Apologie des chrétiens
Supplique au sujet des chrétiens, adressée à Marc Aurèle et Commode
- 01 — Chapitre I — Votre empire, grands princes, n’est point soumis partout aux mêmes lois et aux mêmes…
- 02 — Chapitre II — Certes, si l’on peut nous convaincre d’un seul crime quel qu’il soit, nous ne demandons…
- 03 — Chapitre III — On nous accuse de trois crimes : d’être des athées, de nous nourrir de chair humaine…
- 04 — Chapitre IV — Afin d’éviter le reproche de n’avoir pas réfuté tous mes adversaires, j’irai au-devant…
- 05 — Chapitre V — Vous ne regardez pas comme des athées les poètes et des philosophes qui se sont occupés…
- 06 — Chapitre VI — Philolaüs, de son côté, assurant que tout est renfermé dans le sein de Dieu, comme dans…
- 07 — Chapitre VII — Puis donc que tous les philosophes se sont vus forcés, comme malgré eux, de reconnaître…
- 08 — Chapitre VIII — Écoutez maintenant comment nous prouvons l’existence d’un seul Dieu, créateur de cet…
- 09 — Chapitre IX — Notre croyance paraîtrait une doctrine toute humaine, si elle n’était appuyée que sur…
- 10 — Chapitre X — J’ai suffisamment démontré que nous ne sommes point des athées, puisque nous…
- 11 — Chapitre XI — Ne vous étonnez pas, grands princes, si je cherche à vous expliquer clairement notre…
- 12 — Chapitre XII — Nous qui épurons tous les jours notre vertu, et qui vivons de manière à n’avoir rien à…
- 13 — Chapitre XIII — Cependant, comme la plupart de ceux qui nous accusent d’athéisme n’ont pas la plus…
- 14 — Chapitre XIV — Quant au reproche que nous font nos ennemis de ne point fréquenter leurs temples et de…
- 15 — Chapitre XV — Mais quand tous les peuples adoreraient les mêmes dieux, quoi donc ?
- 16 — Chapitre XVI — Ce monde, sans doute, est admirable, soit par sa grandeur, puisqu’il embrasse tout…
- 17 — Chapitre XVII — II importe, dans l’intérêt de ma cause, que je prouve bien clairement que les noms de…
- 18 — Chapitre XVIII — Il est des hommes qui disent qu’à la vérité ce sont de simulacres, mais qu’il existe…
- 19 — Chapitre XIX — Telle fut l’origine de ces prétendus dieux, et celle de toutes les autres créatures
- 20 — Chapitre XX — Si leur absurde théologie se bornait à dire que les dieux ont été créés et sortent de…
- 21 — Chapitre XXI — Si on se contentait de dire que ces dieux ont comme nous chair, sang, faculté de se…
- 22 — Chapitre XXII — Mais, dira-t-on peut-être, ce sont là des fictions qui peuvent s’expliquer d’une…
- 23 — Chapitre XXIII — Vous me demanderez sans doute, grands princes, car votre intelligence surpasse celle de…
- 24 — Chapitre XXIV — Mais qu’est-il besoin, puisque vous savez tout ce qu’il est possible de savoir, de vous…
- 25 — Chapitre XXV — Ces anges qui, tombés de Ciel, sont répandus autour de l’air et de la terre, sans…
- 26 — Chapitre XXVI — Voulez-vous donc connaître ceux qui entraînent les hommes aux pieds des idoles : Ce…
- 27 — Chapitre XXVII — Dès lors que faut-il penser des effets attribués aux statues ?
- 28 — Chapitre XXVIII — Maintenant disons un mot sur les noms des dieux, comme nous l’avons promis
- 29 — Chapitre XXIX — Que dirai-je ?
