L’église de Saint-Marc à Alexandrie construite par le patriarche Jean de Samanoud
Du Martyrion de l’Angelion à l’église Kamsija du bord de la mer
- 01 — Deux documents nouveaux
- 02 — L’église de l’île de Raudah n’est pas celle de saint Marc
- 03 — Le Martyrion de l’Angelion
- 04 — L’église du bord de la mer
- 05 — Les traditions divergentes sur le transfert des reliques
- 06 — De Tibère II à la conquête arabe
- 07 — Jean de Samanoud, constructeur de l’église
- 08 — La fin de l’église et le nom de Kamsija

L’église de Saint-Marc à Alexandrie construite par le patriarche Jean de Samanoud
Du Martyrion de l’Angelion à l’église Kamsija du bord de la mer
Marius Chaîne · 02 septembre 2026 · 25 min de lecture · 1 vue
L’histoire des églises dédiées à saint Marc dans la métropole de l’Égypte demeure encore pour nous, jusqu’à ce jour, remplie d’incertitudes autant que d’imprécisions. Une foule de détails concernant les constructeurs de ces édifices, leur chronologie, leur topographie, persistent inconnus. Pour nombre de points importants intéressant leur étude, nous en sommes réduits à attendre une de ces heureuses trouvailles que les fouilles d’Égypte nous ménagent de fois à autre, à compter sur la découverte éventuelle de nouvelles ressources, qui nous permettront seules d’avoir plus de précision et plus de lumière.
Récemment, le dossier de cette question s’est augmenté de deux documents. Nous nous sommes employé à les classer parmi ceux déjà acquis ; nous donnons ici, avec quelques remarques faites au cours de leur étude, le résultat de notre travail.
D’après un extrait du Subh el Acha de l’historien Abu’l ’Abbas Chihab el Qalqachendi, le patriarche Agathon, le trente-neuvième de la série des patriarches coptes, aurait construit une église en l’honneur de saint Marc :
C’est [Agathon] qui fit construire l’église de Saint-Marc, laquelle fut démolie sous le règne d’El Adil Ayyub, le fils d’Abu Bakr ; le patriarche qui lui succéda se nommait Jean1.
Au premier jour de Tahsas, suivant un autre extrait tiré du Synaxaire éthiopien, étudié il y a peu de temps, le patriarche Jean, successeur d’Agathon, construisit lui aussi une église à Alexandrie, en l’honneur du même apôtre. Cette construction dura trois ans, et un higoumène, un prêtre ayant un titre équivalent à celui de doyen, d’archiprêtre, aurait été mêlé aux travaux de cette entreprise.
L’éditeur du texte éthiopien ne donne pas sa traduction ; il signale seulement dans ces lignes un mot qu’il classe parmi les termes dérivés auxquels il donne le nom d’arabophonie. Ce mot ne se trouve pas dans le Lexicon de Dillmann, dit-il ; c’est une forme éthiopisée d’un substantif arabe, et il y voit un archiprêtre, un prêtre doyen, collaborateur, apparemment, du patriarche Jean, dans la construction de l’église de Saint-Marc2.
Nous nous trouvons ainsi en face de deux églises distinctes, toutes deux dédiées à l’apôtre de l’Égypte ; nous en connaissons les auteurs : ce furent deux patriarches, Agathon et Jean de Samanoud. L’une d’entre elles fut certainement construite à Alexandrie, le Synaxaire l’affirme. Pour l’autre, l’auteur du Subh el Acha ne le dit point, mais vu la notoriété de celui qui la fit bâtir, vu l’insertion du fait dans un recueil de biographies où ne sont relatés que des événements estimés très importants, il est permis de se demander si ce ne fut pas dans la cité patriarcale, et c’est pour ces motifs que nous l’avons étudié.
