De l’Oraison dominicale
Commentaire du Notre Père
- 01 — Chapitre I — Esprit de Dieu, Verbe de Dieu, Raison de Dieu, Verbe de la Raison, Raison du Verbe…
- 02 — Chapitre II — Elle commence par un témoignage rendu à Dieu et par un acte de foi, quand nous disons…
- 03 — Chapitre III — Le nom de Dieu le Père n’avait jamais été connu de personne
- 04 — Chapitre IV — Après cette formule, nous ajoutons : « QUE VOTRE VOLONTÉ SOIT FAITE EN LA TERRE COMME…
- 05 — Chapitre VI — Mais avec quel art la divine sagesse a disposé toutes les parties de cette oraison !
- 06 — Chapitre VII — Après avoir invoqué la libéralité de Dieu, il était naturel de nous adresser à sa…
- 07 — Chapitre VIII — Pour compléter cette prière si énergique dans sa concision, après avoir demandé que nos…
- 08 — Chapitre IX — Dans ce peu de paroles, combien d’oracles empruntés aux prophètes, aux Évangiles, aux…
- 09 — Chapitre X — L’observation des préceptes ouvre à la prière le chemin du ciel
- 10 — Chapitre XI — D’ailleurs, à quoi servirait de laver nos mains pour prier, quand notre ame reste…
- 11 — Chapitre XII — Mais, puisque nous avons nommé une vaine observance, il ne sera pas hors de propos de…
- 12 — Chapitre XIII — Comme la modestie et l’humilité sont les recommandations les plus puissantes auprès de…
- 13 — Chapitre XIV — Une autre coutume a encore prévalu

De l’Oraison dominicale
Commentaire du Notre Père
Tertullien · 24 juillet 2016 · 23 min de lecture · 9 vues
Esprit de Dieu, Verbe de Dieu, Raison de Dieu, Verbe de la Raison, Raison du Verbe, Esprit, enfin, notre Seigneur Jésus-Christ, qui est tout cela, nous enseigna une nouvelle formule de prière, à nous qui sommes les disciples du Testament nouveau. Car là aussi il fallait « que le vin nouveau fût renfermé dans de vieilles outres et le morceau de drap neuf joint aux vieux vêtements. » D’ailleurs, tout ce qui existait autrefois a été ou changé, telle que la circoncision, ou complété, tel que le reste de la loi, ou accompli, telle que la prophétie, ou perfectionné, comme la foi elle-même. La grâce nouvelle de Dieu a converti en spirituel tout ce qui était charnel, en passant sur toute l’antiquité comme une sorte d’éponge son Évangile dans lequel Jésus-Christ notre Seigneur a prouvé qu’il était tout à la fois et l’Esprit de Dieu, et le Verbe de Dieu, et la Raison de Dieu ; l’Esprit en tant qu’il a prévalu, le Verbe en tant qu’il a enseigné, la Raison en tant qu’il est venu.
Aussi l’Oraison établie par le Christ repose-t-elle sur ces trois choses, le Verbe qui la profère, l’Esprit qui seul fait sa puissance, et la Raison qui l’accueille. Jean avait déjà montré à ses disciples à prier. Mais Jean ne faisait que préparer les voies du Seigneur jusqu’à ce que le Seigneur, ayant grandi, comme le Précurseur le déclara lui-même en ces termes : « Il faut qu’il croisse, et moi que je diminue, » l’œuvre de son ministre et de son devancier passa dans le Seigneur avec l’Esprit qui l’animait. Voilà pourquoi la formule de prières que Jean apprenait à ses disciples n’est point parvenue jusqu’à nous, parce que tout ce qui était terrestre devait disparaître devant ce qui était céleste. « Celui qui est de la terre, est-il dit, parle de la terre ; celui qui est venu du ciel rend témoignage à ce qu’il a vu. » Et comment tout ce qui vient du Christ ne serait-il pas céleste ? Aussi la prière dominicale est-elle divine.
Considérons donc, mes bien-aimés, la sagesse merveilleuse de son auteur. D’abord il nous ordonne de prier en secret. Par là il veut que l’homme sache bien que Dieu peut l’entendre et le voir dans l’intérieur de sa maison et même dans les lieux les plus cachés. En second lieu, il exige que le fidèle, au lieu de faire parade de sa foi, se contente d’offrir humblement l’hommage de sa religion à celui qui peut le voir et l’entendre partout. Etudions encore sa sagesse dans le précepte suivant. Quoiqu’il convienne à la foi et à la modestie de ne pas aborder le Seigneur avec une multitude de paroles, parce que nous sommes sûrs que de lui-même il veille sur les siens, toutefois cette brièveté, qui est la troisième recommandation de la sagesse, est pleine de substance, quand on veut en pénétrer l’esprit. Plus elle est courte en paroles, plus le sentiment s’épanche. En effet, elle ne renferme pas seulement en elle-même les devoirs de la prière, qui consistent dans l’adoration de Dieu et les supplications de l’homme, mais elle embrasse même toute la parole du Seigneur, toutes les règles de la discipline ; de sorte que l’Oraison Dominicale est réellement l’abrégé de l’Évangile.
