Discours sur les Psaumes 1 à 10
- 01 — Discours sur le psaume II — L’église et ses persécuteurs
- 02 — Discours sur le psaume III — David en face d’absalon ou Jésus en face de Judas
- 03 — Psaume de David quand il fuyait devant la face de son Fils absalon
- 04 — Discours sur le psaume IV — Le vrai bonheur
- 05 — Discours sur le psaume V — L’église dans son exil ou l’âme fidèle
- 06 — Discours sur le psaume VI — Le jugement de Dieu
- 07 — Discours sur le psaume VII — Le silence de Jésus-Christ
- 08 — Psaume de David qu’il chanta au Seigneur, pour les paroles de chusi, Fils de gémini
- 09 — Discours sur le psaume VIII — Le pressoir de l’église
- 10 — Discours sur le psaume IX — Les actes mystérieux de Jésus-Christ
- 11 — Discours sur le psaume X — L’hérésie en face de l’église catholique

Discours sur les Psaumes 1 à 10
Saint Augustin · 11 juin 2016 · 198 min de lecture · 3 375 vues
L’homme céleste et l’homme terrestre. — Le premier est Jésus Christ, le second est Adam pécheur. — Jésus-Christ ayant évité les piéges dans lesquels Adam trouva la mort, aura dans l’Église une postérité que formeront les saints. — Adam pécheur sera le père des impies.
2. « Mais qui s’est complu dans la loi du Seigneur, et qui méditera cette loi jour et nuit (Ps I, 2) ». La loi n’est pas établie pour le juste (I Tim. I, 9), a dit l’Apôtre. Mais être dans la loi n’est pas être sous la loi. Etre dans la loi, c’est l’accomplir ; être sous la loi, c’est en recevoir l’impulsion. Dans le premier cas, c’est la liberté, dans le second, c’est l’esclavage. Autre encore est la loi écrite qui s’impose à l’esclave, et autre la loi que lit, dans son coeur, celui qui n’a pas besoin de loi écrite. « Méditer la loi jour et nuit », signifie la méditer continuellement, ou bien « le jour » s’entendra de la joie, et « la nuit », de la tribulation ; car il est dit : « Abraham vit mon jour et il en tressaillit de joie (Jean, VIII, 56) » ; et à propos de la tribulation, le Psalmiste a dit : « Bien avant dans la nuit, mon coeur a été dans l’angoisse (Ps. XV, 7).
3. « Il sera comme l’arbre planté près du courant des eaux », c’est-à-dire près de la Sagesse elle-même, qui a daigné s’unir à l’homme pour notre salut, afin que l’homme fût un arbre planté près du courant des eaux ; car c’est ainsi qu’on peut entendre cette autre parole du Psalmiste : « Le fleuve de Dieu est rempli d’eau (Ps. LXIV, 10) ». On peut encore entendre par les eaux, l’Esprit-Saint, dont il est dit : « C’est lui qui vous baptisera dans l’Esprit-Saint (Matt. III, 11) » ; et cette autre : « Qu’il vienne, celui qui a soif, et qu’il boive (Jean, VII, 37) » ; et encore « Si tu connaissais le don de Dieu, et qui est celui qui te demande à boire, tu lui en aurais u demandé toi-même, et il t’aurait donné cette eau vive qui étanche pour jamais la soif de celui qui en a bu ; et qui devient en lui une source d’eau jaillissante jusqu’à la vie éternelle(Id.
