Homélie 39 — Jésus pleure sur Jérusalem
Prononcée devant le peuple dans la basilique du bienheureux Jean, dite Constantinienne À une date inconnue
- 01 — Présentation
- 02 — Évangile du jour (Lc 19, 41-47)
- 03 — Homélie — Puis, entré dans le Temple, il se mit à en chasser les vendeurs et les acheteurs, en…

Homélie 39 — Jésus pleure sur Jérusalem
Prononcée devant le peuple dans la basilique du bienheureux Jean, dite Constantinienne À une date inconnue
Saint Grégoire le Grand · 13 avril 2017 · 25 min de lecture · 4 vues
Saint Grégoire commente d’abord brièvement l’évangile dans son sens littéral, puis il s’étend sur l’application qu’on peut en faire à notre âme, en donnant le sens allégorique.
I- (1-2) La destruction de Jérusalem annoncée par le Christ a bien eu lieu. Sa cause fut le refus par cette ville de reconnaître l’heure de la visite divine, ainsi que le péché de ses prêtres, comme l’indique l’action de Jésus chassant les vendeurs du Temple.
II- (3-9) Notre évangile garde cependant un sens pour éclairer l’homme d’aujourd’hui. Jérusalem figure en effet l’âme qui abandonne la vie sainte et met toute sa joie dans les plaisirs de ce monde. Le poids futur de la colère divine sera pour elle d’autant plus lourd qu’elle le redoute moins. À sa mort, les démons, ses ennemis, l’entoureront et lui rappelleront ses péchés pour pouvoir la jeter dans le désespoir et l’entraîner en enfer. Dieu l’avait visitée par ses commandements, par les épreuves, par les miracles, mais elle n’a pas voulu rougir de ses péchés. Quant au Temple, il peut représenter la vie des religieux et des prêtres, tout adonnés au commerce des choses saintes, ou bien l’âme des fidèles, pleine de pensées méchantes. Pour fuir le mal qui est en elle, l’âme doit écouter le Christ qui enseigne chaque jour dans le Temple, et méditer sur les peines de l’enfer.
Quelle terreur, à notre mort, quand tous les biens de la vie passeront en un instant, nous laissant face aux démons, venus chercher dans l’âme ce qui leur appartient ! Un seul remède : trouver refuge en Jésus, en qui le démon n’a rien qui soit à lui. Ce n’est possible qu’à la condition de nous unir à notre Sauveur par la foi et les œuvres.
III- (10) Un exemple entraîne mieux que de longs discours, aussi Grégoire raconte-t-il en conclusion l’histoire du moine Martyrius. Celui-ci prit un jour sur son dos un pauvre lépreux, qui se révéla être le Christ : « Toutes les fois que vous l’avez fait à l’un des plus petits d’entre mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait. »
