
Les Homiliae cathedrales — Homélies LII à LVII
Traduction syriaque de Jacques d’Édesse
Saint Sévère d'Antioche · 1906 · 92 min de lecture · 2 vues
Homélie LII — Sur les Macchabées
Le panégyrique des jeunes Macchabées fournira, semble-t-il, à cause de la splendeur de leurs combats, d’abondantes matières de dissertations à ceux qui en traiteront. Mais, comme il surpasse toute imagination de l’esprit, il montrera la faiblesse et la pauvreté de ceux qui feront l’éloge, et combien, avec de grands moyens, ils demeureront au-dessous de la vérité. Un peintre qui verrait un objet étrange et en dehors des conditions ordinaires, possédant par sa nature une beauté infinie, et qui chercherait à rendre j; truductiuup,. xxvn. cet objet par des couleurs, peindrait sans doute une image parfaitement belle et convenable qui ressemblerait au modèle si splendide et séduisant, mais qui serait inférieure à son sujet parce que l’art ne peut reproduire exactement la beauté naturelle.
Nous aussi, lorsque par les artifices de la parole, pour ainsi dire, nous & r° a. voudrons peindre la beauté (eÙTrpsraia) spirituelle et l’ardeur juvénile et courrageuse pour la religion des sept jeunes gens, nous dirons assuréo m r ent de belles choses, de très belles choses, mais c’est le propre du sujet que ces choses soient fort éloignées de la grandeur des exploits, qu’elles s’écartent aussi et soient au-dessous de la nature même. l0 Nous apprenons seulement que les sept jeunes gens, au sortir de l’enfance, s’avançant par la porte de la jeunesse, étaient comme les degrés d’une échelle, à peu de différence d’âge les uns des autres. Mais ces jeunes gens souffrirent tous la même mort pour la religion en subissant des supplices de différentes espèces.
Avant eux, ce fut Éléazar, un vieillard et un prêtre, qui is enseignait les souffrances pour la vertu plutôt que la Loi Après eux, ce fut leur mère, d’un Age avancé, qui elle aussi, parce qu’elle supportait héroïquement les supplices de ses enfants, résista à ses sentiments de mère. Qui, en l’apprenant, ne serait pas frappé d’admiration? Quelle âme ne serait pas stupéfaite? Quelle accumulation d’expressions appropriées à ces exploits pourrait les élever à leur hauteur? Certes par des éloges procédant de l’imagination et de cet art qui promet un style solennel, ils restent à terre. Ils 5 volent vers le ciel; ils s’élèvent par leurs propres ailes et non pas par des ailes artificielles et étrangères. Vers Dieu, qui a institué le combat pour la religion, ilss’écrient avecle prophète « Auprès detoi est notre louange dans la grande Église1.
» En mentionnant l’Église, j’ai tiré de l’athlétisme de ces vaillants con10fesseurs un sens plus divin et mystérieux. Il me semble que ce sont des modèles le vieillard Éléazar est le typede la Loi qui a vieilli dans l’Écriture les jeunes gens qui ont reçu les instructions du vieillard et de leur mère sont l’image de l’Église qui a rassemblé les peuples; qui autrefois était sans enfants, mais eut ensuite une nombreuse postérité; qui, elle aussi, s’ins15truisit d’abord et apprit de la Loi ces enseignements élémentaires qui sont pour ainsi dire le premier alphabet de la religion; elle, au sujet de laquelle la prophétesse Anne dit « La stérile a enfanté sept2 », lorsque cette Eglise qui autrefois avait beaucoup de fils fut affaiblie. r*b. Mais comment a-t-on représenté à vos yeux ce stade de la vertu, que n’a pas assombri même ce temps qui s’efforce de détruire les anciens principes?
Si ce n’est que, chanté par tous, il fait résonner aux oreilles des nouveautés qu’on n’aurait pas encore goûtées. Les mets exquis du repas, l’Ancien Testament les offre dans le cycle des années, et le Nouveau les donne 5 avec amour sans qu’on s’en rassasie. En tête, Antiochus le tyran, le cruel par excellence, était assis sur un lieu élevé. C’est le propre en effet de la vanité et de la pauvreté d’esprit de faire croire à ceux qui en souffrent qu’il est dur pour eux de se tenir sur la terre elle-même avec les autres hommes. Ils ont à cœur de s’élever en l’air, to de monter et de marcher sur la. pointe de leurs pieds’, de lever le front et de s’exhausser le plus possible, semblables aux cèdres du Liban dont parle le Livre divin en flétrissant leur stérilité et leur orgueil.
Autour de lui étaient rangées de nombreuses troupes de soldats et de porteurs de lances, ceints de leurs armes, qui pouvaient inspirer de la 15 crainte aux spectateurs. En avant étaient placés divers instruments de toute espèce de supplices qui représentaient les différents genres de châtiments. Certains d’entre eux, extraordinaires, ne servaient qu’à titre d’épreuve. Mais tous également menaçaient d’une mort amère et violente. Par des lacérations les plus subtiles, si l’on peut dire ainsi, ils déchiraient en même temps la 5 chair et l’âme. Peu à peu ils détachaient celle-ci du lien de leur union intime. Au premier rang s’avançait le prêtre Éléazar dont la vieillesse se trahissait à ses cheveux blancs, mais qui était jeune d’esprit. On lui demandait de manger de la chair des sacrifices païens et de la chair de porc, et de renoncer au culte pur de la Loi.
Le tyran croyait en effet que, s’il triomphait 10 de lui, il vaincrait aussi la Loi et le sacerdoce, dont la ruine serait la conséquence de la défaite du vieillard. C’étaient ces institutions qu’il attaquait, et non pas en réalité les personnes. II pensait aussi que les jeunes gens et v fo u l. a. yy les disciples suivraient sans résistance leur maître. Mais il fut déçu 4ans son et dans ses illusions. Kléazar se rajeunit dans son corps vieilli et affaibli contre les dures calamités. Il fortifia les jeunes gens, eux qui étaient d’un corps ardent et vigoureux. U prouva que la Loi était spirituelle, que le sacerdoce était sublime et élevé, en montrant qu’ils possèdent une espérance mystique pour laquelle on doit souffrir, et qu’ils n’existent pas seulement en apparence et par Antiochus était très occupé (rotàç ^v) à rire d’Éléazar comme de quelqu’un qui souffrait inutilement et dédaignait le mets très délicieux de chair de porc.
Il 5 appelait ce mets un bienfait de la nature, et il considérait comme une sottise de préférer la mort à un mets. Mais il tempérait ses menaces en riant de cet homme et en même temps en cherchant à l’effrayer. Parfois il montrait à son égard de la pitié et de la compassion; il disait cet homme est courbé et affaissé par la faiblesse et le faix de la vieillesse. Les mêmes sentiments étaient partagés par les serviteurs, les porteurs de lances qui entouraient en armes Éléazar et protégeaient ainsi le roi. De. tous côtés ils entouraient en bon ordre le vieillard comme une tour de vertu. Mais celui-ci était pour eux inaccessible, complètement inexpugnable et invincible. Il disait « Notre Loi, ô Antiochus, est la vraie loi; elle est l’œuvre et le don 15 de Dieu, et non pas la doctrine d’un homme.
Est-ce que tu n’as pas entendu parler de Moïse, de son jeûne de quarante jours, de la splendeur et de la purification qu’il en a tirées, du sommet du mont Sinaï, du nuage, de Celui qui lui faisait là des révélations, des Tables gravées par le doigt de Dieu, lesquelles étaient doublement écrites, à l’intérieur et à l’extérieur? A ceux qui 5 étaient très grossiers, ces Tables montraient la face extérieure- de l’écriture, mais à ceux-qui les contemplaient avec sagacité, elles indiquaient les profondeurs mystiques de l’esprit. De là nous est venue la répulsion pour les mets de chair de porc, laquelle nous instruit et nousenseigne à contenir la passion de la gourmandise, à ne pas rechercher les choses délicieuses et à observer ’t (4)I.9U io ainsi la continence.
Je respecte donc, ou le fondateur de la Loi, qui est Dieu, oul’esprit de la Loi. Aux animaux privés de raison, il est permis de se servir, comme tu le dis, de l’abondance du don de la nature et de jouir des voluptés sans frein. Mais à l’homme doué de raison, il n’est pas permis de faire ni de manger tout ce qui est possible; il a reçu une loi qui lui interdit certaines ia choses et qui lui en permet d’autres. C’est pourquoi nous appelons des brutes les barbares, eux qui se mettent tout sous la dent en obéissant à la nature et non pas à la Loi. Tel est l’esprit de la Loi, pour m’abstenir de parler des sens sublimes et surtout inexprimables. « Mais je dois encore m’adresser à l’impiété et à l’obéissance qui n’est pas conforme aux mystères. Que dirai-je au sujet de l’extérieur ou de la dignité du Grand Prêtre?
J’ai peur de la tunique qui descend jusqu’aux pieds et qui 5 est tissée avec des couleurs variées et différentes. Elle montre que le Grand Prêtre doit être revêtu de tout l’ensemble varié des vertus. J’ai honte devant le pectoral des jugements, le symbole de la vérité, que devaient porter sur là poitrine eeux qui ont reçu le sacerdoce, en entrant dans le Saint des Saints, pour acquérir la. raison intellectuelle qui est conduite par la parole plutôt que 10 par la colère et les passions ennemies, pour pouvoir juger comme il faut, pour recevoir comme dans un miroir les révélations d’en haut et les directions et les transmettre aux initiés avec exactitude et vérité. Je suis confus devant la Cidaris, c’est-à-dire la tiare qui couronne la tête du prêtre en signe qu’il s’est fortifié contre les passions.
Je tremble devant la bandelette d’or sur le front, 15 sanctifiée par le nom de Dieu qu’elle porte seul gravé en lettres qu’on ne prononce pas. Elle illumine le visage du prêtre qu’elle conduit et auquel elle enseigne que lui seul verra Dieu. Lorsque je suis plongé dans ces pensées et dans beaucoup d’autres, pourquoi trahirais-je la loi de mes pères? Pourquoi serais-je vaincu par un mets privé de raison? Pourquoi souillerais-je ma’ fol. 100 bouche qui jusqu’à une telle vieillesse est restée pure? Tu connais par ô Antiochus, l’état démon âme; prends donc maintenant une épreuve de mon Frappé, comme par des aiguillons, par ces paroles qui étaient pleines de philosophie, Antiochus donna l’ordre de lacérer le vieillard par des tortures Aussitôt les serviteurs porteurs de lances, ces cruels, se mirent à frapper du to poing, à multiplier les blessures.
Par des coups de fouet ils le lacéraient, attaquant ses flancs et déchirant sa chair au point que son sang coulait abonLe vieillard, fixant ses yeux sur le ciel et courant avec empressement vers la voie céleste, soufllait et suait violemment. A la fin, sans avoir été contraint u à exprimer une parole de faiblesse et de lâcheté, il fut livré à l’ardeur du feu. Alors, lorsque le reste de son corps fut consumé, et après la prière pour le peuple et les dernières paroles de l’agonisant adressées à Dieu, il s’envola vers les bienheureuses demeures des. anges et des saints Pères. Les jeunes gens, conformément aux instructions des prêtres, accueillirent les combats du maître et les méditèrent avec beaucoup de diligence et d’empressement. Ils connurent mieux que les enseignements de la Loi l’endurance du vieillard dans les souffrances, et ils la prêchèrent avec ardeur.
Ils la conservèrent dans leur mémoire avec une exactitude remarquablement 5 vive, sans aucune faute ni oubli. La science qu’Us reçurent, ce n’est pas principalement par la langue qu’ils l’enseignèrent et la transmirent, mais par un courage à la hauteur des supplices. Chacun de ces jeunes gens fut amené en public suivant le rang de sa taille. Le tyran croyait, par un châtiment imposé à l’aîné, changer les autres en les 10 effrayant. Lequel ne faillirait pas en effet par peur, en voyant les chairs de ses frères cruellement déchirées et mises en pièces? Mais tel ne fut pas le résultat. Au contraire, cette idée de frapper par la peur excita ces vaillants guerriers armés de la piété (eùcé&ia) à montrer un courage encore plus grand. L’aîné des frères songeait que c’était un devoir pour lui d’imiter son maître.
Le second 15 pensait que, outre le vertueux exemple de son maître, celui de son frère lui imposait aussi une obligation. Le troisième s’efforçait de surpasser ceux qui l’avaient précédé dans le combat et d’être un exemple d’héroïsme pour ceux R7 HOMÉLIE LU. 17 -6t iaX ooot qui restaient. Tous s’étaient associés les uns avec les autres dans les luttes et les combats. Chacun d’eux ne combattait pas seulement pour son propre martyre, mais aussi pour le martyre d’un autre. Celui qui s’était avancé le premier était une colonne animée pour celui qui suivait, et un symbole noub veau de courage qui subitement avait été écrit et placé devant lui, suffisant pour l’entraîner vers un zèle égal. Les derniers, en entrant dans le stade, éprouvaient l’athlétisme de leurs frères encore plus que ceux qui souffraient.
Ils se préparaient à l’épreuve imminente, craignant non pas de suivre les traces de leurs devanciers, mais de ne pas montrer dans leur corps leur qualité io de frères et la même énergie d’endurance dans les tortures variées produites par les instruments du supplice. L’un était allongé sur une roue qui disloquait ses articulations en l’en-, traînant dans la rotation de son cercle, pendant que des charbons ardents, placés au-dessous, le brûlaient en même temps. Un autre était dépouillé de sa ts peau pir des crampons de fer, comme on dépouille un mouton. Un autre, à l’ordre qu’on donnait de lui couper la langue, tirait de lui-même la langue et la tendait pour qu’elle fût coupée, montrant 1par là que si quelqueA chose de PATU. OH.–T. tv. 2 caché à l’intérieur était réclamé pour le supplice, il le donnerait aussi, s’il dépendait de sa volonté de le produire.
En effet, chacun d’eux avait grand souci de mettre en évidence, en face des nouveaux genres de peines, un empressement encore plus nouveau à être éprouvé dans tous ses membres à la fois et à supporter vaillamment de nombreuses épreuves avant que son âme 5 ne se séparât de son corps. Ils estimaient que c’est souvent le propre des animaux d’être abattus dans un seul massacre, tandis qu’à ceux qui se distinguent par leur énergie il convient surtout de porter sur leur corps de fol. 100 nombreuses marques de courage, de marcher ensemble vers le glaive des v° a. adversaires, et de répandre leur sang aussi bien pour leur ennemi que pour 10 leur parent. Telle était la puissance des jeunes gens, ces vaillants héros, que je ne m’attarderai pas à faire le récit des actes de chacun d’eux.
