Homélie 38 — Les invités au festin
Prononcée devant le peuple dans la basilique du bienheureux Clément, martyr, 10 février 592 (un dimanche)
- 01 — Présentation
- 02 — Évangile du jour (Mt 22, 1-14)
- 03 — Homélie — « Le roi entra pour voir ceux qui étaient à table, et ayant aperçu là un homme qui…

Homélie 38 — Les invités au festin
Prononcée devant le peuple dans la basilique du bienheureux Clément, martyr, 10 février 592 (un dimanche)
Saint Grégoire le Grand · 12 avril 2017 · 37 min de lecture · 4 vues
Saint Grégoire commente la parabole du banquet des noces tout au long, mais il insiste davantage sur la robe nuptiale et sur la sentence finale de Jésus : « Beaucoup sont appelés, mais peu sont élus. »
I- (1-8) Sans vouloir imposer son opinion, le pape penche pour la distinction entre le banquet des noces de notre évangile et le souper dont parle saint Luc (14, 16-24 : passage commenté dans l’Homélie 36). Ce dernier figurerait alors l’éternité, tandis que l’autre banquet désigne l’Église présente, dont on peut encore exclure un indigne, non revêtu de l’habit nuptial. L’orateur démontre qu’on peut appeler Royaume des cieux l’Église de la terre, puis il détermine successivement ce que représentent les noces, le refus opposé par les invités et le châtiment qui leur est infligé par le roi. Bons et mauvais se retrouvent dans la salle des noces, car ici-bas les bons doivent se résoudre à ce mélange inextricable où dominent les mauvais. Comme l’arche de Noé qui se resserre en haut, l’Église compte beaucoup de pécheurs et peu de parfaits. Pourtant, les méchants sont utiles aux bons, qu’ils font devenir encore meilleurs.
II- (9-13) Nous devons prendre garde à porter la robe nuptiale, qui est la charité. Le prédicateur exprime par deux images que cette charité doit inclure l’amour de Dieu et l’amour du prochain. C’est selon Dieu, ajoute-t-il, que nous sommes tenus d’aimer notre prochain, ce dont nous sommes plus facilement certains quand il s’agit d’ennemis, que nous ne pouvons aimer qu’en Dieu. Toute excuse tombera quand le Juge paraîtra : les pieds et les mains déjà liés invisiblement par le péché, nous serons jetés dans les ténèbres extérieures, qui correspondent à notre aveuglement intérieur.
III- (14-16) Car « beaucoup sont appelés, mais peu sont élus ». Ne pouvant savoir si nous serons élus, nous sommes invités à nous humilier. Grégoire, sachant les exemples plus efficaces que les paroles, relate deux histoires passionnantes, complémentaires l’une de l’autre. Trois de ses tantes s’étaient engagées ensemble dans une vie de chasteté. Deux d’entre elles y progressèrent jusqu’à la mort, mais la dernière ne persévéra pas et se maria. À l’inverse, raconte ensuite le pape, un jeune homme très corrompu, se convertissant juste au moment où il allait mourir, reste en vie et s’adonne à la pénitence. Ainsi, une sainte moniale se pervertit et finit par se damner, tandis qu’un pécheur endurci se convertit in extremis. Tremblons donc pour l’imperfection de nos actions, et ne mettons notre joie que dans la miséricorde de Dieu.
