L’Hérésie du salut en un instant
Par Sa Sainteté le pape Chenouda III, 117ᵉ patriarche d’Alexandrie
- 01 — Préface et introduction
- 1.1 — Préface
- 1.2 — L’importance de la doctrine et de son enseignement
- 02 — Chapitre I — Histoire de l’hérésie du salut en un instant et ses dangers
- 2.1 — Histoire de cette hérésie
- 2.2 — La gravité de cette hérésie
- 2.3 — Le baptême
- 2.4 — La repentance
- 2.5 — Le sacrement de l’onction
- 2.6 — Les sacrements sont des expériences
- 2.7 — La filiation divine
- 2.8 — Le salut
- 2.9 — Confusion !
- 2.10 — Une tentative de justification
- 03 — Chapitre II — Le baptême et la repentance, et leur nécessité pour le salut
- 3.1 — La nécessité du baptême pour le salut
- 3.2 — Le salut s’obtient-il par une parole ? !
- 3.3 — L’eau est-elle la Parole ? !
- 3.4 — C’est de l’eau réelle
- 3.5 — La foi et le baptême des enfants
- 3.6 — La repentance et son importance pour le salut
- 3.7 — La repentance dans la conception orthodoxe comme sacrement de l’Église
- 3.8 — La repentance et la confession
- 3.9 — La repentance et l’Église
- 3.10 — La repentance et le salut
- 3.11 — La repentance et la grâce
- 3.12 — La repentance et les expériences
- 3.13 — La repentance entre joie et contrition
- 3.14 — La repentance et le renouvellement
- 3.15 — La repentance, la conduite et les œuvres
- 3.16 — Le rôle de l’Église dans l’obtention du salut
- 3.17 — Le ministère de la Parole
- 3.18 — Le ministère des sacrements
- 3.19 — La charge pastorale et le ministère de la réconciliation
- 04 — Chapitre III — Les œuvres et leur place dans la question du salut
- 4.1 — Les œuvres de la Loi
- 4.2 — Les œuvres sans la foi !
- 4.3 — Les œuvres humaines seules
- 4.4 — L’action du Saint-Esprit dans les sacrements
- 4.5 — Les œuvres de communion avec le Saint-Esprit
- 4.6 — Les œuvres de Dieu seul
- 05 — Chapitre IV — Ce qu’ils appellent les étapes du salut
- 5.1 — La brochure protestante sur les étapes du salut
- 5.2 — Contradiction dans la brochure « Les étapes du salut »
- 5.3 — L’expression « étapes »
- 5.4 — La foi, la repentance et l’instant
- 5.5 — Le salut de la peine du péché
- 5.6 — Le salut de l’empire du péché
- 5.7 — Le salut du corps du péché
- 5.8 — Le danger des déterminations précises
- 5.9 — De quel instant parlez-vous ? !
- 06 — Chapitre V — Le salut est l’histoire de toute une vie
- 6.1 — Le salut par la foi, la repentance et le baptême
- 6.2 — Le salut par la repentance et la communion
- 6.3 — Tu es en guerre !
- 6.4 — Ne t’enorgueillis point, mais crains
- 6.5 — Le temps de votre pèlerinage
- 6.6 — Celui qui persévérera jusqu’à la fin
- 6.7 — Le salut au dernier jour
- 07 — Chapitre VI — Objections et réponses
- 7.1 — Le pardon par le sang seul
- 7.2 — Le salut est déjà accompli
- 7.3 — Pourquoi ne dis-tu pas : « Je suis sauvé » ? !
- 7.4 — Le pardon pour toujours par la mort expiatoire sur la croix
- 7.5 — Sur l’efficacité du baptême
- 7.6 — Sur le lavage par le baptême
- 7.7 — Le lavage par le baptême
- 7.8 — Le pardon par la foi
- 7.9 — Le pardon par le baptême
- 7.10 — La foi et la réception du Saint-Esprit
- 08 — Chapitre VII — Ceux-là ont-ils été sauvés en un instant ? !
- 8.1 — Ceux-là ont-ils été sauvés en un instant ? !
- 8.2 — Le publicain a-t-il été sauvé en un instant ?
- 8.3 — Le fils prodigue a-t-il été sauvé en un instant ? !
- 8.4 — Zachée a-t-il été sauvé en un instant ? !
- 8.5 — Le geôlier de Philippes a-t-il été sauvé en un instant ? !
- 8.6 — Le larron a-t-il été sauvé en un instant ? !
- 09 — Chapitre VIII — Ces versets prouvent-ils le salut en un instant ? !