Telle était l’ardeur, la mieux préparée pour combattre, de ces confesseurs invincibles. De même que les ouvriers qui enchâssent dans une couronne d’or des pierres 15 précieuses et extraordinaires, ne prennent pas des pierres d’une seule couleur, mais de couleurs diverses et variées, pour en faire jaillir un seul éclat; ainsi ces jeunes gens s’élançaient avec joie vers ces inventions de supplice W HOMÉLIE LIT. 19 étranges et variées en ornant de diverses manières la couronne du martyre par des combats aussi variés que les pierres précieuses. Lorsque six de ces frères eurent achevé leur course et, par leur course, furent arrivés à la couronne de l’appel céleste 4, le septième restait le dernier. II était surexcité par les six martyres précédents et plein d’ardeur pour combattre et lutter pour la religion.
Le tyran qui en avait peur cherchait à l’affaiblir par des caresses et des promesses. Voyant que le jeune homme méprisait ses offres, il ordonna qu’on amenât près de lui sa mère, dont il aurait pitié à cause de son âge et parce qu’elle avait perdu ses fils. Il pensait aussi que celle10 ci pourrait par sa présence, et à plus forte raison par sa parole, attendrir, fléchir et ramener à la nature l’athlète. Il échappait à cet insensé que c’était elle qui avait aussi oint les autres frères pour le martyre et les avait envoyés au ciel. Et même, près d’eux, à l’instar d’un général ferme et vaillant des guerriers de la religion, elle les exhortait, allant de l’un à l’autre, regardant et 15 craignant qu’un de ses fils ne faiblît et ne chancelât. De chacun d’eux elle faisait un héros et en même temps elle établissait avec eux un pacte pour le supplice, dans l’espérance qu’elle périrait par le feu ou qu’elle serait coupée comme un arbre, lorsque ces branches sorties de sa souche seraient tranchées.
fol. 100 Bref, elle proférait ces paroles de saint Paul « Mes fils, que j’enfanterai de vb. nouveau jusqu’à ce que le Christ soit, formé en vous » C’est en secret et non pas visiblement qu’elle pensait, exhortait et agissait ainsi. Lorsqu’elle se fut approchée publiquement du plus jeune de ses fils con- 5 formément à l’ordre du tyran, elle je|a en hébreu une courte parole non seulement dans les oreilles de son fils, mais aussi dans son esprit. Ce n’était pas pour se cacher des serviteurs qu’elle parla dans sa langue paternelle, mais pour rappeler à l’athlète les premiers Pères et leurs anciennes victoires, et le pousser à un zèle égal. Elle enflamma et fit bouillir extrêmement le cœur du 10 jeune homme, qui, dans son ravissement, s’empressait d’absorber cette mort amère comme du vin doux.
« Détachez-moi des liens, » criait-il à ceux qui se tenaient auprès de lui. Promptement délié par eux, qui croyaient par erreur qu’il était revenu de ses sentiments belliqueux, il s’élança et plongea dans un des chaudrons placés devant lui sur un feu flambant. Plus tôt qu’il 15 ne le pensait, il réalisa son désir et rejoignit la troupe céleste de ses frères. Après celui-ci, sa mère lit preuve de courage. Elle qui avait été éprouvée par de pareilles douleurs, qui avait été couronnée par les sept martyres de ses fils, elle aussi se ceignit de la couronne de ses fils, en montrant par les faits eux-mêmes de quelle racine avaient germé et crû ces vaillantes pousses. Le s chandelier orné de sept lampes n’éclairait pas le Tabernacle autant qu’elle, par les sept lampadaires doués de raison de ses fils, faisait étinceler l’Église du Écoutez cela, ô Meres, et élevez vos fils de la même manière.
Laissez-les aller à l’église et encouragez-les à recevoir les enseignements des prêtres. Ne 10 les faites pas étouffer par les préoccupations mondaines. « Ce qui est visible n’a qu’un temps, mais ce qui est invisible est éternel, » s’écrie le. Christ en parlant par la bouche de saint Paul’. Oh! la mère sainte. Oh! l’âme virile dans un corps de femme. Oh! l’accord des frères qui nous ont montré une même éducation, une même vertu, une même endurance pour la même espérance, la 15 même mort honorable. A ce sujet que nous diront donc ceux qui tirent l’ho- f r o ° l. a. loi roscope d’après le mouvement des planètes? Ce n’est pas sans doute à la même heure comme dans la même station du zodiaque, c’est-à-dire dans la mesure d’un seul point, que leur mère les mit au monde.
Ce n’est pas non plus, comme disent les sots Manichéens, parce que tous avaient en soi une grande partie d’un seul pouvoir. Mais la pensée dominante était une pensée pieuse (e&ce&fcj, qui était une en eux; c’était la même couronne du martyre qui les invitait. Ces martyrs, en tirant leur zèle de la doctrine de la Loi, précédèrent dans 5 leur course les confesseurs de l’Évangile, de même que saint Jean-Baptiste précéda le Christ. Auparavant aussi les trois jeunes gens et Daniel, l’homme aux nobles aspirations, furent sauvés du four ardent à Babylone et de la fosse aux lions, et ils apparurent aux Barbares comme des êtres vénérables à cause des miracles et destinés à ramener les Israélites à cette Jérusalem 10 qui est située sur terre. Les jeunes Macchabées, précédant la venue du Christ, la résurrection, la Jérusalem spirituelle, dont l’artisan et le créateur est Dieu, l’annonce du Royaume des cieux qui était déjà proche, partirent du stade des combats vers le ciel, en instituant les premiers et en nous enseignant l’espoir de la vie future à laquelle ils nous préparaient.
u Si ce fait n’avait pas précédé, conduit et dirigé par la Providence, que n’auraient pas dit ces Juifs aveugles en voyant mourir dans les supplices des hommes qui confessaient le Christ? Ces Juifs qui n’ont pas d’yeux pour contempler le victorieux espoir de la résurrection, par les rayons duquel qui nous y convie. A lui la gloire éternelle, amen
Homélie LIII — Sur la correction, c’est-à-dire la calamité qui, rapporte-t-on, fut envoyée par Dieu à Alexandrie
Qu’on ne pense pas que les prêtres ou ceux auxquels a été confiée la direction du peuple peuvent sans danger se taire. Qu’on ne s’imagine pas io non plus qu’ils font une faveur quelconque.* aux auditeurs lorsqu’ils paraissent fol. 101 en public pour parler et enseigner. C’est un devoir qu’ils remplissent en agissant ainsi, un devoir qui, non rempli, cause une angoisse extrême à ceux qui s’y soustraient. Le prophète Amos dit « Prêtres, écoutez et rendez témoignage à la maison de Jacob, dit le Seigneur, Dieu le Tout-Puissant1. » Isaïe nous donne le même commandement « Consolez, consolez mon peuple, dit Dieu; prêtres, parlez au cœur de Jérusalem2. » II faut donc, en premier lieu, que le prêtre possède par la purification une ouïe très fine pour pouvoir 3 saisir promptement les révélations envoyées par Dieu, soit les menaces, soit les commandements.
Il doit, en second lieu, rendre témoignage au peuple et parler, non pas en tremblant, mais avec une certaine liberté légitime et sage; non pas d’une manière simple, mais « au cœur de Jérusalem », afin que la parole touche les auditeurs, qu’elle ne réjouisse pas seulement l’ouïe, 10 mais qu’aussi elle passe et entre à l’intérieur, et qu’elle envoie vers l’âme le bénéfice des explications. C’est pour une parole de ce genre que saint Paul écrivait aux Corinthiens3 « Mais dans l’Église je veux prononcer cinq paroles par mon esprit, afin d’enseigner aussi les autres, plutôt que dix mille paroles par la Les paroles dites par Dieu au prophète Ézéchiel inspirent une grande crainte à ceux qui sont à la tête du peuple, même à ceux qui montrent de l’insensibilité.
Elles terrifient et prouvent clairement quel est le danger du silence, surtout pour celui à qui a été confiée la fonction de Grand-Prêtre. Celui-ci est appelé sentinelle (« kcotfo’;) ou parce qu’il agit et veille pour le 5 peuple qu’il recherche avec sollicitude, et tout œil le scrute et l’examine lorsqu’il dirige à temps et à contre-temps, suivant la loi apostolique1, le troupeau soumis à son autorité; ou parce qu’il est placé devant nous comme un modèle et un emblème de la rectitude de la vie; on peut dire aussi un ovip-eTov, c’està-dire une cible vers laquelle les archers tirent une flèche. Le but (d cxoivoç) 10 est ainsi appelé parce que ceux qui tendent l’arc fixent leurs regards vers le signe ou le but, lorsque, au jugé et en visant bien, ils veulent y envoyer une « fol.
101 flèche. De la même manière aussi, le peuple doit regarder vers le prêtre comme vers le but ou le signe, et diriger toutes ses actions sur sa conduite et sa parole. Ainsi saint Paul, dont l’œil de sa pensée ne se détournait pas ni 15 ne s’égarait, mais regardait seulement vers les choses célestes, dit 2 « J’ou> blie ce qui est derrière moi et je tends vers ce qui est devant moi. Je regarde vers le but (c’est-à-dire le signe) je cours vers la couronne de l’appel supérieur de Dieu. » II appelle sentinelle (oxotoç) surtout le prêtre, suivant cette pensée qu’il est d’usage de nommer sentinelle (raowd;) celui qui se tient sur un mur ou sur un autre lieu élevé, qui fixe ses yeux attentivement et regarde au loin, 5 et qui fait connaître le premier l’irruption et l’approche de l’ennemi ou de quelque autre chose inconnue qui doit arriver bientôt.
On peut trouver cette expression ((txotto’ç)dans le Livre des Rois où elle est décrite d’une manière évidente « L’enfant sentinelle (r6 « ai&apiov 6 gmkqç) monta et’leva les yeux; il vit qu’une nombreuse troupe s’avançait sur la route de Suraïm, du côté de 10 la montagne. La sentinelle vint en informer le roi et elle lui dit a J’ai vu « des hommes sur la route de Suraïm, du côté de la montagne »Et dans un autre endroit3 « La sentinelle (6 gxottoç)alla sur le toit des portes vers le mur; elle leva les yeux et elle vit un homme qui courait seul en face d’elle. La sentinelle cria et le fit savoir au roi. » Et encore dans un autre endroit3 Et la sentinelle (ôçxotcoç)se tenait sur la tour de Iezra’el; elle vit la poussière de la troupe d’Iéhu qui s’avançait, et elle dit « Je vois une troupe.
» IVRois, ix, 17). De même, lç directeur du peuple qui, en se tenant sur la tour des vertus comme sur un lieu élevé, est exhaussé en fait et en théorie et, pour cette raison, est placé sur un siège au-dessus de tous les autres, doit posséder un œil intellectuel, pur et perçant, éclairé d’en haut et qui le premier aperçoive 5 de loin les calamités imminentes, ou l’irruption des démons comme des ennemis, ou les embûches cachées, ou les filets dissimulés du Malin, afin d’en avertir le premier, de préparer, de conduire et de diriger les événements *qui doivent en surgir, en dehors des malheurs qui frapperont le peuple. fol. 101 C’est pourquoi l’Ecriture sainte le nomme surtout sentinelle (ckotcoç), comme 10 je l’ai dit. Ensuite l’Ecriture demande au prêtre que, après avoir vu le premier, il en témoigne au peuple librement, publiquement, plus clairement encore que la trompette aux sons joyeux et à la grande voix, afin qu’il touche l’ouïe dure et fermée par la méchanceté du monde.
Il est bon qu’il entende aussi la pais rôle d’Ézéchiel et qu’il sache quelle doit être sa crainte, et quel est le châtiment fixé et réservé aux prêtres qui ne prêchent pas ainsi. Cette parole est celle-ci1 « La parole du Seigneur vint à moi en disant « 0 homme, parle « aux fils de ton peuple, et tu leur diras Terre sur laquelle je porterai le « glaive Que le peuple de la terre prenne un homme d’eux et qu’ils l’établis- « sent pour eux en sentinelle (« ç axoirov). Si la sentinelle voit le glaive venir « sur la terre, qu’elle sonne de la corne et informe le peuple. Si celui qui « entend, entend le son de la corne et ne prend pas garde, le glaive vien- « dra l’atteindre; son sang sera sur sa tête; parce que, en entendant le son « de la corne, il n’a pas pris garde, son sang sera sur lui.
Celui qui aura pris 5 « garde sauvera son âme. Quant à la sentinelle (6 <xxowoç)e, n voyant venir le « glaive, si elle ne sonne pas de la corne et ne prévient pas le peuple, et si « le peuple’ne prend pas garde, lorsque le glaive viendra prendre leur âme, « celle-ci aura été prise à cause de son injustice (àvopua), et le sang, je le « réclamerai de la main de la sentinelle. » En vue de ces menaces si une sentinelle qui se tait sans prévenir ni avertir, ne périrait-il qu’une seule Ame, est coupable du sang de celle-ci que ferons-nous? Ou plutôt quelle cruelle douleur ne subirons-nous pas, nous qui avons été établis à la tête du peuple? Non seulement nous ne prévenons pas de ce qui arrivera, mais aussi nous avons une langue insensible 15 pour les douleurs posées devant nos pieds et visibles à nos yeux, pour des douleurs étranges et extraordinaires, qui n’existaient pas même dans le temps passé et dont aucune mention ne nous a été transmise par l’histoire ancienne.
Nous avons connu en effet, à une époque peu lointaine et aussi dans les temps anciens, des villes, des régions, des communautés, des na- « t fol. 102 tions, qui ont payé la faute des pécheurs et ont souffert cruellement d’épidémies, de pluies continuelles, du fléau de la grêle, de la dévastation des sau~ 5 terelles, de la disette qui a entraîné le manque des vivres nécessaires. Elles ont éprouvé une maladie pernicieuse et la perte de beaucoup d’hommes qui en sont morts, ou elles ont été livrées en captivité aux ennemis, ou elles ont été frappées d’ulcères et d’abcès incurables. • Qu’il ait été permis aux démons barbares de s’armer ainsi en masse 10 contre tout le peuple d’une ville ou d’une région, c’est une terrible nouvelle dont nous n’avions pas encore entendu parler.
