Exhortation à la chasteté
Sur la continence après le veuvage
- 01 — Chapitre I — Je ne doute point, mon frère, qu’après avoir envoyé devant toi ton épouse dans la pax…
- 02 — Chapitre II — Quelle modération d’ailleurs dans ce langage : « Le Seigneur me l’a donné ; le Seigneur…
- 03 — Chapitre III — Puisque nous sommes libres de vouloir ou de ne pas vouloir, et que nous prouvons noire…
- 04 — Chapitre IV — Au reste, nous savons que l’Apôtre a dit du second mariage : « N’avez-vous plus de…
- 05 — Chapitre V — Quant au principe qui ne veut qu’un seul mariage, l’origine elle-même du genre humain…
- 06 — Chapitre VI — Mais les bienheureux patriarches, répliques-tu, non-seulement s’unirent à plusieurs…
- 07 — Chapitre VII — Mais pourquoi ne reconnaîtrions-nous pas plutôt dans les exemples primitifs les…
- 08 — Chapitre VIII — C’est pour prévenir l’incontinence que le second mariage est permis, parce que si le…
- 09 — Chapitre IX — Si nous entrons sérieusement dans le sens de ces paroles, il faudra ne voir dans un…
- 10 — Chapitre X — Et quand cesseras-tu de le marier ?
- 11 — Chapitre XI — Là, en effet, il y a une double honte, parce que, dans un second mariage, deux épouses…
- 12 — Chapitre XII — Je sais de quels prétextes nous colorons l’insatiable convoitise de la chair
- 13 — Chapitre XIII — À ma présente exhortation, mon frère bien-aimé, viennent s’ajouter encore les exemples…

Exhortation à la chasteté
Sur la continence après le veuvage
Tertullien · 28 juillet 2016 · 30 min de lecture · 7 vues
Je ne doute point, mon frère, qu’après avoir envoyé devant toi ton épouse dans la pax du Seigneur, résolu désormais à posséder la tranquillité de l’âme, tu ne songes à vivre dans la viduité, par conséquent, que tu n’aies besoin de conseils. Quoi que, en pareille conjoncture, chacun doive s’interroger soi-même et consulter ses propres forces, comme les nécessités de la chair interviennent dans les délibérations de l’esprit, et résistent dans la même conscience à la foi, celle-ci a besoin de conseils étrangers qui lui servent, pour ainsi dire, d’avocat contre les réclamations de la chair. Il est très-facile d’imposer silence à ces réclamations, si l’on considère la volonté de Dieu plutôt que la condescendance à la chair. On ne se rend point agréable à Dieu en flattant les sens, mais en obéissant à la volonté divine. « Or, la volonté de Dieu, c’est que nous soyons saints. « En effet, il veut que l’homme, créé à son image, devienne sa ressemblance, » afin que nous soyons saints comme il est saint lui-même. »
Ce bien, ou en d’autres termes, la sanctification, je le divise en plusieurs degrés, pour que chacun de nous puisse y prendre part. Le premier degré, c’est la virginité conservée depuis la naissance. Le second comprend la virginité qui, depuis la seconde naissance, c’est-à-dire le baptême, nous purifie dans le mariage ; d’après le consentement des deux époux, ou persévère dans le célibat par une décision volontaire. Reste un troisième degré, la monogamie, en vertu de laquelle un sexe renonce à l’autre, quand le premier mariage a été dissous par la mort. La première espèce de virginité a le bonheur d’ignorer complètement ce que plus tard on regrette d’avoir connu. La seconde dédaigne héroïquement ce qu’elle n’a que trop connu. La troisième, qui renonce au mariage une fois que l’union conjugale est rompue, outre le mérite du courage, a aussi le mérite de la modération.
N’est-ce pas être modéré que de ne pas regretter ce qui nous a été enlevé, enlevé surtout par le Seigneur, sans la volonté duquel il n’est pas une feuille qui se détache de l’arbre, ni le plus humble passereau qui tombe à terre ?
