des calices doivent éventer au-dessus de la sainte table avec… ( ?) et des éventails. S’il n’y a pas de diacres pour les coupes, les sous-diacres doivent aussi s’occuper des choses sublimes (f. 170 b). Celui qui fait communier au corps doit dire : « Ceci est le corps du Christ, qu’il a livré pour nos péchés » ; et celui qui y communie, qu’il dise : « Amen ». De même, celui qui fait communier à la coupe doit dire : « Ceci est le sang du Christ, qu’il a versé pour nous » ; et ils disent : « Amen ». Une fois les mystères terminés, le prêtre prononce l’εὐχαριστία pour lui-même et pour l’assemblée, en rendant grâce pour avoir été jugés dignes de participer à ce grand mystère, etc. Puis le prêtre ordonne qu’ils inclinent la tête, fait de sa main un signe au-dessus d’eux sur chaque dignité, les bénit et les renvoie alors en paix. Afin qu’ils ne profanent pas la bénédiction, que personne ne sorte avant l’action de grâce. Pendant les mystères, ils doivent lire jusqu’à ce que le dernier ait communié. Quand ils ont dit la dernière action de grâce, ils ne doivent pas laisser la coupe sans surveillance, c’est-à-dire qu’ils doivent se garder des gens qui ne sont pas dignes de fréquenter l’église et qui ensuite tiennent le sacrement tout entier, bien qu’ils ne méritent pas la bénédiction des mystères.
Canon 98. — Dispositions sur le pain ; sur la prudence de celui qui porte les mystères§
Les diacres qui préparent les offrandes et les apportent doivent veiller sur le pain rompu, s’il date de la veille, s’il est brûlé ou s’il a un défaut, afin de ne pas commettre de péché. Car ces mystères ressemblent à l’agneau qui fut immolé au temps des Hébreux en Égypte. À propos de cet agneau, il est ordonné[^b97-5] de n’en prendre aucun qui ait un défaut ou une tare. Comment pourrait-il donc en être de même pour le pain qu’ils préparent (f. 171a) selon les prescriptions pour le mystère ? Il est dit[^b97-6] : « Vous ne le mangerez pas cuit à l’eau, mais rôti au feu ! » Il en résulte que tout mystère que les hérétiques présentent n’a rien à voir avec notre mystère. « Mangez-le rôti », cela signifie : le feu spirituel, le baptême, doit avoir purifié celui qui jouit du mystère en tant que parfait. Il est dit[^b97-7] : « Mangez-le dans une seule maison et n’emportez aucun de ses os hors de la maison ! » Or, nous n’emportons absolument pas le mystère hors de l’église pour le donner à quelqu’un ; ce n’est qu’en cas de danger de mort que nous donnons à quelqu’un des mystères. Il est dit en outre[^b97-8] : « Mangez-le, les reins ceints, vos bâtons à la main et vos sandales aux pieds ! » Cette parole se rapporte aux membres du cœur. Chez celui qui est dévot, les reins du cœur sont ceints de piété, dans sa main se trouve le bâton de la foi, et ses pieds sont dans les sandales du salut[^b97-9]. Aucun étranger[^b97-10] ni incirconcis ne doit s’approcher pour manger la Pâque. C’est pourquoi personne qui n’a pas encore reçu le baptême, aucun qui nous est étranger et aucun catéchumène qui n’a pas encore obtenu la perfection ne doit rester pour voir la grande joie. Il est dit[^b97-11] : « Pendant sept jours, vous mangerez des pains sans levain avant que l’agneau ne soit mangé ! » Malheur à nous, car cette parole est pleine de honte pour nous. S’il est ordonné que le pain d’affliction soit mangé 7 jours avant l’agneau, cet animal dépourvu de raison est donc fait préfiguration. Qu’adviendra-t-il de nous, quel châtiment frappera celui qui se présente avec frivolité devant l’agneau parfait, le Christ, si nous n’avons pas éloigné de nous le levain de la méchanceté, c’est-à-dire la fornication, l’amour de la grande possession, la haine, la violence et le vol ? Pleurons sur elles, avant de nous approcher des mystères pleins d’impureté.