Lorsque je parcourais ces malédictions prononcées par Moïse contre ceux qui transgressent les commandements de la Loi et que je lisais les différentes espèces de fléaux, je n’ai rien trouvé de pareil. Mais peut-être citera-t-on cette parole de Moïse1 ta « Le Seigneur te frappera de démence, de cécité et de dérangement d’esprit. » Mais ceci n’est qu’une partie et non pas l’image complète du fléau qui est arrivé maintenant. Il y a en effet dans la calamité même de la dé- •1. Deut, xxvni, 28. 1mence et du dérangement d’esprit. Mais il s’y ajoute encore de ces choses Cque la parole ne peut exprimer et que l’ouïe ne peut croire. Que des homrmes délirent, se jettent à terre, arrachent et déchirent leur chair sans le senttir et deviennent enragés par l’opération de ces démons qui les oppriment, ccela mérite que nous l’écrivions.
Mais qu’ils s’imaginent qu’ils brûlent et 5 qqu’ils rendent éteints des charbons ardents, des xapêwvia, c’est un fait en dehors de la rage démoniaque et en dehors de l’ordre naturel, et nous ne pouvons soumettre à la parole cette douleur qui est au-dessus de la parole. A cela nous devons rattacher, parmi les malédictions de Moïse, cette prédicttiion qui dit « Le Seigneur rendra étranges (wapaào&cei) tes fléaux et les 10 fflléaux de ta postérité, des fléaux grands et prodigieux, et des maladies n malignes et certaines. » C’est le propre en effet des prodiges d’arriver en ddehors de l’attente et de la pensée universelle et commune, d’échapper à la P portée de l’esprit, d’étonner parce qu’ils se produisent et de n’être crus f f o b l.. 102 qqu’après qu’ils sont arrivés.
On n’y croirait pas avant qu’ils n’aient eu lieu. 15 cC’est pourquoi Moïse appelle prodigieux et certains de pareils fléaux. Après ces menaces si terribles, il en introduit une autre qui est encore de beaucoup plus terrible « Et toute maladie, dit-il4, et tout fléau qui ne sont pas écrits dans le Livre de la Loi, le Seigneur les amènera sur toi jusqu’à ce qu’il t’ait détruit. » La calamité qui a été prédite d’une manière commune et générale, à sa5 voir qu’il arrivera des espèces de fléaux prodigieux, fait certainement partie, il faut le reconnaître, des calamités qui ont été dites pour nous/Pourquoi donc maintenant a-t-on vu en réalité de ces fléaux qui dans les épreuves antérieures ne furent pas connus, autant que je sache? Ce n’est pour rien autre qu’à cause de la prédiction qui avait été faite.
Les Anciens des temps loin10 tains et ceux qui, après eux, observaient la Loi de Moïse, alors que les hommes étaient en quelque sorte des enfants et des êtres serviles et n’étaient pas préparés à la crainte du supplice futur et éternel, ceux-Jà ne pouvaient éviter de pécher. C’est pour cette raison que la Loi et surtout le Législateur ne les menacèrent pas de la Géhenne et du feu éternel. Mais, dès qu’ils avaient 15 péché, aussitôt après leur péché le Législateur les punissait. C’est en effet le propre des enfants et des esclaves de rire des châtiments éloignés. Ils craignent, au contraire, les coups suspendus au-dessus de leur tête et se corrigent. C’est encore le propre des enfants qu’à la menace seule de leur père ils se contiennent et prennent peur.
C’est pour cela que, pour les disciples de l’Evangile, comme pour des gens parfaits et des fils, la correction se fait seulement par la menace. Aussi saint Paul, écrivant aux Romains, disait1 « Car vous n’avez pas reçu l’esprit de la servitude de nouveau pour craindre, mais 5 vous avez reçu l’esprit de l’adoption. » Ceux qui autrefois commentaient des péchés étaient aussitôt frappés de châtiments. On trouve le fait constaté historiquement dans tout ’le Livre inspiré par Dieu. Lorsqu’ils oubliaient le lo v i a.. j I02 service de Dieu et l’observance des préceptes de la *Loi pour se tourner vers ]le culte des démons, sur l’heure ils devenaient les esclaves des autres mem- 10 ] 1 bres de la tribu qui étaient leurs proches voisins, ou de quelqu’un des barbares qui étaient en dehors des frontières; ou ils étaient corrigés par d’autres peines.
C’est ce qu’enseigne aussi saint Paul en mentionnant quelques Anciens de la manière suivante dans l’Épître aux Corinthiens 2 « Ne nous prostituons pas comme se sont prostitués quelques-uns d’entre eux, et il en tomba 15 dans un seul jour vingt-quatre (sic)3 mille. Ne tentons pas non plus le Christ comme quelques-uns l’ont tenté, et ils périrent par les serpents. Ne murmurons pas non plus comme quelques-uns d’entre eux murmurèrent, et ils périrent par l’exterminateur. » Ainsi, pour les raisons qui ont été énoncées, il n’y avait pas d’intervalle entre les péchés et les châtiments dus aux péchés. Mais, peu à peu au fur et à mesure que le temps s’allongeait, les Pro5 phètes indiquaient par leurs propres paroles les peines du supplice futur et éternel.
Isaïe en témoigne, lui qui dit « Qui vous annoncera le feu qui brûle? Qui vous annoncera le lieu éternel? » Et aussi2 « Car leur ver ne mourra pas, et leur feu ne s’éteindra pas. » Lorsque nous, qui avons cru à l’Evangile, nous faisions ce qui nous valait l’adoption, par la menace de la Géhenne, c’est-à-dire du feu qui ne s’éteint pas (on appelle Géhenne cette flamme, à ce qu’il me semble, parce qu’elle sxiste par droit de nais’ sance3 et sans diminution; en tout temps elle est rajeunie et elle flambe; elle n’a pas besoin pour nourrir son ardeur de ce qui est nécessaire au feu matériel et visible) nous refrénions les grands et affreux instincts du 15 péché, et rien de semblable ne nous arrivait tout d’un coup et subitement. Parfois aussi lorsque nous péchions, il se passait ce qui se passa pour les plique YÉevvpaar Yeveà.
PATR. OR. T. IV. Anciens le déluge aux jours de Noé; les éclairs enflammants et les foudres qui fondirent sur Sodome; aux jours de Moïse, les serpents dont les morsures étaient mortelles. fol. 102 Mais quand il arriva que, commettant chaque jour de très graves péchés et surpassant les Anciens par une perversité contraire à la Loi, nous rîmes 5 de la menace des peines futures, nous n’en tînmes aucun compte, nous considérâmes comme une sottise le nom même de la Géhenne, et que nous tournâmes en dérision la chose elle-même comme ne méritant aucune créance, pendant que chacun de nous disait « Moi, je jouirai de ce monde qui est proche et de courte durée, j’en viendrai par toutes les voluptés et les perver- 10 sites à brûler éternellement dans le feu; il me plaît de saisir les plaisirs qui sont visibles; quant aux fables de l’avenir invisible, je n’y songe pas », alors, c’est alors que le Seigneur nous montre les commencements de la flamme à laquelle nous ne croyons pas et qui ne s’éteint pas.
Il fait sortir d’une manière prodigieuse des charbons ardents des corps humains des dé- is moniaques qui sont torturés de cette manière, afin de faire savoir manifestement qu’avec le feu final est apparenté et de même genre le feu qui tortura ceux-ci et auquel ces ignorants ne croient également pas. « Allez loin de moi, dit-il ô Maudits, vers le feu éternel qui est préparé pour le diable et ses anges. » II agit ainsi par un grand amour pour l’humanité. En eiïet, comme le dernier jour arrive déjà près de la porte, par des corrections très claires et mas nifestes et par des calamités très douloureuses, il nous rappelle ce qui arrivera, non pas par des paroles, mais par des faits, afin que nous ne tombions pas dans des maux inévitables et sans fin.
Tout cela, il le fait et l’acquiert, et il est même contraint d’infliger des supplices, préoccupé qu’il est de nous arracher à des maux auxquels on ne peut se soustraire et pour lesquels il n’y a 10 pas de fin. Car, dès le commencement, il a employé la menace dans ce but, pour effrayer plutôt que pour éprouver la menace. Et ceci qu’on a entendu dire que ceux qui souffrent de cette. maladie étrange bêlent comme des brebis et des chèvres, aboient comme des chiens, produisent par leur bouche d’autres cris d’animaux, se repaissent de paille, d’herbe et de nourritures propres à 15 d’autres animaux, ceci est une juste correction de notre sottise. En effet comme il est écrit2 « L’homme, étant dans les honneurs, n’a pas compris; il a été fol. loa comparé aux bêtes privées de raison et leur a été assimilé.
» Et, comme nous r° a. n’avons pas même une sensation de la propriété ou de la qualité animale qui est dans notre esprit, il nous reprend par des paroles inintelligibles, en s’écriant comme s’il citait une parole de l’Écriture « Ta bouche lie reprendra et non pas moi. » Ne nous posons donc pas très méchamment comme des gens qui restent 5 en dehors de cette maladie, alors que, plus qu’eux, nous souffrons du manque de raison. Celui qui émet le cri d’un animal privé de raison ne nuit à personne au contraire, il est utile en éveillant la pitié et la tristesse chez ceux qui l’entendent. Mais toi, qui possèdes une âme d’animal insensée et privée de raison, qui as revêtu en même temps en toi-même les passions de aombreu- 10 ses bêtes et qui es aussi varié que les phénomènes appelés signes, à cause de tes défauts et de ton iniquité envers tes proches tu es seulement haï et tu n’es jamais pris en pitié.
Et c’est très juste. En effet on prend pitié de ce qui est involontaire, mais on hait ce qui est fait avec intention. Cela indique le châtiment, ceci la méchanceté. En quoi diffères-tu du lion, dis-moi 15 lorsque, comme dit le prophète David 2 « Tu es embusqué en cachette comme lui lion dans sa tanière; tu es embusqué pour ravir le pauvre, pour ravir le pauvre en l’entraînant »? Comment doit-on surtout t’appeler, lorsque tu es ravisseur comme le lion, cruel comme le loup, irascible comme le chameau, vorace comme l’ours, ardent pour les femelles comme le cheval « Ils devin5 rent des chevaux ardents pour les femelles », dit Jérémie en parlant d’individus’, frappant des cornes comme le taureau, t’allongeant pour ruer comme l’âne, sautant sottement comme le bouc, rusé et fourbe comme le renard?
Quand une seule âme souffre de tout cela, peut-elle encore être appelée une âme? N’est-elle pas plutôt un démon dur et cruel? Eh quoi! N’était-elle pas 10 bienheureuse l’âme de celui qui devait manger de l’herbe et de la paille et ne • loi, 103 se nourrir comme les hommes ses semblables 2? De même aussi un certain prophète a dit en flétrissant des individus qui s’exposaient au meurtre « Ils disent « Immolez des hommes, car les veaux ont manqué. » Ayons donc honte et corrigeons-nous, ô mes amis et mes frères, et regar15 dons vers notre âme, bien que tardivement. Recherchons par la douleur manifeste et certaine des autres et surtout par l’opération et la correction divines les maladies secrètes de nous-mêmes^ Et nous, pleurons sur nous-mêmes, car, pour avoir commis de très graves fautes, nous serons destinés aux supplices futurs et éternels dus aux grands péchés.
Que nous soyons corriges dans ce mondequiest proche et qui a une fin, c’est un grand avantage pour ceux qui ont péché. Car, soit en totalité, soit enpartie, ilsseront déliés de leurs péchés selonlajuste mesure de Dieu, lui qui par justice autant que par amour pour 5 l’humanité pèse à chacun ce qui est dû. Écoute-le lorsqu’il dit par l’intermédiaire duprophète Isaïe au sujet deJérusalem < « Consolez-laparce que son humiliation aété complète. Sa faute lui a été remise parce qu’elle areçu’de la main du Seigneur le double de ses péchés. » C’est pour cette raison qu’il ajoute la consolation à la rémission et au pardon de la faute, parce qu’elle a 10 reçu le double des peines dues à ses péchés, lorsque les Babyloniens l’eurent torturée misérablement plus quede raison.
Notre-Seigneur aussi, dans l’Évangile, introduit Abraham qui répond dans le Schéol au riche quibrûlait et sollicitait qu’on calmât sa langue par une seule goutte2 « Souviens-toi que, toi, tu as reçu tes biens pendant ta vie, et Lazare de même ses maux. Maintenant ici il est consolé, mais toi, tu es affligé. » Qu’on ne s’imagine pas non plus que ceux qui ont été frappés d’une douleur ont été corrigés parce qu’ils avaient péché plus que nous. Dans des cas tels que ceux-ci, Dieucommence d’abord par ceux qui notoirement sont près de lui plutôt que par les autres. On peut entendre Dieu qui dit dans Ézéchiol aux anges des supplices qui étaient sur le point de ravager Jérusalem •* Entrez dans la ville, détruisez et n’ayez pas de pitié; commencez par mon sanc- ffoo]l.
103 tuaire. » Et lorsque les fils d’Aaron offrirent un feu étranger et qu’ils furent 5 consumés pour cette raison, il dit « Dans mes proches je serai sanctifié et devant toute l’assemblée je serai loué. » Saint Pierre, le premier chef des Apôtres, a écrit aussi d’accord avec cela « II est temps de commencer le jugement par la maison de Dieu. » Si c’est par nous d’abord, quelle sera la fin de ceux qui ne croient pas à lévangile de Dieu? David chante aussi’ 10 « Grand est Dieu et terrible pour tous ceux qui sont autour de lui. » Sachant cela, prévenons la colère par la pénitence; arrêtons-la lorsqu’elle s’étendra sur le chemin et approchera. N’oublions pas que nous sommes comme des justes et que nous ne méritons pas de souffrir comme ceux qui ont déjà souffert.
