Homélie 25 — L’apparition à Marie-Madeleine
Prononcée devant le peuple dans la basilique de saint Jean, dite Constantinienne, 20 avril 591 (vendredi de Pâques)
- 01 — Présentation
- 02 — Évangile du jour (Jn 20, 11-18)
- 03 — Homélie — Marie-Madeleine avait été une pécheresse dans la ville

Homélie 25 — L’apparition à Marie-Madeleine
Prononcée devant le peuple dans la basilique de saint Jean, dite Constantinienne, 20 avril 591 (vendredi de Pâques)
Saint Grégoire le Grand · 27 mars 2017 · 25 min de lecture · 0 vue
Saint Jean raconte l’apparition du Christ ressuscité à sainte Marie-Madeleine, près du tombeau : tout en pleurs, celle-ci croit le Seigneur enlevé, jusqu’au moment où elle le reconnaît sous les traits de celui qu’elle prenait pour le jardinier. Grégoire commente cette page d’Évangile avec émotion. Il ne cache pas sa vénération pour Marie-Madeleine, qu’il considère comme ne faisant qu’une avec la pécheresse que saint Luc nous montre aux pieds de Jésus (cf. Lc 7, 36-50, passage commenté dans l’Homélie 33) et avec Marie, sœur de Lazare. Très heureusement, l’orateur rapproche Marie-Madeleine de l’Epouse du Cantique des Cantiques. Amour, larmes et désir caractérisent en effet ces deux personnages.
L’Homélie se présente en deux parties : la première commente l’évangile verset par verset ; la seconde expose la doctrine de la Rédemption, victoire du Christ sur la mort, Satan et le péché. La conclusion convie les pécheurs à la pénitence.
I- (1-6) Pécheresse, Marie a lavé par ses larmes la souillure de ses fautes. Elle reste seule au tombeau après le départ des disciples, et mérite ainsi de voir le Seigneur. Toute cette première partie de l’Homélie est consacrée par saint Grégoire à chanter en Marie-Madeleine la force immense de la charité quand elle embrase une âme. On ne peut lire un tel passage sans se sentir gagné par le feu qui brûlait dans le cœur du prédicateur.
II- (7-10) Passant ensuite à un thème proprement théologique, le pape compare la Rédemption à la pêche à l’hameçon de Léviathan, dont parle Job. Le diable a mordu à l’appât de l’humanité du Christ, et l’aiguillon de la divinité lui a perforé la mâchoire, le contraignant ainsi à relâcher ses autres proies. Grâce à quoi il nous est maintenant possible d’échapper à sa gueule par la pénitence. Et c’est là que notre orateur rejoint sainte Marie-Madeleine, dont il paraissait s’être tant éloigné. Que d’exemples des miséricordes du Seigneur nous sont donnés, s’écrie-t-il : Pierre, le larron, Zachée et Marie. Comme eux, renaissons donc par les larmes et évitons désormais le péché.