- 9.1 — La simple acceptation du Christ : la fausse conception et sa gravité
- 9.2 — Tournez-vous vers moi et soyez sauvés
- 9.3 — Aujourd’hui | Maintenant
- 9.4 — L’expression « aujourd’hui »
- 9.5 — Maintenant est le temps favorable, maintenant est le jour du salut
- 9.6 — C’est maintenant l’heure de nous réveiller
- 9.7 — Aujourd’hui, si vous entendez sa voix, n’endurcissez pas vos cœurs
- 9.8 — Dieu ordonne maintenant à tous les hommes de se repentir
- 9.9 — Aujourd’hui le salut est venu
- 9.10 — Le rapport entre la repentance et le salut
- 10 — Chapitre IX — Notions théologiques
- 10.1 — La confusion entre la repentance et le salut
- 10.2 — La confusion entre le changement et le salut
- 10.3 — Des instants bénis… qui ne sont pas des instants de salut
- 10.4 — Le pardon avant la Croix
- 10.5 — La foi et le salut
- 10.6 — La justification ou la sanctification ?
- 10.7 — Répondre par un seul verset ne suffit pas
- 10.8 — Quel instant ? !
- 11 — Chapitre X — L’élection
- 11.1 — Les croyants et les élus
- 11.2 — Dieu a-t-il choisi ?
- 11.3 — Le choix est entre les mains de l’homme
- 11.4 — Objections et réponses

L’Hérésie du salut en un instant
Par Sa Sainteté le pape Chenouda III, 117ᵉ patriarche d’Alexandrie
Sa Sainteté Chenouda III · 07 novembre 2026 · 265 min de lecture · 1 vue
Préface§
Des conceptions erronées ont commencé à se répandre au sujet de la doctrine du salut depuis le milieu des années 1960, ce qui m’a contraint à expliquer ce thème lors de deux conférences destinées aux serviteurs de la Basse-Égypte, qui se sont tenues à Benha en avril et mai 1967. Elles ont eu pour résultat la publication de notre livre Le Salut dans la conception orthodoxe, paru en juin 1967.
Le problème a réapparu dans la seconde moitié des années 1970, mais sous une forme nouvelle : « l’hérésie du salut en un instant ». Nous avons publié à ce sujet de nombreux articles dans la revue Al-Keraza entre 1978 et 1980. Nous avons également enseigné la question du salut au séminaire théologique, en abordant la controverse qui l’entoure, particulièrement chez les Frères de Plymouth et ceux qui s’inspirent d’eux.
Et en tout cela, je garde devant mes yeux la parole des Pères apôtres dans la Didascalie : « Efface la faute par l’enseignement ». Tout ce que je désire, c’est convaincre, et non punir ceux qui sont dans l’erreur.
Enfin, nous avons publié ce livre pour compléter notre premier ouvrage sur le salut.
Et j’estime qu’il est nécessaire de publier un troisième livre sur le thème du salut, comprenant l’examen de ce que disent les protestants au sujet de : la justification, la sanctification, la glorification, la régénération, la plénitude… et d’autres sujets semblables.
J’ai répondu à tous les points qui sont apparus dans certains livres comme matière à doute. Enfin, je dis à mes enfants : voici devant vous les deux chemins bien clairs. Regardez dans lequel vous marcherez.
Je veux que vous compreniez et que vous croyiez selon la saine doctrine de l’Église, non que vous disiez : « Amen ».
Le pape Chenouda III
L’importance de la doctrine et de son enseignement§
Enseignons-nous à nos enfants la vertu, sans la foi, et les abandonnons-nous aux combats du doute ?
La consolation spirituelle se fait-elle aux dépens de la foi ? Et quelle est notre position face à la guerre des doutes ?
#### Introduction
À une certaine époque, il y a peut-être plus de trente ans, certaines dénominations nous ont accusés d’enseigner le dogme aux fidèles aux dépens de leur vie spirituelle, affirmant que nos sermons n’étaient pas salvifiques, qu’en entendant parler de dogme ils n’étaient point consolés, et que la consolation ne s’obtient qu’en délaissant l’approche dogmatique au profit de l’approche spirituelle ou « salvifique », selon leur expression !
Et dans la « naïveté » des Coptes, nous avons délaissé l’enseignement du dogme et nous sommes mis à parler de spiritualité ; nous leur avons emboîté le pas dans cette méthode « salvifique ». Mais lorsqu’ils nous ont vus agir ainsi, ils se sont mis à enseigner le dogme en profondeur, selon leurs propres conceptions, faisant mémoriser aux adultes comme aux enfants des versets précis qu’ils leur interprétaient d’une manière particulière. Leurs prédications salvifiques se sont transformées en thèmes purement dogmatiques. Et cette démarche intellectuelle qu’ils avaient critiquée, ils s’y sont plongés jusqu’à l’extrême.