(f. 171b). Afin de ne pas nous attarder trop longtemps sur l’agneau et de ne pas passer ainsi sous silence les autres chapitres sur les mystères, retournons à l’agneau parfait et sans défaut, le Christ, et achevons de parler à son sujet.
Canon 99. — Comment les mystères doivent être célébrés§
Lorsque le presbytre dit : « Quand notre Seigneur vint pour accomplir le grand et merveilleux mystère », il prend un pain de sa main sanctifiée, et le presbytre fait en même temps une croix, met ses doigts en contact avec le pain et signe le pain. Quand il dit : « qui fut rompu », il est aussi rompu au même instant. Il doit cependant le rompre doucement en morceaux, de sorte que personne ne l’entende. Lors de la fraction, rien ne doit en tomber à terre. Si le presbytre a besoin d’un diacre pour distribuer avec lui, le diacre doit se tenir à sa droite et, tandis que le presbytre le signe de la croix, le rompre en morceaux sur l’ordre du presbytre ; en revanche, le diacre n’a pas le pouvoir de le signer de la croix ou de le donner aux personnes concernées. Ensuite, on doit regarder combien de membres de la communauté sont là : s’ils sont nombreux, on doit apporter trois pains, en correspondance avec la sainte Trinité ; s’ils ne sont pas nombreux, on doit en apporter un, en correspondance avec l’unique Divinité.
Ceux qui font communier au calice doivent être instruits de ne pas y verser trop d’eau, pas plus d’un tiers ; s’il y a de nombreux ustensiles ( ?) sur le lieu de la préparation, un dixième suffit. Mais on ne doit pas apporter de vin pur, car Jésus-Christ a dit [^b99-1] : « Non par l’eau seulement, mais par l’eau et par le sang ». Et nous savons que, lorsque le côté du Logos divin Jésus-Christ fut percé, il en sortit du sang et de l’eau. Quant à la coupe, nous ne savons (f. 172 a) que la même chose. Si quelqu’un fraude la règle et fait ce qui est illicite, il doit être dépouillé de sa dignité pour toujours et il ne doit jamais rien lui être confié dont il puisse se jouer.
Si l’Église possède quelque chose, les mystères doivent être préparés à partir de cela, afin qu’ils trouvent le moyen de préparer dignement ce dont on a besoin à partir des prémices apportées aux prêtres. Si l’Église ne possède rien, on doit dire : les prémices n’ont pas été apportées ; alors ils sont purs. Des prémices du vin, on doit en verser dans la coupe, et l’on doit veiller : si le vin est suffisamment… ( ?), [^b99-2] il doit être entièrement utilisé pour le sacrifice. Ceux qui… ( ?) une bouche pleine du communiant… ( ?).[^b99-3] Sur chacun d’eux il doit y avoir une croix ; pareillement à la croix sur laquelle le Corps fut crucifié, d’où s’écoula le sang, il doit aussi être crucifié sur la coupe. Si ceux qui font communier à la coupe remarquent que la communauté s’en va, ils doivent verser dans la coupe de droite et la laisser, afin qu’elle soit donnée à la communauté. Mais l’un d’eux doit veiller et faire en sorte que rien ne reste dans la coupe. S’il en reste un peu, tous les diacres qui se tiennent à la table doivent en communier.
