Histoire de Dioscore, patriarche d’Alexandrie
Écrite par son disciple Théopiste, publiée par M. F. Nau
- 01 — Introduction
- 1.I — Dioscore et son temps
- 1.II — Importance de la présente histoire
- 1.III — Époque de sa composition
- 02 — Histoire de Dioscore
- 03 — Note sur la version copte

Histoire de Dioscore, patriarche d’Alexandrie
Écrite par son disciple Théopiste, publiée par M. F. Nau
Sources liturgiques et manuscrites · 1900 · 99 min de lecture · 11 vues
I. Dioscore et son temps§
Dioscore, hérésiarque monophysite, patriarche d’Alexandrie « succéda à S. Cyrille en 444, fut déposé au concile de Chalcédoine en 451, et mourut le 4 septembre 454. C’était l’époque des controverses autour du mystère de l’Incarnation. On n’était pas d’accord sur les idées de nature et de personne et encore moins sur la valeur des mots qui rendaient ces deux idées dans les différentes langues ; on voulait cependant appliquer ces notions philosophiques au Messie et expliquer par le menu le texte de l’Évangile : et Verbam caro factum est, et habitavit in nobis. Tous admettaient que le Messie était Dieu et homme tout ensemble, mais l’accord cessait quand on voulait appliquer à ce mystère incompréhensible les idées de nature et de personne ; on peut dire en somme que les Nestoriens reconnaissaient dans le Messie deux personnes et deux natures, les monophysites, une personne et deux natures qui s’unissaient en une seule, sans mélange et sans confusion, les catholiques, une personne et deux natures. Eutychès s’en tint d’abord au concile de Nicée qui n’avait pas prévu explicitement cette controverse et refusa de professer de lui-même des nouveautés (les deux natures) qui ne figuraient pas chez les anciens pères. 1 Au premier concile d’Éphèse (431), Cyrille, patriarche d’Alexandrie, fit condamner Nestorius, patriarche de Constantinople.
Au concile de Constantinople (448), Flavien, patriarche de cette ville, fit condamner l’archimandrite Eutychès. Celui-ci écrivit à Rome et demanda la révision des actes du concile. Flavien écrivit de son côté au pape S. Léon et en reçut en particulier cette célèbre lettre dogmatique : « Le tome de Léon », qui devait servir à séparer les catholiques des monophysites. L’empereur Théodose prêta plus d’attention que le pape S. Léon aux réclamations d’Eutychès, il accusa Flavien de faire des additions à la foi de Nicée et de troubler, par ces nouveautés, » toute la terre habitée 2 » ; il chargea donc Dioscore, patriarche d’Alexandrie, de réunir dix de ses suffragants et dix autres évêques pieux et instruits pour réviser le procès intenté par Flavien de Constantinople à Eutychès.
Au conciliabule d’Éphèse (449), Dioscore reçut Eutychès qui fit la profession de foi de Nicée pure et simple, sans lui rien ajouter, 3 il déposa André de Samosate et Théodor et de Cyr, anciens ennemis Dᵉ S. Cyrille, ainsi que Flavien de Constantinople à cause de ses nouveautés qualifiées de Nestoriennes, et Ibas d’Édesse dénoncé comme Nestorien par son clergé. Ce conciliabule semblait donc dirigé uniquement contre le Nestorianisme et l’empereur lui avait donné clairement cette signification dans la lettre de convocation qu’il avait envoyée à Barsumas. 4 Dioscore ne s’en tint pas là.
Il eut l’audace de condamner « le tome de Léon » et d’excommunier le pape de Rome. S. Léon profita de l’arrivée au pouvoir de Marcien et de Pulchérie 5 pour leur demander à nouveau la convocation d’un concile en Italie. Marcien, le 17mai 451, en convoqua un, non pas en Italie, mais à Nicée en Bithynie, pour le 1er septembre. Les légats Dᵉ S. Léon dirent qu’ils n’iraient pas au concile si l’empereur, qui ne voulait pas s’éloigner de sa capitale à cause des menaces des Barbares, ne venait y assister ; il écrivit donc enfin aux évêques de se rendre à Chalcédoine où ils tinrent leur première session le 8 octobre 451. Eusèbe de Dorylée, qui avait déjà accusé Eutychès au concile de Constantinople, se fit encore l’accusateur de Dioscore : « J’ai été maltraité par Dioscore, dit-il, la foi a été blessée, l’évêque Flavien a été tué, il nous a déposés ensemble injustement, faites lire ma requête ». Le patriarche d’Alexandrie tint tête à l’orage, mais il ne semble pas avoir assisté à la seconde session, le 10 octobre, et n’assista pas à la troisième, parce qu’il était gardé, dit-il, ou parce qu’il était malade ; il fut déposé et exilé à Gangres, en Paphlagonie, où il mourut.
