Homélie 31 — Le figuier stérile et la femme courbée
Prononcée devant le peuple dans la basilique de saint Laurent, martyr, 9 juin 591 (samedi des Quatre-Temps d’été)
- 01 — Présentation
- 02 — Évangile du jour (Lc 13, 6-13)
- 03 — Homélie — Jésus enseignait dans une synagogue un jour de sabbat

Homélie 31 — Le figuier stérile et la femme courbée
Prononcée devant le peuple dans la basilique de saint Laurent, martyr, 9 juin 591 (samedi des Quatre-Temps d’été)
Saint Grégoire le Grand · 05 avril 2017 · 15 min de lecture · 2 vues
L’Homélie de ce jour porte sur la parabole du figuier stérile et sur l’épisode de la femme courbée, guérie par Jésus. Ces deux faits, note d’abord saint Grégoire, soulignent une même bonté de Dieu penchée sur nos misères. Après cette remarque préalable, il commente en détail les deux parties de l’évangile.
I- (1-5) À propos du figuier stérile, le pape explique pourquoi le maître vient trois ans de suite chercher du fruit sur son arbre. Puis il expose les deux effets du péché : il rend l’âme à la fois stérile en elle-même et stérilisante pour son entourage. L’unique remède consiste en ce fumier qu’on verse à son pied : entendons par là qu’on lui rappelle ses péchés pour l’exciter au repentir.
II- (6-8) À travers la femme courbée, le prédicateur nous fait voir l’âme vicieuse, liée par ses fautes répétées, dont la courbure vers la terre signifie qu’elle ne pense qu’aux choses d’en bas, livrant ainsi passage aux démons. Grégoire s’étend sur cette courbure, et au moyen d’images extrêmement variées et originales, il s’efforce d’en donner honte à ses auditeurs, leur montrant la voie du salut dans la contrition. L’ancien moine insère ici des indications fort précieuses sur la nature de la contemplation : réservée aux chrétiens qui sont munis des ailes de la vertu et soulevés par le désir du Ciel, elle ne peut durer ici-bas, du fait de la pesanteur de notre nature.
De structure très simple, cette Homélie nous ramène dans chacune de ses deux parties à une même résolution : laver nos fautes dans le bain des larmes. Cependant, si l’orateur nous laisse entendre que le figuier ne profite pas du bon fumier de la contrition et finit par être coupé, la femme courbée, elle, se redresse. Ces deux issues très différentes mettent bien en évidence la place de la liberté humaine : qui ne voudra pas pleurer sera condamné, qui y consentira verra ses larmes essuyées par le Christ. Car ces pleurs de courte durée, souligne le pape pour conclure, nous conduiront à une joie éternelle. Et c’est sur cette perspective consolante qu’il laisse ses ouailles.
