Homélie 10 — L’adoration des mages
Prononcée devant le peuple dans la basilique de saint Pierre, apôtre, le jour de l’Epiphanie, 6 janvier 591
- 01 — Présentation
- 02 — Évangile du jour (Mt 2, 1-12)
- 03 — Homélie — Après avoir entendu le roi, ils s’en allèrent

Homélie 10 — L’adoration des mages
Prononcée devant le peuple dans la basilique de saint Pierre, apôtre, le jour de l’Epiphanie, 6 janvier 591
Saint Grégoire le Grand · 12 mars 2017 · 14 min de lecture · 3 vues
Commentant l’évangile de l’Epiphanie, saint Grégoire compare d’abord les Juifs aux peuples païens (représentés par les mages) et aux éléments sensibles (l’étoile, la mer, la terre, etc.), qui ont su rendre témoignage au Sauveur.
Puis il réfute très habilement l’hérésie des Priscillianistes, qui enseignaient que les astres président à la naissance des hommes, et qui voulaient trouver confirmation de leur théorie dans l’étoile apparue à la naissance du Christ. La vogue immense que connaît aujourd’hui l’astrologie rend cette argumentation étonnamment actuelle.
L’orateur s’étend ensuite sur le sens symbolique des présents offerts par les mages, et montre comment nous devons les imiter en revenant dans notre pays « par un autre chemin ». Ces explications gardent tout leur intérêt pour les fidèles avides de mieux comprendre les allusions de la liturgie du jour.
La finale de l’Homélie pourra paraître un peu sombre. Notons pourtant qu’elle est entièrement tissée de citations scripturaires. Il y a une tristesse selon Dieu (la pénitence), comme il y a une joie selon Dieu. Notre détachement à l’égard des choses d’ici-bas et notre désir des biens éternels se traduisent tout naturellement par la pénitence, les larmes et une constante gravité, qui exclut la joie sotte. Par son refus du rire grossier, Grégoire ne nous prêche donc pas la morosité, mais il nous enseigne le sérieux de la vie, l’enjeu du temps présent et la valeur exclusive des biens à venir.
