Homélie 33 — La pécheresse chez le pharisien
Prononcée devant le peuple dans la basilique de saint Clément fin septembre 592 (au cours des Quatre-Temps d’automne)
- 01 — Présentation
- 02 — Évangile du jour (Lc 7, 36-50)
- 03 — Homélie — Voyant cela, le pharisien qui l’avait invité se dit en lui-même : « Si cet homme était…

Homélie 33 — La pécheresse chez le pharisien
Prononcée devant le peuple dans la basilique de saint Clément fin septembre 592 (au cours des Quatre-Temps d’automne)
Saint Grégoire le Grand · 07 avril 2017 · 23 min de lecture · 3 vues
Saint Grégoire a les larmes aux yeux pour commenter l’évangile où Luc nous montre la pécheresse aux pieds de Jésus. Il ne fait pour lui aucun doute que cette femme est Marie-Madeleine, elle-même identifiée à la sœur de Lazare. Les Pères de l’Église s’étaient montrés très divisés sur cette question, et c’est, semble-t-il, sous l’influence de saint Augustin que notre auteur a adopté sa position. Si l’Église ne s’est jamais prononcée officiellement sur ce point, l’opinion du saint pape s’est cependant imposée à presque tous les auteurs du moyen âge latin.
L’orateur commence par exposer le sens littéral de la scène (l’histoire), puis il en donne le sens symbolique, avant d’en tirer un hymne vibrant à la miséricorde divine.
I- (1-4) Le récit montre que la pénitence de Marie a été complète : elle a offert en sacrifice tout ce qui lui avait servi à pécher. L’histoire fait voir également que le pharisien était peut-être aussi malade que la pécheresse, mais qu’en plus il l’ignorait. Combien d’évêques, hélas, ressemblent à ce pharisien et regardent avec mépris les pécheurs qui se confessent à eux ! Qu’ils commencent donc par pleurer leurs propres péchés, et tirent de là un peu plus de compassion pour leurs pénitents.
II- (5-6) L’allégorie considère le pharisien comme le type du peuple juif, et la femme comme celui des païens convertis. Grégoire nous dit ce que représentent les pieds du Sauveur, nos cheveux, les baisers dont nous couvrons ses pieds, et le parfum que nous y versons. Sous ces images, il nous donne avec son talent habituel une belle leçon de théologie morale sur les vertus de foi et de charité.
III- (7-8) Le prédicateur devient lyrique à la fin, comme chaque fois qu’il est amené à chanter la bonté miséricordieuse du Seigneur envers les pécheurs. S’inspirant du Cantique des Cantiques, il nous montre notre Dieu très aimant venant à nous comme le petit faon qui cherche un peu de fraîcheur à l’heure brûlante de la canicule. Usant ensuite d’images bibliques très parlantes, l’orateur explique que les commandements nous sont devenus supportables, depuis que Dieu nous invite par eux à confesser nos manquements. Il est prêt à nous accueillir après tous nos adultères : ne gâchons pas une telle chance, et jetons-nous dans le sein de sa miséricorde.
Voici une Homélie à faire lire à nos contemporains, qui ont tant besoin de miséricorde.