Canon 100. — Qu’aucun presbytre ne consacre le calice§
Aucun presbytre ne doit consacrer le calice, afin qu’ils soient attentifs à la charge. Mais on leur laissera du pain pour trois ou quatre hommes, afin qu’ils ne tombent pas en défaillance (f. 172 b). Ceux qui versent le vin ( ?) dans le calice, on les exhortera à ne pas le remplir jusqu’en haut, jusqu’au bord, afin que rien ne soit renversé sur le sol. Mais celui qui veut être privilégié au calice, par injustice honteuse ou parce qu’il le considère comme une nourriture corporelle, doit se souvenir de la perdition qui s’abattit sur les fils d’Éli, parce qu’ils s’emparaient sans respect de la viande sacrificielle, dans l’opinion qu’elle était charnelle ; qu’ils se souviennent du destin de Balthazar, lequel périt lorsqu’il but du vin dans les vases de la maison de Dieu ; qu’ils pensent en outre aussi aux fils de Coré, et à Dathan et Abiram, contre lesquels la terre ouvrit sa bouche et les engloutit.
Tels sont les paragraphes qui sont pour nous les meilleurs, tels qu’ils nous ont été enseignés par nos Pères, les Apôtres.
Canon 101. — La liturgie du baptême. i)§
Lorsqu’ils se préparent à organiser un baptême, ils doivent exhorter les catéchumènes à jeûner toute la semaine avant le baptême. Le vendredi soir, ils doivent venir à l’église et y passer toute la nuit, pendant laquelle on leur fait la lecture jusqu’au chant du coq ; et plus précisément, on doit leur lire dans les Écritures ce qui se rapporte au baptême. Ensuite, ils doivent prier sur l’eau et dire :
Canon 102. — Prière sur l’eau§
Nous t’implorons humblement, ô Dieu, qui contiens tout, Père et[^b102-1] Logos, toi l’Immortel, qui pour nous es mort, toi qui as été engendré avant toute créature, toi qui (f. 173 a) à la fin des temps es apparu de la Vierge Marie et, baptisé par Jean, as sanctifié l’eau par ton bain, envoie ton Esprit Saint, qui descendit sur toi au Jourdain, sur cette eau, afin que quiconque y sera baptisé soit purifié du premier… ( ?) et soit pur de la souillure du corps, de l’âme et de l’esprit. Donne-leur un cœur nouveau et remplis-les de ton Esprit Saint, afin qu’ils soient pour toi de fidèles serviteurs, car tu as brisé le Diable sous leurs pieds,[^b102-2] afin qu’ils puissent marcher sur lui dans la nouvelle naissance, par ton bon Fils, par qui la louange te revient en communion avec lui et avec le Saint-Esprit jusque dans l’éternité des éternités ! Amen.
Pendant tout ce temps, il verse constamment de l’huile ordinaire, appelée huile de l’eucharistia, sur l’autel. Il ne doit pas la laisser disparaître de la surface de l’autel, mais ce dont on a besoin pour le baptême doit être versé dessus. De même, il doit préparer une autre huile fraîche, appelée huile de l’exorcisme, au moment où l’on en a besoin, la verser dessus et dire :
Canon 103. — Prière de l’exorcisme[^b103-1][^b103-2]§
Seigneur, Dieu dans le ciel, toi qui as ruiné le culte des idoles et anéanti toute la puissance du Diable, nous te supplions au sujet de cette huile, afin qu’elle soit extraite de cet olivier duquel provient la bonne huile, afin qu’elle soit une huile qui chasse les esprits impurs et qui, de quiconque en est oint, expulse toutes les pensées du corps et de l’esprit, purifie nos maladies et fait cesser nos douleurs (f. 173 b). Qu’elle méprise toute résistance du Diable, afin qu’ils trouvent un chemin pour te vénérer, te servir et se souvenir de toi, la parfaite Trinité, jusque dans l’éternité des éternités ! Amen.