Dieu qui aime l’humanité, qui est sage et qui attend le 15 retour de nous tous à la vertu, ne dirige pas sur nous tous en même temps la verge qui frappe; mais il s’approche différemment et d’une manière variée de ceux qui pèchent. Ceux-ci, il les frappe et leur rend service en leur remettant totalement le supplice futur et éternel, ou en faisant ce supplice très léger. Geux-là, il les corrige, les fait rougir de honte et les convertit par les châtiments des autres; ou, si par cet exemple ils ne sont pas terrifiés et ne se repentent pas de leur malice, il les livre aux derniers supplices de la justice, soit maintenant, soit dans le’ monde à. venir. Ne regardons donc pas 5 seulement vers les temps anciens. Si nous ne pensons pas à l’avenir, nous tomberons dans de sottes pensées et nous dirons comme un prophète l’a écrit dans un endroit1 « Vain est celui qui sert Dieu.
Quel profit avonsnous à observer ses observances? » Alors, mais alors nous verrons clairement2 « entre le juste et entre le pervers; entre celui qui sert Dieu et ce- i0 lui qui ne le sert pas. C’est pourquoi voici que le jour vient qui brûle comme un four; et il les flambera; et tous les étrangers et tous ceux qui pratiquent l’injùstice deviendront un roseau et le jour qui vient les brûlera, dit fol. 103 le Seigneur Omnipotent. Et il ne restera d’eux ni racine ni rameau. Et pour vous qui craignez mon nom se lèvera le soleil de la justice, et la guérison est 15 dans ses ailes ». Maintenant, j’ai rapporté ces paroles avec un grand soin (« pOumovîa) afin que nous sachions regarder vers les choses du monde futur et que nous ne jugions pas seulement par ce qui est proche la justice de Dieu et sa rétri* bution qui répartit et donne ce qu’il faut à chacun des pécheurs dans un ordre convenable.
Il est bien temps maintenant que nous voyions à nous occuper comment, en donnant satisfaction à Dieu pour nos péchés, nous ne 5 rencontrerons pas en chemin cette douleur arrivée à autrui, laquelle, si nous cherchions à plaire à autrui, viendrait aussi sur nous. Il est, il est en effet des remèdes, au moyen desquels on peut arrêter et interrompre la colère qui vient de Dieu. Pour l’instant, c’est la prière, c’est qu’à l’aide des supplications nous implorions et nous célébrions Dieu de concert avec les prêtres 10 qui font fumer l’encens suivant la loi et élèvent l’hostie. Saint Paul, en écrivant aux Hébreux, dit « On doit élever en tout temps le sacrifice de louange à Dieu, c’est-à-dire le fruit des lèvres qui confessent son nom. » Lorsque les Israélites, parlant à Moïse et murmurant des blasphèmes, tombaient tout d’un coup en masse et mouraient, Moïse dit à Aaron2 « Prends l’encensoir, 15 et mets-y du feu de l’autel; jette dessus de l’encens, porte-le promptement dans le camp et expie pour eux, car la colère est sortie du Seigneur et elle commence à détruire le peuple.
Àaron le prit, comme avait dit Moïse, et il courut vers la communauté. Déjà la destruction avait commencé dans le peuple. 11jeta de l’encens et expia pour le peuple; et il se tint entre ceux qui étaient morts et ceux qui vivaient, et la destruction s’arrêta. » La colère qui avait commencé, vous voyez que le prêtre l’arrêta en entrant et en se tenant au milieu avec de l’encens, et qu’on doit s’empresser d’offrir en tout temps la prière comme le fruit des lèvres. On sait d’abord que l’en- 5 c e e st ns pur e e s, t l d e it- t i y l, pe co d m e me la pri l è ’e r n e cens pure dev et ant de l t a oi. bon » ne Uson o s deur donc (rf« K m * a ) i. ntena « nt Ma p d ri e ère la f 1 o ’° l. a. 104prière avec ardeur et constamment. Ne soyons pas satisfaits lorsqu’il nous sera arrivé de prier une ou deux fois, et ne rejetons pas la chose loin de nous comme superflue.
Mais prions avec des larmes en fléchissant le genou à terre Supplions; implorons. Je suis honteux et je me voile la face lorsque nous prêtres, nous sommes prosternés à terre et nous prions, et lorsque je vous vois debout au milieu du peuple et la bouche ouverte. Le diacre crie pour tous également de plier le genou. Même dans le cas contraire si, pour ainsi dire, il ne criait pas pour tous, vous devriez cependant vous incliner pen~ 15 dant que les prêtres se lèvent et tendent pour vous les mains vers le ciel Mais prions tous ensemble; agenouillons-nous ensemble; frappons avec soin afin que Dieu ouvre à, tous la porte du pardon. Il y a encore un autre remède qui guérit et contient la colère, et qu’il faut en même temps mêler avec la prière je veux dire la pitié pour les nécessiteux, par laquelle nous faisons participer les pauvres à nos biens.
Saint Paul la fait suivre aussi lorsqu’il ajoute ces paroles à celles qui ont été rapportées plus 5 haut’ « N’oubliez pas la bienfaisance et la mise en commun; des sacrifices de ce genre plaisent à Dieu. » Cette vertu, le prophète Daniel la conseillait aussi au roi Nebucadnezar lorsqu’il eut prévu par une sage interprétation des la vie de celui-ci serait transformée suivant les habitudes des songes que carnassiers et la manière de vivre des bestiaux, comme nous apprenons 10 maintenant que c’est le fait de ceux qui sont frappés de cette maladie-ci. Il dit « C’est pourquoi, ô roi, que mon conseil te plaise; rachète tes péchés par des aumônes et tes injustices par la pitié pour les pauvres peut-être y aura-t-il de la longanimité pour tes fautes.
» II faut donc y joindre ce grand remède, très puissant et utile pour toutes les maladies et les maux. îs Je dis ceci Nous devons participer sans cesse au sacrifice sans sang du corps et du sang du Christ, lequel enlève le péché du monde, à la seule condition que nous ne détournions pas la grâce. Ce sang fut montré autrefois aussi par une figure et une image, quand l’agneau était immolé pour la 1, Hébr., xiii,16. 2. Daniel, iv,2’i, Seplanlc. fol. 104 1Pàque que Moïse avait prescrite^ et quand on en enduisait les seuils ou les r montants de chaque porte; alors que les premiers-nés des Égyptiens étaient ff: rappés, il écartait des enfants d’Israël l’exterminateur qui ne touchait à aaucune maison enduite. Nous aussi, enduisons du sang divin les portes spirituelles de notre maison, c’est-à-dire nos bouches.
Ainsi s nous échapperons à l’exterminateur et, en mangeant le corps de Dieu et du Verbe qui s’est fait chair et en emplissant de sainteté notre intérieur, nousrejetterons et chasserons de nous toute passion déraisonnable et bestiale; nous serons pour les démons belliqueux non seulement indomptables, mais aussi redoutables, surtout si nous ajoutons le jeûne, cette arme très utile et excellente contre 10 lesesprits malins nous nous sauverons de la colère aussi bien présente que future et nous mériterons le royaume des cieux par Jésus-Christ Notre-Seigneur, auquel reviennent avec le Père et le Saint-Esprit la gloire, l’honneur etla puissance éternelle Amen
Homélie LIV — À ceux qui, après la prière, vont au théâtre
De nouveau je me suis avancé, alors que je manque de toute capacité pour parler ou enseigner quoi que ce soit d’utile; alors que je suis obscurci par’Je nuage des souois matériels, dans lesquels ’3Stliée cette Église sainte et immatérielle d’une manière inconvenable; alors que des personnes la 1Õ chargent successivement de fardeaux étrangers et non sacerdotaux. Comment les troubles extérieurs ne porteraient-ils pas préjudice aux religieux de l’intérieur? C’est contraint et conduit de force par cette nécessité prér sente, et comme quelqu’un qui brûlerait dans le feu, que je suis poussé à cela, et non volontairement. Qu’y a-t-il d’étonnant si moi qui fais sortir 15 de moi-même des ulcères nombreux et incalculables, j’ai subi cette douleur sans pouvoir me taire?
Lorsque le prophète Jérémie, qui dès le sein de sa f v o ° l. a. 104 mère avait été consacré, voyait que son peuple riait surtout de ce qu’il lui avait dit, loin d’en être attristé, et s’en moquait sans en éprouver du chagrin ni de l’affliction, qu’il ne tremblait pas non plus devant le courroux dont il était menacé, alors le prophète songeait à se taire; mais il s’enflamma et brûla dans son cœur, et fut forcé de parler. C’est pourquoi il 5 disait1 « J’appellerai l’impiété et la misère parce que la parole du Seigneur a été pour moi un outrage et une dérision toute la journée. Et j’ai dit Je ne nommerai pas le nom du Seigneur et je ne parlerai pas de son nom. Et il fut dans mon cœur comme un feu brûlant qui flambait et se pressait dans mes os, et je ne puis le supporter.
» i0 II suflit donc, ainsi que je l’ai dit, que le lien de ma langue soit faible, que cette tempête des événements mondains arrive seulement, ainsi que le trouble extérieur de ceux qui combattent la parole orthodoxe. Si alors je pense, comme Jérémie, que pour moi aussi la parole du Seigneur a été un outrage et une dérision, je dirai nécessairement, moi aussi comme lui « J’ai 15 lit Je ne nommerai pas le nom du Seigneur et je ne parlerai pas de son fiom. » Je prierai pour qu’une porte de prison soit mise sur mes lèvres et que je sois contraint à un silence complet, sinon le rire et la dérision manifeste pour les paroles du Seigneur ne feront pas que je ne prêche avant peu des prières universelles dans l’Église, des larmes, la confession des péchés, le jeûne, et, pour parler simplement, la correction effectuée par la pénitence, 5 à cause de ce fléau déjà menaçant qui, pour ainsi dire, est proche et suspendu au-dessus de notre tête; il est terrible à entendre.
Vous donc, ou plutôt beaucoup d’entre vous, car je ne dois pas vous accuser tous, vous irez au spectacle- de l’hippodrome et à ce temple du rire ou, pour le nommer d’un nom peut-être plus propre, de l’ardeur de 10 la prostitution, à ce théâtre de toute luxure. Mais tu diras que tu n’as pas manqué aux prières ni aux assemblées dans l’église, et que tu as pris part de la même manière aux spectacles. Cependant n’as-tu pas entendu S. Paul qui écrit aux Corinthiens* « Vous ne pouvez pas boire la coupe « fol. 104 de Notre-Seigneur et la coupe des démons. Vous ne pouvez pas prendre v"b. 15 place à la table de Notre- Seigneur et à la table des démons. » Un sage ne dit-il pas très bien2 « Un qui construit et un qui démolit, à quoi cela servira-t-il de plus qu’à prendre de la peine?
Celui qui prend un bain et se lave à cause d’un mort et qui touche ensuite à celui-ci, quel profit tirer’a-t-il de son bain? De même un homme qui jeûne pour ses péchés et qui va ensuite commettre les mêmes fautes. » C’est le fait de ceux qui agissent ainsi contrairement à la loi et sont pleins de perversité. Ils s’imaginent prendre part àla Table et à la Coupe, manger et boire et faire ce qui leur plaît. Le Livre sacerdotal témoigne au sujet de tels gens en disant’ 5 « Ils mangent une nourriture d’impiété et s’enivrent d’un vin illicite. » Et quelle perversité y a-t-il, dira-t-on, à regarder une course de chevaux? Une grande et non pas une quelconque. Je te répondrai librement, ô un tel! Premièrement tout spectacle est nécessairement consacré à un à Neptune, le spectacle des chevaux; à Mercure, le spectacle des lutteurs qui combattent seuls; à Artémis, celui des lutteurs qui combattent avec les animaux; à Bacchus, les représentations (cwA) théâtrales.
Comment plairait à Dieu ce qui fait la joie et le plaisir des démons? Comment courrionsnous vers ces spectacles auxquels nous avons légalement renoncé lorsque ib nous étions inscrits pour le service du Christ, que nous souscrivions à des actes d’obéissance envers lui, et que nous étions préparés à mériter le baptême divin ei salutaire. Ces spectacles sont en effet les pompes de Satan et le culte de ses fêtes auxquelles nous avons renoncé. Deuxièmement alors même qu’on dirait « Les représentations ne sont pas données en l’honneur des démons, mais pour notre plaisir.? Mais nous irriterons le s Créateur si nous usons des animaux privés de raison d’une manière contraire à ses commandements. Chacun d’eux a été créé pour remplir un besoin quelconque de la vie du monde, et non pour un agrément excessif <f•.
fol.105 et inutile. Le cheval a été donné aux hommes pour que, montés sur cet r° a. animal, ils accomplissent rapidement leurs courses et sortent contre les 10 guerriers qui viennent à eux. Il est pour eux un secours et un auxiliaire dans le combat contre les ennemis. C’est aussi ce que dit Celui « qui parlait à Job du milieu de la tempête et des nuages4 » « 0 toi, as-tu posé la puissance dans le cheval et as-tu revêtu son cou de crainte?. Marchant à la rencontre de la flèche, il rit et ne se détourne pas du fer. Lorsque 15 la trompette donne le signal, il dit Bravo, bravo! De loin il sent le combat2. » II est écrit de même dans les Proverbes « Le cheval est prêt pour le jour du combat, c’est le secours de la part de Dieu. » C’est pourquoi cet animal a été introduit pour servir à la vie de l’homme, PATIl.
OR. T. IV. 4 et non pas pour que tu l’abîmes en lui faisant faire sept tours du cirque, en faisant sortir chars contre chars, en écrasant ses pieds par la vitesse des roues, ni que tu te réjouisses et applaudisses à une chute misérable et déplorable. Ce n’est pas là ce que te prescrit et t’enseigne le Livre divin, mais le contraire. Lorsque tu agis ainsi, il écrit pour toi les mots de 5 cruauté et d’iniquité en disant’ « Le juste a pitié de la vie de ses bestiaux, mais les entrailles des impies sont sans miséricorde. » Ce que dit le sage saint Paul2 « Est-ce que Dieu a souci des bœufs? » vise un autre sens. En effet, en parlant aux Corinthiens, il disait qu’il faut « que ceux qui prêchent l’Évangile vivent de l’Évangile3 ». « Qui fait jamais la guerre 10 à ses propres frais?
