De la Monogamie
Contre les secondes noces
- 01 — Chapitre I — Les hérétiques suppriment les noces ; les Psychiques les multiplient
- 02 — Chapitre II — Nos adversaires nous reprochent donc comme une hérésie la discipline de la monogamie
- 03 — Chapitre III — Que la monogamie soit un fardeau, à l’impudente infirmité de la chair de le savoir
- 04 — Chapitre IV — Loin d’ici maintenant la mention du Paraclet comme d’un auteur qui nous soit personnel !
- 05 — Chapitre V — Voilà ce que j’avais à dire sur ce témoignage qui, emprunté au berceau du monde, sert…
- 06 — Chapitre VI — Mais cherchons-nous encore quelques auteurs de notre origine
- 07 — Chapitre VII — Après ces antiques exemples de personnages qui tiennent aux origines du monde, passons…
- 08 — Chapitre VIII — Maintenant si nous nous tournons vers la loi qui nous est propre, c’est-à-dire vers…
- 09 — Chapitre IX — Mais ces raisonnements couraient grand risque de ressembler à des conjectures forcées…
- 10 — Chapitre X — J’entends nos adversaires en appeler au témoignage de l’Apôtre
- 11 — Chapitre XI — Ainsi donc, toi qui dois « te marier en notre Seigneur, »
- 12 — Chapitre XII — Écoute maintenant une ingénieuse objection de nos adversaires
- 13 — Chapitre XIII — Mais, dis-tu, l’Apôtre écrivant à Timothée, aime « mieux que les jeunes veuves se…
- 14 — Chapitre XIV — Maintenant, quand bien même l’Apôtre eût permis absolument un second mariage à ceux qui…
- 15 — Chapitre XV — Ici donc quel est notre orgueil, en renonçant à des hommes qui n’accomplissent pas la…
- 16 — Chapitre XVI — En vérité, je ris d’entendre nos antagonistes nous opposer l’infirmité de la chair…
- 17 — Chapitre XVII — « La faiblesse de la chair, »

De la Monogamie
Contre les secondes noces
Tertullien · 02 juillet 2016 · 56 min de lecture · 7 vues
Les hérétiques suppriment les noces ; les Psychiques les multiplient. Les premiers ne se marient pas même une fois ; les seconds se marient plusieurs fois. Que deviens-tu, ô loi du Créateur ? Entre les eunuques du dehors et tes voluptueux serviteurs, tu gémis autant de la soumission des tiens que du mépris des étrangers ; conséquernment même offense de la part de ceux qui abusent et de ceux qui n’usent pas. Mais la continence de cette nature n’est pas louable, parce qu’elle est hérétique ; l’usage est illégitime, parce qu’il est psychique. Ici, blasphème ; là, luxure : d’un côté destruction, de l’autre déshonneur pour le Dieu qui institua le mariage. Chez nous, au contraire, qui justifions notre nom de spirituels par la connaissance des dons spirituels, la continence est aussi religieuse que l’usage est pudique, puisque l’un et l’autre sont avec le Créateur.
La continence rend gloire à la loi du mariage, l’usage la tempère. La première n’est point contrainte, le second est. soumis à des règles. L’une est le choix de la volonté, l’autre a des mesures. Nous ne connaissons qu’un seul mariage, de même qu’un seul Dieu. La loi des noces est plus honorable là où elle a sa pudeur. Mais, comme les Psychiques ne reçoivent pas l’Esprit, les choses de l’Esprit ne leur plaisent pas. Aussi, tandis que les choses de l’Esprit leur déplaisent, ils aiment celles qui apparliennent à la chair, parce qu’elles sont opposées a l’Esprit. « La chair, » dit l’Apôtre, » s’élève contre l’Esprit et l’Esprit contre la chair. « Or, que désirera la chair, sinon ce qui est de la chair ? Voilà pourquoi, dès l’origine, elle est devenue étrangère jà l’Esprit : « Mon esprit ne demeurera » plus à jamais dans l’homme, parce qu’il n’est que chair. »
