Fragment syriaque des « Voyages » de saint Pierre
Récit apocryphe, traduit du syriaque par F. Nau

Fragment syriaque des « Voyages » de saint Pierre
Récit apocryphe, traduit du syriaque par F. Nau
Sources liturgiques et manuscrites · 01 septembre 2026 · 3 min de lecture · 3 vues
Au nom du Seigneur tout-puissant.
À cette époque, Simon Pierre entrait dans une ville. Il y trouva une femme très souffrante, et des femmes l’entouraient, car elle était dans les douleurs de l’enfantement ; et il vit le démon qui attendait la naissance de l’enfant pour le tuer. Et Simon Pierre dit au démon : Que fais-tu, et pourquoi attends-tu la naissance de l’enfant pour le tuer ?
Simon Pierre enseignait et prêchait le signe du saint baptême et la vraie foi ; il s’approcha des femmes et leur dit : Si cet enfant vit, cette maison sera-t-elle chrétienne ? Lorsque la femme qui était en souffrance l’entendit, elle répondit et dit à Simon : Non seulement cette maison sera chrétienne, mais encore toute la ville. Si cet enfant vit, nous nous approcherons de la vraie foi que tu prêches et nous confesserons ton Dieu.
Aussitôt Simon Pierre pria, et l’enfant qui était mort revint à la vie. Et les femmes qui étaient rassemblées en cet endroit se mirent à crier et à dire : Nous croyons en ton Dieu, Simon, qui nous a arrachées aux mains du démon ennemi des hommes pour nous conduire à la connaissance de la vérité par le moyen de Simon Pierre.
Alors Simon s’approcha de ce démon maudit et lui dit : Jusqu’à quand répandez-vous les ténèbres sur les jeunes garçons et sur les jeunes filles pour les faire périr ? Il répondit et dit à Simon : Depuis le jour où l’enfant est formé dans le sein de sa mère jusqu’à la fin de sept ans et cent quarante jours, jusqu’à la purification des enfants1, nous frappons la mère avec des bâtons blancs, noirs, rouges et de diverses couleurs ; nous employons des artifices et des machinations de divers genres, nous venons sous la forme d’un homme, nous avons commerce avec la femme et nous tuons l’enfant dans son sein. Si nous ne réussissons pas ainsi, nous venons sous la figure de sa mère, de ses voisins ou de ses amis, nous entrons dans sa demeure, nous nous approchons d’elle et nous tuons l’enfant dans son sein. Si nous ne réussissons pas de cette manière, nous venons sous l’apparence d’un lion, ou d’une panthère, ou d’un chien, ou d’un ours, ou de la tempête2, ou d’un scorpion, ou d’un serpent ; nous nous approchons de ses vêtements et nous l’empêchons d’enfanter. Si nous ne réussissons pas de cette manière, nous venons sous la forme d’un cheveu dans l’eau : lorsque la femme boit sans faire sur l’eau le signe de la croix, nous entrons dans son ventre et nous tuons l’enfant dans son sein.
Simon répondit et lui dit : Il n’est pas permis à vos Ténèbres d’approcher des serviteurs de Dieu, lorsqu’ils s’attachent à Dieu et se réfugient dans le Père, le Fils et le Saint-Esprit ; mais Dieu vous repousse aussi loin que le levant l’est du couchant et le nord du sud. Par l’annonciation de Marie, par la naissance de Notre-Seigneur, par la sainteté de la sainte Église, il ne vous est pas permis, démons réprouvés et maudits, de vous approcher des serviteurs de Notre-Seigneur Jésus-Christ et de leurs enfants, au nom des puissances supérieures et au nom des puissances inférieures, pour toujours. Ainsi soit-il.