Qui plante une vigne et ne mange pas de ses fruits? Qui paît un troupeau et ne mange pas du lait du troupeau? Est-ce que je dis cela comme un homme? Ou la loi ne le dit-elle pas aussi? Dans la loi de Moïse il est écrit « Ne mets pas un frein au bœuf qui foule le grain. Est- « ce que Dieu a souci des bœufs4? » Voilà donc ce qu’a dit ce commande- i* ment légal qui ordonne de ne pas mettre un frein au bœuf qui foule le grain Dieu a fait la loi non pas parce qu’il avait souci de l’équité (eùvojua) due aux bœufs. Qu’y a-t-il donc d’odieux à ce que ceux-ci soient entravés f r o ° l. b 1, 05 et retenus sur l’aire afin qu’ils fassent leur service avec soin et ne s’occupent pas de leur ventre en temps inopportun? Mais, par ce commandement, il nous enseigne qu’il est juste que ceux qui travaillent soient nourris 5 du produit de leur peine.
C’est pourquoi il ajoute ensuite’ « Ou parle-t-il absolument pour nous? Car c’est pour nous que cela a été écrit, puisque celui qui laboure doit labourer avec espoir, et celui qui foule doit fouler avec l’espoir de prendre sa part de nourriture. » Que Dieu a soin de tout, s’occupe de tout et aime tout en tant que Dieu, 10 c’est chose connue et bien évidente. « Tu ouvres ta main et tu remplis tout animal de bonne volonté (sùWt’a) », lui dit le prophète des Psaumes2. Mais un sage dit aussi3 « Comme tu peux tout, tu es miséricordieux pour tous. » Un. autre écrit aussi’ « La pitié de l’homme est sur son prochain; la pitié de Dieu est sur toute chair. » Ce n’est pas une raison, parce que quel15 ques espèces d’animaux ont été données aux hommes pour être tuées et mangées, pour que, durant leur vie, nous ne devions pas nous servir d’elles avec miséricorde, nous n’ayons pas pitié d’elles, et que, pour un amusement et un plaisir diabolique, nous fassions un commerce vain et nuisible de l’épuisement, de la fatigue et de la mort des chevaux.
Et de qui s’agit-il? De nous qui devons imiter Dieu « Soyez miséricordieux, dit-il1, comme votre Père est miséricordieux. » Diabolique est le spectacle des chevaux, c’est ce dont témoignent les 5 ]ruses et les moyens astucieux qui y sont pratiqués, cette émulation qui res- {semble à de l’enchantement, ces meurtres affreux, cruels et illégaux des ifourbes qui se montrent audacieux contre un âge jeune et faible (?). Ces ispectacles (?) peuvent grandement courroucer Dieu; ils méritent de nom1breux éclats de tonnerre et des éclairs flambants. Alors même que le diver- 10 ttissement serait exempt de pareilles choses, nous en jugerions par ses fruits. f v o » l aa... 105(« "C’est à ses fruits qu’on connaît l’arbre 2. » Tel est le décret du Christ, 1Dieu et sauveur, qui ne ment pas’.
Or quels sont les fruits de ces combats dde chevaux? Des querelles, des blasphèmes, des luttes, la confusion des gens, des clameurs, des attaques à coups de pierres, des guerres entre con- 15 citoyens, des meurtres, des incendies. Combien de fois tombe souvent dans un de ces péchés le plus pur des spectateurs? Ou il crie, ou il se querelle. ou il blasphème, ou il se laisse emporter à la colère et à l’outrage. Et quel châtiment en résulte-t-il? On détourne et on s’aliène Dieu. Y a-t-il une peine Maintenant écoute au sujet de la clameur qu’on estime être moindre que les autres choses « Le Seigneur a dit La clameur de Sodome et de Go5 morre s’est accrue vers moi et leurs péchés sont très grands. » Cela suffit pour montrer ce qu’est la clameur.
C’est d’abord l’accusation de Sodome et de Gomdrre. Le Seigneur dit encore. par l’intermédiaire du prophète Isaïe 2 « Car la vigne du Seigneur Sabaoth est la maison d’Israël, et les hommes de Juda sont la vigne plantée récemment, la chérie. J? ai attendu qu’elle fit io ce qui est juste; elle a fait l’illégalité, non pas la justice, mais la clameur. » Eh quoi La clameur est sujette à l’accusation. La querelle est-elle chose louable? Nullement. Vois comment Dieu, par l’intermédiaire du prophète Ézéchiel, la place parmi les grands sujets de blâme, lorsqu’il dit3 « Les Israélites ne voudront pas t’écouter, car ils ne 15 veulent pas m’écouter, parce que toute la maison d’Israël se compose de et de durs de cœur. » Tu te demanderas pourquoi la querelle querelleurs est rangée avec la désobéissance et la dureté de cœur.
Saint Paul place ensemble tous ces vices comme étant de nature à affliger et irriter le SaintEsprit. En effet il écrit ainsi’ oc N’affligez pas l’Esprit-Saint de Dieu, dans lequel vous avez été signés pour le jour du salut. Toute amertume et cour- • fol. 106roux et colère et clameur et blasphème soient enlevés de vous avec toute méchanceté. » Pourquoi donc allons-nous au spectacle de l’hippodrome? C’est pour que tous ces vices bouillonnent à l’instar d’un mauvais courant dans un lac, et non pour que, restant plutôt en repos, nous priions Dieu de nous pardonner lorsque, occupés des affaires du monde, nous sommes entraînés contre notre volonté à une clameur, à une parole de blasphème ou à la colère. Mais, 10 s|il vous plaît, examinons les théâtres, ces lieux de spectacles, et voyons s’ils ne sont pas nuisibles et pernicieux, et non, comme on le pense et le dit, amusants et réjouissants.
Je laisse de côté l’orchestre à-dire la danse en groupes et exubérante qui efféminé les corps virils, et ces chants érotiques ou amoureux qui enseignent la mollesse, dissolvent la vi- 15 gueur de l’âme, dans laquelle ils insèrent et déposent la rage de toutes les vilaines passions, l’enlaçant et l’ensevelissant sous le fardeau et l’ivresse des voluptés. Que dirons-nous des spectateurs des mimes, ces gens du ridicule? Est-ce que nous n’excitons pas le courroux et la colère de Dieu lorsque nous rions en voyant frapper le visage d’un homme que Dieu a créé, dans la face duquel Dieu a insufflé le souffle de la vie pour qu’il fût respecté même des anges, et. qu’a honoré aussi le Verbe de Dieu qui s’est 5 fait homme pour nous, lorsqu’il est ressuscité d’entre les morts et a soufflé sur les Apôtres en disant’ « Recevez l’Esprit-Saint.
» Un visage qui a été honoré à ce point, bien plus qui a été doublement célébré, ne penses-tu pas que c’est un sujet de terreur et d’effroi même pour les troupes célestes, lorsqu’il est outrageusement frappé et tourné en ridicule? Ensuite, dis-moi, 10 ’ris-tu de choses sur lesquelles tu dois pleurer et te lamenter? Où placerai-je cette couche pure, cette union honorable qui devient un sujet de plaisanterie? Et la chaste communauté qui, comme une adultère, est? f r o " i. a. 106 triturée par la dérision? Et les membres du corps qui sont mis à nu, eux par qui se procréent les enfants, par qui se conserve la transmission de notre 15 race? Et la partie naturelle dont on ne doit pas parler, qui est ridiculisée d’une manière honteuse et odieuse?
Et surtout ce mystère plein de pudeur et de chasteté? Respecte, ô homme,– ne respecterais-tu pas autre chose, ta forme qui a été créée par Dieu. Respecte la seconde création divine, pour laquelle le Verbe de Dieu, en prenant un corps de la Vierge, s’est associé à toi. Pourquoi rire de toi-même, comme ceux qui, dans la folie et sans aucun sentiment, déchirent ou mangent leur propre chair? Pourquoi donc, lorsqu’un adultère 5 est commis contre toi d’une manière outrageante, pleures-tu et gémis-tu, et penses-tu que ta vie n’est plus une vie? T’affliges-tu en voyant le soleil, et crois-tu que tout est sens dessus dessous? Ecris-tu contre l’adultère une sentence de condamnation à la prison? Déclares-tu que la mort est une faible • peine pour lui?
Combien de fois voudrais-tu faire périr le pécheur? Lorsque tu vois des représentations perverses de ce genre dans ce théâtre odieux dujeu, tu éclates de rire, tu te répands en effusions et tu appelles joie et divertissement ce spectacle déplorable. De quels yeux regarderas-tu ta femme lorsque tu rentreras à la maison? Comment exigeras-tu d’elle la chasteté, toi le spectateur de l’impudicité de ces spectacles affreux, inconvenants 15 et immoraux, toi qui as amassé une quantité de milliers de passions et qui nourris dans ton esprit les images des vices comme un feu qui couve et brûle dans les bois? « Que faire, dit-il, voici que le théâtre des jeux est ouvert et m’appelle au spectacle! » Mais, s’il était fermé, y aurait-il besoin de ces paroles, ô mon bon?
Comment verrais-tu ce qui n’est pas exécuté? Ce serait une grâce de la nécessité et non de ta volonté. Comme il est ouvert, passe devant en courant, avec 5 fermeté et philosophie. Laisse sans les visiter les acteurs qui sont là tout prêts. Fais voir que tout cela est futile et sans utilité. Car il ne suffit pas pour fo i" l. b. 106 l’excuse de ceux qui sont captés, que l’on prépare et dispose le théâtre, que l’on attire et trompe ceux qui y prennent place avidement. Celui qui dérobe des habits pourrait dire aussi que, ayant vu de8 habits et de l’or, il a été 10 tenté dans son esprit et a été trompé. Celui qui regarde avec un esprit de fornication sans se tenir sur ses gardes, s’excusera sur la beauté des femmes. Par, là peut-il surtout être considéré comme non coupable?
Mais on n’ignore pas que celui qui s’éloigne avec fermeté des tentations qui sont à sa portée, méritera, parce qu’il pratique la vertu, la couronne et 15 les récompenses de la victoire. Fuis donc de toutes tes forces les spectacles, la suffocation des âmes, l’abîme de Satan, la ruse parée, la ruse plaisante (eùwpdattwoç), le dommage qu’on subit insensiblement, la ruine facile, évidente et certaine. Si quelqu’un t’y entraîne, entraîne-le en sens contraire à l’église en lui disant cette parole de l’Écriture1 « Détourne ton pied de la mauvaise voie. Les voies de la droite, Dieu les connaît, mais les voies tortueuses 1sont celles de la gauche. » Montre-lui très au long par la parole la différence (de ces deux voies. Montre la fin de chacune d’elles.
Tourne en risée et blâme e idevant lui l’état passager et le peu de durée de ce divertissement fugitif. Effraie-le, dépeins-lui le futur tribunal du Christ. Amène-le à l’espérance de la ]bienheureuse vie infinie qui est préparée pour les justes. Enferme-le de tous <côtés. Ne manque pas son salut. Ne perds pas la proie. Si tu vois qu’il résiste 1trop fortement dans la lutte, qu’il s’efforce de triompher dans le mal et que, 10 isoit par la ruse, soit par la violence, il cherche à t’entraîner vers le vice, alors iaie recours à une juste colère, rejette une amitié ou une compagnie mauvaise, empresse-toi de fuir le méchant. Souviens-toi du Législateur spirituel qui t’or- (donne et te commande de te fâcher et non de pécher. Ainsi Phinées se mit en f v o ° i.
a 1. 06 ifornication, le fléau cessa (?) 2. Ainsi Moïse, le plus doux et le plus humble des ]hommes, s’irrita contre ceux qui transgressaient les lois de Dieu, alors qu’il supportait doucement et humblement ses injures personnelles. Lorsque la famille de Dathan et d’Abiram et la réunion de la famille de Coré se soulevèrent contre lui parjalousie et d’une manière outrageante, le législateur et chef du peuple tomba à terre sur sa face devant eux, et il exhortait et suppliait 5 les insulteurs de ne pas s’exposer à la colère d’en haut. Comme ils demeuraient désobéissants et orgueilleux, à la fin il les envoya en enfer. Nous devons subir et supporter humblement et philosophiquement les injures et les injustices qui nous sont faites, mais celles qui sont dirigées contre Dieu et fomentées contre sa gloire, nous devons nous tenir en éveil contre îo elles avec colère et le plus durement possible.
C’est pourquoi un prophète a dit « Que l’homme doux devienne belliqueux. » L’humilité et la douceur qui sont inintelligentes et n’ont pas de raison d’être, sont le propre des moutons et non des hommes raisonnables. C’est pourquoi l’irascibilité se trouve dans notre âme, afin qu’elle nous exhorte et nous excite au courage, que nous nous 15 en servions contre la mollesse des passions, et que nous combattions avec elle pour les lois de Dieu et aussi pour la vérité. 1, Cf. Nomb. x, vi,24et suiv. Mais je ne sais pas pourquoi, après le sermon que je vous ai prêché auparravant dans l’église, alors que je m’attendais à vous voir faire de bonnes œuvvres, je vous parle encore des moyens d’éviter le mal. Je reviens à parler du 1vNice et de la vertu, parce que nous avons besoin de pratiquer beaucoup les lbonnes œuvres pour échapper à cette colère qui est suspendue au-dessus de 5 fé.
loignée de la ville d’Alexandrie, dont elle continue de dévorer les gens sains, ccroissant et se propageant, au point que les habitants ferment non seulement les théâtres, mais aussi les cabarets, les maisons des marchands de vins, les boutiques de viandes crues et cuites et de comestibles de toute sorte offrant 10 quelque agrément, et dans leur deuil ne se nourrissent que de pain et de légumes secs ils ne font rien autre que de supplier Dieu tous les jours par d’ardentes prières. Saisissons donc cette nécessité pour montrer volontairement de la pénitence et obtenir, outre le bénéfice d’éviter la colère, la récompense due en 15 pareil cas. Ce n’est pas, en effet, sans en être récompensé, qu’on songe de son propre mouvement Si de telles calamités nous survenaient, que ne voudrions-nous pas faire pour y échapper?
Avant qu’elles ne surviennent, vivons avec vigilance (« piXowovîae)t philosophiquement. Si, par cette correction et par la crainte, nous ne nous convertissons pas, manquerons-nous d’être des sots et des étrangers pour Dieu, d’être livrés à une ruine complète, et de tomber dans la fosse profonde? On peut trouver ainsi évidente la parole écrite par Jérémie « Par la douleur et la verge sois instruite, ô Jérusalem, afin que mon âme ne s’éloigne pas de toi, et que je ne fasse pas de toi une terre inculte qui ne soit pas habitée. » Aussi est-ce terrifié et tremblant que je me suis arrêté à ces paroles, et j’ai prononcé à, pleine voix ce verset de l’Apôtre saint Paul’ 10 « Pendant qu’il en est temps encore, faisons le bien. » Nous avons grand besoin de beaucoup de prévoyance.
