
Les Homiliae cathedrales — Homélies XCIX à CIII
Traduction syriaque de Jacques d’Édesse
Saint Sévère d’Antioche · 1929 · 95 min de lecture · 2 vues
Homélie XCIX — Sur l’anniversaire de la consécration de Sévère
SlJKI.’aNNIVERSAIRDKUJOURDANSLEQUEL,PARLAGRACEDEDlEl, Aujourd’hui quelques-uns de ceux dont le goût est porté vers la chair j »et qui sont éblouis par les apparences (çavrxaia) des choses extérieures, s’imaginent peut-être que je déborde de bonheur et que je suis dans la joie, parce que je suis arrivé à cejour quiachève maquatrième année d’épiscopat3 iL Pour moi, je reconnais que je dois des actions de grâces à Dieu qui, a causee de sa charité (« piXavôpwutan)e, m’a pas seulement appelé à cette (dignité), aa i>soulevé le pauvre de la terre et a relevé l’indigentdu fumier’, comme chante David, mais (qui) m’a encore donné abondamment le temps pour me préparer au repentir, afin que je ne périsse pas avec mes péchés et que je ne déchoie pas de la vie heureuse. Je tremble cependant et je redoute le jour présent, 1.NotemarginaldeeL Cinquièmaennée.LeshoméliesXCIXà CNIontdoncétépronon’mr?tîu novembreSiafui 5novembrei »17C.f.P.0..XV,7i1. "i.Litt « legosier >3. Le5novembre en le voyant revenir périodiquement chaque année dans la révolution dutemps, à l’exemple de ceux qui, débiteurs d’une somme d’argent qu’ils auraient empruntée, lorsque les intérêts ont égalé le capital et que de la sorte leur dette a doublé, redoutent le jour du remboursement quand il est présent. Je crie les paroles de Jérémie, pleines de gémissements, dans l’émotion secrète de (mon) cœur et je dis L’été est passé et la moissonest passée; et nous, nous ne sommespas sauvés. Je suis brisé, je suis dans l’obscurité, je suis dans le doute, je suis oppresséde douleurs commeune femmequi enfante Car tandis que Dieu, comme je l’ai dit, à cause de sa charité (« ptXavôpwiua) m’a soulevé de la terre, moi qui étais pauvre, je ne me suis pas redressé en même temps par les pratiques de la perfction avec celui qui m’a soulevé.
Pauvre jusqu’à présent en fait de bonnes œuvres, je suis cloué au sol, et je reste assis en bas, n’ayant pas fait mourir ces membres2 qui sont sur la terre, selon l’avertissement de Paul, ni rendu mon âme élevée et libre. Mais je me suis enorgueilli de l’onction épiscopale, et je suis demeuré dans la fange des passions charnelles, et de ce fait j’ai perdu la finesse de mon odorat intellectuel et je l’ai laissée disparaître, de sorte que je ne puis plus percevoir la suave odeur des choses célestes. Que me reste-t-il, sinon à pleurer, à m’agenouiller en même temps, à me cacher et à examiner à quelle fin me conduiraient ces (fonctions) honorifiques, si nous apportions une complète négligence. Que l’épiscopat soit une manifestation d’oeuvres spirituelles et non pas une dignité s dont on puisse s’élever et s’enorgueillir, comme beaucoup le pensent, nous l’apprenons des Livres sacrés Si quelqu’un, dit (Paul), désire la dignité dcrique, il désire de bonnes œuvresl Cette parole fait connaître que cette (dignité) "Ll i h " ï. b 2 . i< doit être désirée non pas par celui qui n’a pas encore reçu cet honneur, mais par celui qui l’a déjà reçu, et qui, compté parmi les évêques, doit désirer et io souhaiter un épiscopat actif et efficace. Car même celui qui n’a pas encore obtenu cet (honneur), s’il est riche en bonneschtcvresest purifié en lui-mcm?.
il est éclairé dans ses pensées, il n’est pas enivré de la folie de la cupidité; mais, même si l’honneur lui vient, ille fuit, parce que persuiUk ne lepmtd poui’ lui-même, mais lorsqu’il y est appelé de Dieu comme dit le sage Paul, et, iô celui qui l’appelle, il dit comme Moïse Désigne un autre qui soit capable, nutu enverras Au contraire, si quelqu’un, vide des belles manifestations et der travaux de la perfection, désire la dignité d’évêque, ilest certain que celui-là veut revêtir la pelisse épiscopale comme une peau de lion et ne désire pas les bonnes œuvres. Car, s’il désirait celles-ci, il les aurait d’abord pratiquées en partie; et, les ayant d’abord pratiquées et étant à son tour saisi par ces œuvres mêmes, il serait purifié et, une fois purifié, il ne désirerait pas un simple honneur sans action.
Car moi, j’affirme que la dignité épiscopale ressemble à une maison que l’on bâtit, qui s’élève en hauteur, qui est bientôt près d’être achevée et qui va être couverte de solives et de planches. De même donc que celui qui bâtit une maison, qui arrivc à la partie supérieure et qui monte peu à peu, ne déracine pas et ne brise pas ses fondations, mais prend grand soin et pour celles-ci et pour la construction qui (avance) peu à peu et la rend bien forte et solide, pour qu’elle puisse soutenir le poids qui va reposer sur elle de même celui qui arrive à la dignité d’évêque doit prendre soin des premiers degrés, comme des fondations et de la construction, (et cela) par les œuvres elles-mêmes et non par la parole seulement, de sorte qu’il chante avec les chantres, qu’il veille avec ceux qui veillent, qu’il lise avec les lecteurs, qu’il serve avec ceux qui servent, qu’il prie avec ceux qui prient, qu’il oftV Ltffooi.l.221’. »
le sacrifice raisonnable avec ceux qui l’offrent, qu’il s’applique à toute espèce d’oeuvres ascétiques avec ceux qui s’y appliquent, qu’il coure avec ceux qui courent la bonne course et que de cette manière il fortifie ceux qui ne courent pas d’une façon incertaine’, qu’il combatte avec ceux qui combattent dans les luttes, et que de toutes parts il rende plus solides et qu’il affermisse à tout instant et les fondations et la construction, afin qu’elles puissent soutenir le poids de l’épiscopat qui leur est imposé, de V>) crainte que comme pour la maison de celui qui dans les Evangiles (EùayyéXia) est nommé insensé, lui qui l’avait bâtie sur le sable la pluio ne descende sur (cette maison spirituelle), les torrents ne viennent t les vents ne soufflent cela indique les luttes nécessaires des tentations et qu’ils ne battent cette maison, et que celle-ci ne tombe et que sa ruine ne soit bien Pour pouvoir porter les vertus de l’épiscopat, l’évêque doit donc soutenir sa maison par tous ces degrés, ainsi que par des cèdres et des cyprès de haute taille (sùffTaôvj’qçu)i s’élèvent en hauteur et qui répandent une odeur suave, )arce que (ces degrés) reposent sur lui à l’exemple de solives. C’est à propos de cellessolives que, dans le Cantique des Cantiques, l’époux, qui est le Christ, lit à sa propre épouse, l’Église Les solives de notre maison sont descèdres les blanchesdenotre toit sont des cyprès Comprenez-vous comment l’époux a appelé « notre maison » cette maison placée sous les solives dont il a été question? Par conséquent avez-vous Anmême temps recherché nécessairement quelle est sa grandeur, et quelle doit être cette maison dans laquelle le Christ vient habiter? N’est-elle pas construite et affermie en tout temps par tous ces (degrés)? Paul n’envoyait-il pas à Tite de tels (avis) en indiquant et en prescrivant quel doit être to l’évêque, se donnant lui-même en tout pour modèle de bonnes œuvres2? Et n’écrivait-il pas les mêmes choses aux Corinthiens, en disant J’ai été tout à tous, afin desauver entièrement leshommes3?Et que personne, en entendant ces (paroles), ne pense de moi que j’affirme quelque chose de grand et de grave, •L qui dépasse les forces. Car il est facile d’apprendre que les choses dites v »b. 1par l’Apôtre sont confirmées par la nature même des faits; à savoir que celui qui devient chef doit faire la fonction de ceux qui lui sont subordonnés, en sorte qu’il leur serve de modèle, pour qu’ils sachent être subordonnés au chef.
S’il vous plaît, en effet, laissons un peu de côté l’évêque, et arrivons aussi au général dans notre discours. Pourra-t-il convaincre les soldats en leur s donnant seulement par la parole et par le commandement l’ordre de s’armer, ou plutôt (ne les convaincra-t-il pas mieux) s’il s’arme en même temps qu’eux et fait ce qui est propre au soldat, décochant les flèches, tantôt courant (à.leur tête), tantôt courant avec eux, et entrant simultanément dans le combat contre les ennemis, et, pour le dire simplement, étant leur compagnon 10dans les rangs et partageant également leurs dangers (xhW) en grande partie? Car, s’il ne fait pas cela, mais s’il donne ses ordres avec un esprit superbe et dominateur, se servant de sa langue, parlant peut-être élégamment (émKOç),faisant retentir ses paroles, mais cachant ses mains sous sa (Xfepfc) ses subordonnés se moqueront bien de son ordre, ils porteront envie à son salut qui est sans danger (xtâuvoc)et méprisable, ils s’éloigneront et ils s’enfuiront. Et s’ils ie voyaient menacer et ajouter quelqu’une de toutes les manières qui sont (l’apanage) de lautorité, c’est peut-être contre lui, au lieu des barbares, qu’ils tireraient leur épée, ne consentant pas à se soumettre à un orgueil vain et non militaire et à une audace qui ne prend pas les armes.
Et comment serait-il supporté par les vowtyiçou matelots ou par le pilote qui conduit le navire, ce vauxtojpoçou propriétaire du navire qui reste t assis sur la irppa ou extrémité du navire, et commence (à donner) ses ordres à haute voix sans toucher avec eux aux cordages ou au gouvernail, ni soulever avec eux le bois du mât (àppevov),ni aller et venir partout sur le navire, ni (faire) tout ce que doivent faire ses subordonnés? Il est donc certain tous que, s’il ne prend pas exactement tous ses soins, son navire r° a. sombrera dans la mer; et ces matelots, l’ayant laissé sur le pont dans l’embarras et sans aucun moyen de salut, confieront aux flots leur propre salut. Et de deux choses l’une ou bien il périra lui-même avec son navire, ne pouvant pas supporter cette perte et s’attachant au profit du commerce ou, enfin, lui aussi, il sera un de ceux qui naviguent sur l’eau, qui 1 jugent agréable de vivre (cette) vie sans espoir et qui endurent de fréquentes sur la mer Après avoir entendu ces (paroles, ne reconnaissez-vous pas claheiueut que le chef doit faire et accomplir les (offices)propres à ceux qui sont rangés dous lui, sans dédaigner ni mépriser les degrés de ceux qui lui sont soumis, ei sans se tenir loin de leur travail comme d’une chose partiellement extraor=>dinahe et étrangère. Tel est donc notre état, quand on le compare et qu’on l’examine avec la condition (du général et du propriétaire d’un navire).
Lorsque je dis « notre (état) », je veux parler de (l’état) de chacun, plutôt que de celui d’un grand nombre, dont je suis le premier. Celui qui, du groupe des chantres, a été inscrit parmi les lecteurs, fuyant comme un piège les hymnes et l’oflice de la nuit, ne croit-il pas avoir trouvé la liberté, parce qu’il est sur son lit toute la nuit et qu’il dit « Je vais me lever maintenant », tandis qu’il laisse échapper le ronflement de sa gorge? Et cet autre qui, des lecteurs ou des chantres, est passé aux diacres, fait-il quelque cas du chant ou de la lecture? Ne recherche-t-il pas là hypocritement les fonctions du diaconat, pour le (seul) fait qu’il soit revêtu d’une tunique splendide et qu’il soit orné et resplendissant d’un vêtement de lin somptueux et remarquable que (le diacre) porte sur Tépaule? Il oublie que cela est le symbole des ailes qui dénotent l’agilité, la rapidité et la mobilité des armées (angéliques) qui servent’ et qui sont incorporelles. Je connais aussi beaucoup de sous-diacres (ûttoixxovoç)qui rougissent de ce degré; et si ce n’était pas pour leur nourriture qui leur vient des distributions journalières 2, ils fuiraient, comme un déshonneur, la charge d’allumer les lampes de la maison sainte. Ils ne songent pas à ce que, si ceux qui servent rois sur la terre et portent les lampes (Xapraç)en leurs mains ou accom•• ppilissent un service quelconque, (pris) parmi ceux qui ne sont pas en vue et qui sont vulgaires et combien de fois n’a-t-il pour but que de satisfaire le ventre! sont réputés heureux, et, pour ceux qui sont au dehors, sont resplendissants et très beaux, parce qu’ils ont part à l’honneur qui est attaché à la maison royale, ceux qui servent le Créateur de l’univers et le Roi des rois jouissent d’un honneur beaucoup plus grand on ne peut même pas dire à quel intervalle et à quelle distance et ils jouiront d’une gloire plus grande, lorsque, en échange de ce service et de la place (occupée) ici-bas i.
dans l’Église, ils recevront une autre place devant le juge de toute la création, dans ce temple spirituel, qui est saint (et) admirable par la justice 3, au sujet duquel David chaute eu disant Heureux ceux qui habitent dans ta maison, ils te glorifieront éternellement et Heureux celui que tu as choisi et que tu as conduit; il habitera dans tesportiques Et que (la charge) d’allumer les lampes du temple de Dieu n’appartienne à nullernent à ceux qui sont petits non plus qu’à ceux qui sont méprisables, je le montrerai clairement à l’aide des Livres sacrés. Car c’est le grand prêtre qui a été oint le, premier, le frère de Moïse, Aaron, qui était revêtu de la robe sacerdotale resplendissante d’or et de pierres précieuses, qui recevait l’ordre de faire ce service lui-même de ses propres mains.
Dans les Nombres, en effet, il est écrit ainsi Et le Seigneur parla à Moue en disant Parle à Aaron et tu lai diras Lorsque tu placeras les lampes de Et Aaronfit ainsi; c’est d’un seul côté, sur ledevant du chandelier, qu’il en alluma leslampes, commele Seigneur l’avait ordonneà Moïse9, u Mais à nous, prêtres et évêques, le nom de prêtre et d’évêque sullit ainsi que le trône, et nous avons totalement oublié de vaquer à (notre) service.
Cet exemple, à savoir d’être connu par les noms sans l’action. a passé à ceux qui sont laïques et si par hasard quelqu’un entre fréquemment à l’église, il se nomme yAmmu ou persévérant, et il s’enfle et se prévaut de cette appellation, tandis que nous ne le voyons -même pas la nuit et qu’il ne va jamais avec nous aux oratoires des martyrs, dès qu’il a seulement fait avec nous les prières du soir.
