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Monastère copte à coupoles de brique crue et manuscrit ancien

L’église Saint-Philopater Mercure, Abou Seifein, au Vieux Caire

Histoires des églises et des monastères

Naguib Mahfouz Naguib · 27 août 2026 · 6 min de lecture · 0 vue

Église dédiée à saint Philopater Mercure, dit Abou Seifein, au Vieux Caire: histoire, plan général, icônes et sanctuaires.

I. Histoire de l’église

Les historiens estiment que l’église Saint-Philopater Mercure, Abou Seifein, fut construite au VIe siècle après Jésus-Christ et consacrée sous le nom du saint.

Elle fut démolie et détruite au VIIIe siècle. De ses vestiges subsiste, au nord, une petite église dédiée aux saints Jean-Baptiste et Jacob al-Maqtaa, dont les sanctuaires sont encore préservés.

L’église Saint-Philopater Mercure fut reconstruite en 927, sous le patriarcat d’Anba Abram le Syriaque, 62e patriarche, qui obtint du calife l’autorisation de la relever.

II. Plan général et parties de l’église

#### Le narthex

À l’ouest se trouve la salle d’entrée, ou narthex, de plan rectangulaire. Au centre de son sol s’ouvre un bassin profond, couvert de panneaux de bois.

Au-dessus des murs du narthex, des icônes sont installées dans une châsse de bois placée à l’extrémité sud-ouest de l’entrée. Elle abrite trois icônes:

1. Anba Barsoum al-Erian;
2. sainte Damienne, entourée des quarante vierges;

3. Mar Elias.

Sur les murs de cette entrée, deux icônes représentent les archanges Raphaël et Michel.

Près du mur nord-ouest, un panneau de bois réunit trois icônes dans un cadre unique, séparées par des supports de bois:

1. l’archange Michel, tenant une épée et, dans la main gauche, un oiseau à visage humain, foulant Satan aux pieds; 2. la Sainte Vierge Marie debout, dans la scène de l’Annonciation; 3. le Christ assis sur le trône, faisant le signe de la bénédiction.

Sur l’un des murs, une icône ancienne peinte sur un bois fissuré, d’une facture primitive, représente les saints Pierre et Paul.

Le narthex est fermé par une barrière de bois qui le sépare de la nef. Au centre de cette barrière s’ouvre une porte de bois à encadrement semi-circulaire, surmontée d’une icône de la Crucifixion; au-dessous, une inscription en relief sur un panneau rectangulaire de bois s’ouvre par un verset des Psaumes évoquant l’âme qui aspire aux demeures du Seigneur.

#### La nef et le chœur

La nef, rectangulaire, est réservée aux hommes. Son sol comporte un bassin destiné au lavement des pieds des fidèles par le prêtre le Jeudi saint, selon les traditions anciennes.

Au-delà de la place des hommes s’étend le chœur, réservé aux chantres et aux diacres chargés de la lecture des Évangiles et des épîtres; il est situé face au sanctuaire central. Le toit de la nef repose sur de hautes poutres de bois.

Du côté nord, près de l’extrémité de l’iconostase du sanctuaire central, se dresse l’ambon, l’un des plus beaux exemples conservés dans les églises du Vieux Caire. Il repose sur quinze colonnes de marbre; son bord supérieur de marbre porte, en lettres coptes en relief, un verset du psaume 107 invitant à exalter le Seigneur dans l’assemblée du peuple.

Sur les murs de la nef, des icônes d’époques, de sujets et de formes variées furent peintes par Jean l’Arménien et Ibrahim al-Nasikh, en 1478 de l’ère copte, soit 1762 après Jésus-Christ.

Au-dessus et au-dessous des icônes courent deux frises de bois étroites, portant en lettres coptes et arabes en relief des versets des Psaumes et leur traduction: la frise supérieure reprend des passages des psaumes 96, 84, 24 et 118; la frise inférieure, des passages des psaumes 135, 96 et 122.

#### L’aile sud

L’aile sud s’ouvre par un support de bois percé d’une porte menant à une salle dont le mur sud porte une grande icône de l’archange Raphaël, placée dans une châsse de bois sculpté, puis une petite icône sur toile représentant un saint tenant une clé, probablement l’apôtre Pierre.

Un rideau de bois conduit ensuite à une autre salle, dont le mur est centré par une grande châsse abritant l’icône de saint Philopater Mercure, Abou Seifein, celle de la Sainte Vierge Marie et une seconde icône du saint. Dans la même châsse, un coffre de bois tendu d’amarante rouge renferme les reliques — les ossements du saint auquel l’église est dédiée.