II. Importance de la présente histoire§
Elle contient, sous forme de panégyrique,
la contrepartie des récits hostiles à Dioscore qui, seuls jusqu’ici, ont été conservés et publiés dans le monde gréco-latin ; de plus, elle est la source, croyons-nous, de nombreuses publications coptes faites par MM. Zoega, 6 Revillout 7 et Améline au. 8 Théopiste nous raconte à sa manière les préliminaires du concile de Chalcédoine, la mort de Théodose le jeune et l’avènement de Marcien ; puis la convocation du concile, le départ de Dioscore pour Constantinople, son arrivée, la première visite à l’empereur, les intrigues qui précédèrent la réunion du concile, la première session, les causes de la déposition de Dioscore, les efforts de celui-ci pour ramener certains évêques qui l’abandonnaient, en particulier Juvénal de Jérusalem, et Léontios d’Ascalon, ensuite son exil, sa vie, ses miracles et ses souffrances à Gangres où il reçut la visite de Paphnutios, supérieur des moines de Pacôme, et enfin sa mort le 4septembre (454).
Nous sommes loin de nous porter garants de l’authenticité de bien des détails, mais ils nous font connaître l’état d’esprit des admirateurs de Dioscore, comme de nombreuses publications nous ont déjà fait connaître celui de ses adversaires. Il est difficile d’ailleurs de déterminer les sources dont l’auteur s’est servi et certaines lettres ou certains discours ont peut-être une base historique plus sérieuse qu’on ne pouvait le croire. Ainsi, nous regardions comme de pure invention deux citations que fait Dioscore à Marcien, des papes Libère et Innocent en faveur de sa doctrine (§ 7). Or la seconde de ces citations se retrouve textuellement dans une lettre d’Innocent à Sévérianus de Gabala, que le cardinal Mai a publiée d’après un texte arabe et que Migne a rééditée.
Il ne s’ensuit pas nécessairement que la lettre soit authentique, mais il s’ensuit rigoureusement que Théopiste ne fabrique pas de toutes pièces les discours qu’il prête à Dioscore. De nouvelles découvertes, analogues à celle du cardinal Mai, nous le montreront peut-être encore pour d’autres citations et lettres.
III. Époque de sa composition§
À partir de la convocation du concile.
Théopiste prétend n’avoir plus quitté Dioscore. À la mort de celui-ci, et pour éviter une arrestation, il se réfugie dans la ville de Pentapolis (la Pentapole ?) et y écrit aussitôt la présente histoire (§ 20). D’ailleurs, il se met parfois en scène (§ 4et 11), raconte, de manière assez simple, comment il reçut un soufflet de celui qui devait les conduire en exil (§ 10) ; comment il en fut réduit à mendier pour vivre (§ 14) et comment il opéra un miracle avec le sang de Dioscore (§ 16). Il écrit aussi : « L’archidiacre Pierre, lequel est maintenant prêtre » (§ 6) ; si donc on admet, comme l’a écrit M. Révillout, que l’archidiacre. Pierre est Pierre Monge, 9 le présent récit aurait été écrit avant son élection au patriarcat d’Alexandrie, c’est-à-dire avant 477· D’ailleurs plusieurs traits trahissent aussi une origine égyptienne, comme la mention de Victor, de Pétronios et de Schenoudi (§ 1 et 17), archimandrites égyptiens bien connus, de Macaire, évêque de Tkoou (§ 7, 9, 19) et du voyage de Paphnuti à Gangres (§ 14, 17, 18). Cependant, Dioscore, dans une vision, apprend que Sévère sera patriarche d’Antioche (§ 19), ce qui place la composition de la présente rédaction après l’an 512.