IV, 10-14) ». Ou bien, « près du courant des eaux » signifiera près des péchés des peuples ; dans l’Apocalypse, en effet, les eaux désignent les peuples (Apoc. XVII, 15), et le courant se dirait de la chute qui est le propre du péché. Cet arbre donc, c’est Notre-Seigneur, qui prend les eaux courantes, ou les peuples pécheurs, et se les assimile par les racines de son enseignement ; « il » donnera du fruit », c’est-à-dire établira des églises, « en son temps », quand il aura été glorifié en ressuscitant et en montant au ciel. Ayant alors envoyé l’Esprit-Saint aux Apôtres, qu’il confirma dans la confiance en lui-même, et dispersa parmi les peuples, il recueillit pour fruits les églises. « Et son feuillage ne tombera point », car sa parole ne sera point inutile : « Toute chair, en effet ; n’est qu’une herbe, toute beauté de l’homme est comme la fleur des champs ; l’herbe s’est fanée, la fleur est tombée, mais la parole de Dieu demeure éternellement(Isa. XI, 6-8) ». « Et tout ce qu’il établira, sera dans la prospérité », c’est-à-dire tout ce que portera cet arbre ; car cette généralité embrasse les fruits et les feuilles, ou les actes et les paroles.
4. « Il n’en est pas ainsi de l’impie, vaine poussière que le vent soulève de la surface de la terre (Ps. I, 4) ». Terre se dit ici de la permanence qui est le propre de Dieu, et dont il est écrit : « Le Seigneur est la part de mon héritage, et cet héritage m’est glorieux (Id. XV, 7) ». Et ailleurs : « Attends le Seigneur, garde ses voies, et il t’élèvera jusqu’à te mettre en possession de la terre (Id. XXXVI, 34) » ; et encore : « Bienheureux ceux qui sont doux, parce qu’ils posséderont la terre (Matt. V, 4) ». Voici, en effet, le point de comparaison : c’est que la terre invisible sera pour l’homme intérieur ce qu’est pour l’homme extérieur cette terre visible qui lui donne l’aliment et l’espace. C’est de la surface de cette terre invisible que le vent ou l’orgueil qui enfle (I Cor.
VIII, 1), chassera l’impie. Mais celui qui s’enivre de l’abondance qui règne en la maison de Dieu, qui s’abreuve au torrent de ses voluptés, se prémunit contre l’orgueil et dit : « Loin de moi le pied de l’orgueilleux (Ps. XXXV, 9, 12 ». De cette terre encore l’orgueil a banni celui qui disait : « Je placerai mon trône vers l’Aquilon, je serai semblable au Très-Haut (Isa. XIV, 13, 14) ». Enfin, de cette terre l’orgueil a expulsé celui qui osa goûter du fruit défendu, afin de devenir semblable à Dieu, et voulut se dérober à la présence du Seigneur (Gen. III, 6-8). Voici des paroles de l’Écriture qui nous font bien comprendre que cette terre est l’apanage de l’homme intérieur, et que l’orgueil en a expulsé l’homme du péché : « De quoi t’enorgueillir, cendre et poussière ? pendant ta vie, tu as rejeté loin de toi ton intérieur (Eccli. X, 9, 10) » ; d’où l’on peut dire avec raison que s’il est rejeté, c’est par lui-même.
5. « Aussi, l’impie ne doit-il point ressusciter pour le jugement (Ps. I, 5) », puis qu’il est balayé de la terre comme une vaine poussière. C’est avec justice que le Psalmiste dit ici que l’orgueilleux sera frustré de ce qu’il ambitionne, ou du pouvoir de juger : aussi nous fait-il mieux comprendre cette parole dans la phrase suivante : « Ni le pécheur dans l’assemblée des justes ». Il est d’ordinaire, dans l’Écriture, que la seconde partie du verset explique la première, en sorte que « par l’impie » on doit entendre le pécheur, et par « le jugement », l’assemblée des justes. Ou du moins, s’il y a entre l’impie et le pécheur cette différence que tout impie soit pécheur, quoique tout pécheur ne soit pas toujours impie, « l’impie ne ressuscitera point pour le jugement », c’est-à-dire qu’il ressuscitera, sans aucun doute, mais non pour être jugé, car il est déjà condamné à des peines indubitables.
« Mais le pécheur ne se relèvera point dans l’assemblée des justes », ou pour juger, mais bien pour être jugé, comme il est dit de lui : « Le feu doit éprouver l’oeuvre de chacun : celui dont l’ouvrage pourra résister, en recevra la récompense ; celui dont l’ouvrage sera consumé en subira la peine ; lui cependant sera » sauvé, mais comme par le feu (I Cor. III, 13-15) ».
