Immortalité de l’Âme
- 01 — Chapitre premier — L’âme est le sujet en qui réside la science. — Or la science existe toujours. — Donc l’âme est immortelle
- 02 — Chapitre II — La raison est quelque chose. — Or elle n’est pas l’harmonie du corps qui est muable, tandis qu’elle-même. Est immuable — Donc elle est immortelle
- 03 — Chapitre III — Réfutation d’une difficulté tirée du mouvement et de l’action de l’âme
- 04 — Chapitre VII — Si on peut diviser indéfiniment la matière sans l’anéantir ; L’âme peut, sans périr, perdre indéfiniment de ses qualités
- 05 — Chapitre VIII — Si le corps ne perd jamais sa nature, bien moins encore l’âme perd la sienne, puisqu’elle est beaucoup plus excellente
- 06 — Chapitre IX — L’âme est la vie ; Donc elle ne peut être privée de la vie
- 07 — Chapitre X — L’âme n’est pas l’harmonie du corps, puisqu’elle n’en est pas un accident, mais la vie ; Donc elle est immortelle
- 08 — Chapitre XI — La fausseté ne fait point périr l’âme ; Car la fausseté ne peut que tromper, et pour être trompé, il faut exister
- 09 — Chapitre XII — Rien n’étant opposé a l’être souverain de qui l’âme tire son origine, l’âme ne peut périr

Immortalité de l’Âme
Saint Augustin · 43 min de lecture · 2 vues
Ce traité fait suite aux Soliloques. Saint Augustin y prouve l’immortalité de l’âme par une suite de raisonnements que lui-même appelle concis et compliqués. Nous avons essayé d’y répandre autant de clarté que le permet une traduction fidèle et rigoureuse.
Or 1° L’instruction est quelque part. Car elle existe, et il est impossible que ce qui existe ne soit pas quelque part.
2° L’instruction ne peut exister que dans un être vivant. Car nul ne s’instruit s’il ne vit, et l’instruction ne peut être dans qui ne s’instruit pas.
3° L’instruction existe toujours. En effet, il est nécessaire que ce qui est et ce qui est immuable existe toujours. Or personne ne nie que l’instruction existe ; et quiconque avoue qu’il n’est pas possible qu’une ligne conduite
Rét. liv. I, ch. V, n. 2.
par le centre du cercle ne soit pas plus grande que toutes les autres qui ne passent point par ce centre, et que cela fait partie de quelque science, celui-là ne nie pas que la science ou l’instruction soit immuable.
4° Il est impossible à tout sujet oie une chose est toujours de ne pas toujours exister. Car rien de ce qui dure toujours ne peut être privé de la chose sans laquelle il ne durerait pas toujours.
5° De plus, quand nous raisonnons, c’est notre âme qui raisonne. En effet, rien ne raisonne en nous que ce qui comprend. Or le corps ne comprend ni n’aide l’âme à comprendre, car lorsqu’elle veut comprendre elle se sépare en quelque façon du corps. D’ailleurs ce que l’on comprend est toujours le même. Or rien de ce qui est corporel n’est toujours le même. Le corps ne peut donc aider l’âme dans ses efforts pour comprendre ; c’est assez qu’il ne l’arrête pas dans son essor.
6° Personne ne peut, sans instruction, raisonner avec justesse. En effet, le raisonnement consiste à conduire la pensée du certain à la découverte de l’incertain. Or rien n’est certain dans l’âme que ce qu’elle n’ignore pas, et l’âme possède en elle tout ce qu’elle sait, et la science n’embrasse rien qui ne se rapporte à quelque genre d’instruction, puisque l’instruction s’étend à tout.
L’âme de l’homme vit donc toujours.
