Homélie 17 — La mission des soixante-douze disciples
Prononcée devant des évêques réunis aux Fonts baptismaux du Latran, 31 mars 591 (samedi de la quatrième semaine de Carême)
- 01 — Présentation
- 02 — Évangile du jour (Lc 10, 1-9)
- 03 — Homélie — Le Seigneur, notre Sauveur, frères très chers, nous enseigne tan-tôt par ses paroles…

Homélie 17 — La mission des soixante-douze disciples
Prononcée devant des évêques réunis aux Fonts baptismaux du Latran, 31 mars 591 (samedi de la quatrième semaine de Carême)
Saint Grégoire le Grand · 19 mars 2017 · 35 min de lecture · 0 vue
Saint Grégoire est pénétré de la pensée que l’Église a besoin d’évêques saints et zélés. Elever l’épiscopat à la hauteur de son ministère, faire des évêques la conscience de leur peuple, les prémunir contre les défaillances qui les guettent, le pape sait qu’il y a là une œuvre urgente, qui intéresse toute l’Église, et il se sent pressé de l’entreprendre. La présente Homélie, prêchée en consistoire au Latran, nous permet de juger avec quelle vigueur il se met à l’ouvrage. Un tel texte n’a rien perdu de sa force. Treize siècles plus tard, saint Pie X écrivait aux évêques : « Lisez en entier, vénérables frères, et proposez à votre clergé pour qu’il la lise et la médite […] cette admirable homélie du saint pontife. » (Encyclique Jucunda sane, du 12 mars 1904)
Après avoir commenté l’évangile de la mission des soixante-douze disciples, Grégoire rappelle leurs devoirs aux prêtres et aux évêques, en dénonçant le peu de zèle qu’ils mettent à les remplir, sans omettre de mentionner les vices auxquels ils s’adonnent. Il décrit enfin les conséquences qu’entraînent les péchés des pasteurs, tant pour eux-mêmes que pour leur peuple. Tout le discours laisse percer la profonde tristesse du pape à la vue des défaillances du clergé.
Si l’examen de conscience est sévère, Grégoire ne s’en tiendra pas là, et il écrira, vers le même temps, un petit livre destiné à former la conscience des évêques, le Liber regulæ pastoralis, mettant au point un programme d’action et de méditation valable pour l’ensemble de l’épiscopat. La Règle Pastorale reprend d’ailleurs bien des images et des idées de cette Homélie : l’allusion au tissu d’écarlate teint deux fois, la comparaison des bases du Temple avec les bœufs, les lions et les chérubins, le commentaire sur les pierres du sanctuaire dispersées, etc.
On serait curieux de savoir comment les reproches du pape furent accueillis par les évêques de l’époque. Peut-être mieux qu’on ne le penserait tout d’abord ? Voici, par exemple, comment Licinianus, évêque de Carthagène, reçut la Règle pastorale, dont le ton de rude franchise rappelle si fort notre Homélie : « Qui ne lirait avec consolation un livre qui, médité sans relâche, est une médecine de l’âme, et qui, en inspirant le mépris des choses caduques, mouvantes et changeantes du siècle, ouvre les yeux de l’esprit à la stabilité de la vie éternelle ? Ton livre est l’école de toutes les vertus. » Loin de s’offenser du ton direct de Grégoire, cet évêque reçoit le message de tout son cœur.
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Processio : il s’agit de la messe du jour, allongée par la tradition du symbole de la foi aux catéchumènes.
Le pape s’adresse ici aux chrétiens de souche, par contraste avec les catéchumènes (païens convertis), auxquels il a fait allusion juste avant.
Saint Grégoire s’adresse ici particulièrement aux catéchumènes, auxquels il remet le symbole de la foi : la foi ne suffit pas, elle doit être suivie d’œuvres.
Les entrailles sont, selon la Bible, le siège de la compassion et de la tendresse.