Mais tu diras en tout cas que tu chantes en ton particulier. Sors donc de la ville, fais preuve de force parfaitement et conformément à la loi, et applique-toi au départ philosophique. Pourquoi mélanges-tu ensemble les deux genres de vie, celui qui est propre au monastère et celui qui est propre à la ville, qu’on ne peut pas confondre dans les œuvres? Car tant que tu es dans"<> la ville, tu es tenu de venir à l’église pour ne pas renier la composition pt la coordination des membres, pour rendre complet en tout temps le corps du Christ’, lequel est l’assemblée des fidèles, pour ne pas rompre le lien grâce auquel subsiste l’union duSaint-Esprit, comme dit Paul. Ou bien ne l’entendstu pas dire Un seul corps (et) un seul esprit, commeaussi vous avez été appelés!•"> à une seule espérance de votre vocation’2? Pourquoi, en te montrant, ne nous es-tu pas aussi profitable par ton exemple? Ne penses-tu pas à mon gard que, plus que toi, je me réjouirais dnns le service et la prière particulière et, séparée qui se fait dans la tranquillité? Mais je ne trouble pas l’ordre, mais je sais distinguer les lieux et les temps, et je n’ignore ni oc quo veulent la. philosophie et la solitude, ni ce que promet la vie que les chrétiens mènent dans le monde ainsi que la fête et l’assemblée dans l’église qui sont communes à tous les âges. Je passe sous silence ceux qui out choisi pour eux-mêmes la vie monastique, tant hommes que femmes, qui disent et qui écrivent dans leurs lettres et dans leurs manuscrits « un tel qui est revêtu du sac », « une telle qui porte (des chaînes) de fer », « un tel qui est reclus », u- et qui oublient que le Législateur dit Qiw la main gauche ne sache [>asa.
que fait ta main droite Telles sont l’attention et la sollicitude que nous portons sur les noms, et non sm les actions. Tous les hommes, pour ainsi dire. cherchent à passer pour être tels, et non à l’être. La cause de tout cela remonte à la tête, à l’évêque, à cause duquel les autres membres aussi ont été corrompus. Car si moije me préoccupais desactions et non des noms seulement, les autres eax- « l.
mêmes s’en préoccuperaient. Or maintenant si quelqu’un m’appelle « évêque », vu[). retranche de moi ces deux syllabes îu »<xëç) j’en souffre comme quelqu’un dont on couperait les extrémités de membres principaux et nécessaires de son corps. Mais si je savais que, lors u’on désire la dignité d’évêque, ondésire de belles œuvres, et que l’augmei tation d’honneur est une augmentation de travaux et non une renonciation aux degrés antérieurs de la hiérarchie, nécessairement le diacre aussi saui lit que, lorsqu’on désire le diaconat, on désire une belle œuvre, et il en ii lit de la même manière pour le prêtre également, en sorte que les fonct 3ns honorifiques qui viennent s’ajouter ensuite et l’élévation dans l’ordre s: ïerdotal ne dépouillent pas celui qui est honoré et ne le privent ni le vident asdegrés antérieurs.
ïl faut dire, en effet, aussi à ce s jet la (parole) de Paul Parce que nousne voulons pas nous dépouiller, mais; ms revêtir par-dessus (le vêtement antér icury. Car ce n’est ni parce qut nous avons revêtu le ministère de la prêtrise par-dessus le degré précéi 3nt, que voici que le diacre a disparu, ni non plus parce le ministère di diaconat a été ajouté, que le chantre s’en est allé et que le lecteur s’es éteint. Cette seule (personne) est tout cela, obligée d’accomplir l’œuvre ropre à tout. Et si (cette pensée) était (réellement) dans notre esprit je veux dire les comptes à rendre et le procès terrible qui aura lieu devant le tribunal du Christ nécessairement, lorsqu’un honneur nous est ajouté, nous ne serions pas enflés par les noms; mais, fixant les regards sur le fardeau, nous nous traînerions sur la terre et nous songerions avec tremblement « Que nous at rivera-t-il donc de là au jour du jugement »
Que ferai-je donc? Comment ne pas gémir et (ne pas) pleurer annivment, pour n’avoir pas jusqu’ici touché aux choses qui sont devant les propylées de l’épiscopat, et mis le pied sur le seuil? Car combien grande io est la puissance de la première parole, pour ainsi dire, que nous adressons au peuple, lorsque nous crions « La paix soit avec vous tous » Kl. comreprésentée en songe. Car, pour ce qui lui est propre, chacun doit èlroM1 r a I . .C•o:•i?!
paisible, faisant preuve de mansuétude et de douceur envers son prochain, is suivant la (parole) dite. par les fils de Jacob à leur frère Joseph Sons sowmrs des yens paisibles et les serviteurs ne sont pas des espions1; et suivant coite parole) qui est chantée par le prophète David Avec ceux qui haïssent la paix, fêtais paisible et encore suivant ce qui est dit par Paul par manière de conseil ou d’avertissement Courez-après la paiœ avec tout le monde; et Quela paix du Christ demeure dans voscœurs2.
Quant à celui qui annonce la paix à l’Église de Dieu, il est tenu d’être non seulement paisible, mais encore pacifique, afin que dans les cœurs de ses auditeurs il puisse faire la paix, la tranquillité et le calme (sù<jt<xbaa) de la manière (de faire). 11représente, en effet, le Christ, le grand prêtre suprême3 selon la parole de l’économie, celui qui est médiateur entre Dieu et leshommes’, celui qui a pacifié par le sang de sa croix, comme dit l’Apôtre, soit ce qui est sur la terre, soit ce qui est dans le ciel; « ce qui est sur la terre », d’une part, parce qu’il a réuni les autres peuples à Israël et qu’il a fait des deux (catégories) une seule Église, appelant également et avec un égal honneur ceux qui (faisaient partie) de ces deux (catégories); et « ce qui est dans le ciel », d’autre part, parce qu’il a réconcilié le Père céleste avec le ir> genre humain tout entier, qui était son adversaire et qui était justement odieux, et qu’il a tiré du ciel les anges qui (le) glorifient (Uoire à Dieudans les hauteurs etpaix sur la terre, bonne volonté(sù&ojole)s hommes C’est pourquoi, en faisant connaître que ceux qui sont pacifique tiennent sa propre place, il disait Heureux lespacifiques, parce(fiiils seront appelés /ils de Dieu comme s’il avait dit « Parce qu’ils ma ressembleront.?
Comment donc suis-je pacifique? Côinoimit ferai-je la paix ohez les autres, lorsque je n’ai pas procure cette paix à moi-même, et que je n’ai pas encore obtenu que l’homme extérieur soit en paix avec l’homme intérieur, la chair convoitant contre l’esprit, et 1 esprit étant en opposition contre la 10chair’ ` sans pouvoir la vaincre, de sorte qu’il est submergé par le débordement des plaisirs et qu’il se laisse alîcr à la colère et qu’il inclim; < 11.(toi.2t vers les passions, leurs sœurs? Où est le patriarche en cela? Où est 1.« 1) l’archevêque? Que son caractère de chef se montre en son temps! Que son caractère de chef domine les passions honteuses, et qu’il ne soit pas dominé 5 par elles servilement! Qu’il se soigne lui-même tout comme un serviteur, lui qui soigne les autres t Vous voyez combien nous sommes loin de la désignation de pacifique: cette (désignation) est très vaste et pleine de beaucoup de sens divins et elle exige beaucoup de sueurs et de grands combats pour être expliquée correc..
tement et elle est un peu ardue à comprendre. Car le pacifique qui l’est non seulement dans la parole, mais (encore) et dans la conduite et dans le véritable et quelle est celle qui ne l’est pas, prend soin de donner la paix aux autres. En effet, avoir des sentiments paisibles envers tout le monde, ce n’est pas le propre du pacifique. Comment? Mais nullement. Car le fait de ne pas nous émouvoir et de ne pas nous élever d’une manière vive et brusque contre celui qui vit dans la débauche, si cela arrive, mais de fermer et de détourner les yeux et de tolérer les amours pernicieux de la passion’, ce n’est pas le propre du pacifique, mais, au contraire, de celui qui augmente et multiplie le combat de la passion, et livre ce malheureux à une corruption complète et à la perte. Mais le tait de reprendre celui qui est tombé, de le piquer àl’aide de remèdes qui l’instruisent, le le conduire àla connaissance, d’avoir pitié (de lui) de cette façon, d’éteindre l’incendie de la concupiscence, 1.Note marginale de L La phrase qui dit « et de tolérer les amours pernicieux de laconcupiscence »
suit, pour la îoreo du sens, la négation qui est devant >x »tesi(nous émouvoir): et pour que tu saches ce qui est dit. je te le mets selm la force ds son sens « car le fait de n<:pas nous émouvoir et de ne pas nous élever contre celui qui vil dans la débauche et de tolérer les amours pernicieux de la concupiscence n’est pas le propre du pacilique ».
de le délivrer et lie sauver de la folie, et de mettre le calme dans son âme, cela est bien véritablement l’œuvre du Ayant en vue cette pensée, David chantait Que le juste me reprenne et me réprimande avec miséricorde, mais que l’huile d<>spécheurs n’oigne pas mat tête. Car la miséricorde et la paix consistent en ce que tu viennes en adversaire contre les passions pour les retrancher que tu soufflettes l’arrogant ett l’orgueilleux par des procédés qui humilient et que par des moyens et par des artilices remplis d’instruction et de sagesse, doucement et non tout à coup, tu lui fasses courber son haut front; que tu ne reprennes pas l’avare, d’un io coup, en une seule fois, pour lui enseigner le renoncement, mais que d’abord tu lui parles sur les procédés et les profits justes et qu’ensuite tu en tires et en extraies la matière (3V/j)de sa passion, et que tu l’exhortes à partager avec les indigents, et que tu lui fasses entrevoir le profit spirituel, le royaume des cieux. Mais donner le pouvoir aux passions et les passer 15toutes sous silence, pour les cacher en soi, c’est le propre d’une paix négative qui ne connaît pas Dieu, de la (paix) qui est la mère de la guerre et de la discorde, qui nepeut pas ne pas être divisée et ne pas chanceler elle-même d’une certaine manière car rien encore n’est bien terme qui n’a pas de fondements ou Dieu. C’est contre une pareille paix que David se prémunissait en disant Jv portais l’iicic au.vméchants, voyant la paix des pécheurs C’est à cela que nous conduisent aussi les paroles de notre Dieu et de notre Sauveur JésusChrist qui a dit Je tous laisse fa paix, je vous donue ma paix; non commele mondela donne, je vous la donne-.
Le pacifique doit avoir également une tenue Ox.) conforme aux œuvres. Car l’acception des personnes ou hypocrisie suffit a implanter dans les ur l’obstacle et à les mener dans lafoss. Car, ô un tel, lorsque tu montres tu laisses pousser ta barbe et que tu baisses les paupières et que tu regardes vers la terre, en prenant une apparence de tristesse qui n’existe pas, tandis que tu convoites les biens d’autrui et que tu es plus prompt à les ravir .ô que lesloups de l’Arabie comme le dit la parole du prophète, et tandis que tu es avide d’amasser de l’argent, quelle paix donneras-tu à ceux dont tu es le chef? Au contraire quelle guerre ne jetteras-tu pas parmi eux? • 1,:>; C’est le propre du pacifique non seulement de s’ingénier à enseigner intégralement et convenablement ce qui a trait à l’enseignement dela prédica » tion en ce qui concerne la manière de se conduire, mais encore de résoudre savamment et convenablement les (questions) qui, dans les Livres sacrés sont censées présenter à tout moment des contradictions, d’accorder les (doctrines) de l’Ancien Testament (Aicrfhfîxauv)ec celles du Nouveau, comme les cordes différentes d’une seule cithare qui produisent une seule belle symphonie, et qui montrent que le Dieu des deux Testaments (AiaOv;a,-) est un et ferment la bouche athée de Marcion et (celle) de Manès. le misérable père des Manichéens. Mais tirer par les paroles de la vérité, comme par les mains, les hérésies (aipeœiç)opposées qui se dressent en adversaires les unes contre les autres et qui se détachent de chaque côté et surgissent les 15unes des autres par des opinions qui se heurtent, par exemple celle de Sabellius et celle d’Arius, celle d’Eutychès et celle de Xestorius, les traîner de-ci de-là et les mener à la voie intermédiaire de la foi orthodoxe dont, aveuglés, ils sont déchus et tombés. c’est encore l’œuvre du pacifique et de celui qui sait réunir sagement ceux qui sont divisés. Que Sabellius, en etfet, soit. couvert de .-(infusiondevant la seule essence (oô<xia)dela Sainte Trinité, et qu’il prétexte ît apporteen vain la division de la divinité qui n’existe pas Qu’Arius rougisse le la belle distinction des trois hypostases et, parce qu’il y a une seule et nome- essence (<ù<jl%q)yu’il n’apporte pas, la confusion! Qu’Eutychès rejelte imagination (çavrawix),en voyant .qu’on confesse une seule nature deDieu le Verbe qui s’est incarné (en prenant) la chair laquelle est de la.mêmeessence oÙTiaiquela nôtre el est animée par une âme raisonnable et intellectuelle et qui n’est pas divisé par la dualité des natures après l’union Qu’il s’approche aussi et qu’il se réunisse à l’Église’ celui qui tremble et déraisonne dans les raisonnements horribles de Nestorius, en voyant que Dieu a souffert dans ce qui était capable de souffrir il est clair que c’est dans la chair et que le même e ( st /esté impassible! Ce sont (là) les marques des pacifiques. Car anathél’"il. ’’i d’instruction, crier on orthodoxes, s’exalter avec de grands mots, ir.
p1arler en maître comme des remparts d’une ville et négliger le salut des autres sans tendre la main à coux qui sont dans l’erreur, cela n’est pas propre Parce que moi je suis dépourvu de toutes ces belles qualités qui ont été énumérëes (et) qui doivent se trouver en ceux qui se tiennent devant les propylées de la dignité épiscopale, je vous prie tous et je vous supplie de me prêter des larmes (et) des prières, afin qu’on ne me demande pas de rendre un compte déficitaire de chacun, et afin que, à quelque moment que ce soit et (même) en retard, j’aie mes regards (tournés) vers le repentir et vers une insigne conversion. Car c’est pour cette raison que je me suis servi différemment envers vous tous des choses qui ont été dites, parce que c’est sur moi que repose le risque (>uv&uvodçe)s choses qui vous concernent tous. En faisant cela, en effet, vous recevrez la récompense d’en haut et le royaume des cieux; du Dieu grand et notre Sauveur Jésus-Christ, à qui sied la louange, la gloire et la puissance ainsi qu’au Père et à l’Esprit saint et bon et vivificateur, maintenant et toujours et dans les siècles des siècles. Ainsi soit-il!
Homélie C — Sur la martyre sainte Drosis
UH LV MARtYRl SA’.NTi: L’rtOSIs’ t li LA FIT, DE i/UGMKLlE KST ÏN \£’ la lojveuï rs!m: eihori’tm) ru saitst altci A ceux qui posal ta question « Quelle est la puissance de la parole •ïwine qui dit Heper.ui-vons, le v,yaunw (tes civ.ix s’est approche’? »il est. bon (?c leur montrer la trèb vaillant vierge Drosis et de. s abstenir de parler, car rt que tu peux voir devant tes yeux, il est superflu de le montrer par la langue. En elfet, lorsque tu vois une jeune fille, très jeune et que Il v a lieu <le romai’iuei- quft, tandis que sainte I.« rosisélait fiUée chez les Grecs te 22 sopt.enr.Lie J pnenle homélie esl don.- bien à sa placo entre la précé’ienio pi-ononcô-s îp 5 novembre:,t<; el i.i suixanle consacrée à la Nativité. sur sainte Hros-r., voir sa vie dans Stlexi narratives af haly women ediiled h> A. Smith Lewis, syriar texl j and translation pp.?0-76 (Studio sinailLa IX-X, dis-je jeune? sortie à l’instant de l’âge de l’enfance, née sur la pourpre royale car elle était la fille de Trajan qui régnait alors sur les Romains élevée dans le palais royal, déjà maîtresse des « rxYjwTpIa. loi. -ilï ou sceptres paternels en qualité d’héritière, ornée de toutes les fleurs de 1-Ij.
ce monde, comblée de tous (les biens), inondée même de toute espèce (ys’voçd)e délices qui séduisent et troublent les sens avides (lorsque tu vois une telle jeune fille) courir au delà de tout cela (ûwepTpfywc)omme si c’était poussière et songe, voler au-dessus (ÛTrepîicTajtadie)s choses d’ici-bas, aller tout d’un coup jusqu’à la vocation du Christ et s’attacher entièrement aux espérances célestes et à la demeure bienheureuse; comment ne dirais-tu pas, non pas que le royaume des cieux s’est approché, mais plutôt (pw&XoSve)que le voici proche et présent?