Après quoi, que l’huile de l’exorcisme soit mise de côté et qu’une autre huile soit apportée ; sur laquelle on prie alors ainsi :
Canon 104. — Prière sur l’huile du chrême§
Nous t’implorons et te prions, ô Seigneur, Dieu, qui contiens tout, et nous prions avec ferveur ton Fils, qui est aimé de toi, le véritable Seigneur, l’Immortel, la Lumière qui n’a pas de fin et en laquelle il n’y a point de ténèbres, [^b104-1] qui n’est obscurcie par aucun mal — mais nous ne la connaissons que par son Fils bien-aimé, de qui elle provient, et par le Saint-Esprit — qui est venu dans le monde pour racheter notre genre — nous implorons ta divinité dans le ciel, d’envoyer ton Saint-Esprit sur cette huile ou cette graisse, le pardon des péchés, l’huile du don précieux, l’huile dont l’excellence anéantit l’idolâtrie, le fléau qui chasse les satans, afin que quiconque en est oint soit rempli de la force du Saint-Esprit, reçoive la force de l’âme et du corps, et que de nombreuses années lui soient ajoutées. Remplis-le de savoir et de sagesse et rends-le parfait dans la grâce. Remplis-le d’intelligence spirituelle, afin qu’il comprenne ta parole et tes mystères. Accorde-lui le pardon de ses premiers péchés : car tu as la grâce, et l’amour pour la chair vient de toi. Louange soit à toi et à ton Fils bien-aimé et au Saint-Esprit pour l’éternité des éternités ! Amen.
Après la fin de cette prière, tu dois appeler les catéchumènes, te placer derrière eux et prier sur eux. S’il n’y a qu’une seule personne qui veut être baptisée, on doit prier sur elle seule ; s’ils sont (f. 174 a) nombreux, on doit prier sur plusieurs ; et ce, de la manière suivante :
Canon 105. — Prière pour les catéchumènes§
Au nom du Seigneur, nous conjurons tout esprit impur en toute action et toute φαντασία, toute créature passagère et toute force vaine, et toute force qui est οἰκεία ( ?) au Calomniateur ; nous vous conjurons par le plus grand Nom, qui est au-dessus de tous les noms, plus élevé que tous les Chefs, toutes les Puissances et toutes les Seigneuries, auquel sont soumises les armées des anges et les princes des anges, les Chérubins et les Séraphins, devant lequel la création tout entière se prosterne en adoration, et aux ordres duquel personne ne peut résister ni s’opposer. Nous vous conjurons de vous retirer de l’homme qui sera oint de cette huile et baigné dans cette eau, afin qu’ils puissent servir le Seigneur seul tous leurs jours. Car à lui appartiennent la louange et la puissance jusque dans l’éternité des éternités ! Amen.
Ensuite, le catéchumène doit tourner son visage vers l’Occident et renoncer au Diable par les paroles suivantes : Je te rejette, Diable, je rejette ta φαντασία, je rejette tous tes instruments, je rejette toute ta servitude satanique[^b105-1], je rejette toutes tes œuvres, je rejette toute sorcellerie, je rejette toute ta puissance satanique, qui consiste en l’erreur.
Quand tu as fini, prends l’huile de l’exorcisme dans ta main gauche, fais se tenir les catéchumènes à ta droite et oins-les. Après l’onction, ils doivent tourner leur visage et dire ainsi : Je confesse le Père, par qui la création tout entière a été appelée à l’existence ; et je confesse le Fils de Dieu, que la Vierge a enfanté selon la chair, qui est mort pour nous, est ressuscité le troisième jour, est monté au ciel (f. 174 b) à sa gloire première et est assis à la droite du Père, lui-même qui viendra aussi lors de sa seconde apparition, afin de juger les vivants et les morts ; et nous croyons en l’Esprit Saint, qui est dans la sainte Église universelle et apostolique[^b105-2].
