Nos Martyrs de El Kocheh
- 01 — L’enchaînement des faits
- 02 — Les tués
- 03 — Les blesses
- 04 — Ont subi des prejudices
- 05 — Le représentant du pape attaqué
- 06 — Les provocations et les rumeurs
- 07 — La situation se dégrade
- 08 — Le calme et la réconciliation

Nos Martyrs de El Kocheh
Sa Sainteté Chenouda III · 02 juillet 2016 · 13 min de lecture · 3 669 vues
Traduction de l’éditorial de la revue « El Keraza » du 21 Janvier 2000
L’Égypte nous l’aimons du fond du cœur, l’Égypte nous la chantons, l’Égypte source de notre fierté partout dans le monde.
Mais malheureusement, oui, on est en train de nuire à la renommée de notre beau pays qu’est l’Égypte ; dans les journaux, sur Internet, et à l’étranger aux agences de presse, leurs journaux, leurs radios. Quelle pitié ! Dommage !…
Tout cela à cause d’un village de Haute Égypte, « El Kocheh » où la police locale a échoué de garder la paix, une affaire qui s’est mal terminée par une fin que certains ont appelée « massacre » et d’autres « boucherie »…
Nous tous, nous voulons résoudre le problème de El Kocheh, mais ce problème ci ne peut être résolu en essayant de le camoufler, ni en essayant de faire la balance, ni en transformant les victimes en coupable !
Personne ne peut raisonnablement admettre que pour justifier ces erreurs il faut commettre d’autres erreurs.
Et s’il est préférable de retrouver un climat de paix en apaisant les gens et de produire un climat de réconciliation, il faut avoir devant nos yeux ce principe :
La condition pour une réconciliation, est d’avouer et de reconnaître les faits.
Franchement, nous disons que cette méthode ; qui essaye de couvrir ou de cacher les faits de « El Kocheh », depuis un an et demi. Depuis Août 1998 on a innocenté les coupables, et accusé les blessés ; cette méthode a donné l’occasion de renouveler le problème de façon horrible puisque l’agression s’est transformée en meurtre…
Le bilan s’élève à vingt morts coptes sans compter les disparus, avec des dizaines de blessés. Sans compter les incendies, les dommages et le pillage des magasins coptes et des maisons brûlées ou calcinées.
Franchement, un massacre pareil serait il utile, et à qui ?
À quoi servirait de nuire à la renommée de l’Égypte dans les médias à l’étranger ? ! Et inquiéter les églises de l’Occident qui lisent les articles sur ces massacres d’humains.
Et là nous nous demandons, est ce que les responsables locaux étaient bien à la hauteur ? Est-ce qu’ils ont bien traité ces problèmes et ces troubles avant que la situation ne s’aggrave pour devenir un crime de grande ampleur ?
Le rôle principal de la police est d’empêcher les crimes, et dans le cas où elle en serait incapable, elle doit pouvoir avoir la situation en main pour limiter les zones de troubles avant que ce désordre ne gagne d’autres terrains. Et ici une question se pose : est-ce que la police a bien assuré son rôle et son devoir ?
Nous avons une confiance envers les responsables du Caire, mais le problème est bien avec les responsables qui se trouvent à l’endroit même des faits.
Au début, nous ne voulons pas parler, mais après avoir lu dans les journaux des articles qui ne disent pas la vérité, écrits par des personnes qui n’ont pas vu de leurs propres yeux ce qui c’était réellement passé sur les lieux du drame, nous avons jugé utile de donner l’occasion au public de connaître les faits par des témoins oculaires en qui nous avons confiance, et qui ont vu et enregistré les faits.
Nous allons ensemble exposer les faits, et nous y verrons plus clair :
Le problème a commencé par une discussion chaude entre un commerçant et un client, le vendredi 31 décembre 1999 à la veille du nouvel an. Jusque ici on aurait pu contrôler la situation, il n’y avait ni dommages ni meurtres.
Mais à partir de 23 heures le vendredi jusqu’au samedi 1er Janvier 10 heures, les magasins des coptes du village ont été attaqués, cassés, pillés et volés et leurs maisons brûlées.
Où était la police pendant ce temps là ? Etait elle dans un petit village « El Kocheh » qui est bien pour être une zone critique et qui a besoin d’une plus grande attention ? !
À partir du dimanche 2 Janvier 2000 et jusqu’au lundi matin commencent les tueries, le nombre des tués accroît pour atteindre vingt morts dont deux brûlés après avoir été tués.
Les coptes étaient terrifiés à l’intérieur des maisons, ils ne pouvaient sortir à l’extérieur, ils ne pouvaient même pas ouvrir les fenêtres, bref ils ne se sentaient pas du tout en sécurité… Dans tout cela, la police n’a joué aucun rôle et pour les policiers qui étaient présents, on les a tous concentrés dans des endroits loin de ces scènes. Les coptes bien sûr étaient sans aucune défense, tandis qu’on entendait bien l’écho des fusillades dans la région.
Ce dimanche, on a appelé le Pape Chenouda III qui était au monastère.
Un accord a été conclu pour envoyer deux évêques ; Monseigneur Sarabamone, supérieur du monastère de Amba Bichoï, et Monseigneur Marcos, évêque de Shobra El Kheima, le brigadier en chef Atef Abou Shadi les accompagnait. Et effectivement ils ont pris l’avion pour se diriger sur les lieux afin de calmer le village.
D’autre part, on a envoyé une voiture blindée pour transporter les prêtres qui ne pouvaient pas quitter leurs maisons. Le calme avait commencé à gagner le village, provisoirement. Les prêtres n’avaient pas encore vu les lieux du crime.