Nous attendons le choc impétueux des démons contre nous. Fortifions-nous par le mur du secours divin. Quel est ce mur? La crainte de Dieu. « L’ange du Seigneur campera autour de ceux qui le craignent, et il les sauverai » Considère que la garde d’un seul ange fÊ>autour de toi prend la place et la force de tout un camp d’armée et de l’ensemble des soldats. Et aussi à chacun de ceux qui craignent le Seigneur est fol, 107 attaché unange pour sa garde. C’est pourquoi, en parlant d’hommes chastes, nous disons ton ange. Dans les Actes des Apôtres1, lorsque Pierre, arrêté et mis en prison par Hérode, eut, contre l’attente de tous, frappé à la porte d’une maison, les gens qui étaient à l’intérieur, perplexes et incrédules, dirent à la jeune ûlle qui l’annonçait C’est son ange.
Et qu’y a-t-il là d’étonnant, quand chaque petit enfant a son ange gardien déterminé et dis- 5 tinct? Le Seigneur dit dans l’Évangile2 « Voyez, ne méprisez pas un de ces petits, car je vous dis queleurs anges dans les cieux voient entout temps la face de mon Père qui est dans les cieux. »Nonpas commesi l’on voyait la face de Dieu. Comment donc aurait une face celui qui n’a ni formeni corps? Ou comment verrait-on l’être invisible? Mais c’est l’habitude de la Sainte Écriture d’appeler face l’action que Dieu fait pour nous. Ainsi le Psalmiste a dit3 « Ne détourne pas ta face de moi »; et’ « Éclaire ta face sur ton serviteur. »Lesanges voient donc, c’est-à-dire considèrent quelles sont l’action et la sollicitude de Dieu pour les petits enfants, et ils les gardent en veillant avec soin et vigilance.
Comprenez-vous, ô femmes, quel tort vous causez à ces petits enfants, quand vous les envoyezauthéâtre? Vous dépouillez ces êtres que vous aimez du secours et de la garde angéliques, et vous les préparez à subir le dommage du Malin. On définirait cela le fait d’ennemies, plutôt que de mères Courons donc tous à l’église, jeunes et vieillards, hommes et femmes, gens de toute espèce et de toute taille. Rendons ainsi non troublée la 5 garde des anges autour de nous, surtout en participant aux saints mystères, par la puissance desquels nous serons oints et nous serons fortifiés. Alors près de nous demeureront les anges non seulement à cause de notre propre *fot. l07 garde, mais aussi par honneur pour leur Maître; et ils seront fermes et persévérants pour nos âmes et nos corps qui seront comme des habitations io angéliques dans lesquelles demeure le Roi.
Que personne ne me dise Je crains la communion des mystères et je m’en écarte. Saint Paul en effet m’arrête lorsqu’il dit’ « Celui qui mange et boit d’une manière indigne, mange et boit la condamnation pour lui-même. » C’est pour cette raison que, une fois ou deux par an, je m’approche de la table redoutable avec circons15 pection. Et c’est cela, dis-moi, que tu regardes comme un empêchement, parce que l’Apôtre te dit Tu te purifieras chaquejour et tu jouiras de cette nourriture immortelle dont tu ne dois manger ni boire d’une manière indigne. Si l’on te rappelait lorsque tu dois te rendre auprès d’un roi, que t » dois faire ton entrée d’une manière convenable, avec une tenue et une démarche modestes, nous ne dirions pas qu’on t’a écarté ainsi de la demeure des rois, mais qu’on t’a plutôt encouragé à y entrer et à y jouir de l’honneur en te présentant d’une manière convenable.
Et encore, lorsque tu t’approches une & fois par an, tu ne te purifies pas à l’avance pour toute l’année d’une manière digne par ce jour, dans lequel tu veux t’approcher. S’il n’en est pas ainsi, ta subtilité a-t-elle quelque raison d’être? C’est tout le contraire. Lorsque tu as entassé l’impureté de plusieurs mois et un grand amas de péchés, c’est plutôt d’une manière très indigne que tu t’approches. Celui qui s’approche conti- 10 nuellement, sait qu’il est tout préparé pour se présenter devant le Roi, le saluer et le recevoir à l’intérieur; de toutes ses forces et de tout son pouvoir, il évite de nombreux péchés. Mais toi, après avoir fixé une fois pour t’abstenir ensuite, tu envisages un long délai et, avec assurance et sans crainte, tu fais tout ce qui te plaît jusqu’à ce que vienne ce jour dans lequel il n’y 15 aurait pas même une entrée pour le Roi qui trouverait fermée ton habiNous devons donc nous purifier le plus possible et nous approcher constamnient- du Pur.
Le soleil est visible aux yeux sains, mais ce n’est pas une l V ui. a. 107 raison pour que ceux qui ont une vue faible dédaignent de se soigner pour être privés complètement de l’éclat des rayons. Ne sais-tu pas que ce sacrifice spirituel et non sanglant se retrouve dans le service légal qui était 5 accompli autrefois au moyen du sang, lorsque, chaque jour matin et soir, il était offert en expiation? Par là on doit savoir qu’il n’y a qu’un seul et même sacrifice qui, suivant la Loi, était offert le matin et au commencement de la connaissance de Dieu, et qui, suivant l’Evangile, était immolé pour la fin des jours du monde et le soir, d’une manière spirituelle et plus complète. Ce sacrifice était appelé aussi sacrifice perpétuel, parce qu’il était offert perpétuellement et sans interruption.
Si donc tous te ressemblaient, à toi qui ne te présentes qu’une seule fois dans l’année, le sacrifice demeurerait un sacrifice non sacrifiable, la perpétuité de l’immolation serait interrompue, l’expiation cesserait, l’autel serait sans service. Quel serait celui qui pren15 drait le péché du monde qui a besoin en tout temps de purification? Tu vois en combien d’insanités nous tomberions, si nous obéissions à nos décisions intimes, et non pas à la Loi. En nous occupant de faire de bonnes œuvres par tous les moyens, partipatii. on. T. iv. 5 cipons donc au sacrifice vivifiant. Car il n’est pas possible que quelqu’un croie et n’y participe pas, s’il veut vivre de la vraie vie, comme il ne peut vivre sans respirer d’air. C’est pour cela aussi que nous, qui avons cru dans le Christ, nous vivons, nous nous agitons et nous existons par lui VAlui la gloire éternelle.
Amen!1 5
Homélie LV — Visiter les saintes églises des campagnes et des villes et les saints monastères
Soucieux de suivre la loi qui nous vient des Pères, nous partirons demain 10 pour visiter les églises saintes des campagnes et des villes et les monastères sacerdotaux des ascètes qui se consacrent à la vie monastique. Dieu dirigera notre marche suivant sa parole que David a rapportée dans les Psaumes2. Car la loi veut que celui qui, à quelque époque que ce soit, occupe ce siège fol. 107 apostolique, visite, en quittant la ville, "le troupeau du diocèse. J’estime que cette loi est convenable. Comment en effet ne serait-elle pas convenable, elle qu; est ancienne et en même temps honorée, qui s’appuie non seulement sur s les décisions des Pères mais aussi sur les paroles du Livre inspiré par Dieu? Il est écrit que le prophète Samuel menait à Ramatha la vie ascétique, y avait sa demeure habituelle, faisait le service de l’autel et y exerçait le ministère sacerdotal.
Lorsqu’il faisait des sacrifices pour le peuple, il circulait et se ren^ dait dans les lieux célèbres et saints, visitant et jugeant Israël. Le Livre sa10 cerdotal’a ces paroles’ « Samuel jugea Israël tous les jours de s& vie. Et il voyageait constamment chaque année, il circulait à Béthel, à Galgala et à Mispa, et il jugeait Israël dans tous ces lieux saints. Son retour avait lieu à Ramatha; là était sa demeure, et il jugeait là Israël, et il construisit là un autel au Seigneur. » J5 Cette coutume de visiter et de circuler qui sied à ceux auxquels a été confiée la direction du peuple, ne manquait pas non plus aux Apôtres. Il est écrit dans les Actes des Apôtres 2 « Après quelques jours, Paul dit à Barnabé Retouertnovnissi-tnoonuss-elnes Frères dans toute ville où nous avons annoncé la parole du Seigneur, (pour voir) comment ils se trouvent.
»On a déjà montré que ce voyage est légal et nécessaire, et non pas superflu et oiseux. Mais vous, dans quel état pensez-vous que je me trouverai lorsque je cesserai pour un peu de temps de me mêler avec vous les amis de Dieu? Ou de quelles 5 paroles me servirai-je si je prolonge un peu trop mon absence et me prive de votre vue sacerdotale? N’est-ce pas de ces paroles que saint Paul écrivait fol.108aux Thessaloniciens en disant’ « Nous, ô nos Frères, qui avons été fait orphelin de Vous pour un moment, de vue et non de cœur, nous étions surtout sollicité par un vif désir de voir votre visage. » Qui admirerait comme il con- 10 vient la puissance de ces paroles? Au milieu d’elles je suis saisi d’étonnement lorsque j’y vois mêlée cette charité que le Christ a enflammée, lui qui dit a « Je suis venu jeter le feu sur la terre et je voudrais qu’il brûlât déjà.
» C’est au sujet de cette charité que la fiancée du Cantique des Cantiques qui symbolisait à l’avance l’Église, dit 3 « Beaucoup d’eau ne pourra éteindre la 15 charité et les fleuves ne l’emporteront pas. » En premier lieu, cet abandon qui est très court je ne dis pas ce voyage • il l’appelle un orphelinage qui a eu lieu pour un moment. Car il n’a pas dit Lorsque nous nous fûmes séparé, ou lorsque nous nous fûmes éloigné de vous, mais Lorsque nous avons été fait orphelin de vous, montrant par 5 là que la charité était comme l’amour filial et paternel, et qu’elle possède la puissance de la nature; bien plus, que chez beaucoup elle est encore plus attachante que celle-ci. Mais ici encore il revient à l’ordre naturel; prenant en effet la figure d’un père, saint Paul s’appelait un orphelin et donnait à entendre qu’il possédait en lui les deux amours en même temps l’amour paternel 10 et l’amour filial, aimant comme un père qui souffrait dans son amour, et comme un enfant qui ne peut supporter l’orphelinage.
Unpère en effet pourrait peut-être supporter la séparation des enfants, mais un fils n’a ni la philosophie ni la force d’agir ainsi; aussitôt il se laisse aller aux larmes et aux sanglots. Il ne dit pas seulement Lorsque nous avons été fait orphelin; mais Lorsque nous avons été fait beaucoup orphelin de vous. Alors qu’il avait été enlevé et arraché à eux et que, comme par la nécessité, il avait été entraîné violemment, il montrait cela par une addition et une extension de la locution dont il se servait Nous avons été fait beaucoup orphelin de vous. En second lieu, il a ajouté qu’il a été séparé de vue seulement et non de 20 cœur, indiquant qu’il circulait encore parmi eux en pensée, et se consolait loi. 108i ainsi. Il brûlait et était enflammé par la perte de leur vue corporelle, c’est pourquoi il disait Nous étions surtout sollicité par un vif désir de voir votre visage, Dans lequel de ces mots dois-je classer le sens?
Dans « surtout »? Dans « Nous étions sollicité »? Dans « par un vif désir »? Tous ces mots me montrent que l’ami était enflammé comme quelqu’un qui serait anxieux, 5 et avide de voir sans mesure et sans restriction celui qu’il aime. empressé Tel était Paul qui possédait en lui le Christ et qui, comme d’une source d’amour divin, répandait des flots de paroles et de sens divins et enflammés. Lorsque, moi le petit, je vois l’image de sa grande vertu et l’abondance de votre beauté spirituelle, je suis frappé dans mon âme à cause de vous, alors to que je suis un ami honteux et inutile et que je suis entraîné loin de vous de force et non volontairement. Mais, comme nous avons été rachetés pour un prix, et pour un prix très grand, par le sang du Christ il faut absolument que nous suivions les commandements du Maître et que nous emplissions la voie tracée devant nous.
is Je veux vous adressera ne courte exhortation en me servant de nouveau des paroles que saint Paul écrivit aux Philippiens 2 « Donc, mes amis, comme vous avez obéi en tout temps, non seulement en ma présence, mais maintenant beaucoup plus en mon absence, travaillez à votre salut avec crainte et effroi. » Souvenez-vous de moi pour les offices des psaumes aux séancesnocturnes, pour les prières du soir, à cause de cette colère qui était descendue sur 5 nous, pour ces supplications accomplies à cet égard, que nous crûmes devoir faire pendant tout cemois, deux fois par semaine. Il nous a fallu pendant tout ce temps-là supporter cette fatigue, jusqu’à ce que nous eussions appris que nos frères, qui étaient travaillés par ce mal, étaient délivrés de ce terrible fléau.
J’avais craint de vous causer de l’angoisse et des charges, et devous 10 imposer un fardeau sans que vous satisfassiez au commandement, vous qui aviez montré votre volonté en appelant de la joie les théâtres et les divertissements inutiles. Allez à l’église d’une manière constante etsuivie. Là, étendant vos mains, f V ol a.. 1 a 0.’ 8 suppliez Dieu de vous diriger vers toute bonne œuvre et de vous aider. Ne démons, à l’instar de certains barbares, ne s’élancent sur vous. Qu’ils ne voient pasque vous n’êtes pas fortifiés et que vous êtes privés du secours de Dieu. Ils ont une vue perspicace, vigilante, attentive, meurtrière, « car ils ne s’endormiront pas sans faire du mal; le sommeil est écarté de leurs yeux et ils ne dorment pas », dit ce Livre sacerdotal’.