Ensuite, le presbytre doit les marquer du signe de la croix. L’évêque doit marquer l’eau du signe de la croix et verser de l’huile dans le H^DD^D ( ?), de l’huile du χάρισμα[^b105-3], et verser de l’eau par trois fois au nom de la Trinité, afin qu’elle soit préparée pour le baptême des catéchumènes. L’ἀρχιδιάκονος, cependant, doit interroger ainsi le catéchumène : Crois-tu en la divinité une en trois personnes ? Ils doivent dire : Nous croyons en vérité. Ils doivent continuer en leur disant : Croyez-vous, deuxièmement, au Verbe, qu’il a fait pour nous (ou : qu’il a agi pour nous ?) et qui pour nous a revêtu un corps ? Ils doivent dire : Nous croyons et nous confessons. Il doit les interroger pour la troisième fois : Croyez-vous en la résurrection du Verbe, qu’il a fait ressusciter sa chair d’entre les morts et qu’il ressuscitera tout corps au dernier de ces jours ? Ils doivent dire : Nous croyons tout cela en vérité. Ainsi doivent-ils immerger les catéchumènes par trois fois au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit : personne ne doit être baptisé avant d’avoir fait cette confession. S’il est adulte, qu’il confesse pour lui-même ; si c’est un enfant, que ses parents parlent pour lui. S’il n’a ni père ni frère, que des parents parlent pour lui. S’il n’est pas un homme ( ? si personne n’est là ?) et qu’aucun étranger ne parle pour lui, l’Église se portera garante pour lui et il sera son fils. Si l’on ne trouve rien dans quoi on puisse immerger, il doit recevoir trois poignées d’eau sur sa tête au nom de la Trinité (f. 175 a), et il doit verser de l’eau sur sa tête et sur tout son corps et le laver. Ensuite, il doit être oint avec le χρίσμα, qui est l’huile de l’εὐχαριστία[^b105-4]. Il doit procéder à l’onction de la manière suivante : il oindra son front, sa tête, la paume de sa main, ses épaules, ses deux coudes, toutes les articulations de son corps, ses deux oreilles, ses deux yeux, son nez et sa langue et dira ainsi : C’est l’onction qui ne disparaît pas, l’onction de la vie éternelle, l’onction du don de l’Esprit Saint, l’onction du gage du royaume des Cieux.
Lorsqu’ils ont terminé de marquer du signe de la croix, comme nous l’avons dit précédemment, ils doivent oindre son corps tout entier avec l’huile, et l’évêque doit se tenir là et prier ainsi sur les catéchumènes :
Canon 106. — Prière après le baptême§
Seigneur du Ciel, Dieu immortel, éternel, toi qui as rendu tes serviteurs dignes de ce grand don par le bain de la régénération et les as remplis de la lumière de ton Saint-Esprit[^b106-1] : remplis-les de ta crainte, afin qu’ils te craignent. Ôte-leur ce cœur de chair et donne-leur un cœur nouveau. Délivre-les des méchancetés et des filets de leurs ennemis, afin qu’ils puissent te servir tous les jours de leur vie, en te servant en toute pureté, comme toute ta communauté, par notre Seigneur Jésus-Christ, par qui la louange t’est rendue avec lui et le Saint-Esprit, pour les siècles des siècles ! Amen.
Une fois la prière achevée, il dit aux baptisés :
Le Seigneur soit avec vous ! Ils répondent et disent : Et avec ton esprit. Puis ils invitent les néophytes à apporter les offrandes. Ainsi communient-ils pour la première fois devant la communauté et rendent abondamment grâce pour ce grand honneur et cette grâce qui leur a été accordée. C’est là le vêtement sacré, dont il est dit à Jean[^b106-2] : « Je leur donne le vêtement de vie, sur lequel est écrit un nom nouveau, que nul ne connaît, sinon celui qui le reçoit. »
Ici s’achèvent les canons du saint Basile. Dans la paix du Seigneur.
#### Notes de l’édition
[^bintro-1]: § 7 p. 122.
[^bintro-2]: Au c. 11, il y a majmaʿ, au 20e al-majmaʿ : ces mots signifient d’ordinaire toujours « synode ». La traduction « église » ne serait pas tout à fait impossible, mais elle ne convient pas non plus aux passages concernés.
[^b1-1]: Cf. Hippolyte, C. 1.
[^b1-2]: Cf. p. 212, n. 4.
[^b1-3]: Jn 16, 15.
[^b2-1]: 1 Jn 3, 6.
[^b2-2]: Rm 13, 8.
[^b2-3]: 1 Co 6, 9. 10.
[^b2-4]: 1 Co 6, 15.
