L’Espérance
- 01 — Le christianisme donne l’espérance même au roseau cassé et au lumignon qui fume
- 02 — Là nous apprenons le sens réel de l’espérance …
- 03 — La confiance est nécessaire à la vie d’espérance
- 04 — Certaines choses qui aident à la confiance

L’Espérance
Sa Sainteté Chenouda III · 23 juin 2016 · 20 min de lecture · 3 801 vues
L’espérance est l’une des trois vertus majeures que notre maître l’apôtre Paul a mentionnées dans sa première épître aux Corinthiens, où il dit : « Maintenant donc ces trois choses demeurent : la foi, l’espérance, la charité ; mais la plus grande de ces choses, c’est la charité. » Ces trois sont reliées l’une à l’autre, parce que la foi engendre l’espérance, car celui qui croit en Dieu, espère en Lui, et celui qui espère en Dieu, l’aime, et ainsi il arrive au sommet de la relation avec Dieu par la charité.
L’espérance est aussi ancienne que l’humanité, plutôt elle est plus ancienne qu’elle, car la première espérance que les hommes avaient connue fut leur espérance dans le salut, quand le Seigneur promit à Adam et Eve que la postérité de la femme écrasera la tête du serpent (Genèse 3:15).
Cette espérance demeura dans leurs cœurs durant des milliers d’années jusqu’à ce que finalement elle fut réalisée par l’Incarnation du Seigneur, et par sa crucifixion pour l’humanité.
Même ceux qui n’avaient pas obtenu cette espérance, y avaient vécu comme, dit notre maître Paul »…mais ils les ont vues et saluées de loin, reconnaissant qu’ils étaient étrangers et voyageurs sur la terre ». (Hébreux:11-13), et ainsi ils moururent dans l’espérance, jusqu’à ce que le Seigneur les visita et les rendit de nouveau au paradis.
L’espérance existait avant Adam et Eve, dans l’histoire de la création primitive. Il y avait une espérance pour cette terre informe et vide submergée par les eaux, « il y avait des ténèbres à la surface de l’abîme » (Gen. 1:1-2).
Dieu lui réalisa cette espérance quand Il dit : « Que la lumière soit ». Dieu arrangea cette terre informe, et voici qu’elle est devenue dans la plus belle forme possible, contenant les arbres, les fruits et les oiseaux. Dieu vit que toutes choses en elle étaient très bonnes. C’est pourquoi, quelqu’informe et quelque vide que la terre fut un jour, quelle qu’elle fut submergée par les eaux, quelle qu’elle fut ténébreuse, il y avait l’espérance que Dieu en ferait sortir cette belle image de la nature pleine de beauté que nous voyons maintenant.
L’espérance est donc une chose importante dans la vie, et si l’homme perdait l’espérance, il perdrait toute chose, car celui qui perd l’espérance tombe dans le désespoir et dans la mélancholie. Toutes ses moralités s’écroulent, et il tombe dans l’inquiétude, le trouble et l’amertume de l’attente sans but, et ainsi il devient un jouet dans la main du diable. Voilà pourquoi nous disons que c’est Satan qui conduit au désespoir.
Tandis que les enfants de Dieu espèrent toujours. Ils vivent dans l’espérance en tout temps…dans les tribulations, ils vivent dans l’espérance. Quelles que soient les choses compliquées, et quelqu’il leur semble que Dieu tarde, et quelles que soient toutes les choses ténébreuses, il y a là-bas l’espérance.
Les enfants de Dieu ont aussi l’espérance dans l’autre vie, dans l’autre monde, là où se réalisera la promesse de Dieu quant aux « choses que l’œil n’a point vues, que l’oreille n’a point entendues, et qui ne sont point montées au cœur de l’homme » (1 Cor. 2:9), cette vie pour laquelle nous combattons sur la terre, afin de l’obtenir. Selon l’opinion de notre maître l’apôtre saint Paul : « Si c’est dans cette vie seulement que nous espérons en Christ, nous sommes les plus malheureux de tous les hommes » (1Cor.15:19).
Pour les pécheurs, il y a aussi l’espérance de la pénitence. Même pour les plus méchants des hommes sur la terre, il y a de l’espérance.
Il y avait de l’espérance pour le larron sur la croix dans les heures les plus critiques de sa vie. Il y avait de l’espérance pour Zacchée, le chef des publicains, qui représentait l’injustice dans son temps. Il y avait de l’espérance pour la Madeleine qui était possédée de sept démons, et voici qu’elle est devenue l’une des saintes Marie, et elle mérita d’être l’annonciatrice de la Résurrection aux onze. Il y avait de l’espérance même pour l’arbre qui ne portait pas de fruit pendant trois années, et le Seigneur dit : « je creuserai tout autour, et j’y mettrai du fumier. »
Dieu a le pouvoir de redresser le roseau cassé, et d’envoyer sur le lumignon qui fume, un vent pour l’enflammer. C’est pourquoi en vue de l’espérance le Seigneur dit : « consolez ceux qui sont abattus », et Il a donné de l’espérance même aux genoux affaiblis et aux mains languissantes.
