Homélie 35 — Les signes précurseurs de la fin des temps
Prononcée devant le peuple dans la basilique de saint Menne, martyr, le jour de sa fête, 11 novembre 591
- 01 — Présentation
- 02 — Évangile du jour (Lc 21, 9-19)
- 03 — Homélie — « Mais avant tout cela, on mettra la main sur vous et l’on vous persécutera ; on vous…

Homélie 35 — Les signes précurseurs de la fin des temps
Prononcée devant le peuple dans la basilique de saint Menne, martyr, le jour de sa fête, 11 novembre 591
Saint Grégoire le Grand · 09 avril 2017 · 21 min de lecture · 4 vues
Saint Menne est mort en Égypte pendant la persécution de Dioclétien. Son culte a pris très vite une immense ampleur. On usait des ampoules d’huile de son sanctuaire dans tout le bassin méditerranéen, et l’on y avait élevé partout des églises en son honneur. À Rome, on en bâtit une hors les murs, entre la porte d’Ostie et la basilique de saint Paul. C’est là que Grégoire a prêché l’Homélie de ce jour, qui porte sur le passage de Luc où Jésus annonce les malheurs qui marqueront la fin du monde.
Après avoir commenté le texte de l’évangile verset par verset, le pape traite assez longuement de la vertu de patience, bien qu’il ait annoncé d’emblée qu’il serait bref, vu la marche nécessaire pour revenir dans la Ville.
I- (1-3) La fin du monde sera marquée par de grands maux, que le Christ nous fait connaître par avance pour nous les rendre plus faciles à supporter. Ces maux nous viendront de tous les éléments, en châtiment des péchés auxquels nous les avons fait servir. Ils puniront le monde d’avoir persécuté les chrétiens. Ces derniers doivent se consoler par la certitude que Jésus mènera lui-même la lutte qu’ils auront à soutenir ; leur récompense sera proportionnée à leurs peines, puisqu’ils ressusciteront. En attendant, c’est par la patience qu’ils posséderont leur âme. Le prédicateur va donc traiter plus longuement de cette vertu.
II- (4-9) La patience est pour nous le moyen de posséder notre âme, en souffrant les maux venant d’autrui sans broncher, ni garder de ressentiment, ni préparer de revanche, mais en continuant, malgré tout, à aimer celui qui nous tourmente. Elle exige une très haute victoire intérieure sur nous-mêmes. Elle fait de nous des martyrs en nous permettant de boire au calice du Christ, comme le prouve l’exemple de patience de l’abbé italien Étienne, dont l’orateur relate la mort admirable. Il achève son Homélie en énumérant les trois grands agents qui exercent notre patience : Dieu, le diable, le prochain. Supporter l’épreuve est peut-être au-dessus de nos possibilités, mais Dieu ne demande qu’à nous donner les forces qui nous manquent : il nous suffit de l’en prier.
Qu’on ne s’étonne pas d’entendre si souvent le saint pape prêcher la patience à ses auditeurs. Les épreuves innombrables qui accablent le peuple romain rendent cette insistance bien nécessaire. Grand malade, Grégoire a appris par ses souffrances combien il en coûte de porter sa croix en silence.