[^b2-5]: Ep 4, 18.
[^b2-6]: ou : d’une des manières impures.
[^b2-7]: 1 Co 3, 16.
[^b2-8]: Mt 19, 9.
[^b2-9]: Ep 5, 12.
[^b2-10]: προσωπολημπτεῖν.
[^b2-11]: Mt 5, 21. 22.
[^b4-1]: Canon 3—19.
[^b7-1]: En grec probablement παλλακὴ βουλὴ) cf. Hippolyt Canon 16.
[^b12-1]: Cf. les 4e et 60e canons grecs de Basile (MSG 32 col. 674 et 731 ; Justellus p. 1080 ; Hefele, Beiträge I p. 60. Const. Apost. III 2).
[^b15-1]: Ou : « offrir des garanties ? »
[^b16-1]: Cf. 1 Co 7, 12 ss.
[^b16-2]: Cf. 1 Co 7, 14.
[^b17-1]: Le texte allemand omet l’appel de note, qui semble correspondre à la référence `1) 1 Kor 7, 14.` fournie par l’éditeur. D’après le contexte, nous l’avons placé ici. 1 Co 7, 14.
[^b17-2]: Lv 20, 18-20.
[^b22-1]: Canon 20—27.
[^b26-1]: 1 P 3, 4.
[^b26-2]: Le texte original comporte ici une lacune ou un passage illisible, indiqué par l’éditeur.
[^b27-1]: 1 Co 11, 14.
[^b28-1]: 1 Th 5, 17.
[^b28-2]: He 12, 12 ; Is 1, 15.
[^b30-1]: Is 58, 3.
[^b31-1]: Is 58, 4.
[^b31-2]: Const. Apost. VIII 42, et Cotelerius sur ce passage ; Canones des Clemens § 17.
[^b31-3]: 1 Tm 1, 6 ; 6, 20.
[^b31-4]: Pr 6, 27-28.
[^b33-1]: Mt 5, 28.
[^b34-1]: 2 R 1, 3-4.
[^b34-2]: Jc 5, 14-15.
[^b34-3]: Cf. p. 12.
[^b35-1]: Confusion entre τόπος et σκότος ? Mt 22, 13.
[^b35-2]: Jl 3, 4.
[^b36-1]: Mt 6, 24.
[^b36-2]: νόμος.
[^b36-3]: τόπος.
[^b36-4]: 1 Tm 5, 9.
[^b36-5]: 1 Tm 5, 6.
[^b36-6]: 1 Tm 5, 11.
[^b36-7]: Déjà le copiste de notre manuscrit n’a plus compris le mot, mais l’a repeint mécaniquement.
[^b36-8]: 1 Co 7, 34.
[^b36-9]: Dt 31, 20 ; 32, 15.
[^b36-10]: 1 Tm 5, 3-5.
[^b36-11]: Pr 19, 15.
[^b36-12]: La proposition finale est probablement une transition vers ce qui suit.
[^b36-13]: En grec, probablement θέατρον.
[^b36-14]: Dans les phrases suivantes, beaucoup de choses me sont restées obscures ; je donne donc la traduction avec la plus grande réserve.
[^b39-1]: ou « Judas ? » Jn 12, 6.
[^b43-1]: Cf. le 17e canon grec des Apôtres.
[^b43-2]: Cf. le Physiologus à l’article Colombe et Tourterelle et les commentaires des Pères de l’Église sur Ct 2, 10 etc.
[^b44-1]: Ainsi le ms. Cf. ci-dessus p. 238.
[^b46-1]: Cf. Const. Apost. VIII, 4.
[^b46-2]: Παντοκράτωρ.
[^b46-3]: On notera qu’en arabe le mot pour « ordonner », qassama, signifie aussi « distribuer ». Ce développement semble donc reposer sur un jeu de mots arabe.
[^b46-4]: ἀντίδικος.
[^b46-5]: Cf. Jn 20, 22.
[^b46-6]: La sœur de son père ?