Car de même que, au sujet de ceux qui sont les esclaves des plaisirs honteux, il est dit qu’ils sont sous l’empire du péché, selon ce qui a été écrit i par Paul aux Romains Quele péchéne règne doncpas dans voire corps mortel, desorte que vous lui obéissiez dans ses convoitises1,do la même manière ceux qui dans leur intelligence sont saisis par les pensées divines et célestes, (qui), selon la parole du même Paul, ont offert à Dieu, comme des armes de leurs membres’ et non moins encore les opérations de l’âme et (qui) sont assimilés, pour l’accomplissement. des ordres royaux, aux armées célestes au sujet desquelles le prophète David chante Bénissez le Seigneur, vous toutes sesarmées, vous ses ministres, qui faites sa volonté2, lors même t vivent encore cette vie terrestre, t’ont que le royaume des cieux leur soit proche, ils sont sous son empire, en montrant une conduite qui convient •mx esprits célestes et intellectuels, déjà ils y sont partis et passés, ils le au dedans d’eux-mêmes et ils l’entourent; c’est ce que notre Sauveur dit à ses disciples Car voici, le règne de Dieu est au dedans de ÎC En effet, que le règne de Dieu et (le royaume) des cieux consiste <mceci, nous voulions et fassions les choses célestes »;ttout ce que Dieu veut, et que nous mêlions nos pensées avec la volonté divine, c’est ce qu’a aussi attesté le modèle de la prière, grande et digne de Dieu que notre if foi.2222;2Sauveur nous a laissée. Cor après avoir dit Quetonrègne arrive, nous disons Queta volonté soit faite également sur la terre commeau ciel1, faisant connaître que le règne de Dieu consiste en ceci que, à l’exemple d’une ville bien régie par les lois (vdpoç),l’âme soit éprise et dominée par les choses qui plaiseut a Dieu et comme si elle était tout entière sujette à lui seul et soumise à sa seigneurie, ne songeant à rien qui soit étranger, en sorte que la volonté divine soit accomplie également sur la terre par nous comme elle l’est au ciel par les armées qui y sont, et en sorte que, encore à cet égard, il n’y ait qu’un seul règne qui vienne depuis le haut jusqu’à ce qui est en bas et qui depuis ce qui est en bas jusqu’à ce qui est en haut présente de la continuité et de l’union dans la docilité (eùrceiôeiae)t l’accord de ceux qui en font partie. Car c’est en ceci, et en rien autre, que consiste la (parole) Que ton règne arrive, que ta volonté soit faite également sur la terre commeau ciel.
Mais nous devons bien comprendre que le règne de Dieu et le royaume des cieux sont aussi différents l’un de l’autre que celui qui reçoit rwc îs qu’il s’associe et celui qui est reçu par le fait de l’association. Car c’estt à cause de Dieu qui règne sur nous, habite en nous et est reçu par lo fait de l’association qu’un seul et même objet est appelé et nommé « le associépsar lagrâcedivineetparl’illuminatioonu,àcausedesarméeqsui sontdansleciel,ouà causedenousquiavonsdespenséescélestesq,ue (ceseuletmêmeobjet)estdésigné« leroyaumdeescieuxa. EtMatthieu Leroyaumdeesdeuxs’estapprochée1t; Lue(l’atteste)e,nécrivanqtuele rosisa faitpartie deceroxaumeet quellea goûtésansse rassasietroutelalumièredelavolontdéivin, qu’elle aétééclairéeenellemêmeetqu’elle afouléauxpiedsleroyaumqeuisetraînesurla poussière, eparolequ’onvoit(et)quiditparcequ’onvoit « Hepeutez• i) •\iufcta,rvousvoyezque leroyaumdeeseieuxaprisenmoietquedéjàil Kne(î« t,cellequi étaitmaîtressdeela terre,detoute(la pour ir;musdîue.et’qui;régnaitsurelle,quelleautrechosepouvai i t ae<.n\aiucre cieux? Et tout homme, voyant cela et en étant étonné et stupéfait dans son esprit, réfléchissait nécessairement et se disait à lui-même « Il est donc vraii ce royaume des cieux reconnu par les chrétiens. Et si même dans la vie d’ici ils n’avaient pas de gages de l’espoir de l’au-delà, s ils n’étaient pas éclairés s par une certaine lumière céleste et divine, s’ils n’étaient pas transportés dans leur esprit, s’ils ne quittaient pas la terre, pour être conduits vers ce qui est en haut et pour habiter en quelque sorte dans les demeures supérieures, ce ne seraient pas les reines qui se laisseraient aussi convaincre de prendre en échange de la pourpre royale et de la puissance royale une simple espé10rance sans fondement. »
Quoi donc? Il nous faut croire le Christ qui, par l’intermédiaire de ce que l’on voit, montre la vérité de ses paroles qui sont même au-dessus de la foi.
Car le fait qu’une jeune fille quitte la maison paternelle, attirée et séduite ou par la beauté d’un jeune homme, ou par de grandes richesses, par le bonheur, par les autres illusions (avxaata)du monde et par l’attrait de ce qui est propre à charmer et à séduire, ce par quoi le sexe (ys’voçf)éminin surtout est facile à prendre, on peut le trouver également dans les récits anciens et aussi dans le temps qui nous a précédés, et même à notre (époque) il y a nécessairement de nombreux mauvais exemples de ce genre. Mais que le fait que la vaillante Drosis en arrive à des travaux volontaires, à une religion inusitée, et à la foi (Soyjxa)des chrétiens qui lui demande de mépriser des dieux a nombreux qui sont renommés, mais qui n’existent pas, qui enseigne la chasteté et la force dans le reste de la perfection et qui, à cause de cela, est poursuivie, persécutée, tourmentée car laquelle de ces choses pénibles et insupportables n’endure pas (la foi des chrétiens) de la part des lois (votuo;), de la part des rois, de la part de ceux qui ont la charge des commandements e et des administrations, de la part de ceux qui organisent les réunions de l soldats et de la part même des usages des ancêtres (répandus) partout et du i- a. ( c, uit0 des démons qui, pour ainsi dire, tenait l’univers? (que Drosis ait fait cela), c’était l’œuvre de ce feu dont le Christ disait dans les Evangiles fût déjà allumé’ Ce feu, tombé dans l’âme de la martyre, brûla et consuma donc toutes les pensées terrestres et mondaines comme de la paille; et après qu’il eut enveloppé et saisi tout son esprit en l’entourant, à l’exemple du buisson que Moïse voyait être en feu et ne pas brûler après qu’il eut fait monter en haut une flamme brillante et qu’il fut monté en haut, il fit monter la jeune fill comme un oiseau dans les airs et l’éleva jusqu’au ciel. Désormais tout occupée et attachée aux beautés d’en haut, elle était insensible à ce qui l’attirait vers la terre.
En observant soigneusement ces faits, on admire certes combien le Christ a fortifié et renforcé notre nature. Eve, en effet, fut la première formée2, ou 50nom de « construction » montre que la créature était quelque chose de ferme et de solide, et que celui qui la créa ne la fit ni délicate, ni faible, ni énervée, mais forte de la même manière que l’homme; elle avait, pour ainsi dire, les prémices et la nouveauté de la nature; elle se plaisait dans la demeure du Paradis divine et heureuse et exempte d’angoisse et elle se nourrissait t librement de tous les arbres: mais elle avait la défense de goûter du fruit d’un seul arbre, pour examiner si la liberté de son esprit acceptait l’obéissance. (Dans cet état) le Calomniateur la trompa et lui persuada de manger malgré la loi (vojxoç)et lorsqu’elle fut tombée par suite de la pente glissante de la volupté, il l’entraîna vers la terre; et, après qu’elle se fut tournée vers la chair, il la fit esclave du péché. Pour cette cause, avec Adam qui s’était associé à elle dans la transgression de la loi (vop.0;),elle entendait (dire) Tues poussière et tu retourneras en poussière Mais Drosis, vraiment admirable, a été de la même nature que nous, laquelle a vieilli dans les péchés, a été foulée aux pieds par les démons 3<ennemis, comme dit David J’ai vieilli parmi tous mes ennemis2 était l-b. {affaiblie.et fut languissante à l’égard des travaux de la perfection elle vivait somptueusement et mollement, ainsi que dans le Paradis, dans les délices et les fastes de ce monde mensongers, passagers et semblables à un songe, lorsqu’elle demeurait dans le palais royal de son père et qu’elle ne voyait aucune plante plantée là qui l’élevât vers Dieu ou qui renfermât un plaisir conforme à la loi. (Dans cet état) le démon tortueux ne la trompa pas et ne l’entortilla pas, lui qui, pour ainsi dire, vole adroitement tous les hommes, même ceux qui dans leur cœur se vantent d’être invincibles.
Car que n’y avait-il pas qui fùt capable d’entrer en lutte avec un esprit bien affermi? D’un côté la splendeur et l’abondance de l’or ne (le) combattaient-ils pas, tandis que d’un autre côté combattaient et attiraient à eux l’éclat et le prix des pierres précieuses et aux couleurs variées, capables de corrompre et de séduire même des yeux qui regardent chastement et non (seulement) sclou leur propre loi (vdjxoç)? D’un autre côté ne s’élevaient- ils pas en guerre contre (l’esprit) le luxe royal des vêtements, la grandeur et la beauté des édifices, (beauté) qui du sol arrivait jusqu’au toit et qui rivalisait avec l’a.spect fleuri (eùavôia) des champs? Nabuchodonosor, roi des Babyloniens, enorgueilli dans son esprit par de telles choses, dit aussi une fois N’est-ce pas Babylone la grande, que j’ai bâtie comme résidence royale par la puissance de ma force (et) pour la gloire de mamajesté/? Et aussitôt à l’instant môme, pour l’orgueil et pour l’arrogance de ses paroles, il fut condamné à la stupidité et à la foàe de sos pensées: teliement cela est capable de faire déchoir du bien môrr.e une pensée ir>affermie Parlerai-je de la table sur laquelle abondaient des mçis princiers recueillis de partout, de la terre (et) du ia mer, qui, par leur rareté ’et!eur pénurie et la difficulté de les trouver, augmentent l’appétit et caressent Souvent môme un ventre austère et tempérant, à plus forte raison (un ventre) gourmand? Énurnérerai-je le grand nombre des satellites (àopupopoil)’é,lite et la g8loire qui vient de toute nation et de (toute) race (ys’vo;),tout le service de des femmes et tout ce qui à l’extérieur remplit l’imagination (<11avTowtad)’étonnement et de frayeur, les habitudes des servantes du même Age, la parure, les ornements, choses que les femmes aiment et recherchent à ce point qu’il leur serait plus facile d’oublier quelquefois de respirer l’air ou de boire et de manger, plutôt que de les (oublier)? C’est ce qu’atteste aussi le prophète Jérémie, en écrivant ainsi L’épouse oubliera-t-elle ses ornementset la vierge sa ceinture? Mais mon peuple m’a oubliépendant desjours Mais Drosis n’oublia pas, ou plutôt (jjuxVaoèvi) par là même qu’elle avait connu Dieu, elle ne se souvint plus et oublia même à son propre sujet qu’elle était femme, ayant fermé les yeux à toutes les choses sensibles, ayant fixé sur le ciel les yeux de son esprit, étant partie tout entière vers les choses d’en haut, ne s’appliquant qu’aux choses d’en haut, cherchant les choses d’en haut, où le Christ est assis à la droite de Dieu’. Pour cette cause, elle no l’entendait pas, comme Ève, (dire) Tu es terre et lu retourneras à la terre-, mais « Tu es ciel et tu monteras au ciel ». Pour cette cause encore elle r. monta, s’élevant comme une colombe sur des ailes spirituelles. Lorsqu’elle se trouva en dehors des demeures royales, elle fit peu de cas d’elle-même et se cacha secrètement avec les vierges qui menaient la vie humble et ascétique du monachisme et professaient le christianisme alors plein de dangers (xtvovoç).Étant leur compagne dans la vie sévère du monachisme, dans la io conduite pure, dans l’espoir en Dieu, et, à la fin, dans la course du martyre, course qu’elle accomplit pour son âme, elle a dit avec Paul J’ai achevé ma course, j’ai gardé ma foi, j’ai obtenu la couronne de justice, tandis qu’elle a confié ici son corps vénérable, cet instrument (opyavov) de l’esprit des athlètes fort et courageux et point paresseux, ou plutôt ((« tXXov£é)prompt et vif et 15prêt. Mais, par son esprit, elle s’est jointe pour vivre en société avec ces âmes, lesquelles, d’une manière semblable à la sienne, combattirent vaillamLfo! m .M e 3Ï n H t et valeureusement, et par les travaux de la perfection laissèrent leur y cC(orps se dessécher comme une peau de tambour, ou le firent mourir dans les qu’elles sont joyeusement délivrées du lien de la chair car elles préméditaient (et) attendaient cette délivrance que des chefs spirituels et des r> armées angéliques montent en même temps (au ciel) et chantent en morne temps et, comme avec celles qui imposent d’une certaine manière des couronnes, ils chantent cet hymne de victoire, désigné déjà en peu de mots par In prophète David, qui dit ainsi Les chefs avancèrent en tête, après ceux <juichantent, au milieu desjeunes filles battant des tambourins Pourquoi donc nous-mêmes, enentendant cela, ne désirons-nous pas, même (Miretard, à quelque moment que ce soit, les avantages du ciel, vers lesquels se dirige la course des âmes raisonnables et leur marche naturelle vers le •>aut?Et, au contraire, comme si une âme de porc ou d’un animal quelconque 1101s était échue, regarderons-nous vers lo ventre et vers ce qui est au- irdessous de lui? Et d’une manière déraisonnable oublierons-nous notre ressemblance avec Dieu? Ne nous appliquerons-nous pas à la patience ni à une conduite pure, et n’aurons-nous pas un peu d’estime aussi pour la virginité, prur la préparation aux demeures célestes, à cette vie de cohabitation avec les anges, et à la grandeur des délices qui sont préparées àceux qui vivent dans la piété (eùsé&ia);ce qu’il ne nous est pas facile, en vérité, non plus de comprendre par l’intelligence Cen’est pas monté, en effet, dit le Livre divin, dans le cœur de l’homme Ce n’est pas ainsi que nous célébrerons la commémoraison de la martyre.
Car la véritable commémoraison des martyrs consiste dans l’imitation de leur perfection. C’est pour cette raison aussi que nous faisons cette (commémoraison) et que, commémorant les (martyrs), nous célébrons leurs fêtes, c’est afin que par la commémoraison et par l’imitation de la patience, de la vaillance, de l’espoir à cause duquel les souffrances du temps présent ne comptent pas en comparaison de la gloire qui doit être révélée en nous", nous devenions parfaits, nous secouions loin de nous le sommeil des préoccupations mondaines, nous apprenions quelle fin visent les choses des chrétiens, et qnc nous ne soyons pas inopinément emportés nus, indigents, laids, n’ayant .5 aucune provision pour le salut.
Tu loues, dis-moi, ô femme, la virginité de Drosis; aie réellement deLl l’émulation pour ce que tu loues, afin que tu obtiennes le Christ en qualité. f°ii.
d’époux; car tu as entendu pour toi Paul qui dit Je vous ai fiancés à an mari unique, pour vous présenter au Christ commeune vierge pure’ et O//e m’ /j’ds pas mariée songe aux choses de Notre-Seigneur, afin d’être sainte et de rorps et d’esprit. Mais tu dis que cela est grand, et que ce n’est pas facile à faire correctement; en particulier ce n’est pas trop grand pour les âmes qui sont frappées de l’amour de Dieu. Du moins charge-toi du joug du mariage, « mais conserve-le honorablement en le gardant chastement; et, si ton mari est parti de ce monde, ne t’arrête pas à un second (mari). Que si tu (regardes) à un second (mari) car il est permis pour la nécessité de la chair ne te laisse pas aller vers un troisième, surtout si tu as dépassé dans les années l’âge de la jeunesse, et si la vieillesse ou la mort approche de toi. Car si le second i imari) est permis, pour le troisième je ne.peux rien dire sinon qu’il n’est pas permis, parce que même la permission est renfermée et comprise dans certaines limites et n’admet pas une cohabitation sans frein.
Tu loues, un tel, la martyre qui méprisa la gloire royale et les biens. Montre réellement ta louange (xtéoç); donne de tes biens aux pauvres, ou ce qui est différent et d’un mérite moindre ne convoite pas les choses dautrui mais également tiens-toi loin de ce qui a été dérobé ou pris injustement; ne va pas avec de telles choses, de peur que tu ne paraisses devant le juge alors qu’elles sont en ta possession, car elles te seront attribuées et t’entoureront, même si tu ne veux pas et tu désireras alors les cacher ou les éloigner de toi, et tu ne le pourras pas. Car les images (ebcwvd)e nos actions s’attacheront à nous, sans se séparer de nous, comme les ombres s’attachent aux corps.