6. « Le Seigneur, en effet, connaît la voie des justes (Ps. I, 6) ». Comme on dit : « La médecine connaît la guérison, mais non la maladie », et toutefois la maladie elle-même est connue par l’art médical ; on peut dire dans le même sens que Dieu connaît la race des justes, et non la race des impies ; non pas que Dieu ignore quelque chose, bien qu’il dise aux pécheurs : « Je ne vous connais-point (Matt. VII, 23) ». « Mais la voie de l’impie doit périr », se dit dans le même sens que si on lisait : Le Seigneur ne connaît point la voie de l’impie. Mais nous voyons clairement par là que celui qui est ignoré de Dieu doit mourir, comme celui qui en est connu doit subsister. En Dieu, être connu, c’est être ; être ignoré, c’est n’être pas. Il a dit en effet : « Je suis celui qui suis », et « Celui qui est, m’a envoyé (Exod. III, 14) ».
Les méchants veulent secouer le joug de Dieu et de son Christ ; mais il a établi, ce Christ chef de sou royaume ou de l’Église qui s’étendra partout. Comprenez cette puissance, et faites-vous de la foi un abri contre ses vengeances.
1. « À quoi bon ce frémissement des nations, et ces vaines machinations des peuples ? Les rois de la terre se sont levés, les princes ont formé des ligues contre le Seigneur et contre son Christ (Ps. II, 1-2) ». Le psalmiste dit : « À quoi bon », comme il dirait : C’est en vain ; car ces ligueurs n’ont pas atteint le but qu’ils se proposaient, l’extinction du Christ : c’est la prédiction des persécuteurs de Jésus dont il est fait mention dans les Actes des Apôtres (Act. IV, 26).
2. « Brisons leurs liens, et rejetons leur joug loin de nous (Ps. II, 3) ». Bien que ces paroles soient susceptibles d’un autre sens, il est mieux de les appliquer à ceux dont le Prophète a dit qu’ils machinaient en vain ; en sorte que « brisons leurs chaînes, et rejetons leur joug loin de nous », signifie : appliquons-nous à éluder les devoirs et à rejeter le fardeau de la religion chrétienne.
3. « Celui qui habite dans les cieux se rira d’eux, le Seigneur les persiflera (Ib. 4.) ». La même pensée est deux fois exprimée : car au lieu de : « Celui qui habite dans les cieux », le Psalmiste a dit : « Le Seigneur » ; et « se rira », est remplacé par « persiflera ». Gardons-nous toutefois d’entendre ces expressions d’une manière humaine, comme si Dieu plissait des lèvres pour rire, et des narines pour se moquer. Il faut entendre par là, le pouvoir qu’il donne à ses élus de lire dans l’avenir, d’y voir le nom du Christ se transmettant jusqu’aux derniers humains, s’emparant de tous les peuples, et de comprendre ainsi combien sont vaines les trames des méchants. Ce pouvoir qui leur découvre cet avenir, c’est la moquerie et le persiflage de Dieu. « Celui qui habite les cieux se rira d’eux ». Si, par les cieux, nous comprenons les âmes saintes, c’est en elles que le Seigneur connaissant ce qui doit arriver, se rit des vains complots et tourne en dérision.
4. « Alors il leur parlera dans sa colère, et les confondra dans sa fureur (Ps. II, 5) ». Pour nous mieux préciser l’effet de cette parole, David a dit : « Il les confondra » ; en sorte que « la colère » de Dieu est identique « à sa fureur ». Mais cette colère et cette fureur du
Seigneur Dieu, ne doit pas s’entendre d’une perturbation de l’âme ; c’est le cri puissant de la justice dans toute créature, soumise à Dieu pour le servir. Car il faut bien nous rappeler et croire ce qu’a écrit Salomon : « Pour toi, ô Dieu de force, tu es calme dans tes jugements, et tu nous gouvernes avec une sorte de respect (Sag. XII, 18) ». En Dieu donc, la colère est ce mouvement qui se produit dans une âme connaissant la loi de Dieu, quand elle voit cette même loi violée par le pécheur ; elle est cette indignation des âmes justes qui flétrit par avance bien des crimes. Cette colère de Dieu pourrait fort bien se dire encore des ténèbres de l’esprit qui envahissent tout infracteur de la loi de Dieu.
