Sur les Martyrs de Palestine
- 1 — Table des matières
- 2 — Eusèbe de Césarée
- 3 — Sur les martyrs de Palestine
- 4 — Histoire
- 5 — Ecclesiasti que livre X
- 6 — Eusèbe pamphile
- 7 — Sur les martyrs de Palestine
- 8 — Chapitre C
- 9 — Hapitre
- 10 — Chapitre I
- 01 — Chapitre II — Elles sont dignes aussi de mémoire les choses qui furent accomplies en la personne de…
- 02 — Chapitre III — Au cours de la seconde année, la guerre dirigée contre nous devint plus vive
- 03 — Chapitre IV (version brève)
- 04 — Chapitre IV (version longue)
- 05 — Chapitre V (version
- 06 — Chapitre V — (version longe) Ce furent des souffrances semblables que peu après son frère de père…
- 07 — Chapitre VI — La quatrième année de la persécution, le douze avant les calendes de décembre, qui…
- 08 — Chapitre VII (version brève)
- 09 — Chapitre VII — (version longue) [Le même troisième mois, martyre de Théodosie, vierge, lors de la…
- 10 — Chapitre VIII — Et on allait vers la sixième année depuis que la tempête ne cessait de souffler sur nous
- 11 — Chapitre IX — Ce fut sur de tels actes de courage de la part des martyrs magnifiques du Christ que…
- 12 — Chapitre X — Le quatorze du mois suivant qui était le mois d’Apelléos (c’est-à-dire le dix-neuf…
- 13 — Chapitre XI — (version brève) L’heure présente appelle le récit du grand et célèbre spectacle qu’ont…
- 14 — Chapitre XI — (version longue) [Combat des saints et glorieux martyrs du Christ Pamphile, Valens…
- 15 — Chapitre XII — Tout ce qui, lors de ces événements et au milieu de celle époque, vint encore à…
- 16 — Chapitre XIII — La septième année de la lutte contre nous s’achevait, et tout doucement pour ainsi…

Sur les Martyrs de Palestine
Eusèbe de Césarée · 81 min de lecture · 6 vues
Table des matières§
DE d’EUSÈBE DE CÉSARÉE
Eusèbe de Césarée§
Sur les martyrs de Palestine§
Histoire§
Ecclesiasti que livre X§
Appendice
Eusèbe pamphile§
Sur les martyrs de Palestine§
C’était la dix-neuvième année du règne de Dioclétien, au mois de Xanthi que, qu’on peut appeler avril chez les Romains. Alors arrivait la fête de la passion du Sauveur. Flavien gouvernait le peuple de Palestine, quand subitement on déploya partout des lettres ordonnant d’abord de jeter les églises par terre, puis de détruire les Écritures ; par le feu, et proclamant déchus ceux qui étaient en charge et ceux qui étaient au service des particuliers privés de la liberté, s’ils persistaient dans la résolution d’être chrétiens. Telle était la portée de ce premier décret rendu contre nous. Peu après, il vint d’autres rescrits ; il était ordonné que les Chefs des églises devaient être tous et partout mis d’abord en prison, et ensuite contraints par tous les moyens à sacrifier Α.
Chapitre C§
Hapitre§
Chapitre I§
Le premier des martyrs de Palestine fut donc Procopius. Avant de faire l’expérience de la captivité, il fut tout de suite, dès sa première arrivée, conduit aux tribunaux du gouverneur, et reçut l’ordre de sacrifier aux dieux prétendus ; il dit n’en connaître qu’un auquel il faut sacrifier comme il veut. Lorsqu’on ordonna de faire des libations aux quatre empereurs, il prononça une de ces paroles qui leur sont peu agréables, et aussitôt eut la tête tranchée. Il avait dit le mot du poète : « Il n’est pas bon le gouvernement de plusieurs ; qu’un seul soit chef, un seul roi. » Ce fut le sept du mois de Désius (le sept des ides de juin, dirait-on chez les Romains), le quatrième jour du sabbat que ce premier signal fut accompli à Césarée de Palestine.