10 On trouve aussi de nombreux points de contact avec les Plérophories 11 concernant Nabarnougios (Pierre l’Ibère), Juvénal, Léontios d’Ascalon, Panopropios (§ 11, 12), qui semblent trahir une origine palestinienne. Il semblerait donc assez naturel de supposer avec Assemani 12 que le présent ouvrage est un faux littéraire rédigé de toutes pièces à une date relativement récente à l’aide de certains documents, comme le panégyrique de Macaire de Tkoou et les Plérophories. Mais il nous semble peu probable a priori que les monophysites aient attendu longtemps pour rédiger à leur manière « les actes » de Dioscore, car ils écrivaient la vie d’hommes bien moins marquants dès leur mort et même durant leur vie. 13 D’ailleurs a posteriori nous avons signalé une mention expresse et quelques faits qui supposent une rédaction immédiate, et il est vraiment trop facile de se débarrasser de faits gênants en les traitant de faux ; de plus et surtout, nous croyons pouvoir montrer que le panégyrique de Macaire de Tkoou dépend de l’histoire de Dioscore et ne peut donc être mis au nombre de ses sources.
Cependant, sans parler de la mention de Sévère d’Antioche que renferme la présente histoire, on y trouvera encore une autre trace de remaniements :.En général, les passages de l’Écriture ne dépendent pas de la Peschito et semblent traduits directement sur un texte grec, l’un deux même (§ 15 ; Eccl. xii, 7) n’existe pas dans la Peschito ; en un endroit cependant (§ 15 ; I Pierre v, 3), on trouve un passage, cité d’après la Peschito, qui ne se trouve de la même manière dans aucun des textes grecs collationnés par Tischendorf et n’a donc pu être introduit que par un Syrien. Aussi regardons-nous la solution suivante comme la plus probable pour l’instant : Peu après la mort de Dioscore, on écrivit en Égypte un certain nombre de récits en sa faveur, parmi ceux-ci pouvait se trouver un récit, écrit par Théopiste, de la réunion du concile de Chalcédoine et de l’exil à Gangres.
Après l’an 512, l’un des rhéteurs de l’école de Pierre l’Ibère reprit l’écrit de Théopiste et le compléta à l’aide de ses connaissances personnelles. Ce remaniement fut sans doute rédigé en grec, car c’était la langue de la plupart des écrivains du cercle de Pierre Tibère, comme Zacharie le scolastique, Sévère, Jean de Maiouma, et d’ailleurs le syriaque que nous publions semble être une traduction du grec.
14 Enfin ce remaniement grec fut traduit en syriaque avec quelques nouvelles modifications et constitua enfin la présente histoire. IV. Sa valeur historique.— Nous avons déjà écrit que la présente histoire est un panégyrique, c’est-à-dire une composition oratoire dans laquelle quelques faits servent de cadre à des visions, à des discours et à des prodiges. Les faits ont chance d’être historiques, et il serait imprudent de dire que les lettres ou les discours ne le sont en aucune manière, car ils peuvent avoir été écrits par Théopiste lui-même, ou avoir été empruntés à quelque source aujourd’hui perdue. Rappelons encore ici (Cf. II) à ce sujet la citation du pape Innocent, qui nous semblait apocryphe, et qui figure cependant dans une lettre retrouvée récemment (§ 7). En dehors des songes ou visions qu’il est loisible à tout homme d’avoir sur les affaires qui le préoccupent.
Théopiste n’attribue pas d’ailleurs à Dioscore un grand nombre de prodiges. D s’en rend bien compte et croit devoir écrire à la fin : « Croyez, mes frères, que je n’ai pas écrit tous les prodiges, toutes les guérisons et tous les miracles que Dieu opéra par les mains de ce saint martyr de la vérité, parce qu’il y en a trop ». Il semble d’ailleurs nous donner — involontairement sans doute — une explication naturelle de deux guérisons.
Il a guéri un homme à la main desséchée en lui appliquant à l’improviste sur cette main du sang de Dioscore (§ 16) et un frère podagre est guéri en mettant la chaussure du saint (§ 17). Or Théopiste nous raconte immédiatement après (§ 18) l’histoire suivante : « Il y avait aussi dans cette île des marchands juifs dont deux vinrent trouver notre saint père pour le tenter : l’un se fit passer pour boiteux et se mit des emplâtres sur les pieds, l’autre feignit d’avoir les mains desséchées. Quand ils virent notre père, ils lui dirent : « Salut, ô homme de Dieu, nous venons pour que tu aies pitié de nous et que tu demandes à Dieu de guérir nos membres impotents afin que nous puissions travailler et retourner dans notre famille. Notre père connut leur fourberie…. ».
