Sur la virginité
Lettre-traité en vingt-trois chapitres (Περὶ παρθενίας)
- 01 — Lettre préliminaire : argument des vingt-trois chapitres
- 02 — I. La virginité, don de Dieu incorruptible
- 03 — II. Le Père, le Fils et l’Esprit, Vierges incorruptibles
- 04 — III. Les afflictions de la vie conjugale
- 05 — IV. Le mariage, source de vanité et de passions
- 06 — V. La virginité, porte d’une vie plus haute
- 07 — VI. Élie et Jean-Baptiste, modèles de la virginité
- 08 — VII. La virginité n’est pas la condamnation du mariage
- 09 — VIII. Isaac, exemple d’un mariage tempérant
- 10 — IX. La force de l’habitude
- 11 — X. La beauté véritable et invisible
- 12 — XI. Des beautés sensibles à la Beauté première
- 13 — XII. Restaurer en nous l’image de Dieu
- 14 — XIII. La virginité, plus forte que la mort
- 15 — XIV. Le Christ, né d’une Vierge
- 16 — XV. La vertu comme ensemble, non comme partie
- 17 — XVI. Les multiples chemins du péché
- 18 — XVII. Contre les excès de l’ascèse
- 19 — XVIII. La juste mesure et l’usage des puissances de l’âme
- 20 — XIX. Marie, sœur de Moïse, et la virginité
- 21 — XX. L’homme intérieur et le mariage spirituel
- 22 — XXI. S’approcher de la pureté de Dieu
- 23 — XXII. Ni relâchement ni excès : la voie médiane
- 24 — XXIII. Se mettre à l’école d’un maître éprouvé

Sur la virginité
Lettre-traité en vingt-trois chapitres (Περὶ παρθενίας)
Saint Grégoire de Nysse · 02 novembre 2026 · 132 min de lecture · 1 vue
Lettre indiquant le contenu des vingt-trois chapitres, qui sont une exhortation à la vie selon la vertu.
1. Le but de ce discours est de faire naître chez ses lecteurs le désir de la vie selon la vertu. Mais, comme la vie commune comporte de nombreuses distractions, selon le terme du divin Apôtre (1 Co 7, 35), le discours propose nécessairement la vie dans la virginité comme une porte et une entrée donnant accès à une conduite plus auguste : car il n’est pas facile, pour ceux qui sont engagés dans la vie commune, de s’appliquer dans la quiétude, par la philosophie, à une vie plus divine, tandis que ceux qui ont entièrement renoncé à la vie tumultueuse ont toute facilité pour s’adonner sans distraction aux occupations les plus élevées. Et puisque le conseil est, par lui-même, quelque peu impuissant à persuader, et que l’on ne saurait aisément, par la seule parole, amener quelqu’un à quelque pratique salutaire en l’y exhortant, si l’on n’a d’abord exalté ce vers quoi l’on pousse son auditeur, le discours commence, pour cette raison, par les éloges de la virginité, pour aboutir ainsi au conseil. Et comme la beauté propre à chaque chose se manifeste en quelque sorte davantage par la comparaison avec ses contraires, il a nécessairement été fait aussi quelque mention des difficultés de la vie commune. Ensuite a été introduite avec méthode une esquisse de la vie philosophique, et il a été démontré que celui qui est plongé dans les soucis du monde ne peut y parvenir. Puisque le désir corporel demeure inactif chez ceux qui ont renoncé au monde, on a recherché, dans la suite du propos, ce qui est véritablement désirable, ce en vue de quoi nous avons reçu du Créateur de notre nature la faculté même de désirer. Cela une fois dévoilé dans toute la mesure du possible, il est apparu qu’il convenait, par suite, de concevoir aussi quelque méthode pour atteindre ce bien.
