Découvrez aussiCoptic.gallery
Monastère copte à coupoles de brique crue et manuscrit ancien

L’église Saint-Ménas le Miraculé, au Vieux Caire

Histoires des églises et des monastères

Naguib Mahfouz Naguib · 27 août 2026 · 5 min de lecture · 0 vue

Église dédiée à saint Ménas le Miraculé, au Vieux Caire: histoire de l’édifice, plan général, icônes, sanctuaires et église annexe de saint Behnam.

I. Histoire de l’église

La construction de l’ancienne église de Saint-Ménas fut probablement achevée à la fin du IVe siècle ou au début du Ve siècle après Jésus-Christ. Elle fut démolie et détruite à plusieurs reprises au cours des siècles.

Elle fut reconstruite en 730, sous le patriarcat du pape Théodore, 45e patriarche, puis renouvelée en 1180 sous le patriarcat du pape Jean, 74e patriarche. D’autres églises furent alors bâties au-dessus, dont une dédiée à saint Georges, encore conservée aujourd’hui, et une autre dédiée à saint Jean, aujourd’hui disparue.

L’église connut plusieurs remaniements. Le plus important fut la cession, par le patriarche copte, du côté nord de l’église de la Sainte Vierge Marie aux Arméniens, afin qu’ils puissent y célébrer les offices dans leur langue et selon leurs rites. Cette concession eut peut-être lieu au XIe siècle: cette partie fut séparée du reste de l’édifice et demeura en leur possession jusqu’à ce que le patriarche copte la récupère en 1926, l’église étant alors rendue à son plan d’origine.

II. Plan général et parties de l’église

#### Le narthex

L’église s’ouvre par la salle d’entrée, dont le mur occidental porte des icônes représentant les anges et les saints: Marc, Matthieu, Ménas, Élie, Luc, Jean et Ménas, puis les deux archanges Michel et Gabriel.

#### La nef

La nef est séparée des ailes latérales par six colonnes carrées de maçonnerie — trois de chaque côté — puis par quatre piliers. Le toit de l’église est charpenté en forme de ferme. Du côté nord de la cour se dresse l’ambon, de marbre, porté par douze colonnes de marbre.

#### L’aile sud

Sur l’épaulement de l’aile sud, des icônes représentent saint Paul, l’archange Michel au-dessous, et au-dessus saint Jean-Baptiste, saint Chenouda, le Crucifix, ainsi que la Sainte Vierge Marie avec l’Enfant Jésus.

Sur le mur figurent des icônes de la Sainte Vierge Marie et de l’Enfant Jésus, de sainte Damienne, de la Sainte Vierge Marie, ainsi que des scènes de l’Annonciation, de la Nativité, de saint Joseph avec l’Enfant Jésus, du Christ devant Pilate, du Christ portant sa croix, de saint Étienne, du baiser de Judas, de la Croix, de la Résurrection et de l’apparition du Christ à sainte Marie-Madeleine.

#### L’aile nord

Sur l’épaulement de l’aile nord, des icônes représentent saint Pierre, surmonté de l’archange Michel, la Sainte Vierge Marie, sainte Damienne, puis la Sainte Famille.

Sur le mur se succèdent les icônes de saint Isidore, saint Pantaléon, saint Macaire, saint Boctor, la chapelle de la Sainte Vierge Marie, saint Jean, le Baptême du Christ, deux icônes de saint Georges, la Sainte Vierge Marie avec l’Enfant Jésus, l’archange Michel, saint Anba Barsoum al-Erian, saint Abanoub l’ermite, saint Antoine, saint Macaire le Grand, saint Macaire l’évêque, saint Macaire le prêtre, l’archange Gabriel, la Sainte Vierge Marie avec l’Enfant Jésus, saint Jean-Baptiste, saint Sarabamoun évêque, Abraham, Isaac et Jacob, l’archange Michel, saint Takla Haymanot et la Transfiguration.

III. Les trois sanctuaires

Ils occupent le côté est de l’église.

#### Le sanctuaire central

Il est dédié à saint Ménas le Miraculé. Son iconostase de bois est surmontée d’un ensemble d’icônes, au centre duquel figure la Sainte Vierge Marie avec l’Enfant Jésus; de chaque côté, trois icônes portant chacune deux apôtres.

Au-dessus de la porte médiane, une icône de la Sainte Vierge Marie est accompagnée d’une inscription arabe rappelant la dédicace du sanctuaire au grand martyr saint Ménas et implorant le souvenir du Seigneur pour son serviteur. Au-dessous, une inscription copte, traduite en arabe, salue le sanctuaire de Dieu le Père, Dieu des armées, suivie d’une invocation de miséricorde, de bénédiction et de pardon.

Au centre du sanctuaire se dresse l’autel, surmonté d’un baldaquin porté par quatre fines colonnes de bois. La coupole abrite la scène traditionnelle du Christ en gloire.

Le mur droit du sanctuaire porte des scènes représentant les séraphins et les chérubins, saint Basile, le prophète Isaïe et Siméon portant l’Enfant Jésus. Le mur gauche présente les séraphins et les chérubins, Aaron le prêtre, Samuel oignant le roi David, et saint Grégoire.

À gauche du sanctuaire central se trouve la chapelle de saint Ménas le Miraculé, où fut déposé le reliquaire contenant une partie de ses ossements.

#### Le sanctuaire sud

Il est relié au sanctuaire central par un long couloir; un passage semblable le relie au sanctuaire nord. Son iconostase de bois porte des icônes représentant le sacrifice d’Isaac par Abraham, trois icônes de la Sainte Vierge Marie, la Descente aux enfers et l’Assomption du corps de la Sainte Vierge Marie.

#### Le sanctuaire nord

Il est aujourd’hui fermé et n’est accessible que par le sanctuaire central. Son usage se limite désormais à la conservation des vases liturgiques et des objets nécessaires à la sanctification.

IV. L’église Saint-Behnam

À l’extrémité du côté sud de l’église Saint-Ménas, à la place des chantres, une porte ouvre sur un couloir au plafond voûté. À son extrémité orientale se trouve un baptistère dont le bassin de pierre, construit dans la maçonnerie, est revêtu de marbre; au-dessus, une icône représente le baptême du Christ.

De ce baptistère on accède à l’église Saint-Behnam, couverte d’un plafond en voûte de cave. Elle abrite deux sanctuaires dédiés à saint Behnam.

L’iconostase du premier sanctuaire remonte à l’an 1530; elle porte une inscription arabe reprenant un verset du psaume 24 sur les portes éternelles s’élevant devant le roi de gloire, suivie d’une invocation à Dieu Sauveur.

L’iconostase du second sanctuaire remonte à l’an 1492 de l’ère des Martyrs; son inscription arabe mentionne l’autel de saint Behnam dans l’église des Syriens, cite le psaume 118 sur la porte du Seigneur par laquelle entrent les justes, et rend gloire à Dieu au plus haut des cieux.

Sur le mur nord, deux icônes représentent saint Behnam.

Notes et références

  1. Naguib Mahfouz Naguib, *Histoires des églises et des monastères*, source : https://docs.copte.fr/documents/l-glise-st-m-nas-le-/l-glise-st-m-nas-le-.pdf