Certains miracles trouvent ainsi une explication qui nous plaît beaucoup, car elle sauve la bonne foi du thaumaturge et celle-du narrateur. Certains — n’en voit-on pas encore de nos jours — simulaient des infirmités, demandaient l’aumône, puis feignaient parfois d’avoir été guéris par un personnage important comme Dioscore, afin d’en retirer pour eux-mêmes gloire et profit. Car les fidèles et dévoués disciples du thaumaturge devaient avoir ensuite en vénération ces miraculés qui étaient des exemples vivants de la puissance de Dieu et aussi de la sainteté de leur maître.
En somme, cette réserve dans le choix des prodiges et cette sincérité dans leur récit nous impressionnent assez favorablement envers le panégyriste Théopiste. Nous déplorons les longueurs rebutantes qui sont infligées au lecteur, mais nous n’avons aucun autre écrit ancien consacré à Dioscore et il nous faut donc prendre celui-ci tel qu’il nous a été conservé. V. Le panégyrique de Macaire de Tkoou. —Nous croyons que ce panégyrique dépend de notre histoire et a été composé pour développer un texte de l’Écriture cité par Dioscore à Paphnuti. Nous lisons en effet dans l’histoire de Dioscore (§ 9) : Je sais que le père Macaire, l’évêque de Tkoou, a quitté ce monde, car il était aujourd’hui avec moi sur la table de vie. Le père Paphnutios lui en donna des nouvelles : « J’ai appris, dit-il, qu’après t’avoir quitté et s’être rendu en exil à Alexandrie, un Chalcédoni en lui fut envoyé pour le faire adhérer à la lettre de l’impie Léon.
II ne voulut pas souscrire son adhésion et l’envoyé irrité lui donna un coup de pied dans les parties sexuelles. Il rendit son âme à Dieu et mourut en martyr. La foule des fidèles prit son corps, l’ensevelit avec grand honneur et le plaça près du corps de Jean Baptiste et du prophète Elisée, dans le temple qui leur avait été bâti. » — Et notre père dit de lui cet éloge : J’ai été jeune et j’ai vieilli et je n’ai pas vu le juste abandonné(ps. xxxvi, 25}.
Et maintenant, mes frères, il est temps que je vous raconte la sortie de ce monde de mon père saint Dioscore. Notons que ce texte est bien à sa place et forme un ensemble cohérent. Car Théopiste a raconté auparavant que Macaire est venu à Constantinople, dans le navire de Dioscore, lui est resté seul fidèle, et a été renvoyé en Égypte par le patriarche avec les frères de Tabennisi (§ 7-9), il est donc naturel qu’il ait cherché une occasion pour nous parler plus tard de sa mort. D’ailleurs Dioscore apprend son martyre, mais comme il l’a vu auparavant récompensé dans le ciel, il peut dire : « Je n’ai pas vu le juste abandonné. » Voici maintenant le commencement du panégyrique copte (M. A. F. C, p. 92-93). Eloge que prononça notre patriarche saint, notre père l’archevêque de Rakoti (Alexandrie), le saint Dioscore.
Il le prononça sur l’abbé Macaire, l’évêque de la ville de Tkoou, du temps que le roi Marcien l’avait exilé à Gangres, île de la Paphlagonie, lorsque Tapa Paphnati alla le visiter pour annoncer à apa Dioscore, que le bienheureux (Macaire) avait terminé sa vie à Rakoti en confessant (la foi). Lorsqu’il prononça cet éloge étaient assis près de lui une multi-Inde de clercs et une multitude de moines qui étaient allés le visiter dans son exil. Pierre et Théopiste, les diacres qui l’avaient suivi ont écrit cet (éloge) dans la paix de Dieu, amen !
Je commencerai l’exorde par le panégyriste et le conducteur des aveugles, l’écrivain merveilleux, saint et père du Christ selon, la chair, le prophète saint David chantant et disant : J’ai été jeune et je sais devenu vieux, et je n’ai jamais vu le juste abandonné par le Seigneur. Moi aussi je le dirai en détournant un peu (le sens) de ces paroles : depuis son enfance, apa Macaire était un (homme) vierge (et) sans tache, dans la vieillesse, il fut compté au nombre des martyrs, comment le Seigneur l’aurait-il abandonné ? Il nous semble ressortir de la lecture de ce commencement, qu’un homme « quelque peu clerc » et surtout grandiloquent, imagina de composer un discours sur le texte que Dioscore avait seul cité à l’occasion de Macaire.