Tu loues, ô excellent, la patience de la servante du Christ dans les luttes sacrées; que ce que tu loues t’apprenne et t’enseigne donc, quand io l’occasion l’exige, à supporter les ignominies pour la religion (eOséêeia), à confesser devant les hommes la saine foi, à ne pas changer avec les circonstances, à louer d’une part ceux qui ont lutté jusqu’au sang et à suivre d’autre part la religion (gùaéêeta)qui n’était célébrée que par la langue et L ï. loi.!: qui était louée avec emphase, et cela quand c’était permis. C’est par ces l e’ies r b.
ir>formes de la perfection et par ces àv3t8sa ou vœux de notre homme intérieur que la vaillante Drosis veut qu’ou lui tresse des couronnes de louanges (-aeo,). Pourquoi donc parlé-je des choses intérieures, attendu que personne de ceux qui possèdent, n/a bien voulu lui faire don des biens extérieurs et Car tous les hommes et toutes les femmes accourent fréquemment à ce temple saint; ils font leurs prières et présentent leurs demandes, et, se r, de l’aide et de l’intercession de la martyre, ils obtiennent des truérisons et de la santé et des faveurs diverses de toute espèce (yevoç)q,ue chacun demande d’obtenir. Mais personne ne fait attention à la table vénérable du saint ministère sacerdotal, ni aux colonnes d’argent placées auprès d’elle qui soutiennent la coupole (vjpwpxTpas)ituée au -dessus de leurs têtes, qui esi une, iaide et informe, qui a été simplement figurée par des yavdveou barres de fer comme dans une représentation symbolique, mais qui n’a pas été recouvcTto d’argent. En vérité, ce n’est pas seulement au point de vue de la beauté, mais aussi au point de vue du <jé6açou de la gloire adorable, à ce qu’il me semble, que (cette coupole) a eté jugée et imaginée par ceux qui ont construit < aux arcs rinsi que grêoe à la couronne pour former la calotte circulaire d’en huut, se trouvant suspendue en l’air et se terminant an son centre semblablc au nombril, afin de montrer que nous qui accomplissons les fonctions sacerdotales sous (cette coupole) nous nous tenons à l’intérieur du ciel à des armées incorporelles et que nous célébrons mystérieusement les saints ollices. Et personne cependant n’a condescendu à apporter pour une telle s « uvre pieuse l’offrande d’une livre i Xtroxd)’argent; et pourtant si chacun de ceux qui même possèdent peu avait donné une (livre) seulement, le donateur ne se serait pas aperçu de ce qu’il donnait, tandis que ce qui serait recueilli ensemble de la part de chacun arriverait en réalité à parfaire, et amplement, la (somme) suffisante. J’omets, en effet, de dire que même un seul (fidèle) • 10pourrait offrir le tout, un de ceux qui sont couchés sur des lits élevés et N’.1Il..
qui prennent leurs repas dans des plats d’argent portés par de nombreux <v)uedirai-je encore des femmes qui toutes, se rendant au bain, so<it i5 ot sont portées au milieu des places sur des Opdvoçou sièges éo-aiornont ri’Viendissants d’argent, a tel point que même les mors des mules n’en seut pas dépourvus? Et puis si une tille de roi venait dans notre ville, et si elle Huit, ici fiancée à quelqu’un en vue d’un mariage, chacune de vous nécessairement, s’empressant de se mettre soi-même plus en vue auprès de celle qui va se marier, apporterait comme cadeau à la chambre nuptiale ce qui serait le plus précieux de tous les bijoux d’or ou des objets de grand prix. Mais pour la martyre qui renonça au royaume terrestre et devint la fille du Roi et Père céleste et devint l’épouse du Christ, tu es paresseuse, tu es négligente. r> et tu hésites à donner quelqu’un de tes objets. Mais étends (la main) et donne joyeusement et ne te retiens pas. Tu obtiendras de riches récompenses car son époux n’est ni ingrat ni indigent à tes enfants il « ionner.1la santé, bien plus précieuse que de nombreux talents, la finesse de l’esprit pour les études, et les autres choses par lesquelles les parents se réjouissent de leurs enfants,. A ton mari, il donnera également, avec une bonne benédiction et la grâce d’en haut, et, après tout cela, après le départ d’ici-bas, le royaume des cicux. Puissions-nous tous l’obtenir, par la grâce et par la miséricorde et par la charité du Dieu grand et notre Sauveur Jésus-Christ, l à qui sied la louange, la gloire et la puissance avec le Père et l’Esprit très saint maintenant et toujours et dans les siècles des siècles. Ainsi soit-il
Homélie CI — Sur la Nativité ou l’Épiphanie
SURla Nativité OUl’Epiphanie, QUIESTl\ CINQUIÈM(Esur CE SUJET). Voulant célébrer l’objet de la présente fête, qui est la descente du ciel vers nous de Dieu le Verbe, sa venue resplendissante et sa manifestation sur la terre en vertu de laquelle, parce qu’il s’est incarné (en prenant) une chair véritable et de la même essence (oô<na)que la nôtre, il s’est manifesté, il est apparu et il a vécu avec les hommes en tant qu’homme, de sorte que les disciples qui l’ont servi et ont vécu avec lui, sont appelés les témoins oculaires et les ministres mêmes du Verbe’ lequel ne pouvait pas apparaître 10ni tomber sous le sens de la vue comment aurai-je la force suffisante pour le louer? Quelle gloire convenable trouverai-je, et quelle langue fera connaître (tout) cela? Je ne trouve qu’une parole écrite dans les Évangiles (Eùa8>:a) qui se hâte et s’efforce de s’élever vers le haut et de rivaliser avec le fait lui-même, et qui cependant avoue ouvertement avoir été surpassée par le prodige lui-même; en effet, une multitude de la milice céleste et une troupe d’anges apparurent aux bergers, et on entendit qu’elles disaient au sujet de la merveille de l’étonnante naissance selon la chair du Verbe incréé Gloire à Dieu dans les hauteurs1.
Examinant la puissance de cette parole, condensée dans la brièveté de l’expression, autant que j’ai la force de l’imaginer, moi qui suis petit et qui vois peu, et comme dans une goutte et dans les ombres je me représenterai et j’essaierai de dire comment je vois l’esprit des anges qui pro- îo noncèrent (cette parole) et ce qu’ils me semblent dire par elle d’une manière développée. En voyant cette gloire digne de Dieu (BeoTcpex/fcd)p,nt l’enfant né de la Vierge est l’objet, et en voulant nous-mêmes la célébrer et la louer, nous voyons que les gloires de la terre sont pauvres et défectueuses et que toute parole humaine et qui se présente sur la terre reste bien en arrière de ce qui convient, ou, plutôt (aaXXov8é) qu’elle tombe bien loin. Par suite nous pensons que cette gloire qui est chantée dans les hauteurs par les esprits immatériels et intellectuels d’en haut est à peine très conforme et très convenable à ce mystère qui maintenant s’accomplit et se passe sur la Lfoi.?!> terre, non pas celle qu’oflrent les ordres (to&ç) des anges, ni encore r" s des archanges, ni des trônes, ni des dominations, ni des principautés, cc n m i des puissances, ni des armées (célestes)’, mais celle des chérubins euxmêmes qui sont au-dessus de tout ordre (t£iç), et de ceux qui en approPour cette raison, en effet (les anges) ne dirent pas « Gloire dans la hauteur » au singulier, ou « dans le ciel », mais (ils ont dit) au pluriel « Gloire à Dieu dans les hauteurs qui sont plus hautes que tout3 », montrant par le superlatif que cette gloire qui est énoncée est plus haute que 1.Col.,i, 16. 2.Traductiondusuperlatif.Notemarginalede L II fautsavoirquecette expression« dansleshauteurs »quifiguredanscettephrasequenousdisons« Gloireà Dieudansles hauteurs »nefigurepasseulemenatuplurieldansla languegrecquem, aisaussiavecuncertain portéedumotquifiguredansle textegrec(èvOïcTot;« )Gloireà Dieudansleshauteursquisont plushautesquetout ».C’estdecelaqueledocteuraparléquandila mislesuperlatif:cardansla languegrecquetouslesmotssontdits detroismanières.Onlesnommeainsi premièreforme 1.Mai,Scriptorumveterumnovacolleetiot,. IX,738 ’AirôXoyopuâ.TdnovôèKuptovuoïjtIoevut toùTtpoxetjiévxoàu;,èYytÇoOàaÔaXî oouùçaîaçr,capàtàçâXXaoçuvâXa£ÛiçTÎix,aiirXsoTvr,ç0eta;wero-jata; xalOecoptàawcoXauov« daaiç,toùIxeîôevvoepowxalàTtopTo« ypwTtéoiû;xo-àjp evsxxaotÔpovaoû;xcûxaî toutes (les autres). C’est la gloire qu’Ézéchiel aussi écouta en lui-même, iorsqu’elle était chantée par les chérubins, et cela lorsqu’il était initié comme dans une vision. Il dit, en effet, les avoir entendus dire Bénie soit in gloire du Seigneur de son lieu’. Par « lieu du Seigneur » il faut entendre, à cause de ce qui a été mis précédemment, les êtres (oùciaç)immatériels qui "> sont plus rapprochés de lui que les autres armées (célestes), et jouissent bien davantage de la société et de la contemplation (Gewpt’ad)ivines et de la lumière intellectuelle et ineffable qui (vient) de là. Car c’est à cause de cela même que les chérubins sont encore appelés son trône et son siège, comme, si du fait d’une illumination plus grande et plus parfaite, autant qu’il est possible, (Dieu) était assis et se reposait sur eux et demeurait toujours Cette (expression) Bénie soit la gloire du Seigneur de son lieu, est donc absolument la même que celle-ci Gloire à Dieu dans les hauteurs. « Toute nature créée, dit-il, en effet, est (trop) inférieure pour glorifier ou bénir Dieu.
Mais ils le béniront, s’iis ont quelque chose de plus convenable, de préférence à tous les autres, ceux qui ont obtenu une place qui est dans la hauteur e qui est plus élevée, à tel point qu’ils seront appelés « le lieu du Seigneur ».
Et par le fait qu’ils sont associés à la gloire divine et en sont illu- Lfoi. minés, ils pourront donner en retour et rendre en échange de cela gloire, bénédiction et louange (xkéoç) à celui qui leur a donné la lumière intellectuelle, tout comme des eaux qui, recevant la lumière du soleil, éclairentt également en réfléchissant la lumière; car, de cette manière, il arrive que Dieu lui-même est glorifié en quelque sorte par sa propre gloire. » C’est quelque chose d’analogue que le sage Paul écrit aussi aux Romains, au io sujet de ceux qui avaient reçu la participation et le don du Saint-Esprit et priaient, lorsqu’il dit L’Esprit lui-même demande et prie par des soupirs Et les anges qui apparurent aux bergers, ayant en vue la gloire inexprimable de l’Emmanuel, jugeant mesquin et blâmant, pour ainsi dire, toute les hommes, tournèrent leurs regards vers les armées qui sont dans la hauteur, et là encore ayant tourné leurs regards au-dessus de tous les autres, ils vaçwvr.eh-, tô àet veiÇov xat Xï)?éiroTS YTjpâoxov, xaxà xb èv 7t)aÇi vofjiixôv Ypâiia TtaXaitoôév {iéyav 6s sçy; t>v tôjiov nû; yàp oO iiéya, 7îpâyAa to<toûtov sùayifeXiÇô{ievov xat jua xat àÇtâYaatov éjieîitEp xatà HaùÀov montèrent en courant vers ce qui est, pourrait-on dire, le sommet et la tète des ordres (râÇiç)qui servent et qui sont bienheureux, ils jugèrent que la glorification (SoÇoXoytlaa) plus grande de toutes était quelque chose de petit et, comme s’ils eussent été dans le besoin après que tout eut été épuisé et fini pour eux, ils crièrent ce qu’ils avaient trouvé Gloire à Dieu dansles hauteurs.
C’est par des (voies) opposées qu’il vient celui qui est haut et charitable par nature; il descend au-dessous de son essence dans la mesure où il savait que nous en avions besoin, nous qui avions besoin d’être sauvés; et ayant chargé le prophète Isaïe de prédire le mystère de l’incarnation qui est au-dessus de toute intelligence et de toute parole, il lui dit Prends-toi un if grand tomos tneufet écris dedans avec une écriture humaine « Qu’on se-hâtede 1, f faire lepartage du butin, car c’est -proche22 » C’est bien convenablement qu’il a donné le nom de « tomos neuf » à l’Évangile (EùayyéXiov)qui fut clairement écrit et prêché d’avance par les Prophètes, qui est toujours jeune et ne vieillit 1.Sévèrebase’lesdéductionsqu’onva liresurle mott6[mçde la versiondesSeptanl?et sir aonsensétymologiquqeu,iest« section » ona doncrréférégarderle mot« lomos » plutôlque traduirepar« livre ». 2.Isaïe,v:n.1.
àvOptoitîv(roo’.tçypâeTivtapaxsXsOXeîTaavài-xo/.oûôxwa;i<pi),av6pw/.ajiwit;oùtooîxovo;xwevîyàpôtoOftsov Aôyox;aTaoéêr,xe£î;vxoyevsaGaaviôpwîro(t;Y, jàiroêaXXttôûvsîvaiOeà;7,tw;àvftponttvyopi;ijj.rj.aaiàvur,’trtceTvaitepilautoOypâipecôtèaxiaiôtayyéXXsuoôvaysàprt âvavôpwTcaru)<xÊn;Tpes°TerjA.Xoiwoffù6tvî jamais, comme la lettre de la Loi écrite sur les tables laquelle est tombée en désuétude. « Le tomos, dit-il, est grand »; en efl’et, comment ne serait-il pas grand cet (Evangile) qui annonce une telle réalité? grand et digne d’admiration; car, en vérité, selon la parole de Paul Sans contredit, le mystère de la piété r (éùffsêeia)est yrand1. Et il est encore autrement grand, celui qui apporte des enseignements parfaits, non pas comme (à des enfants-, mais) comme à ceux qui sont grands par l’âge intellectuel, celui par qui nous avons entendu clairement 11 a été dit au.r anciens « Tu ne tueras point »; mais moi je dis Ne te mets pas en colère contre ton prochain en vain (eizr,). a été h> dit encore « Tu ne commettras pas d’adultère » mais moi je dis Me regaidr même pas celle quetu convoites. Soyezparfaits comme votre Père céleste est parfait Mais ce tomos qui est si grand, il ordonnait cependant au prophète de Fécrire avec une écriture humaine: il disait, pour ainsi parler a N’aie pas 1Tiiu.ai. hi. 2.Letraducteuromet icidesmois,ce quifondle (exl • obscular,nli? ijiiil 6scTtpC7ieaOTiàtsTpïo)(x:?irit.oî,ù:t?kévav0pw7tYXi<o7yeoauè)v;çvor,ffsax6aatisÎTreî« vX, Xtàô7ioXXofxfTai(ô)vto.v peur, ô un tel, pas même en considérant la divinité et rincorruptibilitô du mystère et en t’appliquant à atteindre ce qui est adrquat à la réalité eu tant que tu dois parler de Dieu, tu cherches des paroles et des expressions divines sans les trouver, (et) c’est nécessairement à contre-cœur que tu vas écrire: je t’ordonne d’écrire avec des lettres et avec des paroles humaines, > dirigeant même cela d’une manière très convenable et (très) charitable i’ût/.av8p<’nrco:E>n. effet, si le Verbe de Dieu est descendu pour se faire homme sans cesser d’être Dieu, comment dédaignerait-il qu’on écrivit et qu’ou annonçât ce qui le concerne avec des lettres humaines? Car celui que l’incarnation n’a ni changé, ni modifié, ni amoindri, comment devait-il être u »
amoindri par l’écriture ou par la prononciation de l;i parole humaine, qui nous apporte la prédication salutaire de l’Évangile (hùayy&iov)? » C’est ce qu’attestent les anges eux-mêmes qui, commeje l’ai dit plus haut, voyaient loi. 225 unenfant couché dans une crèche et lui adressaient la gloire qui est dans les Et pourquoi ne dit-il pas « livre », mais tomos? Parce que ni le chœur des 1.Le gre-portecboaTroçJ.I estpos-ibiequele traducteurait confonduce motavecâpôapTo; Prophètes, ni la foule des Évangélistes oudes Apôtres, n’est capable de comprendre et de dire toute la réalité de cette sublimité digne de Dieu (ÔeoTcpeicYiç) ou les paroles de l’incarnation, sinon en petite partie et dans la mesure où quelqu’un toucherait seulement du bout des doigts et ne prendrait qu’un tout petit fragment (tocç).C’est pour cette cause que Jean, le fils du tonnerre, qui plus que tout autre fit de la théologie et fut éclairé dans son intelligence, et qui, d’une manière très sublime, a écrit ce qui se rapporte à l’incarnation, enterminant la rédaction de (son) Évangile, disait aussi Il y a encorebeaucoup d’autres choses{parmi)tout ce (jua put Jésus; si on lesécrivait en détail, je ne 1() pensepas quele mondemêmeput contenirles livres qu’on écrirait. 11a dit cela, non seulement lorsqu’il montrait ki quantité de ce qu’a fait Jésus, attendu qu’il était le Verbe qui (existait avant les siècles et la puissance qui régissait tout ce qui est venu à l’existence c’est pour cela qu’il disait MonPar agit jusqu’à présent, in) moi aussi j’agis- mais encore lorsqu’il en fait couv>naître la grandeur que l’ouïe de ceux qui vivent dans le monde n’était pas capable de percevoir.