5. « Moi, je suis établi par lui, pour régner en Sion, sur la montagne sainte, pour prêcher sa loi (Ps. II, 6) ». Ces paroles s’appliquent évidemment à Notre-Seigneur Jésus-Christ. Si, pour nous, comme pour beaucoup d’autres, Sion veut dire contemplation, nous ne pouvons mieux l’entendre que de l’Église, dont l’âme s’élève chaque jour pour contempler en Dieu ses splendeurs, selon ce mot de l’Apôtre : « Nous verrons à découvert la gloire du Seigneur (II Cor. III, 18) » ; voici donc le sens : « Moi, je suis établi par lui pour régner sur la sainte Église », appelée ici montagne à cause de sa hauteur et de sa solidité. « C’est moi qu’il a établi roi » : moi, dont les impies cherchaient à briser les chaînes et à secouer le joug. « Pour prêcher sa loi » : qui ne comprendrait cette expression, en voyant la pratique de chaque jour ?
6. « Le Seigneur m’a dit : Tu es-mon Fils ; je t’ai engendré aujour d’hui (Ps. II, 7) ». Dans ce jour, on pourrait voir la prophétie du jour où Jésus-Christ naquit en sa chair. Néanmoins comme « aujour d’hui » indique l’instant actuel, et que dans l’éternité, il n’y a ni un passé qui ait cessé d’être, ni un futur qui ne soit pas encore, mais seulement un présent ; car tout ce qui est éternel est toujours cette expression : « Aujour d’hui, je t’ai engendré », s’entendra dans le sens divin, selon lequel la foi éclairée et catholique professe la génération ininterrompue de la puissance et de la sagesse de Dieu, qui est son Fils unique.
7. « Demande-moi, et je te donnerai les nations pour héritage (Ib. 8) ». Ceci n’est plus éternel, et s’adresse au Verbe fait homme, qui s’est offert en sacrifice, à la place de tous les sacrifices, « qui intercède encore pour nous (Rom. VIII, 34) » ; en sorte que c’est à Jésus-Christ, dans l’économie temporelle de l’Incarnation opérée pour le genre humain, qu’est-adressée cette parole : « Demande-moi » : oui, demande que tous les peuples soient unis sous le nom chrétien, afin qu’ils soient rachetés de la mort, et deviennent la possession de Dieu. « Je te donnerai les nations en héritage », afin que tu les possèdes pour leur salut, et qu’elles te produisent des fruits spirituels. « Et ta possession s’étendra jusqu’aux confins de la terre ». C’est la même pensée répétée. « Les confins de la terre » sont mis ici pour les nations, mais dans un sens plus clair, afin que nous comprenions toutes les nations : le Psalmiste a dit « possession » au lieu de « héritage ».
8. « Tu les gouverneras avec un sceptre de fer », dans l’inflexible justice. « Tu les briseras comme un vase d’argile (Ps. II, 9) », c’est-à-dire tu briseras en eux les passions terrestres, les immondes soucis du vieil homme, et tout ce qu’il a puisé, pour se l’inculquer, dans la fange du péché. « Et maintenant, ô rois, comprenez » (Ib. 10) ». « Maintenant », c’est-à-dire, quand vous aurez une vie nouvelle, ayant brisé cette enveloppe de boue, ces vases charnels de l’erreur, qui sont l’apanage de la vie passée, oui, « alors comprenez, vous qui êtes rois », puisque vous pouvez d’une part diriger tout ce qu’il y a chez vous de servil et d’animal, et d’autre part combattre, non comme frappant l’air, mais châtiant vos corps et les réduisant en servitude (I Cor., IX, 26, 27). « Instruisez-vous, vous tous qui jugez la terre ».
