Homélie 27 — Le grand commandement
Prononcée devant le peuple dans la basilique de saint Pancrace, martyr, le jour de sa fête, 12 mai 591
- 01 — Présentation
- 02 — Évangile du jour (Jn 15, 12-16)
- 03 — Homélie — Puisque les Saintes Écritures sont toutes pleines des préceptes du Seigneur, pourquoi…

Homélie 27 — Le grand commandement
Prononcée devant le peuple dans la basilique de saint Pancrace, martyr, le jour de sa fête, 12 mai 591
Saint Grégoire le Grand · 01 avril 2017 · 20 min de lecture · 0 vue
Saint Pancrace est un adolescent d’origine phrygienne qui a été décapité à Rome pour sa foi en 304. Aussi lit-on pour sa fête le célèbre passage de saint Jean où Jésus déclare : « Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis. »
Dans son Homélie, saint Grégoire s’applique d’abord à commenter le grand commandement qui ouvre cet évangile : « Que vous vous aimiez les uns les autres comme je vous ai aimés. » Il se demande pourquoi le Seigneur parle comme si ce commandement était le seul, alors que l’Écriture est pleine de préceptes. Et il répond que ces derniers découlent tous de celui de l’amour, puisque toutes les vertus naissent de la charité, qui est leur racine commune. La réponse du saint contient déjà en germe les affirmations futures de saint Thomas d’Aquin : il ne peut y avoir de vraie vertu sans charité ; la charité est la forme de toutes les vertus (IIa-IIæ, q. 23, a. et 8). Les erreurs jansénistes qui ont prétendu s’appuyer sur ces données obligent à préciser que même une œuvre qui ne découle pas de l’amour surnaturel de Dieu peut être bonne, bien qu’elle ne le soit jamais assez pour nous mériter la vie éternelle. Seules les œuvres procédant de la charité sont méritoires.
Le pape nous met ensuite en garde contre les ruses du démon, qui veut nous exciter à la haine envers ceux qui cherchent à dérober nos biens. Défions-nous de ce voleur de nos âmes, et prenons modèle sur le Christ, qui a pardonné à ses bourreaux sur la croix.
Le Seigneur nous appelle ses amis : quel immense honneur ! Quelle exigence aussi ! Grégoire développe longuement les conditions à remplir pour mériter un tel titre. Etablis pour porter du fruit, et un fruit qui demeure (la vie éternelle), nous ne verrons cependant ce fruit qu’à notre mort, quand tout le reste disparaîtra. Nous obtenons tout ce que nous demandons au nom de Jésus, mais que faut-il entendre par là ? Le pape l’indique en quelques mots, précisant à quelles intentions il est permis de prier. Il ajoute que la condition indispensable pour voir nos prières exaucées est de pardonner à nos ennemis, comme le Pater lui-même nous l’enseigne. Triompher de nos rancunes exige sans doute de nous de durs efforts, mais ne pouvant, comme saint Pancrace, donner notre corps pour le Christ, rendons-nous du moins victorieux de notre âme.