Car tout cela n’a été révélé et écrit qu’autant que c’était compréhensible pour nous. Et on dirait et bien justement que même tous les Livres inspirés de Dieu, en comparaison de toute la science divine, ne tiennent que la place (tx£iç) d’un tomos quelconque et d’une petite partie du livre entier.
Il semble en vérité que notre Sauveur même prédisait cela par le prophète des Psaumes, et qu’il faisait connaître d’avance savenue dans la chair ainsi que la répudiation du service ancien et figuratif à l’aide d’holocaustes, et son « > remplacement par l’exercice du sacerdoce spirituel et véritable de (son) corps saint; et il disait à son Père Tu n’as voulu ni sacrifice, ni offrande, mats t,i m’as formé un corps; tu n’as agréé ni holocaustes, ni (sacrifices)pour le péché, Alorsj’ai dit Voici,je viens, c’està mon sujet qu’il est écrit en tête du livre1.
h1olocaustes, dit-il, qui étaient accomplis selon la Loi (vépç), tu les as abolis ô Père, à cause de leur caractère figuratif et de leur imperfection et, a leur place, tu as inauguré la venue de mon incarnation qui est plus mystérieuse que tout et l’exercice du sacerdoce de mon corps qui est parfait et ne manqua de rien, parce qu’il possède la rémission des péchés et une purification complète, ce que la Loi (vojxoçn)e pouvait pas opérer. Ces choses, dès le commencement, sont écrites et prédites à mon sujet en tête du livre, c’est-à-dire dans un jceàXaio o v u chapitre et dans une section, » appelant « une tète du livre » tous les Livres qui prédisaient à son sujet, parce que tous également, et non seulement un seul, prédisaient sa venue dans la chair.
C’est pourquoi donc Luc aussi a écrit que, lorsqu’il apparut après la n résurrection d’entre les morts à des hommes qui marchaient sur la route, ayant commencé par Moïse et par tous les Prophètes, il leur expliquait dans tous les Livres ce qui le concernait. Cependant par « tous les Livres » il désigna une petite section du livre et un chapitre, en comparaison de tout le livre de la science divine, lequel en vérité n’est connu que du Christ seul, •S’1en qui se trouvent tous les trésors cachés de la sagesse et de la science2, comme Paul l’a écrit aux Colossiens Car de ces trésors il n’en est descendu jusqu’à nous qu’une parcelle qui peut être comparée à un chapitre (xecpxXaiove)t à un tomos, et cette (parcelle) n’est pas saisie par tout le monde, mais plus par les uns, moins par les autres, selon qu’il appartient à chacun par t5 suite- de sa préparation et de sa purification à l’égard de la contemplation livre de la science parfaite était écrit au dedans et au dehors, et qu’il était scellé de sept sceaux qui signifient la perfection du secret; il dit à son sujet £7 personne dans le ciel, ni sur la terre, ni sous la terre, ne pouvait l’ouvrir, excepté celui qui a remporte sur la mort la victoire à notre place, le lion de la tribu d(e Jiula, le rejeton de David’. Et celui-là est le Christ, au sujet duquel le ]atriarche Jacob disait en prophétisant Juda est un jeune lion; lorsque tuas r" b. p t loyé tes genoux, tu as dormi comme un lion’2. C’est à cause de (sa) royauté qu’il lui donne le nom de lion; et lui-même, en vérité, après avoir complètement ployé ses genoux, s’être couché, s’être endormi du sommeil (qu’il a dormi) pour nous et être mort, il a montré que par sa résurrection il a régné et prévalu sur la mort qui avait régné sur l’univers. De son côté Paul écrivait aux Hébreux en ces termes Car il est notoire que Notre-Seigneur s’est levé C’est celui-là qui nous a ouvert le livre de la science qui était complètement fermé, dont un seul tomos est descendu vers les hommes. En effet, nous n admettons que celui-là, ainsi que ceux qui, comme Isaïe, étaient chargés, en plus d’écrire et de dire, de montrer aussi aux autres ce qu’il y avait dans ce (tomos). C’est pour cela qu’il entendait encore Prends-toi un grand tomos neuf. Quelques exemplaires ont Prends-toi un tomos du grand (ouvrage) neuf’ Par là il est clairement montré qu’il parle du grand (ouvrage) neuf, du 1.Linmargine Is 2.Mai,op.cil.,t. IX,72G ’ArcôtoùaOtouXoy&Tur..vaaiavivirpooip.iot; àitov.otXvtîîjt;T6sisia;èvavOpwniîoewî.
mystère qui devait être écrit dans ce tomos, à cause duquel il a également appelé le tomosneuf et grand ». Car il est notoire que tout tomosdans lequel on doit écrire est généralement neuf et non écrit; (il suit) de là que, si quelqu’un des Prophètes reçoit aussi l’ordre d’écrire sur un livre, c’est d’une part un livre par rapport à nous. qui ne savons rien et qui n’avons pas du tout part aux choses divines, et c’est d’autre part un tomos par rapport au livre supérieur.
Mais voyons pourquoi Isaïe reçoit l’ordre d’écrire dans le tomosavec une écriture humaine. Qu’on se hâte, dit-il, de faire le partage du butin, car c’est proche. C’est la cause de l’incarnation divine qu’il met en évidence dans les commencements mêmes. Car parce que par le péché d’Adam la mort est entrée en s’insinuant et a prévalu sur le genre (yévoç)humain tout entier, et que le Calomniateur, emportant (son) butin comme à la suite d’une victoire (remportée) en guerre, nous possédait désormais, alors que nous faisions les œuvres du péché et que nous portions ainsi un malheureux tribut au tyran (iropavvoç)c,elui qui a dit au sujet des enfants d’Israël qui fabriquaient des briques en rigypte StaêôXxoayixôvSat(i.6vtfô.>t;và,jco<rroX8toétv;eiiev,i’reâi;aavTr.ovïxou(I.£xvattiav(i.2pifafùar;oùîx,oixataôisÀwv âaTcexpXïjpwxoyù«;Pxa>àlyyéAOxua;ï;IxxXrjçiaèinçiTTïiaax;at êxâ<rrtwûv wkttûv,xat àçopsffaiiçpcç aùrwvêvoùpavoïSçiaTtavx(ètXçénovxvbtTïpôirwnxoovùiraxpéf;iouxoùIv oùpavotx;1aûxaxafffltetyxeôv ’HffataYvp« P« fv-£TàTâxo’j«;oÀXXoOéyuvrc,ipeaxyiàp,xowtéoxaiùvxôxèÈpyoèvçédxïixxeatèitlOûfatè;attvet étaient les esclaves de Pharaon J’ai bien vuVhumiliation de monpeuple 1, qui est en Egypte, et j’ai entendu le cri que lui font pousser ceux qui le perséa. c C utent par le travail, car je connais sadouleur et je suis descendupour le délivrer1, l1ui-même s’est penché aussi vers toute notre race (ysvoç), persécutée par les démons qui la persécutaient par un dur travail, et par la prophétie il montre qu’il se hâte lui-même promptement et rapidement pour enlever le Malin et le dépouiller du butin que nous étions nous-mêmes. C’est pourquoi il disait aussi dans les Évangiles (Eiayy&wt) qu’il est venu pour lier le fort et lui prendre ses armes2, nous faisant encore connaître qu’il se hâtait, dit-il, non seulement pour enlever le butin, mais aussi pour en faire la captivité, c’est- to à-dire le partage; car, après nous avoir pris au Calomniateur et aux démons, il nous a partagés entre les Apôtres en les répartissant sur toute la terre habitée; il leur a partagé la terre comme en tirant au sort, il a établi les anges sur les Églises et en a attribué à chaque fidèle pour le garder comme il a été dit Voyezà ne pas mépriser un seul de cespetits, car je vousi-; dw « yneleurs anges dans les deux voient continuellement la face(le muu Père qui est dansles deux ïl pressait Isaïe d’écrire ces choses avec beaucoup de rapidité, en disait Car c’est proche, c’est-à-dire « Voici, le fait est imminent; voici, il est aux portes. »Et si quelqu’un dit « Pourquoi a-t-il donc trompé le prophète nu disant Car c’est proche? C’est non pas immédiatement, mais après un espace de cinq cents ans et davantage, que (le Verbe) s’est fait homme et qu’il a accompli la prophétie »; que celui-là réfléchisse bien dans quel temps Isaïe recevait ainsi cet ordre; ce n’était pas dans celui où il était lui-même, mais îoc, c’était dans l’espace de temps qui devait suivre, où allait se réaliser ce qui était dit dans la prophétie. Car telle est la prophétie, que l’esprit soit r »vi e qu’il demeure avec les choses futures comme avec celles qui sont présentes et actuelles. Il apparaît donc qu’Isaïe, étant en présence de ces événemeats qui devaient avoir lieu comme de ceux qui étaient déjà présents, entendait i- justement et véritablement cette (parole) Car c’est proche.
Mais Constitue-moi aussi, dit-il, en qualité de hhiioiis. des hommesdîintm " L.Vl.KCCI tle foi, le prêtre Urie et Zacharie, filsde Barachius. Gommo une pensée simple Ypaçôj.êvov, 6« ô vôJ.ouxat irpoçTixûv jtapTupo-Ve’ov. OOpîaç i£v yàp xaTà v6iov tsp« i(i.£voç, tov toù vôfxou TÛitovènXôpou.Zay.apîaç 8è 7ipo<piÔTvïi »î7tâpxwvtî âX).oïjtoù; npoTaç ûrtéypaîie; xai twv TrpaYjiàtwvaùtûv êvoeit; Ytvetai- EtY« POCpîaç t« iv opwri<r(jibç0eoû, Zax« pt’a« 5è f« .-jp-riftsoù, çaivîtat ffapû; w; en tôv à7toivri.ov£V(J.<xTt.w 727 ’Attô toù ccùtoOXÔYoy-Bapaxîou 8è uîb; wv Za/apia; toù èirwvûti.outîjç eOXoYtaçtï)ç xoû 0eoû, SrjXoï7:Xr,p£; eùXoYÎa;etvat tô xiîp’jy oeùaYYsXixàvtoÏç hiote-jouctiv.
et qui est sous la main, il veut qu’Isaïe, en écrivant cela, prenne avec lui Urie qui exerçait le sacerdoce en ce temps-là et Zacharie qui tenait la place (txçi;) d’un prophète1, afin d’honorer d’une manière grande et vénérée les choses prédites et de les faire croire et de les confirmer. Et dans un sens qui est plus rempli de mystère, plus vrai et particulièrement plus digne de l’esprit, il r> voulait désigner l’Évangile (EùayyAiov)qui était écrit dans le tomos neuf, auquel rendaient témoignage la Loi (vfywç)et les Prophètes. Car Urie, en accomplissant l’exercice du sacerdoce légal, tenait la place de la Loi (vojaoç), et Zacharie, qui était prophète, quelle autre chose symbolisait-il sinon les Prophètes? Et la signification des noms eux-mêmes3 est aussi une démons- îo tration des faits; car si Urie équivaut en hébreu à « lumière de Dieu » et Zacharie à e mémoire de Dieu1 », il apparaît clairement que c’est par ces mentions de la Loiet des Prophètes qu’a brillé la lumière divine de la vérité qui 1.Onsaitquele Zachariequiest mentionnédansleversetd’Isaïe,et ausujetduquelonne connaîtriendeprécis,estqualifiéde prophètepar lesPèresgrecs. 2.Le greca tûno;quele traducteura dûconfondraevect6(io;. 3.Lesmots« significatioent « mêmes »,nécessairepsour l intelligencdeupassage,manquendtanslegrecdeMaï. 4. Proprement« dontDieuserappelle »
est dans l’Évangile (EùayyeOaov)d’autre part, Zacharie, étant fils de Barachias qui est le synonyme de « bénédiction qui vient de Dieu », indique que la prédication de l’Évangile est pleine de bénédiction pour les croyants.
parlons, Notre-Seigneur aussi les a accomplis lui-même dans les Évangiles (Eùayy&iot) Ayant conduit Pierre, Jacques et Jean sur la montagne, il fut transfiguré et ilresplendit plus que le soleil, voulant leur montrer un peu de sa gloire divine, comme une petite étincelle. Il apparut parlant avec Moïse et avec Élie, montrant par là que son incarnation et l’Évangile (EOayYsXiovq)ui »ol’annonce, ont pour témoins la Loi (v6pç) et les Prophètes car Moïse appadit aussi à leur sujet que, lorsqu’ils apparurent sur la montagne avec Jésus, ils parlaient de son départ quil allait accomplir à Jérusalem; et qu’était mL,tfool. 1 son départ, sinon la consommation de l’économie, qui était la croix et la rr a.
résurrection d’entre les morts qui la suivit? Ainsi donc Isaïe, lorsqu’il était sur le point d’écrire le tomosdu nouveau et grand mystère, entendait aussi Constitue-moi, en qualité de témoins, des hommes dignes de foi, le prêtre Urie 1. Mai,o/).Ct7.,t. IX, 727 ’Aïcôtoû Xoyopuà. UpoçiÔTyi.vipttjvÔeot6xoxvapOEVxOavUï,èv rw àffirdtÇeotôfa,vt ’EXi<rà6« êpTop »)Teû<ïaè<$Tênacvnvotoftl;eiaçt,ô ISoùyàpàirbtoùvûv(laxaptoùafiieirâffaiai et Zacharie, qui signifient et attestent la Loi (vôjaoçe)t le chœur des Prophètes.
Mais voyons ce que dit Isaïe après ces (mots). Et je m’approchai de la prophétesse, et elle conçut et enfanta un fils Il appelle « prophétesse » la Mère de Dieu, la Vierge, qui prophétisa en vertu d’un dessein divin en saluant Élisabeth Car, voici que désormais toutes les générations me diront bienheu- > reuse’1, et ce qui suit.