De tous côtés fortifiez-vous donc par la foi et la pureté de la chair, en faisant le signe ’de la croix sur votre front et en revêtissant la puissance des saints mystères comme une cuirasse spirituelle. Par une abondante miséricorde pour les nécessiteux vous vous attirerez la miséricorde d’en haut. Et nous aussi, éloignés de vous, nous vous 5 aiderons, en sollicitant ces hommes qui ont quitté le monde et qui sont près de Dieu, pour qu’ils étendent leurs prières pour vous, des prières pures et rapides que ne retardent ni la matérialité ni la distraction et qui volent vers Nous croyons qu’il y a un seul Dieu dans la Trinité le Père, le Fils et le Saint-Esprit. Qu’il soit comme un mur triple et inexpugnable pour la ville, terrible et invincible pour Satan et les démons.
Faisons monter par-dessus tout la louange au sauveur de nos âmes, auquel appartiennent la gloire, l’honneur et le pouvoir pour l’éternité2. Amen!
Homélie LVI — Sur son arrivée à Kinnesrin et sa réception par les fidèles de la ville
Quand Moïse le Grand fut monté à la montagne du Sinaï, alors qu’il fut entré au milieu du nuage, qu’il fut resté quarante jours sans prendre de nourriture fol. 109 et qu’il fut avec le Législateur, il devint initié aux mystères de la loi. Alors il descendit, portant dans ses mains ces bienheureuses tables qui avaient été 10 écrites par le. doigt de Dieu1. Le doigt de Dieu incorporel, c’est le SaintEsprit. Tout ce que Dieu écrit, est écrit par l’Esprit. C’est pourquoi tout livre divin est dit inspiré par Dieu. Lorsque les Pharisiens disaient de notre Sauveur le Christ qu’il chassait les démons par Beelzeboub, J Matthieu dit qu’il leur répondit et leur dit2 « Si je chasse les démons par l’Esprit de Dieu, c’est que le royaume de Dieu est proche de vous » Luc, écrivant la même chose, dit que Notre-Seigneur dit aux blasphémateurs’: « Si je chasse les démons par le doigt de Dieu, c’est que le royaume de Dieu est proche de vous.
» Lorsque aussi les magiciens et les sorciers de Pharaon cherchaient, comme il est écrit a, à faire les prodiges qui avaient été accomplis par la main 5 de Moïse et qu’ils furent vaincus, stupéfaits de la puissance invincible de l’Esprit qui opérait ces prodiges « C’est l’oeuvre du doigt de Dieu », s’écriérent-ils 3. Ce que Moïse fit comme serviteur et ministre, c’était l’oeuvre de la grâce qui opérait par ses mains ces miracles. Mais le Christ, l’Esprit lui appartenait en propre en tant que Fils, il était dans sa nature et de même 10 essence. C’est pourquoi il souffla sur ses disciples en disant4 « Recevez le Saint-Esprit. » C’est lui qui au commencement forma l’homme de la poussière de la terre et souffla sur sa face le souffle de vie. Tout ce qui fut, c’est le Père qui le fit par le Verbe et le Fils et par l’Esprit qui y prit part et couvait audessus des eaux qu’il frappait, et par lui il donnait l’être à tous.
Par lui nous 15 aussi nous vivons, nous nous agitons et nous existons5. Il est celui ({ni -maintient l’état de ce qui existe. fol. 108 Lorsqu’il portait les tables qui avaient été écrites par cet Esprit, Moïse, mélie LIV. [7.5J HOMÉLIELVI. 7& voyant que le peuple était devenu insensé, injurieux et coupable, qu’il s’était fait, au lieu de la gloire de Dieu, une image d’un bœufmangeant de l’herbe c’est ainsi quele Livre raille d’une belle manière leur faute il jeta ces tables écrites par Dieu et les brisa. Dieu eneffetétablit la loi pour ceux qui s sont éveillés et non pour ceux qui sont ivres. Mais, lorsqu’ils se furent repentis de leur péché, il écrivit de nouveau dans d’autres tables la même loi. D’abord cependant Moïseentendit cesparoles2 « Monte vers moi àla montagne et je te donnerai cestables de pierre, la loi et les commandements que j’ai écrits, tu en feras leur loi.
» Après le péché, il ne parla pas ainsi, mais3 « Taille-toi deux tables de pierre semblables aux premières; monte vers moi à la montagne et j’écrirai sur les tables les paroles qui étaient sur les premières tables que tu as brisées. »Cetteparole montre par un symbole quelorsqueDieu eut créé l’homme au commencement et qu’ensuite il l’eut recréé de nouveau par le nouveau 1:. baptême de l’enfant, il écrivit sur les tables de son cœur qui étaient pures, qu’il avait créées et renouvelées ensuite, ses propres lois d’abord la loi naturelle, et à la fin la loi évangélique et spirituelle. Si quelqu’un brise par le péché ces tables du cœur, il n’est plus digne du même livre écrit par le doigt de Dieu, si ce n’est lorsque lui-même se taille pour lui ces tables au moyen du repentir, en effaçant en lui l’horreur du péché par des œuvres pures.
Si donc le Roi et Maître universel n’a pas refusé et repoussé, mais a daigné donner de nouveau et une seconde fois sa loi au peuple qui l’avait 5 irrité, quelle excuse aurions-nous, nous qui sommes poussière et cendre, comme il est écrit si, à vous les brebis aimées du Christ qui respirez le zèle divin, nous n’adressions pas le même discours qui mit fin au trouble de quelques-uns? Je dois donc répéter les paroles qui ont été déjà dites. Pour vous, c’est le même discours que vous entendrez. Je sais parfaitement bien M. 109 que ce n’est pas dans des tables non taillées, mais dans les tables purifiées de votre cœur que je le déposerai. Beaucoup de raisons m’engagent à ne pas traverser en silence votre ville, mais à faire entendre ma voix dans cette assemblée fidèle et aimant Dieu, qui est l’Église du Dieu vivant, et à montrer seulement la bonne volonté de 15 ma propre pensée, quoique je n’aie à dire rien de puissant ni qui soit particulièrement utile.
Une raison beaucoup plus que toute autre m’encourage, m’enflamme et m’éveille. Mais la pensée se refuserait à avancer et à accourir sans l’organe de la langue, si c’était possible. La langue précède la pensée. Quelle est donc cette raison? C’est que cette église non seulement confesse sans fausseté la foi orthodoxe, mais accepte aussi le danger de souffrir pour 5 elle si l’occasion se présente, et que, comme une vraie fille, elle sauve l’image maternelle de l’Église apostolique qui a été construite à Antioche. Comment donc ne la saluerais-je pas de toute ma voix et ne l’embrasserais-je pas paternellement? Elle est chère aussi aux pères qui perfectionnent dans la vertu et aiment ardemment ceux de leurs fils qui conservent particulièrement l’image 10 de ceux qui les ont engendrés, qui leur ressemblent par la forme et la beauté de leur physionomie et qui possèdent le caractère de leurs pères.
Quel est donc le caractère de l’Église apostolique établie à Antioche? Elle crie à Emmanuel avec saint Pierre’ « Tu es le Christ, le fils du Dieu vivant » elle confesse un seul et même Christ et fils du Dieu vivant, le même Dieu et le n même homme véritable, et non pas un et un autre, comme les Chalcédoniens l’ont divisé d’une manière perverse en une double nature après l’union inexprimable. Saint Pierre en effet n’a pas dit Tu es le Christ dans lequel se trouve le Fils du Dieu vivant, de sorte que l’on comprenne un autre dans un autre, comme le veulent ceux qui le divisent. Mais il a confessé Tu es- le foi. 109 Christ et le Fils du Dieu vivant, en se servant du mot « tu es » dans son sens général et ordinaire. Quant au nom du Christ, c’est celui qui convient à l’abnégation faite pour nous et il est humain.
Il fut appelé Christ lorsqu’il fut 5 devenu homme sans avoir éprouvé de changement, sans avoir éloigné de lui sa nature divine et sans qu’il eût besoin de le faire. Il a été oint pour nous par l’huile mystique (?) comme le principe de notre race et le second Adam, et pour nous envoyer l’adoption de fils et la grâce qui s’opère par l’Esprit. Ces choses avaient été prédites par le prophète Isaïe qui 10 dit pour leur temps 1 « L’Esprit du Seigneur est sur moi, à cause duquel il m’a oint. » II montre évidemment par ces paroles que le Christ a pris sur lui pour nous l’humilité et l’abaissement de l’abnégation, et le nom et l’oeuvre. Il dit en effet « l’Esprit », lequel est en moi par nature, parce qu’il est de même essence et divinité. Il est venu sur moi, comme s’il était venu de Texte- 1 » rieur et s’était posé par les flots du Jourdain comme une colombe, non pas comme s’il n’était pas en moi, mais parce que « il m’a oint ».
Pourquoi donc a^t-il voulu et accepté d’être oint? Si ce n’est pour nous qui étions privés de à cause de ce décret ancien de Dieu qui avait dit’ « Mon Esprit n’habitera pas dans ces hommes parce qu’ils sont chair. » de « fils du Dieu vivant » convient à Dieu, et au Verbe L’appellation 5 convient elle de « qui a été engendré avant les mondes divinement du Père ». Car s’il avait dit Tu es le fils de Dieu, on comprendrait peutêtre cette appellation d’une manière générale et non comme propre à lui et Elle est dite en effet d’Israël comme reprélui appartenant particulièrement. sentant la personne de Dieu « Mon fils premier-né, Israël2. » Mais il ajouta 10 « vivant » pour montrer qu’elle est propre et spéciale, et non pas partagée. Lorsque saint Pierre l’eut considéré en pleine clarté, qu’il fut illuminé dans la vue de son esprit par la beauté si splendide de la divinité et qu’il eut reçu une vision non pas de la chair et du sang, mais une vision d’en haut Vil trouva qu’il était la vie de la Vie, du Père, et la vraie lumière de 15 la vraie Lumière.
Émerveillé et plein de l’Esprit, il s’écria* « Tu es le Christ, le fils du Dieu vivant », qui s’est fait humble pour moi et qui est t v o » i 1 1 ). 0 » élevé à cause de la sublimité de la nature d’en haut; qui est un de deux sans confusion, à savoir de la divinité et de l’humanité, dans une seule personne et une seule hypostase; tel il est et il est connu. Une doit êtfe Gen., vi, 3. 2. Ex., iv, 22.3. Cf. Mallli., xvi, 17. 4. Matth., xvi, 16; voir ci-dessus, p. 77. confessée la nature du Verbe et de celui qui s’est incarné dans une chair de même essence que la nôtre, qui possède une âme douée de raison. Cette belle confession orthodoxe qui se trouve naturellement dans la personne de la mère des églises orientales, je vois qu’elle brille aussi dans la physionomie de cette église comme dans une véritable fille.
Et lorsque 5 j’examine avec soin, je la trouve telle que dit l’Apôtre « II n’y a en elle ni souillure, ni ride, ni quoi que ce soit de semblable; mais elle est sainte et sans tache » Elle n’est pas d’une beauté empruntée au fard dont on s’enduit la figure comme font les prostituées, c’est-à-dire de l’imagination instable, athée et rêveuse d’Eutychès. EUe n’altère pas non plus sa beauté 10 maternelle par l’obscurité du culte de l’homme nestorien, encore moins par la turpitude et l’horreur judaïque, je veux dire par la dualité des natures. C’est pourquoi elle est accourue avec joie vers moi comme vers un père; elle est venue à ma rencontre, se portant en foule hors des portes de la ville, ayant confiance que je n’avais rien changé à la beauté familiale.
Aussi, montrant par ses œuvres une vertu digne de la. foi, alors que je ne suis pas un prophète, mais un pécheur et un homme faible, m’a-t-elle accueilli comme un prophète, s’attendant à recevoir le salaire du prophète, r81] HOMÉLIE LVI. 81 à cause de Celui qui a promis sans mensonge et a dit « Celui qui accueille un prophète au nom de prophète recevra le salaire du prophète. » Comme ceux qui autrefois saluaient Samuel en l’accueillant, elle aussi s’est écriée Paix est ta venue, ô voyant! C’est pourquoi nous aussi, en lui payant des 5 paroles évangéliques selon le commandement de notre Sauveur, nous disons Paix à cette demeure! Et comme elle est la demeure de celui en est digne, que notre paix vienne sur elle particulièrement, et qu’elle reste stable, sans changer.
Elle s’est manifestée en vérité parce qu’elle m’a reçu, fol. 110 moi qui ne suis rien, comme un- ange de Dieu, bien plus comme le Christ ï » a, 10 même lorsqu’il était assis sur un ânon, et elle n’a pas méprisé ni repoussé, comme dit saint Paul en écrivant aux Galates a. Le Christ aussi qui se tient à la porte, elle le nourrit alors qu’il est dans le besoin; elle le fait entrer sous le toit alors qu’il est étranger; lorsqu’il est nu, elle l’habille; lorsqu’il est opprimé par la maladie ou dans une 15 prison, elle le visite. C’est pourquoi nous disons encore Que notre paix vienne sur elle par la grâce de Celui qui a dit3 « Je vous donne ma paix, je vous laisse ma paix. » En l’entourant de cette paix comme d’un mur PATR. OR. T. IV. puissant, qu’il la garde de tout dommage; qu’il la sauve de la haine du Calomniateur; et qu’il montre qu’elle a été appelée par les faits mêmes Chalcis, c’est-à-dire d’airain; que cette appellation n’est pas mensongère parce qu’elle brille et resplendit.
Qu’elle soit fortifiée et puissante par la pureté de la foi orthodoxe. Qu’elle rejette et repousse la rouille de la per- s versité hérétique. Lorsque je lui dirai ce que Dieu a dit autrefois au prophète Jérémie l a Voici que je t’ai établie aujourd’hui comme une ville forte et comme un mur puissant d’airain », que tout le peuple réponde Amen, amen Et qu’en échange ce peuple me donne à son tour, comme viatique, ses prières sacerdotales. Qu’il fasse monter la gloire au dispensateur de tous les biens, 10 auquel appartiennent la gloire et le pouvoir pour toujours2. Amen! l ï. Jérémie,1,18. 2. Cf. Ép. deS. Jude,25, etlafinde l’homélieLV.