Après celui-là, dans la même ville, un grand nombre de chefs des églises du pays, luttèrent courageusement dans de terribles supplices et montrèrent à qui les virent le spectacle de grands combats. D’autres au contraire dont l’âme était engourdie par la lâcheté faiblirent facilement, comme au premier choc ; mais chacun des autres reçut des formes diverses de tortures ; ce fut tantôt par des coups de fouet, sans nombre, tantôt par des chevalets et la déchirure des flancs et par des liens intolérables grâce auxquels il arriva à quelques-uns que leurs mains furent énervées. Ils endurèrent toutefois l’issue de leur trépas selon les indicibles jugements de Dieu.
Parmi les autres, on tenait l’un par les mains en l’approchant de l’autel ; on faisait tomber de sa droite le sacrifice impur et souillé, et il était congédié comme ayant sacrifié. L’autre n’avait pas touché du tout, mais on disait qu’il avait sacrifié. Il se taisait et s’en allait. Un autre était apporté à moitié mort ; on le jetait, comme s’il était déjà un cadavre, et on lui enlevait ses liens ; il était compté parmi ceux qui avaient sacrifié. Celui-ci criait et attestait, qu’il n’avait pas obéi ; on lé frappait, sur la bouche, et à force de soufflets, ceux qui étaient apostés pour cela le faisaient taire et il était chassé violemment, quoiqu’il n’eût pas sacrifié. Tant il leur importait de paraître en toute manière avoir réussi.
Aussi, parmi un tel nombre, seuls, Alphée et Zachée furent jugés dignes de la couronne des saints martyrs. Ceux-ci après les fouets et les ongles des fers, les liens pénibles et les souffrances qui s’ensuivent, après divers autres interrogatoires, pendant un jour et une nuit, eurent les pieds dans les ceps jusqu’au quatrième trou et le dix-septième jour du mois de Dios (ce qui est chez les Romains le quinzième avant les calendes de décembre), après avoir confessé qu’il n’y a qu’un seul Dieu et un seul Christ roi Jésus, ils furent, comme s’ils avaient prononcé un blasphème, décapités comme le premier martyr. Β.
Elles sont dignes aussi de mémoire les choses qui furent accomplies en la personne de Romain à Antioche le même jour. Celui-ci était en effet palestinien et diacre-exorciste de l’église de Césarée ; et au temps même de la destruction des églises, il se trouvait là-bas. Un grand nombre d’hommes avec les femmes et les enfants allaient en foule aux idoles et sacrifiaient ; il les voyait et il pensait que ce spectacle était intolérable. Le zèle de la religion le pousse à s’avancer vers eux et il leur crie à haute voix des reproches. Mais lui-même à cause de cette audace est appréhendé et il se montre martyr courageux, s’il en fût, de la vérité. Le juge, en effet, prononce contre lui la peine de mort par le feu ; c’est avec un visage rayonnant et un entrain tout à fait plein d’ardeur qu’il reçoit joyeusement la sentence et qu’il est emmené.
On l’attache ensuite à l’échafaud et le bois est apporté près de lui. Comme ceux qui devaient allumer le bûcher attendaient la décision de l’empereur, qui était présent : « Où donc est le feu pour moi ? » cria-t-il. Il disait cela, quand il est rappelé vers le prince pour être soumis au supplice tout nouveau de la langue. Il supporta très courageusement qu’on la lui coupât, et par tous ses actes, il montra qu’une puissance divine assiste ceux qui endurent quelque chose de pénible à cause de la religion, afin d’adoucir leurs peines et de fortifier leur ardeur. Ayant donc appris le nouveau genre de son supplice, sans trouble aucun, ce brave présente avec joie sa langue et la livre avec un très grand courage et de bon gré à ceux qui la coupent.
Après ce châtiment, il fut jeté en prison et y souffrit longtemps. Enfin à l’époque des vicennales de l’empereur, selon une générosité en usage, la liberté fut proclamée partout pour tous les prisonniers. Seul, les deux pieds dans les ceps jusqu’au cinquième trou, gisant sur ce bois même il fut étranglé et obtint, selon qu’il l’avait désiré, l’honneur du martyre. Celui-ci du reste, quoique étranger, était cependant Palestinien, et il est digne d’être compté parmi les martyrs de Palestine. Ces choses se passèrent ainsi la première année/alors que la persécution ne s’attaquait qu’aux seuls chefs de l’Église. Γ