Il m’arrive de m’étonner beaucoup comment le prophète, ayant entendu Prends-toi un grand tomcsneuf, n’ait pas dit « Et je pris le tomos », mais Je m’approchai dela prophétesse, nous faisant monter jusqu’à une grande pensée, et (nous apprenant) que le nouveau tomosest la prophétesse, la Mère de Dieu, la Vierge. Et comment? C’est moi qui le dis Dieu forma Adam de la terre; puis, api ïs avoir coupé une de ses côtes, la lui avoir ôtée et l’avoir remplacée par de la chaire comme ilest écrit, ilcréa Rve; la femme donc est une section de l’homme, c’est-à-dire un tomos. Par conséquent, puisque Ève, le premier tomos, a vieilli à cause du péché, une fois qu’elle fut condamnée à enfanter les 1.Isaïe,vin,3. 2.Luc,i,48. 3.Cf.Gen.,n,21. 4.NotemarginaledeL Traduitdugrec ensyriaquel,e motq.uenousdisonsrôixoçsedit)aenb(section).
enfants dans les angoisses, c’est au point de vue de la guérison que la Mère de Dieu, le nouveau tomos,a été envisagée, après qu’elle eut été purifiée par le Saint-Esprit et qu’il ne se trouvait en elle rien de ce qui est vieux et qui est la peine du péché. Elle servit à l’enfantement divin d’une manière admirable, nouvelle et digne de Dieu (6eo7cpe7Cûe>llçe),est un tomos à la fois nouveau’ et admirable, et doublement nouveau. D’une part, Dieu le Verbe a pris d’elle une chair qui possède une âme intellectuelle, et il s’est uni cette (chair) hypostatiquement, attendu que la (chair) a subsisté à l’instant même où elle a été unie; car elle ne subsistait pas avant l’union, en sorte que c’est celui qui s’est incarné sans changement et sans division qui passe ainsi pour avoir été conçu et avoir été enfanté, et que ce n’est pas un autre homme en dehors de lui. Et d’autre part, (il a reçu cette chair) non pas d’une semence virile, mais du Saint-Esprit qui, en dehors de toute concupiscence, opérait cette conception1 r"b’ d’une manière créatrice et divine, tandis que cette (conception) était écrite dans le tomosavecune écriture humaine, selon la révélation prophétique, c’està-dire tandis que cette conception divine est dépeinte", représentée et figurée d’une manière humaine, et qu’elle attend qu’elle ait grandi peu à peu et qu’elle pardeuxexpression(sXéÇiçv)éoçetxaivô;. 2.NotemarginaledeL ChezlesGrecs,dansl’usage deta langue,« écrire »estmispour« peindre ».C’estpourquoi,onpeutdoncprendre,sionveut, « écrireavecuneécriturehumaine »aulieude« peindreavecunepeinturehumaine se soit développée, de sorte que les jours où elle devait enfanter furent accomplis’, comme dit le Livre sacré, pour celle qui conçut d’une manière digne de Dieu (ôeoicpewwe;t)qui enfanta d’une manière plus digne de Dieu, parce qu’elle est à ce point et mère et vierge.
C’est par tous ces états qui nous sont propres, et sans en omettre (un seul), en effet, qu’est venu le médecin et le sauveur, ayant participé de la même manière que nous, comme il est écrit, au sang et à la chair2, et ayant évité seulement la ressemblance dans le péché, afin que, dans toutes les (conditions) où nous sommes, il nous ménageât le salut et la guérison.
Dans certains livres donc ily a Et je m’approchai de la prophétesse; et dans d’autres Et il s’approcha de la prophétesse3. Ce (mot) Je m’approchai, indique que c’est Isaïe qui s’approche de la contemplation (ôeupia)et de la révélation du prodige, tandis que l’autre (mot) 11 s’approcha, montre que c’est celui qui lui a dit Prends-toi un grand tomos neuf. Et celui-ci était le Paraclet (ClapocxXvjTolçe),Saint-Esprit, qui parle par les Prophètes, qui s’est approché de la Vierge, selon cette parole qui dit dans les Evangiles (EùayYe"Xta) Le Saint-Esprit viendra sur toi; c’est pourquoi (Isaïe) aussi ajoute ensuite Et elle conçut et enfanta un fils, pour montrer que c’est du SaintEsprit même que (venait) la conception.
C’est très véritablement et proprement et bien à propos qu’il est écrit Elle enfanta unfils, car c’est à cela que visait tout le but de l’économie. En effet Ève, l’ancien tomos, après avoir enfanté Caïn, dit J’ai acquis un homme et non « un fils ». De là (il suit) que nous naissions désormais en qualité s d’hommes et non de fils, parce que le péché était maître et puissant, et qu’il nous éloignait de (toute) parenté avec Dieu. Mais le nouveau tomos, c’est-àdire la Mère de Dieu, enfanta un fils. C’était nécessaire pour nous, en effet, et nous avions besoin du Fils qui est Dieu par nature, qui nous fait cadeau de la grâce de l’adoption dont nous étions dépouillés.
Comment ne rougissent-ils pas, en entendant cela, les petits des corbeaux V° a. de Nestorius, car ses dogmes (oya-Ta) sont des corbeaux qui sont impurs, et qui, en ce qui les concerne, obscurcissent la lumière de la science de Dieu? En effet, celui qui, par nature, est Dieu de Dieu, et le même qui, selon la chair, est né en qualité de Fils, ils affirment que celui-là acquit ir, par grâce la plénitude de l’adoption du fait du baptême dans le Jourdain.
Comment donc me ferait-il dès lors cadeau de ce dont il (ne) s’est enrichi lui-mème (que) par grâce? Par conséquent il sera rangé d’abord avec coux qui sont bien traités (eÙ7ca9éwet)non avec ceux qui sont bienfaisants (sùepYmw) notre Sauveur sera sauvé avec nous; et quelle confirmation recevront les paroles divines qui disent: Aujourd’hui il vous est né un Sauveur qui sauvera son peuple de sespéchés? Car celui qui est né en qualité de Fils et de Sauveur, n’a pas besoin d’une autre addition pour être parfait; et, de plus, le (fait) de sauver n’est pas pour lui une qualité qui est acquise ou ajoutée, mais qui est en lui par essence (ouata).
Pourquoi (ne rougissent-ils pas) ceux qui professent l’imagination (<pavTacïi’a)d’Eutychès qui est à elle-même sa loi (aÙTovo;j.oetç)qui regardent comme loi (v6;wç)ce qui leur paraît? D’une part la négation de la vérité leur est commune, et d’autre part ils (se) divisent en une quantité de sectes de croyance fausse, comme chacun peut le montrer. Et, bien qu’ils soient des gens qui sont dans l’erreur, même dans cette erreur ils se vantent encore de n’avoir pas de chef et de n’obéir à aucun des maîtres de la théologie et des interprètes des mystères de l’Église. Ils sont beaucoup moins raisonnables que lessauterelles qui n’ont pas de roi3, selon le proverbe; si en vérité cellesci partent en bon ordre à un seul commandement, eux, au contraire, ils expliquent leur imagination les uns d’une façon et les autres d’une autre façon, comme cela leur vient à l’esprit et comme des ôveipoxptTvoiuçinterprètes de songes qui nagent.
Est-ce qu’ils ne rougiront pas du nouveau tomos,je dis de la Mère de Dieu, la Vierge, qui a été séparée de notre race (yévo;)et choisie pour ainsi dire en à qualité de temple saint, pour le ministère et l’accomplissement de l’économie qui a lieu pour nous, (cette Vierge) de qui germa l’Emmanuel? a Ne montent-ils pas en courant vers Adam et Eve, les premiers parents, à cause de qui nous sommes restés dans le besoin de la guérison, qui a M. foi 2:. »i eu lieu par l’incarnation et l’humanation? Et reconnaissent-ils manifestement que ce qui devait être guéri, cela a été pris? Car si (le Christ) ne voulait pas véritablement passer par les limites de notre nature, et cela lorsqu’il est venu même dans ces (limites) en restant au-dessus de la nature, de sorte que, selon la parole de Paul, comme par un seul homme le péché est entre dans le monde;et: par la désobéissanced’un seul hommebeaucoupont été pécheurs, 15de même aussi par l’obéissance d’un seul beaucoup seront rendus justes et Puisque la mort est venuepar un homme, c’est par un homme aussi qu’est venue la résurrection des morts-, pourquoi fallait-il tout ce cycle de l’incarnation?
(Pourquoi fallait-il) qu’il montrât avec fourberie cette imagination difficile et prolongée? (Pourquoi fallait-il) qu’il passât par la conception et la naissance et les autres (états), lesquels en vérité devaient être montrés comme dans des hallucinations, par le moyen de choses qui sont incroyables, ou plutôt (fixXXo§v£)par le moyen de choses qui ne peuvent pas être; car l’usage de la nature présente une démonstration de la vérité et non de l’imagination Connaissant donc ces choses, sachez clairement que vous regimbez contre les aiguillons’, comme il est écrit, et soyez une portion excellente qu’on dise aussi de vous La portion du Seigneur est le peuple de Jacub, (eij la part de son héritage est Israël’2; car vos dieux- ne sont pas comme notre Dieu. Je vous tisse encore ceci du même livre; car los ennemis de la vérité sont sans intelligence et la vigne de leur doctrine vient de la vigne de Sodome, sur laquelle les nuages du Seigneur ne répandirent pas de pluie.
mais du feu et du soufre, lorsqu’ils descendirent sur elle5; et les reproches qui sont empruntés au Livre inspiré de Dieu, ils les rendent sans filset mères de fruits non parfaits et qui ne viennent pas en leur temps.
Par combien de bouches, ô mes frères, pourrions-nous donc glorifier comme il convient le Christ qui nous a donné la confession orthodoxe de la foi et nous a délivrés de toutes les ténèbres hérétiques? Quelle offrande porterons-nous au nouveau tomos du grand mystère? Quoi? Ceci que, nousmêmes aussi, nous soyons de nouveaux tomos, séparés de tout amour et de toute société mauvaise, et, autant qu’il est possible, complètement unis à Dieu, ayant ses saintes 2 lois (vdj/.oç)écrites en tout temps dans nos cœurs a cation, parce que nous désirons aller jusqu’à la hauteur d’où le Christ estt ra 10descendu. Car c’est là que nous entraîne et que nous fait monter également cette parole Gloire à Dieu dansles hauteurs et paix sur la terre, bonnevolonté (eûoxia)pa)-nii les hommes3. A lui soit la louange- dans les siècles des siècles. Ainsi soit-il!
L NotemarginaledeL IIdit « coupés »parcequelestôjioîenlanguegrecquesontdit? • sections ». ti.NotemarginaledeL Sacrées. 3.Luc,n,14.
Homélie CII — Sur Basile le Grand et Grégoire le Théologien
Sun LE GRAND docteur DE LA vérité BASILE, ET GRÉGOIRE Moïse, le ministre de Dieu, qui a reçu le témoignage qu’il était fidèledans toute sa maison et qu’il pouvait conduire selon la justice les paroles- qui lui aux dix commandements qui renfermaient ce qu’il ne faut pas faire et ce qu’il faut faire, de sorte qu’aucune des actions qui (se présentent) dans le monde ne tombe en dehors de leur législation (vojAoÔecia m ), ais de sorte que tout soit renfermé dans la teneur du petit nombre de ces paroles divines; (Moïse), étant descendu du sommet de la montagne du Sinaï, exposa cette (Loi) devant Israël et la lui promulgua. Et, après la marche (dans le désert) pendant quarante ans avec ses instructions et ses enseignements, comme il se trouvait désormais quelque part (irai) sur les bords du Jourdain, il pensa qu’il convenait ou plutôt (pOJov §i) disons ce qui est plus vrai il reçut de Dieu l’impulsion de développer les commandements de la Loi, de manifester une parcelle de la richesse de l’Esprit caché dans la lettre’ et de faire sortir, ainsi que d’un noble sein, un enfant parfait et (venu) en son temps.
II fallait, en effet, il convenait que ce fût après que la Loi s’était approchée du Jourdain qu’elle fût expliquée et qu’elle apparût spirituelle. Paul, ayant cela en vue, disait aussi Car nous savonsque la Loiest spirituelle’2.
Après avoir donc achevé cet exposé développé et étendu et cet enseignement de la Loi, Moïse appela le livre a répétition de la Loi » (AsuTepovdjwov) brisant en petits morceaux et réduisant en miettes ces dix maximes de la Loi, comme s’il s’agit de pain, il en nourrit copieusement l’auditeur, et il montre que la lecture de ce (livre) n’est pas moins profitable à ceux qui sont chefs qu’à ceux qui sont sous un chef, disant ainsi Et quand il sera assis sur (le trône de)son commandement,il écrira pour lui dans un livre cetterépétition de la 15Loi auprès des prêtres (dela tribu) de Lévi; et qu’elle soit avec lui, et qu’il y lise tous lesjours de sa vie, afin qu’il apprenne à craindre le Seigneur son Dieu, à observer tous ses commandements et à mettre ces préceptes en pratique, afin que son cœur ne s’élève pasau-dessus de ses frères, de sorte qu’il ne s’écarte des commandements ni à droi te ni à gauche Voilà ce que Moïse dit d’une façon générale lorsqu’il commande à tous les chefs. Mais, pour les évêques, la Loi, d’une part, est le commandement de Paul r »
lequel est limité brièvement à peu de mots qui indiquent des sens nombreux et importants, et dit Il fattt donc que lévêque soit irréprochable, mari d’une seule femme,vigilant, pur, modeste, hospitalier, capable d’instruire 2,et (le reste qui va de pair avec cela.
Il y a, d’autre part, une répétition de la Loi dans la conduite et la 1 » parole de Basile et de Grégoire, (parole) qui a beaucoup étendu et développé par les faits mêmes, autant qu’il est possible, le sens de la Loi sacrée, et qui est mise pour leur instruction et leur direction devant tous ceux qui Il fallait donc, selon l’avertissement du grand Moïse, que tout évêque, lorsqu’il est assis sur (le trône de) son commandement, écrive pour lui cette répétition de la Loi épiscopale, pour qu’elle soit avec lui et qu’il y lise pour lui-même tous les jours de sa vie, afin qu’il apprenne à craindre le Seigneur son Dieu (et) à observer tous ses commandements, afin que son cœur ne s’élève pas au-dessus de ses frères, de sorte qu’il ne s’écarte des commandements ni à droite ni à gauche.
Mais moi, redoutant la copie de cette répétition de la Loi (placée) devant moi, et voyant que ma conduite combat et lutte contre cette législation (votao9e<yijae),détourne mes yeux de l’exemplaire de ces enseignements sacrés, et je trouve agréable aujourd’hui encore de me polir et de m’aiguiser seulement, ainsi qu’avec une pierre à aiguiser, avec la vénérable commémoraison de ces hommessaints, et d’effacer et de rejeter loin de moi une partie de la 10rouille du péché qui est vieille, qui ronge et qui consume peu à peu et d’une Car si je marchais par de semblables (chemins) et si je possédais cette.
épée à deux tranchants qui leur était propre, qui coupe les passions de la Y" E. chair, grâce aux vertus actives, et qui, par la parole de l’esprit, passe dans l’enseignement et pénètre dans les âmes matérielles et bien grossières, sans leur causer de douleur, ma (conduite) se trouvant en contact avec leur (conduite) pourrait accomplir la lettre des Proverbes, et, à la fin, me procurer un avantage; car il est écrit Le fer aig’uise.le fer1. Au contraire tandis que je cours le risque (xtvSuvo;),comme je l’ai dit, d’être consumé et détruit par la rouille du péché, ces Pères dont nous célébrons la commémoraison, feront l’office de la pierre à aiguiser, (ces Pères) vers lesquels je tire, pour ainsi dire, ainsi qu’au moyen de cordes, mon âme oppressée et r.
malheureuse, qui ne consent même pas à faire leur commérnoraison à cause du reproche (qu’elle mérite), mais qui rampe sur la terre, se cache, tremble comme si elle fuyait loin des travaux de la perfection, et a peur de faire quelque bien par hasard (« où)et même en rougissant. Et je lui dis ceci « Pourquoi t’en vas-tu et fuis-tu ces bons exemples, J ô toi, craintive et au jour de leur commémoraison, comme en une fête vénérée et splendide, soyons remplis de zèle pour quelqu’une de leurs belles actions, et désirons leurs semblables richesses, en sorte que nous soyons la possession de Dieu; car tous les hommes sont la création de celui qui les fait, mais il ts n’y en a qu’un petit nombre qui soient sa possession et ce sont ceux qui en fait et en parole nn connaissent rien autre chose que Dieu et ne sont pas asservis aux passions déshonorantes. C’est ce qu’Isaïe disait aussi dans sa prière Seigneur, notre Dieu, possède-nous; Seigneur, en dehors de toi nous ne connaissons aucun autre {dieu); nous célébrons ton nom’.