Homélie LVII — Sur le saint martyr Sergius et sur le martyre de Bacchus
Ceux qui font aux étrangers un accueil affectueux et amical, réunissant tout ce qu’il y, a de plus beau et de meilleur en aliments et en mets, prennent occasion d’un repas et d’un festin pour recevoir ceux qui sont venus chez eux. Ainsi agit Abraham lorsqu’il accueillit les trois anges, ou plutôt Dieu lui-même qui apparut sous la forme d’anges et sous l’apparence d’hommes, 10 et qui en figure et en symbole faisait connaître une seule essence et divinité en trois personnes. C’est ce que montre le Livre sacerdotal en disant1 « Dieu lui apparut près du chêne de Mamré », et il ajoute ensuite2 « Ayant levé les yeux, il vit et voici que trois hommes se tenaient devant lui. » il courut vers eux trois en parlant aux trois comme à un seul « Les voyant, 15 dit le Livre, il courut à leur rencontre en sortant par la porte de sa tente; il s’inclina à terre et dit Seigneur, si certes j’ai trouvé grâce devant toi, ne passe pas devant ton serviteur.
» Aussitôt, après avoir changé la forme du discours, il adressait de nouveau la parole aux trois en disant « Qu’on prenne de l’eau et qu’on lave vos pieds. » En allant à la rencontre, il adressait évidemment ces paroles à Dieu, le Seigneur de tous, et il recevait de Dieu 5 les réponses. Mais ce qui m’a engagé à prendre la parole, c’est que cet ami des étrangers ordonnait avec empressement à Sara de préparer le pain, tandis que lui-même, comme c’était son souci, se hâtait vers le bétail sans donner d’ordres à un autre, alors qu’il avait trois cent dix-huit esclaves nés à la maison’ f et d’autres achetés pour de l’argent. Ayant choisi un veau 10 tendre et excellent, il le remit à un serviteur et lui ordonna de le préparer vivement pour le repas.
Vous aussi, vous avez agi comme Abraham, en accueillant la venue de ma vile personne et en réunissant de toute part des mets spirituels qui puissent nourrir l’âme d’une manière intelligente. Vous avez préparé la table 15 abondante par des services de psaumes, par des prières, par une assiduité constante à l’église, par une communion à la table mystique. Enfin, nous retenant, vous n’avez nullement permis que nous retournions à notre demeure avant de prendre part à ce festin joyeux, de nous réjouir avec vous et de célébrer en même temps que vous la commémoration des combats de Sergius le martyr. Comment donc répondrai-je à cette invitation au festin si solennel fo v l °. a 1. 10 5 et à la fête de ce saint si admirable? Est-ce en restant silencieux, sans que j’apporte à ceux qui m’ont invité quelques paroles qui complètent la fête et y ajoutent de l’éclat et de la solennité, afin de ne pas ressembler aux convives gourmands, bien plus à ces parasites ignobles qui s’attachent aux tables et n’ont d’autre préoccupation que de remplir leur ventre au delà de la to satiété?
Jamais ceux-là n’élèvent leur regard vers les cieux ni ne louent Celui qui a donné pour le maintien de notre existence ces aliments utiles et convenables avec une si grande variété et diversité. Peut-être aussi, si je voulais me taire, cette splendeur des combats du martyr ne me le permettrait pas. Celui qui est rappelé de nouveau par le souvenir à l’époque de son maris tyre, il me semble le voir se tenir devant le tyran Maximien avec Bacchus qui avait le même service et l’égala dans le combat. Le tyran érige en loi tout dessein contre la religion (eùcéëeta), quoique la loi doive être établie légalement (?). J’ai dit « avec Bacchus », parce que nous ne devons pas dans le discours séparer l’un de l’autre ceux que la couronne du martyre a réunis ensemble.
Ils étaient semblables par la taille, par la physionomie, par la grandeur. Ils étaient jeunes de corps, encore plus jeunes d’esprit. Ils servaient et étaient comptés au rang des guerriers qui entouraient le roi. Ils occupaient la première place et avaient le grade de commandant, Sergius en tête et Bacchus en second; tous deux étaient d’accord dans un même esprit de piété (eùcéêsia). Ils étaient dits chrétiens, et ils l’étaient. Ils soutinrent le même combat pour la vérité. Certains individus écrivirent contre eux au roi en les accusant et en les inculpant, comme de fautes affreuses, de ne faire ni sacrifices ni libations aux 10 démons. Ils enflammèrent la colère de celui-ci qui y était enclin, en disant d’eux C’est grâce à son amitié qu’ils en sont venus à une pareille licence.
Au fo v l °. b 1. 10 commencement le roi n’en croyait rien; ensuite il les conduisit au temple de Zeus, le dieu impur et au nom mensonger. Il mangea avec ses ministres des sacrifices souillés et il essaya d’exciter aussi ces vaillants à cette nourriture is> souillée. 11les entendait dire qu’on ne doit pas sacrifier à des idoles inanimées et aux images des démons méchants « qui ont une bouche et ne parleront pas, quin’entendront pas deleurs oreilles », et autres choses semblables par lesquelles le Prophète des Psaumes1 se moqua de leur insensibilité et de leur immobilité. Enflamméet bouillonnant d’un mouvement decolère et d’orgueil, il ordonna de couper leur ceinture et d’enlever deleur cou l’ornement 5 d’or qu’il est d’usage d’attacher aux guerriers qui approchent les rois.
Ils devaient être conduits dansle marché habillés detuniques defemmes. Maisàcet égard ils savaient s’opposer à lui en disant par leurs actes mêmes, ces confesseurs invincibles de toute part, qui avaient appris àruser avec le fourbe, commedit David2, et à faire tourner au mieux les stratagèmes du Calomniaio teur et de ses instruments « 0 toi qui luttes avec Dieu, penses-tu par une forme féminine énerver nos vaillantes âmes? Tu peux faire revêtir de force aux corps un vêtement de femme, mais tu n’habilleras pas de lâcheté notre esprit sain et ferme. Nous te montrerons par les faits que nous tenons pour yéridique le précepte et le commandement queDieua prononcé par l’intermé15 diairede Moïse3 « Qu’un hommene revêtisse pas un vêtement de femme.
» Si en effet le sexe féminin n’est pas un empêchement pour la plupart des femmes de sortir avecun esprit mâlevers les combats pour lareligion(eùcé&ia) et de ceindre la couronne de la victoire remportée sur le Calomniateur, comment cette tunique nous changerait-elle, ô être ridicule? Ne vois-tu pas qu’elle se détache de notre corps qui s’avance vigoureusement et qu’elle ne veut pas y adhérer? Et lui, il la repousse complètement comme ne lui étant pas familière. Mais nous sommes tout à fait loin d’en être endommagés, nous qui nous élevons vers une pensée sublime, et qui tout à coup en un instant 5 fo r° l. a 1. 11 imitons très bien notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ. De même que, lorsqu’il fut couronné d’épines par les Juifs athées qui se moquaient de lui, celui-ci annonça au préalable, comme par un symbole, le mystère profond et caché, par lequel il prit sur sa tête, à l’instar d’un agneau, le péché du monde, et effaça complètement ce péché qui avait fait pousser pour nous des épines 10 et des ronces, ainsi nous aussi, par un patient courage dans le combat du martyre, nous émousserons et nous mépriserons la mollesse et la peur dans ces tuniques de femmes.
Car le Christ exercera maintenant encore la puissance de Dieu le Père par de semblables phénomènes particuliers. » Pendant que ces athlètes méditaient et disaient ces paroles et d’autres du 15 même genre, et qu’ils étaient conduits au milieu de la ville, le tyran les appelant subitement près de lui, se mit à les ramener de leur erreur, comme s’ils s’étaient trompés, à rire et à se moquer du grand mystère de la religion. Il 89 1: HOMÉLIE LVI1.. 89 dit « Quel besoin avez-vous, ô insensés, d’adorer ce fils du charpentier qui naquit d’une vierge souillée par la fornication avant le festin légal (nuptial)? Lui que les Juifs, parce qu’il transgressait la loi et excitait des troubles dans leur peuple, condamnèrent au supplice de la croix. » A ces mots, les saints, aiguisant par les prières leur langue qui parlait d’une manière divine, dirent « Ce n’est pas comme vos dieux ridicules qui étaient des hommes misérables et débauchés, sortis d’unions illégales et de l’adultère, que naquit le Christ.
Mais, parce qu’il est Dieu, il est véritablement le fils du charpentier; il est de Dieu le Père par son Verbe et sa Sagesse, il io est la vie en personne, et il a été engendré de lui avant les mondes sans corps et sans passibilité. Il nous a fabriqués ’ pour le ciel et la terre. Toute créature supérieure du ciel sous forme d’anges, alors qu’elle n’existait pas, il lui a donné l’être. Il a voulu devenir homme sans changer (de nature) et volontairement à cause de nous qui étions perdus (par le péché). Il a été engendré par le Saint-Esprit sans passibilité et sans peccabilité d’une mère vierge. En subissant dans la chair et volontairement la mort sur la croix, il a fait connaître Col.111 qu’il avait subi cette mort non pour lui mais pour nous-mêmes, alors qu’il est que le traducteur syriaque a cherché à rendre.
ressuscité d’entre les morts le troisième jour. Il a délie les liens de l’enfer, et la preuve résulte de ce fait que beaucoup de corp> de saints qui étaient enterrés se levèrent et s’empressèrent de se pendra à la ville sainte. » A ces paroles, le tyran demeura comme muet et sans voix, et par cette théologie il fut en quelque sorte pris de vertige et frappé de paralysie. Il f » ne savait que faire, mais il était vaincu par leur courage. Il ordonna que ceux-ci fussent conduits vers une contrée de la Mésopotamie que les habitants de l’endroit appellent Euphratésie, et qu’ils fussent livrés à Antiochus qui était le chef des troupes servant dans ce pays et qui avait été appelé par elles à prendre le commandement. Ce roi impie pensait que cet ordre tour- 10 nerait à leur honte et à leur mépris.
Antiochus, se conformant à l’ordre reçu autant que possible et comme il le fallait, les interrogeait et examinait leur conduite au moyen de questions et d’épreuves. Lorsqu’il vit qu’ils étaient inflexibles, il donna l’ordre de mettre aussitôt en prison le divin Sergius. Quant au bienheureux Bacchus, il ordonna de le frapper sur le ventre avec 15 des nerfs de bœuf et de lui appliquer ensuite les mêmes coups sur le dos. Après avoir supporté ces coups nombreux, et pour ainsi dire innombrables, sans faiblir dans son esprit et sans que sa langue laissât échapper une parole faible et lâche, le martyr confia son âme couronnée au Christ, l’auteur du combat, tandis que son corps était jeté dans le désert. Ce corps fut gardé miraculeusement par les bêtes féroces sans subir de dommage jusqu’à ce que quelques-uns de ceux qui ont l’habitude de pratiquer la miséricorde divine et quelques Frères chastes l’eussent enveloppé dans un linceul et l’eussent livré à la tombe.
Mais Sergius fut amené à des luttes plus sublimes, lorsque Bacchus lui apparut pendant la nuit, l’appelant aux demeures des bienheureux et lui inspirant un courage inexprimable et de la joie. Ce juge dur et très cruel fo v l *. a l. it imagina pour lui un genre de supplice amer et difficile à supporter. Il fit préparer des souliers cloués avec des clous pointus dans lesquels il ordonna i° de mettre ses pieds et de le faire courir devant son char, pendant qu’il le chassait d’un fort vers un autre fort voisin qui était éloigné de neuf milles. Sergius faisait cela avec allégresse en disant suivant les instructions de l’Apôtre « Je chausserai et je lierai mes pieds dans la préparation de l’Evangile de paix1. C’est beaucoup pour moi de ressembler aux pieds du Christ 15 notre Sauveur qui furent transpercés à cause de’moi
Je gémis encore à cause du manque de ressemblance des clous, parce que mes mains aussi n’ont pas été clouées comme le furent les siennes. » Après s’être fortifié par ces paroles de piété sur lesquelles il s’appuyait avec confiance et fortement comme sur un bâton, ce martyr s’avança et accomplit sa course dans la voie qui lui avait été tracée de cette manière. Dans la nuit, la plante de ses pieds qui avait été lésée à ce point par les piqûres des clous, nombreuses et d’autant plus douloureuses qu’elles étaient étroites et aiguës, fut guérie par la grâce de Cependant ce chef qui avait moins de pitié et de compassion qu’une bote féroce, alors qu’il aurait dû être converti par cemiracle, augmenta sa sottise. Il ordonna que le voyageur vertueux et diligent courût avec les mêmes chaussures, de la même manière, la même étendue de chemin.
Celui-là avait 10 parlé. Celui-ci n’hésita nullement; il s’empressa d’obéir en disant « Je courrai maintenant encore comme devant l’autel du Christ. Non pas « l’illégalité1 », suivant la parole du Psalmiste, mais la justice de mon talon m’entourera. J’aurais été lâche, si j’avais pensé que je marchais sur la terre et non pas dans la voie qui conduit au ciel. » Après avoir terminé sa course, comme saint Paul, et gardé sa foi, il eut la tête tranchée. Telle fut la fin de ses combats. Dans un endroit appelé dans la langue du pays Reçâpha il déposa la poussière vénérée de son corps qui opère des milliers de prodiges et de cures; il sanctifia toute la route qui y conduit parle sang qui coula deses talons, et il aveugla par les gouttes de ce f v o " i b.
1. 11 sang l’œil impudique du serpent qui épie notre talon et dont la tête est épiée1. Nous donc, lorsque le démon sème dans nos cœurs des pensées perverses, nous devons épier les commencements à l’instar de la tête. Lui, deson côté, il épie les talons, c’est-à-dire la marche de nos pensées qui lui sont inconnues, au moyen des paroles ou des œuvres externes, afin que de cette manière il nous pousse par l’amour du plaisir dans la fosse du péché et nous i° fasse périr amèrement. C’est pourquoi les habitants du pays, fuyant avec énergie et vaillance la servitude dudémon, sans être nullement léséspar celui qui épie le talon, se rendent vers le monument du martyrium vénéré et honoré de Sergius et prennent sur eux le joug de la connaissance de Dieu qui se trouve dans le Christ.
Vous voyez quels sont les mets du festin pour lequel vous m’avez retenu, vous d’une amitié si riche. Montrez donc ce festin d’une manière. complète. Accordez-moi vos prières, en demandant au Christ le Dieu tout-puissant qu’il me favorise d’un retour bon et qui lui plaise vers la ville d’Àntioche. A lui appartiennent la gloire et le pouvoir avec le Père et le Saint-Esprit maintenant et en tout temps pour l’éternité Amen 1
