Du Jeûne, ou Traité contre les Psychiques
Le jeûne et l’abstinence dans l’Église
- 01 — Chapitre I — J’aurais été bien surpris que les Psychiques, se bornant à la luxure en vertu de…
- 02 — Chapitre II — En effet, quant à ce qui concerne les jeûnes, ils nous opposent certains jours établis…
- 03 — Chapitre III — Il faut donc que nous commencions par démontrer combien cette tempérance, qui court…
- 04 — Chapitre IV — Voilà quelle était la raison du jeûne dans les desseins de Dieu, dont la providence…
- 05 — Chapitre V — Enfin, lorsque Dieu voulut se choisir un peuple particulier, et que la réhabilitation…
- 06 — Chapitre VI — Maintenant, si c’est vainement que nous avons fait remonter aux premières expériences…
- 07 — Chapitre VII — Nous voici donc arrivés aux exemples qui prouvent quelles sont l’efficacité et la…
- 08 — Chapitre VIII — Nous passons sous silence tout le reste, pour nous hâter d’arriver aux enseignements…
- 09 — Chapitre IX — Le premier degré de l’abstinence qui consiste dans le jeûne, sert de présomption en…
- 10 — Chapitre X — Nos adversaires condamnent également comme indignes de Dieu nos stations dans le jeûne…
- 11 — Chapitre XI — Tous ces détails leur étaient inconnus, je l’imagine, puisqu’ils se scandalisent de nos…
- 12 — Chapitre XII — Aussi bien déjà vous vous donnez largement carrière sur ce point, livrés à l’amour des…
- 13 — Chapitre XIII — Vous nous opposez comme prescription les Écritures et la tradition des ancêtres, en…
- 14 — Chapitre XIV — « Nous sommes de nouveaux Galates, dites-vous, puisque nous observons avec eux les…
- 15 — Chapitre XV — L’Apôtre réprouve encore, direz-vous, ceux qui interdisaient certains aliments
- 16 — Chapitre XVI — Il préfère, j’en conviens, les œuvres de la justice, mais non pas toutefois sans le…
- 17 — Chapitre XVII — Va, s’il faut dire la vérité, c’est toi qui es ancien ; puisque tu accordes tant à la…

Du Jeûne, ou Traité contre les Psychiques
Le jeûne et l’abstinence dans l’Église
Tertullien · 01 juillet 2016 · 50 min de lecture · 7 vues
J’aurais été bien surpris que les Psychiques, se bornant à la luxure en vertu de laquelle ils contractent plusieurs mariages, ne se laissassent point emporter par la gourmandise qui leur fait mépriser les jeûnes. La volupté sans l’intempérance passerait pour quelque chose de monstrueux, puisqu’elles sont tellement unies et indivisibles, qu’avant de les séparer, il faudrait séparer du ventre ce qui y tient si étroitement. Examine le corps : même théâtre pour l’une et pour l’autre ; à la disposition de ces membres répond l’ordre de ces vices ; d’abord le ventre, puis la débauche qui vient à la suite de l’intempérance. La volupté a pour auxiliaire la gourmandise. Je reconnais cette foi amicale à son amour pour la chair qui est son caractère distinctif aussi portée aux excès de la table qu’à la pluralité des noces, et ne craignant point de censurer, sur la question de la continence, la discipline spirituelle qui lui est opposée en substance, c’est-à-dire qu’elle donne pour frein à la gourmandise les jeûnes, les abstinences, la sobriété, de même que pour limites à la volupté un mariage unique.
Il me répugne de me mesurer avec de pareils hommes, et j’ai honte de discuter une matière dont la défense n’est pas même honnête. En effet, comment me sera-t-il possible de venger la chasteté et la sobriété, sans parler de mes adversaires ? Quels sont les griefs intérieurs ou extérieurs des Psychiques ? Je le dirai une fois pour toutes. Us sont en opposition avec le Paraclet ; voilà pourquoi ils rejettent les prophéties nouvelles, non point que Montan, Priscilla et Maximilla prêchent un autre Dieu, non pas qu’ils anéantissent Jésus-Christ, ou qu’ils renversent quelque règle de la foi ou de l’espérance, mais parce qu’ils enseignent qu’il faut jeûner plus souvent que l’on ne se marie. Quant aux limites que doit recevoir le mariage, nous avons déjà publié la défense de la monogamie. Il s’agit aujourd’hui défaire prévaloir la sobriété, dans un second, ou pour mieux dire dans un premier combat en faveur de la continence.
Nos adversaires nous reprochent d’observer des jeûnes qui nous sont propres ; de prolonger quelquefois jusqu’au soir nos stations 2, de nous livrer à des abstinences particulières, de nous interdire les viandes, les assaisonnements, les fruits dont les sucs sont vineux, afin de ne jamais goûter à du vin sous quelque forme que ce soit ; et enfin de renoncer au bain, conformément à la sévérité de ce régime. Us nous objectent la nouveauté, pour déclarer ces prescriptions illégales. Ou il faut les tenir pour hérétiques, disent-ils, si c’est là une invention humaine, ou il faut les regarder comme de fausses prophéties, si ce sont des ordonnances spirituelles. Qu’importé pourvu « que nous soyons appelés anathème » de part et d’autre, » puisque nous annonçons un autre Évangile. »