« Difliciles, d’une part, en effet, sont les œuvres et les fatigues de la perfection, surtout celles qui sont tout ensemble déterminées et ordonnées par le sacerdoce et la charge pastorale des brebis raisonnables et celles (encore qu’il est impossible d’énumérer; mais d’autre part, grâce à ces personnages zélés et illustres qui les ont mises au point, (ces règles de perfection) poussent à les imiter ceux qui sont négligents et paresseux. -22.X ic « 11faut donc que par notre esprit nous courions vers eux, et que nous5 v°b.
nous mettions avec zèle à la suite de ceux qui avec science ont fait paître le troupeau du Seigneur, ces vaillants combattants des luttes sacrées qui aspiraient à souffrir pour le Christ, qui apprenaient, par ceux qui avaient combattu, ce que signifie Jeparlais dans tes martyres en présence des rois >tje ne rougissais pas 2, et qu’il faut que celui qui porte dans sa bouche les paroles divines ait l’énergie des martyrs et qu’il soit tout prêt à souffrir. Car c’est pour cette raison que le prophète a donné le nom de « martyres aux paroles divines, et non pas pour que nous proclamions et exaltions avec 280 SÉVÈRE D’ANTIOCHE. OT la langue seulement une orthodoxie (épOoftogfe)dépourvue de (tout) risque et que nous soyons revêtus bien modestement d’un faux masque d’acception de personne (« powwoH’fa) et d’hypocrisie, que nous trafiquions de la parole de la vérité, et que nous disions ceci et gardions cela sous les dents, que nous soyons asservis aux occasions, que nous vivions une vie de lièvre, et que nous craignions et tremblions, de peur que, par hasard (itou), quelqu’un de nos voisins ne s’aperçoive de notre orthodoxie que nous courions des risques et que, pour cette raison, nous observions de quel côté vont pencher les affaires.
« Toi, ô mon âme, malade de ces (maladies), hâte-toi vers les médecins, (vers) les images (eixév) de Basile et de Grégoire qui, par oubli et négligence, sont effacées en toi; aujourd’hui encore représente-les de nouveau en toimême; ne t’éloigne pas de leurs figures divines; ressemble-leur de toute ta force autant qu’on peut atteindre à leur ressemblance. Car si maintenant tu ne les fixes pas dans ton esprit volontairement, (de façon qu’elles soient) « immuables et inébranlables, tu les verras, contre ta volonté, dans la tristesse et dans la douleur du cœur, dressées devant toi, non pour être imitées, mais pour accuser, au jour du jugement, et tu souffriras de leur part des condam« Car, en vérité, celui qui a menacé terriblement parle prophète Ezéchiel, disant Je jugerai entre brebis et brebis et entre bélier et bélier, t’examinera et te demandera en présence de ces béliers puissants quel (profit) tu as retiré à être devenue le chef d’un tel troupeau, et à t’enorgueillir du trône patriarcal et il te dira comment Grégoire, qui était à la tête de la petite bourgade s de Nazianze, alors qu’il était tout courbé sous le poids d’une extrême LLfol. 2 vieillesse et des cheveux blancs, et qu’il avait désormais besoin d’un bâton, était pourtant affligé et abattu par les soucis de toutes les églises; (comment), de lui-même, il se rendit à la ville impériale; (comment) volontairement il se mêlait aux adversaires, renversant, pendant une période de dix ans, les io desseins pleins de ruses et de querelles des hérétiques (aiperucot),et montrant dans sa pureté la noble beauté de la vérité (comment) à cause de cela ii était traîné (devant les tribunaux), tandis qu’on (le frappait et qu’on lançait des pierres contre lui, et tandis qu’il pensait et disait et écrivait avec Paul cette (parole) Tous les jours je meurs2.
« Mais toi, tu dormais tout le temps de ta vie, te répandant dans les honneurs et te complaisant dans le trône (ôpdvoç); tu as fait peu de cas des injures (lancées) contre moi, et tu n’as pas osé remuer les pieds en dehors du seuil, comme on dit, et si peut-être tu as remué le pied, du moins tu a’as pas 1 remué) la langue qui est restée à l’intérieur des dents sans oser et sans se mouvoir dans des circonstances qui demandaient lafranchise (xappricta) (du langage 1; ou bien, si elle s’est remuée, ce n’était pas (pour dire) des choses profitables, mais (des choses) telles qu’il eut été plus utile qu’elle ne se « En entendant ces choses, 6 mon âme, lorsque le jugement aura lieu et elles seront dites par le juge et Dieu en présence de toute la création raisonnable qu’arrivera-t-il de toi? Où te traineras-tu et te cacheras-tu?
Comment supporteras-tu d’entendre ces (paroles), toi qui ne supportes pas qu’on te compare et qu’on dresse devant toi la figure et la force vaillante et gigantesque du grand Basile, avec laquelle il parlait à Valens enragé pour!fis choses dWrius, et à Modeste son gouverneur (ùicapo;)? Avec la parole, il offrait son cou à l’épée; et, ayant reçu l’ordre de demeurer en exil (sçopta), il se mettait également en route promptement de lui-même, ne faisant pas attention à celui qui menaçait et qui terrifiait par des terreurs quotidiennes, mais (bien) à celui qui a donné la loi (vdtioç)que voici Quand on vous persécutera dans cette ville, fuyez dans cette autre.
« Et que dirai-je dela conduite pare de cette vie? Comment supporterons- 1.ft.U nous d’être examinés et comparés à ce (saint), lorsque, selon la parole du rq,b.
prophète Malachie Le Juge entrera commele feudu creusetet commel’herbe de ceux qui lavent, et $’améra> fondant et purifiant commede l’argent et commede l’or? N’est-cepas comme du plomb que la èoorle de nos act’cms sera enlevée, ou, comme du petit bois et de l’herbe, ne deviendra-t-elle pas comme de le poussière et de ta cendre? Prends et lis l’homélie prononcée par le Maître sur la (parole) Fais attention à toi-même’2,et tu verras un esprit de philosophie qui est assis sur la forteresse même de la chasteté, pour ainsi dire, comme un roi 10et non seulement il commande et préside avec sagesse et avec ordre aux sens et aux opérations de chaque membre, comme à des serviteurs qui portent la lance (£opu<popomç)a,is il guette et observe d’un regard pénétrant et fatigué par l’attention les mouvements mêmes des pensées, et ilexamine et il regarde d’un côté et de l’autre, de peur que par hasardfrcou)quelque mouvement violent d’une pensée inconvenante ne s’élance et ne sorte de la (pensée) principale, et, pour ne l’avoir pas retenu et réprimé, il ne commette intérieurement, par suite de 1.Mal.(LXX)m,,2,3. 2.Homéliesurle texteduDeutéronomex,v,« llpâasyassaurwP, .G.> la violence du mouvement, « un péché qui n’a pas de témoin et qui n’est pas révélé et qui (reste) inconnu à tous les hommes, jusqu’à ce que vienne celui qui connaît les secrets des ténèbres et qui manifeste les pensées des cœurs ».
Car il me convient de me servir des paroles mêmes de Basile, puisqu’il n’est pas possible en vérité que nous montrions et exprimions ses propres »
De là (svTeOôevi)l était également révéré de tous ceux qui faisaient partie de son troupeau et de tous ceux qui pratiquaient la philosophie et qui s’adonnaient à la vie monacale, non seulement des hommes, mais aussi des femmes, leur répondant comme un médecin, comme un écrivain, comme un docteur, comme un père, à tel point que ses propres répouses, étant comme des révélations et des préceptes de Dieu, ne laissent absolument rien sans érison, mais qu’elles sont tout un code de salut; et le fait de s’en écarter et de s’en détourner un tout petit peu, même pour ce qui semble juste, constitue un danger (x-v&uvoç)manifeste et une pente glissante qui mène à la •L Quant à ceux qui vivaient dans le monde et qui étaient aux prises avec ànox.a).-jTttTaa »x<picràtoù<7x6touxî,aiçavspôvtàçflouXàx;wvxapotûv.
les affaires, en leur adressant fréquemment la parole, il les avertissait et il leur apprenait à ne pas se laisser surprendre par le flot de la matière (ûVr,), mais de dépasser en courant ce qui passe en courant et de s’appliquer aux choses futures et durables. Le fait accompagnait la parole ceux qui étaient riches se déchargeaient du poids de leur fardeau, et, bien congédiés, ils quittaient le monde en toute sécurité et ceux qui avaient faim étaient nourris.
Ainsi, à une époque où la famine atteignit une fois le pays de Cappadoce et où tous les (habitants), et en particulier les pauvres, souffraient de la faim et périssaient, il ouvrit sa bouche pour (prononcer) la parole de Dieu, selon le précepte qui est dans les Proverbes, et aussitôt les greniers de ceux qui faisaient le commerce du blé s’ouvraient, (greniers) sur lesquels était la serrure qu’on ne peut fracturer, à savoir celle de l’avarice (çiXotpyupta)q,ui ne s’ouvrait et n’obéissait qu’à la main pleine d’or, et qui ne répondait pas s’il n’y avait pas de monnaie et alors le blé, répandu abondamment dans tout le 15pays, coulait comme des sources et personne ne manquait de nourriture.
Quant à Ignace revêtu de Dieu (6eo<pdpoçq)u,i marchait sur des hauteurs plus grandes et cela en tant que martyr, il instruisait non seulement son propre troupeau; mais, lorsqu’il allait en toute hâte vers la ville de Rome, et (cela) pour les luttes du rnartyre, ou plutôt (fjwtXXSoev)vers la ville supérieure de Jérusalem, il écrivait encore par lettres à ceux qui l’avaient vu à son passage ce qui lui semblait (convenable), et ses commandements étaient une loi (vdpç) immuable; car les paroles des saints agissent et font agir.
Et moi, parce que je n’ai pas exercé mon âme par les travaux actifs, je ne convaincs pas mes auditeurs. C’est pourquoi, lorsque je vous avais parlé précédemment d’un petit don d’un peu d’argent qui pût seulement suffire à couvrir le dénûment et la nudité de la table vénérable dans une des saintes églises et quel (but) imaginerait-on qui fût plus convenable que celui-ci •L 0 o 1 u plus révéré et vénérable? je n’ai pas pu vous bien convaincre. Mais vb- l le e s s uns écoutèrent et louèrent ma parole, en agitant la main et en faisant cadeau d’une langue élogieuse d’autres, par quelque petit don, montrèrent hypocritement de l’amour pour mon amitié; car s’ils avaient songé qu’ils donnaient à Dieu, nécessairement ils auraient estimé petit ce qui (leur) paraît grand. Un plus grand nombre s’est prévalu aussitôt de l’exemple de la veuve qui fut approuvée et louée pour l’offrande des deux quarts d’as seulement sans savoir que par eux elle avait donné toute sa fortune puisqu’elle vivait r dans la mendicité; et ceux-là, imitant (cette) petite quantité sur le grand superflu qu’ils ont, ignorent combien ils restent en arrière et,-c tiennent éloignés de l’intention de cette femme digne d éloge.
Et comment cela ne relève-t-il pas de la misère et ne donne-t-il pas lieu î une grande accusation (xaxyopia),vu que Moïse, dans les débats de la 10connaissance de Dieu, alors que. comme en figure, il s’occupait de ce qui n’était pas encore achevé, donnait le commandement de faire des oîïra/ides pour la construction du tabernacle à des gens diiliciles en quelclue sorte parmi ceux qui avaient rapporté de l’Egypte un esprit grossier; et l’abondance des offrandes coulait comme un torrent, soit de la part de ceux qui donnaient 15seulement, soit de la part de ceux qui aussi exécutaient avec eux les travaux, à tel point que même ceux qui recevaient (les offrandes) disaient ce qui est Mais nous, qui sommes les ministres de la grâce et du Testament (AutOta) qui ne.vieillit jamais, en nous adressant à vous-mêmes qui avez reçu l’adoption, qui êtes les héritiers de Dieu et les cohéritiers du Christ’, qui n’êtes pas en route vers la Terre promise, mais qui vous hâtez vers le ciel même, parce que la résurrection et la vie future, heureuse et immatérielle, sont présentes au bout de peu de temps, serons-nous sipusillanimes et, moins encore, conduirons-nous comme s’il n’y avait aucun espoir que quelque chose r° a. de bon fût rendu à ceux qui donnent généreusement? 0 manque de foi!
O pauvreté de mes paroles C’est l’oeuvre de la commémoraison de (ces) saints de venir au secours (de ce manque de foi) et de parfaire ce qui manque, et l je ne rougis pas de rendre solennel mon blâme à cause.d’eux. Car être blâmé dans la vie présente procure un avantage, tandis que l’être dans la vie future cause un dommage et un malheur inconsolable. Puissions-nous en être délivrés par la grâce et par la charité (çiXotvÔpwTdceta)notre Dieu grand et notre Sauveur Jésus-Christ, à qui sied la louange et la puissance, ainsi qu’au Père et au Saint-Esprit, maintenant et toujours et dans les siècles des siècles. Ainsisoit-il
Homélie CIII — Sur l’Épiphanie
SURl’Epiphanie, QUIESTLAcinquième (SURCEsujet). Après vous avoir bien des fois parlé sur cette fête et, selon les faibles moyens qui sont en moi, vous avoir fait les réflexions philosophiques (ècpO.ol’uTCoVTaocuiçressources de ma pauvreté si en vérité l’on peut parler des ressources de la pauvreté je voulais me taire sans faire aucun reproche au lien d’indigence qui est sur mes lèvres, et je ne sais comment la voixde celui qui crie dans le désert meut en ce moment ma langue le héraut et le 10précurseur de Dieu le Verbe fait que la parole court en avant de l’intelligence qui s’attarde; de nouveau Jean lui-même fraye déjà un chemin même aux intelligences, lui qui est envoyé commeun ange devant la face (icpow-ov) du Seigneur’ pour établir d’avance et préparer la voie de notre salut.
Je vois que le Jourdain lui-même roule des flots de lumière plutôt que ((j.àVAoyv))d’eau et qu’il s’élève en vagues de science, sans que je sache comment supporter (cette) lumière; et c’est à propos que je crie les paroles du centenier: Je nesuispas digneque lu entres sous mon toit Car, si je m’étais élargi moi-même par la rectitude du précepte divin en effet, comme il est écrit, son précepte est bien large2 si je pouvais ouvrir toute grande la bouche de mon intelligence et attirer l’Esprit’, et si [, Jj’étais la ville située sur une montagne’, "c’est nécessairement que les couJrants du fleuve (lue je recevrais eu moi réjouiraient la ville de Iliecr. comme le dit quelque part (iroj) en chantant le prophète David.
Comment un fleuve d’une telle lumière, en entrant dans une petite maison très. étroite et malpropre et sans clarté, n’obscurcira-t-il pas et n’éteindra-t-il pas, par son grand éclat, les yeux remplis de beaucoup de boue? Ou même n’inondera-t-il pas, n’arrachera-t-il pas et ne déracinerat-i! pas tout? Par conséquent la présence de la seule humidité et d’une ir seule petite goutte suffira à éclairer ma petite maison tout entière, à tel-1.
point qu’elle semblera faite de lumière, l’enduit de boue étant désormais caché, parce qu’elle sera éclairée de toutes parts. Mais, tandis que je détourne mon esprit et que je m’en vais, ne me trouvant pas en force en face de la hauteur des flots du Jourdain qui montent en vagues, je vois que Jésus lui-même y est baptisé, lui qui baptise dans le Saint-Esprit et dans le feu’ je m’élève avec la flamme divine par une ascension qui s’élève en haut, je suis tout entier comme un oiseau, et c’est en bas que je vois la lumière même qui à l’instant me semblait haute, après que je suis monté vers celui qui a été pour moi la cause de (cette) élévation, qui donne l’esprit, qui est au-dessus detoute principauté etpuissance et vertu et domination, et de tout nom qu’on peut nommer, non seulement dans le siècle présent, mais aussi dansle siècle à venir2.
