Homélie 7 — Le témoignage de Jean sur le Christ
Prononcée devant le peuple dans la basilique de saint Pierre, apôtre, 17 décembre 590 (un dimanche de l’Avent)
- 01 — Présentation
- 02 — Évangile du jour (Jn 1, 19-28)
- 03 — Homélie — Les paroles de cette lecture, frères très chers, nous font valoir l’humilité de Jean

Homélie 7 — Le témoignage de Jean sur le Christ
Prononcée devant le peuple dans la basilique de saint Pierre, apôtre, 17 décembre 590 (un dimanche de l’Avent)
Saint Grégoire le Grand · 09 mars 2017 · 14 min de lecture · 4 vues
L’évangile du jour faisant ressortir l’humilité de saint Jean-Baptiste, le pape va profiter de son commentaire du texte sacré pour traiter de cette vertu. Ce plan bipartite (explication de l’évangile, exposé sur une vertu) est très courant chez notre orateur : nous le retrouverons dans la suite des Homélies.
Dans son commentaire, saint Grégoire explique ce que peut avoir d’étonnant le témoignage que Jean-Baptiste rendit à Jésus, et qu’il se rendit à lui-même, en confessant qu’il n’était pas le Christ, ni Élie, ni un prophète, mais seulement « la voix de celui qui crie dans le désert ».
Le prédicateur remarque ensuite que Jean avait reçu des lumières prophétiques sans équivalent. Or le voici qui proclame son ignorance ! Un tel exemple invite les chrétiens à l’humilité, et plus particulièrement les justes : l’orgueil les met en danger de perdre tout le bénéfice de leurs vertus, et seule l’humilité peut les préserver de ce malheur. Ayant posé l’universelle nécessité de la vertu d’humilité, Grégoire propose trois moyens pour l’acquérir : se regarder par son côté faible ; se rappeler ses péchés passés ; bien juger des autres, même quand on les voit mal agir. Après ces conseils pratiques, l’orateur s’attache à prouver l’excellence de l’humilité. Bien loin d’être synonyme de pusillanimité, c’est elle qui nous conserve la vraie grandeur. Le pape fait ici appel à l’autorité d’Isaïe, de saint Paul et de Dieu lui-même ; puis il illustre son affirmation par l’exemple admirable du roi David, qui s’est montré grand en ses actes, mais a su garder d’humbles sentiments de lui-même. Aurions-nous donc comme lui accompli des actions d’éclat, elles n’auraient aucune valeur sans « l’assaisonnement de l’humilité », car sans humilité, toutes les vertus ne sont que poussière au vent.
Frappe des formules, expressivité des images, tout contribue à faire de ce petit exposé un joyau de littérature ascétique.
