Discours sur saint Onnophrius
Homélie pour la commémoration de l’anachorète, 16 Payni
- 01 — Notice de l’éditeur
- 02 — Le titre du discours
- 03 — Souvenez-vous de vos chefs
- 04 — Imiter la vie du juste
- 05 — À chacun selon son état
- 06 — L’honneur que veulent les saints
- 07 — Le négoce spirituel
- 08 — La tenue qui convient à la fête
- 09 — L’instruction des enfants
- 10 — La vigile et la sainte communion
- 11 — Le repas de la fête
- 12 — Le souvenir de Dieu et de la mort
- 13 — L’appel à la conversion
- 14 — Contre la fornication
- 15 — Gardez ces paroles dans vos cœurs
- 16 — Prière finale
- 17 — Souscription et colophon du manuscrit

Discours sur saint Onnophrius
Homélie pour la commémoration de l’anachorète, 16 Payni
Saint Pisenthius de Coptos · 30 août 2026 · 27 min de lecture · 6 vues
Cette Vie arabe (Paris, fonds arabe 4785, encore inédite) est en effet ce que nous avons de plus complet sur le fameux évêque de Coptos, et ce n’est qu’en l’utilisant que l’on arrive à tirer le parti qu’il convient des deux Vies coptes, dont tantôt elle abrège, tantôt elle amplifie les données. En attendant de traiter ailleurs toute cette question, en publiant la collection considérable d’ostraca et de papyrus appartenant au Musée de New-York et ayant justement trait, en grande partie — comme d’ailleurs presque tous les ostraca coptes jusqu’ici connus — à Pisenthius et à ses contemporains et amis, nous offrons ici à ceux qui s’intéressent à l’histoire de cette époque importante de l’église égyptienne une traduction de la seule composition littéraire qui nous soit parvenue sous le nom de Pisenthius.
Le texte même est déjà entre les mains de tout coptisant dans le dernier volume de M. Budge (Miscellaneous Coptic Texts, 1915, p. 1206 et suivantes) ; mais ce savant en ayant omis les premières et les dernières pages, fort mal conservées du reste, il a paru utile d’ajouter à la traduction une réédition du texte entier. Le codex d’où il est tiré appartient aux beaux volumes réunis jadis par M. de Rustafjaell — collection de provenance nullement homogène, comme le prouvent du reste les colophons et les types d’écriture, bien qu’elle soit censée avoir été acquise dans les parages d’Edfou ou d’Esné.
Notre volume, de 19 feuillets en 2 cahiers de 8 feuillets chacun, ne renferme que ce seul texte. Il fut copié l’an 1031-32 de J.-C., aux frais d’un habitant de Coptos (nommé peut-être Mêna), heureux sans doute de posséder un exemplaire d’une des rares homélies du seul évêque de sa ville dont le renom ait dépassé la Thébaïde. L’écriture est de celles que l’on ne peut guère attribuer à l’école si féconde du Fayyoum ; elle est d’un type quelque peu postérieur. L’enluminure, rouge, jaune et verte, d’un style fort grossier, n’est non plus du genre usité en Fayyoum. De plus, l’idiome de l’écrivain, quoique peu soucieux de l’orthographe classique et d’une négligence remarquable, n’en est pas moins un sa’idique pur, sans trace de cette phonétique fayyoumique que l’on constate partout dans les nombreux manuscrits de Toutôn. On serait donc plutôt porté à y reconnaître le travail d’une école locale, à chercher peut-être dans les nomes de Siout ou d’Akhmîm.
De Pisenthius lui-même il n’y a pas lieu de parler ici longuement ; sa carrière ecclésiastique est suffisamment connue d’après ses deux disciples biographes, Jean et Moïse. La version arabe précitée y ajoute pourtant quelques données chronologiques, qui permettent les constatations suivantes. Pisenthius naquit en l’an 568, fit très jeune sa profession de moine au fameux monastère thébain de Phibamôn, devint évêque de Coptos vers 598 et mourut en 631 ou 632. Il est à remarquer que, tandis qu’au titre du discours Pisenthius est traité d’évêque, il ne figure dans la souscription que comme « Pisenthius de la montagne — c’est-à-dire la communauté monastique — de Tsinti ». Or c’est comme membre de cette colonie érémitique que le futur évêque fit ses débuts de moine, c’est avec elle qu’il entretenait jusqu’à sa mort les relations les plus intimes, et c’est là — probablement — que l’on déposa ses ossements. Ses biographes font, à tout moment, allusion à l’activité littéraire de Pisenthius à l’époque où il n’était encore que simple moine ; faut-il en conclure que la présente oraison serait un produit de cette période antérieure, où, vénéré déjà comme saint ascète, il n’aurait pas encore été élevé à la dignité épiscopale ? C’est ce que le titre de la pièce semblerait interdire.
L’occasion du discours est la fête de saint Onnophrius, l’un des anachorètes les plus célèbres de l’Égypte ; elle avait lieu le 16 Payni. L’endroit, c’est le topos du saint, qui consistait en une église et peut-être en d’autres bâtiments. On serait naturellement porté à chercher ce topos dans le diocèse même de l’auteur, non loin de la ville de Coptos.
Les passages entre crochets restituent les lacunes du manuscrit ; les points de suspension entre crochets signalent les lignes perdues ou trop fragmentaires pour être traduites. Les gloses grecques de l’édition, destinées au seul coptisant, ne sont pas reproduites ici.