L’Église a pris conscience de tout ce processus, de la façon dont il a commencé, s’est transformé et a évolué.
Et l’Église a vu ses enfants confrontés à de vastes vagues de doutes, dirigés contre la foi, de l’intérieur comme de l’extérieur…
Il était indispensable d’agir. Et l’action a commencé au niveau de la hiérarchie de l’Église. Mais elle doit nécessairement se propager partout, pour la défense de la foi…
Nos enfants se sont retrouvés confrontés à des doutes qui ne leur avaient été expliqués ni dans les écoles du dimanche, ni lors des réunions de prédication à l’église, et ils ne trouvaient pas d’ouvrages apportant des réponses. Bien plus, les enseignements occidentaux se sont même infiltrés chez certains de ceux qui dispensent l’enseignement au sein même de l’Église !
La religion n’est pas un simple ensemble de vertus. Car les vertus existent même chez les non-croyants, chez les brahmanes, les bouddhistes et d’autres… Mais la religion est d’abord un dogme et une foi, et c’est de cette foi que découlent les vertus, lesquelles revêtent alors une dimension spirituelle bien différente de celle des vertus chez les non-croyants…
Et « le salut », bien qu’il touche à la vie spirituelle de l’homme, n’en demeure pas moins un dogme reposant sur ses propres fondements, et ce dogme influe sur la nature même de la spiritualité…
C’est pourquoi l’Église œuvrera de toutes ses forces à approfondir les notions dogmatiques chez ses enfants dès leur plus tendre enfance, afin que, parvenus à l’âge adulte, ils ne soient point troublés par les doutes et les combats intellectuels venus de l’extérieur…
Les pères et les mères portent une grande responsabilité en ce domaine…
La mère doit prendre conscience de l’étendue de sa responsabilité en tant que marraine de son enfant, qu’elle a reçu de l’Église le jour du baptême pour l’élever dans la vie d’une foi droite…
La responsabilité incombe également aux écoles du dimanche, dont les programmes doivent être révisés afin de concorder avec l’accomplissement de cette mission.
Il y a aussi une responsabilité qui repose sur les pères prêtres, sur les prédicateurs, sur les responsables de la jeunesse et sur quiconque a une mission d’enseignement…
À l’enfant, nous transmettons la foi par voie d’initiation reçue, et aux étapes plus avancées, l’enseignement adopte la méthode de l’explication. À toutes les étapes, nous faisons mémoriser à nos enfants la doctrine et les versets. Aux cycles secondaire et universitaire, nos enfants entrent dans la phase dialectique, qui permet la discussion des opinions contradictoires et des doutes.
Notre enseignement englobe les deux approches à la fois : doctrinale et spirituelle, la foi et la vertu, la raison et le cœur, et l’homme tout entier, afin de constituer un programme complet et harmonieux.
Notre intérêt pour la foi et la doctrine ne doit pas nous faire oublier la vie spirituelle et la conduite. Et l’intérêt pour la vertu ne doit pas nous faire oublier la foi… Pratiquez ceci, sans négliger cela. L’extrémisme dans l’une des deux voies comporte ses erreurs et ses dangers.
Et tandis que nous étudions la foi, ne soyons pas seulement rationalistes, mais soyons aussi spirituels.
Il nous incombe de rassembler tout ce à quoi nos enfants sont confrontés hors de l’Église — idées, courants, combats et doutes — et de leur apporter des réponses…
Cela doit également être la responsabilité de nos églises, de nos revues et de nos penseurs, et c’est même la responsabilité de nos séminaires théologiques.
Cette génération dans laquelle nous vivons a besoin d’une attention particulière portée à la foi. Un seul regard jeté sur les librairies et les publications suffit à le prouver.
C’est une génération pour laquelle la superficialité dans l’enseignement ne saurait convenir ; il faut au contraire former les enseignants avec une profondeur particulière dans la compréhension, la connaissance et l’étude.
Il convient que les serviteurs suivent des études continues qui réactualisent leurs connaissances et les adaptent à leur génération (« Refreshing Courses »).
Chaque époque a ses idées et les études qui lui conviennent. Il n’est pas admissible que les serviteurs vivent hors de leur génération, sans percevoir les combats auxquels leurs enfants sont exposés, ni les doutes intellectuels qui les assaillent. Et combien sont belles les paroles de l’Apôtre : « Soyez toujours prêts à répondre à quiconque vous demande raison de l’espérance qui est en vous » (1 P 3, 15) !
