Homélie 36 — Les invités qui se dérobent
Prononcée devant le peuple dans la basilique des bienheureux apôtres Philippe et Jacques, 9 décembre 591 (dimanche à la fin des récoltes)
- 01 — Présentation
- 02 — Évangile du jour (Lc 14, 16-24)
- 03 — Homélie — « Le serviteur, à son retour, rapporta cela à son maître

Homélie 36 — Les invités qui se dérobent
Prononcée devant le peuple dans la basilique des bienheureux apôtres Philippe et Jacques, 9 décembre 591 (dimanche à la fin des récoltes)
Saint Grégoire le Grand · 10 avril 2017 · 29 min de lecture · 6 vues
Dieu invite à son souper, mais les invités se dérobent. Saint Grégoire s’étend d’abord sur les diverses invitations de Dieu, puis montre quels sont les renoncements nécessaires pour y répondre.
I- (1-9) Le prédicateur introduit son propos par une réflexion pleine de finesse sur la différence entre les biens sensibles, qui attirent d’emblée, mais déçoivent à la fin, et les biens spirituels, qui sont d’abord peu attrayants, mais qu’on désire toujours plus vivement à mesure qu’on les goûte. Tout le problème consiste donc à vaincre le dégoût premier où nous sommes des biens spirituels, et c’est ce que le Seigneur s’efforce de réaliser par la parabole du jour, qui nous invite à son souper éternel. Hélas ! bien des hommes s’excusent, préférant mettre toute leur pensée, qui aux affaires de la terre, qui à la curiosité envers autrui, qui aux voluptés de la chair. Aussi le Seigneur envoie-t-il chercher, pour remplacer les premiers invités, les pauvres et les infirmes, puis les gens de la campagne. Le pape explique en détail toutes ces figures.
II- (10-13) Après avoir engagé ses auditeurs à ne pas mépriser l’appel de Dieu sous peine d’être laissés à la porte du Ciel, l’orateur leur montre comment un laïc, marié et doté de biens, peut user du monde comme n’en usant pas : d’abord à travers le commentaire d’un texte de saint Paul, puis par l’exemple récent du comte Théophane, dont la mort fut marquée de signes non équivoques de sainteté.
Cette Homélie est bien caractéristique de l’éloquence simple et incarnée de Grégoire, qui se préoccupe toujours de fournir un enseignement en continuité avec l’expérience des fidèles qu’il instruit, en recourant à des allusions à la vie quotidienne, à des exemples concrets et à des modèles que tous puissent imiter. Chacun se sent ainsi invité à appliquer l’idéal évangélique. Ces procédés font du saint pape un des créateurs de la rhétorique populaire, du sermo humilis, qui aura tant de succès durant tout le moyen âge.
