Homélie 32 — Le renoncement et la croix
Prononcée devant le peuple dans la basilique des saints Processus et Martinien, le jour de leur fête, 2 juillet 591
- 01 — Présentation
- 02 — Évangile du jour (Lc 9, 23-27)
- 03 — Homélie — « Car celui qui aura rougi de moi et de mes paroles, le Fils de l’homme rougira de lui…

Homélie 32 — Le renoncement et la croix
Prononcée devant le peuple dans la basilique des saints Processus et Martinien, le jour de leur fête, 2 juillet 591
Saint Grégoire le Grand · 06 avril 2017 · 21 min de lecture · 4 vues
Jésus donne dans l’évangile du jour deux commandements nouveaux : se renoncer et porter sa croix.
I- (1-2) « C’est peu, remarque saint Grégoire, de renoncer à ce qu’on a, mais c’est considérable de renoncer à ce qu’on est. » Prenant soin de distinguer en l’homme la nature créée par Dieu et l’état où le péché l’a mise, le pape précise que l’homme doit renoncer au mal qu’il a fait, mais non à l’être que Dieu lui a donné.
II- (3-6) La suite de l’Homélie apprend aux auditeurs les deux manières dont ils peuvent porter leur croix : en leur chair par l’abstinence, en leur âme par la compassion. Un écueil, cependant, menace chacune des deux vertus, et le prédicateur l’expose : la vaine gloire chez l’ascète abstinent, l’indulgence pour le péché chez l’homme compatissant. Poursuivant son commentaire de l’évangile, Grégoire explique comment on peut, hors des temps de persécution, perdre sa vie pour la gagner. L’ancien moine revient ici à l’idée du martyre non sanglant, si chère aux Pères du monachisme. Rester fidèle aux exigences du christianisme, quoi qu’il puisse en coûter, est une bonne manière de ne pas rougir du Christ devant les hommes.
III- (7-9) La dernière phrase de l’évangile, où Jésus promet à ses disciples qu’ils ne goûteront pas la mort avant d’avoir vu le Royaume de Dieu, est bien énigmatique, et elle exige quelques explications de notre orateur. Le Seigneur, sachant combien il nous serait difficile de croire en la vie future, est venu au secours de notre espérance. Il nous montre, par celles de ses promesses qu’il réalise dès ici-bas, que celles de l’au-delà seront également honorées. Nous sommes aidés dans le même sens par l’exemple des saints martyrs fêtés en ce jour : certains de l’existence d’une vie éternelle, ils n’ont pas craint de tout lui sacrifier. Et leurs âmes ont si bien trouvé la vie désirée que même leurs os morts rendent aujourd’hui la santé et la vie.
Le pape raconte ici une histoire capable de stimuler la ferveur des fidèles. On y entend les martyrs du lieu promettre à une pieuse femme, venue les prier, de se faire ses défenseurs au jour du jugement dernier. Selon son habitude, le prédicateur achève ainsi son Homélie sur la perspective des comptes à rendre au dernier jour : la plus apte à faire sentir combien est sérieux l’enjeu de la vie, et à quel point il faut désirer la miséricorde divine.
