Le Pasteur d’Hermas
- 1 — Introduction
- 2 — Références
- 01 — Texte
- 02 — Chapitre I
- 03 — Vision I
- 04 — Vision II
- 05 — Vision III
- 06 — Vision IV
- 07 — Révélation V
- 08 — Précepte I
- 09 — Précepte II
- 10 — Précepte III
- 11 — Précepte IV
- 12 — Précepte V
- 13 — Précepte VI
- 14 — Précepte VII
- 15 — Précepte VIII
- 16 — Précepte IX
- 17 — Précepte X
- 18 — Précepte XI
- 19 — Précepte XII
- 20 — Similitu des qu’il m’exposa
- 21 — Similitu de I
- 22 — Autre similitude [II]
- 23 — Similitu de III
- 24 — Autre similitude [IV]
- 25 — Autre similitude [V]
- 26 — Similitu de VI
- 27 — Similitu de VII
- 28 — Similitu de VIII
- 29 — Similitu de IX
- 30 — Similitu de X

Le Pasteur d’Hermas
Hermas · 02 juin 2026 · 179 min de lecture · 118 vues
Introduction§
Le Pasteur d’Hermas est un écrit chrétien du IIᵉ siècle, généralement situé à Rome vers le milieu du siècle. Le texte a exercé une autorité réelle dans plusieurs milieux chrétiens anciens : Irénée, Clément d’Alexandrie, Origène et Tertullien l’ont tenu pour inspiré ou lui ont reconnu une autorité doctrinale importante, tandis que le Canon de Muratori ne l’a pas retenu comme livre canonique et que le Décret de Gélase le classera plus tard parmi les apocryphes.1 Cette réception ancienne explique la situation particulière de l’œuvre : elle n’appartient pas au Nouveau Testament canonique, mais elle a longtemps été lue comme un texte ecclésial de haute valeur ascétique et pastorale.
Dans la tradition alexandrine et, plus largement, dans l’histoire copte orthodoxe, la réception du Pasteur d’Hermas s’est précisé rapidement. Saint Athanase d’Alexandrie, dans sa Lettre festale 39 de 367, distingue les livres canoniques des autres livres « établis par les Pères pour être lus » par ceux qui désirent recevoir une instruction dans la piété ; parmi ces textes de lecture ecclésiale et catéchétique, il mentionne explicitement le Pasteur.2 Cette distinction est essentielle : elle permet de reconnaître l’importance spirituelle et pédagogique de l’œuvre sans lui attribuer le statut de livre biblique canonique.
Le contexte manuscrit confirme cette réception nuancée. Le Pasteur figure dans le Codex Sinaiticus, grand témoin biblique grec du IVᵉ siècle, à côté de l’Épître de Barnabé, après les livres de l’Ancien et du Nouveau Testament.3 Pour l’Égypte chrétienne, la recherche récente signale une réception proprement copte : le texte a été traduit en copte akhmimique et sahidique, mais les témoins conservés sont peu nombreux et très fragmentaires.4 Dan Batovici souligne que les témoins coptes connus ne prouvent pas une circulation séparée des quatre premières Visions par rapport au reste de l’ouvrage ; il envisage aussi que certains fragments aient pu appartenir à un codex multiple, éventuellement comparable par sa logique de rassemblement à de grands pandectes comme le Sinaiticus.4
Le Pasteur d’Hermas est donc un témoin ancien de la spiritualité chrétienne de la pénitence, du combat contre les passions, de la pureté du cœur, du discernement spirituel, du jeûne et de la responsabilité ecclésiale. Ces thèmes sont en forte résonance avec la tradition ascétique copte.
Références§
Irénée, Clément d’Alexandrie, Origène, Tertullien, Canon de Muratori, Décret de Gélase et tradition manuscrite : synthèse figurant dans le PDF source fourni par l’utilisateur, Le Pasteur d’Hermas, p. 1.
Athanase d’Alexandrie, Lettre festale 39, § 7, année 367 ; traduction anglaise de R. Payne-Smith dans Nicene and Post-Nicene Fathers, Second Series, vol. 4, éd. Philip Schaff et Henry Wace, Buffalo, Christian Literature Publishing, 1892 ; édition en ligne New Advent.
Codex Sinaiticus Project, notice et visualisation du manuscrit : le menu du manuscrit comporte le Shepherd of Hermas à la suite des livres bibliques et de Barnabas.
Dan Batovici, « Some Observations on the Coptic Reception of the Shepherd », COMSt Bulletin, 3/2, 2017, p. 81-96.
