Homélie 26 — Jésus ressuscité et Thomas
Prononcée devant le peuple dans la basilique du bienheureux Jean, dite Constantinienne, 21 avril 591 (samedi de Pâques)
- 01 — Présentation
- 02 — Évangile du jour (Jn 20, 19-31)
- 03 — Homélie — Or Thomas, l’un des Douze, surnommé Didyme, n’était pas avec eux quand vint Jésus

Homélie 26 — Jésus ressuscité et Thomas
Prononcée devant le peuple dans la basilique du bienheureux Jean, dite Constantinienne, 21 avril 591 (samedi de Pâques)
Saint Grégoire le Grand · 28 mars 2017 · 25 min de lecture · 0 vue
L’évangile commenté dans cette Homélie relate l’apparition de Jésus ressuscité à Thomas et la transmission du pouvoir des clés. Ces deux faits permettent divers développements sur la foi et le sacrement de pénitence.
Que le Seigneur entre malgré les portes fermées est un mystère qu’on ne peut comprendre, mais que Grégoire met en relation avec d’autres mystères qui l’éclairent, avant d’expliquer en quel sens Jésus peut dire qu’il envoie les apôtres comme le Père l’a envoyé. Puis le pape se demande pourquoi le Christ a envoyé deux fois le Saint-Esprit : du Ciel (à la Pentecôte) et de la terre (dans l’apparition d’aujourd’hui).
Le pouvoir de remettre les péchés, que le Seigneur donne aux apôtres et à leurs successeurs, est un grand honneur, mais aussi une lourde responsabilité. Le prédicateur prend à partie ses confrères dans l’épiscopat quant à leur manière d’administrer ce sacrement. De la condamnation de l’arbitraire, il passe à une règle générale, et utilisant le récit de la résurrection de Lazare comme une parabole, il établit ce qu’exige le bon exercice d’un tel pouvoir :
1°- la contrition du pénitent, née par l’effet de la grâce prévenante de Dieu, doit précéder l’absolution du prêtre (résurrection de Lazare) ;
2°- de cette contrition doit naître la confession, par laquelle le pécheur fait connaître son péché au prêtre (Lazare sort du tombeau) ;
3°- l’absolution doit venir soustraire le pécheur à la peine qu’il a méritée (les disciples délient Lazare).
Saint Grégoire revient ensuite à Thomas, qui guérit notre incrédulité en touchant les blessures du Christ. Nous sommes dits bienheureux de croire sans voir, à condition pourtant que notre foi soit suivie d’œuvres. Les fêtes de la terre passent ; ce qui compte, c’est de ne pas manquer celles du Ciel. Craignons donc le jugement de Dieu, à côté duquel celui des hommes n’est rien.
Comment croire que de la poussière puisse retrouver vie par la résurrection ? L’orateur, partant des petits miracles que nous voyons dans la nature, répond à cette difficulté à la fin de son Homélie. C’est depuis la discussion qui l’opposa au patriarche Eutychios, au temps de son ambassade à Constantinople (579-585), que Grégoire s’est particulièrement préoccupé d’étayer la foi en la résurrection de la chair avec des arguments de raison.