2. Il est donc apparu que la véritable virginité, celle qui demeure pure de toute souillure provenant des péchés, se prête à une telle conception, de sorte que tout le discours qui suit, même lorsqu’il paraît viser d’autres objets, tend à l’éloge de la virginité. Quant aux prescriptions particulières de ce genre de vie, à toutes celles qu’ont mises en pratique ceux qui s’appliquent avec exactitude à cette noble conduite, le discours, pour éviter la démesure, les a laissées de côté ; en développant l’exhortation d’une manière générale, au moyen de préceptes plus universels, il a embrassé en quelque sorte les prescriptions particulières, de façon à ne rien négliger de nécessaire tout en se gardant de la démesure. Comme tous ont coutume de s’adonner avec plus d’ardeur à une pratique lorsqu’ils voient des hommes qui s’y sont déjà illustrés, nous avons nécessairement fait aussi mémoire des saints qui ont brillé dans le célibat. Et puisque les exemples rapportés dans les récits n’ont pas autant de force, pour faire progresser dans la vertu, que la parole vivante et les exemples de bien effectivement accomplis, nous avons nécessairement évoqué, vers la fin du discours, notre très pieux évêque et père, comme le seul qui soit capable d’enseigner de telles choses. Toutefois, nous ne l’avons pas mentionné par son nom ; c’est par certains traits distinctifs que le discours a laissé entendre qu’il était celui que nous désignions, afin que le conseil ne paraisse pas inutile à ceux qui, dans la suite des temps, prendront connaissance de ce discours, en invitant les jeunes gens à fréquenter un homme qui aura quitté cette vie, mais que, considérant uniquement ce que doit être le maître d’un tel genre de vie, ils choisissent pour guides ceux que la grâce de Dieu suscite en tout temps pour présider à la conduite vertueuse ; car ou bien ils trouveront celui qu’ils cherchent, ou bien ils n’ignoreront pas ce qu’il doit être. Voici l’enchaînement des idées : 1. Que la virginité est au-dessus des éloges. 2. Que la virginité est une perfection propre à la nature divine et incorporelle. 3. Rappel des difficultés du mariage et indication que l’auteur du discours n’est pas célibataire. 4. Que toutes les anomalies de la vie ont leur origine dans le mariage ; où l’on montre aussi ce qu’est celui qui a véritablement renoncé à la vie du monde. 5. Que l’impassibilité de l’âme doit précéder la pureté corporelle. 6. Qu’Élie et Jean ont eu le souci de pratiquer rigoureusement ce genre de vie. 7. Que le mariage non plus n’est pas au nombre des choses condamnables. 8. Qu’il est difficile d’atteindre le but pour celui dont l’âme se partage entre de multiples objets. 9. Qu’en toute chose l’habitude est difficile à changer. 10. Qu’est-ce qui est véritablement désirable ? 11. Comment parvenir à la compréhension de ce qui est véritablement beau ? 12. Que celui qui s’est purifié lui-même contemplera en lui-même la beauté divine ; où il est aussi question de la cause du mal. 13. Que l’affranchissement du mariage est le commencement du soin de soi-même. 14.
3. Que la virginité est plus forte que la domination de la mort. 15. Que la véritable virginité se manifeste dans toute occupation. 16. Que sortir de la vertu, de quelque manière que ce soit, comporte un égal danger. 17. Que celui qui manque ne serait-ce que d’une seule des qualités relevant de la vertu demeure imparfait dans le bien. 18. Que toutes les puissances de l’âme doivent viser la vertu. 19. Rappel de Marie, sœur d’Aaron, comme ayant inauguré cette pratique parfaite. 20. Qu’il est impossible de servir à la fois les plaisirs corporels et de recueillir le fruit de la joie selon Dieu. 21. Que celui qui a choisi de vivre avec rigueur doit demeurer étranger à toute forme de plaisir corporel. 22. Qu’il ne faut pas pratiquer la continence au-delà de ce qui convient, et que l’embonpoint du corps comme les mortifications excessives font également obstacle au perfectionnement de l’âme. 23. Que celui qui veut apprendre la pratique rigoureuse de ce genre de vie doit se faire instruire par celui qui l’a menée à la perfection. Chapitre premier. Que la virginité est au-dessus des éloges.