Sur le mur qui fait face à cette châsse, une icône représente saint Jacob al-Maqtaa, entourée d’autres icônes. Au-dessus du mur sud subsistent des traces des fresques colorées qui ornaient jadis les parois. Cette aile abrite une fontaine servant au baptême; elle comportait autrefois un pressoir.

#### L’aile nord

Le mur de l’aile nord porte un ensemble d’icônes représentant le Christ, la Sainte Vierge Marie, les anges, les martyrs et les saints.

Dans cette aile, une porte mène à une salle réservée aux hôtes de l’église, et une autre, proche de la grotte de saint Anba Barsoum al-Erian ornée de peintures, ouvre sur la cour nord de l’église.

III. Les trois sanctuaires principaux

Ils occupent le côté est de l’église.

#### Le sanctuaire sud

Dédié à l’archange Raphaël, il n’est plus utilisé pour le service liturgique. Son iconostase remonte à l’an 1469 de l’ère copte, soit 1753 après Jésus-Christ; elle porte des inscriptions arabes de louange et de bénédiction, et une inscription copte dont la traduction est: « La paix soit au sanctuaire de Dieu, le Père est fidèle. » Sept icônes la surmontent. À l’intérieur du sanctuaire, un baptistère est construit dans le mur.

#### Le sanctuaire central

C’est le sanctuaire principal de l’église, dédié à saint Philopater Mercure, Abou Seifein; il s’élève de deux degrés au-dessus de la place des chantres et des diacres.

La porte de son iconostase porte, en lettres arabes, des versets des psaumes 118 et 96 sur les portes de la justice et les parvis du Seigneur. À droite et à gauche de la porte centrale, des inscriptions en relief reprennent des versets des psaumes 147 et 51.

L’iconostase du sanctuaire central est surmontée de deux rangées d’icônes:

  • Rangée supérieure : au-dessus de la porte, l’icône du Christ à droite et celle de la Sainte Vierge Marie à gauche ; à droite du Christ, saint Jean-Baptiste, l’archange Gabriel, puis trois apôtres ; à gauche de la Vierge, l’archange Michel, puis trois icônes d’apôtres.
  • Rangée inférieure : un ensemble de petites icônes représentant des personnages, des événements et des miracles de l’Ancien et du Nouveau Testament, œuvre de Jean l’Arménien et d’Ibrahim al-Nasikh, en 1762.

L’intérieur du sanctuaire est vaste et spacieux. En son milieu se dresse un autel surmonté d’un baldaquin de bois décoré de motifs traditionnels et d’images colorées, porté par quatre piliers de marbre. Le décor le plus remarquable de la coupole est une figure en demi-teinte inscrite dans un cercle: le Christ en gloire, la main droite levée dans le geste de bénédiction, tenant de la gauche la Bible ouverte, entouré des quatre évangélistes et des quatre archanges Michel, Gabriel, Raphaël et Souriel.

Devant l’autel, sur le mur oriental, s’ouvre une belle abside de marbre de plan semi-circulaire, destinée dans les églises coptes à recevoir le clergé selon les degrés sacerdotaux.

#### Le sanctuaire nord

Dédié à la Sainte Vierge Marie, il est fermé par une iconostase de bois finement travaillé. En son centre se dresse un autel, surmonté d’une couverture dégagée en briques tressées en forme d’arcades. Son mur oriental abrite une niche revêtue de carreaux de céramique colorés. Une barrière de bois le sépare du sanctuaire central.

IV. Les sanctuaires annexes

Dans l’aile nord, la porte proche de la grotte de saint Anba Barsoum al-Erian conduit à un ensemble de petits sanctuaires situés à l’extérieur de la grande église. Les transformations qu’ils ont subies ne permettent plus d’y célébrer les offices, mais certains conservent encore des vestiges, des autels et des peintures.

Dans l’une des salles subsiste un petit baptistère, dont le bassin de pierre est construit dans la maçonnerie. À l’extérieur de la cour de ces sanctuaires, un escalier mène à l’étage supérieur de l’église, où se trouvait également un groupe de petits sanctuaires.

Notes et références

  1. Naguib Mahfouz Naguib, *Histoires des églises et des monastères*, source : https://docs.copte.fr/documents/l-glise-saint-philop/l-glise-saint-philop.pdf