Car c’est le propre de l’esprit et du feu de se porter en haut, et (celui) de l’eau de couler en bas vers les endroits profonds et de jaillir dans un lieu profond et (situé) en bas. Mais, parce qu’il appartient à (l’élément) supérieur de vaincre, (l’eau) aussi a monté, une fois qu’elle se fut mêlée avec le feu et l’esprit; tandis qu’elle coule en bas, elle enfante en haut; et, de ceux qui sont enfantés, elle fait des fils du Très-Haut, à cause de celui qui est venu d’en haut et du ciel, est descendu vers elle, (y) a été baptisé et lui a donné toutes ces (qualités) divines et sublimes.
Mais je ne sais pas de quelle manière, moi-même aussi, après m’être envole en haut jusqu’à (cette) hauteur par la parole, et m’être élevé avec v a. ] la sublimité de la divinité autant qu’il est possible, tout à coup je suis parti pour la profondeur de l’économie, et j’ai vu celui qui est au delà de tout descendre vers l’eau et (y) être baptisé. Mais, parce que c’est le même qui, d’une part, éternellement et sans commencement, c’est-à-dire indépendamment du temps, a été engendré par Dieu le Père, en tant qu’il est la splendeur de la gloire et l’image de la substance de celui qui l’a engendré, (et) qui, d’autre part, a aussi participé à notre essence (oôci’a)à la fin des temps par la naissance, et a participe de la même manière que nous au sang et à la chair’ comme Paul l’a dit, et à une chair qui n’est pas dépourvue d’une âme intellectuelle, en sorte qu’il reçoive complètement la ressemblance avec nous, ne manquant absolument que du péché, tandis qu’il tient du SaintEsprit et de la Vierge ce qui convient à Dieu et ce qui est excellent; pour cette raison, puisque l’Emmanuel est un de deux natures, sans confusion, à savoir la seule hypostase et la (seule) nature incarnée de Dieu le Verbe, (il s’ensuit) nécessairement que la parole qui se rapporte à lui et la signification sont aussi unes et indivisibles, et que ce qui est en bas se réunit avec ce qui est en haut. Et, même si tu cours vers le haut, et (cela) afin que tu parles de Dieu le Verbe, tu comprendras que celui-ci s’est fait homme, et, sans le savoir, tu descendras, d’une façon inaperçue, aux profondeurs dela charité (yùartçwzl) et tu t’étonneras du prodige. Et même si tu descends dans ton esprit avec les mesures de l’anéantissement, d’une part tu n’arriveras pas jusqu’au fond, car tu ne parviendras pas à comprendre combien il est descendu; et, d’autre part, tu seras soulevé vers le haut, à l’instar de ceux qui se baignent dans la met] comme par la poussée de l’eau, et en prenant l’homme tu trouveras nécessairement que le même est Dieu. Même si volontairement il s’est fait pauvre dans une condition inférieure, tu trouveras qu’il est supérieur; il est capable de prendre (pour lui) les choses humaines, parce qu’en vérité il s’est fait homme sans changement, et il n’est pas susceptible d’être dominé par une seule d’entre elles, parce qu’il est Dieu qui leur était inaccessible même avant Lfoi. 230 l l’ ’ i i: ncarnation. Car, par le fait qu’il s’est incarné, par là même il a accepté da v’b" souffrir toutes les (choses) humaines, sans rien ôter ou diminuer de tout cSOe qui était en lui par essence (oùcia).Pourquoi, en effet, s’éloignerait-il aussi de ce qu’il est Dieu? Qu’ils soient donc déchirés et anéantis, ceux qui divisent ce même (Christ) par la dualité des natures après l’union, ainsi que ceux qui en apparence (cyjxa)ont eu des opinions orthodoxes et ceux qui ont dit tels individus seront coupés en deux morceaux au jour terrible dujugement, comme le veut la parole certaine (dul/w&îçd)e notre Sauveur laquelle dit Son maître viendra et le mettra enpièces, et placera sa part auec ceux qui ont égard w aua personnes et (avec) lesIzyhocoites Comment donc serions-nous charitables envers ces hypocrites? Ou comment n’excommunierions-nous pas et n’expulserions-nous pas ceux qui, en ce qui les concerne, ont coupé en deux cet un, notre Seigneur et notre Dieu Jésus-Christ? Ou, tandis que nous ne supportons pas l’insulte qui nous ifest faite à nous-mêmes, pour quel motif pardonnerions-nous à ces insulteurs de la divinité? Ils ont pris prétexte du manque de dignité ((uxpourpiceta) accepté, afin de nous venir en aide, par celui qui volontairement s’est anéanti lui-même1, pour détruire le grand et insoluble mystère de l’incarnation ils ont assigné et attribué en propre à la nature humaine ce qui se rapporte à la guérison et à la condescendance charitable; ils ont fait un étranger du médecin, qui, à cause de sa pitié, s’est penché de la hauteur sur ceux qui étaient malades; qui, alors qu’il n’est pas susceptible de solution et de coupure et qu’il n’est nullement sujet à la coupure blasphématoire de ceux-là, est aussi venu au bord du Jourdain; (qui), après avoir accepté pour lui-même, comme homme, le baptême de Jean par l’eau, a placé dans ce (baptême) même, comme Dieu, notre propre purification qui (a lieu) par le 10feu et le Saint-Esprit; qui se mêle à l’eau sensible de la source intellectuelle de la vie, dans la lumière de laquelle nous avons vula lumière2, lorsque nous avons vu en elle, comme dans un miroir, l’unique essence (otofoi et divinité du Père et du Saint-Esprit; (qui) penche, comme homme, la tète vers le Baptiste, et le même entend, comme Dieu, la (parole) c’estmoi qui ai besoin d’être baptisépar toi et c’est toi qui viens à moi; <>t(qui repond cotte (parole) Laisse faire maintenant3 empêchant ce qui est très lointain et en dehors de ce qui convient aux paroles de l’économie, à savoir que la < L foi.2 grandeur de sa divinité fût manifestée (alors) parmi nous. r° a.
Les choses qui sont ainsi composées ensemble et unies les unes aux autres d’une manière conforme à la fois à la divinité et à l’économie, puisque le même était Dieu et homme véritable, qui donc oserait les diviser entre les deux natures d’une façon blasphématoire et ignorante? Mais ô merveille ô profondeur de l’économie qui est incompréhensible et qui éclaire de toutes parts du fait de l’abondance de la charité (Çiv8p« iria) Jean appelait enfants de vipères t ceux qui venaient au baptême, [parce qu’ils étaient tombés jusque dans l’amertume des reptiles venimeux et qu ils en étaient déjà venus à la nature des bêtes sauvages. Et Jésus, qui ne connaît pas le péché, venait au bord de l’eau comme l’un de ceux-là, (lui) à qui David disait en le regardant dès le commencement avec des yeux de prophète C’est toi qui as brisé les têtes des dragons sur Vean, c’est toi qui as écrasé les têtes du dragon’. En effet, le dragon, l’ancien chef et le serpent, le Calomniateur" qui fit sortir Adam du Paradis, et les démons placés au-dessous de lui qui, eux aussi, sont justement appelés dragons, en tant qu’ils ont avec lui une seule et même volonté, qui ont beaucoup de têtes, qui sont en nombre égal aux passions, et qui ont exercé leur empire sur l’humidité de la vie des hommes, ainsi que sur la mer, et, en quelque sorte, ont changé la nature (humaine) en leur propre méchanceté, nous montrèrent serpents et enfants de vipères, et non hommes que nous sommes, mais ce que nous sommes devenus lorsque nous sommes tombés malades du péché.
C’est pour cela que Jésus vient dans le monde, tandis qu’il le remplit comme Dieu, et qu’il y entre comme homme; c’est pour cela qu’il est venu de la méchanceté, et pour que nous ne soyons plus leurs enfants; mais luimême, puisqu’il est la seule tête et le seul principe del’Eglise, il nous monto trera enfants d’une seule tête par le bain divin de la regénération n’étant plus variés comme enfants de plusieurs (têtes), mais étant simples et véritables comme (enfants) d’une seule (tête). En montrant cela, Paul écrivait aux Galates en ces termes Car vous tous qui avez été baptisés dans le Christ, vous avez revêtu le Christ. Il n’y a plus ni Juif ni païen, il n’y a plus ni esclave ni libre, il n’y a plus ni homme ni femme; tous,en effet,vous êtes undans le Christ 1L Jésus2 Et dans les Évangiles (EùayyeXta) notre Sauveur dit lui aussi à (son) Père au sujet de ceux qui croient en lui Afinqu’eux aussi soientun en nous 1. Mai,Scriptorumveterumnova collectio,l. IX, 733 ’AitbMyovpy’.IISvjièvyàpet ti jteTéwpov xaîÛKépoçpxua,ipovûxaîôpeiKapsixoÇ<5isepvpoôvviriitiôa,eùanwovitwtlciltcrrf;i,érptairatSeûaavçpoveîv’ âv8èxoîXoxvoieî« fJaôot;uyxvovàYvota8ïeoù,xatçapay-fiitpo« rsoixôaçv,wTCeicXîjpSutTàatiîj; èiciwàvra ).ôyou’A. XX(àivxaîta irxoXisàyv£T£0’îe’Wôïavn,âviuvtûv npoirxsxXYijiâévvtwJevXo(xétvwçvaxoXiotKitxoài; Jean, prêchant à l’avance et étant précurseur du Verbe et criant les paroles dites auparavant par Isaïe, faisait également connaître à l’avance que par le baptême Jésus appelle à un seul et même honneur et il disait Toute vallée sera remplie, toute montagne et (toute) colline seront abaissées, ce qui est tortueux sera redressé, ce qui est raboteux (sera changé) en chemins aplanis, et toute chair verra le salut de Dieul En effet, tout ce qui était d’esprit superbe et hautain, et qui était semblable à une colline et à une montagne, l’Évangile (Eûayy&iov)l’a aplani, en apprenant et en enseignant à penser avec modération et toute dépression et ce qui est dans la profondeur de l’ignorance de Dieu, et ressemble à une vallée, a été comblé par la vocation égale en tout point, par l’enseignement et par la connaissance, selon la prophétie de Jérémie laquelle dit Et personne n’enseignera à son prochain, ni personne à son frère, disant Connais le Seigneur; car tous me connaîtront, du petit jusqu’au grand Mais, en vérité, les choses tortueuses ont été également redressées, t »
1. Mai, op. cit., t IX, 731 ’Attô >ôyoupy’. Tèv taï; xeçaXxï; TtoXùv,xôvnpûtovvoinavra rô wowt’Àov t; 7tovr,piaçxai naxépa « àari; ffxoXiôniTOç(tâxatpav Se fïjaî tv to-j àY’oy ÏIveûaaTo;8ûva(i.iv, r,vxaty« Yev 2. Maï, op. cit., t. IX, 733 ’Alto toû a-Jtoù Xoyou.Ta; yàp àêârou; tûv lÔvûvjy.àç, xai xpa/vivOetoa; x tSc8st<yt8ati« vta;,ààicoaToXtxo;ôiciôeucreXôyo;,xai XeiaçsîpYadatoxai toûto aux êx t »jî oixîta; ôuva(i£to;, parce que tous ceux qui ont été appelés ont choisi pour eux-mêmes, au lieu de la tortuosité, la droiture de la vérité. Et ceci n’aurait pas lieu, si, comme l’a prédit Isaïe, le Seigneur n’avait pas porté l’épée sur le serpent tortueux, qui fuit, qui a beaucoup de têtes, qui le premier a été malade d’une méchanceté variée et (qui) est le père de la tortuosité2. Il appelle « épée »
la puissance du Saint-Esprit, que Jésus fit descendre sur l’eau, qui brisa les têtes du dragon3, dont, même maintenant, les prêtres font encore descendre l’efficacité par sa charité (ç&ovôpoMriaa)u moyen de la parole de Dieu et de la prière. C’est ce dont témoigne l’Apôtre Paul, en disant Et l’épée io de l’Esprit qui est la parole de Dieu, Le dragon, craignant donc cette (épée), ne souffre pas d’être coupé, mais il change de lieu et devient fuyard.
De là (il suit) que ce qui est raboteux a été également changé en cheminsS aplanis. Car ce sont les âmes des nations, lesquelles ne pouvaient être foulées v°a.
aux pieds et atteintes, et qui s’étaient endurcies par la religion des démons,i 1.Legreca voudraJia;cquesa dùlire voaat. 2.Isaïe,xxvn, 1. 3.Ps. lxxiii, 13-1’i.
SÉVÈRE D’ANTIOCHE. [iOOJ que la parole apostolique a recherchées et qu’elle les a aplanies; et cela non par (sa) propre puissance, mais parce que toute chair a vu le salut de Dieu’, c’est-à-dire Dieu qui est clairement venu sauver et a montré par les faits mêmes qu’il est le Sauveur.
Comment donc, ayant obtenu cela, sommes-nous les uns à l’égard des autres des gens en quelque sorte tortueux, amers, durs, fourbes dans la manière de faire, envieux, inventant des injustices les uns contre les autres, traînant devant le tribunal parfois même ceux qui ne doivent rien, les livrant aux fers et les dépouillant de ce qu’ils ont au point de les laisser nus? Je garde le silence sur les langues qui accusent en vain le prochain, 1u je passe en courant sur l’ouïe qui se plaît à boire, comme du lait, les calomnies et les injures, et qui ne sait pas qu’elle remplit les oreilles de charbons ardents. Que dirai-je de ceux qui, pour ainsi dire, ne s’accordent pas avec eux-mêmes? Ils sont tantôt paisibles et tantôt durs, hier flatteurs et aujourd’hui superbes; un jour ils sourient et un autre ils sont difficiles à aborder et durs; ils se réjouissent et s’attristent sans motif; ils font hypocritement parade de pauvreté volontaire et poursuivent l’avarice (cpiXapyopia); ils feignent d’une manière trompeuse la pureté et ils sont impurs dans leur esprit; ils courent après la vaine gloire et louent par la parole ce qui est modéré; ils ont grand soin de leur habillement et de leur barbe, de baisser le front et, pour le dire en général, de tempérer les choses futiles par un mouvement doux et de régler les pas de leur démarche, mais ils n’apportent pas même une légère attention aux mouvements et aux ardeurs désordonnés de l’âme et de ses lambeaux honteux et méprisables. Y ajouterai-je ceux qui sont maintenant à l’église, et qui vont ensuite à la folie ceux) de la dureté et de la cruauté des bêtes sauvages; toutes choses qui se partagent en passions contraires, et qui tirent d’un côté et de l’autre etG mettent en pièces l’âme malheureuse de l’homme? Citerai-je les psaumes ett les chansons de débauche, la prière et le blasphème, les gémissements et t5 les rires sans retenue qui s’échappent en bouillonnant comme d’une marCes malices variées et différentes appartiennent à ce serpent sinueux et tortueux ce sont ies enfants de ses nombreuses têtes que Jésus, le Dieu grand, a brisées et écrasées sur l’eau. Fuyons donc ces (têtes), fixons les yeux sur la noblesse (eùysveia)de cette tête unique de laquelle nous sommes nés spirituellement, et poursuivons l’unité et la simplicité de la vérité.
Vous voyez comment une seule petite goutte des flots du Jourdain a inondé, arrosé et éclairé ma petite maison sèche, sans humidité et sans clarté, pour que, dans la mesure où nous comprenons, nous puissions dresser encore cette table devant vous; en élargissant réellement à votre tour cette (table) parmi vous, vous ferez demeurer dans vos âmes une lumière abondante et vous obtiendrez le royaume des cieux; puissions-nous tous l’obtenir par la grâce et par la charité (çtXxvÔpcmad)u Dieu grand et notre Sauveur Jésus-Christ, à qui sied la louange » avec le Père et l’Esprit saint et bon et vivificateur, maintenant et toujours et dans les siècles des siècles. Ainsi soit-il!
Bibliographie
Ignazio Guidi (éd. et trad.), « Les Homiliae cathedrales de Sévère d’Antioche, traduction syriaque de Jacques d’Édesse (suite), homélies XCIX à CIII », Patrologia Orientalis, t. XXII, fasc. 2, n° 108, Paris, 1929. Traduction française du domaine public.
