Discours en l’honneur de Césaire son frère
- 01 — Chapitre I — Vous croyez de moi peut-être, amis, frères, pères, douces choses et doux noms, que…
- 02 — Chapitre II — Césaire eut — pour commencer par où il est le plus expédient pour nous — des parents…
- 03 — Chapitre III — Le père, de l’olivier sauvage greffé avec succès sur l’olivier franc et associé à sa…
- 04 — Chapitre IV — La mère, dès longtemps et depuis des générations consacrée à Dieu ; et comme un…
- 05 — Chapitre V — Et si j’ai donné ces détails, ce n’est point que je désire les louer, ni que j’ignore…
- 06 — Chapitre VI — Nourris et élevés dans de tels principes, et suffisamment exercés dans les sciences…
- 07 — Chapitre VII — Quel genre n’a-t-il pas abordé dans la science ?
- 08 — Chapitre VIII — Quand après avoir amassé, comme un grand navire des marchandises de tous pays, toutes…
- 09 — Chapitre IX — La ville voulait le retenir par les honneurs dont j’ai parlé et, quoi qu’il arrivât…
- 10 — Chapitre X — D’une part, il occupe le premier rang parmi les médecins, sans avoir besoin de beaucoup…
- 11 — Chapitre XI — Voilà quelle était la philosophie de Césaire, même sous la chlamide ; voilà dans…
- 12 — Chapitre XII — Mais je veux insister un peu sur ce trait, je veux jouir du récit, comme ceux qui…
- 13 — Chapitre XIII — Ne crains-tu pas pour Césaire, qu’il n’ait des sentiments indignes de son courage ?
- 14 — Chapitre XIV — Pour moi cette victoire, auprès de la grande puissance de celui-là, de sa pourpre…
- 15 — Chapitre XV — Mais quelle est donc encore, entre les merveilles qui le concernent, celle où tout…
- 16 — Chapitre XVI — C’est là pour toi, ô Césaire, le présent funèbre qui te vient de moi ; ce sont là les…
- 17 — Chapitre XVII — Telles sont donc les choses qui viennent de nous
- 18 — Chapitre XVIII — Que reste-t-il encore ?
- 19 — Chapitre XIX — Telle est notre vie, frères, à nous qui vivons de la vie temporelle ; telle est le mime…
- 20 — Chapitre XX — Donc, ne pleurons pas sur Césaire, puisque nous savons de quels maux il a été affranchi…
- 21 — Chapitre XXI — N’est-ce pas encore suffisant comme consolation ?
- 22 — Chapitre XXII — Maintenant donc, laissant de côté les thrènes, je vais jeter les regards sur moi-même…
- 23 — Chapitre XXIII — Puissé-je mortifier les membres qui sont sur la terre (Coloss., iii, 5) !
- 24 — Chapitre XXIV — Et puissions-nous être ce que nous espérons par la grande bonté de ce Dieu magnifique…

Discours en l’honneur de Césaire son frère
Saint Grégoire de Nazianze · 1858 · 37 min de lecture · 12 vues
Vous croyez de moi peut-être, amis, frères, pères, douces choses et doux noms, que c’est pour répandre des plaintes et des gémissements sur celui qui s’en est allé, que je m’empresse d’entreprendre ce discours, ou bien pour m’étendre en des discours longs et ornés, qui font l’agrément de la foule. 2 Et vous voilà préparés, les uns à partager mon deuil et mes plaintes, afin dans mon malheur de pleurer vos propres malheurs, vous tous qui avez quelque chose de semblable, et de tromper votre douleur grâce aux malheurs d’un ami ; les autres, à vous repaître l’oreille et goûter quelque plaisir : 3 il faudrait que nous fissions étalage même de notre infortune, ainsi que nous en usions jadis, au temps où nous étions trop attaché aux choses de la matière et désireux notamment de la gloire de l’éloquence, avant que nous n’eussions élevé les yeux vers le Verbe de vérité, le très haut, et donné tout à Dieu de qui tout vient, pour recevoir Dieu en échange de tout. 4 Point du tout, ne pensez pas cela de moi, si vous voulez penser sainement.
Nous ne donnerons point à celui qui est parti plus de larmes qu’il ne convient, n’admettant même point chez les autres les choses de ce genre, et dans l’éloge non plus, nous ne dépasserons la mesure. Pourtant un présent cher et très approprié, s’il en est un, pour l’homme éloquent, c’est un discours, et pour celui qui aima singulièrement mes discours, c’est l’éloge ; 5 même ce n’est pas seulement un présent, c’est aussi une dette, la plus juste de toutes les dettes. Mais nous paierons suffisamment tribut à l’usage qui règle ces choses et par nos larmes et par nos éloges, — et ceci n’est même pas étranger à notre philosophie, car « la mémoire des justes sera accompagnée de louanges « (Prov., x, 7), et : « Sur le mort, est-il dit, verse des larmes, et comme un homme qui souffre des choses dures, commence à gémir »
(Eccl., xxxviii, 16), pour nous préserver également de l’insensibilité et de l’excès. 6 Puis après cela, nous montrerons la faiblesse de la nature humaine, nous rappellerons la dignité de l’âme, nous ajouterons la consolation qui est due aux affligés, et nous ferons passer le chagrin, de la chair et des choses temporelles, aux choses spirituelles et éternelles.