Il y a dans le christianisme de l’espérance pour les individus, il y a de l’espérance pour les sociétés, pour les églises, pour les pays, et pour tout le monde.
Nous avons l’espérance que le Seigneur visitera l’humanité en tout temps. Cette espérance ne faiblira jamais chez les croyants, quelque difficile que semble la situation. Comment cela ?
Le prophète Jonas avait de l’espérance quand il était dans le ventre de la baleine. Est-ce qu’une personne dans le ventre d’une baleine peut avoir de l’espérance ? Mais Jonas se mit à genoux dans le ventre de la baleine et dit au Seigneur : »…ma prière est parvenue jusqu’à toi, dans ton saint temple ». Il avait une espérance. Elle fut réalisée.
Il y avait de l’espérance même pour les trois jeunes gens dans la fournaise ardente, et pour Daniel dans la fosse aux lions.
Il y avait de l’espérance même pour la femme stérile qui n’avait pas enfanté, à laquelle le Seigneur dit dans le livre d’Isaïe : « Réjouis-toi, stérile, toi qui n’enfantes plus ! Fais éclater ton allégresse et ta joie,……. Ta postérité envahira des nations, et peuplera des villes désertes. » (Isaïe 54 : 1,3).
Il y avait une espérance que Dieu nous avait donnée dans le symbole de ceux qui sont ressuscités d’entre les morts. Même Lazare dont la sœur dit qu’il sentait déjà, le Seigneur nous donna l’espérance qu’il ressuscitera d’entre les morts.
Il y a une espérance que le Seigneur nous donna pour la guérison des maladies incurables…pour rendre la vue aux aveugles, la santé pour les estropiés, les boiteux, les paralytiques, tous les infirmes, celui qui avait la main sèche. Même l’homme qui avait passé trente-huit années à côté de la piscine et ne trouvait personne pour l’y jeter, avait l’espérance que le Messie viendrait et lui dirait : « lève-toi, prends ton lit et marche » (Jean 5).
Quel que grave que soit la situation, quelque difficile qu’elle soit, quelque compliquée qu’elle apparaisse aux gens, il y a un espoir que Dieu présente.
En cela, le Seigneur nous donna un bel exemple quand Il dit : « Aux hommes cela est impossible, mais à Dieu tout est possible » (Matt. 19:26). Plutôt, croyez-moi, il y a un verset beaucoup plus profond, dans la parole de l’Écriture : « Tout est possible à celui qui croit » (Marc 9:23).
L’expression « tout est possible à celui qui croit » nous donne une espérance sans bornes.
Ainsi dit l’apôtre Paul de l’espérance : « Je puis tout par celui qui me fortifie » (Philippiens 4:13). L’expression « tout » est d’une portée beaucoup plus large, et nous donne l’idée qu’il n’y a pas de limite à l’espérance, puisqu’il n’y a pas de limite à la puissance et à l’amour de Dieu.
Il n’y a donc pas de limite à l’espérance dans le christianisme. Le chrétien se rend compte de l’espérance en lui-même quand il rencontre des tribulations ou des épreuves diverses, ou des souffrances graves, ou des problèmes qui semblent insolubles. Il apprend que le Seigneur possède plusieurs solutions, et que le Seigneur viendra indubitablement, quelque tardif que cela apparaisse aux gens.
Croyez-moi, certaines fois je remontrais mon père et mon saint maître le prophète David, quand il dit au Seigneur : « hâte-toi, ne tarde pas »
Car, mes frères, le Seigneur ni ne se hâte, ni ne tarde. Dieu agit. Il agit en tout temps. Il ne tarde pas même si les apôtres pensent que la quatrième veille est passée sans qu’Il arrive. Le Seigneur viendra indubitablement. Si nous avons la foi, nous croirons que Dieu agira nécessairement, avec force, et au temps convenable.
Quant à l’expression du retard, elle porte en elle un sens relatif aux hommes qui pensent qu’Il tarde. Mais les promesses de Dieu sont les mêmes. C’est sa sagesse qui les détermine, c’est sa véridique vision des choses dans leur réalité qui les détermine.
Car Dieu agit continuellement, et si nous pensons, à un moment donné qu’Il tarde, le psalmiste nous dit dans le psaume : « Espère en l’Éternel ! Fortifie-toi et que ton cœur s’affermisse ! Espère en l’Éternel ! »
