Homélie 5 — La vocation des apôtres
Prononcée devant le peuple dans la basilique du bienheureux André, apôtre, le jour de sa fête, 30 novembre 590
- 01 — Présentation
- 02 — Évangile du jour (Mt 4, 18-22)
- 03 — Homélie — Vous avez entendu, frères très chers, qu’au premier appel, Pierre et André ont…

Homélie 5 — La vocation des apôtres
Prononcée devant le peuple dans la basilique du bienheureux André, apôtre, le jour de sa fête, 30 novembre 590
Saint Grégoire le Grand · 07 mars 2017 · 8 min de lecture · 3 vues
La vocation de Pierre et André constitue le sujet de cette Homélie. Ils abandonnent leurs filets pour suivre Jésus dès le premier mot, sans avoir vu aucun miracle, ni entendu aucune promesse de récompense.
Une telle promptitude pour répondre à l’appel de Dieu devrait nous donner honte de notre tiédeur, remarque le prédicateur. Sans doute ces pêcheurs ne possédaient-ils presque rien, et ils n’ont donc pas pu abandonner grand-chose, mais l’affection avec laquelle on donne à Dieu compte plus que la chose même qu’on lui donne. Celui-là quitte beaucoup qui ne se réserve rien. Or Pierre et André ont renoncé à tout, même au désir de posséder quelque chose.
L’aspect matériel de nos dons est très secondaire. Dieu n’a besoin que de notre bonne volonté, c’est-à-dire d’une générosité prête à se défaire de tout par amour pour lui. Une telle disposition est bien sûr incompatible avec toute pensée d’envie ; elle exige donc de se détacher parfaitement de tous les biens terrestres. Avec un art consommé, le pape interprète en ce sens des images qu’il emprunte au prophète Isaïe. Et il termine son Homélie en invitant ses auditeurs à imiter les vertus mêmes qu’ils honorent en saint André. Mais comme on ne peut atteindre d’un seul coup à une telle perfection, notre prudent prédicateur conseille à ses ouailles de modérer d’abord leur convoitise du bien d’autrui par la crainte de Dieu, avant de donner leurs propres biens.
Courte, pleine de bonhomie et de discrétion, cette Homélie est bien caractéristique du style simple et familier de Grégoire. On y voit aussi transparaître son attachement pour le saint apôtre à qui il a voué son monastère du Cælius : André, que les Grecs appellent le « Protocl et » (premier appelé).