[^b49-1]: Cf. Can. apost. 77. 78.
[^b51-1]: Cf. le 77e canon grec des Apôtres.
[^b52-1]: Cf. Can. Apost. 51. Tit. 8, 45.
[^b54-1]: Texte : devient nu.
[^b55-1]: Cf. Can. Hipp. 32 (p. 220).
[^b55-2]: Cf. le 51e canon des Apôtres.
[^b55-3]: 1 Co 12, 13.
[^b56-1]: Dt 13, 6 ; 1 Co 5, 13.
[^b57-3]: Cf. Can. Ap. 57.
[^b58-1]: D’après le Testament du Seigneur, le chrétien ne doit ni prendre d’intérêts, ni prêter à intérêt ; car notre Seigneur condamne la cupidité. Le prêt à intérêt est une invention de la cupidité des païens.
[^b64-1]: Cf. le 44e des canons grecs des Apôtres.
[^b69-1]: Cf. Can. Ap. 73.
[^b69-2]: Gn 20, 16 ® ravra tarat aot ßle rt/^i^v rov TtpoaeoTtov aov…, ual Ttdvra dXrjd’tvaov, [^b85-1]: Dans le registre de nos canons, le passage est formulé ainsi : « il ne doit plus circoncire personne. »
[^b88-1]: οἰκονομία,
[^b92-1]: Mt 6, 23-24.
[^b92-2]: 1 Co 6, 1 ss.
[^b94-1]: Cf. Mt 28, 12-15.
[^b96-1]: Ex 28, 12.
[^b96-2]: Can. Hipp. 29 (p. 219).
[^b96-3]: Can. Hipp. 19, 7 (p. 211).
[^b96-4]: Cf. Stern, « Kopten », p. 24.
[^b97-1]: Cf. Bunsen, Analecta III p. 38, 214.
[^b97-2]: 1 Co 14, 15. 26 ; Ep 5, 19 ; Col 3, 16 ; Jc 5, 13 ; cf. le 59e canon de Laodicée.
[^b97-3]: Cf. le 60e canon de Laodicée.
[^b97-4]: Ou « qui font communier ».
[^b97-5]: Ex 12, 10.
[^b97-6]: Ex 12, 9.
[^b97-7]: Ex 12, 46.
[^b97-8]: Ex 12, 11.
[^b97-9]: Ex 12, 43.
[^b97-10]: Ep 6, 15.
[^b97-11]: Ex 12, 15.
[^b99-1]: 1 Jn 5, 6.
[^b99-2]: Le mot omis signifie : « bout » ; mais le scribe lui-même y a déjà trouvé à redire.
[^b99-3]: La phrase doit traiter du versement du vin dans des récipients plus petits ; les détails me sont inintelligibles.
[^b102-1]: Cf. Wansleben p. 203 et suiv.
[^b102-2]: Rm 16, 20.
[^b103-1]: Rm 16, 20.
[^b103-2]: Abu IBarakSt : Sur la prière qui est dite sur l’huile de l’exorcisme. E.B. Ceci est l’εὐχέλαιον ( ?… ελαίον) ; dans l’Église copte d’Égypte, l’usage s’est établi qu’il soit préparé avec le μῦρον lors de la cuisson et que la prière soit également dite sur lui en même temps que sur celui-ci. Ceci est singulier.
[^b104-1]: Cf. Jn 1, 5. 9.
[^b105-1]: πομπή.
[^b105-2]: 1 Jn 1, 5 ; 1 Tm 1, 16.
[^b105-3]: Ainsi le manuscrit : modimh^m nn ; originellement bien sûr χρίσμα ; cf. C. 105, Wansleben p. 86 et suiv. ; 1 Jn 2, 27.
[^b105-4]: Cf. C. 104 p. 280 n. 1 et Denys, de hierarch. eccl., c. II p. 254 (Bingham IV 318).
[^b106-1]: Ep 1, 14 ; 2 Co 1, 21. 22.
[^b106-2]: Jn 16, 15.