C’est une répétition. « Instruisez-vous » est mis pour « comprenez » ; et, « vous qui jugez la terre », pour « vous qui êtes rois ». Le Prophète veut dire que l’homme spirituel doit juger la terre ; car ce que nous jugerons nous est inférieur ; et tout ce qui est inférieur à l’homme spirituel, peut bien s’appeler terre, puisqu’il est meurtri par la chute terrestre.
9. « Servez le Seigneur avec crainte (Ps., II, 11) » ; parole qui prévient l’orgueil que nous donnerait cette autre : « O rois qui jugez la terre ». « Et tressaillez en lui avec tremblement ». « Tressaillez », est fort bien ici pour corriger ce qu’aurait de pénible : « Servez. le Seigneur avec crainte ». Mais afin que celte jubilation n’aille point jusqu’à la témérité, le Prophète ajoute : « avec tremblement » : ce qui nous invite à garder avec soin et vigilance le principe de la sanctification. « Et maintenant comprenez, ô rois », peut encore. s’entendre ainsi : Et maintenant que je suis constitué roi, ne vous en affligez point, ô rois de la terre, comme d’un empiétement sur vos privilèges ; mais plutôt instruisez-vous et comprenez qu’il vous est avantageux de vivre sous la tutelle de celui qui vous donne l’intelligence et l’instruction. L’avantage qui vous en reviendra, sera de ne point régner à l’aventure, mais de servir avec tremblement le Seigneur de tous, de vous réjouir dans l’attente d’une félicité sans mélange, vous tenant en garde et dans la circonspection contre l’orgueil qui vous en ferait déchoir.
10. « Emparez-vous de la doctrine, de peur qu’un jour le Seigneur n’entre en colère, et que vous ne perdiez la voie de la justice (Ps. II, 2) ». C’est ce qu’a déjà dit le Prophète : « Instruisez-vous et comprenez » ; car s’instruire et comprendre, c’est s’emparer d’une doctrine. Cependant l’expression : « apprehendite, emparez-vous », désigne assez clairement un certain abri, un rempart contre tout ce qui pourrait arriver, si l’on apportait moins de soin à s’emparer. « De peur qu’un jour le Seigneur ne s’irrite », renferme un certain doute, non point dans la vision du prophète, qui en a la certitude, mais dans l’esprit de ceux qu’il avertit ; car ceux qui n’ont point une révélation claire de la colère n’y pensent d’ordinaire qu’avec doute. Ceux-là donc doivent se dire : « Emparons-nous de la doctrine, de peur que le Seigneur ne s’irrite, et que nous ne perdions la voie de la justice ».
Déjà nous avons exposé plus haut comment « s’irrite le Seigneur (Sup. n. 4) ». « Et que vous perdiez la voie de la justice ». C’est là un grand châtiment, que redoutent ceux qui ont déjà goûté les douceurs de la justice. Celui qui perd la voie de la justice, doit errer misérablement dans les voies de l’iniquité.
11. « Quand bientôt s’enflammera sa colère, bienheureux ceux qui auront mis en lui leur confiance (Ps. II, 13) ». C’est-à-dire, quand éclatera cette vengeance qui est préparée aux pécheurs et aux impies, non-seulement elle épargnera ceux qui auront mis leur confiance dans le Seigneur, mais elle servira à leur établir, à leur élever un trône bien haut. Le Prophète ne dit pas : « Quand bientôt s’enflammera sa colère, ceux qui se confient en lui seront en sûreté » ; comme s’ils devaient seulement échapper à la vengeance : mais il les appelle « bienheureux », ce qui exprime la somme, le comble de tous les biens. Quant à l’expression : « In brevi, bientôt », elle signifie, je crois, quelque chose de soudain, pour les pécheurs, qui ne l’attendront que dans un lointain avenir.