- 30 — Chapitre XXX — Si des hommes détestables et dignes de la haine du ciel ont été regardés comme des…
- 31 — Chapitre XXXI — Nos détracteurs nous reprochent encore des repas et des voluptés infâmes, soit pour…
- 32 — Chapitre XXXII — « Celui qui regarde une femme avec la pensée du mal, dit notre maître, a déjà commis…
- 33 — Chapitre XXXIII — Ainsi, mettant toute notre espérance dans la vie éternelle, nous méprisons toutes les…
- 34 — Chapitre XXXIV — Voilà notre vie et nos principes
- 35 — Chapitre XXXV — Après cela, quel homme assez insensé, puisque telle est notre conduite, pourrait nous…
- 36 — Chapitre XXXVI — Je vous le demande encore, quel homme, croyant à la résurrection, consentirait à se…
- 37 — Chapitre XXXVII — Pour vous, grands princes, si pleins de bonté, de modération et de clémence, qualités…

Apologie des chrétiens
Supplique au sujet des chrétiens, adressée à Marc Aurèle et Commode
Athénagore d'Athènes · 1838 · 80 min de lecture · 7 vues
Aux empereurs M. Aurèle-Antonin, et L. Aurèle-Commode, vainqueurs des Arméniens et des Sarmates, et, ce qui est plus grand encore, philosophes.
Votre empire, grands princes, n’est point soumis partout aux mêmes lois et aux mêmes usages ; et chacun peut suivre les institutions de son pays, quelque ridicules qu’elles soient, sans avoir à craindre ni juges, ni lois. Ilion fait on dieu d’Hector, et adore Hélène sous le nom d’Adrastie : Sparte honore Agamemnon comme Jupiter, et Philonoé fille de Tyndare ; Ténédos invoque Ténen. Les Athéniens offrent des sacrifices à Neptune Érechthée, et célèbrent en même temps des cérémonies et des mystères en l’honneur d’Agraule et de Pandrose, bien qu’on les regardât comme des impies pour avoir ouvert le coffre qui renfermait le dépôt confié à leur garde. En un mot, tous les peuples et toutes les nations offrent les sacrifices et célèbrent les mystères qui leur plaisent.
Les Égyptiens regardent comme des dieux les chats, les crocodiles, les serpents, les aspics et les chiens. Vous et vos lois vous dites à tous qu’on est impie et criminel de ne reconnaître aucun dieu, et qu’il est nécessaire que chacun adore celui qu’il voudra, que la crainte de la Divinité détourne du mal. Pourquoi notre nom (qu’il ne vous blesse pas, ainsi qu’il irrite la multitude indignée de l’entendre seulement prononcer) ; pourquoi, dis-je, notre nom est-il en horreur ? Ce n’est pas le nom, c’est le crime seul qui est digne de haine et de supplice. Tous admirent votre douceur, votre mansuétude, votre clémence et votre humanité, qui permettent à chacun de vivre selon ses lois : vous traitez toutes les cités avec les égards et la distinction qu’elles méritent ; et le monde entier, grâce à votre sagesse, jouit d’une paix profonde.
Pour nous autres qu’on appelle Chrétiens, nous sommes les seuls exclus de votre bienveillance : que dis-je, vous souffrez que des hommes innocents, pénétrés, comme nous le prouverons, des sentiments les plus religieux et pour Dieu et pour les empereurs, soient opprimés, dépouillés, persécutés, et uniquement à cause de leur nom ! Nous avons donc osé exposer notre cause au grand jour. Ce discours vous montrera jusqu’à que ! point tout est méconnu à notre égard, lois, équité, raison. Nous vous supplions de jeter aussi sur nous un regard de bienveillance, afin d’arrêter le glaive de la calomnie et qu’il cesse de nous immoler.
C’est peu que l’injustice nous dépouille, que l’ignominie nous flétrisse ; que la haine nous ravisse les plus précieux avantages : il est vrai que nous méprisons tous ces biens que les mortels recherchent avec tant d’ardeur ; nous les méprisons, nous qui avons appris non-seulement à ne pas rendre le mal pour le mal, à ne pas appeler en justice l’ennemi qui nous attaque et nous dépouille, mais à présenter l’autre joue a ceux qui nous donnent un soufflet, à céder notre manteau à celui qui nous enlève notre tunique. Mais, après nous avoir ravi nos biens, on en veut à notre vie, on nous accuse dune multitude de crimes dont on ne saurait même nous soupçonner et que nous pourrions plus justement reprocher à nos calomniateurs et à ceux qui leur ressemblent.