Il se trouva, du reste, embarrassé pour appliquer ce texte au martyre de Macaire et dut en « détourner un peu le sens » et terminer par un point d’interrogation. 15 On remarquera encore que le panégyrique copte a plutôt la forme d’une compilation que d’un panégyrique proprement dit. On y trouve, en effet : 1° une homélie sur Macaire ; 2 ° une partie personnelle à Dioscore sur son séjour à Gangres ; 3° la narration de Paphnuti sur la mort de Macaire.
Les faits incidents sont nombreux, l’auteur, qui avait l’histoire de Dioscore sous les yeux, y puisait, en effet, autant qu’il le pouvait pour fortifier son panégyrique ; il rattache la guérison du podagre (§ 17) à un ordre de Schenoudi qui lui aurait ordonné d’aller mettre la sandale de Dioscore pour être guéri (p. 154) ; il prête à Macaire (p. 98-104) une vision analogue à celles de Dioscore ; la prédiction de ce dernier, au sujet de Macaire dont le corps reposera près des saints Jean-Baptiste et Elisée (§), lui paraît si belle qu’il la reproduit deux fois (p. 118-119 et 160-161), il accumule les erreurs (cf. p. xx-xxi, 135, 138) ; il confond la visite de bienséance faite à l’empereur avant la réunion du concile, avec la première session et les instances de Pulchérie auprès de Dioscore (p.
136-137), choses que notre histoire distingue très bien (§ 7, 9, 10), il dénature aussi l’entrevue de Dioscore et de Pulchérie (cf. § 10). Ajoutons cependant que si l’auteur du panégyrique copte a puisé surtout dans l’histoire de Dioscore, il semble avoir disposé aussi d’autres sources. Il ajoute quelques noms propres : il donne le nom de Pinoution au disciple de Macaire, et raconte que Dioscore demeura à Constantinople chez Nicétas, père de Misaël, eunuque du palais. Ce Misaël est sans doute le monophysite mentionné par Jean d’Asie (Land, Anecd. syr., t. II, p.
273, 275) et par Zacharie le scholastique (Ibidem, t. III, p. 456). Enfin le rôle de Schenoudi est beaucoup développé (cf. p. 111, 145, 154-155).
VI. Les manuscrits.— La présente publication est faite d’après
le manuscrit de Paris, 234 (Ρ), écrit à Antioche au xiiiesiècle, fol. 39-60. Il manque un feuillet, fol. 30-31. Nous donnons les variantes de deux manuscrits fragmentaires de Londres, add. 14631 (A)du Xᵉ siècle, fol. 1-12 et add. 14732 (B), fol. 218-221, dont M. Brooks a eu l’extrême obligeance de nous adresser une collation. Le premier de ces deux manuscrits de Londres présente à la fin une addition d’une page que nous reproduisons d’après la copie qu’en a faite M. Brooks. Dans les variantes, + indique une addition et \ une omission. Nous avons collationné le manuscrit d’Oxford (Hunt. 199, fol. 441-475 = O) dont M. Payne Smith a écrit : « Excipiunt ff. 35, syriaco sermone et charactere scripta, insant fragmenta vitae Dioscori, Alexandrini patriarchœ… Maltae lacunae insunt, haud tamen deflendae . Cf. Catalogue des manuscrits syriaques de la Bibliothèque Bodl.,* n° 140, 29. »
En réalité, il ne manque que le premier feuillet, mais plusieurs interversions ont dû faire croire à des lacunes. 16 Nous avons donc pu compléter le manuscrit de Paris. Nous avons indiqué la pagination de ces deux manuscrits de Paris et d’Oxford (O) 17 qui appartiennent d’ailleurs à la même famille et différent un peu des fragments de Londres. 18 Une traduction arabe écrite en caractères syriaques est conservée à Rome, dans le manuscrit syriaque ccviii, fol. 3-28 (cf. Catal. Bibl. Vat., t. III, p. 697). L’ incipit de cette version est identique à celui de la version syriaque que nous publions. Enfin le manuscrit arabe de Paris 4786, qui est une copie du XIXᵉ siècle, renferme une courte vie de Dioscore (fol. 1-16v) différente de la nôtre. F. Nau. TRADUCTION.
